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23.novembre.202223.11.2022 // Les Crises

OPEP+, BRICS : Fin de l’Histoire pour l’Occident ?

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Les changements historiques dans la politique mondiale se produisent très lentement. Ce n’était pourtant pas le cas lorsque les États-Unis ont fait leur entrée sur la scène mondiale. Cela s’est produit assez soudainement en 1898, avec l’invasion de Cuba : la vieille Europe a observé la situation avec une anxiété palpable… Le Manchester Guardian, à l’époque, a rapporté que presque tous les Américains avaient fini par adhérer à ce nouvel esprit expansionniste. Les rares critiques sont « simplement moqués pour leur peine ». Le Frankfurter Zeitung mettait en garde contre « les conséquences désastreuses de leur exubérance » mais se rendait compte que les Américains n’écouteraient pas.

Source : Strategic Culture, Alastair Crooke
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

En 1845, un article non signé avait déjà donné naissance au slogan « Destinée manifeste », selon lequel l’Amérique avait pour vocation de s’étendre et d’occuper les terres des autres. Sheldon Richman, dans America’s Counter-Revolution, a écrit que cette dernière vision avait clairement « l’Empire en tête. »

Cette philosophie de la « destinée » a marqué un tournant par rapport à l’ancienne dynamique de décentralisation, et le début de l’impulsion américaine vers un rayonnement impérial totalisant qui lui a succédé. (Bien entendu, tout le monde n’était pas de la partie – les premiers conservateurs américains étaient de tendance burkéenne, c’est-à-dire qu’ils se méfiaient de l’ingérence étrangère).

Aujourd’hui, le tableau ne pourrait être plus différent. Les doutes et les réticences sont partout ; l’élan et la confiance de « l’Empire » se sont estompés. Les États-Unis ressemblent davantage à l’Empire austro-hongrois épuisé de l’époque précédant la Première Guerre mondiale, entraînant une série de nations alliées dans un conflit qui, à l’époque, s’est transformé en Première Guerre mondiale.

À l’époque, comme aujourd’hui, tous les États ont désastreusement sous-estimé la durée et la gravité du conflit – et ont mal interprété la nature et la signification des événements.

Aujourd’hui, la seule question enfantine et morale est de savoir si les bons et les justes peuvent rassembler la détermination nécessaire pour vaincre cette ambition maléfique.

Néanmoins, derrière cette caricature simpliste se cache la fin d’un cycle politique majeur, précisément au moment où le « business-model » occidental hyper-financiarisé se fissure. En bref, l’obscurcissement narratif (« Nous sommes en train de gagner ») cache des risques (tant politiques qu’économiques) dont les dirigeants occidentaux semblent incapables (ou peu désireux) de saisir la gravité.

Les États-Unis – comme l’Autriche-Hongrie d’avant-guerre – s’effondrent lentement. On ne peut plus s’en cacher. Washington perd le contrôle des événements et commet des erreurs stratégiques. Une certaine classe de l’élite dirigeante occidentale semble toutefois bloquée dans une lecture de l’histoire.

Les classes dirigeantes occidentales ne comprennent pas – c’est-à-dire qu’elles ne veulent pas comprendre – les « pailles dans le vent », qui soufflent dans une autre direction – par exemple, le récent sommet de l’OCS à Samarkand. En bref : le courant du Léviathan a suivi son cours ; c’est tout. L’histoire évolue dans une autre direction, et les dirigeants occidentaux font semblant de ne pas s’en apercevoir.

Le ministre indien des Affaires étrangères a récemment résumé ce changement clé de manière succincte. Accosté par un Européen qui voulait savoir s’il soutenait ou non l’Ukraine – c’est-à-dire confronté au binaire occidental standard : le mème « Avec nous ou contre nous » – le diplomate indien a simplement rétorqué qu’il était grand temps que les Européens cessent de penser que « leurs guerres » étaient les guerres du monde : « Nous n’avons pas de camp : nous sommes notre propre camp », a-t-il répondu.

En d’autres termes, les « intérêts » occidentaux ne se « traduisent » pas nécessairement en intérêts mandatés du monde non occidental. Le monde non occidental a son propre camp. Ces États insistent pour vivre dans un cadre tiré de leur propre expérience historique, pour créer des structures politiques façonnées en fonction de leur propre civilisation et de leurs propres intérêts, et des économies ajustées au grain de leur propre cadre social.

Telle est la signification de Samarkand : multipolarisme. Il réfute la présomption occidentale d’un « droit » exceptionnel : attendre des autres qu’ils placent leurs intérêts derrière ceux de l’Occident. Par-dessus tout, c’est un courant qui met l’accent sur la souveraineté et l’autodétermination.

Il est évident que de tels sentiments ne peuvent être qualifiés d’anti-occidentaux. Pourtant, la prédisposition binaire de l’Occident est si profondément ancrée que peu de gens « comprennent » (et ceux qui comprennent n’aiment pas ça).

C’est de cette principale raison que la portée de la crise européenne d’aujourd’hui est mal comprise sur le plan politique : le long cycle historique s’inverse, passant de la centralisation à la décentralisation (les États étant leur propre camp). De l’autre côté, il y a les États-Unis – divisés de l’intérieur, assaillis par la crise, laissant entendre qu’ils sont faibles et, par conséquent, s’en prenant à tout ce qui les entoure afin de s’accrocher à leurs racines expansionnistes originales.

Un malentendu et une négligence flagrants concernent toutefois la nature de la politique et le rôle joué par les combustibles fossiles. La modernité est tributaire des combustibles fossiles. Une transition en douceur vers les énergies vertes au fil du temps dépend donc, elle aussi, largement de la disponibilité continue de combustibles fossiles abondants et bon marché. Sans énergie appropriée, les emplois disparaissent et la quantité totale de biens et de services produits chute brutalement.

Pourtant, les dirigeants occidentaux ont jeté aux orties cette compréhension élémentaire. À quoi pensaient-ils lorsqu’ils ont préconisé que l’Europe sanctionne l’énergie russe bon marché et s’appuie plutôt sur le GNL américain coûteux ? À réaffirmer une hégémonie « fondée sur des règles » ? Aux « valeurs européennes » ? A-t-on bien réfléchi à tout cela ?

Et, dans un autre acte de folie lié à l’énergie, l’administration Biden s’est maintenant aliéné l’Arabie saoudite et les producteurs de l’OPEP. L’OPEP est un cartel qui tente de gérer la production et la demande en fixant le prix du pétrole. L’équipe Biden aurait-elle oublié que le pétrole et le gaz sont, en réalité, l’essence même de la géopolitique ? Le prix, le flux et l’acheminement de l’énergie sont, au fond, la principale « monnaie » de la politique mondiale.

Pourtant, le G7 a décidé de retirer ce rôle à l’Arabie saoudite. Il a proposé à la place un « cartel d’acheteurs des États occidentaux » qui fixerait le prix du pétrole (et, à la suggestion de Mario Draghi, étendrait un plafond au gaz également). En clair : il s’agissait d’asséner un coup de marteau au « modèle économique » de l’Arabie saoudite et de faire s’effondrer la principale fonction de l’OPEP – désormais renforcée sous le nom d’OPEP+.

Non contente de faire cela, l’administration Biden a commencé à écouler un million de barils par jour de ses réserves stratégiques, sapant ainsi davantage le modèle économique saoudien, tout en cherchant à faire baisser les prix du brut en manipulant le marché.

L’Arabie saoudite devait-elle céder au G7 le rôle durement gagné de l’OPEP en matière de fixation des prix ? Pourquoi devrait-elle le faire ? Est-ce justifié par le fait que le parti de Biden doit faire face à des élections de mi-mandat difficiles en novembre ?

C’est exactement ce contre quoi les États se sont élevés lors du sommet de Samarcande : le sentiment occidental d’être dans son bon droit. Bien entendu, Mohammad bin Salman doit s’en remettre aux perspectives électorales de Biden et sourire alors que son atout géopolitique est anéanti.

Au lieu de cela, elle a suscité une défiance pure et simple. Un ancien ambassadeur indien, MK Bhadrakumar, écrit :

«… l’OPEP se défend de manière proactive. Sa décision de réduire la production de pétrole de 2 millions de barils par jour et de maintenir le prix du pétrole au-dessus de 90 dollars le baril tourne en ridicule la décision du G7 [d’imposer un plafond sur les prix]. L’OPEP estime que les options de Washington pour contrer l’OPEP+ sont limitées. Contrairement à l’histoire énergétique passée, les États-Unis n’ont pas un seul allié aujourd’hui, au sein du groupe OPEP+.

En raison de la hausse de la demande intérieure de pétrole et de gaz, il est tout à fait concevable que les exportations américaines de ces deux produits soient réduites. Si cela se produit, l’Europe sera la plus touchée. Dans une interview accordée au FT [Financial Times, NdT] la semaine dernière, le Premier ministre belge Alexander De Croo a averti qu’à l’approche de l’hiver, si les prix de l’énergie ne baissent pas, « nous risquons une désindustrialisation massive du continent européen et les conséquences à long terme de cette situation pourraient être très graves. »

Il a ajouté ces mots qui font froid dans le dos : « Nos populations reçoivent des factures qui sont complètement folles. A un moment donné, ça va craquer. Je comprends que les gens soient en colère… Les gens n’ont pas les moyens de payer ». De Croo mettait en garde contre la probabilité d’une agitation sociale et de troubles politiques dans les pays européens. »

De plus en plus, les menaces américaines n’inspirent pas la déférence, mais la défiance. Le problème est que la trame des récits de guerre binaires « Nous et eux » est devenue de plus en plus artificielle et invraisemblable – et par conséquent, il est presque impossible pour l’Occident de la maintenir cousue.

Cette tendance mondiale à la défiance pourrait finalement s’avérer être le tournant décisif – dépassant de loin toute issue de la guerre en Ukraine – vers un ordre mondial modifié. D’autant plus que Biden a choisi un moment délicat pour faire la guerre aux producteurs de pétrole.

Une bulle qui éclate est celle du « modèle économique » de l’Europe. Une grande partie de l’industrie européenne n’est tout simplement plus compétitive, ayant « perdu » le gaz et le pétrole russes bon marché. En d’autres termes, le coût de l’énergie met l’industrie européenne en faillite.

Un autre élément est le plus important de tous : c’est la bulle de l’inflation zéro, des taux d’intérêt zéro et de l’assouplissement quantitatif qui a commencé à éclater. Elle est énorme. Et d’un point de vue stratégique, le Golfe représente la dernière réserve de véritables « liquidités » qui, historiquement, ont été des acheteurs et des détenteurs fiables de bons du Trésor américain.

Plus important encore, cette hyperfinanciarisation qui a duré des décennies a commencé à se résorber, avec la montée en flèche des taux d’intérêt. Ce que nous voyons au Royaume-Uni n’est qu’un « canari dans un puits de mine » : de nombreux fonds sont à nouveau fortement endettés (comme avant 2008) et exposés à des produits dérivés utilisant des mathématiques éblouissantes pour prétendre que des rendements supérieurs à la réalité peuvent être créés sans risque à partir de rien (comme avant 2008). Cela se termine toujours mal. Tout cet effet de levier à haut risque et non couvert devra être dénoué à un moment donné.

Et à ce moment précis, Biden choisit d’entrer en guerre avec les États producteurs d’énergie du Golfe qui détiennent presque exclusivement la crédibilité des obligations du Trésor américain dans le creux de leurs mains. Washington ne semble pas avoir conscience de la gravité des événements combinés, ni de la nécessité de faire preuve de prudence.

Source : Stratégie Culture, Alastair Crooke, 17-10-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

Urko // 23.11.2022 à 08h05

Alastair Crooke se montre souvent intéressant, parfois original mais il ne peut s’empêcher de désigner l’Occident comme un tout homogène, cohérent, autonome. Or, il s’agit bien sûr d’une erreur : il n’y a pas d’Occident, pas d’ensemble constitué d’états libres jouant sciemment la même partition ; il y a les États-Unis et leurs vassaux qui font ce que l’Empire leur commande de faire, et qui s’exécutent, en maugréant de temps en temps. Il n’y a donc pas de guerre de l’Occident contre l’ocs mais une Amérique dont les adversaires les plus directs (Iran, Chine, Russie) savent qu’il suffit de lui ôter la perle de l’Empire, à savoir les nations européennes, pour qu’elle s’effondre. Ces nations ont subi, en douceur apparente, un reformatage redoutable de la part de Washington, qui a resserré son contrôle en assujettissant les classes politiques, en séduisant les milieux militaires (les officiers français, belges ou italiens rêvent TOUS d’incorporer des unités OTAN aux Etats Unis), en finançant des associations ou en encourageant très activement un effacement des cultures nationales au profit d’une forme de multiculturalisme injecté par la multi ethnicité. L’Allemagne, alliée ambiguë de la Chine et de la Russie sous Schroder-Merkel, a dû rentrer dans le rang sous Scholz, avalant couleuvre sur couleuvre de la part des États-Unis qui ne veulent plus lui laisser de marge. Aujourd’hui, elle obéit, tête basse. Demain, elle reprendra son tropisme qui la pousse à regarder vers l’est. Or, quand la perle de l’Empire voudra se détacher de l’Empire, l’Empire voudra s’y opposer, avec férocité

19 réactions et commentaires

  • yann // 23.11.2022 à 07h19

    Il y a 4 jours, des traces d’explosifs auraient été découvertes près des pipelines Nord Stream.
    L’hypothèse du sabotage ne peut donc pas être exclue.

      +6

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    • Jean // 23.11.2022 à 07h29

      @yann

      Votre commentaire est étrange, vous imaginiez quelle autre possibilité qu’un sabotage américain ?

        +30

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      • yann // 23.11.2022 à 08h29

        Je ne fais que répéter les articles de CNN et NBC, qui semblent très déterminés á ne pas vouloir savoir qui a fait le coup.
        Mais si c’est le cas, quel est l’intérêt d’en parler?

          +8

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        • Savonarole // 23.11.2022 à 18h41

          C’est dingue ça , des médias pourtant si prompts à jetter l’oprobe sur Bashar a la première trace de chlore détéctée dans la Gouttah, sur Saddam à la première couveuse vide découverte, sur la NVA à la première exposion a bord d’un batteau dans le golfe du Tonkin : ces même médias n’ont pas été capables de déterminer comment on a pu créer des seismes dans le détroit du Danemark en faisant péter des pipelines… franchement , les journalistes c’est plus ce que c’était m’sieur dames. Il va falloir ressuiciter VSD ; ils se demerdaient sur les trucs qui coulent ;p

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    • Yannos // 23.11.2022 à 08h01

      Les médias occidentaux diront ce que leurs patrons leur diront de dire.
      Et ils ne recherchent pas le bonheur des peuples européens

        +30

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  • Urko // 23.11.2022 à 08h05

    Alastair Crooke se montre souvent intéressant, parfois original mais il ne peut s’empêcher de désigner l’Occident comme un tout homogène, cohérent, autonome. Or, il s’agit bien sûr d’une erreur : il n’y a pas d’Occident, pas d’ensemble constitué d’états libres jouant sciemment la même partition ; il y a les États-Unis et leurs vassaux qui font ce que l’Empire leur commande de faire, et qui s’exécutent, en maugréant de temps en temps. Il n’y a donc pas de guerre de l’Occident contre l’ocs mais une Amérique dont les adversaires les plus directs (Iran, Chine, Russie) savent qu’il suffit de lui ôter la perle de l’Empire, à savoir les nations européennes, pour qu’elle s’effondre. Ces nations ont subi, en douceur apparente, un reformatage redoutable de la part de Washington, qui a resserré son contrôle en assujettissant les classes politiques, en séduisant les milieux militaires (les officiers français, belges ou italiens rêvent TOUS d’incorporer des unités OTAN aux Etats Unis), en finançant des associations ou en encourageant très activement un effacement des cultures nationales au profit d’une forme de multiculturalisme injecté par la multi ethnicité. L’Allemagne, alliée ambiguë de la Chine et de la Russie sous Schroder-Merkel, a dû rentrer dans le rang sous Scholz, avalant couleuvre sur couleuvre de la part des États-Unis qui ne veulent plus lui laisser de marge. Aujourd’hui, elle obéit, tête basse. Demain, elle reprendra son tropisme qui la pousse à regarder vers l’est. Or, quand la perle de l’Empire voudra se détacher de l’Empire, l’Empire voudra s’y opposer, avec férocité

      +45

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    • kouidri // 25.11.2022 à 12h31

      On peut dire que l’Occident est homogène pour la simple raison que les pouvoirs sont sous l’influence de l’idéologie dominante qui est, celle des USA.

        +8

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  • Jean // 23.11.2022 à 08h14

    Les implications du surenchérissement de l’énergie en Europe ne se limitera pas à une désindustrialisation, à un chômage de masse, à l’insolvabilité des ménages et aux mouvements de protestations populaires ; il entrainera aussi la faillite des collectivités puis des États européens déjà surendettés. Et ce ne serra que la première étape d’un processus global d’effondrement qui marquera la fin de l’hégémonie occidentale. Car il est peu probable que les nations non-alignés sur le modèle occidental acceptent d’en payer le cout au travers d’une surimpression monétaire dont l’occident à déjà abusé. Le temps où l’on pouvait acquérir, avec de la monnaie de singe, les ressources indispensables à l’économie réelle touche à sa fin. Espérons que cette opportunité nous permettent de mettre en place, en Europe, une alternative au « Great Reset » voulue par l’oligarchie, alors que celle-ci n’a déjà plus les moyens de l’imposer au Monde.

      +19

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    • Dominique65 // 23.11.2022 à 19h33

      Cela dit, si l’UE a des prix de l’énergie qui explosent, c’est bien à cause des règles de fixation du prix de l’énergie en son sein.
      Je rappelle que :
      « Comme l’électricité ne se stocke pas, son prix est déterminé en Europe par les coûts de la dernière centrale activée appelée pour assurer l’équilibre entre l’offre et la demande et donc la plupart du temps une centrale thermique qui fonctionne au charbon ou au gaz. C’est ce qu’on appelle la vente au coût marginal »
      Un coût marginal qui devient le prix du marché…
      Qu’est-ce qu’elle attend, Ursula La Toute Puissante pour changer ces règles ?

        +8

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      • Jean // 23.11.2022 à 21h09

        @Dominique65,

        Ursula ne changera pas ces règles qui sont voulus pour détruire l’avantage compétitif dont disposait la France avec une énergie bon marché. Cette naïveté fait de la France le dindon de la farce européenne et l’évolution du solde de notre balance commerciale en témoigne.

          +9

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        • john // 23.11.2022 à 23h28

          C’est exact Jean.
          Le coût marginal de production de l’électricité en France permettait aux entreprises localisées sur le territoire d’avoir un avantage compétitif sur leurs concurrents allemands (bien sûr cet avantage ne suffit pas en lui-même). L’Allemagne a donc changé les règles pour le coût marginal de l’électricité….
          La France produit l’électricité à un coût très compétitif mais l’Europe lui assigne de la vendre au prix du marché (bien plus élevé). Adieu notre avantage… Et puis dernièrement, nos amis et alliés, les USA ont décidé de mettre fin à la compétitivité allemande en supprimant le gaz bon marché !

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          • Araok // 24.11.2022 à 08h24

            Le prix de l’électricité est déterminé comme l’est le prix du porc au marché au cadran de Plérin.
            On n’arrête pas le progrès

              +1

            Alerter
  • Le Belge // 23.11.2022 à 09h17

    Le concept d’Occident m’a toujours fait rire : premièrement, c’est un terme désignant à l’origine la parie occidentale de l’Empire Romain (Afrique-du-Nord comprise) et deuxièmement, remis au goût du jour, c’est un nom assez vague pour y mettre des choses qui, souvent, ont des intérêts totalement opposés.
    Emmanuel Todd, dans son ouvrage ‘Où en sommes-nous » le dit très clairement : l’Occident, tel que compris dans le courant du XXe siècle, est mort ! Nous sommes en face, d’un côté, à une Europe qu’on peut qualifier, à juste titre, de puissance émergente et, de l’autre côté, à des Etats-Unis (et plus généralement d’une Amérique-du-Nord) déclinants et en voie de tiers-mondisation.
    Nous n’avons qu’une et une seule planche de salut : l’Europe ! Pas les Etats-Unis, ni le Canada ! Ca fait longtemps qu’on aurait du dissoudre l’OTAN pour concevoir une réelle union militaire européenne. Et pour le reste, aussi. Les Européens doivent se réorganiser et, oui, ça sera (très ?) dur ! Face à la Chine, face à l’Inde, face à la Russie (de Poutine ou de ses successeurs immédiats qui ne seront pas des démocrates), face aux Etats-Unis en voie de fascisation ou face au défi démographique africain que pèsent, séparément, des pays comme la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni (n’en déplaise à certains, oui, c’est un pays européen), la Pologne, l’Italie ou la Belgique (qui sait qu’elle n’est rien face aux géants) ? Rien, des cacahuètes !
    Bonne journée à tous et toutes.

      +15

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    • RGT // 23.11.2022 à 12h20

      « Nous n’avons qu’une et une seule planche de salut : l’Europe ! »…

      Si cette planche de salut se compose de l’UE et de ses « dirigeants éclairés » (c.f. la « divine » Ursula et la clique qui l’accompagne) je préfère m’abstenir compte-tenu des « avancées » tangibles et vérifiables.

      Finalement il faudrait revenir à une Europe des nations (entités culturelles ancestrales que l’UE tente de détruire pour transformer l’ensemble du territoire en cour de récréation pour ploutocrates avides), une entité de nations qui s’étendrait de l’Atlantique à l’Oural avec pour objectif principal le maintien de la paix entre les peuples en leur permettant de conserver leurs traditions séculaires.

      Nombreux sont ceux qui me traiteront de « vieux réac passéiste », mais réfléchissez un tant soit peu : Quel véritable lien voyez-vous entre un gueux portugais, un gueux français, un gueux allemand ou un gueux russe ou un gueux ukrainien ?
      Simplement qu’on leur foute la paix et qu’on les laisse vivre comme ils le souhaitent, surtout en sécurité.

      Le seul obstacle à cet objectif est (et a toujours été) les oligarques qui détiennent le pouvoir central et qui décident entre eux (quelque soit leur nationalité) de se « tailler la bourre » en utilisant les gueux comme simple fourniture pour la grande boucherie.

      Et regardez simplement les réactions de tous ces oligarques et autres « serviteurs de l’état » quand les gueux souhaitent simplement être écoutés dans leurs revendications.
      Si vous avez oublié les anciennes répressions sanglantes, contentez-vous juste de regarder 3 ans en arrière, vous comprendrez tout.

        +38

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  • James Whitney // 23.11.2022 à 09h41

    La théorie de grand remplacement promu par Eric Zemmour ne correspond pas à ce qui se passe aujourd’hui dans le monde. Par contre, c’est exactement ce qui c’est passé avec l’occupation européene des Amériques depuis le quinzaine siècle.

    La « destinée manifeste » déclarée en 1845 était la proclamation que désormais c’est seulement les États-Unis qui décide tout en matière d’occupation et oppression, et même élimination, de n’importe quelle civilisation des Amériques.

    Ce que écrit Alastair Crooke représente une simple extension de cette politique partout dans le monde.

      +13

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  • Aubaja // 23.11.2022 à 19h48

    Tant que nos civilisations s identifieront à des empires….l humanité n évoluera pas dans le bon sens mais celui de leurs propres intérêts….
    Nous serons et resterons leurs esclaves aucune emancipation n est possible …La guerre leur fer de lance , leur doctrine nos chaînes …Leur richesse notre silence ….

      +4

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  • Malik // 23.11.2022 à 23h03

    Le reste du monde qui dit non.
    Habituées à suivre le centre en étant les simples satellites, les pays dits émergeant ont commencé à bouder le camp occidental pour ériger leurs propres camps .

      +7

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  • yannos // 25.11.2022 à 11h46

    Plus je lis les commentaires et plus je vois ce qui se passe dans cette guerre en Ukraine et plus je me dis que la Russie est l’allié naturel de l’Europe.
    Je pense que cette guerre sert à détruire la possibilité d’une Europe de l’atlantique à l’Oural qui serait une grande puissance dont les USA ne veulent pas.
    Par ailleurs en imaginant une alliance de nations démocratiques, on retire le pouvoir aux groupes financiers qui dirigent l’UE en sous main (et qui possèdent les médias), car de mon point de vue, il est évident que l’UE n’est pas une démocratie.
    Bien que je crois que l’histoire d’un méchant poutine sanguinaire est un mythe (je n’attend pas de lui qu’il soit un saint non plus), je pense que cette alliance entre les populations d’Europe et de Russie ne sera pas possible tant que cet homme sera au pouvoir car le degré d’endoctrinement en Europe est trop fort pour pouvoir imaginer voir ce mythe s’effondrer et les opinions changer tant que les médias seront détenus par une poignées d’ultra riches.
    Au passage, je trouve intéressant que ces médias cherchent à diaboliser Musk.

      +2

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  • ouvrierpcf // 25.11.2022 à 12h16

    Merci les crises pour cet article Un travail de réflexion de recherches d’analyses étayées On peut au moins echapper aux sottises ou niaiseries du paf

      +3

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