Grave article de Noam Chomsky pour les 69 ans d’Hiroshima en 2014, avec introduction de Tom Dispatch. Sources : TomDispatch et The Guardian.

On peut dire qu’il s’agit du commencement de la fin. La semaine dernière s’est éteint à l’âge de 93 ans, Theodore Van Kirk dit le « Hollandais », le dernier des douze hommes qui composaient l’équipage de l’Enola Gay (ainsi nommé en l’honneur de la mère du pilote), l’avion qui largua la bombe atomique sur Hiroshima. Quand cette première bombe A a été larguée de la soute du bombardier à 8h15 le 6 août 1945 et a commençé sa descente vers son objectif, le pont Aioi (« Vivre Ensemble » en japonais), elle portait une série de messages adressés au Japon, dont certains étaient choquants : « Salutations à l’Empereur, de la part de l’équipage de l’Indianapolis ». (L’Indianapolis était le nom du navire qui avait convoyé jusqu’à l’île de Tinian, dans le Pacifique, les pièces détachées de la bombe qui allait transformer Hiroshima en enfer de fumée et de feu – « cet affreux nuage » selon les mots de Paul Tibbetts Jr., le pilote de l’Enola Gay – L’Indianapolis fut par la suite torpillé par un sous-marin japonais, entraînant la perte de plusieurs centaines de marins).

La bombe, surnommée Little Boy, en gestation dans le ventre de l’Enola Gay, ne représentait pas seulement la fin d’une âpre guerre mondiale qui avait causé une destruction presque inimaginable, mais aussi la naissance de quelque chose de nouveau. Son utilisation s’était inscrite dans la lignée d’une évolution de la tactique militaire : prendre de plus en plus les populations civiles comme cible d’attaques aériennes (une chose qui peut être encore observée aujourd’hui avec le carnage à Gaza). L’histoire de cette sinistre évolution remonte aux bombardements aériens de Londres par l’Allemagne (1915), en passant par Guernica (1935), Shanghai (1937) et Coventry (1940), jusqu’aux bombardements incendiaires de Dresde (1945) et Tokyo (1945) dans la dernière année de la Seconde Guerre mondiale. Cette tendance a même eu une histoire évolutive dans l’imaginaire des hommes, puisque pendant des décennies, des écrivains (entre autres) avaient rêvé de la libération sans précédent de formes d’énergie inconnues à des fins militaires.

Le 7 août 1945, une époque s’achevait et une autre commençait. A l’ère du nucléaire, les armes capables de détruire des villes entières allaient proliférer et se propager depuis les superpuissances vers de nombreux autres pays, dont la Grande-Bretagne, la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël. Parmi les cibles des plus grands arsenaux nucléaires de la planète allaient figurer non seulement les civils non pas d’une seule, mais de dizaines de villes, voire de la planète entière. Le 6 août, il y a 70 ans, la possibilité d’une apocalypse est passée des mains de Dieu ou des dieux à celles des hommes, ce qui voulait dire qu’une nouvelle page d’Histoire avait commencé, à l’issue imprévisible. Nous savons cependant qu’un conflit nucléaire même « limité » entre l’Inde et le Pakistan dévasterait non seulement l’Asie du Sud, mais sèmerait une famine étendue sur toute la planète, en raison du phénomène connu sous le nom d’hiver nucléaire.

En d’autres termes, 70 ans après, l’apocalypse, c’est nous. Pourtant aux États-Unis, la seule bombe nucléaire dont vous entendrez jamais parler est celle de l’Iran (même si ce pays ne possède pas une telle arme). Pour une discussion sérieuse à propos de l’arsenal nucléaire américain, soit plus de 4 800 armes de moins en moins bien entretenues qui pourraient vitrifier plusieurs planètes de la taille de la Terre, il ne faut pas lire les principaux journaux du pays ou écouter les journaux télévisés, mais plutôt écouter le comique John Oliver ou encore lire le chroniqueur régulier du site Tom Dispatch, Noam Chomsky.

Tom, 5 aout 2014

Combien de minutes avant minuit ? Hiroshima Day 2014 par Noam Chomsky

Alors que débute « Hiroshima Day » [la journée en mémoire des victimes de la première bombe atomique, ndt], pourquoi continuons-nous à jouer avec le feu nucléaire ?

C’est un miracle que nous soyons sortis indemnes de toutes ces décennies, compte tenu de la politique américaine sur les armes nucléaires depuis Hiroshima.

Si une espèce extraterrestre quelconque venait à écrire l’histoire de l’Homo sapiens, elle pourrait tout à fait séparer la chronologie en deux périodes : AEN (avant l’ère nucléaire) et EAN (ère des armes nucléaires). Cette dernière ère s’est ouverte, bien sûr, le 6 août 1945, le premier jour de ce qui pourrait bien être le compte à rebours avant la fin, peu glorieuse, de cette étrange espèce, qui a atteint une intelligence suffisante pour découvrir le moyen de s’autodétruire, mais pas – ainsi que le montrent les faits – la capacité intellectuelle de contrôler ses pires instincts.

Le premier jour de l’ère des armes nucléaires a été marqué par le « succès » de « Little Boy », une bombe atomique de conception simple. Au quatrième jour, Nagasaki a connu le triomphe technologique de « Fat Man », une bombe de conception plus sophistiquée. Cinq jours plus tard eut lieu ce que l’histoire officielle de l’Air Force appelle « l’apothéose », un raid mené par 1 000 avions — une vraie réussite logistique — sur les villes japonaises, qui tua plusieurs milliers de personnes, et mêlait bombes et tracts de propagande porteurs de la mention « le Japon s’est rendu ». Truman annonça cette capitulation avant même que les derniers B-29 soient rentrés à leur base.

Ce furent les premiers jours fastes de l’ère des armes nucléaires. Alors que nous célébrons son 70e anniversaire, nous devrions nous émerveiller d’avoir survécu. Mais quant à savoir combien d’années nous avons encore devant nous ….

Le Général Lee Butler, ancien chef du Strategic Air Command (STRATCOM) qui contrôle l’arme et la stratégie nucléaire, a réfléchi à ces sinistres perspectives. Il y a 20 ans, il a écrit que jusqu’à présent, nous avions survécu à l’ère du nucléaire « par un mélange d’adresse, de chance, et d’intervention divine — surtout d’intervention divine selon moi, ».

Tirant les leçons de sa longue carrière passée à développer des stratégies nucléaires et à organiser les forces pour les mettre en œuvre avec efficacité, il s’est lui-même décrit avec regret comme « l’un des plus fervents gardiens de la foi en l’arme nucléaire » ; mais, a-t-il continué, il en est arrivé à réaliser qu’à présent, il lui incombait « de déclarer, avec toute la conviction dont je peux faire preuve, que selon moi, elles nous ont causé un tort extrême ». Et il posait alors la question, « De quel droit les générations de dirigeants qui se succèdent dans les Etats dotés de l’arme nucléaire, usurpent-elles le pouvoir de décider des chances de voir la vie se perpétuer sur notre planète ? Et tout d’abord, comment une audace aussi stupéfiante peut-elle persister alors que nous devrions trembler devant notre propre folie, et nous rassembler dans la volonté d’en éradiquer les plus mortelles manifestations ? »

Il a décrit le plan stratégique américain de 1960, qui recommandait une frappe automatique généralisée sur le monde communiste, comme « le document le plus absurde et le plus irresponsable de tous ceux que j’ai eu à évaluer dans ma vie ». Son équivalent soviétique était d’ailleurs probablement encore plus insensé. Mais il faut garder à l’esprit qu’en termes de folie, ils sont largement concurrencés, notamment par notre capacité à acquiescer sans sourciller à ce qui constitue une menace inouïe pour notre survie.

Survivre aux débuts de la guerre froide.

Selon la doctrine académique en vigueur et le discours intellectuel général, le but premier d’une politique d’État est « la sécurité nationale ». Il est amplement prouvé, cependant, que la doctrine de sécurité nationale n’englobe pas la sécurité des populations. Les archives révèlent, par exemple, que la menace d’une destruction immédiate via des armes nucléaires n’est pas la première cause d’inquiétude des planificateurs. Tout cela a été démontré dès le début, et reste vrai de nos jours.

Aux tout débuts de l’EAN, les États-Unis étaient tout-puissants et jouissaient d’une sécurité remarquable : ils contrôlaient l’hémisphère, les océans Atlantique et Pacifique, ainsi que les bords opposés de ces océans. Bien avant la Seconde Guerre mondiale, ils étaient devenus, de loin, le pays le plus riche du monde et jouissaient d’avantages incomparables. L’économie américaine avait explosé pendant la guerre, alors que d’autres sociétés industrielles étaient dévastées ou sévèrement affaiblies. Au début de cette nouvelle ère, elle possédait environ la moitié de la richesse mondiale et un pourcentage encore plus grand de capacité de production industrielle.

Mais il y avait une menace latente : les missiles balistiques intercontinentaux équipés de têtes nucléaires. Des débats sur cette menace faisaient régulièrement partie des travaux de recherche sur les politiques nucléaires, travaux qui bénéficiaient d’un accès à des sources dans les hautes sphères, telles que : « Danger and Survival : Choices About the Bomb in the First Fifty Years » (« Danger et survie : quels choix concernant la bombe pour les cinquante premières années ? ») par McGeorge Bundy, conseiller pour la sécurité nationale pendant les présidences de Kennedy et de Johnson.

