Comme pour Maurice Allais, nous allons reprendre des publications plus régulières de Noam Chomsky

Décryptage par Laura Flanders publié dans le site Counterpunch le 30 avril 2012,

LF : Nous allons commencer par un panorama. Comment décririez-vous
la situation où nous nous trouvons, historiquement ?

NC : il y a soit une crise soit un retour à la norme d’une stagnation. Un point de vue veut que la norme soit la stagnation et que parfois on en sorte. L’autre veut que la norme soit la croissance et que parfois on puisse entrer en stagnation. On peut débattre cette question, mais la période veut que l’on soit près de la stagnation mondiale. En l’état des principales économies capitalistes, les États-Unis et l’Europe, c’est la croissance basse et la stagnation, avec une différenciation du revenu très forte dans un changement — un changement stupéfiant — de la production à la « financiérisiation ».

Les États-Unis et l’Europe se suicident de différentes manières. En Europe, c’est l’austérité au cœur de la récession, c’est ce qui a garanti la catastrophe. Il y a une certaine résistance en ce moment. Aux États-Unis, c’est essentiellement la production délocalisée et la financiérisation, et se débarrasser de la population superflue en l’incarcérant. Il s’agit en filigrane de ce qui s’est passé à Carthagène [en Colombie] la semaine dernière [4], avec le désaccord sur la guerre de la drogue. L’Amérique latine veut dépénaliser au moins la marijuana (peut-être davantage, évidemment 😉 Les États-Unis veulent maintenir la pénalisation. Une histoire intéressante [5]. Il ne me semble pas qu’il y ait de solution facile à cela…

LF : Et politiquement… ?

NC : Encore une fois il ya des différences. En Europe, il y a un accroissement dangereux d’une ultra-xénophobie assez menaçante aux yeux de toute personne qui se souvient de l’histoire européenne… ainsi qu’une attaque sur les vestiges de l’État-providence. Il est difficile d’interpréter la politique d’austérité-dans-le-milieu-de-la récession comme autre chose qu’une attaque sur le contrat social. En fait, certains dirigeants en viennent tout droit pour le dire : Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, a eu une entrevue pour le Wall Street Journal, dans laquelle il a déclaré que le contrat social était mort — que finalement ils avaient réussi à s’en débarrasser [6].

Aux États-Unis, tout d’abord, le système électoral a été presque totalement
déchiqueté. Pendant longtemps il a été à peu près géré par des dépenses privées concertées, mais maintenant c’est le dessus du panier. De plus en plus au fil des ans les élections sont devenues des extravagances des relations publiques. Ce fut entendu comme un plus de l’industrie publicitaire en 2008 — l’award du marketing de l’industrie publicitaire de l’année fut attribué à Obama. C’est davantage qu’un plus, cette année.

Le Parti républicain a à peu près abandonné toute prétention d’être un parti politique traditionnel. Il est dans l’obéissance inflexible au très riche, au super riche et au secteur d’entreprise. Ils ne peuvent pas obtenir des votes de cette façon donc ils doivent mobiliser un public électoral différent. Cela fut toujours le cas, mais rarement mobilisé politiquement. Ils en appellent au droit religieux, mais il s’agit essentiellement de la population de la religion extrême. Les États-Unis sont hors du spectre [ordinaire] en matière d’engagement religieux. C’était à la hausse depuis 1980, mais maintenant c’est une part importante du vote de base du Parti républicain, et qui signifie s’engager dans les positions anti-avortement, contre le droit des femmes… Les États-Unis est le pays des quatre vingt pour cent de la population qui croit que la Bible fut écrite par Dieu. Près de la moitié pense que chaque mot est littéralement vrai. Ainsi, le parti républicain doit faire appel à cela — et à la population nativiste, ainsi qu’aux personnes qui ont peur, telles qu’elles ont toujours été… C’est une population très apeurée, et qui plus est maintenant, avec la reconnaissance que le peuple blanc devienne une minorité très bientôt : « ils nous ont arraché notre pays ». Tels sont les républicains. Il n’existe pas de républicains plus modérés. Il y a maintenant des démocrates centristes. Bien sûr, juste après les républicains les démocrates dérivent à droite. Les démocrates ont à peu près renoncé à la classe ouvrière blanche. Cela nécessiterait un engagement sur les questions économiques or ce n’est pas leur préoccupation.

LF : Vous décrivez Occupy comme la première réponse organisée à une
guerre de classe de trente ans…

NC : C’est une guerre de classe, et une guerre sur les jeunes aussi… c’est pourquoi les frais de scolarité ont été si rapidement en hausse. Il n’y a pas de véritable raison économique à cela. C’est une technique de contrôle et d’endoctrinement. Et face à ça, c’est vraiment la première réaction organisée, significative, qui soit importante.

LF : Les comparaisons avec le Printemps arabe sont-elles utiles ?

NC : Un point de similitude, c’est que ces mouvements sont tous les deux des réponses au péage pris par les programmes néolibéraux. Ils ont un effet différent dans un pays pauvre comme l’Égypte et un pays riche comme les États-Unis. Mais structurellement c’est à peu près semblable. En Égypte, les programmes néo-libéraux ont signifié la croissance statistique, quand l’Égypte était une sorte de poster infantile pour la Banque mondiale et le FMI, gestion économique merveilleuse et grande réforme, juste avant le Printemps arabe. Le seul problème était pour le principal de la population ayant reçu un coup au plexus solaire, en quelque sorte : salaires à la baisse, allocations supprimées, disparition des denrées alimentaires subventionnées et pendant ce temps, une forte concentration des richesses et un énorme comptant de corruption.

Nous avons ici l’analogue structurel — en fait c’est vraiment la même chose en Amérique du sud, — quelques-uns des événements les plus dramatiques de la dernière décennie (et nous l’avons vu de nouveau à Carthagène-en-Inde il y a quelques semaines). L’Amérique latine se tourne vers l’indépendance pour la première fois depuis cinq cents ans. Ce n’est pas peu. Et le Printemps arabe a commencé à la suivre. Il y a une contre-révolution au Moyen-Orient et en Afrique du Nord [MENAC], des pays qui battent en retraite, mais il y a eu des progrès. En Amérique du Sud il y en a eu de substantiels, et ce qui s’est produit avec le printemps arabe — et cela a un effet de contagion — a stimulé le mouvement Occupy, ainsi
il existe des interactions.

LF. Dans les médias, il y a eu beaucoup de confusion sur la couverture de Occupy. Y a-t-il une contradiction entre l’anarchisme et l’organisation ?
Pouvez-vous préciser « il existe des interactions » ?

NC : L’Anarchisme signifie toutes sortes de choses selon les gens, mais les mouvements anarchistes traditionnels assument qu’il doive y avoir une société fortement organisée, mais organisée depuis la base avec une participation directe et cetera. En réalité, un aspect de la confusion médiatique a un fondement, parce qu’il y a vraiment deux pliages différents dans le mouvement Occupy ; les deux sont importants, mais différents.

L’un est une politique orientée : quels buts politiques, la régulation des banques, mettre l’argent hors des impératifs électoraux, augmenter le salaire minimum ; les questions environnementales. Tout cela est très important et le mouvement Occupy en a fait sa différence. Il a changé non seulement de discours, mais dans une certaine mesure, l’action dans ces domaines.

L’autre pliage est simplement la création des communautés — quelque chose d’extrêmement important dans un pays comme celui-ci, très atomisé. Les gens ne se parlent pas entre eux. Vous êtes seul avec votre téléviseur ou sur Internet. Seulement vous ne pouvez pas avoir une démocratie qui fonctionne sans ce que les sociologues appellent les « organisations secondaires », endroits où les gens peuvent se réunir, exposer, parler et développer des idées. On ne le fait pas tout seul. Le mouvement Occuper a créé spontanément des communautés qui ont appris quelque chose aux gens : vous pouvez être dans une communauté d’entraide mutuelle et de coopération et développer votre propre système de santé et de documentation, et avoir des espaces de discussion et de participation démocratiques libres d’accès. De telles communautés sont vraiment importantes. Et c’est peut-être ce qui cause la confusion des médias… à cause de ces deux aspects à la fois.

LF : Est-ce pour cela que les mêmes médias, alors qu’ils ne tiennent pas compte systématiquement de la violence contre les femmes, ont joué sur des histoires au sujet de viols présumés et de la violence dans les campements d’OWS [7] ?

NC : C’est une pratique courante. Chaque mouvement populaire qu’ils veulent dénigrer, ils l’épinglent par ce genre de choses. Soit ça, soit une façon bizarre de se vêtir, ou quelque chose comme ça. Je me souviens d’une fois, dans les années 1960, il y avait une manifestation qui allait de Boston à Washington et la TV montra une jeune femme avec un drôle de chapeau, quelque chose d’étrange, ou autre. Il y avait un canal indépendant à Washington — et bien sûr, la même femme y fut montrée. C’est ce que qu’ils recherchent. Essayons de prouver que c’est bête et insignifiant, et que s’il peut arriver de la violence c’est un aspect que l’on trouve partout.

Pour prêter attention à la base réelle du mouvement — ce qui est assez difficile, — si l’on peut viser par exemple les questions politiques ou la création des communautés démocratiques d’entraide mutuelle, qui fonctionnent, et dire, bref, que c’est ce qui manque dans notre pays, que c’est pourquoi nous n’avons pas une démocratie qui fonctionne — une communauté de participation réelle : c’est vraiment important. Or c’est ce qui est toujours écrasé.

Prenons par exemple Martin Luther King. Écoutez les discours de célébration du jour commémoratif de Martin Luther King — et bien c’est toujours « I have a dream ». Mais il a eu un autre rêve et il l’a présenté dans son dernier discours de Memphis [8] juste avant qu’il ne fût assassiné [9]. Discours dans lequel il dit quelque chose à propos d’être comme Moïse, il peut voir la terre promise mais encore comment on ne peut l’atteindre. Et la terre promise c’était la politique et les évolutions qui allaient devoir traiter la pauvreté et la répression, non pas raciales, mais le mouvement des pauvres gens. Juste après il allait y avoir une marche. King devait la conduire. Coretta Scott King [10] l’a menée. La marche a commencé à Memphis, passa par les différents endroits du sud où ils s’étaient battus pour les droits civiques, et se termina à Washington DC où il y eut une cité de toile dans le Parc de la Résurrection, et les forces de sécurité furent appelées à y intervenir par le Congrès libéral. Le Congrès le plus libéral qui ait existé, de mémoire américaine. Au milieu de la nuit ils intervinrent violemment, bousillèrent le Parc de la Résurrection, et ils chassèrent de la ville les manifestants. C’est la façon dont on traite les mouvements populaires qui menacent…

LF : En pensant à Memphis, où le Dr King avait soutenu la grève des travailleurs de l’assainissement, quelles sont vos pensées sur un futur du mouvement des travailleurs ?

NC : Le mouvement ouvrier a été quasiment tué dans les années 1920, presque détruit. Il a eu une seconde vie dans les années 1930 et a fait une énorme différence. À la fin des années 1930, le monde des affaires était déjà en train de trouver des façons de le battre ; ils ont dû s’abstenir pendant la guerre mais juste après cela commencé, sans délai. Taft-Hartley [11] c’était en 1947, puis vous avez une campagne de propagande d’entreprise énorme dont une grande partie si jamais elle s’intéressa aux syndicats concernait : pourquoi ils sont mauvais et détruisent l’harmonie et l’amitié aux États-Unis. Au fil des années cela produisit son effet. Le mouvement syndical réalisa beaucoup trop tard ce qui se passait. Ensuite, il récolta la monnaie de sa pièce sous Reagan.

Reagan informa plutôt bien les employeurs de ne pas requérir des contraintes légales pour briser les syndicats (ils n’étaient pas forts, mais il y en avait), ainsi le licenciement pour campagne d’organisation des travailleurs tripla, je pense, pendant les années Reagan.

Clinton arriva, il eut une technique différente pour briser les syndicats,
cela s’est appelé l’ALENA [12]. Sous l’ALENA, il y a eu de nouveau une forte augmentation en matière de blocage illégal des campagnes d’organisation. On met une étiquette sur un dossier — Nous allons transférer la gestion au Mexique… C’est illégal, mais si vous avez un État criminel, cela ne fait pas la différence.

Le résultat final est que la syndicalisation du secteur privé fut pratiquement en baisse de sept pour cent. En attendant, les syndicats du secteur public avaient en quelque sorte résisté par eux-mêmes à l’objet des attaques, mais dans les dernières années il y eut une forte attaque sur les syndicats du secteur public, à laquelle Barack Obama participa de fait. Quand vous gelez les salaires des employés fédéraux, cela équivaut à taxer les gens du secteur public…

LF : Et les attaques sur les négociations collectives ? [13]

NC : Les attaques sur la négociation collective dans le Wisconsin correspondent à toute une rangée d’attaques, dont celle contre une partie du mouvement du travail qui fut protégée en tant que résidu du New Deal [14] et de la Great Society [15], par le système juridique, et ainsi de suite.

LF : Les syndicats ont-ils un avenir ?

NC : Eh bien, ce n’est pas pire que dans les années 1920. A la fin du XIXe siècle il existait un mouvement des travailleurs vraiment très actif et militant qui s’est maintenu jusqu’aux premières décennies du XXe. Il fut brisé par Wilson et les alertes rouges. Dans les années 1920, les visiteurs anglais de droite étaient consternés par le traitement réservé aux travailleurs. Le mouvement avait à peu près disparu. Pourtant, dans les années 1930, il fut non seulement relancé mais devint l’élément central du New Deal. L’organisation de la CIO [16] ainsi que les grèves sit-down étaient tout à fait terrifiantes du point de vue de la gestion, car c’était une étape avant de dire « OK Adieu, nous allons faire tourner l’usine ». Et ce fut un facteur déterminant dans d’importantes mesures du New Deal qui n’étaient pas négligeables et firent une grande différence.

