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2.novembre.20212.11.2021 // Les Crises

Yanis Varoufakis : « Angela Merkel a nui à l’Europe et au monde »

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Les élections allemandes d’aujourd’hui marquent la fin effective du règne de 16 ans d’Angela Merkel. Yanis Varoufakis décrit pour Jacobin comment elle est devenue la dirigeante la plus puissante d’Europe en temps de paix – aux dépens de l’Europe elle-même.

Source : Jacobin Mag, Yanis Varoufakis
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Le long mandat d’Angela Merkel en tant que chancelière allemande prend fin alors que des élections fédérales ont lieu aujourd’hui en Allemagne. (JOHN MACDOUGALL/AFP via Getty Images)

Le mandat d’Angela Merkel restera dans les mémoires comme le paradoxe le plus cruel de l’Allemagne et de l’Europe. D’une part, elle a dominé la politique du continent comme aucun autre dirigeant en temps de paix – et elle laisse la chancellerie allemande considérablement plus puissante qu’elle ne l’avait trouvée. Mais la manière dont elle a construit ce pouvoir a condamné l’Allemagne à un déclin de longue durée et l’Union européenne à la stagnation.

Un déclin alimenté par la richesse

Il ne fait aucun doute que l’Allemagne est aujourd’hui plus forte politiquement et économiquement qu’elle ne l’était quand Merkel est devenue chancelière en 2005. Cependant, les raisons mêmes pour lesquelles l’Allemagne est plus forte sont aussi celles pour lesquelles son déclin est assuré dans une Europe en stagnation.

La puissance de l’Allemagne est le résultat de trois excédents massifs : son excédent commercial, l’excédent structurel de son gouvernement fédéral et l’afflux de l’argent des autres dans les banques de Francfort, en raison de la crise sans fin de l’euro qui se consume lentement.

Alors que l’Allemagne baigne dans l’argent, grâce à ces trois excédents, cet argent est principalement gaspillé. Au lieu d’être injecté dans les infrastructures du futur, publiques ou privées, il est soit exporté (par exemple, investi à l’étranger), soit utilisé pour acheter des biens improductifs en Allemagne (par exemple, des appartements à Berlin ou des actions Siemens).

Pourquoi les entreprises allemandes, ou le gouvernement fédéral, ne peuvent-ils pas investir ces fleuves d’argent de manière productive en Allemagne ? Parce que – et c’est là que réside une partie du cruel paradoxe – la raison pour laquelle ces excédents existent est qu’ils ne sont pas investis ! En d’autres termes, sous le règne de Mme Merkel, l’Allemagne a conclu un marché faustien : en limitant les investissements, elle a acquis auprès du reste de l’Europe et du monde des excédents qu’elle n’a pas pu ensuite investir, cela lui aurait fait perdre sa capacité future à dégager davantage d’excédents.

Si l’on s’attarde sur leur origine, les excédents massifs qui ont donné du pouvoir à l’Allemagne sous Mme Merkel sont le résultat de l’obligation faite aux contribuables allemands et, plus tard, européens de renflouer les banquiers cinglés de Francfort à condition d’organiser une crise humanitaire dans la zone périphérique de l’Europe (en particulier en Grèce) – moyen par lequel le gouvernement de Merkel a imposé une austérité sans précédent à l’égard des travailleurs tant allemands que non allemands (de manière disproportionnée, bien sûr).

En bref, le faible investissement intérieur, l’austérité généralisée et le fait de monter les fiers peuples européens les uns contre les autres ont été les moyens par lesquels les gouvernements successifs de Merkel ont transféré à l’oligarchie allemande richesse et pouvoir. Hélas, ces moyens ont également conduit à une Allemagne divisée qui passe complètement à côté de la prochaine révolution industrielle au sein d’une Union européenne qui se fragmente.

Trois épisodes permettent de comprendre comment Merkel a exercé son pouvoir à travers l’Europe pour construire, étape par étape, le cruel paradoxe qui sera son héritage.

Episode 1 : Le socialisme paneuropéen pour les banquiers allemands

En 2008, alors que les banques de Wall Street et de la City de Londres s’effondraient, Angela Merkel continuait à entretenir son image de chancelière à la main de fer, radine et prudente sur le plan financier. Pointant un doigt moralisateur vers les banquiers prodigues de l’Anglosphère, elle a fait les gros titres lors d’un discours à Stuttgart où elle a suggéré que les banquiers américains auraient dû consulter une ménagère souabe, qui leur aurait appris une chose ou deux sur la façon de gérer leurs finances.

Imaginez son horreur lorsque, peu après, elle a reçu une avalanche d’appels téléphoniques inquiets en provenance de son ministère des Finances, de sa banque centrale et de ses propres conseillers économiques, tous porteurs d’un message invraisemblable : Madame la Chancelière, nos banques aussi sont en faillite ! Pour faire fonctionner les guichets automatiques, il nous faut une injection de 406 milliards d’euros de l’argent de ces ménagères souabes – d’ici hier !

C’était la définition même du poison politique. Alors que le capitalisme mondial était en proie à des spasmes, Merkel et Peer Steinbrück, son ministre social-démocrate des Finances, introduisaient l’austérité pour la classe ouvrière allemande, prônant le mantra standard et autodestructeur du serrage de ceinture en pleine récession. Comment peut-elle maintenant se présenter devant ses propres membres du parlement – à qui elle a fait la leçon pendant des années concernant les vertus de la sobriété en matière d’hôpitaux, d’écoles, d’infrastructures, de sécurité sociale et d’environnement – pour les implorer de faire un chèque aussi colossal à des banquiers qui, quelques secondes auparavant, nageaient dans des rivières de liquidités ?

La nécessité étant la mère de l’humilité forcée, la chancelière Merkel a pris une profonde inspiration, est entrée dans le splendide Bundestag fédéral conçu par Norman Foster, a annoncé la mauvaise nouvelle à ses parlementaires abasourdis et est repartie avec le chèque demandé.

Au moins, c’est fait, a-t-elle dû penser. Sauf que ce n’était pas le cas. Quelques mois plus tard, une autre avalanche d’appels téléphoniques a exigé un nombre similaire de milliards pour les mêmes banques. Pourquoi ? Le gouvernement grec était sur le point de faire faillite. Si cela arrivait, les 102 milliards d’euros qu’il devait aux banques allemandes disparaîtraient et, peu après, les gouvernements italien, grec et irlandais feraient probablement défaut pour une créance d’un montant d’environ 500 milliards d’euros de prêts dus aux banques allemandes. À eux deux, les dirigeants français et allemands avaient intérêt à empêcher le gouvernement grec de dire la vérité, c’est-à-dire d’avouer sa faillite, pour un montant d’environ 1 000 milliards d’euros.

