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Sahara occidental : les « arrangements » de l’Europe avec le droit international – par Ghislain Poissonnier

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par Ghislain Poissonnier, magistrat

La récente normalisation des relations entre le Maroc et Israël a remis un coup de projecteur médiatique sur la situation du Sahara occidental. La normalisation entre Rabat et Tel Aviv s’est faite sous pression américaine. Et pour s’assurer les bonnes faveurs marocaines, Donald Trump n’a pas hésité à brader les droits du peuple sahraoui. En effet, dans une déclaration publiée le 10 décembre 2020, les États-Unis « reconnaissent la souveraineté marocaine sur l’ensemble du territoire du Sahara occidental » en estimant « qu’un État sahraoui indépendant n’est pas une option réaliste pour résoudre le conflit ».

Donald Trump prétend ainsi régler un différend au mépris des principes du droit international et sans consulter l’une des parties, en l’occurrence le peuple sahraoui, représenté par le Front Polisario. Israël, qui occupe depuis 1967 les territoires palestiniens et envisage d’en annexer une partie (ce qu’il a déjà fait pour Jérusalem-Est et pour le plateau syrien du Golan), n’y a bien évidemment rien trouvé à redire. Les ressemblances entre les politiques marocaine et israélienne d’occupation, de colonisation et de répression sont d’ailleurs flagrantes, comme l’a encore récemment souligné Human Rights Watch.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental reste, quoi qu’en disent le Maroc, les États-Unis et Israël, un territoire occupé. Depuis 1963, il est inscrit sur la liste des territoires non autonomes établie par les Nations Unies. Son peuple bénéficie du droit à l’autodétermination, comme l’ont reconnu de nombreuses résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies (par exemple, Rés. 2229 (XXI) du 20 décembre 1966), ainsi qu’un avis de la Cour internationale de Justice rendu le 16 octobre 1975.

En violation de ces principes, la majeure partie du territoire du Sahara occidental a été conquise par le Maroc en 1975, qu’il a ensuite annexée, la présence marocaine ayant été qualifiée d’occupation par l’Assemblée générale de l’ONU (Rés. A/34/37, 21 novembre 1979).

Il en résulte que le Sahara occidental se voit reconnaître un statut séparé et distinct par rapport à celui de tout État, y compris de celui du Maroc. Il en résulte également que sa population dispose d’un droit à l’autodétermination, qui doit être mis en œuvre par la tenue d’un référendum, exigée de longue date par le Conseil de sécurité de l’ONU, à laquelle le Maroc s’oppose, s’en tenant à une offre d’autonomie sous souveraineté marocaine, solution désormais avalisée par les États-Unis.

Condamner – au moins critiquer – la position de Donald Trump aurait été logique. On pouvait légitimement s’attendre à une réaction forte de la part de l’Union européenne (UE) ou de la France, rappelant les États-Unis au strict respect du droit international, mettant en garde le Maroc et Israël contre toutes velléités de « normaliser » leurs annexions et occupations respectives. C’est toutefois le silence qui domine, renvoyant l’UE et la France à leurs propres « petits arrangements » avec la légalité internationale.

En effet, depuis de nombreuses années, l’UE a conclu des accords économiques et commerciaux avec le Maroc qui sont, dans les faits, appliqués au Sahara occidental. Leur application contribue ainsi à renforcer l’emprise politique et économique du Royaume sur ce territoire. Elle conforte également la politique d’installation de colons marocains et d’entreprises marocaines au Sahara occidental.

L’assurance donnée par les autorités européennes que cette application ne constitue pas une reconnaissance officielle de la souveraineté marocaine est en réalité de peu de poids face à la contribution qu’elle apporte à la position de Rabat, telle qu’elle vient par exemple encore de se manifester dans le cadre de l’accord de normalisation conclu avec Israël et les États-Unis.

