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18.juin.202018.6.2020 // Les Crises

Appel du 18 juin : Témoignage d’une résistante sur la guerre et le CNR

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Source : Le Média – YouTube

Dans le cadre de la date anniversaire de la première réunion du CNR, Le Média vous propose une série d’interviews généreusement cédées au Média par le collectif Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui, réalisées dans le cadre du rassemblement des Glières de cette année qui a du être annulé. Au lendemain de la date anniversaire de cette première réunion, nous vous proposons les paroles et le témoignage d’une résistante, Anne Beaumanoir, qui nous parle de la guerre, de ses conséquences, du programme du CNR et de ses répercussions. Un témoignage rare et précieux.

C’est à Lyon en 1944 que Anne Beaumanoir a lu pour la première fois le programme du CNR. Il était distribué clandestinement dans les boites aux lettres. Alors déjà résistante, Anne était membre des forces unies des jeunesses patriotiques, pour les moins de 25 ans. Elle raconte à quel point il a été difficile ne serait ce que de réunion les différents membres du CNR afin de pouvoir délibérer.

Anne retient du CNR la proposition numéro 5 demandant : « l’augmentation des salaires et des traitements de façon à rendre à la population un minimum vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ». Jusqu’en 1948, les restrictions alimentaires touchaient tout le monde, et le marché noir continuait. La faim tuait jusqu’à plusieurs années après la guerre. « Je n’oublierai jamais ces deux brancardiers que j’ai vu de mes propres yeux, emporter le corps d’un homme d’environs 40 ans, mort de faim… »

Elle note aussi qu’il y a encore beaucoup à faire pour que tous les points du CNR soient tous respectés, et que s’inspirer du travail du CNR, et de ses méthodes, reste totalement d’actualité.

Elle conclue sur une note d’optimisme, le fait que l’actualité du covid-19 a permis de rendre les rapports sociaux plus solidaires.

Source : Le Média – YouTube


L’appel du 18 juin du Général de Gaulle

Au discours du Maréchal Pétain… :

Français!

A l’appel de M. le président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l’affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli son devoir vis-à-vis de nos alliés, sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat (*).

Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l’honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n’écouter que leur foi dans le destin de la patrie.

Philippe Pétain, 17 juin 1940

(*) Tel est le texte qui fut prononcé. Sur la suggestion de Paul Baudouin, ministre des Affaires étrangères, la phrase fut rectifiée – inutilement et maladroitement – de la manière suivante : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut tenter de cesser le combat. »

De Gaulle répond par cet appel :

Le contexte

Le 16 juin 1940 suite à la démission du Président du Conseil, Paul Reynaud, le général de Gaulle décide de partir le lendemain pour l’Angleterre afin de poursuivre le combat.
Accompagné de son aide de camp, le lieutenant Geoffroy de Courcel, il s’installe provisoirement dans un appartement prêté par un Français, près de Hyde Park, au centre de Londres, au numéro 6 de Seymour Place.
Il y rédige le texte de l’Appel qu’il prononce le 18 juin 1940, vers 20 heures, sur les ondes de la B.B.C. Dans ses Mémoires de Guerre le Général décrit les circonstances qui ont entouré l’Appel.

« La première chose à faire était de hisser les couleurs. La radio s’offrait pour cela. Dès l’après-midi du 17 juin, j’exposai mes intentions à M. Winston Churchill. Naufragé de la désolation sur les rivages de l’Angleterre qu’aurais-je pu faire sans son concours ? Il me le donna tout de suite et mit, pour commencer, la B.B.C. à ma disposition. Nous convînmes que je l’utiliserais lorsque le gouvernement Pétain aurait demandé l’armistice. Or, dans la soirée même, on apprit qu’il l’avait fait. Le lendemain, à 18 heures, je lus au micro le texte que l’on connaît. »

Texte de l’appel du 18 juin

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l’ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limites l’immense industrie des Etats-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.

