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23.mars.201923.3.2019 // Les Crises

La crise économique et les banques centrales. Par Eric Toussaint

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Source : CADTM, Eric Toussaint, 18-03-2019

(CC – Flickr – Peter-Ashley Jackson)

Les éléments d’une nouvelle crise financière internationale sont réunis, on ne sait pas quand elle va éclater mais elle éclatera et son impact sur toute la planète sera important.

Les principaux facteurs de crise sont :

- l’augmentation très forte des dettes privées des entreprises, d’une part, et d’autre part, la bulle spéculative sur les prix des actifs financiers : bourses des valeurs, prix des titres de la dette, et, dans certains pays (États-Unis, Chine, …), de nouveau le secteur immobilier. Les deux facteurs sont étroitement interconnectés.

Même les entreprises qui ont d’énormes liquidités à leur disposition comme Apple s’endettent massivement car elles profitent des bas taux d’intérêt pour prêter à d’autres l’argent qu’elles empruntent. Apple et de nombreuses autres entreprises empruntent pour prêter et pas pour investir dans la production. Apple emprunte également pour racheter ses propres actions en bourse. J’ai expliqué cela dans un article intitulé « La montagne de dettes privées des entreprises sera au cœur de la prochaine crise financière » http://www.cadtm.org/La-montagne-de-dettes-privees-des, publié le 9 novembre 2017.

Les bulles spéculatives mentionnées plus haut sont le résultat de la politique menée par les grandes banques centrales (Réserve Fédérale des États-Unis, BCE, Banque d’Angleterre, depuis dix ans, et de la Banque du Japon depuis l’éclatement de la bulle immobilière dans les années 1990) qui ont injecté des milliers de milliards de dollars, d’euros, de Livres Sterling, de Yens dans les banques privées pour les maintenir à flot. Ces politiques ont été appelées Quantitive easing ou assouplissement monétaire. Les moyens financiers que les banques centrales ont distribué à profusion n’ont pas été utilisés par les banques et les grandes entreprises capitalistes des autres secteurs pour l’investissement productif. Ils ont servi à acquérir des actifs financiers : actions en bourse, obligations de dettes des entreprises, titres publics souverains, produits structurés et dérivés… Cela a produit une bulle spéculative sur le marché boursier, sur le marché obligataire (c’est-à-dire les obligations de dettes), et, à certains endroits, dans le secteur immobilier. Toutes les grandes entreprises sont surendettées.

Cette politique des banques centrales témoigne du fait que les décisions de leurs dirigeants sont entièrement déterminées par les intérêts à court terme des grandes banques privées et des grandes firmes capitalistes des autres secteurs : empêcher des faillites en chaîne et, en conséquence, des pertes considérables pour les grands actionnaires.

Cette politique tient également à une caractéristique du capitalisme financiarisé contemporain : une partie de moins en moins importante de la valeur nouvelle créée est réinvestie dans la production (voir François Chesnais, De nouveau sur l’impasse économique historique du capitalisme mondial, http://alencontre.org/economie/de-nouveau-sur-limpasse-economique-historique-du-capitalisme-mondial.html consulté le 17 mars 2019). Une partie croissante de la valeur nouvelle est dépensée sous forme de dividendes pour les actionnaires, sous forme de rachats d’actions, sous forme d’investissements spéculatifs notamment en produits structusré et dérivés, … François Chesnais parle notamment d’« un afflux toujours plus massif des profits non-réinvestis des groupes financiers à dominante industrielle » [1].

Revenons à la politique adoptée par les banquiers centraux pour combattre la crise qui a éclaté en 2007-2008. Leur intervention n’a pas permis d’assainir le système, au contraire les éléments de fragilité se sont maintenus ou ont augmenté : le ratio entre les fonds propres (le capital de l’entreprise) et les engagements pris par l’entreprise est beaucoup trop faible. En effet, le niveau de ce ratio est insuffisant pour faire face à une perte de valeur qui serait provoquée par une chute des cours boursiers, du marché obligataire ou d’autres actifs financiers détenus par l’entreprise qu’elle soit une banque ou une entreprise comme Apple ou General Electric pour ne prendre que quelques exemples. Toutes les entreprises sont fortement endettées car le recours à l’emprunt leur coûte très peu grâce aux taux d’intérêts qui sont très bas (0 % dans la zone euro, -0,1 % au Japon, 0,75 % en Grande Bretagne, 2,5 % aux États-Unis) et une pléthore de capitaux sont à la recherche d’un maximum de rendement financier quitte à acheter des titres douteux de dettes (junk bonds) émis par des entreprises en mauvaise posture. Donc les entreprises comme Apple qui ont une bonne réputation en termes de santé financière empruntent pour acheter ensuite des titres pourris à haut rendement. Les entreprises en mauvaise posture qui émettent ces titres pourris à haut rendement sont dans une politique permanente d’endettement : elles empruntent pour pouvoir rembourser des emprunts antérieurs.

A la fin de décembre 2018, un grand Krach boursier a failli éclater aux États-Unis et l’effet de contagion a été immédiat. Il s’agissait d’un signal supplémentaire annonciateur d’un important krach à venir.

Le marché de l’immobilier aux États-Unis est redevenu fragile : le prix de l’immobilier a augmenté de 50 % depuis 2012 et son niveau dépasse celui atteint juste avant la crise qui a démarré en 2005-2006 et a provoqué la grande crise internationale de 2008-2009. Certains spécialistes considèrent qu’on pourrait être à l’aube d’une nouvelle crise de l’immobilier car l’activité commence à ralentir, les ventes de logements diminuent.

