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5.novembre.20155.11.2015 // Les Crises

L’Euro-zone franchit le Rubicon : la gauche anti-austérité se voit interdire le pouvoir au Portugal, par Ambrose Evans-Pritchard

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C’est quand même stupéfiant… Même Poutine ne fait pas ça 😉

EDIT : j’ai vu plusieurs fois en commentaire la phrase de Juncker “Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens”.

Mais elle est assez logique dans la vision des fédéralistes. Car :

  • ou bien, vous n’êtes pas fédéraliste, et cette phrase est scandaleuse, mais dans ce cas, vous arrêtez aussi l’euro and co, car ce sont des instruments fédéralistes ;
  • ou bien vous êtes fédéraliste, et dans ce cas c’est logique, tout comme il ne peut y avoir de choix démocratique de la région d’Alsace contre la politique nationale française (ou le Nebraska sur la politique US). Mais dans ce cas, il faut arrêter les simagrées, et expliquer aux pays que ce sont désormais de simples régions qui n’ont pas leur mot à dire sur ces sujets – c’est la petite difficulté des européistes…

Source : Ambrose Evans-Pritchard, The Telegraph, le 23/10/2015

Une crise constitutionnelle se profile alors que la gauche anti-austérité se voit refuser le droit parlementaire à former un gouvernement que lui donne sa majorité

Le président du Portugal : « Il n’y a pas pire moment pour un changement radical des fondations de notre démocratie. »

Par Ambrose Evans-Pritchard

Le Portugal entre politiquement dans une passe dangereuse. Pour la première fois depuis la création de l’union monétaire européenne, un État membre a explicitement pris le parti d’interdire à des partis eurosceptiques d’occuper le pouvoir, au nom de l’intérêt national.

Anibal Caravaco Silva, président de la république portugaise, a refusé la constitution d’un gouvernement mené par une coalition de gauche, alors que celle-ci a rassemblé une majorité absolue au parlement portugais, et a obtenu mandat pour mettre en pièces la politique d’austérité léguée par la Troïka UE-FMI.

Il a jugé trop risqué de laisser le bloc de gauche ou les communistes s’approcher du pouvoir, répétant que les conservateurs devraient faire bloc en tant que minorité pour contenter Bruxelles et rassurer les marchés financiers étrangers.

La démocratie doit passer après le plus grand impératif que constituent les règles de l’euro et l’appartenance à l’UE.

« En 40 ans de démocratie, aucun gouvernement au Portugal n’a jamais dépendu du soutien de forces anti-européennes, c’est-à-dire de forces ayant fait campagne pour l’abrogation du Traité de Lisbonne, du Paquet fiscal, du Pacte de stabilité et de croissance, ainsi que pour le démantèlement de l’union monétaire et la sortie du Portugal de l’euro, en plus de la volonté de dissoudre l’OTAN », a déclaré M. Caraco Silva.

« Il n’ y a pas pire moment pour un changement radical des fondations de notre démocratie. »

« Après avoir mené un coûteux programme d’aide financière, marqué par de nombreux sacrifices, il est de mon devoir, dans le cadre de mes pouvoirs constitutionnels, de faire tout mon possible pour empêcher que de mauvais signaux soient envoyés aux institutions financières, aux investisseurs et aux marchés », a-t-il dit.

M. Cavaco Silva a avancé que la grande majorité des Portugais n’avaient pas voté pour les partis désireux de revenir à l’escudo, ou partisans d’une confrontation douloureuse avec Bruxelles.

Ce qui est vrai, mais il a omis le cœur du message adressé lors des élections qui se sont tenues il y a trois semaines : ils ont également voté pour la fin des réductions salariales et de l’austérité de la Troïka. Les partis de gauche, à eux tous, ont atteint 50,7% des suffrages. Menés par les socialistes, ils ont le contrôle de l’Assemblée.

Le chef de file des conservateurs, Pedro Passos Coelho, est passé en premier et par conséquent est le premier en lice pour former un gouvernement, mais la totalité de la coalition de droite a seulement empoché 38,5% des suffrages. Elle a perdu 28 sièges.

Le leader socialiste, Antonio Costa, a réagi avec colère, condamnant l’acte du président : « une grave erreur » qui menace d’engloutir le pays tout entier dans une tempête politique.

« Il est inacceptable que les pouvoirs exclusifs du parlement soient ainsi usurpés. Les socialistes n’ont aucune leçon à recevoir de la part du professeur Cavaco Silva en matière de défense de notre démocratie », a-t-il déclaré.

M. Costa a exprimé sa volonté d’accélérer la formation d’une coalition des trois gauches, et a averti le gouvernement-croupion de droite qu’il subirait immédiatement une motion de défiance.

De par la constitution du Portugal, il ne peut y avoir de nouvelles élections avant le second semestre de l’année prochaine, ce qui risque de paralyser le pays pendant près d’un an, le lançant droit vers une confrontation avec Bruxelles, et menace en fin de compte de rallumer la crise de la dette souveraine dans ce pays.

Le marché des obligations a réagi calmement aux évènements qui se sont produits à Lisbonne, mais ce n’est plus vraiment un instrument de mesure précis depuis que la Banque Centrale Européenne (BCE) éponge la dette portugaise par assouplissements quantitatifs (QE).

Le Portugal n’est plus sous le régime de la Troïka et n’est plus confronté à l’imminence d’une crise des crédits, ses réserves de liquidités s’élevant à plus de 8 milliards d’euros. Il n’en reste pas moins que, selon le FMI, le pays reste en situation de « grande fragilité » en cas de nouvelle crise ou si le pays ne mène pas à bien les réformes, qui semblent actuellement « au point mort ».

La dette souveraine s’élève à 127% du PIB, le total de la dette est de 370% du PIB, une situation pire que celle de la Grèce. Le passif extérieur dépasse 220% du PIB.

Le FMI a prévenu que le « miracle de l’exportation » du Portugal reposait sur une base fragile, les bénéfices affichés étant gonflés par des réexportations sans grande valeur ajoutée. « Un rééquilibrage durable de l’économie n’est pas encore intervenu », selon le FMI.

« Le président a engendré une crise constitutionnelle », selon Rui Tavares, parlementaire écologiste radical. « Ce qu’il nous dit, c’est qu’il ne permettra jamais la formation d’un gouvernement comprenant des gens de gauche et des communistes. Les gens sont abasourdis par ce qui s’est passé ».

Selon M. Tavares, le président a invoqué le spectre des communistes et le bloc de gauche comme un « homme de paille », pour empêcher toute prise du pouvoir par la gauche tout court, en sachant parfaitement que les deux parties avaient accepté de renoncer à leurs revendications pour une sortie de la zone euro, un retrait de l’OTAN, ainsi que la nationalisation des poids lourds de l’économie, dans le cadre d’un accord de compromis pour fonder la coalition.

