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L’UE veut supprimer les contrats d’approvisionnement en gaz à long terme

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Le Bloc veut « mettre fin à sa dépendance » à l’égard de fournisseurs tels que la Russie afin « d’atteindre ses objectifs en matière de gaz à effet de serre ».

Source : Financial Times, Mehreen Khan, Nastassia Astrasheuskaya
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

La Russie fournit un tiers des besoins européens en gaz par l’intermédiaire du producteur monopolistique Gazprom, soutenu par l’État. © Andrey Rudakov/Bloomberg

Bruxelles a proposé d’interdire les contrats à long terme d’importation de gaz naturel dans l’UE au-delà de 2049, afin de mettre fin à la dépendance de l’Union vis-à-vis des producteurs étrangers, Russie en tête. La Commission européenne a dévoilé mercredi une mise à jour de ses règles relatives au marché du gaz, qui prévoit d’interdire aux États membres de conclure des contrats d’approvisionnement en gaz avec des pays non membres de l’UE au-delà de 2049, soit la dernière année avant que l’UE n’atteigne son objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre. « Aucun contrat à long terme de fourniture de gaz fossile pur ne sera conclu au-delà de la fin de l’année 2049 », indique la proposition de la Commission, qui devra être approuvée par une majorité de gouvernements et de députés européens pour entrer en vigueur.

Cette proposition d’interdiction des contrats à long terme intervient alors que l’Europe subit depuis l’automne des prix records pour le gaz en gros. La flambée des prix est due à des facteurs tels que l’augmentation de la demande mondiale à mesure que les pays se remettent de la pandémie, la réduction de l’offre d’énergie renouvelable et la baisse des approvisionnements supplémentaires en provenance de Russie. La Russie, premier fournisseur de gaz naturel de l’UE, préfère les contrats à long terme et a déclaré que la crise énergétique était due en partie aux mesures prises par les pays de l’UE pour supprimer progressivement ces accords d’achat.

« Cette pratique est une erreur », a déclaré le président russe Vladimir Poutine en octobre. « Les contrats à long terme sont normalement utilisés pour ouvrir de nouveaux sites de production de gaz et assurer leur rentabilité », a déclaré Kadri Simson, commissaire européen à l’Energie. « Cette interdiction envoie un signal fort : ces activités ne doivent pas être poursuivies si les émissions ne sont pas réduites. Elle réitère notre message clair selon lequel notre marché du gaz sera décarboné d’ici à 2050. » L’interdiction de Bruxelles ne s’appliquera qu’au gaz fossile « non neutre », qui n’utilise pas de moyens pour réduire les émissions de CO2, notamment le captage et le stockage du carbone. La Russie, qui fournit un tiers des besoins européens en gaz par l’intermédiaire du producteur monopolistique Gazprom, soutenu par l’État, a réagi avec prudence aux propositions de la Commission.

« Attendons la décision qu’ils prendront réellement. Normalement, une discussion se termine par une approche plus pondérée », a déclaré Pavel Sorokin, vice-ministre russe de l’Energie. « Attendons donc qu’ils aient fini de discuter et que l’on voie les propositions finales. Ensuite, attendons encore 10 à 15 ans et voyons si elles restent en place. » La Russie s’étant également engagée à être neutre en carbone d’ici 2060, Sorokin a déclaré que le passage à un avenir plus vert était un objectif commun. « Nous devons absolument nous diriger vers la neutralité écologique, c’est un fait non contesté que tout le monde a accepté et vers lequel tout le monde se dirige. Mais nous devons le faire sans slogans mais avec de vrais calculs et une vraie compréhension des prix. »

Sorokin a averti qu’un abandon des contrats de gaz à long terme pourrait entraîner des prix encore plus élevés et des troubles sociaux potentiels. « Rappelez-vous ce qui s’est passé avec les gilets jaunes en France ? C’est arrivé à cause d’une taxe écologique plus élevée sur l’essence. Imaginez maintenant ce qui se passera lorsque [la Commission] dévoilera le coût réel de toutes ces actions », a-t-il averti. Konstantin Simonov, directeur du fonds russe pour la sécurité énergétique, a qualifié le moment choisi pour présenter ces propositions de « stupide. »

