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29.juin.201829.6.2018 // Les Crises

“Laissez Trump s’occuper du Brexit” : Un enregistrement explosif de Boris Johnson sur la politique étrangère de la Grande-Bretagne

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Source : BuzzFeed News, Alex Spence, 07-06-2018

« J’admire de plus en plus Donald Trump. Je suis de plus en plus convaincu qu’il y a de la méthode dans sa folie. »

Simon Dawson / Getty Images

Theresa May profitera du sommet du G7 au Canada pour proposer une nouvelle « unité de réaction rapide » internationale pour faire face aux cyberattaques et assassinats russes, a révélé le secrétaire aux affaires étrangères Boris Johnson à un groupe restreint de militants conservateurs lors d’un dîner privé mercredi soir.

BuzzFeed News a obtenu un enregistrement audio d’un rassemblement à huis clos à l’Institute of Directors de Londres [sorte de club de chefs d’entreprises, NdT], où Johnson a gratifié une vingtaine de conservateurs d’une évaluation imprudente de nombreux aspects de la politique étrangère du Royaume-Uni – et de ses idées personnelles sur le Brexit, Donald Trump et Vladimir Poutine.

Dans une conversation qui a duré plus d’une heure, Johnson a révélé aux membres de Conservative Way Forward – un groupe de campagne Thatchérien – qu’il avait parlé plus tôt ce jour-là à Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain, de la situation en Corée du Nord. Les Américains veulent que la Grande-Bretagne « utilise [son] expertise nucléaire pour démanteler le missile nucléaire de Kim Jong Un », a révélé Johnson. « C’est ce qu’il m’a demandé de faire aujourd’hui ».

Johnson a fait l’éloge de Trump, a averti que la Chine allait « essayer de nous arnaquer », et a déclaré que Poutine était gêné que l’économie de la Russie soit désormais moins forte que celle de l’Australie.

Boris Johnson discute de la façon dont Donald Trump aborderait les négociations du Brexit pour la Grande-Bretagne.

Au sujet du Brexit, Johnson a donné un aperçu remarquablement franc des arguments qui ont cruellement divisé le cabinet de May.

À l’heure du dîner, le reste de Westminster était saisi par les conjectures émises quant à l’avenir par d’autre pro-Brexit David Davis, mais Johnson a révélé aux militants qu’il était, lui aussi, très préoccupé par l’orientation des pourparlers.

Johnson a souligné qu’il ne transigerait pas sur les modalités définitives du traité concernant les futures relations économiques pour la Grande-Bretagne, mais il a déclaré que les partisans du Brexit risquaient d’aboutir à un accord bien moins favorable qu’ils ne l’avaient espéré. Le gouvernement est tellement effrayé par les perturbations économiques à court terme qu’il risque de gâcher les opportunités offertes par le Brexit, a-t-il dit. Il a tourné en ridicule les préoccupations concernant les perturbations aux frontières les qualifiant de « pur bogue du millénaire » et a déclaré qu’il était « incroyable » que la frontière de l’Irlande du Nord soit devenue un obstacle dans les négociations.

Johnson était le conférencier principal lors de la réception d’été de Conservative Way Forward [un des mouvements du Parti Conservateur nostalgique de l’époque Thatcher, NdT] à l’Institut des directeurs, mercredi soir. Parmi les autres députés conservateurs présents, mentionnons Conor Burns et Priti Patel, l’ancienne secrétaire au développement international.

Vers 20h30, un groupe d’une vingtaine de personnes triées sur le volet s’est rendu dans une salle privée pour un dîner. Pendant plus d’une heure, le secrétaire d’État aux affaires étrangères a répondu de manière exubérante et décomplexée aux questions des militants et a procédé à une évaluation des questions stratégiques et politiques les plus urgentes auxquelles le gouvernement britannique est confronté. Burns était également présent à ce dîner privé.

Interrogé au sujet de Donald Trump, Johnson a émis un avis positif sur le président américain et a même plaisanté en disant qu’il ne verrait pas d’inconvénient à ce que ce soit lui qui dirige les négociations sur le Brexit.

« J’admire de plus en plus Donald Trump » a déclaré Johnson. « Je suis de plus en plus convaincu qu’il y a de la méthode dans sa folie ».

« Imaginez Trump s’occupant du Brexit », a dit Johnson. « Il se donnerait à fond… il y aurait des crises de toutes sortes, de la pagaille. Tout le monde penserait qu’il est devenu fou. Mais en fait, il se pourrait qu’il arrive à bon port. C’est une très, très bonne idée ».

