Source : Russeurope, Jacques Sapir, 04-11-2016

L’Union européenne traverse aujourd’hui crise majeure. Il s’agit d’une crise économique mais aussi d’une crise d’identité. A l’origine de cette crise on trouve l’Euro. La monnaie unique se voulait le couronnement de la construction européenne. En réalité, elle cause son déclin. Elle corrode les fondations économiques et sociales des pays qui l’ont adopté, met à mal la démocratie, suscite, peu à peu, la montée de comportements tyranniques qui produisent, en réaction une vague dite « populiste » sans précédent et sans égal. La monnaie unique cause des dysfonctionnements de plus en plus importants dans les pays qui l’ont choisie. Seule l’Allemagne semble y échapper ; ce n’est pas un hasard. L’Euro a été conçu par et pour l’Allemagne. Permettant une sous-évaluation de la monnaie allemande, l’Euro entraine aussi une surévaluation des monnaies de pays comme la France, l’Italie[1]et l’Espagne[2]. Cela se traduit par l’énorme excédent commercial structurel de l’Allemagne au détriment de ses voisins, un excédent commercial qui porte en lui la fin de l’Union européenne.

Sources : base de données du FMI (octobre 2016)

Sources : base de données du FMI (octobre 2016)

Sans l’Euro, cet excédent aurait produit une réévaluation de la valeur de la monnaie allemande, tout comme il aurait conduit à la dépréciation de la valeur des autres monnaies par rapport à la monnaie allemande. Or, ceci est impossible du fait de l’Euro. L’Allemagne avait ainsi une balance commerciale déficitaire de -1,4% du PIB en 1999 ; elle se retrouve avec un excédent de plus de 8% en 2015. Surtout, cet excédent ne cesse de s’accroître depuis l’introduction de l’Euro.

Les crises désormais sont permanentes depuis 2010. Elles ont de graves conséquences sociales, directes, comme on le voit avec la montée du chômage, et celui des jeunes dans les pays d’Europe du sud, ou indirectes, comme les politiques budgétaires stupidement restrictives adoptées pour « sauver l’Euro », qui entrainent une chute historique des investissements pesant non seulement sur la croissance mais sur le bien-être des populations. Les crises à répétition entre les pays de l’UE les dressent les uns contre les autres, et menacent la coopération européenne comme jamais auparavant. L’Euro constitue un défi et un danger pour l’état d’esprit européen. Le constat est désormais partagé par de nombreux économistes. Qu’il s’agisse de Lord Mervyn King, l’ancien gouverneur de la Bank of England ou Banque centrale du Royaume-Uni, qui vient de publier un livre[3] où il étrille l’Euro, de plusieurs prix Nobel, dont Joseph Stiglitz[4], ou d’un livre co-écrit par plusieurs économistes[5] – tous pensent de même. Ils ne sont pas les seuls. Des politiques de premier plan, comme Oskar Lafontaine (ex dirigeant du SPD et fondateur du parti Die Linke[6]), Stefano Fassina, ancien ministre du gouvernement de centre-gauche en Italie[7], ont joint leur voix aux critiques. Ces critiques sont le versant policé de la montée des mouvements populistes dans les différents pays européens, que ce soit le Mouvement 5 étoiles en Italie, PODEMOS en Espagne, le Front National en France, ou des mouvements similaires au Pays-Bas et même en Allemagne (avec AfD). Et cela nous mène à une question évidente: pourquoi donc l’Euro a-t-il été mis en place ?

1. L’histoire de l’Euro

Le projet est ancien. La réflexion sur une monnaie unique européenne date de la fin des années 1960 avec le rapport Werner[8]. Les obstacles étaient, eux aussi et déjà, bien connus. En 1977, le président de la Commission européenne de l’époque, le Britannique Roy Jenkins, proposa la création d’une monnaie unique pour les pays qui composaient alors la Communauté économique européenne. Mais il liait sa proposition à un budget communautaire dont le montant s’élèverait à 10 % du produit intérieur brut (PIB) des Etats membres. Cette idée était techniquementlogique, mais elle fut politiquement rejetée par la totalité des pays concernés. Elle l’est toujours aujourd’hui, alors que le budget de l’Union européenne ne dépasse pas les 1,25% du PIB. Or, sans budget fédéral, l’Euro ne peut fonctionner. Malgré cette faiblesse, on a institué l’Euro tout en sachant que le budget dédié à son fonctionnement était insuffisant. Cela appelle plusieurs explications.

Depuis la fin des années 1980, et en particulier avec le Traité de Maastricht entré en fonction en 1993 et qui a créé l’Union européenne s’est ainsi affirmé un projet politique : mettre en place des institutions fédérales ou encore supranationales. Or, ces institutions avaient été, et sont toujours, rejetées par les peuples européens à chaque fois que l’on a consenti à leur demander leur avis. Rappelons-nous le projet de Traité Constitutionnel, rejeté par référendum par la France et les Pays-Bas en 2005. Il fallait donc ruser. Les dirigeants européens ont donc consciemmentconstruits des institutions incomplètes, dont l’Euro est le meilleur exemple, en espérant que les crises naissant de cette incomplétude amèneraient les peuples à consentir, dans l’urgence, ce à quoi ils s’étaient refusés de manière raisonnée. Mais, cette ruse a failli. Les crises se sont multipliées, les unes après les autres. Pourtant, aucune n’a pu engendrer ce dépassement fédéral que les pères de l’Euro appelaient de leurs vœux. Le gouvernement français est bien seul, aujourd’hui, à porter le projet fédéral. Même le gouvernement allemand, qui fut longtemps son meilleur allié, se détourne désormais d’une logique politique qui ferait peser sur ses seules épaules le fardeau de la mise en place de ce fédéralisme. Ainsi se contente-t-elle de défendre un statu-quo qui l’avantage à l’évidence.

Nous sommes dans une impasse. Ne pouvant aller au-delà, et n’osant pas retourner en deçà, nous sommes condamnés à la crise. Au-delà, l’Euro détruit lentement les vieilles nations au sein desquelles s’était construite et consolidé la démocratie. Avec le traité sur la coopération et la gouvernance, dit aussi TSCG, que François Hollande fit ratifier en septembre 2012, c’est la maîtrise du budget, élément essentiel de notre souveraineté, qui est en passe d’être retiré aux élus de la Nation. Les politiciens organisent ainsi leur propre impuissance pour fuir leurs responsabilités. On réaffirme alors un dogme : « l’Euro protège ». Mais, de quoi, et comment, cela n’est jamais dit, et pour cause… « L’Euro favorise la croissance » est un autre point du crédo, que démentent pourtant les faits les plus évidents. L’Euro n’est pas – et ne peut pas être – un objet économique. Il n’est même pas un objet politique. Il est devenu un fantasme, celui qui dévoile en réalité ce grand désir de nombreux responsables et dirigeants politiques de se fondre dans une masse indifférenciée pour échapper à leurs responsabilités.

La « bonne nouvelle » des économistes et l’imposture

Il faut donc revenir sur les origines de l’Euro. Il nous fut présenté comme une terre de grandes promesses : mais elle s’est depuis, transformé en celle du grand mensonge. Tels les trois mages des évangiles, trois principales contributions, celles de Robert Mundell, de R. McKinnon et de Peter Kennen, sont venues porter la « bonne nouvelle ». Pourtant, des études récentes montrent le contraire.

La théorie des zones monétaires optimales (ou ZMO) a été énoncée par l’économiste Robert Mundell en 1961[9]. Elle entend fonder les raisons théoriques de l’existence de zones où il serait avantageux d’avoir une seule et même monnaie. Deux ans plus tard, c’est Allan Robert McKinnon qui apporta sa pierre à l’édifice[10]. Il explique que plus l’ouverture d’une économie sur l’extérieur est importante, plus l’importance du taux de change s’en trouve réduite. L’intérêt d’un ajustement par le taux de change devenait faible. Quant à Peter Kennen[11], il montrait que, si l’économie d’un pays était diversifiée, cette diversification réduisait l’ampleur de ce que les économistes appellent des « chocs exogènes », et permettait à ce pays d’être lié à d’autres par un taux de change fixe. De ces travaux, on pouvait donc déduire qu’un pays avait intérêt à se lier à d’autres par une monnaie unique sous réserve que le capital et le travail soient parfaitement flexibles, qu’il soit très ouvert sur le commerce international et que son économie soit largement diversifiée. Certains économistes avaient déduit des mouvements monétaires extrêmement importants qui s’étaient produits de 1975 à 1990 que la sensibilité des exportations (et des importations) au prix de ces produits était faible dans l’économie moderne. S’était alors développée l’idée que le commerce international se jouait essentiellement sur la qualité des produits. De même on a prétendu démontrer que des pays tireraient des avantages économiques importants d’une monnaie unique. Cette dernière était censée engendrer une augmentation très forte des flux commerciaux entre les pays de la zone monétaire ce que prétendait démontrer Andrew K. Rose[12]. Une littérature extrêmement favorable aux unions monétaires se développa, décrivant les monnaies nationales comme des « obstacles » au commerce international[13] et à l’augmentation de la production et des échanges potentiels[14]. L’union monétaire européenne allait créer les conditions de réussite de la « Zone Monétaire Optimal[15] », dans un mouvement qui semblait devoir être endogène[16].

