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25.juin.202425.6.2024 // Les Crises

Le réchauffement climatique est particulièrement meurtrier pour les populations vieillissantes

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La hausse des températures mondiales et les vagues de chaleur mettent en danger des millions de personnes âgées, en particulier dans les pays du Sud.

Source : Truthout, Deborah Carr, Enrica De Cian, Giacomo Falchetta, Ian Sue Wing
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Une personne âgée se rafraîchit au bord d’une route par une chaude journée d’été dans la banlieue de Kolkata, en Inde, le 28 avril 2024. SUDIPTA DAS / NURPHOTO VIA GETTY IMAGES

Une vague de chaleur meurtrière s’est abattue sur de vastes régions d’Asie pendant plusieurs semaines en avril et mai 2024. Le 7 mai, en Inde, les températures ont dépassé les 43,3 degrés Celsius. Des politiciens en campagne, des présentateurs de journaux locaux et des électeurs faisant la queue ont souffert de syncopes sous l’effet de la chaleur accablante.

De l’extrême nord du Japon à l’extrême sud des Philippines, la chaleur implacable a fait des ravages dans la vie de tous les jours. Au Cambodge, les élèves et les enseignants ont été renvoyés chez eux, car leurs ventilateurs portatifs ne les protégeaient guère de la chaleur et de l’humidité étouffantes qui régnaient dans leurs salles de classe mal ventilées. En Thaïlande, des agriculteurs ont vu leurs récoltes se dessécher et ont déploré la perte de leur bétail qui a péri sous le soleil brûlant. Des centaines de personnes sont mortes à cause de la chaleur.

Ces dernières années, la majeure partie de la planète a souffert des effets désastreux de la chaleur extrême.

Dans le sud-ouest des États-Unis, à Phoenix, en 2023, une vague de chaleur qui a duré plusieurs semaines a été décrite comme « l’enfer sur terre » , alors que les températures atteignaient 43,3 C ou plus pendant 31 jours d’affilée. Au même moment, l’Europe a connu des températures élevées sans précédent causant la mort de centaines de personnes et provoquant des incendies de forêt dévastateurs en Grèce.

Quel que soit le lieu ou le moment où une vague de chaleur frappe, une constante s’impose : les personnes les plus âgées sont les plus susceptibles de mourir des suites d’une chaleur extrême, et cette crise va s’aggraver dans les années à venir.

Nous étudions le changement climatique et le vieillissement de la population. Nos recherches mettent en évidence deux tendances mondiales qui, conjuguées, laissent présager un avenir sombre.

Davantage de personnes âgées seront exposées au risque de stress thermique

Tout d’abord, les températures sont plus élevées que jamais. La période de neuf ans allant de 2015 à 2023 a connu les températures moyennes les plus élevées depuis le début des relevés mondiaux en 1880.

Deuxièmement, la population vieillit partout dans le monde. D’ici à 2050, le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus doublera pour atteindre près de 2,1 milliards, soit 21 % de la population mondiale. Actuellement, ce pourcentage est de 13 %.

En raison de la combinaison de ces facteurs, un nombre sans cesse croissant de personnes âgées vulnérables seront exposées à une chaleur qui va en s’intensifiant.

Pour comprendre les risques à venir, nous avons élaboré des projections démographiques pour différents groupes d’âge et les avons combinées avec des scénarios de changement climatique pour les décennies à venir. Nos analyses montrent que d’ici 2050, plus de 23 % de la population mondiale âgée de 69 ans et plus vivra dans des régions où les températures maximales dépassent régulièrement 37,5 °C, contre seulement 14 % aujourd’hui.

Cela signifie que 250 millions de personnes âgées supplémentaires seront exposées à des températures dangereusement élevées.

La cartographie des données montre que la plupart de ces personnes vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire disposant de services insuffisants et d’un accès limité à l’électricité, aux appareils de réfrigération et à l’eau potable.

