Les Crises Les Crises
9.septembre.20199.9.2019 // Les Crises

[Recommandé] Jean-Claude Michéa (1/5) : La chance d’avoir des parents communistes

Merci 156
J'envoie

Nous vous recommandons cette série sur Jean-claude Michéa, que nous publierons cette semaine.

Source : France culture, Jean-Claude Michéa, Guillaume Erner, 07-01-2019

Issu d’une famille communiste, Jean-Claude Michéa n’est “pas devenu révolutionnaire par rébellion contre le père mais par conservatisme, pour conserver la tradition familiale”. Tout Michéa est déjà en germe dans ce petit parisien qui jouait au foot au bord du périphérique.

Ce monde-là n’est plus : il faut se remémorer ce que fut le PCF pour comprendre l’univers dans lequel a grandi Jean-Claude Michéa. A l’époque on chantait, on mangeait, on vivait “rouge”. Et c’est cette couleur qui a décidé l’adolescent de 14 ans à devenir professeur de philosophie.

Michéa raconte son enfance : son éducation, sa prise de conscience politique précoce. Il évoque ses parents aimants et cultivés, la fierté de ses origines populaires, le sport, la lecture… Et les valeurs solides dont il a hérité, enfant, qui continuent à le guider : le désintéressement et la fidélité absolue à ses idéaux.

Parmi les philosophes, le nom de Jean-Claude Michéa est désormais bien connu. L’homme, en revanche, demeure dans la pénombre : ses apparitions dans les médias sont rares. D’où l’intérêt de ce long échange ou Jean-Claude Michéa a accepté de se livrer complètement, n’esquivant aucune question, expliquant et commentant sa vie et son travail de philosophe.

Tout au long de ces entretiens, ceux qui aiment l’auteur d’Orwell, anarchiste tory, apprendront à mieux le connaître. Les autres pourront se faire une idée sur ce penseur original et radical, au style volontiers polémique. Après tout, lorsqu’on livre des batailles, n’est-il pas normal d’avoir des ennemis ?

LIENS

A propos du livre d’Emmanuel et Mathias Roux : Jean-Claude Michéa, l’inactuel. Une Critique de la civilisation libérale, éditions Le Bord de L’eau, 2017.

De qui Jean-Claude Michéa est-il le non ? Portrait du philosophe par Andrés Rib, publié par la revue en ligne Le nouveau cénacle en 2016.

Jean-Claude Michéa, la réaction sous le masque de l’anticapitalisme : entretien avec Isabelle Garo, animatrice de la revue Contretemps.

Une lettre à propos du mouvement des Gilets jaunes signée Jean-Claude Michéa.

Jean-Claude Michéa invité de la Grande Table sur France Culture le 18 septembre 2018.

Source : France culture, Jean-Claude Michéa, Guillaume Erner, 07-01-2019

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Urko // 09.09.2019 à 09h25

Ce que ça révèle, c’est surtout qu’une certaine “gauche” qui s’est révélée calamiteuse pour les classes populaires ne supporte pas que des hommes poursuivent un chemin différent du sien et qui n’a pas renoncé à songer auxdites classes populaires. Cette soi disant “gauche” veut conserver son petit monopole et que personne ne la démasque ; alors, elle traite de populistes, de racistes, de fascistes, de réactionnaires tous ceux qui ne sont pas dupes de sa vraie nature.

59 réactions et commentaires

  • Wakizashi // 09.09.2019 à 07h42

    « Issu d’une famille communiste, Jean-Claude Michéa n’est “pas devenu révolutionnaire par rébellion contre le père mais par conservatisme, pour conserver la tradition familiale”. »

    J’observe qu’en général, les enfants reprennent à leur compte les idées (croyances ?) politiques de leurs parents et de leur milieu. Leur religion ou leur athéisme aussi d’ailleurs. La rébellion contre le père (ou le milieu, forme de père symbolique) est d’autant plus honorable qu’elle est rare… Je ne parle pas de la rébellion passagère de l’adolescence pour revenir au bercail sitôt atteint l’âge adulte, mais d’une rébellion de long terme, d’une véritable radicalité en rupture avec l’acquis.

    L’indépendance d’esprit, l’authentique esprit critique (c’est-à-dire avant tout sur soi), la véritable objectivité, ne courent pas les rues.

      +10

    Alerter
    • Bardamu // 09.09.2019 à 08h09

      Sauf quand la réalité vécue correspond aux “croyances”.
      Mes parents ont toujours et continuent de voter à droite (genre Fillon) alors que j’ai toujours vu mon père bosser comme un con pour un salaire de merde et salarié d’un incapable qui avait hérité de l’entreprise familiale.
      Ils auraient été communistes, je l’aurai été peut être. Mais je suis loin d’être filloniste.

        +15

      Alerter
    • Sandrine // 09.09.2019 à 09h23

      Cela vient en partie du fait que les différences sociale se reproduisent d’une génération sur l’autre.
      Lorsqu’ils changent de classe sociale, les enfants changent généralement d’opinion politique par rapport leurs parents. Les révoltes par rapport aux pères à classe sociale égale (comme en mai 68 par exemple) traduisent généralement des bouleversements civilisationnels qui dépassent largement les options individuelles
      Les révoltes individuelles contre le milieu social d’origine peuvent exister, mais elle ne sont pas forcément le fruit de “l’esprit critique”, mais bien souvent plutot le fruit de motivations psychologiques plus ou moins inconscientes.

