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9.janvier.20219.1.2021 // Les Crises

La nouvelle crise de la dette et les possibilités de la réduire radicalement – par Eric Toussaint

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Source : Cadtm.org – Eric Toussaint, Olivier Bonfond, Mats Lucia Bayer

Introduction : La crise actuelle est sans aucun doute la plus grave crise depuis celle de 1929. Il s’agit d’une crise multidimensionnelle du capitalisme : sanitaire, économique, sociale, écologique, climatique, démocratique.

La crise sanitaire en cours a déjà, et va encore avoir, des conséquences socio-économiques dramatiques, mais aussi un impact énorme sur les finances et l’endettement public, tant au Nord qu’au Sud de la planète. Cette étude va se concentrer sur la dimension de la dette publique. Mais rappelons tout de même deux faits importants.

Premièrement, selon des estimations publiées dans la revue Science en 2018, il existe plus d’un million de virus inconnus chez les mammifères et les oiseaux, dont entre 540.000 et 850.000 d’entre eux « auraient la capacité d’infecter les humains ». Il n’y a pas de mystère sur les causes de la pandémie de covid-19, ou d’aucune autre pandémie moderne.

Les risques de contamination des êtres humains par ces virus sont démultipliés par la logique capitaliste néolibérale (déforestation massive, expansion de l’agriculture intensive et chimique, élevage industriel, échanges internationaux de biens de production et consommation non soutenables, commerce international excessif…). Cette logique détruit la nature et accroit les contacts entre les animaux sauvages et d’élevage, potentiellement porteurs de virus pathogènes, et les êtres humains. 70% des nouvelles maladies (Ebola, Zika) et « presque toutes les pandémies connues » (grippe, sida, Covid-19) viennent de pathogènes animaux.

Deuxièmement, la situation dramatique que nous vivons au niveau sanitaire est la conséquence directe des politiques désastreuses d’austérité qui ont affaibli notre système public de santé, nos services publics et notre sécurité sociale. Alors qu’au Sud, le FMI impose depuis quatre décennies des coupes drastiques dans les dépenses de santé, en Europe, entre 2011 et 2018, la Commission européenne a recommandé à 63 reprises aux États membres de l’UE de privatiser certains pans du secteur de la santé ou de réduire les dépenses publiques en matière de santé.

Résoudre cette crise sanitaire et empêcher que de nouvelles pandémies mortelles et dévastatrices ne se multiplient dans les années à venir, implique donc nécessairement de rompre avec la logique capitaliste et de construire une autre société, fondée sur d’autres valeurs le profit, la croissance économique, la compétition, l’égoïsme et la propriété privée des grands moyens de production.

Or, comme nous allons le voir dans cette étude, la dette constitue une des armes principales pour permettre au capitalisme de se maintenir et se développer.

Sommaire

  • 1. Toute dette est-elle mauvaise en soi ?
  • 2. En quoi la dette est-elle un mécanisme de transfert de richesse ?
  • 3. En quoi la dette est-elle un outil de domination politique et économique (…)

Résumé

Si toute dette n’est pas mauvaise en soi (question 1), la dette publique constitue, depuis plus de deux siècles, un mécanisme de transfert de richesses en faveur des détenteurs de capitaux d’une part, et un instrument de domination politique et économique d’autre part (question 2 et 3).

Au Sud, comme ce fut le cas lors de la crise de 1982, le piège de la dette est à nouveau en train de se refermer. Selon la Banque mondiale, 19 pays sont en défaut de paiement partiel ou total, et 28 pays) est en situation de surendettement.

Alors que la crise actuelle a détruit en quelques mois quelque près de 300 millions d’emplois formels (OIT), que 100 millions de personnes supplémentaires vont tomber dans l’extrême pauvreté et que 250 millions de personnes supplémentaires vont se retrouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë, et alors que les pays du Sud continuent de consacrer 5 fois plus de ressources au service de la dette qu’aux dépenses de santé, l’annulation immédiate et inconditionnelle de la dette des pays du Sud est une question centrale. Malgré certains discours officiels allant dans ce sens, la réponse actuelle donnée par le G20 et les créanciers est, une nouvelle fois, de la poudre aux yeux (questions 7 et 8).

En Europe, les gouvernements sont en train de nous rejouer le mauvais scénario de 2008. Après avoir suspendu provisoirement les règles budgétaires, les gouvernements européens empruntent des milliards aux marchés financiers pour les diriger prioritairement aux sauvetages des grandes entreprises, des banques et des actionnaires.

Si les mouvements sociaux laissent faire, le risque est grand que, très rapidement, les gouvernements néolibéraux nous resserve TINA (There is no alternative), et imposent aux citoyen.ne.s, au nom d’une dette publique trop élevée (augmentation de 20% du PIB sur la seule année 2020) , des nouvelles politiques antisociales : attaques supplémentaires sur les droits sociaux, la sécurité sociale et le code du travail, réduction des droits démocratiques, nouvelles privatisations de secteurs stratégiques… L

es mesures prises actuellement (plans de relance nationaux, plan de relance de la Commission européenne, plan d’urgence de la BCE) sont totalement insuffisants et, contrairement à ce que certains économistes affirment, aucun changement dans l’orientation néolibérale n’est à l’ordre du jour (questions 9 et 10).

Ce scenario désastreux n’est pas une fatalité. Une sortie de crise par le haut est possible, et des solutions crédibles existent pour réduire radicalement la dette et changer de cap (question 11).

En s’appuyant sur le droit, affirmant que plusieurs types de dettes n’ont pas à être remboursées (question 4), et en s’inspirant d’expériences concrètes de pays qui ont suspendus le paiement ou annulé leur dette publique (question 5), les peuples et les gouvernements progressistes, tant au Sud qu’au Nord de la planète, doivent se saisir de cette question et remettre en cause le paiement de la dette publique. Il s’agit également de tirer les leçons de la manière dont le gouvernement Syriza en Grèce a affronté le problème de la dette, afin d’éviter une nouvelle capitulation face aux créanciers quand un gouvernement progressiste arrivera à nouveau au pouvoir (question 6).

Partie 1 : la dette, un outil de domination

Même si toute dette n’est pas mauvaise en soi, la réalité est que la dette constitue, depuis plus deux siècles, un mécanisme de transfert de richesses créées par les travailleurs/euses en faveur des détenteurs de capitaux d’une part, et un instrument de domination politique et économique d’autre part.

1. Toute dette est-elle mauvaise en soi ?

Le CADTM, réseau international présent dans plus de 30 pays, milite au niveau local et international, pour concrétiser deux objectifs : l’annulation immédiate et inconditionnelle de la dette des pays du Sud, et l’annulation de toutes les dettes illégitimes dans le monde.

Pour le CADTM, l’annulation de la dette ne constitue pas une fin en soi. Il s’agit d’une condition nécessaire, mais non suffisante, pour garantir la satisfaction des droits humains. Il faut donc nécessairement aller au-delà de l’annulation de la dette publique si l’humanité souhaite la réalisation de la justice sociale respectueuse de l’environnement.

Revendiquer l’annulation des dettes ne signifie pas qu’il faut refuser toute forme d’endettement public. Même s’il est préférable de financer le développement humain via des ressources qui ne génèrent pas d’endettement, la dette publique peut constituer un instrument de financement pour les pouvoirs publics, à condition qu’elle s’inscrive dans le cadre de projets sociaux ou écologiques de grande ampleur, comme par exemple :

  • Investir dans la santé et les services publics.
  • Remplacer les énergies fossiles et l’énergie nucléaire par des énergies renouvelables respectueuses de l’environnement.
  • Financer une reconversion de l’agriculture actuelle.
  • Financer un vaste programme de développement d’un habitat de meilleure qualité et consommant beaucoup moins d’énergie.
  • Réduire radicalement le transport routier et aérien au profit de transports collectifs par voies ferrées.

Pour sortir par le haut des crises économiques, sociales, sanitaires et climatiques en cours, l’endettement public peut donc s’avérer nécessaire. Mais il est fondamental que la politique d’emprunt soit transparente et démocratique c’est-à-dire sous le contrôle des citoyens, et qu’elle vise à servir les intérêts de la collectivité. A qui emprunte-t-on ? A quelles conditions ? Pour faire quoi ? Quelles sont les alternatives à l’endettement ? … sont autant de questions de base qui doivent être posées. Ce n’est pas le cas pour l’instant.

2. En quoi la dette est-elle un mécanisme de transfert de richesse ?

La dette constitue un puissant mécanisme de transfert de richesses en faveur des détenteurs de capitaux qui, en particulier via le mécanisme des intérêts, siphonnent une partie importante des richesses produites par les citoyen-ne-s. Ce mécanisme est programmé pour se perpétuer indéfiniment, en particulier via le roll-over (roulement de la dette) : technique qui « permet » aux États de rembourser les anciens emprunts arrivant à échéance via de nouveaux emprunts du même montant.

Le roll-over, pratiqué par les États du monde entier, arrange très bien les banques. D’une part, cela leur permet de continuer à toucher indéfiniment les intérêts de la dette. D’autre part, cela leur permet de maintenir une pression sur les États : si ces derniers avaient la mauvaise idée de mettre en œuvre des politiques en défaveur des banques, ils pourraient alourdir la charge de la dette en augmentant les taux d’intérêts, ou pire, ils pourraient décider de mettre fin au roll-over, ce qui pourrait étrangler financièrement le pays.

Ce mécanisme de pompage des richesses a détourné des moyens considérables qui auraient pu être utilisés pour des politiques socialement utiles et écologiquement soutenables. Au cours de la période 1980-2008, les pays du Sud ont transféré 4.400 milliards de dollars au titre du remboursement du service de la dette. Cela représente également des montants considérables pour les pays du Nord : entre 2010 et 2019, les 19 pays de la zone euro ont payé aux grandes banques 2 .496 milliards d’euros en intérêts de la dette, soit une moyenne de 250 milliards d’euros par an (source : eurostat).

« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. » Karl Marx (1867) dans le chapitre 31 du livre I du Capital.

3. En quoi la dette est-elle un outil de domination politique et économique ?

L’endettement des pays latino-américains comme moyen d’imposer le libre-échange et la subordination

A partir des années 1820, les banquiers européens, mais surtout britanniques, ont cherché activement à endetter les nouveaux États indépendants. Ces États avaient besoin s’endetter, notamment pour financer les efforts de guerre et pour renforcer leur indépendance. Mais ce recours à l’endettement extérieur s’est révélé désastreux, notamment parce que ces emprunts étaient contractés à des conditions léonines (taux d’intérêts excessifs, commissions abusives).

Dans son livre « Le système dette – histoire des dettes souveraines et de leur répudiation », Eric Toussaint montre que, pour un titre émis d’une valeur de 100 livres, le pays débiteur ne recevait que 65 livres, le reste constituant une commission pour la banque. L’État débiteur devait cependant payer des taux allant jusqu’à 6 %, calculé, bien sûr, sur une dette de 100, à rembourser intégralement. Les pays débiteurs sont très vite entrés dans un cercle vicieux d’endettement.

En 1825, éclate la première grande crise mondiale du capitalisme, conséquence de l’éclatement de la bulle spéculative à la Bourse de Londres. Les banquiers européens cessent alors d’accorder des prêts (fin du roll-over) et, très rapidement, tous les pays latino-américains indépendants se retrouvent étranglés financièrement (suspension totale ou partielle de paiement).

Les puissances occidentales, en particulier la Grande Bretagne, utilisent alors l’endettement comme moyen de pression et de subordination, pour imposer des politiques en faveur de leurs intérêts, en particulier : le libre-échange (accords ouvrant l’économie des nouveaux États aux marchandises et aux investissements britanniques, tandis que la Grande Bretagne continuait de protéger son industrie et son commerce) ; des prêts « liés » (obligation pour les États d’utiliser l’argent des emprunts pour acheter des marchandises anglaises, de telle sorte que l’argent prêté revient directement en Angleterre) et des privatisations (en 1825, Simon Bolivar, Président de la Grande Colombie, paie la dette en cédant une partie des mines du Pérou).

George Canning, un des principaux hommes politiques britanniques de l’époque, écrit en 1824 : « L’affaire est dans le sac : l’Amérique latine est libre, et si nous ne menons pas trop tristement nos affaires, elle est anglaise. » Treize ans plus tard, Woodbine Parish, le consul anglais en Argentine, en parlant d’un gaucho de la pampa argentine, écrit : « Prenez toutes les pièces de son habillement, examinez tout ce qui l’entoure et, à l’exception des objets de cuir, qu’y aura-t-il qui ne soit pas anglais ? Si sa femme porte une jupe, il y a 99 chances sur 100 qu’elle ait été fabriquée à Manchester. Le chaudron ou la marmite dans lesquels elle cuisine, l’assiette en faïence dans laquelle il mange, son couteau, ses éperons, le mors de son cheval, le poncho qui le couvre, tout vient d’Angleterre. »

Après s’être libérée du joug colonial de l’Espagne et du Portugal, les États d’Amérique latine sont donc entrés dans un nouveau cycle de dépendance, de subordination et de spoliation, guidé par les intérêts du grand capital britannique et français.