Puis, après la guerre, commença l’attaque, mais c’est une bataille constante dans l’histoire américaine. C’est l’histoire de ce pays et l’histoire de tous les autres pays aussi, mais il se trouve qu’aux États-Unis l’histoire du travail est d’une rare violence. Des centaines de travailleurs tués, en une fois, pour s’être organisés, c’était quelque chose d’inouï en Europe ou en Australie…

LF : Quelle est la cible numéro un du pouvoir aujourd’hui, selon vous ? Est-ce que ce sont des entreprises, le Congrès, les médias, les tribunaux ?

NC : Les médias sont des entreprises, donc… ce sont les concentrations de pouvoir privé qui ont vraiment une énorme influence — sans contrôle total, sur le Congrès et la Maison Blanche, influence en forte augmentation avec une concentration forte du pouvoir privé et une escalade des coûts des élections et ainsi de suite…

LF : Au moment où nous parlons, il y a des initiatives d’actionnaires qui se déroulent à Detroit et à San Francisco. Prennent-elles de bonnes cibles, des cibles valables ?

NC : Pourquoi pas, mais rappelez-vous, l’actionnariat aux États-Unis est très fortement concentré. [Les initiatives des actionnaires c’est] une chose, pourtant c’est comme le vieux Parti communiste de l’URSS, il serait agréable de voir plus de protestation à l’intérieur du Parti communiste, mais ce ne serait pas la démocratie pour autant. Ça n’arrivera pas. Les initiatives [d’actionnaires] sont un pas intéressant, mais surtout symbolique. Et pourquoi pas des initiatives des parties prenantes [les travailleurs et la communauté] ? Il n’y a pas de principe économique qui dise que la direction devrait être sensible aux actionnaires ; en fait, vous pouvez lire dans les textes de l’économie d’entreprise qu’ils pourraient tout aussi bien avoir un système dans lequel la direction soit responsable pour les parties prenantes que sont les travailleurs et la communauté.

LF : Mais on entend tout le temps que selon la loi, l’intervention du PDG est nécessaire pour augmenter les dividendes versés aux actionnaires.

NC : C’est une sorte d’engagement secondaire du PDG. Le premier engagement est d’augmenter votre salaire. Un des moyens pour augmenter votre salaire est parfois de réaliser des bénéfices à court terme, mais il y a de nombreuses autres façons d’y parvenir. Au cours des trente dernières années il y a eu de très importantes modifications juridiques pour la gouvernance d’entreprise, de telle façon qu’assez souvent maintenant les PDG choisissent les conseils d’administration qui leur donnent leur salaire et leurs primes. C’est l’une des raisons pour lesquelles le ratio de PDG/PAIEMENT a tellement augmenté dans ce pays contrairement à l’Europe. (Les sociétés y sont similaires, ça va assez mal là-bas, mais ici nous sommes dans la stratosphère). Il n’y a pas de raison particulière à cela. Le PDG pourrait tout aussi bien être responsable devant les parties prenantes — c’est-à-dire les travailleurs et la communauté. Ce qui suppose qu’il devrait diriger, mais en quoi une direction est-elle nécessaire ? Pourquoi les travailleurs et la communauté ne feraient-ils pas fonctionner eux-mêmes l’industrie ?

LF : Les coopératives de travail sont de plus en plus répandues. [17]. Une question que j’entends est — le changement peut-il advenir en changeant le propriétaire sans changer le paradigme des profits ?

NC : C’est un peu comme demander si le vote des actionnaires est une bonne idée, ou si la règle de Warren Buffett [18] est aussi une bonne idée. Oui, c’est une bonne étape, un petit pas. La propriété des travailleurs au sein d’un État capitaliste, le semi-marché est un meilleur système que la propriété privée, mais il a des problèmes inhérents. Les marchés ont des inefficacités inhérentes bien connues et très destructrices. La plus évidente, dans un système de marché tout à fait opérant, c’est que celui qui prend les décisions ne fait pas attention à ce qu’on appelle les externalités, à savoir les effets sur les autres. Disons que je vous vends une voiture, si nos yeux sont ouverts, nous allons l’un et l’autre faire une bonne affaire, mais sans nous interroger sur les répercussions. Il y aura davantage de bouchons, l’essence sera plus chère, l’environnement en souffrira et cela se répète dans toute la population. Eh bien, c’est très grave.

Jetez un coup d’œil à la crise financière. Depuis que la réglementation du New Deal a été essentiellement démantelée, il y a eu régulièrement des crises financières et l’une des raisons fondamentales, c’est entendu, est que le PDG de Goldman Sachs ou de Citigroup ne fait pas attention à ce qu’on appelle le risque systémique. Peut-être qu’on effectue une transaction risquée et que l’on couvre ses propres pertes potentielles, mais on ne prend pas en compte le fait que si elle se bloque, cela peut faire planter le système entier. Ce qu’est un krach financier.

L’exemple le plus grave en est l’impact environnemental. Lorsque les institutions financières plantent, le contribuable vient à la rescousse, mais si vous détruisez l’environnement, personne ne viendra à la rescousse…

LF : Ainsi on a l’impression que vous pourriez soutenir quelque chose comme le modèle de Cleveland [19], où la propriété de la firme est en réalité détenue par des membres de la communauté ainsi que les travailleurs…

NC : C’est un pas en avant, mais on a également à aller au-delà du démantèlement du système de production pour le profit plutôt que pour la production pour usage. Cela signifie le démantèlement d’une grande partie au moins des systèmes de marché. Prenons le cas le plus avancé : Mondragón [20]. C’est détenu par les travailleurs mais pas dirigé par eux, même si la gestion vient souvent de la main-d’œuvre, mais c’est dans un système de marché et ils exploitent encore les travailleurs en Amérique du Sud, et font des choses qui sont nuisibles à la société dans son ensemble mais ils ont pas le choix. Si vous êtes dans un système où vous devez faire des profits pour survivre, vous êtes obligé d’ignorer les externalités négatives, les effets sur les autres.

Les marchés ont aussi un très mauvais effet psychologique. Ils conduisent les gens à une conception d’eux-mêmes et de la société dans laquelle vous ne cherchez que votre profit personnel, et non celui d’autrui, ce qui est extrêmement dangereux.

LF : Avez-vous déjà eu un avant-goût d’un système qui ne soit pas de marché — avez-vous eu un éclair d’optimisme — de la façon dont nous pourrions vivre ?

NC : Un fonctionnement de famille par exemple, et il y a des groupes plus importants, les coopératives sont un bon exemple. Ça peut certainement se faire. Le plus grand que je connaisse est Mondragon, mais entre les deux beaucoup existe et on pourrait faire bien davantage. Ici à Boston, il y a deux ans, dans une des banlieues, prospérait une petite entreprise de construction d’équipements high tech. La multinationale qui possédait la société ne voulait pas la garder dans ses registres, ils ont donc décidé de la fermer. La main-d’œuvre et le syndicat, UE (United Electrical workers), ont offert de l’acheter, ce à quoi la communauté était favorable. Cela aurait pu marcher s’il y avait eu un soutien populaire. S’il y avait eu un mouvement Occupy, alors je pense que cela aurait pu être une bonne chose pour eux de se concentrer dessus. Si ça avait marché, vous auriez eu une autre entreprise rentable, appartenant aux travailleurs et gérée par les travailleurs. Il y en a déjà une bonne quantité dans le pays. Gar Alperovitz [21] a écrit à leur sujet, Seymour Melman a travaillé sur eux. Jonathan Feldman a travaillé sur ces questions.

Il y a des exemples réels et je ne vois pas pourquoi ils ne devraient pas survivre. Bien sûr, ils vont être repoussés. Le système au pouvoir n’en voudra pas davantage qu’il ne veut la démocratie par le peuple, pas plus que les Etats du Moyen-Orient ni l’Occident ne vont tolérer le printemps arabe… Ils vont essayer de repousser cela.

LF : Ils ont essayé de repousser le sit-in des grèves dans les années 1930. Ce que nous oublions, c’est que des communautés entières ont soutenu ces grèves. A Flint, des cordons de femmes se tenaient entre les grévistes et la police [22].

NC : Il y a un siècle, à Homestead [23], la ville dirigée par les travailleurs, la Garde nationale fut nécessaire pour les détruire.

LF : Trayvon Martin [24]. Pouvez-vous parler pendant quelques minutes du rôle du racisme et de la violence raciale dans ce que nous avons discuté ? Certaines personnes pensent que de la lutte contre le racisme est distincte des réflexions sur les questions économiques.

NC : Bon, vous le savez, il y a clairement un grave problème de race dans le pays. Il suffit de jeter un coup d’œil à ce qui arrive aux communautés afro-américaines. Par exemple la richesse : dans les communautés afro-américaines, la richesse est presque nulle. L’histoire est frappante. Jetez un coup d’œil à l’histoire des Afro-Américains aux États-Unis. La liberté relative date d’une trentaine d’années. Il y en eut une dizaine après la guerre civile et avant la recriminalisation de la vie des Noirs selon une séparation essentiellement nord / sud. Au cours de la Seconde Guerre mondiale il y avait un besoin de main-d’œuvre gratuite si bien qu’il y eut une libération de la main-d’œuvre. Les Noirs en ont profité. Ça a duré une vingtaine d’années, la période de grande croissance dans les années 1950 et 1960 : alors, un homme noir pouvait obtenir un emploi dans une usine d’automobiles, acheter une maison, envoyer ses enfants au collège et faire son entrée dans le monde, mais dès les années 1970, c’était fini.

Avec le changement radical dans l’économie, essentiellement au niveau de la main-d’œuvre, en partie blanche, mais aussi en grande partie noire, ils sont fondamentalement devenu superflus. Voyez comme nous avons recriminalisé la vie des Noirs. Les taux d’incarcération depuis les années 1980 ont crevé le plafond, il s’agit d’une majorité écrasante d’hommes noirs — de femmes et d’Hispaniques dans une certaine mesure. Une répétition de ce qui s’était passé pendant la Reconstruction [25]. C’est l’histoire des Afro-Américains –- alors comment peut-on dire qu’il n’y ait pas de problème ? Bien sûr, le racisme est grave, mais c’est pire que ça…

LF : Parlez-nous des médias. Nous avons souvent discerné des biais dans la narration d’une histoire particulière, mais je souhaite que vous parliez plus généralement de la façon dont nos médias de l’argent dépeignent le pouvoir, la démocratie, le rôle de l’individu dans la société et la façon dont le changement se produit…

NC : Disons, ils ne veulent pas qu’un changement se produise… Ils sont pile au cœur du système de pouvoir et de domination. Tout d’abord, les médias sont des entreprises, des éléments de sociétés de taille supérieure, ils sont très étroitement liés à d’autres systèmes de pouvoir à la fois dans le personnel, les intérêts, l’environnement social et tout le reste. Naturellement, ils ont tendance à être réactionnaires.

LF : Comme s’ils nous donnaient une horloge marquant que le changement devait se produire dans les dix minutes — ou jamais.

NC : Eh bien, c’est une technique d’endoctrinement. C’est quelque chose que j’ai appris de ma propre expérience. J’ai eu une fois un entretien avec Jeff Greenfield [26] au cours duquel quelqu’un demanda pourquoi je n’avais jamais été invité sur Nightline [27]. Il a donné une bonne réponse. Il a dit que la raison principale était que je n’étais pas concis. Je n’avais jamais entendu ce mot avant. Vous devez être concis. Vous devez dire quelque chose de courte durée entre deux publicités.

Que peut-on dire de bref entre deux publicités ? Je peux dire que l’Iran est un État terrible. Je n’ai pas besoin de preuve. Je peux dire que Kadhafi impose sa terreur. Supposons que j’essaie de dire que les États-Unis imposent la terreur, qu’en fait, c’est l’un des principaux États terroristes dans le monde. Vous ne pouvez pas dire ça entre deux publicités. Les gens veulent à juste titre savoir ce que vous voulez dire. Ils n’ont jamais entendu cela avant. Alors, vous devez expliquer. Vous devez donner le contexte. C’est exactement ce qui est coupé. La concision est une technique de propagande. Ça rend impossible de faire autre chose que répéter des clichés, la doctrine standard, ou de ne pas avoir l’air d’un fou.

LF : Qu’en est-il de la conception du pouvoir par les médias ? Qui l’a, qui ne l’a pas et quel est notre rôle si nous ne sommes pas, disons, président ou PDG ?

NC : Eh bien, non seulement pour les médias mais pour à peu près tout le monde académique, l’image, c’est que nous sommes la démocratie de premier plan dans le monde, le phare de la liberté, des droits et de la démocratie. Le fait que la participation démocratique ici soit extrêmement marginale, n’entre pas dans [l’histoire des médias.] Les médias condamnent les élections en Iran, à juste titre, parce que les candidats doivent être examinés par les clercs. Mais ils ne souligneraient pas qu’aux États-Unis [les candidats] doivent être contrôlés par des concentrations élevées de capitaux privés. Vous ne pouvez pas vous lancer dans une élection sans récolter des millions de dollars.

Un cas intéressant intervient en ce moment. Voici le 50e anniversaire de l’invasion américaine du Vietnam du Sud — la pire atrocité de la période de l’après-guerre. Mort de millions de personnes, destruction de quatre pays, une histoire d’horreur totale. Pas un mot. Elle n’a pas eu lieu, puisque « nous » l’avons commise. Donc, ça n’est pas arrivé.

Prenons le 9-11. Cela signifie quelque chose aux États-Unis. Le « monde a changé » après le 9-11. Bon, faites une légère expérience de pensée. Supposez que le 9-11, des avions aient bombardé la Maison Blanche… supposez qu’ils aient tué le Président, instauré une dictature militaire, tué rapidement des milliers de personnes, torturé des dizaines de milliers d’autres, mis en place un centre de terreur d’envergure internationale qui perpétrait des assassinats, renversait des gouvernements un peu partout, installait d’autres dictatures, et conduit le pays dans l’une des pires dépressions de son histoire au point d’en appeler à l’État les renflouer. Supposez que ça soit arrivé. C’est arrivé. Lors du premier 9-11 en 1973. Mais comme nous en étions responsables, ça n’a pas eu lieu. C’est le Chili d’Allende. Impossible d’imaginer les médias en parler.

