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19.juillet.201819.7.2018 // Les Crises

Le pas de Trump au-delà de « l’art de la négociation » qui change tout. Par Alastair Crooke

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Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 14-05-2018

Nahum Barnea écrivant dans Yedioth Ahronoth expose, assez clairement, le pari en cours entre Israël et l’Iran (et dont Trump est le complice volontaire) : Dans la foulée de la sortie américaine du JCPOA [accord de Vienne sur le nucléaire iranien ou plan d’action conjoint (en anglais : Joint Comprehensive Plan of Action, NdT], Trump menacera Téhéran d’une pluie de « feu et de fureur » si ce dernier attaque directement Israël, tandis que Poutine devrait empêcher l’Iran d’attaquer Israël, en utilisant le territoire syrien – laissant ainsi Netanyahou libre d’établir de nouvelles règles du jeu selon lesquelles Israël peut attaquer et détruire les forces iraniennes n’importe où en Syrie (et pas seulement dans la zone frontalière, comme convenu précédemment) quand il le souhaite, sans crainte de représailles.

Barnea appelle cela un « triple pari » : « Netanyahou compte sur la prudence de Khamenei, sur la crédibilité de Trump et sur la générosité de Poutine, trois traits de caractère qu’ils ne sont pas réputés posséder jusqu’à aujourd’hui… La question est de savoir ce qui se passera, si au lieu d’abandonner, les ayatollahs choisissent la guerre, ou si plus probablement, la région plonge dans la guerre à la suite d’une action précipitée et non calculée de l’un des joueurs. Trump sera-t-il prêt, pour défendre Israël et l’Arabie saoudite, à ouvrir un nouveau front au Moyen-Orient ? S’il le fait, cela va à l’encontre de tout ce qu’il a promis aux électeurs pendant la campagne électorale ». Le collègue de Barnea, Ben Caspit, affirme cependant que cette question – le soutien militaire américain – est déjà réglée : « Les États-Unis ont promis à Israël un soutien inconditionnel et total sur tous les fronts… Si une guerre régionale éclate, les États-Unis feront immédiatement connaître clairement leur position, exprimeront leur soutien à Israël et enverront les bons signaux à Moscou. Il s’agit de veiller à ce que le président russe Vladimir Poutine reste en dehors du conflit et n’essaie pas d’intervenir, directement ou indirectement, au nom de ses alliés, l’Iran et la Syrie. A son retour de Washington, le ministre israélien de la défense, M. Liberman a informé le premier ministre qu’il avait reçu le “feu vert” en matière de sécurité. »

Caspit décrit fidèlement la relation, post JCPOA, entre Bibi et Trump, ainsi : « Il n’y a qu’une seule chose qui n’est pas claire », a déclaré à Al-Monitor l’une des personnes les plus proches de Netanyahou, parlant sous le couvert de l’anonymat : « C’est qui travaille pour qui ? Est-ce que Netanyahou travaille pour Trump, ou est-ce que le Président Trump est au service de Netanyahou… De l’extérieur, au moins, après une analyse minutieuse, il semble que les deux hommes soient parfaitement en phase. De l’intérieur, cela semble l’être encore plus : Ce type de coopération entre les deux dirigeants et leurs deux bureaux – le Bureau ovale à la Maison-Blanche et le Bureau du Premier ministre à Jérusalem – donne parfois l’impression qu’ils ne forment qu’un seul et grand bureau », a déclaré un haut responsable de la défense israélienne à Caspit.

« Pour l’instant, le pari est payant : Les Iraniens n’ont pas (jusqu’à présent) répondu. Maintenant, ils ont une autre bonne raison de faire preuve de retenue : la bataille pour l’opinion publique en Europe », ajoute Barnea. « Trump aurait pu déclarer un retrait américain et en rester là. Mais sous l’influence de Netanyahou et de sa nouvelle équipe, il a choisi de faire un pas de plus. Les sanctions économiques contre l’Iran seront beaucoup plus sévères, au-delà de ce qu’elles étaient avant la signature de l’accord nucléaire. Netanyahou a conseillé à Trump : Frappez-les au porte-monnaie, ils étoufferont; et quand ils étoufferont, ils se débarrasseront des ayatollahs. Depuis hier soir [sortie de Trump de l’accord nucléaire avec les Iraniens – JCPOA], Trump a ardemment adopté cette approche. »

C’est donc – de source directe – le point de vue israélien : L’Iran sera frappé partout en Syrie, (et beaucoup moins plausiblement) isolé diplomatiquement, et son économie sera ravagée. Le « régime » iranien est « entravé » ; son économie est « dans une spirale de la mort » et le rial iranien est en chute libre – si l’on en croit les éléments de langage des « faucons » du courant dominant israélien et américain .

