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18.juillet.201818.7.2018 // Les Crises

“Il nous a fallu plus d’une semaine pour retrouver tous les morceaux des cadavres” Par Alex Potter

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Source : The Intercept, Alex Potter, 16-06-2018

Photo: Alex Potter pour The Intercept

Le 23 avril, les villageois d’Al-Raqah, dans le nord du Yémen, étaient réunis pour célébrer le deuxième mariage de la ville en deux jours. Ils étaient venus à pied depuis les villes des alentours pour chanter, danser et féliciter le marié de 20 ans, Yahya Ja’afar. La fête était simple : une tente de mariage constituée de grosses branches et de tissu coloré, la maison d’une pièce du couple, remplie d’hommes et de garçons jouant du tambour et portant des couronnes de jasmin sur la tête, les femmes de l’autre côté de la colline dans une autre tente, chantant et dansant pareillement. Personne n’a entendu le bruit de l’avion de guerre qui tournait au-dessus de la tête, couvert par la musique.

« On chantait et on dansait, la fête touchait à sa fin. Nous étions sur le point de partir », a dit Saleh Yahya, un villageois de 35 ans. « Puis, tout à coup, j’étais par terre, je n’entendais plus rien. Nous avons totalement perdu le contrôle de nos sens. Il y avait des morceaux de corps autour de moi, je cherchais juste mes enfants ». Il en a trouvé un entier et vivant ; le corps de l’autre était définitivement brisé.

Le tambourin dont le marié avait joué et les couronnes que portaient les invités au mariage, au milieu des décombres le 6 mai 2018.
Photos: Alex Potter pour The Intercept

Le missile a frappé vers 23 heures, tuant 23 des convives et en blessant plus de 60, selon les villageois qui se sont confiés à The Intercept. La plupart des corps étaient en lambeaux.

« Il nous a fallu plus d’une semaine pour retrouver tous les morceaux des cadavres », a déclaré Saleh Yahya lors d’une interview à Al-Raqah le 6 mai, deux semaines après la frappe.

Al-Raqah n’apparaît pas sur la plupart des cartes ; ce n’est rien qu’un point à flanc de colline à deux heures et demie de la ville de Hajjah, et à plus d’une heure de toute route goudronnée. Pour se rendre à Al-Raqah, on suit le lit rocheux et presque sec d’une rivière, et les indications des habitants. Il y a peu de véhicules dans les environs, hormis de temps à autre une moto ; toute autre chose ne résisterait pas sur un terrain aussi accidenté. C’est un endroit pour les agriculteurs, pas pour les combattants.

Des yéménites montrent les cicatrices d’un jeune homme blessé par des éclats le 6 mai 2018 dans le village d’Al-Raqah, district de Bani Qais, Hajjah, Yémen. Photo : Alex Potter pour The Intercept

Pourtant, pour une raison indéterminée, le mariage de Yahya Ja’afar et de son épouse Fatum Allam est entré dans le collimateur de la coalition de 10 pays, dirigée par l’Arabie Saoudite, qui mène depuis trois ans au Yémen une guerre dévastatrice.

L’objectif de la coalition est de mater les Houthis, un groupe politico-religieux yéménite qui a pris le pouvoir en 2014 et chassé le président, allié des saoudiens. La coalition, appuyée par l’armée américaine en matière d’approvisionnement en carburant, en munitions et de renseignements sur les cibles, a impitoyablement bombardé le pays. Cette semaine, la coalition a envahi la ville portuaire de Hudaydah contrôlée par les Houthi, une attaque dont beaucoup craignent qu’elle n’aboutisse à une catastrophe humanitaire. Au total, plus de 10 000 civils ont déjà été tués au cours de la guerre, majoritairement par les frappes aériennes de le coalition, selon les Nations Unies. L’Arabie saoudite a été largement condamnée et accusée de crimes de guerre pour avoir touché des objectifs civils comme les maisons, les écoles, les marchés, les hôpitaux – et les mariages.

Un pont qui relie Hajjah au district de Bani Qais est partiellement détruit après une frappe aérienne le 6 mai 2018. Photo : Alex Potter pour The Intercept

Les Saoudiens n’ont fourni aucune explication concernant l’attaque d’Al-Raqah (une demande de commentaires à l’ambassade saoudienne à Washington est restée lettre morte.) Les hommes d’Al-Raqah affirment ne pas porter d’armes (je n’en ai vu aucune pendant ma visite), et aucun combattant n’a assisté au mariage. Dans le village, tous les hommes portaient un simple sarong et une chemise boutonnée, rien qui laisse supposer une appartenance à l’armée. Certains ont insisté pour me montrer l’intérieur de leur maison, et le peu qu’ils possédaient : un lit ou deux, des sacs de nourriture et quelques ustensiles de cuisine.

