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24.juillet.201924.7.2019 // Les Crises

Les docteurs Folamours de Washington. Par Stephen F.Cohen

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Source : The Nation, Stephen F. Cohen,

Plonger la Russie dans les ténèbres, est-ce vraiment une bonne idée ?

Des manifestants brandissent leurs pancartes devant la Maison Blanche en juillet 2018. (Cal Sport Media via AP Images)

De temps en temps un article révélateur et très inquiétant passe quasiment inaperçu, alors même qu’il est publié en une du New York Times. Tel fut le cas avec celui de David E.Sanger et Nicole Perlroth portant le très « Folamourien » titre « Les États-Unis installent des mines numériques pour menacer le réseau électrique russe » paru dans l’édition papier du 16 juin. Cet article faisait deux révélations.

Tout d’abord, selon Sanger et Perlroth, avec mes raccourcis dûment soulignés, « les États-Unis intensifient les incursions numériques dans le réseau électrique russe… les partisans d’une stratégie plus agressive affirment que c’était prévu depuis un moment… ». L’opération « comporte des risques significatifs d’escalade de la guerre froide numérique entre Washington et Moscou ». Bien qu’elle ait été enclenchée depuis au moins 2012 « la stratégie américaine s’oriente davantage vers l’offensive… avec l’installation de programmes malveillants potentiellement paralysants au cœur du système russe et cela d’une manière agressive jamais atteinte auparavant ». A ce stade le New York Times ajoute une touche orwellienne. Le chef du Cyber commandement américain définit l’attaque sur le réseau russe (qui va tout impacter, de l’alimentation en eau, aux services médicaux, au transport jusqu’au contrôle sur les armes nucléaires) comme « la nécessité d’une défense préventive » car « ils n’ont pas peur de nous ».

A aucun moment Sanger et Perlroth ne semblent inquiets quand aux risques implicites induits par cette attaque de « défense préventive » sur les infrastructures de l’autre superpuissance nucléaire. En fait ils se demandent même « s’il serait possible de plonger la Russie dans les ténèbres ». Et vers la fin ils se réfèrent à un avocat américain ancien fonctionnaire sous Obama, dont l’expertise dans le domaine semble peu évidente, afin d’assurer avec optimisme à leurs lecteurs « Il nous faudra peut-être risquer quelques os brisés en réaction… parfois il faut accepter d’avoir le nez en sang pour ne pas se prendre une balle dans la tête plus tard ». Les « os brisés », le « nez en sang » et la « balle » sont bien entendu des références métaphoriques aux conséquences potentielles d’une guerre nucléaire.

La seconde révélation arrive à mi- course de l’article du New York Times : « (le président) Trump n’a été informé d’aucun détail sur les étapes de la mise en place des “implants”… dans le système russe » car « il pourrait tout annuler ou en discuter avec des officiels étrangers ». (De fait, Trump a publié un tweet furieux lorsqu’il a vu l’article du New York Times, laissant néanmoins planer le doute sur ce qui avait précisément suscité sa colère).

Que signifie cette histoire hormis ce qu’elle nous dit des dangers plus sérieux de la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Russie, qui englobe désormais, nous le savons, une « guerre froide numérique » ? particulièrement tendue. Il n’y a pas si longtemps, les libéraux démocrates du courant majoritaire, et le New York Times lui-même, auraient été scandalisés par des révélations indiquant que des fonctionnaires de la défense et des renseignements mettaient en place une politique aussi cruciale sans en référer au président. Il semble que ça ne soit plus le cas. Il n’y a eu aucune protestation, qu’elle vienne des libéraux, des démocrates ou d’autres forces conventionnelles, mais plutôt une défense juridique justifiant l’opération de type défense-renseignement sans que le président en ait connaissance.

Le sens politique de tout cela semble néanmoins assez clair. Les fuites du New York Times et la publication de l’article surviennent au moment de la préparation d’une rencontre prévue entre le président Trump et le président russe Vladimir Poutine lors de la réunion du G-20 au Japon les 28 et 29 juin prochains. Les deux dirigeants ont récemment exprimé l’espoir d’améliorer les relations Russo-américaines. Le 4 mai, Trump a de nouveau publié un tweet faisant état de son souhait de longue date d’une « bonne/grande relation avec la Russie » ; et ce mois-ci Vladimir Poutine regrettait que les relations « ne cessent de se dégrader » mais espérait que lui-même et Donald Trump pourraient sortir leurs pays « des jeux disputés par les services de renseignements ».

