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3.juillet.20183.7.2018 // Les Crises

Jour 4: Les démons du passé obsèdent les vétérans de la Tiger Force. Par Michael D. Sallah et Mitch Weiss

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Fin de notre mini série sur les crimes de guerre de la Tiger ForcePrix Pulitzer 2004 du journalisme d’investigation

Source : Toledoblade, Michael D. Sallah & Mitch Weiss, 22-10-2003

Pour Barry Bowman, les images reviennent chaque nuit.

Le vieil homme prie à genoux. L’officier pointe son fusil sur la tête de l’homme.

Le coup de feu.

Ce coup de feu assourdissant.

Avant que cela soit fini, le vieil homme s’écroule sur le sol – son corps est agité de convulsions dans l’herbe souillée de sang.

Encore et encore, M. Bowman revit l’exécution du villageois vietnamien connu sous le nom de Dao Hue.

Malgré des années de thérapie, l’ancien soldat de la Tiger Force est toujours profondément bouleversé par la tuerie la plus brutale qu’il ait vu en tant que médecin dans la vallée de la Song Ve.

Il n’est pas le seul.

Sur les 43 anciens membres du peloton interviewés par The Blade en 18 mois d’investigation sur la Tiger Force, une douzaine expriment des remords pour avoir commis ces atrocités, ou n’avoir pas pu à les arrêter.

Ils ont en commun les mêmes symptômes – des flashbacks ou des cauchemars – et ils ont tous cherché un suivi psychologique durant les 36 dernières années, disent-ils.

Neuf d’entre eux ont été diagnostiqués comme ayant un stress post-traumatique, ou PTSD , un état psychiatrique qui arrive à la suite d’expériences qui ont menacées la vie même.

A ce jour, ils sont aux prises avec des souvenirs du massacre de la Tiger Force commis dans 40 hameaux des Hauts Plateaux du Centre du Sud Vietnam en 1967.

M. Bowman qui se tenait près de M. Dao quand il fut tué par une balle dans la tête par un chef de peloton, a dit qu’il est encore secoué par l’attaque gratuite sur le vieil homme de 68 ans qui implorait pitié.

« C’était dévastateur », a-t-il déclaré.

Pour beaucoup, les images ne s’effacent pas.

Quand Douglas Teeters ferme les yeux, il voit les villageois se faire tuer alors qu’ils agitent des tracts garantissant leur sécurité.

Il prend des antidépresseurs et des somnifères, mais il n’arrive jamais, semble-t-il, à se reposer vraiment, déclarait-il.

M. Teeters fait parti des 1/6ème des vétérans du Vietnam – environ 500 000 – qui sont traités pour PTSD.

La plupart des gens qui surmontent ce syndrome sont capables de se rappeler l’horreur des événements sans ressentir de traumatisme. La fréquence des cauchemars diminue et en même temps les patients arrivent à mieux contrôler leur vie.

Mais cela peut être plus compliqué pour ceux qui ont commis – ou n’ont pas réussi à arrêter – des atrocités, disent les cliniciens.

En plus du traumatisme, ils sont souvent aux prises avec un fort sentiment de culpabilité qui peut compliquer les sentiments plus profonds de peur et d’isolement, dit la docteure Dewleen Baker, directrice d’une clinique de recherche sur le PTSD à Cincinnati.

« C’est une autre couche à laquelle il faut s’attaquer », a-t-elle dit. « Ce n’est pas si facile. Comment assumer le fait d’avoir tué des civils ? C’est dur, surtout quand on a un profond système de valeurs. »

Parfois, les patients hésitent entre justifier leurs actes et condamner ce qu’ils ont fait, a déclaré le Dr David Manier, professeur de psychologie à la City University of New York qui traite les anciens combattants atteints du PTSD.

Quand les attaques contre les villageois sont des exécutions – et non des fusillades dans la frénésie et la confusion de la bataille – « il est plus difficile de donner un sens aux choses », a-t-il dit.

M. Teeters a expliqué qu’il se démène avec ses propres actions – l’exécution de soldats capturés – et les actions d’anciens membres du peloton lors de la mort de villageois.

« La tuerie me hante chaque minute de ma vie », a-t-il dit lors d’une récente interview. « Pour survivre, il fallait dire : “Le massacre ça ne veut rien dire. “C’est comme ça que tu t’en es sorti, mec. Mais en fin de compte, tout vous rattrape”. »

L’ancien sergent Ernest Moreland refuse de parler de son rôle dans la mort par arme blanche d’un détenu près de Duc Pho, en disant qu’il craint d’être poursuivi. Mais il a dit qu’il essayait toujours de rationaliser le meurtre.

« Les choses que tu as faites, tu y repenses et tu dis : “Je n’arrive pas à croire que j’ai fait ça.” À l’époque, cela semblait correct », dit-il. « Mais maintenant, tu sais que ce que tu as fait était mal. Le crime vous atteint. Les cauchemars te gagnent. Tu ne peux pas y échapper. Tu ne peux pas échapper au passé. »

Il fait partie des neuf vétérans interrogés qui ont dit s’être tournés vers la drogue ou l’alcool pour soulager leur douleur après leur retour du Vietnam.

