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10.février.202110.2.2021
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Joe Biden va-t-il réellement doubler le salaire minimum aux États-Unis ?

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« Avec l’établissement de ces standards rudimentaires, nous devons viser à construire, à travers une organisation administrative appropriée, un salaire minimum, sur des bases de justice et de raison, industrie par industrie, aussi porter un regard fait d’obligation sur les inégalités locales et géographiques de manière générale et sur les conséquences des conditions de travail déloyales dans les rapports de concurrence dans les échanges commerciaux entre les Etats et sur le maintien de rapports industriels harmonieux. »

Roosevelt, Discours au Congrès dans le but d’établir un salaire minimum et un maximum d’heures ouvrées – 24 mai 1937

Parmi les premières mesures prises par la toute jeune administration Biden, le doublement du salaire minimum fédéral américain de 7, 25 à 15 dollars. Cette augmentation significative fait écho aux fortes mobilisations de la société civile américaine, à l’image du collectif « fight for 15 ». Ce dernier né en 2012 à l’initiative de salariés de la restauration rapide a eu pour objectif d’imposer cette tarification horaire revalorisée un peu partout dans le pays. A la veille de l’élection, six États américains avaient déjà procédé dans ce sens.

Le choix de l’administration Biden de procéder à cette augmentation était aussi une commande de l’aile gauche du parti démocrate représentée notamment par Bernie Sanders et Alexandra Ocasio Cortez. Une connaissance hâtive des États-Unis laisserait accroire que les mobilisations récentes sont de nature sociétale (droit des minorités, racisme, port d’armes à feu).

Il serait faux de croire que la question sociale est passée en arrière-plan dans un pays profondément inégalitaire et caractérisée par l’appauvrissement de fractions de plus en plus larges de la population.

Le Salaire minimum : un héritage rooseveltien

La première tentative d’établir un salaire minimum apparaît au début du XXe siècle au cours de la période de « l’ère progressive » en 1912. Mais c’est le Fair Labor Standard Act de 1938 de la présidence Roosevelt qui représente véritablement son acte de naissance.

Depuis le 24 juillet 2009, le salaire minimum au niveau fédéral est de 7,25 dollars. Dans une fédération comme les États-Unis, cela signifie que ce minimum fédéral s’impose à tous les États. Si encore après 2009, la législation de certains États définissait un salaire minimum inférieur à 7,25 dollars, dans les faits, ce minimum de 7,25 dollars s’applique partout. Par ailleurs, les États restent libres de le situer au-dessus de 7,25 dollars.

29 États ont un salaire minimum qui dépassent la norme standard. Il a fait l’objet d’une indexation récente sur l’indice des prix à partir de 1998 dans certains États pour assurer le pouvoir d’achat des salariés.

Le salaire minimum américain est loin d’être uniforme dans toute la fédération puisqu’il se situe à son minimum dans le Kentucky, dans l’Alabama, dans le Tennessee pour ne citer que ces derniers pour atteindre des niveaux supérieurs dans l’État de Washington à 13,50 dollars ou encore en Californie à 13 dollars. En 2020, 16 États ont procédé à une revalorisation de ce salaire. Ils étaient 7,7 millions à le percevoir en 1980, ils ne sont plus qu’un 1,9 million en 2019.

Le salaire minimum américain, une évolution heurtée : déconnexion d’avec la productivité et divergence accrue avec le salaire médian

La théorie néoclassique avec J Bates Clark indique que les salaires doivent progresser en fonction de la productivité marginale du travail. Dans une perspective plus keynésienne, des économistes comme Kaldor ou Robinson insistent sur le fait que profits et salaires doivent suivre la croissance de la productivité.

Productivité marginale : elle désigne la productivité du dernier facteur de production utilisée. Ainsi la productivité marginale du travail, est l’efficacité productive de la dernière unité de travail employée.

Ce fut l’essence même du compromis fordiste au sens de l’école de la Régulation (Aglietta, Boyer, Lipietz, Mistral). Malgré des conditions de travail difficiles, les travailleurs devaient se voir garantir une revalorisation de leurs revenus en fonction de la croissance des gains de productivité au cours des Trente Glorieuses.

Compromis fordiste : Terme issu de l’école de la régulation qui désignait théoriquement le compromis ou accord entre les deux forces opposées de la révolution industrielle : le capital et le travail. Les travailleurs voyaient leur pouvoir d’achat revalorisé en fonction de la croissance de la productivité, mais les travailleurs devaient se plier aux méthodes de production de masse.

