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5.septembre.20185.9.2018 // Les Crises

Jupiter à nos excellences : Diplomatie du verbe … Par Guillaume Berlat

Merci 16
J'envoie

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 03-09-2018

« Ce qu’il dit n’est que du fade verbiage de chancellerie » déclarait Maurice Paléologue (ambassadeur à Sofia de 1907 à 1912 et à Saint-Pétersbourg de 1914 à 1917, puis secrétaire général du ministère des Affaires étrangères dans le cabinet Millerand en 1914). Tel est le principal reproche que l’on peut formuler à l’encontre du discours fleuve (une heure trente minutes environ), fourre-tout prononcé le 27 août 2018 par le président de la République à l’ouverture de la Conférence des ambassadeurs et des ambassadrices1. Son projet de réforme de l’Union européenne y occupe une place de choix en dépit de ses avatars2. Si l’on doit reconnaître à Emmanuel Macron de réelles qualités de tribun, lui fait à l’évidence défaut celle de diplomate au sens le plus classique du terme.

L’art de la diplomatie consiste à trouver les mots justes pour expliquer des choses complexes. Or, dans un monde aussi complexe, Jupiter a la fâcheuse tendance à l’envolée lyrique (il s’éloigne souvent de son texte écrit) qui dilue la force de son propos. De façon liminaire, que pensez de ce cru 2018 du rassemblement annuel des ambassadeurs et des ambassadrices devant le Tout-Paris ? Que dire de l’intervention informe du président de la République ?

CONFÉRENCE DE PLUS EN PLUS INUTILE

Un incontournable détour s’impose sur la présentation officielle de cette aimable rencontre mondaine qui présente les caractéristiques d’un évènement mondain, numérique mais aussi d’un barnum révolutionnaire.

Rendez-vous de boboland

Reportons-nous au site officiel du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) pour découvrir la quintessence de cet évènement mondain de la rentrée. La « Conférence des ambassadeurs et des ambassadrices » 2018 se tient du 27 au 31 août 2018 à Paris. Ce rendez-vous annuel est un moment central pour la diplomatie française : c’est l’occasion pour les plus hautes autorités françaises de présenter les orientations et les priorités qui guideront le travail des représentants de la France à l’étranger et auprès des organisations internationales tout au long de l’année à venir. Au-delà du rendez-vous diplomatique, la Conférence permet aux chefs de poste diplomatiques d’échanger entre eux, de partager leur expérience, mais aussi de débattre avec des élus, des experts ou encore des représentants du secteur privé. Cette année, la Conférence des ambassadeurs et des ambassadrices abordera les grands sujets diplomatiques actuels sous l’angle du thème « Alliances, valeurs et intérêts dans le monde d’aujourd’hui ». Une sorte de tarte à la crème qui ne signifie pas grand-chose. Nous voilà bien instruit de l’objectif de ce grand raout diplomatico-parisien à l’efficacité plus que douteuse, la parole de nos ambassadeurs et de nos ambassadrices étant peu libre. L’originalité, que réclame Jupiter de ses représentants, est un leurre médiatique. Notre ex-ambassadeur en Hongrie, Éric Fournier en fournit un exemple actuel. Non-conformistes de tous les pays, abstenez-vous si vous souhaitez faire Carrière dans cette grande Maison de l’hypocrisie !

Bienvenue dans le monde orwellien

Les séquences à suivre en direct sur les réseaux sociaux #ConfAmbass (Twitter – Facebook – Youtube) sont clairement précisées, permettant aux béotiens de s’initier aux arcanes de la diplomatie. Le programme officiel se présente ainsi :

Lundi 27 août

11h : Allocution d’Emmanuel Macron, Président de la République en son Palais. Il la débute avec retard comme à son habitude. L’exactitude n’est plus la politesse des rois.

Mardi 28 août

12h : Discours d’Édouard Philippe, Premier ministre éclipsé par l’actualité intérieure. Ce dernier met les choses au point avec son rabot miracle (baisse de 10% du budget pour les agents à l’étranger et demande d’une diplomatie plus agile, plus managériale pour « revenir aux fondamentaux »3. Heureusement, le président de la République prévoit une loi de programmation.

16h30 : Intervention de Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire. Manque de chance pour nos Excellences qui s’étaient mise sur leur 31, Nicolas Hulot, sans en avoir informé au préalable Jupiter, décide de quitter le gouvernement (« je ne veux plus me mentir » déclare-t-il sur France Inter le 28 août au matin) au moment où Emmanuel Macron débute une visite officielle au Danemark4et en Finlande. Il y opère une opération séduction5.

