Reprise d’un article de Julliard. Le diagnostic est intéressant. Je ne partage pas la vision d’une nationalisation, mais je prône pour ce seul secteur, très particulier (le coeur alimentant l’économie) celle d’une socialisation, à savoir une gestion des banques par un conseil d’administration constitué de représentants des entreprises, des syndicats, des salariés, des clients, des économistes, d’élus… La déprivatisation ne coûte évidemment rien, les banques étant techniquement en situation de pré-faillite, et ne valant donc plus rien (ce qui apparaîtrait facilement avec des normes comptables intellectuellement honnêtes, ne serait-ce que celle des années 1980).

Dans une France qui prend conscience de son effondrement économique et diplomatique, il n’est plus temps de s’enfermer dans les querelles politiques. La seule priorité : agir pour le redressement industriel, social et moral du pays.

Jacques Julliard

Et un homme à la mer, un ! Accoudés au bastingage, leurs bouées de sauvetage à la main, les sauveteurs discutent avec passion : quel est donc cet homme ? Est-il jeune ou vieux ? Noir ou blanc ? Rouge ou brun ? Vert, peut-être ? Pendant ce temps, le malheureux continue de se débattre. Mais les sauveteurs, absorbés par leur débat préalable, n’en ont cure et reprennent la question à la base : avant de sauver cet homme, il importe de savoir qui nous allons sauver. Et de quelle manière ? Il serait contraire à toutes les traditions de la marine à voile de le sauver n’importe comment. Cependant, le naufragé continue de boire la tasse.

Ce naufragé, c’est la France. Depuis le printemps dernier, un fait politique domine tous les autres. Le changement à la tête de l’Etat ? Vous n’y êtes pas. Le fait politique majeur, c’est que tous ou presque, dans ce pays, admettent désormais qu’il y a quelqu’un à la mer ; c’est la prise de conscience brutale d’une tendance en cours depuis trente ans : l’effondrement économique et diplomatique de la France. Il y a peu encore, le discours «décliniste», façon Nicolas Baverez (La France qui tombe, 2003), suscitait le scepticisme, voire la moquerie. Aujourd’hui, ce pessimisme sur l’avenir du pays est le fond de sauce qui accompagne tous les plats que l’on nous sert. Il est vrai que les faits sont trop nombreux, trop flagrants, pour être niés en bloc.

En une vingtaine d’années, l’emploi industriel a diminué d’un tiers. Il ne représente plus désormais que de 12 à 13 % de l’ensemble des salariés. Voilà une donnée proprement effrayante, que l’on a longtemps cherché à escamoter derrière des bavardages sans contenu réel sur la «société postindustrielle» qui était censée être désormais la nôtre. Trente ans pendant lesquels tous les gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, tous les présidents, qu’ils se nomment Mitterrand, Chirac ou Sarkozy, ont fait preuve de la même désinvolture, de la même insouciance. Sans y prendre garde, la France est devenue l’Angleterre, un pays qui a laissé filer son industrie, mais sans la City, c’est-à-dire un cache-misère bancaire à la désindustrialisation. Et lorsqu’un palmarès des personnages les plus puissants du monde, comme les Américains en raffolent en fin d’année, met Angela Merkel au deuxième rang derrière Barack Obama et rejette François Hollande à la 14e place, nous avons là l’expression symbolique de ce déclassement de la France, de cette perte du rang, de ce deuil de la grandeur, de ce naufrage de l’influence. Voilà pourquoi les Français n’ont plus tout à fait tort d’être encore plus pessimistes qu’ils ne le sont d’ordinaire, à un niveau qui n’a pas d’équivalent dans les pays industriels et qui ravale la France au niveau de l’Afghanistan.

[…]

Jacques Julliard
Source : Marianne

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

66 réponses à [Reprise] Nationaliser des banques, pourquoi pas ?, par Jacques Julliard

  1. Lionel Le 28 avril 2013 à 06h17
    Afficher/Masquer

    Autant je partage à 200% le constat, autant je n’ai pas compris le rapport avec le titre…
    Nationaliser ça veut bien dire mettre sous contrôle gouvernemental ? Cette même caste dénoncée de A à Z dans son mutisme ?
    Il n’y a qu’à voir la cacophonie avec la BPI, il y aura toujours un Montebourg ou une Royal pour tenter d’exister politiquement au détriment du fonctionnement cohérent d’un établissement bancaire. Non ?


    • Balthazar Le 28 avril 2013 à 06h51
      Afficher/Masquer

      Oui, le constat, c’est bien, savoir que c’est sous le mandat de machin qu’on a perdu x% d’emplois industriels encore mieux. Mais toujours cette vieille lune d’expansion économique. “Faut grossir pour ne pas être mangé” etc… Pourtant cela fait un moment que plusieurs articles invitent les politiques à réfléchir autrement, à privilégier l’écologie, l’environnement, à calculer le PIB (ce grand indicateur de “richesse”) avec d’autres valeurs et pas le nombre de prisons ou autre.
      L’Etat devrait reprendre la main sur la finance, mais on a vu grâce à O.B que le gouvernement et la quasi totalité du parlement sont aux ordres des banquiers. Donc là encore, c’est raté. Pourtant tout le monde “souffre” de cette crise financière. Si on ne change rien maintenant, ce n’est pas demain qu’on le fera. Sauf forcé par une faillite de ces banques universelles.
      Pendant ce temps, l’Etat vend ses actions EADS, hou la la qu’ils sont brillants. L’aéronautique, encore un truc qu’on brade, et on pleurera dans 10 ans quand les emplois seront en zone “Asie” (vous savez au plus près des clients, car les satellites et les avions, c’est très très cher à faire livrer au client, sans blague ;-)).
      Arcelor, début des années 2000, c’était toujours une pépite. Mittal rachète (au prix fort), et puis ferme les usines une à une. C’est la crise. Elle finira peut etre un jour cette crise. Qui en profitera ? Mittal, pas Arcelor. C’est à dire l’Inde, pas l’europe. Encore des emplois en moins.


      • Mathieu Le 28 avril 2013 à 07h47
        Afficher/Masquer

        Quand Julliard compare la sidérurgie à la marine à voile il se trompe. Il devrait plutôt comparer à la marine.
        On aura “toujours” (c’est un temps bien long) besoin d’acier.
        L’enjeu est donc d’accompagner la transition vers la marine à vapeur et de ne pas faire ce qu’on a fait pour le fret maritime en le laissant aux mains d’armateurs milliardaires faisant naviguer des navires poubelles sous pavillons de complaisance… tout ça parce qu’un super-tanker c’est moins sexy que “Le France”


        • Thomas Le 28 avril 2013 à 11h18
          Afficher/Masquer

          J’approuve la remarque sur l’acier. Non seulement on en aura “toujours” besoin, mais en plus, le jugement de Julliard est terriblement sourd aux réalités technologiques.

          Disons que le commun des mortels comprend l’acier comme les boîtes de conserves, les ustensiles, et toutes ces choses là… Mais il existe en réalité une kyrielle d’aciers de toutes sortes, alliages de fer et d’autres choses, dont la synthèse est très technique, et qui disposent d’une énorme valeur ajoutée car destinés à des emplois de haute technologie.

          Et c’est ça que la France perd, par son savoir faire industriel et technique, mais aussi du côté de la recherche. Nous étions déjà champions en aluminium, et nous avons tout perdu, et voici le tour de l’acier.


  2. cgpi Le 28 avril 2013 à 06h50
    Afficher/Masquer

    Nationaliser les banques alors qu’elles ont des milliards de pertes potentielles sur les dérivés, ce serait faire payer l’état et le contribuable des prochaines faillites bancaires.
    Non, si les banques font faillite, qu’elles tombent, l’état devant alors sauver l’argent des épargnants, et mettre en prison les banksters.
    En nationalisant les banques, l’état sauverait les banksters, et feraient passer les pertes privées sur le dos des contribuables, non merci.