« J’ai beaucoup trop bu. J’ai participé à beaucoup de bagarres », a dit M. Moreland, qui vit maintenant en Floride.

Ce n’est qu’il y a quatre ans qu’il a demandé de l’aide. « J’ai failli me suicider », a-t-il dit.

Un autre soldat de peloton, Sam Ybarra, buvait souvent plusieurs jours d’affilée, quittant rarement sa caravane en Arizona, selon ses proches.

Tandis qu’il présentait des symptômes classiques du SSPT, avec de longs épisodes de dépression, il mourut en 1982 avant d’être diagnostiqué. Dans les années qui ont suivi la guerre, il a exprimé des remords pour avoir tué des civils, a dit sa mère, Therlene Ramos, 78 ans.

« Il a buvait pour oublier ce qu’il avait fait », dit-elle. « C’était une personne normale avant d’aller au Vietnam. Quand il est revenu, il était alcoolique, il fumait. Il n’était pas la même personne. Il était vivant, mais mort. »

Regarder ailleurs

fait payer un lourd tribut aux anciens combattants

Plusieurs anciens combattants ont déclaré qu’au moment où ils se sont enrôlés dans la Tiger Force, l’unité était déjà impliquée dans des pratiques qui violaient les règlements de l’armée et le droit international.

Pour survivre, ils ont senti qu’ils devaient regarder ailleurs.

L’un d’entre eux était Rion Causey.

L’ingénieur nucléaire de 55 ans a déclaré qu’il avait participé à des groupes de soutien psychologique une décennie après avoir été témoin de l’assassinat de villageois au nord-ouest de Chu Lai. « Je me réveillais la nuit avec des sueurs », dit-il.

« Je n’ai pas condamné ce qui se passait à l’époque », a dit l’ancien médecin. « J’avais 19 ans, mais je savais que ce qu’ils faisaient était mal. C’était mal. »

Deux autres ont déclaré avoir des remords d’être restés les bras croisés pendant que les membres du peloton s’attaquaient aux villageois.

« Je regrette de n’avoir rien signalé », a déclaré l’ancien médecin Harold Fischer, âgé de 54 ans. « J’étais jeune. Je n’en savais pas plus. »

Vivant maintenant au Texas, il était avec la Tiger Force pendant la campagne militaire près de Chu Lai. Il a dit qu’il savait que le massacre de civils était mal moralement, mais qu’il craignait des représailles de la part des membres du peloton s’il parlait.

« Nous devions vivre avec ces types sur le terrain », a-t-il dit. « Ils étaient armés, dangereux et motivés. Ils avaient énormément de testostérone. Ils étaient jeunes. Qui sait ce qu’ils auraient fait ? Vous vous engagiez dans une fusillade et vous pouvez recevoir un proverbial “ceux qui sont concernés”. »

Plusieurs anciens membres de peloton ont dit avoir passé par des stades – d’abord perturbés par la brutalité à l’encontre des villageois non armés, puis s’habituer. Finalement, ils ont admis avoir participé à des crimes de guerre.

Barry Bowman, qui vit maintenant à Rhode Island, a dit qu’il avait rejoint la Tiger Force pour sauver des vies.

Dans l’une des atrocités ayant fait l’objet d’une enquête de l’armée de 4 ans et demi, il a refusé l’ordre d’un sergent de tuer un prisonnier blessé dans la vallée de Song Ve. Mais quatre mois plus tard, il a dit qu’il n’a pas hésité à tuer un villageois blessé, vêtu de la robe grise d’un disciple bouddhiste.

« C’était contre tout ce que je défendais », a-t-il dit récemment. « Ma mission de base était de sauver la vie des gens en tant que médecin et je le prenais comme ça. Mais ensuite, j’ai pu constater que plus je restais longtemps au combat, plus cela changeait. »

Une culture existait au sein de la Tiger Force qui incluait les exécutions de prisonniers et de civils – une culture encouragée par les officiers et les sergents.

Un ancien sergent qui est maintenant traité pour PTSD a déclaré qu’il voulait que ses hommes tuent sans hésitation.

« Peu importe qu’il s’agisse de civils. S’ils n’étaient pas censés se trouver dans une zone, nous leur avons tiré dessus », a déclaré William Doyle, 70 ans, du Missouri. « S’ils ne comprenaient pas la peur, je leur ai appris. »

Il a dit que lui et d’autres ont également coupé les oreilles de nombreux Vietnamiens morts pour effrayer les soldats ennemis.

Les experts disent que les mutilations corporelles sont des symptômes classiques des soldats aux stades secondaires du PTSD dans lesquels la peur se transforme en colère, a déclaré le Dr Baker, qui traite les anciens combattants au Cincinnati Veterans Affairs Medical Center. « Ils entrent dans une deuxième étape – un stade rage. »

L’ancien médecin de peloton Joseph Evans, qui vit à Atlanta, a déclaré dans une récente interview qu’il avait coupé des oreilles. « Vous tombez dans cette incroyable frustration », a déclaré M. Evans, 59 ans, qui a été traité pour le SSPT. « Vous êtes brûlés et vous êtes grillés et vous avez peur, et vous le faites pour alléger le fardeau que vous portez. »

Un ancien soldat dit

il veut s’excuser.

