En Inde, quelques courageux ont su faire du drame de “Charlie Hebdo” leur cheval de bataille. Une cause difficile à défendre dans un pays où les autorités ont vite fait de leur couper le sifflet.

Des dessinateurs indiens prennent leur feutre en hommage aux tués de “Charlie Hebdo”, le 9 janvier à New Delhi (Altaf Qadri/AP/SIPA)

“L’Inde a besoin de son propre Charlie !” scandait sur Twitter le journaliste indien Sidhart Bhatia, quelques heures seulement après l’attentat contre “Charlie Hebdo”. Dans un pays où la censure étouffe de plus en plus les médias, le cinéma ou encore les réseaux sociaux, des journalistes, romanciers ou artistes, profitent de la mobilisation planétaire pour réclamer une véritable “liberté d’expression”.

When will India will have a brave, satirical magazine like Charlie Hebdo? Which offends everyone & stands up for its beliefs
— Sidharth Bhatia (@bombaywallah) January 7, 2015

Harsha, jeune artiste indien dont le travail est exposé à Londres, Tokyo ou encore Moscou, fait partie de ces combattants, engagés pour la liberté d’expression. “Quand certaines personnes utilisent la religion pour gagner le pouvoir et contrôler le pays, ils créent en même temps une société très vulnérable”, déclare-t-il à “l’Obs”.

Huit restrictions à la liberté d’expression

D’après la Constitution indienne, chacun est libre de dire ce qu’il veut. Absolument tout… Sauf si cela menace la sécurité, l’ordre public, les “relations amicales” avec d’autres pays, la décence et la moralité, la souveraineté et l’intégrité de l’Inde… Au total, pas moins de huit restrictions condamnent les Indiens à ne pas pouvoir exprimer leur sens critique.

Dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières, l’Inde occupe d’ailleurs la 140e place sur 170 pays. Un bonnet d’âne étonnant sur la tête de la “plus grande démocratie du monde“.

Mais de toute les questions sensibles, c’est la religion qui braque le plus les autorités, lesquelles s’appuient sur le Code pénal indien qui proscrit “l’insulte au sentiment religieux”.

La critique des cultes devient impossible

Pas à pas, la critique des cultes est devenue impossible : en février dernier, la maison d’édition Penguin India a été contrainte de retirer de sa collection un ouvrage écrit par Wendy Doniger, “Les Hindous, une histoire alternative”, après l’attaque en justice d’un groupe hindouiste.

In extremis, Le long métrage “Kaum de Heere” a été interdit par l’autorité de certification des films en août dernier. Le film retraçait la vie des deux hommes qui ont assassiné la Première ministre Indira Gandhi. Selon les autorités indiennes, le film représentait un risque de faire ressurgir les tensions religieuses qui ont éclaté, il y a trente ans.

Sur Internet, l’Etat n’hésite pas à mettre la pression aux sites Google, Facebook ou encore Twitter, auprès desquels il intervient directement en passant à l’as, s’il le juge nécessaire, tout contenu allant contre le respect des religions.

Un geste courageux, rapidement réprimé

La très large victoire de la droite nationaliste hindoue aux élections législatives de mai dernier, ainsi que l’élection du très conservateur Narenda Modrie au poste de Premier ministre, ne va certainement pas aider les langues à se délier.

La preuve : au lendemain de la tuerie de “Charlie Hebdo”, le deuxième plus grand quotidien d’affaires indien “Mint” publiait quelques caricatures de l’hebdo français.

Le geste a été de courte durée. Quelques jours après, celles-ci étaient supprimées, et remplacées par un avertissement : les dessins avaient “offensés certaines personnes”.

Et de fait, la colère a grandi depuis la sortie du nouveau numéro de “Charlie” et la représentation de Mahomet à la une du magazine. Jeudi 22 janvier, une organisation musulmane a organisé une marche devant le consulat de France à Calcutta pour réclamer l’interdiction de “Charlie Hebdo”. Le lendemain, au Cachemire des manifestants brûlaient une effigie représentant le magazine. Dans un pays travaillé par les conflits inter-religieux, un simple dessin peut faire étincelle.