Demain, comme aujourd’hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

L’appel du 22 juin

Il n’y a pas eu d’enregistrement (audio ou vidéo) de l’Appel du 18 juin 1940 contrairement à celui du 22 juin 1940 avec lequel on le confond souvent :

TEXTE DE L’APPEL du 22 JUIN 1940

Le gouvernement français, après avoir demandé l’armistice, connaît, maintenant, les conditions dictées par l’ennemi.

Il résulte de ces conditions que les forces françaises de terre, de mer et de l’air seraient entièrement démobilisées, que nos armes seraient livrées, que le territoire français serait totalement occupé et que le gouvernement français tomberait sous la dépendance de l’Allemagne et de l’Italie.

On peut donc dire que cet armistice serait non seulement une capitulation mais encore un asservissement.

Or, beaucoup de Français n’acceptent pas la capitulation ni la servitude pour des raisons qui s’appellent l’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la patrie.

Je dis l’honneur, car la France s’est engagée à ne déposer les armes que d’accord avec ses alliés.

Tant que ses alliés continuent la guerre, son gouvernement n’a pas le droit de se rendre à l’ennemi.

Le gouvernement polonais, le gouvernement norvégien, le gouvernement hollandais, le gouvernement belge, le gouvernement luxembourgeois, quoique chassés de leur territoire, ont compris ainsi leur devoir.

Je dis le bon sens, car il est absurde de considérer la lutte comme perdue.

Oui, nous avons subi une grande défaite.

Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l’esprit d’abandon du gouvernement pendant ces derniers combats nous ont fait perdre la bataille de France.

Mais il nous reste un vaste empire, une flotte intacte, beaucoup d’or.

Il nous reste des alliés dont les ressources sont immenses, et qui dominent les mers.

Il nous reste les gigantesques possibilités de l’industrie américaine.

Les mêmes conditions de la guerre qui nous ont fait battre par cinq mille avions et six mille chars peuvent nous donner, demain, la victoire par vingt mille chars et vingt mille avions.

Je dis l’intérêt supérieur de la patrie car cette guerre n’est pas une guerre franco-allemande, qu’une bataille puisse décider.

Cette guerre est une guerre mondiale.

Nul ne peut prévoir si les peuples qui sont neutres, aujourd’hui, le resteront demain.

Même les alliés de l’Allemagne resteront-ils toujours ses alliés ?

Si les forces de la liberté triomphent finalement de celles de la servitude, quel serait le destin d’une France qui se serait soumise à l’ennemi ?

L’honneur, le bon sens, l’intérêt supérieur de la patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat là où ils seront et comme ils pourront.

Il est, par conséquent, nécessaire de grouper partout où cela se peut une force française aussi grande que possible.

Tout ce qui peut être réuni en fait d’éléments militaires français et de capacité française de production d’armement doit être organisé partout où il y en a.

Moi, général De Gaulle, j’entreprends ici, en Angleterre, cette tâche nationale.

J’invite tous les militaires français des armées de terre, de mer et de l’air, j’invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir, à se réunir à moi. J’invite les chefs, les soldats, les marins, les aviateurs des forces françaises de terre, de mer, de l’air, où qu’ils se trouvent actuellement, à se mettre en rapport avec moi. J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre.

Vive la France libre dans l’honneur et dans l’indépendance !

Manuscrit de l’appel du 18 juin

Le manuscrit authentique de l’appel du 18 juin est composé de 4 feuillets. Ils sont la propriété de l’amiral Philippe de Gaulle (© amiral Philippe de Gaulle / Bridgeman Giraudon)

 

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Commentaire recommandé

Gévaudan // 18.06.2020 à 14h45

Merci pour ce magnifique témoignage et les documents essentiels qui lui font suite.

Par son appel du 18 juin, et par tous ceux qui l’ont suivi, le général de Gaulle, nourri de culture classique, reprend à son compte et développe le principe de Périclès, cité par Thucydide: «Citoyens, il faut choisir, se reposer ou être libre.» Nous sommes bien ici au centre de la question de la souveraineté !