« Les emprunts constituent le moyen le plus sûr pour les vieux pays capitalistes de tenir les jeunes en tutelle, de contrôler leurs finances et d’exercer une pression sur leurs politiques étrangère, douanières et commerciale » Rosa Luxembourg (1913)

L’endettement de l’Afrique et des autres pays du Sud pendant les années 1960-1970, suit exactement le même processus et poursuit les mêmes objectifs

La dette des pays africains (mais aussi des autres Pays du Sud) a fortement augmenté au cours des années 1960 et 1970 pour plusieurs raisons.

Commençons par rappeler qu’à plusieurs reprises, les dettes contractées par les puissances coloniales pendant la colonisation, donc ayant servi à piller les ressources de ces pays et opprimer leurs peuples, ont été léguées aux nouveaux États africains indépendants, ce qui est totalement odieux et contraire au droit international.

La Banque Mondiale et le FMI ont prêté massivement pour servir les intérêts économiques des puissances , soit pour imposant un modèle de développement basé sur l’exportation des produits du sous-sol (pétrole, gaz, minéraux) des produits agricoles (thé, cacao, banane, café), tandis que les pays européens pouvaient transformer ces produits et réaliser d’énormes les plus-values, soit pour financer des méga-projets visant à servir les intérêts des puissances occidentales, comme par exemple les énormes barrages hydroélectriques pour extraire les minéraux (cuivre et l’uranium ) du sous-sol et les exporter sur le marché mondial. Ces deux institutions ont également prêté pour des raisons géo-stratégiques, afin de maintenir les pays dans le giron capitaliste.

« Dans de nombreux cas, les prêts étaient destinés à corrompre des gouvernements pendant la guerre froide. Le problème n’était pas alors de savoir si l’argent favorisait le bien-être du pays, mais s’il conduisait à une situation stable, étant donné les réalités géopolitiques mondiales. » Joseph E. Stiglitz, in L’Autre mondialisation, Arte, 7 mars 2000.

Les gouvernements du Nord ont également prêté dans le cadre de prêts « liés » : l’argent reçu devait obligatoirement servir à acheter, des fournitures, marchandises, équipements et technologies aux pays octroyant les prêts.

De leur côté, les banquiers privés étaient intéressés à prêter de l’argent à des pays qui avaient d’importantes ressources en matières premières, car même si ces pays avaient un jour des difficultés pour rembourser, ces richesses permettraient d’une manière ou d’une autre d’être remboursé.

Ajoutons que, dans la grande majorité des cas, les gouvernements du Sud, plutôt que de s’opposer à ce mécanisme de soumission de leur pays et de leur peuple, ont préféré prendre leur commission au passage et s’arranger avec les classes dominantes locales, qui avaient (et ont toujours) intérêt à ce que soit perpétué le mécanisme de la dette.

Que ce soit pour les pays d’Amérique latine au cours de la première moitié du 19e siècle ou pour tous les pays du Sud de la seconde moitié du 20e siècle, la dette a donc été utilisée par les classes dirigeantes du Nord pour remplacer le colonialisme par un néocolonialisme, visant à maintenir leur domination sur les économies et les peuples du Sud.

Dans son livre Les confessions d’un assassin financier (Alterre, 2005), John Perkins résume parfaitement la situation : « Une fois que nous avions endetté les États et qu’ils se retrouvaient dans l’incapacité de rembourser leur dette, alors nous faisions pression pour qu’ils vendent leur pétrole à nos compagnies à un prix dérisoire, ou qu’ils votent pour nous et qu’ils appuient notre politique aux prochaines sessions des Nations Unies, ou encore qu’ils nous autorisent à construire une base militaire sur leur sol. Ce genre de choses. Et quelquefois, lorsque nous avions échoué à corrompre les présidents ou à leur faire accepter ces prêts, alors les tueurs à gages prenaient le relais, ils renversaient les gouvernements ou assassinaient leurs leaders. »

La crise mondiale de la dette de 1982 : une arme pour imposer le néolibéralisme pur et l’austérité à plus de 100 pays du Sud

Au cours de la période 1960-1980, fortement incités à s’endetter, la dette des PED est multipliée par 12 : elle passe de 50 à 600 milliards de dollars. Pendant cette période, les pays du Sud arrivent globalement à rembourser leurs dettes, grâce aux ressources tirées de leurs exportations de matières premières. Mais à partir de 1978, tout va basculer très rapidement. Essentiellement pour deux raisons :

  • Une augmentation très forte des taux d’intérêt (multiplié par 4 passant de 3 à 12%). Du jour au lendemain, les pays du Sud doivent rembourser beaucoup plus en intérêt de la dette.
  • La chute du prix des matières premières

Cette combinaison des deux facteurs étrangle financièrement les pays du Sud et, en 1982, la crise éclate et plus d’une dizaine de pays se déclarent également en défaut de paiement.

Le FMI entre alors massivement en jeu : avec une logique assez simple : en échange de ses prêts d’urgence, il impose aux pays « bénéficiaires » d’appliquer des politiques économiques néolibérales : austérité budgétaire (licenciements massifs de fonctionnaires, gel des salaires, coupes drastiques dans les dépenses de santé et d’éducation), privatisations des ressources naturelles et des secteurs stratégiques et libéralisation de l’économie (ouverture des marchés aux multinationales du Nord).

Le bilan de ces politiques est négatif à tous les niveaux : la dette a continué d’augmenter, le développement humain est resté au point mort, la pauvreté et les inégalités se sont renforcées, le tissu économique et social s’est déstructuré, et les écosystèmes ont continué à se dégrader fortement.

Ajoutons que ce système de domination est toujours d’actualité. Il a changé de nom à plusieurs reprises (on ne parle plus aujourd’hui de politique d’ajustement structurel (PAS), mais bien de document stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (DSCRP)), mais la logique est toujours la même : les États et les peuples du Sud restent soumis aux dictats des créanciers, du FMI et de la Banque Mondiale.

Au Nord, la domination par la dette bat son plein depuis 2009

Même si cela s’est réalisé de façon moins violente que pour les pays du Sud, la crise mondiale de la dette des années 1980 a également impliqué une hémorragie financière et des politiques antisociales dans les pays du Nord.

Depuis la crise financière de 2008, qui, via une socialisation massive de dettes privées, s’est transformée en une crise des dettes souveraines, les peuples européens, en particulier ceux d’Europe du Sud et de l’Est, peuvent ressentir dans leur chair les effets dévastateurs des politiques d’austérité néolibérales qui sont mises en œuvre au nom du remboursement de la dette publique.

Renforcement des privatisations, baisse des impôts directs, dérégulation financière, austérité budgétaire, attaques contre les droits sociaux, affaiblissement des syndicats, flexibilisation du droit du travail, toutes ces offensives contre les conquêtes sociales se font au nom de la réduction du déficit budgétaire et du remboursement de la dette.

Le problème, c’est que tout le La dette publique joue également ce rôle politique de domination dans les pays du Nord : c’est bien au nom du remboursement de la dette et de la réduction des déficits publics que, depuis des décennies, tous les gouvernements de l’UE appliquent des coupes massives dans les services publics, privatisent des entreprises publiques stratégiques et/ou rentables, dégradent les systèmes de santé publique, et mènent une offensive contre les droits économiques et sociaux des citoyen.ne.s.

« Il y a deux manières de conquérir et d’asservir une nation. L’une est par l’épée. L’autre est par la dette. » (John Adams, 1735-1826, deuxième président des États-Unis).

Source : Cadtm.org – Eric Toussaint, Olivier Bonfond, Mats Lucia Bayer – 23-11-2020

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Commentaire recommandé

Brigitte // 09.01.2021 à 09h31

« L’endettement des pays latino-américains comme moyen d’imposer le libre-échange et la subordination ». On remplace « latino-américains » par « européens » et on comprend ce qui nous est arrivé.
Quand il parle de tirer les leçons de la Grèce et de Syriza, je ne comprends pas ce qu’il veut dire. S’agit-il d’un langage codé? on reste ou on sort?
J’ai l’impression qu’il croit qu’un gouvernement progressiste va pouvoir nous tirer de cette mauvaise passe sans renoncer à cet idéal européiste pourtant délétère.
J’ai encore entendu ce matin à France Culture que le brexit était un acte égoïste et de repli sur soi. Il vaut mieux être sourd que d’entendre pareilles sornettes.
Bon, toujours la même rengaine de la mauvaise Europe libérale qu’il faudrait remplacer par la bonne Europe sociale. On tourne en rond….
Qu’est-ce qui bloque donc chez ces gens de « gauche », qui font les bonnes analyses mais ne vont pas jusqu’au bout de leur raisonnement? Pourquoi faut-il être classé à « droite » pour vouloir en sortir?
Il y a un biais idéologique que personne n’a eu l’audace d’analyser car à chaque tentative, il passe à la trappe. On ne pourra pas en faire l’impasse indéfiniment.
Il s’agit de cet idéal de fraternité qui penche toujours en faveur de l’union et jamais de la séparation, synonyme de rivalité potentielle. L’union c’est la paix….
Il y a aussi le refus d’un état fort, synonyme de dictature, auquel est préféré l’état faible, dilué, alors même que sont réclamés le renforcement des services publics….

94 réactions et commentaires

  • Charles // 09.01.2021 à 09h12

    On se demande comment réfléchissent les grands cerveaux.

    Il y avait autant de virus avant l’ère capitaliste. La déforestation, on en aura une idée avec la décision de Colbert de reboiser : l’Europe était chauve au Moyen Âge.

    Et il y avait des maladies, lesquelles ont pu commencer à faire des ravages à grande échelle à partir du moment où la concentration de population a été suffisante.

    Et à l’époque l’hygiène et la médecine étaient un tout petit peu moins avancées qu’aujourd’hui – même si le capitalisme ne régnait pas officiellement (on veut dire : appointé par des historiens) – mais bon, quand on voit qu’en Chine une guerre avec un solde de 36 millions de morts pouvait avoir lieu…

    Du coup, non seulement il ne me semble pas que la situation soit radicalement nouvelle, mais surtout, on a probablement largement plus les moyens de lutter contre une pandémie qu’en 1918, date de la grippe espagnole, quand les antibiotiques n’existaient pas et que les virus n’avaient pas encore été découverts faute de microscope suffisamment petit.

      +14

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    • Charles // 09.01.2021 à 09h12

      Suite.
      Je ne sais pas où vivent ces économistes – mais ils manquent singulièrement de vision historique. Le truc le plus rigolo, c’est qu’ils font remonter en 2018 la conscience du danger pandémique – alors que toutes les personnes qui ont travaillé sur les virus et enseignent disent couramment à leurs étudiants depuis des dizaines d’années (c’était déjà le cas au 19e siècle) qu’il y aurait des pandémies à l ‘avenir – la seule chose étant qu’on ne savait pas l’ampleur de la prochaine. Et même, les spécialistes savaient qu’on allait vers une accélération des pandémies : on est passé de tous les 100 ans à tous les 30 ans et maintenant tous les 10 ans.

        +7

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    • JEAN DUCHENE // 09.01.2021 à 18h56

      ce qui est radicalement nouveau par rapport à l’ère pré capitaliste ce sont les moyens de communication qui se sont développés et qui facilitent la diffusion rapide des virus. Par ailleurs c’est bien le mode de production capitaliste et les gouvernements à son service qui ont affaibli les services publics, dont le système de santé.Nous avons sans aucun doute plus de moyens de lutter contre une pandémie aujourd’hui qu’en 1918 mais la domination du capitalisme sur l’ensemble de la société empêche que ces moyens servent au bien public.

        +6

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      • xrorox // 10.01.2021 à 00h08

        L’autre élément honteux de cet article est de nommer les politiques menées comme étant néolibérales, ce qui ne veut rien dire. Le libéralisme est une doctrine juridique pas économique.

        Ce qui s’approcherait le plus, ce serait le libertarianisme, mais les gouvenements et les politiques cités ne sont pas libertariens. Ils instrumentalisent diverses idéologies selon leurs besoins. Une vrai politique libertarienne, impliquerait justement qu’on ne puisse plus avoir d’élites corrompues pour des états particuliers.

        C’est d’ailleurs la raison principale de l’échec de toutes les politiques socialistes à long terme. On met en place des systèmes, où ce sont des gens doués pour acquérir du pouvoir qui nous gouverne, et qui sont placés à la merci, ou en position d’être influencés, par les élites économiques.

          +0

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  • Rond // 09.01.2021 à 09h29

    Rien de nouveau ici, et tout ce qui devrait réveiller du plus profond des sommeils. Et pourtant, rien ! Les Humains roupillent à un point qui laisse rêveur …
    A moins qu’ils ne sachent pas lire ? A moins que l’égoïsme, le pillage, l’accaparement, la destruction de tout ce qui soutient la vie convienne au plus grand nombre ? A moins qu’ils soient devenus insensibles à toute souffrance, surtout celle de l’autre ? A moins que réinventer notre monde, se réinventer, pimenter notre vie d’un peu d’inconnu soit bien pire que pire que le frisson quotidien de la peur pour un rien ou pour tout, que la guerre permanente de tous contre tous et pire que la mort ?
    Réveillez-vous !