Pia Duvigneau

Au Cachemire, vendredi 23 janvier,
des manifestants musulmans brûlent
une effigie représentant “Charlie Hebdo
(Dar Yasin/AP/SIPA)

 

 

 

 

Source : Nouvel Obs

 

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27 réponses à [Reprise] “Charlie Hebdo” face à l’intégrisme… hindou

Commentaires recommandés

Joanna Le 12 avril 2015 à 05h30

Ah L’Inde ! …

Voici quel peut être le sort d’une fille née dans ce pays. Il y a les avortements sélectifs, souvent très tardifs et forcés, un devoir ou une obligation pour les femmes enceintes de filles. Les infanticides féminins sont aussi très courants, dans une région on étouffe les toutes petites avec du sel, dans d’autres on les noie dans du lait… Ces tâches sont parfois effectuées par la mère elle-même, plus souvent encore par la grand-mère paternelle. Ainsi, pour la dernière génération, sur 18 millions de filles « manquantes », 17 millions ont été tuées, et non supprimées avant la naissance.

Bien qu’interdit sur tout le territoire indien depuis 1988, le système devadasi qui « dédie » des femmes à des divinités, perdure dans les zones rurales du pays.
C’est l’une des plus odieuses manifestations des discriminations auxquelles doivent faire face les intouchables (dalits) en Inde. Dès l’âge de 3-4 ans, les petites filles intègrent un temple pour y apprendre à danser et à « satisfaire les hommes. » Leur calvaire s’intensifie à la puberté lorsqu’elles doivent se produire dans des festivals ou directement pour des personnes de hautes castes (avec faveurs sexuelles à la clé…).

Dans leur jeunesse, des milliers de jeunes femmes sont victimes de crimes soi-disant d’honneur : elles sont tuées parce qu’elles ont osé tomber amoureuses d’un homme issu d’une autre caste que la leur, ou elles ont voulu contracter un mariage avec lui.

Le viol est très répandu en Inde. C’est aussi en Inde que se trouvent 25 millions d’ « enfants-épouses », ces petites filles qui ont pour la plupart moins de dix ans lorsqu’elles sont « mariées » de force avec des hommes bien plus âgées qu’elles, puis violées quotidiennement.

La pratique de la dot, soi-disant illégale, perdure. Lorsque la famille d’une femme ou la femme elle-même refuse de payer, cette dernière est tuée, souvent par une bande organisée par sa belle-famille et d’autres membres de leur communauté. Le plus souvent, ces femmes sont brûlées vives et l’on fait alors croire à un « accident de cuisine » : l’Inde aurait, de loin, les cuisines les plus défectueuses au monde… Ces meurtres peuvent être aussi maquillés en suicides.

Le sort des veuves : à la mort de leur mari, sous la menace, ou à cause de mauvais traitements, elles renoncent à leurs biens, ou elles en sont dépossédées. Elles perdent alors toute dignité et sont contraintes à la mendicité. Elles vivent dans la rue, s’y lavent, y dorment afin d’expier leurs « fautes » pour leur reste de leurs jours.
Mais il y a aussi le satî, nom du sacrifice des veuves qui « se jettent » (sont jetées) vivantes dans le bûcher crématoire de leur époux. C’était une pratique courante dans toutes les castes jusqu’au 19ème siècle, elle aurait officiellement disparue mais je suis persuadée que, même si elle est maintenant rare, elle perdure encore.

http://sisyphe.org/spip.php?article4387

Alors vraiment, oui vraiment … je réserve mon indignation à des causes bien plus nobles que l’action de brûler l’effigie d’un journal devenu soi-disant le symbole d’une liberté d’expression fallacieuse.

Je crois utile de préciser que je connais un peu l’Inde, où je me suis rendue à plusieurs reprises, et j’aime ce pays et sa culture.

  1. Joanna Le 12 avril 2015 à 05h30
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    Ah L’Inde ! …

    Voici quel peut être le sort d’une fille née dans ce pays. Il y a les avortements sélectifs, souvent très tardifs et forcés, un devoir ou une obligation pour les femmes enceintes de filles. Les infanticides féminins sont aussi très courants, dans une région on étouffe les toutes petites avec du sel, dans d’autres on les noie dans du lait… Ces tâches sont parfois effectuées par la mère elle-même, plus souvent encore par la grand-mère paternelle. Ainsi, pour la dernière génération, sur 18 millions de filles « manquantes », 17 millions ont été tuées, et non supprimées avant la naissance.