Dans les régions historiquement plus fraîches du Nord de la planète, notamment l’Amérique du Nord et l’Europe, ce sera la hausse des températures qui entraînera principalement l’exposition des personnes âgées à la chaleur. Dans les régions du Sud, historiquement plus chaudes, comme l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, la croissance démographique et l’augmentation de la longévité signifient qu’un nombre fortement croissant de personnes âgées seront exposées à des risques de plus en plus élevés liés à la chaleur.

Les décideurs politiques, les communautés, les familles et les personnes âgées elles-mêmes doivent prendre conscience de ces risques et être préparés compte tenu de la vulnérabilité particulière des personnes âgées à la chaleur.

La chaleur extrême est particulièrement dévastatrice pour les aînés

Les températures élevées sont accablantes pour tout le monde, mais pour les aînés, elles peuvent être mortelles.

La chaleur extrême aggrave les problèmes de santé courants liés à l’âge, tels que les maladies cardiaques, pulmonaires et rénales, et peut provoquer des troubles mentaux. Les personnes plus âgées ne transpirent pas autant que les plus jeunes, ce qui fait que leur corps a plus de mal à se refroidir lorsque les températures grimpent. Ces problèmes sont aggravés par des médicaments prescrits couramment, tels que les anticholinergiques, qui réduisent encore la capacité à transpirer.

Passer du temps à l’extérieur par temps chaud et humide peut provoquer une déshydratation, un problème aggravé par les effets secondaires des médicaments prescrits tels que les diurétiques et les bêta-bloquants. Cela peut affaiblir les aînés et provoquer des étourdissements, augmentant ainsi le risque de chutes et de blessures. Ces menaces sont encore plus grandes dans les régions qui n’ont pas accès à une eau potable sûre et abordable.

Une mauvaise qualité de l’air complique la respiration, en particulier pour les personnes souffrant déjà de problèmes pulmonaires tels que la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).

Pour ce groupe affecté de problèmes de santé, des températures aussi basses que 26,7 C peuvent représenter un danger important. Et lorsque l’humidité atteint 90 %, même une température de 25,6 °C peut avérer dangereuse.

La chaleur nocturne est particulièrement dommageable pour les personnes âgées dont le logement n’est pas climatisé ou qui n’ont pas les moyens de faire fonctionner leur climatiseur pendant de longues périodes. La température idéale pour un sommeil réparateur chez les personnes âgées se situe entre 20 et 25 °C, et la qualité du sommeil diminue à mesure que la température augmente. Une nuit de sommeil agité peut entraîner une dépression et une confusion accrues pendant les heures d’éveil. Les médicaments peuvent également perdre leur efficacité s’ils sont conservés dans des endroits beaucoup plus chauds que 25 °C.

Les personnes âgées peuvent également éprouver des troubles émotionnels pendant les vagues de chaleur écrasante

Être cantonné à l’intérieur lorsque les températures sont insupportables peut les amener à s’ennuyer, à déprimer et à s’isoler. Celles souffrant de déficiences cognitives peuvent sous-estimer les dangers de la chaleur extrême ou ne pas comprendre les alertes canicule.

Les personnes dont la mobilité est réduite ou qui n’ont pas accès à des transports ne peuvent pas se rendre aisément dans les centres publics de rafraîchissement – s’il y en a un à proximité – ou trouver un soulagement dans les « zones vertes et bleues » voisines, telles que les parcs et les lacs.

Ces menaces sont particulièrement sérieuses dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, là où les personnes plus âgées sont plus susceptibles de vivre dans des logements insalubres et de ne pas avoir accès à des soins de santé de qualité, ou à des solutions pour se rafraîchir par temps chaud. C’est ce que nous appelons la « précarité systémique liée au refroidissement ».

Que peut-on faire ?

Les décideurs politiques peuvent s’efforcer de réduire les émissions de gaz à effet de serre dues aux combustibles fossiles utilisés par les véhicules, les centrales électriques et les usines, qui sont à l’origine du réchauffement de la planète, et élaborer des plans spécifiques pour protéger les personnes âgées des risques liés à la chaleur. Ces dernières et leurs aidants peuvent également prendre des mesures pour s’adapter.