Il y eut les déclarations imprudentes de divers hommes politiques affirmant que l’Euro allait conduire, de par sa seule existence, à une forte croissance. Jacques Delors et Romano Prodi ont affirmé que l’Euro allait favoriser la croissance européenne de 1% à 1,5% par an et ce pour plusieurs années[17]. Ils furent bien mauvais prophètes.

Le cauchemar de la réalité

Les recherches conduites sur des données plus complètes et plus rigoureuses, ont fortement réduit, voire annulés, les effets positifs de l’union monétaire[18]. La méthode économétrique utilisée était défectueuse[19]. Ces modèles ne prenaient pas en compte la persistance du commerce international[20]. Ceci devait aboutir à la remise en cause des résultats. Harry Kelejian a repris les diverses estimations des effets d’une union monétaire sur le commerce international des pays membres[21]. Les résultats sont dévastateurs. L’impact de l’Union économique et monétaire est estimé à une croissance du commerce de 4,7% à 6,3%, soit très loin des estimations les plus pessimistes des travaux antérieurs qui plaçaient ces effets à 20%, et ceci sans même évoquer les premières analyses de Rose qui les situaient entre 200% et 300%. En dix ans, on a réduit l’effet de 10 à 1 (de 200% à 20%[22]), puis une nouvelle réduction a ramené ces effets à une moyenne de 5% (un facteur de 4 à 1)[23]. Les effets positifs ont donc été largement surestimés, à l’évidence pour des raisons politiques.

On avait aussi avancé l’idée que l’Union monétaire et financière réduirait les risques des à-coups de la conjoncture économique[24], soit le risk-sharing devenu aujourd’hui l’un des arguments des défenseurs de l’Euro[25], régulièrement convoqué pour expliquer que l’Euro « protège ». Mais, le risk-sharing, quand il peut être mesuré, est bien plus le fait de mécanismes budgétaires que de l’unification d’un marché monétaire et financier[26]. Dans le cas de notre zone, il n’est pas évident que l’on ait un quelconque effet de cette sorte[27]. Sur ce point aussi, il est clair que les partisans de l’Euro ont menti. Or, si l’effet, sur le commerce international produit par une zone monétaire est faible, il faut en déduire qu’inversement l’effet des prix (ce que l’on appelle la « compétitivité coût ») est nettement plus important que ce qu’en dit le discours dominant[28]. Ceci redonne toute son importance aux dévaluations pour restaurer la compétitivité de certains pays.

La réévaluation des effets positifs des dépréciations monétaires

L’impact du taux de change sur les balances commerciales était connu. La rapidité du « rebond » de la Russie en 1999 et 2000 en particulier[29], a été l’un des principaux arguments allant dans ce sens. Les économistes du FMI ont réalisé une étude assez systématique sur une cinquantaine de pays[30]. Ils ne trouvent aucun signe de la fameuse « déconnexion » tant citée entre les flux du commerce international et les taux de change. L’étude montre qu’en moyenne, pour une dépréciation du taux de change de 10%, on obtient un gain de 1,5% du PIB. L’Euro fut donc vendu aux populations (et aux électeurs) sur la base de mensonges répétés, mensonges enrobés dans un discours se donnant pour scientifique, mais qui ne l’était nullement. Il y a donc eu manipulation, non pas tant des économistes que des politiques qui se sont servis de leurs travaux. Il s’est construit ce qu’il faut bien appeler un mensonge. L’Euro ne pouvait avoir de bases démocratiques.

2. L’Euro et l’Europe

Les méfaits de l’Euro se sont donc faits sentir dans l’Union européenne. Pourtant, cette dernière est loin d’être convertie dans sa totalité à l’Euro. Plusieurs pays, et non des moindres, tels la Grande-Bretagne, la Hongrie, la Pologne ou la Suède, ont refusé – et refusent toujours – de rejoindre la zone Euro. Force est de constater qu’ils ne s’en portent pas plus mal, loin de là. L’Euro mine l’Union. La crise de l’Euro a paralysée l’UE depuis 2010, et l’a entraînée dans toujours plus d’austérité, suscitant alors une vigoureuse remise en cause de la part des électeurs. Les succès électoraux des partis eurosceptiques, que l’on qualifie de « populistes », en témoignent.

L’Euro et la faible croissance de l’économie européenne

On peut comparer les taux de croissance annuel entre une sélection des 9 pays les plus importants de la zone et le reste des pays développés. L’écart du taux de croissance moyen est, par an, d’environ 1% entre les pays de la zone Euro et les autres pays. Pourtant, ces pays ont connue eux aussi leur lot de problèmes, qu’il s’agisse des États-Unis ou du Royaume-Uni.

L’écart est encore plus spectaculaire si on le compare aux résultats de la Suède, pays européen qui a justement refusé d’adhérer à l‘Euro, ou au Canada. On mesure ainsi les effets délétères de l’Euro sur la croissance. La crise de la zone Euro a aggravé ce freinage. L’Euro a freiné la sortie de crise, voire a aggravé cette dernière dans de nombreux pays. La crise de 2007-2010 a été plus facilement surmontée dans les pays qui n’avaient pas l’Euro que dans ceux qui l’avaient. L’Euro n’a donc nullement « protégé » les pays de la zone. Si l’on prend en compte le PIB par habitant, meilleur indicateur de la richesse réelle d’une population, un seul pays a vu son PIB par habitant s’accroître de manière conséquente par rapport à 1999, c’est l’Allemagne. C’est d’ailleurs le seul pays de la zone où le PIB par habitant se soit accru après la crise financière, de 2008 à 2015. De fait, l’Allemagne est le seul pays de la zone à avoir des chiffres de croissance comparables à ceux des pays ne faisant pas partie de l’Euro, comme le Canada, le Royaume-Uni, la Suède, ou les États-Unis.

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Source : base de donnée du FMI

Source : base de donnée du FMI

La chute est importante pour les autres comme dans le cas de la Grèce (-3,2% par an depuis 2008). Elle est significative pour la Finlande, l’Espagne, l’Italie et le Portugal. Si l’on retirait l’Allemagne de l’échantillon on verrait que le bilan de la zone Euro est encore plus négatif.

La chute des investissements, elle aussi spectaculaire, compromet le développement de l’économie pour les prochaines années et annonce l’équivalent d’une décennie perdue pour les pays de la zone Euro. L’investissement s’est contracté dans la plupart des pays considérés. La chute, faible en ce qui concerne l’investissement global, est significative pour l’investissement par habitant. Cela se traduit par le non-renouvellement du stock de capital par personne. Le contraste est alors saisissant avec les pays ne faisant pas partie de la zone Euro.

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Les seuls pays qui échappent à cette tendance sont la Belgique, la Finlande et la France. Cette contraction est importante en Italie et en Espagne, et catastrophique au Portugal et en Grèce. Ces derniers pays ont le même niveau d’investissement que celui qui était le leur au milieu des années 1980. La partie du continent européen qui vit sous le joug de l’Euro a donc vu le capital fixe par habitant stagner depuis 1999. Or, ce dernier est constitué de choses concrètes, comme des logements, des infrastructures, des routes, des ponts, des voies de chemin de fer ou des aéroports, des systèmes d’adduction d’eau, des systèmes de communication, mais aussi un capital plus directement productif, composé de machines, de bâtiment pour loger ces machines, et ainsi de suite.

C’est bien pourquoi la stagnation de cet investissement par habitant, voire sa diminution, présente une telle menace pour le niveau de vie futur des populations européennes. A contrario, les pays qui ne sont pas dans l’Euro, la Suède, le Royaume-Uni, pour n’évoquer que les pays européens, le Canada et les États-Unis pour l’Amérique du Nord, ont continué à accroître le capital par habitant.

Source : Base de données du FMI

Source : Base de données du FMI

L’Euro et la perte de confiance de l’Europe

On ne peut donc faire fonctionner la monnaie unique sans provoquer une catastrophe en Europe, et au-delà dans l’économie mondiale. L’impact des politiques d’austérité qui n’ont été mises en œuvre que pour « sauver » l’Euro dépasse ainsi de loin les frontières de l’Europe[31]. Cet impact est catastrophique dans le domaine du chômage. Il se concentre sur l’Europe du Sud, où il frappe den priorité les jeunes et fait sentir ses effets dans la démotivation, voire le désespoir, des nouvelles générations, en Grèce, en Espagne et en Italie. C’est alors un capital immatériel que l’Euro détruit, dans ses effets sur la confiance en soi de millions de jeunes et dans les ravages sociaux que cette perte de confiance engendre.