    Bien qu’interdit sur tout le territoire indien depuis 1988, le système devadasi qui « dédie » des femmes à des divinités, perdure dans les zones rurales du pays.
    C’est l’une des plus odieuses manifestations des discriminations auxquelles doivent faire face les intouchables (dalits) en Inde. Dès l’âge de 3-4 ans, les petites filles intègrent un temple pour y apprendre à danser et à « satisfaire les hommes. » Leur calvaire s’intensifie à la puberté lorsqu’elles doivent se produire dans des festivals ou directement pour des personnes de hautes castes (avec faveurs sexuelles à la clé…).

    Dans leur jeunesse, des milliers de jeunes femmes sont victimes de crimes soi-disant d’honneur : elles sont tuées parce qu’elles ont osé tomber amoureuses d’un homme issu d’une autre caste que la leur, ou elles ont voulu contracter un mariage avec lui.

    Le viol est très répandu en Inde. C’est aussi en Inde que se trouvent 25 millions d’ « enfants-épouses », ces petites filles qui ont pour la plupart moins de dix ans lorsqu’elles sont « mariées » de force avec des hommes bien plus âgées qu’elles, puis violées quotidiennement.

    La pratique de la dot, soi-disant illégale, perdure. Lorsque la famille d’une femme ou la femme elle-même refuse de payer, cette dernière est tuée, souvent par une bande organisée par sa belle-famille et d’autres membres de leur communauté. Le plus souvent, ces femmes sont brûlées vives et l’on fait alors croire à un « accident de cuisine » : l’Inde aurait, de loin, les cuisines les plus défectueuses au monde… Ces meurtres peuvent être aussi maquillés en suicides.

    Le sort des veuves : à la mort de leur mari, sous la menace, ou à cause de mauvais traitements, elles renoncent à leurs biens, ou elles en sont dépossédées. Elles perdent alors toute dignité et sont contraintes à la mendicité. Elles vivent dans la rue, s’y lavent, y dorment afin d’expier leurs « fautes » pour leur reste de leurs jours.
    Mais il y a aussi le satî, nom du sacrifice des veuves qui « se jettent » (sont jetées) vivantes dans le bûcher crématoire de leur époux. C’était une pratique courante dans toutes les castes jusqu’au 19ème siècle, elle aurait officiellement disparue mais je suis persuadée que, même si elle est maintenant rare, elle perdure encore.

    http://sisyphe.org/spip.php?article4387

    Alors vraiment, oui vraiment … je réserve mon indignation à des causes bien plus nobles que l’action de brûler l’effigie d’un journal devenu soi-disant le symbole d’une liberté d’expression fallacieuse.

    Je crois utile de préciser que je connais un peu l’Inde, où je me suis rendue à plusieurs reprises, et j’aime ce pays et sa culture.


    • Roscanvel Le 12 avril 2015 à 06h42
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      J’ai lu avec beaucoup d’émotion votre “post”. C’est un témoignage accablant.
      Toutefois j’aimerai que vous précisiez certaines choses. Vous dites “J’aime ce pays et sa culture”. Je n’en doute pas. Je considère même que la force de votre article démontre à l’évidence que vous aimez ce pays. Mais qu’est-ce que recouvre la “Culture” en Inde. Les exemples que vous citez n’en font-ils pas partie?
      Ne voyez dans mon questionnement aucune critique. C’est pour ma compréhension…
      Votre témoignage donne aussi l’exemple des pesanteurs qui perdurent dans certains pays.


      • AL2015 Le 12 avril 2015 à 10h37
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        Roscanvel, je ne peux que vous conseiller d’aller en Inde !

