Source : Consortium News, Robert Parry, 15-05-2017

Exclusif : des voix de l’Establishment multiplient les appels à la destitution du président Trump, même sans aucune preuve publique de collusion de sa campagne avec la Russie, rapporte Robert Parry.

L’affaire du Russia-gate a pris une étrange tournure depuis que les partisans de la destitution du président Trump disent que son renvoi devrait précéder l’achèvement de l’enquête et en fait, précéder d’avoir vu ce qu’il y a à voir – bien qu’un des objectifs de l’enquête au moins est que le gouvernement américain joue cartes sur table.

Le président Donald Trump prêtant serment  le 20 janvier 2017. (Capture d’écran du  Whitehouse.gov)

Carter Page, ancien conseiller en politique étrangère de la campagne de Trump, dont on dit qu’il serait sous le coup d’une enquête de contre-espionnage du FBI pour ses contacts avec les Russes, a appelé le procureur général adjoint Rod Rosenstein, qui supervise l’enquête, à publier immédiatement « tous les documents liés aux éventuelles écoutes téléphoniques pratiquées sur moi [par l’administration Obama] ».

De l’avis de Page, c’est bien le fait que l’administration Obama ait propagé des allégations sur les liens de la campagne de Trump avec la Russie qui représente « l’ingérence d’un gouvernement dans l’élection de 2016 », et non les prétendus piratages russes des e-mails des Démocrates et leur publication par WikiLeaks, ce qu’affirment les responsables des services de renseignement du président Obama mais que réfutent WikiLeaks et la Russie.

Pourtant, ce qui est peut-être le plus remarquable sur toute l’affaire du Russie-gate, c’est qu’elle est menée pratiquement sans partager aucune preuve avec le peuple américain. Ainsi, nous voici devant la perspective que l’Establishment politico-médiatique vise la destitution d’un président des États-Unis dûment élu, sans que les citoyens soient informés exactement des éléments de preuve existants et de leur importance.

Le point de mire de la destitution s’est déjà déplacé, depuis la question sous-jacente de savoir si la campagne de Trump a eu des collusions avec les Russes, au limogeage inepte du Directeur du FBI, James Comey par le président Trump. Celui-ci avait joué un rôle clé dans le naufrage de la campagne d’Hillary Clinton en ré-ouvrant l’enquête sur les éventuelles violations de sécurité provoquées par son utilisation d’un serveur de messagerie privé quand elle était secrétaire d’État; avant que Comey ne prenne une nouvelle fois la vedette en enquêtant sur les liens possibles de la campagne Trump avec la Russie.

Trump, dont l’aptitude à la présidence reste une préoccupation profonde pour de nombreux électeurs américains, a de nouveau montré son incompétence en virant Comey. On aurait pu penser que Trump – dont la marque de fabrique en tant qu’ancienne star de la télé-réalité – était « vous êtes viré ! » – aurait pu la mettre en veilleuse, mais apparemment pas.

Trump n’a même pas viré Comey en face à face, mais plutôt maladroitement, à longue distance. Ensuite, il a forcé ses subordonnés à justifier l’élimination abrupte de Comey par sa violation des protocoles du Département de la Justice,constituée en dévoilant l’enquête politiquement sensible sur Clinton d’une manière qui pouvait influencer une élection nationale. Mais Trump a démoli lui-même cette explication en lâchant des commentaires qui semblaient lier le limogeage de Comey à son manque de fidélité et à l’enquête russe.

Ce dernier mouvement bâclé montre à nouveau que Trump ne peut pas suivre l’une des règles les plus élémentaires en politique : respecter ses propres éléments de langage. Quand on voit ce que les Républicains ont fait avec la confusion initiale de l’administration Obama sur les causes de l’attaque du consulat américain de Benghazi, en Libye, en 2012, on pourrait penser que Trump aurait appris la leçon de peaufiner une histoire avant de la raconter, mais apparemment pas.

Quelle que soit la justification du limogeage de Comey, ce que Trump a fait a été de détourner le « scandale » du Russie-gate, des faits réels de l’affaire vers le processus de l’enquête. L’une des slogans officiels préférés de Washington est que « la dissimulation est pire que le crime » – bien qu’il s’agisse habituellement d’une bonne excuse pour les journalistes et les membres du Congrès qui n’ont pas les compétences nécessaires pour enquêter sur le crime sous-jacent ou déterminer si même il existe.

Un coup d’État en douceur

Tandis que l’indignation de l’Establishment à propos du limogeage de Comey se répandait, on aurait pu penser qu’il y aurait une préoccupation équivalente à l’encontre du FBI et des autres organismes de renseignement américains, quant à leur intervention pour influer sur les résultats électoraux, que ce soit pour torpiller Clinton et maintenant pour couler Trump.