« Lorsque le prix au comptant du gaz monte en flèche, [il] semble que l’ordre du jour devrait être l’inverse. C’est comme si l’Europe essayait d’aggraver la crise, a-t-il déclaré. Quand les experts, même en Europe, disent que les contrats à long terme sont une porte de sortie, les responsables veulent les annuler. C’est très étrange. Eh bien, laissons-les faire, transférons tout sur le marché spot et voyons ce qui se passe. »

Gazprom s’est refusé à tout commentaire. Mais l’entreprise a souligné à plusieurs reprises qu’elle remplissait toutes ses obligations contractuelles et que l’Europe devait envisager des accords à plus long terme si elle voulait davantage de gaz. La Commission a également proposé un système volontaire d’achat commun de gaz et de stockage partagé pour les pays de l’UE, dont beaucoup ont exigé des changements radicaux sur le marché intérieur de l’énergie afin de freiner la hausse des prix de l’électricité. Bruxelles encouragera les États membres à procéder à des achats groupés en cas d’urgence. Selon Simson, les pays devraient procéder à des évaluations nationales des risques en fonction de leurs besoins en matière d’achat et de stockage.

« Ces réserves pourraient être libérées en cas d’urgence et être conformes aux règles du marché de l’énergie et de la concurrence de l’UE », a ajouté le commissaire. Dans le cadre de ses projets de décarbonisation du gaz, Bruxelles va introduire des règles visant à accroître la production de biogaz et d’hydrogène vert. L’empreinte carbone du biogaz est inférieure de 70 % à celle du gaz naturel, mais il représente moins de 5 % de la consommation totale de gaz de l’UE, selon la Commission. Bruxelles proposera également de réduire les tarifs d’entrée du gaz à faible teneur en carbone et d’intégrer ces sources dans le réseau gazier de l’UE. Les dirigeants européens examineront ces propositions lors d’un sommet qui se tiendra jeudi à Bruxelles.

Source : Financial Times, Mehreen Khan, Nastassia Astrasheuskaya, 15-12-2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Fabrice // 21.01.2022 à 08h01

On a déjà vu les résultats sur les prix le gaz à flambé car forcément les contrats longs sont favorisés par rapport aux contrats au fil de l’eau, je crois que l’UE est dirigé non pas de manière pragmatique mais de manière idéologique, le problème de l’idéologie c’est qu’elle nie la réalité pour des fantasmes.

26 réactions et commentaires

  • Gaspard des Montagnes // 21.01.2022 à 07h31

    Juste un mot pour signaler que depuis une dizaine de jours l’éolien et le solaire ne produisent quasiment rien ! (pas de vent, peu de rayonnement solaire)…
    … Et nous sommes dans une période froide : le chauffage, l’industrie tourne à fond, s’il n’y avait pas les centrales nucléaires, les barrages et l’appoint gaz, nous serions à la bougie sous les couvertures !!

    Ce que je veux dire est que les renouvelables doivent être doublées soient par des centrales à gaz soient par des dispositifs d’accumulation : hydrogène, batteries ou retenues d’eau (pompage/turbinage). Le problème est que ces dispositifs sont chers et impactant : noyer des vallées entières par exemple… et ne se mettent pas en place du jour au lendemain.

    Donc en attendant, il faudra des énergies comme le gaz et le nucléaire pour passer le cap.
    Un exemple sur les durées pour s’adapter aux nouvelles conditions : regardons les normes d’isolation thermiques : on a commencé dans les années 1970, et nous atteindrons la neutralité énergétique avec la nouvelle norme RE 2020 vers la fin de la décennie uniquement pour les nouveaux logements soit un demi-siècle et je ne parle même pas de tout le logement existant encore à traiter !!