        L’Inde est un pays de forts contrastes. Le pire côtoie réellement le meilleur à chaque instant. Si vous sortez un temps soit peu du rôle convenu de touriste et que vous partagez quelques moments de vie avec ses habitants qu’ils soient du Nord ou du Sud vous apprendrez quantité de choses. C’est un pays fascinant et immensément vaste !…
        Il n’y a pas une culture indienne, car l’Inde est un pays multi-ethnique, avec plus d’une vingtaine de langues officielles. Il est bien plus un assemblage de pays aux modes de vie, aux pratiques religieuses complètement différentes et le système des castes avec en fond de décors les religions structure complètement la vie en société. La religion hindoue, majoritaire n’est pas une religion mais un rassemblement de pratiques religieuses, de croyances, de rites que les anglais ont appelé l’hindouisme.
        Pour revenir à l’article, il faut comprendre que les parties politiques là bas fonctionnent comme des mafias. Ce sont des systèmes claniques, hiérarchisés dont la corruption est mode opératoire (même s’il existe des cellules anti-corruption).
        La plupart du temps les individus les plus faibles sont complètement instrumentalisés pour réaliser des opérations coup de poing (par exemple destruction des bus du transport public d’une région) commanditée par la tête d’un parti. De telles mouvements sont violents et difficilement maîtrisables. Mais les instrumentalisations sont évidentes. On sait qui a fait le coup (c’est tel ou tel parti d’opposition et il ne s’en cache pas). Au final, c’est le jeu du rapports de force qui sera déterminant.
        A la différence de nos pays, où des opérations type “Charlie” nous laissent dans un grand doute… Où l’on nous raconte de belles histoires à la télé ou dans les journaux.


        • Roscanvel Le 12 avril 2015 à 18h19
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          Je vous remercie de votre conseil d’aller en Inde….Malheureusement ,âge, santé( sans trop pleurer) ne permettent plus ce genre d’activité. Et pourtant j’aimerais tellement. Merci quand même.


        • V_Parlier Le 12 avril 2015 à 19h18
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          Vos informations instructives me confirment donc que ces choses qu’on fait d’un seul coup semblant de découvrir en Inde ne sont pas des problèmes nouveaux spécialement liés au dernier gouvernement. Avant on nous dépeignait l’Inde comme une démocratie idéale (je l’ai vraiment entendu ainsi) et je sens que maintenant on mettra tout sur le dos du dernier arrivant (probablement pas irréprochable non plus) pour des raison géopolitiques. Dans les faits, quelqu’un qui connait ce pays a-t-il constaté un empirement, un non changement ou une amélioration de la situation? (les faits de violence envers les femmes).


      • Joanna Le 12 avril 2015 à 10h47
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        En réponse à Roscanvel que je remercie de son commentaire.
        J’ai évoqué ce qui précède car je pense que c’est une réalité bien peu connue dans nos pays.

        J’ai été particulièrement touchée par certains films qui illustrent certains des aspects les plus durs de la condition féminine tels Matrubhoomi (sous-titré « un monde sans femmes », voir le synopsis sur wikipedia) ou encore Bandit Queen, qui retrace l’itinéraire de Phoolan Devi jusqu’à sa capture par les autorités indiennes (je recommande également son autobiographie éditée chez Fixot). Ce ne sont pas les seuls.

        La culture indienne est un bien vaste sujet, il n’est guère envisageable de le détailler ici. Il conviendrait d’évoquer les visages divers de la spiritualité de ce pays, les pratiques qui en découlent y compris dans le domaine de la santé et du bien-être, la littérature indienne (mais j’en connais peu), le cinéma indien, les danses indiennes (très diverses selon les régions), la musique bien évidemment, la cuisine indienne et je m’arrête ici car même si je continuais je suis certaine que j’en oublierais.
        Et je suis consciente que toute une vie ne suffit pas à tout explorer.

        Vous aurez vos propres réponses en y allant sur place comme le suggère AL2015.


        • filipos Le 12 avril 2015 à 15h10
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          Je dois dire que moi aussi je m’interroge sur la culture de ce pays au vu de ce que vous décrivez.

          Je ne vois pas non plus où est la spiritualité là-dedans.

          Les danses, la cuisine, la musique, le cinéma ne me semblent pas suffisant pour admirer un pays aux multiples insanités que vous décrivez.


    • purefrancophone Le 12 avril 2015 à 08h18
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      Joana;
      Oui , comme vous , j’ai des indignations plus importantes que Charlie
      Merci à l’échographie d’exister et de permettre ses avortement ce qui a diminué le chiffre des assassinats de bébés filles à la naissance .


      • Vasco Le 12 avril 2015 à 09h45
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        In utero ou pas un homicide reste un homicide.
        L’avortement et l’euthanasie sont objectivement des homicides.


        • purefrancophone Le 12 avril 2015 à 10h24
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          Vasco;
          Bien sur , mais avant que ce pays évolue au point de ne plus “trier” les enfants suivant leur sexe , que faut-il accepter ? Les assassinats ou l’avortement sélectif ?
          Aucune des deux solutions ne me convient , mais autant que ce soit la moins pire qui soit appliquée !