Passant en revue les menaces et les opportunités pour la politique étrangère Britannique, Johnson a déclaré qu’il souhaitait une approche « beaucoup plus vigoureuse » de la diplomatie britannique.

Interrogé sur la Russie, il a déclaré que le Royaume-Uni prenait la tête de la lutte contre les manœuvres hostiles dirigées par le Kremlin contre d’autres pays.

« [Vladimir] Poutine éprouve une profonde honte que le pays dont il est dirigeant ait vu son importance à ce point réduite au niveau mondial », a déclaré M. Johnson.

« Quand j’étais enfant, la Russie comptait vraiment. Aujourd’hui son économie est de la taille de celle de l’Australie. D’accord, elle a beaucoup d’armes nucléaires, mais son importance réelle dans le monde est grandement [diminuée]. Poutine est un revanchard. Il veut créer des problèmes. Il veut contrarier les gens comme nous ».

En réaction, le reste du monde doit rester « très déterminé », a dit M. Johnson.

Il a dit aux militants que May mettrait en avant un nouveau plan lors du G7 au Canada pour faire face à l’agression du Kremlin.

« Vendredi, Theresa May sera à Charlevoix au Canada pour le G7 », a déclaré le secrétaire d’État aux Affaires étrangères. « Elle proposera un plan britannique qui bénéficiera d’un soutien global pour mettre sur pied une unité d’intervention rapide afin d’identifier les agissements malveillants de la Russie… qu’il s’agisse de cyberguerre ou d’assassinats, pour les dénoncer et les identifier ».

« L’un des problèmes, c’est que la Russie est très bonne pour répandre la violence », a-t-il poursuivi. « Ils sont excellents pour ça. Nous devons réussir à les démasquer et à les dénoncer ».

Downing Street n’a pas souhaité commenter le projet d’unité d’intervention rapide. Une source d’un autre pays du G7 a confirmé que la proposition serait discutée lors du sommet, même si elle ne mentionnerait pas spécifiquement la Russie.

À la question de savoir si la Chine était un allié ou une menace, M. Johnson a répondu : « La Chine est un concurrent. La Chine est un concurrent, mais un concurrent dont la croissance et la puissance en plein développement peuvent être utilisées à notre avantage ».

Il a ajouté : « Nous devons nous rapprocher de la Chine sur le plan diplomatique, la traiter comme notre ami et notre partenaire, mais aussi reconnaître qu’il s’agit d’un concurrent sur le plan commercial. Et ils essaieront de nous rouler ».

Johnson a averti que les entreprises technologiques chinoises allaient détrôner les géants de la Silicon Valley et devenir les plus puissantes du monde. « Les Américains dirigent le monde de la technologie depuis des décennies. Microsoft, Google, Apple, tout ça – nous sommes habitués à ce qu’ils gagnent. Mais non. Ce sont les Chinois qui sont en passe de gagner. Ils ont la 5G. Ils ont trouvé un moyen. C’est par l’intermédiaire du système chinois et non du système américain qu’un jour on recevra des trucs sur nos gadgets . Il faut faire attention à ça ».

Au sujet du désarmement de la Corée du Nord, Johnson a dit : « Bien sûr, nous devons aider les Américains à le faire… Je viens de parler à Mike Pompeo, mon homologue au département d’État américain. Ce qu’ils attendent de nous, c’est que nous utilisions notre expertise nucléaire pour démanteler le missile nucléaire de Kim Jong Un. C’est ce qu’il m’a demandé de faire aujourd’hui ».

Johnson a dit qu’il « adorerait » visiter la Corée du Nord, il est convaincu que le Royaume-Uni exerce une influence là-base. Mais il a dit qu’il ne prévoyait pas de visite dans l’immédiat.

Au sujet de Brexit, Johnson a dit aux militants conservateurs que les pourparlers approchaient d’un « moment de vérité ».

« Je ne vais pas vous le cacher », a dit Johnson aux militants. « Il y a un débat en cours ».

Le Brexit se produira, « et je pense que ce sera irréversible », a dit Johnson. Mais il a ajouté : « Le risque, c’est que ce ne soit pas celui que nous voulons ».

Boris Johnson décrit ses craintes d’un mauvaise accord sur le Brexit.

Il y a de fortes chances pour que la Grande-Bretagne se retrouve avec un accord qui viole de nombreuses « lignes rouges » des partisans du Brexit, le contraignant à rester « un satellite de l’UE, dans l’union douanière et, dans une large mesure, toujours dans le marché unique », a dit M. Johnson. « Donc, nous ne bénéficierions pas vraiment d’une complète liberté en matière de politique commerciale, de tarifs douaniers ou de cadre réglementaire ».