La poursuite de la politique d’assouplissement monétaire (Quantitative Easing) en Europe, de même que sa sortie aux USA sont des facteurs de crise.

Les grandes banques privées dites systémiques sont extrêmement fragiles et la valeur de leurs actions a fortement baissé aux États-Unis et en Europe dans la deuxième moitié de 2018, la chute se poursuit au premier trimestre 2019. Les grandes banques privées sont soutenues à bout de bras par la banque centrale de leur pays. La Fed ne respecte pas son engagement de revendre les titres de dette privée toxique (les fameux mortgage backed securities – MBS –). En mars 2019, elle détenait un volume énorme de 1600 milliards de $ de MBS (voir https://www.federalreserve.gov/releases/h41/current/h41.pdf consulté le 17 mars 2019) acquis en 2008-2009 auprès des grandes banques privées pour les sauver. La Fed sait très bien que si elle vendait massivement comme promis ces titres, le prix de ceux-ci s’effondrerait et à sa suite le marché obligataire des États-Unis. Elle sait également que si elle augmentait le taux d’intérêt au-dessus de 2,5 % toute une série d’entreprises endettées seraient confrontées à de graves difficultés de remboursement/refinancement de leurs dettes. Sans compter que cela augmenterait également le coût du remboursement de la dette publique.

La BCE de son côté continue de prêter des liquidités aux banques à 0 % de taux d’intérêt et elle vient de leur promettre de ne pas augmenter le taux avant la 2020 (voir Martine Orange, « La BCE face à ses limites », https://www.mediapart.fr/journal/international/080319/la-bce-face-ses-limites?page_article=1 publié le 8 mars 2019 et Delphine Cuny (La Tribune), « La BCE choque les marchés en repoussant la hausse des taux », https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/la-bce-choque-les-marches-en-repoussant-la-hausse-des-taux-809976.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20190308, publié le 7 mars 2019). En plus, la BCE va accorder aux banques privées de nouveaux prêts massifs à moyen et long terme, ce qu’on appelle dans le jargon, TLTRO (Targeted longer-term refinancing operations). Ce sont les banques italiennes et espagnoles qui en dépendent le plus (selon JPMorgan, elles représentent 55 % du montant emprunté lors du dernier TLTRO) mais comme toutes les banques sont interconnectées, toutes en dépendent plus ou moins directement. Ajoutons que les banques européennes utilisent massivement l’argent qu’elles reçoivent à taux d’intérêt zéro pour acheter des titres de la dette souveraine, de préférence de leur Etat, et aussi d’autres Etats européens, ce qui leur procure un rendement positif sur des titres considérés comme sûrs puisqu’ils sont émis par l’État.

L’engouement des banques et des autres acteurs sur les marchés financiers pour les titres de la dette publique est impressionnant : tous les États de la zone euro ont réussi à emprunter de fortes sommes d’argent au cours des trois premiers mois de l’année 2019 (de même qu’en 2018). Chaque annonce d’un emprunt voit affluer les offres d’achat. Généralement, lorsqu’un État veut emprunter un milliard €, les banques lui en proposent 4, c’est dire à quel point elles disposent de liquidités (qui proviennent largement des banques centrales à leur service), c’est dire à quel point elles veulent acheter des titres publics car rémunérateurs et sûrs. De plus, comme je l’ai expliqué dans mon livre Bancocratie, le fait d’acheter des titres souverains permet aux banques d’augmenter artificiellement le ratio de leurs fonds propres par rapport à leur bilan grâce au système de la pondération des actifs par le risque (voir « Tout va très bien madame la marquise » http://www.cadtm.org/Tout-va-tres-bien-madame-la et Bancocratie, chapitre 12, Aden, Bruxelles, 2014). Mais dès que la crise prendra une tournure catastrophique, les médias dominants et les banquiers accuseront une nouvelle fois les Etats de faire trop de dépenses publiques et d’émettre trop de dettes publiques.

Croissance très faible en général, stagnation ou forte récession dans une série de cas

La croissance économique dans les pays « anciens » les plus industrialisés reste faible et elle est en baisse dans plusieurs pays clés. En particulier en Europe où, après une petite croissance en 2017, l’année 2018 s’est terminée avec une stagnation et dans le cas de l’Allemagne, une chute de la production industrielle au 4e trimestre de 2018 et au premier trimestre 2019 (Financial Times, « German industrial production drops unexpectedly », 11 March 2019, https://www.ft.com/content/2e93cb1a-43ca-11e9-a965-23d669740bfb). Les autorités allemandes ont revu à la baisse les prévisions de croissance pour 2019 en la ramenant à 1 % (alors qu’en 2016-2017 le taux de croissance annuel dépassait 2 %). L’investissement dans l’UE a mis 12 ans à revenir à son niveau de 2007 avant l’éclatement de la crise (Financial Times, « EU investment rebounds to level before 2008 financial crash », 9 March 2019).

Au niveau de la zone euro, la croissance au troisième trimestre 2018 n’a été que de 0,2 %, la plus basse depuis 4 ans. L’Italie est en récession. La France connaît une petite reprise grâce à la légère hausse de consommation qui est le résultat du mouvement des Gilets jaunes qui a amené Macron à ne pas respecter aveuglément la discipline budgétaire (voir mon article : Europe : désobéir pour mettre en œuvre une alternative favorable aux peuples, 12 février 2019, http://www.cadtm.org/Europe-desobeir-pour-mettre-en-oeuvre-une-alternative-favorable-aux-peuples)

Au Japon, la croissance sur la période avril 2018-mars 2019 est d’environ 0,9 %, elle aussi en baisse par rapport à 2017. L’économie des USA est également en phase de ralentissement, le FMI prévoit une croissance de 2,5 % en 2019 contre 2,9 % en 2018. D’autres experts prévoient une croissance plus faible. Cela a amené la Réserve fédérale des États-Unis à suspendre provisoirement l’augmentation des taux d’intérêt entreprise depuis fin 2016.