Mercredi 29 août

17h00 : Intervention de Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères du Canada, invitée du ministre. On ne sache pas que le Canada soit un acteur clé sur la scène internationale surtout lorsque son premier ministre est un gaffeur de haut vol, une sorte de Macron nord-américain.

17h45 : Discours de clôture de Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Avant son discours historique, il se confie à l’Express. Retenons ce qu’il nous dit de puéril.

A neuf mois des élections européennes, il avertit que la France n’est « pas prête à payer » pour des pays qui ne respectent pas les « principes fondamentaux » de l’Union. « Il faut le dire clairement », visant notamment la Pologne et la Hongrie. « Chaque Etat membre est libre d’élire les dirigeants qu’il souhaite, mais notre vision de l’UE comme cercle premier d’alliances et de valeurs n’est pas compatible avec des gouvernements qui (…) ne se sentent aucunement liés par la solidarité communautaire », a-t-il souligné. « Au fond, ils ont une approche utilitariste de l’Union dans laquelle ils ne choisiraient que ce qui les intéresse et en premier lieu la redistribution d’argent », ajoute le ministre.

Sur la question de l’accueil des migrants, Jean-Yves Le Drian souhaite qu’une position commune soit esquissée avec l’Allemagne avant le sommet de Salzbourg (Autriche), le 20 septembre. « Nous souhaitons pouvoir parvenir à une position franco-allemande (…) afin de ne pas laisser ce sujet aux populistes, aux marchands d’illusion et parce que nous savons que la relation franco-allemande est le moteur de la relance européenne ». Excellent exemple de diplomatie incantatoire et non de diplomatie de l’anticipation. Avec ce genre de propos, les ambassadeurs et les ambassadrices sont dûment informés de ce qu’ils doivent faire dans ce monde aussi complexe.

Primat de la diplomatie économique

La 4ème édition du « speed-dating « 1Ambassadeur1Entrepreneur1Région » (en Français dans le texte) se tient le lundi 27 août après-midi. Au cours d’entretiens de 15 minutes, près de 400 entrepreneurs dialogueront de manière directe et personnalisée avec les ambassadeurs et les ambassadrices des 172 postes diplomatiques. Ces entretiens constituent une opportunité unique pour les entreprises de faire connaître leurs projets à l’étranger et d’identifier les opportunités de croissance à l’international. Ils sont aussi l’occasion de faire part des éventuelles difficultés rencontrées sur certains marchés et d’imaginer des solutions possibles avec les entreprises et l’appui de l’ensemble des services des ambassades et des opérateurs. Tous les partenaires à l’export seront présents lors de cet après-midi. Agence française de développement (AFD) • BPI France • Business France • CCI France International • CCI Île-de-France • CCI International • CPME International • Institut national de la propriété industrielle (INPI) • MEDEF • Opérateurs spécialisés du commerce international (OSCI) • PROPARCO6. C’est cela la diplomatie économique à la française. De l’esbrouffe avant tout. Quant aux résultats, les dernières statistiques de notre commerce extérieur sont là pour témoigner de l’efficacité de cette usine à gaz fabusienne dont on ose encore nous vanter les mérites7. Pendant ce temps, l’Allemagne enregistre un excédent budgétaire record8. Cherchez l’erreur !

Tout changer pour que rien ne change

Après avoir abandonné le vocable de conférence des ambassadeurs au profit de celui de semaine des ambassadeurs sous l’impulsion de Laurent Fabius, Jupiter souhaite faire un pas en arrière et un pas en avant en baptisant le cru 2018 de « Conférence des ambassadeurs et des ambassadrices », parité oblige. Sauf que ce libellé peut prêter à confusion dans la mesure où le terme d’ambassadrice recouvre deux réalités différentes : traditionnellement la femme de l’ambassadeur et de nos jours une diplomate de sexe féminin qui occupe les fonctions (terme neutre) d’ambassadeur. Cette dénomination ne règle pas pour autant la question des conjoints des ambassadeurs comme celui qui exerce en Grèce (ont-ils droit au qualificatif d’ambassadrice ?) et des ambassadrices ayant une compagne (ont-elles droit au qualificatif d’ambassadrice ?). Par ailleurs, le discours jupitérien n’a pas, comme l’année dernière, été retransmis en direct sur les chaînes d’information en continu. Nous sommes désormais dans une nouvelle ère de la communication macronienne, à savoir la « post-communication » qui signifie la communication a posteriori. Force est de constater, qu’avec l’usure du temps et l’évolution inévitable du monde, cet exercice rituel semble de plus en plus décalé et inutile tant les nouvelles techniques d’information et de communication pourraient/devraient permettre de faire l’impasse sur ce genre de barnum aussi inutile que dispendieux (encore une plaisanterie qui coûte « un pognon de dingue »), surtout au moment où notre sympathique premier ministre, Édouard Philippe a dégainé son rabot pour peaufiner son budget 20199. Le Quai d’Orsay occupe une place de choix dans l’opération serrez-vous la ceinture, bande de privilégiés !

