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27.mai.202127.5.2021 // Les Crises

Mort d’Idriss Déby Itno : Un coup dur pour Paris – par Eric Juillot

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Idriss Déby Itno, le chef de l’État tchadien, est mort le 20 avril 2021. Sa disparition ouvre dans ce pays africain une période d’incertitude politique qui ne fait pas les affaires de la France. Le Tchad, depuis quelques années, était en effet devenu un acteur incontournable de la lutte armée contre les milices islamistes actives dans la région.

Dans un pays marqué par une chronique instabilité politique, Idriss Déby Itno aura passé plus de trente ans au sommet de l’État, ce qui constitue un record de longévité depuis l’indépendance de 1960. Arrivé au pouvoir par la force en 1990, après avoir chassé, avec le soutien conjugué de la France, du Soudan et de la Libye, son prédécesseur Hissène Habré, il a exercé ensuite cinq mandats présidentiels successifs, de 1996 à 2021.

3 décennies à la tête de l’État

Sa trajectoire a suivi celles de bien des chefs d’État africains, entre révisions constitutionnelles ad hoc, concessions de façade au multipartisme – avec la reconnaissance d’une opposition « officielle » acceptée dans le jeu politique ou réprimée selon les circonstances – et légalisme de pure forme. L’essentiel, bien entendu, se jouait derrière ce décor institutionnel, dans des négociations perpétuelles et des luttes clandestines pour le contrôle du pouvoir avec des factions nées de clivages ethniques, claniques et de rivalités personnelles, luttes qui débouchèrent à plusieurs reprises sur des conflits armés.

Idriss Déby appartenait ainsi à l’ethnie Zaghawa, qui joua un rôle important dans la vie politique tchadienne à partir des années 1970, avant d’arriver au pouvoir par le truchement de son champion en 1990. Mais les dissensions claniques chez les Zaghawas sont nombreuses, notamment depuis cette époque (Déby appartenait au clan Bideyat).

Après les violences de masse qui avaient marquées le pouvoir d’Hissène Habré, Idriss Déby pouvait passer de fait pour un modéré et recevait pour cette raison le soutien de Paris. Ainsi les autorités françaises décidèrent-elles à plusieurs reprises de lui sauver la mise en lui apportant une aide militaire face aux « rebelles » qui régulièrement tentèrent de s’emparer du pouvoir par la force.

Ce fut le cas en 2005, en 2006, et plus significativement encore, en 2008. En février de cette année-là, une colonne armée rebelle (CMU, une coalition de factions) investit la capitale N’Djamena après l’échec des forces gouvernementales dans leur tentative d’en bloquer la progression quelques jours plus tôt. La situation est alors critique pour le pouvoir en place, qui parvient cependant à vaincre ses ennemis en déployant du matériel lourd et grâce au soutien mesuré mais réel des forces armées françaises. Après avoir hésité sur le choix à faire, le président français N. Sarkozy avait décidé d’œuvrer au maintien de Déby. Les éléments français ont ainsi fermement tenu l’aéroport de la capitale, ouvrant le feu sur les rebelles qui en approchaient, rendant possible l’intervention continue des hélicoptères tchadiens dans la bataille urbaine en cours, ainsi que l’acheminement de munitions pour les forces gouvernementales.

En février 2019, Paris accepte de recourir une nouvelle fois à la force à la demande du président tchadien, pour stopper une colonne rebelle venue de Libye qui visait à nouveau la capitale. Les Mirage 2000 français interviennent et détruisent à la bombe une vingtaine de véhicules, mettant en échec les forces de l’UFR (Union des Forces de Résistance).

Deux ans plus tard, c’est donc au cours d’une énième opération armée contre ses ennemis intérieurs que le président tchadien a perdu la vie. Les combats qui ont opposé à la mi-avril l’Armée nationale tchadienne et une importante colonne du FACT (Front pour l’Alternance et la Concorde au Tchad) venue du Fezzan (Libye) ont permis de stopper cette dernière en lui infligeant de lourdes pertes, mais c’est au cours de cet affrontement, dans des circonstances qui demeurent floues, que le président Déby a été mortellement blessé.

Ce décès inopiné prend la France et l’Afrique au dépourvu et suscite l’inquiétude : la région sahélo-saharienne ne peut se payer le luxe de voir un État comme le Tchad sombrer dans l’instabilité. Sous la présidence de Déby, N’Djamena est en effet devenue, au cours des années 2010, un acteur essentiel de la lutte armée contre les milices islamistes qui prolifèrent dans la région.