Le directeur du FBI James Comey

La CIA, la NSA et le FBI ont joué un curieux rôle de fers de lance dans l’enquête sur le Russie-gate, notamment en sélectionnant au sein des trois organismes des « analystes confirmés », qui ont produit le 6 janvier un rapport clairement biaisé et presque sans preuves – ce qui soulève la question d’un « coup d’État en douceur » ou un « coup de l’État profond » pour annuler l’élection de 2016.

Compte tenu de la gravité d’une telle situation dans une république constitutionnelle qui se targue d’être l’étalon-or de la démocratie, on aurait pu s’attendre à ce que les services chargés de l’application de la loi et les services de renseignement fassent davantage d’efforts pour partager leurs preuves avec le peuple américain, dont le jugement électoral serait, en définitive, vidé de son sens : à la fois par l’intervention tardive de Comey contre Clinton et maintenant par la pression pour la destitution de Trump.

Pourtant, au lieu de s’engager à la transparence, la communauté du renseignement dit aux citoyens que nous devons accepter, sans preuve, le fait que « l’ingérence » russe est une « donnée », En outre, des voix influentes émergent pour déclarer que la destitution de Trump devrait se dérouler même sans que les résultats de l’enquête du Russia-gate sur une éventuelle collusion Trump-Russie soient connus du public.

Dimanche, le Washington Post a publié un article d’opinion d’un professeur de droit de l’Université de Harvard, Laurence H. Tribe, qui déclarait : « Le moment est venu pour le Congrès de lancer une enquête de destitution contre le président Trump pour obstruction à la justice… Le pays est confronté à un président dont la conduite suggère fortement qu’il constitue un danger pour notre système de gouvernement. »

Tribe poursuivait ainsi : « Il y avait de nombreuses raisons de s’inquiéter de ce président et de réfléchir au remède extraordinaire de la destitution, même avant qu’il ne limoge le directeur du FBI, James B. Comey, et qu’il n’admette incroyablement à la télévision nationale que la mesure avait été provoquée par l’approfondissement de l’enquête du FBI sur ses liens de campagne avec la Russie ».

Une grave menace

Selon Tribe, la menace de Trump sur le système est tellement grave que son retrait devrait précéder toute conclusion de l’enquête sur le Russie-gate. Tribe écrit que la destitution immédiate aurait pu être motivée par d’autres problèmes, « même sans arriver au bout de ce que Trump a écarté comme ’’cette affaire avec la Russie’’ » et bien que Tribe reconnaisse qu’une étape aussi extrême aurait pu sembler prématurée à l’époque.

Une scène hivernale à Moscou, près de la Place Rouge. (Photo de Robert Parry)

« De plus », poursuit Tribe. « Attendre les résultats des multiples enquêtes en cours est risquer de lier le destin de notre nation aux caprices d’un chef autoritaire. Le renvoi sommaire de Comey n’arrêtera pas l’enquête, mais il représente un effort évident pour interférer avec une enquête impliquant des questions de sécurité nationale autrement plus graves que le « cambriolage de troisième ordre » que Nixon a tenté de cacher lors du Watergate.

« La question de l’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle et la collusion possible avec la campagne de Trump touchent le cœur de notre système et notre capacité à organiser des élections libres et équitables ».

Comme beaucoup « d’experts » mainstream, Tribe ne semble pas comprendre ce que le Watergate était vraiment ; des découvertes historiques récentes ont montré qu’il s’agissait d’une conséquence de la dissimulation par Nixon de son sabotage en 1968 des négociations de paix au Vietnam du président Lyndon Johnson, une manœuvre qui avait permis à Nixon d’accéder à la présidence mais avait prolongé la guerre de quatre années de plus. C’est la crainte de Nixon que son sale truc ne soit divulgué qui a conduit à la mission des « plombiers » du Watergate.

Tribe ignore également le fait que « l’ingérence russe » reste une « question », pas un fait prouvé, et qu’aucun enquêteur n’a cité de preuve de la collusion avec la campagne de Trump. Pour contourner ce problème, Tribe se concentre sur le limogeage de Comey comme motif de mise en accusation :

« Dire que cela ne va pas intrinsèquement jusqu’au niveau de »l’obstruction à la justice », c’est vider ce concept de toute signification. L’obstruction à la justice a été le premier fait pris en compte dans les articles d’accusation contre Nixon et, des années plus tard, contre Bill Clinton. Dans le cas de Clinton, l’obstruction ostensible consistait uniquement à avoir menti sous serment à propos d’une affaire sexuelle sordide qui aurait pu souiller le bureau ovale, mais n’impliquait aucun abus de pouvoir présidentiel en tant que tel.