Comme je l’ai souvent souligné, la longue lutte pour la détente ou la large coopération Américano-Russe (soviétique et post-soviétique) a comporté de nombreux actes de sabotage des deux côtés, bien que le plus souvent en provenance des agences de renseignement et de défense américaines. Les lecteurs se souviendront peut-être du sommet entre Eisenhower et Khrouchtchev qui devait se tenir à Paris en 1960 mais fut annulé lorsqu’un avion espion américain fut abattu au-dessus de l’Union soviétique, un vol intrusif apparemment non autorisé par le Président Eisenhower. Plus récemment, en 2016, le plan mis en place par le président d’alors, Obama, et par Poutine pour une coopération Américano-Russe en Syrie fut annulé par une attaque orchestrée par le Département de la défense des troupes syriennes soutenues par les Russes.

Aujourd’hui le sabotage de la détente semble de nouveau se répéter. Comme l’article du New York Times l’indique clairement, le parti belliciste de Washington, ou peut-être le fervent parti de la guerre froide, que Sanger et Perlroth qualifient dans un euphémisme de « partisans d’une stratégie plus agressive » est en action. Bien entendu Trump a été contrecarré de façon répétée dans ses précédentes tentatives de détente, essentiellement par les allégations discréditées du Russiagate qui continuent à être soutenues par le parti de la guerre et ce malgré le manque évident de preuves. (On peut aussi rappeler que sa précédente rencontre au sommet avec Poutine fut largement et honteusement considérée comme une « trahison » par des groupes influents du monde politico-médiatique américain de l’establishment.)

La détente avec la Russie a toujours été une quête politique marquée par une farouche opposition et émaillée de crises, mais à l’évidence recherchée dans l’intérêt des États-Unis et du monde. Aucun président américain ne peut la réaliser sans un large soutien des deux partis [démocrate et républicain, NdT], ce dont manque manifestement Trump. Quel genre de catastrophe sera nécessaire (en Ukraine, dans la région balte, en Syrie ou quelque part sur le réseau électrique russe) pour secouer les Démocrates américains et tous ceux atteints par ce qu’on peut appeler, à raison, leur syndrome de dérangement Trumpien, en particulier dans le domaine de la sécurité nationale américaine ? Pendant ce temps le « Bulletin des scientifiques du nucléaire » a récemment réglé l’horloge de l’apocalypse sur deux minutes avant minuit. [L’horloge de la fin du monde ou horloge de l’Apocalypse est une horloge conceptuelle créée peu de temps après le début de la guerre froide et mise à jour depuis 1947 par les directeurs du Bulletin of the Atomic Scientists de l’université de Chicago, sur laquelle minuit représente la fin du monde. NdT]

Stephen F. Cohen est professeur émérite en études et politique russes à la New York University et à Princeton University. Collaborateur à la rédaction de Nation, son nouveau livre « La guerre avec la Russie ? de Poutine et l’Ukraine à Trump et le Russiagate » est disponible en livre de poche et en édition numérique.

Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 19-06-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Fritz // 24.07.2019 à 07h36

En 1999, Philippe Grasset avait publié un livre intitulé : « Le monde malade de l’Amérique ».
Ce titre est excellent. Oui, l’Amérique est profondément malade ; et oui, cette maladie s’est étendue au monde, pas seulement à l’Occident qui est quand même plus malade que le reste du monde. En 1931, Robert Aron et Arnaud Dandieu avaient publié un autre livre, intitulé « Le cancer américain ».

En voici un extrait : « Où peut-on trouver l’Amérique ? Peut-on même fixer ses limites ? […] Inexistence ? Ubiquité ? Comme cette grippe dite espagnole que l’on aurait sans doute grand tort de limiter à l’Espagne […]. L’Amérique n’est plus un pays […]. L’attaquer, en tant que pays, serait mal poser la question […]. L’Amérique, c’est une méthode, une technique, une maladie de l’esprit. Partout où celle-ci sévit, quels que soient l’uniforme des militaires ou les vignettes des timbres-poste, le Yankee a fait école et se retrouve chez lui. L’Amérique, c’est son cancer. » (p. 45).