Le président Cavaco Silva pourrait avoir raison en estimant qu’un gouvernement socialiste rassemblant les communistes précipiterait le pays dans une confrontation majeure avec les mandarins austéritaires de l’UE. Le maître-plan de M. Costa pour une relance keynésienne – qui inclurait principalement des dépenses pour l’éducation et la santé – est totalement incompatible avec le paquet fiscal de l’UE.

Le Secrétaire Général du Parti Socialiste Portugais, Antonio Costa, samedi dernier, après la publication des résultats.

Cette clause stupide du traité oblige le Portugal à réduire sa dette à 60% du PIB sur les vingt prochaines années dans un piège austéritaire perpétuel, et ce alors que le reste de l’Europe méridionale tente de faire de même, le tout dans un contexte de récession mondiale puissante.

Cette stratégie consistant à se débarrasser du lourd fardeau de la dette du pays en se serrant la ceinture en permanence porte largement son propre échec en son sein, puisque la stagnation du PIB en chiffres bruts aggrave le rapport dette sur PIB.

Pas plus qu’elle ne présente la moindre pertinence. Le Portugal aura besoin d’un effacement de sa dette lorsque la prochaine récession frappera pour de bon. Il n’y a absolument aucune chance pour que l’Allemagne accepte d’établir une harmonisation fiscale dans l’Union Monétaire Européenne (EMU) assez tôt pour l’empêcher.

Ce que le Portugal doit faire pour liquider la dette (source : Deutsche Bank)

La principale conséquence de cette prolongation de l’agonie, c’est la profonde atonie du marché du travail, et des taux d’investissement bas qui ne laissent aucun avenir.

M. Cavaco Silva utilise de fait son mandat pour imposer un programme issu d’une idéologie réactionnaire, dans l’intérêt des créanciers et de l’establishment de l’EMU, en maquillant le tout, avec un culot remarquable, en défense de la démocratie.

Les socialistes et les communistes portugais ont enterré la hache de guerre de leurs divisions pour la première fois depuis la révolution des Œillets et le renversement de la dictature de Salazar dans les années 70, et ont leur refuse néanmoins le droit parlementaire de former un gouvernement représentant une majorité.

Voilà une dangereuse démarche. Les conservateurs portugais et leurs alliés médiatiques font comme si la gauche n’avait aucun droit à exercer le pouvoir et devait être tenue sous contrôle par tous les moyens possibles.

Rien que de très familier – et glaçant – dans ce réflexe, pour qui connaît l’Histoire de la péninsule Ibérique au XXe siècle, ou celle de l’Amérique latine. Que ce soit fait au nom de l’euro est entièrement conforme à ce que l’on attend.

Le parti grec Syriza, premier gouvernement de gauche radicale en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, a été écrasé et soumis pour avoir osé se mesurer à l’idéologie de la Zone euro. A présent, la gauche portugaise passe par une variante du même hachoir à viande.

Les socialistes européens se trouvent face à un dilemme. Ils prennent enfin conscience de la déplaisante vérité : l’union monétaire est une entreprise autoritaire de droite, qui a échappé à la bride de la démocratie ; et cependant, s’ils agissent en conséquence, ils risquent de se voir interdire tout accès au pouvoir.

Bruxelles a vraiment créé un monstre.

Source : Ambrose Evans-Pritchard, The Telegraph, le 23/10/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

youyou // 05.11.2015 à 08h17

“il est de mon devoir [… ] de faire tout mon possible pour empêcher que de mauvais signaux soient envoyés aux institutions financières, aux investisseurs et aux marchés”

Au moins si c’était pas encore clair pour certains, maintenant ça l’est.

68 réactions et commentaires

  • Patrick Luder // 05.11.2015 à 06h01

    Il y a plusieurs problèmes distincts qui, mis ensemble, crée une situation dangereuse. Mais chaque problème peut être abordé de manière indépendante, je pense qu’il n’est pas toujours bon de tout mélanger.

    CE ou EU.
    La Communauté Européenne n’a jamais été créée avec un esprit de démocratie directe (votations) ni de démocratie indirecte (élections). Elle est censée mettre en accord 28 Etats !!! => mais un accord à 28 n’est quasiment jamais possible, c’est pourquoi toutes les décisions importantes, normes et autres accords sont faits en coulisse par des “spécialistes” … la finance pour la finance, le commerce pour le commerce, la justice pour la justice, le droit pour le droit … et c’est bien par ce genre de mécanisme que naissent les plus grandes dérives et les plus grands monstres, car chaque monstre est ainsi libre de mettre tout en oeuvre pour lui-même. La Communauté Européenne ne vit que pour elle, elle ne vit pas pour ses Etats et elle ne vit pas non plus pour ses peuples et c’est bien là le principal problème !

    Luttes gauche / droite.
    Les indéfectibles luttes gauche – droite sont nées du capitalisme, ou l’ensemble des biens sont aux mains de quelques uns. Employeurs, employés et indépendants sont pourtant dans la même galère => tous les biens endettés appartiennent finalement au monde de la finance, et les petites ou grandes fortunes finissent de toute manière dans les mains de nos Etats-providence. Cette lutte permanent gauche / droite nous empêche de voir le monde tel qu’il est, un simple et bref passage sur terre avec un héritage de notre passé et un legs à l’avenir.

    Système monétaire.
    Le système monétaire qui devrait être un simple moyen d’échange et de garde au service de tous est devenu un système complexe décorrélé de ses fonctions premières avec pour but premier de se mettre au service de la finance et de toutes ses dérives … Que la monnaie soit aux mains des Etats ou de la finance ne change rien, une monnaie papier finit toujours par revenir à ce qu’elle est, juste le prix du papier. Finalement les moyens d’échanges ne sont que du troc et les moyens de garde une façon de planifier ses vieux jours et de transmettre son patrimoine à ses enfants.

    Endettement des Etats.
    Les Etats ont toujours cherché à vivre en dessus de leurs moyens, car les Etats vivent pour eux avant de vivre simplement pour leur peuple. Le seul système non déficitaire serait de faire des régions autogérées (à petite échelle)… dès qu’un organisme en-dessus des autres voit le jour, il cherche à vivre pour lui-même et donc se déconnecte de la réalité financière de ses *sujets”.

    Remettre en cause et faire évoluer les systèmes en place serait pourtant la meilleure chose à faire. Interdire le débat (ou le pouvoir) ne fait que reporter un problème qui s’accentuera avec le temps.