« Mais dans le cas de Nixon, la liste des actions qui, ensemble, étaient considérées comme constituant une obstruction relevant de l’impeachment, se lit comme la prévision de ce que Trump allait faire des décennies plus tard : faire des déclarations trompeuses à des enquêteurs fédéraux ou d’autres employés fédéraux, ou leur cacher des preuves matérielles ; essayer d’interférer avec le FBI ou les enquêtes du Congrès ; essayer de percer le bouclier du FBI qui protège les enquêtes criminelles en cours ; agiter des carottes devant les gens qui, sinon, pourraient poser des problèmes pour son maintien au pouvoir.

« Il faudra un engagement sérieux envers les principes constitutionnels et une volonté courageuse de mettre le dévouement à l’intérêt national au-dessus de l’intérêt personnel et de la fidélité à un parti, pour qu’un Congrès aux couleurs du président lance une enquête de mise en accusation. Ce serait une honte terrible si c’était seulement la perspective croissante d’être battu lors des élections de novembre 2018 qui préoccupait aujourd’hui l’esprit des représentants et des sénateurs.

« Mais que ce soit le dévouement aux principes ou l’instinct de survie politique qui mette sur la table la perspective de la mise en accusation et de la destitution, il est essentiel que cette perspective soit maintenant prise au sérieux, que le mécanisme de destitution soit réactivé et que la nécessité de l’utiliser devienne le centre du discours politique en 2018. »

Exposer la preuve

Il y a, bien sûr, une autre alternative : le FBI et les autres organismes de renseignement pourraient accélérer les enquêtes qu’ils font et fournir les preuves au peuple américain.

Le lieutenant-général de l’armée américaine à la retraite Michael Flynn lors d’un rassemblement de campagne pour Donald Trump à Phoenix, en Arizona. 29 octobre 2016. (Flickr Gage Skidmore)

La question clé, puisque le Russia-gate a été désigné au départ comme un scandale politique, est de savoir si des membres de la campagne de Trump ont eu des collusions avec des agents de renseignement russes pour transmettre les courriels des Démocrates à WikiLeaks, par des clés USB ou d’autres moyens.

Pourtant, au-delà du fait que le rapport du 6 janvier n’offrait aucune preuve gouvernementale que les Russes aient même piraté les courriels des Démocrates, il semble qu’on ne se soit pas précipité pour interroger les «suspects habituels» de la campagne de Trump – Roger Stone, Paul Manafort, Michael Flynn et Page – sur ce qu’ils pourraient savoir concernant la possible transmission des courriels à WikiLeaks.

Il n’y a pas eu non plus de témoignage public concernant une autre source sur les allégations du Russie-gate, l’ancien espion britannique Christopher Steele qui a préparé une série de rapports de recherche s’opposant à Trump et à la Russie, apparemment financés par des partisans de Clinton. On ne sait même pas à ce jour qui a payé pour le dossier Steele.

En règle générale, le FBI et le ministère de la Justice refusent de discuter des enquêtes avant d’avoir abouti à une conclusion, mais cette règle a déjà été rompue par Comey, qui a justifié l’annonce des enquêtes sur Clinton et sur Trump par leur importance politique.

Dans l’affaire Clinton, Comey a été invité à achever rapidement son travail afin que Clinton puisse être mise hors de cause avant les élections et c’est ce qu’il semble avoir fait, en terminant, deux jours avant l’élection du 8 novembre, l’enquête ré-ouverte sur son serveur de messagerie. Aujourd’hui, ficeler l’enquête russe est sans doute encore plus important pour l’intérêt général.

Dans son témoignage au Congrès, Comey a annoncé que le FBI avait commencé l’enquête russe en juillet dernier, ce n’est donc pas comme si les enquêteurs n’avaient pas eu le temps d’évaluer les preuves et de décider quoi faire.

Un processus transparent

La suggestion de Carter Page pourrait être un début. Il a dans les faits renoncé à son droit à la vie privée pour que les preuves, quelles qu’elles soient, utilisées par l’administration Obama pour justifier le mandat contre lui au titre du Foreign Intelligence Surveillance Act. (loi sur la Surveillance et les renseignements étrangers, NdT) soient exposées.

Carter Page, ancien conseiller de Trump pour la politique étrangère.