Cette politique économique a pourtant été condamnée par plusieurs décisions de la Cour de justice de l’Union européenne (21 décembre 2016, Conseil de l’UE c. Front Polisario, et 27 février 2018, Western Sahara Campaign UK c. Commissioners for Her Majesty’s Revenues and Customs, Secretary of State for Environment, Food and Rural Affaires et 30 novembre 2018, Front Polisario c. Conseil de l’UE). La Cour a rappelé qu’au regard du droit international, les accords conclus par l’UE avec le Maroc (sur l’agriculture, sur la pêche, et sur le transport aérien) ne pouvaient s’appliquer au territoire du Sahara occidental, à son espace maritime et à son espace aérien, sans méconnaître le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, dont le consentement est nécessaire pour toute conclusion de tels accords.

En méconnaissance des principes rappelés par la Cour de Justice, l’UE a conclu de nouveaux accords économiques avec le Maroc, qui cette fois s’appliquent très explicitement au territoire du Sahara occidental. Et ce sans avoir obtenu le consentement du peuple sahraoui, à travers son représentant, le Front Polisario. Les fruits et légumes, les poissons et crustacés, le phosphate du Sahara occidental, exportés vers les États membres de l’UE, sont ainsi libellés comme produits marocains par Rabat et acceptés comme tels par Bruxelles au motif non vérifié que cela profiterait aux populations locales.

L’exploitation des ressources naturelles de ce territoire occupé, sans l’accord de son peuple, confinant ainsi à une forme de pillage, semble un fait assumé de la realpolitik européenne. Des recours en annulation ont à nouveau dû être intentés contre ces nouveaux accords, preuve que le respect effectif de leurs obligations par les autorités de l’UE dans le dossier du Sahara occidental ne va pas de soi.

Entre la diplomatie agressive de Donald Trump, qui entend résoudre les conflits sans tenir compte des règles du droit international, et celle plus policée de l’Union européenne, qui affirme des beaux principes sans jamais s’efforcer de les mettre en œuvre, le décalage n’est pas aussi grand qu’il y semble. L’UE privilégie les partenariats, comme ceux noués avec Israël et le Maroc, sous l’angle des avantages économiques, du contrôle de l’immigration et de la lutte contre le terrorisme, en faisant passer au second plan les droits des peuples palestinien et sahraoui à l’autodétermination et leurs droits humains.

Le traité de l’UE précise que le strict respect du droit international doit être au cœur de la politique étrangère européenne.

Il est donc temps que l’UE condamne très clairement la déclaration américaine concernant la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. L’UE doit surtout mettre ses accords commerciaux conclus avec le Maroc en harmonie avec le droit international, comme le lui demande la Cour de justice de l’Union européenne. Tout comme le Sahara occidental n’est pas un territoire marocain, les produits de ce territoire occupé ne sont pas marocains. Leur exportation sur le territoire de l’UE ne peut se faire qu’en concertation avec le Front Polisario.

Commentaire recommandé

Anas Taud // 08.01.2021 à 12h22

On accepte de vivre comme au Far West et on l’assume.

Il était où le Droit International quand le régime algérien s’est permis de rogner sur les territoires marocains et tunisiens , ceux la même qui avaient soutenus sa résistance ?

C’est le rapport de force qui défini le Droit. Les principes et les bons sentiments du Droit International c’est bon pour ceux qui y croient. L’architecture même du Droit International est basée sur un rapport de force, un conseil de sécurité composé des 5 puissances nucléaires, c’est quoi à votre avis ?

Le Maroc a essayé la solution militaire et la solution « Droit International » et aucune n’a porté de fruits. Le régime algérien n’a fait aucun pas, zéro, rien, nada. Face à une attitude aussi rigide, le Maroc a choisi une autre voie. Et il a bien fait.

28 réactions et commentaires

  • Anas Taud // 08.01.2021 à 09h09

    L’ONU n’a jamais été capable de définir formellement ce qu’est « le peuple sahraoui ». C’est le point clef de l’échec de la mission de l’ONU car pour identifier qui peut voter pour le référendum, il faut une définitions formelle et applicable.

    Si « peuple sahraoui » il y a, cela ne devrait pas se limiter au sahara occidental mais couvrir un territoire bien plus vaste.