Qu’en est-il du propos divin déclamé à nos excellences alignées en rangs d’oignons pour boire jusqu’à la lie le calice diplomatique ?

UNE INTERVENTION PRÉSIDENTIELLE INFORME

Il est toujours utile de se reporter au passé pour éclairer le présent, y compris et surtout dans la sphère diplomatique.

Retour en arrière sur le cru 2017 : un superbe salmigondis

La première intervention du président de la République devant ce genre de cénacle le 29 août 2017 nous avait déjà donné un avant-goût de la dialectique jupitérienne : la confusion par le flou et par le flot de paroles10. Rappelons ce que nous écrivions à l’époque alors que tous les médias étaient en état de sidération de pamoison face à notre nouveau Messie de la diplomatie du XXIe siècle ! Nous nous en tiendrons à quelques exemples portant plus sur la forme que sur la substance.

« C’est avant tout un discours impérial (80 minutes) qui ne manque jamais de charme, le charme discret du personnage, d’une sorte de contentement de soi (le terme « je » revient de manière récurrente dans son discours) qui découvre un désir infini et certain de briller à l’international face aux grands de ce monde. Le ton est diplomatique mais l’intention est ferme : comme tous les autres domaines de l’action publique, la diplomatie doit se plier au nouveau mantra jupitérien, la « transformation ». Emmanuel Macron, qui s’éloigne souvent de son texte, dispose de réels talents d’orateur hors du commun. Il manie à la perfection l’art des concepts (creux), des bons mots (sans contenu réel), des paraboles (hors de propos), des propositions (souvent floues), des incantations (lyriques). Bien qu’il s’en défende au début de son intervention, le chef de l’État passe en revue toutes les crises du monde sur lesquelles il entend que la France ait son mot à dire. Il semble à la recherche d’un « idéal pragmatique », bannissant le dogmatisme de son prédécesseur.

Mais discours interminable qui manque en somme de plusieurs vertus : concision, clarté, cohérence, anticipation, stratégie, souffle, distance, hauteur, humilité, priorités…. La diplomatie d’Emmanuel Macron – alors que son rôle relève de la détermination de la politique étrangère – s’apparente à une diplomatie du papillonnage, une « diplomatie du coup d’éclat permanent ». Nous n’en saurons pas plus sur sa vision du « nouveau désordre international »11 (qualifié par Emmanuel Macron « d’ordre mondial profondément bousculé ») que sur les remèdes autres que les gadgets qu’il propose…

Cerise sur le gâteau, qui échappe à nos brillants experts, Emmanuel Macron confond allégrement politique étrangère (cap stratégique sur le long terme) qui relève de sa compétence et diplomatie (mise en œuvre au quotidien des grands principes) qui est du ressort de Jean-Yves Le Drian. Que font les nombreux conseillers de sa cellule diplomatique pour lui expliquer cette différence essentielle si l’on veut que la seconde soit la déclinaison de la première et prévenir la confusion des genres qui constitue la principale marque de fabrique du discours présidentiel ?… ».

En un an, l’élève Macron a peu progressé dans la maîtrise de l’art oratoire mais excelle, faut-il le confesser, dans sa pratique d’une diplomatie impressionniste. Mais, n’est pas Claude Monet qui le veut.

Arrêt sur le cru 2018 : une logorrhée indigeste

Comment comprendre l’incompréhensible tant le discours du chef de l’État était ennuyeux, interminable, confus et, souvent, peu clair au pays de la logique et de René Descartes ? Comment extraire la substantifique moëlle de ce breuvage insipide ? Tels sont les principaux défis auxquels est confronté l’observateur attentif des relations internationales qui ne s’en tient pas à quelques bons mots sélectionnés par nos folliculaires à la petite semaine mais s’attache au texte prononcé et à son intégralité. Pour faire court, et avec une bonne dose d’imagination, on peut distinguer un mini-diagnostic du style Café du commerce et un maxi-remède du style Docteur Knock12.

Une instruction ferme. Emmanuel Macron rappelle aux ambassadeurs et aux ambassadrices ce qu’il attend d’eux au cours des prochains mois. (1) Les ambassadeurs doivent représenter la France (ce qui relève de l’évidence), son histoire, ses intérêts de manière innovante. (2) Ils doivent avoir une politique ambitieuse pour notre pays (avec quels moyens ?) en mettant en place une stratégie vis-à-vis de des communautés françaises à l’étranger à travers un travail d’explication de la cohérence de notre action. (3) Ils doivent décliner une stratégie comportant des objectifs clairs, prioritaires en faisant avancer les intérêts et les valeurs de la France. (4) Ils doivent faire preuve d’une capacité d’anticipation renforcée en prenant des initiatives prospectives et en ayant un propos libre.