La croissance chinoise ralentit encore même si elle continue à jouer la locomotive mondiale, elle serait de l’ordre de 6 %, la plus basse depuis 25 ans. En Chine, une crise financière peut éclater à tout moment, faire chuter la croissance domestique et mondiale, aggraver les conditions de vie de centaines de millions de Chinois/ses.

L’économie des autres BRIC’s ralentit également, sauf l’Inde qui connaît un taux de croissance d’un peu plus de 7 %. La Russie connaît une croissance très faible, de l’ordre 1,2 % en 2018 et une prévision de 1,3 % pour 2019. L’Afrique du Sud a été en récession au cours de la première moitié de 2018, elle connaît un petit rebond. Le Brésil qui a connu une forte récession en 2015-2016 a retrouvé un peu de croissance mais c’est très faible, à peine un peu plus de 1 % en 2018.

Des crises très fortes frappent déjà une série de pays dits émergents : Turquie, Argentine, Venezuela, … Dévaluation de la monnaie, grosses difficultés pour poursuivre le remboursement de la dette externe publique et privée.

Une série de pays périphériques parmi les plus pauvres sont confrontés à une crise aiguë de la dette (Mozambique, …). Ce n’est que le début d’une liste qui va s’allonger.

Malgré cette croissance économique très faible au niveau mondial et notamment dans les principales vieilles puissances industrielles polluantes, les facteurs qui poussent à l’accélération du changement climatique ne s’atténuent pas. Nous en avons des preuves tangibles sous les yeux avec les effets du dérèglement et du réchauffement climatique aux quatre coins de la planète. Face à cette crise dont les conséquences dramatiques s’accroissent, les gouvernements s’en tiennent à des promesses purement rhétoriques, ce qui entraîne heureusement de fortes réactions dans la population en général et parmi la jeunesse en particulier.


Bilan de l’action de la BCE

Depuis le début de la crise en 2007-2008, la BCE a joué un rôle vital pour venir à la rescousse des grandes banques privées, de leurs grands actionnaires et principaux dirigeants tout en garantissant la poursuite de leurs privilèges. On peut affirmer sans risque de se tromper que sans l’action de la BCE, de grandes banques seraient tombées en faillite, ce qui aurait forcé les gouvernements à prendre à l’égard de leurs dirigeants et des grands actionnaires des mesures contraignantes fortes. Il faut ajouter que l’action de la BCE a renforcé la concentration du secteur bancaire au profit d’une vingtaine de grandes banques qui jouent un rôle dominant. La BCE a contribué activement à maintenir en place et à développer des monstres bancaires trop grands que pour faire faillite. En plus du sauvetage des grands actionnaires des banques, la BCE poursuit officiellement l’objectif d’une inflation de 2 %. De ce point de vue, le bilan de la BCE est un échec puisque le taux d’inflation dans l’Eurozone en 2018 a atteint seulement 1,6 % et qu’il est en baisse au premier trimestre 2019.

Trois objectifs supplémentaires de l’action de la BCE peuvent être résumés de la manière suivante :
- Défendre l’euro qui est une camisole de force pour les économies les plus faibles de la zone euro ainsi que pour tous les peuples européens. L’euro est un instrument au service des grandes entreprises privées et des classes dominantes européennes (le 1 % le plus riche). Les pays qui font partie de la zone euro ne peuvent pas dévaluer leur monnaie puisqu’ils ont adopté l’euro. Or les pays les plus faibles de la zone euro auraient avantage à dévaluer afin de retrouver de la compétitivité face aux géants économiques allemands, français, au Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) et à l’Autriche. Des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou l’Italie sont donc coincés par leur appartenance à la zone euro. Les autorités européennes et leur gouvernement national appliquent dès lors ce qu’on appelle la dévaluation interne : ils imposent une diminution des salaires au seul profit des actionnaires des grandes entreprises privées. La dévaluation interne est synonyme de réduction des salaires.
- Renforcer la domination des économies européennes les plus fortes (Allemagne, France, Benelux…) où sont basées les plus grandes entreprises privées européennes. Cela implique de maintenir de fortes asymétries entre les économies les plus fortes et les plus faibles.
- Participer et soutenir de manière offensive les attaques du Capital contre le Travail afin d’augmenter les profits des entreprises et rendre les grandes entreprises européennes plus compétitives sur le marché mondial face à leurs concurrents états-uniens, chinois, japonais, coréens… Les exemples de l’intervention de la BCE pour atteindre cet objectif en Italie, en Grèce, à Chypre, au Portugal, en Irlande, en Espagne, … sont multiples.

L’acharnement de la BCE à contribuer aux attaques contre ceux d’en bas vient une fois de plus de s’exprimer très clairement. En mars 2019, la BCE et les banques de l’Eurosystème ont refusé de rendre à la Grèce une partie des bénéfices réalisés sur le dos du peuple grec [2] sous le prétexte que le gouvernement d’Alexis Tsipras n’avait pas suffisamment approfondi les contre réformes sociales. Il s’agit notamment de la volonté de la BCE de voir supprimer les derniers obstacles à l’expulsion des ménages grecs incapables de poursuivre le remboursement de la dette hypothécaire pour leur résidence principale. Rien n’est épargné comme sacrifices au peuple grec qui constitue une victime expiatoire de la Troïka au sein de laquelle la BCE joue un rôle clé.