Angela Merkel a négligemment provoqué une crise humanitaire dans mon pays pour camoufler le sauvetage de banquiers allemands quasi-criminels.

C’est à ce moment-là que l’équipe d’Angela Merkel s’est montrée à la hauteur, en trouvant un moyen de renflouer les banquiers allemands une deuxième fois sans en informer le Bundestag : ils ont présenté le deuxième renflouement de leurs banques comme un acte de solidarité avec les cigales de l’Europe, le peuple grec. Et faire payer par les autres Européens, même les Slovaques et les Portugais beaucoup plus pauvres, un prêt qui irait momentanément dans les caisses du gouvernement grec avant de finir dans celles des banquiers allemands et français.

Ne sachant pas qu’ils payaient en réalité pour les erreurs des banquiers français et allemands, les Slovaques et les Finlandais, tout comme les Allemands et les Français, ont cru avoir la responsabilité d’assumer les dettes d’un autre pays. Ainsi, au nom de la solidarité avec ces insupportables Grecs, Mme Merkel a semé des graines du rejet entre de fiers peuples.

Épisode 2 : L’austérité paneuropéenne

Lorsque Lehman Brothers a fait faillite en septembre 2008, son dernier PDG a supplié le gouvernement américain de lui accorder une gigantesque ligne de crédit pour maintenir sa banque à flot. Supposons que le président américain lui ait répondu : « Pas de renflouement et, de plus, je ne vous autorise pas à déposer le bilan ! ». Ce serait d’une absurdité complète. Et pourtant, c’est précisément ce qu’Angela Merkel a dit au Premier ministre grec en janvier 2010 lorsque celui-ci a désespérément imploré de l’aide pour éviter de déclarer l’État grec en faillite. C’était comme dire à une personne qui est en train de tomber : je ne vais pas vous rattraper, mais vous n’avez pas non plus le droit de toucher le sol.

Quel était l’intérêt d’un double Nein aussi absurde ? Étant donné que Merkel avait toujours l’intention d’insister pour que la Grèce obtienne le prêt le plus important de l’histoire – dans le cadre du deuxième plan de sauvetage caché des banques allemandes (voir ci-dessus) – l’explication la plus plausible est aussi la plus triste : son double Nein, qui a duré quelques mois, a réussi à instiller un tel désespoir chez le Premier ministre grec qu’il a fini par accepter le programme d’austérité le plus écrasant de l’histoire. Faisant d’une pierre deux coups en un seul renflouement, Merkel a subrepticement renfloué les banques allemandes pour la deuxième fois. Et l’austérité généralisée a commencé à se répandre sur le continent, comme un feu de brousse qui aurait commencé en Grèce avant de se propager partout, y compris en France et en Allemagne.

Episode 3 : Jusqu’à la fin amère

La pandémie a offert à Angela Merkel une dernière chance de rassembler l’Allemagne et l’Europe.

Une nouvelle dette publique importante était inévitable, même en Allemagne, alors que les gouvernements tentaient de remplacer les revenus perdus pendant le confinement. Si un moment de rupture avec le passé s’imposait, c’était bien ce jour-là. Le moment était particulièrement propice pour investir les excédents allemands dans une Europe qui, simultanément, démocratisait ses processus décisionnels. Mais le dernier geste d’Angela Merkel a été de faire en sorte que ce moment soit également raté.

En mars 2020, dans un élan de panique harmonisé à la suite des confinements à l’échelle de l’UE, treize chefs de gouvernement de l’UE, dont le président français Emmanuel Macron, ont exigé de l’UE l’émission d’une dette commune (une « euro-obligation » ou eurobond) qui contribuerait à transférer les dettes nationales en hausse qui pesaient sur les faibles épaules des États membres vers l’UE comme un tout, afin d’éviter une austérité massive à la grecque dans les années post-pandémie. La chancelière Merkel, sans surprise, a dit Nein et, comme prix de consolation, a offert un fonds de relance qui ne fait strictement rien pour aider à faire face aux dettes publiques nationales croissantes – ou pour contribuer à faire pression pour que les excédents allemands accumulés soient utilisés dans l’intérêt à long terme de la société allemande.

Dans le style typique de Merkel, l’objectif du fonds de relance était de donner l’impression de faire le minimum nécessaire de ce qui est dans l’intérêt d’une majorité d’Européens (y compris une majorité d’Allemands) – sans le faire réellement ! L’acte de sabotage final de Mme Merkel avait deux dimensions.

Tout d’abord, le montant du fonds de relance est, à dessein, insignifiant sur le plan macroéconomique, c’est-à-dire qu’il est trop insuffisant pour défendre les personnes et les communautés les plus faibles de l’UE contre l’austérité qui finira par s’imposer une fois que Berlin aura donné son feu vert à la « consolidation fiscale » afin de freiner l’explosion des dettes nationales.

Deuxièmement, le fonds de relance va, en réalité, transférer des richesses des Nordistes les plus pauvres (par exemple, les Allemands et les Néerlandais) vers les oligarques du Sud de l’Europe (par exemple, les entrepreneurs grecs et italiens) ou vers les entreprises allemandes qui gèrent les services publics du Sud (par exemple, Fraport, qui gère maintenant les aéroports de la Grèce). Rien ne pourrait garantir plus efficacement la poursuite de la détérioration de la guerre des classes et de la fracture Nord-Sud en Europe que le fonds de relance de Mme Merkel – l’acte final de sabotage de l’unité économique et politique européenne.

Une complainte pour conclure

Elle a négligemment provoqué une crise humanitaire dans mon pays pour camoufler le sauvetage de banquiers allemands quasi-criminels, tout en montant les fières nations européennes les unes contre les autres.

Elle a intentionnellement saboté toutes les occasions de rassembler les Européens.

Elle a habilement comploté pour saper toute véritable transition verte en Allemagne ou dans toute l’Europe.

Elle a travaillé sans relâche pour émasculer la démocratie et empêcher la démocratisation d’une Europe désespérément antidémocratique.