École de la régulation : Une des principales écoles de l’hétérodoxie économique. On la doit entre autres aux travaux de M Aglietta, et Robert Boyer dans le milieu des années 1970 . Elle a pour objectif d’expliquer le passage de la croissance à la crise sans recourir à l’idée de chocs externes propres aux analyses plus libérales. Pour ces dernières, le système économique a une capacité de régulation par un système de prix flexibles, mais qui est provisoirement perturbé par des chocs d’offre ou de demande, mais exogènes. On peut penser par exemple un choc pétrolier, un choc sanitaire.

Pour l’école de la régulation, il s’agit de s’intéresser à la reproduction du système capitaliste, à travers différents régimes d’accumulation du capitalisme successif ayant chacun un mode de régulation spécifique.

Dans le cas américain, si le salaire minimum avait dû suivre l’évolution de la productivité, il aurait dû être de 6,68 dollars en 1950, de dix dollars en 1968, et atteindre 22,19 dollars en 2024. Si l’on accepte cette statistique, on comprend mieux l’ampleur du retard accumulé en matière de pouvoir d’achat pour les plus pauvres. De 1997 à 2007, il n’a pas connu de progression. On peut dire qu’en dollars constants de 2016, il a perdu 1/3 de sa valeur depuis 2016.

Il est intéressant aussi d’observer les évolutions parallèles pour ne pas dire concurrentes, entre le salaire minimum et le salaire médian. En 1970, le salaire horaire médian pour un temps plein était de 19,23 dollars et le salaire minimum était de 10,15 dollars. En 2020, le premier était passé en taux horaire à 22,36 dollars et le salaire minimum à 7,25 dollars. L’écart s’est creusé significativement en 50 ans. L’appauvrissement des catégories plus défavorisées est net.

Salaire médian : Salaire tel que la moitié des salariés de la population considérée gagne moins et l’autre moitié gagne plus

Qui sont les détenteurs du salaire minimum aux États-Unis ?

Si on devait dessiner un portrait type du détenteur du salaire minimum, on verrait apparaître plutôt une femme, âgée de 36 ans en moyenne et de 20 ans pour les plus jeunes, non mariée en large majorité. Pour les hommes, 37% d’entre ceux qui perçoivent ce salaire minimum ont plus de 40 ans. 57% sont à temps plein. Ce sont des individus peu qualifiés peu diplômés. Moins de la moitié des détenteurs du salaire minimum sont à temps plein.

Dans ce sens, plus de 42% des salariés américains font moins de 15 dollars de l’heure. Et dans ce groupe, les femmes et les personnes de couleurs ou latinos sont fortement représentées. 60% de ces derniers gagnent en deçà des 15 dollars de l’heure. Les professions de caissiers et de vendeurs au détail en sont des exemples illustratifs.

Un débat chez les économistes et les politiques sur le bien-fondé d’une revalorisation du salaire minimum

L’association « fight for 15 » en faveur de cette revalorisation, indiquait dans une de ses publications que le relèvement du salaire minimum aurait pour conséquence de permettre à 40 millions de salariés de sortir de la pauvreté.

Quant au président Biden, il rappelait que cette mesure profiterait à 12 millions d’Américains. Il est évident qu’elle fait l’objet de débats vifs entre économistes. Pour certains d’inspiration libérale, un facteur de travail plus cher deviendrait un obstacle à l’embauche, pour d’autres, cela aura un effet de stimulation de la demande.

The national employement law project insistait sur le fait qu’au regard du coût de la vie aux États-Unis, la rémunération à l’heure de 15 dollars serait le minimum pour un individu seul pour assurer ses besoins vitaux. Pareille mesure pourrait soutenir des familles et stabiliser l’économie américaine.

Les études sur le sujet semblent contradictoires et ne permettent pas de trancher de manière définitive sur l’impact en matière de créations d’emplois. Mais il est certain que cette mesure viendrait à réduire les inégalités de sur le plan des revenus, tant elle profiterait aux minorités ethniques, ou travailleurs peu qualifiés, aux familles monoparentales. Elle aurait un effet de rattrapage après tant d’années de décrochage par rapport à la richesse américaine réellement créée.