      +4

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  • Brigitte // 09.01.2021 à 09h31

    « L’endettement des pays latino-américains comme moyen d’imposer le libre-échange et la subordination ». On remplace « latino-américains » par « européens » et on comprend ce qui nous est arrivé.
    Quand il parle de tirer les leçons de la Grèce et de Syriza, je ne comprends pas ce qu’il veut dire. S’agit-il d’un langage codé? on reste ou on sort?
    J’ai l’impression qu’il croit qu’un gouvernement progressiste va pouvoir nous tirer de cette mauvaise passe sans renoncer à cet idéal européiste pourtant délétère.
    J’ai encore entendu ce matin à France Culture que le brexit était un acte égoïste et de repli sur soi. Il vaut mieux être sourd que d’entendre pareilles sornettes.
    Bon, toujours la même rengaine de la mauvaise Europe libérale qu’il faudrait remplacer par la bonne Europe sociale. On tourne en rond….
    Qu’est-ce qui bloque donc chez ces gens de « gauche », qui font les bonnes analyses mais ne vont pas jusqu’au bout de leur raisonnement? Pourquoi faut-il être classé à « droite » pour vouloir en sortir?
    Il y a un biais idéologique que personne n’a eu l’audace d’analyser car à chaque tentative, il passe à la trappe. On ne pourra pas en faire l’impasse indéfiniment.
    Il s’agit de cet idéal de fraternité qui penche toujours en faveur de l’union et jamais de la séparation, synonyme de rivalité potentielle. L’union c’est la paix….
    Il y a aussi le refus d’un état fort, synonyme de dictature, auquel est préféré l’état faible, dilué, alors même que sont réclamés le renforcement des services publics….

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    • Anfer // 09.01.2021 à 11h12

      Sortir de l’UE ne réglera pas tout, en plus si c’est fait dans le cadre des traités.

      Nous n’avons pour le moment jamais eu de gouvernement avec une réelle volonté de changer les choses, de toute façon cela signifie qu’on soit dedans ou dehors, d’avoir un rapport de force avec l’Allemagne.

      Une France qui bloque l’EU, c’est tout à fait envisageable, ça s’est déjà vu.
      Se retirer de certains accords, en nationalisant l’énergie et les transports par exemple, est tout a fait faisable.
      Encore faut il le vouloir.

        +10

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      • Touriste // 09.01.2021 à 12h48

        Bonjour,
        « Une France qui bloque l’EU, c’est tout à fait envisageable, ça s’est déjà vu. »
        Oui mais ça c’était du temps où la France battait encore sa propre monnaie. Et puis c’était dans le millénaire précédent (le temps file à une telle vitesse).

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      • Brigitte // 09.01.2021 à 18h20

        Anfer, « sortir de l’UE ne règlera pas tout » voilà une très mauvaise raison de ne pas sortir…si vous avez la solution qui règle tout, n’hésitez surtout pas à la divulguer. Ecrivez un livre!
        Bref, vous ne voulez pas sortir, vous êtes bien au chaud dedans sans doute.
        Il est plus facile d’avoir un rapport de force avec un adversaire quand on est libre, car on peut choisir des alliés, impossible dans le cadre de l’union.
        La France a encore un potentiel qui est complètement bridé en restant dans l’UE.
        Les TOM et les pays francophones d’Afrique sont un atout important, qu’elle ne pourra réellement valoriser qu’en étant libre. Regardez donc l’Angleterre, qui est en train de négocier des traités commerciaux avec de nombreux pays du monde dont le Japon.
        C’est ça être libre et souverain. Avoir sa monnaie, ses frontières, ses alliés, son peuple à l’abri de la morosité et de la paupérisation. On en est loin! si ça vous convient, moi pas.

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        • JEAN DUCHENE // 09.01.2021 à 19h02

          vous oubliez une chose dans votre définition de la liberté : avoir sa monnaie, ses frontières, ses alliés et son peuple… et un capitalisme bien français, bien de chez nous. Vous croyez que la sortie de l’Europe fera sortir du même coup la bourgeoisie (peut être ira-t-elle se réfugier à Coblence!)

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          • Brigitte // 10.01.2021 à 07h48

            Ah enfin nous y voilà! ce que les gens de « gauche » veulent, c’est sortir du capitalisme ou rien. Donc rien….
            Je crois qu’il faut être plus pragmatique. Le capitalisme français est européen et même mondialiste, depuis longtemps. Les « bourgeois » sont déjà partis, ou leurs enfants, ils sont apatrides.
            Lordon le concède parfois, du bout des lèvres, la nation est la bonne taille pour lutter contre les dérives du capitalisme.
            Si déjà nous suivions ce cap, reconquérir la nation, qui nous est chère et indispensable pour construire un avenir meilleur? non, ce n’est pas logique pour vous?

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    • CHRIS // 10.01.2021 à 00h23

      Il y a surtout internet qui désunis déshumanise nos sociétés très rapidement. Plus de liens social dans son quartier son travail sa famille. La révolution est individualiste à travers un écran. Les pauvres de plus en plus nombreux luttent pour finir les mois, et n’ont pas la capacités de s’unir. Les élections sont télécommandés par les médias sans aucune surprise;
      Les gilets jaune éborgnés, fatigués sont déçus d’une union bien impuissante sans la force, sans moyen de peser concrètement pour du changement en faveur du peuple. Les conventions citoyennes complices involontaires ou futur dirigeants sont les idiots utiles ou les futurs bénéficiaires d’un système verrouillé. Si au moins on pouvait agir pour les futurs générations à ne pas se retrouver dans une situation pire que la nôtre, alors il faut agir et changer ce système de vie à crédit.

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  • Pascalcs // 09.01.2021 à 09h46

    Je pense cette réflexion être la source de la politique promulguée par M. Mélanchon.

    Sur le fond, je rejoins l’auteur du texte pour dire que la dette n’est fondamentalement pas une mauvaise chose en soi lorsqu’elle sert à l’investissement productif quelque soit sa nature. Hélas en France la dette qui se creuse de manière abyssale n’est qu’un instrument d’achat de la paix sociale aux mains de gouvernements lâches qui persistent à empiler des programmes sociaux aberrants dont le résultat est une fuite ininterrompue des forces productives de ce pays depuis des décennies.
    La France à coups de 35 h, RSA, administration obèse, règlementations démentes pour occuper des armées de fonctionnaires et chômage de masse en résultant est complètement intégrée dans le club des pays du Sud désormais.
    Pas étonnant dès lors que les cris d’orfraies montent en cœur pour annuler la dette. Mais se poser la question du pourquoi on en arrive là alors que les voisins d’outre-Rhin réduisent leur dette, là c’est un débat qui n’existe pas.
    Re-elire élection après élection tous les ratés de la gestion saine des finances d’un pays, ça on sait faire en France.

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    • Anfer // 09.01.2021 à 12h00

      Ça, c’est la vision libéral de l’économie.

      Le dieu marché réclame des sacrifices expiatoires de la dette pécheresse…

      La dette pour les liberaux, c’est un sacrilège, un troc inachevé, ou celui qui n’a pas encore remboursé est un mauvais payeur, un être maléfique qui viole les lois sacrés du marché.

      L’argent est une marchandise rare, soumise à l’offre et la demande, qui ne doit provenir que d’un profit réalisé sur une transaction.
      Seul le mérite, par le travail et la souffrance devrait permettre d’en acquérir.
      Et le prêt de ce précieux argent ne peut provenir que de l’accumulation de celui ci par des gens vertueux. C’est pourquoi l’épargne est indispensable et doit être favoriser, car sans elle, pas d’investissement possible.
      Comme cet argent est rare, il n’est disponible qu’en quantité limité, il faut donc empêcher l’état (qui n’a pas le profit pour but, et est donc inefficace) d’en avoir trop, sinon l’économie manquera d’argent.

      Sauf que… Cette fable n’a aucune réalité.

      La monnaie, c’est une convention sociale, pas une marchandise, elle est crée à partir de rien, sur la base de la confiance dans la capacité à rembourser, donc, de rapports humains.
      Elle ne peut donc pas manquer, les banques privées en crée des millions chaque jour à partir de rien, chaque fois qu’elles accordent un prêt.
      L’épargne ne finance pas l’économie, plus de 95% part dans les marchés secondaires, cest à dire la spéculation, financière et immobilière.
      L’économie réelle se finance par le reinvestissement des bénéfices, mais surtout par l’emprunt, donc de la monnaie crée à partir de rien.

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      • calal // 09.01.2021 à 14h03

        « Et le prêt de ce précieux argent ne peut provenir que de l’accumulation de celui ci par des gens vertueux. C’est pourquoi l’épargne est indispensable et doit être favoriser, car sans elle, pas d’investissement possible. »

        la monnaie,la dette,l’epargne repose sur la confiance et un contrat social qui sous entend que vous trouverez toujours quelqu’un pour effectuer une certaine quantite de travail honnete contre le votre. Si cela n’est plus possible,les gens ne vont plus surproduire puisque ce surproduit ne pourra plus etre stocke et echange quand la necessite se fera sentir. Grosso merdo,on produit la stricte necessite,on auto consomme et apres on va s’asseoir sur le bord du fleuve et on profite de la vie yolo toussa.

        Ai je confiance dans le fait qu’il va y avoir des etres humains dans l’avenir qui seront prets a venir faire un travail honnete chez moi en echange d’une remuneration honnete? non.Je suis introverti donc j’ai tendance a penser que les autres sont des predateurs et que dans l’avenir ce que je trouverai cela sera plutot des gens qui exigeront de moi des efforts en echange de promesses vagues et de menaces precises…

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  • Dr Jean loup Rey, épidémiologiste tropicaliste. // 09.01.2021 à 10h03

    accuser le capitalisme de l’émergence de nouvelles maladies est ridicule
    c’est la démographie croissante qui en est la cause première
    la déforestation et la sur exploitation de la nature est due d’abord au fait que de plus en plus de terriens ont besoin de manger
    et d’accord avec Charles tout cela n’est pas nouveau

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    • calal // 09.01.2021 à 14h26

      « que de plus en plus de terriens ont besoin de manger »
      c’est sans doute pour cela que le diabete de type 2 se developpe a la vitesse grand v partout dans le monde…

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    • Patrick // 09.01.2021 à 14h30

      Oui mais il y a de plus en plus de monde à cause du capitalisme.
      Avant l’arrivée des Européens, la population africaine s’élevait à 80 millions de personnes, à cause des genocides et des destructions dues au capitalisme, la population a été réduite à 2 milliards d’individus.

      Donc , c’est bien le capitalisme ultra néolibéral qui est responsable.

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    • X // 09.01.2021 à 14h33

      Donc qu’est-ce qu’on fait : on interdit la médecine moderne ? Ou alors on stérilise les plus pauvres ( ceux qui pourront de toute façon pas se payer les dernières avancées de la médecine moderne)? On interdit les mesures anti-coronavirus ?

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    • Havoc // 09.01.2021 à 17h59

      La façon dont nous nous nourrissons n’a donc rien à voir avec le capitalisme ?

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      • Brigitte // 09.01.2021 à 18h38

        Bien sur que si. En ce moment, il y a une épidémie de grippe aviaire dans le Sud-Ouest de la France qui va conduire à l’abattage de millions de canards. L’élevage intensif concentrationnaire en est la cause. Les éleveurs pleurent comme des crocodiles et attendent les aides de l’état. Des petits élevages respectueux des animaux et de l’environnement permettraient d’avoir des produits de qualité et de créer plus d’emplois. Mais non, c’est trop simple, on continue à faire les mêmes erreurs, à vouloir être plus gros que le voisin, plus moderne, etc…
        Nous sommes nos meilleurs ennemis et les virus savent comment en tirer profit.

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        • tchoo // 10.01.2021 à 12h56

          euh êtes vous sure de bien connaitre les élevages de canard dans le Sud Ouest?
          Parce que parler d’élevage intensif dans cette région est une rigolade et c’est méconnaitre les structures d’exploitations agricoles de la région.
          De plus je vous signale, que à tort ou à raison mais ce sont les élevages en plein air qui sont désignés par les autorité sanitaire pour être propagateur du virus parce que les animaux sont en contact avec les animaux sauvages (oiseaux)

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    • vai // 09.01.2021 à 19h13

      la pensée conservatrice non plus. Le capitalisme n’est pas responsable de l’émergence de nouvelles maladies (encore que les maladies au travail il en est le premier responsable) mais il est responsable de son impéritie face à la pandémie, de faire passer les intérêts privés avant le bien public. La faim dans le monde il en est responsable, pas la démographie.. Nous produisons assez de nourriture pour nourrir tous les habitants de cette planète. Ce qui est en question c’est la répartition des richesses crées. Le simple fait que certains individus gagnent plus de 1000 fois le salaire minimum est une démonstration suffisante du parasitisme et de l’indécence de ce mode de production.