Et on peut le généraliser largement. La même chose est à peu près vraie pour les bourses universitaires -– à part à la marge –- c’est certainement vrai de la majorité du monde universitaire. A certains égards critiquer les médias est un peu trompeur [parce qu’ils ne sont pas seuls parmi les institutions influentes] et bien sûr, parce qu’ils interagissent étroitement.

N. C. et L. F.

* Toutes les notes sont ajoutées par les traducteurs.

[1] Howard Zinn est un politologue, historien, et homme de Lettres de la gauche américaine, engagé dans le combat social antiraciste et pour la justice, ainsi que dans la lutte anti-impérialiste et contre la guerre notamment au Viet Nam du sud, où il fut un émissaire volontaire, officiel, grâce auquel des GI prisonniers du Viet Cong purent être libérés. Titulaire d’une chaire de professeur depuis 1964 à l’université de Boston il y devint professeur émérite et mourut le 27 janvier 2010 — Voir l’article éponyme dans fr.wikipedia (suivre le lien). On peut entendre l’entretien de Daniel Mermet avec Howard Zinn diffusé en série pour la première fois en 2003, et rediffusé en hommage en 2010, archivé dans le site autonome de l’émission de France-Inter « Là-bas si j’y suis » (suivre le lien) ; où l’on trouve ausssi un entretien inédit, également diffusé en série (suivre le lien) réalisé en avril 2009.

[2] MIT : Massachusetts Institute of Technology.

[3] Chomsky pourrait faire allusion aux lucioles de Dante et à un ouvrage de Didi-Huberman. Les lucioles, (le contraire de ce que signifieront Les lumières), ces petites âmes survivantes des pécheurs au fond de l’enfer dans La Divine comédie, (dans le langage populaire imagé « luciole(s) » désigne aussi les prostitué(e)s), auxquelles Pasolini, dans une lettre à un ami en 1941, prêta la dernière possibilité critique de la conscience populaire déviante dans /contre l’Italie fasciste, infernale. Mais au contraire désespéré, en 1975, dans un article publié dans le Corriere, peu avant sa mort, il dit leur disparition par/dans la société médiatique postmoderne de l’Italie postfasciste, qualifiée de fascisme nouveau. Des années plus tard, Didi-Huberman répondit que les lucioles étaient toujours là, sur le Pincio ; c’était Pasolini lui-même qui ne les voyait plus, parce que cette petite flamme en lui-même s’était éteinte, peut-être, dans les dernières années avant sa mort. Didi-Huberman les fait renaître à la conscience, en leur rendant le sens ténu de la survivance, plus que la trace discrète de la mémoire, l’attribution de la résistance, dans l’ouvrage Survivance des lucioles, (éd. de Minuit, 2009). On peut lire l’essai de Marie Baudry sur cet ouvrage, Lucioles malgré tout, comment « organiser le pessimisme » dans le site fabula (suivre le lien).

[4] Noam Chomsky parle du Sommet des Amériques (suivre le lien) qui s’est tenu à Carthagène-en-Inde, en Colombie, les 14 et 15 avril 2012, entre les chefs d’État des pays d’Amérique latine et d’une partie de l’Amérique caraïbe et ceux de l’Amérique du nord (33 États présents).

[5] Combattre les réseaux mafieux de la drogue et tout à la fois faire de la drogue une économie des pays producteurs, ces points (avec également la question des prostituées) à l’ordre du jour du Sommet des Amériques (op.cit.) furent la source d’un conflit entre les partenaires de l’événement ; on peut se reporter à l’article du journal Le Monde du 16 avril 2012 (suivre le lien) — mais peut-être déjà réservé aux abonnés (à vérifier).

[6] L’article est du 24 février 2012 Europe’s Banker talk though [Ainsi parle le banquier de l’Europe] (suivre le lien), sous-titre : Draghi Says Continent’s Social Model Is ’Gone,’ Won’t Backtrack on Austerity (voir une traduction dans Les-crises.fr — suivre le lien). Lire également l’analyse du 25 février 2012 dans le blog Mediapart de Giuletta, sur ces déclarations de Draghi : Mario Draghi le serpent de Troie Bilderberg et Goldman Sachs responsable de la ruine mondiale annoncent la mort de l’Europe sociale (suivre le lien). Un autre article, dans le blog du WSJ, où Draghi s’illustre : The Euro Crisis (suivre le lien), [traduction du titre : Quotient et Résultat : le président de la BCE Mario Draghi]. Il est possible que depuis ces déclarations la nouvelle présidence française et surtout le profil du résultat des élections anticipées en Grèce changent la donne ; mais pour l’instant ce n’est qu’une somme d’effets d’annonce.

[7] OWS : Occupy Wall Street.

[8] Ce discours du 3 avril 1968 s’intitule I’ve Been To The Mountain Top (suivre le lien) ; on trouve une traduction intégrale en trois parties — 123 (suivre les liens) — dans le site de philosophie dédié aux grands hommes politiques larecherchedubonheur.com.

[9] Martin Luther King a été assassiné par le FBI le 4 avril 1968, pour être empêché de lancer le Mouvement des pauvres gens avec les mêmes mobilisation et succès que le Mouvement pour les droits civiques ; le Mouvement des pauvres gens commença par des occupations spontanées sur le tas — le soutien de la grève des éboueurs Noirs de Memphis pour demander des conditions humaines de travail, était à l’origine de ce nouvel engagement du Pasteur. Il est à remarquer que Malcolm X fut assassiné trois ans avant, le 14 février 1965, après avoir rallié MLK en 1964, mais quand il commença lui-même à politiser plus radicalement son projet sur l’idée de Black Nation (comme les Indiens conceptualisèrent aussi leur Nation dans le prolongement du Mouvement pour les droits civiques). Bobby Seale et Huey P. Newton inspirés par Malcolm X, lui-même inspiré à la fois par MLK de façon critique et par le marxisme existentialiste et anticolonialiste de Frantz Fanon (il se seraient rencontrés avant la mort de Fanon à Washington DC en 1961), fondèrent sur un programme en dix points le Black Panther Party for Self Defense, en 1966, en Californie.

[10] Coretta Scott King (1927-2006), était l’épouse et co-activiste de Martin Luther King.

[11] Il s’agit du Taft-Hartley Act ou Labor Act (suivre le lien), contre la liberté et l’action syndicales et le communisme (l’interdiction d’être communiste ne sera abrogée qu’en 1965 ; après quoi les sympathisants communistes européens fichés par le FBI purent de nouveau recevoir des visas pour les USA, tels Simone Signoret et Yves Montand, et des intellectuels connus appartenant à la gauche européenne).

[12] L’abréviation américaine NAFTA se traduit en français ALENA : accord commun entré en vigueur le 1er janvier 1994 d’une zone de libre-échange entre le Canada, les USA et le Mexique.

[13] Modification des lois sur les conventions collectives dans le secteur public de plusieurs États des États‐Unis (lire le document en pdf sur la question publié par l’Institut économique de Montréal). Pour le Wisconsin, « la loi finalement adoptée en 2011 limite le droit de négociation collective à la question du salaire de base pour les employés du secteur public (sauf ceux liés à la sécurité publique). Les augmentations de salaire ne peuvent dépasser l’inflation à moins d’être autorisées par un référendum. La loi fixe les cotisations aux régimes de retraite des employés et des employeurs à 50 % pour chaque partie.
La loi interdit la déduction à la source des cotisations syndicales. Les syndicats du secteur public, auparavant soumis aux mêmes règles d’accréditation et de désaccréditation que les syndicats du secteur privé, voient leur régime changer. Ils doivent maintenant obtenir chaque année l’appui de la majorité des membres d’une unité d’accréditation » pour continuer d’être représentatifs.

[14] New Deal : programme social et économique mis en place par le Président Roosevelt pour vaincre le désastre de la crise des années 1930 aux État-Unis.

[15] Great Society : projet mis en place par le Président Johnson à partir de 1960 pour réaliser les conquêtes du Mouvement des droit civiques, notamment pour vaincre l’inégalité et l’injustice sociale à l’égard des Noirs et des minorités ethniques, et pour vaincre la pauvreté aux États-Unis ; programme inspiré selon Johnson par le New Deal de Roosevelt et qui sera poursuivi jusqu’en 1977 (sous la présidence Ford). Souvent les deux noms sont cités amalgamés (afin de désigner le champ global des lois sociales pour le peuple), bien que leurs programmes soient différents : New Deal / Great Society.

[16] CIO : Congress of Industrial Organizations ; nom proposé par John L. Lewis en 1938 pour la fédération des syndicats de l’industrie qui exista de 1935 à 1955, année où fusionnant avec l’American Federation of Labor une nouvelle organisation fut fondée : l’AFL-CIO. Au moment de l’Hartley Act de 1947 (op.cit), exigeant des syndicalistes qu’ils ne soient pas communistes, de nombreux dirigeants du CIO refusèrent d’obéir à cette exigence, plus tard jugée inconstitutionnelle. Le CIO a soutenu la coalition du New Deal et accueillait les travailleurs afro-américains ; (voir l’article dans en.wikipedia).

[17] Fréquentes en France après la première guerre mondiale, puis facteurs déterminants de la relance de l’activité et de l’économie autonomes du plan Marshall (dans cette région européenne demeurant réfractaire à l’ingérence bien qu’elle reçoive alors des fonds de soutien), après la seconde guerre mondiale, les coopératives constituent un fond culturel commun à la fois politique et économique entre l’histoire sociale critique de l’Europe et celle des États-Unis, notamment révolutionnaire, où l’immigration lança le pont de la Première Internationale. À quoi il convient d’ajouter au-delà de l’Atlantique les traditions communautaires des ethnies américaines natives.
Mais dans la république française, les coopératives (propriété et/ou gestion collectives) connurent un épisode de développement non révolutionnaire parallèle à l’industrie capitaliste et aux entreprises libérales ou artisanales, dans la seconde moitié du siècle dernier, au modèle économique indépendant non seulement efficient mais prospère sans se départir de profits équitables, réparties dans plusieurs secteurs et couches sociales de l’activité, jusqu’à l’événement de la déréglementation du capital au début des années 1970 (sous la Présidence Pompidou).

Système de production et de partage électifs internes selon une démocratie horizontale, ou associatif entre plusieurs communautés de même intérêt, avec une autonomie gestionnaire au sein d’un monde plus vaste — celui de la transaction et de la négociation sans intermédiaire, — les coopératives réalisent d’une part la fonction auto-productive pour l’auto-suffisance vitale de la communauté sociale concernée, et d’autre part pour les biens qu’elle ne pourrait se procurer par elle-même, (serait-ce la necessité de l’argent supplémentaire pour pouvoir étendre ses échanges, ou les déplacements de ses membres au-delà d’elle-même), l’échange économique et/ou commercial qui se fonde sur un rapport d’équivalence de base, entre la valeur d’usage et la valeur d’échange des produits ou des fournitures, équilibrées par leur prix équitable en monnaie selon les prix de revient plutôt que leur plus-value,
qu’il s’agisse d’un troc ou d’un échange facturé.

Elles sont inspirées par l’autonomie des cités monastiques ou phalanstères médiévaux et remontent, concernant leur version laïque démocratiquement organisée en France, aux tisserands cathares et maranes pluri-communautaires — la croix catalane pommelée signifie en ses points le ralliement associatif à la marge et en ses branches le réseau — réfugiés dans les Pyrennées autour des Parfaits sous une double identité, pour échapper aux persécutions, à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe. Où les décissions se prenaient horizontalement et la fourniture de la laine par les anglais pour la fabrication de ses textiles — notamment les tweeds — par les français, en partie échangés de façon équivalente, étaient directement négociés via le port de Bordeaux. Résistance par l’autonomie économique à l’environnement hostile du Royaume unifié par la guerre et la répression.

Le XVIIIe siècle donna aux coopératives les lettres de l’industrie moderne révolutionnaire mais encore une critique du mode d’organisation sociale à laquelle le philosophe utopiste Charles Fourier (1772-1837) (suivre le lien) contribua en premier lieu, et ensuite L’École Sociétaire, qui poursuivit de transmettre ses idées. Concernant l’exemple le plus remarquable que ce mode de production et de vie ait inspiré, dans la société moderne jusqu’à la société postmoderne, en Europe francophone (il y a eu plusieurs phalanstères coopératifs en Belgique), on peut citer le Familistère de Guise (suivre le lien), communauté de production, habitat, et architecture industrielle et résidentielle, dont la construction commencée en 1858 fut achevée en 1883, sous l’égide de l’industriel et socialiste utopique Jean-Baptiste André Godin (1817-1888). Ami de Victor Considerant Godin saura tirer le bilan de l’échec de l’expérience française du phalanstère La Réunion au Texas, et sa propre fondation philantropique coopérative et autogérée en France lui survivra avec le plus grand succès jusqu’en 1968.