        +16

      Alerter
    • Sandrine // 09.09.2019 à 11h47

      Michéa dit « Je ne suis pas devenu révolutionnaire par rébellion contre le père mais par conservatisme, pour conserver la tradition familiale ». J’avoue que la formulation m’a posé question. En l’entendant, j’ai immédiatement pensé à la formule « révolution conservatrice » que l’on emploie à propos des mouvements généralement classés à extrême-droite dans l’Allemagne des années 20.
      J’ai également été frappée par discours limite « communautariste » à propos de la « culture » des ouvriers d’antan (dont sa mère aurait été selon lui la représentante). Je ne sais pas très bien en quoi consiste cette culture – Michéa en tout cas ne précise pas.
      1/2

        +1

      Alerter
      • Sandrine // 09.09.2019 à 11h48

        2/2
        A l’époque stalinienne, il y avait en URSS une glorification comparable de la figure de l’ouvrier (et du paysan-ouvrier, le kholkhozien), de sa « saine » culture » devant servir de modèle à l’ensemble du peuple. Il est très intéressant d’observer ce qui s’est passé, d’un point de vue culturel après la destalinisation : les phénomènes de distinction sociale ont rapidement refait surface, le terme « kholkhozien » (insulte suprême, actuellement en Russie, parmi une certaine génération en tout cas, celle ayant connu l’URSS) est devenu synonyme de mauvaise éducation, voir de stupidité (de manière informelle, bien sûr, le discours idéologique de l’état n’était évidemment pas celui-là)
        Je me demande s’il ne faudrait pas analyser le parcours idéologique de Michéa à la lumière des évolutions sociologiques ayant eu lieu en URSS. Il y a probablement d’intéressants parallèles à faire. Notamment par rapport au fait qu’aujourd’hui en Russie, les défenseurs de la période stalinienne sont également d’ardents défenseurs de la nation et des valeurs traditionnelles (patriarcales notamment). Comme Michéa.

          +2

        Alerter
        • lois-economiques // 09.09.2019 à 14h30

          Michéa est anarchiste, pas communiste, ce qui n’a rien à voir.
          L’anarchisme combat d’une manière égale le communisme et le capitaliste, ce que fait Michéa.
          L’anarchisme est la seule idéologie véritablement émancipatrice et sur ce point la seule qui vaille.
          Le slogan “Ni Dieu, ni Maître” est totalement révélateur de l’anarchisme.

            +13

          Alerter
          • Geoffrey // 09.09.2019 à 15h06

            ça m’étonnerait que l’anarchisme voit dans le communisme un ennemi, à l’égal du capitalisme… ; un peu comme le nationalisme, alors – “ni capitaliste, ni communiste”.

            économiquement, l’anarchisme, c’est très vague : à qui appartient le champ, la forêt, le puits, la mine.. ?

            les questions concrètes ne sont pas solutionnées…

            Geof’

              +2

            Alerter
            • lois-economiques // 09.09.2019 à 15h18

              Et si absolument !
              Et L’Histoire l’a prouvé.
              L’élimination des anarchistes par le partie communiste espagnol est un fait tristement célèbre.
              Proudhon qui est un des penseurs de l’anarchisme a écrit : (lire “communisme” pour “communauté”)
              « Ainsi, la communauté viole l’autonomie de la conscience et l’égalité : la première, en comprimant la spontanéité de l’esprit et du cœur, le libre arbitre dans l’action et dans la pensée ; la seconde, en récompensant par une égalité de bien-être le travail et la paresse, le talent et la bêtise, le vice même et la vertu. Du reste, si la propriété est impossible par l’émulation d’acquérir, la communauté le deviendrait bientôt par l’émulation de fainéantise ».
              Le problème essentiel de toutes les critiques que l’on peut lire ça et là c’est le manque de connaissances de ceux qui les formule et cela c’est désolant.

                +6

              Alerter
            • RGT // 10.09.2019 à 19h48

              Je pense que vous devriez un peu quitter vos Saintes Écritures marxistes et vous contenter de regarder la réalité en face : Marx et ses acolytes ont déclaré la GUERRE aux anarchistes le jour où Proudhon a décliné l’offre du “Divin” qui lui proposait d’entrer à son service.

              Proudhon a refusé car sa philosophie lui interdisait strictement de se soumettre à quiconque (et qu’il avait pressenti que les marxistes étaient franchement dictatoriaux).

              Entre les capitalistes/monarchistes et les marxistes, ce sont bel et bien ces derniers qui ont le plus allègrement massacré les anarchistes (en allant même jusqu’à leur tirer ans le dos pendant que les anarchistes combattaient Franco).
              N’oubliez JAMAIS que si les anarchistes ont tendu la main aux marxistes lors de la révolution russe (et les ont aidés à éviter de se prendre une branlée), les marxistes ont ensuite lâché l’armée rouge pour exterminer TOUS les anarchistes ent les tirant comme des lapins.

              Et ensuite vous vous prenez une posture de jeune vierge effarouchée sur “l’immonde aversion des anarchistes vis à vis des communistes marxistes” ?

              Ouvrez les yeux : Marx était un fils à papa oisif et bien nourri qui trompait son ennui en inventant avec ses “potes de grandes écoles” un système politique dictatorial qui lui permettait de gonfler son ego au delà du raisonnable.

              Ce qui n’a JAMAIS été le cas des anarchistes, même ceux qui étaient issus de milieux TRÈS favorisés.
              Mais la majorité des anarchistes étaient issus des CASTES le plus basses et peinaient à se nourrir eux-mêmes.