La nécessité de solutions radicales

La nouvelle crise financière qui vient s’inscrit dans un contexte plus large de crise systémique du capitalisme global. Cette crise systémique est multidimensionnelle : économique, écologique, sociale, politique, morale, institutionnelle, …

Il faut rompre de manière radicale avec la logique qui guide aujourd’hui les gouvernements en place et prendre des mesures d’urgence. A l’opposé du système actuel qui offre l’impunité et des parachutes dorés aux responsables des débâcles, il est nécessaire de faire payer la facture des sauvetages bancaires à ceux et celles qui en sont responsables.

Les mesures annoncées pour discipliner les banques sont cosmétiques. La supervision centralisée des banques de la zone euro, la création d’un fonds européen de garantie des dépôts, l’interdiction de certaines opérations (ne touchant que 2 % de l’activité bancaire globale), le plafonnement des bonus, la transparence des activités bancaires ou encore les nouvelles règles de Bâle III ne constituent que des recommandations, des promesses ou, au mieux, des mesures tout à fait insuffisantes en regard des problèmes à résoudre. Or il faut imposer de véritables règles très strictes et incontournables.

Cette crise devrait être dépassée par la réalisation de mesures qui touchent la structure même du monde de la finance et du système capitaliste [3].

Le métier de la banque est trop sérieux pour être laissé dans les mains du secteur privé. Il est nécessaire de socialiser le secteur bancaire (ce qui implique son expropriation) et de le placer sous contrôle citoyen (des salariés des banques, des clients, des associations et des représentants des acteurs publics locaux), car il doit être soumis aux règles d’un service public et les revenus que son activité génère doivent être utilisés pour le bien commun.

La dette publique contractée pour sauver les banques est clairement illégitime et doit être répudiée. Un audit citoyen doit déterminer les autres dettes illégitimes, illégales, odieuses, insoutenables… et permettre une mobilisation telle qu’une alternative anticapitaliste crédible puisse prendre forme.

Ces deux mesures doivent s’inscrire dans un programme plus large que nous avons ébauché ailleurs Voir : Gilets jaunes : apprendre de l’histoire et agir dans le présenthttp://www.cadtm.org/Gilets-jaunes-apprendre-de-l-histoire-et-agir-dans-le-present

Les banques centrales doivent être radicalement refondées, leurs missions doivent être redéfinies. Elles doivent reprendre le rôle de création monétaire en faveur du secteur public et contribuer activement au financement de la transition écologique et à la lutte contre l’injustice sociale.

La mobilisation citoyenne et l’auto-organisation sociale constituent la condition sine qua non à la réalisation des différentes solutions proposées.

Notes

[1] Je suis d’accord avec la conclusion de l’article de François Chesnais déjà mentionné : « Ce sont d’abord les politiques publiques d’austérité partout, mais aussi une configuration dans laquelle les entreprises et la grande distribution doivent persuader des ménages dont le pouvoir d’achat stagne d’acheter, au-delà du quotidien indispensable, des choses qu’ils possèdent déjà. Parallèlement dans les chaînes de valeur mondiales les donneurs d’ordre pressurent toujours plus les sous-traitants et les transporteurs maritimes et routiers tout au long de la chaîne. La courbe de l’accumulation du capital argent porteur d’intérêt renforce le poids économique et politique dans tous les pays des gestionnaires de fonds et de fortunes et des managers des groupes financiers industriels et commerciaux attachés uniquement de la sécurité des flux d’intérêts et la distribution maximale de dividendes. Ainsi les processus à effet de contraction qui dominent l’économie mondiale s’accompagnent-ils d’une accélération de la dilapidation des ressources minières, de la déforestation et de l’épuisement des sols. Parallèlement, le montant des investissements publics exigé par toute « transition écologique » est inatteignable sans l’annulation des dettes publiques laquelle est plus que jamais une revendication démocratique absolument centrale. »

[2] Concernant les bénéfices odieux réalisés par la BCE sur le dos du peuple grec voir : Eric Toussaint, « Les profits odieux de la BCE sur le dos du peuple grec », http://www.cadtm.org/Les-profits-odieux-de-la-BCE-sur publié le 13 octobre 2017 et « La politique de la Troïka en Grèce : Voler le peuple grec et donner l’argent aux banques privées, à la BCE, au FMI et aux États dominant la zone euro », http://www.cadtm.org/La-politique-de-la-Troika-en-Grece-Voler-le-peuple-grec-et-donner-l-argent-auxpublié le 20 août 2018

[3] Je suis bien d’accord avec l’orientation de l’article de Michael Roberts : « Stagnation laïque, politique monétaire et John Law », https://www.anti-k.org/2019/03/16/stagnation-laique-politique-monetaire-et-john-law/ consulté le 17 mars 2019

Source : CADTM, Eric Toussaint, 18-03-2019

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Commentaire recommandé

Catalina // 23.03.2019 à 07h44

Les banques centrales au service des Maîtres de l’Argent

“De temps à autre, certains États tentent de soustraire les Banques centrales situées sur leur territoire au contrôle des « maîtres de l’argent », et de les placer sous le contrôle des autorités nationales. Ces tentatives sont rares, on peut les compter sur les doigts d’une main. Il y a environ dix ans, la Présidente de l’Argentine de l’époque, Christina Kirchner, a tenté de prélever environ 1/7 des réserves de change de la Banque centrale (6,6 milliards de dollars) pour payer la dette publique extérieure. C’est ce que la Banque centrale d’Argentine lui a catégoriquement refusé, et les « maîtres de l’argent » ont organisé dans les médias une campagne frénétique de harcèlement à l’encontre d’une femme courageuse. ”