Selon des témoins oculaires auxquels j’ai parlé, lorsque la frappe qui a touché Al-Raqah, les femmes ont fui la fête, criant, cherchant leurs enfants et leurs parents. Les secouristes arrivés des villages voisins pour porter assistance ont dit aux autres de courir, car les avions tournoyaient encore au-dessus de leur tête. Rendus sourds par l’explosion, les membres de la famille les ont ignorés et ont continué à sortir des décombres les corps de leurs proches. Les ambulances en provenance de Hajjah ont mis des heures à arriver, retardées par le terrain difficile.

Saleh Yahya, 35 ans, marche dans l’un des cimetières où ont été enterrées les victimes de la frappe qui a touché le mariage. Photo : Alex Potter pour The Intercept

Alors que nous parlions sur le lieu du bombardement, Othman Ali, , un homme de 35 ans, mince, portant un chapeau de paille, tenait la main de son fils.

« Tout a basculé, d’un jour de liesse à une catastrophe », a-t-il dit. « Les femmes sont terrifiées. La plupart d’entre elles ne veulent plus sortir de la maison pour travailler, et certaines d’entre elles, lorsqu’elles entendent un bruit fort, se font pipi dessus ».

Davantage de villageois sont apparus, chacun voulant décrire ce qui lui était arrivé, chacun dans l’attente de réponses. Tous ceux avec qui j’ai parlé avaient encore des problèmes d’audition, surtout le marié, Ja’afar, qui a survécu au bombardement. Son frère, Ali, lui parla à l’oreille et lui fit signe de venir. Nous sommes allés chez ses parents, où lui et Allam vivent désormais, leur maison ayant été touchée par la frappe (Allam était initialement présumé mort). Le propos de Ja’afar était un peu décousu, comme celui de quelqu’un qui peine à s’entendre dans le vacarme d’une pièce, sauf que la petite maison toute simple était complètement silencieuse.

Yahya Ja’afar, 20 ans, assis avec sa femme Fatum Allam, 20 ans également, le 6 mai 2018. Photo : Alex Potter pour The Intercept

« Nous ne sommes officiellement mariés et n’avons emménagé ensemble que depuis hier », a déclaré Ja’afar, alors qu’Allam et lui détournaient le regard d’un air timide. « Nous n’avons pas pu le faire juste après le bombardement ; nous étions en état de choc. Nous restons éveillés la nuit, de peur qu’il se passe encore que quelque chose. Jamais on n’oublie ce qui s’est passé un jour comme celui-là ».

A l’hôpital de Hajjah, les enfants blessés par le bombardement étaient en attente d’une opération chirurgicale de reconstruction. Certains de leurs pères veillaient à leur chevet, leur offrant à l’occasion du jus ou des mangues fraîches. Aucune des victimes n’a réussi à se souvenir de grand chose au moment de la frappe, seulement qu’elles ont basculé de la fête à la souffrance. Presque tous étaient sous-alimentés, leur corps décharné étant incapable de faire face aux besoins physiologiques pour résister aux blessures et guérir.

Mohammad Ali vient chercher son fils, Abdo, le 6 mai 2018, à l’hôpital Jumhuri à Hajjah, au Yémen. Photo : Alex Potter pour The Intercept

Abdo Mohammad Ali, neuf ans, a subi une fracture du bras aggravée d’un traumatisme abdominal ; des chirurgiens l’ont emmené pour suturer ses intestins. Les frères Abdo et Suleiman Mohammad ont semblé de meilleure humeur, bien que l’un d’entre eux ait perdu un pied et l’autre l’usage d’un pied, et bien que 12 membres de leur famille soient morts dans le bombardement. Le jeune Hussein Hasan, âgé de treize ans, dormait avec un châle qui lui recouvrait partiellement le visage, allongé dans le lit. Le châle aurait pu être son linceul.

Son père, Hassan Saghreer, l’a réveillé pour parler, et a dévoilé de profondes blessures à la poitrine et au ventre, qui l’empêcheront de rentrer à la maison pendant des semaines. Le village de la famille est à deux heures de l’établissement de santé le plus proche. « Il a passé 10 jours en soins intensifs et a subi de nombreuses interventions chirurgicales ; nous ne pensions pas qu’il allait survivre », a dit Saghreer.

