Un très bon article du grand journaliste Romaric Godin, sur La Tribune

Du grand n’importe quoi à la BCE, encore…

Si Mario Draghi a été assez dur avec la France et l’Italie dans ses propos, ses actes sont des provocations contre l’Allemagne. Pour la forcer à agir sur la demande européenne.

Ce jeudi, Mario Draghi est clairement entré en guerre contre les gouvernements de la zone euro. « La politique monétaire ne peut pas seule faire remonter l’inflation », a-t-il admis. Un aveu d’impuissance qui renvoie clairement les gouvernements à leurs responsabilités. Derrière les mesures annonces, le lancement d’un vaste rachat de dette privée et le nouvel abaissement des taux à 0,05 %, il y a un défi lancé aux dirigeants européens.

Des mots contre la France et l’Italie

A tous ? Officiellement oui. Mario Draghi a été assez explicite envers la nécessité de réformes en France et en Italie. « Certes, il y a un coût à faire des réformes, mais l’absence de croissance n’est-elle pas un coût ? », a-t-il ainsi demandé. Les partisans de ces réformes en feront sans doute leurs gorges chaudes. Mais il faut être clair : ce ne sont là que des mots. En réalité, la BCE n’exerce aucune pression concrète sur la France et l’Italie. Pour exercer une pression, il faudrait remonter les taux pour étrangler le financement de ces pays et les contraindre à se réformer. Or, la BCE va dans le sens inverse. Le taux français réel à 2 ans est passé en territoire négatif après le discours de l’Italien. La BCE n’a pas intérêt à ce que la France et l’Italie entre de plain-pied dans une politique déflationniste.

Provocation contre Berlin

Le vrai défi, la vraie guerre, oppose en fait Mario Draghi au gouvernement fédéral allemand. En abaissant les taux et en lançant un vaste programme de rachat d’actifs quatre jours après le succès du parti eurosceptique AfD, qui critique la politique d’argent facile de la BCE, aux élections régionales de Saxe, Mario Draghi met Angela Merkel et les conservateurs allemands dans un embarras certain. Dès l’annonce connue, économistes et banquiers ont poussé des cris d’orfraies. Dans la pensée libérale allemande, celle qu’incarne désormais AfD, la BCE prend le risque de faire revenir l’inflation et mutualise l’argent allemand pour relancer l’économie des pays qui ne réforment pas. C’est du pain béni pour les eurosceptiques qui vont pouvoir faire campagne en Thuringe et au Brandebourg, où vont bientôt se dérouler les élections régionales.

La BCE a clairement fait dans la provocation face à l’Allemagne. Mario Draghi est passé outre l’opposition de la Bundesbank, au moment même où le changement de mode de vote au sein de la BCE est très critiqué outre-Rhin parce que, précisément, elle ôte une fois sur quatre le droit de vote à la Bundesbank. Il a nié les plaintes des banques allemandes et des épargnants allemands en abaissant les taux. Il a annoncé un rachat de titres immobiliers, alors même que la Buba et beaucoup d’économistes craignent une bulle en Allemagne. Tout semblait être fait pour indigner Berlin.

Utiliser tous les leviers

Mario Draghi l’a dit clairement à Jackson Hole, il l’a redit ce jeudi : il faut utiliser tous les leviers pour relancer la machine économique européenne. Or, cette machine est bloquée par l’absence de demande et de perspectives de demande. Les politiques d’austérité rendent les investissements très risqués, car les entrepreneurs savent que les débouchés vont rester durablement faibles. Il faut donc utiliser les leviers disponibles. Donc utiliser la politique budgétaire, soit en abaissant les impôts, soit en réalisant des projets d’investissement public. L’Allemagne, à l’équilibre sur le plan budgétaire, peut le faire. Mais elle ne le veut pas car le ministre des Finances Wolfgang Schäuble et son entourage font de la réduction de la dette une priorité absolue. Mario Draghi a décidé cet été de les pousser dans leurs derniers retranchements. C’est ce qu’il a fait ce jeudi.