Les arguments en matière de destruction d’emploi semblent de moins en moins convaincants, car la flexibilisation du marché du travail a fabriqué une pauvreté préoccupante, et a contribué à l’endettement des ménages. Ce dernier a été au cœur de la crise des subprimes de 2007.

Pour les démocrates américains si soucieux de détricoter ou de transformer l’État social depuis Bill Clinton, la revalorisation Biden est un signe envoyé aux catégories populaires et aussi à son aile gauche.

Le salaire minimum : la promesse graduelle des démocrates : 9,50 dollars en 2021, 15 dollars en 2025

Les premiers jours de l’administration Biden, comme ces deux dernières devancières sont toujours l’occasion d’une mise en scène très orchestrée. Le président des États-Unis est photographié à sa table de travail en train de signer ses premiers décrets. Ce rituel est devenu presque un passage obligé depuis la présidence Obama survenue au cours de la crise financière des subprimes.

Joe Biden a intégré dans ses premières décisions, la revalorisation du salaire minimum, elle-même contenue dans un vaste plan de relance de presque 2000 milliards de dollars. Mais par-delà l’apparente efficacité de l’action, les américains qui espèrent par ailleurs cette augmentation, ne sont pas certains de l’acquérir. Le plus difficile reste à venir, son approbation par la chambre des représentants et le sénat.

Les deux chambres sont détenues désormais par les démocrates, mais la discipline de partis n’est pas caractéristique du fonctionnement des institutions américaines. Les deux groupes sont plus une coalition d’intérêts variables selon les sujets.

Les démocrates ont voulu associer les Républicains à leur projet de revalorisation. Mais leur soutien n’est guère assuré et le risque d’obstruction procédurale (filibuster) qui représente le droit des sénateurs d’exiger un vote à une majorité des 3/5 (60 voix) au lieu d’un ½ soit 51 voix pour les jugés centraux, n’est pas écarté. Quel que soit son poids démographique, chaque État dispose de deux représentants. Cela implique que 41 sénateurs représentant moins de 11% de la population du pays peuvent bloquer toute législation par l’emploi de l’obstruction procédurale.

Pour éviter ce risque, les démocrates peuvent utiliser une procédure plus rapide qui est le « budget reconciliation » qui requiert une majorité simple lorsqu’il s’agit de questions relevant du budget annuel. Mais cela implique que les démocrates ne perdent aucun vote en cours de route.

La tâche s’annonce rude pour le président du comité du budget au sénat, Bernie Sanders qui se trouve en première ligne sur le thème du salaire minimum, dont il est devenu l’un des hérauts.

Ce dernier insiste sur le fait que le relèvement du salaire minimum ferait sortir des individus des programmes d’assistance fédéraux et de la sorte, auraient un effet positif sur le déficit budgétaire américain. Ce raisonnement rendrait donc légitime l’utilisation du vote simplifié et accéléré prévu par le « budget reconciliation ».

La proposition Sanders se fonde sur la proposition de l’Economic policy institute. Ce dernier dans une note du 26 janvier[1] encourage à un relèvement progressif pour atteindre 15 dollars en 2025 et de la sorte, 21% de la main d’œuvre américaine sortirait de la pauvreté, soit 32 millions de personnes.

La lecture de la proposition Sanders disponible sur le site du sénat américain le confirme[2] :

  • 9,50 dollars de l’heure, commençant à date en vigueur, comme prévu par la section 7 du texte sur « L’augmentation du salaire » en 2021 ;
  • 11 dollars de l’heure, commençant un an après la date en vigueur (section 7) (2022) ;
  • 12 dollars, 50 de l’heure, commençant deux ans après la date en vigueur (2023) ;
  • 14 dollars de l’heure commençant 3 ans après la date en vigueur (2024) ;
  • 15 dollars de l’heure commençant quatre ans après. (2025).

De la sorte 1/3 des salariés noirs américains et ¼ des travailleurs hispano-américains verraient leurs revenus croitre à l’horizon de 2025. Et ce dernier sera indexé sur la progression du salaire médian.

L’urgence a été aussi soulignée par la pandémie du coronavirus qui a révélé de manière dramatique les conséquences sociales des bas salaires et la pénurie d’emplois dans le secteur hospitalier recrutant souvent des personnels au salaire plancher.