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  • METZGER // 09.01.2021 à 11h16

    L’Article pointe du doigt la déforestation massive, l’agriculture intensive et chimique, l’élevage industriel, les échanges internationaux etc… En oubliant ( oups ) que nous sommes 7 milliards dont une grosse partie de bobos voyageurs qui n’attendent que d’être vaccinés pour continuer leurs pérégrinations circum-terra pour répandre d’autres pandémies !
    Hasta la Vista et après moi le déluge !
    Je partage l’avis de Pascalcs qui indique que la politique d’une saine gestion est possible alors que nous votons massivement depuis 81 pour des démagogues qui vendraient père et mère pour garder leur derrière au chaud.
    On ne pourra mener de politique raisonnable ( de politique tout court ) sans redevenir un état souverain.
    La propagande pro-européenne massive, comme une Dicke Bertha veut nous faire croire que le Brexit va dissoudre la perfide Albion dans l’Atlantique !
    Quant à croire que nos créanciers vont effacer notre dette sociale…
    Faudrait un new deal, et là, je crains qu’on ne voit que du rouge couler au fond des sillons…
    Car les riches qui profitent de cette dette ne voudront pas se laisser dépouiller sans résistance…
    Nous avons choisi un garçon coiffeur au service des technos de Bruxelles pour nous montrer la direction…
    Mais …
    Il ya bien un gars qui a supprimé la dette de son pays : il a fini dans une tournée triomphale pendu par les pieds…

      +7

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    • Brigitte // 10.01.2021 à 08h14

      Entièrement d’accord avec vous.
      La perfide Albion a les pieds sur terre, elle. On peut ne pas approuver sa politique économique, là n’est pas la question. Chaque pays a sa propre sensibilité politique, sa propre histoire sociale. En tout cas, elle ne trahit pas le vote de son peuple.
      Je crois que nous devons tourner définitivement la page de la dernière guerre, et redresser la tête, car à mon avis, tout vient de là.
      Entre soumission et orgueil, couple infernal, nos dirigeants ont creusé notre fosse commune.

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  • RGT // 09.01.2021 à 12h10

    « La main qui donne est toujours au dessus de celle qui reçoit ».

    Napoléon Bonaparte.

    Et quand la main qui donne doit sa fortune aux revenus qu’elle obtient en « remerciement » de ses « dons » passés il n’est pas nécessaire d’avoir fait l’ÉNA pour comprendre que ce cercle vicieux ne peut PAS s’arrêter à moins de retourner violemment la table et d’imposer par la force de novelles règles plus équitables.

    Et tous les « dirigeants » participent allègrement à ce dépeçage car il ne leur coûte absolument rien à titre personnel et de plus leur permet de se garantir des revenus confortables et un train de vie à l’abri du besoin pour le reste de leur existence.

    Pour les plus admiratifs des « grands opposants charismatiques », ne vous bercez surtout pas d’illusions : S’ils sont nommés de manière très « clivante » dans les « médias de masse » c’est juste pour servir d’idiots utiles et de repoussoirs nauséabonds afin de permettre aux candidats « consensuels » adoubés par les « élites » de pouvoir être maintenus au pouvoir sans aucun risque de changement.

    Avez-vous une seule fois entendu parler d’Éric Toussaint (hormis pour lui cracher dessus sans aucun argument réel dans un article qui adule un « grand homme » bien sûr) dans l’Immonde, L’aberration ou la sacro-sainte « grand-messe » de 20 heures vous ?

    Quand il n’existe aucun contre-pouvoir et que les décisions prises par les dirigeants sont totalement arbitraires et nuisibles la population à LÉGITIMEMENT le droit de se rebeller et de reprendre en main son propre destin.

    Hélas, comme les institutions sont les titulaires LÉGALES (pas légitimes) de la violence il n’y a d’autre alternative qu’une violence populaire encore plus féroce pour parvenir à les contrer.

    C’est désolant mais « TINA »…

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    • Touriste // 09.01.2021 à 13h18

      « Hélas, comme les institutions sont les titulaires LÉGALES (pas légitimes) de la violence il n’y a d’autre alternative qu’une violence populaire encore plus féroce pour parvenir à les contrer. »

      « La main qui baffe est toujours dans la face de celui qui la reçoit »
      Touriste (2021)

      Définition toute personnelle mais compatible avec la novlangue actuelle (style « quand ça ne marche pas : ce n’est pas un échec ») :
      Baffe : caresse très appuyée sur la joue et dont le ressenti chez le receveur n’engage que lui.
      Exemple : Non, Monsieur le juge, ce n’était pas une gifle mais une baffe. C’est à dire une marque d’amitié virile : il nous avait courtoisement invité à venir le chercher. Ce n’est pas ma faute s’il a ressenti le besoin, à la suite de cette démonstration d’affection évidente, d’appeler sa mère (ou son épouse, je ne sais plus).

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    • Grd-mère Michelle // 09.01.2021 à 14h07

      @RGT
      « Avez-vous une seule fois entendu parler d’Éric Toussaint…? »
      On peut justement se réjouir que « les Crises » nous proposent aujourd’hui ses analyses, résultats de décennies d’observations et de réflexions désintéressées.
      Avez-vous, seulement une fois, clické sur le site du CADTM?
      Au lieu de passer votre temps, comme d’habitude, à instiller vos sentiments délétères d’impuissance et de défaitisme, essayez plutôt de vous informer et de réfléchir sérieusement, avant de « casser » toute proposition innovante!
      Et cessez, svp, vos appels insupportables à la violence (qui n’ont pas leur place ici, selon les règles précisées pour ces débats).

        +2

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      • METZGER // 10.01.2021 à 08h41

        Je suis avec beaucoup d’attention Eric Toussaint et le CADTM, dont je partage les idées à quelques nuances près.
        Dans le besoin de « bétonner » un argument de fond qui se défend parfaitement, et après développement cohérent d’un diagnostic indiscutable, il propose des « solutions » sur SA vision de l’écologie, du refinancement des services publics, et des mécanismes de redistribution qui ressemblent à un inventaire à la Prévert : une liste déclarative de bonnes intentions qui sont autant de pièges qu’il faudrait au contraire éviter.
        Enfin, il n’a strictement rien compris à la structure politique de l’Amérique du Sud et son asservissement par la dette. Pourtant l’histoire ne donne qu’une seule leçon : on ne brise pas ses chaines sans faire couler le sang. Ce n’est nullement un appel à la violence, mais une simple constatation de géo-politique : la question est simple.
        Que fait-on quand les puissants créanciers vous tordent le bras et que vos amis corrompus vous trahissent ?
        Et là, c’est un tonitruant silence des agneaux !
        Autrement, on peut continuer à refaire le monde avec tous les athlètes du clavier d’ordinateur, dans un grand ferraillage d’idées avec les Yakas et les Faucons de tous bords…
        Nous sommes déjà largement trahis par notre classe politique entière, tous bords confondus, trop bien nourris par ce système à bout de souffle.
        Faudrait déjà être un état souverain…

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        • Grd-mère Michelle // 10.01.2021 à 18h03

          À noter que « les chaînes » sont aujourd’hui essentiellement mentales.
          Les « yaka »et les « faukon » utopistes valent toujours mieux que les « tant pis » et les « trop tard » résignés: dans un cas comme dans l’autre, ils ont la particularité de pouvoir se répandre dans les esprits… ceux qui sont encore au moins un petit peu curieux et ouverts pour envisager TOUTES les propositions.
          Ce sont les jeunes générations qui vont décider, soit de rester dans le « confort » passif, égoïste et complice proposé par leurs dirigeant-e-s, soit de s’élancer vers l’audace que représenteraient la paix et la solidarité dans une citoyenneté assumée.
          Leur inquiétude et leur perplexité vis-à-vis du marasme répugnant dans lequel stagne l’humanité les stimulera peut-être à redécouvrir le pouvoir immense de l’imagination liée à la détermination.

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          • METZGER // 13.01.2021 à 03h35

            Non, les chaînes ne sont pas que mentales. On a des obligations et des forces de l’ordre, des impôts et notre compte en banque pour nous y contraindre.
            Les jeunes ont déjà choisis avec leurs portables, leurs voyages, amazon et vente-privée. Je crains qu’ils ne soient encore pires que nous.
            Et puis mettre sur leur dos le règlement de nos errements ….
            « Allez-y les petits, nous on a bien pensé ce qu’il fallait faire, vous vous allez réaliser nos rêves…
            Nous ? On peut pas, y’a les soldes ! »

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          • Grd-mère Michelle // 13.01.2021 à 13h12

            Vous avez une étrange façon de lire: « que » à la place de « essentiellement »…
            De toute évidence, nous ne fréquentons pas les mêmes jeunes…
            Leur dénier la capacité de réfléchir par eux/elles-mêmes, d’avoir leurs propres volontés basées sur leurs propres rêves(qui sont en effet des rêves très anciens non réalisés) et leurs observations pertinentes, c’est juste faire la preuve d’un ratatinement cervical, d’une sclérose mentale, dûs sans doute à un épuisement provoqué par des efforts à se conformer(donc cautionner), pendant de longues années, à « l’ordre établi ».
            Sachez que l’équipe du CADTM (que j’ai pu souvent rencontrer) est majoritairement formée de gens de moins de trente ans, nullement « suiveurs-euses » mais plutôt inspirateurs-trices de son fondateur.

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      • RGT // 13.01.2021 à 11h11

        « cessez, svp, vos appels insupportables à la violence »

        Je suis foncièrement non violent !!!

        Par contre, j’ai quand-même bien compris que ce n’est absolument pas le cas des « élites » qui détiennent le pouvoir dans les « démocrassies » et qui se sont auto-attribuées le droit d’abuser de la violence qu’ils ont légalisé pour leur propre intérêt.

        Et quand j’évoque (avec désespoir) la nécessité pour la population opprimée de devoir utiliser les mêmes armes (la violence absolue) pour se libérer, cette utilisation ne doit en aucun cas être tournée vers les « porte flingues » mais vers les « têtes » qui les commandent.

        Sans doute me suis-je mal exprimé et je vous demande de bien vouloir me pardonner.

        Cordialement.

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        • Grd-mère Michelle // 13.01.2021 à 13h43

          Oui… Trump a dit aussi qu’il n’avait pas appelé à la violence…
          Résultat: 4mort-e-s(dans ses rangs)
          Vous avez au moins, cette fois, évoqué votre désespoir, qui transparaissait dans vos commentaires précédents, et qui, comme je l’ai écrit plus haut, a la particularité de pouvoir se répandre dans les esprits dès lors qu’il est publié…
          Pourquoi vous exprimez-vous ici, si vous pensez qu’aucune solution n’est possible(à part l’insurrection armée)?
          Ne pas oublier que les « têtes qui commandent » ont la possibilité de le faire parce que la majorité des populations leur fait confiance(en principe, et tant que les fraudes électorales ne sont pas prouvées).
          Les éliminer peut passer par un moyen non-violent évident: le regroupement massif et déterminé des forces vives et conscientes qui exigeraient des changements décisifs. Le désespoir ne peut que miner cette aspiration salutaire.
          Reprenez-vous, bon sang!

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  • Patrick // 09.01.2021 à 14h19

    Le Parti Communiste Chinois sera heureux d’apprendre qu’il mène une politique capitaliste néolibérale 😁.
    Le néolibéralisme est un très bon système ( limitation du rôle de l’état ). Moi ça m’amuse de voir que tout est néolibéral, même les partis communistes, même en France où l’état contrôle 60% de l’économie 😁

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    • Incognitototo // 09.01.2021 à 20h59

      Vous ne pouvez pas limiter l’idéologie néo-libérale à « moins d’État ». Le « moins d’État » est plutôt un corpus commun aux nombreuses chapelles libérales.

      Le néo-libéralisme, c’est avant tout :
      – l’économie de marché dans tous les secteurs, y compris (si possible) ceux des prérogatives régaliennes des États
      – la confiance absolue dans l’efficience des marchés pour réguler tous les excès de ces mêmes marchés, et donc l’opposition à toute régulation légale (fiscale, sociale, écologique , et cetera).

      Tout cela est fondé sur des croyances dont on peut largement démontrer qu’elles sont tout sauf vérifiables et opérantes : la « main invisible », la « théorie du ruissellement », et cetera, qui n’ont qu’un seul but enrichir toujours plus les riches sur le dos de tous les autres.

      Par rapport à la première prémisse (« moins d’État »), il est d’ailleurs intéressant de constater qu’on en arrive à la situation paradoxale actuelle où les seuls pays qui appliquent en réalité une économie néo-libérale à peu près « pure » sont des pays totalitaires sur le plan des libertés individuelles : en son temps Pinochet, la Chine, la Russie, et cetera.