Un diagnostic simpliste. Pour ce qui est du diagnostic sur le monde de ce début du XXIe siècle, le médecin généraliste Macron nous dit ce que nous savons tous en regardant le poste régulièrement et en faisant preuve d’une once de bon sens, mais il y ajoute une dose de componction qui classe le personnage13. En un mot, le patient monde ne se porte pas bien, mais pas bien du tout. Il souffre de quelques maux particulièrement bien documentés : une crise sans précédent du multilatéralisme (sans évoquer certaines dérives palpables14) dont il faut chercher les causes Outre-Atlantique et les faire remonter avant la présidence tonitruante de Donald Trump, une crise structurelle de l’Union européenne aggravée par la montée des populismes15 et des nationalismes16 (ces « vents mauvais » et l’europhobie17) et affaiblie par le chacun pour soi de ceux qui font passer l’intérêt national avant l’intérêt général. Tel est le bref constat du diagnostic à cheval sur les années 2017 et 2018 que délivre, tel un prêtre en chaire, le président de la République à ses plénipotentiaires disséminés aux quatre coins d’une planète en incandescence.

Des remèdes inefficaces. S’agissant des remèdes proposés par notre sorcier de la diplomatie, nous sommes dans la cohérence et la continuité la plus totale par rapport à son discours de 2017, Emmanuel Macron se bornant à reprendre, de manière laborieuse, voire déconcertante les quatre principaux volets de son action extérieure : (1) renforcement de la sécurité en France et dans le monde car « depuis le futur départ de l’Angleterre de l’Europe, la seule puissance militaire en Europe, c’est nous » (Sahel, Libye pour laquelle il faut une « réponse politique à la crise » qu’elle traverse, Afrique « notre alliée pour inventer les équilibres de demain » ( !), Syrie « Pas de diplomatie avec Assad » comme le souligne Libération, lutte contre les armes chimiques et la prolifération des armes de destruction massive, sécurité en Europe, politique européenne de défense) ; (2) protection des biens communs (face à la crise du multilatéralisme et du retour des peuples, il importe de repenser les règles du jeu international en pensant « forces profondes », « alliances de circonstances » sur les thématiques comme l’environnement, la santé, la culture et l’éducation, l’espace numérique, le commerce international, la francophonie, en parlant à la Russie, la Chine, l’Inde, l’Afrique) ; (3) renforcement de l’influence de la France dans le monde (à travers la diplomatie économique, l’organisation de grandes manifestations comme les Jeux Olympiques de Paris, sommet sur la Méditerranée en 2019, la promotion de la langue française et du multilinguisme, l’aide au développement18, rendre humaine la mondialisation) ; (4) réforme de la dernière chance d’une Union européenne au bord du précipice grâce au développement d’une souveraineté européenne reconnue par tous et fondée sur un « humanisme progressiste » (en revoyant son périmètre, ses traités, sa politique migratoire, son histoire, son narratif)19.

Le trou noir syrien. Relevons son propos ambigu sur la Syrie. Le maintien de Bachar al Assad au pouvoir en Syrie serait une « erreur funeste » a déclaré le chef de l’État tout en ajoutant qu’il n’appartenait cependant pas à la France de désigner les futurs dirigeants de ce pays ravagé par sept ans de guerre. Et de jouer les donneurs de leçon de morale : « Qui a provoqué ces millions de réfugiés ? Qui a massacré son propre peuple ? » et « Il n’appartient pas à la France de désigner les futurs dirigeants de la Syrie (…) mais c’est notre devoir et notre intérêt de nous assurer que le peuple syrien sera bien en situation de le faire ». Il a rappelé que la France devait cette année, prendre la succession du Canada pour la présidence du G7, (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon, Italie, Canada) qui se tiendra à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) du 25 au 27 août 2019.

Interrogations sur la pertinence de la prose jupitérienne ; cause toujours, tu m’intéresses

Une perte d’influence. En ouvrant sa première conférence annuelle des ambassadeurs le 29 août 2017, Emmanuel Macron bénéficiait d’un alignement de planètes extraordinairement favorable. Face à un président américain, Donald Trump, imprévisible, à une première ministre britannique, Theresa May, engluée dans le Brexit et à une chancelière allemande, Angela Merkel, affaiblie, le jeune président français, élu par surprise trois mois plus tôt, représentait une figure de référence sur la scène internationale. Un an plus tard, le chef de l’Etat se retrouve bien seul pour incarner aussi bien le multilatéralisme qu’il appelle de ses vœux que ses projets de réforme de l’Europe. Ce rendez-vous où le président de la République fixe les grandes orientations de la diplomatie tricolore, s’ouvre, dans un climat nettement plus morose20.