Un autre discours, prononcé le 18, s’il est moins connu, devrait nous retenir. Il est prononcé par un autre acteur de l’Histoire, lui aussi nourri de culture classique, Winston Churchill, devant la Chambre des Communes. Comme Périclès et de Gaulle, Churchill a choisi de ne pas se reposer: (à suivre)

24 réactions et commentaires

  • LBSSO // 18.06.2020 à 07h04

    Déjà règnait le « en même temps »

    On « cesse les combats » et simultanément Pétain demande dans sa déclaration aux allemands quelles conditions pourraient mettre fin « aux hostilités ».Cherchez l’ erreur.
    Hiller habilement laissera mariner quelques temps le maréchal.

      +3

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  • Anouchka // 18.06.2020 à 08h59

    Anne Beaumanoir. On en a pas beaucoup entendu parler. Un parcours exemplaire pourtant. Elle a échappé aux griffes de la Gestapo pendant toute la guerre mais elle sera finalement capturée par la police française pour menées (anti-nationales) pro-algérienne… Quel symbole.
    Oui, bon d’accord, la prison en France, c’était pas Dachau – d’ailleurs elle s’en est échappé assez rapidement. Mais cela en dit long sur la cécité de notre société par rapport au sens à donner à la résistance aux nazisme, élément fondateur pourtant, en apparence (en apparence seulement) de l’ordre mondial depuis 45.

      +7

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  • LibEgaFra // 18.06.2020 à 09h49

    « Elle note aussi qu’il y a encore beaucoup à faire pour que tous les points du CNR soient tous respectés,  »

    C’est le contraire qui est en train de se produire: un démantèlement systématique du programme du CNR sous l’impulsion de Macron et de ses commanditaires.

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    • Véro // 18.06.2020 à 19h36

      Il faut par ailleurs souligner la réécriture de l’histoire. Macron s’approprie le CNR, les jours heureux. Il y a fait explicitement référence. Cynisme sans borne.
      Avant il fallait justifier des choix politiques. Maintenant il suffit d’affirmer. La réforme des retraites c’est pour la justice sociale. Mais bien sûr…

        +4

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  • fanfan // 18.06.2020 à 10h28
    • Anouchka // 18.06.2020 à 11h39

      Qui a dit « il faut défaire méthodiquement le programme du CNR (…) et le gouvernement s’y emploie »?

        +2

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      • fanfan // 18.06.2020 à 12h06

        Denis Kessler dans la revue Challenges le 4 octobre 2007 : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.
        Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…
        A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance…
        https://la-bibliotheque-resistante.org/mes_textes/deconstruction_cnr_kessler.pdf

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  • Gévaudan // 18.06.2020 à 14h45

    Merci pour ce magnifique témoignage et les documents essentiels qui lui font suite.

    Par son appel du 18 juin, et par tous ceux qui l’ont suivi, le général de Gaulle, nourri de culture classique, reprend à son compte et développe le principe de Périclès, cité par Thucydide: «Citoyens, il faut choisir, se reposer ou être libre.» Nous sommes bien ici au centre de la question de la souveraineté !

    Un autre discours, prononcé le 18, s’il est moins connu, devrait nous retenir. Il est prononcé par un autre acteur de l’Histoire, lui aussi nourri de culture classique, Winston Churchill, devant la Chambre des Communes. Comme Périclès et de Gaulle, Churchill a choisi de ne pas se reposer: (à suivre)

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    • Gévaudan // 18.06.2020 à 14h46

      Suite, extrait du discours de Churchill:

       »(…) Ce que que le général Weygand a appelé la bataille de France est terminé. Je suppose que la bataille d’Angleterre est sur le point de commencer. De cette bataille dépend la survie de la civilisation chrétienne. Notre existence britannique en dépend, ainsi que la longue continuité de nos institutions et de notre Empire. Toute la fureur, toute la puissance de l’ennemi va bientôt se déchaîner contre nous. Hitler sait qu’il devra nous briser sur cette île ou qu’il perdra la guerre. Si nous parvenons à lui résister, toute l’Europe pourra être libre, et la vie du monde progresser vers de hautes et vastes terres baignées de soleil. Mais si nous échouons, alors le monde entier, y compris les États-Unis, y compris tout ce que nous avons connu et aimé, sombrera dans les abîmes d’un nouvel âge des ténèbres rendu encore plus sinistre, et peut-être plus durable, par les lumières d’une science pervertie. Aussi, préparons nous à accomplir notre devoir et à nous conduire de telle sorte que, si l’Empire britannique et son Commonwealth durent mille ans, les hommes diront encore: « Ce fut leur plus belle heure. »

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      • Anouchka // 18.06.2020 à 18h23

        Intéressant de noter qu’aux yeux de Churchill, la victoire de l’Allemagne nazie rés présentait le triomphe de la science, une science « pervertie ».

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        • marées // 20.06.2020 à 00h02

          Il y a un livre sur cet aspect, rarement abordé : « Le Modernisme réactionnaire
          Haine de la raison et culte de la technologie aux sources du nazisme », de Jeffrey Herf.

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      • Ando // 18.06.2020 à 22h26

        Révélateur surtout d’un ego passablement boursoufle. Heu, non, la défaite de la Grande Bretagne n’aurait pas signifie la fin du monde chrétien, la victoire de l’Allemagne ou les États-Unis versés dans les poubelles de l’histoire. Une déclaration tout compte fait vaguement amusante quand le recul du temps permet de mieux saisir le poids réel du RU dans la victoire sur l’Allemagne, léger et certainement pas determinant.

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        • Anouchka // 19.06.2020 à 08h13

          Vous auriez préféré que le RU baisse les bras et s’allie à Hitler comme le souhaitait le clan hostile à Churchill ?!
          L’Allemagne alliée avec les anglo-saxons aurait constitué un adversaire bien redoutable pour l’Union soviétique. Nul doute que l’issue de la guerre aurait été toute autre…
          Je comprends, en lisant votre commentaire, comment certains, avec soi-disant les meilleures intentions du monde, en arrivent à trouver normal qu’on s’attaque à certaines statues. .. et que d’autres, trop contents, jettent de l’huile sur le feu…

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          • Ando // 20.06.2020 à 08h47

            Vous foncez tête baissée dans l’énoncé d’une opinion. J’écris simplement que l’histoire a montré que le rôle de la GB dans la destruction du nazisme en Europe à été peu determinant pour le moins. 2 ou 3% des pertes alliées au combat ? Un petit peu plus ?

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    • Greg // 19.06.2020 à 01h20

      Et George Orwell de dire :

      La meilleure façon de terminer une guerre, c’est de la perdre.

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  • Ando // 18.06.2020 à 22h31

    L’histoire est une récréation perpétuelle. Personne ne sait exactement qui a pu entendre cet appel quand il fut déclame depuis Londres. Une poignée de citadins ? 5 ou 10% des adultes du pays?. Davantage ? On n’en sait rien.

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  • antoniob // 19.06.2020 à 06h17

    personne pour noter que De Gaulle se tire d’office une balle dans le pied en requérant l’aide des Etats-Unis?

    par ailleurs il n’a aucun impact en 1940, personne ne le suit hormis une poignée d’intellectuels, à savoir que sur le terrain il n’y a pas de soulèvement populaire.

    De Gaulle a simplement servi d’excuse après-guerre, de faire-valoir symbolique, pour aligner ipso-facto le pays dans le camp des vainqueurs.
    Dans ses mémoires, Raymond Aron, qui avait suivi les gaullistes à Londres, résumait limpidement comment Churchill avait utilisé De Gaulle, en le promouvant auprès des américains, afin de posséder un rempart contre les communistes, réels vainqueurs de la guerre. De Gaulle tombait à point: il permettait à la lâcheté généralisée française de se construire une conscience factice, et aux anglo-américains de marionnette à peu près docile malgré des humeurs secondaires.