Et pourtant, en observant la meute de politiciens banals et sans visage qui se bousculent pour la remplacer, je crains fort qu’Angela Merkel ne me manque. Même si, d’un point de vue analytique, mon évaluation de son mandat reste la même, je soupçonne que, d’ici peu, j’en aurai une pensée plus attendrie.

À propos de l’auteur

Yanis Varoufakis a été ministre grec des Finances pendant les premiers mois du gouvernement dirigé par Syriza en 2015. Il a notamment publié Le Minotaure planétaire et Conversations entre adultes.

Source : Jacobin Mag, Yanis Varoufakis, 26-09-2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crise

 

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Commentaire recommandé

Patrique // 02.11.2021 à 09h21

Yanis Varoufakis a nui à l’Europe et au monde.
En effet, en faisant croire aux grecs qu’il pouvait y avoir une « autre Europe », il a amené à la ruine son pays et a retardé la fin inéluctable de l’UE. Au lieu que celle-ce se fasse de manière raisonnable comme la sortie de la Grande Bretagne, elle risque de se faire dans la brutalité et la panique.
Merkel a défendu les intérêts de l’Allemagne, Varoufakis n’a pas défendu les intérêts de la Grèce.

42 réactions et commentaires

  • Patrique // 02.11.2021 à 09h21

    Yanis Varoufakis a nui à l’Europe et au monde.
    En effet, en faisant croire aux grecs qu’il pouvait y avoir une « autre Europe », il a amené à la ruine son pays et a retardé la fin inéluctable de l’UE. Au lieu que celle-ce se fasse de manière raisonnable comme la sortie de la Grande Bretagne, elle risque de se faire dans la brutalité et la panique.
    Merkel a défendu les intérêts de l’Allemagne, Varoufakis n’a pas défendu les intérêts de la Grèce.

      +39

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    • Maxime // 02.11.2021 à 10h50

      « Merkel a défendu les intérêts de l’Allemagne, Varoufakis n’a pas défendu les intérêts de la Grèce. »

      Entièrement d’accord mais j’apporterais une petite nuance: je dirais que Merkel a défendu les intérêts des actionnaires allemands et Varoufakis a défendu les intérêts des actionnaires grecs. La différence c’est que les actionnaire allemands sont allemands mais les actionnaires grecs ne sont pas grecs.

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    • Orhan // 02.11.2021 à 13h09

      N’importe quoi. Par ailleurs, je vous invite à lire l’édito du Monde diplo de novembre, la Grèce, dont l’endettement est plus élevé maintenant qu’en 2015 ne subit plus les foudres de la presse capitaliste, à commencer par Le Figaro…pourquoi ? Et bien la Grèce a passé quelques contrats d’armements, notamment avec Dassault. Evidemment vous pensez bien que c’est avec l’argent public (budget militaire est passé de 2,4 à 2.8%). Qu’en pensez-vous ? Avez-vous un avis qui diffère un tant soit peu de la ligne éditoriale capitaliste ?

        +24

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      • maria // 02.11.2021 à 16h14

        Un des arguments des médias grecs en faveur de l’endettement était à l’époque que le prêt aurait servi à payer les fonctionnaires grecs. Seulement 11 milliards des 365 milliards empruntés étaient destinés pour le paiement des salaires et des retraites.
        Les biens publics grecs continuent à être bradés. La Grèce continue à être un protectorat. Récemment des actions de la compagnie de l’électricité grecque ont été vendus à un fonds australien.

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      • Linder // 03.11.2021 à 06h53

        @ Orhan : votre commentaire est obscure : que vise votre « n’importe quoi »?
        Ensuite, vous évoquer les dépenses militaires de la Grèce : mais je ne comprends pas votre objectif : c’est pour les dénoncer ou les approuver ? Mais effectivement, c’est bien parce que la Grèce est cliente de la France que nos média ont changé de ton (et c’est l’erreur de Khadafi, qui, accueilli à Paris pour acheter des Rafales à Sarkozy, serait toujours vivant s’il les avait finalement acheté).
        Qui visiez-vous par « Avez-vous un avis qui diffère … » Patrique ? Parce que son avis n’est pas celui de la ligne éditoriale capitaliste …

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        • Orhan // 04.11.2021 à 15h07

          Ah bon, taper sur la Grèce et sur Varoufakis ce n’est pas la ligne éditoriale capitaliste ? J’ai du loupé quelque chose mais je serais curieux de le savoir.
          Pour les achats militaires, je n’ai pas d’avis sur la question (à vrai dire je m’en fiche), c’était pour pointer du doigt qu’il n’y a rien à voir avec les arguments de dettes ou de comptes publics sur la Grèce, c’est une question d’exemple (cf mon commentaire plus bas). Patrique, j’ai l’habitude de le reprendre ici car il est un peu le porte-parole d’une vision ultralibérale et capitaliste du monde, dont c’est toujours un plaisir de relever la bêtise.

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  • Fabrice // 02.11.2021 à 09h39

    Il est dommage effectivement que le moteur de l’Europe soit un pays qui a décidé de se suicider comme population et pays pour tout centrer sur l’économie et encore que sur l’exportation comme une fuite en avant.

    Le problème c’est qu’elle impose sa vision suicidaire niant l’humain pour ne se focaliser que sur un chiffre toujours ou presque en croissance folle alors que le reste se désagrège (infrastructures, population, investissement,…) alors forcément cette vision suicidaire ne peut s’imposer qu’en niant le peu de leviers démocratiques des populations car ce modèle nie leurs intérêts.

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    • RGT // 03.11.2021 à 09h57

      Les gouvernements allemands successifs ont une très grosse épine dans le pied : Les retraites.

      La population vieillit avec de moins en moins de jeunes et de plus en plus de retraités suite aux diverses politiques de l’état et des entreprises.

      Souvenez-vous du scandale des années 80 (peu mentionné dans les « médias indépendants ») concernant les femmes allemandes qui pour trouver un job devaient présenter une attestation prouvant qu’elles étaient stériles et sans enfant pour ne pas s’absenter « indûment » de leur lieu de travail).

      Bref, une diminution drastique des nouvelles générations voulue par les gouvernements et les actionnaire$ qui cause désormais le principal problème de l’Allemagne.

      Et comme les retraites sont basées sur un système de CAPITALISATION, les gestionnaires de fonds de pension n’ont surtout pas placé les fonds en Allemagne car c’était un suicide à moyenne échéance.