Des tonnes de propositions. Il serait trop fastidieux de reprendre l’ensemble des idées développées par le président tant elles confinent à l’inventaire à la Prévert et manquent surtout de quelques axes directeurs et d’un minimum de hiérarchisation. Sa vision de l’Europe est floue et évolutive, quoi qu’il dise21. Après avoir rappelé dans son introduction l’impérieuse nécessité d’établir des priorités, il a, lui-même, violé la règle qu’il a posée. À titre d’exemple, il a méthodiquement cité toutes les initiatives prises par la France au cours des douze derniers mois – et elle se chiffrent par dizaines – sans pour autant porter de jugements objectifs sur une majorité d’entre elles qui ont tourné au pétard diplomatique.

Un torrent d’arrogance. Ce qui frappe en relisant crayon à la main le texte du président de la République, c’est son manque d’humilité, une sorte d’arrogance à la française qui indispose au plus haut point nos partenaires et qui explique, en grande partie, ses déconvenues sur ses deux priorités, qu’il s’agisse de la crise du multilatéralisme ou de la crise de l’Europe. Le cavalier seul est rarement payant sur la scène internationale. S’agissant du multilatéralisme et des grandes crises internationales, Emmanuel Macron a été conduit à mettre de l’eau dans son vin, de faire preuve d’un minimum de lucidité22. À la veille de sa visite officielle au Danemark, le premier ministre, Lars Loske Rasmussen l’a vivement incité au pragmatisme dans sa volonté de réformer l’Europe, lui rappelant au passage l’existence des nations et des peuples23 dont on ne peut faire l’impasse24. Le cavalier seul est souvent contreproductif25. Jupiter va-t-il l’apprendre à ses dépens et en tirer les conséquences qui s’imposent ?26 Là est la principale question que l’on est en droit de se poser au-delà de l’analyse fine de chacune de ses propositions dont une majorité d’entre elles est frappée au coin du bon sens, dans l’absolu27. Mais, les relations internationales évoluent dans la relativité, ce que semble ignorer notre président de la République.

Le règne de la contradiction. Le lecteur attentif est frappé par la contradiction ontologique existant entre certains de ses développements comme si son discours avait été rédigé par plusieurs mains qui ne s’étaient pas concertés. On ne peut invoquer le respect de la souveraineté des peuples en tant qu’impératif catégorique et exiger de certains États qu’ils obéissent aux injonctions jupitériennes (Cf. le cas d’école que constitue la Syrie). Il veut que la France soit une puissance de médiation. Objectif louable en théorie mais loin de la pratique jupitérienne : nos fournitures d’armes à l’Arabie saoudite pour bombarder des civils au Yémen, à l’Égypte du maréchal al-Sissi qui est loin d’être un parangon de vertu en matière de protection des droits de l’homme dans son pays, notre refus de rouvrir un canal diplomatique avec la Syrie alors que se pose déjà le problème du rétablissement de la paix, de la reconstruction du pays et du retour de millions de réfugiés. C’est n’est pas la nomination d’un représentant personnel, François Sénémaud (qu’il a cité) sur la Syrie qui changera la donne. Comment être un honnête courtier en ayant le mot de guerre à la bouche28 ? Entre contradictions et incrédulité. Tout ceci n’est que poudre aux yeux mais certainement pas le meilleur moyen d’apparaître comme un médiateur impartial. Et l’on pourrait multiplier la liste de toutes les contradictions que recèle cet exercice qui relève plus de la liturgie religieuse que de la diplomatie efficace.

Réinventer la roue. Parfois, le lecteur reste incrédule en découvrant qu’Emmanuel Macron veut parfois réinventer la roue en demandant aux ambassadeurs de renforcer leur capacité d’analyse, d’anticipation, de prospective, de proposition originale. C’est en principe la nature même de la fonction de diplomate : informer, négocier, représenter… mais également prévoir (« gouverner, c’est prévoir » a-t-on coutume de dire). Pendant ce temps, Angela Merkel met en place une stratégie pour renforcer sa présence au sein de l’Union européenne29. Cela, c’est du concret et du sérieux et cela explique le retour de l’Allemagne dans la cour des grands30. Emmanuel Macron devrait consacrer son énergie à traiter les causes du « populisme »31 plutôt que de s’acharner sur les conséquences (échanges peu amènes avec les Salvini et autres Orban qui ne sont pas de son niveau)32.