De « Panthère » à « Colère de Bohoma »

Depuis 2013, l’armée tchadienne a apporté à de nombreuses reprises la preuve de son efficacité opérationnelle. Elle participe d’abord, en février-mars de cette année, à l’opération « Panthère IV » aux côtés des forces françaises déployées au Mali depuis le mois de janvier dans le cadre de l’opération « Serval ».

Avec Panthère, il s’agit de détruire l’ennemi retranché dans l’Adrar des Ifoghas, un massif montagneux difficile d’accès dans le Grand Nord du Mali. Le massif est investi en quelques semaines, les formations islamistes qui y sont retranchées perdent plusieurs centaines de combattants ; les forces tchadiennes se sont illustrées dans des combats intenses qui leur ont valu une trentaine de tués.

En 2015, les éléments tchadiens forment le môle de la FMM (Force Multinationale Mixte) mise sur pieds conjointement par le Niger, le Nigéria, le Tchad, le Cameroun et le Bénin, pour lutter contre Boko Haram qui, à partir du Nigéria, procède à des incursions régulières sur le sol des États voisins. Les forces tchadiennes interviennent même dans le territoire nigérian en soutien d’une armée locale dépassée.

Parallèlement, des éléments tchadiens sont intégrés à la Minusma (opération onusienne de stabilisation du Mali) et à la Force conjointe du G5-Sahel (Burkina Faso, Niger, Mali, Mauritanie et Tchad) à hauteur d’un bataillon dans chacun de ces dispositifs. Au début de l’année 2020, Déby accepte encore de renforcer d’un bataillon la participation tchadienne à cette Force conjointe.

Enfin, après l’attaque très meurtrière de Boko-Haram les 23 et 24 avril 2020 sur la presqu’île de Bohoma, en territoire tchadien, sur le lac éponyme — attaque qui coûte la vie à 98 soldats tchadiens —, Déby engage son armée dans une opération d’envergure, « Colère de Bohoma » qui permet de chasser les islamistes nigérians du secteur en leur causant de très lourdes pertes. L’état-major de l’armée tchadienne évoque le nombre d’un millier de combattants ennemis tués. La France a apporté au Tchad un soutien en matière de renseignement dans le cadre de cette opération.

Une priorité pour Paris : le statu quo géostratégique

Dans les heures qui ont suivi la mort d’Idriss Déby, un « Comité militaire de Transition », composé d’une quinzaine de généraux, a été formé dans l’urgence. À sa tête se trouve le fils de l’ancien président, Mahamat Idriss Déby, « général de corps d’armée », nouvellement nommé par ses pairs « chef de l’État, Président de la République et chef suprême des armées ». Le clan au pouvoir a donc fait le nécessaire pour verrouiller le processus de transition, alors que l’opposition muselée relève la tête et que les combats contre les rebelles du FACT se poursuivent.

La crise née du décès inopiné d’Idriss Déby a dissous instantanément le mince vernis légaliste qui recouvrait jusque-là la vie politique tchadienne ; pressée par les circonstances, face à une question aussi décisive que le contrôle de l’État et de ses ressources, la faction au pouvoir, et qui entend le rester, doit travailler à l’ancienne, en instaurant une dictature militaire qui ne prend même pas la peine de se cacher. Il n’est évidemment pas question de procéder à des élections permettant au peuple d’exprimer sa volonté. Tout au plus celui-ci sera-t-il invité à ratifier par voie électorale, d’ici peut-être dix-huit mois, le successeur d’Idriss Déby Itno qui sera sorti vainqueur de la lutte pour sa succession.

Mahamat Idriss Déby tente aujourd’hui de s’imposer comme le nouvel homme fort du régime. S’il jouit d’une expérience militaire qui joue en sa faveur (c’est lui qui commandait en 2013 le bataillon déployé aux côtés des Français dans l’Adrar des Ifoghas), s’il dirigeait à la mort de son père la puissante Direction générale des Services de Sécurité des Institutions de l’État (DGSSIE), sa position reste précaire. Pour s’installer à la tête du pays, il lui faut simultanément combattre et vaincre l’actuelle rébellion du FACT, neutraliser l’activisme retrouvé de l’opposition légaliste et s’imposer à son propre milieu, au sein duquel sa légitimité même pourra sembler incertaine. C’est à son père en effet qu’il doit son ascension, dans un pays où le principe dynastique n’a jamais joué de rôle dans la succession des Chefs de l’État depuis 1960. Il lui faudra donc faire preuve de réelles capacités politiques s’il veut s’imposer.