Il s’agit des poêles, cuisinières, et accessoires de cuisine, en fonte, et cheminées, connus sous la marque Godin, qui étaient associés au combustible fossile du charbon, (cause de leur déclin à l’horizon de l’hégémonie du pétrole et du gaz naturel, avec la condition agravante de la disparition des acieries françaises et notamment des fonderies lorraines), et dont il ne resta ensuite que les accessoires de cuisine des petites fontes Le Creuset, devenues des ustensiles d’excellence à vocation de l’exportation de luxe, et les cheminées pré-fabriquées Philippe…

D’autres communautés productives autogérées mais regroupées sans référence philosophique affichée, dont le principal du tissage pyrénéen de la laine à son terme d’émergence des anciennes communautés cathares (production et marché indépendants avec le Royaume Uni jusquà la fin des années 1960), des tissages catalans ou basques du coton, concurrents de leurs propres industries, des fabriques de confection, des espadrilles, des vêtements de prêt-à-porter, des objets de mercerie et de passementerie (parfois considérés comme faisant partie des Trésors nationaux), de la bonneterie (textiles tricotés), des charpentes, des menuiseries, des matériaux de couverture et des sols en terre cuite, en ardoise ou en pierre, des coopératives familiales du bâtiment (premier ou second œuvre), des céramiques, de la vaiselle, des montres (Lip finit en coopérative de travailleurs), des coopératives de laboratoires pharmaceutiques par des préparateurs ou des pharmaciens regroupés, et plus généralement les coopératives agricoles permettant aux paysans de se regrouper non seulement pour l’achat des machines mais pour leur usage collectif solidaire, chaque saison venue…

Ce fut un modèle de production dynamique et un aspect principal dans la relance de l’organisation productive en France après les années de guerre, base du commerce des biens de nécessité populaire, et également à vocation internationale pour certain produits “made in France” ; auto-distribution et négotiation directe, en cohérence de l’autoproduction et de l’autogestion, parvinrent majoritairement à rester indépendants des grandes firmes, jusque dans les années 1960 pour celles restées pertinentes par rapport à l’évolution technique. Ensuite commença l’ère du contrôle et de l’exploitation des coopératives converties par la sous-traitance, sous le règne des normes de l’industrie capitaliste, de la distribution, et de la rentabilité des profits — par exemple à l”instar de la façon dont les soiries lyonnaises avaient commencé à connaître leur terme dès les années 1930… mises à mal entre les deux guerres par l’importation du fil brut, puis au profit des soies artificielles liées à la pétro-chimie (particulièrement développée dans cette région) — on peut lire un article sur la soie cévenole et son déclin, dans le site web de la région d’Anduze.

[18] Warren Buffett est l’icône du multimilliardaire qui a mené — et poursuit de mener — des expériences philantropiques avec une tentative socialement plus équitable de son système et de sa succession, aux USA (on peut lire sa biographie dans l’article éponyme de fr.wikipedia).

[19] Cleveland (Ohio), sur le fleuve Ohio qui se jette dans les grands lacs, ce qui autrefois rendait la ville prospère à cause du traffic fluvial et la possibilité d’acheminer le minerai de fer du nord. Un moment héroïque de l’histoire ouvrière passée est la grande grève des laminoirs de Cleveland Rolling Mill Company, en 1881, (suivre le lien), tenue par la main d’œuvre de la communauté polonaise immigrée qui s’organisa en commune, et parce que cette grève renvoie à la commune des sidérurgistes de Homestead (Pennsylvanie), citée dans une des réponses suivantes de l’auteur.

Mais Laura Flanders fait allusion à Cleveland de nos jours, évoqué dans le livre de Chomky ; « en fait, il s’agit de « Coop Nation » un phénomène socio-urbain de la ville : un quartier noir de cette ville s’est organisé en commune à plusieurs niveaux et réussit au point d’avoir fait des prosélytes, ce qui a fini par caractériser la partie populaire de la ville. Non seulement il y a une coopérative de travailleurs, où les bénéfices sont partagés dans une communauté donnée, mais encore où l’agriculture est gérée en coopérative et écologique. Grosso modo, il dit que ce partage dans une communauté urbaine donnée, qui va au-delà du partage entre les travailleurs d’une firme, rend la coopérative plus forte. (Il y a eu plusieurs exemples de travailleurs s’enrichissant grâce à leur coopérative et ensuite se retirant en banlieue et recréant une bourgeoisie dans des quartiers privilégiés). Les habitants voyant ce succès commencent à soutenir ces progressistes (politiquement parlant) et ainsi l’impact va jusqu’à l’électorat et aux choix politiques — on montre à la majorité que le modèle peut réussir — et cette démonstration finit par changer les institutions au niveau local.
. Voir community-wealth.org ; voir aussi l’entretien Co-Op Nation (suivre le lien), de Neal Gorenflo et Michel Bauwens, avec Gar Alperovitz (à propos de son ouvrage America Beyond Capitalism publié en 2004 et remis à jour cette année, et auquel Chomsky réfère dans Occupy), où il est question entre autre des coopératives de Cleveland (article d’avril 2012). » (Information de Wendy Johnson).

[20] Mondragón, nom d’une ville basque espagnole associée à l’une des plus grandes coopératives ouvrières européennes, et du monde, si l’on en croit l’érudit dans ce domaine qu’est Chomsky, et aussi les sources d’information économique sur l’entreprise actuelle. Née en 1941 de l’extraction locale du fer et de son exploitation sidérurgique, auto-organisées sous la protection de l’Église, pour faire face à la misère et à la répression politique du régime du Général Franco (voir l’article complet mais malheureusement resté sans traduction, The Mondragón Cooperative Corporation (MCC) : An Introduction dans le site web de OA — Ownership Associates Inc.), la coopérative de Mondragon dite Corporation Mondragon (fr.wikipédia), est non seulement toujours active mais étendue et accrue aussi bien dans son volume de production qu’à travers son développement diversifé, et une partie de délocalisations, à travers lesquels elle est en quelque sorte entrée dans le régime de la mondialisation.

[21] op.cit.

[22] Flint (Michigan), une des villes des usines General Motors, a connu deux cycles de grèves sur le tas ; la première, avec occupation pour empêcher l’évacuation du matériel de production, dura de 1937 à 1938, et donna lieu à une organisation de la ville en commune, pour défaire l’ancienne municipalité et le juge à la solde de GM, organiser le ravitaillement et l’auto-défense, et à une solidarité nationale (on peut lire un article bien documenté de la BBC : The 1936 – 37 Flint, Michigan Sit-Down Strike). Cette grève se concluant par une victoire fut à l’origine d’une syndication massive des ouvriers américains ; les femmes y jouèrent un rôle actif pour le ravitaillement et l’auto-défense, organisées sous le nom « Emergency Women’s Brigade », et dans les derniers jours elles séparèrent la police et les manifestants masculins pour protéger ces derniers.
La seconde grève sur le tas est celle de 1998, au moment de la délocalisation d’une partie de la production et du démantèlement de la main d’œuvre qualifiée (on peut lire un article de l’envoyé spécial du journal Libération à l’époque General Motors la grève fait tache d’huile. Le syndicat automobile envisage d’étendre le conflit à d’autres usines du groupe), grèves qui suivirent celles de la fin des années 80 où une usine avait fermé après avoir licencié la pupart des ouvriers de la ville, et dont Michaël Moore, natif de Flint, avait réalisé le documentaire de création activiste Roger and me, qui obtint un succès international conidérable et fut multiprimé (voir la fiche en document pdf dans la Bibliothèque du film de la cinémathèque française).

[23] Il s’agit, en Pennsylvanie, d’un des événements les plus avancés de la démocratie et de l’autogestion ouvrières de la production industrielle aux USA, resté mémorable dans le monde occidental moderne, mais qui se termina dans la répression par l’État. Avec des Conseils citoyens regroupant l’ensemble des 5000 habitants environ, pour la plupart concernés par les industries locales, auto-organisés et soutenant les syndicats, à Homestead, ville des acieries Carnegie. La gestion en commune de la ville et des usines commença en 1889 (centenaire de la révolution française), suite au succès d’une première grève au terme de laquelle la direction consentit l’autogestion ouvrière. Tout prit fin lorsqu’après une évolution technique des outils et du processus de production la direction tenta de reprendre possession de la principale usine en introduisant une majorité de travailleurs déqualifiés, pour disqualifier et licencier les travailleurs autogestionnaires… Jusqu’à la grève de 1892, dite Homestead-Strike, qui traitée par le lock-out provoqua une insurrection générale violente des travailleurs et citoyens de tous les sexes et de toutes les générations contre les milices des briseurs de grève (la sinistre agence Pinkerton dont 300 agents seront faits prisonniers par les syndicalistes). La répression fut implacable après une guerre criminelle entre les syndicats et les ouvriers autogestionnaires d’un côté, la direction, ses jaunes, ses milices supplétives criminelles (bien que mises en échec par les métallurgistes) de l’autre, et finalement la Garde Nationale d’État survenant en grand nombre pour occuper les lieux, afin de réduire les insoumis auto-organisés et auto-défensifs victorieux à l’échelle des entreprises et de la ville entière. Homestead Strike (en.wikipedia) — l’article de wikipedia est bien documenté mais partial ; il conviendrait de chercher des informations contradictoires dans les sites activistes afin de mieux comprendre le déroulement des actions.

[24] Trayvon Martin est un jeune homme afro-américain de 17 ans qui a été victime d’un meurtre raciste à Sanford en Floride, le 26 février 2012, alors qu’il était désarmé, tué d’un coup de feu à bout portant dans la poitrine par le chef des vigiles d’un quartier résidentiel protégé où le jeune homme se trouvait pour voir son père et sa fiancée. La police ne retint que la légitime défense alléguée par le meurtrier. Sur la présomption d’un meurtre raciste par un gardien assermenté et la complicité tacite de la police, George Zimmerman fut libéré sous caution mais restant en liberté surveillée. Mais devant la gravité du meurtre de sang froid et le risque de complicité raciste de la police, pour faire face à l’alerte des mouvements anti-racistes américains dépêchés sur place, comptant des célébrités actives, le gouverneur de la Floride, Rick Scott, missionna la juge d’État Angela Corey afin de mener une investigation poussée, qui dura plusieurs semaines, et qu’elle conclut le 12 avril 2012 par une inculpation d’assassinat du second degré, c’est-à-dire de sang froid mais sans préméditation. Pourtant, la jeune femme que Martin avait quittée pour aller faire une course et allait de nouveau rejoindre a fait la preuve, avec les traces de son téléphone cellulaire à l’appui, que le jeune homme inquiet d’être suivi depuis un moment l’avait appelée pour lui en rendre compte, alors qu’il se trouvait déjà à proximité de la maison où elle l’attendait, et qu’elle fut le témoin impuissant du meurtre, après avoir entendu son ami demander au meurtrier pourquoi il le suivait. La question de la préméditation (meurtre du premier degré) entacherait donc y compris la dernière inculpation.

[25] La Reconstruction est la période après la Guerre Civile, 1863–77.

[26] Jeff Greenfield est un auteur et un journaliste célèbre et reconnu, analyste et reporter de la télévision et de la Presse écrite américaines, collaborateur de premier plan des principales chaînes de la télévision, aujourd’hui à NBC, et dans des journaux et magazines tels Time Magazine, The New York Times, and Slate.com, qui a reçu trois Emmy Awards entre 1985 et 1992, pour des reportages en Afrique du sud et un portrait du businesman Henry Ross Perot ; (voir son article dédié dans en.wikipedia).

[27] « Nightline » est une émission à la fois prestigieuse et populaire de la chaîne américaine de TV ABC qui propose en fin de soirée une revue d’informations et des dossiers sur les sujets d’actualité, où le journaliste Jeff Greenfield (op.cit) apparut souvent.

Source : La revue des ressources

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

59 réponses à [Reprise] Noam Chomsky sur le suicide économique de l’Amérique

  1. ril Le 01 décembre 2013 à 09h47
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    “les premiers à avoir identifié le problème de divergence d’intérêts entre dirigeants et actionnaires des firmes, Berle et Means, faisaient de l’augmentation de la taille des entreprises l’une des façons dont les dirigeants satisfont leurs appétits de pouvoir au détriment de la rentabilité. Il est possible, après tout, que le parallèle entre capitalisation boursière des entreprises et rémunérations s’explique par un facteur commun : la mégalomanie des dirigeants. La carrière d’un Jean-Marie Messier chez Vivendi en constituant une illustration assez claire.”

    “Tout se passe comme si l’on considérait que des dirigeants peuvent produire des effets spectaculaires sur les entreprises, et que pour attirer ces génies qui font la différence, il faut les payer très cher. Mais y-at-il autre chose que le mythe du chef derrière cette idée ?”

    http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2006%2F07%2F08%2F570-le-salaire-des-dirigeants-d-entreprise-et-un-peu-de-foot-aussi


    • Pierre75 Le 01 décembre 2013 à 10h42
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      Bonjour,
      Si on avait su qui était Picasso à ses 20 ans, on aurait tous courus acheter ses tableaux à Montmartre.
      Mais, comme tu le sais certainement, nos grands-parents sont passés à côté (j’écris depuis Paris, je t’écrirais depuis Papeete). Le mythe dont tu parles le voici : Il est facile de reconnaître un génie.
      Mais heureusement pour les peintres (commerçants-vendeurs de peintures), beaucoup de GENS ont acheté des croûtes de personnes SINCÈRES, ou non, qui leur vend(t)ait leur talent.

      Toutes les sociétés cherchent Steve Jobs ou Jack Welch. Mais entre des artistes (surtout le premier) comme ces deux la, se placent tout un tas de ‘vendeurs de croûtes’, parfois menteurs; c’est ça la dure vie du business.


  2. Pierre75 Le 01 décembre 2013 à 09h50
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    C’est vraiment un beau discours; MAIS que penser de l’intervention d’un moine bouddhiste sur la non-violence au milieu d’une guerre des gangues. C’est beau mais est-ce convainquant ?
    Ne faut-il pas une guerre menée par une police, pour empêcher les morts dans les cinq prochaines minutes ?

    Quoi qu’il en soit je ne connaissais que par son nom (d’où ?) Mondragon. Merci donc pour eux; si je vois des produits de cette ORGANISATION j’essayerai de les privilégier.

    Corrigé avec MsW…, comme 72% d’entre vous ^_^


  3. Christophe Vieren Le 01 décembre 2013 à 10h09
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    Le passage : “LF : Est-ce pour cela que les mêmes médias, alors qu’ils ne tiennent pas compte systématiquement de la violence contre les femmes, ont joué sur des histoires au sujet de viols présumés et de la violence dans les campements d’OWS ?

