Source : Democracy Now, le 04-04-2017

L’interview complète de 70 minutes avec Noam Chomsky sur Democracy Now ! avec un retour aujourd’hui sur les 75 premiers jours de Donald Trump à la Maison-Blanche, et bien plus encore !

AMY GOODMAN : Bienvenue sur Democracy Now !, democracynow.org. Le rapport sur la Guerre et la Paix. Je suis Amy Goodman.

JUAN GONZALEZ : Et je suis Juan Gonzalez. Bienvenue à tous nos auditeurs et spectateurs à travers le pays et à travers le monde.

Il y a soixante-quinze jours aujourd’hui, Donald Trump était investi 45e président des États-Unis. Sur le plan international, Trump a élargi les opérations militaires américaines en Irak, en Syrie, au Yémen et en Somalie, tout en reprenant les ventes d’armements au Bahreïn. Ce lundi, il a accueilli à la Maison-Blanche le dirigeant égyptien, le général Abdel Fattah Al-Sissi, alors que des milliers d’opposants restent internés en Égypte. Au siège des Nations Unies, l’administration Trump a mené le boycott des discussions portant sur l’interdiction des armes nucléaires, tandis qu’elle militait pour l’accroissement de l’arsenal nucléaire états-unien. Trump a de plus menacé d’agir unilatéralement contre la Corée du Nord.

Sur le front de l’environnement, Trump a choisi d’affecter les deniers du climat à l’Agence de Protection de l’Environnement et au Département de l’Énergie, et a sabré les programmes de l’EPA contre le changement climatique. Le budget de Trump appelle à une augmentation sans précédent des dépenses militaires de 54 milliards de dollars, tout en mettant fin à des dizaines de programmes environnementaux, de logement, diplomatiques et éducatifs. Trump demande également une augmentation de près de 3 milliards de dollars le financement du ministère de la Sécurité Intérieure, en grande partie pour payer l’agrandissement du mur frontalier et l’embauche de 1 500 nouveaux agents de la patrouille frontalière et de l’ICE.

AMY GOODMAN : Cependant, l’agenda de Trump a connu des revers judiciaires et législatifs. Les tribunaux fédéraux ont bloqué la mise en place de deux interdictions de voyager visant les résidents de six pays majoritairement musulmans. Et au Congrès, Trump a échoué dans sa tentative d’abrogation de l’Obamacare, qui aurait privé d’assurance-maladie 24 millions de personnes tout en accordant aux riches une baisse massive d’impôts. Pendant ce temps, son administration est confrontée à une enquête du FBI sur ses relations avec la Russie avant l’élection. Tout cela a créé un mouvement de résistance qui se développe dans tout le pays.

Pour aider à comprendre où en est le pays après 75 jours d’administration Trump, nous sommes en compagnie de l’un des opposants les plus connus au monde, le linguiste et militant Noam Chomsky, professeur émérite au Massachusetts Institute of Technology, où il a enseigné durant plus de 50 ans. Il est l’auteur de plus d’une centaine de livres. Son dernier livre sort aujourd’hui. Il s’intitule « Requiem pour le Rêve américain : les 10 principes de concentration de la richesse et de la puissance. »

Noam Chomsky, bienvenue à nouveau à Democracy Now ! C’est génial de vous avoir avec nous.

NOAM CHOMSKY: Ravi d’être avec vous à nouveau.

AMY GOODMAN: Alors, pourquoi ne pas commencer, en ce 75e jour, par votre évaluation des événements de ces premiers mois ?

NOAM CHOMSKY : Eh bien, je pense qu’ils ont été très bien saisis par un éditorial du Los Angeles Times, qui parlait tout simplement de « déraillement de train ». Mais c’est très cohérent, très systématique. Tout ce qui peut être utile aux gens ordinaires, aux travailleurs, aux gens de la classe moyenne, aux gens dans la rue, tous les programmes allant dans ce sens doivent être anéantis. Tout ce qui ajoute à la richesse et au pouvoir ou qui augmente l’utilisation de la force, tout cela nous le poursuivons.

Et c’est fait – il existe un système à deux niveaux qui fonctionne – je présume, consciemment, tellement systématique qu’il est difficile d’en douter. L’équipe de Bannon-Trump veut s’assurer qu’ils dominent les manchettes. Donc, quoi qu’ils fassent, c’est ce que les gens regardent, et une folie après l’autre, l’hypothèse étant apparemment que vous oublierez les anciennes au moment où les nouvelles arriveront. Donc, personne ne parle plus des 3 millions d’immigrants illégaux qui ont voté pour Clinton. Cette folie-là, nous l’avons oubliée. Nous en sommes à la prochaine, puis nous passerons à la suivante. Pendant que cela occupe le devant de la scène, les opérations budgétaires et de planification style Paul Ryan se déroulent tranquillement en arrière-plan, mettant en pièces tout élément de gouvernement qui pourrait aider les gens aujourd’hui ou demain. C’est le but de la destruction du système environnemental. Ce n’est pas seulement dans l’EPA [NdT : Environmental Protection Agency] qu’on a taillé. La plupart des programmes environnementaux étaient en fait dans le Département de l’Énergie. Leurs programmes de recherche et d’action ont été très gravement amputés.