William Carpenter a dit qu’avant de mourir, il veut retourner dans la vallée de Song Ve.

L’ancien spécialiste de peloton de 54 ans veut se rendre dans la rizière où les soldats de la Tiger Force ont tué quatre fermiers âgés.

Il veut s’excuser auprès de leurs familles.

Trente-six ans plus tard, il a expliqué que l’agression contre 10 paysans reste un souvenir vivace. « Je veux leur dire à quel point je suis désolé que cela se soit produit », a déclaré M. Carpenter, de Rayland, en Ohio, qui a été traité pour PTSD.

Les experts disent qu’une façon de surmonter le trouble est de reconnaître ouvertement les actions passées.

M. Carpenter a dit qu’il n’a pas tiré sur les paysans, mais qu’il n’a jamais signalé les atrocités aux commandants.

Comme d’autres anciens membres de la Tiger Force, il a dit qu’il peut justifier beaucoup des actions agressives envers les villageois, mais il a dit que c’est « au milieu de la nuit quand les démons viennent que l’on se souvient. Que tu ne peux pas oublier. »

Source : Toledoblade, Michael D. Sallah & Mitch Weiss, 22-10-2003

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

DUGUESCLIN // 03.07.2018 à 08h00

Ma grand-mère m’a raconté qu’après la “libération”, dans sa ville de Seine et Marne, les soldats américains ont remplacé les soldats allemands. La population voyait dans ces soldats de “grands enfants” mâchant du chewing gum au style décontracté qui fumaient un tabac blond parfumé qui tranchait avec le tabac brun français.
Pendant l’occupation, alors qu’un groupe de soldats allemands ( des Boschs) passait dans la rue, l’un deux subtilisa le pain déposé sur le bord de la fenêtre de ma grand-mère qui avait quatre enfants. Aussitôt elle courut après le groupe et l’officier allemand fit rendre le pain à ma grand-mère et le soldat du s’excuser. Le soir l’officier allemand est revenu voir ma grand-mère pour à nouveau s’excuser en lui disant que cela ne se reproduirait plus et que le soldat voleur avait été envoyé le jour même sur le front russe.
Ma grand-mère eut des remords.
Les soldats américains qui ont remplacé les occupants allemands, quand à eux, se soulaient et agressaient très violemment des jeunes “autochtones”. Les filles ne sortaient pas le soir. Ils ne consommaient pas les produits des “autochtones français” ils avaient leurs propres bouteilles de whisky.
La MP( military police) passait en camionnette le soir et ramassait les soulards à coup de matraque.
Ces mêmes “libérateurs” ont commis des exactions au Vietnam et ailleurs.
Tout cela montre que cette culture n’est pas celle qu’on nous a vendu.

39 réactions et commentaires

  • affreuxjojo // 03.07.2018 à 07h26

    Pauvres mignons.. Comme ils sont à plaindre…

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    • Sandrine // 03.07.2018 à 08h44

      J’aimerais bien vous y voir, vous!
      La violence commence par le mépris et par les mots.

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      • DUGUESCLIN // 03.07.2018 à 10h51

        Je suis d’accord avec vous. Le mépris et les mots, nous les connaissons.
        La France a échappé à “l’indigénat” après que “qui vous savez” a imposé la France au milieu des “vainqueurs” et a sorti la France de l’OTAN, pour y retourner cinquante ans après, avec un autre “qui vous savez” et s’y est enfoncée encore plus avec la succession des autres “qui vous savez” qui faisaient semblant de se réclamer de “qui vous savez”..

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      • Marco // 08.07.2018 à 18h04

        Et elle continue par des justifications tordues.

        Moi j’aimerais bien vous voir à la place de ces villageois vietnamiens ils apprécieraient certainement la profendeur de votre prose.

        Il n’y a malheureusement qu’une vérité fondamentale :

        “La raison du plus fort est toujours la meilleure…”

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    • Pepin Lecourt // 03.07.2018 à 09h29

      La question à ce poser, est-ce que pris dans cet engrenages nous nous serions comportés différemment, et là j’ai les craintes les plus vives pour avoir recueilli les témoignages de nombreux soldats Français ayant combattu en Algérie;

      La guerre deshumanise rapidement les hommes, libère les pires instincts enfouis, la peur, le stress, la haine de l’ennemi qui progressivement s’installe du fait de ses exactions même si on était bien disposé à son égard au début, l’effet de meute des combattants.

      Je redoute que nous ne soyons la plupart des monstres potentiels !

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      • Charles Michael // 03.07.2018 à 17h20

        Pepin Lecourt,
        je suis plutot d’accord avec vous.

        A la place de meute je penserais groupe, meute comme meute chiens utilisés pour la chasse à cours. Meute plongée dans la violence, légale en plus et obligatoire en temps de guerre.; juste ou méprisable cause, pour le Roi, la République ou le III ème Reich.
        L’espèce humaine, les femmes aussi ne soyons pas sexiste, retrouve ses instincts animaux.