On comprend alors la frilosité des populations européennes face aux réfugiés du Moyen-Orient. Il faut être aveugle pour ne pas voir que ce qui s’exprime dans cette frilosité c’est l’angoisse du lendemain pour des millions et des millions de gens, la destruction de la confiance, la perte de l’idée de l’avenir. De 1945 à 1950, les pays européens eurent à gérer un problème de réfugiés bien plus important que celui d’aujourd’hui. Mais, on avait confiance en l’avenir. Dans les difficultés, pourtant immenses, de la reconstruction de l’après-guerre, les populations sentaient confusément que la situation s’améliorait mois après mois. C’est pourquoi on a su trouver de la place à ces réfugiés. On mesure alors ce que l’Euro coûte aux populations européennes, que ce soit directement – pour les pays membres de la zone Euro – ou que ce soit indirectement pour les autres pays. Parce que l’Euro a été mis en place dans le cœur historique de l’Europe, sa crise affecte naturellement l’Europe toute entière.

L’impossibilité du fédéralisme

La crise grecque, un pays qui représente moins de 3% du PIB de la Zone Euro, est ainsi devenue majeure. Les fondements mêmes de l’UE ont été durablement ébranlés et déconsidérés. La crise des banques italiennes, venant après celle des banques espagnoles et avant celle des banques allemandes, est une nouvelle cause constante d’inquiétude pour les marchés financiers. Ici encore, les institutions de règlement de ces crises, ce que l’on appelle l’union bancaire, qui avaient été mises en place en 2012, n’ont pas fonctionné. Ces crises devront être réglées dans un cadre national. Bien entendu, les moyens existent. Mais, à chaque fois, c’est la zone Euro qui se défait un peu plus.

Car la cause réelle de ces diverses crises n’est pas l’endettement de la Grèce, les mauvaises dettes accumulées dans les banques italiennes, ou les opérations douteuses réalisées sur les marchés financiers par les banques allemandes : c’est le fonctionnement de la zone Euro. Il dresse les peuples les uns contre les autres et ranime les pires des souvenirs de l’histoire européenne. Si l’UE et l’Europe sont deux choses différentes, aujourd’hui, ce qui se joue à Bruxelles n’est plus seulement l’avenir de la Grèce ou de l’Euro, c’est l’existence même de l’Union européenne et l’avenir de l’Europe.

Si, dans des pays fédéraux comme l’Inde, l’Allemagne ou les États-Unis une même monnaie fonctionne en dépit des divergences, parfois extrêmes, qui existent entre les territoires composant ces pays c’est avant tout parce qu’existent des flux de transfert importants. Ceci n’a pu être mis en place au sein de la zone Euro, en raison de l’opposition de nombreux pays mais, par dessus tout, en raison de l’opposition totale de l’Allemagne. Beaucoup de ceux qui écrivent en faveur de l’Euro se lamentent alors sur ce qu’ils appellent « l’égoïsme allemand[32] ». Ils ne prennent jamais la peine de mesurer ce que coûterait à l’Allemagne le financement de ces flux de transfert. Le calcul a été présenté[33]. Il s’évaluait alors autour de 260 milliards d’euros par an, sur une période de dix ans, et ce uniquement pour aider les 4 pays du « Sud » que sont l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Grèce. Sur cette somme, on peut penser qu’environ 90% serait fourni par l’Allemagne. On aboutit alors à un prélèvement sur la richesse produite en Allemagne compris entre 8% et 9% du PIB. Une autre source estimait même ce prélèvement à 12%[34]. Or, imposer un tel prélèvement à l’Allemagne détruirait son économie. La question n’est donc pas que l’Allemagne ne veuille pas mais qu’elle ne peut pas supporter de tels prélèvements.

Le glissement vers la tyrannie

Confrontés à l’impossibilité de mettre en place une union de transfert, les gouvernements de la zone Euro ont cru trouver leur salut dans une combinaison de cures d’austérité dont les effets récessifs ont fragilisé les économies, et d’une politique monétaire expansionniste menée par la Banque centrale européenne. Mais, cette politique monétaire n’a pas résolu le problème et elle est aujourd’hui au bout de ses possibilités. Cela revient à soigner une pneumonie avec de l’aspirine, médicament qui certes permet à la fièvre de baisser, mais ne soigne pas.

L’Allemagne est aujourd’hui, et plus que jamais, opposée à une union de transferts. Elle a réussi à imposer sa propre logique de gestion grâce aux divers « pactes » de solidarité qui ont été signés depuis 2011[35]. C’est ce que l’on appelle le « six pack », qui a été consolidé dans le TSCG signé en 2012[36], et qui est entré en vigueur le 1er janvier 2013. Ces traités ne font que renforcer les mécanismes d’austérité qui enserrent les économies européennes. Mais, surtout, ils tendent à imposer un cadre disciplinaire au-dessus de la souveraineté des peuples. C’est dans ses comportements que se joue le tournant progressif de l’Union européenne vers une tyrannie[37]. L’Euro a entraîné les économies des pays membres de la zone dans une logique de divergence de plus en plus forte qui conduit à des plans d’austérité de plus en plus violent. Ces plans exaspèrent les populations et dressent celles des pays ayant moins de problèmes contre celles des pays qui en souffrent le plus. Loin d’être un facteur d’unité et de solidarité, l’Euro entraîne le déchaînement des égoïsmes des uns et des autres et la montée des tensions politiques.

3. Sortir de l’Euro

Les dangers de l’Euro sont donc évidents et reconnus tant par des hommes politiques que par des dizaines d’économistes français et étrangers. La liste ne fait d’ailleurs que s’allonger[38], et compterait désormais plus de 175 noms. L’objectif de mettre fin à la monnaie unique, que ce soit dans la cadre d’une dissolution concertée ou que ce soit par une sortie unilatérale, devient désormais prioritaire si l’on veut sauver l’Union européenne. De la même manière que la sortie de la crise des années 1929-1932 impliqua la fin du Bloc-or, la sortie de la crise qui dure maintenant depuis près de dix ans en Europe, implique que l’on mette fin à l’Euro. Le débat sur une sortie, ou sur dissolution, suscite pourtant un certain nombre de questions récurrentes.

Mettre fin à la monnaie unique : un impératif

Une dépréciation de l’Euro pourrait-elle remplacer la dissolution de la zone Euro ? Cette thèse a été avancée de 2010 à 2014 quand le taux de change de l’Euro face aux autres monnaies était très élevé. En réalité, les tenants de cette thèse ont tendance à oublier :

  1. Dans un processus de dépréciation de l’Euro, la parité implicite de chaque pays de la zone entre eux n’est pas modifiée. Or, le problème réside dans les différences de situation à l’intérieur de la zone[39]. Un Euro déprécié avantage l’Allemagne bien d’avantage que les autres pays, si les taux des changes intérieurs à la zone restent constants, à leur niveau fixé en 1999. C’est le rapport entre les monnaies au sein de la zone qu’il faudrait pouvoir modifier pour tenir compte des différences entre les gains de productivité et les taux d’inflation entre chaque pays. Mais, cela, techniquement, exige en réalité que l’on mette fin à l’Euro.
  2. Le fait que tous les pays n’ont pas le même degré d’intégration dans la zone Euro. La France est aujourd’hui l’un des moins intégrés, alors que le taux d’intégration de l’Espagne ou de l’Italie est nettement plus élevé. Dans une dépréciation de l’Euro, la France gagnerait ainsi nettement plus que ses deux voisins du Sud. Soutenir l’idée de la dépréciation de l’Euro par rapport au Dollar, c’est en un sens vouloir la mort des pays du Sud de la zone.

La zone Euro fonctionne comme un système de parités rigides, équivalent du Bloc-or du début des années 1930, et ce sans la possibilité de dévaluer cette parité. Les économistes connaissent bien les inconvénients d’un tel système. Il empêche les ajustements naturels qu’il faut réaliser car les pays ont des trajectoires de gains de productivité et d’inflation qui sont très différentes. Ce système rigide fut l’une des causes de la grande dépression qui suivit la crise de 1929, et ce jusqu’à ce que les pays, les uns après les autres, se mettent à déprécier leurs monnaies, sortant du Bloc-or. L’Allemagne et le Royaume-Uni, en particulier, avaient initialement tenté de mettre en place des politiques de « dévaluations internes » pour maintenir la parité-or de leurs monnaies. Mais la « dévaluation interne » n’est autre que ce que l’on appelait, dans les années 1930, une politique de déflation[40], comme celle qui fut pratiquée par Ramsay Macdonald en Grande-Bretagne, Pierre Laval en France ou le chancelier Heinrich Brünning en Allemagne[41]. Les résultats en furent dramatiques. Compte tenu de la présence de rigidités nominales différentes suivant les prix[42], et du fait que les coûts financiers sont constants en valeur nominale, ces politiques se sont toutestraduites par des désastres sociaux Et économiques. Cette politique est aujourd’hui largement responsable de la hausse du taux de chômage dans les différentes économies du «Sud de la zone Euro. De fait, il n’y a pas d’alternative à ces politiques d’austérité tant que l’on restera dans la zone Euro.

Une sortie de la zone Euro entraînera-t-elle une catastrophe ?