JUAN GONZÁLEZ : Et que faites-vous concernant – lorsque vous parlez d’anéantissement, clairement, l’un de leurs grands échecs a été leur incapacité à mettre fin à l’Obamacare. Pourriez-vous nous parler de ce que vous voyez maintenant comme options pour le système de santé du pays, que vont-ils tenter de faire et quelle est la probabilité ?

NOAM CHOMSKY : En fait, il y a eu un sondage assez intéressant à ce sujet il y a quelques jours, qui demandait simplement aux gens ce qu’ils préféraient. La proposition des Républicains correspondait à la réponse la moins choisie. Je pense qu’à peu près 15 pour cent de la population étaient prêts à l’accepter. Un peu plus choisi était le système existant, qu’on appelle l’Obamacare. Et à ce propos, ça vaut la peine de se rappeler que beaucoup de gens ne savent pas que l’Obamacare et la loi sur les Soins Abordables sont la même chose. Donc, on a des opinions négatives vis-à-vis de l’Obamacare, résultat de beaucoup de propagande, mais des opinions plus positives à l’égard de la Loi sur les Soins Abordables, en raison de ce que les gens voient.

Le plus populaire de tous les items, pour plus de la moitié des gens, était l’option dite publique, un programme de protection de la santé garanti par le gouvernement, ce qui est assez remarquable car personne ne prône publiquement cela. Mais depuis des décennies, il y a des résultats de sondages cohérents qui montrent que lorsqu’on demande aux gens ce qu’ils veulent, ils indiquent que c’est ce qu’ils veulent. Et, effectivement, c’est à peu près la seule proposition qui ait un sens. Le système de santé américain est un scandale international. Il coûte grosso modo le double par habitant de celui des pays comparables, et est l’un de ceux qui produit les pires résultats, principalement parce qu’il est privatisé, extrêmement inefficace, bureaucratisé, beaucoup de paiements sur factures, beaucoup de fonctionnaires, des tonnes d’argent gaspillé, le système de soins est entre les mains d’établissements  qui recherchent le profit et qui ne sont pas des établissements de santé, bien sûr. Et depuis des décennies, les gens préféreraient ce que tous les autres pays ont, d’une manière ou d’une autre : soit des soins de santé nationaux directs, soit des soins de santé fortement réglementés par l’État comme, par exemple, en Suisse. Parfois, le soutien est étonnamment élevé. Ainsi, à la fin des années Reagan, par exemple, environ 70 pour cent de la population pensaient que les soins de santé garantis devraient être une garantie constitutionnelle, parce que c’est un desideratum si évident. Et environ 40 p. 100 pensaient que c’était déjà dans la Constitution. La Constitution étant cette collection sacrée de tout ce qui est raisonnable, donc cela devait y être.

Mais ça ne compte tout simplement pas ce que les gens pensent. Quand Obama a mis en place son propre programme, je pense que l’option publique était soutenue par presque les deux tiers de la population, mais on l’a simplement tuée. Quand c’est – parfois, c’est discuté dans la presse, le New York Times et d’autres journaux. Et ils le mentionnent. Ils disent que c’est une possibilité, mais qu’elle est politiquement impossible, ce qui est correct si cela signifie que vous ne pouvez pas la mettre en place avec les sociétés pharmaceutiques et les institutions financières. C’est politiquement possible dans ce qu’on appelle la démocratie. Parfois, on parle de «manque de soutien politique», ce qui signifie manque de soutien par les institutions qui comptent vraiment. Il y a une partie de la population sur le côté, mais nous pouvons les ignorer, oui.

AMY GOODMAN : Pensez-vous qu’il pourrait y avoir une sorte de moment « Nixon en Chine » avec Trump ? Il a, par le passé, exprimé son soutien au concept du payeur unique. Il est extrêmement en colère à l’heure actuelle contre le Caucus de la Liberté. Il ne peut pas décider qui sont le plus, les plus méchants, le Caucus de la Liberté ou les Démocrates. Il fait des allers et retours. Pensez-vous qu’il pourrait tout rejeter ? Ou est-ce qu’on va suivre la tendance observée ces derniers jours, où il semble qu’ils vont relancer le sujet dans le sens voulu par ce qu’on appelle le Caucus de la Liberté ?

NOAM CHOMSKY : Je pense qu’ils vont probablement le réviser. Trump est partout. Vous ne savez pas ce qu’il croit. Il dit presque tout ce qui lui vient à l’esprit à 3 heures du matin. Mais les gens qui définissent vraiment la politique à l’arrière-plan – essentiellement, les Républicains d’extrême droite de Ryan – ils savent ce qu’ils font. Et ils veulent détruire tous les aspects du système de soins bénéfiques pour le grand public, c’est-à-dire les politiques systématiques. Probablement, ce qui se passera, c’est le genre de compromis qui a déjà été discuté, des États qui auront le droit de se retirer de tout ce qu’est le programme fédéral, ce qui pourrait satisfaire le Caucus de Liberté d’extrême droite, en rendant le résultat encore pire que la proposition actuelle des Républicains.