Bundy écrivait : « Le développement opportun des missiles balistiques pendant l’administration d’Eisenhower constitue l’une des meilleures réalisations de ces huit années. Bien qu’il soit bon de commencer par reconnaître que les États-Unis et l’Union Soviétique seraient sans doute en moins grand danger nucléaire aujourd’hui si ces missiles n’avaient jamais été développés ». Il ajoutait alors un commentaire instructif : « Il n’existe à ma connaissance aucune proposition sérieuse, interne ou externe à ces deux gouvernements, visant à interdire les missiles balistiques dans le cadre d’un accord ». En bref, apparemment personne n’a songé à se prémunir contre l’unique menace sérieuse contre les Etats-Unis, la menace d’une destruction totale dans un conflit nucléaire avec l’Union Soviétique.

Cette menace aurait-elle pu être écartée ? Nous ne pouvons pas en être sûrs bien entendu, mais c’était loin d’être inimaginable. Les Russes, très en retard en termes de développement industriel et de sophistication technologique, étaient dans un environnement bien plus menaçant. De ce fait, ils étaient beaucoup plus vulnérables à de tels systèmes d’armement que les États-Unis. Il y aurait peut-être eu des occasions d’explorer ces possibilités, mais dans l’hystérie extraordinaire de l’époque, c’est à peine si celles-ci auraient pu même être perçues. Et de fait cette hystérie était vraiment extraordinaire. Un examen de la rhétorique des documents officiels centraux de l’époque, comme le rapport NSC-68 du National Security Council [Conseil National de Sécurité], reste assez choquant, même en ignorant l’injonction du Secrétaire d’État Dean Acheson sur la nécessité d’être « plus clair que la vérité ».

Une des options possibles pour limiter la menace a été une remarquable proposition du dirigeant soviétique Joseph Staline en 1952, qui offrait d’autoriser l’Allemagne à se réunifier avec des élections libres, à la condition qu’elle ne rejoigne pas une alliance militaire hostile. Ce n’était pas vraiment une exigence extrême à la lumière des événements historiques de la première moitié du XXe siècle, où l’Allemagne, à elle seule, avait pratiquement détruit la Russie par deux fois, lui infligeant de terribles dégâts.

La proposition de Staline a été prise au sérieux par le très respecté commentateur politique James Warburg, mais fut généralement ignorée ou ridiculisée à l’époque. Des études récentes commencent à développer un point de vue différent. Le professeur Adam Ulam, viscéralement anticommuniste, a considéré que la proposition de Staline était « un mystère non résolu ». Washington « ne s’est pas fatiguée. Elle a catégoriquement rejeté l’initiative de Moscou », a-t-il écrit, et pour des raisons « si peu convaincantes que c’en était embarrassant ». Ulam ajoutait : « L’échec de la politique scientifique et intellectuelle laisse en suspens « la question fondamentale ». Staline était-il réellement prêt à sacrifier la nouvelle République Démocratique d’Allemagne (RDA) sur l’autel de la démocratie », avec des conséquences sur la paix mondiale et la sécurité des Américains qui auraient pu être énormes ?

Lors de recherches récentes dans les archives soviétiques, l’un des savants les plus respectés de la guerre froide, Melvyn Leffler, a noté que de nombreux chercheurs avaient été surpris de découvrir que « Lavrenti Beria, le sinistre et brutal chef de la police secrète russe, avait proposé au Kremlin de faire une offre à l’Occident pour l’unification et la neutralité de l’Allemagne », acceptant « de sacrifier le régime communiste est-allemand afin de réduire les tensions Est-Ouest » et d’améliorer les conditions politiques et économiques internes de la Russie – une opportunité gaspillée en faveur de l’intégration de l’Allemagne (RFA) à l’OTAN.

Dans ces circonstances, il n’est pas impossible que des accords susceptibles de protéger la population américaine de la plus grave menace à l’horizon auraient pu être conclus alors. Mais cette possibilité n’a apparemment pas été prise en compte, un indice frappant du rôle minime joué par les considérations authentiques de sécurité dans la politique de l’État.

La Crise des missiles de Cuba et au-delà

Cette conclusion fut mise en évidence de façon répétée dans les années qui suivirent. Lorsque Nikita Khrouchtchev prit le contrôle de la Russie en 1953 après la mort de Staline, il reconnut que l’URSS ne pouvait pas se mesurer militairement aux USA, le pays le plus riche et le plus puissant de l’Histoire, détenteur d’avantages incomparables. Pour espérer échapper à son retard économique et aux effets dévastateurs de la dernière guerre mondiale, il lui fallait renverser la course aux armements.

En conséquence, Khrouchtchev proposa des réductions mutuelles considérables de l’arsenal des armes offensives. La toute nouvelle administration Kennedy évalua l’offre et la rejeta, se tournant au contraire vers une expansion militaire rapide, même si elle était déjà largement en avance. Kenneth Waltz, décédé récemment, soutenu par d’autres analystes stratégiques en relation étroite avec le Renseignement US, écrivait à cette époque que l’administration Kennedy « entreprit, en temps de paix, l’édification de l’appareil militaire stratégique et conventionnel le plus important que le monde avait jamais vu… alors même que Khrouchtchev essayait de mener à bien une réduction majeure des forces conventionnelles et de suivre une stratégie de dissuasion minimale, et nous avons agi ainsi alors même que l’équilibre des armes stratégiques était largement en faveur des États-Unis ». A nouveau, ils ont mis en péril la sécurité intérieure tout en développant le pouvoir de l’État.

Les services secrets américains ont vérifié que d’énormes réductions avaient bien été réalisées dans les forces militaires soviétiques actives, à la fois en termes de nombre d’avions et d’effectifs. En 1963, Khrouchtchev appela encore à de nouvelles réductions. Comme geste de bonne volonté, il retira ses troupes d’Allemagne de l’Est et appela Washington à faire de même. Cet appel, lui aussi, fut rejeté. William Kaufmann, un ancien conseiller du Pentagone, et un analyste éminent des questions de sécurité, a décrit l’échec des États-Unis à répondre aux initiatives de Khrouchtchev comme « mon seul regret » sur le plan professionnel.

La réaction soviétique à la montée en puissance américaine de cette époque fut de placer des missiles nucléaires à Cuba en octobre 1962, dans une tentative au moins partielle de rééquilibrage. Cette action était également motivée, en partie, par la campagne terroriste de Kennedy contre Cuba de Fidel Castro, qui devait aboutir à une invasion au cours du même mois, comme la Russie et Cuba le savaient peut-être. La « crise des missiles » qui s’ensuivit fut « le moment le plus dangereux de l’Histoire », pour reprendre les mots de l’historien Arthur Schlesinger, conseiller et confident de Kennedy.

Alors que la crise atteignait son paroxysme à la fin du mois d’octobre, Kennedy reçut une missive secrète de Khrouchtchev lui offrant d’y mettre un terme par un retrait public simultané des missiles russes de Cuba et des missiles américains Jupiter de Turquie. Ces derniers étaient des missiles obsolètes, dont l’administration Kennedy avait deja ordonné le retrait et le remplacement par des sous-marins Polaris, beaucoup plus destructeurs, qui devaient être stationnés en Méditerranée.

L’estimation subjective de Kennedy à ce moment était qu’en cas de refus de l’offre du leader soviétique, il y avait entre 33 % et 50 % de chance d’une guerre nucléaire – une guerre qui, comme le président Eisenhower l’en avait averti, aurait détruit l’hémisphère Nord. Malgré cela, Kennedy refusa la proposition de Khrouchtchev d’un retrait public des missiles de Cuba et de Turquie ; seul le retrait de Cuba pouvait être public, afin de protéger le droit des États-Unis de placer des missiles aux frontières de la Russie ou à n’importe quel autre endroit de son choix.

Il est difficile de songer à une décision plus horrible dans l’Histoire − et celle-ci lui vaut toujours des louanges pour son sang-froid et son comportement d’homme d’État.

Dix ans plus tard, dans les derniers jours de la guerre israélo-arabe de 1973, Henry Kissinger, alors conseiller à la sécurité nationale du président Nixon, lançait une alerte nucléaire. L’objectif était de mettre en garde les Russes pour qu’ils n’interfèrent pas dans ses délicates manœuvres diplomatiques visant à assurer une victoire israélienne, mais une victoire limitée qui permettrait aux États-Unis de maintenir un contrôle unilatéral sur la région. Et ces manœuvres étaient en effet délicates. Les États-Unis et la Russie avaient conjointement imposé un cessez-le-feu, mais Kissinger avait secrètement informé les Israéliens qu’ils pouvaient passer outre. D’où la nécessité d’une alerte nucléaire pour faire peur aux Russes. Comme toujours, la sécurité des Américains n’était pas une priorité.

Dix ans plus tard, l’administration Reagan lançait des opérations pour sonder les défenses aériennes russes, par la simulation d’attaques aériennes et navales, ainsi que par une alerte nucléaire de haut niveau que les Russes étaient censés détecter. Ces actes ont été entrepris à une époque très tendue. Washington était en train de mettre en place, en Europe, des rampes de missiles stratégiques Pershing II qui pouvaient atteindre Moscou en cinq minutes. Le président Reagan avait aussi annoncé le programme d’initiative de défense stratégique (“Guerre des Etoiles”) que les Russes interprétèrent comme une arme de première frappe, une interprétation banale de ce que l’on entendait, des deux côtés, par défense anti-missile. Et d’autres tensions montaient aussi.

Évidemment, ces actes alarmèrent grandement la Russie qui, à la différence des USA, était assez vulnérable, et s’était vu plusieurs fois envahie et quasiment détruite. En 1983, cela a conduit à des craintes de guerre imminente. Des archives récemment publiées ont révélé que le danger a même été plus grave que les historiens ne le pensaient jusqu’à présent. Une étude de la CIA intitulée « La menace de guerre était bien réelle » a conclu que les services de renseignement américains pouvaient avoir sous-évalué les inquiétudes des Russes et la menace d’une frappe nucléaire préventive russe. Ces manœuvres ont « presque déclenché une attaque nucléaire préventive », selon un compte-rendu du Journal of Strategic Studies.