      Donc, ils ont investi les fonds dans des pays à forte croissance démographique pour compenser les pertes côté allemand, ce qui entraîne AUSSI un siphonnage de l’économie de ces pays qui sont déjà en grande difficulté.

      Cerise sur le gâteau, comme les jeunes de ces pays n’ont pas de travail ils viennent grossir les rangs des nominés pour le STO et permettent AUSSI de faire baisser le coût de la main d’œuvre et de remplacer les jeunes générations locales désormais largement insuffisantes.

      Qu’on ne me parle pas de la « grandeur de la vision » de la politique allemande sur le long terme.

      La cupidité des actionnaires a entraîné ce pays dans une spirale infernale.

        +10

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  • Louis // 02.11.2021 à 10h03

    Certes, l’Allemagne est riche mais l’allemand? Il y a quelques temps certains écrivaient que 40% des allemands étaient marginalisés économiquement et s’en sortaient en cumulant des petits boulots. Situation à rapprocher des USA où quelque 40% des citoyens se partagent 1% de la richesse nationale et de la France avec ses quelque 9 millions de pauvres et une dette abyssale.

    A l’opposé certains sont très riches comme cette famille allemande qui contrôle de grandes entreprises dont la fortune à pour origine en partie des mines de plomb utilisant la main d’œuvre esclave des camps. Même si les enfants ne sont jamais responsables des crimes de leurs parents il y a matière à questions sur la morale de certaines grandes fortunes.

      +26

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  • Jak // 02.11.2021 à 10h31

    « Et pourtant, en observant la meute de politiciens banals et sans visage qui se bousculent pour la remplacer, je crains fort qu’Angela Merkel ne me manque. Même si, d’un point de vue analytique, mon évaluation de son mandat reste la même, je soupçonne que, d’ici peu, j’en aurai une pensée plus attendrie. »
    Finalement « Copains comme cochons »?

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  • Sylphe // 02.11.2021 à 11h49

    Finalement « Copains comme cochons »?

     

     RÉPONDRE 

    C’est juste pour dire que le(la) prochain chancelier sera encore pire!

      +5

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  • degorde // 02.11.2021 à 11h53

    Article intéressant, mais un peu tardif.
    Mauvaise traduction d’un verbe « She worked tirelessly to emasculate democracy and to prevent the democratization of a hopelessly antidemocratic Europe ». Dans ce conteste « emasculate » se traduit par « affaiblir ».

      +3

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    • John V. Doe // 03.11.2021 à 12h48

      « Affaiblir » ? Le mot anglais me semble beaucoup plus vigoureux, indépendamment de son contexte.

        +3

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  • Orhan // 02.11.2021 à 13h23

    Ce n’est pas vraiment nouveau que la bourgeoisie veuille mettre en pièces tout ce qui lui résiste de près ou de loin. Les grecs en ont été des victimes, du sang et des larmes, le pays ne s’en remettra pas avant des décennies. Il fallait bien faire un « exemple » et on n’allait pas le faire sur l’Italie (dont le PIB est autrement plus sérieux). Défendre ce que l’Europe, Allemagne en tête, a fait à la Grèce c’est être du côté des esclavagistes, des barbares capitalistes. C’est défendre l’asservissement des peuples (la Grèce a été de facto un quasi protectorat) et l’humiliation des hommes.
    C’est au moins se positionner sur une vision du monde, donc pas étonnant que l’on retrouve les larbins du capital, qui viennent asséner leurs mensonges (endettement, comptes falsifiés et j’en pense). C’est un sujet particulièrement révélateur. Ce qui a été fait aux Grecs, on n’aimerait pas qu’on nous le fasse à nos enfants.

      +25

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  • Bernd Badder // 02.11.2021 à 14h07

    Il en oublie Yanis.
    Parlons démographie. L’Allemagne est un pays de vieux ; ça fait 50 ans qu’ils sont à moins de 1.5 enfants par femme : le pays vieillit et se dépeuple.
    Comment trouver de nouveaux talents pour continuer à faire fonctionner l’industrie boche quand on en produit moins ? Solution numéro 1 : niquer comme des lapins … mais bon , ça prends du temps et pendant qu’elles éduquent leur progéniture , les femmes allemandes ne bossent pas faute de structure pour accueillir les chiards. Donc ils ont pas fait comme ça.
    Solution numéro 2 : aller chercher les talents chez les autres. Pas de problèmes de gardes de gosses , pas besoin de payer pour l’éducâtion et un investissement salarial moins élevé de 30 à 50% selon l’origine des arrivages. Docteurs Syrien à 20K , ingé Pakistanais à 18K … pas cher , bon qualité. Et tant pis pour : les pays d’origine et les travailleurs locaux qui n’ont plus qu’à s’aligner. Ils ont fait comme ça.
    Je lisais un papier l’autre jours sur les hôpitaux en Roumanie. Ils forment pas moins de médecins par cohorte qu’en Allemagne , plus qu’en France cela dit, et paradoxalement ils manquent à mort de médecins … ils sont partis bosser en Allemagne ou en France.
    Bref , Angie a fait des conneries à tout niveau pour arroser de bénéfices immédiats les tenants « des Kapital » … le long terme elle s’en battait ; elle sera plus là pour faire face aux conséquences à 20 ou 30 ans. Les bénefs pour ma pogne , les emmerdes pour les autres ; un bon dirigeant capitaliste bien comme il faut.

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  • Geneviève B 30 // 02.11.2021 à 14h55

    Je vous invite à lire le livre de Jean François Gayraud « L’art de la guerre financière ». Il dit la même chose que Yannis sur la Grèce. Plus tout le reste, c’est édifiant.

