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7.janvier.20147.1.2014 // Les Crises

Oint du Seigneur néolibéral et intellectuel communiste, même combat ?

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Suite aux débats d’hier, voici un extrait de mon dernier ouvrage, Les faits sont têtus

UN COUSINAGE TROUBLANT

Il y a plus insolite encore, comme Jean-Claude Guillebaud l’a souligné avec une grande acuité dans ses livres La refondation du monde et La Force de conviction, il existe paradoxalement de nombreuses similitudes dans le fonctionnement idéologique du laisser-fairisme ambiant et du communisme, le tout étant teinté d’un clair fanatisme quasi-religieux. Songeons :

  • à la conviction que l’économique prime sur tout le reste ;
  • à la prétention à la scientificité – qui a pour but d’effacer l’impératif démocratique, car seuls les fous nient la science ;
  • au report inlassable au lendemain (qui chante, mais n’arrive jamais…) des résultats bénéfiques promis ;
  • à l’indestructible indifférence à l’égard des faits. Si cela ne marche pas bien, c’est qu’on n’est pas allé assez loin. Le simple bon sens n’a plus prise sur ces fanatiques ;
  • à l’aplomb et au dédain envers les contradicteurs – l’homme de foi acceptant mal l’incrédulité d’autrui ;
  • à l’attribution à une minorité d’avant-garde (dirigeants du parti ou “élites”) la tâche d’éclairer la route, de conduire les masses vers leur propre bonheur – minorité dont il serait sacrilège (ou plutôt « populiste ») de contester les choix ;
  • à l’utopie d’une société homogène libérée des classes ;
  • à la volonté de pourfendre les traditions et autres valeurs “bourgeoises” anciennes, par “destruction créatrice” ;
  • à l’espérance révolutionnaire portée, en faisant « table rase du passé ». Le libéralisme porte le thème obsessionnel du “changement” et de la “modernité”, transformant les progressistes passés en “conservateurs” ;

Ayant eu besoin d’abolir les frontières pour se libérer de la tutelle des États, le néolibéralisme a aussi repris à son compte dans le concept de mondialisation la vieille utopie internationaliste qui était si chère au mouvement ouvrier. Il s’affiche désormais comme un généreux projet universaliste, luttant contre toutes les formes de nostalgie identitaire ou nationale – comme si on ne pouvait tenter de dépasser quelque peu le concept de nation sans l’écraser, sans le respecter.

Paré, comme son ancien adversaire, des attributs du progrès planétaire et de la modernité en marche, il peut dès lors proclamer qu’il n’existe pas d’autre alternative, et que l’avenir radieux sera au bout du chemin pavé des sacrifices nécessaires à l’atteinte de ce futur paradis.

Certaines convergences idéologiques se comprennent mieux à la lumière de cette vision du néolibéralisme comme dernière idéologie objectivement révolutionnaire. Ainsi, on peut repérer une nette convergence entre le néolibéralisme classé à droite et l’anarchisme libertaire des années 1960. On se rappellera par exemple d’Alain Madelin applaudissant Daniel Cohn-Bendit durant la campagne européenne de 1999.

Alain Madelin : « Il est clair que sur certains sujets, comme les privatisations d’EDF ou des chemins de fer, la retraite par capitalisation, la concurrence et la sélection dans les universités, l’autonomie des établissements scolaires, Daniel Cohn-Bendit développe une approche libérale en contradiction avec le PS et les Verts. Puisse cette évolution permettre l’arrivée d’un libéralisme de gauchedans ce pays » [Le Figaro, 1/12/1998]

« J’écoute avec attention Daniel Cohn-Bendit. On lui doit, en 1968, d’avoir décrispé l’anticommunisme à gauche. Ce rôle utile, il peut le jouer aujourd’hui pour décrisper l’antilibéralisme primaire d’une certaine gauche. » [Magazine de l’optimum, avril 1999]

De même, l’américain Paul Berman a analysé cette convergence apparemment paradoxale, soutenant que, contrairement aux apparences, les revendications antibourgeoises des années 1960 et le reaganisme des années 1980 ont été engendré, en réalité, par la même idéologie individualiste. Ces deux épisodes n’étaient pas des balancements politiques de sens de sens contraire, mais les deux séquences d’une même rupture historique.

Mais finalement, qu’est-ce qu’une pensée déclarant que « le gouvernement c’est le problème », si ce n’est une forme d’anarchisme ? Il n’est ainsi sans doute pas innocent que ce soit la génération du baby-boom, bercée dans son adolescence par le « il est interdit d’interdire » qui ait opéré ce mouvement historique de dérégulation, aux conséquences lointaines (vingt-cinq ans, donc) mais tragiques.


Voici les propos lumineux de Jean-Claude Guillebaud :

« Le discours économique courant, celui du libéralisme, est imprégné de cette certitude. Il a pour lui la force de l’évidence. Il ressortit au savoir et non plus à la croyance. […] on ne peut plus être dans le désaccord idéologique fondamental. […] Une théorie économique particulière a […] comme effacé les théories concurrentes et s’est érigée en une science omnipotente. Le vide une fois fait, on est entré en certitude comme on entre en religion. Il n’y a plus quatre (ou cinq) approches possibles de l’économie, il n’y a qu’une vérité, et elle est néoclassique ou néolibérale.

À regarder les choses d’un peu plus près, la prétendue « évidence » surplombante n’en est pas vraiment une. […] Osons même dire que cette « évidence », à force de s’être affermie, n’est plus très différente d’une religion séculière, avec ses articles de foi, ses liturgies et ses ferveurs, sa langue d’Église, sa providence, sa catéchèse, son clergé, ses intégrismes et ses hérésies. […] En un mot, il n’y a pas seulement de la croyance, il y a bien du religieux au sens fort du terme dans le nouvel esprit du capitalisme. […]

Au premier stade de l’analyse, on relève d’abord une singulière ressemblance entre la croyance libérale d’aujourd’hui et la vulgate marxiste d’hier dont elle a triomphé. Cela paraît surprenant, mais c’est ainsi. Par l’effet d’un transfert inavoué, le libéralisme a repris à son compte – en modifiant à peine leur formulation – les principaux articles de foi du communisme réel. […] [Il en a repris] au moins sept postulats, sept croyances qui structuraient jadis l’idéologie communiste.

Le premier d’entre eux, c’est l’économisme, c’est-à-dire la conviction que l’économique prime sur la politique, à telle enseigne que la logique du marché l’emporte au final sur celle de la démocratie. Dans la rhétorique marxiste, on disait que « les infrastructures commandent aux superstructures ». […]

La deuxième croyance, c’est justement la prétention à la scientificité. Bien qu’elle soit plus que discutable, on retrouve cette idée un peu partout. L’économie, dit-on, est une science. Ceux qui le contestent sont dans la déraison. […] Derrière cette prétention à la scientificité se cache l’intention – consciente ou inconsciente – de mettre au pas le sujet démocratique et la politique elle-même. La référence à un mécanisme « naturel », à une loi quasi scientifique, revient à congédier peu ou prou la volonté humaine et la capacité d’agir sur le cours des choses. […] »[1]

« Ces nouveaux scientistes de l’économie n’auraient pas besoin de changer beaucoup de mots à leurs discours pour se réapproprier les fameuses formules tant reprochées à Jean-Paul Sartre. Ils pourraient affirmer – et de fait, ils le font – que « le marché est l’horizon indépassable de l’Histoire » et que « tout antilibéral est un chien »[2]. Cette certitude d’être dans le vrai les conduit enfin à trouver des accents moralisateurs pour réprimander leurs opposants. N’est-il pas immoral de persister dans l’erreur ? N’est-il pas inconvenant de sortir du “cercle” des gens raisonnables ? […]

La nouvelle doxa libérale exerce le même pouvoir d’intimidation. Son triomphe lui vaut, comme hier, le ralliement empressé des prudents, des calculateurs et des paresseux. D’autres épousent la cause en toute bonne foi, convaincus qu’ils sont – comme l’étaient les “compagnons de route” de jadis – que ce n’était point-là affaire d’opinion mais vérité objective. »[3]

« Troisième croyance jumelle : celle qui consiste à reporter inlassablement au lendemain les résultats bénéfiques, l’infatigable promesse eschatologique d’une société délivrée de la rareté et du malheur. À « l’avenir radieux » ou aux « lendemains qui chantent » annoncés jadis par les idéologues du marxisme, correspond aujourd’hui le bonheur promis par les tenants de la dérégulation et de la privatisation planétaire. La société libérale mondialisée est évoquée comme la future cité heureuse, qui sera offerte aux individus quand ils seront délivrés de l’État parasite et du fisc. […]

Raisonner de cette façon implique que l’on se réapproprie une quatrième croyance, disons une façon de raisonner, qui fait partie elle aussi de l’héritage communiste : l’indifférence à l’égard des faits, la capacité de résister aux leçons du réel, la manière impavide avec laquelle on affirme des choses que les réalités « têtues » ne cessent de démentir. Les communistes fervents, on s’en souvient, expliquaient les dysfonctionnements des démocraties populaires en répétant qu’elles n’étaient pas « assez » communistes. Les théoriciens du libéralisme répètent à peu près la même chose : si les résultats attendus des politiques de dérégulation et de privatisation ne sont pas au rendez-vous, c’est parce qu’on n’a pas assez dérégulé et privatisé. […] Le plus embarrassant – et le plus commode – dans cet argument ressassé, c’est que ni sa véracité ni sa fausseté ne peuvent être démontrées. Sa vérification, en effet, est sans cesse renvoyée vers le futur, et indéfiniment. Ainsi répète-t-on aujourd’hui, sans crainte d’être contredit, que la pauvreté dans le monde, l’inégalité qui s’accroît, le chômage de masse sont imputables à un excès de réglementation et de “rigidités”. »[4]

« Pour ces économistes, Wall Street remplace le Kremlin. […] Comme ceux d’hier, tous ces dévots de la vulgate dominante demeurent insensibles aux démentis du réel, aux défaillances avérées de l’analyse, aux calamiteuses erreurs de prévision. Encore un trait qu’ils partagent avec ceux de jadis, qui demeuraient inébranlables dans leur foi, quels que fussent les échecs du “socialisme réel” »[5].

« Un pareil postulat sans contradiction ni vérification possibles, cette théorie sur laquelle le simple bon sens n’a plus de prise, permet à ses adeptes libéraux d’aujourd’hui – comme c’était le cas pour les marxistes –, d’écarter avec condescendance les critiques mécréantes ou, pire, « incompétentes ». L’aplomb naturel, le dédain à l’endroit des contradicteurs, c’est d’ailleurs le cinquième préjugé commun aux deux idéologies. […] L’homme de foi a toujours du mal à accepter l’incrédulité d’autrui.

Le sixième préjugé commun, d’essence religieuse, c’est le fait d’attribuer à une minorité d’avant-garde la tâche d’éclairer la route, de conduire les masses vers leur propre bonheur. Dans les sociétés communistes, cette fonction était dévolue aux dirigeants du parti […] dont la clairvoyance ne souffrait aucune discussion. Aujourd’hui, les « élites » sont censées jouer un rôle comparable. Elles seules, dit-on, sont vraiment informées ; elles seules connaissent la destination finale et l’itinéraire approprié. Remettre en cause leur fonction ou leur compétence, c’est se rendre coupable de démagogie ou d’obscurantisme. Ce n’est donc pas exprimer un point de vue différent – comme c’est la règle en démocratie – mais commettre une faute morale, pour ne pas dire un péché. Dans la vulgate libérale, le « populiste » a remplacé l’ennemi de classe ou le contre-révolutionnaire dont l’omniprésence supposée hantait le discours communiste. […]

Il reste une septième croyance, dont la similitude avec l’ancienne foi communiste est criante : l’espérance révolutionnaire elle-même. Dans les sociétés développées du XXIe siècle, la pensée libérale a fait sienne l’idée de révolution, la volonté de faire du passé (à peu près) « table rase ». L’appel inlassable au changement, le thème obsessionnel de la transformation, tout cela se présente officiellement comme une démarche réformiste. En réalité, son essence est révolutionnaire. Il s’agit bien d’en finir avec l’ancien monde, celui de l’État-nation, de la protection sociale, de la Loi préférée au contrat, de la solidarité collective, des institutions encadrant l’individu et donnant sens à sa vie, etc. Le discours libéral est toujours tenté de désigner ces réalités d’hier comme des « archaïsmes » à éliminer, ou comme des « idées vagues » sans doute sympathiques mais irréalistes. […] Dans sa version intégriste, le libéralisme est donc à la fois révolutionnaire et libertaire. L’expression libéral-libertaire dit bien ce qu’elle veut dire : la révolution a changé de camp. On notera que, par contrecoup, le conservatisme a lui aussi changé de camp. Lorsqu’elle s’emploie à sauver les « acquis sociaux » et à freiner l’avancée du rouleau compresseur libéral, la gauche devient stricto sensu conservatrice. […]

Les connotations très religieuses du discours et des pratiques économiques ne tiennent pas seulement à leur ressemblance globale avec l’ancienne vulgate marxiste-léniniste. Elles sont rendues plus saisissantes encore par l’existence d’un clergé et d’une liturgie, par l’usage d’une langue d’Église et de récitations rituelles, inlassablement répercutées dans les médias […] Le clergé économique est nombreux et divers. Il y a le « haut clergé » des grands patrons et tycoons multinationaux, nouveaux cardinaux de l’Église séculière, périodiquement réunis dans des « conciles » comme celui de Davos en Suisse. […]

Pour prolonger la métaphore ecclésiale, on pourrait ajouter que, assez curieusement, de nombreuses grandes écoles de commerce ou business schools dispensent un enseignement économique si fortement inspiré par l’idéologie néoclassique dominante qu’on pourrait les assimiler à des établissements confessionnels dont les professeurs appartiendraient au nouveau clergé. L’imprégnation « idéologique », c’est-à-dire cléricale au sens où nous l’entendons ici, du nouvel enseignement économique est parfois dénoncée par les économistes eux-mêmes. […]

Une autre caractéristique permet de rapprocher le cléricalisme économique des discours apologétiques d’autrefois : la vieille thématique d’une vérité assiégée par les hérésies. Paradoxalement, l’orthodoxie libérale, alors qu’elle est dominante, se présente volontiers comme minoritaire, menacée de toutes parts, tenue en suspicion par les « ennemis de la raison » ou par les « collectivistes » inexpugnables. […] Chez nous, la plupart des apologistes du néolibéralisme commencent par proclamer leur insigne faiblesse et affirment n’énoncer que des paroles dissidentes. Ils décrivent nos sociétés modernes comme autant de terres d’évangélisation, qui seraient encore aux mains des barbares, des fonctionnaires fainéants, des jacobins obstinés et des keynésiens nostalgiques. […][6]

 

« Le néolibéralisme a également repris à son actif l’utopie d’une société sans classes. Il affirme sans relâche aujourd’hui que la lutte des classes est désormais obsolète ; qu’elle se trouve désamorcée par l’émergence d’une vaste classe moyenne, prospère et dépolitisée, qui rejetterait sur ses marges deux composantes minoritaires : les exclus et les très riches. Deux problèmes marginaux qu’il s’agira de régler au coup par coup [ce qui] revient à légitimer de facto les inégalités qui reviennent dans la plupart des sociétés industrielles.

Ce néolibéralisme révolutionnaire est ainsi devenu le plus ardent pourfendeur des traditions, morales anciennes, cultures spécifiques ou valeurs “bourgeoises”, qui, à ses yeux, font écran entre l’individu émancipé et le libre marché. En instituant ce dernier comme l’instance régulatrice par excellence, il programme la “destruction créatrice” de toutes ces structures intermédiaires ingénument présentées comme des vieilleries résiduelles. Y compris, par exemple, la famille, dont la défense faisait jadis partie du catéchisme de la droite bourgeoise. […]

Plus généralement, la simple idée de normes, qu’elles soient sociales, culturelles, morales, coutumières ou associatives, est jugée négativement par le néolibéralisme révolutionnaire. Dans tous les domaines – y compris celui de l’éthique ou de la citoyenneté – les néolibéraux se veulent “dérégulateurs” à tout crin. Le marché, le vrai, réclame une absolue fluidité de la demande, une souplesse maximale dans l’expression des préférences marchandes, un renouvellement ininterrompu des modes et des désirs, même les plus inconsistants, auxquels une “offre” commerciale saura répondre en temps réel. Il lui faut donc travailler à l’élimination de ce qui fige, de ce qui stabilise et, à la limite de ce qui rassure. En cela, le marché est en parfaite symbiose avec l’univers médiatique, gouverné lui aussi par la curiosité versatile, la boulimie de nouveautés, le nomadisme mental et le manque. Le marché a besoin d’instabilité et d’insatisfaction. »

 

Jean-Luc Gréau, ancien économiste au Medef : « Jamais, depuis les débuts de la réflexion économique, on n’avait vu une telle coalition des représentants de la discipline [économique]. Alors que l’histoire des théories économiques est tissée de violentes controverses, ardentes le plus souvent et parfois violentes, sur la valeur, la nature de la monnaie, les formes de la concurrence, le rôle présumé du capital, les bienfaits ou les dangers de l’intervention publique dans la marche des affaires, le débat d’aujourd’hui offre une morne plaine. […] Un véritable clergé, composé d’économistes institutionnels, de banques, d’organismes de recherche à escamoter tout ce qui pourrait être mis en question pour éclairer les dirigeants politiques […] Au fond, ce à quoi s’emploient nos précepteurs de cette vulgate néolibérale, c’est à nous faire prendre les vessies de l’accumulation financière et de l’exploitation cynique du travail et du talent de l’homme pour les lanternes de la concurrence enfin pleinement épanouie. Ils doivent être confondus. »[7]

Et pour finir :

James K. Galbraith : « Il est plus que temps de ramener la plupart des économistes contemporains de premier plan au statut de notes de bas de page. »[8]

John Kenneth Galbraith : « Pendant près de 70 ans, j’ai consacré ma vie professionnelle à l’économie […] Cette longue période m’a appris que, pour être exact et utile, il faut comprendre qu’il existe un décalage permanent entre les idées admises […] et la réalité. Et au bout du compte, on ne s’en étonnera pas, c’est la réalité qui compte. […]

Sur la base des pressions financières et politiques, et des modes du moment, la théorie et les systèmes économiques et politiques en général cultivent leur propre version de la vérité. Une version qui n’entretien aucune relation nécessaire avec le réel. Personne n’est particulièrement coupable : on préfère, et de loin, penser ce qui arrange chacun. […] Ce qui arrange chacun, c’est ce qui sert, ou ne gêne pas les intérêts économiques, politiques ou sociaux dominants.

La plupart des auteurs […] ne sont pas volontairement au service de ces intérêts. Ils ne se rendent pas compte qu’on façonne leurs idées, qu’ils se font avoir. Rien ici de juridiquement répréhensible, pas de violation de la loi, mais des croyances, personnelles et sociales. Et aucun sentiment sérieux de culpabilité, mais, très probablement, de l’autosatisfaction. »[9]

« L’économie est très utile pour fournir un travail aux économistes. […] Se tromper lourdement est une expérience salutaire. Nul économiste ne devrait s’en priver, et peu s’en privent. […] La seule fonction de la prévision économique, est de rendre l’astrologie respectable. »[10]

Le théologien Maurice Bellet a parfaitement résumé ce dernier point : « La paix de l’âme est interdite : elle casserait le moteur de l’expansion » [La Seconde Humanité, 2008]


[1] Jean-Claude Guillebaud, La Force de conviction, 2005

[2] Les formules de Sartre étaient « le marxisme est l’horizon indépassable de l’Histoire » et que « tout anticommuniste est un chien »

[3] Jean-Claude Guillebaud, La refondation du monde, 1999

[4] Jean-Claude Guillebaud, La Force de conviction, 2005

[5] Jean-Claude Guillebaud, La refondation du monde, 1999

[6] Jean-Claude Guillebaud, La Force de conviction, 2005

[7] Jean-Luc Gréau, La trahison des économistes, 2008

[8] James K. Galbraith, Comment les économistes se sont trompés, 2000

[9] John Kenneth Galbraith, Les mensonges de l’économie, 2002

[10] John Kenneth Galbraith, Une vie dans son siècle, 1981

87 réactions et commentaires

  • fabrice // 07.01.2014 à 06h55

    cela me fait penser à cette vidéo que vous nous aviez signaler Olivier ou qu’un des commentateurs avait mis à notre disposition, ce qui m’inquiète car en temps qu’européen convaincu je n’ai pas voté pour ça :

    http://www.dailymotion.com/video/x7o0of_l-union-europeenne-une-nouvelle-urs_news

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  • Urban // 07.01.2014 à 07h14

    Autre point commun ,et non des moindres, la similitude entre l’internationalisme proletarien et le mondialisme
    On constate avec quelle facilité les apparatchiks sovietiques sont devenus financiers internationaux
    en raflant au passage les pépites de la privatisation

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  • yoananda // 07.01.2014 à 07h28

    Sujet d’autant plus pertinent/crucial si on considère que c’est WallStreet qui finançait la révolution bolchevique (et même les fascismes) !
    Il y a en effet de nombreuses similitudes entre les 2 révolutions “communistes” / “néolibérales” :
    anti-étatisme, individualisme, matérialisme, universalisme, absolutisme.

    On peut voir que notre “civilisation” (ce qu’il en reste) est quotidiennement attaquée, de la même manière que les communistes le faisaient. La différence réside dans le fait qu’on passe par la séduction, facilité, dépravation au lieu de la brutalité, l’élimination, la purge.
    Mais le résultat est le même : destruction des institutions religieuses, de la famille, de la morale, des valeurs, du jardin, de l’autonomie, des solidarités, du patriotisme, .

    D’ou la promotion des hystériques LGBT, femen, antiracistes, antifa, immigrationistes, remplacistes, métisseurs, mais aussi en effet du marché, de l’actionnariat, des banques centrales et de tout ce qui est centralisé (cloud, réseau sociaux, etc…).

    Par contre il y a des différences, et c’est la ou j’ai plus de mal à comprendre, dans les structures du pouvoir, et l’idéologie.

    Le communisme était contre la propriété privée. Le néolibéralisme ne l’est pas.
    Le communisme était contre l’héritage. Le néolibérlisme ne l’est pas.

    Les point ou je manque d’information c’est sur les structures de pouvoir dans les 2 cas. Dans le communisme il est clairement centralisé planificateur. Ce qui n’est pas le cas du néolibéralisme, du moins en apparence (quand on sait que les multinationales sont dirigées par un coeur de 147).
    Je ne comprends pas bien le rôle de la monnaie et des banques dans le communisme, il y a très peu d’informations disponible sur le sujet, qui est pourtant crucial puisque, si ce n’est pas la structure, c’est le vecteur du pouvoir.
    Y avait-il des prêts avec intérêts dans le communisme ? je ne crois pas. Et c’est pourtant l’un des points fondamentaux du néolibéralisme (toute autre manière de fonctionner est quasi-éliminée).
    Si quelqu’un a des réponses, je serais très très très intéressé.

    La seule réponse actuellement “saine” provient d’internet avec la nouvelle économique numérique hors de contrôle des institutions, et basée sur un paradigme économique entièrement différent. Mais je doute qu’elle résiste bien longtemps.

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    • lechanu // 07.01.2014 à 11h42

      Pour ce qui est de la destruction des institutions religieuses ,il me semble qu’elle est surtout due au fait que de moins en moins de gens croient en Dieu .

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      • step // 09.01.2014 à 10h37

        oula pas d’accord, c’est la nature du religieux qui a changé. Le dieu moderne est matérialiste et technologiste, mais l’humain continue de croire frénétiquement qu’au delà du progrès et de la croissance (forcément matériel) il y a un espèce d’éden.

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    • Gibbus // 07.01.2014 à 15h37

      @Yoananda
      Je vous conseille d’aller voir les vidéos sur le néolibéralisme éditées par l’IRIS (http://www.youtube.com/user/IRISrecherche?feature=watch) c’est un point de vue intéressent, et amha une bonne grille de lecture… En plus c’est québecois, on ne peut pas les qualifier de vilains français réfractaires (réactionnaires) au libéralisme (des ronchons dixit S. Goulard)…

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      • yoananda // 07.01.2014 à 19h26

        Merci.
        J’ai regardé les titres et je ne vois rien qui répondre a la question de l’héritage / propriété privée … une vidéo en particulier à me conseiller ?

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        • Gibbus // 07.01.2014 à 20h12

          C’était plus pour répondre à cette réflexion:”Les point ou je manque d’information c’est sur les structures de pouvoir dans les 2 cas. Dans le communisme il est clairement centralisé planificateur. Ce qui n’est pas le cas du néolibéralisme, du moins en apparence (quand on sait que les multinationales sont dirigées par un cœur de 147).”
          Regardez toutes les vidéo qui commence par le mot néolibéralisme, surtout “l’état néolibéral”
          C’est bref mais cela me parait pertinent.

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    • Faucon // 07.01.2014 à 18h57

      Vos “idiots utiles” défendent le libéralisme tandis que vous vous évertuez à critiquez le corporatisme. Sachez faire la différence.
      S’il y a liberté, il doit y avoir responsabilité, c’est le principe même du libéralisme. La privatisation des bénéfices et la socialisation des pertes, ça n’est par définition pas libéral.

      Staline et Mao, en effet, ça n’était pas le vrai communisme. Le “vrai communisme” on ne peut tout simplement pas y arriver car la nature de l’homme même nous en empêche: on est pas suffisamment désintéressé pour arriver à ce stade “ultime”.

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      • Macarel // 07.01.2014 à 23h39

        Le “vrai communisme” on ne peut tout simplement pas y arriver car la nature de l’homme même nous en empêche: on est pas suffisamment désintéressé pour arriver à ce stade “ultime”.

        Et le “vrai libéralisme”, l’on ne peut y atteindre, pour la bonne raison que dans le monde réel, la transparence des marchés cela n’existe pas !
        Tout système basé sur des hypothèses fausses, ne peut, que conduire à de sérieux problèmes.

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      • casper // 08.01.2014 à 00h04

        Parfaite réponse de Macarel. Faucon vous me rappelez ce vieux barman moustachu de la fete de l’huma qui me disait “petit tout ça c’est le Stalinisme, le communisme c’est pas pareil, tuvoa?”. Ce faisant merci de démontrer la justesse de l’article d’Olivier ^^

        Le fait que depuis toujours, on parle de libéralisme mais on obtient seulement du corporatisme aurait du vous mettre la puce a l’oreille sur le lien entre l’idéologie et ses résultats concrets.

        La société parfaite des libéraux, son marche pur et non distordu, la responsabilité assumée sans profiter de sa position de force, le tout sans intervention d’une force publique nécessitent un désintéressement de chacun au moins aussi grand que le “vrai” communisme. Et en plus en contradiction avec ses hypothèses de bases, puisque tout le monde doit y poursuivre son propre intérêt…

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        • Fucius // 14.01.2014 à 04h48

          “La société parfaite des libéraux, son marche pur et non distordu, la responsabilité assumée sans profiter de sa position de force, le tout sans intervention d’une force publique nécessitent un désintéressement de chacun au moins aussi grand que le “vrai” communisme.”

          Faux, faux et faux:
          – La société libérale n’est pas supposément parfaite.
          – Le renoncement à contraindre autrui est imposé par l’État
          – Le gens poursuivent leurs intérêts légitimes, qui sont harmoniques

          ” Et en plus en contradiction avec ses hypothèses de bases, puisque tout le monde doit y poursuivre son propre intérêt…”
          … de sorte que les transactions, étant librement consenties, sont dans l’intérêt mutuel.

          Le libéralisme n’est pas une solution-miracle, mais le rejet des solutions-miracles.

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  • luci2/29 // 07.01.2014 à 07h33

    “…Quans vous verrez tous ces signes se produirent???Relevez le Tête car votre délivrance approche…”
    Cette phrase extraite de La Bible,attribuée à Jésus,n’est pas une quelconque” facilité” pour fuir cette réalité.
    Depuis plusieurs années,à commencer par,–comme d’habitude une poignée d’Hommes clairvoyants,intégres,dont Soljentysine i.e,– a établi,avec Guillebaud ,mais aussi avec des “hérétiques”,des “schismatiques” et des “apostats” et autres ex-enfants de Staline ,le parallèle pertinent,juste relaté ci-avant par O .Berruyer.
    Un nouveau Monde,sans démocrtie,ni Nation,…etc..
    Dirigé exclusivement (de cela il n’en est pas question : nous serions taxés de péché mortel extrêmement grave :celui de “conspirationisme” aggravé…!!! ) par un infime poignée de tortionnaires,tous issus de sombres sectes d’oligarques singuliérement corrompus–cela les regarde–,mas surtout se situant dans un obscurantisme et un systéme dictatorial extrêmement pervers et violent.
    Pas belle la vie ..pour terminer par une note cynique (tirée de l’absurdie à rapprocher des chutes de l’humoriste de l’émission de C+ du samedi soir)

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  • Ivan // 07.01.2014 à 08h59

    Il faut lire également Jean-Claude Michéa sur ce sujet. Au libéralisme économique représenté par la droite dite “libérale” répond le libéralisme “sociétal” incarné par la gauche sociale démocrate et l’extrême gauche. Les deux se complètent, le domaine économique ayant besoin de toujours plus de nouveaux espaces sociétaux à investir. Le travail le dimanche, la procréation pour autrui, ce sont des exemples de ces nouveaux espaces à investir par l’économie…
    Serge Latouche a également analysé ce phénomène dans le cadre de la mondialisation qui consiste avant toute chose à détruire les structures sociales traditionnelles pour les remplacer par des structures de marché…

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  • Flury Guy // 07.01.2014 à 09h29

    Bravo Bruno d’avoir mis en exergue un journaliste comme JC Guillebaud dont la lucidité et l’exigence font honneur à la profession de journaliste. Certainement un des plus percutants decryptages de cette pensée dangereuse qui s’est insinuée dans la société et qui constitue une regression démocratique, en tous les cas une confiscation de la démocratie au profit d’une minorité. Et je ne tombe dans le piège de la théorie du complot en écrivant cela. Tu aurais aussi pu mettre en référence un autre de ses livres, plus personnel, : “une autre vie est possible.

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  • Jean-Baptiste Bersac // 07.01.2014 à 09h36

    Notons que le registre, le vocabulaire, et le terme même de « foi » est récurrent chez les libéraux eux-mêmes, y compris (surtout ?) les plus célèbres d’entre eux.

    J’ai écris une petite série de cinq billets avec des citations qui vous intéresseront énormément sur ce sujet :
    http://frappermonnaie.wordpress.com/2013/04/15/1-le-liberalisme-une-religion-seculiere/

    C’est si vrai que pour moi, la vraie question n’est pas « Comment se débarrasser du religieux ? », vu qu’à chaque fois on ne l’éradique qu’au prix d’une religion séculière (ou d’une religion plus traditionnelle), mais « Comment satisfaire à ce besoin religieux humain au mieux ? », en l’apaisant et en l’harmonisant avec le reste plutôt qu’en d’en faire un énorme refoulé qui resurgit d’une manière plus ou moins violente.

    Cordialement,

    Jean-Baptiste Bersac

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    • yoananda // 07.01.2014 à 10h48

      Intéressant.
      comment tu te proposes de répondre à cette soif au juste ? en quelques mots synthétiques.

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      • Jean-Baptiste Bersac // 07.01.2014 à 16h45

        J’aimerai bien que la réponse puisse être résolu « en quelques mots synthétiques », comme tu dis, mais c’est ardu. Dans la suite de la série (je n’y fais pas que démontrer le caractère théologique de la pensée libérale), je redéfinis la liberté comme n’étant qu’un principe de compétition pour optimiser le fonctionnement d’objectifs sociaux déjà définis. Ils peuvent être redéfinissables, bien sûrs, mais ce n’est pas le marché qui le fait, et si le marché échoue à remplir les objectifs sociaux, sans complexe, on compose autant que nécessaire avec d’autres fonctionnements…

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        • yoananda // 07.01.2014 à 19h24

          Je demandais comment répondre au besoin religieux (sous entendu sans religion) … ou alors je n’ai pas compris la réponse.

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  • dfgvr // 07.01.2014 à 09h52

    C’est amusant car après avoir lu cet excellent billet, je tombe sur le titre suivant :
    “Et si François Hollande devait être jugé pour crime contre l’économie : l’acte d’accusation” sur une revue web (je vous laisse trouver le lien).
    Nous allons bientôt voir une Sainte Inquisition !!!

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  • Casquette // 07.01.2014 à 11h30

    Comme le dirait un disciple d’Hayek les 2 ont une conception téléologique de leur idéal : de société sans classe pour les uns et de société sans nations pour les autres.

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    • yoananda // 07.01.2014 à 12h15

      Au final les 2 ne sont qu’une étape vers le même but, non ? une société d’individus … sans classe ni nation, sans repères.

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  • Caroline Porteu // 07.01.2014 à 12h08

    Le dogmatisme sectaire s’applique aussi bien en religion qu’en politique : il va totalement de pair avec le totalitarisme , qui lui n’a aucun clivage politique ..

    Ce n’est qu’une question de pouvoir .

    Le problème actuel des ardents défenseurs du néolibéralisme est qu’ils revendiquent la loi du marché .. en oubliant que pour que des échanges puissent s’équilibrer , il faut qu’il y ait marché, transparent de surcroît ..

    C’est là ou le bât blesse puisque le marché est lui même sous contrôle d’une minorité qui le manipule en fonction de ses propres intérêts . Donc le marché au sens premier du terme (celui dans lequel offre et demande en provenance d’acteurs distincts s’équilibrent ) n’existe plus .

    Et là , on sort d’un système politique quelqu’il soit , pour tomber dans un système mafieux et criminel d’autant plus efficace qu’il est pratiqué par un régime totalitaire .
    Effectivement , il n’y a pas grande différence sur ce sujet en le totalitarisme communiste et le capitalisme mafieux actuel .. ou plus exactement criminel pour reprendre le titre du prochain libre de Jean François Gayraud qui doit sortir fin Janvier

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  • XPT // 07.01.2014 à 12h19

    J’ai été également frappé par la manière de s’exprimer de Sylvie Goulard, qui rappellera sans doute, en effet, de mauvais souvenirs. C’est le visage du fanatisme.

    Le libéralisme et le marxisme (en tant que critique de la théorie économique libérale) ont tous les deux une origine commune, étant issus du mouvement des Lumières. Il existe tout de même des nuances importantes : bien qu’issu des Lumières, le libéralisme est indifférent à l’égalité (tropisme anglo-saxon). La théorie du libre-échange admet même l’inégalité et, menée jusqu’au bout, conduit à l’esclavage.

    A la fin du XXème siècle, le néolibéralisme, qui est sur le plan économique un retour au capitalisme du XIXe s., s’appuie sur les valeurs du mouvement libertaire de Mai-68. Sans le poids idéologique de Mai-68, qui s’accompagne aussi de la dénonciation du peuple par les libertaires, de l’introduction de valeurs inégalitaires et finalement d’une idéologie hostile à la démocratie (via l’antinationisme et un internationalisme dévoyé), jamais Mitterrand n’aurait pu opérer la conversion de la gauche au libéralisme économique en 1983, via l’idée européenne.

    Emmanuel Todd a déjà relevé que les néo-libéraux étaient des marxistes retournés. Tout le travail idéologique en profondeur de conversion au néolibéralisme a été fait par des communistes repentis ou par d’anciens gauchistes élevés à la vulgate marxiste.

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    • Opps’ // 07.01.2014 à 17h32

      Mais non , les néo-libéraux ne sont pas des marxistes retournés dans leurs idées .
      A la limite juste dans la forme qui est celle de tous les extrémismes un peu totalitaires.

      Certains communistes (peu nombreux quand même!) ont compris que la respiration d’une société c’est le concept de marché , le plus libre possible : ils ne sont pas devenu néo-libéraux-libertariens pour autant , et en général garde à l’Etat un large rôle .

      Par contre pas mal de radicaux de la gauche ou de communistes passent au FN , sans gêne , puisqu’ils passent ainsi d’un étatisme à un autre.

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      • XPT // 08.01.2014 à 08h48

        C’est votre petit doigt qui vous le dit ou c’est une expérience personnelle ?

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  • Le Yéti // 07.01.2014 à 12h26

    Permettez-moi de juger un peu caricatural votre description de “l’anarchisme libertaire” soixante-huitard.
    68, ce n’était pas seulement cela. Bien loin de là. Mais une émancipation générationnelle vis-à-vis d’une époque moralement rigide et étouffante : la mixité — scolaire par exemple — y était encore balbutiante, la contraception inexistante ou condamnée, les règles hiérarchiques figées, les punitions corporelles en vigueur (avez-vous jamais été puni par votre “maître” à coups de règles sur les doigts ?)
    Alors bien sûr, comme dans toute crise émancipatrice, par nature brutale comme toute crise adolescente, celle-ci connut ses excès, façon récupération. L’anarchisme libertaire en est un. Comme en fut un la nouvelle rigidité de substitution appelée “gauchisme”.
    On notera que ce sont ces seuls excès qui furent retenus et pointés par les médias de l’époque. De même que ces fameux leaders que mes amis et moi ne connaissions alors que par leur passage à la télé. Qui ont généralement pris le train en marche (à l’exception de Cohn-Bendit, c’est vrai) et qui se sont ensuite empressés de retourner leur veste du bon côté (Cohn-Bendit inclus).
    Mais c’est aussi grâce à Mai 68 que fleurirent nombre de lois d’émancipation féminine, un changement déterminant dans les rapports hiérarchiques et les méthodes d’éducation sclérosées que nous connaissions alors.
    Que ces changements connurent dans les années qui suivirent leur propre déliquescence est une autre paire de manches, hélas dans la nature des affaires humaines.

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    • XPT // 07.01.2014 à 12h50

      Il s’agit moins de dénoncer des excès que de souligner l’esprit d’une époque. Ceux qui parlent d'”interdire d’interdire” dans les années 70 et ceux qui dénoncent l’autorité des partis qui ont conçu le programme du CNR sont bel et bien les mêmes.

      (Les choses se passent rarement comme on l’aurait souhaité).

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      • Le Yéti // 07.01.2014 à 13h36

        “Interdit d’interdire”
        L’exemple même de la caricature médiatique prise au 1er degré 😉 Nous aussi riions à l’époque de telles formules (comme “sous les pavés la plage”), mais au moins en les prenant au second degré.

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    • Casquette // 07.01.2014 à 13h09

      Onfray a consacré la dernière année de son cours à l’Univeristé Populaire sur le mouvement 68tard et proposait d’en faire une critique de gauche, dans le but de retenir les aspects positifs tout en rejetant les autres.
      Pour résumer le propos , la dérive du mouvement selon Onfray a commencé lorsque les enseignements freudo-marxistes des marcusiens , qui pronaient l’émancipation sociale par la libération des pulsions sexuelles hormonales, ont commencé à déborder sur la critique anti capitaliste issue des mouvements communistes “orthodoxes” et trotskystes.
      Le philosophe citait des articles de l’Huma ou de fanzines trotskystes qui s’attaquaient violemment aux marcusiens…aujourd’hui leurs auteurs seraient qualifiés de tous les noms.
      C’est dommage que le cours ne soit plus dispo sur le site de france-culture, c’était franchement passionnant !

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      • Le Yéti // 07.01.2014 à 14h40

        “Les enseignements freudo-marxistes des marcusiens” ne concernaient et n’occupaient qu’une frange très limitée de la population. Mais dites-moi donc comment quelqu’un comme mon père, modeste boulanger aux idées très conservatrices avec pour tout bagage intellectuel un certificat d’études péniblement acquis, se mit soudain à alimenter gratuitement en pain les “émeutiers” occupants du CHU St Antoine que nous étions ?

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        • XPT // 07.01.2014 à 15h28

          Vous en faites une affaire personnelle et vous avez tort. Ce qui semble indiquer que vous n’êtes peut-être pas aussi dégagé de l’esprit de 68 que vous le dites. Il existe un instrument de mesure d’identité politique assez fiable : si vous avez voté Oui au traité de Maastricht (le traité néolibéral par excellence, à prendre tout à fait premier degré), il y a de fortes chances que vous soyez davantage dans l’esprit de 68 que dans celui de 1945. Si vous avez voté Oui en 1992 et Non en 2005, alors vous êtes un repenti complexé (comme les gens du Parti de gauche) ! Mais sI vous défendez la sortie de l’euro, alors c’est que vous avez tout compris et vous irez évidemment au paradis…

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          • Macarel // 07.01.2014 à 18h55

            @XPT
            Merci, pour cette leçon de psychanalyse politique. Je fais donc parti, des “repentis complexés”.
            En fait c’est plus simple je crois, je veux bien admettre avoir été naïf en 1992, en votant OUI au Traité de Maastricht. Car j’ai cru aux promesses de ceux qui nous faisaient miroiter une Europe, “Palais des fééries”.
            Sans doute un manque de maturité politique…
            Le NON en 2005, un repentir ? Pas d’accord, lorsque l’on sort de l’illusion, et que l’on constate que l’on s’est fait avoir, l’on dit ça suffit, un point c’est tout !
            A moins d’être masochiste, et d’en redemander ! Oui, encore, encore !
            Voilà, c’est simple, lorsque l’on a cru à quelque chose, à quelqu’un et que l’on réalise que notre confiance a été trahie, on retire cette confiance.

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          • Macarel // 07.01.2014 à 19h58

            @XPT
            J’oubliais, sur l’euro, je suis favorable à la fin de l’euro monnaie unique et son remplacement pas une monnaie commune.
            Je ne sais, pas si j’ai tout compris, mais lorsque quelque chose ne donne pas les résultats attendus, l’on doit en tirer les conséquences.
            Persister, en constatant que la monnaie unique créée plus de problèmes, qu’elle n’en résout, c’est à tout le moins faire preuve de manque de discernement, ou pire, de sadisme.

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          • Fabrice // 08.01.2014 à 09h52

            Je suis Macarel sur le point que personnellement je suis un européen convaincu mais celle qui nous a été promise celle de l’europe des citoyens.

            J’ai voté oui aux deux constitutions car j’avais naïvement mon éducation familiale et éducatif qui me poussait à croire que les politiciens agissaient globalement pour le bien de leurs concitoyens, cela s’appelle la confiance.

            Or cette confiance c’est écroulée quand on est passé sur le non sans discussion, ni débat et surtout un nouveau référendum. Ma confiance c’est écroulée car je crois fondamentalement en la démocratie (certes imparfaite).

            Seul le peuple peut défaire ce que le peuple à décidé point barre.

            Le non l’ayant emporté je trouvais normal qu’on assume cette ligne las tout a été perverti et m’a ouvert les yeux.

            Depuis je suis malade et furieux, et si je m’investis c’est que je trouve cela intolérable ; mais je crois toujours en une Europe des citoyens faite pour eux par eux.

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          • step // 09.01.2014 à 10h46

            On a droit à quoi quand on a voté non dès le début, pour des raisons évidentes de divergences de projets de société et de convergence économique non réalisable, voir non souhaitable ? Je donne un indice, je suis fan de réglisse.

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        • Casquette // 07.01.2014 à 17h36

          Oui mais l’initiative individuelle de votre père a t-elle abouti sur un mouvement de pensée comme le fut le libéralisme-libertaire d’un Cohn Bendit ?
          En ce qui me concerne il n’est pas question de remettre en question les acquis positifs de mai 68 ,notamment sur le statut des femmes (ce que s’attache à faire certains dans le but de revenir à la situation d’antant,c’est la critique de droite ) , mais d’identifier les détournements qui eurent lieu par la suite ou même pendant la révolution estudiantine et syndicale, sur des notions comme la liberté et l’émancipation que le capitalisme dérégulé a repris pour son assurer son développement.
          L’émancipation de l’individu 1000 fois oui , mais l’émancipation de la collectivité on voit ou cela nous mène .

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          • Le Yéti // 07.01.2014 à 20h43

            “Mouvements de pensée”, je ne sais pas. Par contre, cela l’aida, lui et ceux de sa génération, à admettre certains principes de vie qu’ils condamnaient auparavant au nom de leur autorité de pères : la contraception, l’émancipation féminine (oui, oui, celle de leurs propres filles), le devoir d’expliquer plutôt que d’ordonner…
            Et à ma connaissance, dans les écoles, plus aucun “maître” ne se permit de corriger un élève en lui meurtrissant le bout des doigts de sa règle.
            Pas grand-chose sans doute… pour ceux qui n’ont pas vécu le monde d’avant.

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        • André // 08.01.2014 à 09h13

          Exact!
          Il est curieux que personne ne signale que mai 68 a été la plus grande grève ouvrière du siècle dernier en France. c’est dans les années 1980 que s’opère le retournement.

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          • XPT // 11.01.2014 à 22h11

            C’était en fait un baroud d’honneur. Sur le plan des droits syndicaux, 68 a été le point d’aboutissement de toute une série d’anciennes revendications. Mai-68 doit être regardé comme la queue de comète d’une période de 100 ans de luttes du mouvement ouvrier. Après, plus rien n’a été pareil et il y a eu très vite un divorce entre la gauche, devenue libéral-européiste et les classes populaires, le socle traditionnel de la gauche. Ainsi, les ouvriers ont voté à 80% non en 2005 et il y a belle lurette qu’ils rejettent l’euro. Il faut dire qu’ils sont en première ligne de la désindustrialisation qui a commencé justement après 68 avec les grands plans contre la sidérurgie.

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      • norbix // 07.01.2014 à 22h00

        ” lorsque les enseignements freudo-marxistes des marcusiens , qui pronaient l’émancipation sociale par la libération des pulsions sexuelles hormonales, ont commencé à déborder sur la critique anti capitaliste issue des mouvements communistes “orthodoxes” et trotskystes”
        Attention, Onfray est un cul bénit qui dézingue tous les penseurs (Freud, Sartre, Foucault, etc) qui ont eu le malheur de pratiquer l’onanisme et d’avoir plus d’un seul partenaire dans leur vie sexuelle.

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    • Macarel // 07.01.2014 à 13h10

      68, ce n’était pas seulement cela. Bien loin de là. Mais une émancipation générationnelle vis-à-vis d’une époque moralement rigide et étouffante : la mixité — scolaire par exemple — y était encore balbutiante, la contraception inexistante ou condamnée, les règles hiérarchiques figées, les punitions corporelles en vigueur (avez-vous jamais été puni par votre “maître” à coups de règles sur les doigts ?)

      Bien sûr, cet aspect là de la “révolution de 68”, a apporté un bol d’air frais à la société.

      Par contre, et je pense que c’est plutôt ce qui est dénoncé plus haut : la récupération par le système capitaliste de cet soif de liberté, et à travers la doctrine néolibérale, les excès d’un système économique, dont nous pâtissons aujourd’hui des excès.

      Pour le reste, en terme de pensée libertaire, Camus a été un exemple dont il faut s’inspirer.

      Puisque l’on parle de 68, je dirais: “Camus, plutôt que Sartre !”

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    • raloul // 07.01.2014 à 14h07

      Bonjour!

      Tout d’abord, la seule référence explicite dans ce texte à 68 est une citation de M. Madelin. De même, l'”anarchisme libertaire” n’apparaît tel quel qu’une seule et unique fois. Je ne vois pas de “description” de ces concepts, ce qui limite l’objet de vos critiques.

      Le propos central de ce texte réside à mon humble avis dans la mise en lumière d’une convergence idéologique (invisible et surprenante de premier abord) entre les “libertaires” des années 60 et le néolibéralisme économique des années 80 et suivantes, ainsi que l’idée capitale qui veut que la théorie du néolibéralisme soit devenue une sorte de dogme, l’économisme une sorte de religion.

      En tant que jeune, je peux vous assurer qu’il est rageant de voir les mêmes abrutis qui tenaient des discours pseudo-marxistes et autres fumisteries à deux balles dans les années 60, qui ont retourné leurs vestes, faire maintenant l’apologie de politiques néolibérales et anti-sociales au possible.
      Vous parlez d'”époque étouffante”, mais si vous transposiez l'”émancipation générationnelle” d’alors à notre époque, vous comprendriez qu’une envie furieuse qui démange une bonne partie de la jeunesse actuelle est de chasser (je reste poli) les pouvoirs en place (dont ces ex-“libertaires” sont le parangon), d’arrêter coûte que coûte avec le délire de la violence économique subie de plein fouet. Quand on voit des “intellectuels” – qui eux n’ont jamais connu que le plein-emploi dans leur début de carrière – venir pavoiser et déverser sur les plateaux télé leur vulgate néolibérale, ça donne juste ce qu’on appelle gentiment “la haine”…

      Malheureusement de nombreuses raisons (répression féroce, faible poids démographique de la jeunesse, techniques de manipulation de l’opinion, etc.. ) empêchent pour l’instant une crise comparable à celle de 68 d’advenir. Tout est fait par les nostalgiques pour qu’une telle crise ne puisse revenir, comme si la génération des soixante-huitards devait conjurer le sort, refermer la boîte de Pandore, s’auto-congratuler ad vitam aeternam d’avoir été les seuls capables de mener une telle “révolution culturelle”. Ca c’est de la beaufitude appliquée puissance mille…

      Alors, oui mai 68 a contribué marginalement à quelques évolutions qu’on peut juger rétrospectivement de façon positive. Mais ça reste principalement une mystification collective, un symbole tellement manipulé depuis lors qu’il en perd sa substance réelle.
      Que signifierait la soif de liberté – qui elle est authentique et indémodable – aujourd’hui pour une jeunesse harassée par le discours “chômage-consommation-stress-peur de l’avenir-etc..”? En voilà une question autrement plus utile qu’une nostalgie égotiste…

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    • jducac // 07.01.2014 à 20h14

      @ Le Yéti Le 07 janvier 2014 à 12h26

      ……..un changement déterminant dans les rapports hiérarchiques et les méthodes d’éducation sclérosées que nous connaissions alors. Que ces changements connurent dans les années qui suivirent leur propre déliquescence est une autre paire de manches, hélas dans la nature des affaires humaines.

      68 fut quand même le début de la chienlit et l’origine du déclin de notre système éducatif dont on mesure les performances dans le classement PISA. Les pays d’extrêmes Orient y tiennent la tête en s’étant abstenus, eux, d’apporter « des changements déterminants dans les rapports hiérarchiques »

      68 fut une explosion juvénile de jeunes gens inconscients de ce que la vie exige un minimum d’ordre et de rigueur dans les comportements sociaux et économiques pour assurer la préservation d’une civilisation.

      Chez-nous aujourd’hui, l’irrespect règne en maître dès la prime jeunesse. Les parents et les enseignants sont devenus impuissants face aux enfants. On a trop mis en avant les droits des individus sans souligner l’importance de leurs devoirs, lesquels s’énoncent souvent par des interdits, applicables très jeune au plan individuel, pour sauvegarder les acquis au plan collectif.

      Les slogans du type « il est interdit d’interdire » et « jouissons sans entrave » ont ravagé nos sociétés.

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      • Le Yéti // 07.01.2014 à 21h11

        “68 fut quand même le début de la chienlit et l’origine du déclin de notre système éducatif dont on mesure les performances dans le classement PISA
        Attention aux lieux communs, svp. Ce déclin PISA est très récent, bien postérieur aux années 70.
        En 1972, pendant mon service militaire, je me fis nommer instituteur chargé d’inculquer les rudiments des maths et du français aux jeunes gens de mon régiment qui en étaient totalement dépourvus.
        Je constatais à ma grande surprise l’importance de l’analphabétisme au sein de mon régiment à cette époque. J’avais 80 élèves volontaires (je ne parle pas de ceux qui, honteux, n’osèrent l’être). Seuls 14 de mes “écoliers” furent en mesure de passer un modeste certificat d’étude en fin de conscription.
        Rappelons que le nombre d’étudiants bacheliers passa de 850 000 en 1970 à 2 179 000 en 1995. Ce n’est qu’après cette date, près de 30 ans après “les évènements”, que ce nombre commença à stagner.

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        • XPT // 07.01.2014 à 21h40

          Il est tout à fait singulier en effet de voir un déclin du niveau éducatif quand la période post-68 marque au contraire une explosion de ce niveau éducatif, entraînant même l’apparition d’une importante caste d’éduqués supérieurs.

          Ce qui permet de revenir à notre sujet, dans la mesure où c’est le développement de grandes disparités éducatives qui explique l’apparition au sein de la gauche d’un sentiment de mépris du peuple. C’est ainsi que le camp du Oui lors du traité de Maastricht a pu soutenir que le vote n’était plus l’expression d’un choix idéologique (justifiant ainsi le vote commun de la droite et du PS en faveur du Oui), mais le marqueur des disparités éducatives. Les européistes se plaçaient du côté de la raison et des “sachants”, par opposition aux “sous-éduqués” qui votaient Non selon des critères identitaires, l’émotion et la peur. C’est donc aussi par l’analyse de la question éducative qu’on peut expliquer comment le néolibéralisme a profondément pénétré la société française ainsi que ses forces politiques de droite ou de gauche, et même jusqu’à l’extrême gauche.

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        • raloul // 08.01.2014 à 08h32

          Bonjour!

          Ne pas oublier s.v.p. qu’il y a un décalage temporel dans les effets sur l’éducation nationale d’un certain phénomène. Les universitaires de 68 ont eu une instruction pré-68. Ceux qui ont eu une instruction entièrement post-68 arrivent à l’université à partir de 1980 en gros.
          Ce même genre de décalage temporel est très clairement observable entre l’apparition des télévisions dans les foyers et la chute du niveau de langue des étudiants universitaires, que Marie Winn a démontrée et documentée dans ses recherches devenues fameuses:
          http://www.mariewinn.com/plugin.htm

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      • tchoo // 09.01.2014 à 18h17

        Oula quel raccourci
        je suis enfant de l’enseignement après 68 (j’avais 11 ans)

        et croyez moi la dégradation de l’enseignement en France ne date pas de ces années là, mais plus tard à partir des années 80 (il se trouve que j’étais à l’époque très impliquer dans certaines filières enseignantes) quand on a voulu assigné à l’enseignement des buts économiques, produire de bons petits éduqués capables de seulement répétés ce que on leur enseignent et surtout sans réfléchir au pourquoi.
        Tout cela au nom d’une croyance, que le chomage était due à une inadaptation des populations aux bouleversements en route dans les entreprises (croyance qui resurgit régulièrement).
        Alors Mai68 là dedans, il y a bien longtemps qu’il était oublié…

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  • Macarel // 07.01.2014 à 12h31

    Excellent !

    Le paradoxe s’éclaire, lorsque l’on regarde le parcours de cette génération. Barroso, militant maoïste dans sa jeunesse, Kouchner militant communiste, Cohn Bendit communiste libertaire, D.Kessler (MEDEF) qui veut en finir avec les “acquis” du CNR, militant CFDT, etc.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Manuel_Dur%C3%A3o_Barroso
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Kouchner
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Daniel_Cohn-Bendit
    Il est vrai, que ces néo-communistes libéro-libertaires, ont depuis longtemps renoncé à changer le monde globalement, mais pas le leur, celui de l’oligarchie.
    Et il faut reconnaître, que pour leur classe, celle des riches -comme dirait le milliardaire américain Warrent Buffet-, cela se passe plutôt bien.

    “Tout va très bien pour les riches dans ce pays, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner”
    Warren Buffet
    http://www.journaldunet.com/economie/magazine/citations-warren-buffet.shtml

    Tous ces gens, lorsqu’ils sont arrivés aux affaires, se sont convertis à la nouvelle foi universelle : “le communisme pour les riches”, mais pour les riches seulement.
    Et, cela a marché, les riches sont de plus en plus riche, les profits sont privatisés (d’où l’intérêt de conserver la propriété privée), par contre les pertes sont socialisées.
    Ils ont en fait réalisé le rêve de leur jeunesse révolutionnaire, mais ce communisme n’est réservé qu’à leur oligarchie. Pour les masses, il est préférables qu’elles continuent à croire à la parole du attribuée au Christ :” Les premiers seront les derniers…”, et je dirais vice-versa au Royaume des Cieux.

    Isaïe 66, 18-21 ; Hébreux 12, 5-13 ; Luc 13, 22-30

    Parole surprenante que cet évangile qui se termine par « il en est des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers». La forme proverbiale a simplifié l’expression en l’absolutisant : « les premiers seront les derniers… », correspondant sans doute à un désir enfoui dans la conscience populaire de renversement des valeurs établies. Luc ne fait-il pas dire à Marie : « il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles ! » Nous savons hélas qu’il y a loin des paroles à la réalité vécue dans notre système économico-libéral. Mais en ce temps-là, affirme-t-on, le Christ ne faisait pas un discours économique. Il était tout simplement du côté des pauvres, des petits, des exclus, il est devenu leur ami. Et cela inquiétait les puissants d’alors.

    http://arras.catholique.fr/page-12303-premiers-seront-derniers.html

    Enfin, cela me fait penser que tout est dit au sujet du détournement des révolutions, par une “élite éclairée”, dans ce merveilleux livre de Georges Orwell : “Animal Farms”.

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    • norbix // 07.01.2014 à 22h08

      Ouaif ! La faiblesse de votre argument tient en ceci :
      – 30% de la population votait communiste.
      – le système fonctionne d’autant mieux qu’il promeut ceux qui étaient contre lui, ceux que vous citez ont été récompensés mais ceux dont les convictions profondes sont restée identiques n’ont jamais droit aux lumières des médias
      Sur ces derniers points lire “Les commentaires sur la société du spectacle” (Guy Debord).

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      • Macarel // 07.01.2014 à 22h37

        Je respecte tous les anonymes qui ont cru sincèrement au “rêve communiste” et qui ont été abusés. Ce d’autant plus, que moi-même, je me suis “fait avoir”, plus tard, sur le “rêve européen”.
        Je ne leur jette pas la pierre, je parle des révolutionnaires en peau de lapin, qui ont très bien su mener leur barque dans le monde capitaliste néo-libéral post-soixante huitard.
        De toute façon, lorsque l’on voit les choses avec du recul, l’on se rend compte que le mensonge, intentionnel ou pas, est consubstantiel à toute activité politique.
        En d’autres lieux et d’autres temps, certains -pieds-noirs-, en ont “voulu à mort” à De Gaulle, car lors de l’un de ses discours pendant la Guerre d’Algérie, il leur avait laissé à penser que la France n’abandonnerait jamais l’Algérie.
        Ce qui faisait dire, à Chirac, plus tard : “Les promesses n’engagent que ceux qui les croient.”
        Il est toujours très imprudent, de prendre pour argent comptant, les promesses, ou simplement les paroles des hommes politiques.
        D’autant plus, que plus que jamais, il promettent une chose pour être élu, et font le contraire une fois élu. C’est la démagogie, bien sûr.
        La grande chance de tous ces bonimenteurs, c’est qu’avec le renouvellement des générations, ils ont toujours un volant de naïfs et de crédules qui les élisent.
        Le miroir aux alouettes est toujours à peu près le même, mais les alouettes changent.
        Et elles se font prendre, de génération, en générations !!!

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  • Patrick Luder // 07.01.2014 à 12h50

    Olivier, je ne comprends ni la cause ni le but
    de tout ce développement juste … “humain”.
    L’homme n’est pas parfait, ni les gouvernements, ni la société, ni quoi que ce soit,
    mais il faudrait essayer de composer au mieux, dans un dialogue ouvert à tous.

    Attention aussi à ne pas confondre religieux et religion!
    L’Eglise Catholique ne représente pas Dieu,
    juste une façon d’essayer de le comprendre,
    juste une façon d’essayer d’en faire quelque chose,
    souvent détourné de la signification originale.

    Non, l’église n’est pas parfaite, loin de là,
    mais SVP ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain.

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    • Amsterdammer // 08.01.2014 à 11h53

      ‘Dieu’ est une invention humaine, et comme telle, sujette aux transformations socio-politiques et aux évolutions des représentations.
      Mais cette entité abstraite, indémontrable, n’est que le dépouillement progressif et contraint d’une idole de l’âge de pierre. Quand à la base, il n’y a qu’ignorance des lois du monde physique, comment croire à son résultat ultime, si raffiné qu’il soit?

      Lisez donc Bottéro, la Naissance de Dieu, ça vous éclairera.

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  • yvan // 07.01.2014 à 13h18

    Monsieur Berruyer, une chose me semble claire.

    Vous ne connaissez rien au communisme. Celui des Bolchéviques, je parle. Pas celui de l’oligarchie qui les a supprimé un an après la révolution soviétique.

    Vous auriez remplacé “communisme” par “toute religion passée ou présente”, là, s’eût été bien plus proche du raisonnement.

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  • mapayul // 07.01.2014 à 13h21

    C’est pourtant simple :
    – le communisme est un collectivisme
    – le libéralisme est individualisme.

    il ne peut exister dans le libéralisme, d’idée mortifère comme l”HOMME NOUVEAU” qui consiste à dire que tous les hommes non conformes à la société doivent être éliminés (d’où des dizaines de millions de morts en URSS et en Chine).
    Je rappelle que le communisme a tué plus de monde que le nazisme et qu’il conviendrait donc de l’interdire, comme on a interdit le nazisme !!!!

    Le libéralisme (le vrai, celui des Lumières) a inventé l’Etat de Droit pour que les hommes souffrent moins de l’arbitraire des puissants et des hommes politiques à une époque où les régnants envoyaient des peuples entiers se faire la guerre.

    La différence est pourtant flagrante, l’un est à l’opposé de l’autre.

    Evidemment, je ne parle pas des mots utilisés par les politichiens ‘NEOLIBERALISME”, “ULTRALIBERALISME” qui sont des mots qui n’existent pas car ils ne définissent rien comme ULTRASOCIALISME. Les gauchistes sont les champions de la manipulation des mots. Souvenez vous de la “République Démocratique Allemande” qui travestissait le mot “démocratie” pour se cacher derrière. Les mêmes idiots qui jadis discutaient à n’en plus finir de savoir si la “République Démocratique Allemande” était démocratique, discutent aujourd’hui de savoir si le NEOLIBERALISME est un libéralisme. La réponse est non, le NEOLIBERALISME comme ils l’appellent aujourd’hui, est en fait un régime politique de type oligarchique et un système économique de type collectiviste. Nulle besoin d’inventer de nouveaux mots, sauf à vouloir travestir encore une fois la réalité. CQFD ?

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    • Gibbus // 07.01.2014 à 16h55

      « Le libéralisme (le vrai, celui des Lumières) a inventé l’Etat de Droit pour que les hommes souffrent moins de l’arbitraire des puissants et des hommes politiques à une époque où les régnants envoyaient des peuples entiers se faire la guerre. »

      C’est vrai que les deux pays historiquement les plus libéraux: UK et USA, n’ont pas passé successivement les 2 derniers siècles à faire la guerre?
      Les royaumes unis pourtant très libéral du 19ème n’ont pas annexé la moitié du monde, fait la guerre sur tous les continents.
      Les USA ne sont pas en guerre quasi permanente depuis 70 ans ??

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      • Faucon // 07.01.2014 à 18h44

        Vous avez tout à fait raison.
        C’est bien pour ça que le régime nazi était la cause de la seconde guerre mondiale.
        Et que les fascistes les ont suivi avec plaisir.
        Et que les communistes étaient ravis de pouvoir signer un pacte de non-agression pour pouvoir envahir la Pologne.

        Étrangement, tous ces régimes étaient absolument opposé au libéralisme. Mais évidemment, c’est le libéralisme la cause de tous les maux…

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        • Gibbus // 08.01.2014 à 10h15

          Je n’ai jamais dit cela, mais je pense que les guerres coloniales, la guerre de l’opium, et panama, ce sont des guerres libérales: pour étendre le marché!!! Le libéralisme pacificateur, c’est une aussi belle escroquerie que le colonialisme à but humaniste ou civilisateur!!!
          Je ne pense pas qu’il existe un système parfait quelque soit l’idéologie ou le dogme qui le définis.
          Pour moi les rapports politiques et économiques sont forcément des rapports de forces, des luttes de pouvoir…En ce sens je suis Marxiste, je crois à la lutte des classes. Je pense que tout dogme ou idéologie est forcément dévoyé par les hommes de pouvoir qu’il soit économiques, politiques, militaire ou même culturelle…
          Car l’homme à tendance faire perdurer son pouvoir voir à l’augmenter.

          Voilà pourquoi selon moi:
          Le communisme et la soit disant dictature du prolétariat mène inexorablement au capitalisme d’état (les moyens de productions sont gérés par l’état) et à un état bureaucratique totalitaire (la dictature du parti).
          Et le capitalisme libéral (laissez-fairiste) mène au corporatisme et à la ploutocratie.
          Nous avons connu une synthèse dialectique de ces deux extrêmes: Wellfare state et Wellfare capitalism. C’était pas parfait, mais équilibré!!
          Et la pensée néolibérale depuis 35 ans (Thatcher-Reagan-Chicago boys) est entrain de détruire cet équilibre.
          Pour moi il ne faut pas chercher un système plus juste mais un système équilibré (ou en équilibre par analogie à la mécanique en physique) où les rapports de force se neutralisent. Dans ce sens je suis fondamentalement opposé à la pensée de Marx dont la forme dialectique n’est pas thèse-antithèse-synthèse mais positif-négatif-négation de la négation: classes(dominants/dominés)-lutte des classes(conflits sociaux)-abolition des classes et fin du processus historique.
          Je suis plutôt adepte d’un triptyque: Classes/lutte des classes/co-domination ou équilibre. Le partage du pouvoir économique (la propriété pour tous mais limitée au droit d’usage), du pouvoir politique (le gouvernement de tous: avec un état limité à ses fonctions régaliennes, des élections pour des mandats impératifs et récusables par le peuple, et tant que faire se peu une démocratie directe) et pouvoir technologique (open source et limitation de la propriété intellectuelle). Voilà pourquoi comme je le dis souvent je préfère Proudhon à Bastiat et Bakounine à Marx!!!

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  • Opps’ // 07.01.2014 à 13h53

    Gide disait “Les extrêmes me touchent”. Mais c’était là un compliment positif à l’endroit des pensées qui vont jusqu’aux bout de leur déroulement et de leur logique.

    D’un autre côté, on paut aussi , en effet , agglutiner ces extrêmes comme le fait Guillebaud , en soulignant tous les défauts qui les rendent semblables dans leur fonctionnement.
    On peut aussi aller plus loin en notant des similarités similarités dépassant parfois les formes du fonctionnement , pour relever du fond des idées mêmes.

    N’étant pas moi même extrémiste de quoi que ce soit , je pourrais partager le point de Guillebaud , même si “les extrêmes me touchent” parfois , je dois avouer.
    Mais l’article de Guillebaud n’a rien de lumineux et relève de l’intoxication.

    L’espèce de fanatisme soft qu’il décrit est le propre de bien d’autres courants ou convictions : prenons par exemple l’idéologie “européiste”, ou plus simplement celle qui anime la gauche actuelle au pouvoir (ou soyons précis, une très large part) , ou encore les écolos institutionnels (Rassure toi Olivier , je ne parle pas des personnes ayant une sensibilité ou un souci ‘écologique’)

    De plus Guillebaud est dans le mensonge dès sa première phrase : c’est embêtant quand même . Je cite : “Le discours économique courant, celui du libéralisme etc…”

    Très honnêtement le discours courant n’est pas -du moins en France- , celui du libéralisme . La pose courante de la majorité est de se démarquer catégoriquement de la pensée libérale.
    Dans la micro-réalité des faits et comportements il en est autrement , certes mais n’oublions pas que la France comporte un degré de mutualisation et de contrôle par la puissance étatique considérable , par rapport au bloc occidentalo-libéral dont elle fait partie quand même.

    Ensuite je me demande toujours de quel libéralisme Guillebaud , social démocrate patenté, se fait le pourfendeur … S’il s’agit de combattre le libertarianisme je peux comprendre sa démarche , mais s’il s’agit de nier le marché , je le trouve alors faux-cul ou contradictoire ou bien incohérent.

    Le coeur du libéralisme à la française est la croyance que , même régulé, encadré, cantonné, le marché est le coeur de la vie en société. Ce concept de ‘marché’ dépasse d’ailleurs le cadre économique même s’il en un une sorte de -mauvais- symbole .

    Le libéral initial , je dirais ‘authentique’ est celui qui pense que la société civile a vocation à échanger elle-même sans passer par la voix hiérarchique d’où tomberait la définition de la “Valeur”, même si cette voix hiérarchique a vocation à organiser les règles de bon fonctionnement de ce/ces marché(s) qui sont d’abord des espaces d’échanges pas toujours ‘marchands’ dans le sens de ‘payants’.

    Même si la liberté a toujours à payer un certain prix à l’injustice , il me semble qu’elle est indissociable de l’idée d’une zone ou les acteurs de la société civile échangent librement , construisant dynamiquement ainsi leur propre définition de la ‘Valeur’.

    Ce qui n’exclut nullement l’existence de “Normes” restrictives posées à certains moments relevant d’une morale commune ou de règles de fonctionnement essentielles.

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  • Macarel // 07.01.2014 à 14h03

    Hors sujet, mais comme la crise climatique fait partie des préoccupations de ce blog.

    A l’adresse http://www.wetterzentrale.de/topkarten/

    clic sur ENS
    clic sur Nord-Hemisphäre
    Geopot Mittel clic sur 24

    L’on observe, deux grosses poches d’air très froid, l’une sur l’Amérique du Nord, l’autre sur la Sibérie. Par contre globalement dans l’hémisphère Nord (correction faite des effets de projection , et plus particulièrement dans notre zone Europe, c’est plutôt chaud !

    Au point qu’un flirte avec le zéro au Cap Nord !

    Ceci dit, faudrait avoir une valeur moyenne sur l’hémisphère nord de la température, et la comparer à la normale saisonnière pour se faire une idée objective de la situation.

    Puisque les américains du nord,qui sont dans le blizzard actuellement, ont sans doute du mal à penser que le climat se réchauffe. 🙂

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  • Gibbus // 07.01.2014 à 15h26

    Je suis en plein dans la lecture du livre tiré des cours de Jacques Ellul sur la pensée Marxiste.
    Deux remarques me viennent de cette lecture:

    1) Marx affirmait que les Libéraux (classiques) nié l’homme dans son intégrité (il est vu comme une marchandise, une machine à produire, vision utilitariste de l’homme) et que même si d’un point de vue purement économie ils (toujours selon Marx) avaient raison. Pour Marx l’homme n’est pas seulement déterminé par l’économie ou la production et la reproduction de sa vie matérielle, même si au finale c’est le facteur surdéterminant (pas de politique ou de rapport sociaux quand on crève de faim), ce n’est pas le seul… Mais il est aussi déterminé par les rapports sociaux, culturels et familiaux !!! L’homme n’est pas homo economicus… Hors c’est comme cela que les Communistes et les Néolibéraux voient l’homme comme un producteur, un consommateur et un contribuable… Ils limitent la « Praxis » de l’homme au phénomène économique. Hors je pense que l’homme doit s’enraciné géographiquement et dans l’histoire (familial, sociale, etc…), satisfaire le besoin d’appartenance à une culture, un territoire, un peuple ou une famille. Comprendre qu’il fait partie d’un tout, même si ce tout est en mouvement. L’homme doit s’approprier le réel, mais il ne peut le faire sur les bases d’une idéologie purement économique et limitée à l’efficience des marchés ou l’abolition de la propriété privée.

    2) La révolution n’est pas provoquée par l’homme mais par les circonstances historiques : Lorsque que la superstructure n’est plus compatible avec le rapport de production et l’infrastructure … Donc si on pousse ce concept toutes révolutions (changement de superstructure étatique, idéologique, structure sociale, etc…) décidées, « théorisées », sont vouées à l’échec. Je ne pense pas que la révolution française ait était théorisé telle quelle avant 1789, et je pense par contre que le 19ème siècle a vu le processus enclenché en 1789 se matérialiser au grès des circonstances Historiques pour se terminer avec l’anéantissement du socialisme à la française après la commune.
    Cette erreur commise par les communistes est semblable à l’erreur du Néolibéralisme (que je définirai comme le capitalisme mondialisé et financiarisé) qui pour des raisons économiques veut la peau de la superstructure des pays : abolition des frontières, des états providences, des cultures locales (musiques, nourriture, artisanat), des structures familiales traditionnelles afin de pouvoir nous vendre partout sur la planète le même soda, la même musique, le même sac Gucci, le même parfum, et la même voiture. Pour étendre le marché !!!!

    Pour moi ces deux visions de l’économie sont vouées à l’échec pour les mêmes raisons :

    -La croyance que le progrès (technologique, matériel ou social) va libérer l’individu de toute entrave. Ce qui est pour un non-sens, car vivre en société (être un animal social) c’est forcément avoir des contraintes, être entravé dans sa volonté. Un être vraiment libre est un être seul.

    -Et surtout dans la croyance en la croissance, au toujours plus de progrès …

    Or je pense que l’on prend de plus en plus conscience que la croissance ne peut pas être infini (pour des raisons physiques et écologiques), et que nous sommes une génération qui (en temps de paix) se dit qu’elle va en chier bien plus que celle de ses parents.

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  • bellini // 07.01.2014 à 17h54

    « Pour que la société fonctionne, pour que la compétition continue, il faut que le désir croisse, s’étende et dévore la vie des hommes. » Houellbecq
    « La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle éminemment révolutionnaire. Partout où elle est parvenue à dominer, elle a détruit toutes les conditions féodales, patriarcales, idylliques. Impitoyable, elle a déchiré les liens multicolores qui attachaient l’homme à son supérieur naturel , pour ne laisser subsister d’autre lien entre l’homme et l’homme que l’intérêt, le froid »paiement comptant ».frissons sacrés et pieuses ferveurs, enthousiasme chevaleresque, mélancolie béotienne, elle a noyé tout cela dans l’eau glaciale du calcul égoïste. Elle a dissous la dignité de la personne dans la valeur d’échange, et, aux innombrables franchises garanties et bien acquises, elles a substitué une liberté unique et sans vergogne : le libre-échange. En un mot, à la place de l’exploitation voilée par des illusions religieuses et politiques, elle a mis l’exploitation ouverte, éhontée , directe, dans toute sa sécheresse »Marx

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    • Opps’ // 07.01.2014 à 21h50

      Très beau texte de Marx.

      Ceci dit cette exaltation devant les rapports sociaux d’avant le XIXe est un peu surréaliste, surtout venant d’un historien comme lui. Il est vrai que ce siècle là a été tellement épouvantable !

      En ce qui concerne la dignité de la personne j’ai quelques doutes sur l’avantage qu’auraient l’Ancien Régime , la renaissance ou le moyen age …
      En tout cas , à toute ces époques , on peut préférer , même si tout est loin d’être parfait, la reconnaissance qu’on a aujourd’hui de la dignité humaine, dans notre système libéralo-capitaliste européen.

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      • XPT // 07.01.2014 à 22h07

        Marx nous dit en fait que le capitalisme est amoral, par opposition au système féodal. C’est une approche d’historien.

        Il nous dit aussi comment il voit vraiment le libre-échange. Et qui n’a rien à voir avec l’interprétation qui me semble être dominante chez les marxistes d’un Marx favorable au libre-échange !

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        • Opps’ // 08.01.2014 à 18h04

          Je crois que tu te trompes en disant que des marxistes soutiendraient que Marx était favorable au libre-échange …
          Le libre-échangisme c’est les classiques et surtout Ricardo.

          Marx peut se tromper et là il se trompe : en système féodal on fonctionne par vassalité : l’individualité des personnes est peu respectée . Seule la religion d’inspiration chrétienne donne un sens à chaque être , même si dans les faits , bien souvent les institutions religieuses d’en haut cautionnent ce système de vassalité.

          Le siècle des lumières (XVIIIe) issu à la fois
          – du coeur de la renaissance (XVe) née à Florence , république qui voulait (très sauvagement et brutalement) imiter Athènes
          – et du coeur de la religion chrétienne qui fait de chaque être une personne unique,

          va poser le principe de personnes affranchis de tout Pouvoir et donc libre et responsable. On pose donc un des préalables au libéralisme … (qui n’a rien a voir avec le véritable fondement du capitalisme qui est la concentration du capital , avec la découverte du formidable moteur de la monnaie-crédit)

          Mais c’est vrai qu’on peut aussi ‘retourner’ les choses en constatant que le système d’une société civile composée d’agents dits libres et responsables et nouant donc des contrats entre eux … a aboutit à certains moments à des situations de liberté où la loi du plus malin , du plus riche, du plus fort au sens large , s’exerce sauvagement.
          Et on peut aussi analyser l’Ancien régime et même le moyen-age (2 périodes distinctes) comme des systèmes de vassalités , corporations, pouvoirs régionaux qui ,protégeaient leurs sujets dans leurs sphères (à conditions que ceux-ci restent bien sages quand même, car cette protection avait tout de même un prix à payer)

          Bref Marx va un peu vite quand il idéalise l’Ancien Régime ou le système plus ou moins féodal.

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          • XPT // 10.01.2014 à 12h52

            Les marxistes sont plutôt libre-échangistes, car ils se sont égarés dans une interprétation anarchisante de l’internationalisme, perçu comme un idéal d’abolition des frontières. Ils font évidemment le jeu du capitalisme, dont l’idéal est de tendre vers l’abolition de tous les contrôles sur la circulation des capitaux et des marchandises. Allez parler de protectionnisme à un marxiste ! Marx était lui-même opposé à Friedrich List, théoricien du protectionnisme.

            L’explication de cette apparente contradiction est simple : le marxisme ne cherche pas à résoudre les contradictions du capitalisme, mais à l’abolir. Les marxistes s’appuient sur une lettre de Marx faisant l’éloge du libre-échange. Marx y explique que le libre-échange intégral, poussé au bout de sa logique, allait détruire le capitalisme.

            Quant au féodalisme, l’approche historique de Marx consiste simplement à souligner que le système féodal est fondé sur des valeurs morales, avec un code de l’honneur, une hiérarchie sociale fondée sur l’obéissance et le devoir réciproques etc. Il ne s’agit pas d’un jugement de sa part. Le système capitaliste est par contre amoral. Il ne comporte aucun principe de ce genre. Son but est simple : le profit (plus-value) réalisé au moindre effort (gains de productivité). Certes, au plus fort des crises financières, la culpabilité de ce système né au sein des communautés protestantes ressort toujours sous la forme de la “nécessaire moralisation du capitalisme”.

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  • BA // 07.01.2014 à 18h03

    En Italie, un sondage explosif vient d’être publié.

    Question : “Voulez-vous revenir à la lire ?”
    Réponse :
    44% répondent “non”.
    49% répondent “oui”.

    Jeudi 2 janvier 2014 :

    Les Italiens veulent la lire. Un parti anti-euro obtiendrait 24%.

    La dernière enquête de Scenarieconomici.it révèle que la majorité des Italiens souhaiterait le retour à la lire. Un parti anti-euro ferait aujourd’hui 24% des voix.

    Les Italiens sont de plus en plus eurosceptiques et de moins en moins moins favorables à la monnaie unique. Lors de la dernière enquête réalisée entre le 14 et le 18 décembre par le site Scenarieconomici.it, qui a demandé si les personnes interrogées étaient favorables au retour à la lire et au pouvoir monétaire rendu à la Banque d’Italie, 49% ont répondu favorablement, et 44% ont répondu non. Le score favorable au retour à la lire augmente de 1% par rapport à l’enquête précédente menée en Octobre, alors que l’autre score diminue de 1%.

    Mais le plus surprenant est la polarisation de l’électorat. 77% des électeurs de centre-droit se prononcent en faveur d’un retour à la lire, 73% des électeurs du Mouvement 5 étoiles, et seulement 6% des électeurs du centre-gauche.

    Il est intéressant de constater que les anti-euro sont répartis entre tous les types d’emplois, à l’exception des employés de la fonction publique et des retraités de la fonction publique, avec un pic de 70% chez les ouvriers, et un minimum d’anti-euro de 38% dans le secteur public .

    Autre signal d’alarme pour les partisans de la monnaie unique, 24 % des sondés ont répondu vouloir voter sans aucun doute pour un parti anti-euro, tandis que 32 % des sondés envisagent de le faire. A l’inverse, 44% ne l’envisagent pas. Le pourcentage est étrangement similaire à celui obtenu par le parti de Beppe Grillo à l’élection générale il y a un an, confirmant que les candidats du M5S ont capté les électeurs anti-euro [le M5S avait obtenu 106 députés et 50 sénateurs].

    Les réponses données ne laissent pas de place au doute. L’euro devient de plus en plus impopulaire, à tort ou à raison, et il y a de plus en plus d’espace pour les formations politiques clairement eurosceptiques, qui étaient pourtant reléguées aux marges du débat national il y a quelques mois. Des chiffres très intéressants à observer seront les résultats des élections européennes qui se tiendront dans un peu plus de quatre mois et demi .

    http://www.investireoggi.it/economia/italiani-rivogliono-la-lira-partito-anti-euro-varrebbe-il-24/

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    • Macarel // 07.01.2014 à 18h43

      Pas vraiment étonnant, j’ai lu il y a quelque temps un livre d’une économiste italienne “non orthodoxe”, Loretta Napoleoni.
      Sur la couverture, l’on peu lire un résumé du livre:
      “Ce que nous vivons n’est pas une crise passagère, et le capitalisme ne fonctionnera plus jamais comme il a fonctionné jusqu’à maintenant. L’euro a favorisé le développement des économies du nord de l’Europe, au détriment des économies de la périphérie.
      C’est humain, les gens en redemandent, lorsque leur condition, celles de leurs enfants s’améliore, dans le cas contraire… On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre !
      Or l’Europe actuelle administre des potions bien amères, si ce n’est acides, aux pays de la périphérie.
      Mais, les grands prêtres de la religion européenne, eux, n’en ont cure, persuadés qu’ils sont que ces pénitences, sont nécessaires à la rédemption des pécheurs de ces pays.
      Pour autant, les pays dits, du centre, ne sont pas épargnés par les purges, les lois Hartz en Allemagne, n’ont pas fait que des heureux, loin de là. Et le social-libéralisme Hollandais, non plus d’ailleurs, en France.

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    • XPT // 07.01.2014 à 22h17

      En fait, les fonctionnaires et les retraités sont ceux qui sont les moins directement exposés aux conséquences économiques de l’euro. Ca devient plus que jamais une caste d’intouchables, dans une société vieillissante, dominée par les vieux. Déjà que les vieux sont toujours sociologiquement les plus conservateurs sur le plan social, on voit que l’Italie a toutes les chances de rester une société bloquée pour longtemps et de rester dans l’euro, sauf événement extérieur imprévu. Le parti de Grillo apparaît une nouvelle fois comme le parti des jeunes. Les jeunes représentent normalement l’avenir de la société, mais dans une société bloquée ils seront considérés comme une menace.

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    • Opps' // 07.01.2014 à 23h35

      Tu es vraiment incorrigible BA

      Je suis comme toi convaincu que l’euro a été un choix catastrophique.

      Mais des cliquets ont été placés de partout. Tout a été fait (de façon plus ou moins consciente) pour que ce soit irréversible, pour que ce soit objectivement un chaos.

      Par ailleurs, même si ça et là , le mécontentement monte et si un certain rejet d’une certaine Europe , et donc de l’euro, progresse, les forces de propagandes de droite , gauche, et celle du “système” ont une force de frappe considérable, pour faire rentrer dans le ‘bon’ chemin les électeurs.

      Enfin , les forces anti-Europe/euro n’ont aucune unité :

      – la gauche bob rouge/radicale ne va pas jusqu’au bout de le remise en cause de l’euro et même si elle reste anti-europe , elle est contrée par les bobo-écolos très européens.

      – Le FN reste effectivement , lui , un gros morceau anti-euro, mais comme chacun sait c’est un vaste panel d’incompétents disparates , isolé et sur lequel pèse un plafond de verre, même s’il est soigneusement entretenu (depuis Mitterrand qui avait pesé de son poids pour que LePen passe à la télé) par les gauches comme une arme tactique anti-droite.

      La situation est donc bloquée.

      Le choix se résume à :

      – voter à gauche , c’est à dire pour un isolement complet de la France dans l’Europe : c’est la situation actuelle du stratège de l’Elysée . (Pour ne rien dire sur la politique intérieure … Ah! si : cette semaine on réforme toute la fonction publique étatique 😉 )

      – voter à droite c’est à dire pour accepter de courir en border au minimum les allemands , qui accepteront alors de nous réinsérer charitablement dans le groupe directionnel.

      – voter FN c’est à dire aller vers une paralysie de l’Europe ce qui ne me semble pas trop opportun en cette période de luttes monétaires et géo-stratégiques du monde qui se réveille de façon de moins en moins occidentale.

      Bref , l’euro sera toujours là … mais bien sûr rien ne t’empêche de militer sur le net : l’espoir fait vivre 🙂

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      • BA // 08.01.2014 à 14h35

        L’euro ira rejoindre au cimetière :

        – le florin d’Autriche-Hongrie

        – la couronne de Tchécoslovaquie

        – le dinar de Yougoslavie

        – le rouble de l’URSS

        – etc, etc.

        Nous savons comment se terminent les constructions supranationales :
        par l’éclatement.

        Nous savons comment se terminent les monnaies supranationales :
        par la mort après 50 ans, ou après 60 ans, ou après 70 ans.

        L’euro ira rejoindre les autres monnaies supranationales dans le grand cimetière des monnaies mortes et enterrées.

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        • Opps’ // 08.01.2014 à 17h37

          BA

          Si tu donnes encore 60 ans de vie à l’euro c’est que ton raisonnement tombe dans le courant , dans le possible , dans le banal … car bien des monnaies purement nationales ont aussi eu cette espérance de vie !

          Et disons que si nous nous situons à cet échelle de temps , bien d’autres choses peuvent arriver !

          Cependant je n’exclus pas un crash , pour une raison externe … :

          – Les groupes populistes arrachent la majorité aux européennes ,
          – l’Italie décide de sortir de l’Europe,
          – la Cours de Karsruhe déclare l’euro anti-constitutionnel ,
          – Hollande , conseillé par Todd refuse de payer les intérêts de la Dette souveraine,
          – Juan Carlos fait un coup d’état , installe une réserve d’éléphants à Gibraltar annexé et envoie une armada contre l’Angleterre !

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  • niethil // 07.01.2014 à 18h46

    J’ajouterais une même conception de la structure de l’Histoire, héritée de la théologie chrétienne, celle de l’Histoire du Salut.
    Avec plusieurs étapes :
    1 – La période prophétique
    2 – L’avènement du messie
    3 – La période ecclésiale
    4 – La parousie
    5 – Le paradis terrestre
    Cette structure a été en quelque sorte sécularisée par Hegel et elle est étroitement liée au concept de Progrès, qui suppose une structure téléologique convergente (au contraire de l’Évolution, qui suppose une structure causale divergente).

    Il me semble que George Corm en a parlé dans un de ses bouquins, mais je ne me souviens plus exactement.

    En tout cas ça me semble assez bien décrire à la fois le projet communiste et le projet européen, et peut-être d’autres encore.

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  • Macarel // 07.01.2014 à 19h10

    Plus généralement, la simple idée de normes, qu’elles soient sociales, culturelles, morales, coutumières ou associatives, est jugée négativement par le néolibéralisme révolutionnaire. Dans tous les domaines – y compris celui de l’éthique ou de la citoyenneté – les néolibéraux se veulent “dérégulateurs” à tout crin. Le marché, le vrai, réclame une absolue fluidité de la demande, une souplesse maximale dans l’expression des préférences marchandes, un renouvellement ininterrompu des modes et des désirs, même les plus inconsistants, auxquels une “offre” commerciale saura répondre en temps réel.

    Côté demande c’est sans doute vrai, mais côté production, l’on n’a jamais autant “normalisé”, démarches qualité, certification ISO, ceci, cela. Méthodes de management, mettant toujours plus de pression sur les salariés : “Lean management” par exemple.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Lean_management
    Car, le système a besoin de s’affranchir au maximum du facteur humain, qui est perçu, non, comme une richesse, mais comme un grain de sable dans la machine à faire du profit. D’ où le malaise grandissant au travail.

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    • jducac // 07.01.2014 à 21h36

      @ Macarel Le 07 janvier 2014 à 19h10

      Car, le système a besoin de s’affranchir au maximum du facteur humain, qui est perçu, non, comme une richesse, mais comme un grain de sable dans la machine à faire du profit. D’ où le malaise grandissant au travail.

      En tenant de tels propos, vous contribuez vous-même à rendre grandissant le malaise au travail de ceux qui se laissent aller à vous écouter. Je condamne ce genre de discours.

      Quand on travaille avec amour, en pensant au service qui sera rendu aux utilisateurs des produits et services issus du travail fourni, on est naturellement enclin, si l’on est une bonne personne, à faire en sorte qu’il soit le meilleur possible pour le moindre coût.
      C’est ainsi qu’on peut permettre au plus grand nombre d’accéder à de telles productions au lieu d’en exclure ceux qui n’en n’auraient pas les moyens.

      Mieux que cela, c’est aussi par une démarche visant à rendre les productions les plus performantes et compétitives possibles que les travailleurs œuvrent au mieux pour la sauvegarde de leur outil de travail, de leur emploi et de leurs revenus futurs.

      Vos propos m’incitent à penser que vous n’avez pas eu tellement à vous battre pour sauvegarder votre emploi, face aux performances de la concurrence internationale.

      De nos jours, sachant qu’on ne peut plus vivre en autarcie, il me semble indispensable de prendre un peu de hauteur afin de sortir de ce type de discours dépassé qui me semble ne plus être tenu qu’en France. C’est à cause de la propagation de ce type d’état d’esprit que notre pays se trouve être aussi handicapé, incapable de réagir positivement pour sortir du déclin dans lequel il s’enfonce.

      Cet état d’esprit, pétri d’inconscience, est typique du fonctionnariat français et aussi de nombreux politiques qui cherchent à plaire à leurs électeurs les moins éclairés, quitte à nuire au pays.

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      • Macarel // 07.01.2014 à 23h01

        @jducac

        Allez donc tenir ce discours aux salariés de GoodYear, qui sont en train de perdre leur travail, et leur emploi. Succès assuré !
        Car, je pense qu’il ont travaillé, si ce n’est avec amour, certainement avec conscience, et goût du travail bien fait. Et vous voyez, comment ils sont récompensés ! La concurrence, lorsqu’elle est déloyale, voilà ce qu’elle produit !
        Si ce n’est pas une source de malaise, je ne sais pas ce que c’est ?
        Quant au fonctionnariat français, je tiens à rester courtois dans les échanges.
        Mais si je me laissais aller, je vous ferais une réponse inspirée d’une répartie célèbre de l’un des protagonistes de la “fameuse partie de cartes” du Marius de Pagnol.

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        • jducac // 08.01.2014 à 11h53

          @ Macarel Le 07 janvier 2014 à 23h01

          Car, je pense qu’il ont travaillé, si ce n’est avec amour, certainement avec conscience, et goût du travail bien fait. Et vous voyez, comment ils sont récompensés ! La concurrence, lorsqu’elle est déloyale, voilà ce qu’elle produit !

          La concurrence se fait sur la valeur des productions. Elle peut s’exprimer par la qualité et les performances des produits et services fournis rapportés au coût d’acquisition que doit consentir l’utilisateur.

          Valeur = (Qualité et Performances) /Prix d’acquisition.

          L’avantage concurrentiel obtenu par les travailleurs qui acceptent de donner plus d’eux-mêmes pour que leurs clients leur donnent la préférence, n’a rien de déloyal. Il est tout simplement mérité. Cela conduit à ce que les travailleurs plus performants préfèrent travailler plus et mieux à seule fin de pouvoir travailler encore pour faire vivre leur famille et leurs descendants dans le futur, en veillant à ne pas réduire à néant le capital productif.

          C’est ce que font les travailleurs des BRICS mais aussi les travailleurs d’Europe, à l’exemple notamment des Allemands. Ils utilisent la même monnaie que nous et arrivent à nous faire préférer aux nôtres, leurs propres productions, tant industrielles qu’agricoles. Cela nous réduit au chômage et à l’anéantissement accéléré. Ils sont plus réalistes que nous et en sont récompensés. Pendant ce temps nous nous suicidons, gouvernement en tête, en nous noyant dans une idéologie sans issue.

          Il est vrai que les producteurs des autres pays européens n’ont pas à supporter une aussi grande charge d’improductifs, logés dans les diverses structures fonctionnarisées de l’Etat au plan local, national, sanitaire, éducatif et autres, totalement inconscients des contraintes physico économiques auxquels nous sommes tous maintenant soumis. On le voit bien par les propos que vous tenez. Ils révèlent un manque total de conscience de ce qu’exige et exigera de plus en plus notre survie dans un monde limité en ressources, de plus en plus peuplé, pour quelques temps encore.

          Pour survivre les gens accepteront de plus en plus de ne pas de ne pas rechigner sur leur contribution en efforts nécessaires pour produire bien et à faible coût. C’est ce qui s’est fait dans les 30 glorieuses. Ils le feront en échange d’une moindre consommation, c’est-à-dire d’un moindre niveau de vie et de salaires, permettant néanmoins de survivre dignement, plutôt qu’en quémandant de l’assistance qui, de toute façon, deviendra de plus en plus difficile à procurer.

          Quant au fonctionnariat français, je tiens à rester courtois dans les échanges.
          Mais si je me laissais aller, je vous ferais une réponse inspirée d’une répartie célèbre de l’un des protagonistes de la “fameuse partie de cartes” du Marius de Pagnol.

          Ne craignez rien. Vous avez montré depuis longtemps votre aptitude à dire les choses courtoisement.

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          • tchoo // 09.01.2014 à 18h35

            Quand on travaille avec amour, en pensant au service qui sera rendu aux utilisateurs des produits et services issus du travail fourni, on est naturellement enclin, si l’on est une bonne personne, à faire en sorte qu’il soit le meilleur possible pour le moindre coût.
            C’est ainsi qu’on peut permettre au plus grand nombre d’accéder à de telles productions au lieu d’en exclure ceux qui n’en n’auraient pas les moyens.

            mais justement le malaise vient de cette conscience professionnelle qui su heurte de plus en plus violemment au statégie des entreprises qui ne sont plus dans la volonté d’apporter du service de qualité, mais d’apporter du service qui leur rapporte peu importe comment.
            Et croire que les Allemands travaillent plus et mieux que nous, relèvent d’un aveuglement ou d’un tropisme très animal qui fait croire à tous les ruminants que l’herbe est toujours plus verte dans le pré voisin.

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    • Crapaud Rouge // 07.01.2014 à 21h37

      facteur humain, qui est perçu, non, comme une richesse, mais comme un grain de sable dans la machine à faire du profit” : oui, et cette conception de l’humain va se nicher dans les moindres détails. Pour avoir commis dans un mail une minuscule erreur sur une donnée, mon chef s’est gravement demandé comment éviter que cela ne se reproduise. Dans cette boîte comme ailleurs, j’ai pu remarquer que les erreurs d’information dans les mails sont très mal prises, même quand les conséquences sont dérisoires.

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    • casper // 08.01.2014 à 01h56

      Un des intérêts principaux de ce genre de normes est d’augmenter le prix du ticket pour les nouveaux entrants sur un marche.

      Si pour commencer a concurrencer ceux qui sont déjà établis vous devez satisfaire une 10aine de normes ISO et payer des consultants avant d’avoir même commence a vendre quoi que ce soit, cela les met d’autant plus a l’abri du danger.

      Un autre avantage est explique dans le documentaire “ma mondialisation”, sur les sous traitants de l’automobile dans le Jura. Pour que Renault ou PSA puisse avoir leur norme ISO, il faut que les sous traitants les informent de toute modification de leur procédé de fabrication. Si il s’agit d’une amélioration qui augmente la marge du sous traitant, le client immédiatement informé demande une baisse correspondante du prix du produit, spoliant ainsi le sous traitant du fruit de son effort.

      Et comme tous les libéraux le savent, un entrepreneur spolié du fruit de son effort arrête de faire des efforts. Quelque mauvais esprit pourrait voir la une raison du manque de compétitivité.

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  • Crapaud Rouge // 07.01.2014 à 21h27

    Le parallèle qu’établit Guillebaud est effectivement “troublant”, très intéressant, et explique très bien ce qui se passe aujourd’hui sur le plan idéologique. Mais si l’on poussait plus loin la comparaison ? Cette “conscience” que nous donne Guillebaud à travers son analyse, les citoyens de l’ex-empire soviétique l’avaient longtemps avant qu’il ne s’effondre. Et eux-mêmes n’ont rien pu faire pour en précipiter l’effondrement, c’est le contexte international qui s’en est chargé. Il y a donc tout lieu de “croire”, (ou plutôt de craindre), que si Guillebaud a raison, alors il en ira de même pour nous, c’est-à-dire que le système actuel ne craquera pas avant quelques décennies.

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  • Opps’ // 07.01.2014 à 22h56

    Puisqu’il a été débattu des éventuels défauts et mérites de Mai68 , quelques remarques.

    Il me semble vrai qu’à ce moment là , il y avait probablement besoin d’une certaine évolution de la société, mais que , si Mai68 ne s’était pas produit, cette évolution aurait eu lieu.
    D’ailleurs , elle a eu lieu dans les pays ou Mai68 a eu peu d’écho.

    Toutefois ce n’était pas l’enfer -très loin de là!- sous De Gaulle et sous ce qu’on pourrait appeler la société d’après guerre construite , en gros par l’alliance des forces de gauche et des gaullistes.
    On redécouvre d’ailleurs aujourd’hui les charmes de ces 30 glorieuses et quelques valeurs qui animaient l’esprit de ces hommes, valeurs irrestaurables à présent.

    Le problème est que , en France, pays tout de même très idéologisé, un certain état d’esprit s’est répandu qui , me semble-t-il , a considérablement aggravé les choses , même si le fond droitier et conservateur des campagnes (car la France était resté un pays à mentalité ruralo-petite-bourgeoise-traditionnelle) a quand même un peu freiné les métastases de cette pensée.

    Cette pensée s’est diffusée dans de nombreux bastions institutionnels et à vrai dire a fait très bon ménage avec la vague libéralo-libertaire, mais aussi -dans un jeu assez compliqué à la française- avec la vague du “toujours plus” pour tous dans la facilité.

    A présent les 68tards , après les joies de l’endettement , et de la destruction des valeurs petites bourgeoises de la III ième république et de son héritage , prennent leur retraite en ayant relativement sapé , en gros, l’héritage français.

    Je ne mets pas sur leur dos tous les problèmes dans lesquels se trouve la France : certaines évolutions sont irrépressibles et d’ailleurs elles ont eu lieu un peu partout suivant les spécificités régionales ou nationales.
    Mais nos 68tards auront bien su gâcher nos avantages et ils nous laissent de belles pustules idéologiques dont nous mettrons encore 50 ans à nous remettre.

    Eux même sont à présent un peu dépassés puisque les tendances qu’ils ont quelque part couvés , s’expriment par une nouvelle génération qui réduit à des clichés ou passe à la trappe ou bien remet en cause les notions identitaires de la culture française même lorsqu’elles sont issues de 89 ou de la troisième république.

    En conclusion , Mai68 a largement accompagné toutes les dérives .
    Même si sur le plan de la création culturelle le bilan est positif , ce nouvel académisme reste imprégné d’une idéologie un peu infantile , dont les sphères supérieures s’accommodent très bien d’un train de vie médiatique de la haute bourgeoisie.

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    • André // 08.01.2014 à 17h49

      “En conclusion , Mai68 a largement accompagné toutes les dérives .
      Même si sur le plan de la création culturelle le bilan est positif , ce nouvel académisme reste imprégné d’une idéologie un peu infantile , dont les sphères supérieures s’accommodent très bien d’un train de vie médiatique de la haute bourgeoisie.”
      Un bilan positif en matière de création culturelle? J’aimerai bien des infos sur les livres, les films, les romans, les peintres de talent etc… issus de mai 68? Car tout ce qui a été produit est le fait de gens qui ont commencé à travailler avant 1968. Ce me semble…

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  • jmeransaigne // 08.01.2014 à 07h46

    @Opp’s
    Bonjour,
    Toujours un peu facile de mettre toutes les dérives en corrélation avec Mai68!!!
    Il me semble pour ma part que c’est l’abrogation en 1999,(tiens, début de l’Euro!) du Glass Steel Act qui a permis toutes les dérives……. il était déja battu en brêche dans les années 70 par l’ensemble de la profession bancaire.
    Il est très facile et bien commode de rejeter la responsabilité de ce qui arrive sur Mai68, cela nous passe du débat central concernant la scission des banques(et cela a peu à voir avec Mai68)

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  • jmeransaigne // 08.01.2014 à 07h58

    Quant à la différence entre communiste et néo-libéral, je pense tout de même qu’il y a une différence fondamentale:dans le néo-libéralisme, l’être doué de talent(pour les études) se doit d’être fortuné pour accéder aux études, sans argent, il lui sera très difficile voire impossible d’accéder aux hautes écoles, alors que dans le communisme, l’être doué(pour les études), qu’il soit fortuné ou pas était accompagné dans son périple scolaire, sa scolarité était prise en charge par l’Etat.

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  • step // 09.01.2014 à 11h11

    Un petit test de réflexion sur le sujet de l’utopie dystopique. Il y a deux frère qui ont très bien compris le principe qui unit les idéologies “scientistes” et leur irrémédiable échec. Ils en ont même fait un film que beaucoup labelliseraient “film d’action”, ce qui malheureusement pour eux, prouve qu’ils se sont fait largement avoir….

    The Architect: I am the Architect. I created the Matrix. I have been waiting for you. You have many questions and though the process has altered your consciousness, you remain irrevocably human
    […]

    The Architect: Your life is the sum of a remainder of an unbalanced equation inherent to the programming of the Matrix. You are the eventuality of an anomaly, which despite my sincerest efforts I have been unable to eliminate from what is otherwise a harmony of mathematical precision. While it remains a burden assiduously avoided, it is not unexpected, and thus not beyond a measure of control, which has led you, inexorably, here.”

    Une société conçu sur une rigueur scientifique pour exprimer une perfection et qui “plante” lamentablement car les “bénéficiaires” de cette utopie sont des “humains” et ne collent pas au modèle… cela ne vous dit rien ?

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  • cording // 09.01.2014 à 15h55

    Le libéralisme est à la fois politique et économique et social. Dans tous les cas de figure c’est une pensée tellement complexe et riche, trop complexe et trop riche intellectuellement mais pour être laissée à ceux qui s’en réclament le plus bruyamment. C’est un dévoiement et une perversion d’une pensée qui a bien des aspects estimable.

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