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      • RGT // 03.07.2018 à 20h05

        C’est “l’esprit de meute”…

        Et dans l’armée, comme il y a déjà un système très hiérarchisé (et bien verrouillé par les “gradés”) il est quasiment impossible de se soustraire à cet engrenage sous peine de se voir ostracisé, voire même de devenir soi-même un “héros mort au combat” si on se rebelle trop contre le système.

        Il est impossible à un soldat, sur le théâtre d’opérations, de montrer la moindre humanité vis à vis des “ennemis” déclarés par les gradés.

        S’il se montre trop “fouille-merde” il n’obtiendra AUCUN soutien et passera en cour martiale si d’aventure il arrive à échapper à une “embuscade de l’ennemi”.

        Pour les militaires, la guerre est un “truc de mec” il faut à tout prix éviter les problèmes avec les “tafioles” qui refusent de participer à leurs “petites sauteries”.

        Ça a toujours été comme ça et à mon avis ça n’est pas près de se terminer.
        Il semble même que ça empire avec les djihadistes qui ont pris le relais des “niaquoués” et qui sont largement plus effroyables pour la population civile des pays de provenance des soldats.

        Donc, l’armée va “nettoyer” les zones “infectées” quitte à commettre quelques “dommages collatéraux” envers les populations civiles.
        Après tout, des civils désarmés sont des cibles si faciles, un peu comme sur un stand de tir aux pigeons.
        Et au moins, avec eux, on ne risque pas de se faire tirer comme des lapins.

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  • Max // 03.07.2018 à 07h36

    C’est plus facile de tuer depuis des B52 et maintenant depuis des drones qu’avec un pistolet ou un couteau.
    Ce genre de crimes ainsi que les tapis de bombes et le chimique (agent orange) et l’absence de remord des USA fait qu’aujourd’hui les relations entre les deux pays restent plates et cela malgré de nombreuses tentatives et des déclarations communes a profusions des deux cotés.
    A des époques différentes les Anglo-saxons ont fait les mêmes massacres de masses dans d’autres pays d’Asie.
    Même les japonais pourtant eux aussi tristement célèbre n’oublient pas et de ce fait les USA ne permettent pas aux japonais d’avoir la bombe ou la moindre autonomie militaire.
    Le tournant asiatique des USA se heurtant a l’histoire.

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  • DUGUESCLIN // 03.07.2018 à 08h00

    Ma grand-mère m’a raconté qu’après la “libération”, dans sa ville de Seine et Marne, les soldats américains ont remplacé les soldats allemands. La population voyait dans ces soldats de “grands enfants” mâchant du chewing gum au style décontracté qui fumaient un tabac blond parfumé qui tranchait avec le tabac brun français.
    Pendant l’occupation, alors qu’un groupe de soldats allemands ( des Boschs) passait dans la rue, l’un deux subtilisa le pain déposé sur le bord de la fenêtre de ma grand-mère qui avait quatre enfants. Aussitôt elle courut après le groupe et l’officier allemand fit rendre le pain à ma grand-mère et le soldat du s’excuser. Le soir l’officier allemand est revenu voir ma grand-mère pour à nouveau s’excuser en lui disant que cela ne se reproduirait plus et que le soldat voleur avait été envoyé le jour même sur le front russe.
    Ma grand-mère eut des remords.
    Les soldats américains qui ont remplacé les occupants allemands, quand à eux, se soulaient et agressaient très violemment des jeunes “autochtones”. Les filles ne sortaient pas le soir. Ils ne consommaient pas les produits des “autochtones français” ils avaient leurs propres bouteilles de whisky.
    La MP( military police) passait en camionnette le soir et ramassait les soulards à coup de matraque.
    Ces mêmes “libérateurs” ont commis des exactions au Vietnam et ailleurs.
    Tout cela montre que cette culture n’est pas celle qu’on nous a vendu.

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    • Philippe30 // 03.07.2018 à 08h41

      Les USA n’ont pas cherché à libérer l’Europe mais à l’asservir financièrement via l’AMGOT

      https://blogs.mediapart.fr/danyves/blog/231214/histoire-secrete-amgot-ou-quand-les-americains-ont-tente-d-annexer-la-france

      https://www.demotivateur.fr/article/de-gaulle-debarquement-normandie-commemoration-7625

      Depuis ils ont réussi via l’Euro après le travail de mise sous tutelle Américaine de l’Europe initié par Jean Monnet

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    • Sandrine // 03.07.2018 à 08h56

      Cette anecdote que vous racontez au sujet des soldats allemands (est-ce que votre grand-mère se souvient en quelle année cela s’est passé?) rend encore plus coupables les ordres qui ont été donnés à l’armée concernant les civils à l’est…
      On peut aussi trouver qu’il y a une sorte de cynisme à réprimer le vol « qui se voit» quand dans le même temps on pillait la France par le biais de manipulations monétaires (ma grand-mère a moi se souvient qu’on appelait les Allemands « les doriphores »)

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      • DUGUESCLIN // 03.07.2018 à 09h52

        Quand un pays en occupe un autre ce n’est pas pour faire du tourisme mais pour exploiter ses ressources.
        Le sujet que j’évoque concerne un comportement. La question est culturelle.
        Les autres sujets sont politiques ou géopolitiques, ce sont aussi ceux de la colonisation.
        Dans mon histoire c’est un sujet “culturel” comportemental.
        Par la suite la France a été colonisée par la culture américaine, après la libération il était même question de la mettre sous la tutelle des anglo-américains.