La menace du QE

Désormais, l’Italien dispose d’une menace concrète contre Berlin : le lancement d’un assouplissement quantitatif qui inclurait le rachat de dette publique. Autrement dit, la BCE mutualiserait de facto, sans l’accord de Berlin, les risques budgétaires. Ce serait clairement une provocation à l’opinion et au gouvernement allemand. Un tel QE mettrait Angela Merkel dans une situation très délicate. Soutenir la BCE reviendrait à abandonner son credo adopté en 2012 qui vise à ne plus faire payer les Allemands. Elle serait alors une cible aisée pour la droite de la CDU, les Libéraux et AfD. Mais entrer en conflit avec la BCE signifierait affaiblir l’existence même de l’euro, ce qui serait un reniement de sa politique.

La lutte est donc désormais ouverte. Pour faire simple, Mario Draghi tente de sauver l’Europe de l’inflexibilité allemande. Certes, il ne soutient pas clairement les prétentions de Matteo Renzi et François Hollande, mais dans les faits, il est clair qu’il tente lui aussi de faire céder Berlin.

Source : Romaric Godin, La Tribune, 4/9/2014

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36 réponses à [Reprise] Mario Draghi en conflit ouvert avec Angela Merkel, par Romaric Godin

  1. Julian Le 04 septembre 2014 à 23h27
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    Photo éloquente du gratin euro-bruxellois :
    Giscard, Juncker, Angela M, Trichet, Draghi, Van Rompuy.

    “Sois sage, ô ma douleur
    et tiens-toi plus tranquille”.


    • sadsam Le 05 septembre 2014 à 01h08
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      @julian

      Photo éloquente en effet. Rien qu’à voir les visages, même ceux qui ne savent pas ce qu’est la BCE comprennent. Je n’arrive pas bien à interpréter le regard assez méchant de Van Rompuy.
      Trichet a l’air épanoui. Serait-ce que Draghi réussit là où il aurait échoué ?


      • perceval78 Le 05 septembre 2014 à 07h02
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        oui regard mechant de Van Rompuy qui est dans la liste de contacts de Zbigniew Brezinski
        il y aurait comme qui dirait un bras de fer Americano Allemand que ca ne m’etonnerait pas. Les amaericains ont encore le pouvoir via draghi.

        C’est facile pour nous pauvres francais

        1) soit se soumettre au Diktat monétaire allemand
        2) soit faire la guerre aux russes pour complaire aux ricains

        L’armée Française ne se rendra jamais, la garde meurt mais ne se rend pas !!!
        De Gaulle au secours on a désesperement besoin de toi !!!

        De Gaulle pourquoi il faut sortir de l’OTAN 1966
        =
        https://www.youtube.com/watch?v=t7QTeYsEWkU
        =


        • cm_brg Le 05 septembre 2014 à 10h04
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          Sur Draghi on peut avoir beaucoup de doute, vu son passé mais…Car il y a un mais.Je l’ai tjrs suivi et je me rappelle un de ses discours en 2012 qui était on ne peut pas plus clair et pas du tout pro-américain .

          “Vous pensez à des réformes structurelles plus qu’à de la relance keynésienne ?

          Oui, même si on se focalise trop souvent sur la réforme du marché du travail qui ne se traduit pas toujours par une amélioration de la compétitivité car les entreprises profitent parfois de monopoles ou de rentes de situation. Il faut aussi regarder les marchés de produits et services et libéraliser quand c’est nécessaire. Politiquement, ce sont des décisions difficiles à prendre. Un agenda européen des réformes à mener et un renforcement de la prise de décision commune au niveau européen aideraient grandement dans ces domaines.”
          et encore
          “Les ministres des finances de la zone euro ont finalisé vendredi 20 juillet le plan d’aide aux banques ? Est-ce suffisant pour éviter naufrage du pays ?

          Une chose importante concerne l’implication des créanciers séniors des banques : la BCE considère qu’elle doit être possible en cas de liquidation d’une banque. Il faut protéger les épargnants, mais les créanciers devraient être associés à la résolution de la crise pour limiter l’engagement des contribuables. Ils ont déjà beaucoup payé.”

          Il parle de monopole, des actionnaires seniors et autres…soit il est hypocrite, soit il est sincère mais en suivant ses déclarations et actes, la balance penche plutôt vers la sincérité .Que la France ne veut pas casser les monopoles c’est une autre histoire…que les actionnaires seniors ne veulent pas payer pour le sauvetage des banques qu’ils contrôlent et veulent passer la responsabilité aux contribuables, que lui reste a faire ? l’inflation….on y est…


  2. vincent Le 04 septembre 2014 à 23h38
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    La BCE s’active mais pourrait bien s’en mordre les doigts. Ces mesures vont difficilement rassurer outre-Rhin.
    Si l’AFD continue à progresser, une réforme de l’Euro pourrait être initiée.
    Et si c’était le cas, il faudrait par la même occasion réformer les statuts de la BCE et permettre que des sanctions soient prises contre le milieu bancaire et la finance.


