Source : Consortiumnews.com, le 13/10/2016

Le 13 octobre 2016

Dans les années 80, le Premier ministre britannique Thatcher et le Président Reagan ont dépeint le capitalisme néolibéral ou “marché-libre” comme le système idéal, un dogme qui s’est prolongé jusqu’à nos jours malgré son échec cuisant et des alternatives possibles, affirme Sam Ben-Meir.

Par Sam Ben-Meir

Le 13 octobre marquait l’anniversaire du défunt Premier ministre britannique Margaret Thatcher – il serait peut-être judicieux de s’arrêter un instant pour considérer à quel point le thatchérisme continue de dominer le paysage du capitalisme mondial.

A l’apogée de sa carrière politique, durant les années 80, Thatcher affirmait que sa mission était de changer l’esprit, changer l’univers conceptuel dans lequel les gens vivent, et son idée selon laquelle “il n’y a pas d’alternative” (TINA) s’est si profondément ancrée dans nos esprits et notre conscience qu’il semble que nous ne puissions plus imaginer qu’il existe une alternative au capitalisme.

Le Premier ministre britannique Margaret Thatcher

Le Premier ministre britannique Margaret Thatcher

Le néolibéralisme de Thatcher était caractérisé par la dérégulation (en particulier dans le secteur financier), la suppression d’emplois, les attaques contre les syndicats et les privatisations d’entreprises publiques. Aussi bien Thatcher que Ronald Reagan ont supervisé le virage vers une version plus laxiste du capitalisme, qui, dans les faits, inversa le mouvement initié à la suite de la crise de 1929 vers plus d’interventions de l’État et un capitalisme social-démocrate.

Il est grand temps d’enterrer ce concept de TINA. Rappelons-nous que dans les années 30, il ne faisait pas de doute qu’il existait une alternative. Après la Seconde Guerre mondiale, une alternative émergea dans laquelle l’État était fortement impliqué ; et les taux d’imposition étaient très élevés aux États-Unis.

Donald Trump répéta ce mensonge au cours du deuxième débat présidentiel, mais les faits lui donnent tort. En 1945, le taux marginal d’imposition sur les plus hauts revenus était de 92% ; il ne descendit jamais sous les 70% jusqu’à ce que Reagan ne l’abaisse à 30%.

En 1981, Reagan a fortement réduit le taux d’imposition, qui affectait les foyers aux plus hauts revenus, et a abaissé le taux d’imposition marginal de 70 à 50% ; en 1986, il réduit de nouveau ce taux à 28%. De 1945 à Reagan, la croissance économique moyenne aux États-Unis s’établissait entre 4 et 5% par an : l’une des plus grandes périodes de prospérité dans l’histoire américaine, durant laquelle le taux marginal d’imposition ne descendit jamais sous les 70%.

Depuis Ronald Reagan, le taux marginal d’imposition a oscillé entre 35 et 39% et la croissance économique depuis les années 70 a été de 2%. Malgré les affirmations absurdes de Trump prétendant le contraire, les Américains demeurent parmi les citoyens les moins taxés des nations industrialisées, avec 28 points de PIB, contre 36% pour les 38 membres de l’OCDE.

Donc quelle est l’alternative ? En fait, nous faisons face à une faillite des idées. Il y a une avalanche de critiques négatives du capitalisme ; et relativement peu de critiques positives. Nous devons tout d’abord prendre conseil auprès de David Harvey, professeur d’économie à l’Université de New York et regarder à l’intérieur du système économique lui-même pour trouver d’éventuelles solutions.

Observez par exemple comment les entreprises d’aujourd’hui sont gérées : elles ont un système de contrôle à travers leur chaîne d’approvisionnement. Leurs opérations sont centralisées, de manière sophistiquée et efficace. On peut facilement imaginer adopter cette méthodologie et la diriger à destination d’objectifs sociaux autres que la simple augmentation des bénéfices.