JUAN GONZÁLEZ : Je voudrais maintenant aborder…

NOAM CHOMSKY : D’ailleurs aujourd’hui même, un État – je pense que c’est le Kansas – a rejeté le projet de développement de Medicaid. Je veux dire que tout ce qui pourrait aider les gens dans le besoin doit être balayé.

JUAN GONZÁLEZ : Noam Chomsky, j’aimerais vous interroger à propos de quelque chose qu’on a beaucoup vu dans les actualités dernièrement. A l’évidence, toutes les chaînes du câble, c’est tout ce dont elles parlent ces temps-ci, c’est toute cette histoire de l’interférence supposée de la Russie dans les élections américaines. Pour un pays qui est intervenu dans tant de gouvernements et tant d’élections sur la planète, c’est plutôt un drôle de sujet. Mais je sais que vous l’avez mentionné comme une plaisanterie. Pouvez-vous nous donner votre point de vue sur ce qu’il se passe et pourquoi il y a une telle insistance sur ce problème particulier ?

NOAM CHOMSKY : C’est un fait plutôt remarquable que – avant toute chose, c’est une plaisanterie. La moitié du monde est écroulée de rire. Les États-Unis ne se contentent pas d’interférer dans des élections. Ils renversent des gouvernements qui ne leur plaisent pas, instituent des dictatures militaires. Dans le seul cas de la Russie – c’est le moindre des exemples – le gouvernement américain, sous Clinton, est intervenu de manière flagrante et ouverte, avant d’essayer de le cacher, pour promouvoir son homme, Eltsine, de toutes les manières possibles. Alors, tout cela, comme je le disais, est considéré – fait des États-Unis, à nouveau, la risée du monde entier.

Alors, pourquoi les Démocrates se focalisent-ils là-dessus ? En fait, pourquoi se focalisent-ils autant sur le seul élément du programme de Trump qui soit plutôt raisonnable, le seul rayon de lumière dans ces ténèbres : tenter de réduire les tensions avec la Russie ? C’est – les tensions aux frontières russes sont extrêmement sérieuses. Elles pourraient dégénérer en une guerre majeure, ultime. Les efforts pour les réduire devraient être applaudis. Il y a deux jours, l’ancien ambassadeur américain en Russie, Jack Matlock, a affirmé publiquement qu’il ne pouvait pas croire qu’on porte une telle attention aux efforts présumés de l’administration entrante pour établir des liens avec la Russie. Il a dit : « Bien sûr, c’est exactement ce qu’ils avaient à faire. »

Alors, en attendant, ce sujet est le premier motif d’inquiétude et de critique, quand, dans le même temps, se déroulent étape par étape, des politiques qui sont extrêmement destructrices et dommageables. Alors, vous savez, oui, peut-être que les Russes ont essayé d’interférer dans l’élection. Ce n’est pas un problème majeur. Peut-être que les gens dans la campagne de Trump parlent à des Russes. Bien, OK, pas un problème majeur, certainement moins que ce qui est fait constamment. Et il y a une sorte de paradoxe, je trouve, à ce que le seul problème qui semble enflammer l’opposition démocrate soit la seule chose qui ait des des aspects raisonnables et quelques justifications.

AMY GOODMAN : Eh bien, bien sûr, parce que les Démocrates ont le sentiment que c’est la raison, quelque part, pour laquelle ils ont perdu l’élection. Intéressant que James Comey, cette semaine, ait dit qu’il enquêtait sur les collusions de la campagne de Trump avec la Russie, car c’est Comey lui-même qui pourrait être – qui pourrait bien être partiellement responsable de la défaite de Hillary Clinton, quand il a dit qu’il enquêtait sur elle, alors que, comme nous l’avons appris, il enquêtait dans le même temps sur Donald Trump, mais cela, il ne l’a jamais dit.

NOAM CHOMSKY : Eh bien, vous pouvez comprendre pourquoi les responsables du Parti démocrate veulent essayer de trouver une responsabilité au fait – à la façon dont ils ont complètement loupé l’élection et ont raté une occasion parfaite de gagner, l’ont remise à l’opposition. Mais ce n’est pas une justification pour laisser les politiques de Trump glisser tranquillement, des politiques dont beaucoup ne sont pas seulement nuisibles à la population, mais extrêmement destructrices, comme la politique sur le changement climatique, tandis qu’on se concentre sur quelque chose qui pourrait être une avancée, si elle était adaptée et s’efforçait sérieusement de réduire les tensions croissantes et dangereuses sur la frontière russe, là où elles pourraient exploser. Les manœuvres de l’OTAN se déroulent à quelques  centaines de mètres de la frontière russe. Les avions à réaction russes bourdonnent autour des avions américains. Ceci – quelque chose pourrait leur échapper très facilement. Les deux parties, en attendant, renforcent leurs forces militaires, en ajoutant – les États-Unis le font – une chose qui préoccupe beaucoup les Russes est l’installation par les États-Unis de soi-disant missiles anti-balistiques à proximité de la frontière russe, prétendument pour protéger l’Europe contre des missiles iraniens inexistants. Personne ne croit cela sérieusement. C’est interprété comme une menace de première frappe. Ce sont des problèmes graves. Des gens comme William Perry, qui a une carrière exemplaire de stratège nucléaire et n’est pas du tout un alarmiste, dit que nous sommes revenus à l’un des plus graves moments de la guerre froide, si ce n’est pire. C’est vraiment grave. Et des efforts pour tenter de calmer cela seraient vraiment bienvenus. Et nous devons garder à l’esprit que c’est la frontière russe. Ce n’est pas la frontière mexicaine. Il n’y a pas de manœuvres du Pacte de Varsovie en cours au Mexique. Et c’est une frontière sur laquelle, plutôt raisonnablement, les Russes sont assez chatouilleux.