A entendre ceux qui condamnent toute sortie de l’Euro, nous serions menacés d’une terrible catastrophe économique. Ce discours cherche à provoquer une réaction de peur et non une réflexion raisonnée, et raisonnable, sur ce sujet. Que des personnes en soient réduites à ce type d’argument dit bien à quel point on est entré dans le domaine du religieux dès que l’on évoque une sortie de l’Euro. L’un des arguments est qu’une disparition de la monnaie unique entraînant une dépréciation de la monnaie provoquerait une explosion de l’endettement de la France avec des conséquences désastreuses. L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, s’est illustré en France dans la défense de cet argument qui est l’un des plus mensongers.

Il faut rappeler ici l’état du problème. En droit international ce qui compte n’est pas la nationalité du prêteur mais la nationalité des contrats. Quand une dette, publique ou privée, a été émise en droit français, sa monnaie de règlement est la monnaie ayant cours légal en France, quel que soit cette monnaie (Euro ou Franc, ou Lire, ou Pesetas). Ce principe porte un nom, la Lex Monetae[43]. Pour le cas de la France, la dette publique, les contrats émis en droit français représentent 97% de la dette en 2013. La dette des ménages, elle, est à plus de 98,5% en contrats en droit français. L’endettement des ménages resterait donc inchangé. Pour les entreprises non financières, le problème de la nature du droit ne se pose que pour celles, en général les grands groupes du CAC-40, qui ont emprunté en Dollar, en Livre ou en Yen (voire en Yuan). Mais, ces grands groupes réalisent aussi une large partie de leur chiffre d’affaires hors de France, et dans ces monnaies. La hausse de leur endettement serait couverte par la hausse de leur chiffre d’affaires en monnaie autre que le Franc. Pour les sociétés financières (banques et assurances), une étude de la Banque des règlements internationaux (BRI) de Bâle montre que le système bancaire français peut parfaitement digérer ce choc, dont le montant agrégé ne dépasserait pas les 5 milliards d’Euros. Quant aux assurances, elles ont massivement réorienté leurs actifs vers la France. Si une aide de l’État est nécessaire, elle devrait être limitée.

Une sortie de l’Euro impliquerait un changement global de la politique monétaire et financière de TOUS les états concernés. L’une des caractéristiques les plus importantes de ce changement serait le retour à une situation de réglementations de la finance, ce que l’on appelle la « répression monétaire ». Or, cette dernière eut un impact très positif, que ce soit sur la production ou sur l’investissement, quand elle fut pratiquée après la seconde guerre mondiale[44].

Les avantages d’une dissolution de l’Euro

Les avantages d’une dissolution de l’Euro seraient très importants pour la France comme pour l’Italie, l’Espagne, la Grèce et le Portugal. Cette dissolution, ou une sortie unilatérale provoquant rapidement l’explosion définitive de la zone, rendrait aux différentes monnaies la possibilité de s’ajuster, que ce soit à la baisse ou à la hausse. On sait qu’une dépréciation a des effets positifs sur l’économie, comme le montrent les études réalisées ces dernières années, et en particulier celles Fonds Monétaire International. En particulier, la compétitivité prix reste largement dominante dans le cas des produits fabriqués en France. La France retrouverait donc la compétitivité qu’il a perdue depuis l’engagement dans la logique de l’Euro, c’est à dire depuis en réalité le début des années 1990.

Une dépréciation des monnaies dans les pays en difficultés, combinée avec une réévaluation du Deutsche Mark, entraînerait une forte croissance pendant une période de 3 à 5 ans qui se traduirait par des créations d’emplois importantes. Cette croissance dégagerait les ressources budgétaires et fiscales qui sont nécessaires à la réalisation de véritables réformes structurelles. La forte baisse du chômage entraînerait un équilibre (voire un solde positif) de l’assurance-chômage. En fait, la meilleure des réformes structurelles, que ce soit sur la question de l’assurance-chômage ou sur celle des retraites, c’est bien le retour rapide à une forte croissance et une forte baisse du chômage. Loin de s’opposer, la dépréciation monétaire est le meilleur moyen de réaliser ces réformes structurelles. Les dépréciations monétaires ne s’annuleraient pas les unes par rapport aux autres. Il est certain que le du Deutsche Mark s’apprécierait fortement, par rapport à la Lire italienne à la Pesetas espagnole et au Franc français. Cette situation se révèle favorable tant pour la France que pours les divers pays du « Sud » de la zone Euro. L’excédent commercial « monstrueux » de l’Allemagne, qui détruit les économies européennes, disparaitrait du fait de l’écart entre les taux de change du Franc, de la Lire et de la Pesetas avec le Deutsche Mark. Cet excédent serait pour partie recyclé dans un excédent français et pour partie au profit de l’Italie, de l’Espagne et de la Grèce et du Portugal.. Ceci a été testé[45], et l’on peut montrer que des dépréciations monétaires engendrent une forte croissance non seulement pour la France, mais aussi pour l’ensemble de l’Europe du sud.

La fin de l’Euro est-elle la fin de l’Union européenne ?

Certains, après avoir reconnu et admis que l’Euro était une mauvaise chose pour la France mais aussi pour l’UE, prétendent qu’en sortir entraînerait automatiquement la fin de l’Union européenne. Pourtant, y a des pays, et des pays importants, qui font partie de l’UE et pas de la zone Euro : la Grande-Bretagne (bien que sa sortie soit proche), la Pologne, la Suède. Par ailleurs, l’UE a existé bien avant que ne soit créé l’Euro. Il est donc faux de dire qu’un éclatement de la zone monétaire conduirait à un éclatement automatique de l’UE. C’est l’existence de l’Euro qui compromet aujourd’hui l’UE et qui la rend, dans tous les pays, massivement impopulaire. C’est au nom de l’Euro que l’on a imposé des politiques d’austérités qui sont meurtrières (que l’on pense à la montée des suicides et des pathologies associées) aux pays de l’Europe du sud. C’est l’Euro qui, par ses effets négatifs sur la croissance, fait que, aujourd’hui, l’UE est une zone de stagnation économique tant par rapport à l’Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) que par rapport à la zone Asie-Pacifique. C’est l’Euro, du fait de la crise qu’il provoque à l’intérieur de certains pays, qui menace la stabilité politique et l’intégrité de ces derniers. C’est pourquoi les économistes du European Solidarity Manifesto[46] appellent à mettre fin à l’Euro avant que ce dernier n’ait tué l’Europe.

Il ne faut cependant pas se voiler la face. L’Euro a contaminé l’Union européenne. Il sera inévitable qu’à la suite de la dissolution de l’Euro on remette à plat un certain nombre de problèmes, et d’institution. Mais, l’UE n’est pas l’Europe. L’UE peut disparaître, le besoin d’une coopération entre pays européens se maintiendra.

 

Notes

[1] Bagnai A., « Italy’s decline and the balance-of-payments constrainte : a multicountry analysis » in International Review of Applied Economics, n°20, 2016, pp. 1-26.

[2] IMF, 2016 External Sector Report, 18 juillet 2016, Washington, International Monetary Fund, Washington, D.C.

[3] King, Mervyn A., The End Of Alchemy: Money, Banking And The Future Of The Global Economy, Londres, Little, Brown (à paraître)

[4] Stiglitz Joseph E., The Euro: And its Threat to the Future of Europe, New Yok, Allen Lane, 31 mai 2016, (à paraître)

[5] Coll. L’Euro est-il mort ?, Paris, Editions du Rocher, 2016.

[6] La déclaration se trouve dans le journal Neues Deutschland: http://www.neues-deutschland.de/artikel/820333.wirbrauchen-wieder-ein-europaeisches-waehrungssystem.html ainsi que sur le blog d’Oskar Lafontaine : http://www.oskar-lafontaine.de/linkswirkt/details/f/1/t/wir-brauchen-wieder-ein-europaeischeswaehrungssystem/

[7] Fassina S., « For an alliance of national liberation fronts », article publié sur le blog de Yanis Varoufakis par Stefano Fassina, membre du

Parlement (PD), le 27 juillet 2015, http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/27/foran-alliance-of-national-liberation-fronts-by-stefano-fassina-mp/

[8] Aris M. et N. M. Healey, « The European Monetary System », in N. M. Healey, The Economics of the New Europe, Londres-New York, Routledge, 1995, p. 45-67

[9] Mundell R., « A theory of optimum currency areas », in The American Economic Review, vol. 51, n°5,‎ 1961, pp. 657-665.

[10] McKinnon R.I., « Optimum Currency Area » in The American Economic Review, Vol. 53, No. 4, 1963, pp. 717-725

[11] Kenen, P.B., “The Theory of Optimum Currency Areas: An Eclectic View, ” in Mundell R.A. et A.K. Swoboda (edits) Monetary Problems of the International Economy, Chicago, Ill., Chicago University Press, 1969.

[12] Rose, A.K., « One money, one market: the effect of common currencies on trade », Economic Policy Vol. 30, 2000, pp.7-45 et Rose, Andrew K., “Currency unions and trade: the effect is large,” Economic Policy, Vol. 33, 2001, 449-461.

[13] Rose, A.K., Wincoop, E. van, « National money as a barrier to international trade: the real case for currency union », American Economic Review, Vol. 91, n°2/2001, pp. 386-390.