Ce résultat a été poussé en particulier par le Ministère des finances, qui, selon Johnson, était « fondamentalement le cœur du mouvement anti-Brexit ». Cela signifierait que le Royaume-Uni quitterait l’UE sans pour autant reprendre le pouvoir sur ses propres affaires.

Clarifiant ses propres lignes rouges, M. Johnson a déclaré qu’il serait prêt à accepter de rester proche de l’UE même après mars 2019, date à laquelle le Royaume-Uni quittera officiellement l’UE, mais qu’il serait inflexible sur les conditions définitives de la future relation.

Boris Johnson accuse le Ministère des Finances d’être « le cœur du mouvement anti-Brexit ».

« Je serai disposé à accepter des compromis sur la durée, mais pas sur l’objectif final », a déclaré le secrétaire d’État aux militants.

Les anti-Brexit du gouvernement sont tellement inquiets du risque de perturbation dans l’après Brexit immédiat qu’ils ne voient pas les avantages à long terme, a dit M. Johnson.

« Ce qu’ils ne veulent pas, ce sont des tensions aux frontières. Ils ne veulent pas que l’économie soit ébranlée. Du coup, ils sacrifient tous les gains à moyen et à long terme par crainte de perturbations à court terme. Vous voyez ce que je veux dire ? Les gens sont tellement terrifiés par le risque de perturbations à court terme qu’ils sont devenus des loques tremblotantes ».

« Ils sont terrifiés par ces bêtises », a dit Johnson. « C’est du charabia ».

Johnson a riposté avec véhémence aux mises en garde contre le chaos qui serait provoqué par les retards aux frontières de la Grande-Bretagne, dont une analyse du Ministère des finances indiquant que les perturbations à Douvres pourraient entraîner des pénuries de denrées alimentaires et de médicaments si le Royaume-Uni ne parvenait pas à un accord.

Il y aurait des perturbations, a dit Johnson. « Oui, bien sûr. Il y aura quelques nids de poule sur la route ».

Mais les avertissements ont été exagérés.

Les « prophéties de malheur » au sujet de la désorganisation des douanes sont du « pur bug de l’an 2000 », a dit Johnson, en faisant référence à l’hystérie au moment du changement de millénaire.

« Tous les avions qui se crashent. C’est absolument absurde ».

Johnson rejette les préoccupations relatives à la perturbation des douanes qu’il compare au « bug de l’an 2000 ».

« On est au 21e siècle », a poursuivi Johnson. « Vous savez, quand j’étais maire de Londres… Je pouvais dire où était chacun d’entre vous après avoir validé sa carte de transports en commun sur une de ces bornes qu’on trouve dans les stations de métro. L’idée qu’on ne puisse pas suivre les mouvements de marchandises, c’est absurde ».

Et d’ajouter : « A moins de procéder à un vrai changement, d’avoir le courage d’opter pour la politique d’indépendance, vous n’obtiendrez jamais les avantages économiques du Brexit. Vous n’obtiendrez jamais les avantages politiques du Brexit ».

Il a déclaré que la polémique sur les différentes options pour la frontière de l’Irlande du Nord avait été complètement disproportionnée.

« C’est si petit et il y a si peu d’entreprises qui franchissent cette frontière régulièrement, c’est incroyable que nous acceptions que ce point dicte les débats. Nous acceptons que l’ensemble de notre programme soit déterminé par cette sottise ».

M. Johnson a déclaré que la solution technique pour les postes de douane préconisée par les pro-Brexit au sein du cabinet et connue sous le nom de « simplification maximale », était viable.

« Concentrez-vous sur une simplification maximale », a dit Johnson. « C’est ce que nous voulons. Résoudre le problème technique. Nous pouvons facilement trouver une solution qui nous permette d’avoir des échanges commerciaux avec le moins de frictions possibles… avec nos amis et partenaires du continent tout en étant en mesure de conclure des accords de libre-échange. Ce n’est pas inimaginable ».

Johnson n’était pas d’accord avec l’affirmation du directeur de HMRC [Her Majesty’s Revenue and Customs, Recettes et Douanes de Sa Majesté, organisme de collecte de taxes et redevances, NdT] selon laquelle la « simplification maximale » coûterait jusqu’à 20 milliards de livres sterling à l’économie britannique, en ajoutant des contrôles frontaliers supplémentaires pour les entreprises. « Non, nous ne pensons pas que ce soit réaliste du tout. C’est 10 ou 20 fois trop élevé », dit-il.

La Commission européenne négocie âprement pour tenter de prouver aux 27 autres États membres que cela ne vaut pas la peine d’essayer de partir, a déclaré M. Johnson aux militants.