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    • Auguste Vannier // 21.01.2022 à 08h50

      « Le problème est que ces dispositifs sont chers et impactant : noyer des vallées entières par exemple… et ne se mettent pas en place du jour au lendemain. »
      Essayez donc l’impact et le coût d’une catastrophe nucléaire, de plus en plus probable avec le vieillissement des réacteurs pas prévus pour fonctionner aussi longtemps…comme le montre les 20 à l’arrêt actuellement pour cause de fissures près des soudures , difficiles à réparer. Noyer des vallées c’est une conception centralisatrice inadmissible du passé, il faut agir localement et finement en fonction des territoires et des besoins.
      Il était déjà urgent de penser autrement la question de l’énergie, des modes de production et de consommation-gaspillage il y a plus de 20 ans. Aujourd’hui espérons qu’il ne soit pas trop tard, mais en toute hypothèse il faut se préparer à devoir sinon vouloir vivre autrement…C’est possible, je l’ai fait dans ma jeunesse sans que ça ne m’ait laissé que des mauvais souvenirs, je l’expérimente actuellement dans un écolieu agréable et confortable, et ça me comble de joie.

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      • oliviermons // 21.01.2022 à 10h20

        J’ai l’impression que vous confondez les problèmes de soudure qui ne concerne que le réacteur de Flamenville avec l’entretien standard qui concerne les 20 centrales actuelles.
        Quand au vieillissement des centrales actuelles, il n’entraine pas systématiquement une augmentation des risques puisse l’ARS a autorisé leur prolongation. En fait il s’agit de remplacer les générateurs de vapeur, les pièces qui s’usent le plus mais qui ne sont pas en contact avec le réacteur proprement dit. Ils travaillent sur le circuit secondaire et pas le circuit primaire qui refroidit le réacteur.

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        • bm607 // 21.01.2022 à 15h04

          Non, attention, les GV (générateurs de vapeur) sont l’interface entre le circuit primaire et le circuit secondaire. Toute la partie Boîte à Eau + épingles (tubes en U dudgeonnés sur les plaques tubulaires de la boîte à eau des GV) fait partie du circuit primaire et de ce qu’on appelle « la seconde barrière », tout comme la cuve du réacteur (la première étant les gaines contenant les pastilles de combustible).
          Mais un remplacement de GV (RGV) est une opération normale de maintenance (lourde et peu fréquente dans la vie d’une centrale, mais normale) réalisées de nombreuses fois dans le passé. La conception des bâtiment le prend en compte (taille du sas matériel, ponts roulants, accessibilité aux casemates GV).
          Les réparations de soudures ne sont pas non plus des choses inconnues et catastrophiques en général, mais ça dépend où elles se font, parfois c’est impossible.
          Mais heureusement par contre que les 20 tranches à l’arrêt ne le sont pas toutes pour réparation de soudures. C’est pour la plupart pour des maintenance normales, mais reprogrammée (je crois lié au Covid-19 mais je n’ai pas tout suivi depuis que je suis à la retraite).

          Quand au vieillissement des centrales, il est pris en compte à la conception, et est réévalué au fil de la vie de celles-ci (en fonction des connaissances, des améliorations apportées pendant la vie de la centrale, de l’évolution constatée des matériaux en température, pression et irradiation, des demandes de l’autorité de sûreté, etc…)

          BM

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      • RGT // 21.01.2022 à 11h30

        Compte-tenu de la situation actuelle, soit on continue avec le nucléaire (qui n’est PAS renouvelable mais dont les ressources sont encore importantes), soit on ferme ces centrales et tout le monde se retrouve avec des pénuries d’énergie.
        Les usines ferment, les magasins alimentaires ne peuvent plus rien conserver, les habitations se retrouvent sans électricité, les trottinettes et les voitures à charbonélectriques se déplacent « à la poussette » et bien sûr les habitants des grandes agglomérations apprennent les joies de la famine.