Une alternative

Un autre élément commun à toute alternative viable doit être mentionné ; et il contrebalance le besoin de centralisation – on le nomme autogestion. Le principe de salariat autogéré étend et renforce les principes démocratiques au-delà du domaine politique.

Le Président Ronald Reagan avec le Directeur au budget David Stockman. (Crédit photo: Reagan Library)

Le Président Ronald Reagan avec le Directeur au budget David Stockman. (Crédit photo: Reagan Library)

Chaque entreprise est dirigée par ceux qui y travaillent, et ce sont eux qui ont le pouvoir de décision quand il faut déterminer, par exemple, ce qu’il faut produire, quelle quantité et pour qui ; combien de dividendes doivent être distribués ; et comment l’entreprise doit être organisée et administrée. L’autogestion est un processus collectif basé sur des objectifs communs de personnes réunies dans une organisation productive gérée en coopération.

La première condition essentielle pour l’existence de l’autogestion est que la direction de l’entreprise soit confiée à tous ceux qui y travaillent. Le point crucial est que l’entreprise est ici contrôlée par les travailleurs eux-mêmes et non par les détenteurs du capital : en d’autres mots, ceux qui sont le plus impliqués dans la production de biens et de services ont le contrôle sur cette production.

Ceci est une condition sine qua non pour les travailleurs autogérés. Un processus démocratique est nécessaire pour répondre à cette condition ; où les objectifs peuvent être définis en interne, et où il y a l’égalité des droits de vote parmi tous ceux qui travaillent dans l’entreprise et idéalement, l’égalité des chances de participer démocratiquement à la gestion des affaires de l’organisation.

La démocratie économique est un pilier central de la légitimité dans un système pleinement démocratique. Le lieu de travail doit être un espace dans lequel les individus acquièrent les compétences participatives, des valeurs et des expériences qui forment un système démocratique vivant. Ce genre d’« entrainement social » est sévèrement entravé par les formes dominantes de l’aliénation.

L’autogestion est essentielle à la formation d’un travail communautaire non aliénant et facteur de productivité – elle façonne un espace dans lequel les gens se réunissent, non seulement pour répondre à leurs besoins financiers, mais aussi leur besoin de communauté, de dialogue et d’épanouissement au travail. Le thème de l’autogestion est particulièrement opportun : dans l’ère du capitalisme mondialisé, la démocratisation économique est plus pertinente que jamais. Heureusement, il y a beaucoup de preuves empiriques qui montrent que les entreprises autogérées réussissent aussi bien, sinon mieux, que les entreprises gérées classiquement.

Nous savons également que les managers qui sont employés dans les entreprises dans lesquelles les travailleurs ont de l’influence ont tendance à être plus enclins à responsabiliser les travailleurs : cela ne serait guère le cas si ces projets n’étaient pas des succès. La démocratie au travail est capable de satisfaire “l’impératif d’efficacité” – cela ne fait plus aucun doute. Sinon, personne ne voudrait que la démocratisation soit étendue au monde du travail. L’autogestion resterait au mieux une théorie inutile.

D’après la Fédération des coopératives américaines (U.S. Federation of Worker Cooperatives), il existe plus de 300 lieux de travail démocratiques rien qu’aux États-Unis, qui emploient des milliers d’individus et générant plus de 400 millions de dollars de revenus annuels. Le fait est que de plus en plus de gens ordinaires veulent de la démocratie au travail, et une telle attitude envers le changement social est une condition absolument nécessaire.

Donc, en l’honneur de l’anniversaire de Margaret Thatcher, prouvons à nous même, au monde, et ainsi aux générations futures qu’il y a réellement une alternative au système capitaliste mondialisé qui augmente la pauvreté, la misère et la relégation ; qui saccage l’environnement et prive l’Homme d’un environnement vivable, tout cela au nom d’un impératif fou que l’on peut résumer en un seul mot : la croissance.