« Je pense que Theresa va entamer une phase au cours de laquelle nous serons beaucoup plus combatifs avec Bruxelles », a-t-il dit.

« Il faut admettre qu’un désastre est possible. OK ? Je ne veux pas que quiconque se mette à paniquer pendant la crise. Pas de panique. Pro bono publico, pas de fichue panique. Tout va bien se terminer ».

Alex Spence est correspondant politique en chef de BuzzFeed News, est basé à Londres.

Source : BuzzFeed News, Alex Spence, 07-06-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Aladin0248 // 29.06.2018 à 06h57

Boris Johnson, un politicien médiocre, inculte, sans plus d’envergure que sa collègue Theresa May. . . L’équivalent anglais de ce que nous avons chez nous. Ces gens ne font pas l’histoire. Ils sont ballottés par elle comme des étrons flottant dans un égout.

39 réactions et commentaires

  • Fabrice // 29.06.2018 à 06h42

    Intéressant comme la Russie est accolée à la notion de Brexit, ou comment utiliser la tendance russophobe pour obtenir le meilleur accord possible avec l’UE .

    Autant j’admire un peuple qui a la volonté de garder sa souveraineté autant la méthode utilisée est minable et jette de l’huile sur le feu sur une situation qui peut vite échapper à tout contrôle.

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  • Aladin0248 // 29.06.2018 à 06h57

    Boris Johnson, un politicien médiocre, inculte, sans plus d’envergure que sa collègue Theresa May. . . L’équivalent anglais de ce que nous avons chez nous. Ces gens ne font pas l’histoire. Ils sont ballottés par elle comme des étrons flottant dans un égout.

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    • Fritz // 29.06.2018 à 07h24

      May ? Johnson ? Manu ? Le Drian ?
      Il est temps de tirer la chasse d’eau.

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    • Renard // 29.06.2018 à 09h27

      Je suis d’accord et pourtant l’élite anglaise est deja un peu moins idiote que la nôtre car eux au moins assume le Brexit et acceptent quelques unes des revendications du peuple (celles qui ne remettent pas en cause les structures inégalitaires), alors que notre élite est en opposition frontale avec le peuple et ce sur absolument tous les sujets. Je commence à comprendre pourquoi la Révolution a été bien plus violente et profonde en France qu’en Angleterre..

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  • basile // 29.06.2018 à 06h59

    je ne savais pas que Johnson était un « malade » à ce point. Sa russophobie est avancée au stade ultime. Dire qu’on l’avait applaudi pour le brexit.

    si parait-il il a menti pour obtenir le vote du brexit, on peut supposer que ce perfide rosbif en est capable également à propos de tout ce qui touche à la Russie.

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  • Emmanuel // 29.06.2018 à 06h59

    Intéressant tant sur la forme que sur le fond. Johnson est un pur produit de cette ‘élite” britannique. En revanche, c’est un peu ballot de laisser filtrer cette entrevue, à moins que cela ne soit volontaire, pour laisser passer quelques messages…. perfide Albion. Quand à son “admiration” pour Trump, juste un réflexe de ploutocrate exentrique, et qui ne se prend vraiment pas pour de la m***e.

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  • Alfred // 29.06.2018 à 07h18

    J’ai l’impression de revivre l’achat de rue 89 par le nouvel Observateur.

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  • Nerouiev // 29.06.2018 à 07h23

    Aussi hirsute à l’intérieur du crâne qu’à l’extérieur.

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  • Vjan // 29.06.2018 à 07h35

    Les gens sont des « loques tremblotantes », une pénurie de vivres et de médicaments ne sont que des « nids de poule sur la route », Poutine est fourbe et cruel, les Chinois des commerçants matois, Trump est lucide et dynamique.
    C’est fou comme le monde est simple vu d’en haut !
    Mépris de classe, pensée manichéenne simpliste, courte vue politique et bouffissure vantarde. Ça, on a les mêmes à la maison. Mais cette trahison, déblatérer des affaires de l’État au bar du coin avec ses copains, devrait faire scandale et provoquer un Johnsongate !

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  • Fritz // 29.06.2018 à 07h39

    Tiens ! On a installé un zoo au 10 Downing Street ?
    Gare au gorille…

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  • Bruno // 29.06.2018 à 07h58

    Est-ce qu’une hystérie russophobe peut envahir tout un être ? Apparemment oui.