Mais les efforts entrepris doivent tenir compte des spécificités de chaque région et de chaque population.

Les municipalités riches peuvent accroître les investissements publics dans les systèmes d’alerte précoce et les services de transport vers les centres climatisés et les hôpitaux. Elles peuvent utiliser des systèmes d’information géographique pour identifier les quartiers à forte concentration de personnes âgées et étendre les réseaux électriques pour gérer la demande croissante de climatisation.

Dans les régions où les logements sont insalubres, où l’accès à l’eau potable est limité et où les structures d’accueil publiques telles que les centres climatisés sont rares, des changements beaucoup plus importants sont nécessaires. Améliorer les soins de santé, l’accès à l’eau et au logement et réduire la pollution de l’air pour atténuer les problèmes de santé pendant les vagues de chaleur nécessitent des changements profonds et des investissements que de nombreux pays n’ont pas les moyens d’assumer.

L’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation panaméricaine de la santé annoncent que cette décennie sera cruciale en termes de préparation des communautés à la hausse des températures et aux risques liés au vieillissement de la population. Partout dans le monde, les chercheurs, les praticiens et les décideurs politiques pourraient sauver des vies si leur appel était entendu.

*

Deborah Carr est professeure émérite de sociologie et directrice fondatrice du Centre d’innovation en sciences sociales de l’université de Boston. Elle a écrit de nombreux ouvrages et articles sur la mort et le décès, le deuil, les relations familiales au cours de la vie et la stigmatisation associée aux problèmes de santé, notamment l’obésité et le handicap. Elle a publié plus de 120 articles et contributions, ainsi que plusieurs ouvrages, dont Golden Years ? Social Inequality in Later Life (Russell Sage, 2019), Aging in America (University of California Press, 2023), et Worried Sick : How Stress Hurts Us and How to Bounce Back (Rutgers University Press, 2014), ainsi que plusieurs manuels coécrits, dont Introduction to Sociology et The Art and Science of Social Research (tous deux chez W. W. Norton). Elle est également corédactrice du Handbook of Aging & Social Sciences, 9e édition (Elsevier, 2021). Elle a été rédactrice en chef du Journal of Gerontology : Social Sciences (2015-20) et est rédactrice en chef actuelle du Journal of Health & Social Behavior (2023-26). Elle est également chercheuse en chef de la National Longitudinal Survey of Youth 1979 (NLSY79). Elle a reçu le Matilda White Riley Distinguished Scholar Award en 2022 et le Mentoring Award en 2023 de la section Aging & the Life Course de l’American Sociological Association. Elle est membre élue de l’American Academy of Arts & Sciences, membre de la Gerontological Society of America et membre honoraire de la Sociological Research Association. Ses travaux sont publiés dans les médias nationaux, notamment CNN, le New York Times, USA Today, la télévision publique et autres.

Enrica De Cian est professeure d’économie de l’environnement à l’université Ca’ Foscari de Venise (Italie), chercheuse à la Fondazione Centro Euro-Mediterraneo sui Cambiamenti Climatici (CMCC) et à l’Institut européen RFF-CMCC sur l’économie et l’environnement. Elle est titulaire d’une bourse ERC Starting Grant dans le cadre du projet ENERGYA – Energy use for Adaptation (utilisation de l’énergie pour l’adaptation). Elle coordonne le master de Ca’ Foscari en science et gestion du changement climatique. Auparavant, elle était chercheuse à la Fondazione Eni Enrico Mattei (FEEM) et a collaboré avec plusieurs organismes de recherche en Europe (CEPS, ZEW) et aux États-Unis (Joint Program at MIT, Boston University). Ses recherches portent sur les impacts mondiaux du changement climatique sur l’économie, la société et le développement durable. Elle travaille avec des modèles d’évaluation intégrée et des approches économétriques et statistiques.