30 réactions et commentaires

  • Catalina // 24.07.2019 à 07h02

    ” Quel genre de catastrophe sera nécessaire (en Ukraine, dans la région balte, en Syrie ou quelque part sur le réseau électrique russe) pour secouer les Démocrates américains et tous ceux atteints par ce qu’on peut appeler, à raison, leur syndrome de dérangement Trumpien, en particulier dans le domaine de la sécurité nationale américaine ?”
    Je n’ai pas compris, en quoi cela est-il “trumpien” alors même que Trump ignore tout des agissements d’organes comme le pentagone ou la cia qu’il ne contrôle pas ?
    Par ailleurs, si ce n’est pas Trump qui commande aux USA, à quoi serventt donc les élections dans cette “grande démaux-cratie” ? à mettre un pantin en haut pour faire tout ce qu’on ( cia et pentagone) veut ensuite et lui faire porter le chapeau ? Déjà en Syrie, les uns, (cia)attaquaient les autres, (pentagone)par kurdes interposés…Ce pays semble complètement malade !

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    • Fritz // 24.07.2019 à 07h36

      En 1999, Philippe Grasset avait publié un livre intitulé : « Le monde malade de l’Amérique ».
      Ce titre est excellent. Oui, l’Amérique est profondément malade ; et oui, cette maladie s’est étendue au monde, pas seulement à l’Occident qui est quand même plus malade que le reste du monde. En 1931, Robert Aron et Arnaud Dandieu avaient publié un autre livre, intitulé « Le cancer américain ».

      En voici un extrait : « Où peut-on trouver l’Amérique ? Peut-on même fixer ses limites ? […] Inexistence ? Ubiquité ? Comme cette grippe dite espagnole que l’on aurait sans doute grand tort de limiter à l’Espagne […]. L’Amérique n’est plus un pays […]. L’attaquer, en tant que pays, serait mal poser la question […]. L’Amérique, c’est une méthode, une technique, une maladie de l’esprit. Partout où celle-ci sévit, quels que soient l’uniforme des militaires ou les vignettes des timbres-poste, le Yankee a fait école et se retrouve chez lui. L’Amérique, c’est son cancer. » (p. 45).

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    • Sophia // 30.07.2019 à 18h00

      Le “syndrome de dérangement trumpien” fait référence à cette capacité qu’a Trump (sa tête, ses tweets…), à déclencher chez ses détracteurs des réactions de rejet viscéral, ayant pour effet, chez des personnes par ailleurs normalement douées de raison, de court-circuiter leur sens critique, leurs capacités d’analyse, etc.

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  • Kiwixar // 24.07.2019 à 07h58

    L’horloge de l’apocalypse indiquant 2 minutes avant minuit est très trompeuse. Elle donne l’impression qu’on a encore le temps, que tout est sous contrôle, qu’on pourra s’en soucier (ou pas) quand elle sera à 1 minute, ou 30 secondes de minuit.

    Elle ne donne aucune indication que l’aiguille pourrait d’un coup sauter à minuit sur un exercice mal interprêté (exemple en 1983), sur un sous-marin coulé “par accident”, sur une opération sous faux drapeau, sur un problème électrique faisant sauter une ogive là où il ne faut pas, ou même sur une initiative individuelle de soldat (ou de dirigeant) ayant un peu trop abusé de la coke.

    Le sabotage de réseau électrique est un acte de guerre. Combien de gramme de poudre ceux qui décident de tels actes se sont-ils mis dans le nez? Une ogive nucléaire sur Washington devrait soulever un énorme nuage de poudreuse.

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    • Seraphim // 24.07.2019 à 09h14

      L’horloge des Scientifiques du Nucléaire est un hoax, un canular, une tromperie. Il n’y a rien de scientifique dedans. Depuis 1947, cette “horloge” à la précision diabolique ne s’est jamais écartée de minuit de plus de 17mns. Il a donc toujours été “minuit moins pas grand-chose”. Et pour cause, il s’agit d’un militantisme de la terreur et de la paralysie, comme on en connaît d’autres depuis. La grosse majorité des “Scientifiques du nucléaire” ne connaît rien à la dissuasion et quelquefois rien du tout au nucléaire dans son ensemble. Ah oui, ils connaissent une petite fenêtre, la vitesse des particules dans un accélérateur, la loi énergie-masse etc. Ça n’en fait pas des personnes aptes à orienter des stratégies planétaires. Les articles du Bulletin sont souvent médiocres, partisans, sans vision.