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    • Anouchka // 05.11.2015 à 08h04

      “La lutte permanente droite/gauche nous empêche de voir le monde tel qu’il est”
      Avec des idées comme celle-la on abandonne l’idée meme d’action d’action politique! On laisse faire la loi du plus fort. Vive l’ultra-libéralisme!

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      • GenOM // 05.11.2015 à 09h22

        Au contraire, c’est justement en abandonnant ce cadre rigide Gauche/Droite, fait sur-mesure pour le spectacle médiatique et la division sociale, que l’on reprend l’action politique authentique. C’est justement l’usage d’étiquettes et de couleurs politiques, ainsi que le fait d’être fédéré et manipulé par des hommes de pouvoir, qui empêche toute action politique émancipatrice. Il faut nécessairement tenter de sortir de ce cadre, et le premier pas est d’en prendre conscience.

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      • Ras // 05.11.2015 à 09h23

        Ce découpage politique Droite-Gauche biaise tous débat et toute action politique au profit du “clan” plutot que pour le bien commun. Comme le disait hollande, “l’opposition s’oppose et le gouvernement gouverne”, mais de ce principe nait l’inertie et le blocage de toute action ou réforme “par principe”. C’est non seulement stupide, mais à long termme c’est même suicidaire car dans un monde en mouvement, l’inertie crée à terme un gros problème d’inadaptation au changement sociétale et économique.

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        • geoffrey // 06.11.2015 à 10h43

          c’est du n’importe quoi, ce que tu écris : la gauche, c’est quand les premiers “socialistes” entrant au parlement se sont dirigés comme un seul homme vers la gauche pour se dissocier physiquement des ci-devants…
          si les mérdias et autres politicards ont trahis, cela n’invalide pas la doctrine socialiste – bien au contraire
          la gauche, c’est la lutte contre les possédants, les exploiteurs : si ca te fait sourire ou que tu pouffes de rire, on se donne rdv á Bruxelles (mais tu ne riras plus aprés m’avoir rencontré)
          geoffrey – communiste belge

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    • Eric83 // 05.11.2015 à 10h05

      Rappelons-nous LA phrase de JC Juncker, président de la commission européenne qui exprime haut et fort que l’UE n’est pas une démocratie :

      “Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens”.

      Après A.Tsipras, le président portugais, fidèle aux diktats de l’UE, recevra ses bons points et les gratifications de la caste de l’UE.

      L’année 2015 marque une rupture nette car la commission européenne – et les gouvernements de la zone euro – ne se cache même plus et ne cache pas non plus ses objectifs : écraser toute velléité – et peu importe les moyens – de changement de LA politique néolibérale qui a été définie par les “Maîtres”.

      Tout ceci nous prouve, si il en était encore besoin, que LA solution pour sortir des diktats destructeurs pour les peuples de l’UE et en particulier de la zone euro, c’est de sortir de l’Euro, de l’UE et de l’OTAN.

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      • Jocegaly // 05.11.2015 à 12h47

        En accord avec vous: le premier clivage aujourd’hui est le clivage pour/contre l’UE. Et pour en être persuadé il suffit de voir qui est à l’origine de la création de cette UE – sans oublier que Monnet et Schuman étaient “aidés” par les USA – et n’a cessé de la “piloter”. Voir les analyses de Ph Seguin (discours 1992) , MFrance Garaud, F Asselineau, Annie Lacroix-Riz, et j’en oublie …

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        • Anouchka // 05.11.2015 à 20h07

          La communauté de vues entre les anti-UE de droite et de gauche est une convergence temporaire, une alliance de circonstance. Ils ont des conceptions et des intérêts communs sur ce point précis. Mais sur tous les autres enjeux politiques, il n’y a pas d’accord (et il n’y en aura jamais)

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          • Yves // 05.11.2015 à 23h09

            Les anti UE de droite sont des nationalistes (extrême droite), les anti UE de gauche sont plutôt internationalistes et antifascistes. Je ne vois rien de vertueux qui pourrait naître d’une telle alliance de circonstance, sauf à jouer avec le feu, à vendre son âme au diable et à favoriser l’avènement du fascisme en France.
            Il y a d’autres alliances à construire, en partant du principe que pour vaincre les politiques ultra-libérales imposées par l’UE, la BCE, le FMI…il vaut mieux rassembler démocratiquement tous ceux qui ont intérêt à s’émanciper de ces politiques et qui constituent la majorité des citoyens d’Europe. Mais je reconnais que cette voie est la plus difficile, compte-tenu de l’hégémonie médiatique des puissances d’argent.

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    • bhhell // 05.11.2015 à 15h45

      “Endettement des Etats.
      Les Etats ont toujours cherché à vivre en dessus de leurs moyens, car les Etats vivent pour eux avant de vivre simplement pour leur peuple.”

      L’endettement des Etats n’a rien à voir avec l’idée rebattue qu’ils vivraient au dessus de leurs moyens, argument néo-libéral qu’on serine depuis Giscard pour démanteler l’accident historique que représente l’Etat Providence. Cet argument cherche à culpabiliser en permanence les gens et ne s’applique jamais au mode de vie extravagant et aux passe-droits de nos élites. La dette est un mécanisme qui permet de justifier toutes les réformes conservatrices, une tenaille qui oblige l’Etat à céder aux demandes les plus délirantes des marchés. Sans les intérêts, les pays ne seraient pas endettés. Ça, c’est un fait. C’est la question même de la propriété privée et de l’accumulation croissante de richesse entre quelques mains qu’elle opère (et qui échappe complètement à l’impôt désormais) qui doit être repensée, comme l’explique un Paul Jorion.

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    • Bordol // 05.11.2015 à 16h35

      En Grèce, je crois qu’ils commencent à le voir que le conflit droite-gauche est un piège-à-con.

      Le vrai combat est entre opprimés & oppresseurs, entre les êtres humains et les parasites.

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      • groucho // 05.11.2015 à 17h58

        Très juste, sauf que vous confondez “partis qui se qualifient eux-mêmes de gauche” versus “partis de droite, ce dont ils se défendent généralement” avec “idées de gauche”, par exemple la défense des opprimés, et idées de droite, par exemple que les “meilleurs” gagnent.
        Le piège à cons est seulement de penser que le PS et autres seraient de gauche simplement parce qu’ils s’en vantent, donc qu’ils défendraient des idées de gauche.