Giacomo Falchetta est chercheur titulaire d’une bourse postdoctorale dans le cadre du programme Énergie, climat et environnement de l’IIASA (Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués) et scientifique au Centre euro-méditerranéen sur le changement climatique dans le cadre du programme conjoint CMCC@Ca’ Foscari. Son travail repose sur l’analyse intégrée énergie-économie-environnement. Il coordonne les activités de modélisation dans le projet H2020 LEAP-RE – RE4AFAGRI (Renewables for African Agriculture) et collabore avec le projet ERC EnergyA (Energy for Adaptation) du professeur Enrica De Cian. Auparavant, il était chercheur dans le cadre des programmes énergétiques de la FEEM (Fondazione Eni Enrico Mattei) et de l’université libre de Bozen-Bolzano, et il a été membre du conseil consultatif d’EarthArXiv. Son travail comprend des recherches basées sur les données, principalement par le biais d’une analyse empirique et technico-économique des questions énergétiques et environnementales et des implications politiques qui en découlent. Il est convaincu que le pouvoir des données (en particulier l’analyse géospatiale et la télédétection) permet de renforcer à la fois la recherche et la politique.

Ian Sue Wing est professeur au département de la Terre et de l’environnement de l’université de Boston. Il mène des recherches et enseigne l’analyse économique des politiques énergétiques et environnementales, en mettant l’accent sur le changement climatique et l’analyse de l’équilibre général computationnel (EGC) de l’ajustement économique aux politiques et aux chocs environnementaux naturels. Ses recherches actuelles portent sur les conséquences économiques du changement climatique dans divers domaines (systèmes énergétiques, agriculture et sylviculture, santé humaine), sur la capacité de la société à atténuer les émissions futures de gaz à effet de serre et sur la simulation des impacts économiques régionaux liés aux catastrophes naturelles. Une grande partie de ce travail consiste à établir les liens structurels entre les modèles EGC et les modèles économétriques des impacts climatiques, ou les simulations de processus ascendants basées sur la science ou l’ingénierie des systèmes énergétiques, des agro-écosystèmes et des risques naturels. Il a été financé par la Commission californienne de l’énergie, l’Office of Science du ministère américain de l’énergie, l’Agence américaine de protection de l’environnement, l’U.S. Geological Survey, l’Institut national de l’alimentation et de l’agriculture et la National Science Foundation. Il a été membre de groupes de conseils et de contrôle pour le ministère de l’énergie, l’agence de protection de l’environnement, le conseil national de la recherche et la NSF, et a contribué à l’AR5 du GIEC et à la troisième évaluation nationale du climat en tant qu’auteur.

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

Nadji Khaoua // 25.06.2024 à 10h55

Les auteurs mettent l’accent sur « les décideurs politiques » pour atténuer les effets du changement climatique sur les personnes âgées. Mais tentons d’aller plus loin et posons la question: « les décideurs politiques » sont – ils ceux qui réellement disposent du pouvoir d’atténuer sinon de lutter contre le changement climatique ?
Le débat devrait être focalisé sur les « décideurs économiques », particulièrement ceux des firmes globales. Ce sont ces derniers qui dirigent et orientent en fonction de leurs profits l’économie du monde, particulièrement celle des principaux pays du G.7. Leur objectif unifié est : plus de profits nets immédiatement quelles que peuvent être les impacts environnementaux.
Le débat devrait également être orienté vers les programmes d’enseignement universitaire et de recherche en « économie de l’environnement ». Où, dans quelle université, du Nord au Sud, cette discipline est elle enseignée en tant que telle ? Où, dans quelle structure de recherche fait elle l’objet de recherches scientifiques continues ?
En fait, la domination du néolibéralisme dans l’enseignement de la science économique entraîne une sorte de « saucissonnage » de l’enseignement et de la recherche de telle sorte que les différents aspects du changement climatique sont abordés sans aucune vue d’ensemble pour justement cacher la responsabilité première des « décideurs économiques et leurs cupidité insatiable » dans l’explosion des phénomènes indésirables climatiques et environnementaux.