Le Dr. Sam Ben-Meir enseigne la philosophie à l’Eastern International College.

Source : Consortiumnews.com, le 13/10/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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36 réponses à La faillite du dogme néolibéral, par Sam Ben-Meir

Commentaires recommandés

Raoul Le 12 novembre 2016 à 10h22

Désolé, mais cette distinction ne fait que brouiller les pistes. Avant la première guerre mondiale, le capitalisme était tout aussi prédateur que maintenant, mais ses moyens étaient plus limités. Néanmoins, il a réussi à provoquer une crise terrible.

Ensuite, la parenthèse keynésienne a été une tentative de domestiquer cette bête sauvage, tentative qui a échoué. Effectivement, cela a été une période d’expansion, mais au prix de l’exploitation éhontée du tiers-monde. Mais disons que pour nous c’était tout bon.

Le capitalisme est maintenant revenu à son état antérieur, mais le monde a changé. Le coût des transports a considérablement diminué ce qui permet une délocalisation extrême des activités. La finance, déjà très présente avant guerre, est devenue dominante grâce à l’informatique qui a permis de créer des produits nouveaux (CDS, dérivés de crédits, etc.). La situation actuelle est la situation normale du capitalisme, pas une anomalie.

  1. Fritz Le 12 novembre 2016 à 04h55
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    Tiens ! Moi qui croyais que ce texte venait du Parti socialiste… Je me suis trompé !

    L’auteur emploie l’expression “worker self-management”, traduite ici par “autogestion”.


  2. Alain Le 12 novembre 2016 à 05h51
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    Il ne faut pas confondre capitalisme et néolibéralisme. Il existe deux capitalismes: le capitalisme industriel (celui de Ford) qui a créé une période d’expansion sans précédent et le capitalisme financier (celui d’aujourd’hui) qui engendre une période de marasme sans précédent.

    Il y a à côté de la place pour l’autogestion, mais cette forme de production est bien incapable de supporter les coûts et risques de la recherche et développement vital pour la prospérité de demain


    • georges glise Le 12 novembre 2016 à 08h29
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      votre post est typique de l’expression des élites qui, à la manière d’un bhl croient devoir trouver quelque chose à dire sur tout à l’heure de la mondialisation malheureuse, votre distinction entre les deux formes de capitalisme a du plomb dans l’aile, car elle ne tient pas compte de la division internationale des rôles: l’inde la chine le japon sont encore dans l’industriel tandis que l’occident financiarisé casse tout pourvu que les dividendes continuent à progresser


    • Raoul Le 12 novembre 2016 à 10h22
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      Désolé, mais cette distinction ne fait que brouiller les pistes. Avant la première guerre mondiale, le capitalisme était tout aussi prédateur que maintenant, mais ses moyens étaient plus limités. Néanmoins, il a réussi à provoquer une crise terrible.

      Ensuite, la parenthèse keynésienne a été une tentative de domestiquer cette bête sauvage, tentative qui a échoué. Effectivement, cela a été une période d’expansion, mais au prix de l’exploitation éhontée du tiers-monde. Mais disons que pour nous c’était tout bon.

      Le capitalisme est maintenant revenu à son état antérieur, mais le monde a changé. Le coût des transports a considérablement diminué ce qui permet une délocalisation extrême des activités. La finance, déjà très présente avant guerre, est devenue dominante grâce à l’informatique qui a permis de créer des produits nouveaux (CDS, dérivés de crédits, etc.). La situation actuelle est la situation normale du capitalisme, pas une anomalie.


    • Joséphine Le 12 novembre 2016 à 11h39
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      le fordisme est un capitalisme consumériste, qui payait bien ses salariés pour qu’ils deviennent de bons consommateurs. le capitalisme que vous appelez financier est tout autant industriel ( la finance est une industrie).


      • gerald B Le 12 novembre 2016 à 13h26
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        Dire que la finance est une industrie est vraiment absurde !