Ils ont été quasiment détruits plusieurs fois au siècle dernier dans cette région précisément.

JUAN GONZÁLEZ : De manière comparable avec la menace croissante liée aux armes nucléaires qui vous préoccupe, il y a les manœuvres au large des côtes de la Corée et les mots que nous avons entendus du président Trump ces derniers jours, que si la Chine ne s’occupe pas de la Corée du Nord, les États-Unis le feront. Pouvez-vous déjà nous parler de cette politique qui se développe vis-à-vis de la Corée et vis-à-vis de la Chine ?

NOAM CHOMSKY : Eh bien, il est intéressant d’examiner le dossier. L’affirmation est « Bien, nous ayons tout essayé. Rien ne fonctionne. Par conséquent, nous devons utiliser la force ». Est-il vrai que rien n’a fonctionné ? Je veux dire, il y a un dossier, après tout. Et si vous regardez le dossier, c’est intéressant.

En 1994, Clinton a fait, a établi ce que l’on a appelé l’Accord-cadre avec la Corée du Nord. La Corée du Nord mettrait fin à ses efforts pour développer des armes nucléaires. Les États-Unis réduiraient les actes hostiles. Cela fonctionnait plus ou moins. Aucun des deux camps ne respectaiit totalement l’accord, mais, jusqu’en 2000, la Corée du Nord n’avait pas poursuivi ses programmes d’armes nucléaires. George W. Bush est arrivé et a immédiatement lancé une attaque contre la Corée du Nord – vous savez, « l’axe du mal », les sanctions et ainsi de suite. La Corée du Nord s’est tournée vers la production d’armes nucléaires. En 2005, il y a eu un accord entre la Corée du Nord et les États-Unis, un accord assez judicieux. La Corée du Nord a accepté de mettre fin à son développement d’armes nucléaires. En retour, elle demandait un pacte de non-agression. Donc, arrêt des menaces hostiles, allègement de la sévérité des sanctions et mise en place d’un système pour fournir à la Corée du Nord de l’uranium faiblement enrichi à des fins médicales et autres, c’était la proposition. George Bush l’a immédiatement mise en pièces. En quelques jours, les États-Unis imposaient – essayaient de perturber les transactions financières nord-coréennes avec d’autres pays par Macao et autres. La Corée du Nord a reculé, a recommencé à construire des armes nucléaires. Je veux dire, peut-être que vous pouvez penser que c’est le pire régime de l’histoire, ou ce que vous voulez, mais ils suivent une politique assez rationnelle de prêté pour un rendu.

Et pourquoi développent-ils des armes nucléaires, finalement ? Je veux dire, l’économie est en mauvais état. Ils pourraient certainement utiliser autrement les ressources. Tout le monde comprend que c’est dissuasif. Et ils ont une proposition en fait. Il y a une proposition sur la table. La Chine et la Corée du Nord ont proposé que la Corée du Nord mette fin à son développement des armes nucléaires. En contrepartie, les États-Unis devraient arrêter de mener des manœuvres militaires menaçantes avec la Corée du Sud juste sur sa frontière. Ce n’est pas une proposition déraisonnable. Elle est tout simplement ignorée. En fait, Obama l’avait ignorée également. Il est possible de prendre des mesures pour atténuer ce qui pourrait être une crise extrêmement grave. Je veux dire, si les États-Unis ont décidé d’utiliser la force contre la Corée du Nord, une réaction immédiate, selon les sources militaires disponibles, est que Séoul, la ville de Séoul, serait simplement anéantie par l’artillerie de masse nord-coréenne qui la cible. Et qui sait vers quoi nous irions, après cela ? Mais la possibilité de produire – d’avancer vers un accord diplomatique négocié ne semble pas si farfelue. Je veux dire, cette proposition sino-nord-coréenne mérite vraiment d’être sérieusement prise en considération, je pense.

Et ça vaut la peine de garder à l’esprit que la Corée du Nord a de la mémoire. Ils ont été pratiquement détruits par des bombardements parmi les plus intensifs de l’histoire. Le bombardement, vous devriez, ça vaut la peine de le lire. Peut-être que vous devriez lire, les gens, l’histoire officielle de l’Air Force sur le bombardement de la Corée du Nord. C’est bouleversant. Je veux dire, ils avaient aplati le pays. Il ne restait plus de cibles. Donc, ils ont décidé, eh bien, nous allons attaquer les barrages, ce qui est un crime de guerre, bien sûr. Et la description de l’attaque des barrages est – sans le libellé exact, je déteste la paraphrase. Vous devriez vraiment le lire : simplement, ils exaltaient, dans les histoires officielles, Air Force Quarterly et d’autres – la perspective magnifique de voir cette énorme quantité d’eau déferler sur la Corée du Nord en balayant les cultures. Pour les Asiatiques, les cultures de riz sont leur vie. Cela les détruira. Ce sera magnifique. Les Nord-Coréens en vivaient. Et avoir des B-52 équipés de bombes nucléaires qui survolent leur frontière n’est pas une blague.