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      • RGT // 24.07.2019 à 21h00

        Je vous propose donc, comme vous nous indiquez que le risque de conflit nucléaire est absolument nul, de chevaucher un missile en attendant son lancement qui n’adviendra jamais.

        Comme le personnage de ce film célèbre : https://www.youtube.com/watch?v=snTaSJk0n_Y

        Cordialement,

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        • Séraphim // 24.07.2019 à 22h29

          On ne peut pas dire qu’il n’y ait pas de risque, mais celui-ci ne tient pas au ‘fil’ d’un empilement de techniques qui tiendraient comme un château de cartes, n’attendant que le souffle du loup comme la maison des trois petits cochons. Ça c’est la propagande catastrophiste si employée de nos jours. Ce qui déclenche la guerre, ce n’est pas ”une allumette dans un tas de foin” c’est une intention mûrie (vraie et non déclarative), une longue préparation, une maîtrise des étapes, des alliances, un calendrier etc.
          Mais je comprends que vous soyez fâché. La raison froide est insupportable à la plupart des gens, qui lui préfèrent les romans, les pulsions et les images pour enfants

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          • Ged // 29.07.2019 à 15h58

            J’ai le souvenir que si le colonel en charge des forces stratégiques de l’URSS en 1983 n’avait pas désobéi aux ordres pré-établies, nous serions pas là pour en parler. Il semble qu’il a été le dernier fusible, ironiquement mal-fonctionnant, avant la catastrophe. (cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fausse_alerte_nucl%C3%A9aire_sovi%C3%A9tique_de_1983)

            La guerre nucléaire par accident n’est pas une vue de l’esprit. Elle peut-être même plus probable que la guerre voulue (si le précepte de la dissuasion est vraie).

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  • Fabrice // 24.07.2019 à 08h02

    Si on compte les Etats Unis ont été totalement en paix 17 ans (de mémoire) depuis sa fondation, ce qui uni son peuple ce sont les conflits peu importe ce que cela impliquait dans le monde, alors qu’est ce qui devrait nous étonner dans la préparation de nouveaux ?

    Non ce qui differe c’est que cette fois la situation leur échappe et que les dégâts ne se cantonnent pas à l’Europe ou autre région du monde mais bien d’une manière dantesque sur leur territoire.

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  • HerrHesser // 24.07.2019 à 09h22

    Histoire de prolonger le débat initié par ce billet :

    Un récent article résumant une conférence de Michael Hudson, universitaire très suivi au sein de la dissidence nord-américaine est paru il y a peu, sur le site nakedcapitalism, sous le titre « Michael Hudson: U.S. Economic Warfare and Likely Foreign Defenses ».

    C’est en anglais, c’est plutôt long, mais pose les bases claires de l’état global des USA, de sa stratégie belliciste « hors-limites » (comme disent les Chinois) pour contrer l’émergence d’une multi-polarité accélérant son déclin déjà bien entamé, et des possibles recours des pays agressés par l’Oncle Sam.

    Un article qui mériterait d’être traduit et publié sur Les Crises, à mon humble avis (je serai ravi de contribuer, bien sûr).

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    • James Whitney // 24.07.2019 à 10h14

      Oui, Michael Hudson est l’un des économistes (compatible avec notre Jacques Sapir) le plus estimés du monde. On peut lire par exemple “Killing the Host”, éditeur Islet Verlag (les éditeurs étasuniens n’acceptent pas de le publier). A ma connaissance, il faut le lire en anglais. Plein de choses sur le fonctionnement de l’UE.

      HerrHesser, je serait ravi si Les Crises accepte votre contribution à la traduction.

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  • Patrick // 24.07.2019 à 09h38

    Ce qui est rassurant avec les USA , c’est que toutes leurs manoeuvres à la noix finissent toujours par leur retomber sur la figure et qu’ils finissent toujours par se faire mettre dehors par des mecs en sandales ou en babouches 🙂

    Ce qui est inquiétant c’est qu’ils n’arrivent pas à comprendre le point précédent.