Hussein Hasan sur son lit le 6 mai 2018 à l’hôpital Jumhuri à Hajjah, au Yémen. Hussein était au mariage lorsqu’il a été victime d’une attaque aérienne ; il a subi de graves blessures au ventre et à la poitrine et a passé 10 jours en soins intensifs. Photo : Alex Potter pour The Intercept

De retour au village, Allam Yahya, le père de la mariée, a dessiné sur la terre battue des cercles près des restes de la tente de mariage. Bien que les villageois aient tenté de reprendre une vie normale, il a fait remarquer que les choses ne seraient plus jamais comme avant.

« Nous n’aurons plus de mariages. Même si quelqu’un en veut un, personne ne viendra. C’est fini », soupira-t-il, puis il retourna lentement sous un arbre, se mettant à l’abri du soleil de la fin de la matinée.

Ce récit a reçu le soutien du Pulitzer Center on Crisis Reporting.

Photo du haut : Un Yéménite marche dans les décombres de la tente de mariage le 6 mai 2018, dans le village d’Al-Raqah, district de Bani Qais, Hajjah, Yémen.

Source : The Intercept, Alex Potter, 16-06-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

roseceslamort // 18.07.2018 à 07h01

le coup des (+ de) “10000 morts” , ça devient franchement ridicule, honte à l’ONU et aux organisations dites des “droits de l’homme” (blanc ?) qui ont magiquement bloqué le chiffre communicable à 10000 il y a au moins 2 ans, comme s’il n’y avait eu aucune campagne de bombardement, plus de drones, aucun blocus alimentaire depuis. Faudrait arreter de prendre autant ouvertement les gens pour des c*ns à un moment….

ete 2016 : au moins “10000 morts”
https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/yemen/la-guerre-au-yemen-a-fait-au-moins-10-000-morts_1802209.html

hiver 2016-2017 : “10000 morts”
https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/01/16/yemen-10-000-civils-tues-en-moins-d-un-an_5063699_3218.html

automne 2017 : “+10000 morts”
https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Au-Moyen-Orient-lONU-reclame-fin-guerre-Yemen-2017-10-11-1200883449

ete 2018 : “pres de 10000 morts”
https://www.lorientlejour.com/article/1122839/le-yemen-au-coeur-dune-conference-copresidee-par-paris-et-riyad.html

encore un effort et et on va nous annonçer un nouveau bilan de 33 morts d’une chute de poney….

20 réactions et commentaires

  • Pierre D // 18.07.2018 à 06h45

    «Au total, plus de 10 000 civils ont déjà été tués au cours de la guerre, majoritairement par les frappes aériennes de le coalition, selon les Nations Unies. L’Arabie saoudite a été largement condamnée et accusée de crimes de guerre »

    On se demande bien par qui?

    Le mandat de l’Arabie Saoudite au Conseil des Droits de l’Homme expire en 2020 et les USA ont claqué la porte du Conseil le 23 juin 2018

    ____________________________
    https://www.ohchr.org/FR/HRBodies/HRC/Pages/CurrentMembers.aspx

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  • roseceslamort // 18.07.2018 à 07h01

    le coup des (+ de) “10000 morts” , ça devient franchement ridicule, honte à l’ONU et aux organisations dites des “droits de l’homme” (blanc ?) qui ont magiquement bloqué le chiffre communicable à 10000 il y a au moins 2 ans, comme s’il n’y avait eu aucune campagne de bombardement, plus de drones, aucun blocus alimentaire depuis. Faudrait arreter de prendre autant ouvertement les gens pour des c*ns à un moment….

    ete 2016 : au moins “10000 morts”
    https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/yemen/la-guerre-au-yemen-a-fait-au-moins-10-000-morts_1802209.html

    hiver 2016-2017 : “10000 morts”
    https://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/01/16/yemen-10-000-civils-tues-en-moins-d-un-an_5063699_3218.html

    automne 2017 : “+10000 morts”
    https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Au-Moyen-Orient-lONU-reclame-fin-guerre-Yemen-2017-10-11-1200883449

    ete 2018 : “pres de 10000 morts”
    https://www.lorientlejour.com/article/1122839/le-yemen-au-coeur-dune-conference-copresidee-par-paris-et-riyad.html

    encore un effort et et on va nous annonçer un nouveau bilan de 33 morts d’une chute de poney….