  3. Najm Le 28 avril 2013 à 07h08
    Afficher/Masquer

    On peut amputer la crise au secteur financier, la solution intellectuellement la plus facile et la plus fausse économiquement. Le non sens économique dans ce pays devient criant. Je n’entends personne parler de la mauvaise régulation, de l’impression de monnaie fictive pour alimenter des états nations qui ne font qu’aggraver les déficiences de marchés au lieux de les supprimer. Ce Mr qui donne des leçons économiques, il compte nous dire avec l’argent de qui il va racheter les banques? Et pourquoi, sous quelle logique, sous quel pouvoir divin je dois sauver une entreprise privée et la subventionner quand je ne suis pas actionnaire de celle ci?
    Si le constat de la mauvaise gestion du politique du cycle économique est de donner plus de pouvoir a ce même pouvoir politique en espérant qu’il nous sauve du méchant secteur privé, alors la on est vraiment mal.


  4. CHRISTIAN PIRE Le 28 avril 2013 à 07h15
    Afficher/Masquer

    Bonjour,
    Nationaliser ? Je pense que c’est trop tard. Par contre, travailler avec les banques au bien de tous et des Etats devient possible avec le projet ci-dessous. Merci et très bon week-end. Christian PIRE
    REPRISE PAR LA CONSOMMATION OU LA PRODUCTION ?

    Et si la réponse à la crise actuelle n’était pas dans la comparaison ou la confrontation consommation/production mais dans l’utilisation à bon escient du système de cotation Boursier ?
    Que faut-il pour que le circuit économique fonctionne ?
    De la confiance, de la confiance, de la confiance.
    Sans le triptyque de l’Energie, des Dynamiques humaines et des Flux financiers issus de cette confiance, tout circuit économique ne peut fonctionner de façon pérenne.
    Que faut-il pour obtenir cette confiance ? Si ce n’est une visibilité haussière de la valorisation de ses avoirs et la sécurité ?
    Contrairement à ce que l’on croit, nous avons rarement été en position aussi favorable pour mettre en symbiose ces éléments de base de l’économie. Encore faut-il accepter d’adapter ses raisonnements aux nouveaux paradigmes de l’économie financiarisée plutôt que de vouloir appliquer aux forceps les enseignements, les solutions et les techniques de l’ancienne économie.
    A) Opportunité de l’économie financiarisée
    L’économie financiarisée est fondée sur de nouvelles règles comptables clairement identifiées. C’est l’application de ces nouvelles règles comptables qui a eu pour effet de créer les déstabilisations SOCIOECOPOFI (SOCIologie, ECOnomie, POlitique, FInance) actuelles. La solution est donc comptable. Ciblons les potentiels et les failles de ces règles et, sans bourse délier, sans endetter l’état, nous pourrons modifier considérablement l’environnement SOCIOECOPOFI.
    B) Bourse comme outil de sauvetage SOCIOECOPOFI (Sociologie, ECOnomie, POlitique et FInancier)
    Pour rappel, deux grands types d’intervenants sont présents en Bourse, les spéculateurs et les investisseurs. Si pendant une journée boursière, les spéculateurs acheteurs et vendeurs d’un certain nombre de titres (volume) s’affrontent, en fin de journée les investisseurs (ceux qui ne spéculent pas quotidiennement) voient la valeur de leur portefeuille boursier valorisée en fonction du cours réalisé à la fermeture de la Bourse par un très petit nombre de titres. En clair, quelques titres échangés à une heure précise vont déterminer le pourcentage de la hausse ou baisse du CAC 40 de la journée. C’est bien dans cette réalité comptable « étonnantes » que nous trouvons une solution efficace à la crise actuelle. Quelle plus belle et rapide création de « richesse » si, en fin de journée alors que les spéculateurs ont fini leur travail, l’on achète le nombre de titre qu’il faut pour assurer une hausse boursière logique et régulière ? Imaginez l’effet de levier de la transmission « mécanique » de la hausse réalisée de fin de journée par quelques échanges à tous les titres. Cela sans avoir déboursé un seul euro, où si peu par rapport à l’impact global.
    C) Fonds de Stabilisation Boursier « Objectif 2016 »
    La réponse à la crise actuelle expliquée ci-dessous ne nécessite aucun nouvel apport de capitaux ni d’endettement des Etats. Bien au contraire, l’Etat utilisera l’enrichissement de ses concitoyens pour à échéance de 2016 annuler une très grande partie de son endettement structurel. Comment faire ? L’idée générale est la suivante : d’une part, laissons la journée aux spéculateurs, ô combien importants dans le système, pour qu’ils s’échangent des volumes de titres ; d’autre part, pour le bien de tous, utilisons la règle comptable qui consiste à valoriser tous les titres pour tous les porteurs de parts au cours de fermeture. Cours de fermeture que nous ferons haussier en toute légalité.
    Point de perte pour les spéculateurs, bien au contraire, et sérénité retrouvée pour les investisseurs.
    FONDS DE STABILISATION BOURSIER « OBJECTIF 2016 »
    Le fonds commun de placement (FCP) dénommé « Objectif 2016 » a pour vocation de collecter des capitaux auprès de tous les intervenants économiques et financiers, et de les gérer sur l’ensemble des titres du CAC 40 (ou d’un autre marché) selon le principe d’un contrat de liquidité. Dans les faits, le FCP se porte acquéreur de titres à la fermeture afin de soutenir les cours pendant les excès de faiblesse du marché. Par ailleurs, il se positionne comme vendeur pendant les périodes trop fortement haussières pour éviter une surchauffe. Seul le retour d’un horizon haussier des marchés et une volatilité « raisonnable » voire « raisonnée », pourront être les déclencheurs sociologiques de la confiance retrouvée et donc de la reprise économique via la consommation et la production. Quoi de plus efficace pour redonner la confiance que de remplacer la volatilité et les peurs artificielles boursières par une hausse régulière créatrice de confiance et de sérénité ?
    Tel est le défi du FCP « Objectif 2016 ».
    Obtenir une revalorisation des titres boursiers qui, en augmentant quotidiennement la valorisation boursière des investissements, aidera à renforcer la confiance, la consommation et la production. Cette situation aisée (et légale) à mettre en place fournira à l’Etat une réponse opérationnelle à la diminution de son endettement. Comment ? L’Etat maitrisant, pour le bien de tous, la valorisation boursière de fin de journée pourra réaliser des opérations à effet de levier pour son compte propre afin d’accentuer son pouvoir financier, démultiplier ses ressources et accélérer rapidement son retour à « l’équilibre ». La configuration spécifique du fonds « Objectif 2016 » permet à l’État de donner une garantie sur le capital au terme de son horizon de placement.
    Dom Helder Camara : « Quand on rêve seul, ce n’est encore qu’un rêve ; quant on rêve à plusieurs, c’est déjà la réalité. L’utopie partagée est le ressort de l’histoire ».
    Que choisissons-nous ? L’utopie partagée ou le marasme imposé ?

    Avis aux politiques !
    Souvenez-vous :
    Isabelle Chaperon dans « Le Figaro » du 9 octobre 2012
    Article intitulé : Des assureurs s’unissent pour investir en Bourse
    « Fonds stratégique de participations (FSP), qui vient d’être créé dans la plus grande discrétion par quatre leaders de l’assurance-vie : CNP Assurances, Prédica (Crédit agricole), BNP Paribas Cardif et Sogécap (Société générale). Une grande première dans le secteur privé. Ces concurrents, qui représentent ensemble environ la moitié des 1 400 milliards d’euros d’encours de l’assurance-vie en France, ont décidé de mettre en commun leurs participations jugées stratégiques dans les entreprises françaises. « Nous regroupons nos forces pour mieux jouer notre rôle d’investisseur à long terme et contribuer ainsi plus efficacement au développement des entreprises françaises », relate Éric Lombard, PDG de BNP Paribas Cardif, la filiale d’assurances de BNP Paribas, qui assure la première présidence tournante du FSP : « Nous demanderons à être associés à leur gouvernance, y compris le cas échéant à travers un siège au conseil d’administration. » Le FSP s’engagera à rester au moins cinq ans au capital de ses participations. Le fonds va s’installer de manière progressive, avec une force de frappe d’environ 1 milliard d’euros pour commencer. Il en reste sous le pied pour monter en puissance, les quatre partenaires initiaux totalisant ensemble plus de 40 milliards d’euros placés en Bourse. Le fonds, en outre, a vocation à accueillir d’autres assureurs. Actuellement, les discussions battent surtout leur plein entre les fondateurs afin de déterminer quelles participations existantes seront apportées. « Nous nous autorisons également à construire des positions nouvelles », précise Éric Lombard. Cible principale, les belles mid-caps françaises. La gestion du Fonds stratégique de participation a été confiée à la Compagnie financière Edmond de Rothschild. Afin d’être irréprochable sur la gouvernance, le FSP proposera à des administrateurs indépendants les sièges qui lui seront attribués. Sur le plan prudentiel, enfin, cette union sera positive pour les assureurs. Elle leur permet, en effet, de bénéficier d’une disposition du nouveau cadre réglementaire Solvabilité 2, qui atténue les exigences de fonds propres nécessaires pour couvrir les placements en actions, s’il s’agit de « participations stratégiques ». Jusque-là, la perspective de Solvabilité 2, combinée à des performances désastreuses, avait conduit les compagnies d’assurances à réduire la part des actions dans leurs placements, pour bâtir des portefeuilles de dettes souveraines qui se sont révélés très néfastes. À travers le FSP, les assureurs trouvent le moyen de revenir en Bourse, au moment où les investisseurs en actions se font rares. Les entreprises françaises ne s’en plaindront pas. « Les assureurs ont dans leur ADN le fait d’être des investisseurs de long terme », se félicite Jean-Hervé Lorenzi, conseiller de la Compagnie financière, associé au dossier. »
    Commentaire : Depuis 2009, j’émets l’idée du Fonds de stabilisation Boursier « Objectif 2016 ». Je propose aux assureurs de transformer leur Fonds stratégique de participation en Fonds de stabilisation Boursier « Objectif 2016 ». Ce fonds décuplera les potentiels tout en permettant aux citoyens de retrouver le chemin des marchés et aux Etats de se « refaire ». Quatre ans, voilà la durée qu’il faudra aux Etats pour annuler une très grande partie de leur endettement structurel avec cette idée.
    Romaric Godin dans « La Tribune » du 6 mars 2013
    Article intitulé : Et si les banques centrales sortaient leur “hélicoptère” pour combattre la crise?
    « De quoi s’agit-il ? Le terme « d’hélicoptère » a été inventé par le prix Nobel Milton Friedman dans un ouvrage de 1969, La Quantité Optimale d’Argent. Le père de l’école monétariste y développait une métaphore : pour développer la demande, les autorités monétaires créent de l’argent ex nihilo et le jettent d’un hélicoptère dans les rues. Les gens ramassent cet argent et le dépensent, permettant ainsi de combler « l’output gap », l’écart entre la production et la demande. En réalité, cette idée est plus ancienne. Elle a été théorisée en 1936 par des économistes américains pour lutter contre la dépression. C’est ce que l’on a appelé le « plan de Chicago. » Ce plan est en réalité plus complexe que celui de la simple planche à billets. Il s’agit en réalité de priver le système bancaire de sa capacité à créer de la monnaie et de transmettre cette capacité aux seules autorités monétaires. Pour cela, on oblige les banques à garantir à 100 % les dépôts par des liquidités et à financer les émissions de crédit par leurs bénéfices ou des prêts au gouvernement. Les banques ne peuvent alors plus créer de la monnaie par du crédit. Les avantages sont immédiats : les bulles immobilières ou financières sont évitées, le système bancaire est stable et le risque de « course aux guichets » inexistants. Dans le cas présent, on voit que ce système serait nettement plus efficace que la supervision bancaire européenne pour maîtriser le risque bancaire. Les autorités monétaires disposeraient alors seules de la capacité à créer de l’argent. Comme l’explique Milton Friedman dans un article de 1948 où il proposait cette solution, les banques centrales pourraient ainsi faire évoluer la création monétaire en fonction des déficits budgétaires : « créer de la monnaie pour combler les déficits ou retirer de la monnaie du marché en cas d’excédents. » Les avantages dans la situation actuelle sont là aussi évidents : il serait alors possible de stimuler la demande par une pluie de création monétaire (de la « monnaie par hélicoptère ») pour venir combler l’écart de production “l’output gap”. L’austérité pourrait alors être reportée à des temps meilleurs, autrement dit à des périodes de croissance et la menace de récession déflationniste disparaîtrait. Ce système pourrait permettre de résoudre les deux plaies actuelles des économies occidentales : la dette publique et la récession. Reste sa faisabilité et ses risques. Dans la zone euro, la faisabilité semble quasi-nulle. L’indépendance complète de la BCE et le non financement des déficits sont inscrits dans les traités, et notamment dans l’article 123 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. La Bundesbank s’est déjà étranglée en voyant la BCE effectuer des achats sur le marché secondaire, elle s’évanouirait si elle entendait évoquer l’option de l’hélicoptère. La phobie de l’inflation est telle outre-Rhin qu’une volonté de changer les traités sur ce point conduirait inévitablement à un blocage de l’Allemagne et de ses alliés finlandais, autrichiens et néerlandais. Ce serait un casus belli qui pourrait mettre en danger l’union économique et monétaire. Ailleurs, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou au Japon, la mise en place serait plus aisée, car les liens entre autorités monétaires et gouvernements sont moins rigides. Les risques, eux, sont principalement de deux natures. Il y a d’abord le risque inflationniste. Le financement des déficits par les banques centrales conduit inévitablement à l’hyperinflation. Mais ses défenseurs mettent en avant l’indépendance des autorités monétaires qui peuvent faire pression sur le gouvernement en refusant de financer son déficit et qui, une fois la croissance revenue, peuvent contraindre le gouvernement à dégager des excédents pour « éponger » l’excès de masse monétaire. Second risque majeur : la solvabilité des banques centrales. Lorsqu’une banque centrale crée de la monnaie aujourd’hui, cette création correspond à un actif dans son bilan : obligations d’Etat ou d’entreprises, or, devises… Dans ce cas, le problème du déficit public n’aura été que transféré vers le bilan de la banque centrale. L’Etat devra renflouer la banque centrale et, pour cela, émettre de la dette. Le financement monétaire du déficit aura échoué : on aura déshabillé Paul pour habiller Pierre. Sauf que les défenseurs de l’OMF avancent que puisque les réserves et les crédits bancaires sont tous garantis par l’argent de la banque centrale, il n’y a pas de risque de faillite, puisque la demande de contrepartie ne peut venir du secteur bancaire national. Du reste, en 1997, l’économiste Peter Stella estimait que les banques centrales pouvaient continuer à fonctionner avec une valeur nette négative, donc avec un bilan déséquilibré. En 2003, Ben Bernanke, dans un discours célèbre favorable à l’arme de l’hélicoptère, avait précisé qu’une « banque centrale ne peut être en faillite au sens où peut l’être une banque commerciale. » L’époque tourmentée que traverse l’économie mondiale oblige, comme le note Lord Turner, à « dépasser » les tabous. C’est pourquoi l’option de l’hélicoptère fait son chemin. Lorsque tout semble avoir échoué, les idées qui peuvent paraître radicales a priori peuvent finalement s’imposer. Ce qu’a fait jusqu’ici la BCE était inimaginable voici cinq ans. Progressivement, la monétisation de la dette devient de moins en moins l’horreur économique qu’elle était. La zone euro préfère la Volkswagen à l’hélicoptère. »


    • Gbalou Le 28 avril 2013 à 08h14
      Afficher/Masquer

      Il y a de l’idée si je puis me permettre !…


      • CHRISTIAN PIRE Le 28 avril 2013 à 08h57
        Afficher/Masquer

        Bonjour,
        Je pense qu’une visite sur le site : http://www.agencedecotationihr.com confirmera l’intérêt du propos.

        Très bon week-end


    • Gribouille Le 28 avril 2013 à 08h28
      Afficher/Masquer

      Moi qui pensais que la confiance n’était qu’un sous-produit de la réalité économique.
      Pire, assurer une hausse continue des cours à des spéculateurs pour qu’ils reprennent confiance et , de là, réamorcer la croissance. C’est une blague ! Des mecs qui roulent en Ferrari, et qui sont moins performants que des chimpanzés dans le choix des valeurs boursières, seraient la solution à tous nos problèmes économiques. Fallait oser pour tenir de tels propos.
      Pendant qu’on y est. Au concours lépine des économistes, je propose une distribution gratuite d’antidépresseurs et d’hallucinogènes à toute la population pendant plusieurs mois pour rétablir la confiance. Comme ça, la France verra la vie en rose et l’économie repartira. Qui dit mieux ?
      PS : Je demande à l’industrie pharmaceutique qui m’a soufflé l’idée de faire le virement sur mon compte en Suisse.


      • CHRISTIAN PIRE Le 28 avril 2013 à 10h44
        Afficher/Masquer

        Bonjour,

        Je vous propose de relire mon écrit et si vous en avez le temps de visiter http://www.agencedecotationihr.com et.ou http://www.socioecopofi.com

        Très bon week-end
        Christian PIRE


      • Fabolo Le 30 avril 2013 à 15h37
        Afficher/Masquer

        Cette personne ne connaît rien de la bourse pour écrire des trucs pareils…Et il ne voit même pas l’issue fatale où le conduirait l’application de ses idées. Il ne se pose même pas la question de la valorisation d’une boite en faillite…


        • CHRISTIAN PIRE Le 03 mai 2013 à 17h22
          Afficher/Masquer

          Bonjour,

          Je suis un ancien président de société de portefeuille et gérant d’OPCVM.

          Et vous ?

          Très bonne soirée

          Christian PIRE


    • celimen Le 28 avril 2013 à 09h06
      Afficher/Masquer

      Idée encore plus facile à mettre en oeuvre, (et pas du tout appliquée!) provenant du collectif Roosevelt, qui peut donc s’appliquer potentiellement également à la future BPI, sachant que nous avons besoin ( france, europe, etc..) de esoins énormes d’investissements…:

      “Il n’est aucunement besoin de modifier les Traités européens pour mettre en œuvre cette idée : certes, la Banque centrale n’est pas autorisée à prêter aux Etats Membres mais elle peut prêter sans limite aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des banques centrales) et aux organisations internationales (article 23 du même statut). Elle peut donc prêter à 0,01 % à la Banque Européenne d’Investissement, à la Caisse des Dépôts ou à n’importe quelle banque publique nationale qui, elles, peuvent prêter à 0,02 % aux Etats qui s’endettent pour rembourser leurs vielles dettes.”


      • CHRISTIAN PIRE Le 28 avril 2013 à 10h52
        Afficher/Masquer

        Bonjour,
        Contrairement à ce que vous écrivez, cette idée, qui a fait l’objet d’un constat de huissier par la SCP Bastard-Rosset Valentinis à Annecy lors de sa parution, ne provient pas du Comité Roosevelt. Effectivement, cette idée opérationnelle est simple à mettre en place …encore faut-il trouver un politique qui veuille la défendre.

        Très bon week-end

        Christian PIRE


        • celimen Le 28 avril 2013 à 11h17
          Afficher/Masquer

          Bonjour,
          entendu, merci pour cette précision; tant mieux si cette idée fait son bonhomme de chemin…
          espérons qu’elle ne s’arrête pas (ou alors pourquoi??) notamment aux portes des conseillers du gouvernement…problèmes de concurrence ou d’aléas évoqués?


    • toutouadi Le 28 avril 2013 à 12h15
      Afficher/Masquer

      Atterrant !! En quoi l’hélico monétariste purge la concentration patrimoniale, raison majeur du blocage économique.. En quoi l’innovation ricardienne rééquilibre les rapports de force défavorable à la solvabilité de la demande ??

      Friedman et Ricardo n’ont qu’un seul objectif … Justifier et pérenniser la propriété privé (concentration patrimoniale) et feignent d’ignorer les implications de celle-ci sur la réalité sociale et politique (donc démocratique).

      Les besoins en investissements sont très largement couverts par le crédit socialisé.. Ce qui tend à démontrer que le corps social n’a pas besoin d’investisseurs/épargnants/rentiers/riches mais par contre que ceux-ci sont totalement dépendant du corps social.

      Pire que ça … Les investisseurs en inter-agissant avec le système politique afin de se rendre incontournable, la différenciation, entre eux et les spéculateurs pourrait donc s’avérer être infime et purement sémantique.


    • toutouadi Le 28 avril 2013 à 12h43
      Afficher/Masquer

      Si l’hélico distribuait de la monnaie issu de la fiscalisation des hauts patrimoines … Ça serait différent … Cela reviendrait à un transfert de l’offre vers la demande.


    • step Le 28 avril 2013 à 13h26
      Afficher/Masquer

      je ne vois pas trop le rapport: aux US, les valeurs sont déjà truquées en fin de journée pour battre records sur records, or que je sache la situation aux usa (voir le site blogcrisisusa) ne s’est améliorée que pour le top 5% dont la majorité patrimoniale contient de tels indices boursiers laissant la situation du bottom 95% détenteur avant tout de foncier dans le marasme complet. Toute cette logorrhée n’aura macroéconomiquement comme effet que de relancer la pompe aspirante de richesse vers le top 5%. Je ne suis pas sûr que ce soit exactement ce dont ai besoin la société.


      • Balthazar Le 28 avril 2013 à 20h23
        Afficher/Masquer

        Oui, merci de votre commentaire. Les USA font cela, les japonais le font , et on sait bien, comme le dit O.Delamarche que cela va nous péter à la figure. Les bulles sont faites pour éclater et rincer les épargnants ( les financiers, vous remercient, eux. Peu importé le scénario, ils gagnent à tous les coups -en frais de gestion – plus ça monte, plus les frais rapportent . Miam, yabon).
        Que les épargnants écœurés (j’en fais partie) ne mettent plus leurs billes en bourse, et les financiers se serrent la ceinture.


    • Bill Le 28 avril 2013 à 15h19
      Afficher/Masquer

      Pire…… il y a un problème sérieux dont vous ne tenez pas compte dans votre énumération,

      SOCIOECOPOFI (SOCIologie, ECOnomie, POlitique, FInance)

      vous devez ajouter l’environnement d’où provienne toutes les ressources sans lesquelles votre
      SOCIOECOPOFI (SOCIologie, ECOnomie, POlitique, FInance) tombent au point mort.
      Vous ne règlerai pas les problèmes environnementaux sans effectuer un virage à 180° de l’économie actuel.
      Si votre système fonctionne il n’ira pas loin faute de ressources celles-ci étant toutes en diminution.
      Vous faites tous la même erreur en ne tenant pas compte d’abord de la source d’approvisionnement..
      Les solutions existent.
      On s’en reparlent.

      Alain Audet


      • CHRISTIAN PIRE Le 28 avril 2013 à 16h55
        Afficher/Masquer

        Bonjour,

        Effectivement le problème que vous soulevez est réel.
        Cependant, je pense qu’il faut y aller “step by step”.

        Bonne fin de journée

        Christian PIRE


  5. Marcus Le 28 avril 2013 à 07h23
    Afficher/Masquer

    Deux exemples pris au hasard :

    1/ Jacques Julliard a approuvé toutes les privatisations de Mitterrand.

    2/ il a joué un rôle non négligeable dans la remise en cause de la Révolution française avec d’autres historiens à l’époque, à l’occasion du bicentenaire de 1789 en 1989.

    Il faut absolument avoir une culture politique pour parler économie, sinon on se plante à chaque fois.


    • artiste Le 28 avril 2013 à 11h50
      Afficher/Masquer

      L’économie se moque bien delà politique le social clientélisme consistant à procurer des droits à crédit (salaires ,retraite,fonction publique pletorique) c.-à-d. par l’emprunt pour assurer sa réélection et les avantages exorbitants attenants arrive à son terme attention à l’atterrissage la piste est trop courte ,il va y avoir de la casse mais pas pour l’oligarchie qui fait semblant de nous gouverner eux ils sont à l’abri, la preuve ils n’ont pas besoin de patrimoine vos impôts sont la pour y pourvoir à vie.


    • celimen Le 28 avril 2013 à 13h09
      Afficher/Masquer

      @Marcus
      Sous Mitterrand, les banques ont été nationalisées, puis reprivatisées, ce qui correspondait très justement aux différentes “tentatives” politiques de résoudre nos problèmes (relance Keynesienne de 1981, échec, libéralisation tout azimut à partir de 1983, besoin de régulation aujourd’hui) que vous semblez oublier?

      Il me semble qu’il faut arrêter de continuellement faire un tout et son contraire (nationnalisation / privatisation par exemple), en croyant que cela va résoudre tous nos problèmes: consolidons ces apprentissages laborieux!

      En tout cas, je suis mitigé avec votre remarque, il me semble que c’est un peu court pour condamner tout ce qu’il dit ou ce qu’il est.


  6. Gbalou Le 28 avril 2013 à 07h52
    Afficher/Masquer

    Les mots sont le seul outil de Jacques Julliard. Il peut dire tout et son inverse en fonction des circonstances ou de son interlocuteur en face. Ce “chien de garde” de plus de 70 ans, pour rien au monde, n’aurait laissé sa place de journaliste au profit d’un jeune pour défendre par exemple le rôle “public” de la BCE. Si lui travaille, c’est tout simplement parce que tel un De Gaulle, on l’appelle, il y a une demande, son jugement est si pertinent ! Et tant pis pour un petit jeune qui tente de comprendre les raisons pour lesquelles la BCE est indépendante.

    Jacques Julliard, le sage, une personne morale, celui qui sait et qui ordonne :”Nous vous attendons”. L’Union Bancaire est en cours mais cela ne va pas assez vite. Eh oui, il faut sauver le naufragé “France” dont il est l’un des garants. Attention monsieur Hollande, vous devez vous balader avec une plume bleue blanc rouge dans le cul. Comprenez que nous, De Gaulle et moi, nous vous avons à l’œil, ne soyez pas le traitre à la Nation du XXI siècle !

    Ce qui me fait penser à la chanson de Brassens “Quand on est con, on est con !…”

    Sans parler de Dexia qui a permis à des municipalités communistes mais pas seulement de financer des monuments à leur gloire ici et là, creusant des déficits au point que des rats s’amusent avec les enfants en cours de récréation, force est de constater que des banques ont été nationalisées ou en partie en Europe depuis la crise.

    A force de disséquer le rat, l’enfant est devenu biologiste, docteur, un métier utile et il s’inquiète de l’activité financière non controlée dans les banques mais aussi dans les administrations publiques. “Mieux vaut avoir une bonne assurance vieillesse, une bonne retraite en somme pour se payer des IRM !…” se dit-il. Mais enfin les jeunes payent. Il savent ce qui se passe dans les grandes banques. Salut à toi, Fab le “Fabulous”, tu t’es planté ! Alors il faut maintenant bosser pour relancer la machine puisque Julliard l’exige !…


    • step Le 28 avril 2013 à 13h10
      Afficher/Masquer

      c’est vrai que les monuments à la gloire de l’ump/ps financés par les mêmes dexia eux, sont justifiés. C’est beau l’indignation selective.


  7. Dan Le 28 avril 2013 à 08h01
    Afficher/Masquer

    Nationaliser les banques avec le régime faciste europèen est aujourd’hui mission impossible d’ailleurs à Florange l’état a baissé le pantalon ce a été une belle preuve.L’affaire Chypriote a montré qu’ ils peuvent spolier vos économies et mettre une nation à genoux et la punir.
    Mathias Mors ,Klaus Masuch; Paul Thomsen ne permettraient pas de nationalisation ,ce sont les Bismarck de l’Euro et le fer de lance du facisme eurpéen à la solde du grand frère Tom.


    • Gbalou Le 28 avril 2013 à 16h23
      Afficher/Masquer

      Tartuffe : “Couvrez ce sein que je ne saurais voir !”.


  8. BA Le 28 avril 2013 à 08h11
    Afficher/Masquer

    Ce serait contraire au dogme religieux de l’Europe !

    Si la France nationalise les banques françaises, cela faussera la concurrence en Europe !

    Et la concurrence, c’est sacré !

    La concurrence libre et non faussée, c’est le dogme religieux qu’il faut croire et vénérer en Europe !

    Pour bien se rendre compte de cette obsession religieuse de la concurrence dans la construction européenne, je recopie quelques articles du traité de Lisbonne.

    La concurrence libre et non faussée apparaît des dizaines de fois :

    http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i0439.pdf

    « Sont incompatibles avec le marché intérieur et interdits tous accords entre entreprises, toutes décisions d’associations d’entreprises et toutes pratiques concertées, qui sont susceptibles d’affecter le commerce entre États membres et qui ont pour objet ou pour effet d’empêcher, de restreindre ou de fausser le jeu de la concurrence à l’intérieur du marché intérieur »

    Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Troisième partie, Titre VII, Chapitre 1, Section 1, Article 101, page 93.

    « Sauf dérogations prévues par les traités, sont incompatibles avec le marché intérieur, dans la mesure où elles affectent les échanges entre États membres, les aides accordées par les États ou au moyen de ressources d’État sous quelque forme que ce soit qui faussent ou qui menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions. »

    Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Troisième partie, Titre VII, Chapitre 1, Section 2, Article 107, page 96.

    « Au cas où la Commission constate qu’une disparité existant entre les dispositions législatives, réglementaires ou administratives des États membres fausse les conditions de concurrence sur le marché intérieur et provoque, de ce fait, une distorsion qui doit être éliminée, elle entre en consultation avec les États membres intéressés. »

    Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Troisième partie, Titre VII, Chapitre 3, Article 116, page 100.

    « Aux fins énoncées à l’article 3 du traité sur l’Union européenne, l’action des États membres et de l’Union comporte, dans les conditions prévues par les traités, l’instauration d’une politique économique fondée sur l’étroite coordination des politiques économiques des États membres, sur le marché intérieur et sur la définition d’objectifs communs, et conduite conformément au respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre. »

    Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Troisième partie, Titre VIII, Article 119, Alinéa 1, page 102.

    « Parallèlement, dans les conditions et selon les procédures prévues par les traités, cette action comporte une monnaie unique, l’euro, ainsi que la définition et la conduite d’une politique monétaire et d’une politique de change uniques dont l’objectif principal est de maintenir la stabilité des prix et, sans préjudice de cet objectif, de soutenir les politiques économiques générales dans l’Union, conformément au principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre. »

    Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Troisième partie, Titre VIII, Article 119, Alinéa 2, page 102.

    « Les États membres et l’Union agissent dans le respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources, conformément aux principes fixés à l’article 4. »

    Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Troisième partie, Titre VIII, Chapitre 1, Article 120, page 102.

    « Le Système Européen de Banques Centrales agit conformément au principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, en favorisant une allocation efficace des ressources et en respectant les principes fixés à l’article 3 du traité sur l’Union européenne. »

    Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, Troisième partie, Titre VIII, Chapitre 2, Article 127, page 107.

    Mes deux articles préférés sur la concurrence libre et non faussée :

    « Article 347 :

    Les États membres se consultent en vue de prendre en commun les dispositions nécessaires pour éviter que le fonctionnement du marché intérieur ne soit affecté par les mesures qu’un État membre peut être appelé à prendre en cas de troubles intérieurs graves affectant l’ordre public, en cas de guerre ou de tension internationale grave constituant une menace de guerre, ou pour faire face aux engagements contractés par lui en vue du maintien de la paix et de la sécurité internationale.

    Article 348 :

    Si des mesures prises dans les cas prévus aux articles 346 et 347 ont pour effet de fausser les conditions de la concurrence dans le marché intérieur, la Commission examine avec l’État intéressé les conditions dans lesquelles ces mesures peuvent être adaptées aux règles établies par les traités. »

    En cas de guerre, la France pourra donc prendre les mesures nécessaires pour mener cette guerre, mais à condition de respecter la règle de la concurrence libre et non faussée ! C’est ça, le plus important !

    « PROTOCOLE SUR LE MARCHÉ INTÉRIEUR ET LA CONCURRENCE.

    LES HAUTES PARTIES CONTRACTANTES,

    COMPTE TENU du fait que le marché intérieur tel qu’il est défini à l’article 3 du traité sur l’Union européenne comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée,

    SONT CONVENUES que à cet effet, l’Union prend, si nécessaire, des mesures dans le cadre des dispositions des traités, notamment l’article 352 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Le présent protocole est annexé au traité sur l’Union européenne et au traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. »

    Page 228.


    • Gbalou Le 28 avril 2013 à 11h01
      Afficher/Masquer

      En tant que laïque, je vote pour ! ON A GAGNE !!!


      • step Le 28 avril 2013 à 13h12
        Afficher/Masquer

        “encore une victoire comme celle-là et nous serons complètement défait” (pyrrhus)


  9. jaicruvoir Le 28 avril 2013 à 08h35
    Afficher/Masquer

    30 ans de dérive, le peuple de France a voté chaque fois en reconduisant les même.
    On a les politiques qu’on mérite.

    J’ai 45 ans, je fais le gros dos jusqu’à ce que mes enfants grandissent (10 et 14 ans aujourd’hui) et QUITTENT LE PAYS!
    Je mets toutes mes ressources pour que mes enfants apprennent l’anglais et l’allemand, qu’ils voient du pays et ne soient pas pris dans la morosité ambiante.
    Qu’ils aient une culture Française classique mais pas la culture que propose la France depuis 1948.
    Car même avec toutes la volonté et l’abnégation la France ne se redressera pas en 10 ans ou 15 ans.
    L’effort demandé est trop grand, la France a perdu le gout de l’effort depuis 1974.


    • Julian Le 28 avril 2013 à 09h37
      Afficher/Masquer

      Le goût de l’effort ? Peut-être…

      Et le goût de l’indépendance, là certainement , intellectuelle, culturelle, politique.

      C’est le cœur du sujet : ” cette étrange aspiration des français à la servitude” (Jacques Ellul)


      • Lionel Le 28 avril 2013 à 10h14
        Afficher/Masquer

        C’est peut-être l’héritage du catholicisme d’une part et à 200 ans de pouvoir jacobiniste d’autre part… C’est profondément ancré !


    • jducac Le 28 avril 2013 à 11h26
      Afficher/Masquer

      @ jaicruvoir Le 28 avril 2013 à 08h35

      J’ai 45 ans, je fais le gros dos jusqu’à ce que mes enfants grandissent (10 et 14 ans aujourd’hui) et QUITTENT LE PAYS!

      Ne voyez-vous pas qu’en faisant cela vous torpillez votre pays ? Qui vous a amené où vous êtes si ce ne sont ceux qui, en déployant leur énergie dans ce pays vous ont permis d’évoluer et de bénéficier de ce qui vous a permis d’être producteur de richesses à votre tour, en vous éduquant et servant des retraites à vos parents, des aides pour élever et éduquer vos enfants etc…etc… ?

      Alors, quand vos enfants seront productifs à leur tour, vous souhaitez qu’ils partent en laissant à d’autres le soin de payer les dettes matérielles et morales qu’ils ont contractées avec le pays qui leur a donné le jour ? Qui paiera votre retraite et l’assistance dont vous aurez besoin à vos vieux jours lorsque la France sera devenue une terre stérile, un enfer, alors que vos enfants seront dans des paradis ?

      N’est-ce pas un comportement similaire à ceux qui, en méprisant le bien commun, en ne payant pas leur dû, placent leur richesse dans des paradis fiscaux tout comme vous souhaitez placer ce que vous avez de plus précieux à l’abri des devoirs et obligations morales qui leur incombent ?

      Heureusement que l’on va rétablir la morale laïque à l’école primaire, car celle dispensée par certains parents semble tombée bien bas.


  10. jaicruvoir Le 28 avril 2013 à 08h48
    Afficher/Masquer

    Voici l’usine à Gaz(GDF) ou électrique (EDF) fiscale Française
    Oui La France peut nationaliser les banques mais elle ne sera jamais efficace car l’efficacité n’existe pas dans le modèle publique de la France
    [img]http://h16free.com/wp-content/uploads/2012/10/parcours-du-combattant-fiscal.jpg[/img]


  11. grandpas Le 28 avril 2013 à 09h39
    Afficher/Masquer

    La comparaison de la sidérurgie avec l’évolution de la marine est tout simplement sidérante et prouve l’ignorance de nos “intellectuels” à propos du monde technique et industriel. Il faudrait peut etre expliquer à ce monsieur que sa voiture (même si elle est électrique) n’est pas faite en bambou. L’avion, le TGV, sa maison, l’immeuble où il travaille, sa chaudière, ses chaises de bureaux, etc,.. ne sont pas en carton mais composés d’acier qui est le matériau de base de toute société industrielle. y compris les fours qui ont fait son pain, les machines agricoles qui ont travaillé à sa place pour lui ramasser ses patates, les véhicules qui ont transporté tous ses objets et les ordinateurs de sa banque,etc,… les outils des ouvriers qui le servent, etc,…
    Bref, aller acheter aujourd’hui son acier (matériau de base de l’économie primaire, secondaire et tertiaire) à l’étranger, après avoir laissé couler sa sidérurgie, est insensé. La sidérurgie était bien une économie à forte valeur ajoutée , non ? encore une de plus qui disparaît….avec la bénédiction de nos intellectuels….


  12. Letaulier Le 28 avril 2013 à 10h33
    Afficher/Masquer

    Toujours les mêmes solutions à la con! On nationalise les pertes et on privative les profits.

    1- l’Etat n’a plus les moyens de nationaliser

    2- L’Etat n’a plus le droit de nationaliser (règle de l’UE)

    3- L’Etat est un piètre gestionnaire (Kerviel et ses 5 milliards de perte c’est rien par rapport à ce que le Lyonnais nous a coûté)


  13. grandpas Le 28 avril 2013 à 10h41
    Afficher/Masquer

    La comparaison de la sidérurgie avec l’évolution de la marine est tout simplement sidérante et prouve l’ignorance de nos “intellectuels” à propos du monde technique et industriel. Il faudrait peut etre expliquer à ce monsieur que sa voiture (même si elle est électrique) n’est pas faite en bambou. L’avion, le TGV, sa maison, l’immeuble où il travaille, sa chaudière, ses chaises de bureaux, etc,.. ne sont pas en carton mais composés d’acier qui est le matériau de base de toute société industrielle. y compris les fours qui ont fait son pain, les machines agricoles qui ont travaillé à sa place pour lui ramasser ses patates, les véhicules qui ont transporté tous ses objets et les ordinateurs de sa banque,etc,… les outils des ouvriers qui le servent, etc,…
    Bref, aller acheter aujourd’hui son acier (matériau de base de l’économie primaire, secondaire et tertiaire) à l’étranger, après avoir laissé couler sa sidérurgie, est insensé. La sidérurgie était bien une économie à forte valeur ajoutée , non ? encore une de plus qui disparaît….avec la bénédiction de nos intellectuels….


  14. BA Le 28 avril 2013 à 11h37
    Afficher/Masquer

    Nationaliser une banque, ça coûte cher.

    La dernière fois, c’était en 1982.

    Pour voir le coût pour chaque banque nationalisée en 1982, c’est la page 471 :

    http://www.persee.fr/articleAsPDF/reco_0035-2764_1983_num_34_3_408727/article_reco_0035-2764_1983_num_34_3_408727.pdf


    • Surya Le 28 avril 2013 à 11h50
      Afficher/Masquer

      Nationaliser un établissement en faillite coûte 0.


    • Winslow Leach Le 28 avril 2013 à 20h03
      Afficher/Masquer

      Voir Chypre il ont pris les dépôts en échange des actions des banques chypriotes qui ne valent plus grand chose bien sur ce n’est pas une nationalisation c’est une européanisation bien pire!


  15. fred Le 28 avril 2013 à 11h44
    Afficher/Masquer

    Croyez vous dans les hommes politiques ?
    Pourquoi les puissants de ce monde (familles de banquiers et de riches industriels) ont ils retiré le pouvoir de la création monétaire aux Etats ?
    Une lutte de pouvoir au services d’intérêts différents et d’une vision du monde divergente…
    Aucun système n’est parfait mais quel est celui qui a permis le plus de progrès humain planétaire ?
    Dans toutes ces problématiques de fond, il ne faut pas oublier la nature humaine et ses dérives. Où est le sage désintéressé à qui l’on pourrait donner le pouvoir de créer et distribuer intelligemment la monnaie ?


    • Gbalou Le 28 avril 2013 à 14h01
      Afficher/Masquer

      Les hauts fonctionnaires de la finance se reclassent très souvent vers le privé et inversement. Ce n’est pas en soit un problème mais ils dictent souvent la politique financière. Il y a là une caste sur laquelle les politiques ne peuvent agir.


  16. juni palacio Le 28 avril 2013 à 11h51
    Afficher/Masquer

    La nationalisation est un faux débat. Ce qui importe davantage, c’est le cadre dans lequel agissent les banques. Et c’est celui-là qu’il faut réformer en profondeur.
    La nationalisation ne peut être envisagé que comme une solution transitoire si par exemple les dirigeants actuels des banques renâclent à transformer leurs établissements en profondeur ce que d’ailleurs on ne leur demande pas.
    Le gouvernement est en train en ce moment de rater l’opportunité de changer les règles du jeu financier au niveau européen comme français.
    L’état est-il un bon gestionnaire ? S’il n’est peut-être pas pire, il n’est pas meilleur en tout cas que le privé..On parle souvent du Crédit Lyonnais, on oublie Dexia, les GAN , le Crédit Foncier de France, la Société Marseillaise de Crédit et le Comptoir des Entrepreneurs . Que des réussites comme chacun sait..
    Et puis, concentrer encore plus de pouvoirs entre les mains de l’énarchie n’est certainement pas la solution. La collusion actuelle entre la haute fonction publique et l’establishment financier est déjà assez préoccupante.


  17. Dan Le 28 avril 2013 à 13h02
    Afficher/Masquer

    Oui ,la nationalisation des banques est un faux débat , les problèmes se situe avec plus de 36.900 chômeurs en mars et une hausse de 11,5% depuis un an, la France expérimente les résultats de l’austérité. Lorsque je dis que la France se « grécifie », n’oubliez pas que le processus de destruction de l’économie grecque dure depuis 6 ans. Nous venons de commencer le nôtre depuis seulement 6 mois, ce qui va nous laisser de nombreuses autres occasions de nous rassembler chez notre ami Paul Emploi. Et ce n’est pas en allant voir les “Tinois”que la France va être sauvé , le pays s’est complétement désindustrialisé depuis 25 ans grâce au libéralisme et à la mondialisation si chers à nos stupides politiciens !!!


  18. step Le 28 avril 2013 à 13h17
    Afficher/Masquer

    Petit intermède de sociologie politique des populations:
    http://www.liberation.fr/monde/2013/04/27/une-odeur-de-berlusconi-dans-le-nouveau-gouvernement-italien_899531
    http://www.lexpress.fr/actualite/politique/une-large-majorite-de-francais-reclame-un-gouvernement-d-union-nationale_1244851.html
    or après l’échec prévisible des gouvernements d’union nationale cumulant la somme des nullités précédentes, vient le temps des comités de salut populaire. L’histoire fait son chemin…


  19. juni palacio Le 28 avril 2013 à 19h11
    Afficher/Masquer

    Si à la création de l’euro, on avait institué la BCE comme seule banque des états membres, nous n’en serions pas là aujourd’hui.
    Les Etats préfèrent et de loin s’adresser aux marchés qui leur imposent moins de contraintes.
    La solution d’une banque unique des états finira par s’imposer tôt ou tard. La BCE aurait dans ce cas pour mission de limiter les déficits dans des limites drastiques et non de tenir planche ouverte contrairement à ce que réclament certains et qui serait catastrophique.
    La solution préconisée par le collectif Roosevelt est également dangereuse. elle priverait la BCE d’un droit de regard officiel sur les comptes des états et faciliterait toutes sortes de contorsions budgétaires dont on voit bien aujourd’hui où elles nous mènent.


  20. Bill Le 28 avril 2013 à 19h41
    Afficher/Masquer

    Lordon dit:http://blog.mondediplo.net/2010-12-02-Ne-pas-detruire-les-banques-les-saisir^

    En fait il faut reprendre le contrôle de notre patrimoine usurpé et stocké par le monde bancaire et financier, socialiser l’administration comme le dit Olivier parce que de toute évidence les gouvernements font partie du système usurpateur. .
    Évidemment pas pour en faire le même usage, et comme je le disais plus haut, à l’intérieur d’un tout nouveau cadre économique qui tiendra compte d’abord du contexte environnemental et de la disponibilité des ressources.
    On s’en reparle.

    Alain Audet
    .


  21. Macarel Le 28 avril 2013 à 21h30
    Afficher/Masquer

    Hollande: un an de renoncements déjà !!!

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=JYI-kwo5pSY

    Si vous n’êtes pas capable de mentir avec aplomb, de dire un jour une chose et de faire le lendemain son contraire: abstenez vous de faire de la politique.

    Seuls les meilleurs menteurs font carrière en politique, et comme disait J.Chirac:

    “Les promesses n’engagent que ceux qui les croient.”

    Moyennant quoi, on finit par se demander à quoi cela sert d’aller voter.

    Malheureusement, on ne peut qu’approuver la formule:

    “Elections piège à cons.”

    Mais comme ce n’est pas non plus la rue qui gouverne, on peut en conclure que la démocratie
    n’est plus qu’une coquille vide.

    Enfin, concernant nos chers socialistes, ils croient qu’en faisant cadeaux, sur cadeaux au patronat et aux financiers, ceci vont les sortir de la panade en créant des emplois à tour de bras.
    Je crains qu’il ne se mettent le doigt dans l’ oeil jusqu’au coude.

    Ont-ils la mémoire si courte pour oublier ce qui est arrivé à Papandréou ou à Zapatero ???


  22. Julian Le 28 avril 2013 à 21h40
    Afficher/Masquer

    M. Julliard fait partie des fossoyeurs du pays.

    En qualité d’intellectuel respecté et écouté sa responsabilité n’est pas mince.

    M. Julliard a approuvé, encensé et béni de son onction d’intellectuel irréprochable toutes les stupidités qui ont conduit le pays au bord du gouffre.

    Il a voté et fait voter pour tous les traités européistes : Acte Unique (1986),Maastricht (1992) Amsterdam (1998) Lisbonne , cette forfaiture venant après le refus des français à 55%(2008)…

    Le grand donneur de leçons Julliard a, bon an mal an, ratifié toutes les vilenies de la gauche et de la droite s’agissant du dogme de la concurrence libre et non faussée,de la destruction de nos services publics, du désarmement de l’Europe en matière de concurrence, de la religion suicidaire de l’Euro…

    M. Julliard devrait se taire. Se cacher. En qualité d’incompétent et d’idéologue égaré.

    Ou alors , faire son autocritique.

    Mai non. Il parle encore.Il nous honore encore de ses doctes recommandations. Nous touchons là la question centrale du statut des écrivassiers : leur irresponsabilité.


    • Fab78 Le 29 avril 2013 à 00h14
      Afficher/Masquer

      Jacque Juliard, c’est Monsieur consensuel, c’est à dire Monsieur sondage.
      S’il n’avait pas lu un sondage clairement défavorable aux banques, il serait toujours “évidemment” pour plus d’europe et l’économie de marché (liberté aux banques).

      Centriste un jour, centriste toujours.
      Ce mec aura toujours la même idée que les sondages.
      Les Français n’ont pas besoin d’un mec pour leur dire ce qu’ils sont en train de penser, mais de quelqu’un qui les conseille.

      Mais pour cela, il faut passer du temps à étudier l’avenir.
      Puis faire passer l’idée contre les lobbies au moment ou ils sont les plus forts car le peuple ne sait pas encore. Donc prendre des coups, des risques.

      Ce mec aura toujours raison … mais toujours trop tard.

      Mais au fait, Jacque Juliard, nationalisation pour faire quoi ? Nationalisation pour l’euro symbolique ou pas ?
      Nationalisation, un mot qui claque, mais un mot finalement flou, un mot pour dire “je suis contre la crise” et “je suis contre le malheur” sans donner rien de précis, sans prendre aucun risque.

      Les détails précis, c’est pour plus tard.
      Trop tard, quand le moment utile est passé.


  23. juni palacio Le 28 avril 2013 à 23h05
    Afficher/Masquer

    “Par exemple, dans un atelier de l’Université populaire de Lyon, j’ai donné à lire deux textes : un de Michel Onfray, un de Bernard-Henri Lévy. J’ai fait discuter les gens : 100% ont dégommé le texte signé BHL. Mais j’avais changé les signatures… C’est un petit exercice qui montre la difficulté en pratique de “penser par soi-même”.”
    Extrait d’une interview de Philippe Corcuff http://www.rue89.com/2012/10/04/philippe-corcuff-la-gauche-est-en-etat-de-mort-cerebrale-235834


  24. BA Le 29 avril 2013 à 13h02
    Afficher/Masquer

    Aujourd’hui, les banques de l’Union Européenne ont dans leurs livres 1500 milliards d’euros d’actifs pourris.

    Je dis bien : 1500 milliards d’euros d’actifs pourris.

    Ce sont des actifs pourris, des obligations pourries, des créances irrécouvrables, … bref ce sont des merdes.

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=52911

    Comment les banques de l’Union Européenne se débarrassent de toutes ces merdes ?

    Réponse :

    Les banques françaises donnent les merdes françaises à la Banque de France, qui les donne à la Banque Centrale Européenne.
    En échange, la BCE donne à la Banque de France des dizaines de milliards d’euros tout beaux, tout neufs, tout propres. Ensuite, la Banque de France donne ces liquidités aux banques françaises …
    … et les banques françaises utilisent ces liquidités pour acheter les obligations de l’Etat français.
    Conséquence : l’Etat français peut continuer à emprunter sur les marchés internationaux. Son taux d’emprunt ne cesse de baisser.
    Conclusion :
    Tout le monde est content !

    Dans tous les pays européens du sud, le mécanisme est le même : en Italie, en Espagne, etc.

    Les banques italiennes donnent les merdes italiennes à la Banque d’Italie, qui les donne à la Banque Centrale Européenne.
    En échange, la BCE donne à la Banque d’Italie des dizaines de milliards d’euros tout beaux, tout neufs, tout propres. Ensuite, la Banque d’Italie donne ces liquidités aux banques italiennes …
    … et les banques italiennes utilisent ces liquidités pour acheter les obligations de l’Etat italien.
    L’Etat italien peut continuer à emprunter sur les marchés internationaux. Son taux d’emprunt ne cesse de baisser.
    Tout le monde est content !

    Mario Draghi est un alchimiste : il transforme la merde en euros !

    Bon, évidemment, les journalistes allemands et les dirigeants politiques allemands ne sont pas contents.

    Vendredi 19 avril 2013 :

    Schäuble en faveur d’une action de la BCE pour réduire les liquidités.

    Le ministre allemand des Finances verrait d’un bon oeil une action de la Banque centrale européenne (BCE) pour réduire les liquidités en circulation dans la zone euro, selon un entretien à WirtschaftsWoche, mais juge que cela est difficile dans la situation actuelle.

    « Il y a beaucoup d’argent sur le marché, selon moi trop d’argent », a déclaré Wolfgang Schäuble dans un entretien au magazine allemand à paraître lundi, mais dont des extraits ont été publiés vendredi.

    Donc « si la BCE essaie d’utiliser sa liberté d’action pour réduire un peu cette grande quantité de liquidités, je ne pourrais que le saluer », a-t-il ajouté.

    Mais la liberté d’action est minime actuellement en raison de la crise qui frappe nombre de pays de la région, a-t-il aussi souligné. « Nous ne devons pas oublier en Allemagne que beaucoup de pays européens sont encore dans une situation de croissance précaire ».

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/afp-00515597-schauble-en-faveur-d-une-action-de-la-bce-pour-reduire-les-liquidites-560016.php


    • Rycochet Le 30 avril 2013 à 08h04
      Afficher/Masquer

      Bonjour,
      Je n’arrive pas à comprendre: OB nous dit que les banques ne détiennent pas de dette des États. Or, partout on lit, et dans votre post également, qu’elles achètent des obligations de ces mêmes États. Alors, elles les revendent? À qui?


  25. GROS Le 29 avril 2013 à 22h16
    Afficher/Masquer

    Nationalisons le système bancaire, pas les banques. Ces dernières ont joué, elles ont perdu, elles doivent faire faillite. Et leurs actionnaires ont joué, ils ont perdu, ils doivent y laisser leurs plumes. C’est la règle du jeu.

    On pourrait aussi dire que les déposants n’avaient qu’à pas être clients, mais aujourd’hui la loi nous impose d’avoir un compte bancaire (par ex. pour le virement du salaire), et donc nous impose d’être client d’une banque (ce que personnellement je trouve scandaleux).
    En conséquence, seuls les dépôts doivent être protégés dans le nouveau système bancaire nationalisé. Le reste doit être laissé à son sort dans les banques (et fatalement doit crouler…).
    Bien sûr, pour faire cela, la première chose à faire est de séparer les activités de dépôt (à protéger) et les activités de spéculation (à laisser) : le fameux nouveau “Glass-Steagall Act”.
    Mais bon, depuis le temps qu’on l’attend, celui-là… :-/


Charte de modérations des commentaires