    NC : C’est une pratique courante. Chaque mouvement populaire qu’ils veulent dénigrer, ils l’épinglent par ce genre de choses. Soit ça, soit une façon bizarre de se vêtir, ou quelque chose comme ça. Je me souviens d’une fois, dans les années 1960, il y avait une manifestation qui allait de Boston à Washington et la TV montra une jeune femme avec un drôle de chapeau, quelque chose d’étrange, ou autre. Il y avait un canal indépendant à Washington — et bien sûr, la même femme y fut montrée. […] Prenons par exemple Martin Luther King. Écoutez les discours de célébration du jour commémoratif de Martin Luther King — et bien c’est toujours « I have a dream ». Mais il a eu un autre rêve […] et la terre promise [que voulait King] c’était la politique et les évolutions qui allaient devoir traiter la pauvreté et la répression, non pas raciales, mais le mouvement des pauvres gens. “ [King fût assassiné avant la marche qui devait réclamer cette “terre promise”].

    Ce passage me rappelle ceux qui veulent ramener mai 68 à un mouvement d’étudiants qui auraient bêlés en choeur “il est interdit d’interdire” et que reprennent encore 48 ans plus tard, ici ou ailleurs, certains de nos compatriotes.


    • jducac Le 01 décembre 2013 à 14h23
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      @ Christophe Vieren Le 01 décembre 2013 à 10h09

      Ce passage me rappelle ceux qui veulent ramener mai 68 à un mouvement d’étudiants qui auraient bêlés en choeur “il est interdit d’interdire” et que reprennent encore 48 ans plus tard, ici ou ailleurs, certains de nos compatriotes.

      Ces étudiants n’avaient, pour la plupart, pas 20 ans en 68. Ils ne connaissaient pratiquement rien de la vie pour avoir eu à en souffrir dans leur corps, à la différence de ce qu’avaient du endurer les générations précédentes, avec deux guerres et la crise des années 30.
      Bien sûr, la plupart, encore immatures, souffraient d’insupportables frustrations sexuelles les amenant à déclarer haut et fort « jouissons sans entrave » et « il est interdit d’interdire », célèbres slogans dont l’application fut ensuite étendue à beaucoup d’autres domaines de la vie.
      http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/%C3%A9v%C3%A9nements_de_mai_1968/131140

      Quarante huit ans plus tard, la plupart de ces « révolutionnaires », nourris au gauchisme des groupes anarchistes, maoïstes, trotskistes et autres, sont restés immatures, mais au plan économique cette fois.
      Ils refusent de voir que les doctrines auxquelles ils se référaient jadis, ont depuis laissé place au capitalisme, pratiquement partout dans le monde, en ex URSS, en Europe de l’Est, en Chine et ailleurs.

      Ce sont leurs descendants qui vont avoir à souffrir de l’aveuglement économique ayant poussé leurs parents et grands parents à consommer le plus possible et à bannir le mot épargner, quitte à laisser un pays exsangue et endetté avec un capital industriel en lambeaux.


      • Patrick Luder Le 01 décembre 2013 à 20h26
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        La révolution des années 68 était un acte conte l’autorité.
        Mélanger un appel à la liberté avec les excès du consumérisme est déplorable.
        La génération de l’énergie gratuite n’est pas fautive en soit,
        c’est l’évolution de la technologie sans réflexion qu’il faut condamner !


  4. BabarMillésimé Le 01 décembre 2013 à 11h26
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    Que les américains soient massivement croyants encore, nul doute là-dessus. Mais l’affirmation de Chomsky selon laquelle « les États-Unis est le pays des quatre vingt pour cent de la population qui croit que la Bible fut écrite par Dieu », je sais pas d’où il la sort mais je crois qu’il pousse un peu le bouchon là. Le pourcentage (cumulé) de créationnistes et partisans du Dessein Intelligent aux usa, dans tous les sondages récents que je viens de consulter, ne dépasse jamais les 40/45 %. Et dire croire à une Bible écrite par Dieu sans se déclarer créationniste, désolé mais ça le fait pas, y-compris pour une population de veaux en batterie…


    • BabarMillésimé Le 01 décembre 2013 à 12h00
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      Le Barma Group ? Alors comme ça Chomsky trimballe les chiffres d’une boite de sondage évangéliste ? Sacré Noam… 🙂


    • Patrick Luder Le 01 décembre 2013 à 20h34
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      “quatre vingt pour cent de la population qui croit que la Bible fut écrite par Dieu”

      J’ai aussi de la peine avec cette affirmation.

      Enfermer toutes les dérives dans un idée aussi fausse … est de la propagande,
      et affirmer que la peur est la mère de tous les excès … est de l’aveuglement.

      C’est la recherche de profits sans considération éthique,
      qui à conduit le monde là ou nous en sommes.

      Qui se soucie encore de la conséquence de ses propres actes ?


  5. Patsux Le 01 décembre 2013 à 11h42
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    Démanteler le système de production pour le profit pour le remplacer par un système de production pour l’usage est une très belle idée, un bel objectif économique et écologique. Ca fait plaisir de lire quelqu’un qui prend en compte les problèmes politiques, économique, écologique, etc. dans leur ensemble.


    • BabarMillésimé Le 01 décembre 2013 à 12h33
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      Effectivement Christophe, notre ami Jducac a manifestement oublié que le jeune Jducac n’avait pas refusé en 1968 son augmentation de salaire (10% au moins) ni dédaigné de prendre sa quatrième semaine de congés payés, le tout obtenu, entre autres broutilles, grâce aux mouvements de 68…
      Il était bien entendu pour lui “interdit de s’interdire” d’en profiter. 😉


      • MJ Le 03 décembre 2013 à 21h46
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        j’ai l’impression qu’il y a confusion entre l’agitation des fils et filles de la bonne bourgeoisie au boul mich’ et les revendications professionnelles qui ont abouti à Grenelle.
        la séparation était très très marqué, d’ailleurs Sartre s’est fait jeter par les syndicats (CGT) quand il est allé haranguer les ouvriers de Billancourt.
        Et ce ne sont ni la 3eme ou la 4eme semaine de congés, ni les augmentations qui ont mis le pays en déroute.
        Mais c’est si facile de tout mélanger sous couvert de “soixantehuitardisme”.


    • Amsterdammer Le 01 décembre 2013 à 13h58
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      Ce que fait également le courant allemand KRISIS [rien à voir avec la revue de A. de Benoist!], Anselm Jappe, Ernst Lohoff, Norbert Trenkle et alii.

      Un certain nombre de leurs articles ont été traduit en français [ou sinon en anglais, en espagnol], ils sont lumineux et saisissent la crise dans toute sa profondeur, ses tenants et aboutissants.
      http://www.krisis.org/navi/francais

      Par ex :
       http://www.krisis.org/2012/sur-limmense-dcharge-du-capital-fictif


      • yvan Le 03 décembre 2013 à 15h56
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        Merci beaucoup, Amsterdammer (l’autre pays du fromage en plastique), pour ce lien vraiment très intéressant.

        L’analyse faite est en effet complète du phénomène actuel qui, bien évidemment, annonce des jours qui nous feront tous souffrir sur l’ensemble de la planète.
        Permettront, aussi, de remettre les compteurs à zéro, ce qui est le coté positif en espérant que les générations futures sauront retenir les leçons.

        Il y a parfois du bon, sur ce blog.


    • Patrick Luder Le 01 décembre 2013 à 20h44
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      @patsux J’abonde dans votre sens et il y a un réel marché à prendre. J’observe avec plaisir que de plus en plus de structures annoncent un retour à une consommation réfléchie … une consommation raisonnée qui fait du bien aux deux côtés du comptoir !


      • yvan Le 03 décembre 2013 à 16h02
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        “un réel marché à prendre”

        C’est LA que tu vois la prédation dans toute sa splendeur.

        Plus animal, tu meurs.

        Le pire, dans l’Histoire, est que les plus grands prédateurs tant animaux (humains) que plantes, ont eu des vies particulièrement courtes.

        Et t’as des veaux qui continuent…
        Vu la situation actuelle, pourvu que ça dure.


  6. Michel Martin Le 01 décembre 2013 à 16h50
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    En écho à la note 17 sur l’économie coopérative et les utopies du 19ème:
    http://solidariteliberale.hautetfort.com/archive/2013/07/12/la-question-de-la-qualite-du-convivialisme-5120019.html
    Une inexactitude, Lip n’a pas fini en coopérative, ils ont fonctionné de cette façon une année, mais au bout du compte, ils n’ont pas souhaité être repris par une coopérative.


  7. Macarel Le 01 décembre 2013 à 17h38
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    A lire de pareils articles, l’on finirait par croire que le capitalisme est vraiment diabolique.

    Heureusement que jducac est là pour nous rappeler toutes les vertus de ce système.

    Ce sont leurs descendants qui vont avoir à souffrir de l’aveuglement économique ayant poussé leurs parents et grands parents à consommer le plus possible et à bannir le mot épargner, quitte à laisser un pays exsangue et endetté avec un capital industriel en lambeaux.

    Voilà qui va faire plaisir à jducac: si épargner c’est être capitaliste, alors je suis capitaliste.

    Mais épargner, ne pas s’endetter ne sont pas vraiment aujourd’hui des vertus pour le capitalisme financiarisé.

    Au contraire plus les acteurs sont endettés, mieux c’est pour les créanciers, qui vivent des intérêts, et tiennent les débiteurs en laisse.

    Il m’est déjà arrivé plusieurs fois, d’acheter des biens d’un certain prix, et chaque fois le vendeur m’a vanté les bienfaits de payer avec un crédit que sa boîte proposait, alors que je souhaitais payer avec de l’argent que j’avais économisé.

    Je crois que jducac parle d’un capitalisme d’une autre époque (largement idéalisé d’ailleurs), un capitalisme de gens de la terre. Qui vivaient chichement sur leurs lopins de terre, et pour qui un sou était un sou.
    Il semble avoir oublié, que plus que 1968, c’est l’américanisation de notre société qui a changé notre rapport à l’argent. Vivre à crédit, c’est la norme dans les pays anglo-saxons, enfin, ça l’était “plein pot” avant la crise financière dite des subprimes de 2008.

    Je crois que jducac devrait se mettre au goût du jour, nous ne sommes plus en 1940, époque où Pétain rejetait la faute de la défaite sur le gouvernement de Léon Blum, accusé d’avoir cédé devant le mouvement ouvrier( congés payés, semaine de 40 heures). Lequel Pétain oubliait qu’il avait aussi sa part de responsabilité dans la défaite, pour avoir refusé, alors qu’il était ministre de la guerre, de prolonger la ligne Maginot jusqu’à la mer, au prétexte que nos chers voisins allemands, respecteraient la neutralité de la Belgique.

    Aujourd’hui nous sommes dans l’ère du capitalisme financiarisé, spéculatif, qui n’en a rien à cirer du petit épargnant, ou du petit porteur. A supposer que le capitalisme ne se soit jamais préoccupé du sort de ces petits épargnants, ou petits porteurs.

    Le capitalisme sous toutes ses formes, a toujours été dur avec les petits quels qu’ils soient.
    Inutile de rappeler la dureté des conditions de travail des ouvriers dans les usines au XIX siècle, le travail des enfants souvent plus de 12 heures par jour.

    Au XIXième siècle les gens, qu’ils soient paysans, ou ouvriers vivaient dans des conditions souvent très dures, cela n’a pas empêché la boucherie de 14-18, puis le fascisme, le nazisme, la deuxième guerre mondiale et la Shoah.

    Alors mettre tout nos malheurs actuels sur le dos d’un relâchement des moeurs imputable aux mouvement étudiant de 1968, c’est un peu court comme explication. Cela sent fort le pêché originel judéo-chrétien qu’il faut expier, vous avez pêché braves gens maintenant il faut vous mortifier en revêtant la robe de bure.

    Pourtant, même le Pape François a compris que le capitalisme contemporain n’était pas “très catholique”, si je puis dire:

    « Dans ce contexte, certains défendent encore les théories de la “rechute favorable”,qui supposent que chaque croissance économique, favorisée par le libre marché, réussit à produire en soi une plus grande équité et inclusion sociale dans le monde. Cette opinion, qui n’a jamais été confirmée par les faits, exprime une confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique et dans les mécanismes sacralisés du système économique dominant »

    Le pape souligne qu’il « a le devoir, au nom du Christ, de rappeler que les riches doivent aider les pauvres, les respecter, les promouvoir ».
    « Il n’est pas possible que le fait qu’une personne âgée réduite à vivre dans la rue, meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en bourse en soit une », écrit-il dans un passage consacré aux « défis du monde actuel ».

    « La crise mondiale qui investit la finance et l’économie manifeste ses propres déséquilibres et, par-dessus tout, l’absence grave d’une orientation
    anthropologique qui réduit l’être humain à un seul de ses besoins : la consommation. »

    Ce pape serait-il gravement contaminé par l’esprit soixante huitard ? Je crois que non, car il a par ailleurs refusé la prêtrise aux femmes.


    • jducac Le 01 décembre 2013 à 20h56
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      @ Macarel Le 01 décembre 2013 à 17h38

      Alors mettre tout nos malheurs actuels sur le dos d’un relâchement des moeurs imputable aux mouvement étudiant de 1968, c’est un peu court comme explication. Cela sent fort le pêché originel judéo-chrétien qu’il faut expier, vous avez pêché braves gens maintenant il faut vous mortifier en revêtant la robe de bure.

      Détrompez-vous, l’esprit 68ard à été plus influent que vous ne le pensez. Voyez vous-même, il serait allé jusqu’à pénétrer au Vatican où l’on ne se serait plus rien interdit. Ce serait même ce qui aurait permis au pape François d’être élu pour y mettre bon ordre.

      http://tempsreel.nouvelobs.com/vatican/20130314.OBS1942/francois-et-l-esprit-sain-de-vatileaks.html


      • Macarel Le 01 décembre 2013 à 23h39
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        @jducac

        Ma foi (si je puis dire), qu’il mette de l’ordre au Vatican, et dans l’ Eglise, ne change rien à la portée de son message sur la: “Nouvelle tyrannie” des marchés.

        http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203150549548-le-pape-francois-accuse-la-nouvelle-tyrannie-des-marches-632513.php

        Car les marchés ont été contaminés par le slogan: “Jouissons sans entrave sur le dos des salariés”, depuis plus de 30 ans ! Et par cet autre slogan: “Il est interdit, de nous interdire de spolier les Etats et leurs populations.”