C’était même encore plus dangereux que cela, comme nous l’avons appris en septembre dernier lorsque la BBC a révélé qu’en plein milieu de ces évènements qui menaçaient la sécurité mondiale, les systèmes d’alerte avancée russes détectèrent l’arrivée d’un missile américain, entraînant le niveau d’alerte maximal du système nucléaire. Le protocole de l’armée soviétique exigeait une réponse nucléaire. Heureusement, l’officier de service, Stanislav Petrov, décida de désobéir aux ordres et de ne pas en référer à ses supérieurs. Il fut officiellement réprimandé. Grâce au non-respect de ses obligations, nous sommes encore en vie pour en parler.

La sécurité de la population n’était guère plus une priorité pour l’administration Reagan qu’elle ne l’avait été pour ses prédécesseurs. Et cela continue jusqu’à aujourd’hui, même en mettant de côté les nombreux accidents nucléaires quasi-catastrophiques survenus au cours des ans, dont nombre ont été passés en revue dans l’étude glaçante d’Eric Schlosser : Command and Control : Nuclear Weapons, the Damascus Accident, and the Illusion of Safety [Commandement et contrôle : armes nucléaires, l’accident de Damascus* et l’illusion de la sécurité]. En d’autres termes, les conclusions du général Butler sont difficilement contestables.

[*NdT : Fait référence à l’accident survenu en septembre 1980 au centre de lancement 374-7 de missiles balistiques Titan II implanté au nord de Damascus, petit village américain, situé dans le comté de Van Buren et l’état d’Arkansas. Lors d’une opération de maintenance, une douille de clé à douille en tombant d’une hauteur de 24 mètres avait perforé le premier étage d’un missile balistique porteur de tête nucléaire, le carburant avait pris feu et s’ensuivit une explosion qui projeta à plus de trente mètres à l’extérieur du centre la tête nucléaire W53 (9 mégatonnes) heureusement restée intacte.]

La survie à l’époque de l’Après Guerre froide

L’historique des actions et des doctrines postérieures à la guerre froide n’est guère plus rassurant. Chaque président se doit d’avoir une doctrine. La doctrine Clinton était contenue dans ce slogan : « multilatéral quand nous le pouvons, unilatéral quand nous le devons ». Au cours d’un témoignage au Congrès, la phrase « quand nous le devons » fut expliquée plus en détail : les Etats-Unis se permettent de recourir à « une utilisation unilatérale de leur puissance militaire » pour s’assurer « un accès sans contraintes aux marchés essentiels, aux ressources énergétiques et stratégiques ». Pendant ce temps, Stratcom [United States Strategic Command – Etat major stratégique dédié au renseignement et à la force de frappe nucléaire] à l’époque Clinton a publié une étude volumineuse intitulée « Les axes essentiels de la dissuasion post guerre froide », publiée bien après l’effondrement soviétique, alors que Clinton prolongeait le programme du président George H. W. Bush d’expansion de l’Otan vers l’est en violation des promesses faites au chef du gouvernenment soviétique Mikhail Gorbatchev – dont les conséquences se font sentir jusqu’à maintenant.
Cette étude du Stratcom s’inquiétait du « rôle des armes nucléaires dans la période post guerre froide ». Le point central de la conclusion est que les Etats-Unis doivent conserver le droit de lancer une attaque préventive, même contre un État non nucléaire. De plus, les armes nucléaires doivent toujours être prêtes car elles « projettent leur ombre sur toute crise ou conflit ». Elles étaient, pour ainsi dire, toujours utilisées comme une arme que l’on pointe mais avec laquelle on ne tire pas au cours d’un cambriolage (un point sur lequel Daniel Ellsberg a toujours insisté) Stratcom a même été jusqu’à conseiller que « les décideurs devraient s’abstenir d’être trop rationnels pour déterminer… ce que l’adversaire estime le plus ».

Simplement, tout doit être dans la ligne de mire. « Il est désavantageux de se représenter comme trop rationnels et maîtres de soi… Que les Etats-Unis puissent devenir irrationnels et rancuniers si ses intérêts vitaux sont en jeu devrait faire partie de l’image nationale que nous projetons ». Il est « de notre intérêt [pour notre attitude stratégique] que quelques éléments puissent paraître potentiellement hors de contrôle », présentant ainsi une menace permanente d’attaque nucléaire – une grave violation de la charte des Nations Unies, si l’on y prête attention.

Il est très peu question ici des nobles buts constamment proclamés, ni d’ailleurs de l’obligation imposée par le Traité de non-Prolifération de faire des efforts « de bonne foi » pour éliminer ce fléau de la Terre. Ce qui en ressort, c’est plutôt une adaptation du célèbre couplet d’Hilaire Belloc sur la mitrailleuse Maxim (pour citer le grand historien africain Chinweizu): « Quoi qu’il arrive, on a nous, la bombe atomique, et pas eux ».

Après Clinton, bien sûr, vint George W. Bush, dont la conception revendiquée de la guerre préventive était si large qu’elle comprenait l’attaque par le Japon en décembre 1941 de bases militaires américaines dans deux territoires outre-mer, à une époque où les militaristes japonais savaient pertinemment que les Forteresses Volantes B-17 sortaient à toute vitesse des chaînes de montage pour être déployées dans ces bases avec l’objectif de « détruire par le feu le cœur industriel de l’empire avec des attaques à la bombe incendiaire sur les grouillantes fourmilières de bambou qu’étaient Honshu et Kyushu. » C’était ainsi qu’étaient décrits les plans d’avant-guerre par leur architecte, le général de l’Air Force Claire Chennault, avec l’approbation enthousiaste du président Franklin Roosevelt, du secrétaire d’Etat Cordell Hull, et du chef d’état-major des armées le Général George Marshall.

Puis arrive Barack Obama, avec de belles paroles sur le projet d’abandonner des armes nucléaires – en même temps que des plans de dépenses de mille milliards de dollars pour l’arsenal nucléaire des États-Unis dans les trente années à venir, un pourcentage du budget militaire « comparable aux dépenses pour l’acquisition de nouveaux systèmes stratégiques dans les années 80 sous la présidence de Ronald Reagan », selon une étude du centre d’études James Martin pour la non-prolifération (Center for Nonproliferation Studies) à l’Institut d’études internationales de Monterey (Monterey Institute of International Studies). Obama n’a pas hésité non plus à jouer avec le feu pour obtenir un gain politique. Prenez par exemple la capture et l’assassinat d’Osama ben Laden par les Navy SEALs. Obama en parla avec fierté dans un important discours sur la sécurité nationale en mai 2013. Cela fut largement rapporté, mais en passant sous silence un paragraphe crucial.

Obama avait salué l’opération mais précisé que cela ne pouvait pas devenir la norme, car « Les risques furent énormes », avait-t-il déclaré. Les SEALs auraient pu être « piégés dans une fusillade prolongée. » Même si, par chance, cela n’arriva pas, « le coût pour nos relations avec le Pakistan et l’hostilité en retour parmi le public pakistanais pour avoir empiété sur leur territoire furent… majeurs. »

Ajoutons maintenant quelques détails. Les SEALs avaient pour ordre de se battre pour s’échapper s’ils étaient appréhendés. S’ils s’étaient retrouvés « piégés dans une fusillade prolongée», ils n’auraient pas été abandonnés à leur sort. Toute la puissance militaire américaine aurait été utilisée pour les dégager. Le Pakistan dispose d’une armée puissante et bien entraînée, très soucieuse de la souveraineté de l’Etat. Il possède aussi l’arme nucléaire et les spécialistes pakistanais sont inquiets de la possibilité d’infiltration de leur système de sécurité nucléaire par des éléments jihadistes. Ce n’est pas non plus un secret que la population a été désabusée et radicalisée par la campagne de terreur à base d’attaques de drones menée par Washington ainsi que par ses autres procédés.

Tandis que les SEALs étaient encore dans l’enceinte de la résidence de Ben Laden, le chef d’état-major pakistanais Ashfaq Parvez Kayani fut informé du raid et il ordonna à l’armée d’« intercepter tout avion non identifié, » en supposant qu’il devait venir d’Inde. Pendant ce temps, à Kaboul, le chef des armées américain, le général David Petraeus, avait ordonné aux « avions de répondre » si les Pakistanais « lancaient leurs avions de combat. » Comme l’a dit Obama, par chance le pire n’arriva pas, alors que cela aurait pu être assez vilain. Mais les risques avaient été pris sans inquiétude décelable. Ni commentaire ultérieur.

Comme le fit remarquer le général Butler, c’est presque un miracle que nous ayons pu échapper à la destruction jusqu’à maintenant, et plus nous tenterons le destin, moins il est probable que nous puissions espérer une intervention divine pour perpétuer ce miracle.