L’exercice auquel s’est livré le chef de l’État, le 27 août 2018, à l’occasion de cette conférence des ambassadeurs et des ambassadrices révèle, y compris pour les aveugles et les sourds, la quintessence des « illusions du macronisme » ou le « mirage macronien » (formules de Laurent Wauquiez, pour une fois bien inspiré)33. La diplomatie du verbe ne suffit plus à masquer les contradictions qui minent la politique étrangère de la France et à compenser sa perte d’influence dans le monde. La diplomatie incantatoire atteint rapidement ses limites, y compris en matière de relance de la construction européenne34.

Faute de moyens suffisants35, on ne peut faire des miracles. Faute d’une stratégie claire, on ne peut faire des exploits. Ni sur la crise du multilatéralisme, ni sur celle de l’Europe, Emmanuel Macron n’a fourni de pistes prometteuses, se contentant de litanies aussi ennuyeuses que creuses36. Faute d’être l’architecte clairvoyant du « nouveau monde », il se transforme en pompier inefficace de l’incendie qui consume « l’ancien monde »37. En définitive, l’adresse de Jupiter à sa joyeuse troupe d’excellences n’était en réalité qu’un superbe concours d’impuissance38.

Guillaume Berlat
3 septembre 2018

1 www.elysee.fr
2 Jacques-Hubert Rodier, Macron veut maintenir le flambeau européen, Les Échos, 27 août 2018, p. 8.
3 Marc Semo, Le Quai d’Orsay réduit sa masse salariale et redéploie ses aides, Le Monde, 31 août 2018, p. 6.
4 La démission de Nicolas Hulot : « je ne veux plus me mentir », Le Monde, 29 août 2018, pp. 1, 6 et 7.
5 S.A., À Copenhague, l’opération séduction de Macron, Le Figaro, 29 août 2018, p. 6.
6 https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le-ministere-et-son-reseau/evenements-et-actualites-du-ministere/conference-des-ambassadeurs-et-des-ambassadrices/xxvie-conference-des-ambassadeurs-et-des-ambassadrices-2018-27-31-aout-2018/
7 Marie Visot, La « diplomatie économique », une arme pour relancer l’export, Le Figaro, 28 août 2018, p. 2.
8 Pauline Houédé, L’Allemagne enregistre un excédent budgétaire record, Les Échos, 27 août 2018, p. 7.
9 Cédric Pietralunga, Édouard Philippe, premier de corvées, Le Monde, 28 août 2018, p. 7.
10 Guillaume Berlat, Zeus a rendez-vous avec Hermès. Vers une diplomatie de la transformation ?, www.prochetmoyen-orient.ch, 4 septembre 2017.
11 Le nouveau désordre international, Questions internationales, La documentation Française, n° 85-86, mai-août 2017.
12 Knock ou le triomphe de la médecine, pièce de Jules Romain écrite en 1923 dont on conserve à l’esprit la prestation exceptionnelle de Louis Jouvet.
13 Isabelle Lasserre, La diplomatie française à l’épreuve d’un monde nouveau, Le Figaro, 31 août 2018, p.
14 Roseline Letteron, Baby Loup fait le buzz devant le comité des droits de l’homme, www.libertescheries.blogspotcom , 28 août 2018.
15 Anne-François Hivert, En Suède, l’extrême droite se fond dans le paysage, Le Monde, 29 août 2018, p. 4.
16 Thomas Wieder, À Chemnitz, « les nations sont de retour », Le Monde, 29 août 2018, p. 5.
17 Richard Heuzé, Salvini et Orban forgent l’axe europhobe, Le Figaro, 29 août 2018, p. 8.
18 Fabrice Nodé-Langlois, L’aide au développement gagne un milliard d’euros de plus, Le Figaro, 28 août 2018, p. 3.
19 Jacques-Hubert Rodier, Diplomatie : le chef de l’État se pose en champion d’une Europe puissance, Les Échos, 28 août 2018, p. 5.
20 Marc Semo/Astride de Villaines, Une diplomatie menacée par l’unilatéralisme américain, Le Monde, 28 août 2018, p. 2.
21 Pierre Gattaz, Quel projet pour l’Europe ?, Les Échos, 29 août 2018, p. 8.
22 Marc Semo, Syrie, Iran, Europe, Emmanuel Macron contraint à la lucidité, Le Monde, 29 août 2018, p. 3.
23 Yascha Mounk, Le peuple contre la démocratie, Odile Jacob, 2018.
24 Lars Lokke Rasmussen (propos recueillis par Anne-François Hivert), « Le moment n’est pas à une grande réforme de l’UE », Le Monde, 28 août 2018, p. 3.
25 Jean-Baptiste Chastand/Cédric Pietralunga, La marche contrariée de Macron l’européen, Le Monde, 28 août 2018, pp. 2-3.
26 Éditorial, La priorité européenne d’Emmanuel Macron, Le Monde, 29 août 2018, p. 21.
27 Gabriel Grésillon, Macron et l’Europe, une histoire d’amour contrariée, Les Échos, 28 août 2018, p. 5.
28 Alain Barluet, Europe : Macron veut contrer les extrêmes, Le Figaro, 28 août 2018, pp. 2-3.
29 Nicolas Barotte, Les plans d’Angela Merkel pour renforcer l’influence de l’Allemagne dans l’UE, Le Figaro, 28 août 2018, p. 3.
30 O.B. K., Madame Clausewitz, Le Canard enchaîné, 29 août 2018, p. 8.
31 Editorial, Macron face à l’axe Salvini-Orban, Le Monde, 1er septembre 2018, p. 17.
32 Bruno Retailleau, « La verticalité de Macron n’est qu’un narcissisme », Le Monde, 31 août 2018, p. 9.
33 Marion Mourgue, Au Mont Mézenc, Laurent Wauquiez dénonce le « mirage macronien », Le Figaro, 27 août 2018, p. 4.
34 Guillaume Berlat, Europe : que reste-t-il du discours de la Sorbonne ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 13 août 2018.
35 Raphaëlle Besse Desmoulières/Benoît Floc’h, La difficile équation budgétaire du gouvernement, Le Monde, 28 août 2018, p. 8.
36 Luc de Barochez, Macron, les mots, les actes#4 : une diplomatie ambitieuse mais peu féconde, www.lepoint.fr , 30 août 2018.
37 Soazig Quéméner, Macron renvoyé au vieux monde, Marianne, 31 août-6 septembre 2018, pp. 16-17.
38 Christine Clerc, Concours d’impuissance, Le Télégramme, 25-26 août 2018, p. 4.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 03-09-2018