Une partie des Républicains est déjà vent debout contre cette mesure au nom de l’argument d’inspiration libérale : les salaires ou l’emploi.

Même avec une proposition graduelle, les 15 dollars n’étant pas dans l’immédiat, les démocrates craignent une contestation dans leur propre parti et l’opposition d’une partie du patronat américain.

Si le projet de loi se concrétise, les salariés américains détenteurs du salaire minimum recevront pour 2021, 9 dollars et 50 cents et non 15 dollars.

La question du salaire minimum ouvre de manière plus large la délicate question des revenus. La prospérité américaine d’avant la crise des subprimes ou de celle de la Pandémie n’a en réalité profité qu’à un nombre restreint d’Américains.

Si le salaire moyen américain est le plus élevé au monde selon l’OCDE, de 63 100 dollars soit 52 750 euros au taux de change du 4 février 2021, un écart conséquent sépare les plus aisés des plus modestes : les 20% les mieux lotis touchent près de 9 fois le montant perçu par les moins lotis.

Cette préoccupation a aussi gagné le salaire médian. Le Congrès américain dans une note récente souligne que « de nombreux rapports relatifs à la stagnation du salaire médian ont soulevé de nombreuses craintes, parmi celles-ci que la croissance économique de ces dernières décennies ne s’est pas traduite en gains pour tous les travailleurs »[3]

Cette stagnation est assez nette dans le graphique ci-dessous, puisque le salaire médian s’est maintenu autour de 15 dollars de l’heure depuis le début de la décennie 1980. Le pouvoir de négociations salariales des travailleurs s’est érodé depuis l’ouverture du cycle libéral avec la présidence Reagan (1981-1989).

Par « effet de ruissellement » (si l’on peut s’autoriser la reprise de ce terme), cette préoccupation peut se faire sentir sur le salaire minimum qui, depuis 1968, connait une érosion préoccupante. Cette situation est inquiétante puisqu’il s’éloigne lui-même d’un salaire médian stagnant.

Ces tendances inégalitaires que reflètent le graphique, doivent être affinées, car les détenteurs du haut de la distribution des revenus sont principalement des hommes blancs. On n’y retrouve pas d’hispaniques par exemple[4]. Le genre et l’origine ethnique permettent de voir de manière plus criante les inégalités à l’œuvre.

La comparaison avec l’évolution de la productivité nette est un indicateur précieux. La théorie économique a indiqué que l’évolution des salaires doit être corrélée à celle de la productivité. En somme, elle doit être liée à la richesse réellement produite.

Si les salaires suivent uniquement les prix, il y alors un risque inflationniste. En effet, les augmentations de salaires, au lieu de s’articuler avec la richesse réellement réalisée, ne suivraient que le mouvement des prix et entraineraient dans leur sillage une inflation rampante.

Ce lien entre salaires et productivité est un gage d’une croissance équilibrée, car elle assure à la production, l’existence d’une demande solvable.

Le graphique ci-dessus nous raconte l’histoire économique américaine de ces quarante dernières années. Depuis 1949, le trend de la productivité reste haussier et s’accélère depuis le début de la décennie 1980. Autrement dit, la nation américaine n’a eu de cesse de s’enrichir depuis la fin de la guerre et a su en faire profiter ses travailleurs jusqu’en 1973.

Le décrochage vient avec la décennie 1980. Le salaire horaire décroche de la productivité et progresse beaucoup plus lentement alors que la richesse croît sans discontinuer. La demande devenant moins solvable car son revenu stagne. La logique qui conduit à l’endettement des ménages pour combler l’écart entre le pouvoir d’achat et le vouloir d’achat est perceptible.

L’économiste Britannique David Ricardo, dans son célèbre ouvrage « Des principes de l’économie politique et de l’impôt » avait raison d’affirmer « déterminer les lois qui régissent (la) répartition, voilà le principal problème de l’économie politique ».

À propos de l’auteur

Frédéric Farah est l’auteur de « Fake State : l’impuissance organisée de l’État en France » (H&O, 2020).

Professeur de sciences économiques et sociales, chercheur affilié au laboratoire PHARE et enseignant à Paris 1, il est le co-auteur avec Thomas Porcher de TAFTA : l’accord du plus fort (Max Milo), d’Introduction inquiète à la Macron-économie (éditions des petits matins) et l’auteur de Europe, la grande liquidation démocratique (Bréal). Il a également contribué à la coordination et à l’écriture du Manuel d’économie critique du Monde Diplomatique.