Il dispose cependant d’un atout de poids avec le soutien de la France, qui semble acquis à ce stade. Si l’ancienne métropole ne peut pas tout, elle peut beaucoup, tant son influence est restée grande au fil des décennies, dans ce pays plus qu’ailleurs. En effet, depuis la fin des années 1960, il y a presque toujours eu au Tchad une opération française en cours, pour aider au maintien du régime en place face aux rebelles du moment ou pour sauvegarder l’intégrité territoriale du pays, face à la Libye notamment.

La priorité qui se dégage des premières déclarations des autorités françaises est claire : La France doit pouvoir continuer à compter sur l’engagement du Tchad dans la lutte armée régionale contre les milices islamistes. Cela suppose, d’une part, que la transition d’un pouvoir à l’autre au sommet de l’État tchadien soit la plus rapide et la moins houleuse possible et, d’autre part, que la rébellion des FACT soit rapidement circonscrite. Pour le reste, il faut faire en sorte que le nouveau président, quel qu’il soit, donne des garanties formelles en faveur de la démocratie, indépendamment de ses intentions réelles, pour permettre aux diplomates de broder sur ce thème.

Ainsi, Emmanuel Macron a tenu à marquer de sa présence la cérémonie d’inhumation d’Idriss Déby. Seul chef d’État non-africain présent, aux côtés de ses homologues du G5-Sahel, il a rencontré le nouveau dirigeant, auquel il a exprimé son soutien, tout en précisant que « la France ne laissera jamais personne, ni aujourd’hui ni demain, remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad. La France sera également là pour faire vivre la promesse d’un Tchad apaisé ».

Paris a donc fait son choix. S’il n’est pas certain que ce soutien en forme d’adoubement suffise, force est de constater qu’il consolide grandement le pouvoir du nouveau président. Le lundi 10 mai, les autorités tchadiennes ont annoncé par ailleurs la victoire de leurs forces armées sur celles du FACT.

L’avenir semble donc se dégager pour le nouveau dirigeant tchadien, même si les prochains mois resteront à l’évidence frappés du sceau de l’incertitude. Paris, dont la priorité relevait présentement de la realpolitik, doit s’en trouver soulagé.

Source : Eric Juillot – ELM

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Commentaire recommandé

Voix de chalam // 27.05.2021 à 11h28

Il n’est pas question de la prospérité du peuple parce que ce n’est pas le sujet. L’article parle de la stabilité géopolitique de la région sahélienne, qui était assuré par un grand allié de notre pays, le président Déby, appuyé par une des rares armées fiables de la région. On peut craindre, en effet, qu’avec sa disparition, le Tchad ne joue plus ce rôle et que toute la zone entre Dakar et Djibouti deviennent une gigantesque Somalie. Je peux vous assurer que cela ne ferait pas prospérer les peuples du coin.
Il ne faudra alors pas compter sur la Suisse ou les pays du nord de l’Europe pour venir mettre fin au massacre.

16 réactions et commentaires

  • calal // 27.05.2021 à 09h24

    Ca me fait marrer ce genre d’article: nulle part il est question de prosperite pour le peuple dans tout l’article. J’avais regarde il y a quelque temps la place du tchad dans le classement des pays par pib et par indice de developpement humain pour le comparer avec celui de la libye de khadafi.
    Faut arreter de se voiler la face en france 20 ans apres l’an 2000. Nous soutenons des dictateurs et des dictatures comme tous les autres pays du monde. Pas etonnant que le kharma apres nous tombe dessus a bras raccourci en nous renvoyant des cargaisons de migrants et la menace de devenir une dictature nous meme.
    Tout l’article ne parle que d’une seule valeur : la STABILITE. mais la stabilite de quoi? celle de ceux qui sont en haut de la hierarchie au tchad afin qu’ils restent en haut, meme s’ils ne servent a rien meme si cela conduit a la stagnation ad vitam eternam du pays dans une misere crasse?
    Franchement,la france ferait mieux de prendre exemple sur la suisse ou les pays du nord de l’europe qui restent neutre et footent la paix aux autres…intervenir pour faire progresser a la limite mais dans le cas du tchad au bout de 30 ans,c’est patent que ca sert vraiment a rien pour le peuple tchadien…