      Le deuxième paradoxe, c’est que cette idéologie s’impose à peu près partout dans le monde, sans que jamais aucun citoyen ne l’ait démocratiquement validé.

      Une vraie peste pire que la Covid…

      P.-S. : ça ne veut rien dire que l’État français gèrerait 60 % de l’économie… ça ne démontre rien sur le plan politique.

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  • Patrick // 09.01.2021 à 14h39

    On continue dans les propos faux : politiques d’austérité … destruction des services publics.

    Exemple : la France
    A quel moment avez-vous vu une politique d’austérité ?
    L’austérité consiste au mieux à la limitation de l’accélération de l’augmentation des dépenses publiques.
    Les budgets publics augmentent régulièrement mais le service rendu est de plus en plus mauvais, le fric est simplement évaporé dans le labyrinthe bureaucratique que l’on a pu admirer en 2020 lors de la gestion de la crise.

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    • Havoc // 09.01.2021 à 18h02

      Visitez un hôpital, une école, un commissariat ou un tribunal, vous comprendrez pourquoi on parle d’austérité.

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      • Patrick // 09.01.2021 à 18h21

        C’est bien ce qui me gêne.
        L’état dépense toujours plus , il y a de plus en plus de fonctionnaires , de ministères, d’agences de l’état . Nous sommes le pays le plus imposé, taxé au monde , l’état doit en plus s’endetter et … il y a de moins en moins de services rendus à la population, surtout en ce qui concerne les missions régaliennes.

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        • VVR // 10.01.2021 à 15h02

          L’état ne dépense pas toujours plus, enfin pas dans les proportions spéctaculaire que vous sous entendez. Entre 1990 et 2019 cela oscille autour de 55%.

          Mais dans cet interval, la population vieillie et les retraites absorbent 5% de PIB en plus, et la santé 3% de plus. Il a donc fallut prendre 8% de PIB dans les autres missions de l’état puisque le budget est constant sur la période. Et ce, tout en promettant des baisses d’impots a toutes les occasions.

          Pour ça, il y a une recette magique: faire baisser le nombre de fonctionnaires. Ce qui trés vite est contre productif: les gains de productivité chez les pompiers, profs et policier étant globalement inéxistant, on ne peut le faire que chez fonctionnaires « traditionnel ». Mais comme ils sont trés peu nombreux, malgrés l’informatisation quand les effectifs sont divisés par 4 les retards s’accumulent.

          On supprime alors des services pour les remplacé par du privé. Au final, ça coute plus, d’un coté par le privé c’est les salaires plus le bénéfice, mais aussi parce que les incidents sont réparé beaucoup moins vite. Mais on continue parce que ça permet de remplir l’objectif de baisse du nombre de fonctionnaire qui est un bien en soit.

          Mais du coup, comme au final on a augmenté les dépenses en essayant de les faire baisser, il faut tenir le budget en cristalisant les salaires et en titularisant de moins de moins, ce qui trés vite va épuiser les vocations et provoquer de graves problémes de recrutement, et de qualité de service rendu.

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          • Grd-mère Michelle // 10.01.2021 à 16h28

            Heu… vous avez oublié l’armée et ses services de renseignement, ses chercheurs et sa course à la conquête spatiale…
            Les militaires ne sont-ils/elles pas des fonctionnaires « traditionnels »?
            Et, franchement, à quoi sert l’armée française, sauf à faire fonctionner le complexe militaro-industriel? Et à permettre à un petit président de se prendre pour un grand, sans doute.

            Parler de « vocations » à propos des salaires, ce serait comme parler de générosité quand il est question d’avidité.
            Typique de la mentalité régnante, dans ce monde bordélique où il n’y a plus d’autre perspective que de se vendre pour pouvoir exister.

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            • VVR // 10.01.2021 à 17h58

              L’armée a fait partie des saignées en personnel et en matériel, ce qui explique que l’on soit aujourd’hui en difficulté pour envoyer et maintenir opérationnelle ne serait ce qu’une brigade en opération extérieure. Supprimer totalement l’armée ferait gagner 37 milliard, ce qui est très loin des sommes nécessaires, surtout si les 10 milliards de la gendarmerie en font encore partie.

              Pour les vocations, il n’y a plus que ça qui peut encore faire choisir l’éducation quand on a le choix: quand à bac+6 on gagne a peine plus que le smic, et éventuellement le double au bout de 30 ans de carrière, regarder ce qui se passe chez les copains de promo qui n’ont pas choisi d’être prof peut faire un peu mal.

              Et les vocations, ça ne remplis pas les salles de concours. Aujourd’hui, pour avoir le Capés dans les matières scientifiques, il suffit d’avoir 5 (note éliminatoire) et un casier judiciaire vierge. Et comme ça ne remplis pas les postes, le ministère choisit courageusement de les supprimer.

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            • Grd-mère Michelle // 13.01.2021 à 14h10

              37 milliards? vraiment? merci de nous l’apprendre…
              Quant à la gendarmerie, on s’en passerait bien, non? (Surtout si on parvenait à se passer des véhicules particuliers…)
              Tout le monde pourrait vivre « confortablement » du smic si la publicité ne poussait pas les gens à posséder plus que le nécessaire. Et le fait d’avoir la chance et la capacité de faire des études ne devrait favoriser financièrement personne, mais bien permettre à chacun-e de trouver une activité satisfaisante, qui répondrait à son caractère, à son tempérament, dans la société.

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            • VVR // 14.01.2021 à 17h12

              Nous sommes d’accord, dans un monde idéal tout le monde se satisferait minimum et irait a la pêche ou cueillir des fleurs le reste du temps.

              Dans un monde idéal, on a pas besoin de gendarme ou de policier puisque personne ne trouverait plus avantageux de piocher dans votre garde manger que de travailler pour remplir le leur. Et on économise 22 milliards.

              Mais tant on peut aller plus loin dans l’imaginaire:

              Dans un monde idéal, on a pas besoin de retraites, parce que tout le monde peut travailler jusqu’à la fin de sa vie, et ça fait 217 milliards de moins.

              Dans un monde idéal, on a pas besoin de sécu et on economise 184 milliards.

              Dans un monde idéal, les parents apprennent à leurs enfants à lire, à écrire, à comprendre la physique quantique, et ce sont 140 milliards d’économies (etat + collectivités).

              Dans un monde idéal, tout le monde arrive a se loger sans aide, et a élever dignement ses enfants sans que l’état ne donne la piéce, et ça fait 40 milliards de moins.

              Malheureusement, nous somme dans le monde réel, qui n’est pas meilleur ni pire que celui s’il y a 50 ans, il y avait juste beaucoups moins de retraités à l’époque.

              A noter que ce n’est pas pour moi le problème de fond: si on avait besoin de mettre les retraités au travail, on pourrait commencer par utiliser les chômeurs. Par contre, mettre l’armée et tous les ouvriers de l’armement au chômage ne résoudra pas grand chose au casse tête budgétaire, au contraire.

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            • Grd-mère Michelle // 14.01.2021 à 19h24

              Votre « imaginaire » ne vous sert qu’à me faire dire ce que je n’ai pas dit; je ne vous suivrai pas dans cette sorte d’échange miné et vain.

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            • VVR // 15.01.2021 à 16h28

              Ah pardon, j’ai du imaginer que vous parliez de supprimer l’armée et plein de chose qui ne servent a rien. Ce qui reste à démontrer: le problème avec l’état, l’armée, la police, la justice c’est que c’est un peu comme les vaccins: on aime pas ça, mais si on les supprime sans vouloir les remplacer, on récupère très rapidement une version largement moins plaisante.

              le « merci de nous l’apprendre… » m’a laisser penser que vous n’étiez pas trés au fait du budget de l’état, et je voulais vous signaler que si on ne touche pas à la redistribution (CAF, assurance maladie, assurance retraite), a savoir plus de 50% des prélévement, ou à l’école, 50% du reste, il ne reste plus grand chose à sabrer.

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            • Grd-mère Michelle // 16.01.2021 à 13h41

              En effet, je ne connais pas le budget de l’Etat français, car je suis belge, francophone, d’origine wallonne et vivant a Bruxelles.

              Mon idée serait plutôt de transformer l’armée en un grand corps de protection civile (volontaire, et rémunéré si nécessaire), destiné à accomplir les tâches nécessaires à la préservation et l’assainissement de la nature, et à l’adaptation des infrastructures aux réalités des dégradations causées par la pollution(dont le réchauffement climatique n’est qu’un aspect).
              On pourrait aussi l’imaginer fournir des bras nécessaires au remplacement de l’agriculture industrielle(voir les « noix de Grenoble »), en collaboration avec les initiatives locales, dans un plan qui viserait à l’auto-suffisance alimentaire des régions(réduction des énormes machines énergivores, des pesticides, de l’importation et des transports de denrées polluants).
              Et consacrer ses activités de recherche à son optimisation pratique. Tout en supprimant sa hiérarchie(qui concentre les pouvoirs et les privilèges en termes de salaires/pensions) qui n’aurait plus de sens.

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            • VVR // 18.01.2021 à 12h25

              Se sont effectivement des objectifs a prendre en compte, mais vous n’avez pas besoin de supprimer quoi que soit pour y parvenir, du moins au début. En Belgique comme en France, ce ne sont pas les bras qui manquent (moins vrais si l’on parle de l’Allemagne ou du Danemark). La limite sera trés vite atteinte si comptez un peu trop sur le bénévolat, car nourris, logé, blanchi, avec quelques loisirs le weekend, ce n’est plus du bénévolat, c’est un salaire en nature. Et les gens en ont besoin si vous ne voulez pas qu’ils vous claquent entre les doigts à 30 ans.

              Mais quand je parlais de remplacer, je voulais parler de leur rôle dans la société. Pour l’armée, c’est protéger l’ordre institutionnel et l’intégrité territoriale, autrement dit éviter que n’importe quel groupe d’exalté puisse renverser le gouvernement, ou établir sa petite dictature dans un coin du territoire.

              Il peut y avoir plein de forme d’institutions dédier a cette tache, mais on peut voir les conséquence d’une force insuffisante en Afganistan, Irak, Somalie pour ces derniers temps, ou dans l’histoire tumultueuse de l’Amérique du sud au 19ieme siècle. Et on ne peut pas improviser non plus, l’armée étant en elle même dangereuse comme le montrent les multiples putsch et guerres civiles, de Cesar à la Chine post-Qing, qui jalonnent l’histoire mondiale.

              Bref, c’est compléxe, mais la problématique ne peut pas être balayée d’un revers de main en se disant que ça ne sert à rien, même si sa finalité est que ça ne serve pas.

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  • lapapou // 09.01.2021 à 16h00

    Activons nos neurones mémoriels…
    Avez-vous oublié le Chili et ses chicagos-pinocho Boys ?
    La pandémie d’aujourd’hui + les technologies de contrôles
    Même pas peur dans le Paradis néolibéral off-shore et  »reseteur » !
    C’est Vercingetorix devant César

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    • Patrick // 09.01.2021 à 18h02

      Chili ? Dévasté par les âneries marxistes de Allende ?
      C’est clair qu’il y avait du boulot pour rétablir la situation, Pinochet a bien été obligé d’appeler à l’aide , les militaires n’ont jamais été doués en économie.

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  • andrea naz // 09.01.2021 à 18h04

    C’est bizarre d’introduire leur billet par: si si le virus vient bien de la chauve-souris et du pangolin!! Où ont-ils passé leur temps ces derniers mois? C’est bizarre, et un peu énervant!

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  • Fernet Branca // 10.01.2021 à 10h59

    « la logique capitaliste néolibérale (déforestation massive, expansion de l’agriculture intensive et chimique, élevage industriel, … )… et accroît les contacts entre les animaux sauvages et d’élevage, potentiellement porteurs de virus pathogènes, et les êtres humains ».
    Je peux vous dire que l’élevage de volaille traditionnel français en plein air permet le contact des volailles et des animaux sauvages et des êtres humains . Pas plus loin que 50 m de chez moi les volailles courent entre les fermes et les jardins croisent évidemment les oiseaux migrateurs.
    Et quand on a visité un village africain , on sait que volailles et porcs courent à travers tout le village.

    « Prenez toutes les pièces de son habillement, examinez tout ce qui l’entoure et, à l’exception des objets de cuir, qu’y aura-t-il qui ne soit pas anglais ? Si sa femme porte une jupe, il y a 99 chances sur 100 qu’elle ait été fabriquée à Manchester. Le chaudron ou la marmite dans lesquels elle cuisine, l’assiette en faïence dans laquelle il mange, son couteau, ses éperons, le mors de son cheval, le poncho qui le couvre, tout vient d’Angleterre. »
    Tout cela c’était en 1820 , de nos jours plus rien n’est fabriqué en Angleterre ou au USA, la logique capitaliste néolibérale a détruit toute l’industrie.