    Cela fait 30 ans que j’essaye de trouver une définition claire et applicable du « peuple sahraoui », mais je n’y arrive pas, quelqu’un peut-il m’éclairer ?

    La carte du Royaume Chérifien du Maroc avant la colonisation:
    https://www.pinterest.fr/pin/364087951104910240/

    Le marocains n’ont jamais reconnu le découpage colonial et leur position est légitime.

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    • Cb // 08.01.2021 à 10h45

      C’est pas au marocain de décider mais au
      Droit international. Soit on respecte le
      Droit soit on accepte de vivre comme au Far West mais après faudra pas pleurer au non du droit.

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      • Anas Taud // 08.01.2021 à 12h22

        On accepte de vivre comme au Far West et on l’assume.

        Il était où le Droit International quand le régime algérien s’est permis de rogner sur les territoires marocains et tunisiens , ceux la même qui avaient soutenus sa résistance ?

        C’est le rapport de force qui défini le Droit. Les principes et les bons sentiments du Droit International c’est bon pour ceux qui y croient. L’architecture même du Droit International est basée sur un rapport de force, un conseil de sécurité composé des 5 puissances nucléaires, c’est quoi à votre avis ?

        Le Maroc a essayé la solution militaire et la solution « Droit International » et aucune n’a porté de fruits. Le régime algérien n’a fait aucun pas, zéro, rien, nada. Face à une attitude aussi rigide, le Maroc a choisi une autre voie. Et il a bien fait.

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        • leravidemilo // 12.01.2021 à 20h42

          «  »les principes et les bons sentiments du droit international c’est bon pour ceux qi y croient »
          Pourquoi alors vous donner tant de peine à chercher ce qu’est le peuple sahraoui et ce qui le définit???
          Et le peuple palestinien et sa définition, vous les avez trouvés??? Vous pourriez tout aussi bien proclamer (dans votre délire et dans votre déni) que si le peuple palestinien existait il ne devrait exister qu’à l’échelle de la Palestine entière, et donc que c’est pas possible vous voyez bien, et donc qu’il n’existe pas!!!
          Le far west, vous risquez de l’avoir plus vite que vous le croyez, et vous le mériterez.
          Vous êtes un (triste) comique, très dans le monde tel qu’il va (pour l’heure).Et il faudrait vous « éclairer »?
          C’est peine perdue!

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    • VVR // 08.01.2021 à 18h00

      Ce n’est pas une carte du « Royaume Chérifien du Maroc », mais une carte des territoires français d’Afrique du Nord, qui mentionne d’un coté le Maroc et de l’autre la Tripolitaine, qui est alors l’empire Ottoman. On notera l’absence des colonies espagnoles, établies depuis pourtant plusieurs années. On en déduis que la préoccupation majeure n’est pas la géopolitique.

      Sur les carte politique de l’époque les frontiéres sont celle du Maroc actuel, a l’exception de l’extrême sud: le royaume ne controle pas grand chose en dehors des murs de Fam El Hisn et Guelmim. La frontière est d’ailleurs particulièrement vague, car personne n’accorde la moindre importance a des zones inhabitées et sans eau. Jusqu’à ce qu’on y trouve du pétrole bien sur.

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      • Anas Taud // 08.01.2021 à 20h45

        Effectivement, c’est la carte du colonisateur qui rogne déjà sur des territoire chérifien qui était bien plus vaste.

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      • mohamed // 09.01.2021 à 00h22

        Avant la colonisation européenne, les frontières du Maroc allaient jusqu’au Sénégal au Sud et Tombouctou à l’est.

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        • VVR // 09.01.2021 à 14h18

          Les grands mythes du nationalistes Marocain et du Grand Maroc:
          Pour le Sénégal, vous évoquez sans doute les conquêtes Almoravides, mais il s’agit moins de gains territoriaux que des prises de contrôle des routes commerciales. D’ailleurs ces villes-oasis éparse prendront rapidement leur indépendance par la suite et les Almohade ne contrôlerons plus rien au sud de l’oued Draa.