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  • douarn // 29.06.2018 à 08h05

    « Nous devons nous rapprocher de la Chine sur le plan diplomatique, la traiter comme notre ami et notre partenaire, mais aussi reconnaître qu’il s’agit d’un concurrent sur le plan commercial. Et ils essaieront de nous rouler ».
    Comme dans le cas de n’importe quels accords entre pays, chaque partie essaie d’assurer au mieux ses intérêts. Cependant, dans le cas particulier de la Chine, il me semble que M. Johnson oublie que les chinois ont la rancune tenace au sujet de l’humiliation infligée par la GB pendant les 169 ans qu’a duré la guerre de l’opium. Je suppose que, plus que de “rouler la GB”, la Chine voudra laver son honneur vis à vis de la GB, nuance de taille…
    https://www.les-crises.fr/les-guerres-de-l-opium-2/

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    • Fritz // 29.06.2018 à 08h13

      La Grande-Bretagne occupant Hong Kong suite aux guerres de l’opium, c’est comme si la Chine avait occupé l’île de Wight durant cent cinquante ans.

      C’est beau, le « monde libre », et cela devient sublime quand il donne des leçons à la Chine.

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  • DUGUESCLIN // 29.06.2018 à 08h36

    L’Angleterre est (ou était) l’empire où le soleil ne se couche jamais.
    Son retour à une petite ile qui perd lentement mais sûrement sa prépondérance, fait que des gens comme Boris, mal fagoté qui donne l’impression d’avoir passé toute la nuit dans un pub, regarde le monde en retournant ses jumelles.. Ce n’est pas la Russie qu’il dépeint mais simplement ce que devient l’Angleterre.
    Les états-unis d’Amérique, comme une sorte de prolongement de leur empire, est le camp atlantiste, le leur, contre l’arrogance des européens. Ce camp est profondément anti-européen. Dès qu’un pays d’Europe émerge et joue un rôle important dans le monde, c’est l’hystérie en Angleterre, c’est la guerre. Les nations d’Europe ne peuvent exister que soumises à leur prépondérance, sinon ils les quittent, les divisent et les font se battre entre eux.
    De plus en plus de regards en Europe se tournent vers la Russie, ce qui est insupportable pour ce Boris qui ferait mieux de retourner au pub et y installer son QG, où, entre deux pintes il trouverait quelques adeptes parmi les hirsutes titubants pour se donner l’illusion d’une importance qu’il n’a pas.

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  • lecrabe // 29.06.2018 à 08h41

    Très intéressante cette brève entrevue lucide de la mise en place du Brexit et son torpillage de l’intérieur.
    Johnson n’a certainement pas tort d’imaginer qu’un Brexit dirigé par un Trump aurait certainement plus d’envergure que celui négocié par une May qui ne veut pas faire de vague et qui risque d’accoucher d’un Brexit light et d’une GB perdante sur de nombreux points. Les anti-brexit auront alors réussi à torpiller l’essentiel du projet de recouvrement de sa souveraineté par le RU.

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  • Duracuir // 29.06.2018 à 09h00

    Johnson mériterait d’être Yankee.
    Sinon, ce qui est rassurant c’est que le G7 n’a même pas évoqué cette proposition UK sur les “cyberattaques et assassinats” Russes.
    Gageons que la May a été renvoyé plutôt fermement dans ses fantasmes.

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  • Max // 29.06.2018 à 09h20

    Article intéressant sur le fond.
    La GB, en coulisse, admet qu’elle est devenue une puissance qui n’a plus la capacité to rule the world.
    D Trump apparaissant comme une ultime tentative de sauver les meubles, les réflexions de ses dirigeants sont simplement de savoir, en des termes triviaux, avec qui dans un avenir proche il faudra se réaligner, si D Trump échoue.
    Sur la guerre de l’opium, les autorités chinoises l’ont bien évidement subie comme une humiliation mais je ne pense pas qu’il y a un sentiment de revanche au sens violent du terme.
    La revanche n’ayant pas forcement besoin d’être militaire.
    Sur la Russie.
    C’est plus un sentiment d’impuissance qui prédomine, la GB et l’UE sont de plus en plus spectatrices des événements en Europe centrale, les troupes des USA ne leurs permettant point de devenir des acteurs y comprit et surtout sur le groupe de Vesigrad et cela encore plus qu’en Syrie, l’US Army par sa présence bloquant toute initiative de l’UE qui ne lui conviendrait pas.

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  • vert-de-taire // 29.06.2018 à 09h51

    l’impression de ces extraits : un gosse dans une guerre de quartier.

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  • Araok // 29.06.2018 à 09h56

    La GB occupe Jersey et Guernesey et Aurigny sans parler de Sercq.
    Mais que fait Macron?

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  • peyo // 29.06.2018 à 11h42

    Cet individu est un symbole de la décadence occidentale, l’objectif de guerre contre la Russie étant impossible à réaliser, il invente n’importe quoi, un névrosé paranoïaque fier de sa bêtise. Le monde tournera sans lui, il rejoindra les poubelles de l’histoire.