  3. boduos Le 05 septembre 2014 à 00h10
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    c’est tellement logique Mario ! mais la relance par les grands investissements,on l’attends depuis 4 ans.
    la vraie raison est que Merkel veut mettre a genoux l’économie de ses partenaires,cette foutue Allemagne ne sait que faire la guerre et aujourd’hui par l’économie .
    compétition a outrance sans aucun fair-play ! quittons vite ce tournoi aux règles pipées.
    Olivier peux-tu recenser les méthodes concurrentielles allemandes ( normes multiples dont sont pré averti ses industriels , dumping longue durée pour déstabiliser les concurrents ,…..)
    évidemment ,s’y ajoute rigueur ,logique….par exemple,ils ont parfaitement compris qu’il fallait un socle de clients nationaux qui serve de test a leur industrie automobile et donc disposer de routes sans limitation de vitesse ….et puis,ils sont vicieux avec leurs concurrents mais respectueux de leurs clients .
    avec nos pieds nickelés du commerce,de la diplomatie et du management ,on a du souci à se faire!


    • jo Le 05 septembre 2014 à 01h09
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      Ils l’ont dit eux-mêmes ! “on vous aura sur le plan économique” !


      • Olivier M Le 06 septembre 2014 à 23h56
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        Ici Bangkok, mercredi j’ai pris le “link” aéroport SuvarnabhumiBangkok centre. C’est une sorte de métro avec des trains SIEMENS

        Le matin, à l’arrivée à Bangkok, station Phaya Thai, 30 secondes avant que les portes ne s’ouvrent…

        Le soir, à l’arrivée à l’aéroport, 2 minutes avant ouverture, avec les excuses en anglais dans les wagons, dès l’arrêt du train, on dirait que ce n’est pas nouveau, ils préviennent dès le début que ça va prendre du temps. Ce fut tellement long que j’ai fini par en rire tellement c’était ridicule: Jje voyais ceux qui attendaient sur le quai commencer à sourire en se demandant ce qu’il se passait.

        La qualité allemande, c’est du foutage de gueule! BMW, Mercedes, Audi, c’est que du marketing, de la propagande, comme celle qui a lieu en Ukraine; derrière, il n’y a que du vent!


  4. Casquette Le 05 septembre 2014 à 00h25
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    Désserer l’éteau budgétaire c’est vachement vague , un gouvernement peut très bien financer la construction d’infrastruces publiques tout en gélant les recrutements , les salaires , en privatisant les boites publiques , en fermant des hopitaux , en fusionnant des services , des administrations…
    Présenté comme ça Draghi est devenu le plus keynésien des keynésiens !
    Sauveur de l’Europe…il en faudra bien plus.


  5. douarn Le 05 septembre 2014 à 00h40
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    Bonjour

    Donc pour résumé “à grand coup de serpe” la situation, il n’y a plus actuellement assez de demande solvable donc M Dragui en est à évoquer la mise en oeuvre de TOUTES les options pour sortir de l’ornière. J’aimerai humblement contribuer à sa réflexion 😉 et évoquer une option trop peu médiatisée à mon goût, à savoir, la possibilité pour la France et tous les PIIGS de faire comme la Suisse en 1934 avec la création d’une monnaie parallèle et privée encore utilisée de nos jours : le WIR.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_WIR
    http://www.suisse.attac.org/Presentation-d-un-systeme-de
    http://www.terraeco.net/Le-wir-carburant-de-l-economie,43047.html
    http://www.swissinfo.ch/fre/le–wir—une-dr%C3%B4le-de-monnaie-septuag%C3%A9naire/4351034

    Comme en Suisse en 1934, la création de cette monnaie parallèle et privée relèverait d’une démarche pragmatique des acteurs économiques des PIIGS+F dans le cadre de l’exercice de la “libre entreprise”, pas d’une volonté politique. Le WIR-Suisse est adossé au franc suisse, le WIR-français serait adossé à l’€ à une parité donnée, le WIR-Portugais le serait à une autre parité, etc. Les PIIGS+F aurait la possibilité de dévaluer tels qu’ils l’ont fait dans le passé et réajuster leurs économies.