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Commentaire recommandé

Guadet // 05.09.2018 à 07h55

En écoutant son grand discours devant le congrès, peu après son élection, on pouvait déjà se convaincre du vide sidérant de ses discours. La “disruption”, pour faire la même chose que depuis quarante ans et revenir cent ans en arrière, est sa seule idée baroque. Au mieux on ne trouve que des contradictions : multilatéralisme mais contre le populisme et le nationalisme et avec soumission aux USA ; promouvoir la langue mais en disant que la culture française n’existe pas et en ne défendant même pas le français en France, etc.

15 réactions et commentaires

  • Guadet // 05.09.2018 à 07h55

    En écoutant son grand discours devant le congrès, peu après son élection, on pouvait déjà se convaincre du vide sidérant de ses discours. La “disruption”, pour faire la même chose que depuis quarante ans et revenir cent ans en arrière, est sa seule idée baroque. Au mieux on ne trouve que des contradictions : multilatéralisme mais contre le populisme et le nationalisme et avec soumission aux USA ; promouvoir la langue mais en disant que la culture française n’existe pas et en ne défendant même pas le français en France, etc.

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    • Serge WASTERLAIN // 05.09.2018 à 10h19

      Et en faisant de nombreuses interventions publiques et interviews à l’étranger en anglais !

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    • RGT // 05.09.2018 à 10h57

      Quand les pipeaulogues prennent le pouvoir il ne faut pas s’attendre à des discours constructifs et précis.

      Vous me répondrez que désormais les français sont habitués, on les enfume depuis le néolithique et n’écoutent plus (sauf quelques rares exceptions intéressées pour leur intérêt personnel) ces discours “grandioses”.

      Je vous répondrai seulement qu’avec l’ère Zupitérienne on ne se contente plus de toucher le fond, on creuse avec frénésie.

      Comme tous nos grands penseurs je vous propose de construire votre propre discours politique inspiré en cliquant sur ce lien : http://lepipotron.com/

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    • XPJ // 06.09.2018 à 13h38

      La doctrine “mais en même temps” qui stipule que tout est son contraire. On est donc dans de la pure politique spectacle.

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  • Alfred // 05.09.2018 à 07h57

    Un des leviers de pouvoir les plus importants des médias n’est pas la censure proprement dite ni même le fond des discours proposés (pro ou anti truc, “objectif” ou pas) mais simplement la capacité à orienter le faisceau du projecteur vers tel ou tel sujet, personne, événement. Certes les crises n’est pas un “media” (quoique c’est aussi l’audience qui fait le media pas seulement le statut ou la volonté de ses “faiseurs” ). Est il permis de dire que les choix “éditoriaux” paraissent redondants, répétitifs et aveugles sur une partie de notre monde? S’il est encore permis de le dire, respect et salutations amicales.