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    • Hugues // 18.07.2018 à 19h47

      Dans le Donbass, le compteur est également bloqué à 10 000 depuis la fin 2014.

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  • Aladin0248 // 18.07.2018 à 07h16

    Tant d’inhumanité nous coupe le souffle. Pourtant, il existe dans la région un pays que je ne citerai pas, dont les dirigeants sont intrinsèquement convaincus (par leur religion) que “l’autre” n’est pas réellement un humain. C’est juste un animal que l’on peut tuer sans commettre de faute morale. A partir de là, tout est possible.

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    • Kiwixar // 18.07.2018 à 09h20

      De nombreux pays dans la région correspondent à votre description. Et hors de la région (“nation exceptionnelle et indispensable”). C’est un peu la règle des 80/20 : 20% des nations sont un “problème” (guerres, pillages, ingérences) pour les 80% restantes qui veulent seulement vivre en paix en s’occupant de leurs affaires.

        +6

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  • obermeyer // 18.07.2018 à 07h56

    Pourquoi n’avons nous aucune nouvelle de ce qui se passe à Hodeida depuis que la coalition menée par les Saoud a attaqué l’aéroport . Si quelqu’un a des infos je suis preneur ….. mais je me demande aussi à quoi servent les journalistes s’ils ne suivent pas leurs dossiers .

      +10

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    • Alfred // 18.07.2018 à 09h36

      Voici quelques comptes pour avoir des mises à jours du point de vue que vous n’aurez pas chez les employés occidentaux des petromonarques :
      https://mobile.twitter.com/yemen_rw

      https://mobile.twitter.com/YemeniObserv

      Par ailleurs la carte collaborative sur le pays, bien trollée par des pro-occidentaux et pro-saoudiens n’arrive pas à masquer la situation : tapez “template detailed Map yemeni” dans un moteur de recherche et vous finirez par tomber dessus. Cette carte à l’avantage d’être évolutive (ce qui ne veut pas dire à jour à l’instant t) de même que celle ci:
      https://mobile.twitter.com/Suriyakmaps
      (Cliquer sur le premier lien).
      Il en existe beaucoup d’autres mais ce sont les “moins pires” à mon avis.
      Il semblerait que pour l’instant la coalition soit toujours bloquée à l’aéroport et que ses lignes de ravitaillement soient coupées ou menacées régulièrement à deux ou trois endroits de la côte. Pour y faire face la coalition essaye d’élargir le couloir à partir du sud.
      (Vous remarquerez sur le premier site (pro-hoitis) que la réponse du berger à la bergère est celle ci: “les régions sud de l’Arabie saoudite sont yéménites et ont été volées. Elles reviendront au Yémen”. Cela correspond à une réalité historique même si c’est peu probable. Ceci pour répondre à un commentaire parlant de zone tampon houtis au nord du Yémen.)

        +7

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    • troupeau // 19.07.2018 à 10h36

      Ils servent à servir la bonne soupe qui laisse le troupeau tranquille, il est bien connu que la tonte d’un troupeau agité est difficile.

        +0

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  • RGT // 18.07.2018 à 08h07

    J’ai la certitude que si un jour il y a un retournement de situation et que les saoudiens ne peuvent plus gentiment lâcher de “bombinettes” sur le Yémen et que ce peuple décide d’aller sécuriser sa frontière en allant créer une zone démilitarisée côté saoudien, que ce retournement sera qualifié de “sauvage agression sanglante” par l’ensemble de la “communauté internationale”.

    Même si les yéménites se contentent seulement de se déployer sur quelques arpents de désert inhabité. Ce serait une “atteinte insoutenable à la souveraineté d’un état” suivie d’une “boucherie innommable à l’encontre des populations civiles saoudiennes”.

    Comme un article le rappelait récemment, il y a des victimes (même virtuelles) qui comptent et d’autres qui ne comptent pas.

    Tout dépend de leur proximité avec les réseaux de corruption planétaires.

      +26

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  • Nerouiev // 18.07.2018 à 08h20

    Le Yémen à tout de la mèche pour servir de prétexte à une guerre contre l’Iran. Ça fait un moment que ça tourne autour du pot.