Nadji Khaoua
Philosophie de l’économie, prospectiviste.
Independant.
pr.nadjikh@gmail.com

18 réactions et commentaires

  • Nadji Khaoua // 25.06.2024 à 10h55

    Les auteurs mettent l’accent sur « les décideurs politiques » pour atténuer les effets du changement climatique sur les personnes âgées. Mais tentons d’aller plus loin et posons la question: « les décideurs politiques » sont – ils ceux qui réellement disposent du pouvoir d’atténuer sinon de lutter contre le changement climatique ?
    Le débat devrait être focalisé sur les « décideurs économiques », particulièrement ceux des firmes globales. Ce sont ces derniers qui dirigent et orientent en fonction de leurs profits l’économie du monde, particulièrement celle des principaux pays du G.7. Leur objectif unifié est : plus de profits nets immédiatement quelles que peuvent être les impacts environnementaux.
    Le débat devrait également être orienté vers les programmes d’enseignement universitaire et de recherche en « économie de l’environnement ». Où, dans quelle université, du Nord au Sud, cette discipline est elle enseignée en tant que telle ? Où, dans quelle structure de recherche fait elle l’objet de recherches scientifiques continues ?
    En fait, la domination du néolibéralisme dans l’enseignement de la science économique entraîne une sorte de « saucissonnage » de l’enseignement et de la recherche de telle sorte que les différents aspects du changement climatique sont abordés sans aucune vue d’ensemble pour justement cacher la responsabilité première des « décideurs économiques et leurs cupidité insatiable » dans l’explosion des phénomènes indésirables climatiques et environnementaux.

    Nadji Khaoua
    Philosophie de l’économie, prospectiviste.
    Independant.
    pr.nadjikh@gmail.com

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    • Auguste Vannier // 26.06.2024 à 12h27

      Pour aller dans votre sens, voir le remarquable ouvrage de l’ économiste Cédric Durand et du sociologue Razmig Keucheyan, « Comment Bifurquer, les principes de la planification écologique », Zones, 2024. Les situations de crise (guerre, pandémie, catastrophes,…) ont déclenché une « repolitisation de l’économie » en abandonnant les « régulations du marché » et les principes du neo-libéralisme au profit de décisions des pouvoirs publics pour organiser une allocation des ressources en fonction de besoins existentiels prioritaires, par les moyens de la planification rationnelle, dans les laquelle les décideurs économiques doivent se subordonner aux décideurs politiques; « Avec la crise environnementale, la socialisation politique prend de l’importance…l’État est amené à prendre en charge de plus en plus de risque environnementaux, aussi bien financièrement qu’en terme de sécurité civile-catastrophes naturelles, pollutions, effondrement de la biodiversité, raréfaction des ressources » (p.54).

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    • Déclinorator // 27.06.2024 à 09h22

      Si demain le monde ( le « milliard doré » en Occident voulant imposer ses « bonnes solutions » aux qq 7 milliards d’humains travaillant pour améliorer leur situation matérielle et donc osant vouloir consommer l’énergie nécessaire ) si tous cessions toutes émissions de GES ( en position du lotus et en apnée ) le réchauffement lui ne cesserait d’augmenter puisque les émissions déjà émises depuis 30 ans sont « en cours de saturer l’atmosphère pour augmenter sa concentration relative au plafond de verre de la serre » ( écouter Jancovici quant à ce phénomène d’émission « déjà embarquée » cette irréversibilité … temporaire – 30 ans sans remise de peine ) « Faut faire quelque chose ! «  demeure l’injonction rassurant toujours et encore les foules ainsi que souvent le départ et l’excuse pour s’engager dans de petites ou grandes catas. Nous rappelons qu’il est non seulement amoral mais néfaste pour le bougisme démocratique d’admettre que, non, les êtres humains ne peuvent modifier le climat quand bien même leur activité serait à l’origine d’un changement regrettable de celui ci.