        Il est grand temps d’en finir avec l’esprit soixante-huitard des marchés !!! Vous avez bien raison jducac!


  8. jducac Le 01 décembre 2013 à 17h50
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    Les marchés ont aussi un très mauvais effet psychologique. Ils conduisent les gens à une conception d’eux-mêmes et de la société dans laquelle vous ne cherchez que votre profit personnel, et non celui d’autrui, ce qui est extrêmement dangereux.
    LF : Avez-vous déjà eu un avant-goût d’un système qui ne soit pas de marché — avez-vous eu un éclair d’optimisme — de la façon dont nous pourrions vivre ?
    NC : Un fonctionnement de famille par exemple, et il y a des groupes plus importants, les coopératives sont un bon exemple. Ça peut certainement se faire. Le plus grand que je connaisse est Mondragon, mais entre les deux beaucoup existe et on pourrait faire bien davantage.

    Ces déclarations de Noam Chomsky m’amènent à m’interroger sur la validité et le réalisme de ses propositions en matière économique.

    Il n’a jamais dû travailler au sein d’une entreprise où tout employé normalement constitué, travaille tout autant à son profit, pour assurer sa propre existence grâce à la rétribution qu’il recevra de l’entreprise à laquelle il collabore, que pour permettre à son entreprise de gagner de l’argent de faire du profit, afin de se renforcer le plus possible face à ses concurrents, de sorte à rester dans le lots des meilleurs, et ne pas risquer de disparaître en cas d’aléa économique.

    Cette dernière préoccupation découle de ce qu’on appelle « l’esprit de famille » qui intègre bien souvent beaucoup de membres du personnel qui sont considérés, bien que sans liaison familiale, comme faisant partie de la famille, dans les entreprises à forte empreinte familiale.

    Dans les autres entreprises, ce type de préoccupation résulte de «l’esprit d’entreprise » qu’il appartient aux cadres de la maison de faire naître et d’entretenir en ne manquant pas une occasion de montrer que cela ne profite pas qu’aux patrons et aux actionnaires.
    Trop de personnes, notamment dans le monde enseignant, en sus des syndicats d’employés et de certains partis politiques, présentent ces acteurs économiques comme des ennemis des employés alors qu’il faut les considérer comme des associés qui ont besoin d’employés, tout autant que les employés ont besoin d’eux.

    Quant aux coopératives, les organisations syndicales françaises ne semblent pas très à l’aise avec ce type de structure. Peut-être est-ce parce que cela les affaiblit au regard des employés qui se trouvent à remplir tous les rôles dans l’entreprise, dont celui d’actionnaire, leur bête noire traditionnelle, surtout en France.

    http://www.atlantico.fr/decryptage/unilever-face-au-projet-reprise-marque-elephant-stop-au-delire-instabilite-juridique-sophie-menthon-657876.html?page=0,0


    • BabarMillésimé Le 01 décembre 2013 à 19h11
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      Non non Jducac, les salariés français de Brandt, syndiqués comme non-syndiqués, auraient bien aimé devenir salariés-sociétaires de Mondragon au mène titre que ceux de sa filiale Fagor qui racheta leur boite en 2005. Mais non. Pas question. Ben oui un salarié-sociétaire, on peut pas le virer…


    • Macarel Le 01 décembre 2013 à 21h14
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      @jducac

      Ahhhh! Ce beau conte de fée du gentil patron paternaliste, qui materne ses employés qui le lui rendent bien. L’entreprise comme seconde famille.
      Un capitalisme affectif pour bisounours, en quelque sorte. Je veux bien croire qu’il y ait des patron humains, mais de là à généraliser…
      Il était une fois dans un pays dont nul ne se souvient du nom, en un temps indéterminé, un adorable patron qui aimait ses employés comme un père aime ses enfants. Ses employés le lui rendaient bien, ils ne regardaient pas les heures qu’ils passaient au labeur, eux aussi aimaient leur patron. Le patron augmentait son capital, les employés voyaient leurs rémunérations augmenter, tout le monde était content…”
      On en verserait presque quelques larmes, tant ce tableau est attendrissant!
      Mais voilà, aujourd’hui en 2013 la grande majorité des employés, sont des pions dans le grand jeu du casino de la finance mondiale, qui exerce en permanence un chantage à la délocalisation sur “ces ressources humaines”, si elles n’acceptent pas de voir leurs salaires, leurs couvertures sociales révisés à la baisse et leur flexibilité augmenter.
      Suite du conte:
      “Jusqu’au jour où passa par là, la très puissante sorcière Goldman Sachs, qui convainquit le patron de placer son entreprise en bourse. Et l’entreprise fut, de fil en aiguille, vendue à des gens sans foi ni loi qui voulaient des retours sur investissement de 25%. Alors la vie des employés devint un enfer, ils devaient travailler toujours plus pour gagner toujours moins, ils courbaient l’échine, en espérant ainsi garder leur emploi. Las, un jour ils apprirent que malgré tous leurs efforts et sacrifices, ils étaient virés, et leur entreprise dépecée…”


      • Surya Le 01 décembre 2013 à 22h31
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        http://www.astae.com/Salut-grosse-vache-tu-dois-bien-comprendre-que-je-ne-veux-plus-voir-ta-gueule-et-qu-il-est-hors-de-question-que-je-debourse-un-centime-pour-ton-licenciement

        Salut grosse vache (…) tu dois bien comprendre que je ne veux plus voir ta gueule et qu’il est hors de question que je débourse un centime pour ton licenciement ! ! ! ! !

        Le 26/11/2013 par Philippe Ravisy

        C’est ainsi que commence le mail envoyé par un employeur à une salariée qu’il ne voulait plus revoir après un arrêt de travail.

        Nous ne résistons pas, tant ils sont stupéfiants, à la tentation de reproduire in extenso les termes de ce courriel tels qu’ils figurent dans le mémoire soutenu par l’employeur devant la Cour de cassation.

        La Cour d’appel de Bordeaux ayant condamné l’employeur pour licenciement abusif, celui-ci a tenté de faire casser l’arrêt d’appel en prétendant que la salariée n’apportait pas la preuve qu’il était l’auteur du mail et en s’appuyant sur les dispositions du code civil posant les conditions de validité de la preuve des obligations contractées par courrier électronique.

        La Chambre sociale de la Cour de cassation répond très justement que les dispositions invoquées par l’employeur ne sont pas applicables dans la mesure où le courrier électronique produit par la salariée ne l’avait pas été pour faire la preuve d’un acte juridique entrainant des obligations (un contrat ou un engagement unilatéral) mais celle d’un fait.

        Or, l’on sait que l’existence peut être établie par tous moyens (de preuve), dont la force probante est appréciée souverainement par les juges du fond.

        De cette mise au point effectuée par la Chambre sociale, on doit en retenir que les salariés peuvent continuer à produire les courriels qui leurs sont adressés par leur employeur lorsqu’ils souhaitent rapporter la preuve de faits, mais qu’il faudra se montrer vigilant lorsque le contenu du mail emportera modification d’un acte juridique (par exemple un avenant au contrat de travail).

        Philippe Ravisy


      • yoananda Le 02 décembre 2013 à 09h10
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        @macarel
        si les patrons sont loin d’être des enfants de coeur, il en est de même des employés.
        c’est juste une question de rapport de force, mais il n’y en a pas un qui soit meilleur “par nature” que l’autre.
        Tu met l’employé a la place du patron et il sera instantanément aussi “mauvais” que lui.
        Ce n’est pas non plus le système qui rends ainsi, les employés sont pas tendre entre eux, a un même niveau d’échelle sociale. Pas plus, pas moins que les patrons ne sont solidaire entre eux.


        • draxredd Le 02 décembre 2013 à 12h05
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          Dicton soviétique : “Ils font semblant de nous payer, alors on fait semblant de travailler”.
          Ca commence a s’appliquer tout aussi bien au capitalisme.


      • jducac Le 02 décembre 2013 à 13h07
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        @ Macarel Le 01 décembre 2013 à 21h14

        Ahhhh! Ce beau conte de fée du gentil patron paternaliste, qui materne ses employés qui le lui rendent bien. L’entreprise comme seconde famille.

        Si toutefois vous exercez ou avez exercé votre activité professionnelle dans une entreprise, il me semble que vous ne vivez pas ou n’avez pas pu vivre heureux, dans votre travail et donc dans l’activité essentielle à votre vie.

        Votre façon d’inciter les deux inévitables partenaires, l’employeur et l’employé, à s’opposer et à se déconsidérer mutuellement plutôt qu’à coopérer et à s’estimer réciproquement, traduit bien l’état d’esprit français, le plus courant et le plus dépassé dans une grande partie de la population. Cet état d’esprit va à contresens de ce qu’a su faire comprendre G.Schröder qui, en se plaçant au dessus des partenaires sociaux, les a incités à s’entendre pour préserver le plus possible la capacité de survie du couple capital-travail. Faisant cela, il a du même coup rendu service à son pays, l’Allemagne, et peut-être au-delà à l’Europe où, surtout au Sud, survivent encore trop de foyers d’autodestruction anticapitalistes allumés par Marx, il y a maintenant un siècle et demi.

        Si vous jouez les uns contre les autres, vous jouez perdant. En effet, pour éviter un effondrement trop rapide du niveau de vie, au moins pour un temps, et compte tenu de l’inévitable raréfaction des ressources faciles à extraire, il nous faudra pour vivre, de plus en plus de capital, c’est à dire de travail passé accumulé pour être utilisé, et de plus en plus de travail présent, surtout sur nous-mêmes.

        Quand on comprend le processus physique qui fait évoluer le monde, en dépensant le minimum d’énergie pour alimenter la vie et la faire durer le plus possible à l’échelle de l’humanité entière, on se rend compte que ce qu’on peut espérer de mieux c’est de vivre en bonne intelligence, en bonne harmonie et faire en sorte que la vie soit aussi agréable que possible pour tous, étant entendu que cela n’implique pas forcément l’égalité en tout, pour tous.

        Alors cessons d’opposer stérilement capital et travail et reconnaissons qu’il faut les deux, étant entendu que les uns, du fait de leur propre évolution, sont plus aptes, plus doués et plus enclins que d’autres à apporter leur contribution à l’un plus qu’à l’autre.


  9. wuwei Le 01 décembre 2013 à 18h37
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    Une des nombreuses et incontestables réussites du libéralisme, faire que l’homme retourne au stade animal. Encore que… plus j’observe mon chien et plus je m’aperçois que contrairement à l’homo-libéralus, lui ne succombe pas toujours à ses pulsions.

    http://www.youtube.com/watch?v=n_adgG8Ba2Q


    • BabarMillésimé Le 01 décembre 2013 à 19h35
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      C’est vrai que les files d’attente des représentants de la race homo-sovieticus, on a beau dire, ça avait une aut’ gueule, une vraie dignité, presque de la grandeur… D’ailleurs y’avait même pas besoin de flics..
      En même temps c’était un peu black friday tous les jours, alors forcément… 🙂


      • wuwei Le 02 décembre 2013 à 08h30
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        Je ne me souviens pas avoir écrit sur mon admiration de l’URSS ou du communisme. Ce n’est pour moi, comme le capitalisme / libéralisme, qu’une autre forme de domination de la masse par une minorité. Alors l’argumentaire du style: Chili-Pinochet-CIA-USA-Capitalisme, oui mais, Prague-KGB-URSS-communisme est du niveau de cours de récré de CP. Trouvez autre chose pour justifier la colonisation de l’imaginaire des masses par un système qui a porté l’indécence, la vulgarité et l’obscénité à un niveau inégalé et inégalable.


    • Macarel Le 01 décembre 2013 à 22h00
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      Black Friday Shopping Chaos

      http://www.youtube.com/watch?v=-xL8rE9DT4g

      A voir cette fièvre acheteuse, on se dit que les 1% doivent “jouir sans entraves” de ce spectacle avilissant pour ceux qui s’y adonnent.
      Ceux qui dominent tout le système, et paupérisent leurs concitoyens tout en s’enrichissant, peuvent dormir tranquille. Ces gens sont trop occupés à s’étriper entre eux pour bénéficier du prix (du pris) le plus bas, qu’à penser à s’organiser pour leur arracher de meilleurs salaires.
      Le Pape François, a bien raison lorsqu’il dit:
      « La crise mondiale qui investit la finance et l’économie manifeste ses propres déséquilibres et, par-dessus tout, l’absence grave d’une orientation anthropologique qui réduit l’être humain à un seul de ses besoins : la consommation. »
      Mais il est peu probable qu’il soit écouté, en tout cas pas par ces hordes de consommateurs hystériques.


      • Macarel Le 01 décembre 2013 à 22h56
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        On est loin de cet autre Black friday tragique, à connotation plus sociale:

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Friday

        Mais le consumérisme, comme la lutte sociale, peut faire des morts ou des blessés:

        “Cette tradition a pris une tournure plus tragique dans un magasin Walmart de Long Island, dans l’État de New York, en 2008. Un employé qui venait d’ouvrir les portes pour laisser entrer une foule impatiente a été écrasé par les acheteurs qui se ruaient sur les produits. L’homme, âgé de 34 ans, est mort de ses blessures. Au moins quatre personnes, dont une femme enceinte, ont été hospitalisées après cet incident. D’autres employés du magasin ont également été blessés alors qu’ils tentaient de venir en aide à leur collègue.”

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Black_Friday_%28shopping%29


      • Macarel Le 01 décembre 2013 à 23h16
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        A propos de cette fièvre acheteuse, il convient de parler du soft power

        En français, “pouvoir doux”. Expression popularisée par l’Américain Joseph Nye. Le “soft power” désigne, par opposition au “hard power”(économique et militaire), l’attraction culturelle et idéologique exercée par une puissance. Ainsi, les pays se livrent une guerre de l’information afin de valoriser leur image, tout en discréditant les rivaux. Les Etats-Unis, avec la démocratie et la société de consommation, disposent d’un “soft power” important.