Incidemment, l’escalade et l’échange de tirs de missiles à travers la frontière israélienne, mercredi et jeudi matin, n’était pas d’origine iranienne (il n’y a pas d’IRGC [corps des Gardiens de la révolution islamique, NdT] près du Golan). L’échange n’a pas non plus été initié par l’Iran, mais plutôt par Israël, frappant des cibles syriennes comme il l’a fait régulièrement ces dernières semaines. A cette occasion, cependant, Israël avait l’intention de présenter l’Iran comme « l’accusé » (l’ouverture pré-annoncée des abris dans le Golan occupé par Israël était en quelque sorte « l’aveu » d’une future attaque sous faux drapeaux), afin d’accroître les pressions sur Téhéran.

En fait, que Damas ait violé la convention en tirant vingt missiles sur le Golan occupé, sans tenir compte des demandes de retenue de la Russie, est d’une plus grande importance que si c’étaient les Iraniens qui avaient tiré les missiles. Cet échange de missiles représente la première fois, depuis des décennies, que la Syrie tire des missiles sur des cibles militaires israéliennes à l’intérieur du Golan

C’est la première « conséquence involontaire » de l’annonce de Trump : La provocation israélienne visant l’Iran, paradoxalement, a forcé le gouvernement syrien à mettre en jeu le plateau du Golan occupé, comme prochain champ de bataille. « Si Israël continue ses attaques, la Syrie pensera à envoyer ses missiles ou ses roquettes bien au-delà des hauteurs du Golan – pour atteindre le territoire israélien », prédit Elijah Magnier, commentateur de guerre régional.

Mais, contrairement à la présentation dominante, la « guerre » de Trump contre l’Iran a une ramification géopolitique beaucoup plus large qu’un simple durcissement des tensions Iran-Israël. Nous observerons d’autres « conséquences involontaires » pour les États-Unis dans les semaines à venir.

La signification plus large à la lecture israélienne de l’accord Trump-Netanyahou (si elles sont exactes – et c’est probablement le cas), est qu’il s’agit d’un changement stratégique : Il ne s’agit plus de l’art de la négociation, mais d’un prélude à un couplage – et finalement à un accord négocié.

Barnea et d’autres commentateurs israéliens ont peut-être raison : Netanyahou (et son équipe de faucons) a poussé Trump, a faire un pas de plus. C’est devenu l’Art du « changement de régime » ; une guerre d’usure contre l’Iran – autrement dit : un siège médiéval.

Non seulement l’Iran, mais aussi la Corée du Nord, la Russie et la Chine devront y prêter une attention particulière. Il semble que le fait que Kim Jong Un se soit porté volontaire pour parler de dénucléarisation avec Trump a électrifié, et apparemment légitimé, l’enthousiasme de Trump pour l’art de la négociation du style « feu et fureur », la tactique des menaces et de la réconciliation. Cependant, Netanyahou a apparemment réussi à agiter le parfum délicieux du changement de régime devant le nez de Trump, et l’a attiré, pour le suivre sur les talons de Bibi, dans l’espoir d’une grande « victoire ». Trump semble convaincu qu’une promesse de « feu et de fureur » est une « chose sûre » pour obtenir la capitulation de l’autre partie.

Le problème est que Trump risque de découvrir qu’il construit sur du sable. Est-ce la position dure de Trump qui a amené Jong Un à la table ? Ou, peut-être au contraire, Jong Un pourrait-il considérer une rencontre avec Trump précisément comme le prix nécessaire et requis à payer pour que en quelque sorte la Chine « protège ses arrières » – au cas où la « dénucléarisation contre la désaméricanisation » de la région ne fonctionnerait pas – et pour développer sa diplomatie de réunification avec un Sud qui maintenant – pour la première fois – a donné son mandat à l’unification – indépendamment des souhaits américains ?