        Je vous invite à lire « La finance et l’industrie », ainsi vous comprendrez votre erreur.

        https://rei.revues.org/4982

        …/…
        On est ainsi passé d’une conception dans laquelle l’activité financière est un auxiliaire des activités productives à une conception où la finance est devenue toujours davantage une activité autonome, paraissant parfois déconnectée de l’activité « réelle » et étant la cause d’une instabilité macroéconomique grandissante.
        …/…


        • JMD Le 12 novembre 2016 à 17h57
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          L’assertion de Joséphine n’a rien d’absurde. Le développement de la finance depuis les années 70 repose sur l’innovation et la production d’instruments financiers. Ingénierie financière (couverture de risque, financements structurés, produits dérivés …) qui fait fonctionner les économies de marché en satisfaisant les attentes des investisseurs (rendement/risques). Les effets tangibles de cette financiarisation paraissent pourtant bien réels sur l’évolution de l’économie mondiale.


          • gerald B Le 12 novembre 2016 à 20h16
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            Finance et Industrie

            Vous pouvez considérer le trading haute fréquence comme de l’industrie.
            Une industrie qui ne produit rien et permet aux banksters de se gaver et de déstabiliser l’économie réelle !

            La financiarisation a fait disparaitre en France la majeure partie des entreprises grandes et moyennes véritablement indépendantes. Le groupe est devenu la structure dominante. Gabriel Colettis pose la question « La finance est-elle en train de tuer l’industrie ? »7. Le groupe n’est rien d’autre, le plus souvent, qu’une structure orientée par des considérations actionnariales, financières et fiscales.

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Finance#Finance_et_Industrie


  3. fanfan Le 12 novembre 2016 à 05h55
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    De 2003 à 2007, des ouvriers ont été majoritaires au capital de Fumel technologie, une entreprise de fonderie et d’usinage. Cette phase d’autogestion s’est déroulée dans le contexte d’un secteur en déclin avec une entreprise de 480 salariés alors que trente ans auparavant ils étaient 3500 ! Quelle place pour l’autogestion dans un tel contexte ? Un film sur la vie de cette entreprise en 2005…
    http://www.autogestion.asso.fr/?p=6231


  4. RGT Le 12 novembre 2016 à 09h14
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    Bien que non marxiste, je dois quand-même reconnaître que l’économie planifiée est d’une efficacité redoutable, largement plus que l’économie “de marché”.

    Le seul inconvénient de cette économie planifiée est qu’en cas de “plantage” les conséquences sont réellement dévastatrices.

    C’est bien l’économie planifiée qui a “permis” la seconde guerre mondiale et son “efficacité” dans tous les camps.
    En premier lieu chez les nazis qui ont orienté leur industrie dans la fabrication à outrance de l’armement, puis en URSS avec pour plus bel exemple la fabrication massive des T34 et de matériel militaire en quantités astronomiques, et enfin du côté des USA ou Roosevelt a “réquisitionné” (planifié) la machine de guerre US qui a pu, grâce à son éloignement physique des zones de combat, fabriquer du matériel à profusion.


    • RGT Le 12 novembre 2016 à 09h16
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      A l’issue du conflit, les occidentaux ont abandonné l’économie planifiée mais les soviets l’ont perpétré mais en fonction du “ressenti” des dirigeants.

      Ce qui fait que les habitants de l’URSS se retrouvaient d’un coup avec des avalanches de réfrigérateurs vraiment pas chers, mais qui du coup n’avaient plus rien à mettre dedans…

      D’un autre côté, les occidentaux avaient une variété de produits largement plus importante mais à des prix bien plus élevés, ce qui fait que les plus démunis n’avaient pas les moyens de se les payer…

      Les deux systèmes économiques sont loin d’être parfaits avec d’un côté des carences et de l’autre l’impossibilité pour une grande partie de la population de pouvoir accéder aux produits.