[14] De Grauwe, P., Economics of Monetary Union, New York: Oxford University Press, 2003. Frankel, J.A., Rose A.K., « An estimate of the effect of currency unions on trade and output », Quarterly Journal of Economics, Vol. 108, 2002, n°441, pp. 1009-25.

[15] Laurentjoye T., La théorie des zones monétaires optimales à l’épreuve de la crise de la zone euro, Formation « Économie des Institutions », EHESS, Paris, septembre 2013.

[16] Frankel, J.A., Rose A.K., « The endogeneity of the optimum currency area criteria », Economic Journal, Vol.108, 449, 1998, pp.1009-1025. De Grauwe, P. Mongelli, F.P., «Endogeneities of optimum currency areas. What brings countries sharing a single currency closer together? », Working Paper Series, 468, European Central Bank, Francfort, 2005.

[17] Sapir J., Faut-il sortir de l’Euro ?, Le Seuil, Paris, 2012.

[18] Bun, M., Klaasen, F., « The euro effect on trade is not as large as commonly thought», Oxford bulletin of economics and statistics, Vol. 69, 2007, pp. 473-496. Berger, H., Nitsch, V., « Zooming out: the trade effect of the euro in historical perspective », Journal of International money and nance, Vol. 27 (8), 2008, pp. 1244-1260.

[19] Persson T., « Currency Unions and Trade : How Large is the Treatment Effect ? » in Economic Policy, n°33, 2001, pp. 435-448 ; Nitsch V., « Honey, I Shrunk the Currency Union Effect on Trade », World Economy, Vol. 25, n° 4, 2002, pp. 457-474.

[20] Greenaway, D., Kneller, R., « Firm hetrogeneity, exporting and foreign direct investment », Economic Journal, 117, 2007, pp.134-161.

[21] Kelejian, H. & al., « In the neighbourhood : the trade effects of the euro in a spatial framework », Bank of Greece Working Papers, 136, 2011

[22] Du travail initial de A.K. Rose datant de 2000 mais réalisé en fait entre 1997 et 1999 « One money, one market: the effect of common currencies on trade », Economic Policy 30,op.cit., au travail de R. Glick et A.K. Rose, datant de 2002, « Does a Currency Union Affects Trade ? The Time Series Evidence », op. cit..

[23] Bun, M., Klaasen, F., « The euro effect on trade is not as large as commonly thought», Oxford bulletin of economics and statistics, op.cit., estiment l’effet « positif » de l’UEM à 3%, ce qui le met largement dans l’intervalle d’erreurs de ce genre d’estimations.

[24] Artis M. et M. Hoffman, « Declining Home Bias and the Increase in the International Risk Sharing: Lessons from European Integration » , CEPR discussion Papers, 6617, 2007 ; Afonso A. et D. Furceri, « EMU enlargement, stabilization costs and insurance mechanisms », in Journal of International Money and Finance , vol. 27, 2008, pp. 169-187 ;

[25] European Commission, (2007), «Focus: cross-border risk sharing: has it increased in the euro area? », Quaterly report on the euro area, n°3, Bruxelles.

[26] Clévenot M et V. Duwicquet (2011), « Partage du risque interrégional. Une étude des canaux budgétaires et financiers aux États-Unis et en Europe », in Revue de l’OFCE 2011/4 (n° 119), p. 5-33.

[27] Duwicquet V. et J. Mazier, (2011), «Financial integration and macroeconomic adjustment in a Monetary Union », in Journal of Post Keynesian Economics, hiver 2011.

[28] C’est le sens d’une note rédigée par P. Artus, « C’est la compétitivité-coût qui devient la variable essentielle », Flash-Économie, Natixis, n°596, 30 août 2013.

[29] Sapir J., « The Russian Economy: From Rebound to Rebuilding », in Post-Soviet Affairs, vol. 17, n°1, (janvier-mars 2001), pp. 1-22.

[30] Leigh, D, W Lian, M Poplawski-Ribeiro et V Tsyrennikov (2015), “Exchange rates and trade flows: disconnected?”, Chapitre 3 in World Economic Outlook, IMF, Octobre 2015.

[31] Bibow J. et A. Terzi, edits. Euroland and the World Economy, Palgrave MacMillan, New York, 2007.

[32] Voir Michel Aglietta, Zone Euro : éclatement ou fédération, Michalon, Paris, 2012.

[33] Voir Sapir J., « Le coût du fédéralisme dans la zone Euro », note publiée sur le carnet RussEurope, 10 novembre 2012, http://russeurope.hypotheses.org/453

[34] Patrick Artus, « La solidarité avec les autres pays de la zone euro est-elle incompatible avec la stratégie fondamentale de l’Allemagne : rester compétitive au niveau mondial ? La réponse est oui », NATIXIS, Flash-Économie, n°508, 17 juillet 2012.

[35] Déclaration des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro du 25 mars 2010 (http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/ec/113564.pdf ); Traité instituant le mécanisme européen de stabilité, 11 juillet 2011, http://www.eurozone.europa.eu/media/582863/06-tesm2.fr12.pdf

[36] Voir « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire », http://www.senat.fr/cra/s20121011/s20121011_mono.html

[37] Sapir J., « La zone Euro : du cadre disciplinaire à la ‘démocrannie’ », in Coll., L’Euro est il mort ?, op.cit., pp. 111-124.

[38] On peut consulter l’état de 2014 de cette liste à l’adresse suivante : https://blogs.mediapart.fr/brigitte-pascall/blog/210414/liste-des-economistes-favorables-une-sortie-de-leuro

[39] IMF, 2016 External Sector Report, 18 juillet 2016, op.cit..

[40] Goodhart C. et B. Hofmann (2004), « Deflation, credit and asset prices », In Burdekin R. C. K. & P. L. Siklos, (eds.), Deflation – Current and Historical Perspectives, Cambridge University Press, Cambridge, 2004.

[41] Eschenburg, T. (1972), « The Role of the Personality in the Crisis of the Weimar Republic: Hindenburg, Brüning, Groener, Schleicher », in Holborn H., Republic to Reich The Making of the Nazi Revolution, New York: Pantheon Books, pp. 3–50.

[42] Greenwald B.C. et J.E. Stiglitz, (1989), “Toward a Theory of Rigidities” in American Economic Review, vol. 79, n°2, 1989, Papers and Proceedings, pp. 364-369. J.E. Stiglitz, (1989), “Toward a general Theory of Wage and Price Rigidities and Economic Fluctuations” in American Economic Review, vol. 79, 1989, Papers and Proceedings, pp. 75-80

[43] Garner, B. A. (2001). A Dictionary of Modern Legal Usage, Oxford University Press, p. 526.

[44] Reinhart C. et K. Rogoff, Financial and Sovereign Debt Crises: Some Lessons Learned and Those Forgotten, IMF/FMI Working paper, Washington DC, 2013.

[45] Sapir J., Les scénarii de dissolution de l’Euro, (avec P. Murer et C. Durand), Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013.

[46] http://www.european-solidarity.eu/

Source : Russeurope, Jacques Sapir, 04-11-2016

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47 réponses à L’Euro contre l’Europe, par Jacques Sapir

Commentaires recommandés

Fritz Le 17 janvier 2017 à 07h16

Le graphique de comparaison entre la croissance des pays de la zone Euro et cinq autres pays de l’OCDE, comme la Suède, est éloquent, de même que le tableau comparant l’investissement : on devrait les enseigner au collège et au lycée.

A bas l’Union européenne ! A bas le IVe Reich !

  1. Pierre Le 17 janvier 2017 à 01h01
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    C’est toujours un grand plaisir de lire les analyses de Jacques Sapir

    Il en parle de l euro ici : https://youtu.be/NJcbMgwf708


  2. Dom Le 17 janvier 2017 à 01h10
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    d’après dsk la parité qu’il a appliqué en tant que ministre avec l’euro, c’est : “six cent soixante six c’est les deux tiers de 10”
    (source docu sur dsk il y a une semaine sur france 2 ou 3)
    mathématiquement, c’est faux ; seulement, c’est surprenant que dsk tienne publiquement à rapprocher la parité du franc avec 666, un chiffre symbolique lourd de sens. Savait-il que cette parité engendrerait le chaos ? S’amuse-t-il à nous narguer ?


    • BEOTIEN Le 17 janvier 2017 à 03h45
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      Ahahhh le diable se cache décidément dans les détails ! ?


  3. BEOTIEN Le 17 janvier 2017 à 03h42
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    Certes, certes… mais, quid des taux et donc de la flambée du coût du service de la dette une fois que ni euro ni BCE pour bouclier ? Sans compter que “la dette publique, les contrats émis en droit français représentent 97% de la dette en 2013″… en 2013 peut-être, mais aujourd’hui ? D’autres économistes, qui font la même analyse des dommages de l’euro, donnent des chiffres radicalement différents pour justifier la recherche d’autres options que la sortie. Sans compter que, sans être spécialiste de la gestion de la dette, je doute fort que ceux dont c’est la fonction se soient privés de profiter de la baisse des taux pour la renegocier en euros. Émis en droit français ou pas ? Et quand bien même, une fois transcrits en francs… à quel taux (de conversion) ?