Mais, de manière plus significative, il y a un bilan de succès partiel dans les initiatives diplomatiques, l’échec total des sanctions et des mouvements durs, et les options sur la table qui pourraient être suivies. Au lieu de se tracasser sur le fait que quelqu’un ait parlé aux Russes, c’est le genre de chose qui devrait être – qui devrait être poursuivie très sérieusement. C’est à cela que les Démocrates ou ceux qui espèrent une forme de paix et de justice devraient travailler.

AMY GOODMAN : Ce qui nous amène à la Chine. Le président Trump a déclaré : « Si la Chine ne résout pas le problème de la Corée du Nord, nous le ferons ». Êtes-vous préoccupé par le fait que Trump, le plus bas des présidents en terme de popularité, qui a subi défaite après défaite, puisse attaquer et essayer de mettre l’accent sur un ennemi étranger ? Mais en même temps, vous avez la Chine en visite aux États-Unis, cette réunion qu’il va avoir avec le leader chinois Xi à Mar-a-Lago, également très intéressante, étant donné que c’est un terrain de golf, n’est-ce pas ? Xi déteste le golf et a interdit aux membres du Parti Communiste d’y jouer. Est-ce plutôt à cause de Trump qui pense qu’il a plus de facilité pour limiter la couverture de presse ou l’information sur ses rencontres, quand elles se tiennent dans sa propriété privée ? Mais surtout, quel est l’agenda et quelle est notre relation avec la Chine ?

NOAM CHOMSKY : Comme vous savez, l’un des incidents intéressants a été la discussion publique sur les problèmes de sécurité importants dans ce complexe touristique, peuplé de gens assis en train de prendre du café et des boissons. Peut-être qu’ils gardent la presse dehors, mais ils ne semblent pas exclure les hôtes.

AMY GOODMAN : Eh bien, pas s’ils paient 200 000 dollars par an et qu’ils sont membre de Mar-a-Lago.

NOAM CHOMSKY : Exact. si c’est le cas, vous passez à travers le filtrage.

AMY GOODMAN : Et vous pouvez avoir des photos, des selfies, avec l’homme qui détient les codes nucléaires.

NOAM CHOMSKY : Le « football. »

AMY GOODMAN : Le « football. »

NOAM CHOMSKY : Il est extrêmement imprévisible. Mais ça – les relations avec la Chine, c’est un problème extrêmement grave. La Chine ne reculera pas sur ses revendications fondamentales, par exemple sur Taiwan. Et si Trump – beaucoup de ce que la Chine exige, je pense, est – et ça ne devrait pas l’être — est inacceptable. Ça ne devrait pas, ce n’est pas acceptable sur le plan international. Mais une réaction qui passerait par l’utilisation de la force est tout simplement extraordinairement dangereuse. Je veux dire, vous ne pouvez pas jouer à ce jeu dans les affaires internationales. Nous sommes trop proches de nous détruire. Regardez le dossier de… tout au long de l’ère nucléaire, des actions accidentelles, parfois accidentelles, parfois du genre irrationnel. C’est presque miraculeux que nous ayons survécu.

Et quoi qu’il en soit, pour avoir une bonne estimation de ce danger, regardez le meilleur indicateur de la situation de la sécurité mondiale que nous ayons sous forme d’une mesure simple, à savoir l’horloge Doomsday du Bulletin des scientifiques atomiques. Elle est mise à jour chaque année, depuis 1947, le début de l’ère nucléaire, par un groupe de spécialistes sérieux, des scientifiques, des analystes politiques entre autres, qui tentent de mesurer le danger auquel l’espèce humaine est confronté. Minuit signifie que nous sommes finis. En 1947, l’horloge était réglée à minuit moins sept minutes. En 1953, juste après que les États-Unis et la Russie aient testé les bombes à hydrogène, les armes thermonucléaires, elle est passée à minuit moins deux minutes. C’est le plus proche qu’elle ait été du désastre total. À l’heure actuelle, dès que Trump est arrivé, elle est passée à minuit moins deux minutes et demie, à la fois en raison de la menace nucléaire, reconnue comme sérieuse, et de la menace de catastrophe environnementale, qui n’avait pas été prise en compte les années précédentes, et qui l’est maintenant.

Ce sont, de manière écrasante, les problèmes les plus cruciaux qui se posent à nous. En comparaison, tout le reste s’efface dans l’insignifiance. Ce sont littéralement des questions de survie. Et minuit moins deux minutes et demie signifie un danger extraordinaire. Ce devrait être l’objet principal d’attention. Et c’est tout à fait étonnant de voir comment c’est ignoré. Tout au long de la campagne électorale, il n’y en a eu pratiquement aucune mention. Chaque candidat républicain, chacun, en ce qui concerne le climat, soit a nié ce qui se passe soit a dit – les modérés, comme Jeb Bush, Kasich, ont dit : « Eh bien, peut-être que cela se passe, mais c’est pas grave. Nous n’avons rien à faire à ce sujet. »

AMY GOODMAN : Les États-Unis ont simplement mené le boycott des négociations aux Nations Unies sur l’interdiction du nucléaire.