      Pour pallier aux problèmes d’accès au “marché” les “libéraux” ont ouvert en grand les vannes du crédit… Ce qui était le plus beau piège à cons qui ait été inventé depuis l’aube de l’humanité.
      Particulièrement quand la durée du crédit est supérieure à la durée de l’obsolescence programmée des produits acquis.


      • Tatsuya Le 12 novembre 2016 à 11h19
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        On peut aussi y ajouter les économies planifiées en temps de paix qu’ont été le Japon et qu’est encore la Chine.
        Encore une preuve supplémentaire, s’il en faut encore, pour abattre le mythe du marché omniscient.


    • RGT Le 12 novembre 2016 à 09h18
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      Il faudrait trouver un juste milieu entre ces deux conceptions antagonistes de l’économie.
      Juste milieu qui commencerait bien sûr à se centrer sur les causes principales des dysfonctionnements et du gaspillage , et surtout permettant à tous d’accéder équitablement aux “produits de première nécessité”. Avant de mettre en place le “smartphone pour tous” il serait peut-être judicieux de mettre en place la “bouffe saine pour tous”.

      En dehors d’une planification de cette politique je ne vois pas trop comment recentrer les objectifs de “survie” de la population.
      Et avant de mettre en place cette politique il serait déjà judicieux de “fermer” les frontières pour permettre à la population de parvenir à une auto-suffisance alimentaire d’origine locale. Moins de transport = moins de pollution et surtout du boulot local, associé à un “exode citadin” qui au final serait bénéfique à la population.

      Il faudrait déjà commencer à comprendre que les humains sont des animaux, et donc que leur priorité absolue est bel et bien l’alimentation.

      Essayez de faire comprendre ça à un énarque, je vous souhaite bonne chance.

      Je ne prétends pas tout savoir, loin de là, mais au moins je n’impose pas ma vision de force à l’ensemble de la population.


      • Karim Wilmotte Le 13 novembre 2016 à 12h33
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        Le juste milieu, c’est ce que les économistes et politiques soviétiques ont cherché à mettre en place après la mort de Staline.

        Plus ils introduisaient le marché, moins ça allait. Plus ils réformaient et introduisaient le marché. Jusqu’à l’effondrement final.

        Alors que l’URSS, jusqu’aux années 70, à une croissance économique largement supérieur au reste du monde (malgré la guerre civile et contre les étrangers puis la grande guerre patriotiques).


        • Karim Wilmotte Le 13 novembre 2016 à 22h09
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          “à une croissance économique largement supérieur au reste du monde”
          A la moyenne du reste du monde.


  5. Gordon Le 12 novembre 2016 à 09h39
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    Ok il y a des alternatives.
    Mais relativisons, il y a aussi des choques petroliers. Le lien entre energie et économie mondiale est fondamental, quelque soit l’ “alternative” en place.


  6. Perret Le 12 novembre 2016 à 09h43
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    Il me semble que l’auteur ne parle pas d’autogestion mais bien de système coopératif. Ce sytème fonctionne bien en France mais fait l’objet souvent des mêmes déviations que les mutuelles (qui font partie du même système d’économie sociale). Voir le cas de la FNSEA et des coopératives agricoles. On peut confisquer le pouvoir au profit des lobbys dans le système coopératif.
    Il est l’un des moyens de la survie dans les pays d’Afrique francophone notamment (elle sont reliées à ce qu’on appelle des vivriers, par exemple, en Côte d’Ivoire). C’est un excellent système mais qui peut difficilement dégager des financements pour la recherche et le développement. C’est le rôle de l’Etat de le faire, comme lorsque de Gaulle crée la DGRST (délégation générale à la recherche scientifique et technique) qui pilota la recherche française jusqu’en 1981.


    • K Le 12 novembre 2016 à 20h01
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      Quelle est la différence entre l’autogestion et un système coopératif ?