          Quand a Tombouctou, le contrôle effectif ne dure pas plus de 30 ans. Après cela il n’y a aucun contrôle administratif ou militaire de la région par les marocains, les autorité locale rendant tout au plus hommage sans que les sultans puisse dire quoi que ce soit, et sans que le sultan ne fasse quoi que ce soit pendant les multiples révoltes Touareg.

          La Chine aurait autant d’éléments pour revendiquer le Japon. Ou la France qui pourrait avec autant de légitimité revendiquer tout ce qui va de Redon à Salzbourg, voir même une bonne partie du globe qu’elle a contrôlé fermement pendant beaucoup plus longtemps que ça.

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          • moshedayan // 09.01.2021 à 21h07

            Vous avez bien raison, le Maroc joue sur un terrain facile, alors que sa situation intérieure -avec une démographie très mal maîtrisée est loin d’être solide… Maroc et Israël c’est une vieille histoire sur fonds américains… Peu importe, ce pays s’affaiblit avec la pandémie… l’Algérie est pareil -pandémie et démographie non maîtrisée… Et le Sahraouie est une question non résolue parce que la Mauritanie ne dit rien , elle est fort discrète mais à des forces armées bien formées et a des appuis extérieurs très discrets mais efficaces… pour dire aussi son mot dans la région…

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  • Fatie // 08.01.2021 à 09h22

    Non seulement l’onu ne définit pas la notion de peuple mais surtout on peut se demander qui a décidé que le polisario représentait le peuple sahraoui ? La majorité de ce qui est appelé abusivement peuple sahraoui, et si peuple sahraoui il y a, vit au sein des territoires sous administration marocaine. Par ailleurs la cour européenne de justice a déjà refusé de reconnaître au polisario le droit d’agir au nom du présumé peuple sahraoui.

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    • Cb // 08.01.2021 à 10h48

      Les marocains et leur discours à géométrie variable sur le droit c’est effarant. Après vu que c’est le Mac qui commande le peuple n’a plus rien à dire. De courbettes en courbettes on fini à genou pas étonnant que ce soit tous des béni ouioui

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    • Castor // 08.01.2021 à 13h08

      S’il n’y a pas de peuple sahraoui parce que la notion de peuple n’est pas claire, alors il n’y a pas davantage de peuple palestinien.

      Le « peuple » signifie « nombreux » étymologiquement. C’est différent de l’idée de « nation » qui fait explicitement référence à une culture, à une identité. Posons la question correctement : le ou les peuples du Sahara ont-ils une identité ?

      La triste réalité est que le droit international est impotent car il n’y a pas d’état pour l’appliquer. Ce sont toujours les rapports de force qui prévalent entre nations, entre états.
      Qui ira taquiner les Etats-Unis ou le Canada sur le droit des peuples indigènes ? Lorsque l’industrie extractive pétrolière pollue les eaux dans lesquelles les indiens pêchent et boivent, détruisant cet environnement auquel ils sont sensibles, l’ONU ne bronche pas, ni l’UE ou sa cour de justice.

      D’ailleurs les gouvernements d’Amérique du Nord ont obtenu l’accord ou la soumission des chefs de ces communautés, par la corruption. La réalité du terrain est souvent complexe.

      Je cite les Nord-Américains à titre d’exemple, la Chine et « ses » Ouighours en est un autre et la Russie qui recouvre tant de nations est elle aussi une puissance colonisatrice.

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      • mohamed // 09.01.2021 à 00h25

        Evidemment qu’il n’y a pas de peuple Palestinien, pas plus qu’il n’y a de peuple Sahraoui.
        mais la vraie différence entre les deux, c’est que le Maroc essaye d’intégrer les populations sahraouies dans son royaume en leur accordant la citoyenneté et l’égalité, là ou Israel exclut les Palestiniens de la citoyenneté en les expulsant, et ne leur reconnait meme pas le droit d’exister en tant qu’individu sur la terre de leurs ancêtres.