    Le désespérant avec la plupart des économistes c’est qu’ils sont comme les politiques ou les religieux. Tous disent des choses justes (celui là plutôt plus que les tenant de la doxa et avec le mérite d’une démonstration autrement plus étayée), mais en occultant ou minimisant soigneusement ce qui ne cadre pas ou invalidé tout ou partie de leur thèse. Ou pire s’en tire par une profession de foi même face à de multiples références passées.

    Le pauvre béotien est bien à la peine ! ?


    • s Le 17 janvier 2017 à 09h08
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      Si on lit Sapir depuis quelques années, on a tendance à le croire lui plutôt que les autres économistes. Ce qu’il avait dit, par exemple, à propos de l’effet des sanctions sur l’économie russe s’est révélé juste, contrairement à beaucoup d’autres économistes.


      • Larousse Le 17 janvier 2017 à 14h19
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        Merci à s de rappeler une évidence : l’euro est un lien – la “solidarité européenne”.
        Dans le cas des sanctions européennes contre la Russie c’est clair : du négatif et du positif. Qui est le plus perdant ?
        Mais aussi il faut voir en détail : qui d’entre l’Allemagne et la France a le plus perdu ?
        Sapir devrait étudier cela avec son équipe.
        Je mets tout cela en relation avec la réaction jugée “simpliste” “provocatrice” par nos journalistes “mainstream” sur les propos de Donald Trump qui a estimé que l’UE était avant tout une structure au service de l’Allemagne (de ses ambitions) –
        ps. que votre site traduise en entier son interview . Merci d’avance !!!
        http://www.lefigaro.fr/international/2017/01/16/01003-20170116ARTFIG00079-donald-trump-tire-a-boulets-rouges-sur-l-union-europeenne.php
        «Quand vous jetez un coup d’œil à l’Europe, vous voyez en réalité l’Allemagne, estime Donald Trump. [L’UE] est en réalité un instrument au service de l’Allemagne. C’est pourquoi je pense que le Royaume-Uni a bien fait d’en sortir.»
        Selon ces journalistes : comment un Américain, aux origines d’ancien émigré allemand, peut-il dire cela???
        Possible que chez quelque Américain il y est un instinct (face à l’Histoire) [Modéré]


    • olympi Le 17 janvier 2017 à 17h31
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      Pour ce qui est du service de la dette, on peut espérer qu’avec la dévaluation du franc l’économie française ira mieux et donc les finances de l’État aussi.

      À quel taux ? et bien c’est simple 1 euro pour 1 franc. Ou même 1 euro pour 10, 15, 100, 10 millions de franc, ça ne change rien, c’est juste une écriture, ce qui importe c’est la décorrélation future des monnaies.

      Pour ce qui est de la gestion de la dette vis-à-vis de ses créanciers, la France n’est pas la Grèce, c’est un pays souverain, elle a la bombe nucléaire, donc elle peut faire ce qu’elle veut. 🙂


  4. Tchoo Le 17 janvier 2017 à 06h36
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    Un des arguments que je lis ici c’est que sortir de l’euro sauverait l’UE. Mais l’UE doit elle être sauver ?? Et pourquoi faire ? Que gagnerait l’Allemagne dans cette sortie. Assurément pas grand chose. DONC sortie gênerale et concertée de l’euro est plus qu’improbable


    • red2 Le 17 janvier 2017 à 08h43
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      “Un des arguments que je lis ici c’est que sortir de l’euro sauverait l’UE.”

      Sortir de l’euro sauverait surtout, la France, l’Italie, la Grèce… Que l’Allemagne assume sa politique mercantiliste et ses excédents en ayant une monnaie forte. Du fait de l’Euro l’Allemagne est un des trous noir de l’économie mondiale et de la demande globale, il faut comprendre que de par sa monnaie gravement sous évaluée, elle triche au moins autant que la Chine et profite indument de la consommation des autres pays pour écouler des produits qu’elle est infichue de consommer chez elle. Dans un capitalisme équilibré offre et demande doivent plus ou moins se compenser, tout comme les balances des payements et commerciales c’est loin d’être le cas pour l’Allemagne…


  5. MILHAU Le 17 janvier 2017 à 07h06
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    L’idéologie actuelle nous conduit à la dilution des nations, or, comme Trump le dit en 3 mots (c’est cela le pragmatisme), chacun des pays européens tient à conserver sa souveraineté. Or, la monnaie n’est que l’instrument…
    Merci pour vos avis.
    JEM


  6. Fritz Le 17 janvier 2017 à 07h16
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    Le graphique de comparaison entre la croissance des pays de la zone Euro et cinq autres pays de l’OCDE, comme la Suède, est éloquent, de même que le tableau comparant l’investissement : on devrait les enseigner au collège et au lycée.

    A bas l’Union européenne ! A bas le IVe Reich !


    • Drouvroy Gilbert Le 17 janvier 2017 à 15h32
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      Avec des taux négatifs tout comme la suisse ou le japon je me pose des questions quand même je me demande qui cela peut bien servir ?! A part soutenir le système économique actuel basé sur le dollar et le pétro-dollar je ne vois pas.


  7. Johann Le 17 janvier 2017 à 08h54
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    Économiquement débutant, je me pose une question : pour rétablir une balance commerciale équilibrée au sein de la zone euro, ne serait-il pas plus simple d’augmenter le “coût du travail” dans les pays excédentaire comme l’Allemagne ? Plutôt que de diminuer les salaires (directs ou indirects) dans les pays du sud de la zone Euro, ne devrait-on pas encourager l’Allemagne à augmenter les siens ?


    • Les-crises Le 17 janvier 2017 à 13h16
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      Oui, mais il faut juste que celui qui gagne la course accepte de ralentir pour se laisser rattraper…


      • black micmac Le 18 janvier 2017 à 23h28
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        @O.B Ne serait-ce pas ça le problème ?

        Que l’on soit dans une compétition où tout le monde veut être devant les autres afin de gagner une course sans fin et mortifere.


    • Olivier77 Le 17 janvier 2017 à 16h02
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      Le coût du travail Germain ou celui de sa sous-traitance honteuse chez ses voisins limitrophes qui équivaut à une concurrence libre et faussée.

      J. Sapir a certainement une bonne idée de son environnement économique mais reste finalement prisonnier de cette religion de croissance. La réforme structurelle n’est plus à ce niveau, elle est vitale d’un point de vue écologique.


      • Micmac Le 17 janvier 2017 à 16h18
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        Je suis bien d’accord qu’il faudrait basculer dans un modèle économique très différent.

        Mais cela ne peut pas se faire sans investissements massifs, donc ça ne peut pas se faire dans une zone économique à monnaie forte, qui, de fait, favorise systématiquement la rente par rapport à l’investissement.

        La décroissance, ou un mode de consommation moins gourmand en énergie, qu’importe le nom qu’on lui donne, ça ne sort pas du chapeau comme ça. Il ne suffit pas que tout le monde se dise “Demain, je vend la bagnole, je fais tout à vélo et je m’inscris dans une AMAP”. Ça ne marche pas comme ça…

        Ça suppose aussi une super imposition des supers riches : les ressources étant limitées, on ne peut plus accepter ni le patrimoine, ni le niveau de consommation de certains.


  8. Raoul Le 17 janvier 2017 à 09h30
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    On reconnaît dans ce texte l’obsession de Jacques Sapir : sortir de l’Euro pour sauver l’UE. Mais c’est un peu vite oublier que celle-ci a été construite sur des bases fondamentalement antidémocratiques et qui ne visaient rien de moins qu’à saper la souveraineté des pays membres.

    Alors, l’analyse de Sapir peut-être pertinente, une sortie de l’Euro n’enlèvera rien aux défauts fondamentaux de l’Union européenne. Mais il paraît de plus en plus clair que pour sauver cette UE, certains sont désormais prêts à sacrifier l’Euro. Et comme la sortie de l’Euro n’est pas possible sans sortie de l’UE, on parle de plus en plus de renégocier les traités… qui ne peuvent être modifiés qu’à l’unanimité. Le piège tendu par les eurocrates se retourne contre eux.

    De fait, tout cela n’est que de la fiction. On préfère se bercer d’illusions que de voir la réalité en face. Seule la sortie de l’UE nous est possible, et ce n’est même pas notre choix, mais celui imposé par les traités.


  9. toub Le 17 janvier 2017 à 09h59
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    le 1er graphe sur l’excédent commercial allemand est sensiblement différent de celui ci, publié sur… les-crises.fr ! Qui croire ? les-crises ou les-crises ? https://www.les-crises.fr/evol-commerce-ext-allemand/


    • Tig Le 17 janvier 2017 à 11h29
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      Il me semble identique au graphique nommé ‘solde commercial de l’Allemagne 1987-2013’ dans l’article vers lequel vous pointez.
      Sapir l’a titré de son côté ‘allemagne. Balance commerciale ‘.
      N’est il pas?


      • toub Le 17 janvier 2017 à 22h45
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        Sur l’autre article, jamais la balance commerciale allemande n’apparaît déficitaire, même si effectivement les courbes sont similaires.