      +8

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    • Alfred // 18.07.2018 à 09h13

      C’est une mèche très longue alors. Le Yémen ne justifie pas une intervention pour les iraniens à la différence de la Syrie (Continuum Irak, Syrie, Liban). Je suis prêt à parier que le Yémen peut continuer à retourner à l’âge de pierre sans que les Iraniens ne bougent (parcequ’il ne sont pas idiots et parce qu’ils n’en ont pas les moyens). Si les iraniens étaient vraiment les agresseurs dans la région ils rendrqient la pareille des révolutions colorées / soulèvements de bazar au Bahreïn et en Arabie saoudite même (population chiites locales). Les iraniens ont besoin de la paix et du commerce pour satisfaire leur population et sauver le regime.
      Il faudra toute la capacité de mensonge et de boniment de nos médias pour justifier une attaque de l’Iran à partir du Yémen. Vu leur crédit grandissant…

        +9

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      • Le Minotaure // 18.07.2018 à 16h45

        Bof il suffit de prétexter un soutien matériel de l’Iran aux Houthis (sans doute réel d’ailleurs), puis relancer un peu les accusations sur le nucléaire iranien. Après 2003 on peut s’attendre à tout.

          +1

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  • citoyen du monde // 18.07.2018 à 08h49

    Nous sommes tous palestiniens, nous sommes tous afghans, nous sommes tous irakiens, nous sommes tous libyens, nous sommes tous yéménites aujourd’hui. J’espère que nous ne serons pas tous iraniens demain. Cette tragédie rappelle plusieurs épisodes américains en Afghanistan de bombardements de mariages, d’enterrements dans des villages reculés montagnards. C’est en fait une stratégie programmé par un pentagone en perte de vitesse. Les comptes macabres actuellement publiés sur les-crises.fr sur la violence inutile, injuste, voir criminelle des USA dans le monde depuis le Vietnam, éclairent sur la nature des ses dirigeants.
    L’Arabie saoudite et Israël sont devenus de véritables intrus dans la région. Leur attitude n’est qu’une copie conforme des américains et aux moindres détails. Les armes sont évidement les mêmes. Le ratio des morts aussi voir pire : 1 américain pour 10 vietnamiens et tant pis s’il faut détruire des civils, nous avons vu que les israéliens faisaient autant avec les civils palestiniens ; mais combiens de saoudiens sont morts dans cette guerre ? Presque 0.L’imitation est servile mais dépasse le maitre.
    Nous apprendrons dans quelques temps que ce pays montagneux et pauvre regorge de ressources minières comme en Afghanistan. Ceci explique cela.
    Nous n’avons plus qu’à espérer une justice émanante. Peut être dans cette marche suicidaire des USA.

      +9

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  • Nicolas // 18.07.2018 à 12h49

    Pour mémoire, pouvez-vous nous rappeler quels sont les membres de cette coalition de 10 pays, s’il-vous-plaît?
    C’est toujours une bonne chose de re-contextualiser (intervenants – dates – effectifs militaires et population – enjeux internationaux et économiques).
    Un grand merci d’avance.
    Nicolas

      +1

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    • Alfred // 18.07.2018 à 14h10

      À la limite qu’elle est l’importance d’énumérer les clients des petroroitelets? Seuls les pakistanais ont résisté.
      Rien de ce qui se bat au Yémen n’échappe à leur influence, djihadistes compris; dans un autre registre ils sont même allé jusqu’à créer de toutes pièces un mouvement indépendantiste dans la tihama (qui curieusement se verait bien devenir saoudienne).
      La seule question que je me pose c’est quel est le rôle exact de l’Empire? moteur et initiateur ou juste opportuniste (le chaos est ma politique globale et les affaires marchent)? On nous a vendu cette guerre comme le bébé de l’héritier tortionnaire progressiste. Est ce bien le cas? Qui est le chien et qui est la queue entre les saoudiens, l’équipe Trump et les Israéliens ? Qu’en pensez vous? Avez vous des liens vers des articles ?

        +2

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    • Dominique // 18.07.2018 à 16h43

      « quels sont les membres de cette coalition »
      A vérifier, mais j’ai pu tirer cette liste (de 9) : Arabie saoudite, Égypte, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis, Qatar, Jordanie, Soudan, Maroc. Et plus ou moins ouvertement ou directement, bien d’autres, dont la Mauritanie, le Sénégal, le Tchad, la France.

        +3

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      • Riboul // 21.07.2018 à 00h15

        Le Qatar a été exclu le 5 juin 2017 suite aux accusations saoudiennes de “favoritisme envers le terrorisme”.

          +0

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