NOAM CHOMSKY : Sur l’interdiction du nucléaire. Elles se sont jointes aux autres puissances nucléaires, malheureusement. Il y a — il y a aussi la question du Traité d’interdiction complète des essais. Il y a maintenant trois puissances nucléaires qui ont refusé de le ratifier : la Chine, les États-Unis et Israël. Et si les tests recommencent, c’est un danger extrêmement grave. Comme je l’ai mentionné, c’était lorsque les premiers essais ont été réalisés que l’horloge Doomsday était à minuit moins deux minutes.

Il y a le problème du nouveau traité START, un traité – il y a eu une réduction insuffisante, mais significative, des armes nucléaires depuis la fin de la guerre froide. Le nouveau traité START est censé la faire avancer. La Russie et les États-Unis ont la majorité écrasante des armes nucléaires. Et cela en réduirait le nombre, mais aussi les plus menaçantes. Trump a indiqué – je ne sais pas – personne ne sait ce qu’il veut dire, mais il a indiqué que c’est ce qu’il appelle une mauvaise affaire pour les États-Unis, ce qui suggère peut-être que nous devrions en sortir, ce qui serait une catastrophe. Je veux dire, ce sont des problèmes majeurs. Et le fait qu’ils soient à peine discutés est un indicateur éclatant du niveau de la civilisation contemporaine.

JUAN GONZÁLEZ : Noam Chomsky, je voulais vous demander : les gens de gauche ont l’habitude de considérer globalement le gouvernement américain comme étant au service de la classe capitaliste, les politiciens. De temps en temps, on a eu un Rockefeller ou un membre véritable de la classe capitaliste qui entre au gouvernement. Mais maintenant, avec cette administration Trump, c’est un nombre extraordinaire de personnes extrêmement riches qui sont  de fait entrées directement au gouvernement. Et pourtant, on voit cette histoire qu’ils reçoivent le soutien de la classe ouvrière blanche du pays. Pourriez-vous parler de cela, les capitalistes qui prennent  le contrôle direct du gouvernement ?

NOAM CHOMSKY : Eh bien, comme vous dites, ils l’ont toujours eu. Les indications simples, rien que le financement de la campagne, une indication simple comme celle-là, est un prédicteur très fiable, non seulement de la victoire électorale, mais même de la politique ensuite. C’est vrai depuis un siècle. Et si on regarde l’analyse des attentes populaires – un sujet majeur de la science politique universitaire compare les attentes populaires et les politiques publiques. C’est plutôt simple. La politique publique, vous pouvez la voir. Les attitudes populaires, nous en connaissons beaucoup à partir de sondages approfondis. Et les résultats sont assez surprenants. Il s’avère qu’environ 70 pour cent des votants, soit peut-être la moitié du corps électoral, environ 70 pour cent des électeurs sont littéralement des laissés-pour-compte, les 70 pour cent inférieurs de l’échelle des revenus, c’est à dire que leurs propres représentants ne font pas attention à leurs attentes et préférences. Si vous vous déplacez vers le haut de  l’échelle des revenus, vous obtenez un peu plus de corrélation, plus, un peu plus d’influence. Le plus haut, qui est probablement une fraction de 1 pour cent, si vous pouviez obtenir les données, c’est là que la politique se définit. L’administration Trump est une sorte de caricature de cela. C’est toujours très vrai. Mais ici, c’est comme s’ils tentaient d’étaler le fait que ce pays est géré par Goldman Sachs et les milliardaires, et que personne d’autre ne compte.

JUAN GONZÁLEZ : Wilbur Ross, Betsy DeVos.

NOAM CHOMSKY : Oui, tous. Je veux dire, c’est presque comme une parodie choquante, comme s’ils essayaient de montrer : « Ouais, ce que nous savons tous est vrai, c’est profondément vrai, et nous allons vous le montrer. »

L’intéressant – une question intéressante, celle que vous soulevez, est : comment font-ils pour garder le soutien des gens qu’ils sont en train de cogner au visage ? Ce n’est pas inintéressant. Et si vous examinez cela, il y a plusieurs facteurs. Tout d’abord, beaucoup des électeurs de Trump, des électeurs de la classe ouvrière blanche, beaucoup d’entre eux ont voté pour Obama en 2008. Si vous remontez à la campagne d’Obama, les mots frappants étaient « espoir » et « changement ». Je ne suis généralement pas d’accord avec Sarah Palin, mais quand elle a demandé: « Où est ce bidule « d’esperage-changeage » (« Where’s this hopey-changey stuff ») ? », elle ne disait pas une insanité. Il est vite devenu clair qu’il n’y avait pas d’espoir et qu’il n’y avait pas de changement. Et les travailleurs ont vraiment perdu leurs illusions. Vous pouvez le voir au Massachusetts, où, lorsque Kennedy est mort, vous savez, le « lion libéral ». Il se trouve qu’il y a eu un vote pour le remplacer, en 2010. Étonnamment, c’est un Républicain qui a gagné, dans le Massachusetts démocrate, le siège de Kennedy. Et les électeurs syndiqués n’ont pas voté pour les Démocrates. Ils étaient très en colère d’avoir été trompés, ils le sentaient, à juste titre, par la campagne de promesses de Obama. Et ils se sont tournés vers leur pire ennemi de classe, qui au moins dit les choses. Les Républicains ont acquis la technique de parler comme s’ils étaient des types ordinaires, vous savez, le genre de gars que vous rencontrez dans un bar, ce genre de choses. Cela remonte à Reagan et à ses bonbons à la gelée, et à Bush, vous savez, les mots mal prononcés, etc., et ainsi de suite. C’est un jeu joué d’avance. Et c’est un jeu de cons. Mais en l’absence d’opposition, ça marche.