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  • tchoo // 10.01.2021 à 13h02

    Vous voulez comprendre la dette des états et savoir c’est ces dettes sont annulables, consulter les vidéos d’Eureka
    c’est clair limpide et donc facilement compréhensible
    J’aime bien E Toussaint mais ses propos sont parfois confus et embrouillés sur un sujet qui est complexe

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  • Justin Biber // 10.01.2021 à 15h57

    Très déçus de cette analyse.
    Il n’y a plus de dette, c’est fini.
    Le grands reset c’est la nouvelle réalité.
    Lagarde l’a dit, on fait les comptes finaux et un nouvelle étalon numérique avec des règles bancaires digne de 45 pour restaurée la confiance, endettement max 30% Bénéfice max 8% et fin de paradis fiscaux. On va tous vers la vertus comme si tout ce qu’on vit n’avais jamais exister. Donc demain on comptera plus son argent mais ces points de Co2 et comme on en aura pas assez pour dépenser notre RBI, (c’est quand même une décroissance forcée pour sauvez la nature.) Tous les pauvres seront riches et un robot viendra ramasse leur cadavre, la nuit avec un cagoule…
    Voilà, je pensais trouvé ici une manière plus juste, douce et polie de le dire.

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  • Ernesto // 11.01.2021 à 19h59

    Quoiqu’on pense, Eric Toussaint est un incontestable spécialiste reconnu de la dette et certains commentaires critiques devraient faire preuve d’un peu plus d’humilité.

    A en lire d’autres, on croirait tomber sur les délires hystériques d’Agnès Verdier-Molinié, la papesse obsessionnelle de la dénonciation de la dépense publique (et de la dette qui lui est liée). Comme si il n’y avait que la dette publique ! Et la dette privée on n’en parle pas ?

    Faut-il ignorer que la configuration actuelle du capitalisme financiarisé et mondialisé est caractérisée par un endettement généralisé des ménages, des entreprises, des Etats, accompagné par un régime de basse pression salariale ?

    Au salaire qui ne permet plus la solvabilité se substitue l’endettement car il faut bien continuer de consommer pour écouler la camelote marchande capitaliste ; ça tombe bien, actuellement l’inflation (officielle) est au plus bas et les prêteurs n’hésitent pas à payer (donc à perdre de l’argent) pour que les emprunteurs se financent auprès d’eux (taux négatifs).

    C’est un peu (beaucoup) le monde à l’envers, mais il faudrait être encore plus fou pour ne pas profiter d’une situation où s’endetter équivaut à s’enrichir et permet, dans de bonnes conditions, de financer des dépenses urgentes et indispensables ( sociales, services publics, réindustrialisation, transition écologiques), que seule la puissance publique est en mesure d’assumer.

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  • Ernesto // 12.01.2021 à 00h21

    Contrairement à ce que prétend Macron, « l’argent magique », introuvable quand il s’agit de satisfaire les revendications sociales,surgit comme par miracle pour éviter l’effondrement de l’activité et aider les entreprises (sans exigences de contrepartie en matière d’emplois, de salaires, de formations), à passer le cap de la paralysie de l’économie.

    Les sommes en jeu sont considérables même si leur niveau est encore insuffisant pour financer réellement une relance digne de ce nom. Sur les cent milliards du plan français sur trois ans, seulement neuf cents millions sont orientés vers les plus démunis. Même l’institut néolibéral Montaigne vient de proposer de verser un chèque de douze milliards à partager entre les quelques 6,6 millions de précaires éligibles aux aides sociales.

    Mais il est dommage qu’il soit fait appel aux marchés financiers (renforçant ainsi notre assujettissement à leur égard) pour réaliser cette opération. Evidemment Bruno Le Maire se prononce clairement pour le remboursement par les français de cette manne tombée du ciel, en comptant sur le retour de la croissance et les efforts de tous. Une bonne occasion de se saisir de ce prétexte pour poursuivre et amplifier l’aggravation des politiques d’austérité budgétaire et salariale.

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  • Ernesto // 12.01.2021 à 01h24

    Naturellement, on ne remboursera jamais totalement une dette qui va représenter près de 120% du PIB sur 2020/2021 ; on se contentera des seuls intérêts qui représentent tout de même une charge de quarante milliards par an. Pour le reste (le capital), la dette va « rouler » dans le temps (une nouvelle dette épongeant l’ancienne), ce qui permettra à nos dirigeants d’utiliser cette dernière pour refuser d’accéder aux demandes sociales, salariales, écologiques , présentées par les citoyens.

    Mais le plus simple , si on reste dans le cadre de l’UE, serait que la BCE désobéisse au carcan des traités européens en faisant deux choses : abandonner les créances qu’elle détient sur les Etats (31% de PIB pour la France selon Patrick Artus), financer directement les Etats par création monétaire (ces derniers s’émancipant ainsi de la tutelle des marchés). Une condition : que cette masse monétaire nouvelle finance impérativement l’économie réelle, créant ainsi de nouvelles richesses, et non pas la spéculation boursière ou les gâchis financiers de toutes sortes.

    On pourrait aussi s’inspirer d’exemples historiques nombreux qui témoignent qu’on peut annuler partiellement ou totalement une dette. L’Allemagne n’a jamais remboursé sa dette massive de guerre, d’occupation, de destructions, perpétrée par Hitler et les nazis (accord de Londres 1953).

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    • Patrick // 12.01.2021 à 09h03

      Notre problème c’est que la dette est en euros !!
      L’Euro étant une monnaie commune , nous ne sommes pas libres de faire ce que nous voulons puisque cela peut avoir des conséquences sur les autres pays.
      Tant que nous avions le Franc , nous étions libres de dévaluer et de saboter notre monnaie autant que nous voulions.
      Maintenant , il n’est pas évident que les Allemands soient d’accords.

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      • METZGER // 13.01.2021 à 02h49

        C’est bien pour cela que nous avons un besoin urgent de Germanexit. Ce grand pays a choisi la voie de la pollution massive au charbon pour que son industrie vende ses voitures gourmandes comme des tanks, ( au besoin en trichant sur les consommations réelles ), encourage une immigration massive pour remplacer les mains manquantes de la baisse structurelle de natalité dont la couche la moins laborieuse finit en France pour profiter de la générosité de nos aides sociales, et qui s’enrichit globalement au détriment des autres pays de l’union.
        Alors qu’en France on prétend subventionner notre industrie sans pouvoir le faire, elle fait le contraire.
        Régler la note de la crise Grecque, c’était le centième de sa dette de guerre.
        La Pologne, la Roumanie lui servent lui servent de moyens de production externalisés.
        L’Euro-mark ruine les pays latins de l’union.
        La France donne des leçons de morale à la Russie et la Chine, l’Allemagne signe des accords avec.
        Ce que le troisième Reich a loupé, maman Merckel l’a parfaitement accompli !
        Comment cela peut-il finir ? Moi j’ai bien une petite idée, mais je ne voudrais pas casser votre groove…

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  • Saint Maurice // 12.01.2021 à 16h22

    Si ce n’est pas le capitalisme, c’est quoi ????
    fin de la propriété privée??? collectivisation des moyens de production??? (c’est chaud…)
    Ça a marché où?

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  • Saint Maurice // 12.01.2021 à 16h24

    Que certains veulent toujours plus de fric, c’est pas nouveau, c’et même plus vieux que le capitalisme… ou bien c’est le capitalisme ?

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    • Grd-mère Michelle // 12.01.2021 à 17h49

      Non, c’est de l’avidité… souvent inconsciemment produite par la peur irrationnelle de manquer…(du nécessaire, dans ses vieux jours).
      C’est pourquoi un revenu universel garanti(ou un accès garanti aux biens et services de première nécessité) apaiserait peut-être l’esprit de compétition qui mène la danse funèbre dans ce monde décervelé, déboussolé…

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    • Grd-mère Michelle // 12.01.2021 à 18h42

      La richesse, qui tend à accumuler pour, effectivement, « jouir(de quoi?) sans entrave », flatter son ego, assurer son avenir et celui de sa progéniture (de sa dynastie, souvent), doit se distinguer du capitalisme (sorte de jeu d’argent où l’excitation, les sensations, sont produites autant par les pertes que par les profits) qui provoque une addiction à la tentative d’accumulation.

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      • METZGER // 13.01.2021 à 02h54

        Bien d’accord, Grd-Michelle, mais alors, pourquoi, chaque fois que je prétends qu’il faille commencer par une réforme confiscatoire des gros héritages, tout le monde hurle : « vade retro, Satanas ! « 

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      • Grd-mère Michelle // 13.01.2021 à 15h32

        Où, quand, à qui avez-vous exprimé cette prétention?
        Je ne me souviens pas l’avoir lue dans ces pages… du moins venant de vous…

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  • Ernesto // 12.01.2021 à 18h45

    @St Maurice :  « C’est quoi les richesses ? ». Certainement pas la course effrénée à l’accumulation de biens matériels toujours plus sophistiqués que le système et la publicité nous font désirer au-delà de toute raison.

    C’est plutôt l’accès à des droits et biens communs universels dont tout humain devrait pouvoir jouir à l’aube du vingt et unième siècle : un travail utile permettant de vivre dignement ; un toit sous lequel s’abriter ; une éducation pour accéder aux savoirs émancipateurs ; une culture pour s’ouvrir sur le monde et les trésors de la créativité artistique ; une santé disposant des moyens nécessaires pour assurer le bien-être des populations ; un environnement sauvegardé pour nous faire apprécier la beauté de la nature et la richesse de la biodiversité ; une activité économique répondant aux besoins essentiels des citoyens tout en assurant dans la mesure du possible la sécurité des approvisionnements et l’indépendance des secteurs stratégiques ; un monde de paix ou multilatéralisme, respect mutuel, solidarité et entraide sont érigés en valeurs cardinales.

    Toutes choses que le capitalisme, enfermé dans sa logique court-termiste, d’accumulation et de profit sans fin, est de plus en plus incapables d’offrir et de garantir à des gens avides de bonheur simple.

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    • METZGER // 13.01.2021 à 03h06

      « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » aimable doctrine communiste avec les résultats que l’on sait.
      Ce n’est pas une utopie, c’est une chimère, comme la licorne.
      Si je crois au pouvoir prométhéen de l’homme, je crois aussi à son besoin irrésistible de domination, de possession.
      Quel que soit le système, le naturel revient au galop.
      Si nous ne sommes pas capables d’une révolution vers une société Proudhonienne, je vois pas d’autre solution qu’un « reset » passant par l’extinction.
      « Combien le socialisme, avec ses utopies de dévouement, de fraternité, de communauté, de travail attrayant, est encore au-dessous de l’antagonisme propriétaire, qu’il se flatte de détruire, et que cependant il ne cesse de copier ! »
      Pierre-Joseph Proudhon

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  • Ernesto // 12.01.2021 à 19h17

    @ St Maurice : « Si ce n’est pas le capitalisme c’est quoi ? ». Libre à vous de considérer le capitalisme comme horizon indépassable de l’humanité. Je considère quant à moi qu’il est un crime anthropologique et écologique (il exploite et aliène les hommes, il épuise la nature) et qu’il est grand temps de le dépasser.

    Sous quelle forme et quel nom ? Je n’ai pas le fétichisme des mots, qu’on l’appelle communisme ou autrement, l’essentiel n’est pas là ; il est à inventer (le chemin et le but), et son fruit sera le résultat de l’engagement et de l’implication conscients du plus grand nombre, dans l’élaboration collective d’un projet débouchant sur une société supérieure, sans classe, où « le libre et plein développement de chacun sera la condition du libre et plein développement de tous » (Karl Marx).

    Vieille utopie ? Il appartient à ceux /celles qui ont le plus intérêt au changement, loin du fatalisme et de la résignation, de la transformer en réalité.

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    • Saint Maurice // 15.01.2021 à 10h10

      Le monde était déjà comme cela (des gens qui veulent l’argent) bien avant le capitalisme…
      Ce que je veux dire est que lutter contre ce nom (le capitalisme) est un frein à ce que vous désirez (et moi aussi, c’est à dire que tout aille mieux) en vous faisant passer comme un anticapitaliste primaire contre cet horrible capitalisme (qui est en fait la traduction de l’humain, personne ne l’a forcé) et vous fait passer pour un ZADiste extrémiste…

      Ce n’est pas le capitalisme qui fait l’homme ainsi, c’est le gout du profit de l’Homme qui fait le capitalisme…
      Vous voulez changer l’Homme, il faut pour cela proposer des choses.
      Vous proposez comme les néokeynesiens (ralliement de ceux qui n’ont pas compris Keynes avec le courant de la synthèse classique) d’emprunter à la BC et heureusement vous précisez (mais pas assez à mon gout, contrairement aux post keynésiens (qui ont peut être mieux compris Keynes) ) que la fiscalité permettrait de rattraper le coup…
      on ne peut décider (sinon à très court terme) que la BC va tout financer si on n’insiste pas sur : où va l’argent dépensé par l’état ? Et sur la distribution (de ces dépenses) encore plus que la fiscalité (qui intervient comme dit Lordon comme une serpillère à la fin)

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  • Ernesto // 12.01.2021 à 21h14

    @ St Maurice : « Fin de la propriété privée ? Collectivisation des moyens de production ? Ça a marché où ? ». Retour des vieux poncifs et recours classique à la peur pour réveiller la défense du sacro-saint droit de propriété qui sommeille en chacun.