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  • Macarel // 05.09.2018 à 08h21

    Macron a été élu par défaut. Cela ne fait pas un programme cohérent. De toute façon Macron en campagne se foutait d’avoir un programme. Il n’en n’a jamais eu besoin d’ailleurs, car c’est la finance internationale et la haute fonction publique européiste (Bercy plus particulièrement) qui gouverne quoiqu’il arrive.

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    • Marie // 05.09.2018 à 08h30

      C’est un irréductible Gaulois, mais pas un Astérix. Ne se remettant jamais en cause, un ara encore (jusques à quand?) emplumé. A la fin de son mandat il se trouvera un poste juteux dans la finance, domaine qu’il se mord les doigts (peut-être) d’avoir abandonné.

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      • Kiwixar // 05.09.2018 à 09h07

        Personnellement, je le vois bien finir dernier Président de l’Union Européenne, avec les douaniers en bas de l’immeuble, une UE réduite à un quartier de Bruxelles.

        Et payé 500,000 euros par mois net d’impôts (faut pas déconner non plus). Avec un taux de change weimarien de 250 milliards d’euros par once d’or.

        Et avec dans l’immeuble une salle de sport et un petit théâtre de marionnettes où Guignol se fait taper la tête en couinant : “Ouais, la teuf est dead”.

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  • Rond // 05.09.2018 à 09h41

    Excellent article avec sa conclusion : il (macron) “se transforme en pompier inefficace de l’incendie qui consume « l’ancien monde »”. Tout est dit …
    … Et tout peut arriver avec notre constellation de planétoïdes inconsistants. Nous allons donc vivre des moments qui, à défaut d’être drôles, apporteront leur lot d’événements étonnants. Ou pas.
    Avec ce texte, voilà nos bricoleurs amateurs et leur chef de chantier habillés chaudement pour l’hiver.
    Au secours !

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  • Rond // 05.09.2018 à 09h43

    Excellent article avec sa conclusion : il (macron) “se transforme en pompier inefficace de l’incendie qui consume « l’ancien monde »”. Tout est dit …
    … Et tout peut arriver avec notre constellation de planétoïdes inconsistants. Nous allons donc vivre des moments qui, à défaut d’être drôles, apporteront leur lot d’événements étonnants. Ou pas.
    Avec ce texte, voilà nos bricoleurs amateurs et leur chef de chantier habillés chaudement pour l’hiver.
    Au secours !

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  • Tonton Poupou // 05.09.2018 à 11h01

    En résumé pour qualifier manu dans une terminologie très en vogue actuellement :
    C’est un président … “inapproprié”

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  • Ardéchoix // 05.09.2018 à 11h44

    Discours de notre Commandant le 14 avril 1912 sur le Titanic.
    – il y a du ruissellement chef
    – ben y a qu’à faire du prélèvement à la source, et supprimer le liquide.

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  • R.C. // 05.09.2018 à 12h04

    Nous avons eu la présidence vrai-faux radsoc avec un Chirac claquant jovialement le cul des vaches (et autres bipèdes…) et adepte du verre de bière-sauciflard. On lui a beaucoup (trop) pardonné car il n’avait pas que des défauts.
    Puis on a eu Sarkozy-Charybde, puis Ô lande ô désespoir. Enfin “nous” avons choisi Zupiter (Scylla ?) dans le magasin des accessoires du faux-semblant et du fake en toc.

    Les historiens, les enseignants et les journalistes (soyons optimistes, il doit bien subsister encore une vingtaine d’exemplaires sérieux et crédibles de chacune de ces catégories…) ont donc très largement, là, matière à procéder à une analyse critique de fond sur les dérives abyssales de la citoyenneté française de ce dernier demi-siècle.

    Il y a sûrement des explications – donc des remèdes possibles – à ces choix successifs de présidents et de représentants à chaque fois pires que les précédents.

    Il y a urgence. La maison France peine à faire illusion: l’intérieur s’écroule par pans entiers sous les coups des démolisseurs et son décor extérieur, factice et low-cost (Le Dinar n’est pas Talleyrand…), fait rire et n’impressionne plus personne dans les chancelleries (même Bachar a bien compris qu’il avait affaire à des guignols – dangereux, certes, mais guignols…).

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  • zgill.f // 05.09.2018 à 12h15

    Quand la politique actuelle est de brader la Nation, la diplomatie n’est plus d’aucune utilité. Ce pourquoi elle est reléguée au rôle de faire-valoir de “nos” entreprises. Ce qui, au vu de la balance commerciale n’est pas une réussite. Même pas possible de les refourguer dans des supermarchés, nos diplomates…

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  • Ded // 06.09.2018 à 05h08

    Question verbe, le pamphlet de Michel Onfray est savoureux :
    https://francais.rt.com/opinions/53727-lettre-ouverte-president-manu-par-michel-onfray

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