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    • Voix de chalam // 27.05.2021 à 11h28

      Il n’est pas question de la prospérité du peuple parce que ce n’est pas le sujet. L’article parle de la stabilité géopolitique de la région sahélienne, qui était assuré par un grand allié de notre pays, le président Déby, appuyé par une des rares armées fiables de la région. On peut craindre, en effet, qu’avec sa disparition, le Tchad ne joue plus ce rôle et que toute la zone entre Dakar et Djibouti deviennent une gigantesque Somalie. Je peux vous assurer que cela ne ferait pas prospérer les peuples du coin.
      Il ne faudra alors pas compter sur la Suisse ou les pays du nord de l’Europe pour venir mettre fin au massacre.

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      • Jean-Do // 27.05.2021 à 13h05

        Parce que la stabilité par une dictature militaire, c’est stable sur le moyen ou le long terme ? Parce que les militaires ne vont pas provoquer la corruption et l’évasion des richesses vers les pays riches ?

        Souvenez-vous que ces dernières années l’Afrique a été un exportateur net de capitaux. Vous m’avez bien lu : l’Afrique exporte non seulement les richesses de son sous-sol et de son agriculture vers l’Europe, les USA et bientôt la Chine mais aussi les capitaux qui font tourner notre économie. C’est au point que plus un pays est riche de produits exportables, plus sa population est pauvre et sous le joug.

        La France est un néo-colon parmi d’autres, juste un peu plus violent. Alors, ne faisons pas dans l’angélisme en prétendant que « nos soldats sont là pour la paix », ils sont là pour Bolloré & C°. Et comme les Anglais le firent en Irlande, ils sont aussi là pour s’entraîner et tester les moyens de nous soumettre quand ce sera encore plus nécessaire.

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        • Voix de chalam // 27.05.2021 à 14h06

          « Parce que la stabilité par une dictature militaire, c’est stable sur le moyen ou le long terme ? »

          Bien sûr, nous préfèrerions tous la stabilité par une démocratie, mais il n’y en a pas dans cette région. On peut toujours aller l’imposer ; certains ont essayé, avec des résultats mitigés…
          En attendant que cela arrive, oui, il vaut mieux la stabilité par une dictature que pas de stabilité du tout.
          Encore une fois, ce n’est pas une question d’enjeu économique ou de lutte contre la corruption, mais sécuritaire. Ne perdez jamais de vue qu’un Sahel plongé dans le chaos, c’est toute la façade sud de la Méditerranée qui se retrouve déstabilisée, avec de gravissimes conséquences pour la sécurité de la France.
          Personne de sérieux ne dit que les soldats français sont là-bas « pour la paix », ils y sont pour les intérêts bien compris de notre nation, et c’est tout ce qu’on leur demande.

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          • Ribouldingue // 27.05.2021 à 14h53

            Les démocraties en Afrique la France les a fait tomber à coup d’assassinats et coups d’états divers.
            La réalité c’est que Macron se déplace pour soutenir une dictature sans même prendre la peine d’habiller ça avec des paroles de façade.
            Il n’y a que la démocratie pour stabiliser un pays, c’est le seul moyen de transformer les conflits armés en conflits politiques.
            C’est vrai en France ou aux EU ou l’on voit une démocratie dépecée par des oligarques qui n’ont rien à envier aux seigneurs de guerre des temps antiques qui fissurent les pays entraînant des conflits physiques de plus en plus fréquents.
            C’est vrai aussi en Afrique ou le soutient aux dictatures alimente continuellement les rebellions.
            Soutenir une dictature, en plus de limiter le développement d’un pays par la corruption, est une vue à court terme qui nous pétera toujours à la gueule comme tout ce que touche cette idéologie court-termiste des Macrons, Sarko et autres flambys.

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            • Voix de chalam // 27.05.2021 à 19h34

              « Les démocraties en Afrique la France les a fait tomber à coup d’assassinats et coups d’états divers. »
              À quelles démocraties africaines renversées par l’action de la France pensez-vous ? À part l’assassinat de Sylvanus Olympio, dans lequel le rôle des services français est probable quoique non prouvé, je ne vois pas.

              « La réalité c’est que Macron se déplace pour soutenir une dictature sans même prendre la peine d’habiller ça avec des paroles de façade. »
              Et c’est mieux ainsi. Jusque sur ce site, beaucoup en ont assez de cette hypocrisie qui consiste à prêcher, des tremoli dans la voix, la liberté et la démocratie alors que les relations internationales impliquent nécessairement de traiter avec des régimes non-démocratiques. Les citoyens sont suffisamment matures pour comprendre cela sans qu’il faille les prendre pour des enfants.