Les comités du Congrès pourraient également appeler autant de membres que possible de la campagne de Trump, qui seraient disposés à témoigner de leur connaissance de toute collusion avec la Russie. Jusqu’à présent, les seuls témoins ont été des agents chargés de l’application de la loi et du renseignement nommés par le président Obama, qui ont présenté diverses allégations tout en refusant de les étayer, au motif que les éléments de preuve sont « classifiés ».

Le professeur Tribe et les autres partisans de la destitution de Donald Trump ne se soucient peut-être pas que les preuves du Russie-gate soient jamais publiées, ils devraient toutefois reconnaître que – pour le meilleur ou pour le pire – près de 63 millions d’Américains ont voté pour Trump et que – dans le cadre du processus politique américain – il a remporté l’élection (bien que Clinton ait obtenu environ 3 millions de votes de plus à l’échelle nationale).

Au cours des derniers jours, j’ai voyagé au pays de Trump, en Virginie-Occidentale, en Pennsylvanie et en Ohio et j’ai parlé à plusieurs électeurs de Trump en cours de route. Certains m’ont indiqué qu’ils avaient voté plus contre Clinton et les « élites » que par enthousiasme pour Trump. Et certains ont critiqué Trump pour ses excès égotistes. Mais ils voulaient qu’on lui laisse une chance équitable de gouverner.

Il est difficile de savoir à quel point ces citoyens seraient en colère si leur jugement était renversé par les mêmes « élites » auxquelles ils avaient reproché de leur imposer le choix impopulaire de Clinton contre Trump.

Inverser – ou « corriger » – le résultat de l’élection présidentielle peut sembler un mouvement évident pour les rédacteurs du New York Times et pour le Professeur Tribe, mais c’est une proposition très grave qui exige une publication aussi complète que possible de la preuve, pas d’interminables enquêtes secrètes ou une mise en accusation fondée sur la prétendue « dissimulation » d’un crime qui peut exister ou non.

Dénier la volonté des électeurs exprimée par le processus constitutionnel – aussi imparfait que soit ce processus – exige un processus qui soit lui-même perçu comme ouvert et juste, pas une chambre de stars ou un tribunal de pacotille où la communauté du renseignement cache les preuves parce que « classifiées » et dit aux citoyens « faites-nous confiance ».

Aussi inadapté et inepte que soit Donald Trump, il a été élu – et personne ne devrait sous-estimer combien il pourrait être dangereux pour les initiés de Washington et les autres figures de l’establishment d’annuler le choix électoral par un processus tenu secret.

[Pour en savoir plus sur ce sujet, consultez sur Consortiumnews.com : Watergate Redux or “Deep State” Coup et The Soft Coup of Russia-gate.]

Le journaliste d’investigation Robert Parry a révélé plusieurs affaires de l’Iran-Contra pour The Associated Press et Newsweek dans les années 1980.

Source : Consortium News, Robert Parry, 15-05-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

35 réponses à Les pressions pour la destitution de Trump, par Robert Parry

Commentaires recommandés

kasper Le 15 juin 2017 à 11h46

Un jour il faudra penser a nous dire ce qu’on reproche exactement aux russes dans cet affaire. Ils auraient “interféré”, d’accord. En faisant quoi concrètement ? En s’y prenant comment ? Évidemment, on voit bien l’intérêt de rester dans un flou total qui permet de faire du battage sans avoir a répondre a des questions trop précises.

Les tenants democrates du Russia-gate me font de plus en plus le meme effet que les conspirationnistes a chapeau en feuille d’aluminium.

  1. hezediel Le 15 juin 2017 à 06h23
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    Je me permets de c/c un commentaire ultra pertinent de la situation actuelle de Trump par rapport à Comey (c’est de l’Anglais):

    Comey is 6′-8″ of pure Clinton operative:

    BEGIN OP

    There are very few crime/mystery novels that approach this true story for compelling drama, intrigue and brinkmanship (with the nation in the balance).

    Don’t believe the fake-media story that Trump made a mistake or huge gaffe by firing Comey.

    Don’t believe the media narrative from the left that it was an attempt to silence Comey from some investigation into Trump.

    Don’t believe the RINO narrative that Comey is a good guy just trying to do his job in terrible circumstances and the timing was bad.

    Don’t believe the lie that Comey was admired and respected by career FBI investigators and agents.

    Don’t believe the lie that Trump’s “tweets” are not professional and have no strategic purpose. His tweets are ‘weaponized’ and deadly.