    Facialement les PIIGS+F ne sortiraient pas de l’EU ni de l’€. Les acteurs économiques auraient ainsi la possibilité d’utiliser, en fonction de leurs intérêts, l’une ou l’autre des monnaies. Une monnaie parallèle privée serait donc un outil d’échange intracommunautaire concurrent à l’€ pour les entreprises du PIIGS+F et pourquoi pas extracommunautaire pour renouer des relations économiques mises à mal avec les BRICS en se démarquant de l’€.

    S’il vous plait M. Berruyer, vous serait il possible de faire un article sur le WIR, les avantages que la Suisse en a tiré lors de la grande crise des années 30 et d’en étudier l’opportunité en tant que solution à la crise actuelle ?

    (Je remercie Crapaud Rouge et Michel Ickx qui m’ont éclairé sur ce sujet)


    • C Balogh Le 05 septembre 2014 à 13h24
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      http://www.dromeardeche-solidaires.org/mediatheque/la-mesure-bien-plus-qu-un-bout-de-papier

      “La monnaie locale – la Mesure – sur le bassin de vie Romans-Bourg-de-Péage est une monnaie complémentaire adossée à l’euro et circulant entre des partenaires – des citoyens, des artisans, des agriculteurs, des entreprises, des commerces, des associations – qui veulent retrouver la maîtrise de l’usage des moyens d’échange. Dans le but de remettre l’économie locale au service du social et de l’humain, dans le respect de la nature et de la vie, au lieu de simplement inciter à la spéculation et à la consommation.”
      Il suffit de volonté.


      • douarn Le 05 septembre 2014 à 15h18
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        Bonjour
        merci pour ce lien. C’est vrai, il existe ces monnaies qui fonctionnent, c’est une très bonne chose mais elle ne fonctionne qu’à une échelle plutôt locale si je ne m’abuse.

        Le WIR Suisse a fait l’objet d’un usage à l’échelle nationnale dès 1934 en réponse à la crise qui touchait la Suisse, avant l’avènement de la mondialisation. Ce n’est plus une monnaie locale, c’est une réponse pragmatique faite à la crise à l’échelle d’un pays, il me semble. (Je sais qu’il y a un ou plusieurs commentateurs suisse ici, je ne sais pas quelle perception ils ont de cette monnaie parallèle)

        Actuellement, mondialisation et crise mondiale oblige, peut être serait il pertinent que les acteurs économiques de l’union, et plus particulièrement ceux des PIIGFS, envisagent un WIR (ou quelque chose s’en inspirant) et l’internationnalisent dans leurs échanges intracommunautaires et internationnaux en particulier avec les BRICS ? Il me semble que cela leur permettrait de contourner l’effet délétère de l’euro.


        • C Balogh Le 05 septembre 2014 à 15h24
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          Bonjour,
          à Douarn,
          J’ai travaillé 7 ans en Suisse et je n’en ai jamais entendu parler.


          • Emmanuel Florac Le 05 septembre 2014 à 23h53
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            À ma connaissance le WIR n’est utilisé que par les entreprises. Un particulier n’y est donc pas exposé.


            • douarn Le 06 septembre 2014 à 02h33
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              Bonjour

              Effectivement c’était une réponse pragmatique des entreprises pour continuer à fonctionner pendant la crise, et ce, indépendament de toute action politique (pour autant que je sache).

              Actuellement, en partie par dogmatisme (convergence économique à plus ou moins long terme), le monde politique impose la monnaie unique aux acteurs économiques en faisant fi des spécificités de chaque pays.

              L’usage de l’€ en plus d’une monnaie parallèle et spécifique à chaque pays pourrait, il me semble, permettre aux entreprises de profiter des avantages de l’une et de l’autre monnaie en fonction de la situation.