Noam Chomsky est professeur émérite au département de linguistique et de philosophie de l’Institut Technologique du Massachusetts [MIT : Massachusetts Institute of Technology]. Parmi ses livres publiés récemment figurent Hegemony or Survival (Dominer le monde ou sauver la planète), Failed States (Les états manqués : Abus de puissance et déficit démocratique), Power Systems (Comprendre le pouvoir), Occupy (Occupy) et Hopes and Prospects (De l’espoir en l’avenir). Son dernier livre, Masters of Mankind, sera prochainement publié chez Haymarket Books, qui rééditera aussi dans les années à venir douze de ses classiques dans de nouvelles éditions. Son site web est www.chomsky.info. Une version française est disponible ici : www.noam-chomsky.fr

Source : TomDispatch, traduction collective par les lecteurs du blog www.les-crises.fr

P.S. aide bienvenue si des personnes ont du temps pour coordonner un travail de suivi et de traduction des articles de Chomsky dans les mois qui viennent… Me contacter

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Vidéo : Hiroshima, la véritable histoire

Soixante-dix ans après la déflagration d’Hiroshima, une enquête de grande ampleur replace la vérité historique aux avant-postes et révèle d’étonnants témoignages. Un regard neuf sur un événement qui a provoqué tant d’aveuglement.

Les noms sont entrés dans la mémoire collective, et ils résonnent encore de manière macabre. Le projet atomique américain s’appelait “Manhattan Project”, la bombe “Little Boy”, et l’avion qui a ouvert sa soute “Enola Gay”. Le 6 août 1945, sur ordre du président Truman, un bombardier B-29 largue sur Hiroshima la première arme nucléaire jamais utilisée lors d’une guerre. “Il y eut un anneau de feu rouge et aveuglant. Je ne devrais pas le dire, mais c’était magnifique”, dit aujourd’hui un des survivants. “L’aube d’une ère nouvelle”, assurent certains scientifiques. 80 000 Japonais paient sur le champ ce basculement de l’histoire de l’humanité. Si, bien entendu, les suites immédiates et dantesques de l’explosion sont l’épicentre du documentaire, elles n’en constituent pas l’unique objet. Grâce à la révélation d’étonnants secrets, Hiroshima, la véritable histoire dissipe les écrans de fumée qui ont détourné le monde de la réalité des faits.

Cette investigation ambitieuse éclaire aussi bien les motivations réelles des Américains que les conséquences sociales, sanitaires et environnementales du désastre. Little Boy était-elle un “mal nécessaire” pour forcer les Japonais à capituler ? Hiroshima démontre que le pays de l’empereur Hirohito avait de toute façon déjà perdu la guerre et s’apprêtait à négocier. Les objectifs de Truman étaient autres : tester in vivo l’efficacité de la bombe et devancer les Russes dans la course à l’armement. Même duplicité après la seconde explosion atomique (Nagasaki, le 9 août) : les Américains font des études scientifiques mais ne soignent personne. Le quotidien des irradiés est occulté : considérés comme des pestiférés, ils doivent subir l’emprise rapace des mafias japonaises et la désagrégation des rapports humains. Dans le même temps, aux États-Unis, une propagande gouvernementale massive tente de rendre populaire le recours au nucléaire. Bénéficiant d’images d’archives inédites et de documents confidentiels, le film de Lucy van Beek met en avant de nombreux témoignages, notamment japonais (experts, agents secrets, survivants). Les souvenirs et les histoires individuelles qu’ils esquissent aboutissent tous au même constat : les ondes de choc d’Hiroshima n’ont pas encore disparu.

Un remarquable documentaire, riche en témoignages poignants, d’où ressort une scène bouleversante…

La scène est surréaliste. Choquante, franchissant allègrement les limites de l’indécence. Nous sommes en 1954. Dans une Amérique pro-nucléaire qui organise même le concours de “Miss bombe atomique”, Kiyoshi Tanimoto, un survivant d’Hiroshima de 36 ans venu lever des fonds au pays de l’Oncle Sam, en compagnie de femme et enfants, est exhibé star d’un soir dans This is your life (C’est votre vie), une émission de divertissement, présentée par Ralph Edwards, qui fait les beaux jours de NBC entre 1951 et 1962.

Les producteurs lui organisent une rencontre surprise, à la “Sacré soirée“, avec un invité mystérieux. Lorsque la porte s’ouvre le Japonais découvre Robert Lewis, co-pilote de l’Enola Gay, l’avion B-29 qui a largué la bombe nucléaire, à qui il n’a d’autre choix que de serrer la main. Interdit mais contraint de faire bonne figure, Kiyoshi porte un regard hébété, empli d’une profonde tristesse qui soulève le coeur. La caméra américaine ne s’y attarde d’ailleurs pas…

Et même soixante-dix ans après, l’image s’inscrit comme une blessure supplémentaire infligée au nom de la société du spectacle. Un documentaire qui remplit parfaitement un devoir de mémoire, primordial, à ne surtout pas rater.

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Vidéo : La face cachée d’Hiroshima

La catastrophe de Fukushima éclaire d’un jour nouveau l’histoire du nucléaire : le Japon a été deux fois victime de l’atome, à 66 ans d’intervalle. Le 6 août 1945 : la première bombe atomique de l’Histoire détruit une ville entière en quelques secondes. Avec la bombe au plutonium lâchée sur Nagasaki 3 jours plus tard, l’humanité entre dans l’ère nucléaire. L’histoire officielle, écrite après-guerre par les autorités américaines, est celle du “Mal nécessaire” : il fallait utiliser la bombe pour terminer la guerre. Mais derrière la version des manuels scolaires et des films de propagande se cache une autre histoire.

“La Face cachée de Hiroshima” revient sous un angle inédit sur les premières explosions atomiques de l’Histoire de l’humanité, Hiroshima et Nagasaki. Il propose une immersion historique saisissante depuis les coulisses du Projet Manhattan jusqu’aux recherches secrètes menées au Japon, pendant plusieurs décennies, sur les effets de l’irradiation.
Le fil conducteur est l’histoire fascinante des scientifiques qui ont conçu la bombe nucléaire dans le plus grand secret, en concluant un pacte avec les militaires et les industriels, une relation qui va mener le monde au feu atomique. Ce film d’investigation raconte l’entrée du monde dans l’ère nucléaire en se basant sur une collection unique d’archives américaines et japonaises.

52 réponses à Pourquoi la sécurité nationale n’a rien à voir avec la sécurité, par Noam Chomsky

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Macarel Le 06 août 2015 à 09h05

On peut voir encore sur Arte replay un documentaire sur cet homme et son rôle dans “l’incident” de 1983.

Un homme qui a sauvé l’humanité d’une destruction assurée, mais qui refuse d’être considéré comme un héro. Les vrais héros sont humbles.
Et il ne faut surtout pas lui parler des politiciens…

  1. Alain Le 06 août 2015 à 06h43
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    Il faut faire remonter le ciblage délibéré des civils bien plus tôt: déjà en 1695 le maréchal de Villeroy procéda au bombardement de Bruxelles non pour s’emparer de la ville (qui n’avait pas de garnison et une fortification totalement obsolète) mais pour tenter d’attirer les troupes qui assiégeaient la garnison française de Namur (en pure perte).

    Le prétexte officiel fut les représailles contre les bombardement maritime des villes côtière française par la flotte anglaise, bombardements faisant eux§mêmes suite à la guerre de course menée par les Français.

    Rien de neuf sous le soleil


  2. Crapaud Rouge Le 06 août 2015 à 07h23
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    Pas le temps de lire, le boulot attend, mais j’ai déjà relevé ça : “Pourtant aux États-Unis, la seule bombe nucléaire dont vous entendrez jamais parler est celle de l’Iran“. Autrement dit, les discours politiques n’ont rien à envier aux théories religieuses : ils sont complètement à côté de la réalité, dans tous les domaines, et ce en dépit des fantastiques moyens de communication dont on dispose, paraît-il.


  3. Crapaud Rouge Le 06 août 2015 à 07h33
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    dans l’hystérie extraordinaire de l’époque, c’est à peine si celles-ci auraient pu même être perçues” : mais l’hystérie continue ! Elle a pour cadre et fondement le rejet viscéral du communisme, rejet qui se fonde lui-même sur celui de la réalité des autres.


  4. Crapaud Rouge Le 06 août 2015 à 07h55
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    D’après le Canard qui a visionné le documentaire avant moi, la seconde bombe a été lancée uniquement pour prouver que le plutonium avait autant d’effets que l’uranium…


    • Alfred Le 06 août 2015 à 09h00
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      Ce Stanislav Petrov devrait être vénéré partout dans le monde comme un héros de l’humanité (et les dirigeants us successifs hais comme des psychopathes d’envergure mondiale).
      Le jour ou l’histoire de ce Petrov sera enseignée dans toutes les écoles du monde on aura fait un grand pas vers le désarmement et la sécurité véritable.


      • Macarel Le 06 août 2015 à 09h05
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        On peut voir encore sur Arte replay un documentaire sur cet homme et son rôle dans “l’incident” de 1983.

        Un homme qui a sauvé l’humanité d’une destruction assurée, mais qui refuse d’être considéré comme un héro. Les vrais héros sont humbles.
        Et il ne faut surtout pas lui parler des politiciens…


      • Adrien Le 06 août 2015 à 10h23
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        problème : ça serait acter que la désobéissance est un devoir de chacun, même à l’armée… Je ne suis pas sûr que beaucoup de dirigeant aiment ce genre de valeur, malheureusement.


  5. Bardamu Le 06 août 2015 à 10h57
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    A la lecture de cet article on se dit que le pays qui menace le plus la paix dans le monde est..

    http://www.lepoint.fr/insolite/le-pays-qui-menace-le-plus-la-paix-est-les-etats-unis-24-03-2015-1915284_48.php


  6. Christian Durante Le 06 août 2015 à 11h20
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    Pour info, un très grand film, “Pluie noire” (Kuroi Ame), de Shohei Imamura (1989, 123 mn).
    Le 6 août 1945, une adolescente voyageant à bord d’un ferry-boat est touchée par la pluie noire consécutive à l’explosion atomique d’Hiroshima. Elle débarque à Hiroshima. Ce film, en noir et blanc, raconte et montre l’horreur des civils ne comprenant pas ce qui leur arrive, la panique et, de façon très concrète, les conséquences physiques de cette bombe.
    Avec beaucoup de pudeur et de retenue, on assiste à la vie de cette miraculée contaminée.
    Bouleversant.