30 réactions et commentaires

  • Catalina // 23.03.2019 à 07h44

    Les banques centrales au service des Maîtres de l’Argent

    “De temps à autre, certains États tentent de soustraire les Banques centrales situées sur leur territoire au contrôle des « maîtres de l’argent », et de les placer sous le contrôle des autorités nationales. Ces tentatives sont rares, on peut les compter sur les doigts d’une main. Il y a environ dix ans, la Présidente de l’Argentine de l’époque, Christina Kirchner, a tenté de prélever environ 1/7 des réserves de change de la Banque centrale (6,6 milliards de dollars) pour payer la dette publique extérieure. C’est ce que la Banque centrale d’Argentine lui a catégoriquement refusé, et les « maîtres de l’argent » ont organisé dans les médias une campagne frénétique de harcèlement à l’encontre d’une femme courageuse. ”

      +27

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  • politzer // 23.03.2019 à 07h45

    Appliquer d urgence le système de taxe unique sur ttes les transactions financières et commerciales mis au point par Marc Chesneyl économiste suisse et son équipe qui permettrait la suppression de la TVA et de l IR payés dans une large mesure par l économie financière.

      +16

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    • Graindesel // 23.03.2019 à 09h15

      Voici un lien présentant cette taxe:

      https://www.letemps.ch/economie/une-taxe-transactions-financieres-pourrait-remplacer-impots-actuels

      Mais quand le squatter de l’Élysée est un banquier, il ne faut pas rêver.

        +18

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    • Renaud // 23.03.2019 à 17h26

      politzer // 23.03.2019 à 07h45
      Oui je connais aussi cette proposition de Marc Chesney. C’est sérieux. Surtout vu le nombre très important des transactions au quotidien, ce qui rend à peu près indolore le très léger rabotage sur le montant de chaque transactions.
      Techniquement ça paraît faisable.
      politzer // 23.03.2019 à 07h45

        +1

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  • RGT // 23.03.2019 à 08h45

    “Le métier de la banque est trop sérieux pour être laissé dans les mains du secteur privé.”

    Tout à fait.

    Mais par contre, les banques bénéficient d’un support des états qui imposent désormais que toutes les transactions soient faites en imposant les banques comme intermédiaires.

    Salaires, moyens de paiement etc… sont désormais presque tous sous la coupe des banques et nos “élites” sont actuellement très actives pour supprimer la monnaie fiduciaire (billets et pièces émis par les banques centrales) afin que TOUTES les transactions passent obligatoirement par le circuit bancaire.

    Pour “éviter la fraude” !!!

    Sachant que les banques sont de loin les plus gros fraudeurs je me demande bien quelle est la véritable motivation de nos “élites”…
    Certes, la traçabilité des paiements pourrait aider à traquer les fraudeurs mais en fait les plus gros sont “généreusement” protégés par les banques qui prennent une commission confortable lors de chaque transaction “douteuse”, ce qui se traduit par une opacité renforcée des trafics les plus importants (on en va pas tuer la pole aux œufs d’or).

    Bientôt vous ne pourrez même plus donner une pièce à un SDF pour qu’il puisse survivre un jour de plus.
    Sauf si bien sûr il est équipé d’un “terminal de paiement” sur lequel les banques prélèveront des “frais de gestion” indécents et toute la population sera totalement prise en otage car lorsque les billets auront disparu les banques pourront décider à votre place des dépenses que vous pouvez effectuer.

    Ce danger est de loin largement le plus important.

      +22

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    • Catalina // 23.03.2019 à 14h17

      même chose mais parlante, il n’y a plus de cabine téléphonique à pièces mais seulement des cabines, très rares avec cb….
      On voudrait éliminer les gens qui n’ont pas de cb qu’on ne ferait pas autrement, une partie déjà des Français et d’autres personnes est évincée de la société, personnellement, vu le peu de cas que font ces soi-disant élites d’une vie humaine, je pense qu’ils sont capables d’extermination massive et d’ailleurs, priver les gens de communication dans ce pays soi-disant démocratique est une sorte de crime de masse sans en avoir l’air.

        +8

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  • norcam // 23.03.2019 à 10h34

    Les impôts et taxes injustes servent à rembourser la dette publique elle-même injuste. La dette publique, qui a fortement augmenté ces dernières années, a été accumulée afin de favoriser les intérêts particuliers d’une minorité privilégiée : les grands actionnaires et les patrons des banques qui ont bénéficié des sauvetages bancaires depuis 2007-2008, les plus riches qui ont reçu de manière continue des cadeaux fiscaux, les grandes entreprises qui paient très peu d’impôt… De plus, au lieu de recourir au financement de la dette par le service du Trésor, les gouvernements qui se sont succédé depuis 40 ans placent les titres de la dette publique auprès des banques privées et des fonds d’investissement privé qui bénéficient du monopole de l’octroi du crédit aux pouvoirs publics. Cette pratique inacceptable est dictée par le traité de Maastricht et entraîne un surcoût pour les pouvoirs publics qui le compensent en augmentant les impôts et les taxes payés par le peuple et dont les plus riches sont en pratique exemptés comme à l’époque de l’Ancien régime.
    Une grande partie des nouveaux emprunts de dette publique sert à refinancer le remboursement d’anciennes dettes et cela constitue donc une rente pour les banques privées et les riches qui achètent les titres de la dette. Pour ces différentes raisons, une grande partie de cette dette est illégitime et il faut se battre pour qu’elle soit annulée…
    http://www.cadtm.org/Gilets-jaunes-apprendre-de-l-histoire-et-agir-dans-le-present

      +13

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    • norcam // 23.03.2019 à 10h36

      Une orientation alternative et favorable aux intérêts des peuples doit à la fois porter sur l’austérité, sur la dette publique, sur la monnaie, sur les banques privées, sur la zone euro, sur l’opposition aux politiques autoritaires et sur le lancement de processus constituants. Le bilan de la période 2010-2018 dans la zone euro est clair : il est impossible de sortir de l’austérité sans apporter des réponses à ces questions.