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            • Voix de chalam // 27.05.2021 à 19h36

              « Il n’y a que la démocratie pour stabiliser un pays, c’est le seul moyen de transformer les conflits armés en conflits politiques. »
              Vous faites erreur, la démocratie n’amène pas nécessairement la fin des conflits armés. Je pourrais prendre comme exemple le Rwanda, où c’est l’organisation d’élections ouvertes aux divers partis politiques, imposée au président Habyarimana après la conférence de La Baule, dans un contexte de tensions inter-ethniques et sociales extrêmes, qui a fait se multiplier la constitution de milices liées aux partis (dont les tristement célèbres Interahamwe) et mis le feu aux poudres.
              Chaque pays est différent, avec son histoire et ses propres équilibres intérieurs, et ce qui a marché pour l’Europe Occidentale ne marchera pas forcément partout.

              « Soutenir une dictature, en plus de limiter le développement d’un pays par la corruption, est une vue à court terme qui nous pétera toujours à la gueule comme tout ce que touche cette idéologie court-termiste des Macrons, Sarko et autres flambys. »
              Je suis d’accord avec vous, mais encore une fois, comme disait Mongénéral : « On ne fait pas de politique autrement que sur des réalités ».
              La réalité, c’est qu’à l’heure actuelle, au vu de l’état des forces politiques qui prévalent au Tchad, ce n’est pas demain la veille qu’on y verra éclore une démocratie. Alors que faire ? Ne plus rien vouloir entendre du Tchad jusqu’au jour, hypothétique, où il deviendra une démocratie, au risque de placer la France dans une situation dangereuse et inextricable ? Vous connaissez ma réponse.

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          • Orhan // 28.05.2021 à 11h54

            Quelle stabilité ? Il faut pas manger en vous lisant, on court le risque de s’étrangler.

            Et comment affirmer qu’il n’y a pas d’enjeu économique ! Un vaste marché pour l’exportation, de vastes terres gorgées de richesses !

            Conséquences pour la sécurité de la France ? Il ne vous a pas beaucoup échappé que, contrairement à la frontière américano-mexicaine, entre l’Afrique et l’Europe il y a une mer. Que des dizaines (centaines ?) de milliers meurent dans cette mer, et que sauf erreur de ma part les djihadistes (enfin djihadistes…) n’ont pas de marine de guerre pour aller à l’attaque de nos côtes.

            Non, l’argument sécuritaire, c’est l’argument commercial par excellence. Cela fait vendre, cela justifie nos interventions qui n’auraient aucune autre justification.

            Encore une fois, comme dans l’autre article sur le biélorusse : hypocrisie.

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            • Voix de chalam // 28.05.2021 à 18h02

              N’avez-vous pas remarqué comme des changements en Libye depuis la chute de Kadhafi ? C’est exactement de cela que je parle.

              « Et comment affirmer qu’il n’y a pas d’enjeu économique ! »
              Il faut vous départir de cette idée que la France n’est en Afrique que pour des raisons économiques. Cette grille de lecture n’est pas pertinente. Il n’y a aucune ressource dans le sous-sol sahélien qui ne soit disponible ailleurs et pour moins cher. L’uranium, me direz-vous ? La France l’achète déjà en grande quantité au Kazakhstan et au Canada.

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            • Voix de chalam // 28.05.2021 à 18h03

              « Conséquences pour la sécurité de la France ? »
              Le risque, vous le pointez vous-même, il est migratoire. Avec un Sahel somalisé, c’est encore plus de gens à tenter la traversée, pour se noyer ou venir s’entasser dans des camps de migrants devenus ingérables par leur nombre et leur taille, dans des sociétés européennes qui n’ont plus rien à leur offrir et dont les capacités d’accueil sont déjà sursaturées.
              Le risque, ce sont des pays maghrébins déjà fragiles qui imploseraient sous le poids de ce flux devenu incontrôlable. Un Etat algérien qui s’effondre, avec les forces politiques présentes sur place, c’est un nouveau « djihadistan » qui s’ouvre sous nos fenêtres. Ajoutez le fait que près de 4 millions d’Algériens vivent en France, avec ce que cela implique en termes de potentielle exportation de leur problème chez nous, et vous comprendrez qu’il y aurait de quoi se faire du mouron.
              Vos djihadistes n’ont pas besoin de « marine de guerre », ils ont déjà un terrain tout préparé pour leurs actions délétères dans nos banlieues.