    (…)

    La boite de dialogue n’acceptant pas les longs commentaires, je vous invite à poursuivre la lecture ici : https://goo.gl/moCS1W (dans les commentaires de l’article, c’est un MUST READ)


  2. calal Le 15 juin 2017 à 08h41
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    je ne comprends rien aux affaires concernant trump: competent incompetent,vrai faux,j’en sais rien. et je ne compte pas m’investir dans la comprehension du systeme americain et de tout ca.
    par contre,je trouve que cela donne une image desastreuse ou pluto disons mitigee de la democratie americaine et de l’etat du pays. sur des sites liberaux,m Gave disait que les etats unis vendait de la securite financiere et juridique et que donc tout le monde avait confiance dans le dollar et les bons du tresor us. je pense que cette situation va changer.


  3. Beba Marantz Le 15 juin 2017 à 10h02
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    Si Donald Trump était destitué, ce serait au profit de gens qui ne valent guère mieux, la seule différence étant leur capacité de maintenir un faux-semblant de décence. Le seul remplacement concevable est Bernie Sanders.


  4. georges glise Le 15 juin 2017 à 10h11
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    pour moi, trump ou clinton, c’est kif-kif. ils sont tous les deux au service de l’Empire états-unien sur le monde. le seul valable aux usa, c’est bernie sanders!


    • triari Le 15 juin 2017 à 11h42
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      Fatiguant ce sectarisme politique : si ça SE DIT de gauche c’est forcément mieux.
      Je vous rassure, si Bernie Sanders avait été élu ; il aurait été soumis aux même pressions que Trump, il serait lui aussi accusé d’incompétence et d’être un agent des russes ou des chinois, on chercherait à le démettre des ses fonctions sans preuves, dirigeant une grande puissance militaire, il serait lui aussi obligé de reprendre le dossier syrien et de bombarder une base syrienne pour de faux histoire de donner le change. Si, contrairement à Trump, il s’était dit opposé à la fracturation hydraulique : on (les médias) l’aurait accusé d’être un éco-terroriste et de ne pas vouloir le bien-être économique des USA là où on (les médias) accuse Trump d’être un danger pour la planète (tout est bon pour discréditer quelqu’un qui ne rentre pas exactement dans les petites cases du système).
      Vous devriez cesser de renvoyer dos à dos n’importe qui. Si Trump est destitué : JAMAIS un Sanders ne sera président.


      • TuYolPol Le 15 juin 2017 à 15h02
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        Tout-à-fait d’accord. Le déroulement du mandat Trump montre que même sans aucun scrupule, en assumant politiquement, avec l’ensemble des électeurs, que tous les coups sont permis, en sortant victorieux de la campagne électorale la plus sale de toute l’histoire américaine, en étant prêt à riposter en cours de mandat de façon aussi ignoble que nécessaire, Trump se fera probablement destituer non pas pour les raisons exhibées, mais parce qu’il ne convient pas aux néocons et leur PNAC. Bernie Sanders aurait été immédiatement paralysé, ses armes politiques se retournant contre lui. La vertu n’est pas une qualité quand on a l’establishment contre soi.


        • Tchoo Le 15 juin 2017 à 19h39
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          Autrement écrasés vous, il n’ y rien à faire a tous les coups vous perdez
          Vous ne savez pas que les seules batailles que l on est sur de perdre sont celles que l’on ne mène pas. Alors affirmer que tel ou tel n’aurait pu faire mieux est un présomptueux


          • Micmac Le 15 juin 2017 à 21h27
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            Tout à fait.

            “Avec Sanders ça aurait été pareil” est une affirmation gratuite et sans fondement. Il n’a pas été élu (torpillé par le parti “démocrate”), donc on n’en sait rien.


            • triari Le 15 juin 2017 à 22h37
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              @ Tchoo & Micmac
              Je ne demande pas que vous “écrasiEZ” mais que vous cessiez de renvoyer dos à dos n’importe qui parce que, aux dernières nouvelles, c’est cette fragmentation stupide qui permet à un président soutenu par à peine 15 % de l’électorat (au mieux) d’être élu (suivez mon regard). Cet anti-trumpise (ou anti-sandersisme venant de l’autre bord) est idiot et n’arrange finalement que les tenants du système…vous avez remarqué ?
              Et non, ça n’est pas gratuit de dire que Sanders aurait subit les mêmes pressions : regardez Tsipras en Grèce pour vous convaincre que, même étiqueté à gauche, un élu peut être aisément mis sous pression voir retourné par les élites ultralibérales.


            • RGT Le 15 juin 2017 à 22h49
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              Ne vous en faites pas, nous avons les mêmes en France.

              Le PS a torpillé Hamon car ses commanditaires ne soutenait réellement que Valls.

              Ensuite, les “pros” se sont tous rangés bien sagement, avec les Ripouxblicains qui ne voulaient pas non plus de Fillon, derrière le “Prodige” adoubé par la ploutocratie et le “deep state” français.