  7. Outis Le 12 novembre 2016 à 11h08
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    Faillite pour qui ? La théorie néo-libérale a été pensée pour le bien des 1%.
    Waren Buffet a bien dit que le néo-libéralisme a gagné.

    Le néo-libéralisme a gagné sur toute la ligne et il va continuer sur sa lancée avec
    les complices se disant de « gauche » – dont ce professeur d’une philosophie
    bien particulière.


    • MIZZGIR Le 12 novembre 2016 à 14h45
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      Quand on lui demande à quoi il doit sa fortune, Warren Buffet répond : “pour 10 % à la chance et pour 90 % au travail des autres”. Lui au moins, il a le mérite de le reconnaître !


  8. Alain Cavaillé Le 12 novembre 2016 à 12h26
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    Au-delà des débats fumeux sur le sexe des anges, il faut revenir aux réalités.
    Les gens ont besoin d’avoir un travail. Celui qui n’en a pas est dévalorisé, mais celui qui n’en a pas parce qu’il fait partie des leaders du libéralisme, donc qui ramasse les dividendes du travail que d’autres effectuent , celui-ci n’existe que dans une sphère d’incapables et de parasites de la société.
    Il a existé pourtant des grands, ou moins grands, patrons d’industrie, souvent sortis du tas, qui ont eu cette “intelligence du travail”. Ils ont su insuffler une dynamique à cette industrie qui n’existe pratiquement plus en Europe. Et du reste, l’institution européenne ne fait que contribuer à la financiarisation. Seule exception, l’Allemagne. Chez elle, il y a du boulot et c’est actuellement la meilleure industrie au monde.


    • lvzor Le 13 novembre 2016 à 20h26
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      “Au-delà des débats fumeux sur le sexe des anges, il faut revenir aux réalités.
      Les gens ont besoin d’avoir un travail. ”

      Au-delà des débats fumeux… Penser que le travail est un “besoin” est une pensée d’esclave. Les gens ont besoin d’un toit, de nourriture et de vêtements. Puis, d’activité libre.
      Que le travail soit le seul moyen de se procurer les ressources fondamentales, particulièrement dans des sociétés où le travail devient inutile, est justement le problème.


  9. Louis Robert Le 12 novembre 2016 à 12h57
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    L’économiste américain Richard Wolff:

    “Jadis, la question fondamentale ne porta jamais sur les conditions de vie des esclaves, mais bien sur le fait qu’il y eut des esclaves… Bref, sur l’existence même de l’esclavage!”

    “Aujourd’hui, la question fondamentale ne porte pas sur les conditions de vie et de travail, mais bien sur la nature du SYSTÈME capitaliste… Bref, sur l’existence même du capitalisme!”

    “L’Amérique peut faire mieux que le capitalisme!”

    ———–

    “Occupy the Mind” — Richard Wolff

    https://m.youtube.com/watch?v=8HP0L8vxAhc


  10. beaudry jacques Le 12 novembre 2016 à 14h17
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    Tout système requiert ses limites et des frontières pour assurer que tous ceux qui vivent sous lui en bénéficient. Actuellement ceux qui détiennent le pouvoir de gouverner ce système ne s’en préoccupent pas. Ils visent le minimum pour la masse afin d’engraisser l’élite qui détient le capital.


  11. geoffrey Le 12 novembre 2016 à 14h48
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    bon-jouir, bonsoir,

    je vois que ça prend forme – à s’ naise – la petite révolution intellectuelle, voire idéologique…

    en qualité de communiste, je ne pense PLUS que le kolkhoze est un projet idéal pour l’agriculture de demain, mais bien le schéma de permaculture – jardins urbains, ferme de petite taille, prod’ et conso’ locales…

    MAIS fondamentalement, la propriété des biens de production DOIT être collectivisée – c’est ça, et seulement ça, être communiste…rien à voir avec le lobby lgbt ou le mouvement no-borders.