      +7

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  • Incognitototo // 02.11.2021 à 15h34

    La recherche de bouc émissaire m’a toujours énervé : en quoi Merkel serait-elle responsable au premier chef du fait que certains membres de l’UE soient incapables de produire des politiques qui défendent vraiment les intérêts de leur pays et/ou qui ne soient pas vendus aux lobbys ? En quoi serait-elle responsable en particulier du fait que les Français élisent toujours des ectoplasmes qui appliquent comme des ânes ce qu’ils ont appris à l’ENÂ ? Et pour les Grecs n’en parlons même pas…

    En outre, je n’arrive même pas à comprendre certains reproches comme : « Au lieu d’être injecté dans les infrastructures du futur, publiques ou privées, et cetera… ». Yánis Varoufákis veut donc contrôler comment les Allemands utilisent leur argent ? Ça m’échappe… Il ne sait pas que l’UE, c’est le libre-tout et n’importe quoi ? Ha bé non, ça s’explique… C’est devenu quoi au fait, le pipeautage des comptes publics qu’a fait la Grèce pour rentrer à tout prix dans la ZE ? Il y a des gens qui ont été en prison pour ça en Grèce ? Ou ils préfèrent continuer à fustiger les méchants Allemands qui avec les autres membres de la ZE leur ont présenté la facture de leur escroquerie.

    En outre, on peut dire merci à l’Allemagne qui, contrairement à nous, a fait ce qu’il fallait dès les années 70 (pendant que des pans entiers de nos industries disparaissaient ou se vendaient à l’étranger) pour faire évoluer ses secteurs industriels, sinon toute l’Europe serait aujourd’hui sous-développée.
    On peut dire merci à Merkel et à sa politique d’accueil des réfugiés qui ont été l’honneur de l’UE, alors que j’ai honte de la politique de la France…

    Cela dit, cela ne veut pas dire pour autant que l’UE et la ZE n’ont pas des problèmes structurels consécutifs aux choix politiques de ce conglomérat économique ; notamment par rapport à l’absence de fonds de compensation entre pays qui abâtardit cette soi-disant union qui du coup n’en est pas une. Mais alors il ne faut pas se tromper d’origine des problèmes, et lutter contre ce que sont devenues la ZE et l’UE pas contre Merkel, ou partir comme la GB.

      +6

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    • Fabrice // 02.11.2021 à 18h38

      Non elle a tout misee sur les exportations principalement la Chine pour les machines outils jusqu’au jour où ce sera la Chine qui lu vendra ses machines outils,.

      Son secteur automobile est resté sur un secteur qui n’a pas anticipé le virage certes discutable du tout électrique et ne produit plus chez elle en ne maintenant que la partie assemblage chez elle (bon mieux que nous) sans compter les tests anti pollution truqués qui ont ruiné l’image du domaine dans le monde.

      Avec les lois sur le marché du travail elle a sacrifiée (surtout son prédécesseur mais n’a rien touché) sa consommation intérieure, cela s’ est ressentis quand les frontières se sont fermées.

      Elle porte à bout de bras la Deutsche bank qui sinon aurait fait faillite depuis longtemps, d’autres plus petites se sont écoulées dans un silence absolu

      Sa politique environnementale qui s’est traduit pas la réouverture de mines de charbon à ciel ouvert ainsi que de Centrale à charbon, ses infrastructures à revoir partout,…

      Alors oui c’es excédent elle en a mais si c’est sacrifier le futur de son pays franchement beau le résultat et en plus en faire le modèle qui tuera l’Europe au final jamais l’expression « après moi le déluge » n’aura résumé ses années à chouchouter des rentiers multimillionnaires tout en ruinant les petits et sa classe moyenne.

        +10

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      • Incognitototo // 02.11.2021 à 20h49

        Oui et alors ? Quel rapport avec l’attitude qui consiste à jeter l’anathème sur Merkel et non accessoirement sur les Allemands, plutôt que de balayer devant sa porte et faire ce qu’il faut à son niveau pour ne plus subir ? Yánis Varoufákis s’est couché devant la troïka et il vient maintenant nous désigner la « méchante » Merkel comme responsable de tous nos maux ? Excusez-moi, mais il se fout de nous (cf. : le lien proposé par Angela plus bas).

        En outre, peu importe les impasses dans lesquelles l’Allemagne se met elle-même et ses politiques antisociales ; en attendant, son industrie représente toujours 22 % de son PIB, contre 12,4 % pour la France ! Ce pays est toujours exportateur net, alors que nous sommes chroniquement en déficit ; et sans ce pays la ZE et l’UE seraient en phase de sous-développement.

        Rappels : quand dans les années 70, du fait du changement de paradigme monétaire imposé par les USA et des chocs pétroliers (et de l’incurie des fossoyeurs VGE-Barre), nous liquidions ou vendions 1/3 de nos fleurons industriels (charbonnages, textiles, métallurgie, manufactures, et cetera ; et ça continue encore aujourd’hui), les Allemands faisaient le dos rond et investissaient massivement pour moderniser leur industrie et chercher de nouveaux marchés… On va leur reprocher aussi d’avoir été plus prévoyants, plus visionnaires et surtout moins cons que nous ?…

        Bref, je me fous de la politique allemande et de Merkel, mais je ne supporte pas qu’on se défausse de ses propres responsabilités comme le fait Yánis Varoufákis, qui en plus avait tous les moyens (y compris l’appui de son peuple avec le référendum de 2015) de dire non.

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        • Fabrice // 03.11.2021 à 06h20

          oui je suis d’accord que cela n’efface pas la responsabilité des autres pays qui se trouvent devant une concurrence faussée avec elle du fait d’une euro surestimé alors que l’Allemagne se bat avec une sous-estimation de son côté, d’accord c’est la faute des autres pays surtout de la France qui pensaient rattacher au continent l’Allemagne, mais en faire un modèle à suivre alors que c’est une voie sans-issue non je ne suis pas d’accord sans compter que ce sont des excédents qui reposent sur la fuite des fonds d’autres pays européens, qui a terme peut provoquer un effondrement de la zone surtout si une part importe se révèle impayable.

          Varoufakis est un pauvre idiot utile d’avoir aidé les banques européennes a enfoncer et monter en exemple à ne pas suivre de la Grèce mais sur le fond il a raison. je mets cet interview en avant pour souligner certains points : https://youtu.be/V9B-SbP1Jsw

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          • Incognitototo // 03.11.2021 à 16h49

            Je ne comprends pas… on parle de la façon dont Merkel serait responsable de tout, ou d’économie ? Quand vous saurez expliquer pourquoi 5 dévaluations du franc de 71 à 99 n’ont strictement rien changé ni enrayé au niveau de la déchéance de la France, on pourra reparler des éventuels avantages de retrouver une indépendance monétaire. L’économie ce n’est pas aussi simple que tous les adeptes des solutions magiques voudraient le faire croire. Les problèmes sont ailleurs et les solutions aussi.