Trump est-il au courant de cette possibilité ? La Chine est le Goliath dans l’arrière-cour de la Corée. C’est son principal – presque seul partenaire commercial – et elle contrôle efficacement l’étau des sanctions contre la Corée du Nord. Et la Chine a resserré cet étau, tour après tour. La Chine préconise depuis longtemps, et avec insistance, des pourparlers entre Jong Un et Washington. Xi veut la dénucléarisation de son voisinage et la réconciliation avec le Sud. Kim respecte les souhaits de son puissant voisin, mais, à son tour, il ne fait aucun doute qu’il a demandé à la Chine de « couvrir ses arrières » si tout cela tourne mal.

Le pas au-delà des stratégies de « l’art de la négociation » de Trump, vers un changement de régime (en Iran) n’est pas de bon augure pour la stratégie de la Chine en Corée du Nord. Si Trump attend la capitulation de Jong Un – et ne l’obtient pas, alors la Chine n’aura pas d’autre choix que de s’impliquer afin de dissuader Trump de tout exercice « sanguinaire » ou de toute tentative de changement de régime. La Chine ne veut pas de la capitulation ou du retrait de Jong Un – Elle n’a aucun désir d’avoir un mandataire américain – ou ses missiles – à sa frontière.

L’enthousiasme de Trump pour son art de la négociation – et dorénavant, pour le changement de régime – rend plus probable que Trump interprète mal la disposition de Jong Un à « s’agenouiller » – avec la « conséquence involontaire » de constater que la Chine est « derrière le dos » de Jong Un, et non pas Trump. Les conséquences peuvent être importantes.

Dans le même ordre d’idées, Israël prédit le renversement de l’État iranien par son peuple depuis des décennies (tout comme les responsables israéliens ont annoncé la faiblesse du Hezbollah et son désaveu par le peuple libanais, avec une régularité constante – au moins jusqu’aux élections libanaises de cette semaine).

L’économie iranienne a été quelque peu léthargique, il est juste de le dire ; mais elle n’est pas – du tout – aussi faible (ou dans une « spirale de la mort ») que le consensus prétend. Bien sûr : les jeunes manquent d’emplois (mais c’est la même chose dans une grande partie de l’Europe). Mais 2018 n’est pas 2012. L’Iran ne sera pas aussi isolé financièrement ou politiquement après la décision de Trump contre l’accord JOCPA – en fait, l’initiative israélo-américaine renforcera probablement l’alliance de l’Iran avec la Chine et la Russie. L’Iran se tournera vers l’Est, bien sûr.

Pour la Russie, le message de l’Amérique ne pouvait pas être plus clair : Les États-Unis et Israël veulent garder la Syrie comme une plaie ouverte, dans laquelle Israël peut mettre le doigt à tout moment – principalement pour empêcher le président Poutine de réaliser « l’objectif » de sa politique étrangère, mais aussi simplement pour maintenir Damas « dans un état de faiblesse ». Et Trump veut soit la capitulation totale du gouvernement iranien, soit son renversement.

Avec la sortie de l’accord JCPOA et l’octroi de Jérusalem à Israël, Poutine seront placés devant un Moyen-Orient déstabilisé, conflictuel et fragile – exactement ce que la Chine et la Russie ne voulaient pas voir. Les chemins de la Syrie, de l’Iran et de la Russie sont maintenant profondément entrelacés. Ils ont peut-être leurs différences, mais la Syrie est la raison pour laquelle ils se battent ensemble, en tant que compagnons d’armes, et pourquoi, dans un contexte plus large, ils se comportent conjointement comme des partenaires dans une alliance militaire et stratégique avec la Chine.

Ces trois États font partie d’une alliance de facto dont le domaine stratégique, bien compris, est l’ensemble du Moyen-Orient, qu’il s’agisse de l’initiative « Road and Corridor » [Nouvelle route de la soie, Ndt] de la Chine ou de l’infrastructure du « cœur » énergétique de la Russie. Leur intérêt est dans une région apaisée et non déstabilisée. Les deux actions de Trump (JCPOA et Jérusalem) sont comme des grenades à fragmentation lancées au cœur des intérêts stratégiques de la Chine et de la Russie.

Le pas en avant de Trump : son art de sortir de l’accord en faveur d’un changement de régime, impose toutefois un autre niveau de menace à Moscou. Bien sûr, Poutine est conscient que « l’État profond » américain veut que sa « cinquième colonne » atlantiste, la base du pouvoir économique en Russie, écarte Poutine du pouvoir – et que la Russie soit amenée à embrasser l’ordre mondial dirigé par les Américains.