        L’ensemble de notre société est bâtie sur l’énergie abondante et bon marché.
        Si vous supprimez cette ressource indispensable tout l’édifice s’effondre et les seuls qui s’en sortiraient sont les paysans qui parviennent à cultiver des parcelles réduites à la force de leurs bras ou avec des attelages (existe-t-il encore suffisamment d’animaux e trait ? J’en doute).

        Réfléchissez un peu. Le dérèglement climatique est une catastrophe écologique mais la suppression des énergies non renouvelables (nucléaire compris) signerait la fin de l’humanité telle que nous la connaissons aujourd’hui.

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        • moshedayan // 21.01.2022 à 16h02

          C’est clair que les firmes qui inventent la 5 G et les jeux vidéos en ligne se soucient peu de l’énergie ! Si les pays riches étaient déjà logiques, ça ferait du bien non ? § ! Quand on balance des contrats 5 G alors que dans nombre de ces pays, la majorité des territoires n’est même pas capable d’assurer la 4G LTE… c’est quoi ce bazar ou l’arnaque…je vais couper mon ordin dans 5 minutes.

            +15

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      • Cévéyanh // 22.01.2022 à 10h59

        Est-ce que les maintenances sont faites à date optimum et non à la « dernière minute » ? Ce qui peuvent peut-être produire ces problèmes. Comme nous sommes dans un système où il faut tout optimiser en temps et en coûts, est-ce que cela n’impacterait pas la maintenance des centrales nucléaires ?

        Se passer des centrales nucléaires ou au moins le moins possible (aussi des centrales de charbon et de gaz), des populations devraient commencer à décliner leur besoin en électricité (au-delà de la question du prix). Nos sociétés ne font que l’augmenter pour maintenir à minima certains besoins matériels qui consomment du pétrole ou du gaz (exemple : voiture particulier) et pour pouvoir avoir les nouvelles technologies. Tout cela est pour aussi permettre de faire de la croissance (exemple : la 5G).
        Pour réduire, des personnes ne devraient plus attendre une réponse des humains politiques ou des nouvelles technologies. Pour cela prendre conscience de leurs impacts et donc prendre du temps pour comprendre. Difficile en ces temps où le temps libre est devenu court et précieux pour beaucoup pour décompresser.

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  • BCE_106,6 // 21.01.2022 à 07h51

    «  zéro émission nette de gaz à effet de serre » ordonne l’union européenne, qui fait voler des avions vides afin que les compagnies aériennes puissent garder leurs créneaux ! ! ! !
    Pour ce qui est de la libre circulation non faussée, dans la fille ininterrompue de camions sur les routes, sont transportés 40 à 50 % de vide.
    Ne parlons surtout pas des panneaux publicitaires éclairés après minuit, alors que plus personne n’est dans la rue pour les voir.
    Et tant d’autres choses.

      +31

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  • Fabrice // 21.01.2022 à 08h01

    On a déjà vu les résultats sur les prix le gaz à flambé car forcément les contrats longs sont favorisés par rapport aux contrats au fil de l’eau, je crois que l’UE est dirigé non pas de manière pragmatique mais de manière idéologique, le problème de l’idéologie c’est qu’elle nie la réalité pour des fantasmes.

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    • Gaspard des montagnes // 21.01.2022 à 08h21

      Bien d’accord avec vous pour dire que l’Europe est dirigée de manière idéologique, mais derrière ces idéologues, il y a des groupes de pression, des industries, des financiers, des médias qui défendent leurs intérêts, qui veulent que rien ne change ou que des choix soient faits pour des solutions à leur avantage.
      Regardez aux US, Joé Manchin allias Mr Charbon a coulé le plan Biden Build Back Better : il défend le charbon de Virginie Occidentale et ses électeurs, bien que démocrate il a voté avec les républicains !
      quant au climat, il repassera une autre fois…

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      • José // 21.01.2022 à 09h26