              La seule différence que je vois, c’est qu’aux USA le “deep state” a perdu alors qu’il a gagné en France.

              Quelqu’un peut-il prédire le temps qu’il fera dimanche prochain ?
              Un temps pourri le jour d’une élection est toujours un calvaire.

              J’hésite entre une balade en montagne et une journée sous la couette.

              Je ne pêche malheureusement pas car je respecte trop les petits poissons déjà bien trop embêtés par les activités humaines.


            • Micmac Le 16 juin 2017 à 04h02
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              Tsipras a cédé à une pression extérieur à son gouvernement, ne mélangez pas tout.

              Et encore une fois, que Tsipras ait cédé (dans des circonstances où il avait très peu d’appuis) n’implique pas que d’autres céderaient.

              Personne n’a dit que c’était facile. Bien sûr que Sanders aurait subit d’énormes pressions s’il avait été élu. Mais “parce que Tsipras a cédé Sanders aurait cédé”, je trouve ça très léger comme affirmation. Il n’y a aucun lien de causalité entre la première affirmation et l’hypothèse présentée, de toutes façons invérifiable.


            • triari Le 16 juin 2017 à 13h15
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              @ Micmac
              Que ça vous plaise ou non, Sanders aurait été soumis à d’intenses pressions (comme Trump) et si, comme Trump, il n’avait pas cédé, il aurait alors été la cible de tentatives d’Impeachment (comme l’aurait été Tsipras s’il n’avait pas cédé). Je vous explique juste les armes utilisées par le système face à ceux qui ne font pas exactement ce qu’ils veulent (pas besoin d’être voyant pour deviner les stratégies qui auraient été mises en place par l’état-profond quand celui-ci voit comme un même ennemi Trump ou Sanders là où vous voyez deux personnes différentes avec des programmes différents).
              Il faut arrêter de donner un blanc-seing aux gens qui se disent de gauche ou de droite parce qu’ils se disent de gauche ou de droite et réfléchir un peu plus haut que les simples étiquettes politiques.


            • clauzip12 Le 16 juin 2017 à 14h09
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              Eisenhower disait publiquement vers 1953 que l’empire militaro industriel des USA était le plus grand danger pour l’état En qualité de général commandant des alliés lors de la seconde guerre mondiale et devenu président il avait perçu et alerté sur le coup d’état soft qui se prend produisait.
              A cette mafia s’est ajouté le milieu financier
              Cet ensemble a étendu ses méthodes et objectifs sur le monde Tout état qui résiste est un ennemi qui doit être détruit par tous les moyens


            • Micmac Le 16 juin 2017 à 17h02
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              Vous répondez à côté. Encore une fois, je suis bien d’accord que Sanders aurait subit les mêmes pressions.

              Encore une fois, rien ne permet de savoir comment il s’en serait débrouillé. Ça n’est pas arrivé. Point.

              Vous avez affirmé que Sanders se serait couché, qu’il aurait aussi bombardé la Syrie, etc. Et bien je ne suis pas d’accord, on n’en sait rien.


            • triari Le 16 juin 2017 à 23h47
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              Encore une fois, vous répondez sans chercher à comprendre.
              Sanders n’aurait peut-être pas bombardé la Syrie (ceci dit : Trump l’a bombardé pour de faux), mais il aurait, comme Trump, dû faire des concessions, mais peut-être pas sur les mêmes domaines (ou bien essuyer un impeachment).

              L’expérience Trump, comme l’expérience Tsipras et d’autres : ça sert à savoir ce qu’il se serait passé si…

              Il est facile de louer celui qui ne s’est pas couché car il n’a pas pu monter sur le ring ; cela ne change rien à tout ce qu’il s’est passé jusqu’à maintenant (à moins que vous ne considériez Sanders comme un être magique doté de super-pouvoirs). Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer qu’il n’aurait pas fait de concession ? D’ailleurs, concéder quelque chose et se coucher, ce n’est pas forcément la même chose.

              Je n’ai rien contre Sanders, je dis juste que si Trump est poussé à la démission, quelqu’un comme Sanders n’aura aucune chance d’être élu.

              Vous pouvez continuer à esquiver longtemps et à parler à la place des autres : cela ne change rien au fait que l’expérience prouve ce qu’elle prouve et permet d’estimer ce qu’aurait été un mandat Sanders.


            • triari Le 16 juin 2017 à 23h59
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              Où ai-je dit qu’il se serait couché ? Merci de ne pas faire dire aux autres ce que vous voyez dans votre tête.