        +7

      Alerter
      • Catalina // 23.03.2019 à 14h20

        pourquoi ne pas appeler un chat un chat ? il est temps d’en finir avec la corruption aux plus hauts niveaux, parce qu’aujourd’hui, ils ne votent plus des lois mais des passe-droits pour leurs pratiques mafieuses.

          +13

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  • norcam // 23.03.2019 à 10h44

    (1/2) L’histoire de la dette publique ou souveraine depuis le XIX° siècle permet de mieux comprendre le système dette développé par les banques du Nord et plus récemment par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque Mondiale (BM) pour asservir les gouvernements anti-capitalistes et anti-impérialistes qui veulent développer des politiques sociales anti-libérales. Le système perdure car la bourgeoisie et ses représentants gouvernementaux profitent de ce système : l’endettement des États remplace l’imposition, alimentent le système financier, la spéculation et la corruption. Les traités de libre-échange et l’endettement sont des armes redoutables de domination et de spoliation. L’histoire montre également que les répudiations des dettes odieuses et illégitimes sont des moyens de desserrer l’étau des créanciers. Des solutions existent pour éviter l’endettement extérieur auprès des banques privées : il y a par exemple l’endettement de la France après la 2ème guerre mondiale auprès des banques nationalisées et de l’épargne populaire suite à la répudiation des dettes contractées avant et pendant la guerre. Le développement du Japon s’est fait sans endettement extérieur et sans traités de libre-échange.

      +8

    Alerter
    • norcam // 23.03.2019 à 10h44

      (2/2) La meilleure solution pour un gouvernement progressiste, c’est d’annuler puis de répudier les dettes reconnues comme odieuses et de décider d’éviter l’endettement par l’augmentation des cotisations et des impôts pour financer les investissements publics par des subventions non remboursables. Conférence autour de “Le système dette : Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation” Eric TOUSSAINT (2017)
      https://www.youtube.com/watch?v=h8F2cIQzDqU

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  • norcam // 23.03.2019 à 10h48

    “Dix ans après la crise bancaire internationale de 2008, il est temps de revenir sur les engagements pris à l’époque par les banquiers, financiers, politiques et organismes de contrôle. Ces quatre acteurs ayant gravement failli nous promettaient à l’époque la moralisation du système bancaire, la séparation des banques de détail des banques d’investissement, la fin des bonus et des rémunérations exorbitantes, et enfin le financement de l’économie réelle. Nous ne les croyions pas à l’époque et nous avions raison. En lieu et place de moralisation du système bancaire, nous n’avons qu’une longue liste de malversations révélées au grand jour par les faillites des banques qui se succèdent depuis celle de Lehman Brothers le 15 septembre 2008.
    Si on se contente de lister les sauvetages intervenus depuis 2012, on peut mentionner : Dexia en Belgique et en France (2012, 3e sauvetage), Bankia en Espagne (2012), Espirito Santo (2014) et Banif (2015) au Portugal, Laïki et Bank of Cyprus à Chypre (2013), Monte dei Paschi, Banca delle Marche, Banca Popolare dell’Etruria e del Lazio, Carife en Italie (2014-2017), NKBM en Slovénie (2012), SNS Reaal aux Pays-Bas (2013), Hypo Alpe Adria en Autriche (2014-2015), Banco Popular en Espagne (2017) n’en sont que quelques exemples.

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  • Louis Robert // 23.03.2019 à 10h55

    Inutile de continuer de le nier, voilà bien l’un des aspects de l’effondrement systémique en cours, et non des moindres. « La mobilisation citoyenne et l’auto-organisation sociale…. » n’auront pas lieu. Nous aurons, bien avant, l’armée en marche, l’état d’urgence, l’état de siège, la guerre même… contre l’ennemi intérieur. Nous y sommes presque. Le Système, par les bons soins de la caste au Pouvoir, se défendra jusqu’à l’autodestruction. L’effondrement ne sera pas un événement ponctuel comme celui des deux Tours. Spectacle grandiose, il se déroule sous nos yeux dès maintenant, jour après jour, mondial, planétaire. Même des petits enfants demandent désormais comment cela se fait et pourquoi…

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  • norcam // 23.03.2019 à 12h04

    Crise de 2008 : la vraie facture laissée par les banques à la France.
    “Avant la crise, la croissance annuelle moyenne du PIB (produit intérieur brut) français en termes nominaux était de 3,89 %. Après la crise, cette croissance est passée à 2,07 %. C’est un recul de 47 % qui conduit à une perte cumulée de PIB de 1 541 milliards d’euros, selon Éric Dor. C’est là la vraie facture de la crise financière et du coût des erreurs des banques. Ce chiffre représente 67,3 % du PIB nominal français de 2017. Et il s’est traduit par du chômage, des faillites, des situations sociales dégradées, des pertes de revenus.
    Éric Dor a, d’ailleurs, réalisé le même travail sur le revenu disponible brut des ménages. L’évolution constatée est intéressante : ce revenu décroche brusquement à partir de 2012, alors qu’il avait été maintenu dans sa tendance d’avant-crise après 2008. Cela signifie que, entre 2008 et 2012, ce sont principalement les finances publiques qui ont absorbé la perte d’activité. Mais à partir de 2012, ce sont les ménages qui ont payé la facture puisque l’État a entamé sa consolidation budgétaire et que l’activité, en parallèle, restait peu dynamique. Mais le résultat est impressionnant : Éric Dor évalue à 762,5 milliards d’euros le coût de la crise pour les ménages. C’est 53% du niveau de revenu disponible brut pour 2017…
    http://www.cadtm.org/Crise-de-2008-la-vraie-facture-laissee-par-les-banques-a-la-France