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      • Catherine // 27.06.2024 à 17h30

        Si « leur activité serait à l’origine d’un changement regrettable de celui ci », alors pourquoi les êtres humains ne peuvent « modifier » le climat ou en atténuant au moins le dérèglement ? Car au-delà des émissions de CO2, nous avons aussi d’autres impacts TROP importants sur Terre (et tout le monde n’a pas le même impact). En réduisant ou arrêtant l’extraction de minerais, en arrêtant de dynamiter des montagnes (laissant des vents passer, n’arrêtant pas les nuages), en recyclant, en achetant moins de neuf, réduisant nos pollutions, réduisant notre vitesse de vie, en réfléchissant si c’est vraiment nécessaire chaque fois que nous artificialisant le sol, en laissant la nature se développer etc ; à grande échelle, cela peut modifier le chemin que nous prenons.

        « L’interdépendance économique croissante, les catastrophes écologiques, les conflits liés à l’approvisionnement en eau et le changement climatique exigent une nouvelle prise de conscience de nos intérêts communs, une nouvelle fraternité essentielle si nous voulons éviter une catastrophe planétaire. » (Jiddu Krishnamurti, philosophe indien)

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  • Jalmi // 25.06.2024 à 11h50

    Il y aurait fallu une bonne canicule avant les législatives.

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  • Bouddha Vert // 25.06.2024 à 12h00

    Thèse au développement intéressant, cependant l’analyse prospective semble faire comme si par ailleurs tout le reste du système fonctionnera correctement… continuum sur les disponibilités énergétiques, alimentaires, facilité de transport, maitrise de l’usure des infrastructures, compétences techniques et technologiques disponibles quand et là où il faut…
    Bref, cette fenêtre si elle donne à voir les changements d’un petit élément du tableau, exclusivement anthropocentré, omet manifestement ce que la technostructure et le biotope vont également subir, à tel point qu’il n’est pas interdit de penser que le thème évoqué sera anecdotique, à voir…
    Les sciences sociales sont nées dans des pays en croissance économique, là où le développement a commencé son oeuvre, elles sont un des nombreux enfants du temps libéré par les machines pour sortir du champs, des travaux harassants pour la majorité des populations et tout cela dans un monde infini ou presque!
    Pour ne pas qu’elle se fourvoie dans le champs exclusif des besoins, des désirs, cette chaire va devoir encadrer ces préconisations avec un cadre beaucoup plus vaste que celui de l’article, afin de bien intégrer la compréhension que notre économie, nos finances, nos rêves, nos moyens dépendent à terme presqu’exclusivement de ce que la terre donne et de ce qu’on lui prend.
    On a déjà moins de ressources qu’hier, et même si c’est plus que demain, inutile d’investir ce qu’il reste dans des utopies naïves.

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  • Savonarole // 25.06.2024 à 13h42

    Il va bien falloir trouver des raisons pour la mortalité accrue des vieux, sinon ça va se voir que le système merde et a merdé .
    Donc , ceux qui vont canner « avec la chaleur » seront les vieux pauvres déjà polysymptomatiques et plus soignés des pays riches. Les Africains et les Indiens qui ont 65 ans d’esprérance de vie de toutes façons sont mathématiquement pas concernés (le mec sur la photo il a 55~60 ans , il a l’air d’en avoir 80 car il a été cassé par une vie de misère). Les vieux bourges en polycliniques climatisées s’en battent les reins , ils vont vivre jusqu’à 90+ eux.
    Mais c’est « le climat » alors « on » y peut rien et donc « on » va rien faire … j’en ai marre qu’on insulte mon intelligence à longueur de presse !

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  • petitjean // 25.06.2024 à 14h20

    Illustrer cet article par « une personne âgée qui se rafraîchit au bord d’une route par une chaude journée d’été », est d’un ridicule achevé !!

    Oui, en Inde il fait très chaud l’été, oui en Inde il y a encore une pauvreté extrême. Et il y a dans le monde de très nombreux pays où il fait très chaud l’été. Depuis combien de millénaires ?

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    • Lt Briggs // 25.06.2024 à 15h10

      Je ne dis pas que la photo d’illustration mériterait de remporter un prix, mais auriez-vous vraiment préféré voir plutôt le cadavre d’une des dizaines de personnes mortes en Inde en raison de la chaleur ? N’auriez-vous pas crié à la manipulation, à l’indécence, voir au sensationnalisme ?
      https://www.bbc.com/afrique/articles/c4nnj60z7j3o#:~:text=Plus%20de%2050%20personnes%20sont,%C3%A0%20cause%20de%20la%20chaleur.