        En fait, le problème du clivage droite-gauche, c’est surtout que les partis réellement de gauche sont totalement minoritaires aujourd’hui. La propagande a bien travaillé pendant le demi-siècle précédent. C’est tout…

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        • Anouchka // 05.11.2015 à 19h37

          Entièrement d’accord avec vous.
          Le principe de gauche et de droite recoupe l’idée de l’opposition entre ceux qui sont contents de l’ordre des choses (notamment parce qu’ils en profitent) et ceux qui veulent changer cet ordre des choses (au besoin parfois en luttant paradoxalement pour un certain conservatisme social lorsque qu’ils sentent qu’un changement pourrait constituer une sorte de retour à un état pire que celui qui dans l’état actuel des choses leur est déjà défavorable )

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      • Vinnie Reb // 06.11.2015 à 14h07

        Le vrai combat, le vrai clivage, il est entre les classes dominées et les classes dominantes. Gauche/Droite, c’est du pipeau, un hochet qu’on agite sous le nez des électeurs. Qui n’achetent plus d’ailleurs, le taux d’abstention progresse. (On ne va plus voter quand on sent que son vote ne va rien changer à sa vie.)

        Nous sommes en plein dans la lutte des classes, qu’on le veuille ou non. C’est un fait. Et actuellement, le rapport de force est nettement en faveur des classes dominantes.

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  • liervol // 05.11.2015 à 06h51

    Je pense que maintenant plus que jamais il est temps de faire circuler le discours de Medès France contre le traité de Rome : http://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article526

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  • nulnestpropheteensonpays // 05.11.2015 à 06h56

    et là, le français moyen dit “si ils font ca chez nous ….c’est la révolution ” ouais ouais ouais…

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    • Maria // 05.11.2015 à 07h25

      C’est clair, ils peuvent encore en faire des entourloupes avant que ça bouge . Y’a qu’à regarder les grecs, ils n’ont jamais été aussi sages depuis leur dernier suppositoire . Pour Nicolain Sarkopé 2017 c’est du billard .

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      • Subotai // 06.11.2015 à 18h18

        Les Grecs sages?
        Je n’en suis pas si sûr. Le feu couvre et certaines actions violentes individuelles montre l’exaspération et les dangers à venir…

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    • Yves // 05.11.2015 à 09h09

      comme après le référendum de 2005.

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    • Cédric // 05.11.2015 à 22h25

      rien qu’à voir le collègue moyen, pourtant très bien éduqué, je peux vous dire que ce qui se passe au Portugal ne choque personne, et que le mot révolution appartient au passé en France.

        +6

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  • Günter Schlüter // 05.11.2015 à 07h07

    Pour cerner vraiment à quel point l’Union européenne manque de légitimité, je vous donne le lien d’une interview de Janis Varoufakis (en anglais, sous-titrée en allemand): https://www.youtube.com/watch?v=7kLS06QtWNE
    Bonne journée

      +5

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  • dono // 05.11.2015 à 07h41

    – Croire que la démocratie se résume à une démocratie élective bien huilée est illusoire…
    – Croire que le parti socialiste portugais soit capable et réellement volontariste dans la défense des intérêts de la majorité laborieuse…vaste blague! La corruption y est trop forte…ils ne sont pas fiables!
    – Le système financier est en train tout doucement de dévoiler son vrai visage et son appétit insatiable et cruel…

      +30

    Alerter
  • Alfred // 05.11.2015 à 07h45

    Pour info il me semble que le principe quoique moins flagrant ait déjà été évoqué en suède (“interdiction” d’accès au pouvoir pour les anti-euro)

      +15

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    • Jmk011 // 05.11.2015 à 16h23

      Ce que vous dites me semble bizarre, vu que la Suède, tout en faisant partie de l’UE, a conservé sa monnaie nationale.

        +6

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      • Alfred // 05.11.2015 à 21h07

        C’est juste il s’agit des anti UE.

          +3

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  • Brice // 05.11.2015 à 07h52

    Bah les socialistes veulent absolument rester dans l’euro et l’UE, ce serait donc encore pire pour le peuple s’ils prenaient le pouvoir : le scénario grec.

      +6

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  • BA // 05.11.2015 à 08h10

    Au Portugal, c’est comme aux Etats-Unis, c’est comme en France, c’est comme en Allemagne, etc.

    Au Portugal, c’est la guerre des classes.

    26 novembre 2006 :

    Warren Buffett, troisième fortune mondiale, déclare au journal New-York Times :

    « There’s class warfare, all right, Mr. Buffett said, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning. »

    Traduction :

    « La guerre des classes existe, c’est d’accord, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. »

    http://www.nytimes.com/2006/11/26/business/yourmoney/26every.html

    Jeudi 5 novembre 2015 :

    La progression de l’extrême pauvreté en France en trois chiffres.

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/11/05/la-progression-de-l-extreme-pauvrete-en-france-en-trois-chiffres_4803334_3224.html

      +21

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  • youyou // 05.11.2015 à 08h17

    “il est de mon devoir [… ] de faire tout mon possible pour empêcher que de mauvais signaux soient envoyés aux institutions financières, aux investisseurs et aux marchés”

    Au moins si c’était pas encore clair pour certains, maintenant ça l’est.

      +60

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    • scipio // 05.11.2015 à 10h53

      je pense que pour tous les biens informés c’était clair.

      Petit rappel de début 2015 :

      “Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens ”

      J-C Juncker, président de la Commission européenne.

        +22

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  • St3ph4n3 L. // 05.11.2015 à 08h24

    « Il n’ y a pas pire moment pour un changement radical des fondations de notre démocratie. »

    Mince ! Moi qui pensais naïvement que c’était la démocratie qui était le fondement de toute politique, j’en tombe de ma chaise. Un philosophe de mes amis me disait que, pour expliquer à des chinois ce qu’était la démocratie, il leur avait dit que c’est le droit de changer d’avis. C’était lors des élections de 2012. Depuis lors, je compte les occasions où ses paroles étaient justes. Force est de constater que je n’ai déjà plus assez de doigts ! Les peuples peuvent bien changer d’avis s’ils restent du même avis que ceux qui les dominent et les enchainent.

      +28

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  • Grim // 05.11.2015 à 09h55

    Si seulement cette majorité de gauche était eurosceptique hors ce n’est le cas que d’une partie de la coalition, le refus de l’austérité et le refus de l’euro sont deux choses différentes même si l’un ne vas pas sans l’autre je l’accorde.

    Mais cette manipulation tente d’exclure tout les non-croyants du catéchisme austéritaire

      +2

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  • De passage // 05.11.2015 à 10h45

    Il me semble qu’il n y a eu aucune réaction de la part des 28, lorsque Junker à déclaré : “Il ne peut y avoir de choix démocratique contres les traités signés.”