Notes

[1] Why the US needs a 15 dollars minimum wage, economic policy institute, fact sheet, january 26, 2021

[2] https://www.sanders.senate.gov/wp-content/uploads/Raise-the-Wage-Act-Bill-FINAL.pdf

[3] Real Wage Trends, 1979 to 2019 (fas.org)

[4] Ibid p.8

Annexes

Commentaire recommandé

RGT // 08.02.2021 à 10h48

Si ce n’était que le début…

Souvenez-vous toute votre vie du massacre de Haymarket Square du 4 mai 1886 à Chicago qui est à l’origine du 1er mai fêté dans de nombreux pays SAUF aux USA bien sûr.

Sans parler des pays qui le « fêtent » mais dont les objectifs politiques ne sont absolument pas le bien-être de la population.

Ce jour là, des anarchistes pacifiques manifestaient pour demander la journée de travail de 8 heures et la police a allègrement tiré dans le tas.

Ensuite il y a eu des manifs contre l’exploitation des enfants, les revendications salariales, etc, etc.

Et je ne parle que de la période récente.

Depuis que l’humanité à « choisi » de confier son sort aux « meilleurs » ces « joyeusetés » (manifs, répression, émeutes, répression encore plus sanglante) ont été de tous temps une « tradition » dont les victimes ont toujours été ceux qui sont en bas de l’échelle sociale.

Rien de nouveau dans ce « monde parfait ».

Le seul moyen pour « ceux qui ne comptent pas et qui n’ont qu’à traverser la rue pour trouver un boulot » de ne plus devoir vivre en esclaves consiste hélas à utiliser la même violence que celle (légale et institutionnalisée) des « élites ».

Et en cas de « révolution » j’ai bien peur que les seules qui puissent « réussir » ne sont que celles qui remplacent « l’ancien régime » par un « nouveau système » largement pire mais auréolé de la « mémoire de la révolte populaire » pour mieux faire passer la pilule.

Tant qu’une minorité d’humains auront des pouvoirs et des ressources supérieurs à leurs besoins individuels ils auront tendance à abuser de leur privilège et feront tout pour le conserver et le faire « fructifier ».

27 réactions et commentaires

  • paul // 08.02.2021 à 08h09

    ah ce salaire minimum
    comme en france, et avec le commissaire au plan qui raconte que 4000 euro/mois un salaire de la classemoyenne.
    Polémique et leure, l’avenir de la majorité des gens se joue ailleurs.
    Qui croyez vous qu’une augmentatation de 80 à 100% va toucher ?
    toutes les PME et TPE ne vont pas s’en sortir, à moins d’une inflations galopante.
    Ne pensez-vous pas que toutes ces mesures vont viser une prison généralisée par la dette ?

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    • MS // 08.02.2021 à 08h24

      Et si l’inflation galopante était la prochaine stratégie US pour permettre de hausser les prix des produits importés tout en exportant plus facilement, et de relocaliser des emplois en favorisant le commerce intérieur américain sans avoir à mettre de barrières douanières aux importations sous prétexte de sanctions ? Cela pourrait-il expliquer cette hausse préalable du salaire horaire ?

        +5

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      • paul // 08.02.2021 à 13h21

        c’est l’inverse , non ? on importe plus si c’est plus bas ailleurs et on a du mal a exporter, non ?

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        • MS // 08.02.2021 à 16h32

          S il y a plus de dollars, il vaut moins lors de l’échange avec d’autres monnaies et les autres pays doivent augmenter leurs prix en dollars pour avoir la même quantité de monnaie locale (et payer leurs salaires)
          Donc les prix à l’importation aux US augmentent et inversement les pays extérieurs peuvent acheter plus avec leur monnaie locale donc les prix à l’export baissent. Les américains sont donc enclins à acheter plus de produits locaux.
          Évidemment cela n’est que partiellement correct pour le dollar qui est monnaie de référence – en outre ces temps ci les banques centrales ont créé beaucoup de monnaie (augmenté leur bilan) qui est allée se nicher directement dans les marchés financiers et n’a pas fait augmenter l’inflation

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          • Bouddha Vert // 09.02.2021 à 19h55

            Il me semble que sur les marchés internationaux pour acheter un grain de riz, de blé ou un baril de pétrole il est OBLIGATOIRE de l’acheter en dollars, donc il faut en acheter, le dollars peut toujours être imprimé sa demande n’est pas près de tomber, alors planches à billets, imprimez…

              +3

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            • Patrick // 10.02.2021 à 15h56

              Les USA avaient réussi à imposer le dollar comme monnaie partout dans le monde , à coup de B52.
              C’est en train de changer doucement , mais il faut une monnaie internationale de remplacement qui fasse suffisamment confiance. L’Euro aurait pu jouer ce rôle mais reste marginal.
              La Russie et la Chine ont abandonné le dollar depuis peu pour leurs échanges.