Et qu’arrive-t-il quand il y a une opposition? C’est très frappant. Le fait le plus étonnant de la dernière élection, qui est la réussite de Sanders, c’est une rupture d’un siècle d’histoire politique américaine. Comme je l’ai dit, vous pouvez prédire très bien les résultats électoraux, grâce au seul financement des campagnes. D’autres facteurs l’intensifient. Voici Sanders, quelqu’un dont personne n’a jamais entendu parler. Aucun soutien des riches, aucun soutien des entreprises. Les médias l’ont ignoré ou dénigré. Il a même utilisé un mot effrayant, « socialiste ». Il est sorti de nulle part. Il aurait remporté la nomination du Parti démocrate s’il n’y avait pas eu les magouilles des chefs de parti Obama-Clinton qui l’ont empêché d’entrer. Il aurait pu être le président. A partir de rien. C’est une rupture incroyable. Cela montre ce qui peut arriver lorsqu’on propose des politiques qui répondent aux préoccupations générales, qui concernent une grande partie de la population.

AMY GOODMAN : Pensez-vous qu’il pourrait encore gagner s’il se lançait à nouveau ?

NOAM CHOMSKY : Eh bien, il y a eu un sondage de Fox News, il y a quelques jours, Fox News, demandant qui est le – essayant de demander qui est votre personnage politique préféré. Sanders était largement en avance, loin devant, sans aucun soutien vocal et articulé dans cette concentration de pouvoir – les médias, les entreprises, ailleurs. En fait, si vous regardez les préférences politiques, vous voyez quelque chose de similaire. Nous avons déjà mentionné les problèmes concernant la Santé. C’est – problème après problème, une grande partie des gens qui votent vraiment pour leur pire ennemi de classe, si on s’en tient à la politique, qui favoriseraient vraiment les politiques social-démocrates, même les politiques environnementales.

AMY GOODMAN : Nous avons reçu via toutes sortes de moyens des centaines de questions pour vous interroger. L’une est de Ty Williams, qui pose via Twitter la question de l’exploitation par Trump de la peur. Ty demande, lorsque vous – « [pouvez-vous] développer vos commentaires dans AlterNet sur le fait que l’administration Trump pourrait mettre en scène une attaque ? Quel  parallèle historique avez-vous en tête ? »

NOAM CHOMSKY : Eh bien, en fait, la déclaration que j’ai faite était assez en sourdine. Ce n’était pas aussi fort que les titres l’indiquaient. Ce que j’ai souligné – et ce dont tout le monde, je pense, est conscient -, c’est que tôt ou tard ce jeu de cons ne va pas fonctionner. Les gens comprendront qu’il ne ramène pas les emplois. Il ne va pas recréer l’image en partie illusoire, en partie réelle, de ce qu’était la vie dans le passé, avec des emplois manufacturiers et une société qui fonctionnait, où vous pouviez aller de l’avant, et ainsi de suite. Il ne va pas créer cela.

Que se passe-t-il à ce moment-là ? Il faut faire quelque chose pour maintenir le contrôle. La technique évidente est celle du bouc émissaire. Donc, le culpabilité des immigrants, des musulmans, de n’importe qui. Mais cela ne peut marcher que jusqu’à un certain point. L’étape d’après serait, comme je l’ai dit, une prétendue attaque terroriste, ce qui est assez facile. En fait, c’est presque normal, comme les champignons atomiques de Condoleezza Rice. C’est facile à monter, de prétendues attaques. L’autre possibilité est une attaque par étapes d’un type mineur. Est-ce que ce serait difficile ? Prenez la technique du FBI, qu’ils utilisent constamment, de créer des situations de piégeage. Bien, supposons que l’un d’entre eux aille un peu trop loin, qu’on ne l’arrête pas juste à temps. Ce n’est pas difficile à calculer. Je ne l’anticipe pas particulièrement, mais c’est une possibilité. Et nous avons un pays très inquiet. Depuis des années, c’est probablement le pays le plus effrayé au monde. C’est aussi le pays le plus sûr au monde. Il est très facile de terrifier les gens.