    Rassurez-vous, on ne nationalisera pas le petit commerçant qui trime dur avec son épouse pour faire tourner sa boutique ; pas plus que le petit propriétaire de son pavillon et de sa voiture acquis grâce à son travail.

    Par contre, oui, la propriété lucrative (typiquement l’actionnaire propriétaire qui touche des dividendes sans participer à la production), sera abolie et remplacée par la propriété d’usage de l’outil de travail par le collectif des producteurs au sein de l’entreprise (cf travaux de Bernard Friot et du réseau salariat).

    Non, ça n’a encore marché nulle part pour la bonne raison que ça n’a jamais été essayé. Les expériences malheureuses du « socialisme réel » ne peuvent en aucun cas être considérées comme une mise en pratique concrète d’un idéal humaniste et démocratique.

    Même si, en dépit de tragiques et criminelles dérives évidemment condamnables, l’ex URSS et surtout la Chine actuelle, sont passées sans transition du servage au développement économique, au point de contester à l’Amérique et au « monde libre » le leadership sur la planète.

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    • Saint Maurice // 15.01.2021 à 09h05

      J’aime bien Friot mais avez vous lu Von Mises quand il explique que la théorie de la « valeur-travail » ne pouvait pas fonctionner, avec l’impossibilité du « calcul économique en régime socialiste » et l’inéluctabilité de sa dégradation anti-démocratique en économie planifiée, ou encore dans son livre « Le Socialisme » et dans les débats qu’il eut dans les années 1920 avec le socialiste marxien Oskar Lange ?

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  • Ernesto // 13.01.2021 à 01h02

    @ Patrick : je ne partage pas l’idée selon laquelle le libellé de la dette (en euro ou en Franc) et le fait que l’euro soit la monnaie commune de la majorité des pays de l’UE constituent un problème pour cette même dette.

    J’en veux pour preuve que pour la première fois dans l’histoire de la construction européenne,sur proposition de la commission et de sa présidente Van Der Leyen, les 750 milliards empruntés sur les marchés pour financer la dette Covid, le sont au nom de l’ Europe et non à l’initiative de chaque pays isolément. Comme quoi des tabous peuvent tomber.

    Cette dette est donc « mutualisée » (grâce à l’existence de la monnaie unique), ce qui signifie que le taux d’intérêt du remboursement est le même pour tous (bas, puisque l’entité Europe offre une garantie collective et est plus rassurante pour les marchés que chaque pays pris individuellement), empêchant ainsi les marchés de jouer la concurrence sur les écarts de taux (les spreads) et placer en crise de financement les pays les plus en difficulté (en gros ceux du sud).

    Pour une fois, l’UE joue collectif, ce qui nous change du chacun pour soi auquel elle nous avait habitués.

    Les vraies questions à propos de la dette me semblent donc être les suivantes : une dette est-elle mauvaise par principe ? Existe-t-il une bonne et une mauvaise dette ? Une dette pour quoi faire ? La dette doit-elle être financée par les marchés ou directement par création monétaire de la BCE ? Faut-il rembourser la dette quoiqu’il en coûte ? Faut-il annuler partiellement ou totalement la dette ?

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    • METZGER // 13.01.2021 à 03h18

      Ernesto, la solution est sous nos yeux : la dette est criminelle, elle endette les générations futures qui vivront moins bien. ( et cela est une façon aimable de dire les choses )
      On lui doit la déjà la déshérence de toutes les missions régaliennes de l’état, de la dérive du système de santé !

      Nous devons redevenir un état souverain pour se débarrasser de la dette. la Banque de France doit seule avoir la possibilité de recevoir les créances de provisionnement des investissements de l’Etat dans des limites faibles ( 20 % du PIB max )
      L’annuler est impossible aux conditions actuelles de l’U.E.
      La monnaie unique n’est que l’opium qui anesthésie la perfusion des marchés. Si les taux négatifs actuels remontent au cours normal de l’investissement ( 3 à 5 % ), nous aurons une crise sans précédent.

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    • Grd-mère Michelle // 13.01.2021 à 15h25

      @Ernesto Oui, une dette est mauvaise (je dirais plutôt « inappropriée ») par principe, car elle consacre le pouvoir de l’argent(qui devrait être un moyen d’échange et non un but).
      Comme la crise économique est déjà bien installée(même si elle utilise le cache-sexe de la crise sanitaire), nous devons nous appuyer sur l’expérience des échecs récurrents du « grand marché » à réguler la vie en société, prévoir la « dépression économique » qui vient, et lutter contre la dépression mentale qui se répand dans les esprits affolés.
      Plus que d’argent, nous avons besoin d’idées, de bras, de bonne volonté(la volonté que tout le monde se sente bien), et de solidarité.

      En effet, nos représentant-e-s à l’UE semblent prêter une oreille attentive aux solutions proposées pour « faire tomber des tabous »(comme vous dites bien) et pourraient inaugurer des alternatives à la compétition féroce des grands « blocs » qui ne pensent qu’à avaler le moindre « état souverain » se croyant capable de résister, au mépris des désidératas des populations concernées, en pervertissant ses dirigeant-e-s nostalgiques d’empires perdus(voir le RU déjà fort désuni).

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  • Ernesto // 14.01.2021 à 00h08

    @ Metzger : le déni de réalité est confortable mais il ne permet pas de trouver des solutions crédibles. La France n’est plus souveraine, nous sommes toujours dans l’UE et notre monnaie n’est pas le Franc mais l’euro, monnaie unique qui empêche tout ajustement par le taux de change, le temps n’est plus où la Banque de France pouvait financer à taux zéro les déficits encore gérables de l’Etat.

    Soyons sérieux ! Non la dette n’est pas criminelle, son « argent magique » a sauvé le monde d’un chaos inconnu jusqu’alors ; sans elle, qui aurait permis l’indemnisation du chômage partiel et l’aide aux entreprises pour que la vie continue malgré tout ?

    La déshérence des missions régaliennes de l’Etat et la dérive du système de santé ne doivent rien à la dette et tout aux politiques austéritaires néolibérales menées au profit exclusif de la classe dominante.

    Si la dette finance des investissements d’avenir utiles aux populations (au lieu de nourrir l’accumulation et la spéculation boursières),les générations futures profiteront à leur tour de plus d’hôpitaux et de soignants, d’écoles, de crèches, de stades, de lieux de culture, d’habitations écologiques, de transports moins polluants, de meilleure prise en charge du troisième âge…, bref, ils vivront mieux et pas moins bien.

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  • Ernesto // 14.01.2021 à 00h48

    Dans le contexte actuel, faible inflation, croissance atone, les marchés n’ont aucun intérêt à faire remonter les taux et déclencher une crise financière encore plus dévastatrice que celle de 2008 car beaucoup boiraient la tasse. Ils préfèrent donc perdre (un peu) d’argent en acceptant des taux négatifs (-0,14% en moyenne) et sécuriser leurs placements sur les dettes des Etats.

    Désolé Grd- Mère Michelle, la dette n’est pas non plus mauvaise par principe, car il existe une bonne et une mauvaise dette. La bonne c’est celle qui finance des investissements d’avenir : santé, éducation, recherche, transition écologique, etc… , car ces dépenses utiles généreront en retour des richesses nouvelles qui permettront d’éteindre la dette. La mauvaise c’est celle qui résulte de l’insuffisance des recettes de l’Etat pour cause d’austérité salariale, de chômage endémique, de mauvaise redistribution des richesses, de cadeaux fiscaux aux plus riches.

    Réfléchissons deux secondes : le crédit (donc l’endettement) est un des principaux piliers institutionnels du système capitaliste. C’est lui qui permet la consommation de masse ; sans lui, impossible pour un ménage de financer l’achat de sa maison ou de sa voiture (sauf pour le 1% dont l’épargne considérable peut tout permettre).

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    • Grd-mère Michelle // 14.01.2021 à 14h52

      Oui, c’est cela: on achète à crédit une maison à 50km de tout centre d’activité( « à la campagne », au bon air), puis on doit acheter une voiture à crédit pour se rendre à son travail(voiture où l’on passe plusieurs heures par jour non-payées à s’énerver et à risquer sa vie sur les routes), travail que l’on va perdre (ainsi que tout le reste) étant donné l’instabilité économique…
      L’industrie automobile(qui assourdit, qui tue, qui pue-pollue), avec la publicité et les offres de crédit qui vont avec, a représenté une des pires calamités du 20ème siècle.
      Les efforts de « relance », économique, politique et sociale, doivent se porter prioritairement sur la mobilité et le logement, afin que chacun-e puisse exercer ses activités (utiles et épanouissantes) à proximité de son lieu de vie. La prise en compte réelle du bien-être des populations laborieuses (au lieu de leur rendement favorisant la rentabilité des entreprises) serait une véritable révolution…
      Le « télé-travail » dont on nous rebat les oreilles, qui isole les individus dans leur « bulle » en dépit de leur « nature » essentiellement sociable, et qui justifierait, accélérerait, le développement des technologies numériques avides de leurs « données » pour mieux contrôler leur soumission ou leur possible rébellion, fait partie d’une « révolution numérique » aussi nuisible et déshumanisante que la « révolution industrielle » qui était sensée leur apporter le bonheur…
      À surveiller: l’utilisation des récents crédits accordés dans le cadre de la « crise sanitaire ».

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  • Ernesto // 14.01.2021 à 01h51

    Pour un Etat c’est la même chose, à la différence près que lui, contrairement à un ménage ou une entreprise, ne peut pas faire faillite puisqu’il peut augmenter ses recettes par la fiscalité notamment.

    La puissance publique est seule en mesure de pouvoir financer des investissements colossaux comme par exemple la transition énergétique ; mais elle ne peut le faire sur son seul budget annuel (surtout s’il est bridé par la logique austéritaire) ; le recours à l’endettement est donc incontournable (du moins en régime capitaliste) .

    Toute la question est de savoir auprès de qui emprunter ? Si c’est aux marchés, elle abdique sa souveraineté (battre monnaie) et se soumet à leur discipline (niveau des taux et épée de Damoclès du remboursement). Si c’est directement auprès de la Banque Centrale « prêteuse en dernier ressort » (mais c’est interdit par les traités) par pure création monétaire, le volume est illimité, les taux peuvent être nuls ou négatifs, les créances peuvent être annulées partiellement ou totalement.

    La banque centrale est une entité entièrement à part qui ne peut pas connaître l’assèchement en liquidité car elle possède seule le pouvoir de création monétaire ex nihilo en quantité illimitée.
    Pour éviter l’inflation, à l’augmentation de la masse monétaire mise en circulation, doit correspondre un volume équivalent en valeur de richesses nouvelles créées.

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    • Saint Maurice // 15.01.2021 à 10h12

      je vous rappelle que pour le moment beaucoup trop d’argent a été fabriqué (environ 3x plus que le volume de biens et services disponible à la vente).
      Mais il a été « fabriqué » par le crédit bancaire (dont l’emballement est la source de tous les maux, c’est à dire de toute les crises économiques), il pourrait l’être par l’état (ou sa BC) si et seulement si on se débrouille pour qu’il soit bien distribué et redistribué par la fiscalité

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  • Ernesto // 15.01.2021 à 19h15

    @ St Maurice (15/01/21 à 10H 10) : la nature humaine a bon dos avec vous ! « cet horrible capitalisme (qui est en fait la traduction de l’humain… »), capitalisme = humain, le capitalisme naturalisé, il fallait oser !

    Oui, j’assume clairement être anticapitaliste et vouloir une alternative à ce système inhumain et contre-nature. Je ne veux pas changer l’homme mais les rapports sociaux qui découlent du capitalisme ; compte-tenu de la division du travail, l’homme est obligé d’en passer par l’enrôlement et le salaire pour reproduire ses conditions d’existence ; car sans salaire donc sans argent dans une société marchande, impossible d’assurer sa subsistance ; le rapport salarial qui le subordonne hiérarchiquement à son employeur, lui fait renoncer à décider quoi que ce soit dans son travail, bien qu’il soit le producteur de richesses au sein de l’entreprise.

    Le capitalisme est donc bien la négation de l’humain qu’il exploite et aliène pour assouvir sa soif inextinguible de pouvoir, d’accumulation et de profit. C’est le salarié qui subit et le capitaliste qui profite.

    J’ai déjà écrit sur ce blog, que la plus juste fiscalité du monde, si elle peut améliorer les choses, est impuissante à remettre en cause l’essence même du capitalisme : la maîtrise totale du travail, l’emprise grandissante sur les sociétés, la marchandisation du monde, les rapports sociaux de domination qu’il institutionnalise.