    Geoffrey, neo-communiste


  12. yann plouc Le 12 novembre 2016 à 16h27
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    je suis allé voir ce qu’était ce “Eastern International College”. Apparemment une fac qui forme des dentistes et infirmiers à 23 000 $ / an, assez mal notée par les étudiants sur les sites où ils en parlent, mais bon, ce n’est pas un critère. Quant à Dr. Sam Ben-Meir, un renvoi vers son site http://alonben-meir.com/ … via consortuimnews. Il a l’air assez intéressé par le moyen orient.
    à part ça, il intervient souvent sur des plateaux tv. Bref un expert comme ceux qui vont chez Calvi.
    donc pas de commentaire à faire !


  13. Feubeuh Le 12 novembre 2016 à 20h13
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    Au vu des derniers développements et en particulier de la formation du cabinet Trump, enfin Pence, on peut en deduire que si le systeme ne fonctionne pas, plus de système devrait arranger la bête…

    Un pensée émue pour tous les naifs partisans d’un milliardaire “anti-système”.


  14. Hernandez Le 12 novembre 2016 à 20h52
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    Il faut toucher le fond pour impulser un rebond et la sortie de la tete hors de l’ocean de boue dans le lequel nous a ammene le Thatcherisme planetaire…hollandiste en France…!!!


  15. Ari Le 13 novembre 2016 à 10h38
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    Il y a bien d’autres idées que l’autogestion pour tenter de sortir de notre modèle actuel catastrophique : décroissance, salaires à vie, revenu universel, anarchie… Il faudrait les étudier au lieu de les balayer d’un haussement d’épaules (aussi peu argumenté que le TINA des euroatlantistes).

    Seulement, il y a quand même un hic, quelque soit l’idée : aujourd’hui les richesses sont concentrées dans les mains de quelques cupides sans limite. Ils ne sont absolument pas d’accord pour les redistribuer, ni même laisser d’autres faire leur taf tranquillement (autogestion). Quelle hypocrisie de laisser penser que les travailleurs n’ont qu’à s’organiser pour monter des entreprises autogérées qui fonctionnent !
    Donc quelque soit l’idée, nous nous retrouvons avec la question suivante : comment la mettre en oeuvre malgré eux ( évidemment sans leur couper la tête) ?


  16. Le modéré Le 13 novembre 2016 à 20h10
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    Est-il admissible que le monde entier soit géré par une seule pensée économique?
    Il existe d’autres modéles sauf qu’on le leur permet pas d’émerger. Les enjeux sont surdimensionnés:Les finances , les bourses ,les banques, les assurances, les sociétés d’investissement, les multinationales et les institutions de Bretton Woods.
    Un autre modéle autre que le capitalisme effréné signifie le démantèlement des structures de ces géants qui sont nés pour prospérer


  17. Clauzip12 Le 13 novembre 2016 à 23h11
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    Les orientations du système de gestion de la société humaine depuis 1945 sont la conséquence de l’ignorance volontaire de la centralite du vivant sur notre planète et de toutes les actions et démarches fondamentales pour son respect et sa pérennité.
    Lors des accords de Bretton woods et en arrière plan l’homme était défini comme un tube digestif se reproduisant naturellement sans coût.
    Il présente les caractéristiques d’absorber des denrées commercialles et de les transformer en énergie utilisée facilement en travail.L’Humain notamment à été placé dans la situation de source de revenus directement et en position d’intermédiaire entre les richesses produites par la nature et les centres de stockage des bénéfices et profits.
    L’analyse systémique rend compte de la méthode appliquée par les néoconservateurs soit dans l’ultra libéralisme.
    Je n’ai aucun intérêt en éditions.
    Je vous invite à lire” Le macroscope ” de J.de Rodney
    on en ressort fatalement avec un autre regard sur le fonctionnement de notre monde.
    Pour vous ramener éventuellement à plus d’humilité n’évitez surtout pas”introduction à l’étude de la complexité ” par E.Morin