                +2

              Alerter
          • Tardieu // 10.09.2019 à 07h18

            Il y en a marre des gens qui racontent n’importe quoi !

            L’indifférence en matière politique – K. Marx 1873

            Extrait.Tandis que le maître (Proudhon) avait le courage de se prononcer énergiquement contre tous les mouvements économiques
            (coalitions, gréves, etc.), qui étaient contraires aux théories rédemptrices de son mutuellisme, bien qu’il
            encourageât lui-même par ses écrits et par sa participation personnelle le mouvement politique de la
            classe ouvrière, ses disciples n’osent se prononcer ouvertement contre le mouvement. Déjà, en 1847, époque où parut l’oeuvre principale du maître : les Contradictions économiques, je réfutai ses sophismes contre le mouvement ouvrier (1).

            Toutefois en 1864, après la loi Ollivier qui accordait aux ouvriers français, d’une façon si restreinte, le
            droit de coalition, Proudhon revint à la charge dans son livre De la capacité politique des classes
            ouvrières publié peu de jours après sa mort.

            Les attaques du maître étaient tellement conformes au gout des bourgeois que le Times, à l’occasion de
            la grande grève des tailleurs de Londres en 1866, fit à Proudhon l’honneur de le traduire et de condamner les grévistes par ses propres paroles. En voici quelques preuves… (Pour lire l’intégralité : https://www.marxists.org/francais/marx/works/1873/01/km18730100.htm

            1- Voir l’ouvrage : Misère de la philosophie, réponse à la Philosophie de la misère de M. Proudhon. Paris, 1847. Franck
            éditions, Chap. V. « Les grèves et les coalitions ouvrières ».

              +3

            Alerter
            • lois-economiques // 10.09.2019 à 11h38

              Marx et Proudhon s’entendaient pas trop mais l’Histoire est sans appel le Marxisme est définitivement à mettre aux oubliettes de l’Histoire.

                +2

              Alerter
        • Patrice // 09.09.2019 à 22h50

          Total respect pour cette lucide fidélité . René Andrieu considérait le Parti comme un outil au service des salariés. Jc Michea assume parfaitement cette mission dans un contexte de terreur idéologique et de chape de plomb médiatique, l eurofascisme dénoncé par Todd.

            +4

          Alerter
    • RGT // 10.09.2019 à 20h16

      “L’indépendance d’esprit, l’authentique esprit critique (c’est-à-dire avant tout sur soi), la véritable objectivité, ne courent pas les rues.”

      Ça peut arriver parfois, et suite à des circonstances étranges.

      Issu d’une famille “fréquentable”, j’ai un jour ouvert à l’âge de 15 ans une vielle malle dans le grenier de mes parents qui contenait de nombreux très vieux ouvrages.
      J’en ai pris un au hasard qui s’intitulait “Idée générale de la révolution au XIXe siècle” écrit par un certain Proudhon…

      Ça a été LE choc.

      Quand j’en ai parlé à ma mère, elle m’a déconseillé de lire ces ouvrages qui appartenaient à un des ses grands-oncles “parti trop jeune” après avoir fait de “grosses erreurs”.

      J’ai appris plus tard que le propriétaire avait en fait été victime d’un “accident de chasse” pour éviter à la famille de devoir supporter la HONTE d’une telle abomination.
      Et je me demande encore pourquoi ma mère avait conservé cette malle.

      Le pli était pris et j’ai doucement coupé les ponts avec ma famille car je ne les supportais plus (hormis ma mère à qui je dois la vie, ça s’appelle le respect).
      Et j’ai moi-même financé mes études pour ne rien devoir à personne (sinon je serais peut-être un énarque ou un autre parasite aujourd’hui) ce qui fait que je ne suis qu’un modeste ingénieur d’études mais que je ne fais que ce que je juge JUSTE en respectant les autres (particulièrement les “petits”.

        +3

      Alerter
  • ien // 09.09.2019 à 08h07

    Merci de mettre en lumière cet immense penseur.

      +5

    Alerter
  • Chamip98 // 09.09.2019 à 08h40

    Pour une critique substantielle de cet auteur, voir “Impasse Michéa” :
    https://www.contretemps.eu/lordon-impasse-michea/

    Voir également la réponse de Bégaudeau à une question concernant Michéa (à 1H30):
    https://www.youtube.com/watch?v=w7waydqVM2w

      +2

    Alerter
    • Simon // 09.09.2019 à 13h18

      Pour moi le problème des “critiques” de Bégaudeau, Lordon et Caro concernant Michéa, c’est qu’elles portent à vide. Ils sont en effet tous libéraux, comme Michéa le montre de façon incontestable, il suffit de le lire. Lordon est de mauvaise fois (j’ai lu son texte quand il a paru il y a plusieurs années), Isabelle Caro ne répond à rien de ce que dit Michéa mais déforme toutes ses thèses, Bégaudeau ne comprend pas la notion de libéral libertaire (dont il pourra trouver l’origine dans l’ouvrage de Michel Clouscard “Néofascisme et idéologie du désir). Quant à la question qu’il pose, à savoir “j’aimerai qu’on me présente quelqu’un qui soit libéral et libertaire”, il peut aller chercher du côté de Cohn Bendit qui le revendique. Honnêtement, tu peux prendre le texte de Lordon, noter avec ton stylo les points sur lesquels il attaque Michéa, de façon purement polémique, puis lire ou relire Michéa. Toutes les réponses y sont, et franchement il ne suffit pas d’aller chercher bien loin. Lordon n’est pas idiot, j’en conclus seulement que Michéa l’énerve, d’où la mauvaise fois.