    • Bellérophon Le 17 janvier 2017 à 11h30
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      @toub
      Le graphique de votre lien concerne les années 1950/2013, le graphique ici,-> en gros 1995/2016


  10. Mathieu Le 17 janvier 2017 à 10h07
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    «Le fait que tous les pays n’ont pas le même degré d’intégration dans la zone Euro. La France est aujourd’hui l’un des moins intégrés, […]»

    Bonjour, quelqu’un de plus instruit que moi voudrait-il bien m’expliciter cette phrase ? Je ne savais pas que notre pays était moins «intégré» que les autres, qu’est-il entendu par là ? Merci par avance à la bonne âme.


    • Chris Le 17 janvier 2017 à 16h31
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      Ce que je comprends :
      La France est le pays qui a le plus trainé des pieds pour se lancer dans la course néolibérale globalisante, qui n’a pas encore détruit son filet social, destruction cependant en bonne voie si j’en juge les programmes de Macron, Fillon qui sont une application des GOPé :
      http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/approfondissements/budget-contraintes-europeennes.html


    • LBSSO Le 17 janvier 2017 à 21h04
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      @Mathieu
      la phrase que vous reprenez se situe dans un paragraphe discutant de l’Intérêt d’une dévaluation de l’euro.
      Celle-ci pourrait avoir un intérêt pour la France qui exporte davantage que l’Italie ou l’Espagne hors de la zone euro;
      Moins intégrée signifie donc que son commerce extérieur est moins dépendant des pays de la zone euro que pour d’autres.
      http://www.lemoci.com/wp-content/uploads/2014/11/EF14_70_20141104_Exportations_Madine_et_BK_FR.pdf
      données à croiser, intuitivement je verifierai pour l italie


    • Papagateau Le 17 janvier 2017 à 21h21
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      Pour moi, il faut comprendre : la France a, comparativement aux autres pays européens, une forte part de son commerce extérieur avec des PAYS EXTERIEURS à la la zone Euro. Et par conséquent moins avec les pays de l’UE = moins d’intégration à l’Europe.

      Parmi tout ces pays extérieurs, il y a d’une part la francophonie (la langue favorise) , et d’autre part des produits spécifiques : aviation, armement , … et le luxe, selon la règle que plus ça vient de loin, et plus c’est chic.
      Les pays du golf apprécient. La Chine et l’Extrême-Orient aussi.


      • NC Le 20 janvier 2017 à 02h00
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        Vous avez bien compris, mais c’est faux !

        Pour s’en convaincre, voir le doc des douanes (page 7) :
        http://lekiosque.finances.gouv.fr/fichiers/etudes/thematiques/a2015.pdf

        Exportations en 2015 :
        FR -> UE = 446 123M€
        FR -> Zone Euro = 239 391M€
        FR -> Reste du monde = 182 385M€

        Donc, grosso modo, 2/3 des exportations FR se font avec l’Europe.

        Sortir de l’Euro, c’est aussi renouer avec une industrie de moyenne gamme,
        celle qui est maintenant en concurrence avec les pays à bas coût et la Chine.

        Ca ne marchera pas ! (sauf à renoncer à l’OMC…)
        La seule solution pour s’en sortir honorablement, c’est de monter en gamme (exactement ce que font les allemands depuis des années, justement à cause des ré-évaluations successives du mark), d’investir dans l’intelligence (formations, recherches), dans des outils qui donne au Pays le plus flexibilités possibles pour que les agents économiques puissent s’adapter rapidement, etc…

        Je suis effaré par les commentaires anti UE.
        Pour eux, nous sommes dans un remake de la politique des années 20.
        Donc, passons aux années 30!
        Pour finir comme en 40 ?

        Sans moi!


  11. red2 Le 17 janvier 2017 à 10h50
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    Dans les candidats jouant la gagne à cette élection Mélenchon est celui qui est le plus clair sur sa volonté de remettre en cause l’UE (avec peut être le FN mais nous n’avons pas encore leur programme pour 2017 et vu la diversité des positions dans ce parti, attendons de voir…).

    Moi je trouve que pour une candidature de gauche, avec l’historique qui va avec, arriver à écrire :

    “Le plan A c’est la sortie concertée des traités européens par l’abandon des règles existante pour tout les pays qui le souhaite et la négociation d’autres règles.Le plan B c’est la sortie des traités européens unilatérale par la France pour proposer d’autre coopération. L’UE on la change ou on la quitte.”

    c’est quand même sacrement plus clair que ce que ce ne fut par le passé. Et il faut voir aussi ce qui est proposé comme refondation : protectionnisme, dette, contrôle des mouvement de capitaux… (A valider bien sur par referendum si accord il y a) Venant de la gauche, c’est des avancées géantes par rapports a ce qui se disait il y a encore 5 ans lors des dernières élections présidentielles. Cette sortie du cadre rend pour moi le programme réaliste, contrairement a celui d’il y à 5 ans.

    Après c’est sur que si on voit toujours le dixième de vide dans le verre…


  12. SanKuKai Le 17 janvier 2017 à 11h10
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    Pour mes amis Eurolatres qui glorifient les vertues de l’Allemagne, je simplifie le raisonnement au maximum:
    “L’Allemagne est un pays exportateur majoritairement dans les pays de l’UE.
    En achetant Allemand, les pays importateurs de la zone Euro envoient donc leurs euros en Allemagne.
    Dans une zone monétaire normale cet excédent est redistribué illico et sans frais (Ex: l’ile de France paye pour le Limousin) mais pas en zone Euro (ou en tout cas pas assez).”

    Les amis Eurolatres dont je parle sont des gens vraiment intelligents. Ce raisonnement, c’est de la mécanique, de la technique comme ils aiment, il n’y a même pas de politique dedans et Ils ne le contredisent pas. Pourtant ça ne suffit pas à leur faire renier l’Euro.
    C’est pratiquement de l’ordre du religieux, je ne sais plus quoi essayer.


    • K Le 17 janvier 2017 à 12h28
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      Tout à fait.
      Comme le fait remarquer Todd, la chute des croyances collectives (Eglise, PC, appétence pour l’avenir, progrès social, etc) a propulsé la construction européenne au rang de dernière utopie vivante. Danc ces conditions, l’hypothèse de la sortie de l’Euro ou de l’UE est vue par beaucoup comme un blasphème. L’UE, c’est leur patrie. Proposer de quitter l’UE, c’est de leur point de vue aussi choquant que si on leur proposait de dissoudre la France.


    • NC Le 20 janvier 2017 à 02h05
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      Vous avez raison : le budget de l’UE est bientôt faible et trop centré sur quelques politiques d’interventions (PAC essentiellement).

      Il y a quand même une grande nouveauté depuis qques années :
      la BCE déverse 80 Milliards d’Euro par mois dans la zone Euro.

      La redistribution se fait via les taux d’intérêt, donc par la valeur de la monnaie.
      En ce moment, elle ne vaut pas grand chose.
      Les épargnants allemands en savent quelque chose : la plupart des banques dans ce pays appliquent des taux d’intérêt négatifs (certes faibles et pour des dépôts élevés).


  13. Dominique Le 17 janvier 2017 à 11h20
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    « Mais, l’UE n’est pas l’Europe »

    Enfin, il l’a dit ! Si tout le monde voulait bien le comprendre, on avancerait.


  14. gilles Le 17 janvier 2017 à 12h06
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    QUELQUES CITATIONS QUI VALENT LEUR PESANT …..D’€!!

    « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde , sur une monnaie unique, la plus forte du monde et sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)- « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)- « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)- « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)- « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)- « On a voulu créer un grand marché avec la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. L’exigence des règles du jeu communes explique que le Conseil des ministres a adopté 280 lois. Mais ce qui était indispensable étant fait, il y aura dans l’avenir moins de lois européennes. » (Jacques Delors, 19 septembre 1992, La Croix)


  15. 4KBlademaster Le 17 janvier 2017 à 14h50
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    Problème du jour : Les épargnants Français (au hasard) ont une épargne majoritairement libellée en Euros (assurance vie notamment), que se passe-t-il pour eux en cas de dévaluation importante de la monnaie ?

    Je pense que vous connaissez la réponse. C’est un autre bout par lequel prendre le problème. Comment expliquer à la population que son épargne ne vaut plus rien? Ah oui pardon, j’oubliais la Loi Sapin 2 (encore lui décidemment).


    • olympi Le 18 janvier 2017 à 09h53
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      « que se passe-t-il pour eux en cas de dévaluation importante de la monnaie ? »
      Pas grand chose, Jacque Sapir l’a déjà expliqué ici http://russeurope.hypotheses.org/5308
      20% de la consommation française provient d’importation, alors un surcout de d’importation de par exemple 10% ça fait 0.1*0.2 ça fait 2% d’inflation… La première année, après l’économie s’adaptera et consommera plus français. Après si vous vouliez vous acheter une belle BMW à 30.000€ faudra débourser effectivement quelque chose comme 10% 20% de plus. Mais, comprenez bien, que si nous sortons de l’euro ce n’est effectivement pas pour favoriser les riches.