Source : Democracy Now, le 04-04-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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7 réponses à L’interview complète : Noam Chomsky à propos des 75 premiers jours de Trump – et bien plus encore ! 1/2

  1. lois-economiques Le 17 juin 2017 à 20h39
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    Les gens comprendront qu’il ne ramène pas les emplois. Il ne va pas recréer l’image en partie illusoire, en partie réelle, de ce qu’était la vie dans le passé, avec des emplois manufacturiers et une société qui fonctionnait, où vous pouviez aller de l’avant, et ainsi de suite. Il ne va pas créer cela.

    C’est en effet impossible.
    Car les USA ont enrichie leur oligarchie en faisant produire à l’étranger ce qui auparavant était produit chez eux.
    Par ce mécanisme le pouvoir d’achat du consommateur US a été en partie sauvegarder pour ceux qui ont un emploi et surtout l’inflation contenue ce qui a permis au $ de rester crédible.
    Imaginons le processus inverse, la production revenu aux USA coûtera beaucoup plus chère aux consommateurs finaux sauf à avoir les marges des entreprises qui s’effondre et la bourse avec
    Ors aux USA la bourse est vitale pour le système de retraite lorsque les taux d’intérêts servis sont bas. Une bourse qui s’effondre c’est tout les système des retraites qui s’effondre.
    La relocalisation est donc tout bonnement impossible sauf si cette relocalisation se fait uniquement via des robots et donc quasiment aucun emploi créer.


  2. jef Le 18 juin 2017 à 02h59
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    Chomsky: “Voici Sanders, quelqu’un dont personne n’a jamais entendu parler. Aucun soutien des riches, aucun soutien des entreprises. Les médias l’ont ignoré ou dénigré. Il a même utilisé un mot effrayant, « socialiste ». Il est sorti de nulle part.(…)”
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernie_Sanders


    • christophe Le 18 juin 2017 à 05h06
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      à propos de Sanders, il faut relativiser… extrait : “Sanders est un démocrate en tout point, sauf en titre. Il fait partie du caucus démocrate. Il vote 98% du temps pour les Démocrates. Il soutient régulièrement les guerres impérialistes, l’arnaque corporatiste de l’Obamacare, la surveillance de masse et les budgets de défense colossaux. Il a fait campagne pour Bill Clinton lors de la course présidentielle de 1992, et lors de celle de 1996 — après que Clinton ait précipitament fait adopté l’ALENA (Accord de libre échange nord-américain), grandement étendu le système d’incarcération de masse et détruit les aides sociales — et pour John Kerry en 2004. Il a appelé à ce que Ralph Nader abandonne sa campagne présidentielle en 2004. Les Démocrates reconnaissent sa valeur. Ils récompensent Sanders pour son rôle de gardien du troupeau depuis déjà longtemps.”
      source : http://fr.sott.net/article/27746-Le-mouvement-illusoire-de-Bernie-Sanders


  3. PatrickLuder Le 18 juin 2017 à 04h40
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    Juste une question bête : La Chine et le Japon à eux seuls détiennent la moitié de la dette des USA, … est-ce simplement là la motivation du maintien des tensions avec des pays tels l’Iran (ou tout le moyen-orient), la Russie et la Corée du Nord, en fait, tous les pays bordant la Chine et le Japon ?

    Comment l’hégémonie financière des USA peut-elle se maintenir avec un dollar si malade et obsolète? Il n’y a vraiment que cela qui compte aux yeux du monde => une monnaie fictive et sans valeur ?


  4. AYIN BEOTHY Le 18 juin 2017 à 10h05
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    J’ai lu votre charte des commentaires. Vous ne voulez pas qu’on parle de climat, même en 2 lignes, même si vos invités en parlent. Publierez-vous ces 3 lignes ?
    “Trump est imprévisible” signifie seulement que Chomsky s’imagine tout savoir : quand qq’un dit qq chose que Chomsky n’avait pas prévu, Chomsky est largué.
    S’imaginer tout savoir est le propre du raisonnement socialo-communiste : écouter Friedrich Hayek à ce sujet et le lire.


  5. Thanos Le 18 juin 2017 à 14h36
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    Effectivement, mais bcp de “fans” de Chomsky n ont pas lu ses livres, ne connaissent pas “la génèse” de l existence de sa chair au MIT qui est l’héritage académique des conférence Macy (suivies d’ailleurs par l’armée et les services d’intelligence). Chomsky est la continuité philosophique et activiste de la pensée néo marxiste de l’école de Francfort qui donnera l étude et ouvrage méconnu “La personnalité anti autoritaire” visant à façonner un homme nouveau (comme toute les idéologies totalitaires modernes). La pensée de Chomsky constitue la matrice philosophique du néo conservatisme (dont les acteurs principaux se définissent comme “néo trotskystes”) et de l’open society de Soros : un monde ouvert, désétatisé, horizontalisé, intégré, interdépendant et fluide. Refus de la souveraineté, de l’autonomie et de la liberté individuelle au sens hayekien.
    Chomsky, comme militant, est la figure d’un constructivisme “socialiste” et “démocratique” (le du “camp du bien”) dont Hayek, qu’on aime critiquer sans le lire, a effectivement bien cerné les dangers “orwelliens/totalitaires”.


  6. Gglosmahnificos Le 19 juin 2017 à 05h29
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    Traduction laborieuse , fort pénible à lire….


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