        +11

      Alerter
      • Milsabor // 09.09.2019 à 16h18

        L’objection principale de Lordon porte sur la « common decency » empruntée à Orwell, selon laquelle existerait dans le peuple une morale spontanée selon laquelle « ça ne se fait pas ». Lordon est un neo-spinoziste pour qui il n’y a pas de morale ontologique mais un « marché des etoï » sur lequel chaque individu trouve la vérité qui lui convient. En fait Lordon critique le système du progressisme globalisé, mais il avalise la neutralité axiologique propre au libéralisme libertaire qui le fonde. On pourrait retourner à Lordon son proverbe préféré : « le sage se rit de celui qui se plaint des effets dont il chérit les causes ».

          +5

        Alerter
        • Barbe // 10.09.2019 à 06h48

          Ce charabia doit sans doute avoir un sens.
          Lequel?

            +2

          Alerter
          • lois-economiques // 10.09.2019 à 12h17

            1. Ce qu’écrit Milsabor n’est pas du charabia, étonnant cette faculté de traiter de charabia ce qui n’est pas compris.
            2. Ce texte est parfaitement claire dans l’interprétation de ce que fait Lordon de la common decency.
            Mais c’est erroné, Michéa précise bien que ce sont les structures (pourtant chères à Lordon) qui fait en sorte qu’un sens moral et d’entraide persiste dans les classes populaires pour une raison de survie. Prenez dans cette population une personne qui gagne au Loto sa “common decency” va très vite disparaître !

              +2

            Alerter
      • Chamip98 // 09.09.2019 à 22h23

        Justement, écoutez la réponse de Bégeaudau jusqu’au bout : vous visez droit dans le mille.

        S’il suffisait de se revendiquer d’être libertaire pour l’être …

          +1

        Alerter
      • lois-economiques // 10.09.2019 à 12h10

        “Lordon n’est pas idiot, j’en conclus seulement que Michéa l’énerve,”
        A ce sujet lire “Jean-Claude Michéa, l’inactuel. Une Critique de la civilisation libérale, ” tout y est parfaitement analysé on ne peut pas faire mieux et Lordon en prend pour son grade ainsi que tous ceux qui critique Michéa.
        Lordon sur ce sujet a raté une occasion de ne pas écrire tellement sa critique est erronée et c’est désolant venant d’une telle personnalité.

          +3

        Alerter
    • Owen // 10.09.2019 à 08h29

      J’ai vécu avec une compagne de famille complètement ouvrière sans que la mienne le soit. A vivre avec elle et ses fréquentations, j’ai découvert le goût et respect du travail bien fait (pas un seul meuble type Ikea à la maison, par exemple), le sens de l’honnêtete, l’indignation devant l’injustice, etc…

      Peut-être que “valeurs traditionnelles” convient mieux que “conservatisme” contaminé par les concepts de politologie. En tout cas, j’ai découvert avec elle la dignité ouvrière, de même système de valeurs que les artisans. Elle est politiquement “de gauche”, par simple tradition aussi, sans affirmation idéologique personnelle.Je m’avance un peu, mais il me semble que les Gilets Jaunes, surtout ceux des ronds points étaient de même sociologie. Onfray, par exemple, s’y reconnaît complètement et toute sa chronique les concernant est éclairante.

      Je n’en fais pas une généralité: j’ai vu “La vie est un long fleuve tranquille” avec un ami qui a beaucoup ri de la famille Groseille, me disant qu’il reconnaissait complètement la sienne, alors que je pensais cela bien trop caricatural. Je n’en fais donc pas une généralité, mais je sais qu’il y a une culture ouvrière aux valeurs positives de travail et de vie en société.

      Après, la traduction politique, c’est autre chose: on sait que les ouvriers qui votaient majoritairement communiste il y a plus de 30 ans, votent maintenant majoritairement FN.

        +4

      Alerter
    • Urko // 09.09.2019 à 09h25

      Ce que ça révèle, c’est surtout qu’une certaine “gauche” qui s’est révélée calamiteuse pour les classes populaires ne supporte pas que des hommes poursuivent un chemin différent du sien et qui n’a pas renoncé à songer auxdites classes populaires. Cette soi disant “gauche” veut conserver son petit monopole et que personne ne la démasque ; alors, elle traite de populistes, de racistes, de fascistes, de réactionnaires tous ceux qui ne sont pas dupes de sa vraie nature.

        +57

      Alerter
      • biblo // 09.09.2019 à 11h59

        La gauche de pouvoir n’a pas été “calamiteuse” pour les classes populaire. Je sais bien que la mode est au forçage du trait et que la gauche en question aurait surement pu faire mieux dans bien des domaines mais cette manière qu’ont certains de toujours se croire sur la barricade façons “La liberté guidant les gueux analphabètes” commence à sérieusement m’exaspérer.

        Je suis né en 1975 dans un milieu franchement populaire et vous pouvez me croire c’ étais pire qu’aujourd’hui sur beaucoup d’aspects importants. Les idées de ” gauche” ont progressé de manière incroyable ces dernières années au point qu’aujourd’hui c’est la droite qui doit piteusement s’aligner (malgré ça base de vieux réac), je suis bien placé pour le voir.Le travail et sa rémunération ou la redistribution des richesses restent des points sensibles mais en dehors de ça franchement…

          +1

        Alerter
        • Urko // 09.09.2019 à 13h59

          C’est un point de vue intéressant, mais je pense vraiment que la gauche a failli sur certaines des missions qu’elle s’était assignée. D’où de mon point de vue, son surinvestissement du sociétal pour mieux ne plus évoquer le social.