  7. Yann Amar Le 06 août 2015 à 11h33
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    Chomsky s’est fait le chantre de la dénonciation de l'”occident terroriste” ! Quel courage ! http://www.letemps.ch/Page/Uuid/5bbe2b10-10e5-11e5-bce4-0f8872f43eca/Noam_Chomsky_raconte_lOccident_terroriste


  8. samuel Le 06 août 2015 à 12h07
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    Malgré les bas instincts de l’homme depuis l’age de pierre, de la conquête de l’ouest ou du cinéma muet, j’espère que l’histoire ne se répète pas avec les produits dérivés, surtout avec un tel arsenal nucléaire et monde financier à la fois. Mais bon si c’est une question de sécurité nationale pour la seule raison de l’homme moderne ou plus dans le vent.


  9. Macarel Le 06 août 2015 à 12h40
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    Il y a deux sortes d’hommes, ceux qui veulent améliorer notre connaissance du monde dans lequel l’on vit. Et ceux qui voient dans les découvertes un moyen d’augmenter leur pouvoir sur leurs congénères.
    Le problème, c’est que ce sont les seconds qui dirigent le monde. Même si les premiers ont ouvert la boîte de Pandore, sans intention de nuire à leur semblables, au nom de la connaissance désintéressée, il n’en demeure pas moins que ce sont les seconds qui utilisent ces connaissances pour faire des armes ou du profit.
    Une fois que la boîte de Pandore est ouverte, il est impossible de revenir en arrière.
    C’est exactement ce qui s’est passé avec le nucléaire, et il est étonnant qu’il n’y ait pas eu plus d’accidents depuis que l’on est entré dans l’ère des armes nucléaires, vu le nombre phénoménal de missiles et d’ogives en service. Stanislav Petrov, semble avoir sauvé l’humanité d’un désastre nucléaire en 1983.

    http://www.arte.tv/guide/fr/039911-000/guerre-froide-l-homme-qui-sauva-le-monde?autoplay=1

    L’on pourrait citer son compatriote Vassili Arkhipov, qui pendant la crise des missiles de Cuba, s’opposa à l’envoi d’une torpille à tête nucléaire contre un navire américain, évitant au monde une guerre nucléaire.
    Par deux fois des officiers russes ont évité “la fin du monde”, mais il suffirait d’une mauvaise décision, une fois, et l’humanité pourrait être rayée de la surface de cette planète.


    • Louis Robert Le 06 août 2015 à 16h12
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      “Il y a deux sortes d’hommes, ceux qui veulent améliorer notre connaissance du monde dans lequel l’on vit… ont ouvert la boîte de Pandore, sans intention de nuire à leur semblables, au nom de la connaissance désintéressée…”

      +

      Macarel, cette fois-ci, je ne partage pas votre point de vue. J’estime que l’on peut montrer avec une facilité déconcertante, au moyen d’exemples connus de tous (ou presque) que votre énoncé est faux, notamment sur le nucléaire… Comme certains répétaient si souvent, il n’y a pas si longtemps encore: “La science”, comme tout le reste en ce monde, “n’est pas “innocente”.” La science pour la science, l’art pour l’art… ce sont fictions qui, elles-mêmes, ne sont pas du tout “innocentes”.

      Non, nous sommes tous non pas coupables, mais bien responsables de l’état de ce monde devenu fou. TOUS, nous tous, responsables!


      • Macarel Le 06 août 2015 à 18h54
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        Nous sommes tous responsables, mais nos dirigeants ne sont pas coupables. 😉

        Je pense que ce que vous dites est vrai particulièrement aujourd’hui où la science n’est plus envisageable que d’un point de vu utilitariste, et ou la recherche qui nécessite de gros budgets est financée soit par les Etats, soit par des Multinationales. Par contre, je persiste à penser qu’un certain nombre de savants qui ont marqué l’histoire de la science de façon remarquable, étaient avant tout mus par leur désir de percer certains secrets de la nature, sans pour autant avoir des préoccupations purement utilitaristes. Tout comme, certains artistes ont produit des oeuvres remarquables, sans en tirer fortune de leur vivant. Je pense pour la science à Albert Einstein, et pour l’art à Vincent Van Gogh.
        Ce n’est que parce que les allemands menaçaient d’avoir la bombe atomique avant les alliés, qu’Einstein, sollicité par Léo Szilard, s’est fendu d’une lettre à Truman, lui demandant de développer une bombe atomique, ce qui déboucha sur le projet Manhattan.
        Les allemands vaincus avant d’avoir la bombe, Szilard, essaya de convaincre le pouvoir américain d’arrêter le développement de la bombe en vain, il était trop tard.
        Quant à Van Gogh il vécu une vie , plutôt misérable et difficile, et pour cause il refusait de voir l’art comme une marchandise. ce n’est que plus tard, après sa mort que ses oeuvres ont atteint des prix exorbitants sur ce fameux marché de l’art.
        Je pense que les choses ne sont pas aussi simples, que ce que vous semblez penser.


        • Macarel Le 06 août 2015 à 18h59
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          Par contre aujourd’hui, où l’argent est roi, certains “artistes” produisent des “oeuvres” sans autre but que de gagner beaucoup d’argent. Des oeuvres qui selon moi n’ont rien à voir avec le génie d’un Van Gogh, par exemple.


        • Serge Le 07 août 2015 à 00h51
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          Einstein,celui qu’on a fait inventeur de la relativité restreinte,alors que la primauté revient à Poincaré …


      • Macarel Le 06 août 2015 à 19h15
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        Je pense aussi à Alexandre Grothendieck, qui a été selon ses pairs, l’un de plus grands mathématiciens, sinon le plus grand du XXième siècle. Qui s’est toujours refusé à ce que ses travaux servent à des applications militaires. Qui a même “mis les scellés” sur un certain nombre de caisses de ses travaux théorique, et qui sur la fin de sa vie, s’est retiré du monde dans un petit village de l’Ariège. Non je pense qu’il existe ou a existé des gens qui ont été animés par la soif de comprendre,de connaître, sans pour autant être dévorés par le désir irrépressible de dominer le monde.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Grothendieck

        Le monde fou dans lequel nous vivons a été fait par les psychopathes animés du seul désir de puissance, et par la volonté de domination brutale.


      • Macarel Le 06 août 2015 à 19h43
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        Je vous renvoie aussi, à l’excellent livre de l’astrophysicien Christian Magnan :

        “La science pervertie” l’Harmattan

        http://www.lacosmo.com/

        “Cette perversion est peut-être le symptôme d’une maladie plus générale de la science de l’Univers car le soucis de connaissance de la recherche semble subordonné à un désir de maîtrise du monde et de productivisme effréné qui risque de la rendre stérile. En cela la science est le reflet d’une société basée sur la recherche aveugle du profit et l’esprit de domination.Pour changer la science, ne faut-il pas changer la société et en bâtir une nouvelle où soit reconnu le droit à la différence et à l’égalité entre les femmes et les hommes de tous les pays ?”<

        Quant à Alexandre Grothendieck, je vous renvoie à l’ouvrage “Survivre et vivre, critique de la science et naissance de l’écologie”

        Dans l’après 68, Survivre et vivre, le mouvement de scientifiques critiques rassemblés autour du grand mathématicien Alexandre Grothendieck, dénonce la militarisation de la recherche et l’orientation mortifère du développement technoscientifique. Rapidement devenus les fers de lance d’une fronde antiscientiste, ces “objecteurs de recherche” sont des acteurs de premier plan dans l’émergence du mouvement écologique français. Aux côtés de Pierre Fournier, ils participent à l’essor du mouvement antinucléaire.

        http://www.reporterre.net/Survivre-et-vivre-retour-sur-le

        Evidemment, l’on ne parle pas de ces gens là dans nos médias au service des puissants, des requins, et des psychopathes obsédés par l’argent et le pouvoir. Mais ces gens là existent, ont existé et sont l’honneur d’une humanité, qui par ailleurs est bien décevante.

        C’est sans doute parce qu’il n’attendait pas, plus grand chose, en terme de sagesse, de ses congénères que
        Grothendieck, sur la fin de sa vie, s’est retiré de la société des hommes.


        • Louis Robert Le 06 août 2015 à 21h12
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          Merci d’avoir pris le temps de répondre, Macarel. Vraiment, vous me comblez.

          Pour faire court (sans être simpliste…), ce que je tente d’exprimer ici est que nous avons la responsabilité de nous interroger sur les conséquences possibles (?), prévisibles (?), probables (?), inévitables (?), etc. de nos actes à titre de scientifique, d’artiste, etc. … plutôt que de jouer aux “innocents” tels les petits enfants qui n’ont pas encore atteint ce qu’on appelle “l’âge de raison”. Devant la possibilité de conséquences néfastes, voire catastrophiques pour l’humanité, à l’horizon de nos découvertes, productions, œuvres, etc., notre devoir est vraisemblablement de refuser tout net, alors, d’ouvrir cette boîte de Pandore dont vous écriviez.

          Soyons sérieux un seul instant: lorsqu’une grande majorité de scientifiques s’épuisent à seule fin de voir leurs recherches financées puis exploitées par des multinationales dont ils ne peuvent ignorer la nature des activités aux conséquences on ne peut plus douteuses pour le bien-être de l’humanité, ils ne peuvent prétendre que le produit de leur travail n’est pas plus délétère qu’une sucette… et que ce que l’on fait de leurs découvertes et travaux ne les regarde pas. Ni coupables, ni responsables… tout bonnement “innocents” Votre Honneur!