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/02/02/31001-20150202ARTFIG00405-du-traite-constitutionnel-a-syriza-l-europe-contre-les-peuples.php

    A partir de là, tout est possible et cela valide pleinement le contenu de cette vidéo !

    https://www.youtube.com/watch?v=ba_D_JSzIZg

      +8

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  • Frédérique // 05.11.2015 à 10h45

    Cela fait des années que la démocratie est piétinée par l’U.E, des années que les pontes de l’U.E et les zélus du peuple nous préviennent qu’aucune élection, aucun référendum ne viendra entraver la bonne marche de ce monstre antidémocratique qu’est l’U.E.
    Il ne leur était pas nécessaire d’employer la force pour maintenir le processus tant que l’économie se portait bien, le petit jeu des élections droite gauche de partis entièrement soumis à l’oligarchie de la grande finance et des multinationales, suffisait amplement au bon peuple pour lui faire croire qu’il était maitre de son destin. Mais voila, aujourd’hui, l’économie va mal.

    Traités après traités, l’U.E a pris le pouvoir sur 80% des institutions qui régissent ses pays membres.
    Les décisions sont prises par une commission de 28 non élus qui prennent leurs feuilles de route des 1500 principaux lobbies représentant le monde de la finance, de l’industrie et du commerce qui siègent officieusement en permanence à Bruxelles avec eux.
    Puis les décisions sont enrobées dans un vague emballage “démocratique”, puisqu’elles sont validées par le parlement européen et par les parlements nationaux aux mains des même partis traitres aux nations.
    Et si un parlement vient à ne pas marcher dans la combine, on passe outre.
    Un exemple, la commission européenne a menacé de ne pas passer par la validation parlementaire le traité TAFTA après sa signature, si cela devait se révéler trop compliqué à obtenir.

    Si l’U.E avait été faite pour les peuples, ils auraient commencé déjà par imposer dans les école, il y a 40 ans, une langue commune, de façon à ce que tous les européens puissent se comprendre. Mais c’est bien la dernière des choses qu’ils veulent, que les populations de l’U.E puissent dialoguer entre elles et s’informer de ce qui se passe chez le voisin.
    Actuellement, si vous ne parlez pas anglais ou italien couramment, vous ne pouvez même pas prendre connaissance des décisions de l’U.E sur son site.
    Les Américains peuvent le faire, mais l’immense majorité des populations européennes ne peuvent même pas déchiffrer un texte officiel qui les concerne. Cherchez l’erreur!

      +23

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    • Jacko // 05.11.2015 à 15h10

      Au fait, si les British décident, par leur référendum, de sortir de l’UE, quid de la langue anglaise ? Sera-t-elle toujours utilisée au sein des institutions de l’UE ?
      Les argumentaires des uns et des autres risquent d’être amusants 🙂

        +9

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      • Jmk011 // 05.11.2015 à 16h31

        Ben oui, la langue anglaise ou plutôt anglo-saxonne continuera à être utilisée puisque c’est la langue des USA “maitres du monde” et donc de l’Europe ;-))

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      • Frédérique // 05.11.2015 à 17h01

        Ca n’a pas dû plaire à tout le monde car il y a eu une énième modification du site (depuis quand?).
        Le site Europa est de nouveau traduit en toutes les langues, mais en version allégée.
        Le site prelex, a quant à lui, complétement disparu.

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      • Vinnie Reb // 06.11.2015 à 14h04

        Oui, l’anglais continuera à être utilisé car il y a un autre pays anglophone dans l’UE : l’Irlande. C’est aussi simple que ça.

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    • claude // 05.11.2015 à 20h06

      Vous dites que les sites de l’UE ne sont qu’en anglais et en italien ? Sérieux ?

        +0

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  • Charles BARA // 05.11.2015 à 10h53

    Munich-Hacha, Athènes-Tsipras et maintenant Lisbonne; cela ne vous rappelle-t-il rien ?

      +4

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  • yann // 05.11.2015 à 12h11

    Je vois bien le même scénario en France en 2017. Marine Le Pen est élue, l’élection est annulée au nom de la “démocratie” et des “valeurs” de la république. On fait même appel à l’armée US et à l’OTAN pour maintenir la paix dans le pays. Et là enfin les oligarques pourront se lâcher en France. C’est à se demander s’ils ne font pas monter Marine Le Pen l’eurosceptique la moins présentable pour justifier un coup d’État à postériori. Ce qu’ils ne peuvent obtenir par les urnes et l’influence des médias ils l’obtiendront par la force. A savoir la destruction de l’état nation français.

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  • Alain au bar // 05.11.2015 à 12h20

    Pour ceux qui en doutaient encore voici révélée la véritable nature de la droite et de ses bagages accompagnés fauxcialistes : la démocratie c’est bien tant que ça ne dérange pas les intérêts des banques et des milliardaires.

      +21

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  • O. Brozère // 05.11.2015 à 12h36

    La rupture viendra d’ailleurs, pas de la politique : les dirigeants et la sphère éco-politico-médiatique sont moulés dans un format qui ne leur permet plus d’en sortir.

    Ils n’ont plus l’imagination d’envisager que puisse exister autre chose, et si “autre chose” parvient à leurs yeux, ils lui font un procès en hérésie et l’excommunie.

    La logique orwellienne considère qu’au delà d’un certain stade totalitaire, toute résistance disparaît parce que la notion même de résistance a disparu des esprits. C’est ce qui se produit actuellement, sauf qu’au lieu de disparaître des esprits opprimés, la résistance disparaît d’abord des esprits dirigeants :
    – la progression de la “pensée unique” dans les années 90,
    – le règne de “il n’y a pas d’alternative” dans les années 2000,
    – la négligence “naturelle” de tout ce qui n’est pas dans le dogme, actuellement,
    – le prochain stade sera de ranger cette résistance avec l’horoscope, le monstre du Loch Ness ou le Nécronomicon (une invention de H.P. Lovecraft dans les années 20, au fait, en aucun cas un vrai grimoire de magie antique)

    Au delà de ce stade, on tirera à balles réelles sur les opposants ou on les internera en camps de “rééducation” : ce n’est pas un crime, puisque comme le monstre du Loch Ness, cette résistance n’existe pas vraiment. Elle est une manifestation du Mal, il suffit d’élargir la définition du terrorisme pour que tout, même le pire, redevienne normal.

    Ces dirigeants ne sont pas des tyrans assoiffés de pouvoir (de nos jours, ceux-là sont plutôt dans les affaires que dans la politique) mais un mélange toxique de zélotes fous persuadés de faire le bien, et d’opportunistes prêts à tout pour profiter de ce système religieux aveugle.

    C’est une désertification progressive d’esprits toujours plus pavloviens et bas, et d’abord de l’esprit des dirigeants. Plus ils avancent, plus ils perdent de vue une réalité implacable et pourtant grandissante : les estomacs vides des populations.

    Ces estomacs vides, conjugués à un événement tragique majeur (*) qui se produira fatalement du fait de ce déni général du monde réel, provoqueront la chute de ce système.

    La politique, non.
    La politique ne changera rien.