Peut-être Poutine pensait-il que Trump allait surmonter la « guerre civile » interne aux États-Unis pour trouver son chemin vers la détente. Mais la série de signaux est claire : les premières déclarations de la défense des États-Unis sont passées d’une vision de la Russie comme un « concurrent » ; puis à une « puissance révisionniste » ; puis à une menace « numéro un » (au-dessus du terrorisme) ; puis à une « menace » beaucoup plus élevée – exigeant la modernisation des systèmes de missiles américains, le remplacement de sa flotte de sous-marins nucléaires et le remaniement de son arsenal nucléaire ; puis à une doctrine de l’utilisation d’armes nucléaires basée sur des conditions – et maintenant, à « l’étape au-delà » : changement de régime.

Poutine veut naturellement éviter tout conflit militaire avec les États-Unis, si possible, mais, en même temps, il doit savoir que s’il ne précise pas la ligne rouge de la Russie avec l’Amérique (et Netanyahou), bientôt, il sera perçu comme faible par les faucons américains, qui ne feront que le pousser plus fort. Poutine a essayé de servir de médiateur entre Israël et l’Iran, mais cette possibilité a été compromise par la passion anti-iranienne et rédemptrice de Pompeo et Trump. Et Poutine, lui aussi, doit se préparer au pire avec les États-Unis – et pourtant ne pas compromettre prématurément la situation de son partenaire, la joute verbale raffinée encours entre Xi Jinping et Washington, sur le commerce et les tarifs douaniers et la Corée du Nord.

La plus importante « conséquence imprévue » sera que Poutine et Xi déterminent que ce « pas en avant » de Trump est précisément le moment de tracer la « ligne rouge » – et décident de l’appliquer. Si cela se produit, tout change. Trump a-t-il compris cela ?

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke, 14-05-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

zx8118 // 19.07.2018 à 07h54

Encore une fois ce sont les deux États voyous, l’Amérique et Israël, peut importe qui sert qui, qui risque de propager la mort et la désolation.
Hélas sur le sujet de l’Iran (et aussi d’Israël, les deux étant lié) Trump est raccord avec l’État profond ou les néoconservateurs qui le compose majoritairement, donc pas de surprise ou de volte-face à attendre, le pire est au programme. Poutine aura, comme pour la Syrie, un rôle déterminant, celui, à notre plus grande honte (car les occidentaux vont sans doute faire front commun derrière Trump), de faire entendre la voix de la raison. Comme le disait Soljenitsyne il y a eu un retournement, au temps de l’URSS l’Occident possédait davantage de valeurs que celle-ci, aujourd’hui le droit international et les droits humains sont plus défendu côté russe.

21 réactions et commentaires

  • Fabrice // 19.07.2018 à 07h01

    A force de jouer au caïd, un jour Trump va devoir assumer ses menaces, car cette méthode a le défaut de trop en user personne n’y croit plus.

    Le choix sera de prouver que ce n’est pas que du bluff au risque que la situation échappe à tout contrôle ou decridibiliser totalement les USA.

    Même dans le cas où cela fonctionne la technique du petit caïd les USA doivent s’attendre qu’un jour ses “victimes” lui préparent un retour de bâton, qui lui laisseront un goût aussi amère que les pires moment de son histoire, car aucun empire n’a jamais pu avoir la mainmise totale sur son empire et ses vassaux sans qu’il finisse par s’ écrouler devant ses propres insuffisances.

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    • Paul ux // 19.07.2018 à 07h53

      Trump menace pour sa crédibilité intérieure. Pour rassurer l’OTAN.
      Mais il ne fera rien. Chien qui aboie…
      Désormais c’est la russie et la chine qui avancent les pions.

        +7

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    • lili // 19.07.2018 à 15h00

      Trump ne joue pas au caïd mais au poker menteur… et c’est payant !

        +3

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  • Emmanuel // 19.07.2018 à 07h15

    Agiter le gourdin, appeler ça de la stratégie ? L’auteur d’ailleurs, fait allusion à un “siège médiéval ” : ça nous ramène au moyen-age. Le souci, c’est que nous sommes à une autre époque. Pas sûr qu’en attisant les haines, avec la complicité du gouvernement israélien, tout cela fasse au final un monde meilleur, y compris pour les personnes qui ont voté pour ces deux énergumènes. Au passage, a noter que le plus grand fabricant d’antisémitisme est le gouvernement Nethanyaou ….(notons encore que cette politique de la haine nous a déjà amené daesh et son djihadisme ultra-violent….).