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  • weilan // 29.06.2018 à 13h10

    “La décadence occidentale” écrivez vous. Je pense que l’article ci-dessous peut vous intéresser:

    http://www.dedefensa.org/article/les-marqueurs-de-leffondrement-de-lempire

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  • wuwei // 29.06.2018 à 16h12

    En son temps Castoriadis avait écrit un essentiel : “la montée de l’insignifiance”. Lorsque l’on regarde qui est actuellement au pouvoir en Europe, aux USA et peu ou prou dans tous le monde occidentalisé, on ne peut que constater l’inexorable “montée des insignifiants”.

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  • Le Rouméliote // 29.06.2018 à 18h57

    Enfin un article rigolo ! Ce brave Johnson dit tout, n’importe quoi et son contraire. Il serait trop long de disséquer tout ça. Néanmoins, heureuse Grande-Bretagne qui va pouvoir mener une politique étrangère à sa guise et en changer en votant pour le camp d’en face, si elle ne lui convient pas ! Nous, nous n’avons pas cette chance, puisque nous restons dans l’UE.

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    • Alfred // 29.06.2018 à 19h51

      La politique étrangère de la grande Bretagne ne sera jamais autre chose que celle de la “city of London” (dont le talentueux farage est un digne représentant soit dit en passant…(brexit brexit…)). Johnson me fait penser à ces grands chiens fous et maladroits qui ravagent les massifs de fleurs. Une fois sifflés ils reviennent au peid.

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      Alerter
  • Pinouille // 29.06.2018 à 22h50

    Nombreux sont ceux qui se désolent du rétrécissement du discours de nos politiques européens: les De Gaulle, Churchill (et accessoirement Hitler, Staline), etc…, bref les faiseurs d’Histoire ont disparu.
    De mon point de vue, ce sont moins les hommes qui ont changé que les circonstances.
    Le temps est révolu où RU, France, Allemagne rayonnaient sur le monde via notamment leurs colonies respectives et/ou leur écrasante supériorité économique/militaire. A l’exception des USA qui déclinent et de la Chine qui perce (peut-être pas pour longtemps), les rapports de force entre pays se sont considérablement équilibrés et apaisés. Les guerres d’antan ont laissé la place aux tensions commerciales et économiques. Les enjeux sont devenus moins romanesques, mais ils sont aussi sensiblement moins meurtriers. Il faut juste espérer que cela dure, malgré les volontés éparses de rendre sa grandeur à… (au détriment de…)

    Certes, Poutine sort du lot. Il réussit l’exploit de faire exister son pays sur la scène internationale avec un PIB comparable à celui de l’Espagne (plus parlant pour nous que le PIB australien) et donc un PIB/habitant 4 fois moindre que le nôtre. Mais il n’y serait pas arrivé en dehors d’un régime autoritaire. Et on ne peut pas dire qu’il modèle l’économie de son pays pour lui permettre d’affronter les enjeux à venir. Bref, on peut le soupçonner de prioriser sa stature.

     2

    Alerter
    • Alfred // 30.06.2018 à 09h51

      Vous venez de démontrer que la puissance militaire autonome était plus importante que la puissance économique (en particulier quand elle nécessite la coopération extérieure) et ensuite vous vous désolez que Poutine ne change pas sa stratégie gagnante (en n’adaptant pas assez la Russie d’un point de vue économique)… Quelle est la logique? Il me semble que la Russie avance à son rythme sur tous les fronts (économique compris, loi’ d’être oublié) et qu’elle a juste les bonnes priorités pour assurer sa survie. Honnêtement j’ai du mal à trouver ailleurs un pays ayant eu un meilleur “rendement global” de ses investissements ces dernières décennies.
      On ne peut pas sortir du gouffre économique et rebâtir son industrie de défense et son armée et … et quoi? Offrir un aillephone et une barbe de bobo à tous les russes?

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      Alerter
      • Pinouille // 30.06.2018 à 11h34

        “Vous venez de démontrer que la puissance militaire autonome était plus importante que la puissance économique”
        Ce n’est pas tout à fait ce que je dis, et que je ne prétends en rien démontrer. Certes, puissances militaire et économique participent toutes deux à assoir l’autonomie d’un pays. Mais la première coûte cher et l’autre augmente le niveau de vie et finance la première.