                +2

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    • jpl // 20.02.2021 à 07h49

      C » est juste un Hiatus sémantique..Schématiquement le salaire moyen n est pas corrélé à la moyenne des salaires!.
      C’est cette différence liée aux métadonnées qui est est la base de nombreuses incompréhensions,Le Big Data est un élément de l’équation économique, il ne doit pas être la base unique de décision.
      mais les élites peinent à prendre du recul sur leur formatage scolaire et universitaire, en fait ils sont faibles, ils nous ressemblent bien plus que leur C.V. ne le montre.

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  • calal // 08.02.2021 à 08h14

    deux facons d’augmenter le pouvoir d’achat des salaries:
    -augmenter leur salaire
    -baisser le prix des machins qu’ils achetent

    Si vous augmentez les salaires de 10% et que vous augmentez les prix de 20%,le pouvoir d’achat baisse mais les salaries seront contents au depart. Si vous baissez les salaires de 10% et que vous baissez les prix de 20%,le pouvoir d’achat augmente mais la plupart des salaries seront mecontents quand meme….
    La stagnation des salaires etait supportable parce que les gens pouvaient acheter des trucs chinois pas chers grace a la mondialisation. La,si les us vont faire la guerre commerciale a la chine pour lui mettre la pression et empecher l’importation de ces trucs pas chers chinois,les prix moyens vont augmenter et les gens vont etre mecontents.En prevention,les us augmentent le salaire minimum.Faut voir de combien les prix vont augmenter pour savoir si les salaries concernes seront gagnants ou non.

      +6

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    • sergeat // 08.02.2021 à 08h42

      L’exemple que vous donnez est a rapprocher de l’OPA qu’a fait l’Allemagne de l’Ouest sur l’Allemagne de l’Est:l’Allemagne de l’Ouest a pris la décision qu’un DM de l’Ouest égal 2 DM de l’Est (au lieu de 3 à 4),les ouvriers de l’Est ont été heureux de voir réévaluer leur monnaie pouvant ainsi acheter les produits de l’Ouest,mais contrepartie les produits de l’Est devenaient non concurrentiels car trop chers:résultat toutes les entreprises de l’Est se sont trouvé en faillite et l’argent des financiers de l’Ouest ont tout racheté à l’Est pour une poignée de cacahuètes.
      Cette exemple est à rapprocher de l’Euro qui pour notre pays est surévalué et pour les teutons sous évalué,conclusion:notre industrie disparaît et celle de l’Allemagne devient une des plus forte du monde.
      En plus de ce cas catastrophique pour notre pays notre préfet Macron transfert les dernières industries stratégiques où nous sommes leader à l’étranger(armement par le truchement de l’Europe de la défense:transfert à l’Allemagne,…..)

        +19

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    • red2 // 08.02.2021 à 09h43

      Sauf que si on arrête d’acheter des trucs chinois pas cher, on peut augmenter le pouvoir d’achat des salariés. Il n’y a pas de secret pour l’augmenter, il faut revoir le partage de la valeur ajouté. La mondialisation néolibérale en mettant les salariés des pays développés en concurrence avec les salariés de pays pauvres ou en voie de développement a fait largement baisser la part des salaires et aumenter honteusement celle du capital et de ses serviteurs (hauts dirigeants, finance, haute fonction publique corrompu…). En revenant sur la mondialisation, le rapport de force peut s’inverser à nouveau car si on produit à nouveau en Europe, on a de nouveau besoin de travailleurs européens! Après quid de la robotisation et de l’IA qui diminue le besoin en main d’oeuvre ? Qui vivra verra…

        +6

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      • VVR // 12.02.2021 à 09h42