  6. paddy Le 05 septembre 2014 à 00h43
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    L’attitude de l’Allemagne devient chaque jour plus irresponsable. L’euro a été construit sur le modèle du mark, avec une BCE dont le cahier des charges se limite à défendre la monnaie plutôt que l’économie, contrairement à celui de la FED. Les bons résultats économiques de l’Allemagne, notamment en matière de commerce extérieur devraient la conduire à réévaluer sa monnaie. Mais comme cette monnaie est la même que celle de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne ou du Portugal, qui eux, auraient vocation à dévaluer, les deux blocs euro du nord et euro du sud se retrouvent en situation de statu qui, l’économie allemande restant dopée et les économies sud restant plombées.
    Ces pays déjà privés de politique monétaire, réservée à la BCE, et privés de fait


    • paddy Le 05 septembre 2014 à 00h56
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      …de politique budgétaire, par impossibilité de baisser les impôts pour cause de dette élevée, ou de les augmenter car ils sont déjà à un niveau insupportable, que reste t il dans leur boite à outil pour redresser leurs économies.
      La monnaie commune conçue comme monnaie unique s’avère être une bénédiction pour son principal promoteur et un piège pour la plupart des autres.
      Quant aux pays qui n’ont pas intégré la zone euro, force est de constater qu’ils ne semblent pas en souffrir.
      Si on ajoute que les Chinois jouent à fond la mondialisation déloyale en profitant de la liberté de circulation des marchandises et des capitaux tout en évitant soigneusement le yuan de s’apprécier, on se retrouve dans une économie européenne dont les mécanismes de régulation sont faussés, laquelle évolue dans une économie mondiale qui ne fonctionne pas mieux.
      Où donc se trouve la sortie ?


  7. C Balogh Le 05 septembre 2014 à 01h05
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    Peut-être de conserver l’euro à l’exportation et l’utiliser uniquement pour ça et reprendre des monnaies nationales ou bien faire une scission entre pays du Sud et pays du Nord en adoptant des monnaies différentes???


  8. Xtian Le 05 septembre 2014 à 01h31
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    La banque centrale allemande pourrait-elle ne plus l’alimenter de ses excédents de liquidité la BCE pour faire pression sur draghi ?


    • Surya Le 07 septembre 2014 à 17h17
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      La BCE n’est qu’une filiale des BCNs, ils décident mais ne font rien; ce sont les banques centrales nationales qui exécutent (LTRO, OMT, SMP…)


  9. Kiwixar Le 05 septembre 2014 à 02h13
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    Pas sûr que Dragui ait la possibilité légale de faire un QE (statuts de la BCE).
    Sinon, le siège de la BCE est à Francfort, les Allemands peuvent le jeter en taule.


  10. DUGUESGLIN Le 05 septembre 2014 à 04h56
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    Il est bien évident que la disparité entre les pays d’Europe membres de l”union” ne permet pas la relance dans les pays du sud du fait du coût de l’Euro.
    Finalement, il faut d’abord acheter des bouts de papiers pour pouvoir acheter des produits.
    Si le vendeur de papiers en produit trop, les bouts de papiers coûtent moins cher. S’il n’en produit pas assez ils coûtent trop cher et il perd des acheteurs.
    Il faut donc maintenir la production de bouts de papiers à un niveau qui permettent de les vendre au meilleur bénéfice.
    Puis subitement quand les bouts de papier ne valent plus rien, tous les petits épargnants, petits investisseurs, qui représentent le plus grand nombre sont ruinés alors qu’ils n’étaient pas bien riches.
    Si vous achetez des bouts de papiers avec des louis d’or, vous pourrez encore les utiliser comme papier toilette de luxe ou essayer de les revendre à des gogos.
    Mais le vendeur, lui, vous a arnaqué parce qu’il ne vous rendra pas vos louis d’or.
    Lorsque nous sommes obligés d’acheter des dollars pour pouvoir acheter du pétrole et autres produits, on paye une taxe aux fabricants de papier.C’est simplement de l’arnaque.
    L’Euro censé concurrencer le dollar dans le marché des bouts de papier finalement nous coûte cher.
    Peut-être que ma vision est simpliste, car je ne suis pas du tout un économiste, mais je ne demande qu’à être éclairé.


  11. Fabrice Le 05 septembre 2014 à 07h20
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    A priori pas sûr que Moscovici et Hollande l’emportent, au vu des résultat du premier, il y a des limites jusqu’où Mario Draghi peut s’abaisser (ce qui quelque part le remonte dans mon estime).

    Du coup Moscovici se retrouverait avec la concurrence, en espérant qu’il nous évite une colère qui finirait de nous humilier plus que lorsqu’il a postulé au poste de l’économie.