        Pourquoi opposer l’idéologie et les lobbies ou mieux nommés; les groupes de pression?
        Dans ma jeunesse, j’ai appris, et je le garde toujours en tête, que l’idéologie dominante est l’idéologie de la classe dominante. Comme l’a Warren Buffet : « Il y a une lutte des classes, bien sûr, mais c’est ma classe, celle des riches, qui fait la guerre. Et nous gagnons. » Nous parlons ici de l’UE qui n’est autre qu’une organisation qui fait avancer le capitalisme et on peut même dire que c’est son objectif numéro 1 le reste étant de l’habillage ou de l’accompagnement (il faut bien faire passer le suppositoire). C’est ainsi que nous avons droit aux privatisations comme celles de l’énergie, des transports et tout ce qui rapporte de l’argent.., nous avons aussi droit aux réformes des retraites vers la capitalisation, la marchandisation de la santé (tout cet argent qui va des salaires des travailleurs directement à la santé sans intermédiaire, sans les groupes financiers, alignement sur les USA etc, etc… Tout cela se tient : idéologie et capitalisme (ou si vous préférez groupes de pression). Mais capitalisme ne va pas sans idéologie et cette idéologie est partout dans ce que nous vivons et discutons. Quand on est à la recherche d’un travail, ne dit-on pas qu’il « faut savoir se vendre » ? Il y a même des chasseurs de tête. On baigne dans l’idéologie toute la journée et toute l’année; pas uniquement dans les décisions de l’UE.

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        • Auguste Vannier // 22.01.2022 à 13h17

          D’accord avec @José, il n’ya pas de collectif humain qui puisse tenir sans une idéologie, c’est à dire un système d’idées et un imaginaire plus ou moins partagé, quand ce système d’idée est conscientisé il contribue à ce que Castoriadis à défini comme « l’institution imaginaire de la société ». Par contre quand un système d’idée sert à masquer une réalité ou à manipuler les membres d’un collectif, on a ce qu’un autre grand penseur à appelé une « fausse conscience » (J.Gabel).
          C’est pourquoi nous risquons bien d’avoir « tout faux » en persistant à vouloir toujours faire plus de ce qu’on à déjà fait jusqu’ici, en « déniant » la réalité des catastrophes en cours… et les nombreux indices de celles à venir.

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    • Paul // 21.01.2022 à 08h22

      ne serait-ce pas plutôt un problème de lobbies ?
      regardez les contrats pour les v, la Belgique les avait achetés moins cher…..
      von der, son mari, la remise du prix dumeilleur à bourda….

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  • douarn // 21.01.2022 à 08h51

    76% du gaz naturel est consommé par les professionnels, industries en tête (sidérurgie, engrais azotés, …) https://www.cre.fr/content/download/20552/261420

    L’UE a vu sa production de gaz naturel passer de 338 milliards de m3 en 2004 à 218 milliards de m3 en 2020. Peut-on éventuellement imaginer que la date de 2049 marquera la fin de la production européenne?
    https://www.bp.com/content/dam/bp/business-sites/en/global/corporate/pdfs/energy-economics/statistical-review/bp-stats-review-2021-full-report.pdf

    Si on part du principe qu’une ressource en raréfaction voit ses cours faire le yoyo, restera t-il des industries en UE (si l’UE existe toujours) en 2049? N’est il pas vain de « décarbonner » notre économie tout en continuant d’importer les produits (acier, amonitrate, …) que nos industries ne produisent (ne produiront) plus à cause de la problématique du gaz naturel définie par les choix politiques des années 20?

    Le courtermisme me semblant difficilement techniquement compatible avec les contraintes des industries de l’énergie à cause de l’importance des infrastructures, l’interdiction des contrats à long terme ne viserait elle pas qu’à favoriser la spéculation d’acteurs spécialisés sur les marchés sans considération ni pour les producteurs ni, bien sûr, pour les consommateurs?