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      • chb // 09.01.2021 à 12h22

        Prenons tout de même en compte le fait que les Ouïghours servent d’épouvantail pour discréditer la puissance (trop) montante de la Chine, maintenant que le « Tibet démocratique » du Dalaï-mouton ne convainc plus personne. Vu le contexte de terreur, tant à l’intérieur que parmi les troupes des coupeurs de têtes au M-O, vu aussi le soutien atlantiste aux soi-disant démocrates de Hong-Kong, on peut prendre avec des pincettes les articles d’ici sur le Turkestan oriental.
        Quant à l’impérialisme si répandu vs la constitution plus ou moins légitime de peuples, disons que, mieux que la communauté internationale, « l’Internationaaaale sera le genre humain » ?

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  • RGT // 08.01.2021 à 10h43

    N’oublions jamais que le conflit au Sahara occidental n’est qu’une guéguerre par proxy interposé entre l’Algérie et le Maroc depuis les années 70.

    Et les populations locales n’ont pas leur mot à dire et devront se soumettre soit à l’Algérie, soit au Maroc sans possibilité de s’y soustraire.

    Il n’y a pas d’autre alternative, et la « communauté internationale » a tranché de manière arbitraire en choisissant son camp pour des raisons totalement externes aux souhaits de la population.

    Population qui est essentiellement composée de tribus éparses qui lient ou défont leurs alliances en faveur des circonstances les plus favorables à leurs « élites », comme partout ailleurs.

    Finalement, cette zone géographique n’a strictement rien d’exceptionnel si on la compare au reste de la planète.

    Guéguerre entre chefs de clans, « communauté internationale » qui vient « résoudre le problème » pour des raisons « humanitaires » en imposant ses désirs, frontières arbitraires définies par l’ancien colonisateur, et bien sûr les populations locales qui s’en prennent plein la gueule alors qu’elles n’avaient strictement rien demandé.

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  • Anas Taud // 08.01.2021 à 12h17

    A son indépendance, l’Algérie à hérité des frontières coloniales, et en a profité pour les étendre coté Maroc et Tunisie. Bourguiba n’a pas fait barrage pour ne pas se mettre en tentions avec l’Algérie, mais le Maroc n’a pas cédé. Il était où le « Droit international » quand l’Algérie à rogné sur les territoires qui allaient au delà de ceux dont elle a hérité ?

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    • TZYACK // 08.01.2021 à 19h12

      Surtout que l’Algérie a surtout recherché un débouché territorial sur l’Atlantique

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  • MISSIL // 08.01.2021 à 19h26

    Le Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est tout à fait respectable, mais les Sahraouis n’ont jamais formé un peuple ayant la consistance, l’organisation et la représentation, appelant à appliquer ce droit. La mosaïque tribale modeste qu’ils forment, ressemble plutôt : anthropologiquement à une ethnie qu’à un peuple, numériquement à une patrouille qu’à une armée. Ils n’ont jamais vraiment cherché à disposer d’eux-mêmes, comme les berbères du Rif avec AbdelKrim. Leur situation vient du retrait unilatéral espagnol. Ces revendications d’indépendance viennent souvent de petits chefs, avec en sous-mains, des intérêts étrangers, et l’activisme nuisible de l’Algérie qu’il faudra un jour remettre à sa place. Il y a aussi la responsabilité des occidentaux qui n’ont jamais rien fait de substantiel pour régler définitivement le problème, en intégrant, dans le cadre d’une évidente cohérence, ce bout saharien au Maroc,. La France, a consolidé la présence marocaine dans la partie dite utile de ce Sahara occidental, mais en laissant au sud une poignée de tribus qui maintenant nomadisent jusqu’aux commissions x ou z de l’ONU, accompagnées de leurs porteurs d’eau. Il y a déjà assez de bordel ailleurs. Il est donc plus que nécessaire de cautériser ce foyer d’infection. Imaginez Daech, Al Quaida et pour couronner le tout Erdogan, nous faisant coucou du bord du détroit de Gibraltar, et pourquoi pas avec un bras d’honneur !  Le Maroc est fragile, ce n’est donc pas une vue de l’esprit. Les palabres ont assez duré.