    • Alex Le 15 avril 2015 à 10h06
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      Bonjour,

      J’y vais de ma petite perception sur l’Inde également. Plusieurs points me semblent simplistes dans vos discours.
      Vous généralisez des pratiques à un pays qui compte plus de 4000 dialectes, un vingtaines de langues officielles et autant de sous-cultures, plus de 170 millions de musulmans vivent dans ce pays hindouiste…
      Concernant la femme et les castes, c’est une réalité mais elle est biaisée par la vision occidentale. Le problème des castes est de loin la plus grosse injustice selon moi : ici, dans ma banque (en europe), travaillent des indiens venus sous contrats indiens et visiblement les castes s’appliquent jusqu’ici (ils ne l’exposent pas publiquement ici) ; l’un des développeurs s’est vu refuser son congé de paternité sans aucune raison valable alors que son supérieur quelques mois plus tard est retourné en Inde pour 3 semaines. Leurs castes impactent leurs droits sociaux les plus fondamentaux, leur salaire (à travail égal) et leur possibilité d’évolution et de fonction. C’est ahurissant !
      Concernant les femmes, il y a des lois que je ne connais pas bien qui ont été mises en place (en réaction à … ?) qui semblent favoriser fortement les femmes en cas de divorce et en cas de violence conjugale à un tel point de petits groupes d’hommes dans tout le pays commence à s’en indigner. Du même genre que dans les pays nordiques ou le Canada où l’homme n’a quasi aucune chance face à une déclaration féminine. Il n’est pas rare non plus de voir les femmes battre les hommes violemment tant en privé qu’en public (et je ne parle pas de petite gifle, pourtant déjà inacceptable selon moi) en toute impunité. Concernant la dot, on la présente comme une injustice pour les filles, mais essayez de la voir du point de vue du père. Il y avait sur national geographic il y a quelques semaines, un documentaire sur les « esclaves » en Inde ou au Bengladesh. Voir un homme pédaler sur son vélo-taxi toute la journée de 7h à 22h, 7jour sur 7 pendant 6mois avant de pouvoir retourner dans son village voir sa famille et leur donner de quoi vivre et payer une dot, et surtout faire ce travail loin de chez lui pour éviter d’être vu et subir le déshonneur, c’est le quotidien de millions de pères qui se saignent pour leurs famille. Et que dire des millions d’hommes qui plongent dans les égoûts à la recherche de déchets (surtout dans les quartiers des orfèvre) de valeur ou de la poussière d’or ou autres, ou qui font tous ces jobs crasseux ou physiquement dégradant ou dangereux… ? La dot est un système honteux mais qui ne fait pas que souffrir la femme, croyez-moi. Au passage, en Afrique, la dot se paie dans l’autre sens et cela ne semble émouvoir personne. Enfin, à propos du viol en Inde, il est puni par des peines de prison incompressible voir la peine de mort. Autre chose que chez nous. Il serait intéressant d’avoir les vrais statistiques et ne pas nous baser sur la « perception » de nos média. Car il suffit qu’une indienne se fasse violer et tuer dans un bus ou qu’une canadienne et une américaine se fasse violer pour que subitement, ce pays d’un milliard 280 millions d’habitants se transforme en pays du viol, réduisant 600 millions d’indiens au statut de violeur compulsif (soit disant justifié par des normes sociales). C’est un raccourci faux et honteux.
      Je vous mets au défi de rassembler les faits divers sordides de l’Amérique du Nord et de l’Europe et croyez-moi que vous aurez une image horrible de l’occident également (et cela ne représentera toujours que la moitié de la population de l’Inde !). Essayez avec tout le continent américain (favelas, maras d’amérique centrale et tout et tout !), vous n’arriverez toujours pas au compte, mais vous en aurez de belles histoires.
      Bref, de quoi aussi relativiser notre perception « horrible » de l’Inde.


  2. Mélissa Le 12 avril 2015 à 08h55
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    purefrancophone,

    «Merci à l’échographie d’exister et de permettre ses avortement ce qui a diminué le chiffre des assassinats de bébés filles à la naissance .»

    La technique médicale au service de votre confort moral ?