      +9

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  • zx8118 // 19.07.2018 à 07h54

    Encore une fois ce sont les deux États voyous, l’Amérique et Israël, peut importe qui sert qui, qui risque de propager la mort et la désolation.
    Hélas sur le sujet de l’Iran (et aussi d’Israël, les deux étant lié) Trump est raccord avec l’État profond ou les néoconservateurs qui le compose majoritairement, donc pas de surprise ou de volte-face à attendre, le pire est au programme. Poutine aura, comme pour la Syrie, un rôle déterminant, celui, à notre plus grande honte (car les occidentaux vont sans doute faire front commun derrière Trump), de faire entendre la voix de la raison. Comme le disait Soljenitsyne il y a eu un retournement, au temps de l’URSS l’Occident possédait davantage de valeurs que celle-ci, aujourd’hui le droit international et les droits humains sont plus défendu côté russe.

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  • Alexandre Clément // 19.07.2018 à 07h56

    cet article a choisi le mauvais point de vue. L’auteur ne comprend pas en ce qui concerne les actions militaires que celles-ci ont une logique propre. Passons sur le fait qu’il semble dire que les incursions d’Israël en territoire syrien sont seulement dû à la mauvaise humeur de Netanyahou, il n’éclaire en rien la question de savoir qu’est-ce que font les forces iraniennes en Syrie. Deux points semblent complètement éludés. Le premier est que l’Iran est en train de payer sa stratégie agressive au Proche Orient qui devait l’amener à une hégémonie militaire dans la région. Le peuple est plus que las et ne soutient plus les mollahs. Trump, et ses conseillers, pensent que l’Iran est mûr et va tomber justement sous les coups de la révolte du peuple iranien. Il pense ainsi que c’est le bon moment pour les Américains de reprendre pied dans la région qu’Obama avait abandonnée. C’est en ce sens que l’abandon de l’accord sur le nucléaire apparait comme logique. L’autre idée fausse et déplorable est de croire que les Russes soutiendront l’Iran contre Israël. C’est une vue de l’esprit. Les Russes ont laissé faire Israël chaque fois que Tsahal a puni les installations militaires iraniennes en Syrie. Les Russes se contenteront de la Syrie, et je crois bien qu’ils seront contents de voir les Iraniens évacuer la Syrie.

      +4

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    • Nerouiev // 19.07.2018 à 09h49

      Vous semblez oublier ce que représente l’Iran pour l’Asie. I’Iran a été l’invité d’honneur du dernier sommet de l’OCS en Chine. L’Iran est sur la route de la soie. La succession de Total est une nouvelle opportunité pour la Chine. Et puis un projet de canal entre la mer Caspienne et le Golfe Persique … Le peuple iranien a sûrement plus de raisons d’espérer dans ces projets que dans l’installation d’une démocratie à l’Occidentale.

        +22

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    • aleksandar // 19.07.2018 à 16h03

      Joli morceau de propagande, rien n’y manque , même pas, cerise sur le gâteau, l’habituel slogan vide de sens du ” peuple qui ne soutient plus ses mollahs ” . La suffisance intellectuel de l’occidental moyen dans toute sa vacuité.
      Alors que fait l’Iran en Syrie ?
      L’iran est en Syrie, à la demande du gouvernement syrien, pour exterminer les djihadistes. Et plus exactement d’ailleurs, vu le faible nombre de soldats iraniens en Syrie et leur mission ” aider le gouvernement syrien a exterminer les djihadistes”. Ce qui évidement déplait a Israël qui n’a jamais caché son soutien aux djihadistes et se volonté de voir la Syrie rester un champ de bataille.
      Il n’y a donc là aucune ” stratégie agressive ” mais une coopération entre deux états. Les histoires d’hégémonie militaire dans la région relèvent du fantasme, sans que jamais les moyens et actions de cette supposée hégémonie ne soient analysés et détaillés. Et pour cause, dans cet occident décadent, l’incantation médiatique a remplacé l’analyse.
      Le reste de votre commentaire relevant de la technologie de la boule de cristal, de la magie, voir du chamanisme, sans aucun argument logique présenté est sans intérêt.