    La suite, c’est une tradition des régimes français successifs à imprimer des manuels d’histoire à l’attention des écoles et collègues, dans lesquels une belle légende dorée de la France comme résistante, vainqueur de la guerre et grande puissance. Et voilà comment on intoxique des générations.

    Le pire est que la fable de la grande puissance, les gouvernements et élites eux-mêmes semblent y croire sans recul.

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    • Anouchka // 19.06.2020 à 08h03

      Ah! parce que vous pensez que sans De Gaulle la France s’en serait mieux tirée ?
      La résistance intérieure se serait déchirée entre communistes et non communistes comme ce fut le cas en Yougoslavie et de toute façon il n’y avait pas, que je sache, de personnage comparable à Tito parmi les résistants communistes français.
      À moins que vous pensiez que quelqu’un comme Giraud aurait mieux défendu les intérêts de la France après-guerre ?

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      • Gévaudan // 19.06.2020 à 08h31

        Anouchka, on le voit. Ce qui est stupéfiant, 80 ans après, c’est la persistance de l’état d’esprit pétainiste. Mais au fond, cela n’explique-t-il pas qu’une majorité (de votants) ait promu un Macron, prototype du haut-fonctionnaire entièrement fasciné par l’ordre allemand, et sa bande de branquignols prêts, en bons centristes, à tous les abandons ?

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      • antoniob // 19.06.2020 à 21h44

        > vous pensez que sans De Gaulle la France s’en serait mieux tirée ?

        je ne pense rien. Les élites françaises étaient en 1940 pétainistes, la preuve par l’absence de soulèvement, aucune faction n’a essayé de démettre les pétainistes, il n’y a pas eu de rébellions. La France c’est les français. En 1940 l’électrogramme est plat.
        Comparer avec deux autres pays laminés militairement: Pologne, Norvège. Pour ne pas s’incliner sous les fourches caudines allemandes leurs gouvernements s’exilent à Londres et donc la souveraineté formelle est assurée. Parallèlement, des guérillas sont mises en place.

        y aurait-il eu une autre solution? sans soulèvement important au sein de la population , non.
        Bref, De Gaulle ou pas la France devenait un pays d’opérette.

        les parisiens ont-ils pris d’assaut le Vel d’Hiv lorsque la police y a parqué les juifs? les parisiens ont-ils menés une guérilla contre l’occupant comme la résistance intérieure polonaise à Varsovie?
        Si une colonne sous commandement français des troupes débarquées par les américains en Normandie et qui fonçaient vers Berlin n’avait pas été expédié sur Paris, la ville serait encore occupée, vu le niveau de « résistance » des parisiens.

        et dans son appel De Gaulle met en avant comme raisons d’espoir, l’industrie américaine et l’empire britannique. Quid de la France intrinsèquement en tant que telle?

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    • 78 ans // 19.06.2020 à 12h04

      « … il n’a aucun impact en 1940, personne ne le suit hormis une poignée d’intellectuels, à savoir que sur le terrain il n’y a pas de soulèvement populaire »?

      ***

      Voilà bien qui prouve au mieux que de Gaulle et son appel furent alors exceptionnellement précieux pour la France, et ce jusqu’à la victoire finale des Soviétiques hissant leur drapeau au cœur même de Berlin en ruines.

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  • 78 ans // 19.06.2020 à 11h39

    France.

    Comme aujourd’hui, débâcle et effondrement.

    Mais il y avait, il y eut de Gaulle.

    Aujourd’hui, il n’y a pas. Seulement, uniquement… ÇA!

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  • hub // 20.06.2020 à 09h49

    Bof degaulle fut mon héros mais …. il ne l’est plus . faut se réveiller dans la vie . Dormez sept heures pas 24 .

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