    Il faut tirer des enseignements de l’histoire, la Grande Dépression des années 1930 était une crise énergétique.
    http://www.unmondedenergie.fr/tverberg/GailTverberg-19Dec2017.html
    http://theoildrum.com/node/6224

      +11

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    • Gaspard des montagnes // 22.01.2022 à 07h54

      Bonjour Douarn,
      J’ai été retenu par votre questionnement sur la crise des années 20 à 40 et l’énergie, j’avoue ne jamais m’être posé la question et n’avoir rien lu en ce sens… pour cette période.
      Après réflexion, cette idée est à rapprocher des thèses que défend jm jancovici : le pib et l’énergie ont des taux de croissances similaires, le second precedent le premier de peu.
      De même Matthieu Auzanneau démontre la même chose dans son excellent livre Or Noir : la plupart des crises sont des crises énergétiques même celle de 2008.
      Et nous allons vers d’autres crises avec l’approche du pic oil.
      D’accord aussi avec vous pour dire que les contrats à long terme ne permettent pas aux acteurs financiers de spéculer sur le gaz. L’intérêt général et à long terme des européens rejoint ici celui des russes. .. et comme les lobbies financiers tiennent l’Europe comme ils tiennent les US…

        +5

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      • douarn // 22.01.2022 à 18h50

        Bonjour Gaspard, merci pour votre post

        Ugo Bardi affirme que le pic de la production de charbon en Angleterre à partir de 1911 est concomitant avec l’apogée de sa puissance impériale et le début de la crise économique italienne. L’Italie était dépendante au charbon anglais, cela a sans doute propulsé l’ascension de Mussolini et rapproché par la suite l’Italie de l’Allemagne.

        L’Allemagne d’avant WWI désirait ardemment sa « place au soleil », à l’instar de l’Angleterre et la France et leurs empires, pour accéder aux ressources nécessaires à son industrie. Elle a construit a ligne de chemin de fer Berlin-Bagdad pour acheminer les matières premières, pétrole en tête, en passant par les Balkans. Balkans, théâtre de l’assassinat de François Ferdinand. A ce sujet, Kompany bahn est la société allemande qui a construit le chemin de fer autour duquel la ville de Kobane (Kompany bahn) a été bâtie en 1912 en Syrie

        Je m’avance peut être mais je crois que la WWI a tout à voir avec la contrainte en charbon des économies, de la montée en puissance du pétrole et de la nécessaire adaptation d’industries à cette nouvelle donne. L’abandon du charbon au profit du fuel pour la Royal Navy par Churchill dès 1911, le traité de Sykes-Picot (1916), en sont quelques illustrations, je crois.

        On ne meurt pas pour la patrie, on meurt pour les industriels (Anatole France)

          +3

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  • Anicroche // 21.01.2022 à 08h53

    Les contrats à long terme ne permettent pas la spéculation à la hausse ou à la baisse et c’est pourquoi les capitalistes spéculateurs veulent les interdire. Les dégâts ce sont les consommateurs qui en fin de compte vont les payer.

      +24

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  • Obermeyer // 21.01.2022 à 09h06

    L’ UE , ou l’art de se tirer des balles dans les pieds …..

      +12

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  • Dorian // 21.01.2022 à 10h02

    Est ce que quelqu’un peut me donner UN SEUL bienfait de l’UE pour le Français moyen?
    A mettre en relation avec :
    – désastre industriel du à l’euro
    -desastre sur l’emploi avec les travailleurs détachés et le cabotage
    -désastre judiciaire avec des lois qui ne sont plus faites par des législateurs élus mais par des machins comme la CEJ ou la CEDH, validés et relayés avec zèle par l’institution judiciaire française.
    -catastrophe sociale par obligation permanente de casse du contrat social et du service public.
    -catastrophe économique par l’ouverture aux 4 vents des concurrents internationaux
    -catastrophe stratégique par infeodation forcée aux intérêts US
    Et j’en passe…

      +31

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    • Dominique65 // 21.01.2022 à 18h20

      M’enfin, tu n’écoutes pas ce qu’on te répète dans tous les médias : l’ UE, et son corollaire l’Euro, c’est le Super pouvoir de traverser la frontière sans avoir à changer tes francs, heu, tes euros. Ça vaut bien la déconfiture économique et sociale du pays, non ?