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    • Seraphim // 24.07.2019 à 11h46

      Première partie juste et drôle. Mais ce n’est pas “inquiétant” en tant que tel. Les Américains voient parfaitement ce que nous appellerions un échec. Mais pour eux ça n’en est pas un. Ils l’ont dit officiellement haut et fort à de nombreuses reprises pour l’Irak par exemple. Parce qu’ils n’ont jamais cherché la victoire au sens rationnel du terme. Le chaos leur suffit, le chaos est victoire !

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      • Louis Robert // 24.07.2019 à 12h46

        Le chaos n’est pas victoire mais désastreuse et humiliante défaite de l’Empire, ce dont il est, secrètement, parfaitement conscient, lui qui rêve de retrouver sa «grandeur» passée ( « to make America —i.e. the US of A!— great again »).

        Négativement et à court terme toutefois, ce chaos semble à ses yeux servir les intérêts dudit Empire en ralentissant la mise en place du nouvel ordre mondial multipolaire de tous, par tous, pour tous.

        Faute de mieux donc et désormais incapable de proposer un avenir acceptable et durable à l’humanité, l’Empire se contente donc du chaos… qui ne fait réellement qu’accélérer son inéluctable effondrement.

        Il faut voir sur place ce que sont devenus les États-Unis…

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        • HerrHesser // 24.07.2019 à 13h24

          La création d’un « Etat failli » est la seule victoire possible, effectivement.

          Pour autant, il ne faut pas sous-estimer le concept de destruction créatrice, très en vogue chez les néocons. Ce principe, théorisé par Schumpeter d’un point de vue économique, est transposé sur le front géopolitique et aménagé à la sauce exceptionnaliste US. Ce qui nous donne la Lybie, entre autres (même si le gros de la besogne a été réalisé par des vassaux Otaniens).

          Et dès lors qu’il s’agit (trivialement) de compter les points, on se dit que le bordel peut rapporter gros. Kadhafi n’a pas pu sortir son pays, l’un des plus structurés, éduqués et riches d’Afrique, de l’étreinte mortifère du roi-dollar ; pas plus qu’il n’a réussi à reprendre la main sur son industrie pétrolière. Il aurait sans pu montrer le chemin au reste du continent si l’Occident n’avait pas sonné la fin de récrée, à grand renfort de false flag, de fake news et de bombardements démocratiques…

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          • Louis Robert // 24.07.2019 à 14h53

            Toute destruction n’est pas créatrice.

            L’Empire autodestructeur (USA+UE+OTAN+autres restes anglo-saxons du bout du monde…) ne crée pas, il anéantit, anéantirait la planète tout entière plutôt que de renoncer à la dominer sans partage.

            Sophocle: « Le mal paraît être le bien chez ceux que les dieux mènent à l’autodestruction ».

            Longfellow: « Ceux que les dieux veulent perdre, ils les rendent d’abord fous. » (« Whom the gods would destroy they first make mad »)

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            • HerrHesser // 24.07.2019 à 17h41

              Lorsqu’il anéantit, l’empire US « crée » l’impuissance des pays visés. Une impuissance visant la soumission, puis l’accaparement. Du pouvoir et des ressources.

              Cette technique n’a pas changé depuis la toute première « république bananière », invention US du début du XXe siècle mêlant joyeusement business globalisé et géopolitique.

              Je vous rejoins sur le sophisme hallucinant que représente la théorie de la destruction créatrice appliquée à tout et à n’importe quoi. C’est ni plus ni moins qu’une idée scélérate, une crétinerie chargée de cacher un cynisme échevelé (spéciale dédicace au Donald).

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  • Patrick // 24.07.2019 à 09h50

    D’autres questions à se poser :

    – d’habitude ce genre d’attaque est discrète , on ne va pas claironner que l’on a installé des bouts de logiciel chez l’adversaire, au contraire !! Quel est l’objectif de ce genre de déclaration contre-productive ? Essayer de compromettre toute forme de détente dans les relations USA-Russie ?

    – les Russes ne sont pas stupides , quelquefois un peu naïfs mais pas au point de ne pas se méfier. On peut donc se demander ce qu’ils font contre ( ou avec ? ) les bouts de logiciel en question . Ce serait étonnant qu’ils ne se soient aperçus de rien.