            Par ailleurs, je ne fais pas de l’Allemagne un modèle à suivre… je rappelle juste que je n’ose même pas imaginer où en seraient les pays de l’UE, notamment du Sud, s’ils ne bénéficiaient pas de la force exportatrice de ce pays à travers la valeur de l’€. D’après, vous combien nous coûteraient un litre d’essence ou un m3 de gaz, ou encore une tonne d’uranium ? Encore des réalités qu’oublient toujours ceux qui pensent que nous nous en sortirions mieux si on était seuls.

            Mais là, nous sommes complètement hors sujet des affirmations limite délirantes et surtout de déresponsabilisation de Yánis Varoufákis.

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            • Fabrice // 04.11.2021 à 17h57

              Justement les pays européens sans l’Allemagne (et donc l’UE) auraient dû faire face à la réalité et auraient pu/du s’adapter là on reste figé dans l’attente de la crise qui cette fois sera puissance mille donc non il n’y a rien qui m’incite à remercier l’Allemagne (j’ai pourtant de la famille allemande) car elle a su abuser de situation. A figé les autres pays dans un attentisme absolu ainsi que de dépendance totale, pour au final nous prendre tous le mur à la même vitesse et en fragilisant les pays (découpe des régions ou en Länder européens) alors qu’ils auront besoins de cohesion pour surmonter l’après choc.

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            • Incognitototo // 04.11.2021 à 23h40

              Non, l’Allemagne a juste défendu ses intérêts et absolument rien ne nous a jamais empêchés d’en faire autant. En outre, les autres pays (dont la France ou l’Italie) ont creusé eux-mêmes leur déchéance par leurs politiques industrielles absurdes de mise en concurrence avec des pays hors UE contre lesquels nous n’avions absolument aucune chance d’être compétitifs… et ce n’est pas l’Allemagne qui les a obligés à faire ça.
              Bref chacun ses responsabilités, et merci à l’Allemagne d’avoir choisi la politique industrielle à forte VA qui nous permet d’être excédentaire au niveau de la balance commerciale de l’UE, sinon je n’ose même pas imaginer dans quel état de paupérisation nous serions.

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            • Fabrice // 05.11.2021 à 06h30

              Je vous laisse dans vos dénégation mais même les allemands reconnaissance qu’ils profitent de l’euro :

              https://www.lefigaro.fr/conjoncture/2019/02/27/20002-20190227ARTFIG00101-selon-une-etude-allemande-l-euro-aurait-particulierement-nui-aux-francais.php

              Pour imposer leur domination

              https://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/07/17/31002-20150717ARTFIG00121-pour-que-l-allemagne-sorte-de-l-euro.php

              Certes la France et de nombreux pays européens ont grandement leur responsabilité par soucis de facilité mais la domination de l’Allemagne grâce entre-autre à l’euro empêche ces pays de redresser la barre et au contraire figé L’UE dans une situation entre le fédéralisme plein avec les transferts de fonds nécessaires entre euro régions (que je trouve personnellement une aberration) et les états nations responsables de leurs actes.

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            • Incognitototo // 05.11.2021 à 15h03

              Ha bon… c’est donc une dénégation de ne pas vouloir adopter une position victimaire et de déresponsabilisation par rapport à l’Allemagne ? C’est comme vous voulez, mais je vous rappelle qu’être dans le déni de ses responsabilités conduit précisément à la recherche de bouc émissaire.

              Pour la ligne éditoriale du Figaro, les avis de cet avionneur ne m’intéressent pas.

              Cependant, dommage qu’il n’explique pas comment avec un PIB en constante croissance (même si elle est faible) nous aurions perdu de l’argent et comment nous aurions pu en gagner plus avec notre propre monnaie, alors que depuis 71 nous avons presque tout tenté sans jamais réussir à enrayer notre déclin…

              Et ça ne vous vient pas à l’idée qu’il y a beaucoup d’Allemands qui en ont marre de payer pour les autres (dont nous) et qui sont prêts à inventer n’importe quoi pourvu que ça donne envie à certains pays (dont nous) de sortir de la ZE ? Quant aux spéculateurs, ils accompagnent le mouvement, puisqu’ils auraient toutes les raisons de se réjouir d’un éclatement de la ZE pour recommencer à s’en mettre plein les fouilles, juste avec les politiques monétaires absurdes des pays de la ZE.

              Aussi, je me fous totalement de la façon dont les Allemands profitent de l’€ puisque nous en profitons tout autant qu’eux. Et si vous voulez savoir pourquoi vous téléchargez plus bas la réponse que je propose à Ernesto.

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        • clauzip12 // 06.11.2021 à 18h10

          [modéré]
          NON ,vous ne savez manifestement pas que des lors qu’un pays membre de l’UE se trouve dans la situation de »faillite »La gestion des affaires du pays est pris en charge totale par 3 personnes désignées par la commission me semble t il.
          Ces trois personnes dont la compétence n’est pas définie par les textes ont tout pouvoir et aucune responsabilité pour la gestion de l’économie du pays ,en l’occurrence,la Grèce.
          Par conséquent,le mécanisme spécial appelé troïka à,des lors qu’elle est entrée en fonction,s’est totalement substituée au gouvernement s’agissant du budget et des affaires financières de la Grèce.
          Cela ne s’est pas fait incognito puisque prévu et appliqué pour la premiere fois pour la Grece.
          [modéré]

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          • Incognitototo // 06.11.2021 à 21h23

            Ha, heureusement que vous êtes là pour m’apprendre ce que j’ignore…

            C’est quoi cette « culture » qui stipulerait que les contrats sont indissolubles et nous engagent quoi qu’il arrive ? Nombreux sont ceux (notamment les Anglo-saxons) qui ne s’embarrassent pas de la parole donnée et pas plus de leur signature ; et nous en avons tous les jours des exemples. « L’argument » du « on ne peut pas faire autrement » est celui de tous ceux qui préfèrent rester dans une position de victime et de déresponsabilisation.

            Dire « non », ce n’est pas la fin du monde et ce d’autant plus quand c’est soutenu par une écrasante majorité populaire, comme en Grèce en 2015. À ce propos, la position de la FI est claire : fort du référendum de 2005, les membres de l’UE n’ont aucune légitimité pour imposer quoi que ce soit à la France.