    Monstrueuse hypocrisie,… ou second degré ?…Ce n’est pas clair…


    • purefrancophone Le 12 avril 2015 à 09h11
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      Mélissa ;
      Non , pas MON confort moral mais diminuer le nombre d’assassinats dans ce pays me semble une avancée .Combien de petites filles seraient encore assassinées si cette échographie n’existait pas ? Vaut-il mieux interrompre une grossesse ou tuer un nouveau-né ?
      Je ne suis vraiment portée sur l’avortement , mais quitte à supprimer l’existence d’un être je préfère que ce soit fait avant sa naissance , le plus tôt possible , plutôt que de voir des nouveaux nés tués , et il faut voir comment , à la naissance .
      Entre deux maux je choisi le moins pire !
      La technique médicale est trop souvent détournée de son utilisation première ; nous n’y pouvons rien .Oui cela me dérange , mais c’est un fait , je n’y peux rien !
      Allez voir dans les contrées isolées d’Inde , de Chine , et de bien d’autres pays comment sont éliminés les bébés à la naissance ; une horreur !
      Alors oui , l’échographie est une avancée si elle permet de stopper ces meurtres parce l’enfant est une fille .
      Avant que les mentalités évoluent sur ce domaine dans ces pays , il faudra du temps .


      • Mélissa Le 12 avril 2015 à 10h02
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        Purefrancophone,

        «Entre deux maux je choisi le moins pire !»

        Que savez-vous de la souffrance d’un fœtus ?…RIEN !

        En quoi l’avortement forcé,plutôt que le meurtre à la naissance, serait une avancée contre l’esclavage des femmes et des filles ?…En le rendant moins cruel à vos yeux ?
        Je pense qu’au contraire, il est de nature à le faire perdurer…,comme votre réaction le prouve…


        • Babar Le 12 avril 2015 à 10h15
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          Bonjour Melissa,
          En effet un foetus on ne sait pas, mais un enfant on sait donc il y a un choix possible. Plus on se rapproche de l’origine, moins on sait mais plus on s’éloigne de la souffrance. Plus l’avortement est précoce moins le vécu en est douloureux. La non fécondation est encore préférable bien sûr même si on ignore tout de la souffrance d’un ovule non fécondé et d!un spermatozoïde qui se dessèche!


        • purefrancophone Le 12 avril 2015 à 10h21
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          Melissa;
          Si vous pensez faire évoluer rapidement les mentalités dans ce pays , tant mieux .
          En ce qui me concerne , je préfère l’avortement à l’infanticide .Je fais une différence entre les deux , même si personnellement je suis défavorable à l’avortement .
          Pour ce qui est de la souffrance d’un fœtus , merci , je connais !!
          C’est peut être justement en raison de mes années professionnelles auprès d’enfants malades , des grands prématurés que je peux me permettre d’avoir cette vision des choses ;
          je préfèrerai toujours un avortement à un meurtre de nouveau-né !


        • pierre Le 12 avril 2015 à 11h39
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          Si je vous comprend bien Mélissa, pour vous il faudrait laisser perdurer les infanticides barbare? Et pour quoi? Faire comprendre aux populations d’Inde que c’est mal? Quel condescendance!

          “Que savez-vous de la souffrance d’un fœtus ?…RIEN !”
          Et vous ?

          C’est comme si dans un pays ou la peine de mort est appliqué par pendaison (ou autre méthode douloureuse et barbare…) vous vous insurgeriez contre une personne qui proposerait de changer le mode d’exécution pour quelque chose de moins douloureux. Vous seriez contre ça si je vous comprend bien…

          L’hypocrite ce n’est pas purefrancophone, c’est vous…

          Ps: je précise quand même que je suis CONTRE la peine de mort.


          • Mélissa Le 12 avril 2015 à 11h57
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            Si vous excluez le viol et l’avortement forcé de la rubrique “barbare”, votre raisonnement tient la route…

            Pour ma part, c’est ni-ni..


      • mianne Le 12 avril 2015 à 21h19
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        La vraie question est : pourquoi veulent-ils/elles assassiner des bébés FILLES alors que la nature équilibre à peu près le nombre de naissances de filles et de garçons .
        Ah patriarcat, quand tu nous tiens !
        Le pire, c’est que les femmes sont complices, quand elles ne prennent pas elles-mêmes l’initiative, de la suppression des filles.