            +21

          Alerter
        • david // 09.09.2019 à 17h44

          Vous confondez progrès technique et progrès social…
          Comparez la France avec l’Angleterre ou le Bénin, vous verrez que tout le monde a progressé.
          Il reste qu’un ouvrier des années 60/70 pouvait se payer une maison sans que sa femme ne bosse…il n’a pas connu le chômage et est parti à la retraite à 55 ans…
          C’est vrai on a les rtt…

            +12

          Alerter
          • pauvre d’eux // 09.09.2019 à 20h39

            Dans les années 60/70, mon père, ouvrier, jamais de chômage ne pouvait pas se payer une maison la notre était une location, les toilettes étaient dehors (je ne vous parle pas de l’hiver). Il trimait 48 heures par semaine et plus pour quelques picaillons de plus. C’est vrai qu’il est parti à la retraite à 55 ans, mais de façon définitive avec un infarctus. Sinon c’était 62 ans.
            Au passage je suis en quelque sorte l’exception qui confirme la règle de Bourdieu concernant sa “distinction” ouvrier moi aussi à partir de 16 ans et demi, ce pendant 8 ans petit à petit après bien des années de travail de nuit pour aller à l’université le jour, j’ai terminé ma carrière avec un petit Bac + 9. J’avoue qu’une psychanalyse de 10 ans m’a bien aidée.

              +2

            Alerter
            • basile // 10.09.2019 à 07h04

              C’était plutôt 65 ans, la retraite. Et le chomdu, plusieurs fois. On ne pouvait pas se payer de maison, mais on vivait de façon écolo avant l’heure, en votant Marchais. Écolos depuis 70 ans. Comment ? Par manque de fric.

              on n’ a rien acheté à crédit. On n’achetait que ce dont on avait les moyens pour le faire. Patiemment, comme des fourmis. Ca me semble une démarche écolo. De même que les enfants, on se donnait les moyens de les faire, par l’union d’un homme et d’une femme. Avec toutes les contrainte que ça implique : supporter le caractère d’un bonhomme (ou une bonne femme) toute la vie.

              C’est tellement plus facile, pour les écolo-e-s, d’acheter la télé tout de suite, sans s’échiner 5 ans au boulot. D’avoir le môme tout de suite, sans avoir un bonhomme dans les reins pendant 3 horribles minutes, puis pendant encore 20 ans.

              Donc, pour en revenir à la maison, on vivait chichement, à 4 dans un studio, en se chauffant au charbon. Et à la fin de la vie, ça laissait un petit héritage aux enfants.

              Maintenant nos idéologues ont voulu donner le confort à la clase ouvrière : 1 chambre par enfant, eau chaude à volonté, chauffage central, salle de bain. Tout ça a un coût : la liberté. Prisonnier à vie dans un HLM. Les enfants qui naissent en prison, et plus grand, quémandent à leur tout une place dans cette prison de haute sécurité. Ah, le beau réservoir électoral que voilà ! Et ils ne laissent pas un rond à leurs enfants. Les HLM, sous des airs généreux, ont tout simplement pris la place des petits rentiers d’hier. Pousse-toi de là que je m’y mette.

                +4

              Alerter
      • Michel LEMOINE // 09.09.2019 à 13h01

        Sans cette “certaine gauche” vous n’auriez ni la sécurité sociale, ni vos 5 semaines de congés payés, ni la retraite etc. Tout cela n’existe pas dans des pays comme les Usa qui n’ont jamais eu de parti communiste.

          +8

        Alerter
      • Tardieu // 10.09.2019 à 07h49

        Réponse à Urko.

        La “gauche” s’emploie ainsi à faire oublier qu’elle avait abandonné le combat politique pour le socialisme ou qu’elle n’avait plus pour objectif le renversement du régime en place ou l’abolition du capitalisme depuis un siècle…

        Elle s’est fondue dans les institutions antidémocratiques de la Ve République et elle a gouverné pour le compte des capitalistes…

        Bref, la gauche en tant que telle n’existait plus, mais il a bien fallu maintenir l’illusion qu’elle existait toujours pour empêcher qu’une véritable gauche voie le jour et se structure, ce qui aurait constitué la pire menace pour le régime.

        Depuis août 1914 et le milieu des années 20 ou 1933 (selon), la gauche ne fut qu’une imposture, bien plus effroyable encore que le 11/9 ou le changement climatique de nature anthropique, puisqu’on lui doit le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui..

          +3

        Alerter
    • Genuflex // 09.09.2019 à 09h47

      J’ai lu cet article ce marin, et avais écouté l’interview de Michea en podcast cet été.
      Je n’avais pas été follement convaincu de la proposition débonnaire de Michea. Mais je le suis tout aussi peu de cette critique d’I Garo.

      Isabelle Garo va plus loin que la critique constructive du travail de Michea : elle se pose en adversaire idéologique, et ne trouve aucune qualité à sa production. Ce faisant, elle traite ses lecteurs comme de gros débiles et comme elle n’apporte en parallèle rien qui permette au lecteur de se faire une autre idée des questions traitées, c’est pour moi du travail de “chien de garde” sans contradicteur.
      Je suis étonné M. Lemoine de votre utilisation de ce texte comme argument définitif dans la discussion.