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        • Niya // 03.07.2018 à 11h50

          Bonjour à tous,
          A vouloir montrer à toutes forces, on oublie le réel : tout homme sous l’uniforme (il n’en a parfois pas même besoin) tend à la sauvagerie la plus extrême. Je ne sais si c’est un comportement particulier ou fait culturel ?
          Dans tous les conflits, des saloperies sans nom sont commises et cela n’exonère personne : s’opposer à toute servitude en évitant les conflits le plus possible reste l’attitude la plus sage. Il n’est pas question là d’un pacifisme bêlant !
          S’en tenir à cette anecdote c’est oublier trop rapidement l’attitude de l’armée allemande à partir de 43 dans nos contrées. Arrêtez-vous pour consulter les stèles qui parsèment le pays (Rouergue ou Périgord par exemple) : des résistants tués mais aussi, presque surtout, des gens raflés aux travaux des champs et massacrés sans autre forme de procès. Tulle, Oradour, sans parler des liquidations massives en Europe de l’est à une échelle hors de tout qualificatif.

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          • petitjean // 03.07.2018 à 16h50

            “Oradour”
            et depuis, dans le monde , il y a eu des milliers d’autres “Oradour” !

            et je n’oublie pas non plus les “Oradour” dans la Vendée de 1793 à 1796 perpétrés par les révolutionnaires……

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        • Ploupy // 03.07.2018 à 12h48

          Les allemands sont très bien éduqués c’est vrai, il faut voir avec quel tact ils réglaient leur compte aux résistants, à leur famille, leurs amis et puis tiens à ceux qui passaient par là aussi, histoire de faire bonne mesure. Une si belle culture, si emplie de gentillesse et de bienveillance que la légion étrangère ne s’y est pas trompé en enrôlant tout un tas d’anciens sa / ss tout perdus après guerre. Ils nous l’ont bien rendus en nous dispensant des leçons de tenue qui auront été très utile dans nos aventures indochinoises, algérienne, camerounaise j’en passe et des meilleurs. Quelle belle kulture, jawohl, à n’en point douter.

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      • Omg // 04.07.2018 à 10h07

        Aujourd’hui les ariégeois appellent les toulousains doriphores

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    • Pepin Lecourt // 03.07.2018 à 09h24

      Sur ce thème vous avez le livre enquête remarquable de Marie Louise Roberts prof d’histoire à l’Université de Wisconsin ” Des GI’s et des femmes ” à propos du comportement rédhibitoire des troupes US en France notamment en Normandie lors du débarquement ainsi que celui incroyablement raciste de la justice US, les autorités Françaises, notamment les chefs de la Résistance s’indignaient auprès du commandement US du comportement de leurs troupes notamment des viols et agressions des femmes Françaises contre lesquels le général Paton décida de réagir, mais lorsque la victime désignait un agresseur blanc, rien quasiment ne se passait, lorsque l’agresseur présumé était noir, sans la même enquête et après un ” jugement ” expéditif qui durait 10 minutes il était pendu, même si la victime ne le reconnaissait pas, du simple fait qu’il était censé se trouver dans les environs de l’agression au moment des faits; Le racisme était tel qu’il arrivait qu’un militaire blanc, abatte un soldat noir tout simplement parce qu’il faisait danser ou courtisait une Française qui l’intéressait et devant tout le monde, pour les blancs US, la vie d’un soldat noir US ne valait strictement rien bref un soldat SS ne se serait pas comporté pire.

      A propos du terrible livre de Marie Louise Robert, je l’ai trouvé dans un des musées du débarquement en Normandie ce qui je l’avoue m’a surpris dans ces lieux censés commémorer le débarquement, ce qui, si cela est fait en connaissance du contenu serait tout à l’honneur des responsables de ces musées.

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      • DUGUESCLIN // 03.07.2018 à 10h38

        On peut également ajouter que des villes françaises ont été totalement détruites par nos “libérateurs”. Le Havre est un exemple. La méthode US est le tapis de bombes jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien, ennemis et “indigènes” confondus.
        On retrouve cette méthode au Vietnam, mais aussi en Syrie à Raqqa par exemple.
        Les soldats US avaient reçu un manuel pour leur expliquer le comportement qu’ils devaient avoir avec les indigènes français.
        Le pays parmi les plus incultes du monde dit “occidental” ne connaissaient même pas la France et sa culture. Ce ne sont pas les quelques braves américains qu’il faut incriminer, mais la “culture” désastreuse de l’anglo-américanisme qui prétend se réclamer des droits de l’homme.

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        • Alfred // 03.07.2018 à 11h04

          Le cas du bombardement du Havre (trois semaines après la libération de Paris quand même…) est plus grave encore. Le point de vue des Havrais est qu’il s’agissait d’un bombardement à visée économique: l’Angleterre ne pouvait accepter qu’un grand port européen termine la guerre en meilleurs état que ses propres ports. Il faut bien reconnaitre que la garnison Allemande était établie essentiellement sur les hauteurs (Dollemard etc..) alors que c’est le centre ville et le port qui ont été rasés. On ne saura jamais le fin mot de l’histoire mais ce souvenir me travaille même lorsque j’observe les guerres contemporaines.