        Comprendre la Mondialisation en 10 leçons (G. Ardinat)

        Ces images du Black Friday, vont-elles augmenter le “soft power” des USA, sur l’aspect consommation de leur société ???

        Pour la démocratie, l’on sait à quoi s’en tenir, surtout depuis le 9/11, les dérives paranoïaques du pouvoir depuis cette date, et la puissance des lobbies au congrès.


    • toutouadi Le 02 décembre 2013 à 09h37
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      “plus j’observe mon chien et plus je m’aperçois que contrairement à l’homo-libéralus, lui ne succombe pas toujours à ses pulsions.”

      Je confirme !!


  10. yt75 Le 01 décembre 2013 à 19h35
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    Comme d’habitude, Chomsky oublie un élément majeur dans cette histoire de la “civilisation industrielle”, et pour les Etats Unis en particulier, il se caractérise par cela :

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c5/US_Oil_Production_and_Imports_1920_to_2005.png

    Avec le mythe associé, toujours extrêmement vivace, c’est à dire :

    «premier choc pétrolier = Yom Kippour/embargo Arabe = évènement géopolitique = rien à voir avec les contraintes géologiques». Alors que le premier choc était surtout la conséquence directe du pic de production des Etats-Unis ayant eu lieu en 1970 (cf ci dessus), rééquilibrage majors/pays producteurs en parallèle, abandon B Woods et devaluation du $ associé en 1971.

    Il serait peut-être temps d’être au courant, non ?

    Résumé en fin de post :

    http://iiscn.wordpress.com/2011/05/06/bataille-et-lenergie/
    Voir en particulier les interviews d’Akins (ambassadeur US en Arabie Saoudite à l’époque) dans «la face cachée du pétrole» partie 2 à partir de 18:00 pour le premier choc.

    Actuellement on est au “pic”(maximum de débit, de flux), mondial.

    Ci dessous les principaux graphiques de la dernière synthèse de Laherrère (pétrole, gaz, et charbon) :
    http://www.oleocene.org/phpBB3/viewtopic.php?f=7&t=28903#p355007

    Quand on pense à la dissonance avec les infos officielles (et encore plus avec la “perception générale” et ce qui est diffusé dans les medias), c’est vraiment délirant.


    • yoananda Le 02 décembre 2013 à 08h46
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      Tout à fait.
      Je développe sensiblement la même analyse dans mon commentaire ci dessus.
      Je rajoute que le choc pétrolier est en réalité triple.
      Si on prends la période 1971 / 1979 qui sont les 2 premiers chocs pétrolier et qu’on les confonds.
      On a en même temps :
      * le pic de production US
      * le pic de production Iranien
      * le pic de production mondiale par personne
      * le pic de production mondial onshore

      L’air de rien, ça change pas mal la donne. Depuis 2005 on a en plus le pic de production mondial conventionnel + le déclin de la production mondiale par personne (au lieu de la stagnation).

      Ensuite il faudrait expliquer tout le reste : l’asservissement des autres énergie au pétrole. Les mécanismes de compensation financier, les externalités de la lutte contre la précarisation énergétique, etc…

      Pour l’instant, tout ça est masqué / tabou. Pourquoi ? Parce que :
      * on n’a pas de solution évident. Ce n’est pas du tout vendeur pour un politique
      * il ne faut surtout pas avouer qu’on ne contrôle pas la situation sous peine de faire paniquer les populations et surtout les marchés
      * on n’a pas d’alternative, quoi qu’on en dise. Rien n’a toutes les qualités du pétrole (densité énergétique, stockage, transport, versatilité d’utilisation, scalabilité, facilité d’extraction, volume).

      Et pourtant, c’est complètement absent du débat, en dehors de quelques blogs et associations.

      Ça n’explique pas tout, il ne faut pas faire du fanatisme. Mais éliminer la compétition pour les ressources de l’équation c’est quand même … un peu fort de café !
      On pourrait s’amuser à faire la sociologie de cette pensée “déconnectée” … mais bon, ça serait mal perçu par beaucoup.


      • yt75 Le 02 décembre 2013 à 12h00
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        Oui d’accord sur les points listés en fusionnant les deux premiers chocs, même si pour l’Iran la chute extrêmement rapide de la production est liée au moment du deuxième choc (79) avant tout à la révolution, désorganisation complète du secteur en Iran (fermeture décidée des exportations et départ de tous les occidentaux), la production est remontée après, mais jamais au niveau pré révolution.

        Et à mon avis, l’image “géopolitique” du premier choc est vraiment un point central dans le terrible retard de prise de conscience à ce sujet, le pic US de 1970 est quelque chose qui n’existe tout simplement pas dans “l’inconscient collectif”.

        Un exemple vraiment typique de cette image géopolitque et de l’occultation compléte du pic US, Serge July publiait en novembre 2012 une tribune dans le Monde intitulée : “1973, matrice de notre modernité”(par ailleurs intéressante), et où l’on peut lire :

        “En rétorsion, les pays arabes producteurs de pétrole décident un embargo. C’est le premier choc pétrolier.”
        http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/11/19/1973-matrice-de-notre-modernite_1792777_3232.html

        En fait une personne avait vraiment “crié au loup” suite au pic US, James Akins :
        http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2010/07/26/AR2010072605298.html

        Et en particulier, il rédigea un rapport confidentiel, mais aussi partagé avec l’OCDE :
        “In 1970, Mr. Akins wrote a classified report in which he concluded that by 1980 half of U.S. oil would be imported, and two-thirds of those imports would originate in the Eastern Hemisphere. He also forecast that the price of imported oil would rise to $5 a barrel by 1980 — more than double the price at that time.”

        Ce rapport est toujours classifié à ma connaissance (si ça n’est pas le cas il serait vraiment intéressant de le consulter).
        Par contre son article de 72 “THE OIL CRISIS: THIS TIME THE WOLF IS HERE” est lui disponible et reprends à priori les points principaux du rapport (mais beaucoup à demi mots ou “tongue in cheeks”) :
        http://www-personal.umich.edu/~twod/oil/NEW_SCHOOL_COURSE2005/articles/for_aff_aikins_oil_crisis_apr1973.pdf

        Et sinon aussi d’accord sur le fait qu’il n’y a pas vraiment de “solution”, surtout compte tenu de la date actuelle….

        Mais d’une certaine manière j’en reste au fait que si plus de personnes étaient au courant, les choses pourraient que ne “mieux se passer”, ou disons moins mal.


      • yt75 Le 02 décembre 2013 à 12h13
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        Et effectivement, le point “Depuis 2005 on a en plus le pic de production mondial conventionnel + le déclin de la production mondiale par personne (au lieu de la stagnation).” est essentiel, et vrai pour le “tous liquides” en ce qui concerne la descente par habitant, voir ci dessous le graphique de Laherrère sur cet aspect :
        http://iiscn.files.wordpress.com/2013/12/jl-all-per-capita.jpg

        Avec le fait que si l’énergie finale par habitant est actuellement toujours en croissance, c’est avant tout du à l””explosion” du charbon Chinois (en noir sur le graphe en haut à droite).

        Il serait vraiment temps que les économistes soient capables d’utiliser l’étiquette “choc pétrolier” pour la crise actuelle.


        • yoananda Le 02 décembre 2013 à 17h56
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          Oui … le charbon chinois et … un peu de liberté avec les stats aussi.
          Parce que les chiffres donnent le volume de pétrole produit en baril. Hors tous les pétroles ne se valent pas, et il faut en plus retrancher le pétrole utilisé pour extraire le pétrole pour avoir le chiffre “final” de l’énergie disponible…
          qui est déjà en chute , sans même rapporter ça au nombre de personnes …
          http://yoananda.wordpress.com/2013/05/21/revue-le-crepuscule-du-petrole/
          mais je suis d’accord pour dire que même sans solution, on éviterais au moins de s’accuser les uns les autres pour rien … et on chercherais ensemble dans la même direction.


  11. gollumélte Le 01 décembre 2013 à 19h51
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    Une technique malicieuse mais efficace ! Merci


  12. Patrick Luder Le 01 décembre 2013 à 20h19
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    Choisir entre qualité ou quantité, c’est choisir à court ou à long terme.
    Acheter est un acte social, que l’on se fait à soi-même.
    Le meilleur marché est souvent encore bien trop cher.

    Que l’on développe des idées en une phrase ou en un livre ne change rien.
    Le consommateur ne réagit que d’une seule manière devant l’étalage,
    avoir la certitude de ce qu’il va acheter est une bonne affaire et correspond à ses besoins,
    => et l’industrie de la vente sait très bien tirer partie de cette faiblesse.


  13. medomai Le 01 décembre 2013 à 22h49
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    Bonsoir Olivier,

    Merci pour ce texte, dont la deuxième moitié me laisse songeur. Je me demande comment vont réagir les quelques coteries sociales qui dominent les systèmes financiers occidentaux, quand il va devenir de plus en plus évident que le système politique le plus efficace pour dominer les échanges en régime de fonctionnement libre-échangiste n’est pas la démocratie, mais la dictature de parti unique, capable de dominer la concurrence sur les marchés à son profit sans aucune contestation, puisqu’elle peut asservir à volonté sa population. On va bientôt nous présenter Singapour comme un modèle, vous allez voir. Car l’équation capitalisme dominant=démocratie de Schumpeter, Hayek, Aron, Huntington, etc va devenir difficile à soutenir face aux puissances asiatiques. [Modéré : non sourcé] Les “puissances d’argent” (comme disait De Gaulle) ne se sont somme toute ralliées à ce régime qu’à grand peine, et depuis seulement un peu plus d’un siècle en Europe. Et je vous laisse deviner quelle partie de l’équation leur paraît la plus essentielle… ce serait bien étonnant qu’elles ne se laissent pas tenter par un ordo libéralisme version musclée…


    • BabarMillésimé Le 02 décembre 2013 à 10h13
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      Les ” puissances d’argent “, c’est du Mitterrand (Epinay 71 et après), pas du de Gaulle.


      • medomai Le 03 décembre 2013 à 10h53
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        Bonjour @Babar,

        Mais c’est faux, je l’ai lu dans les Mémoires de guerre, je te cherche les références si tu veux.


  14. Aikos Le 01 décembre 2013 à 22h59
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    L’analyse de Chomsky est intéressante mais elle ne s’applique guère au système médiatique français. En France les médias sont subventionnés par l’Etat au travers d’un système de subventions généreux et opaque. C’est ce qui explique qu’un torchon libertaire comme Libé dont personne ne veut, dont la direction est en conflit ouvert avec les journalistes, puisse continuer à exister.

    Je vais être très succinct sur ce sujet mais par exemple sur un sujet comme l’euro:
    – on voit bien qu’on va ignorer la sortie de la récession de l’Islande car celle-ci n’était pas dans l’euro. Quand l’Islande allait particulièrement mal, on disait que c’était parce qu’elle n’était pas dans l’euro.
    – d’une façon plus générale tous les arguments intelligents des anti-euros vont être occultés (cf Maurice Allais qui se plaint de son traitement par les médias) ou assimilés au FN – équivalent du point Godwin dans le système médiatique français (ce que dénonce J. Sapir)
    – les 3/4 des journalistes ont voté pour le TCE. On a le même alignement entre eux et entre les élites

    Il ne faut pas forcément chercher d’intérêts cachés à tout cela. Les journalistes français sont d’abord des laquais, c’est-à-dire des types qui répètent ce que dise les élites pour avoir un sentiment de puissance.

    Si je devais creuser mon analyse du système médiatique français, elle serait très différente de l’analyse de Chomsky qui semble se concentrer sur l’économie et sur l’influence d’intérêt privé sur le secteur public. En France il faut surtout s’interroger sur les liens avec le politique (unions matrimoniales entre journalistes et politiciens, milieu trop proche l’un de l’autre comme le montre l’exemple de Science Po Paris etc.).

    Pour prendre un autre exemple, les médias vont toujours détester les petits partis. Pourquoi ? Car ils ne sont pas du tout au service du débat, de la vérité, de la raison ou de l’information. Ainsi on va sans cesse rabaisser quelqu’un comme NDA au rang d’inutile car il n’a pas beaucoup de puissance politique. Mais est-ce que ça veut dire que NDA ne dit rien de juste ? Qu’il ne faille pas l’écouter ? Est-ce que toute personne qui ne croirait pas d’abord en l’information, ne chercherait pas avant tout à comprendre pourquoi il croit en ce qu’il croit ? La morgue et le mépris dont ils témoignent à l’égard des petits candidats, comme J. Cheminade qui était sorti de nulle part alors qu’il ne l’attendait pas, montre bien leur état d’esprit.

    Ce qui me réjouit chez vous O. Berruyer, c’est que vous avez compris que le système médiatique était un vrai problème, d’où l’importance que vous accordez à quelqu’un comme Chomsky. Même si vous avez conceptuellement, rationnellement, empiriquement raison, cela ne change rien à l’affaire si le système médiatique n’est pas d’abord au service de l’information.

    Il faut d’abord à tout prix soutenir les médias indépendants (les blogs comme ici ou Eolas, arrêt sur images, médiapart, Causeur…) et les rares nuances au sein du mainstream (Zemmour, Ce soir ou Jamais, BFM business…).


  15. yoananda Le 02 décembre 2013 à 07h57
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    Les analyses de Chomsky sont intéressantes, pertinentes, mais … marxistes !

    D’abord, je trouve que son résumé sur les US est tout à fait pertinent. En gros, ils mettent en prison la population “superflue”.
    Jusque la, je suis d’accord. Mais pour lui, c’est simplement une lutte des classes, avec les dominants qui jouent à la délocalisation / financiarisation / manipulation.

    Normal pour l’auteur de la fabrique du consentement me direz vous.