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  • norcam // 23.03.2019 à 12h07

    Rapport d’audit de la dette de l’assurance chômage par le Groupe d’audit citoyen de la dette de l’Assurance chômage (GACDAC)
    Ce rapport, riche en détails inédits, dénonce la gestion opaque et antidémocratique de l’Unédic par l’endettement. Les cotisations sociales n’ont pas augmenté depuis 2003 tandis que le nombre de chômeurs et chômeuses, lui, a plus que doublé. Pire : elles sont réduites par exonération de 6,45 à 4,05 % depuis janvier 2018. Le financement de l’Assurance chômage par la cotisation passe ainsi de plus de 90% à environ 60% et cette exonération est censée être compensée par de la TVA et la CSG, autre impôt indirect qui frappe principalement les salarié-e-s et les retraité-e-s.
    http://www.cadtm.org/France-Rapport-d-audit-de-la-dette-de-l-assurance-chomage
    https://entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com/2018/05/audit-dette-assurance-chomage-rapport-intermc3a9diaire-1.pdf

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  • norcam // 23.03.2019 à 12h22

    Rompre le tabou sur les dettes odieuses et leur répudiation. Extrait :
    “La Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre du Quantitative easing (QE ou politique d’assouplissement monétaire) a acheté pour un peu plus de 400 milliards de titres français à des banques privées. Elle a cela dans son bilan (Site officiel de la BCE, Breakdown of debt securities under the PSPP, https://www.ecb.europa.eu/mopo/implement/omt/html/index.en.html, consulté le 3 novembre 2018).
    Elle les a achetés aux banques privées, mais c’est le trésor français qui paie les intérêts à la BCE, et le capital à l’échéance des titres.
    Si la BCE fait mine à l’égard d’un gouvernement de gauche progressiste en France d’adopter une mesure comme elle l’a prise par rapport au gouvernement Tsipras, le gouvernement français peut décider de ne pas rembourser, face à la volonté de la BCE de l’empêcher d’accomplir son mandat démocratique. C’est un argument d’une puissance considérable qui inverse le rapport de force que la BCE pensait dominer. Le Quantitative easing n’est pas suffisamment analysé par les économistes en général, y compris les hétérodoxes de gauche, qui ne voient pas cette arme qui est mise aux mains des États à partir du moment où ceux-ci décident de désobéir. La Troïka serait dans une situation terrible.”
    http://www.cadtm.org/Rompre-le-tabou-sur-les-dettes-odieuses-et-leur-repudiation

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  • PhJd. // 23.03.2019 à 17h09

    A quand une socialisation des grandes banques européennes?

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  • PhJd. // 23.03.2019 à 17h13

    On a l’impression que le système est conscient de son naufrage. Simplement il voudrait se survivre à lui-même jusqu’en 2020 ou 2030, jusqu’à la prochaine crise en fait. Cela implique maintenir une relation capital-travail très dure. En attendant la logique d’endettement se prolonge dans le monde entier. Très peu de grands pays sont très peu endettés, la Russie en fait partie.

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    • Pinouille // 25.03.2019 à 10h05

      “On a l’impression que le système est conscient de son naufrage.”
      Ce n’est pas qu’une impression: de plus en plus d’officiels tirent la sonnette d’alarme.
      Mais, contrairement à ce que pensent certains ici, il n’existe pas de solution miracle, donc ces alertes ne peuvent rien changer. Les politiques le savent et évitent consciencieusement de communiquer sur ce sujet.

      A noter qu’une très grande partie des problèmes que nous rencontrons actuellement dans notre quotidien tire ses origines dans les phénomènes décrits dans l’article. L’augmentation des inégalités notamment. Ce qui fait dire à certains que tout ceci est voulu. Mais ils se trompent. Le fait est que les dirigeants ont élaboré à la hâte des mesures destinées à éviter que l’économie mondiale ne s’écroule suite à la crise de 2008. Ca a marché un temps mais cela n’a pas résolu les problèmes de fond et cela en a créé d’autres (l’augmentation exponentielle des dettes de toutes sortes, par ex). Nous sommes maintenant dans une situation où nous ne disposons plus d’aucune marge de manoeuvre pour nous en sortir. Donc à moins que la croissance des pays développés ne remonte en flèche très rapidement (Macron s’y emploie paraît-il…), nous y aurons droit. On ne connaît pas le déclencheur ni le moment, mais nous y aurons droit.