        La baisse du besoin de main d’œuvre ne date pas de l’IA, ni des chinois, et encore moins de la mondialisation. Le chômage de masse démarre en 1973 et se stabilise en 1984, bien avant que l’industrie ne déménage en Chine, à une époque ou l’IA est une petite lubie de mathématiciens, et avant même la mode de l’austérité. Et si l’on pense « choc pétrolier », c’est aussi, surtout, l’épuisement des ressources en charbon et le passage a marche forcé au tout électrique, plus moderne, et demandant moins de main d’œuvre. Quand au partage de la valeur ajoutée, si il est vrais que la part du travail a baissé en faveur du capital, elle n’est passé que de 72% à 68%, pas de quoi changer radicalement la vie.

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  • LibEgaFra // 08.02.2021 à 08h37

    Je recommande au graphiste des-crises de s’informer de quelques règles de sémiologie des cartes:

    https://duckduckgo.com/?t=ffcm&q=S%C3%A9miologie+des+cartes%3A&ia=web

    Merci!

      +1

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  • step // 08.02.2021 à 09h19

    personne n’a remarqué que cette carte colle en bonne partie à la carte de la sécession ? Les états du sud ayant dû se résoudre à l’issue de la guerre à libérer les esclaves point! en aucun cas leur donner les moyens de vivre.
    On retrouve cette vision dans ce salaire minimum vissé sur le 0 dans cette région.

      +6

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  • SDF // 08.02.2021 à 10h22

    Je recommande aux personnes qui profèrent des jugements sur tout de s’informer sur l’effet Dunning-Kruger:
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Dunning-Kruger

    Merci!

      +3

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    • Mickey Sournois // 08.02.2021 à 12h36

      Interessant article. Vous vous situez ou?

        +0

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      • calal // 08.02.2021 à 14h04

        Et ou se situent les enarques? vous savez ces gens qui en sortant de cette ecole s ‘estiment capable de diriger efficacement toute l’agriculture francaise puis en changeant de poste ils peuvent diriger et gerer l’armee francaise puis la formation des generations futures et tout ca avec plus d’efficacite que les professinnels des secteurs concernes…

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  • RGT // 08.02.2021 à 10h48

    Si ce n’était que le début…

    Souvenez-vous toute votre vie du massacre de Haymarket Square du 4 mai 1886 à Chicago qui est à l’origine du 1er mai fêté dans de nombreux pays SAUF aux USA bien sûr.

    Sans parler des pays qui le « fêtent » mais dont les objectifs politiques ne sont absolument pas le bien-être de la population.

    Ce jour là, des anarchistes pacifiques manifestaient pour demander la journée de travail de 8 heures et la police a allègrement tiré dans le tas.

    Ensuite il y a eu des manifs contre l’exploitation des enfants, les revendications salariales, etc, etc.

    Et je ne parle que de la période récente.

    Depuis que l’humanité à « choisi » de confier son sort aux « meilleurs » ces « joyeusetés » (manifs, répression, émeutes, répression encore plus sanglante) ont été de tous temps une « tradition » dont les victimes ont toujours été ceux qui sont en bas de l’échelle sociale.

    Rien de nouveau dans ce « monde parfait ».

    Le seul moyen pour « ceux qui ne comptent pas et qui n’ont qu’à traverser la rue pour trouver un boulot » de ne plus devoir vivre en esclaves consiste hélas à utiliser la même violence que celle (légale et institutionnalisée) des « élites ».

    Et en cas de « révolution » j’ai bien peur que les seules qui puissent « réussir » ne sont que celles qui remplacent « l’ancien régime » par un « nouveau système » largement pire mais auréolé de la « mémoire de la révolte populaire » pour mieux faire passer la pilule.

    Tant qu’une minorité d’humains auront des pouvoirs et des ressources supérieurs à leurs besoins individuels ils auront tendance à abuser de leur privilège et feront tout pour le conserver et le faire « fructifier ».

      +36

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  • Patrick // 09.02.2021 à 08h03

    Avec tous les immigrés illégaux que les Démocrates vont laisser entrer, le salaire minimum ne sera pas un problème.
    Ils vont tous bosser au noir pour bien moins cher.