    D’ici ce choc, prenez soin de vous et des vôtres dans cette nef des fous, il n’y a que ça à faire pour le moment. Espérons que cette catastrophe, aussi tragique sera-t-elle (**) se produise avant que l’opposition soit démocratiquement considérée comme criminelle.

    Lorsque tout cela aura craqué, d’autres prendront les commandes – peut-être vous – et pendant une époque la politique retrouvera un sens. Elle mettre en place un nouveau système, avec ses bons et ses moins bons côtés, et elle y mettra aussi fatalement le germe de la prochaine dérive et l’avènement des prochains fous.

    _____________

    (*) catastrophe économique ou naturelle ou technologique, guerre au mauvais moment au mauvais endroit ou autre résultat de nos folies, ou probablement mélange de tout ça.

      +21

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    • Eric83 // 05.11.2015 à 16h06

      Le tableau que vous brossez est dramatique mais je le crois, malheureusement très réaliste.

      Concernant Orwell, c’est à se demander si ce n’est pas lui, involontairement par ses livres “d’anticipation”, qui a inspiré la façon de diriger les peuples en pratiquant la novlangue, la manipulation et la désinformation et in fine en les dépossédant de tout sens critique et de tout discernement.

      D’ailleurs le sens a-t-il encore un sens pour nos concitoyens ou ce mot n’est-il plus qu’un mot dépourvu de sens ?

        +5

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    • RESISTANCE // 05.11.2015 à 17h52

      « La rupture viendra d’ailleurs, pas de la politique : les dirigeants et la sphère éco-politico-médiatique sont moulés dans un format qui ne leur permet plus d’en sortir. »
      En croisant ces 2 citations fascinantes ci-dessous avec ce que j’en ai compris des stratégies évolutionnaires stable (SES) (CF l’exceptionnel ouvrage Le gène égoïste (Richard Dawkins)) j’en arrive à la même conclusion en suivant le raisonnement ci-après.

      « L’aristocratie a trois âges successifs : l’âge des supériorités, l’âge des privilèges et l’âge des vanités. Sortie du premier, elle dégénère dans le second et s’éteint dans le dernier. »
      (Chateaubriand, écrivain français, 1868 -1948)

      « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit, et l’obéissance en devoir.»
      (Jean-Jacques Rousseau, Philosophe Français, 1712 -1778)

      0) Prologue : la Vie ne peut exister qu’avec des organismes capables de se nourrir ou de Produire de la nourriture.

      1) Par extension, l’humanité n’a pu naitre et croitre que grâce à des producteurs (P) de biens et de services (BS).

      2) Des gènes et par extension des comportements de “tricheurs” apparaissent spontanément, ils permettront à certains individus (T) de plus récupérer de BS en produisant moins de travail (W) quel que soit le stratagème utilisé (vol, intimidation, manipulation etc)

      3) Les « tricheurs » sont, au niveau évolutionniste, privilégiés par leur rapport BS/W plus favorable par rapport aux producteurs. Ainsi leur population augmente au sein de l’espèce E (E= P+T).

      4) Par des mécanismes sociaux et culturels complexes, les tricheurs parviennent également à former une classe hiérarchiquement dominante.
      i) Une classe dirigeante a pour but premier de conserver son statut de domination.
      ii) L’énergie utilisée pour maintenir cette position renforce l’improductivité de l’ensemble de la société (corruption, désorganisation, démoralisation etc).

      5) Ainsi, les conséquences à long terme d’une société ou les tricheurs prolifèrent et dominent font que la productivité de l’espèce baisse systématiquement (PR = somme(BS)/E diminue).

      6) Lorsque le point de rupture de production de BS est atteint, l’espèce E dans son ensemble est en danger.
      o : L’espèce E disparait ;
      ou parvient à s’adapter par quelques moyens révolutionnaires :
      i : en réduisant les comportements de triche (révolution) ;
      ii : en éliminant un grand nombre de tricheurs (révolution ++) ;
      iii : voir même en réduisant très fortement le nombre de gènes tricheurs dans le pool génétique (extermination).

      7) Les producteurs supérieurs dominent alors dans l’espèce E.

      8) Un nouveau gène de tricheur apparait ou réapparait ….

        +4

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      • Old Ohm // 06.11.2015 à 03h17

        Pouah ! ça pue l’eugénisme votre affaire.

        Sinon, Dawkins c’est quoi ce machin ? un rétrovirus ?

          +0

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    • François-victor mamet // 06.11.2015 à 07h05

      Il me semble que vous prenez énormément de précautions, moufles et autres paires de gants,
      pour pratiquer des “ellipses de sioux onusien” afin de dire que “ça va péter” gravement ,
      et que cela risque bien d’être violent, on peut craindre une guerre civile, en effet, tout est réuni…
      A qui profite(ra) le crime???

        +1

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  • groucho // 05.11.2015 à 13h11

    J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a « trahi la confiance du régime » et « devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités ». Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ?
    Bertold Brecht

      +24

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  • vudesirius // 05.11.2015 à 13h54

    “se voit interdire le pouvoir” : non. Les Marxistes ont perdu les élections, et sont divisés entre eux, voilà la vérité. Mais tout le monde sait que les Marxistes sont mauvais perdants.

      +2

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    • raloul // 05.11.2015 à 15h02

      Bonjour!

      Qui sont les “Marxistes” au Portugal selon vous? Pouvez-vous préciser s.v.p.?

      Et oui, il y a une tentation et une tentative de diviser l’aile gauche du parlement, effectivement, mais je ne sais pas qui sont les plus mauvais perdants dans cette affaire.
      Il n’est pas encore sûr que cette manoeuvre porte ses fruits; et il est loisible d’en discuter le bien-fondé, au-delà des clivages marxiste-libéral-social-démocrate-nationaliste-européiste-etc…

      Et qui seraient alors les “gagnants” de ces élections selon vous?
      Merci de donner des arguments, et non pas des slogans, certes jolis. J’aime beaucoup votre “voilà la vérité”, c’est assez hardi comme formulation…

        +5

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  • François-victor mamet // 05.11.2015 à 14h12

    après avoir tout lu, que reste t-il donc au(x) peuple(s) pour se faire un peu écouter à défaut de se faire entendre sachant que les scrutins peuvent être niés quand le sens du vote n’apparaît pas raisonnable …

      +4

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    • Jacko // 05.11.2015 à 22h13

      Les psychologues, psychanalistes, psychiatres, les religions :)…

        +2

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  • theuric // 05.11.2015 à 14h44

    Alors comme ça il est annoncé, certes de manière ampoulée, que le Portugal, l’Union-Européenne dans son ensemble et le reste du monde se trouvent tous…, revenons à la phrase qui me paraît la plus importante:

    ” Cette clause stupide du traité oblige le Portugal à réduire sa dette à 60% du PIB sur les vingt prochaines années dans un piège austéritaire perpétuel, et ce alors que le reste de l’Europe méridionale tente de faire de même, le tout dans un contexte de récession mondiale puissante. ”

    Avez-vous bien lu sa dernière partie: “…le tout dans un contexte de récession mondiale puissante.”
    Un contexte de récession mondial puissant, ainsi cela commence à se dire, enfin, hormis les quelques zigotos, dont je suis, criant depuis longtemps dans le silence.
    Moi, dans un discours plus directe, j’écrirais plutôt: “…dans un contexte d’une désindustrialisation mondialisée.”
    Mais bon, c’est un premier pas, sous peu il nous sera expliqué que les U.S.A. ne peuvent que disparaître dans peu de temps et que cela sonnera le glas de l’U.E..
    Voire, tabou des tabous, que le système économique international va tout simplement exploser en vol, non pas en le suggérant mais en l’affirmant de manière claire, nette et franche.
    C’est vrai quoi, français ne veut-il pas dire: homme libre et droit?

      +7

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  • Popa // 05.11.2015 à 15h01

    Se débarrasser de sa propre constitution pour lui préférer l’orthodoxie (budgétaire) Berlinoise… voila le rapport. Ça et les traitres au pouvoir.

    C’est vrai que contrairement aux deux exemple franco-allemand, celui là ne changera pour une fois pas ma nationalité (Alsace-Moselle).

      +3

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  • Garçon // 05.11.2015 à 15h07

    Si M. Costa veut faire de la relance keynésienne, mieux vaut effectivement qu’il n’arrive )as au pouvoir.

    E.G.

      +1

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    • Micmac // 05.11.2015 à 16h26

      Ça, ce n’est pas à vous de le décréter. Ce sont les électeurs Portugais qui choisissent.

      La relance keynésienne, il arrive que ça marche, pas toujours, mais ça arrive. En tout cas, ça a marché à peu près partout entre 1933 et 1975.

      La politique actuelle de déflation compétitive n’a jamais fonctionné nulle part, en tout cas pas sur cette planète. La crise de 2008 suivie de cette politique néfaste est en train de nous faire plonger.

      Je pense pour ma part que pour sortir du trou, la seule solution est une relance keynésienne axée sur la conversion énergétique. Parce que la conversion énergétique, c’est pas la main invisible qui va la faire, et je ne crois pas que nous ayons le choix.

      Mais c’est vrai qu’il y a quelque chose de keynésien dans la politique actuelle. Enfin, du “keynésianisme de l’offre” (oxymore, mais jolie formule) : refiler du pognon aux oligarques pour relancer l’économie… Les banques et les grandes entreprises se gavent de pognon (BCE et loi Macron), avec les résultats que l’on peut constater : explosion des inégalités et poursuite de la récession. Mais au moins, les riches, qui en sont à l’origine, sont épargnés par la crise. L’essentiel est sauf…

        +9

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      • Tassin // 06.11.2015 à 10h00

        Keynésienne ou pas, il faut surtout pas faire de relance ni compter sur la croissance économique.
        1/ C’est une nuisance écologique et sociale
        2/ Ca ne fonctionne plus depuis longtemps comme l’a maintes fois démontré Olivier.

          +1

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    • Georges // 05.11.2015 à 18h47

      @ Garçon

      Votre commentaire montre le ravage qu’a pu faire quelques années de conditionnement.
      Votre commentaire montre que vous pensez que l’économie et la finance doivent avoir la primauté sur le reste.
      C’est bien l’idée qu’on essaie de nous faire passer depuis des années, à savoir que le problème du système provient d’une fatalité, comme si c’était Dieu qui l’avait décidé (ou comme une catastrophe naturelle, style ouragan ou autre, qui se serait abattue sur le système économique…..analogie un peu discutable désormais car avec le dérèglement climatique, les “catastrophes naturelles” ne sont pas en fait si “naturelles” que ça, elles sont plutôt imprévisibles, on emploie le mot “naturel” à la place de ‘imprévisible et de grande ampleur”).

      Et à cause de ce problème, nous devrions accepter des régressions alors que c’est la communauté toute entière qui a permis le progrès (et non pas les gros dirigeants, les décideurs, comme cette même idéologie veut nous le faire croire).

      Vous êtes donc prêt à accepter n’importe quelle dérive du pouvoir pourvu que VOTRE dogme économique soit respecté.

      Vous avez gobé ce qu’on voulait vous faire gober.

      A partir de là, vous êtes prêt à accepter n’importe quelle décision du système avec fatalité, car vous pensez qu’il n’y a pas d’autres alternatives “économiques”.
      ___________
      La question du texte n’est pas du tout de savoir si le choix des électeurs réussira à satisfaire leurs espoirs, la question du texte, c’est en fait le problème d’une sorte de “coup d’état” car l’esprit démocratique est totalement méprisé par un individu en situation de MANIPULATION du pouvoir…..alors que l’UE se croit et aimerait être perçue comme un modèle pour le reste du monde !!!!

      Et je pense qu’un certain nombre d’électeurs portugais pensent “ça suffit toute cette arrogance de ces dirigeants, passons à autre chose…..quoiqu’il en coûte…..ou presque”.

        +10

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  • Maria // 05.11.2015 à 17h51

    Les plus lâches dans tout ça c’est nous , car on sait, on papote, mais on ne fait rien .
    Vous connaissez la citation de Einstein : Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.

      +11

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    • Jacko // 05.11.2015 à 19h59

      @Maria

      J’apprécie pratiquement toujours tes commentaires et suis complètement d’accord avec toi sur le fait que nous sommes des lâches, bien planqués derrière notre ordi, et bien privilégiés comparé à la grande majorité de la population mondiale (d’aujourd’hui et d’hier).
      En gros, on continue à se faire plaisir en dénonçant les gros méchants à peu de frais.

      Mais si on voulait vraiment entrer dans l’action, concrètement, que faire ? Et qui sont exactement “ceux qui font le mal” ?
      Je t’avoue que je ne sais pas du tout…

        +3

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  • Charlie Bermude // 05.11.2015 à 18h12

    Mauvaise analogie . Les Anglais font tout à l’envers pas seulement rouler à gauche quand tous le monde roule à droite .
    Jules César fut le dernier Aristocrate Romain à défendre la plébe , miraculeusement épargné par Sylla qui a décimé tous les autres .
    Sylla avec son armée , au service de son pognon fut le premier à défier le sénat , certes . Mais au final c’est César qui l’a emporté , avec sa Légion du Rhin , faite de plébéens résolus et qui furent au départ des futures ‘invasions’ germaniques , qui mirent le sénat sans dessus dessous , y compris son dernier avatar , l’Eglise . Evans Pritchard , a compris de travers comme de juste .