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    • chb // 09.01.2021 à 12h31

      Hormis la loi du plus fort à tel ou tel moment historique, qu’est-ce qui fonde la légitimité de la République française en Nouvelle Calédonie, au Pays Basque, en Corse, en Alsace ou en Bretagne, mais pas en Wallonie ?

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      • leravidemilo // 12.01.2021 à 21h11

        Hormis la loi du plus fort, je crains qu’il ne reste pour » légitimer » la chose, que la théorie (en fait le baratin, le délire…) du plus fort, telle qu’elle nous est servie ci-dessus : Les Kanaks, les Basques, Corses et autres Alsaciens ou bretons « ‘n’ont jamais formé un peuple ayant la consistance, l’organisation et la représentation appelant à appliquer ce droit. » »
        Ou encore : «  » Ils forment, ressemblent plutôt, anthropologiquement à une ethnie qu’à un peuple, numériquement à une patrouille qu’à une armée… » » Et autre sornettes..
        Comme d’hab, le niveau moyen des arguments du « plus fort » se révèle vraiment flaibard!

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  • Anas Taud // 08.01.2021 à 20h51

    Après l’indépendance du Maroc, le soutient de la résistance algérienne a continué au nord et au sud du Maroc. Les accord d »Aix Les Bains rendaient la position marocaine compliqué à tenir par la monarchie. Mohamed VI, de part son aura et sa grande légitimité, arrivait à tenir en équilibre ces forces centrifuges, mais Hassan II, dont la légitimité était encore à faire, a tranché en faveur de la ligne directrice des accord d’Aix Les Bains, à savoir une relation normalisée et forte avec la France, ce qui signifie mettre fin au soutien à la résistance algérienne dans le territoire marocain. Or mettre fin à ce soutient n’était pas envisageable officiellement sans risque de perdre sa légitimité interne.

    Hassan II a donc mis fin à ce soutien en répriment violemment tous les groupes de résistance au nords et au sud du Maroc sous un faux drapeau avec l’aide de certains partis politiques comme l’Istiklal l’UNFP (dont une partie des cadre était issue de la collaboration) et d’hommes de mains comme Oufkir. C’est ce qui a donné lieux à une quasi guerre civile qui n’a pas dis son nom durant laquelle ont été commises de nombreuses exactions et l’issue de laquelle les groupes de résistance armés ont été neutralisés. Cet épisode sanglant à crée des entorses à l’intégration du nord et du sud du Maroc.

    Le polisario ne sont ni plus ni moins que des résistants marocains du sud qui ont choisi de rejoindre le camp algérien qu’ils soutenaient lesquels avait été violemment réprimé à tort.

    Le Maroc a payé son erreur, il est temps de tourner la page.

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    • leravidemilo // 12.01.2021 à 21h32

      C’est comme toujours, celui qui vient de commettre (ou de cautionner, d’approuver…) un forfait, est toujours pressé de « tourner la page », de passer à autre chose, c’est du passé n’en parlons plus… Mais cela relève seulement d’une pensée magique, d’un exorcisme. Il se rend compte très vite que la page qu’il voulait tourner lui colle aux doigts, l’empêgue, comme le sparadrap du capitaine Haddock. Ce qui est bâti sous les saints et conjoints auspices de mister Trump and Mister Netaniahou est bâti sur du sable.(et le sable, les sahraouis connaissent; les marocains aussi, non?)
      Rappelez vous donc le président Bush, sur le pont de son porte avion préféré, déclarant « le dernier jour »de la guerre en Irak , avec de mâles accents, « Now the game is over! » Eh ben non; on a vu ce qu’il en était!

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  • Eldo // 09.01.2021 à 00h18

    Si le Maroc colonise le peuple Sarahoui…pour lui proposer une démocratie à la Marocaine….Pas sûr que la communauté internationale accepte.
    A quoi bon coloniser un peuple pour lui offrir une dictature soft ?