        “et ensuite vous vous désolez que Poutine ne change pas sa stratégie gagnante”
        Je ne m’en désole pas: je ne suis pas russe. Sa stratégie est indéniablement gagnante pour l’autonomie de la Russie. Elle n’est peut-être pas optimale pour le niveau de vie des russes et la pérennité du système. L’économie du pays reposant essentiellement sur le pétrole et le gaz, on peut avancer sans trop de risque que quand ces ressources seront épuisées, la puissance militaire ne sera plus soutenable.

        ” Il me semble que la Russie avance à son rythme sur tous les fronts”
        Il me semble que non, réf “Poutine était gêné que l’économie de la Russie soit désormais moins forte que celle de l’Australie”. L’économie russe semble être plombée par la corruption.
        Mais ce n’est qu’un avis sans prétention: ma participation pour faire avancer nos réflexions individuelles. Tout avis contraire et argumenté est bienvenu.

        “Offrir un aillephone et une barbe de bobo à tous les russes?”
        Cette phrase, en revanche, marque un fossé idéologique entre nous. Je pense qu’il n’est pas sain et encore moins pérenne de décréter à la place du peuple ce qui est bon pour lui. Dit sans animosité aucune.

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        Alerter
        • Alfred // 30.06.2018 à 15h22

          “Je pense qu’il n’est pas sain et encore moins pérenne de décréter à la place du peuple ce qui est bon pour lui. Dit sans animosité aucune.” Mais je suis bien d’accord sur ce point.
          Par contre des choses comme: ” L’économie du pays reposant essentiellement sur le pétrole et le gaz, on peut avancer sans trop de risque que quand ces ressources seront épuisées, la puissance militaire ne sera plus soutenable.” me paraissent à coté de la plaque. Quand la Russie manquera de quelque ressource que ce soit le reste du monde sera déjà à sec et à genoux à l’implorer pour des miettes (d’ou l’interet de pouvoir defendre cet acquis). Mais surtout il y a une hiérarchie dans les compétences techniques. Il est moins difficile de faire un bon microprocesseur en comparaison d’un bon réacteur d’avion de chasse. Ce sont les erreurs de stratégie des uns qui font que certains autres seulement produisent des microprocesseurs (à un bas cout). C’est l’incapacité totale à la réalisation qui font que seuls trois pays sont capables de produire des réacteurs d’avions de chasse. Il faut du temps pour acquérir certaines technologies et il me semble que la Russie ne fait pas trop d’erreurs dans ses grandes orientations.

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          • Pinouille // 30.06.2018 à 18h35

            “Quand la Russie manquera de quelque ressource que ce soit le reste du monde sera déjà à sec et à genoux à l’implorer pour des miettes (d’ou l’interet de pouvoir defendre cet acquis)”
            C’est un scénario qui se défend et qui légitime une armée forte. Mais c’est un scénario parmi d’autres. Personne ne peut deviner le futur.
            Personnellement, je comprends la politique actuelle de Poutine. Il y a de la cohérence, notamment vis à vis du manque de cohérence d’en face. Mais je pense qu’il devrait maintenant accentuer ses efforts pour diversifier l’économie de la Russie et combattre la corruption. Pour la Russie et les pour russes. Cela ne se fera pas sur un claquement de doigt. Et je suppose que je régime autoritaire n’aide pas.

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  • Pierre D // 30.06.2018 à 05h24

    « Imaginez Trump s’occupant du Brexit », a dit Johnson. « Il se donnerait à fond… il y aurait des crises de toutes sortes, de la pagaille. Tout le monde penserait qu’il est devenu fou. Mais en fait, il se pourrait qu’il arrive à bon port. C’est une très, très bonne idée ».

    C’est l’apologie de la providence… des peroxydés des méninges.

    Je ne l’imaginais tout de même pas aussi désarmé, impuissant et désespéré… du gâteau pour l’UE (s’il en est).

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  • Pierre D // 30.06.2018 à 07h29

    « Imaginez Trump s’occupant du Brexit », a dit Johnson. « Il se donnerait à fond… il y aurait des crises de toutes sortes, de la pagaille. Tout le monde penserait qu’il est devenu fou. Mais en fait, il se pourrait qu’il arrive à bon port. C’est une très, très bonne idée ».

    Plutôt qu’une apologie de la providence. Je dirai simplement que ce n’est pas une apologie de la raison… de la marine à voile tout au plus.

    Un désarroi qui devrait profiter à l’UE puisque Johnson présente le Brexit comme une confrontation.

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  • RV // 30.06.2018 à 09h45

    M. Johnson a répondu : « La Chine est un concurrent. La Chine est un concurrent, mais un concurrent dont la croissance et la puissance en plein développement peuvent être utilisées à notre avantage ».
    ________________________________________
    à propos de la Chine,
    http://www.gresea.be/Volet-2-Les-nouvelles-routes-de-la-soie-le-cauchemar-de-Brzezinski-passe-par-l

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  • Jean Pierre Collignon // 30.06.2018 à 14h00

    Boris Johnson, l’art de faire diversion et de ce rassuré.