    J’aurais beau me répéter, quand on nomme du bas de gamme on obtient du bas de gamme comme poste, j’ai beau entendre les grands propos contre l’Allemagne, la France fait tout pour se lier les bras en Europe ce qui ne lui laissera comme possibilité de jouer au Caliméro au lieu de contrepoids à l’Allemagne comme cela devrait être, on a ce que l’on mérite à force de se discréditer en permanence.

    On peut crier que c’est la faute des autres (de l’Allemagne en l’occurence) c’est bien le comportement de nos politiciens (et aussi de nous qui laissons faire ce gâchis) qui nous a mis dans cette situation de défaut patent (ce qui m’inquiète c’est qu’avec un si bas niveau de réussite, les gouvernements sont parfois tentés par l’aventure militaire pour faire oublier leur incompétence sachant que nous n’en n’avons pas les moyens).


  12. nervall Le 05 septembre 2014 à 08h31
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    l ‘euro et la BCE sont ataltistes comme merkel et l ‘ UE , sous le controle des USA et surtout de wall street et la FED . euronext etant avalé par les US , c ‘est le tuyau idéal pour controler l ‘euro et son niveau via le deversement des $ us imprimés ou retirage . aucunne politique de la BCE ne peut se faire sans l’ accord de la FED , et l ‘allemagne suit en general par défaut les désiratas de washington , l ‘ UE n ‘est pas independante ni souveraine malheureusement . suffit de voir snowden dont personne n ‘ose acceuillir et les sanctions atlantistes contre la russie bien que l ‘UE a été detruite par les subprimes et la devaluation unilaterale du $ us depuis 6 ans .


  13. Gribouille Le 05 septembre 2014 à 09h32
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    C’est quand même un sacré infléchissement de la politique monétaire de la BCE. Autrefois, la BCE laissait librement flotter la parité de l’Euro face aux autres monnaies. Sa priorité était le risque inflationniste. Maintenant que le déflation se concrétise, la baisse des taux vise à faire diminuer le l’Euro par rapport au dollar dans le but de doper les exportations des pays de la zone euro et soutenir la croissance pendant qu’on continue officiellement la cure d’austérité. C’est aussi un moyen de faire remonter l’inflation dans la zone Euro via l’augmentation des prix des produits importés. Cependant, cette politique pose deux problèmes pour l’Allemagne. La dévaluation de l’Euro représente un sacré manque à gagner pour l’industrie allemande qui ne souffrait guère du niveau de l’Euro déjà sous-évalué pour elle pour vendre ses produits hors zone euro. Ensuite, elle renchérit les produits intermédiaires que l’industrie allemande sous-traitait avantageusement dans les pays de l’Est (Pologne notamment).
    Enfin, si l’objectif de Mario Draghi est de faire repartir l’inflation dans la zone Euro et soutenir la croissance en allant la chercher par le moteur des exportations, la dévaluation pourrait créer une contraction de la demande intérieure bien supérieure. Le Japon avant la zone Euro a massivement dévalué sa monnaie pour faire repartir l’inflation. Le problème de cette stratégie est que les salaires n’ont pas suivi. Si les salaires européens ne suivent pas l’inflation (surtout qu’on fait tout pour mettre les travailleurs européens en concurrence), cela se traduira par une perte de pouvoir d’achat des européens qui pourrait au final avoir un impact négatif sur la croissance.
    Je n’évoque pas non plus le problème que fait peser la baisse des taux d’intérêt sur la formation de bulles des actifs financiers. Il est clair qu’on ne sait pas comment faire pour remonter les taux sans faire éclater ces bulles avec des conséquences désastreuses pour le système financier, et l’économie par ricochet. Un autre problème est de voir les épargnants se réfugier sur des placements à risque face à l’érosion des rendements sans même qu’ils en aient conscience. A titre d’illustration, un rendement de 1.2% correspond aux bons du trésor français à 10 ans. A 2 ou 2.5% vous pouvez misez sur du bon du trésor Espagnol ou Italien. A 3%, c’est du bon du trésor portugais qui vous sera proposé. Pays qui sont tous sur des trajectoires budgétaires insoutenables sur le LT dans un contexte de croissance inférieur aux taux d’intérêt. Quand les banques chypriotes proposaient du 5% au déposants, c’était trop beau pour être vrai. Aujourd’hui 3%, c’est la même chose.