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          • RGT // 03.07.2018 à 20h35

            Mon grand-père qui était résistant et cheminot m’avait raconté que la résistance avait été prévenue qu’un bombardement de la gare de triage devait avoir lieu par l’armée US.

            Ils avaient évacué la gare et toutes les personnes présentes avaient été se réfugier dans le hangars et les petites usines qui bordaient la gare.

            Après le bombardement, pas une seule bombe n’était tombée sur les voie.
            Par contre, tous les hangars et les usines avaient été copieusement bombardés et tous les civils qui s’étaient réfugiés étaient soit morts, soit très gravement blessés.

            Quelques jours plus tard, après que la ville ait été libérée par les résistants et les soldats allemands évacués, l’armée US est arrivée en fanfare en jouant les grands libérateurs.
            Mon grand-père avait alors interpellé le colonel qui commandait cette troupe et lui avait demandé pourquoi pas une seule bombe n’était tombée sur les voies ferrées et pourquoi des hangars sans importance militaire avait été totalement rasés.
            Le colonel lui avait alors répondu que l’aviation avait eu pour mission de “tout raser autour de la gare”…

            Mon grand-père avait compris plus tard qu’en fait l’objectif était de tout casser pour ensuite “reconstruire”…
            Depuis cette date il vouait aux américains une haine sans limites.
            Surtout par respect pour toutes ces victimes qui avaient péri pour des motifs qui n’avaient rien à voir avec de vrais objectifs militaires.

            Ensuite il a réussi à faire réformer mon père pour éviter d’avoir à subir la honte de voir son fils participer à une guerre coloniale contre un peuple qui souhaitait simplement se libérer de la tutelle d’un envahisseur.
            Il était gaulliste de la première heure et il est mort en étant persuadé que le “Grand Charles” avait accordé leur autonomie aux ancienne colonies car il avait compris ce que pouvait ressentir un peuple opprimé par une occupation étrangère.
            Je suis un peu plus mitigé sur cette interprétation mais je vous la transmets par respect pour sa mémoire.

            Il haïssait la guerre et son souhait le plus cher était que ses descendants ne la connaissent jamais.
            Il ne s’est d’ailleurs jamais vanté de ses “exploits” et préférait rester silencieux sur cette période de sa vie.
            Il a même refusé les décorations qu’on lui proposait car il avait honte de ce qu’il avait dû faire.

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    • Le Belge // 03.07.2018 à 14h21

      Ce que vous dites est exactement ce que ma propre grand-mère (infirmière en Grande-Bretagne durant la Seconde Guerre mondiale) me disait des Américains. Lorsqu’elle et ses amies sortaient à Londres pour tenter de décompresser de leur labeur elles changeaient immédiatement de trottoir et essayaient de trouver le premier bobby venu pour éviter les GI’s qui avaient très mauvaise réputation. Il y a eu une épidémie de viols en Grande-Bretagne lors de l’arrivée des Américains.

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    • Vincent // 03.07.2018 à 17h50

      Les souvenirs des bas-normands de la zone du D-Day sont également vivaces des viols commis par les GI’s (blancs et noirs) sur les filles qui ne se méfiaient d’autant moins que l’ennemi allemand ne s’était jamais permis de toucher les femmes. (souvenirs de famille de la région de Cherbourg et de Caen)
      Si je fais le distinguo des couleurs, c’est que le traitement réservé aux coupables, selon la couleur de peau fût différent : pour les blancs, les habitants n’avaient pas de nouvelles. Pour les noirs, les officiers leur indiquaient que les coupables avaient été fusillés…

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      • step // 11.07.2018 à 15h39

        “ne se méfiaient d’autant moins que l’ennemi allemand ne s’était jamais permis de toucher les femmes. ” elles avaient la chance de ne pas être juives… parce que ces femmes là, avec enfant mari, elles finissaient en chair à pâtée.

        Globalement, et si on arrêtait de faire dans la hiérarchie des “races” militaires. Aucune armée dans un pays qu’il considère conquis ne se comporte bien dans l’œil de ceux qui subisse le joug, car tout simplement cette armée n’a pas la légitimité autre que la violence sur ce territoire.