            Comparez simplement comment la crise islandaise a été résolue et comment leurs dirigeants politiques ont respecté les décisions de leurs habitants ; et tout est dit sur l’énorme gâchis pour le peuple grec… trompé et trahi par ceux-là mêmes qui auraient dû être les plus proches de lui. Alors, n’essayez pas de leur trouver des circonstances atténuantes, le gouvernement grec de l’époque n’en a aucune.

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    • antoniob // 03.11.2021 à 13h19

      Merkel = Berlin+Commission
      L’Allemagne et la Commission savaient très bien le mauvais état financier de la Grèce et les pratiques boursières aventureuses de ses élites. La Commission avait commandé un audit à … Goldman Sachs. Barroso a rejoint GS après son mandat à la Commission. Récompense de services rendus. Tout ce beau monde n’avait pas prévu 2008, et la Grèce a été ciblé dans la déroute en raison de sa faiblesse.

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      • Incognitototo // 03.11.2021 à 16h50

        Ha bon… Et comment Berlin savait ? Vous avez des preuves ? Vous voulez dire que Berlin a fait exprès de laisser-faire pour se retrouver dans la panade avec tous les autres pays ? Vous voulez dire qu’en plus ce pays décide tout seul pour tous les autres ?…

        Ce genre de « théorie » avancée sans preuve qui procède d’un machiavélisme de haut niveau et de raisonnements totalement en dehors des réalités, merci de les garder pour vous, ça ne m’intéresse pas.

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  • Julie // 02.11.2021 à 17h04

    On trouve aussi dans le monde arabe des universités PRIVEES construites avec des fonds mixtes publics EU/DE afin de « former » les élites locales. Si ce n’est qu’on annonce souvent aux étudiants au bout de 2-3 ans que la bourse ne pourra être entièrement financée par manque de moyens, et que les « crédits » « gagnés » par les étudiants, supposés être valables dans le système européen (Bologne)… ne le sont pas!
    Totale opacité de ce genre d’investissements et des pratiques de ces insitutions privées. Quant à leur niveau, c’est variable là aussi.

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  • Angela // 02.11.2021 à 19h03

    https://youtu.be/5tYIoEpp90w
    Pendule à l’heure.

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  • Ernesto // 03.11.2021 à 02h30

    Il ne faut pas oublier que le « miracle économique » allemand est dû en particulier à l’abandon des dettes faramineuses que l’Allemagne nazie a laissées aux pays qu’elle a dévastés et détruits (notamment la Grèce), grâce à la bienveillance des alliés vainqueurs qui ont accepté avec l’accord de Londres en 1953 de passer l’éponge sur une ardoise monumentale.

    Evidemment, ce cadeau royal accompagné d’aides massives à la reconstruction, n’était pas sans arrières pensées : les USA comptaient bien installer une tête de pont, au cœur de l’Europe, à quelques encablures de l’URSS , pour endiguer la « menace » communiste.

    Remarquons également que Varoufakis, Tsipras, et Syrisa ne sont nullement responsables de la dette grecque contractée par la droite au pouvoir bien avant eux. Le maquillage des comptes pour être admissible à la ZE  (merci Goldman Sachs!), les achats de sous-marins, frégates, avions de chasse, hélicoptères, chars, munitions, missiles, tout ça généreusement financé par les banques françaises et allemandes (qui comptaient bien récupérer leurs billes!), ont participé à creuser un déficit colossal dont la gauche a hérité en accédant au pouvoir.

    Au point que le pays, étranglé par le remboursement de la dette était sur le point de faire défaut. Mais pas question, comme en 1953, d’oublier la dette, les créanciers exigeaient le paiement, rubis sur l’ongle, jusqu’au dernier cents.

      +12

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  • Ernesto // 03.11.2021 à 03h22

    Suite
    Pour éviter le déclenchement des CDS (Credit Default Swap) dont l’encours astronomique aurait conduit à des faillites bancaires en chaîne, les créanciers ont accepté quand même un haircut de 120 milliards mais ça n’a pas suffit. La Troïka (FMI, BCE, Commission), a alors imposé au pays une cure d’austérité d’une violence inouïe qui s’est traduite par une crise humanitaire sans précédent. Les dirigeants de l’eurogroupe voulaient aussi en profiter pour décourager d’autres pays de suivre le mauvais exemple grec au cas où ils auraient été tentés de sortir des clous du libéralisme.

    Personne n’a oublié l’arrogance, le mépris, l’intransigeance du ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble fer de lance du diktat. Dire non malgré l’appui du peuple avec le référendum de 2015 ? Plus facile à dire qu’à faire, mais pas impossible, à condition d’affronter les difficultés avec volonté et courage. La BCE avait coupé le robinet des liquidités aux banques grecques, il fallait donc urgemment réarmer la banque centrale, réimprimer la drachme, interdire les mouvements de capitaux, éviter la panique, toutes mesures qui ne s’improvisent pas et auraient dû être préparées en amont (le plan B).

    C’est bien Merkel, son gouvernement ordolibéral, ses obsessions monétaires qui étaient à la manœuvre (avec le suivisme complice des autres gouvernements), et qui ont conduit la Grèce au fond du trou.

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    • John V. Doe // 03.11.2021 à 12h54

      Les allemands ont de vieilles traditions en matière d’exactions à l’égard de plus faibles qu’eux. Avoir « oublié » et recyclé ces sauvages dans les écoles de commerce (notamment) nous conduit a voir leurs héritiers se conduire comme eux. Il faut revoir le remarquable et ancien « Jugement à Nuremberg » pour se rappeler que seule une poignée de dirigeants ont été condamnés. Tous les autres s’en sont sorti « blanc-bleu », notamment au nom de la lutte contre les Soviets.