        +10

      Alerter
    • lois-economiques // 09.09.2019 à 14h37

      Extrait :
      “Oui, c’est exactement ça, l’anticapitalisme de Michéa est un faux-nez. Mais comme nous ne sommes plus à l’époque des débuts du socialisme, c’est moins vers le socialisme féodal qu’il lorgne que vers l’extrême droite, peinturlurée aux couleurs des « valeurs populaires »”
      Tout est dit effectivement, car” Michéa lorgnant vers l’extrême droite” c’est comme si on disait que le Pape lorgne vers l’Islamisme.
      Un anarchiste lorgnant vers l’extrême droite …, Un non sens tout simplement !
      Ce genre de texte est une honte à la pensée de Michéa et une honte aux personnes qui le relaie !

        +6

      Alerter
      • Sandrine // 09.09.2019 à 15h24

        « Un anarchiste lorgnant vers l’extreme-droite est un non sens »… euh… les libertariens, les anarcho-capitalistes, c’est quoi ?

          +0

        Alerter
        • lois-economiques // 09.09.2019 à 15h27

          Le capital asservi aussi surement que le communisme donc un” anarcho-capitalistes” cela est un non sens !
          Exactement comme cela le serait pour un anarcho-communiste !
          Un peu de culture SVP !
          Ce n’est pas pour rien que Proudhon a écrit que la propriété (celle qui rapporte en tant que rente) c’ était du vol !

            +4

          Alerter
          • Sandrine // 09.09.2019 à 17h23

            Je me demandais si vous pensiez que les lois économiques n’asservissaient pas tout autant que le capital et le communisme… Comme c’est votre pseudo vous avez certainement une idée sur la question

              +1

            Alerter
            • lois-economiques // 10.09.2019 à 11h39

              En quoi une loi qui est un invariant dans un système étudié peut être à l’origine d’un asservissement ?
              La loi essaye de décrire la réalité ni plus ni moins.

                +1

              Alerter
            • Sandrine // 10.09.2019 à 15h18

              C’est pas la loi naturelle qui asservit, mais les types qui prétendent avoir découvert cette loi.

                +2

              Alerter
            • lois-economiques // 10.09.2019 à 15h59

              @Sandrine
              Citez moi un exemple que je comprenne.

                +1

              Alerter
  • lemoine001 // 09.09.2019 à 09h48

    Dire que le parti communiste s’est effondré “à cause de son organisation très stalinienne” est plus que léger. D’abord, l’organisation du Parti communiste français devait plus à Lénine qu’à Staline. Surtout c’est cette forme d’organisation qui lui a permis de continuer son activité d’abord après son interdiction puis sous l’occupation nazie. Le parti a commencé à perdre du terrain quand il a cédé aux sirènes de l’eurocommunisme venues d’Italie et d’Espagne (pays où le parti s’est carrément auto dissous!), et quand il a renoncé à la fois au centralisme démocratique et au marxisme. Il a payé très cher son manque de fermeté face à la volte face socialiste. Il a perdu sa base du fait de la politique délibérée de désindustrialisation. Le coup de grâce a été l’effondrement du bloc soviétique dont il serait trop long d’analyser les causes (une essentielle est la rupture sino-soviétique).

      +12

    Alerter
  • charles // 09.09.2019 à 10h12

    question naïve : quelle est l’utilité de ce type de travail journalistique (?) orienté sur la personne ?

      +1

    Alerter
  • max // 09.09.2019 à 10h16

    Simple ouvrier à Renault-Trucks, j’ai vécu toute ma vie salariale entouré par le PCF qui m’a fait haïr ce parti, ainsi que sa succursale d’alors la CGT.
    Il a été la police politique a l’intérieur du monde ouvrier avec la complicité en sous-main du patronat.
    A cette époque, étant moi-même syndicaliste dans un autre syndicat, j’ai pu observer leurs pratiques, sans jamais pouvoir les prouver (surtout que tout le monde, ou presque, faisait pareil a l’époque), donc d’autres avaient des pratiques similaires mais ils ne se prétendaient pas les sauveurs suprêmes.
    La bête n’est pas morte elle a muté, elle s’est diluée et reconvertie dans de nombreuses strates de la société.
    Cela dit, en face c’est pareil, le patronat par sa pratique de délocalisation a lui aussi contribuer à mettre à genoux nos sociétés.
    Nombre de militants de la base de ce parti étaient des militants sincères qui le quittaient une fois qu’ils comprenaient qu’ils étaient des pièges a cons mais pendant toute la période ou ils y ont cru, ils furent de bons et impitoyables commissaires politiques.

      +8

    Alerter
  • Lysbeth Levy // 09.09.2019 à 10h47

    Voilà un homme qui dénonce ce système indigne, mais très attaqué par une certaine “gauche” radicale, alors que celle ci ferait mieux de balayer devant sa porte, tant elle dévie de plus en plus vers “une gauche” à l’américaine avec ces options sociétales en lieu et place de la lutte des classes. Soit la lutte des races, sexes (genders) écologie contre la lutte des classes !. Mais pire dernièrement une enquête d’un journal américain a dévoilé la collusion entre universitaires de “gauche radicale” NPA avec l’armée anglaise, au profit des guerres impérialistes en Syrie, mais aussi dans d’autres pays : https://www.wsws.org/fr/articles/2019/08/07/gach-a07.html “Achcar fut également un fervent partisan de l’intervention impérialiste en Syrie, participant à la réunion de 2011 du Conseil national syrien, une collection d’agents du renseignement américain et français. Il a conseillé à l’opposition syrienne contre Bachar al-Assad – dirigée par un ensemble de milices fondamentalistes islamistes liées à la CIA – de solliciter une assistance indirecte plutôt qu’une intervention directe de Washington.””
    Donc Michéa a côté c’est un “vrai communiste” lui au moins. Que ces gens se taisent car c’est très grave, a notre point de vue “de gauche” réelle et non de défense de causes bourgeoises ou crées de toute pièce aux Usa afin de diviser les gens selon des “catégories”.