            • tepavac Le 17 juin 2017 à 05h43
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              Sanders s’est déjà couché, lors des primaires alors que venait d’être révélé les manigance du clan Clinton par Wikileaks contre son mouvement.
              Même Tulsi Gabbard a été incrédule devant ce défroquement qui trahissait un nombre considérable d’Américain.

              Il s’est couché sur si peu, comment aurait-il pu se résister contre cette énorme armée médiatique qui s’est révélé contre Trump?

              Avec le recul, seule une personne a réellement démontré ses capacité à résister en témoignant un courage surprenant et sans détour, tant devant le congrès que devant les médias, et c’est Gabbard.

              A y regarder de près, nous vivons une époque étrange où c’est les femmes “qui en ont”, les hommes se révélant plus souvent être des geishas opportunistes.


      • Nico 13 Le 15 juin 2017 à 22h50
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        @triari

        Je suis d’accord. Je suis loin d’être un pro Trump et j’aurais aimé voir Bernie Sanders être à la tête du pays, mais il faut arrêter de se voiler la face.
        Les USA sont bel et bien dirigés par le complexe militaro industriel.

        Peu importe qui est élu dans ce pays. Il est obligé de s’aplatir devant le complexe militaro industriel. Ça aurait été pareil avec Bernie Sanders.
        Et ça se voit que les médias US (ainsi que les médias occidentaux en général) cherchent la moindre occaz pour cracher sur Trump.

        On l’a encore vu lorsque Trump a déclaré que les USA allaient se retirer de l’accord de la COP 21.
        Mais attendez, ce n’est pas l’UE qui a autorisé à ce que le Canada exporte plus de pétrole issu des sables bitumineux vers l’Europe ? C’est écologique ça ?
        Vouloir autoriser l’utilisation de pesticides pour les cultures bio, c’est écologique ça aussi ?
        Enfin bref, on nous prend vraiment pour des imbéciles…


  5. kasper Le 15 juin 2017 à 11h46
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    Un jour il faudra penser a nous dire ce qu’on reproche exactement aux russes dans cet affaire. Ils auraient “interféré”, d’accord. En faisant quoi concrètement ? En s’y prenant comment ? Évidemment, on voit bien l’intérêt de rester dans un flou total qui permet de faire du battage sans avoir a répondre a des questions trop précises.

    Les tenants democrates du Russia-gate me font de plus en plus le meme effet que les conspirationnistes a chapeau en feuille d’aluminium.


  6. Louis Robert Le 15 juin 2017 à 11h46
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    “… collusion avec la Russie. Jusqu’à présent, les seuls témoins ont été des agents chargés de l’application de la loi et du renseignement nommés par le président Obama, qui ont présenté diverses allégations tout en refusant de les étayer, au motif que les éléments de preuve sont «classifiés».”

    Je crois qu’il est révélateur de noter:

    1. que cette façon de procéder, qui rend la tâche de se défendre particulièrement “difficile” sinon impossible, a d’abord été utilisée par le Pouvoir contre les suspects de terrorisme, notamment les prisonniers détenus à Guantanamo;

    2. qu’elle est maintenant couramment utilisée afin d’incriminer et de se débarrasser de ses adversaires politiques, même élus;

    3. qu’elle peut vraisemblablement être utilisée par le Pouvoir contre tout citoyen qu’il juge, sans que nous sachions précisément pourquoi, “indésirable”.

    Nous en sommes bien là.


    • Louis Robert Le 15 juin 2017 à 12h10
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      ADDENDUM:

      Soyons clair: après Orwell, c’est Kafka!


    • Fritz Le 15 juin 2017 à 21h42
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      Pour mémoire : la rétention de documents utilisés pour condamner une personne avait été utilisée contre le capitaine Alfred Dreyfus. Aujourd’hui, on dirait que le bordereau et les forgeries du commandant Henry ne doivent pas être divulgués car ils sont “classifiés” pour des raisons de “sécurité”.


    • tepavac Le 17 juin 2017 à 05h58
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      les accusations secrètes ont toujours pullulé sous le règne de la tyrannie et des manipulateurs en tout genre.
      De Venise en passant par certaines époques féodales, Montesquieu dénonçait ce vil procédé, qui mettait au pilori même le meilleurs des hommes sans même qu’il puisse se défendre.

      Quelle époque, où le vice devient la norme et l’honneur une faiblesse. [Modéré]


  7. Thierry Le 15 juin 2017 à 22h47
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    41e article de Bob Parry publié par ‘les crises’ ! Je pense que c’est un record.

    Et comme d’habitude, Bob n’évoque pas l’enquête du procureur spécial nommé par la justice américaine pour enquêter, Robert Mueller. Enquete qui avance bien, notamment sur l’aspect “entrave à la justice” de Trump.