      Pour ce qui est de leur épargne en assurance vie euro, bah si leurs assureurs ont bien fait leur travail, l’assurance vie est dispatché intelligemment entre chaque pays suivant leur risque, et donc il y aura une variation interne au porte feuille, mais au final la somme vaudra la même chose.
      N’oublions pas que nous parlons là de la classe moyenne, 40% des français n’a pas d’assurance vie, trop pauvre pour cela.

      Donc s’il vous plais gardez vos peurs pour vous.


      • 4Kblademaster Le 18 janvier 2017 à 10h44
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        Je n’ai aucune épargne, je ne me soucis guère de l’argent. Perdre ce que je n’ai pas ne me fais donc pas peur. Je préfère le vélo à la voiture et n’ai donc pas d’envie particulière d’acheter une berline (ni même des machines outils)!

        J’attirais juste votre attention sur le fait que cela pourrait ruiner un certain nombre d’épargnants et que par conséquent c’est n’est pas une peur parfaitement irrationnelle.
        Personnellement je m’en moque complétement.

        Pour ce qui est des fonds euro ils sont libellés en euros. Je ne vois pas en quoi le principe de diversification du portefeuille joue ici puisqu’il est particulièrement corrélé à la variation de l’indice de référence, j’ai nommé l’euro. A moins de n’avoir que des obligations d’état Allemandes en portefeuille le choc sera brutal.


        • olympi Le 18 janvier 2017 à 14h51
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          Imaginons vous avez une obligation d’état allemande, une obligation d’état française, une obligation d’état italienne de valeur 100€ chacune :
          100€(fr) + 100€(all) + 100 € (itl) = 300€
          On arrête l’euro, et on passe aux francs, marks et lires, ça nous fait le lendemain :
          100FF + 100DM + 100ITL= 100FF + 100DM * 1FF/DM (taux de conversion) + 100ITL * 1FF/ITL = 300FF
          Puis le temps passe les monnaies divergent : le taux de conversion n’est plus de 1 mais de 1.1FF/ITL et de 0.9FF/ITL ça nous donne :
          100FF + 100DM + 100ITL = 100FF + 100DM * 1.1FF/DM + 100ITL * 0.9 FF/ITL= 300FF

          Merveilleux le monde est bien fait, vous êtes toujours aussi riche, bon bien sûr si vous avez tout vos œufs en Italie vous êtes plus pauvres, mais dans ce cas vous n’avez qu’à vous plaindre auprès de votre banquier de sa stupidité.

          Alors oui parler de ruine ou de choque brutal, m’énerve.


      • NC Le 20 janvier 2017 à 02h10
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        Au cas où, je vous conseille quand même de sortir le maximum de cash au cas où ceux qui veulent la sortie de l’euro arrivent au pouvoir.
        Vous pourrez toujours les dépenser en Allemagne et dans le reste de la zone Euro (sans doute l’ancienne zone Mark : Pays-Bas, Belgique, etc…)


  16. Drouvroy Gilbert Le 17 janvier 2017 à 15h25
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    La citation est “le dollar c’est notre monnaie et c’est votre problème” l’euro est une des réponses au problème.

    Ce jour 2017 le Royaume-Uni reprend sa liberté, je lui souhaite de rester uni sinon il explosera tout comme le commonwealth.

    Il sort de l’UE tout comme il est sorti du serpent monétaire (SME) à une autre époque je dirais l’histoire se répète.


  17. Lydia Le 17 janvier 2017 à 15h39
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    Et oui ,”La monnaie unique,mal conçue,a fait
    plus de mal que de bien “J Stieglitz.
    “La monnaie unique a contribué à l’appauvrissement relatif ou absolu d’une bonne partie de l’Europe depuis la crise financière “.J Sapir.
    “La confiance se gagne en gouttes, et se pert en litres “.J P Sartre.Et nul n’est prophète en son pays.Nous voilà dans l’impasse.Comme le démontre F.Bert (Le temps des chefs est revenu).Dans toutes les batailles,le “premier mort,c’est le plan”.Il est peut-être temps de faire preuve de volonté de discernement,battre notre coulpe, et établir un état des lieux,puis remettre notre ouvrage sur le métier.”L’euro a fait son temps et redessiner une autre Europe structurée par des projets et non des contraintes “.J Sapir.Avec l’adhésion des citoyens.


  18. Chris Le 17 janvier 2017 à 16h42
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    A propos du Brexit “dur” et de l’isolationnisme Trumpien.
    les beaux chiffres des exportations allemandes (excédents de 248 milliards d’euros) risquent d’en prendre un coup.
    En 2015, les exportations allemandes vers les Etats-Unis s’élevaient à 114 MD€,
    100 MD€ vers le RU Brexit qui parle aussi de taxer si l’UE n’est pas gentille, alors que les ventes à destination de la Russie ont reculé de 25%.
    Voilà qui devrait donner à réfléchir aux bureaucrates du Politbüro bruxellois, pauvres caniches bientôt relapsés par Washington…


    • Olivier77 Le 18 janvier 2017 à 00h29
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      Faire revenir sur son territoire des entreprises vitales (pas pour l’économie mais simplement pour les besoins courants : robinetterie, papier hygiénique par ex.) n’est pas une mauvaise politique. On a tout misé sur les flux tendus et les gains maximum. Résultat des courses en cas de rupture (crise eco, crise petro), on ne saura pas faire tenir nos civilisations.
      On manque de gens ayant une volonté de vision à long terme.
      Ce qui veut dire qu’un changement politique majeur serait de sanctionner très durement les profits court termistes (au delà de 3% de bénéfices, on vous investissez ou on le prend, ce qui induirait à la disparition de la rémunération du capital).


  19. Pinouille Le 17 janvier 2017 à 16h48
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    La démonstration de Jacques SAPIR est en effet convaincante. Les illustrations sont éloquentes…
    Je regrette toutefois qu’il dresse un tableau uniquement enchanteur de la sortie de l’euro et ne fasse pas mention des risques liés au retour au franc, lire, peseta, etc
    Je ne suis pas économiste, mais il semble tout de même que ces risques existent:
    – augmentation des taux d’emprunt (comme dit précédemment)
    – dévaluation de ces monnaies –> augmentation des coûts d’importation –> baisse du niveau de vie (en tout cas à court terme)
    – réapparition des taux de change à l’intérieur de l’europe –> frein à l’exportation
    – risque accru d’attaque spéculative sur les monnaies
    – autre?


  20. Pinouille Le 17 janvier 2017 à 17h03
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    Comment expliquer que cette situation intenable actuellement pour les pays du sud n’ait pas pu être un temps soit peu perçue lors de la création de l’euro?
    Il est toujours facile de faire des analyses rétrospectives… Mais il semble tout de même très clair qu’en fixant un euro fort sans possibilité d’harmonisation, l’Allemagne creuserait la tombe de ses pays voisins.
    On espérait quoi de différent de ce qui est advenu?

    Et sous cet éclairage, les demandes allemandes de plus d’austérité chez les pays du sud prennent une teinte bien cynique…


  21. Leclerc Le 17 janvier 2017 à 18h28
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    N’étant pas économiste, je me demandais pourquoi la BCE préfère faire du QI à taux zéros pour les banques, (qui elles ne favorisent pas l’investissement dans l’économie réelle, mais préfère utiliser ces liquidités pour spéculer sur les marchés ou le return est plus élevé), plutôt que de financer de grand projets d’investissement dans les pays en difficulté.

    Tant qu’a créer 80 milliards par mois ex nihilo, pourquoi la BCE (ou autre instance à créer) ne financerait-t-elle pas directement des projets même peu rentables, dans le domaine de la transition écologique: par exemple équiper la Grèce de parcs éoliens offshore de façon à créer de l’emploi en Grèce, renflouer le budget de l’état grec indirectement via cette nouvelle activité, et permettre l’autonomie électrique de la Grèce.
    Avantages pour l’UE:
    – Redorer le blason de l’UE aux yeux des peuples en difficulté
    – Aider les économies nationales en difficulté sans pour autant prêter aux états
    – Mettre en chantier l’indispensable transition écologique, car selon moi, c’est le politique qui doit donner l’impulsion (le privé va se contenter de d’extraire d’abord tout le pétrole… court terme d’abord)


  22. pyrrhogaster Le 18 janvier 2017 à 22h32
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    Ce blog a rappelé les promesses mirifiques qui nous avaient été faites lors du vote sur le traité de Maastricht; l’euro devait nous apporter la prospérité , la stabilité et tant de choses encore.

    Alors soyons aussi méfiant quand nous lisons les magnifiques effets d’une sortie de l’euro :

    “Une dépréciation des monnaies dans les pays en difficultés, combinée avec une réévaluation du Deutsche Mark, entraînerait une forte croissance pendant une période de 3 à 5 ans qui se traduirait par des créations d’emplois importantes. Cette croissance dégagerait les ressources budgétaires et fiscales qui sont nécessaires à la réalisation de véritables réformes structurelles. La forte baisse du chômage entraînerait un équilibre (voire un solde positif) de l’assurance-chômage.

    Monsieur Sapir que je suis avec enthousiasme se laisse peut-être aller là à un excès d’optimisme


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