  14. Nicolas Anton Le 05 septembre 2014 à 10h36
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    « La politique monétaire ne peut pas seule faire remonter l’inflation ». Ah! quel aveu! Mais que peut la finance ? puisqu’elle échoue aussi à relancer la croissance? C’est très simple la finance n’est rien. Elle ne crée rien car elle peut être abondante partout au même titre que l’air. Les financiers sont des illusionnistes qui se sont rendus indispensables en retirant l’air de la pièce. Depuis plus de 40 ans ils nous disent : “si vous voulez respirer il va falloir payer un intérêt”. Résultat des QE pour produire encore de la dette, un endettement déjà record, ainsi qu’un chômage record. Le tout avec des capacités de production qui n’ont jamais été aussi grandes. J’appelle ça la civilisation des crétins.


    • Kiwixar Le 05 septembre 2014 à 23h29
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      Les QE ne produisent de la dette QUE parce que les banques centrales (privées) sont distinctes du Trésor Public, qui leur emprunte de l’argent qu’elles n’ont pas. On pourrait avoir de la création monétaire sans dette (donc sans paiement d’intérêts) en récupérant le droit régalien de création monétaire dans les mains de l’Etat.
      L’argument “la création monétaire dans les mains des hommes politiques est la porte ouverte à l’inflation” est fallacieux, puisqu’on voit actuellement des QE massifs (FED, BOJ, BOE) sans inflation. Enfin, ça dépend où. Tout dépend de la vitesse de circulation de la monnaie.

      Mais bon : re-nationaliser notre monnaie nous éviterait la dette, ce serait facile d’avoir un budget équilibré, même en passant la TVA à 0% sauf sur les produits de luxe. Imaginez le rebond économique avec une TVA à 0%…


  15. Matthieu Le 05 septembre 2014 à 11h45
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    “L’Allemagne, à l’équilibre sur le plan budgétaire, peut le faire. Mais elle ne le veut pas car le ministre des Finances Wolfgang Schäuble et son entourage font de la réduction de la dette une priorité absolue”

    Je vois un peu d optimisme dans vos commentaires concernant la BCE mais pour ma part, j ai l impression qu’il faut choisir entre entre la peste et le choléra !!!

    La peste car l Allemagne prospère, domine et étouffe l’Europe et en arrive même à pouvoir réduire de façon règlementaire sa dette… … …chose insupportable qui bien sur n’est pas prévu car comme chacun sait, la dette est une façon de contrôler et prendre en otage les états pour le bien d’une minorité ou d’un autre empire. Ce qui ne peut pas plaire au très atlantiste et financier Mario.

    Le choléra car les manoeuvres de ce Mario n’ont surement pas pour but d’aider l’Europe MAIS de la GARDER sous contrôle de l’empire financier et Américain. Cela semble juste être une lutte contre cette dangereuse émancipation Allemande.

    Quel beau triangle amoureux que cette Allemagne, BCE et état profond (qui que représente ces autres intérêts ou états). Hélas nous Français, resterons sur le paillasson de la chambre à coucher. A ronger les os que l’on voudra bien nous laisser !!!


  16. Olposoch Le 05 septembre 2014 à 12h47
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    Va pour la banque centrale européenne “indépendante”
    Un employé de GS aux prises avec les oligrachies dominantes…

    Principalement “indépendante” des 99% et de la démocratie.


  17. Yann Le 05 septembre 2014 à 13h46
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    “Du grand n’importe quoi à la BCE, encore…”

    J’aurais bien aimé qu’Olivier développe un peu cette remarque, car je ne vois pas trop en quoi ces annonces sont du grand n’importe quoi de la part de la BCE. Il me semble que Draghi essaie de sauver les meubles en utilisant les outils dont il dispose…


    • Fabrice Le 05 septembre 2014 à 14h31
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      Yann,

      je pense sachant que Olivier Delamarche et Berruyer sont proche vous trouverez, des réponses :

      https://www.youtube.com/watch?v=MlFv-0otO5E

      mais en cherchant aussi sur youtube sur les deux olivier.


    • cm_brg Le 05 septembre 2014 à 23h40
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      Mais est-ce que les banques centrales ne le font déjà en cachette ?


    • Surya Le 07 septembre 2014 à 17h21
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      Les rachats d’ABS n’auront pour seul effet que de gorger le bilan de l’€système d’actifs titrisés (qui n’ont rien à faire dans le bilan d’une banque centrale; normalement dans l’actif d’une banque centrale il devrait y avoir de l’Or, des créances sur les banques nées de leur refinancement et des titres pour les opérations d’open market) – et éventuellement faire baisser un peu les taux des prêts aux entreprises.