          L’exemple que vous nous donnez d’Alexandre Grothendieck est on ne peut plus éloquent relativement à cette responsabilité dont je parle. Qu’a-t-il fait? Il “s’est toujours refusé”, dites-vous, “à ce que ses travaux servent à des applications militaires, a même “mis les scellés” sur un certain nombre de caisses de ses travaux théoriques, et, sur la fin de sa vie, s’est retiré du monde dans un petit village de l’Ariège.” Si chacun avait (à peu près) ce degré d’intégrité, ce courage de dire catégoriquement “non!” au Pouvoir et de s’y tenir, à savoir de se retirer, de disparaître si nécessaire, comme tant de personnes illustres l’ont fait dans les temps anciens… alors notre monde de fous furieux adeptes de l’autodestruction ne serait jamais né, et nous ne serions pas menacés d’extinction.

          Longtemps, et tout récemment encore (Vietnam), il fut dit et répété partout de par le monde que les crimes de l’Empire, de guerre et contre l’humanité, n’attestaient que de son ‘”innocence”… qu’il aurait perdue, disait-on, au lendemain de sa lamentable “déconvenue” au pays de l’oncle Ho et de Nguyen Giap… J’ai toujours pensé et je continue de penser que c’est ainsi que l’Empire tentait (et tente parfois encore) d’échapper à ses responsabilités criminelles, reconnues et condamnées par l’ensemble du monde civilisé.

          Je suggère tout simplement que nous tentions, chacun d’entre nous, de faire mieux que de tels faux “innocents”.

          Au plaisir!


  10. Vassili Arkhipov Le 06 août 2015 à 13h31
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    Un joujou comme ça est fait pour être utilisé. Tôt ou tard. Volontairement ou pas. Par des démocraties, des dictatures ou des terroristes. Maîtriser ses instincts quand on parle de ce genre d’armements (Bombe H aussi) c’est tout simplement se mettre autour d’une table et démanteler multilatéralement tous les arsenaux, et mettre les plans des bombes aux chiottes avant de tirer la chasse.
    Mais comme c’est impossible, vous pouvez être sûr qu’un jour ça repètera, faut juste espérer qu’on sera déjà morts (ou pas dans le coin).


  11. olivier imbert Le 06 août 2015 à 14h36
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    que les armes et le niveau de connaissance acquis pour la guerre reste l’insécurité et la source de l’insécurité dans la société civile, en effet; mais que les directions politiques soient aussi menteuses qu’imbéciles d’un côté comme de l’autre, cela me paraît un point de vue intellectuel défaillant qui oriente mal l’ensemble du propos…Chez les journalistes et cet aspect pour la guerre contemporaine pour l’information cela peut paraître un point de vue ironique qui produit une analyse; mais d’un point de vue historique il faut un autre point de vue que cette ironie du voltairien, même un peu convenablement “lettres persanes” alors que le reste des agences de presse ou des groupe de presse eux seraient faussement lettre persane mais réellement apologue du goût par le monde ou l’œuvre d’art vaut comme une valeur financière privée.


  12. Louis Robert Le 06 août 2015 à 15h58
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    « Les décideurs devraient s’abstenir d’être trop rationnels… Il est désavantageux de se représenter comme trop rationnels et maîtres de soi…»

    +++

    Après Lord Acton, dit-on, on répète communément que le pouvoir tend à corrompre et que le pouvoir absolu corrompt absolument. Il faudrait désormais insister aussi sur le fait que le pouvoir rend fou, alors que le pouvoir hégémonique rend fou furieux.

    Chuang Tse:

    “Nous avons entendu dire qu’en temps d’ordre, les Anciens n’esquivaient pas les charges, mais qu’en temps de désordre ils ne faisaient rien pour se maintenir en place. Actuellement, le monde est dans les ténèbres: la vertu… est en décadence. Mieux vaut nous retirer… que de nous salir au contact des usurpateurs…

    C’est seulement à celui qui se désintéresse du gouvernement du monde qu’on peut confier le monde.

    Les êtres humains par excellence vivent cachés sous les rochers abrupts des grandes montagnes.”

    (Œuvres complètes, Gallimard/UNESCO)


  13. RosettaPhilae Le 06 août 2015 à 16h54
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    Bon… je ne voudrais pas défendre les Américains, mais le Japonais de l’époque étaient sacrément gratinés avec leurs kamikazes.
    La version officielle qui n’est pas mentionnée dans l’article est que les Américains avaient 6 bombes atomiques. Quelques jours avant Hiroshima, ils ont demandé aux Japonais de capituler en les menaçant. Ils ont refusé. 1ère bombe Hiroshima. Ils ont demandé aux Japonais de capituler une 2ième fois. Refus des Japonais. 2ième bombe Nagasaki. Nouvelle demande de capitulation. Nouveau refus des militaires, mais cette fois l’Empereur lui-même accepte la capitulation du Japon.
    Il faut reconnaître que les Japonais étaient prêts à se battre jusqu’à la mort. Sans les deux bombes atomiques, les Américains auraient eu un nombre incalculable de morts pendant des mois. Il faut dire que les Américains ont eu beaucoup de chance. Les Kamikazes attaquaient les bateaux de guerre l’un après l’autre, ce qui était une erreur car ils étaient généralement abattus l’un après l’autre. Comme ils ne revenaient pas, personne n’avait pu leur conseiller d’attaquer à 3 kamikazes simultanément. S’ils avaient eu cette idée, la flotte de guerre Américaine aurait été décimée. Ce genre de considération est à prendre en compte. Les Japonais auraient pu gagner. Le fanatisme était leur force et leur faiblesse.


    • seb Le 06 août 2015 à 18h02
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      Bonjour RosettaPhilae
      tu refais vite l’histoire. Regardes plutot des vidéos sur les jours qui ont précédé les 2 bombes.
      dans les faits, les américains souhaités une capitulation totale du Japon. qd je dis total, j’entends que la japon devait donner les clés de la maison aux américains.

      L’empereur Japonais ne pouvait pas accepter une telle demande (cf postdam). il missionna l’envoi d’un émissaire à Moscou. Il est dit que l’empereur souhaitait rendre les armes et été prêt a capituler mais il était hors de question pour lui de céder son pays, son économie, ses armés…
      un groupe de l’armée russe se mis donc en marche vers le japon pour recevoir la capitulation de la chine. lorsque les américains ont decouvert cette information, ils ont décidé de l’utilisation de l’arme nucléaire afin d’obtenir avant les russes la capitulation, la soumission et l’humiliation qu’ils ont fait subir aux japons jusqu’à aujourd’hui. Il faut bien voir qu’à l’epoque, les états unis était deja en guerre contre le communisme. il fallait l’endiguer mais surtout tuer la russie, autre grande force économique et militaire de l’époque.


      • RosettaPhilae Le 06 août 2015 à 21h46
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        C’est vrai. Je voulais simplement signaler que les Japonais n’étaient pas des bisounours. C’est tout. Ils sont tout de même devenus l’une des 3 premières puissances mondiales par la suite, ce qui est mieux que les pays satellites du camarade Staline. Ceci étant, c’est vrai que les Américains sont des enfoirés, mais il faut nuancer… ils respectaient De Gaulle parce que De Gaulle savait se faire respecter. Faut pas tout leur mettre sur le dos non plus. Lorsque Chirac a eu l’illumination de s’opposer à la guerre en Irak, ils ont fait la gueule, mais ils n’ont pas trop bronché. Il faut avoir la volonté de se faire respecter d’eux sans humilier personne.


        • Georges Le 07 août 2015 à 14h58
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          @ RosettaPhilae
          Je vous cite :

          “Lorsque Chirac a eu l’illumination de s’opposer à la guerre en Irak, ils ont fait la gueule, mais ils n’ont pas trop bronché. Il faut avoir la volonté de se faire respecter d’eux sans humilier personne.”
          ———
          Les USA ont mis un embargo sur certaines pièces décisives pour des appareils français suite à l’intervention de M.Villepin à l’Onu.

          Cet embargo a été levé seulement après l’implication de la France en Afghanistan.

          Je pense que c’est sur un vieux billet de ce site que j’ai lu ça. C’était une communication d’un général français devant le sénat (avec des commentaires sur EI très intéressant, mais c’est hors sujet).


    • Javier Le 06 août 2015 à 18h15
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      Je ne sais pas si vous êtes pro américain ou non, une chose est sûre vous ne connaissez rien au Japon ni à la guerre du pacifique. documentez-vous.

      Pour vous corriger rapidement:

      – les alliés n’ont pas simplement demandé la capitulation mais exigé une capitulation sans conditions, ce qui est légèrement différent, surtout dans une dictature, toutefois sans les prévenir qu’en cas de refus le feu nucléaire américain tout comme les troupes soviétiques s’abatteraient sur eux. Le fait que leur chefs, sur lesquels ils n’avaient aucun controle, aient refusé la paix ne justifie pas le massacre de civils.

      – les japonais fanatiques: la meilleure ineptie malheureusement si répandue qu’on l’enseigne en cours d’histoire. Venez au Japon vous comprendrez que la pression sociale ainsi que le sens de l’honneur sont largement suffisants pour faire bouger les gens comme on le souhaite. Pas besoin en plus de les faire passer pour des débiles qui croient toutes les salades qu’on leur raconte.