  3. VAILLANT GERARD Le 12 avril 2015 à 09h10
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    Après “charlie-hebdo-la-nouvelle-guerre-mondiale-menace-la-liberte-en-europe” second article (enfin) de raison sur “Je suis Charlie”.
    L’on peut assurémment ne pas être QUE Charlie, (mais aussi Claude, Olivier et les autres) et
    “‪#‎JeSuisCharlie‬ ne veut pas dire ‘Je suis Charlie Hebdo’ mais ‘Je suis humain’ “


  4. RGT Le 12 avril 2015 à 12h11
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    L’inde est un paradis… à condition d’être né BRAHMANE…

    Si vous êtes nés dans une autre caste, pas de bol, il faudra prendre votre mal en patience jusqu’à votre mort.

    J’ai une amie née en France dont les parents ont décidé de quitter l’Inde en bénéficiant de la possibilité d’obtenir la nationalité française lors de la restitution de Pondichery.
    Ils sont à la fois catholiques ET brahmanes.

    Elle a de la famille en Inde et s’y est rendue à plusieurs reprises.

    Elle m’a expliqué de nombreux faits qu’elle trouvait scandaleux.
    Sur le statut des femmes et aussi plus particulièrement en politique ou il n’est pas nécessaire d’aller acheter les électeurs, il suffit simplement de présenter les candidats issus de la “bonne caste”.
    Les postulants aux élections sont issus de castes différentes (officiellement abolies, mas pas trop) et il suffit simplement de présenter un candidat brahmane face à des candidats issus de castes inférieures pour s’assurer du résultat.
    En effet, un indien ne VOTERA JAMAIS pour un candidat qui serait d’une caste inférieure à la sienne. Comme les brahmanes sont le “top du top” ils sont certains d’avoir la victoire assurée.

    Dans les quartiers huppés, les élections sont à peu près “normales” car les candidats sont TOUS des brahmanes et la lutte est à peu près équitable.
    Eventuellement un “gueux” intouchable se présentera avec un programme social ambitieux mais il ne récoltera aucune voix.

    Par contre, dans les quartiers plus défavorisés et principalement habité par des castes “moins fréquentables” de nombreux candidats se présentent et plus leur caste d’origine est “minable” plus ils sont motivés pour faire changer les choses…
    De nombreux intouchables se présentent avec des programmes sociaux ambitieux, et se retrouvent confrontés à… Des brahmanes qui défendent des programmes bien moins socialement avantageux.

    Pas besoin de vous faire un dessin pour savoir qui gagnera l’élection.

    Et c’est TOTALEMENT DÉMOCRATIQUE., il n’y a AUCUN TRUANDAGE et le résultat des élections n’est pas truqué (selon les normes occidentales bien sûr).

    Concernant les femmes, c’est pas mal non plus : Elle m’a raconté qu’elle a une cousine qui possède un doctorat de médecine (doctorat français, elle est venue en France faire ses études en profitant du statut spécial et de sa double-nationalité).

    Ses parents étaient décédés et sa famille la plus proche de cette femme était celle de mon amie.

    Quand cette femme a atteint ses 30 ans, le reste de la famille a demandé (imposé) aux parents de mon amie de… Lui trouver un mari !!!

    Il était INCONCEVABLE (même chez les catholiques) qu’elle se débrouille toute seule pour se trouver un jules !!!

    Les parents de mon amie étaient très ennuyés mais ils ont dû se plier à cette obligation.
    Ils l’ont donc fait venir en France (pour être dans un “pays civilisé”) et ont commencé à préparer le terrain pour lui trouver “un bon parti”… bon niveau d’études, cool, respectueux, catholique ET surtout brahmane…

    Quand ils ont fini par dégotter les “perles rares” ils ont organisé des fêtes durant lesquelles ils ont présenté leur nièce aux divers prétendants en espérant sincèrement qu’un coup de foudre survienne inopinément.