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    • septique // 24.07.2019 à 13h13

      C’est une solution de ce genre qui avait été utilisé par probablement les Israéliens pour saboter la totalité des centrifugeuses iraniennes en introduisant une modification (a distance) dans le code (mémoire ROM) d’une imprimante utilisée par les iraniens…
      Vérifier la véracité et la conformité des logiciels utilisés en production est une opération très compliquée. Ces modifications peuvent rester dormantes pendant aussi longtemps que nécessaire

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Stuxnet#Propagation

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  • scc // 24.07.2019 à 12h01

    Même si la préparation de cyber attaques est une réalité (pas que la préparation d’ailleurs), ce genre de sortie du NYT n’a qu’un seul but : saboter toute émergence d’une volonté de renouer le dialogue.

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  • Bernd Badder // 24.07.2019 à 12h29

    Nan c’est gentil de laisser trainer des backdoors sur des infra critiques.
    Le jours ou un gamin de 15 ans hack ces merdes ; personne ne pourra comprendre d’où est parti le coup et ça va mal finir…

      +2

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  • septique // 24.07.2019 à 13h04

    Un article bonbon pour tous ceux qui passent leur temps a voir les très méchants zaméricains et leurs valets, Otan, Macron, etc, dans leur café ou plutôt dans leur borscht ou dans leur soupe chinoise matinale..C’est le moment de retrouver de vieux documents qui etc…

    C’est évident que les Russes ou les Chinois ne font pas la même chose ce sont des angelots pacifiques…

    De plus la source (?) du New-York Times est comme d’habitude sujette a caution, aucune preuve, à la limite de la manipulation. En manière de guerre électronique ce sont plutôt ce que l’on ne sait pas qui pourrait m’inquiéter (style attaque massive EMP) ou les travaux ultra-secrets (et hors-budget militaire) de la DARPA…

    https://en.wikipedia.org/wiki/Electromagnetic_pulse

      +1

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    • Catalina // 24.07.2019 à 13h45

      Peut-être pas des angelots pacifiques mais ces deux pays ne sont pas agresseurs et ils sont multi séculaires, si ils avaient agressés les autres pays autant que l'”empire”, cela ferait 999 ans qu’ils seraient en guerre, hors, ce n’est pas le cas.
      ;O)
      Et pour ce qui est de la Russie, elle se suffit à elle-même et n’a pas besoin de piller les autres comme le font les usa qui selon vous et leurs mensonges coutumiers sont indépendants sur le plan enérgétique.

        +23

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  • max // 24.07.2019 à 15h23

    Jusqu’à l’épisode Snowden les russes ont été fortement négligeant dans leurs sécurités informatiques ne voulant pas acheter du made in china, ils achetaient tout aux USA (ainsi que les iraniens).
    Depuis les iraniens n’ont plus ce genre de problèmes grâce aux USA et Israéliens qui leurs ont fait faire des pas de géants dans la sécurité informatique.

      +8

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  • tchoo // 25.07.2019 à 05h58

    J’ai du mal à croire que si cette infos est vrai elle est fruitée dans la presse.
    Dès lors à quoi sert-elle?
    Peut-être et sûrement à rendre plus difficile toute tentative de rapprochement entre les 2 pays mais aussi probablement il y a un autre message là dedans

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  • martin // 25.07.2019 à 15h39

    Il n’y a pas plus de nouvelle guerre froide que de beurre en motte. Il est étonnant de constater que Chomsky lui-même ne le voit pas et s’imagine le gant de fer de la puissance militaire US intact dans son pouvoir de terreur. C’est surprenant.
    Car ce qu’on voit venir pour les oligarques US, c’est une fessée Cul-Nu longtemps différée par Moscou, mais dont la nécessité se fait jour. Mais quoi? Imaginons une corvette américaine obligée d’évacuer son équipage sous les yeux de la presse internationale contrainte de diffuser l’information, en raison d’une mise hors-service par des cyber-armes russes. Déni plausible russe et une de CNN. Ce n’est qu’une possibilité parmi tant d’autres.
    Il n’y a pas de guerre froide, car cette fois, les “rouges” désorganisent l’arrière des “bleus” en permanence à des degrés divers selon divers facteurs connus des opératiciens russes, tandis que les bleus ne peuvent que subir sans pouvoir répondre. Pour les russes, la sphère informationnelle connecte tous les “info-secteurs”
    Il n’y a pas de guerre froide car Washington a échoué à produire une armée avancée pour le siècle, tandis que la réforme militaire russe a réussi à le faire.

    La messe est dite.

      +3

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