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    • Saint maurice // 16.01.2021 à 04h37

      Et alors vous proposez Quoi?
      Moi je suis d’accord avec vous pour dire que le monde d’aujourd’hui n’est pas bien, alors je propose des choses (la vision post keynesienne par exemple) comme par exemple de lire «questions d’argent, un parfum de révolution » telechargeable gratuitement sur le net pour mieux comprendre comment ça marche et comment ça pourrait marcher…

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  • Ernesto // 16.01.2021 à 00h47

    Je ne suis pas économiste de formation, je n’ai pas lu Ludwig Von Mises, je me suis donc renseigné à son sujet. Je sais qu’il est un auteur majeur de l’école autrichienne d’économie, qui défend le capitalisme et le libéralisme classique, l’importance du marché, qui critique l’interventionnisme étatique et la planification, qui se prononce contre le protectionnisme et pour le libre-échange, qui considère le socialisme voué irrémédiablement à l’échec, qui a justifié le fascisme pour écarter la menace communiste et sauver la civilisation, qui pense que c’est l’homme et ses affects qui font l’économie.

    Bref, un libéral pur sucre doublé d’un anticommunisme virulent et assumé. Je comprends mieux maintenant la logique de vos analyses et des influences sur elles de cet économiste.

    Ce n’est donc pas auprès de lui que je vais trouver des justifications critiquant un système économique que je juge néfaste, et que je combats pour le dépasser.

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    • Saint maurice // 16.01.2021 à 04h29

      « je n’ai pas lu Ludwig Von Mises » eh bien lisez alors pour tenter de comprendre parce que sinon vous parlez de choses que vous ne comprenez pas bien…

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  • Saint Maurice // 16.01.2021 à 05h30

    Si les libéraux critiquent l’intervention de l’état, c’est à cause de la regulatory capture, c’est à dire l’emprise des lobbies sur quelques personnages étatiques (qui retourneront un jour dans le privé) qui servent des intérêts particuliers plus que généraux…
    Il existe des libéraux de gauche, quant à moi je suis post keynésiens donc quand vous écrivez : « Je comprends mieux maintenant la logique de vos analyses » vous ne comprenez donc pas en fait même si je pousse un peu pour connaitre vos idées et vos arguments une fois que vous vous êtes offusqué contre le capitalisme (moi j’appellerais plutôt ça néolibéralisme contre lesquels nous semblons tous deux contre, que capitalisme mais bon…).

    Et si je cherche à avoir des arguments solides : comment établir la valeur des choses dans un système socialiste collectivisé dans votre raisonnement (valeur du travail?), c’est pour mieux les épouser s’ils m’enchantent… Mais là vous dites quelques généralités bien compréhensibles anticapitalistes sans trop de biscuit derrière… Et moi ce que je cherche ce sont des biscuits pour répondre à ceux qui m’écriraient comme je me permets de vous écrire…

    Continuez donc !

    PS : J’aime bien Friot, il en donne lui des biscuits…même si je n’ai pas compris comment les entreprises qui ne font pas de profits (mais des pertes) peuvent verser leurs cotisations sociales…?
    Même si je suis à fond pour les cotisations qui pourraient même s’élargir à l’alimentation, et autres…comme le propose l’ami Friot

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  • Ernesto // 17.01.2021 à 01h12

    En refusant d’appeler un chat, un chat (le capitalisme par son nom), je crois que vous confondez un système avec les variantes qu’il revêt au fil du temps. Le néolibéralisme n’est qu’une configuration historique du capitalisme, il en a connu d’autres : le taylorisme, le fordisme, le capitalisme monopoliste d’Etat, et il en connaîtra d’autres si on ne met pas un terme à son règne sans partage. Car sa grande force c’est sa capacité à rebondir chaque fois qu’une de ses contradictions engendre une nouvelle crise. Mal nommer les choses c’est ajouter du malheur au monde (Albert Camus).

    « Comment les entreprises qui ne font pas de profits (mais des pertes) peuvent verser des cotisations sociales… ? ». Puisque vous avez l’air de connaître Friot, vous devez savoir qu’il propose de se débarrasser des »parasites » capitalistes et donc des coûts du capital, frais financiers, prélèvements sur la valeur de la production (dividendes, profit), récusant qu’on ne parle que des coûts du travail alors que c’est lui « qui paie tout et crée seul les richesses (Jean-Marie Harribey).

    Cent pour cent de la valeur socialisée, investissement financé par subvention et non plus par endettement (plus d’intérêts à verser aux banques), voilà qui devrait alléger significativement le coût des marchandises pour le plus grand nombre et réduire considérablement les risques de faillites. D’autre part, il existe déjà des mécanismes de péréquation (ex EDF), qui permettent à un secteur excédentaire de soutenir et financer les pertes d’une activité déficitaire.

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    • Saint Maurice // 17.01.2021 à 13h46

      Puisque vous avez l’air d’aimer la précision, l’ami Camus n’aurait-il pas écrit (Dans un essai de 1944, paru dans Poésie 44, Sur une philosophie de l’expression),  » Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde  » ?
      Ni vous ni moi ne prendrait le capitalisme (vous n’avez pas l’air d’aimer ce mot que vous semblez admirer par ailleurs : « Sa grande force c’est sa capacité à rebondir chaque fois qu’une de ses contradictions engendre une nouvelle crise », c’est pas faux, c’est pourquoi je pense qu’il va falloir faire avec pour un bout de temps quand même…) pour un objet

      Comme le rappelait Chris06 (mais où est-il?) parcourez la blogosphère internationale et rendez vous compte que la masse nécessaire au changement est loin d’être suffisante parmi ceux qui se réclament anticapitaliste, on a plutôt l’impression que 98 % des gens veulent savoir comment se faire plus de fric….

      Je vous propose d’abandonner l’anticapitalisme (parce que chacun peut bien lui donner la définition qu’il lui voit) et d’aborder pour citer Camus encore « la logique du révolté, (qui) est /…/ de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel ».
      Le post keynesianisme s’essaye au langage clair…
      PS : pour Harribey, j’ai rien compris…

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  • Ernesto // 17.01.2021 à 01h52

    Je ne vais pas lire Von Mises car c’est un libéral et je combats la doctrine de ce courant économique que je connais bien par ailleurs pour l’avoir étudié depuis longtemps et compris qu’il ne mène qu’au désastre pour ceux « d’en bas ».

    Les libéraux sont pour le « laisser faire », l’Etat réduit à ses strictes missions régaliennes (police, justice, défense), le reste abandonné aux forces du marché dont « la main invisible » régule naturellement le système pour le plus grand bien de tous. Ceux qui échouent ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes, ils n’ont pas su saisir leur chance.

    Sauf que l’expérience prouve que ça ne marche pas. Le capitalisme engendre des crises récurrentes (sur-accumulation, baisse tendancielle du taux de profit, crises financières, sanitaires, écologiques …) de plus en plus rapprochées dans le temps.

    Le moins d’Etat possible ? Sauf qu’en cas de crise majeure, comme en 2008, les libéraux qui honnissent l’Etat quand tout va bien, viennent pleurnicher à ses guichets pour réclamer leur sauvetage et réparer les conséquences de leurs actes irresponsables et criminels, et le tout aux frais du contribuable bien entendu.

    Dites- m’en un peu plus sur votre « vision Keynésienne » car c’est un peu « court » (si vous ne développez pas plus) comme proposition supposée « apporter des biscuits ».

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  • Saint Maurice // 17.01.2021 à 13h58

    Il ne faut pas lire Von Mises pour adouber le libéralisme mais pour réfléchir sur l’impossibilité du calcul économique en régime socialiste…

    Les libéraux pensent que les marchés sont pour la plupart moins corrompus que les hommes ou femmes politiques…. y’a débat…non ?

    Et ma vision épouse donc celle du post keynesianisme que je résume ainsi

    les néokeynésiens (comme vous) et les (néo)libéraux pensent que sans impôts, pas de financement public possible et donc vous dites, l’état peut pas financer parce qu’il ne reçoit pas assez d’impôts…

    Les post keynésiens (comme moi) disent : sans financement public, pas d’impôts, c’est à dire que l’état peut financer ce qu’il veut si et seulement si il se débrouille ensuite pour récupérer son argent dépensé (une sorte de stérilisation pour pouvoir continuer ainsi).

    Ce n’est qu’une question de calendrier, certes, mais cela montre bien que contrairement à ce que disent les premiers cités, l’argent est bien magique (pas de souci pour financer tout par l’état), ce qui est moins magique, c’est de parvenir a ce que les dépenses publiques atterrissant toutes sur nos comptes privés, puissent ensuite revenir à l’état sous forme d’impôts et taxes…

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    • Grd-mère Michelle // 17.01.2021 à 16h59

      Ce contre quoi chaque être humain révolté doit lutter, c’est l’impérialisme, l’oppression et l’exploitation des un-e-s par les autres (d’un continent, d’un pays, d’une région à l’autre, dans n’importe quel groupe, jusqu’au sein des « familles », et dans sa réflexion intime) ainsi que les mensonges et les omissions qui les confortent, leur permettent de se maintenir.
      Les richesses, les trésors, l’argent ont toujours été des instruments de domination, et nous devons nous débarrasser de l’idée qu’ils sont indispensables pour réussir à vivre ensemble en bonne intelligence.
      Ce qui déterminera notre aptitude à nous organiser pour éviter les désastres annoncés et/ou la barbarie sauvage et meurtrière qui risque de s’imposer, c’est la confiance dans notre humanité (dans notre qualité de mammifères parlants, écrivants et pensants), que nous serons capables de nous accorder les un-e-s aux autres, dans un élan qui doit évidemment dépasser les comptes d’apothicaires et les disputes d’ego.
      L’idée de supprimer les dettes (et d’envisager l’argent comme un outil plutôt que comme une arme), me semble une des premières à répandre universellement et à mettre en œuvre au plus tôt.

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      • Saint Maurice // 17.01.2021 à 17h37

        je ne comprends pas ce que vous voulez faire? supprimer quelles dettes?

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  • Ernesto // 18.01.2021 à 01h15

    Si vous n’avez rien compris à Harribey, lisez-le ! (la richesse, la valeur et l’inestimable/ le trou noir du capitalisme). C’est le travail qui paie tout car c’est lui seul qui crée les richesses qui permettent au capital de s’enrichir, d’accumuler, pour prétendre ensuite que sans lui et sa mise de départ, impossible d’inaugurer le processus de production (Friot propose de se débarrasser du capital parasite en finançant l’investissement par subvention, prélevée sur 100% de la valeur socialisée).

    Vous êtes trop influencé par les théories fumeuses des libéraux et de Von Mises sur les travers dominants de « la nature humaine ». Si l’homme est si perverti intrinsèquement comme vous semblez le croire, alors il faut édicter sans attendre des règles pour l’empêcher de nuire et le forcer à adopter des postures plus raisonnables et coopératives, conformes aux exigences du « vivre ensemble ».

    Je ne conteste pas que l’appât du gain constitue une puissante motivation pour l’activité humaine, mais de là à dire que c’est le cas pour 98% des gens (encore cette maudite nature humaine!), je ne vous suivrai pas sur ce terrain. Fort heureusement, des causes autrement plus nobles mobilisent aussi l’espèce humaine, ce qui laisse un espoir pour créer le rapport de force permettant d’abolir un système dont la raison d’être est l’argent roi, l’exploitation criminelle de l’homme et de la nature.

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    • Saint Maurice // 18.01.2021 à 11h57

      J’ai bien sur lu Harribey (que j’aime bien aussi) en long et en large mais je ne trouvais pas dans votre citation comment peuvent faire les entreprises qui ne font pas de profit pour payer leurs cotisations…

       » Si l’homme est si perverti intrinsèquement comme vous semblez le croire, alors il faut édicter sans attendre des règles pour l’empêcher de nuire et le forcer à adopter des postures plus raisonnables et coopératives, conformes aux exigences du « vivre ensemble ». : y’a ka faut qu’on…

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  • Ernesto // 18.01.2021 à 01h51

    Votre résumé du « post-keynésianisme » manque encore trop de développements et précisions pour incarner « un langage clair ». D’après ce que je crois comprendre, il accorde beaucoup trop d’importance à la fiscalité. Je redis donc, comme Lordon, que la plus belle réforme fiscale du monde, ne saurait constituer à elle seule une alternative crédible à ce qui fait l’essence même du capitalisme: les rapports sociaux de domination qu’il institutionnalise.

    Je n’abandonnerai donc pas l’anticapitalisme et continuerai mon combat résolu pour le dépassement de ce système mortifère.

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  • Ernesto // 18.01.2021 à 23h27

    « y’a ka faut qu’on »: un peu trop facile et un peu court pour alimenter le débat! Sur comment font les entreprises qui ne font pas de profit pour payer leurs cotisations,je vous ai répondu le 17/01/2021 à 01h 12 en me référant à Friot et non pas Harribey. Vous devriez lire plus attentivement! Pour ma part, j’arrête là ma contribution.

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