      – “les japonais étaient gratinés avec leur kamikazes”: oui, un programme désespéré de la part de l’armée, soit disant basé sur le volontariat mais ou en réalité le choix n’existait pas puisque ceux qui refusaient étaient envoyés au front dans des zones où ils avaient 99% de chances d’être décimés. De plus cette technique était largement inefficace puisque les armes développées par la suite par les américains ont eu très facilement raison d’avions fonçant sur eux, plus lents et plus faciles à viser que des missiles. Mais les dirigeants, grisés par quelques succès des premiers kamikaze, principalement dus à l’effet de surprise, ont refusé de le reconnaître. Ainsi les principales victimes du programme kamikaze furent les japonais eux-même. Justifiez vous donc les massacres de Hiroshime et Nagasaki par les pertes de soldats japonais?

      -les américains auraient eu un nombre incalculable de morts: l’argument le plus illogique mais qui sert de justification principale au largage des bombes (car Truman voulait se donner bonne consicence – les américains font le mal non par envie mais par nécessité, ne l’oublions pas). Rien n’obligeait les américains à envahir le Japon. En effet, pas un civil américain n’est mort durant cette guerre, les armées japonaises étaient exsangues et incapables de maintenir ce qu’il leur restait de territoire, le pouvoir impérial était prêt à négocier la fin de la guerre. Une paix négociée aurait pu éviter ET les morts de GI ET les massacres de Hiroshima et Nagasaki (plus le largage en série de bombes incendiaires sur la plupart des villes japonaises, qui fit bien plus de mort sur la durée que les bombes A)

      … et bon, la théorie de l’attaque simultanée à trois qui aurait pu être plus efficace que l’attaque individuelle, sur des navires qui disposaient de dizaines de canons anti kamikaze et en plus étaient protégés par l’aviation américaine, ne prenez pas les gens pour des imbéciles


      • RosettaPhilae Le 06 août 2015 à 22h20
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        Que vous le vouliez ou non, les Japonais étaient des fachos alliés d’Hitler avec une théorie de la supériorité de la race Japonaise. Les Chinois en savent quelque chose. L’Empereur aurait pu être jugé pour crimes de guerre selon moi. Ceci étant les Américains sont des enfoirés mais il faut nuancer.


        • Azza Le 07 août 2015 à 12h41
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          L’empereur ne l’a pas ete justement parceque les Americains n’avaient pas un si gros probleme que ca avec les crimes japonais et leur racisme. Pour eux, le plus important etait de controler le Japon et l’Allemagne (les deux grandes puissances industrielles du monde, au passage tous deux des pays de famille-souche, comme l’explique Todd, situees chacune a un bout d’une Eurasie dont le coeur, Russie et Chine, etaient ou allait etre communistes).


    • aleksandar Le 06 août 2015 à 18h45
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      C’est faux.
      Il y a eu préalablement plusieurs demande d’armistice faites par les japonais qui ont toutes échouées, les américains demandant, comme préalable, le destitution de l’empereur et la création d’une république japonaise, ce qu’aucun japonais a l’époque ne pouvait accepter.
      En ce qui concerne les kamikazes, les japonais n’avaient plus les moyens techniques et les ressources pour construire des avions, cette technique était déjà inutilisable.
      Rien n’empêchait les américains de faire le blocus du japon et d’attendre que le fruit tombe.
      Mais comme l’a dit Truman : ” Avec tout l’argent qu’a couté cette bombe, il fallait bien qu’on vérifie que ça marche ! “.


      • Azza Le 07 août 2015 à 12h43
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        Pourquoi n’ont ils pas simplement lache leur bombe au large de la baie de Tokyo ? Les japonais auraient pu en voir les effets sans trop de difficultees sans pertes.


    • Xavier Le 06 août 2015 à 19h50
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      On imagine au deuxième round d’un combat de boxe un type dire à son adversaire : “tu as vu, je suis le plus fort, tu ne tiendras pas 12 rounds alors abandonne sinon je sors un flingue et je te tue…” ?!…

      La réthorique des défenseurs des USA m’étonnera toujours dans cette histoire, c’est un crime de guerre caractérisé, mais seul le vainqueur écrit l’histoire…


    • Louis Robert Le 06 août 2015 à 21h58
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      RosettaPhilae, je vous en prie, parcourez “The Untold History of the United States” par Oliver Stone et Peter Kuznick, tout particulièrement le chapitre 4, intitulé: “The Bomb: The Tragedy of a Small Man.”

      Cette guerre était gagnée avant que ne soit utilisée l’arme atomique contre le Japon. Son utilisation visait un tout autre but que de gagner la guerre: “The atomic bomb did not end the war with Japan, it was a threat to the Soviet Union that the US would dominate the post-war world”.

      http://therealnews.com/t2/index.php?option=com_content&task=view&id=31&Itemid=74&jumival=9892

      Voici le lien vers le vidéo portant sur “The Bomb”: “Oliver Stone’s Untold History of the United States [3/10]”

      http://videosift.com/video/Oliver-Stones-Untold-History-of-the-United-States-3-10


      • FifiBrind_acier Le 07 août 2015 à 07h03
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        Les bombes nucléaires sur Nagasaki & Hiroshima, comme les destructions de Dresde, Caen ou le Havre, n’avaient pas pour but de détruire des objectifs militaires.
        Elles ont fait des centaines de milliers de victimes civiles.
        Mais l’URSS venait de déclarer la guerre au Japon et rapidement a envahi la Mandchourie.
        Il n’était pas question pour les USA de leur laisser le bénéfice de la capitulation japonaise.

        Les vraies raisons de la destruction Hiroshima sont politiques, pas militaires.
        Il s’agissait de commencer la guerre froide en faisant peur à l’ URSS.
        .
        http://www.dissident-media.org/infonucleaire/raisons.html

        La version officielle faisait du Japon une victime, alors que ses guerres étaient des crimes de guerre de grande ampleur, et l’ Empereur passible d’un Tribunal de guerre.

        Et cela arrangeait les USA qui s’engageait dans la guerre froide contre l’ URSS.


        • Charlie Bermude Le 07 août 2015 à 23h40
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          C’est vrai que c’est étrange ces choix de bombardement . y a autre chose que je trouve étrange . Hiroshima çà peut encore se rationnaliser , véritable centre militariste au Japon . Mais Nagasaki ? Nagasaki était le port de débarquement des Jésuites , véritable pont de l’occident ( quoique catholique ) , ville de style occidental et acquise à l’Occident .
          Méme chose pour Dresde , joyau de l’art baroque , réussite Jésuite .
          Association d’idée , me revient en mémoire , une image dans un livre de Thomas Mann sur la montée du nazisme , annoncée par un religieux civil tout en noir , je ne me souviens plus du titre du livre . Peut étre y a t il aussi une réminiscence des guerres de religion Protestants/Catholiques .


  14. soleil Le 06 août 2015 à 16h56
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    il n’y a pas de progrès, mais une volonté de revanche aux USA. Les americains sont toujours les plus forts, ils ont concurrencé l’urss. Hiroshima et Nagasaki étaient un test.


    • samuel Le 06 août 2015 à 18h49
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      Je ne sais si les USA sont toujours les plus forts avec les rois du pétrole, malheureusement l’Arabie Saoudite surclasse bien des pays en matière d’esclavage, elle pourrait bien acheter des armes nucléaires, l’Arabie Saoudite a aussi beaucoup de sang sur les mains avec les premiers intérêts de l’Occident.


  15. Parousnik Le 06 août 2015 à 17h41
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    Ce ne sont pas des armes nucléaires qui ont tué des millions d’être humains Afghanistan, Irak, Libye, Yemen, Ukraine etc… au cours de ce 21e siècles.. pourtant, jeunes vieux femmes enfants sont morts. Les armes atomiques sont la fierté de l’humanité certes, mais certainement pas celles qui tuent le plus de nos jours. Doit on avoir plus peur d’une bombe A ou d’un missile conventionnel, je ne sais pas si ceux qui qui en sont victimes font une différence lorsqu’ils en meurent en tout cas pour eux c’est toujours la fin du monde….


    • Louis Robert Le 06 août 2015 à 20h22
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      Je partage votre sentiment, Parousnik, mais… oui, il y a un “mais”, parce qu’il y a une différence… Les armes nucléaires peuvent anéantir notre monde en entier, et plusieurs fois plutôt qu’une. C’est le plan B vers “la sixième extinction” — Elizabeth Kolbert.

      Je sais, nous n’y serons plus pour prendre connaissance de cette différence et, au besoin, pour nous en plaindre, mais… encore un “mais”… les extraterrestres, eux (y avez-vous pensé?), témoigneront qu’il y en avait bien une, non pas marginale mais essentielle.

      Nous devons donc, cela est clair, “avoir plus peur de… que” du bâton du dernier survivant, le cas échéant. (CQFD) — Ray Bradbury, “A Piece of Wood”, in Thirteen Modern English and American Short Stories, Le Livre de Poche.


  16. SanKuKai Le 06 août 2015 à 18h07
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    “La guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas.” (Paul Valéry).

    Or les retombées nucléaires (tout comme les virus et attaques bactériologiques), ne font pas (encore) la distinction entre riches ou pauvres, gouvernants ou sans dents…


  17. thmos Le 06 août 2015 à 19h14
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    Depuis le 6 juin 44 observons la politique étrangère américaine : C’est tout simplement accablant, invasions, pillages, attaques démesurées contre des peuples toujours pauvres et démunis, coups d’état sanglants, destruction ( la stratégie de l’anéantissent – vs contrôle des ressources et des populations, soit les buts de guerre “normaux” – est un concept moderne et américain : LeMay souhaitait anéantir l’Allemagne par bombardements aériens ) Aujourd’hui les US espionnent ( pas seulement nos politiques – rien à découvrir- mais toutes les PME , RetD, ingénieux de tous poils, bilans, brevets etc ) … Consultons calmement ces faits, notre Histoire puis opposons les dangers évoqués, supposés en face des actes réels factuels accomplis par l’Iran, ou la Russie ( 25 ans après l’ URSS ) et autres ennemis désignés… Pourquoi y a t il tant de gros hélicos de l’USAF qui tournent en Provence en 2015 ? y a t il une guerre ?