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      • Pinouille // 25.03.2019 à 15h06

        D’ailleurs, selon Charles Gave, la crise démarre maintenant:
        https://institutdeslibertes.org/et-voila/

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      • norrmac // 27.03.2019 à 23h16

        Explosions des inégalités de revenus et de capital à l’intérieur des pays et entre les pays
        Les explosions des inégalités de revenus et de capital ont beaucoup augmentés au cours des 30 dernières années.
        On entend souvent dire que les inégalités ont augmenté à l’intérieur des pays et ont diminué entre les pays. Ceci est le leitmotiv de la la Banque Mondiale. C’est vrai mais ceci est très discutable. Au regard de l’indice de gini relatif qui mesure des inégalités de revenus entre les pays, il a augmenté à l’intérieur des pays et a diminué entre les pays mais les calculs de l’évolution ont été faits sans la Chine. Si vous retirez la Chine, le gini a augmenté au niveau mondial, donc la baisse du gini entre les pays est essentiellement et uniquement dû au fait que la Chine a réussi à sortir près de 800 millions de personnes de la pauvreté en 25 ans, sans lien avec les préconisations de la Banque mondiale ou du FMI. Si on fait le même calcul avec l’indice gini absolue (et non pas relatif) alors, même en incluant la Chine, les inégalités ont augmenté sur la planète entre les pays. Les inégalités explosent en Afrique australe et, en particulier, dans le pays d’Afrique du Sud où, malgré l’abolition de l’apartheid en 1994, les inégalités continues d’augmenter. La libération politique ne s’est pas accompagnée d’une amélioration des inégalités économiques au sein de la population de l’Afrique du Sud.

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      • normac // 27.03.2019 à 23h17

        Graphe de l’éléphant de Branko Milanovic de la Banque mondiale : population en fonction de son revenu avec à gauche la population la plus pauvre, décile des 10 premiers pour cent, et à droite les 10 % de la population la plus riche en subdivisant le dernier % en millimes, croisé avec l’évolution du revenu de cette tranche de la population depuis les années 1980. Les riches ont vu leur revenus exploser depuis 30 ans ; les classes moyennes ont très peu augmenté leurs revenus et les plus pauvres ont un peu augmenté leurs revenus. En refaisant les calculs, nous avons obtenu non pas un éléphant mais le monstre du Loch Ness. Même les plus pauvres ont très peu gagné au cours des 30 dernières années. Les seuls qui ont vraiment gagné sont les plus riches.

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      • normac // 27.03.2019 à 23h23

        D’après la théorie néoclassique économique, les inégalités n’ont normalement aucune importance pour la croissance, il faut d’abord se préoccuper de la taille du gâteau, le PIB, question d’efficacité, et ensuite la manière dont on répartit le gâteau, question de justice ou d’équité. Donc on n’est pas obligé de traiter la question de l’équité pour traiter la question de l’efficacité.
        Gaël Giraud et Matheus Grasselli (directeur de l’Institut Fields à Toronto) ont montré qu’en réalité les deux sont liés : si il y a trop d’inégalité, il y a moins de croissance donc l’excès d’inégalité nuit même à la croissance. Historiquement, si vous regardez le moment où en Europe de l’Ouest nous avons eu le plus de croissance, c’était pendant les 30 glorieuses après le IIè guerre mondiale, c’est aussi le moment où nous avons eu le moins d’inégalités. Dès que les inégalités ont recommencé à augmenter à partir des années 70, la croissance a commencé à baisser.

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  • Renaud // 23.03.2019 à 17h41

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  • tchoo // 23.03.2019 à 20h19

    Les banques centrales donnent des sommes considérables aux banques qui elles cherchent à preter aux états même a taux faible.
    toute l’absurdité du système est là: des prets des banques centrale directement aux états permettrait à ceux ci au lieu de cette austérité mortifère de soutenir l’économie du pâys source de revenu pour l’état par les taxes et impôts
    Les entreprises, les plus grosses n’ont plus vocation à produire quelque chose d’utile aux humains mais juste d’être une pompe à finance permettant d’enrichir dirigeants et actionnaire par de la spéculation financière
    Cela ne peut pas continuer ainsi, mais hélas dans l’effondrement prévisible ce seront encore les plus faibles qui trinqueront

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  • Louis Robert // 23.03.2019 à 21h59

    Je recommande cette très récente entrevue. L’invité nous donne de bonnes raisons, exemples concrets très révélateurs à l’appui, de ne pas nous bercer d’illusions sur la volonté des gens au Pouvoir et des financiers, notamment en Europe, de faire face au défi de l’effondrement mondial, planétaire, en cours.

    Gaël Giraud : Tsunami financier, désastre humanitaire ? [EN DIRECT] – Thinkerview.

    https://www.youtube.com/watch?v=2oFARgqG0NA

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  • martin // 24.03.2019 à 10h17

    La politique des banques centrales occidentales, BOJ comprise, est suspendue aux choix de la FED. Or, que voit-on? La valeur de Wall Street, en particulier sur les actions, est aujourd’hui totalement décorrélée des fondamentaux (croissance, niveau de l’emploi, activité etc.) et dépend uniquement des taux de la FED. D’où une double contrainte paralysante. Soit la FED élève ses taus d’intérêts et Wall Street dégringole, soit elle les abaisse et la voilà incapable de réduire son bilan, laissant planer le doute sur la fiabilité du dollar. C’est sans issue. Les autres banques centrales du système occidental (BOE, BCE, BOJ) étant liées à la FED, le big crunch est inévitable à moyen-court terme.

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  • Aegean // 25.03.2019 à 01h45

    La prise de pouvoir des banques et de la gestion de l’Etat par le peuple a déjà un précédent avec l’Islande. Ils ont renversé le gouvernement en place, refusé de payer la dette et ont mis au pas le système bancaire.
    Aujourd’hui c’est un État dont plus aucun média ne parle (et pour cause !) mais qui s’est bien mieux sorti de la crise de 2007 que nous autres qui continuons de la subir et qui allons vers quelque chose de pire.

    Plus localement, il est temps de sortir de l’euro. Outil de domination bancaire, économique et politique au service des systèmes financiers sur le dos des peuples. C’est vrai que la France ne s’en sort pas trop mal mais le pays se paupérise considérablement et l’absence de maîtrise de la monnaie va finir par nous couler comme tous les pays du Sud…

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