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      • Ouvrier pcf // 03.11.2021 à 13h58

        Angela Merkel qui a sucé le biberon de l’économie est Allemande et i s’est goinfré de son système éducatif social et religieux car elle sort du système catholique est comme Macron un pantin tiré par les ficelles du capitalisme et surtout de l’ ultra europeisme des traités de Maastricht et de Lisbonne Les teutons doivent encore leurs dettes de guerres depuis 1963 Annulées par les amerlocques mais que la Grèce attends toujours Grèce où les teutons ont accumulé des milliards de marks pour les jeux olympiques avec adidas Opel deutch Telecom Oui Tsipras est le Traître politique le Pétain grec celui qui rit toujours sur les photos Angela Merkel comme Margaret Thatcher sont le symbole de la parité appliqué au capitalisme bien que Tâcher avait au moins un fonds de persuasion et avait fait ses preuves Angela n’a rien établit rien construit rien programmé c’est la Macron des teutons Celle par qui le 4eme Reich a conquis 1000km de plages en Croatie celle par qui Siemens a copié le tgv Eurostar celle qui par la BCE basée à Francfort impose son taux de change celle qui nous fait vendre au rabais l’énergie nucléaire que les teutons ne savent pas produire sécuriser entretenir mais que les grunen nous en réfilent les déchets Angela loue aussi des millions de Turcs pour faire tourner ses usines BMW Mercedes Opel Porsche On poussera le bouchon jusqu’à lui remettre une médaille c’est dire devinez qui va lui remettre ?

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  • JAM // 03.11.2021 à 11h23

    Dans son ouvrage « conversation entre adultes », on comprend que Varoufakis qui fait une parfaite analyse de l’action délétère de l’UE et de l’Allemagne au détriment de la Grèce, devient complètement incohérent en refusant de manière irrationnelle la sortie de l’euro pour la Grèce. Cela alors même que le peuple grec avait dit par référendum, de façon admirable, qu’il préférait affronter des difficultés économiques largement accrues, plutôt que de vivre à genoux, avec un notamment un gouvernement « d’occupation » mis en place par L’UE. Mais par dogmatisme, en considérant que pour la Grèce la sortie de l’euro correspondait à une sortie de la fraternité européenne, épouvantable comme une mère renie son enfant. Varoufakis, en dernier ressort, souscrit toujours aux dogmes europeistes.

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    • degorde // 06.11.2021 à 06h08

      Varoufakis a fait pire. En 2016 il a conseillé aux britanniques de rester dans l’Union Européenne. On ne peut pas lui faire confiance. En outre n’oublions pas qu’il faisait partie avant de devenir ministre des finances de Tsipras, enseignant dans des universités américaines. Ca dit tout.

        +1

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  • Ernesto // 03.11.2021 à 19h50

    L’Euro est surévalué de 15% rapport aux performances de notre économie. S’il baissait de 15% , nous payerions notre litre d’essence, notre m3 de gaz, notre tonne d’uranium moins cher qu’actuellement. Les transactions commerciales internationales se réalisent en dollars ? Et alors ? Qu’attend l’Europe pour une fois unie, de pousser à utiliser l’euro, pour les échanges entre pays, à l’image de ce qu’a commencé à faire la Chine avec un panier de monnaies pour ses échanges avec l’Inde et ses voisins asiatiques (déjà 30% des transactions). On commencerait ainsi à s’émanciper de l’hégémonie du dollar, monnaie à la fois d’échange et de réserve qui permet à l’Amérique de faire la pluie et le beau temps sur la planète.

    Quel pays producteur serait assez fou pour boycotter un marché de 500 millions de consommateurs à fort pouvoir d’achat ? Ah ! Mais non ! Car l’oncle Sam ne serait pas content du tout et ne manquerait pas d’exercer des pressions terribles auxquelles l’UE , au premier rang de laquelle l’Allemagne, céderait sans combattre au nom de l’Atlantisme forcené et de l’indispensable parapluie nucléaire américain pour sa sécurité.

    Alors non, je ne dis pas merci à l’Allemagne de Mme Merkel qui a imposé à l’Europe son modèle (c’était ça ou rien) ordolibéral monétaire et budgétaire, issu de ses obsessions liées à son histoire, mais qui, à cause de sa soumission au suzerain Etats-uniens, est incapable de faire de l’euro un rival crédible du dollar.

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    • Incognitototo // 04.11.2021 à 23h29

      Non, si on dévalue on paye plus cher tout ce qu’on doit importer et la dévaluation dans notre contexte, français et international, n’est jamais une solution. Tous ceux qui ont dirigé des entreprises dépendantes pour tout ou partie d’approvisionnements extérieurs le savent.

      Cependant comme c’est bien trop long à démontrer dans un commentaire, je mets à votre disposition et pour ceux que cela intéresse ce lien qui l’explique chiffres à l’appui : http://ekladata.com/Tcf6CwCzk4U-J-lOFpyfPBV1vWw/Devaluation-ou-pas.pdf

      Quant aux solutions, il y en a… beaucoup (j’en propose moi-même un peu plus de 400)… mais certainement pas en refaisant ce qui a déjà été fait et qui a déjà démontré que ça ne fonctionnait pas.

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  • JnnT // 03.11.2021 à 20h10

    Angela Merkel est un mystère.

    Comment diable cette fille de pasteur a-t-elle pu faire des études supérieures dans une Allemagne de l’Est communiste pas du tout conciliante envers l’ennemi idéologique ? Elle aurait normalement dû bénéficier d’un retour à la production, pas d’une élévation.

    Ensuite, combien d’Allemands issus de l’ex-Allemagne de l’Est ont-ils réussi après la réunification ? Fort peu, et, elle, comme une fleur, sans capacités exceptionnelles, sans qualification pour le poste, elle devient de fait chef de l’état…

    Un parcours aussi improbable ne peut se comprendre sans des protecteurs aussi puissants que discrets. Éventuellement successifs.

      +3

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  • Ernesto // 04.11.2021 à 22h31

    Je remarque que beaucoup de donneurs de leçons en matière de stratégies économiques, monétaires, politiques, critiquent beaucoup mais évitent soigneusement de préciser quelles solutions concrètes seraient de nature à améliorer les choses de manière significative.

    C’est notamment le cas du blogueur qui s’exprime dans le lien proposé par Angela (02/11/21 à 19h 03) : son discours est uniquement à charge contre Varoufakis accusé d’être un traître valet du capitalisme. Pas un mot en revanche pour condamner l’Eurogroupe, dans ses méthodes comme dans ses injonctions mortifères.

    Syrisa, Tsipras, Varoufakis devaient résister au chantage (la BCE avait fermé le robinet des liquidités), pour honorer leurs engagements, mais que pouvaient-ils faire CONCRETEMENT, en un minimum de temps pour y parvenir ?

    A ce propos, silence radio ; dommage ! Cela aurait montré les difficultés à s’extraire des contraintes du carcan européen pour qui veut véritablement s’émanciper du néolibéralisme et choisir souverainement une voie indépendante et originale pour instaurer le mieux être.

      +1

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