      +1

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  • Charlie Bermude // 05.11.2015 à 19h48

    Je crois que les Portugais , comme les Grecs , méme s’ils passent un mauvais quart d’heure , vont s’en remettre . J’en dirai pas autant des Anglo saxons qui nous font la leçon , tout en jouant la dette européenne en vente à découvert par le biais des dérivés .
    C’est pourtant eux qui nous ont menés là . Alors lui , Evans , comme Farage , comme d’autres encore parlent juste quand tout le monde se tait sur le continent . Mais au final , qui aura le dernier mot ?

      +2

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  • Jaime Horta // 05.11.2015 à 22h17

    Etant portugais moi-même, je peux vous dire qu’il ne se passera absolument rien de aggrave en tant que crise institutionnelle, à peine une tempête dans un verre d’eau et qu’ils ont actuellement tourné la page, bref tout le monde s’en fout !

    Le Portugal reste comme depuis toujours un pays féodal ou le peuple est férocement exploité, et reste une société de castes avec les plafonds de verre que cela implique.

    Avec les salaires les plus bas de l’Europe de l’Ouest, les ouvriers portugais n’échappent pas au dumping social, barré par une immigration venu d’Europe de l’Est, soit disant pour faire le travail que les portugais ne veulent plus faire, or près d’1 million de portugais ont immigré ces dernières année, notamment en France ou je peux rencontrer d’autres portugais venant ici faire les boulots qui ne voudraient plus faire au Portugal, à savoir, dans le bâtiment, l’agriculture et les ménages. Cherchez l’erreur.

    Par contre, les classes dirigeantes et les oligarchies du secteur privé se sont parfaitement adapté à toutes les avanies importées des EU, autrement appelé “l’école de Chicago” avec le système des PPP’s (partenariat publique et privé) où depuis maintenant plus de dix ans c’est la fête tout les jours avec la mutualisation des pertes.

    Je ne parle même pas des gigantesques magouilles bancaires qui ont été effectué lorsque Vitor Canstancio était gouverneur de la Banque du Portugal, celui-ci étant désormais vice directeur de la BCE chargé de superviser les banques européennes, cherchez l’erreur.

    Décédé depuis, nous avions Antonio Borges qui en tant que vice directeur de Goldman Sach a truqué les compte de la Grèce avant de tout balancer en délit d’initié afin que cette banque ne spécule à la baisse sur la dette grecque. Ce doit être pour toutes ces raisons qu’il a été promu responsable du FMI pour la zone européenne, encore une fois cherchez l’erreur.

    On a encore un Barroso, découvert en 1974 par Frank Carlucci et qui a vu toutes ses études financées par la CIA, miraculeusement projeté Commissaire Européen alors qu’il a été parfaitement inutile pour son pays et encore moins pour l’Europe, à peine présenté virtuellement comme un génie de la politique, une étoile montante par des magazine suisse, on se demande vraiment pourquoi.

      +12

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  • Fulub // 05.11.2015 à 22h27

    Il y a bien longtemps que les peuples des pays membres ont perdu leur souveraineté et ne décident plus rien. La mise en place du système européen a précisément pour but de faire perdre aux états membres leur souveraineté populaire et donc leur caractère de Démocratie.

    Je crois que ce qui s’est passé en Grèce et que ce qui se passe maintenant au Portugal en est la preuve évidente.

    Bien sur, il y en aura toujours pour douter de cette perte de souveraineté, ou d’espérer encore qu’un sursaut pourrait se produire, mais c’est de l’utopie pure et simple, car ce sont les forces de la finance qui décident et dirigent tout.

    Nous allons vers une dictature de type soviétique, car le fonctionnement de l’Europe peut se résumer ainsi :

    La Commission qui décide de tout et n’est pas élue, ressemble au Politburo,

    Le Parlement qui ne décide de rien, ou presque, ressemble à la Douma qui ratifie les décisions du Politburo.

      +10

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  • aleksandar // 06.11.2015 à 09h05

    Il y a au moins un point positif dans tout cela.
    Les anglais sont quand même très pointilleux concernant la démocratie et les choix politiques consécutifs aux élections et Ambrose Evans-Pritchard est un journaliste réputé.
    Ce genre de magouille européenne fait probablement avancer l’idée de la sortie de la GB de l’UE dans l’opinion publique.

      +1

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  • BA // 06.11.2015 à 18h59

    Vendredi 6 novembre 2015, vers 18 heures 24 :

    ALERTE – Portugal : le Parti communiste annonce un accord avec le PS en vue d’un gouvernement de gauche.

      +1

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  • Jaime Horta // 06.11.2015 à 20h37

    Je ne vois pas comment ils peuvent former un gouvernement autre que provisoire, puisqu’il faut obligatoirement passer par les urnes afin d’élire un nouveau premier ministre qui constituera un nouveau gouvernement. En aucun cas Antonio Costa ne peut gouverner sans être élu, il n’en a d’ailleurs pas le charisme ni même une grande volonté de gouverner.

      +0

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  • Xavier // 06.11.2015 à 20h52

    S’il fallait confirmer le terme de démagocratie alors c’est fait.

    Clairement le peuple, s’il se tait, admet préférer une dictature confortable à vivre libre et debout avec les risques et inconvénients que cela comporte.

    En fait nous sommes dans le même cas mais voudrions croire que non…

    Le pouvoir va maintenant jouer de plus en plus sur le “nous ou bien le chaos”.

    Nous ne sommes décidément pas bcp plus que les autres animaux… Électroencéphalogramme du cortex associatif pré frontal quasi-plat…

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  • FifiBrind_acier // 07.11.2015 à 08h12

    La Gauche portugaise vient de se mettre d’accord sur “la défense de l’emploi, les salaires et les retraites”. C’est la suite qui va être intéressante… .

    Les Traités européens empêchent qu’un gouvernement puisse faire des politiques intérieures nationales. Comment vont -ils faire pour faire le contraire de ce qu’exige la Troïka avec ses “réformes structurelles”? Alors que le PS portugais et le Bloc de Gauche ne veulent ni sortir de l’ UE, ni de l’euro, comment vont-ils faire une politique intérieure nationale?
    Les Portugais vont se faire syriser, comme les Grecs.

    Viviane Reding: ” Il n’y a plus de politiques intérieures nationales, il n’y a plus que des politiques européennes.”
    http://www.dailymotion.com/video/x11kkuc_viviane-reding-il-n-y-a-plus-de-politiques-interieures-nationales-il-n-y-a-plus-que-des-politiques-e_news

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