      +14

    Alerter
  • Roselyne Arthaud // 09.09.2019 à 12h04

    Arrières grands-parents, grands parents, parents communistes, soeurs sympatisantes…mon fils 45 ans aujourd’hui devenu depuis 25 ans catholique intégriste (manif pour la vie, manif pour tous) quelqu’un peut m’expliquer?

      +1

    Alerter
    • maredelsol // 09.09.2019 à 12h26

      fils unique ? ses frequentations ? ses profs ? écoles fréquentées ? trop donné ?

        +1

      Alerter
    • Sandrine // 09.09.2019 à 12h30

      J’ai la meme chose dans ma famille. Mère et père instituteurs communistes militants et farouchement anti-cléricaux (interdiction formelle d’entrer dans une église) ont “produit” 2 filles : l’une est restée de gauche favorable aux communistes (mais plutot devenue écolo en vieillissant), bapteme à l’age de 30 ans pour faire plaisir à la famille de son mari mais très vite distance très critique prise vis à vis de l’église. L’autre soeur, en revanche (l’ainée) est devenue catholique tradi., royaliste (saint Louis comme modèle du chef d’état idéal…), grenouille de bénitier absolue (un pillier de la paroisse…).

      Mon analyse : il y a d’indiscutables convergences entre la spiritualité communiste et la spiritualité catholique

        +5

      Alerter
      • basile // 10.09.2019 à 07h20

        mon analyse ? Chez nous, pas de spiritualité. On était athées naturellement, et cocos, naturellement aussi, sans militantisme, sans adhésion. Disons, vaguement j’men foutistes, à la Brassens. Genre, ils me laissent dire m…., je les laisse dire amen.

        d’ailleurs, à l’époque, on les entendait à la radio, les Brassens, Ferré, Ferrat, Béart. Une sacré école de pensée, loin des TF1, LREM et consort.

          +4

        Alerter
    • aladin0248 // 09.09.2019 à 13h09

      C’est la vie ! Catho par sociologie avant 15 ans, passé à gauche (révolte contre le père à l’adolescence), sympathisant communiste, responsable local CGT pendant 40 ans jusqu’en 2007 (découverte du livre clé de Michéa ‘l’Empire du moindre mal’), scientifique … mais j’ai ensuite sauté le pas, ce que n’a pas fait Michéa. Redevenu catho (pratiquant) avec petite sympathie pour les tradi. Cause : sentiment d’horreur sur ce qu’est devenue la gauche (ce qu’elle n’était pas encore en 1980). A chacun son chemin. Dans le détail, c’est idéologiquement compliqué.

        +6

      Alerter
    • Cgrotex // 10.09.2019 à 06h46

      Le communisme et le royalisme ne sont pas si éloignés. Il n’y a pas beaucoup de différences entre le catholique-royaliste Georges Bernanos et Jean-Claude Michéa.

        +1

      Alerter
  • Pinouille // 09.09.2019 à 12h11

    Les critiques du capitalisme sont légion, et particulièrement ces dernières années. Tout simplement parce que ses aberrations sautent aux yeux d’à peu prêt tout le monde, y compris ceux des acteurs de cette économie capitaliste et ceux de nombreux politiques.
    Il est intéressant de connaître la pensée de JC Michéa sur ce point. Mais il est tout aussi (voire plus) intéressant de prendre connaissance d’autres pensées. J’ai personnellement été très intéressé/interpelé par la série suivante : https://www.franceculture.fr/emissions/series/dans-les-coulisses-de-lentreprise
    Je n’ai pour l’instant écouté que les 3 premiers épisodes, mais ce qui y est dit annonce peut être des bouleversements du système capitaliste actuel. Cela ne plaira bien évidemment pas aux anti-système, mais plusieurs signes indiquent que ce système est en train d’opérer des réformes finement réfléchies pour lui permettre d’affronter les défis sociétaux et environnementaux actuels.

      +0

    Alerter
    • Sandrine // 09.09.2019 à 12h43

      Et bien écoutez la quatrième émission, c’est la plus intéressante de mon point de vue 😊, parce qu’elle montre que tous les changements de structure dans le cadre capitaliste (en l’occurence dans l’emission, il s’agit du statut jurIdique des travailleurs) n’ont qu’un objectif : il faut que tout change pour que rien ne change