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  • Koui // 09.01.2021 à 13h59

    Avant la colonisation, les tribus sahariennes et mauritaniennes avaient effectivement des liens faibles d’allégeance au roi du Maroc. La colonisation française et espagnole ont redécoupé les frontières. Face aux imbroglios historiques emmêlés, l’ONU et l’Union Africaine ont décidé que les territoires colonisés auraient le droit à l’autodétermination. C’est la solution la plus démocratique. En refusant que l’ONU organise le référendum d’autodétermination, le Maroc a violé le droit international, le droit des peuples a disposer d’eux mêmes et déclenché la guerre. Il est vrai que la création d’un nouvel Etat peu peuplé aurait participé à la balkanisation de l’Afrique.
    En ce qui concerne la position de l’union européenne, il faut dire qu’elle est très hypocrite. L’UE ne reconnait pas formellement l’annexion mais ne fait rien pour y mettre fin, pas plus qu’elle ne reconnait l’annexion des territoires occupés par Israel, la république de Chypre du nord, la Transnistrie ou l’Abkhazie. Par contre, elle agit contre l’annexion de la Crimée. L’UE permet à ses alliés de piétiner le droit international et le droit des peuples sans dommages. Elle peut être ferme sur le droit international contre ses ennemis, même si cela viole le droit à l’autodétermination.
    Concernant l’Algérie, on peut dire qu’elle a soutenu les indépendantistes sahraouis par pure envie de nuire au Maroc. Elle n’a aucun respect pour les droits de ses propres minorités berbères et mozabites, alors pourquoi être si attachée aux droits des sahraouis?

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  • clauzip12 // 09.01.2021 à 18h55

    Par cette déclaration trumpienne les USA expriment:
    -nous sommes les gestionnaires si ce n’est propriétaires du monde occidental.
    -l’occupation par Israël de la Palestine est  légale 
    -l’ONU n’a aucun effet s’agissant de nos choix
    mais reconnait implicitement la Crimée comme Russe.
    Quel est la raison déterminante?

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  • Gg // 10.01.2021 à 19h15

    Très bonne synthèse. La guerre actuelle suite aux incidents de Guerguerat est également totalement ignorée des médias occidentaux. Depuis le temps que cette dictature marocaine est soutenue, aucune avancée d’aucune sorte…

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  • toto // 14.01.2021 à 14h13

    Faire le parallèle entre Israël et le Maroc je trouve cela osé.
    Les situations ne sont en aucun cas comparable.
    Le Maroc existe depuis au moins 900 ans, et n’a jamais accepté le partage colonial.
    La colonisation étant un crime je ne vois pas comment rendre moral le résultat de celle-ci
    Le Maroc ne souhaite pas expurgé la composante sahraoui mais la considère comme son peuple (disons une province rebelle, et encore ,uniquement les cadres du Polisario, organisation crée par l’Espagne et alimentée par l’Algérie).
    Les sahraoui sont des berbères , maures ou Africains du nord (comme vous voulez) donc de la même ethnie et religion que le reste du Maroc. Comment pouvez vous définir comme peuple cent mille habitant qui ont la même ethnie et religion que le reste de pratiquement toute l ‘Afrique du nord.

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    • toto // 14.01.2021 à 14h36

      De plus les cadres du Polisario demandent la moitié du Maroc d’un point de vue géopolitique les marocains seraient fou d’accepter la perte de la moitié de leur territoire au profit de 100 000 habitants.

      Tous les pays du monde ont une province rebelle (Chine, Russie, Algérie, France, Espagne, Canada etc…).
      A ce train la autonomie générale alors pour tout les mouvement (voir lien ci-dessous il y en a un paquet)

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_mouvements_autonomistes_ou_s%C3%A9paratistes.

      Tout cela n’est qu’un des outils du grand jeu Géopolitique visant à tirer contre parti ou affaiblir un autre pays.
      Je suis d’accord avec un commentaire plus haut, ce n’est qu’une question de rapport de force tout le reste c’est du blabla
      Peut être que les journalistes y croient à leur baratin mais personne me fera croire qu’un politicien algérien, européen ou autre en a quelque chose à faire des ces nomades, déjà qu’ils méprisent leurs propre peuples…

        +0

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