    Le ministre des affaires étrangère anglais aime à se faire plaisir en comparant le PNB de l’Australie et de la Russie, ça rassure. On compare ce qui arrange, on oublie ce qui gène.
    L’Inde, pays du Commonwealth et ancienne colonie, qui a pris son indépendance en 1947 dont le PNB aujourd’hui est de 2439 milliards de dollars et qui va à terme dépasser le Royaume Unis qui a un PNB de 2565 milliards (source FMI 2017), de cette évolution, monsieur Boris Johnson, est moi disert.
    Que de chemin parcouru depuis 1947, soyons fair-play.
    Wait and see.

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    • tconderoga // 30.06.2018 à 20h41

      Quand on veut calculer la richesse produite par un pays en un an (le PIB), on utilise le calcul PIB nominal, mais quand on veut comparer des pays et des économies différents employer le PIB nominal n’a aucun sens, on utilise plutôt le calcul PIB PPA (parité de pouvoir d’achat) qui est beaucoup plus pertinent en l’occurrence, et là, surprise,le PIB russe fait presque le double de celui du RU (chiffres du FMI et de la Banque Mondiale) donc les paroles de ce charlatan de Boris n’ont aucune valeur
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_(PPA)

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  • Myrkur349 // 30.06.2018 à 18h28

    Le type qui a refusé le pouvoir après la victoire du brexit avec son complice Farage n ‘est qu’un peintre. Sa vrai-fausse ou fausse-vrai interview est un amoncellement de conjonctures niveau café du commerce d’où il n’aurait jamais dû sortir.
    C’est un bateleur de foire, d’ailleurs c’est son rôle dans le gouvernement anglais, détourner l’attention.
    Grand bien lui fasse. Qu’a t’il donc fait de son bus électoral ?

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  • Myrkur349 // 01.07.2018 à 01h05

    Sans oublier l’eau tiède concernant les gafas chinoises qui vont passer devant celles des USA. Bigre, il l’a lue dans une blague carambar ?
    J’espère bien que la Chine rendra la monnaie de sa pièce à la Grande-Bretagne, a t’il connaissance des traités inégaux ? (cession de hong-kong pour 99 ans entre autres). Tout cela pour faire perdurer le commerce de l’opium produit en Inde et inondant la Chine. Un état dealer et qui provoque une guerre pour protéger ce commerce infâme. Je n’ai pas le souvenir dans l’histoire d’un cas similaire….
    Quand au speech sur la Corée du Nord, il faut en revenir à l’origine de l’article, buzzfeednews, juste la traduction situe le niveau de la véracité de cette feuille/silice de chou .
    Après on peut faire tous les mariages du monde et le ripolinage adjacent, quand çà pue, çà pue.

    La seule chose importante que se passe en GB en ce moment, c’est ceci:
    https://ww.laliberte.ch/news-agence/detail/vaste-incendie-dans-la-lande-anglaise-pres-de-manchester/445022
    Que chacun et chacune en tire les conclusions qui s’imposent.

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    • op // 04.07.2018 à 22h23

      “Un état dealer et qui provoque une guerre pour protéger ce commerce infâme. Je n’ai pas le souvenir dans l’histoire d’un cas similaire….” est-ce que le cas des USA allant guerroyer en Afgha. où, depuis leur arrivée, la production d’opium a explosé, serait comparable?

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  • Mario // 02.07.2018 à 20h46

    Parfois, j’aimerais être riche, très riche, car j’utiliserais ce pouvoir pour faire suivre CHACUNE des crapules qui nous dirige, pour leur préparer un beau gros dossier plein d’enregistrements, à leur insu évidemment, pour pouvoir les poursuivre devant la justice jusqu’à ce que les derniers ‘rats’ quittent le navire d’eux-même en voyant le tsunamis du peuple commencer à gronder !!!

    Je regardais justement hier un film intitulé ‘Miss Sloane’ ou celle-ci était assis devant des sénateur(un en particulier) qui voulait lui faire ‘cracher le morceau’ le tout suivit par des journalistes. À la fin de son interrogatoire, avant que le sénateur ne donnent ses conclusions, elle donne une adresse électronique à la salle, et on voit le dit sénateur dans un enregistrement entrain d’enfreindre son code de déontologie.

    Mon dieu, que cela doit-être doux pour la personne qui est suspecté d’un crime quelconque, quand son juge se fait prendre lui-même la main dans le sac !!!

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