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    • Cyd // 03.07.2018 à 22h45

      Votre anecdote est tout à fait dans l’ambiance de ce que me raconter ma grand-mère.
      Les allemands étaient très autoritaires et faisaient très peur, et ma famille, dans la campagne normande, était très content de les voir partir. Mais les américains furent pire, dans le style razzia et voleurs de poule. Je vois encore ma grand-mère essayer de leur trouver des excuses, du genre “c’était des unités de 1ere ligne” mais je voyais qu’elle n’était pas convaincue.
      Apres sont venus les anglais de qui elle gardait un excellent souvenir

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  • Albert Charles // 03.07.2018 à 08h29

    Des démons du passé qui obsèdent des vétérans ayant commis des massacres au Vietnam: espérons que cette culpabilité existe aussi chez d’autres individus, d’autres pays (France, Japon, Chine) ou même au Vietnam lui même…Rappelons quand même que les Français ont utilisé, eux aussi, le napalm là bas. Et les Japonais ont laissé des souvenirs impérissables chez les anciens du pays. Bref: à force de se focaliser sur l’impérialisme américain et sa faculté à la barbarie, on en oublie un peu vite la sauvagerie des autres.Et au Vietnam aujourd’hui, la vision des USA au sein de la population n’est pas celle développée ici: on est plutôt obsédé par l’impérialisme chinois, son agressivité et ses conquêtes militaires dans le Pacifique Sud, au détriment des prêcheurs et habitants des iles conquises. Évidemment, aucun journaliste n’est autorisé à recueillir les aveux coupables de soldats chinois regrettant leurs crimes en cours, sur les iles vietnamiennes (ou philippines, ou malaisiennes). Il faudra sans doute attendre quelques temps encore pour en apprendre sur les démons du passé qui obsèdent les vétérans de la marine ou de l’aviation chinoise, en prétendue Mer de Chine, depuis le milieu des années 70 jusqu’à aujourd’hui en 2018. C’est encore tout chaud.

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  • TC // 03.07.2018 à 08h50

    Tout cela montre qu’il n’y a jamais de guerre propre, de bombardements “chirurgicaux” ou “humanitaires” et ceux qui appellent à la guerre ou à des bombardements, sont ceux qu’il faut dénoncer sans relâche afin qu’on les enferme pour qu’ils ne nuisent plus jamais.

    On sait de quoi est capable l’Homme, il ne faut pas réveiller le monstre qui sommeille en lui.

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  • petitjean // 03.07.2018 à 12h20

    Les assassins ont-ils des remords ?
    Dois je rappeler que les interventions américaines récentes au Moyen Orient ont fait plusieurs centaines de milliers de morts, dont une majorité de civils, et ont jeté sur les routes des millions de civils
    nous pourrions aussi parler du Yémen et de la Libye !
    USA, France , Grande Bretagne sont totalement responsables de ces drames et de ces massacres
    Souvenons nous quand Madeleine Albright assumait la mort de 500 000 enfants irakiens…

    https://www.youtube.com/watch?v=lbLCY4iHDRE

    Et ces monstres ne seront jamais jugés…

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    • Sandrine // 03.07.2018 à 15h39

      « Les assassins ont-ils des remords ». Votre phrase me pose question. Les soldats envoyés en mission pour le compte de leur pays (ou d’un autre) sont-ils des assassins ? Que dire alors de nous tous qui par nos impôt acceptons de financer ces assassins et les armes qu’ils utilisent ?
      Au vu de cet d’article, il semble que ces soldats-là ont eu des remords. Tout comme l’un des pilotes impliqués dans le lancement la bombe sur Hiroshima a eu des remords (https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Eatherly).
      Mais c’est effectivement loin d’être le cas de tous. Pour m’être un peu intéressée à la question, il ne me semble pas que les SS impliqués dans les opérations de purification ethnique aient eu des remords. Ils ont eu honte, c’est certain ; mais à cause de la guerre perdue, surtout. Ils ont été choqué par le caractère hors normes des actes accomplis, souvent – mais la réaction la plus courante après-guerre était plutôt le déni (un phénomène bien identifié par les psychologues).
      En meme temps, il est très difficile de sonder l’âme humaine (surtout celle de gens morts depuis longtemps).

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      • petitjean // 03.07.2018 à 16h16

        tirer sur des civils sans défense , c’est un massacre, c’est un crime !
        Pour les nazis il y a eu Nuremberg
        Pour les victimes du communisme, environ 100 millions de morts, excusez du peu, , ils attendent toujours que justice leur soient rendue
        Quant aux politiques qui commandent aux armées…………….

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        • Sandrine // 03.07.2018 à 16h27

          Vos parallèles me font rire (100 000 morts du communisme bla-bla)
          Et pour la colonisation, il y a eu un Nuremberg ?

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          • petitjean // 03.07.2018 à 17h01

            les crimes du communisme vous poseraient-ils un problème ?
            et pour l’esclavage qui remonte à la nuit des temps , y a-t-il eu un procès ?
            et pour ne pas faire QUE le procès de l’Homme blanc je vous invite à lire ce livre :
            de Tidiane N’Diaye “le génocide voilé”

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            • Sandrine // 03.07.2018 à 17h53

              Ce ne sont pas les crimes du communisme qui me posent un problème mais le chiffre de 100 000 que vous avancez et surtout le parallèle que vous faites avec les crimes du nazisme.
              Moi je veux bien qu’on fasse un parallèle dans la mesure où nazisme et communisme sont les enfants de la modernité et du scientisme. Mais dans ce cas, il faut mettre dans la boucle la colonisation qui participe du même phénomène (la colonisation entendue comme « mission civilisatrice « en tout cas)

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          • petitjean // 03.07.2018 à 18h54

            mais, comme l’esclavage, la colonisation ou conquête de nouveaux territoires remontent à la nuit des temps !
            Faites donc le procès de l’humanité toute entière

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            • Sandrine // 03.07.2018 à 21h56

              Il me semble que c’etait vous au départ qui vous plaigniez qu’il n’y ait pas eu de Nuremberg pour les crimes du communisme.
              Moi je vous dis que si l’On fait ça pour le communisme il faut le faire aussi pour la colonisation «progressiste » de l’époque moderne, celle qui au nom de la liberté et de l’eg voulait apporter la civilisation aux peuples inférieurs.
              Cette colonisation là est bien différente de celle des époques antiques dont l’objectif lucratif et égoïste (pour le peuple conquérant) était totalement assumé et revendiqué.