        +20

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  • DUGUESCLIN // 19.07.2018 à 09h01

    Il me semble qu’il faut revenir aux “fondamentaux” pour décrypter les diverses politiques.
    Du côté atlantiste, Israël est important, pas seulement pour des raisons ethnico-philosophiques, mais comme fenêtre et prolongement de l’impérialisme atlantiste sur le moyen-orient. Le contrôle des ressources pétrolières est un enjeu important pour les Etats-Unis d’Amérique.
    Du côté de la Russie et des “non-alignés” c’est le retour à la souveraineté pour tous qui est important. Les échanges étant plus sûrs et plus fiables avec des états souverains.
    Israêl se sent menacée par les pays du Golfe qui peuvent accroître leur puissance grâce à la reprise de possession de leur richesse et à leur développement économique. Ce retour à la souveraineté mettrait fin à l’expansion d’Israël et à la colonisation sauvage qu’elle pratique.
    Trump, comme il l’a annoncé, souhaite que les dépenses colossales qui servent à faire la guerre partout dans le monde, servent plutôt à relancer l’économie américaine pour que les USA redeviennent “great again”.
    Le seul accord entre les deux côtés (atlantiste et souverainiste) est de garantir qu’Isarël ne sera pas menacée de destruction, mais ne pourra plus s’étendre et devra se contenter de se limiter à l’état de puissance secondaire, mais protégée.Trump avec les sanctions anti-iraniennes va dans le sens d’Israël, mais sans les résultats attendues, puisque, ni pour la Russie, ni pour la Chine, l’Iran ne doit tomber. Pas d’OTAN en Iran, pas de pillage du pétrole et pas de blocage de la route de la soie.
    Trump le sait, c’est évident.
    Il accentue, jusqu’à la caricaturée, la position Israëlienne ainsi que celle des financiers et des lobbies, pour mettre en évidence leur politique jusqu’à la rendre contre-productive pour mieux faire admettre sa politique souverainiste.
    Si c’est le cas, il n’y a pas de risque d’escalade autrement que dans les paroles et les menaces. Mais peut-être que ma compréhension est limitée.
    Le débat est ouvert.

      +7

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  • François Lacoste // 19.07.2018 à 09h01

    Russie (130 millions d’habitants), Poutine, considéré par le peuple russe comme celui par qui la richesse, aussi modeste soit-elle et la sécurité arrive, est renforcé par tous ce que l’occident peut faire pour le déstabiliser.
    Chine (1 415 millions d’habitants), le pouvoir est fortement suivit par le peuple chinois conscient de ce qu’il lui doit et des progrès encore à accomplir sous sa gouverne pour accéder au plus haut de la civilisation et de la richesse.
    Iran (80 millions d’habitants), il semble au vu du peu d’enthousiasme manifesté récemment par le peuple pour soutenir les “révolutionnaires de Couleur” que le gouvernement, certes religieux, ait le soutient du peuple pour résister aux sirènes de l’occident mercantile et déréglementé. Par ailleurs, le sort réservé aux musulmans (par exemple palestiniens) de la région qui n’acceptent pas l’autorité de l’occident n’y produit pas que des adeptes de la liberté à l’américaine ou à l’israélienne…

    Pour rappel, Israël 8 millions d’habitants dont 6 millions de juifs, États-Unis 325 millions d’habitants.

    Ce qui caractérise les peuples n’est-il pas le sentiment intangible, d’appartenance à une entité spécifique?
    Si c’est le cas, on ne comprends absolument pas pourquoi les peuples accepteraient sans résistance d’être soumis ou détruits par une quelconque autorité extérieure, fût-elle étasunienne ou autre.

    Doit-on raisonnablement penser que germe sous nos yeux une guerre à “gros joueurs” qui entraînera le monde dans un délire de destructions morbides.

      +6

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  • Eric83 // 19.07.2018 à 09h06

    Et pendant ce temps, là en Israël…ou devra-t-on dire maintenant Etat nation juif d’Israël ?

    https://www.romandie.com/news/ZOOM-Adoption-d-une-loi-controvers-e-d-finissant-Isra-l-comme-l-Etat-nation-juif/937889.rom

    Il est certain que cette loi adoptée va très nettement améliorer le processus de paix avec les Palestiniens et les Etats voisins d’Israël…

      +9

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    • Chris // 19.07.2018 à 11h35

      Israël théocratise sa judaïté !
      Ce pays n’a plus rien à envier à l’Iran, qui rappelons-le tout de même, donne les mêmes droits (et devoirs : se conformer aux apparences) civiques à tous les Iraniens peu importe leur religion.