    • RosettaPhilae Le 06 août 2015 à 22h06
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      Pour moi, l’idée selon laquelle les US seraient responsables de tous nos malheurs, de l’Euro et de l’UERSS etc.. etc… est folle. Nous avons notre part de responsabilité et nous devons lutter par nos propres forces pour retrouver notre souveraineté. Une fois que nous l’aurons, il faudra parler aux US avec calme, force et détermination. C’est tout. Il n’y a pas le diable d’un côté et les saints de l’autre. Si vous discutez avec nos anciens colonisés, les Américains c’était la France. Donc il faut être fort.


  18. Charlie Bermude Le 06 août 2015 à 21h58
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    Je me demande là si Chomsky , il en fait pas trop , en invoquant l’Apocalypse .
    D’accord faut pas jouer avec le feu , mais l’Ukraine çà se tasse . Mac Cain on l’entend plus . Nuland est allée faire pénitence à Moscou et Kerry lui a montré l’exemple en Crimée .
    A moins que Chomsky soit plus Américain que nous et pense plus à l’Asie et au Pacifique .
    Là en effet y a du souci . Si les Japonais à l’époque ont couté autant de vies des boys , qu’est ce qu’il en serait de 1.5 milliards de Chinois , doté de fusées et armes nucléaires ? Sauf solution Mac Arthur . 15 bombes H bien placées .
    Néamoins il me semble que Chomsky est à coté de la plaque . Le palmarés des horreurs est au Moyen Orient , pas dans les iles Spratleys .
    Les boats peuples du moment sont en Méditerranée . Pourquoi nous distraire ?


    • Georges Le 07 août 2015 à 15h14
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      @Charlie Bermude

      Je vous cite : “Chomsky est à coté de la plaque” ….. “Pourquoi nous distraire ?”

      C’est le genre de phrase qu’il ne faut pas marquer. Parlez de vos propres points de vue, mais laissez les autres s’intéresser à certains points de vue.

      Je pense que vous êtes un troll assez sophistiqué. Le problème de l’arme nucléaire, au moment du 70 ème anniversaire d’Hiroshima et Nagasaki n’est pas fait “pour nous distraire”. Le problème de l’arme nucléaire est toujours actuel.
      ——–
      Faites votre blog et n’y proposez pas Chomsky, afin d’éviter d’être “à côté de la plaque” comme vous le souhaitez.

      Par simple logique, ce n’est pas parce que il y a d’autres problèmes, qu’il ne faut pas parler de certains problèmes.

      N’oubliez surtout pas que Chomsky a de très sérieuses références intellectuelles, des analyses pointues, et des références d’informations on ne peut plus fiables.
      A vous de jouer avec vos compétences sur votre futur blog (et au passage encore une fois merci à O.B et son équipe pour ce site).


  19. Charlie BECKMAN Le 06 août 2015 à 22h27
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    Lors de l’abomination du 6 et 9 aout 1945, l”écrivain Albert Camus disait que l’humanité était arrivée à son dernier degré de sauvagerie. Compte tenu des faits dévoilés dont celui de pulvériser et carboniser des populations civiles pour tester in vivo des nouvelles armes, le qualificatif sauvagerie devient un euphémisme et définir par le terme démoniaque serait plus adéquat.
    Les théoriciens du complot américains dont Alex Jones déterminent l’élite et le gouvernement de leur pays de sataniste. On a beau avoir l’esprit “rationnellement cartésien” et en sourire mais les faits sont obstinément têtus. Créer le risque de désintégrer une planète pour y planter un drapeau est mine de rien du nihilisme d’autant plus que selon cette article ce gouvernement se moque également de sa propre population.
    Les rejets des propositions soviétiques de désamorcer cette tension bipolaire de la guerre froide qui pouvait aboutir à une guerre brûlante notamment celle de Staline, la réunification de l’Allemagne, n’allait pas dans le programme de conquête mondiale de la multipieuvre internationale qui parasite et lobotomise la plus grande puissance économique et militaire mondiale pour instrumentaliser La RFA qui devait être le cheval de Troie de la vassalisation économique et politique de l’Europe.


  20. Nosto Dramus Le 06 août 2015 à 23h28
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    “Et bah tant mieux, on crèvera tous !”

    https://www.youtube.com/watch?v=fiKnyP67C7k

    Quand le passé guide le présent et vice-versa.


  21. Serge Le 07 août 2015 à 00h39
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    Sans avoir une complaisance particulière envers l’impérialisme guerrier japonais de l’époque,on peut néanmoins légitimement se poser la question : pourquoi ni Truman,ni les EU n’ont-ils jamais été condamnés pour crime contre l’humanité pour avoir sciemment et volontairement tués ces milliers de civils ?
    Je dis bien,crime contre l’humanité,et pas seulement,crime de guerre !
    Pourquoi on n’ose-t-on même évoquer pas l’éventualité d’un procès ,alors que cet empire ose donner des leçons de droits de l’homme et de moraline au monde entier pour justifier leurs propres intérêts ?
    L’argument qui consiste à justifier cela en disant qu’il fallait abréger la guerre pour qu’il y ait moins de victimes ,est un sophisme scandaleux .Il s’agissait surtout d’éviter un engagement terrestre aux troupes US et de montrer en même temps à Staline la puissance de leur nouvelle arme .
    Depuis la guerre de sécession ,c’est la manière qu’ils ont de faire la guerre : bombardement massif des civils,pour un engagement minimum des troupes au sol .
    Que dire également de l’hypocrisie des scientifiques ayant participé au projet Manhattan ,et qui ont joué les pleureuses repentantes,une fois les conséquences du forfait devenues irréversibles ?
    Les Oppenheimer ,les Szilárd …Einstein qui n’a pas participé,mais encouragé.
    En réalité les mouvements pacifistes contre la bombe ont toujours eu comme seul but inavoué ,celui d’empêcher les autres de l’avoir ,jamais celui d’en priver l’empire dit du “Bien” .


  22. Jérôme Le 07 août 2015 à 16h29
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    “L’empereur Japonais ne pouvait pas accepter une telle demande (cf postdam). il missionna l’envoi d’un émissaire à Moscou. Il est dit que l’empereur souhaitait rendre les armes et été prêt a capituler mais il était hors de question pour lui de céder son pays, son économie, ses armés…”

    Bonjour!

    Est il possible d’avoir une source pour cet extrait ? je ne connaissais pas du tout ce detail de l’histoire japonaise et ca m’interesse beaucoup.

    Merci!


  23. loki Le 07 août 2015 à 21h52
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    Arte a diffusé un documentaire “L’homme qui sauva le monde” évoquant septembre 1983 et la fausse alerte d’attaque atomique de l’URSS par 1 puis jusque 5 bombes US. Le colonel Stanislav Petrov avait choisi délibérément de ne pas faire confiance aux ordinateurs du centre de surveillance et avait donné l’ordre de ne pas riposter même si les détections radar ne permettaient pas d’avoir de certitude.
    On rappelle bien le principe de la dissuasion : Chacun a de quoi faire exploser 1000 fois la planète mais espère bien que l’autre n’attaquera pas et part du principe qu’il n’attaquera pas. Certes ce documentaire fut excellent mais il y manquait un certain nombre de questions qui invalident potentiellement la stratégie de dissuasion nucléaire..
    – Le colonel Petrov semblait avoir une aspiration humaniste (un a-priori ?) à ne pas riposter pour ne pas sombrer dans l’absurdité d’anéantir la terre. L’interprétation de son choix par ses supérieurs à été peu traitée et le Général fut mécontent de ne pas avoir eu de rapport administratif détaillé des évènements (rapport impossible à réaliser dans le temps de l’alerte en outre).
    – Le choix de ne pas riposter est-il constitutif d’une faille de défense nucléaire par aveu de faiblesse du choix humain dans le dispositif.
    – Dès que les USA ont eu l’information de l’évènement d’alerte et de la non riposte, quelle interprétation a pu être faite en dehors de celle un peu simpliste et naïve de “cet homme a sauvé le monde” ? N’y a-t-il pas eu une opportunité de faire muter le système de défense américain en système potentiellement plus offensif quitte à supposer qu’une riposte plus faible puisse être neutralisée par un bouclier anti-missile ?
    Cette logique n’est-elle pas fondatrice du projet de “Guerre des étoiles” ?
    Les spéculations et suppositions sont ouvertes à tous, mais il semble que les hauts responsables américains ont fait le choix et ont été les seuls à faire ce choix de balancer non pas une mais deux bombes sur une population civile et on pourrait ajouter les descriptions du tapis de bombes sur le Laos qui valent bien un génocide (faites par Chomsky dans la fabrication du consentement) et plus récemment ? … Il y a des gens aux USA qui font des expériences mettant en danger le monde et imaginent qu’on peut gagner une guerre nucléaire … que reste-t-il de la démocratie ambiante pour les arrêter ?


  24. pierre Le 09 août 2015 à 18h55
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    Une guerre mondiale, nucleaire ou non, serait probablement bien pire que les précédentes à cause des schémas de fonctionnements de nos sociétés.
    Sans carburants, sans éléctricité ni logistique ni supermarchés plus rien ne peut fonctionner. N’importe quelle population à travers le monde ne serait plus préoccupée que par une seule chose : sa survie immédiate au détriment de son voisin.


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