    Dans le dernière article, Bob a reconnu qu’il s’était planté sur Trump. Attendons donc un peu.


    • Les-crises Le 16 juin 2017 à 12h51
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      C’est un des plus grand journalistes d’investigations américains, je suis donc fier qu’on puisse avoir sa vision généralement courageuse et intègre…


      • Thierry Le 16 juin 2017 à 23h48
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        Il a été certainement un des plus grand journaliste d’investigation américain. Mais c’était il y a 30 ans.

        Il a maintenant 67 ans, et ne fait plus de l’investigation, juste des commentaires sur d’autres sources journalistiques (comme ici concernant Tribe) ou des informations sans références (ex sur Steele) ou des enquêtes à 2 balles ( “j’ai voyagé au pays de Trump [….] j’ai parlé à plusieurs électeurs en cours de route. Certains m’ont indiqué” bla bla) ou ses anciens articles tout aussi faiblement argumentés (ici sur le Watergate).

        Ce n’est à mon avis plus un ‘grand journaliste’.Juste un journaliste comme ‘les-crises’ a pu en critiquer – avec raison – pour non-professionnalisme. Certes intéressant à lire, mais avec distance.


    • tepavac Le 17 juin 2017 à 06h17
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      ” l’enquête du procureur spécial nommé par la justice américaine pour enquêter, Robert Mueller. Enquête qui avance bien”

      vous parlez bien du R Mueller qui enquêtait sur les affaires Clintons, le procureur dont l’enquêteur en chef était le célébrè Comey depuis 1996…
      c’est bien ce Mueller là dont vous parlez?


      • Thierry Le 17 juin 2017 à 22h40
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        Non, je parle d’une enquête sur des mensonges sous serments, obstruction à la justice, conflits d’intérêts, fraude financière, et autres broutilles.

        Lire par ex: What does Robert Mueller’s team tell us about the Russia investigation?

        https://www.theguardian.com/us-news/2017/jun/15/robert-mueller-trump-russia-investigation-team-members

        .La justice US n est pas parfaite, mais c’est quand même mieux qu’un journaliste à la retraite pour déterminer le vrai du faux.


  8. Khorvald Le 16 juin 2017 à 00h50
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    Que pensez vous de ce qui a été dévoilé par Reality Leigh Winner ?

    https://www.nytimes.com/2017/06/05/us/politics/reality-winner-contractor-leaking-russia-nsa.html?_r=0

    Apparemment les services Russes auraient attaqué une compagnie d’informatique vendant des logiciels utilisables pour des élections. Après cette 1ère attaque, ils se sont servis de leur accès à la boite pour envoyer à une centaine de clients des emails piégés demandant d’entrer des infos confidentielles. A priori, le phishing n’aurait pas très bien pris, la compagnie a vite pu alerter ses clients du danger, et les logiciels ne sont pas dédiés à l’enregistrement des votes ou toute autre fonction permettant une falsification des votes.

    Ca n’a rien à voir avec la supposée aide Russe dans la campagne de Trump, mais ça n’inspire pas la confiance toutefois. On serait rassuré si Trump acceptait une bonne fois pour toute de publier ses comptes de 2016

    Il est possible que l’attaque Russe ne soit qu’une “simple” infiltration visant à recueillir des informations et non à agir directement. Je vois pas trop de raison de hacker 122 délégués locaux aux élections pour faire autre chose que nuir, toutefois. Même si c’est juste de la collecte d’info comme tous les services secrets font, ça serait sans doute pour tenir par les couilles quelqu’un õ_o


  9. marcvador Le 16 juin 2017 à 06h03
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    Quand la NSA contrôlait les portables de Merkel et Sarkhozy et de Hollande, c’était pour notre bien…


    • tepavac Le 17 juin 2017 à 07h23
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      En effet, cela n’a rien de préjudiciable, la “curiosité”, et l’acquisition d’informations n’est ni illégale ni immorale dès l’instant que la vie privée et l’intimité en sont préservées.

      Ce qui est hautement condamnable c’est l’utilisation de données à des fins d’ingérence par subordinations.
      Ce sont des actes de guerre, chacun doit en être conscient, et surtout conscient que ce type de comportement se propage hiérarchiquement dans le tissu sociale et dans tous les domaines.
      La tyrannie à ceci de particulier, que les individus pour se préserver de leur environnement, n’ont d’autres choix que d’utiliser les lois de cet environnement, sans cela il devient un paria.

      C’est un mouvement pernicieux sur lequel la corruption se généralisera.


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