    • Le modéré Le 15 novembre 2016 à 00h24
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      Vous avez parfaitement raison. “Le tube digestif” fonctionnent toujours et à merveille. La précarité, la chute du niveau de vies, les séismes financiers obligent l’humanité à travailler davantage au mépris de toute dignité. On ne doit pas cependant nous résigner au sort commandé par une poignée de puissants car ce sont les sacrifices des pauvres hautement majoritaires qui contribuent à leur prospérité. Une fois qu’on tarisse le cours du crédit,tout le système pyramidal s’écroule de lui méme


  18. christiangedeon Le 14 novembre 2016 à 12h09
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    Une fois de plus,un article sans rime ni raison….le problème n’est pas ,en soi,le taux d’imposition…le problème est de l’emploi de son produit….l’impôt judicieusement employé est une bénédiction. L’inverse une malédiction absolue…En France ,le rouleau compresseur de l”impôt a surtout servi à créer des “fonctionnaires ” de tous poils…nous en sommes à pratiquement 10 000 000 millions entre les vrais,ls assimilés,et leurs périphériques!!! arnaque absolue….je rappelle quand même en chiffre relatif,en plein marsame de l’éducation dite nationale….800 000 enseignants,théoriquement…de quoi largement suffire…mais où sont passées les presque 150 000 enseignants qui n’enseignent jamais????


    • Pinouille Le 14 novembre 2016 à 14h37
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      “le problème n’est pas ,en soi,le taux d’imposition”
      Ben un petit peu quand même… Car quand les riches payent moins d’impôts, ils deviennent de plus en plus riches, donc au détriment des autres, qui s’appauvrissent et doivent en plus payer les impôts que les riches ne payent pas.
      Rappel: les 1% des plus riches au monde détiennent maintenant 50% des richesses mondiales.
      Les impôts élevés pour les riches ont aussi l’avantage de pénaliser la rente et favoriser le travail.

      Le problème c’est qu’à l’échelle d’un pays, augmenter les impôts favorise l’exil fiscal (ex: Depardieu, Johnny) et pénalise l’investissement.

      “le problème est de l’emploi de son produit”
      C’est certainement perfectible, en effet. Mais il me paraît illusoire de considérer que virer la moitié des fonctionnaires relancera l’économie. Cela commencera d’abord par doubler le nombre de chômeurs… qu’il va falloir indemniser.


    • BOURDEAUX Le 14 novembre 2016 à 20h56
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      “mais où sont passées les presque 150 000 enseignants qui n’enseignent jamais????” Ah ça je peux vous le dire : il sont employés à pourrir l’existence des 800 000 qui enseignent, par d’incessantes remise en question de leurs méthodes de travail, de perpétuelles modifications des programmes, d’interminables “réflexions sur la pédagogie”, de fatigantes invitations à des “groupes de travail et de réflexion”, et pendant ce temps-là…les profs dépriment et en ont MARRE !


    • Le modéré Le 15 novembre 2016 à 00h44
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      Ils enseignent quelque part. Franchement, j’étais toujours contre des systèmes imposés et qui sont devenus planétaires. ” moins d’Etat et méme plus d’Etat” proné par les ultralibéraux est une notion réaliste mais pas dans le sens voulu par ses apotres. Les quartiers, les villes doivent se gerer par eux mémes. C’est le retour à un socialisme- différent de celui de l’URSS- qui banni l’Etat central-, où les ressources de la communauté doivent lui rester propres afin qu’elle accomplisse toutes les missions inhérentes jadis à l’Etat. Pour celui-ci , son role se limitera uniquement à la défense territoriale. C’est une vision générale, il suffit de la travailler pour qu’elle puisse servir de modéle. Bien entendu, elle sera mal accueillie comme d’autres visions qui l’ont précédée. Avec le temps tout ce qui a été percu comme sacrilége deviendra une pensée éclairée.


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