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      • petitjean // 25.06.2024 à 21h12

        toutes nos maisons de retraite, tous nos établissements de santé , ont-ils l’air conditionné ?

        et si on commençait par se préoccuper des nôtres !………………..

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        • Lt Briggs // 25.06.2024 à 21h54

          « et si on commençait par se préoccuper des nôtres ! »

          C’est un argument extrêmement pauvre, surtout sur un sujet tel que le réchauffement climatique… Après ceux qui nous ont vendu l’arrêt du nuage de Tchernobyl à la frontière, vous allez nous vendre la ligne Maginot anti-canicule ? N’avez-vous pas l’impression qu’on est tous dans le même bain ? Si le réchauffement est planétaire, ce sont les peuples de tous les pays qui sont concernés.

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    • jp // 25.06.2024 à 15h32

      en Inde il fait très chaud OK mais là, ça empire : inondations, canicule etc.
      comme j’ai trouvé plein donc trop d’articles sur le sujet, je ne vous mets pas de liens.

      Cherchez donc « changement climatique en inde » dans votre moteur de recherche

        +3

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  • Grd-mère Michelle // 25.06.2024 à 15h29

    Article écrit trop tôt, sans doute, que pour évoquer l’hécatombe survenue lors du récent pèlerinage à La Mecque(pas obligatoire, que je sache, sauf si on veut « gagner une place au paradis »…). L’ignorance et l’obscurantisme sont inadmissibles à notre époque de « communication instantanée »…
    Rappeler aussi que le maximum de victimes de la « crise sanitaire du covid 19 » ont été des personnes âgées…qu’on a laissées mourir dans une solitude effroyable, en tout cas en Belgique: ce qui est bien plus « alertant », de mon point de vue, que les nouvelles conditions climatiques, auxquelles, tou-te-s ensemble, civilement,intelligemment et solidairement, nous devons faire face sans trop compter sur les « autorités »… et parfois en dépit de leurs « dictats »…

    Voir aussi la brochure »La pollution de l’activité militaire: un fantôme à dévoiler » publiée par la Coordination Nationale des Actions pour la Paix et la Démocratie, disponible gratuitement sur son site http://www.cnapd.be, qui démontre l’absurdité et la nocivité des perpétuels affrontements qui « distrayent » l’humanité de son essentielle « sécurité »… et pompent toute son énergie imaginatrice, ses forces et son pognon!
    Déclaration du Pape François le 25/12/2023, diffusée sur toutes les ondes internationales:
    « Pour dire NON à la guerre, il faut dire NON aux armes »
    Pour une fois qu’une des plus hautes autorités religieuses émet une parole réellement utile…

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    • jp // 25.06.2024 à 20h49

      Pour dire NON à la guerre, il faut dire NON aux armes »

      il a oublié 800 000 morts tués principalement par des machettes au Rwanda, ce ne sont pas des armes au départ

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      • Catherine // 26.06.2024 à 12h41

        @ JP,
        C’est vrai que ce « slogan » n’est pas juste. Ce n’est pas faire disparaître la guerre en faisant disparaître les armes.
        Pour autant, en supprimant les armes, cela supprime la FACILITE et RAPIDITE de tuer une personne. 800 000 personnes ont été aussi tuées par des fusils et gourdins (en 100 jours) par combien de personnes ? https://www.france24.com/fr/afrique/20240407-g%C3%A9nocide-des-tutsi-au-rwanda-une-plong%C3%A9e-dans-l-horreur-%C3%A0-hauteur-d-historiens

        Le Japon avait banni les armes à feu pendant un temps et c’était devenu « le temps des samouraï », il me semble. La 1ère guerre mondiale aurait-elle fait autant de morts et blessés (sans parler de destructions de l’environnement et êtres vivants) sans bombes et sans armes à feu (sur terre et dans les airs) ?
        Sans arme à feu, encore plus de personnes peuvent s’enfuir plus facilement sans être atteint ou peuvent ne pas être blessée considérablement. Nous pouvons constater le contraire aux sein des Etats-Unis. Des personnes peuvent acheter des armes automatiques, des FUSILS D’ASSAUT genre comme des mitraillettes. En 2017, à Las Vegas, un seul homme situé en haut d’un bâtiment a pu tuer au moins 59 personnes et blesser 527 autres pendant un concert. Alors que des personnes mortes ou blessées au couteau par UNE personne ne sont pas aussi nombreuse.