      +10

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    • patoche // 10.02.2021 à 13h32

      Bouygues a été définitivement condamné pour avoir employé illégalement au moins 460 ouvriers sur le chantier de l’EPR.
      L’Etat a été lésé de 10 à 12 millions d’euros. Le montant de l’amende « s’élève » à 29 950 euros!.
      la couverture médiatique fut quasiment nulle. Pas de dépêche AFP.

      https://www.acrimed.org/EPR-de-Flamanville-la-condamnation-de-Bouygues

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      • Patoche // 10.02.2021 à 13h57

        La condamnation définitive a été prononcée le 12 janvier.

          +2

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      • Patrick // 10.02.2021 à 16h01

        L’état a été lésé sur les cotisations mais comme le projet EPR est pour EDF et donc que l’état est partie prenante, il va sûrement être gagnant à la fin.

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  • Bouddha Vert // 09.02.2021 à 19h25

    Quoi de moins normal à ce que le salaire médian n’évolue plus depuis 1980 car outre les politiques Reaganiennes c’est physiquement l’après second choc pétrolier!
    Avec un pétrole disponible qui n’augmente plus par personne et par an, pas plus de machines, à l’efficacité énergétique près, il n’y a plus de richesse supplémentaire créée par tête de pipe.

    L’économie, on s’en rendra de plus en plus compte est avant tout de la science physique plus qu’une science sociale… Les 30 glorieuses avec son tsunami énergétique ont simplement rendu possible une augmentation du pouvoir d’achat parce que le nombre de joules dissipés a extraordinairement explosé, les richesses avec.

    Ce ne seront pas éoliennes, barrages et PV qui y changerons quelque chose même produits et maintenus avec des hydrocarbures. D’ici à ce que ces énergies de demain (ou d’hier??) bouclent l’ensemble de notre écosystème productif nous verrons l’économie avec d’autres lunettes.

      +5

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    • Patrick // 10.02.2021 à 09h40

      Oui, et tous les gouvernements ont essayé de masquer la misère en empilant les dettes.
      Personne n’a eu le courage d’annoncer la fin de la fête.
      Mais on arrive au bout du trucage généralisé.

        +8

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    • patoche // 10.02.2021 à 13h15

      J’ai lu récemment (je ne sais plus où) que si le smic avait suivi la hausse des rémunérations des plus riches ces 10 dernières années en France, il dépasserait 5000 euros.
      Salauds de pauvres!

        +14

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    • utopiste // 10.02.2021 à 15h18

      Les hauts salaires et les dividendes continuent d’augmenter, et les bas salaires de baisser, avec une « croissance » quasi-nulle. En résumé, il faut nourrir le capitalisme, quelqu’un doit payer ses intérêts, quoi qu’il en coûte.
      Production réelle contre argent virtuel, l’ajustement sera violent.

        +9

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      • Patrick // 10.02.2021 à 16h11

        c’est normal.
        Vu les politiques monétaires appliquées depuis des années, il y a de plus en plus de fric et donc de capital déversé partout. Du capital mort à rémunérer alors qu’il n’a servi le plus souvent à rien.
        40 ans de politique monétaire folle pour soutenir artificiellement la croissance

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  • jack_sosey // 16.02.2021 à 05h10

    Biden n’a pas l’intention d’augmenter le salaire minimum.
    Tout d’abord s’il augmente le salaire minimum se sera le salaire minimum des employés fédéraux, a ne pas confondre avec un salaire minimum fédérale qui concerne tout le monde.
    En l’état il pourrait augmentait le salaire des fonctionnaires de l’état, les autres et donc les plus pauvres ne sont pas employés par le gouvernement.
    Ensuite Sanders a lui même reconnu qu’il ne veut pas que l’augmentation prenne effet au milieu d’une crise sanitaire et économique. Il ne veut pas causer une dépression, du moins c’est l’excuse.
    Enfin en bon politique il est même possible qu’une loi voté ne soit effective que bien après son mandat.
    Déjà concernant les Dreamers (enfants immigrés en attente de régularisation) on a pu apprendre que leur situation sera régularisé d’ici 8 ans si voté. Du coup Biden balance la patate chaude au prochain gouvernement quoi qu’il arrive.
    Ca promet. Et vu que les Démocrates dirigent le Sénat, le Congres et la Présidence ce sera plus difficile de tout mettre sur le dos de l’opposition.
    Les Dems ont deux ans pour se bouger car arriver au Mid-terms (mi-mandat) il pourraient perdre la majorité sénatoriale et se retrouver bloquer.

      +0

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