        +3

      Alerter
      • Pinouille // 09.09.2019 à 16h44

        Je l’écouterai.
        Mais les 3 premiers épisodes, et particulièrement l’épisode 2, ont tendance à pointer une tendance à la responsabilisation des sociétés et de leurs actionnaires vis à vis des enjeux sociaux et environnementaux. Ceci couplé à des réflexions sur un système comptable qui intègre ces 2 nouveaux volets + interview ce week-end du (brillant) PDG de Danone qui dit clairement qu’il est vital pour les sociétés d’intégrer ces dimensions dans leurs choix stratégiques sous peine de suicide collectif (trop d’inégalités tue le marché). Tout ceci va dans un sens qui me paraît cohérent: celui de la décentralisation de ces sujets sensibles vers les acteurs économiques qui sont au coeur de ces problématiques.
        Peut-être que cela ne marchera pas (de nombreuses craintes sont formulables). Mais il ne me paraît pas idiot de tabler sur la capacité de chacun de ces acteurs à résoudre à leur échelle ces micro-problèmes plutôt que d’espérer qu’un individu exceptionnel ou un parti politique ne trouve à lui seul la solution ultime à tout. Après tout, JC Michéa (pour ne citer que lui) est certainement un philosophe hors pair, mais il n’est pas pour autant sociologue, économiste, climatologue, etc…
        Bref, certains cherchent des solutions autres qu’un avènement idéologique. Ils ont ma préférence.

          +1

        Alerter
  • Josy // 09.09.2019 à 15h47

    au delà des pratiques sociales liées à l’idéologie discipline communiste et syndicale ,rejets des autres points de vue “petits bourgeois”,”gauchistes” “contre révolutionnaires” il y a un refus de l'”individualisme” trop souvent assimilé à la pensée personnelle.Le rejet de l’esprit critique et de la libre pensée.La force de conviction doctrinale, efficace, justifiée sur le plan de la revendication sociale se transforme en pression sur les membres du groupe et en tyrannie intellectuelle.Le point commun entre le christianisme intégriste, le communiste dogmatique et le syndicaliste autoritaire c’est l’intolérance comme défense de l’image de soi et de sa quiétude morale.Manque d’ouverture à d’autres points de vue ,à la légitimité du doute.Cette attitude rigide finit par saper les organisations et les groupes qui s’étiolent en petites chapelles.L’intérêt de la pensée de Michea est de susciter le débat sur le fond.

      +4

    Alerter
    • aladin0248 // 09.09.2019 à 17h32

      Il est facile de se cacher derrière les mots (dogmatisme, intégrisme, autoritaire, intolérance) … l’importance n’est pas tant le discours qu’on tient que les rapports que l’on a avec les gens autour de soi, avec sa famille et ses amis. Et en matière d’intolérance, la gauche contemporaine libérale libertaire charlie bobo n’est pas mal du tout. Il est à peu près impossible d’avoir une discussion normale avec ces gens sans se faire insulter … La bien-pensance ‘politiquement correcte’ anglo-saxonne est devenue l’idéologie dominante. Qui l’eût cru il y a 20 ans ? Je suis d’accord que l’intérêt de la pensée de Michea est de susciter le débat sur le fond mais ceux qui sont prêts à débattre sur le fond ne sont pas très nombreux. https://msclx.blogspot.com/2019/05/hommage-michea.html

        +2

      Alerter
    • Haricophile // 11.09.2019 à 15h52

      Pourquoi s’arrêter au “dogme” communiste qui a très peu été appliqué par des gouvernements sinon assez localement (Cuba par exemple) et ne pas parler du dogme “libéral” qui domine actuellement le monde et est appliqué par tous les pays de l’Otan et bien plus ? J’ai quelque mal a entendre un dogmatiste acharné accuser les autres de dogmatisme, mais peut-être que accuser les autres de ses propres crimes et forfaitures est une généralité des pays dit “libéraux” USA en tête ?

        +2

      Alerter
  • Denis // 10.09.2019 à 11h30

    Pour faire court: ben, on est bien barré avec ça!

    C’est pas ça qui va mettre du beurre dans les épinards.

    Bonne journée. 🙂

      +1

    Alerter
  • Julie // 10.09.2019 à 21h20

    Michéa est un philosophe de la décroissance. Il dit une chose que les socialos pseudo-gauchos ne voulaient pas entendre, c’est que la décroissance ne peut-être appliquée sans contrainte. Pourtant il est certainement moins stal’ que Lordon.
    Et le problème climatique est en train de faire comprendre à beaucoup que les décroissants radicaux comme Michéa sont dans le vrai: on ne pourra pas faire comprendre aux gens qu’il faut limiter leur nombre de télés/bagnoles/ordis/tablettes/téléphones sans une contrainte étatique.

      +1

    Alerter
    • Haricophile // 11.09.2019 à 15h46

      Avant la contrainte de ses population, il faudrait déjà que l’état lui même change d’orientation. Sinon c’est un peu comme descendre de sa Mercedes class S et prendre un mendiant avec un gros ventre dans la rue et l’engueler parce que le surpoid nuit a sa santé, si tu vois ce que je veux dire.

        +0

      Alerter
  • Haricophile // 11.09.2019 à 15h37

    «Ce monde-là n’est plus : il faut se remémorer ce que fut le PCF pour comprendre l’univers dans lequel a grandi Jean-Claude Michéa. A l’époque on chantait, on mangeait, on vivait “rouge”. Et c’est cette couleur qui a décidé l’adolescent de 14 ans à devenir professeur de philosophie.»

    Moi je me remémore que Yves Montant est aussi issu de ce milieu avant d’en devenir un des fossoyeurs, en nous fourant avec son air de faux-cul doucereux le suppositoire gros comme un wagon-citerne de l’émission «Vive La Crise™», avec son esprit révolutionnaire si bien décrit par le grand Jacques : https://www.youtube.com/watch?v=dCHi5apc1lQ

      +1

    Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications