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Opération Ajax : Nouveaux éléments sur le rôle des États-Unis dans le coup d’État contre Mossadegh en Iran

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Dans son nouveau livre, Ervand Abrahamian affirme que de nouvelles preuves montrent que le complot visant à renverser Mossadegh en 1953 était bien ficelé et qu’il était en préparation depuis longtemps.

Source : Responsible Statecraft, Daniel Larison
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Mohammad Mossadegh, ministre-président d’Iran, à l’aéroport de Schiphol, le 28 mai 1952 (Archives nationales néerlandaises/Creative Commons)

L’implication des États-Unis dans le coup d’État de 1953 en Iran n’est pas discutable, mais on continue à se battre sur l’étendue de cette implication et sur l’importance des rôles des États-Unis et du Royaume-Uni.

Selon une récente vague de récits révisionnistes, le rôle des États-Unis n’était pas si important, mais des centaines de documents publiés par le gouvernement américain en 2017 ont confirmé le point de vue standard selon lequel le rôle des États-Unis fut important et même crucial pour le renversement du Premier ministre populaire, Mohammed Mossadegh.

L’éminent historien de l’Iran, Ervand Abrahamian, a publié un nouveau livre qui passe en revue les informations divulguées dans ces documents déclassifiés du gouvernement. Dans ce livre, intitulé « Oil Crisis in Iran : From Nationalism to Coup d’État » (La crise du pétrole en Iran : du nationalisme au coup d’Etat, NdT), Abrahamian explique que les documents montrent une implication beaucoup plus importante des États-Unis dans la politique intérieure iranienne dans les années précédant le coup d’État que ce qui avait été reconnu auparavant. « Une comparaison rapide entre la version 2017 de Foreign Relations of the United States, 1952-54, Vol. X, Iran, 1951-54 (FRUS) avec la version de 1989 portant le même titre indique que ces documents ont été retenus pendant si longtemps précisément parce que le département d’État était réticent à admettre une implication aussi poussée. »

Abrahamian a également découvert que l’administration Truman a soutenu l’éviction de Mossadegh du pouvoir lorsqu’il a refusé de céder sur la nationalisation du pétrole, et qu’ils ont ouvert la voie au coup d’État qu’Eisenhower a approuvé. Il détaille les interventions répétées des États-Unis dans la politique iranienne pendant la crise pétrolière, notamment l’ingérence dans plusieurs élections du Majlis. Il le fait pour réfuter les récits révisionnistes qui ont tenté de minimiser le rôle des États-Unis, pour faire la lumière sur les continuités de la politique américaine à l’égard de l’Iran sous Truman et Eisenhower, et pour déterminer autant que possible ce qui motivait réellement le soutien des États-Unis à la destitution de Mossadegh.

L’histoire classique de la raison pour laquelle les États-Unis ont soutenu le coup d’État est que Washington craignait de perdre l’Iran au profit du communisme, et cette interprétation s’est fortement appuyée sur les justifications de la Guerre froide que les responsables politiques concernés ont eux-mêmes présentées. Cependant, comme le montre Abrahamian, les gouvernements américain et britannique se sont concentrés, dans les années qui ont précédé le coup d’État, sur la prévention de la nationalisation du pétrole et sur la nécessité d’empêcher l’Iran de créer un précédent qui, selon eux, serait appliqué ailleurs dans le monde. Les États-Unis avaient également des raisons de mettre en avant la peur du communisme comme facteur principal, car ils avaient besoin d’une feuille de vigne pour justifier l’intervention.

Abrahamian explique : « Pour mener des actions contre des entités et des pays non communistes, la CIA, ainsi que d’autres agences américaines, ont dû déformer les faits, déformer la réalité et recourir à un langage créatif. Ils ont dû cataloguer ces opérations comme faisant partie intégrante de la guerre contre le communisme et l’Union soviétique – autrement dit, faire de cette question une partie intégrante de la Guerre froide. »

Les États-Unis n’avaient de toute façon pas le droit de renverser un dirigeant iranien élu, mais le gouvernement a ressenti le besoin d’en faire une action anticommuniste pour donner l’impression qu’elle faisait partie d’une stratégie plus large contre les Soviétiques. L’intégration d’un changement de régime secret en Iran dans la politique d’endiguement antisoviétique lui a conféré une sorte de « légitimité » à Washington qu’elle n’aurait pas eue autrement. Comme le gouvernement l’aurait fait en d’autres occasions, les renseignements ont été manipulés pour s’adapter à la politique qui avait déjà été décidée.

La prétendue crainte d’une prise de pouvoir par les communistes a été utilisée plus tard comme justification officielle du coup d’État, mais la raison de celui-ci était le désir de s’opposer à une véritable nationalisation du pétrole. On craignait une sorte d’effet domino, mais il s’agissait de l’effet domino d’autres gouvernements cherchant à modifier les termes des contrats qui leur avaient été imposés par les puissances coloniales au cours des décennies précédentes. La question qui se posait aux États-Unis et au Royaume-Uni pendant la crise pétrolière était de savoir comment amener l’Iran à accepter une « nationalisation vide », c’est-à-dire d’accepter une nationalisation en principe mais en la refuserant en pratique. Il s’agirait d’une « nationalisation sans contrôle réel » et, bien entendu, cette option était inacceptable pour la partie iranienne. Alors qu’il devenait évident que Mossadegh n’allait pas se laisser berner par ce leurre évident, les États-Unis se sont alignés plus étroitement sur la position du Royaume-Uni et sont devenus plus favorables au remplacement de Mossadegh.

Abrahamian conclut que « le coup d’État est le résultat de politiques initiées sous Truman bien avant l’avènement de l’administration Eisenhower. » Si Eisenhower est le seul à l’avoir ordonné, son prédécesseur partage la responsabilité d’en avoir jeté les bases. La réticence antérieure de l’administration Truman à approuver un coup d’État pur et simple était davantage motivée par la réticence du Shah à y participer dans un premier temps que par d’autres considérations. En d’autres termes, l’administration Truman n’a pas approuvé l’option parce qu’elle supposait qu’elle ne « fonctionnerait » pas sans la participation du Shah, et non parce qu’elle pensait que c’était la mauvaise chose à faire.

À la fin du livre, Abrahamian s’en prend directement aux révisionnistes et note que les nouveaux documents « n’étayent pas du tout » leurs arguments. Il cite une phrase clé de l’un des documents, The Battle for Iran (La bataille pour l’Iran, NdT) : « Le coup d’État militaire qui a renversé Mossadegh a été mené sous la direction de la CIA en tant qu’acte de politique étrangère américaine, conçu et approuvé au plus haut niveau du gouvernement. » Le cœur de l’argumentaire révisionniste est que le rôle des États-Unis dans le coup d’État a été « beaucoup exagéré », mais les preuves rassemblées par Abrahamian montrent que les nouvelles informations confirment l’interprétation standard des événements et prouvent l’importance de l’implication des États-Unis.

Pour Abrahamian, le rôle des États-Unis est essentiel à chaque phase importante. « Les nouveaux documents renforcent fermement l’opinion standard selon laquelle le coup d’État n’aurait pas eu lieu sans la participation active des Américains – en particulier la CIA et l’ambassade. » Sans l’ingérence des États-Unis dans les affaires iraniennes, il n’y aurait pas eu de coup d’État. En raison de cette ingérence, l’Iran a été condamné à 26 ans de dictature soutenue par les États-Unis, ce qui a ouvert la voie à la révolution qui a suivi. Cela ne revient pas à nier le rôle des Iraniens qui ont pris part au coup d’État, mais cela reconnaît que la participation, le financement et le personnel des États-Unis ont été essentiels. Abrahamian commente sardoniquement : « Les seules personnes qui pourraient à juste titre se plaindre que le rôle des États-Unis a été exagéré – à leurs dépens – seraient les agents du MI6. »

Le débat sur le rôle des États-Unis dans le coup d’État n’est pas simplement une question d’intérêt académique. Comprendre l’étendue de ce rôle et la responsabilité de notre gouvernement dans son ingérence destructrice dans la politique iranienne a d’importantes implications sur la façon dont nous pensons la politique iranienne et les relations américano-iraniennes aujourd’hui. Certains comptes rendus révisionnistes du coup d’État cherchent à distancier les États-Unis du coup d’État et de ses conséquences afin de blanchir le bilan de la politique étrangère américaine, et d’autres cherchent à « armer » la mémoire de Mossadegh contre le gouvernement iranien actuel en soulignant l’implication de certains religieux dans le coup d’État.

L’objectif explicite de certains de ces révisionnistes est de minimiser la culpabilité des États-Unis dans le coup d’État et la dictature qui a suivi, afin de pouvoir pousser à un changement de régime en Iran aujourd’hui. Ils proposent une mauvaise histoire et une politique étrangère encore pire, et il est heureux qu’Abrahamian se soit fait un devoir de les contrer avec ce dernier livre.

Source : Responsible Statecraft, Daniel Larison, 02-07-2021
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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RGT // 06.08.2021 à 11h51

Je connais bien l’opération Ajax depuis le début des années 80, quand des étudiants iraniens que j’avais connu en fac m’avaient informé des raisons de la révolution récente.

S’ils n’aimaient pas franchement Khomeini, ils avaient TOUS une haine farouch du « Divin Shah » et avaient une dent contre les USA et le Royaume Uni qui avaient organisé ce coup d’état.

N’oublions surtout pas que le régime du Shah ne tenait que grâce à une répression pire encore que celle de Pinochet et qu’il a réussi à se maintenir au pouvoir qu’avec l’aide des barbouzes anglo-saxonnes qui ont formé et donné un « petit » coup de main dans la traque et la torture des opposants.

Les seuls qui n’étaient pas « trop » traqués étaient les religieux car une agression trop visible aurait immédiatement entraîné des révoltes totalement ingérables.

C’est bien là e principal grief des iraniens à l’égard des occidentaux : Toute opposition vraiment démocratique a été laminée et les seuls qui sont restés étaient les religieux qui ont réussi finalement à cristalliser la colère populaire et à destituer ce régime pourri.

Au moins, pendant le régime du Shah, les compagnies pétrolières occidentales ont pu engranger des profits colossaux sur le dos de la population iranienne.

Si les anglo-saxons n’étaient pas venus foutre le bordel (comme ils le font ailleurs) la population de ce pays n’aurait jamais connu de souffrances si intenses qui continuent encore aujourd’hui avec les « divines sanctions » imposées par les USA à l’encontre d’un peuple qui ne veut pas se laisser faire.

Nota : Les russes sont dans la même situation.

Demander aux occidentaux de foutre la paix aux autres peuples est par contre impossible : Ils sont obsédés par les profits qu’ils retirent de la domination qu’ils exercent sur les autres populations.

P.S. Je ne parle pas des peuples occidentaux qui subissent cette situation, je parle de leurs « élites » qui leur imposent d’être aussi leurs esclaves serviles qui n’ont qu’à fermer leurs gueules.
Mais pour que ça se voit un peu moins désormais ces « élites » invoquent désormais des « considérations humanitaires » qui leur permettent de continuer leur orgie de massacres sanglants.
De toutes façons, ce sont « leurs » gueux qui paient et qui devront assumer la responsabilité des horreurs quand elles finiront par être dévoilées.

15 réactions et commentaires

  • Bouddha Vert // 06.08.2021 à 08h07

    Quelque chose aurait-il changé depuis?
    États Unis et Grande Bretagne avec Israël dans la poche ne seraient ils pas, encore aujourd’hui, à la manœuvre? (Cf actualités du jour)
    M’est avis que lorsque le divin liquide noir et poisseux s’en viendra à manquer les « héritiers » du roi David ne trouverons plus l’aide précieuse pour maintenir la démocratie au Moyen Orient!
    Que ferons les populations lorsque le rôle physique et son stock viendront à manquer?
    Le pays où coule l’eau et le miel ne trouvera plus beaucoup d’intérêt pour qui que ce soit, à part peut-être pour les populations locales présentes depuis des millénaires.
    L’Histoire nous apprend, en général, à faire tomber les mythes: ceux du XXème tomberont également.

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  • Myrkur34 // 06.08.2021 à 10h31

    Les impérialistes anglais et américains ont fait du bon travail pour pousser les plus extrémistes à prendre le pouvoir dans ce pays. Finalement cette politique idiote de la vassalisation à tout prix des pays du pétrole ou d’autres ressources, à par remplir les poches des copains milliardaires nous entraîne inexorablement à la prise de pouvoir des plus crapules d’entre nous, les psychopathes qui font mumuse ensemble et aux dégâts de moins en moins collatéraux coté environnement comme ceux de Grèce, Turquie ( Par exemple, Erdogan a une belle armée mais pour éteindre les incendies, il n’y a plus personne, c’est le mutisme total du pouvoir dans son beau palais construit sur fonds publics) ou comme en Californie.

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/06/en-californie-le-gigantesque-incendie-dixie-fire-a-englouti-la-localite-de-greenville_6090673_3244.html

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    • Fernet Branca // 06.08.2021 à 13h55

      Greenville est aux USA, à ma connaissance l’empire Ottoman ou l’État turc actuel n’ont pas conquis le nouveau monde.
      Pour la Grèce au moins la pluie arrive.
      Pour la Turquie l’image satellitaire des masses nuageuses est passée trop vite à la météo télévisée.

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  • RGT // 06.08.2021 à 11h51

    Je connais bien l’opération Ajax depuis le début des années 80, quand des étudiants iraniens que j’avais connu en fac m’avaient informé des raisons de la révolution récente.

    S’ils n’aimaient pas franchement Khomeini, ils avaient TOUS une haine farouch du « Divin Shah » et avaient une dent contre les USA et le Royaume Uni qui avaient organisé ce coup d’état.

    N’oublions surtout pas que le régime du Shah ne tenait que grâce à une répression pire encore que celle de Pinochet et qu’il a réussi à se maintenir au pouvoir qu’avec l’aide des barbouzes anglo-saxonnes qui ont formé et donné un « petit » coup de main dans la traque et la torture des opposants.

    Les seuls qui n’étaient pas « trop » traqués étaient les religieux car une agression trop visible aurait immédiatement entraîné des révoltes totalement ingérables.

    C’est bien là e principal grief des iraniens à l’égard des occidentaux : Toute opposition vraiment démocratique a été laminée et les seuls qui sont restés étaient les religieux qui ont réussi finalement à cristalliser la colère populaire et à destituer ce régime pourri.

    Au moins, pendant le régime du Shah, les compagnies pétrolières occidentales ont pu engranger des profits colossaux sur le dos de la population iranienne.

    Si les anglo-saxons n’étaient pas venus foutre le bordel (comme ils le font ailleurs) la population de ce pays n’aurait jamais connu de souffrances si intenses qui continuent encore aujourd’hui avec les « divines sanctions » imposées par les USA à l’encontre d’un peuple qui ne veut pas se laisser faire.

    Nota : Les russes sont dans la même situation.

    Demander aux occidentaux de foutre la paix aux autres peuples est par contre impossible : Ils sont obsédés par les profits qu’ils retirent de la domination qu’ils exercent sur les autres populations.

    P.S. Je ne parle pas des peuples occidentaux qui subissent cette situation, je parle de leurs « élites » qui leur imposent d’être aussi leurs esclaves serviles qui n’ont qu’à fermer leurs gueules.
    Mais pour que ça se voit un peu moins désormais ces « élites » invoquent désormais des « considérations humanitaires » qui leur permettent de continuer leur orgie de massacres sanglants.
    De toutes façons, ce sont « leurs » gueux qui paient et qui devront assumer la responsabilité des horreurs quand elles finiront par être dévoilées.

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    • Christian Gedeon // 06.08.2021 à 20h41

      [modéré] Ou à séjourné Khomeiny? Qui l’a protégé? Nourri? Financé? Je ne savais pas que Neauphle le Château était du côté de Qom😂 ce sont les Sisters qui l’ont lâché . Parce qu’il leur serrait la vis sur le pétrole. La suite leur a échappé. Un peu comme Lénine avec le Kaiser. Vos amis iraniens vous ont dit que tout le monde haïssait le chah? Bizarre moi qui y suis souvent allé jusqu’à 1976 et qui ai aussi des amis iraniens, je n’ai pas le même écho. Nous n’avons donc pas les mêmes amis.

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      • Francois Marquet // 07.08.2021 à 10h56

        Il y avait aussi la sœur jumelle du Shah Ashaf Pahlavi à Marnes-la-Coquette, et après la guerre Iran Irak furent hébergés en France les membres du Mujaheddin-e-Khalq, le MEK, qui avaient combattu avec Saddam contre l’Iran. J’en ai rencontré. La France elle-même prêtait à Saddam ses super-étendards pour attaquer avec ses Exocet les pétroliers iraniens au terminal de Kharg https://www.lemonde.fr/archives/article/1983/10/10/irak-la-livraison-des-super-etendard-a-l-irak_3077629_1819218.html …bref il faut voir le tableau en entier

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      • TZYACK // 14.08.2021 à 11h05

        Vous n’avez donc pas connu en 1976 la crainte importante du peuple iranien des agissements policiers de la Savak contre lui !

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  • Christian Gedeon // 06.08.2021 à 13h31

    Pauvre Mossadegh…que d’âneries écrites en son nom. Et Raïssi, ça vous parle. Chef d’état et boucher professionnel de son état? Ça c’est aujourd’hui. On dit que comme Guevara en son temps il a adoré participer en personne au massacre notamment des moudjahidine el Khalk.

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  • Hamourabi // 06.08.2021 à 15h00

    Bonjour,
    £es u.$.a. prennent des airs de Princesse outragée pour dénoncer des Ingérences étrangères dans leur processus électoral.
    Eux, évidemment, ne mangent pas de ce pain-là, qu’alliez-vous supposer? (sauƒ, « très-exceptionnellement », quand Bill Clinton accompagnait Shimon Peres en tournée électorale… ou.… encore plus exceptionnellement, en envoyant Jean-paul II soutenir publiquement la candidature d’Augusto Pinochet pour sa réélection : Voyez comme ils sont beaux, tous les deux, saluant la ƒoule, depuis le balcon du Palais présidentiel ! ).

    Pas si bêtes !

    Ils préƒèrent bloquer sine die les élections prévues au Viêt Nam par les Accords de Genève en 1954, sachant parƒaitement vers qui volent tous les cœurs du pays dé-colonisé.

    On se sert aussi de Suharto pour dégommer le Président Soekarno, Père de l’indépendance de l’Indonesia.

    Bon, l’Iran, ƒaut quand même pas exagérer, les « Alliés » s’y sentaient déjà « comme en terrain conquis » pendant toute la deuxième guerre mondiale, y organisant conƒérences internationales et entraînements, entrepôts militaires de toutes sortes avec un mépris ostensible pour la population : Vous voyez bien que vous êtes ƒaits pour conƒorter gentiment nos intérêts ! Et puis, nous admirons tellement l’Impératrice Soraya, totalement dévouée au bien-être de sa population… nous sommes obligés de venir la soutenir dans sa mission.

    £’article oublie de rappeler qu’à la ƒin de la guerre, c’est justement le Docteur Mossadegh qui a ƒait voter par l’Assemblée (« Majlis ») une £oi… interdisant d’accorder des concessions pétrolières aux Soviétiques.

      +5

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    • Hamourabi // 06.08.2021 à 17h27

      Autres aspects importants sur lesquels l’article n’a pas souhaité s’attarder :

      — £e père du Shah in Shah Mohammad Reza Pahlevi, obscur sous-officier « parachuté » par les ßritanniques sur le Trône doré du Paon, avait dévotement remercié ses protecteurs coloniaux en leur accordant les champs de pétrole en pleine propriété : Ceux-ci étaient devenus domaine exclusiƒ… de la Royal navy.

      — £e ƒils, orphelin, était devenu Prince héritier ƒlambeur, coureur (de ƒemmes, et de Grand Prix) avec la bénédiction de sa mère, régente vendue aux Anglais, qui se réjouissait de ces ƒrasques… loin, très-loin de la politique. Jusqu’à ce qu’il se remarie avec l’exceptionnelle Soraya, une aristocrate Germano-Persane, qui transƒorma Mohammad en vrai patriote : IL COMMENÇA PAR SOUTENIR LA RÉAPPROPRIATION DES RESSOURCES DU SOUS-SOL, ce qui déclencha UN BLOCUS TOTAL par la ƒlotte anglaise outragée, jusques et y compris pour les médicaments, etc…

      — Il tint bon et s’en tira grâce à sa ƒemme, qui prépara une négociation tout-à-ƒait révolutionnaire avec Enrico Mattei (« E.N.I. » – Ente Nazionale Idrocarburi)……… au nez et à la barbe des « 7 Sœurs », ivres de rage. Il avait donc tout pour devenir un héros national pour l’éternité : Quel gâchis invraisemblable!!!!! En plus, il s’est débarrassé de sa ƒemme providentielle, « pour mieux perpétuer la dynastie » – la suite n’a pas entièrement démontré l’opportunité de cette stratégie utopique.

        +6

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  • J // 07.08.2021 à 08h43

    Faut-il quand même savoir que l’URSS s’intéressait beaucoup à l’Iran, plus court chemin pour elle vers l’Océan Indien, qu’elle y avait impulsé un parti communiste fort, le Toudeh, qui ne sera d’ailleurs écrasé que par Khomeiny, après avoir contribué à sa prise de pouvoir.
    Mossadegh avait été nommé par le Shah pour nationaliser le pétrole, mais à l’amiable (dédommagement négocié des compagnies qui avaient investi), ce qui a été fait finalement et a permis une modernisation à outrance… inacceptable pour le clergé chiite. Manipulé par l’URSS donc, Mossadegh est allé vers le clash et à profité d’une faille dans la constitution pour prendre la totalité du pouvoir.
    C’est en tout cas le point de vue, au moins plausible, défendu par les monarchistes (exemple https://bouquinsblog.blog4ever.com/farah-pahlavi-memoires ) .
    Reste à savoir si on veut comprendre ou casser des USA à tout prix.

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    • Francois Marquet // 07.08.2021 à 11h10

      Les monarchistes veulent refaire une virginité au shah, c’est de bonne guerre. C’est le nationalisme de Mossadegh et et non celui du Shah qui a été la cause des nationalisations du pétrole iranien!
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohammad_Mossadegh
      https://www.universalis.fr/encyclopedie/mossadegh-musaddaq/

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      • J // 07.08.2021 à 13h44

        Les nationalisations se sont pourtant faites après le renversement de Mossadegh, qui avait bien été nommé par le Shah…

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    • Koui // 08.08.2021 à 08h42

      l’URSS n’a pas « impulsé » le Toudeh : il s’est développé de lui même et pas tout seul car il y avait plusieurs organisations puissantes de type marxiste islamique en Iran. La répression du Shah était sauvage. Celle des khomeinystes sera exterminatrice. Après l’élimination des monarchistes, ça a été le tour des moudjahidines du peuple et des fedayins, puis des islamodemocrates de Bani Sadr, premier Président élu de l’Iran, et a la fin, il ne restait plus que les communistes, en Sparring partner des islamistes. Ils ont finalement été interdit puis exécutés en prison. La lutte pour le pouvoir puis l’invasion irakienne ont rendu les imams complètement cinglés. Ils n’ont recule devant aucun crime pour faire disparaitre tout ceux qui exprimaient une opinion differente. Même le Shah était plus clément car sous son règne, la répression n’a pas empêché les oppositions de prospérer. On peut avoir des sympathies pour la résistance de l’Iran aux USA, mais les barbus a turban restent des assassins.

        +4

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