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      • Calal // 27.05.2021 à 14h52

        On peut laisser israël se demerder avec cette région. Ou la Turquie.ou les chinois.ou une autre puissance musulmane

        Qu’ils se demerdent: au bout de 30 ans d’ingérence, est ce que le schmilblick a progresse ? Non,on arrêté les frais et on remballe. La liberté et la responsabilité des autres ça se respecte aussi.

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    • utopiste // 27.05.2021 à 17h04

      Avant de poster des poncifs, une petite recherche sur le net, SVP.
      Le « peuple tchadien » n’existe pas encore, 80% de paysans, appartenant à différentes ethnies, d’où les conflits internes.
      Les productions nationales ? Coton, gomme arabique, pétrole, qui aggravent le changement climatique qui impacte l’agriculture comme partout. Donc tensions, exploitées par les islamistes, comme partout aussi.
      Quand à qui soutenir pour diriger le pays (puisqu’il FAUT qu’il continue d’exister, sauf à cautionner un nouvel « état » islamiste) ? Qui sont les opposants ? Qui est derrière les divers opposants ?
      Pas assez d’infos, donc aucune opinion tranchée.
      Macron et « Paris » choisissent ce qui ressemble à la facilité, mais y a-t-il une autre solution ? A long terme peut-être ?
      Macron et le long terme …

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  • step // 27.05.2021 à 10h18

     » footent la paix aux autres », ballon bien renvoyé ! 🙂

    Sinon sur le fond, la « stabilité » tant recherchée, est celle des intérêts français. Pas vraiment celle des oligarques du pays et évidemment pas celle de la population de ce pays.
    Sinon pourquoi rechercher la « continuité de l’engagement contre xxx ». La permanence de la guerre, c’est la permanence de la pauvreté systémique.

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  • Dominique SAUVEBOIS // 27.05.2021 à 11h25

    Savoir que l’Occident maintien l’Afrique dans le sous développement et savoir que nous européens devenons cette Afrique aux mains des mêmes dictateurs grâce au mondialisme actuel.
    … l’avenir (régressif) ne sera rose pour personne puisque le règne de la corruption est général. Faire la propagande du réchauffement alors que nous nous dirigeons vers un refroidissement montre à quel point la politique est génocidaire, et les gens (formatés) sont incapables de voir clair même aujourd’hui.

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  • Jaji // 28.05.2021 à 13h47

    Je pense qu’il faut arrêter de prendre le peuple tchadien en otage en inscrivant son armée dans une lutte longue et meurtrière notamment la lutte contre le terrorisme.
    Rappelons que l’armée a fait les preuves de ses prouesses militaires en libérant le Mali avec en toile de fond la relégitimation du système Déby qui était mal vu par l’establishment français d’alors en l’occurrence le President François Hollande. Le Maréchal a été ingénieux et stratège politiquement en mettant sur pied un système axé sur la nécessité de Coopérer qui l’a survenu. Cette rente diplomatique née des prouesses militaires a quadrillé le nécessaire maintien du Maréchal au pouvoir malgré ses déconvenues démocratiques à l’interne. A son décès inopiné, cette rente s’est mise en action en empêchant la suspension du Tchad comme le prévoient les textes de l’Union Africaine avec les concours sans complaisance du President de la Commission Mahamat Faki et de Mahamat Annadif, le représentant du Secrétaire général des nations unies pour le Sahel.
    Pour clore ce chapitre, il est difficile d’asseoir un système viable en niant les droits sociaux de base du peuple tchadien au détriment de la sous-traitance des luttes géopolitiques des puissances. La conscience nationale est le seul pilier qui vaille sécuriser en créant les conditions d’un dialogue ouvert à toutes les force vives, cela donnerai une crédibilité au processus et attenuerait les souffrances de la population civile. Le peuple tchadien a payé un lourd tribut des inconséquences de ses hommes politiques qui ne voient que la force

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  • Christian Gedeon // 29.05.2021 à 13h34

    C’est surtout un coup dur pour le Tchad. Bien dur les oies blanches politiquement correctes et droits de l’hommistes vont expliquer que ventait un méchant. Ils se contrefoutent du Tchad en particulier et de l’Afrique en général. Il faut que l’histoire collle avec leur « convictions ». C’était pour son pays un grand homme.

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