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    • Grd-mère Michelle // 26.06.2024 à 11h43

      Oui, j’y ai pensé aussi, ayant été particulièrement touchée par cette tragédie au Rwanda…

      À rappeler, quand même, qu’elle a été déclenchée par la mort de l’ex-président, dans son avion abattu (par qui?) grâce à je ne sais quelle bombe… après qu’une haine virulente ait été propagée activement par une « radio des mille collines », machine/outil/arme de propagande efficace dans ce petit pays…
      Et qu’elle fut, de mon point de vue, la conséquence d’un colonialisme obstiné qui se poursuit sous forme « d’investissements »…

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  • RGT // 27.06.2024 à 03h58

    Les indiens ou autres « bougnoules » qui crèvent suite au dérèglement climatique, « nos » dirigeants et les médias s’en foutent.

    Et si il y a une recrudescence de décès de vieillards en occident, les médias et les politicards en seront désolés (particulièrement Macron et sa clique mais pas que) car ils verront fondre leur stock d’électeurs.

    Par contre après de nombreux effets de manches à la Gérard Majax, absolument RIEN ne sera fait car les actionnaires refuseront de voir fondre leurs dividendes pour le « confort » de quelques parasites nauséabonds et inutiles qui sont aussi à l’origine des « Charges sociales scandaleuses » arrachées de leurs poches qui serait bien mieux dans leurs poches ou dans des circuits financiers qui leur profitent tant.

    Je dirais même que pour tous ces hypocrites, les décès des vieillards sont une bénédiction, une manne céleste car ça fait moins de « bouches inutiles » à nourrir et de « charges sociales » à payer.

    Ensuite, bien sûr, qui ira payer pour financer des « machins » censés permettre d’assurer le « confort » et permettre de « contrer les effets des canicules mortelles » ?

    Je vous demande donc de vous rappeler la fameuse « journée de solidarité envers les personnes âgées et handicapées » imposée suite à l’incurie gouvernementale durant la canicule dévastatrice de 2003 par le « grand » Raffarin…

    C’est une vaste escroquerie car le montant qui était reversé à l’état par les entreprises correspond en fait à moins du quart des sommes réellement prélevées sur les salariés, le reste étant sans doute réparti entre les actionnaires pour les indemniser de « cette perte nette ».
    En faisant le calcul je n’avais RIEN trouvé à l’époque sur ces sommes « évaporées par magie ».

    Les professions libérales (et bien sûr les »divins élus », mais chut!!) en sont exemptés.

    Quant à la finance, on ne va pas l’embêter avec des tracasseries sournoises.

    Pour les retraités, principales victimes des canicules et du démantèlement des systèmes de santé, c’est double peine : Ils se font aussi racketter sans pour autant bénéficier des mesures efficaces revendiquées dans les publicités de propagande de tous les gouvernements, quelque soit leurs « valeurs » politiques.

    Et pour les victimes civiles de conflits armés, d’attentats ou de « balles perdues » c’est exactement la même chose car les « élites » pensent qu’elles ne sont aussi que des bouches inutiles à nourrir, des parasites nuisibles qui ne servent aussi que de prétexte pour aller racketter les pouilleux des « pays développés ».

    Que les pouilleux crèvent est une bénédiction pour les « élites ».

    Mais pas trop quand-même car ensuite qui servira d’esclave pour produire les merdes inutiles qui rapportent tant, qui torchera leurs gamins et fera le ménage dans leurs résidences et qui bien sûr achètera leurs merdes si profitables ?

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