        +7

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  • Kiwixar // 19.07.2018 à 09h09

    “Poutine veut naturellement éviter tout conflit militaire avec les États-Unis, si possible, mais, en même temps, il doit savoir que s’il ne précise pas la ligne rouge de la Russie avec l’Amérique (et Netanyahou), bientôt, il sera perçu comme faible par les faucons américain.”

    Oui, et alors, ils continueront à trépigner en criant victoire? De toute façon, la seule ligne rouge de la Russie, c’est leur territoire, qui (re)inclut désormais la Crimée. Aucun intérêt vital en Syrie, qui n’est même pas un allié formel (type Otan et son article de rescousse si un membre est attaqué). Ils testent leur matériel, entraînent leurs soldats, démontrent la qualité de leur matériel pour l’export.

    Ligne rouge, quelle notion puérile et contre-productrice. Un bon joueur d’échecs sait utiliser la flexibilité de ses “petits poneys” (voir “Masha et l’ours”).

      +6

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  • Eric83 // 19.07.2018 à 09h36

    La situation largement évolué depuis le 25 mai 2018 et notamment par la reprise de Deraa par le gouvernement Syrien avec l’appui des Russes.

    Aujourd’hui et après 7 ans de tentatives de renversement de Assad, ni les US, ni Israël n’ont plus du tout la main en Syrie.

    Les trois voyages de Netanyahou pour rencontrer Poutine en Russie, depuis le début de l’année, sont en soi révélateurs.
    La possibilité dans le contexte actuel de reprise par la Syrie du Golan occupé est certainement une préoccupation majeure de Netanyahou.

    https://ejmagnier.com/2018/07/17/rencontre-poutine-netanyahu-a-moscou-votre-inquietude-concernant-la-presence-de-liran-en-syrie-ne-sera-apaisee-quapres-la-defaite-du-terrorisme-et-la-lib/

      +9

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  • Pierre D // 19.07.2018 à 10h05

    Le but de l’exercice est de légitimé une déstabilisation de l’Iran par une guerre préventive en invoquant le droit d’Israël de se défendre.

    L’Iran doit être présenté comme agressif et dangereux.

    Le danger est purement rhétorique, puisque de mémoire d’homme personne n’a l’exemple d’une guerre déclenchée par l’Iran… ni même par la Perse.

      +14

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    • RGT // 19.07.2018 à 18h50

      Pour mémoire, déjà dans l’antiquité, les perses avaient “sournoisement attaqué” les grecs…

      Euuuh !!!
      Simplement parce que les grecs se comportaient comme des loubards de banlieue en procédant à des rafles, des rapines, du racket et des massacres sur le territoire de cet état qui était quand-même largement plus civilisé.

      Les grecs pratiquaient l’esclavage, je vous le rappelle.
      Cette pratique était strictement interdite en Perse.
      Xerxès descendant de son “char gigantesque” traîné par des milliers esclaves, c’est juste une invention hollywoodienne (je vais faire des déçus).

      De plus, ce sont bel et bien les perses qui ont inventé le monothéisme : Ils étaient depuis longtemps Zoroastriens.
      Un culte dans lequel le respect des autres était à la base de la pensée.
      Nietzsche a d’ailleurs bien décrit la profondeur de ce culte dans son ouvrage “Ainsi parlait Zarathoustra”.

      Ensuite, quand on voit ce que les autres ont fait de cette idée grandiose, entre Akhenaton, Moïse et tous ceux qui les ont suivis.
      Il y a eu beaucoup de perte au feu (la zoroastrisme s’appelle aussi le Culte du Feu) assorti d’une “légère” tendance à aller massacrer ou asservir sans vergogne tous ceux qui ne faisaient par partie de “l’élite choisie par Dieu”.
      Dernier point : Les Zoroastriens s’interdisent de pratiquer le prosélytisme, par conviction.

      C’est sans doute pour ça qu’ils ne sont désormais plus très nombreux, la majorité de leurs fidèles ayant été convertis de force aux autres “cultes libres et humanitaires”.