        +11

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  • christian gedeon // 21.01.2022 à 10h33

    ca a quelque chose de comique…le comique de l’absurde. L’ue…2049…parce qu’ils pensent vraiment qu’ils existeront encore en 2049? Curieux quand même. les dieux rendent aveugles ceux qu’ils veulent perdre.

      +18

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  • RGT // 21.01.2022 à 11h45

    La suppression des contrats à long terme permettra à l’UE de plomber ses relations avec la Russie au profit des USA.

    Une fois tous ces contrats terminés, les russes auront totalement réorienté leurs exportations vers l’Asie du sud-est (qui a de plus en plus « faim ») et il ne restera plus rien pour les €uropéens…

    À ce moment là, l’UE proposera alors d’importer du gaz de schiste en provenance d’Amérique du nord, gaz qui sera disponible en quantités limitées (les USA préférant favoriser leur propre consommation) ou éventuellement lancera des projets de forages de gaz de schiste en Europe occidentale, avec tous les désastres écologiques associés…

    Elle est belle la « Komission ».

      +32

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  • Bernd Badder // 21.01.2022 à 14h48

    Traduisons les : « Pour éviter d’avoir chaud dans trente ans, empêchons les investissements futurs de nos fournisseurs et faisons volontairement crever nos pauvres de froid maintenant en s’engraissant sur la manœuvre. »
    A quel moment ces textes ne sont pas sciemment écrits à l’encontre de l’intérêt général ?
    Et surtout : A quel moment on peut croire que c’est une solution à nos problématiques énergétiques à moyen-long terme ?
    Enfin vu que c’est l’UE , c’est encore un truc qui a été refilé par un lobby quelconque contre un voyage et une montre. Tant qu’on leur passe tout ils ne seront jamais raisonnables … sales gosses. Les tartes dans la gueule c’est comme l’UE , si ça ne fonctionne pas c’est qu’il n’y en a pas assez.

      +9

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  • Myrkur34 // 21.01.2022 à 15h40

    Vous n’avez rien compris les gars, l’UE songe à compenser dans le futur, le réchauffement climatique en interdisant le chauffage individuel sauf pour les classes aisées.
    Aussi futé que les crit’air 5.4.3.2.1, construire une nouvelle voiture, même électrique va générer plus de co2 que de faire durer leur cycle de vie, les voitures thermiques déjà vendues et en circulation.

      +6

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  • Olivier MONTULET // 21.01.2022 à 18h47

    L’UE et surtout ces pays membres (qui en fait décident, quoi qu’on en dise, même au sein de l’UE —L’UE n’est que leur paravent—) se tirent une balle dans le pied. Les intérêts immédiats du monde financier supplantent tous les intérêts des citoyens y compris ceux à long terme. Cela vaut pour tous les domaines en commençant par la géopolitique et l’énergie. Le libéralisme est arrivé à son apogée (la réalisation complète de son idéologie). Cet aboutissement signe sa mort. Malheureusement, une telle mort ne peut qu’être violente, car quand l’hydre a perdu toutes ses têtes, son corps ne réagit plus que par réflexes incontrôlés. L’usage de la bombe atomique de manière insensée risque bien d’être la dernière folie de cette bête dans ses derniers soubresauts pour tenter sans espoir de survivre. Plutôt tuer tout le monde que de mourir seul. Telle risque bien d’être la logique des psychopathes qui nous dominent.

      +11

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  • Fernet Branca // 22.01.2022 à 10h34

    Vive l’économie decarbonnée verte ! Les chaudières à pellets ou granulés subventionnées , chaudières à bois déchiqueté, cheminées feu de bois ! Quelle différence avec le chauffage au gaz , au charbon ?
    Et vive le nucléaire vert !
    Merci Macron !
    Merci Macron !
    Pollution nucléaire pour 500000 ans au moins.

      +4

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