    Chomsky dit aussi “ça serait bien si les usines appartenaient aux travailleurs”. Oui, ça sera bien. Et le modèle “familial” qu’il défends est :
    * non généralisable à grande échelle
    * demande d’avoir des points communs qui sont méthodiquement niés ou détruits
    * demande d’avoir des gens motivés, compétents, et instruits … un minimum

    Chomsky pour moi commet l’erreur fondamentale de croire que tout est entre les mains des hommes. Donc, la seule explication pour lui (je vais à l’essentiel), c’est que les “puissants sont méchants” et les “pauvres gentils mais dominés” et il essaye de donner aux pauvres les outils de leur émancipation.
    Dans l’absolu, ça part d’une bonne intention et c’est une bonne chose. Mais ce faisant, il ne fait qu’ajouter a l’antagonisme de classe.

    Prenons un exemple concret : le fait d’être concis à la TV n’est pas une technique de manipulation élaborée, c’est simplement une nécessité de ce média. Même s’ils le voulaient, ils ne pourraient pas faire autrement.

    Et c’est la ou je veux en venir, la plupart des techniques de domination qu’il dénonce sont simplement des “nécessités” et parfois aussi des erreurs. C’est à dire : la dérégulation à été mise en place comme un moyen de relancer l’économie suite au premier choc pétrolier (qui sont en réalité plus que des chocs passager : ils marquent la fin de la croissance de la production pétrolière mondiale par personne, ce qui change sacrément la donne, mais ça, il l’ignore). Mais cette tentative qui a produit des effets à court terme “galvanisant” et donc stimulants pour l’économie se révèle désastreuse au long terme :
    * compétition mondiale accrue amenant progressivement à la guerre économique
    * répercussion intérieure sous forme de désindustrialisation et décrochage d’une partie de la population

    Mais ce que ne voit pas Chomsky du coup, c’est qu’il fallait bien tenter quelque chose à l’époque. Et que de toute manière, fin de la croissance pétrolière mondiale par personne oblige, il y aurait des perdants. La réaction naturelle étant : mieux vaut que ce soit les autres qui soient les perdants. Mais personne n’a décidé la fin de la croissance. Personne n’a décidé le décrochage de pans entier de la population dans la compétition pour les ressources, et personne n’a décidé que les ressources seraient limitées et difficiles à se procurer (parc que la nature est agressive et qu’en plus, on est plusieurs sur le coup).

    Ce ne sont que des petits exemples.

    En dehors de son coté conspirationiste mondain, Chomsky reste très pertinent sur les constats de la casse sociale et sur les solutions que le système fabrique quand il est en difficulté.


    • Gibbus Le 02 décembre 2013 à 10h13
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      @Yoananda
      Je pense que vous vous méprenez sur Chomsky, il n’est pas marxiste, peut être tout au plus marxien… Je crois savoir qu’il se définit lui-même comme socialiste libertaire (économiquement socialiste (pour la socialisation de l’outil de production et fin du salariat) et politiquement libertaire (anarchiste : démocratie directe, mandat impératif et fin des partis) …Qu’on me reprenne si je me trompe…
      Or renseignez-vous Marx n’avait pas une très bonne opinion de Proudhon et Bakounine tirait à boulet rouge sur l’autoritarisme et l’élitisme de Marx (la dictature du prolétariat menant selon lui à la dictature du parti unique) et l’histoire démontre qu’il avait raison…
      Quant à Marx on peut en penser ce que l’on veut, mais pour quelqu’un qui donne autant d’importance à la raréfaction des énergies fossiles et aux conséquences matérielles que cela engendre, nier la puissance de son apport conceptuel: matérialisme historique, C’est vraiment aberrant !!
      Puisque vous êtes marxien sans en avoir conscience en comprenant que nos modes de vie et de pensé vont être profondément bouleversés par le Peak Everything.


      • yoananda Le 02 décembre 2013 à 10h30
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        Je suis conscient de l’apport de Marx sur le matérialisme historique et justement, je me situe dans cette optique.
        “Marxien”, je ne connais pas ce mot.
        Pour moi “marxiste” signifie “limiter l’analyse a la seule lutte des classes”, ce que fait Chomsky tout au long de son analyse.
        Pour lui le seul “facteur matérialiste”, c’est la lutte des classes (qui est, à ma connaissance le seul facteur avancé par Marx, mais je ne l’ai pas lu dans le texte, il allait peut-être plus loin).

        On peut être socialiste sans tout ramener à la lutte des classes. C’est pour cela que je fais le distingo … peu importe comment lui même se définit.

        Mais je ne demande qu’a apprendre. J’ai clarifié mon emplois du mot marxiste (= analyse réduite à la lutte des classes)…


        • Gibbus Le 02 décembre 2013 à 11h33
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          Là encore je pense que vous vous méprenez:
          Ce sont les changements de production matériels qui entrainent la lutte des classes!! Ce qui est déterminant ce sont les modifications dans nos modes de production (infrastructure) qui provoque la “lutte” et qui tendent à modifier l’organisation sociale (la superstructure)!! En réfléchissant ainsi on peut par exemple expliquer comment parce que la finance (gros actionnaire, banque, fond de pension) est devenue prépondérante dans l’économie, elle a depuis trente ans fait changer la superstructure (la dérégulation du marché, mondialisation poussé jusqu’à l’absurde, pensée à court-terme)!!! Aujourd’hui la lutte n’est plus patron/salarié comme au 20ème siècle mais Capital financier contre capital productif (de l’entrepreneur au plus petit salarié), ce que la révolte des bonnets rouges démontre… C’est d’ailleurs je pense ce rapport de classe qu’avait expliqué Marx !!!
          Je pense que la finance est pour l’instant gagnante !!!


          • yoananda Le 02 décembre 2013 à 17h34
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            Soit. Je ne sais pas si Chomsky fait cette distinction, mais pourquoi pas.

            Je suis d’accord avec ce glissement du rapport de force entre les classes. Mais ca ne change rien a ce que j’ai dit.
            C’est marxiste dans le sens ou c’est une réduction de l’explication a une lutte des classes.
            Il y a d’autres facteurs :
            http://yoananda.wordpress.com/2013/07/04/les-5-raisons-de-la-crise-pic-petrolier-surpopulation-robolution-nouvel-ordre-mondial-decadence/

            que Chomsky évacue ou ignore et qui faussent son analyse …
            votre remarque ne réponds pas à mon objection, vous glissez dans la sémantique et non sur le fond.


          • Gibbus Le 02 décembre 2013 à 20h34
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            Après avoir relue votre commentaire. Je comprend votre objection (il m’arrive de comprendre mieux les gens avec un peu de recule), et je pense que c’est certainement vrai chez quelques marxistes qui voient le manifeste du parti communiste comme les évangéliste voient la bible.
            Je pense qu’avec du recule, l’intérêt de la pensée de Marx c’est bien plus un outil qui permet l’analyse du rapport de classe. Reconnaitre ton ennemie!!!
            Par exemple un qui me fait bien rire, c’est Bertez!! Il fait du Marx (la Kléptocratie blablabla…) à longueur de post et il ne peut pas s’empêcher de nier la lutte des classes!!! Cf: http://leblogalupus.com/2013/12/02/politique-friction-du-dimanche-1er-decembre-2013-bravo-et-honte-a-melenchon-par-bruno-bertez/


  16. Germanicus Le 02 décembre 2013 à 11h51
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    Sérieux-pas sérieux ! :

    -Capitalisme : vous avez deux vaches, vous en vendez une et vous en achetez deux autres avec le produit de la vente pour payer moins d’impôts…

    -Socialisme : Vous avez deux vaches, le gouvernement subventionne l’achat de la troisième mais vous devez vendre les deux premières pour payer vos impôts…

    -Fascisme:vous avez deux vaches, le gouvernement les réquisitionne et vous fusille …

    -Communisme : vous avez deux vaches, le gouvernement les prend et vous autorise à lui acheter un peu de lait écrémé…

    -Économie dirigée : vous avez deux vaches, le gouvernement vous les prend, en abat une, embauche deux fonctionnaires pour traire la seconde puis jette le lait..

    -Qu’en est-il aujourd’hui, celui qui dira la vérité sera fusillé.. chanson à Guy Béart….

    ..Marcel Gauchet : le discours de la dénonciation de la morale a eu un énorme poids depuis la coupure conventionnelle de mai 1968…..


    • Aikos Le 02 décembre 2013 à 19h57
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      “La chanson de Guy Béard n’est plus d’actualité, nous sommes plutôt en démocratie ” cause toujours ” “.

      Derrière la formule de Coluche (“cause toujours”), je vois l’efficacité de la propagande en démocratie. Pourquoi museler les hétérodoxes quand il suffit de marginaliser leur opinion dans les médias ? A quoi bon faire taire les critiques quand il suffit de baisser suffisamment l’écho que peuvent avoir ces derniers pour les rendre inaudibles ?

      C’est là toute l’efficacité du système moderne de “fabrication du consentement”, pour reprendre les termes de Chomsky. Vous avez l’illusion d’une pluralité d’opinions mais l’idéologie dominante ne peut que rester l’idéologie dominante.

      “M. Allais à été honteusement ignoré, les “petits candidats” qui parlent vrai sont ridiculisés par les journalistes, bref ceux qui ne sont pas “main-stream” sont inaudibles.”
      Effectivement je m’explique plus le mépris à l’encontre de Cheminade pour cela que pour certaines de ses délirantes propositions délirantes.


    • jducac Le 02 décembre 2013 à 20h30
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      @ Germanicus Le 02 décembre 2013 à 11h51

      ..Marcel Gauchet : le discours de la dénonciation de la morale a eu un énorme poids depuis la coupure conventionnelle de mai 1968…..

      Merci pour votre renvoi vers Marcel Gauchet . On le trouve explicité ici : http://gauchet.blogspot.fr/2006/05/la-morale-ne-peut-tre-que.html

      Voici une autre personne qui pense que les slogans phares de 68, ont eut une influence ravageuse pour notre vie en société…….. Il y a un travail colossal à fournir pour remonter la pente.


      • germanicus Le 03 décembre 2013 à 16h15
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        (jducac)-je ne crains que les poubelles de l’histoire se remplissent à nouveau avec la constitution de 1958, le bon début de mai 1968 gâché totalement par la suite voire perverti, la société, notre société est en pleine mue hormis la classe politique énarchique, ce ne sera pas seulement la civilisation de la connaissance mais aussi celle de l’expression humaine, nous y arrivons, l’économie n’est qu’un brin de cette tresse…
        (Aikos) j’apprécie votre analyse sur le travestissement de la défunte démocratie mais vive la nouvelle démocratie..


  17. Nanker Le 02 décembre 2013 à 20h54
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    Dommage que la traduction soit constellée d’erreurs…

    Dans la phrase “In the US, first of all, the electoral system has been almost totally shredded. For a long time it’s been pretty much run by private concentrated spending but now it’s over the top” traduit par “Aux États-Unis, tout d’abord, le système électoral a été presque totalement
    déchiqueté. Pendant longtemps il a été à peu près géré par des dépenses privées concertées, mais maintenant c’est le dessus du panier” le “over the top” devrait se traduire par une formule du genre “toutes les bornes ont été franchies”.

    ” c’est le dessus du panier” n’a aucun sens… Et “totally shredded” passerait mieux en “réduit à l’état de confettis” non?


  18. Andrea Le 03 décembre 2013 à 18h22
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    Chomsky est un excellent critique et historien, des USA en premier mais pas seulement.

    Il se limite, je pense, volontairement, à ce role.

    N’oublions pas qu’il est prof. d’uni respecté.

    Il ne propose donc jamais d’alternative au modèle capitaliste, mis apart l’importance de la communauté (comme dans ce post, mais cela reste vaguissime. Communauté en anglais n’a rien à voir avec le ‘communautarisme‘ francais.)

    Il est anti-communiste, anti-anachiste, et ne défend même pas un modèle social-démocrate, car il critique son fonctionnement aux USA (lobbies, etc. avec raison bien sur.) Aucune proposition concernant des méthodes de changement.

    Sur l’économie il est quasiment muet ou très confus, sauf pour critiquer l’austerité en Europe p. ex. ou citer Ford…Ou alors proner une économie par l’usage, très bien, mais comment cela marche? Il a dit que Goldman Sachs a bien managé ‘les risques’.. 😉

    Energie? C’est pas son propos..

    Il se fie, également, à l’histoire officielle, telle quelle est connue, écrite, en disant simplement qu’elle est occultée, ignorée. (Exact.)

    Il se place en observateur externe, désabusé.

    Il défend souvent un étât bi-national en Israel, parfois pas, c’est pas clair. Il est contre un Etat unique (avec droits démocratiques pour tous) car il estime que c’est illusoire. Il refuse de parler des attaques de 9/11 sauf pour dire que Bush (et d’autres, Putin etc.) en ont profité pour reprimer des soi-disant ‘terroristes‘ et lancer des guerres.

    Il met en avant la théorie de ‘blowback’ (riposte), cad. qu’il est compréhensible que les musulmans ont des griefs contre les USA car si on se comporte comme des cochons (pas son mot), il est inévitable d’être attaqué en retour.

    Ceci est la ligne d’une partie des Democrates influents. L’attaque des Tours – 9/11- était compréhensible, car les premiers fauteurs c’est nous. Ce qui n’empèche bien sur pas Guantanamo, la torture, l’invasion de l’Afghanistan, Iraq, etc. (Qu’il critique pour d’autres raisons…)

    “Les atrocités ne viennent pas de nullepart” dit-il.

    Sur l’assassinat de Kennedy, il a dit: qui sait, mais quelle importance — “who cares!” – “plein de gens se font massacrés tous le temps”, citation exacte.

    Les points sensibles sont noyés dans du verbiage. Il connait les limites et ne les dépasse jamais. Il les comprend trop bien.

    Voilà le discours des détracteurs, resumé à quelques points parlants.

    Ceci dit, il est brilliant et certains de ces ouvrages doivent absolument être lus. (P. ex. The manufacture of consent.) Et il a été hyper-critique des agissements des USA notamment en Amerique Latine.

    J’ai toujour été surprise de l’admiration pour Chomsky en France. Hollande dirait la même chose, c’est la volée de bois vert..

    Bref, je suppose un post de ma part qui sera critiqué ou carrément biffé …


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