      Les iraniens/perses (ou tout nom qui peut être donné à ce peuple) nous ont démontré qu’un peuple peut exister calmement plusieurs millénaires et qu’au final ses ennemis finissent tous par disparaître.
      Les grecs n’auront duré que quelques siècles avant leur effondrement.
      Comme les cycles de l’histoire s’accélèrent très fortement, combien de temps auront-ils à attendre avant que l’empire de loubards de la banlieue située de l’autre côté de l’Atlantique suivent ses prédécesseurs ?

      J’espère qu’ils n’auront plus à attendre bien longtemps.

      De toutes façons ils sont patients.

        +8

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      • Pierre D // 19.07.2018 à 19h10

        La sournoiserie venait plutôt des Grecs et plus particulièrement des colonies grecques qui ne reconnaissaient pas la domination perse en Perse.

        Les conflits perses et iraniens sont surtout d’ordre interne et ont eu très tôt pour objectif d’imposer une cohésion territoriale, puis nationale.

        Les Guerres Médiques sont à l’origine d’un sentiment de destin commun des états-nations grecs et de l’hégémonie grecque sur la mer Égée.

          +0

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  • Louis Robert // 19.07.2018 à 13h10

    Rien n’a changé.

    L’Empire ne négocie pas, il ordonne.

    L’Empire ne négocie pas, il domine en tout, par tous les moyens, et s’en vante.

    La Bête vit de la guerre perpétuelle que sans cesse elle quémande au monde entier et à la fin lui impose.

    Rien ne change, c’est « business as usual »… qu’accompagne le déni des foules complaisantes.

    Ainsi se poursuit l’inavouable effondrement qui crève les yeux et que l’on tait.

    ___________

    “The Coming Collapse of the American Economic System with Richard Wolff”

    https://m.youtube.com/watch?v=60FrsWm9OAc

      +5

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  • aleksandar // 19.07.2018 à 16h28

    De toute façon, les options pour Trump sont limitées.
    Pas de confrontation militaire directe avec l’Iran, trop de risques, trop de morts.
    Les bodybags en nombre important de retour aux USA, c’est justement ce que sa base électorale ne veut plus et Trump le sait.
    Donc il y aura des cris , des menaces, des sanctions, qui ne serviront à rien, Chine et Russie continueront sans bruit a soutenir l’Iran.
    Netanyahu publie après chaque pèlerinage a Moscou un communiqué de victoire, qui est a peu près l’exact opposé du communiqué de la présidence russe qui suit.
    Cela finit même par énerver Vladimir Vladimirovitch
    https://ejmagnier.com/2018/07/17/rencontre-poutine-netanyahu-a-moscou-votre-inquietude-concernant-la-presence-de-liran-en-syrie-ne-sera-apaisee-quapres-la-defaite-du-terrorisme-et-la-lib/

      +5

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  • Spartel // 19.07.2018 à 23h23

    À Bluff, la ville la plus au sud de l’île du Sud, Nouvelle Zélande. La partie au Proche Orient ressemble à une immense table de poker où tout le monde bluffe, où les amis ne sont pas ceux que l’on croit, où les traitres ne sont jamais ce que l’on voit. Il n’a pourtant échappé à personne que pendant ce temps l’Asie grandit. Il est, semble-t-il toujours “agréable” de mettre sur la gueule du Palestinien, de l’irakien, du libyen ou du Syrien. ( du fort au faible, cela a semble-t-il quelque chose de jouissif cette tuerie que personne ne comptabilise et que peu dénoncent ).
    Qu’en sera-t-il d’une volonté de mise au pas militaire de l’Iran ?
    J’attends pour voir la fin de partie .
    D’ailleurs, avoir voulu, avoir financé et avoir laissé les groupes djihadistes tenter de déstabiliser la Syrie et de détruire son État est une bêtise folle à mettre sur le compte de dirigeants bêtes et loufoques ; tout cela pour avoir les Russes et leur système de défense électronique en Méditerranée et de missiles et d’appui aérien sur le Tigre et l’Euphrate, et les Iraniens appelés légalement par l’Etat syrien à quelques kilomètres du Golan. Sans oublier l’effet sur l’Europe de la masse de réfugiés dont on détruit les maisons.
    Cet ensauvagement devient exaspérant et cette absence d’humanité très inquiétante.
    Â Bluff, un ferry part pour l’île Stewart où le chant des oiseaux fait oublier un moment les hommes.

      +1

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