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  • Catalina // 03.07.2018 à 15h25

    « C’est une autre couche à laquelle il faut s’attaquer », a-t-elle dit. « Ce n’est pas si facile. Comment assumer le fait d’avoir tué des civils ? C’est dur, surtout quand on a un profond système de valeurs. »
    EUH ?
    Quand on a un “profond système de valeurs” on ne tire pas sur des gens désarmés !

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  • Kokoba // 03.07.2018 à 15h59

    Petit détail amusant:
    Les organisateurs (généraux), commanditaires (politiques), soutiens (journalistes) et autres idéologues de ces crimes n’ont eux aucun symptomes post-traumatiques.
    Au contraire, lorsqu’on les interroge, ils regrettent en général de ne pas en avoir plus fait.

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  • tchoo // 03.07.2018 à 19h38

    Nous devrions tous nous interroger du pourquoi et du comment des hommes civilisés se transforment en assassin ou complice d’assassinat dès qu’il sont assujetis à un groupe qui prônent met en route et justifie ces assassinats. Comment le groupe humain en ville la révolte et provoqué la soumission.

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  • Cyd // 03.07.2018 à 23h00

    Extrait de “Tous n’étaient pas des anges” Joseph Kessel, recueil de biographie de figures marquantes

    Bourgoin considéra un instant la manche droite de son veston qui flottait à vide – regret ? Résignation ? et poursuivit :
    — Il est colonel. Il a un commando de choc qu’il a réuni homme par homme. Il va faire des étincelles à coup sûr.

    Les mois passèrent. De temps à autre j’entendais citer le nom de Conus par des gens qui revenaient d’Extrême-Orient. Son commando était célèbre par la rapidité foudroyante de ses mouvements, son audace enragée au combat, son inépuisable résistance aux épreuves physiques et sa dureté impitoyable dans la répression.
     
    Et puis j’ai reçu un mot de Conus. Il était à Paris, m’invitait à dîner.
    La rencontre fut, comme toujours avec lui, plaisante et animée, chaleureuse. Pourtant sa voix était plus assourdie et plus voilée qu’à l’ordinaire. Il me sembla aussi voir dans ses yeux une étrange lassitude. Je lui demandai :
    — Quand retournez-vous en Indochine ?
    — Jamais, dit Conus. J’ai récolté là-bas, paraît-il, un mal mystérieux très méchant… Microbes… virus… parasites ?… On ne sait pas. Je vais devenir un habitué du Val-de-Grâce.
    — Et c’est pour ça…
    Je n’achevai pas, mais il comprit mon sentiment et dit :
    — Vous avez raison, ce n’est pas pour ça que j’abandonne.
    Il joua un instant avec son verre vide, puis fixa sur moi son regard où reposaient une fatigue, une tristesse paisibles.
    — J’en ai assez de tuer des hommes, dit-il. Depuis cinq ans, je ne fais que ça. En Afrique, en France, en Allemagne, dans les rizières… Tuer, tuer, tuer !
    Il eut un sourire, mais juste du coin des lèvres.
    — Oh, je suis un expert… J’ai reçu les meilleurs enseignements. En Angleterre, à l’école des missions secrètes, les chirurgiens les plus célèbres nous montraient comment aller sans bavure jusqu’au cœur, ou trancher proprement une carotide… J’y ai été franc jeu… Il y a des gens qui ne savent pas faire la guerre à demi…
    Conus joua de nouveau avec son verre. Son regard s’était détaché de moi… Il reprit :
    — Seulement voilà… Vous prenez un village vietnamien, complice d’un guet-apens où sont tombés des camarades… Bien. Personne ne veut parler… Bien… Vous alignez les habitants et vous en abattez un sur dix. C’est la dose habituelle. Bien. Et au moment où vous mettez votre pistolet sur sa nuque, le gars – un paysan, un artisan, un étudiant – crie du fond de l’âme : « Vive la liberté ! » ou : « Ça m’est égal de mourir, il y en a d’autres. » Et puis un autre village… et un autre… Et toujours le massacre… Alors, je me suis laissé faire pour le Val-de-Grâce.

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  • Gaston // 04.07.2018 à 02h48

    En mai 68 j’était jeune soldat caporal chef et nous étions en renfort avec les douaniers et les CRS et nous avions des munitions qui n’étaient pas à blanc contre d’éventuelles manifestations et voici ma réaction:
    http://www.blelorraine.fr/2018/05/un-service-militaire-version-mai-1968-en-lorraine/

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