    • Yann Le 08 septembre 2014 à 16h16
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      Je ne vois pas trop sur quoi vous vous basez pour dire que ce n’est pas à la banque centrale de sauver les meubles, ou alors ça dépend de quels meubles vous parlez. Parce qu’en ce qui concerne la stabilité des marchés financiers et monétaires, c’est bien à la BCE d’intervenir. Son mandat est assez clair, il lui impose de mener des actions pour maintenir l’inflation autour de 2%, tout en faisant de son mieux pour poursuivre des objectifs “secondaires” : croissance, plein-emploi, etc. Or en ce moment on est à 0,3% en rythme annuel, avec une tendance baissière, ce qui signifie que certains pays s’enfoncent déjà bien en déflation. Ne rien faire serait contraire à ce mandat, et vu que les taux d’intérêts sont déjà “zero-bound”, il ne reste pas beaucoup d’autre option pour un banquier central.

      Alors oui, c’est sûr que ce n’est pas la BCE qui va résoudre les problèmes structurels qui ont conduit à la situation actuelle. Mais Draghi ne peut pas faire grand chose d’autre que de mener une politique monétaire la plus souple possible. Tout ce qu’il peut faire c’est justement essayer de sauver les meubles; draguer les rivières et construire des digues pour qu’il n’y ait pas d’inondation, ça c’est le rôle des États.


  18. Christophe Le 09 septembre 2014 à 08h53
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    Mon dieu… que de contresens.

    Il est stupéfiant de lire un commentateur… qui oublie la génèse des évènements qu’il prétend commenter.

    Ainsi, d’où vient Draghi ? Et surtout qui l’a nommé ?

    Le CV de Draghi parlait de lui-même. Et il fut nommé par… Merckel et Sarkozy. Lorsque un vrai “faucon” qui devait prendre la tête de la BCE.. fut écarté par les mêmes Merckel et Sarkozy.

    En clair : Draghi n’est absolument pas un accident.

    Corolaire : ce qu’il fait aujourd’hui est parfaitement en phase avec ce qu’il fit avant, ce qu’il est, et ce pour quoi il fut nommé (par répétons-le Merckel et Sarkozy).

    Trichet était un petit joueur, un ancien. Un vieux quoi. Draghi c’était, et c’est toujours la ferrari, et le buldozer.

    Sa mission ? “Sauver l’Euro à tout prix”… et donc les états de la zone Euro.

    C’est simple.

    Donc pourquoi ignorer ces faits ? Pourquoi ignorer que Merckel a SYSTEMATIQUEMENT approuvé (après du théâtre, des yeux noirs, et des “retenez moi ou je fais un malheur) toutes les manips, toutes les tricheries (il n’y pas d’autres mots) mises en oeuvre par Draghi, par la BCE ?

    Mises en oeuvre SUR ORDRE, et absolument pas selon une génération spontanée, ou des délires d’un seul individu.

    Pire encore, pourquoi prétendre voir une opposition entre Merckel et Draghi ? !

    Ca confine à la bêtise crasse.

    Le QE est inévitable. Toutes les actions de la BCE étaient parfaitement prévisibles dès la nomination de Draghi et dès le premier plan d’envergure (le LTRO).

    Sans Draghi, l’Euro implose, et avec lui tous les états européens, même l’Allemagne (les banques allemandes sont dans un état terrible) car l’économie allemande dépend pour une large part de la zone Euro.

    C’est aussi simple que cela.

    Je vous rappelle que le PREMIER BAILOUT BANCAIRE européen fut… réalisé par Merckel… fin septembre 2008, suivi par un autre en octobre 2008 ! Hypo Bank. Tout est documenté.

    Voilà le fait fondateur.

    Alors d’un côté il y a la fiction Merckel (les yeux noirs, “l’Allemagne n’autorisera jamais des QE”, blablabla et toutes les bêtises avalées par les guignols depuis 2008) et de l’autre il y a LES FAITS.

    Arrêtons donc s’il vous plaît les pseudo analyses qui relèvent du story telling propagandiste.

    Il n’y a AUCUNE dissension entre UE/Euro/Bruxelles/BCE/Allemagne…. Tout ce petit monde se tient comme les mafieux se tiennent les uns les autres : par la barbichette… et par des parties corporelles beaucoup plus sensibles…


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