    Finalement sa cousine s’est sentie attirée par l’un des prétendants.
    Elle n’osait pas trop l’avouer car la tradition lui imposait de s’en remettre uniquement au choix de ses “tuteurs”…
    Mais bon,certains signes ne trompent pas trop et les parents de mon amie ont finalement (sans le montrer bien sûr) choisi celui qui avait les faveurs de son coeur…

    Le marriage a été prononcé à Pondichery, selon le “choix” de ses tuteurs.
    Bien que médecin et gagnant correctement sa vie (quoique, en inde les médecins ne gagnent pas des fortunes) et son époux ayant une très belle situation il a fallu passer au tiroir-caisse pour payer la dot…

    Finalement, il semble que ce marriage n’est pas trop catastrophique, mais le poids des traditions est tel en Inde qu’il n’était pas possible de s’y soustraire.
    Et même pour les indiens vivant en France, le poids des traditions est toujours opressant.
    Des membre de sa famille ne lui adressent plus la parole car elle vit en union libre (horreur) avec un français (sans caste, elle, une brahmane) et sans avoir demandé l’accord de ses parents (qui n’en ont rien à foutre, mais il ne faut pas le dire).

    En Inde, il y a encore du boulot à faire.

    Mais cette opinion ne concerne qu’un occidental, les indiens trouvent ça normal et sont fortement choqués par nos comportements.

    Tout est relatif.
    Croyez-vous que notre libéralâtrerie soit un phénomène naturel vous ???
    J’en doute fort.


  5. amitabh Le 12 avril 2015 à 13h22
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    “Le long métrage “Kaum de Heere” a été interdit par l’autorité de certification des films en août dernier. Le film retraçait la vie des deux hommes qui ont assassiné la Première ministre Indira Gandhi.”
    Ce film fait l’apologie du mouvement extrémiste sikh qui, dans les années 80, a ensanglanté le Punjab.
    Question aux français donneurs de leçon : pensez vous que l’on verra un jour, sur les écrans, un film à la gloire des tueurs de Charlie Hebdo ?


  6. Sébastien Le 12 avril 2015 à 23h15
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    Ce que je trouve le plus effrayant, et qui explique à mon sens cette montée de l’intolérance (qu’on présente comme telle de notre phare des Lumières…Hum, hum…), c’est cette volonté de plaquer -une fois de plus- nos standards sur des pays visiblement à des années-lumière de nos préoccupations (petites? Grandioses?) pseudo-humanistes.
    Phénomène qui, à mon avis, est précisément la cause de toutes les radicalisations présentées et relayées dans tous les médias.
    Le problème est là encore ce mondialisme totalitaire qui veut ouvrir au forceps, les cerveaux, les frontières, les moeurs et le reste au nom de…..De quoi, au fait?
    Ce mouvement de balancier et les réactions en retour augurent mal d’une diminution des tensions et des conflits, c’est le moins qu’on puisse dire.
    Les identités et les communautés ne peuvent que se ressouder, s’exacerber. C’est humain, logique, instinctif. Notre erreur gravissime, qui nous sera d’ailleurs fatal aussi (à tous sans exception!) si on continue sur cette lancée est de ne pas en prendre conscience.
    Nous avons remplacé les guerres de conquêtes, d’appropriation (enfin pas tout à fait) par des guerres idéologiques dont on nous rabâche à longueur de temps l’antidote “plus jamais çà”. Visiblement, nous n’avons strictement rien compris ni rien changé. Le choc des idéologies au niveau mondial est un suicide collectif. Nous n’avons aucune leçon à donner à qui que se soit car nous en sommes principalement à l’origine.


    • christian gedeon Le 13 avril 2015 à 12h40
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      Et il veut un mouchoir le Sebastien pour pleurer sur les méfaits des affreux occidentaux en Inde? Trop drôle…il veut qu’on lui raconte le Sebastien les orgies de massacres commis par les moghols…suffit de lire les livres d’histoire…nous en sommes principalement à l’origine et nianianiania… vous savez qu’il y a eu une histoire de l’Inde avant les occidentaux,Sebastien,et qu’elle n’aéait pas tendre??? Encore un “repentant”….


  7. georges glise Le 13 avril 2015 à 16h27
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    la barbarie des hindouistes intégristes n’a rien à envier à celle des islamistes. barbarie généralisée, droits de l’homme morts, de damas à new delhi et pékin, de tunis à bamako et djibouti.


  8. JC Le 16 avril 2015 à 18h43
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    Marrant, on voit la parodie de Charia Hebdo, nommée Shoah Hebdo ! Sauf que cette fois ça attaque la religion du pouvoir (nommée Shoah), seule limite à diverses libertés intellectuelles en France !


  9. » [Reprise] “Charlie Hebdo” face à l’intégrisme… hindou | salimsellami's Blog Le 21 avril 2015 à 01h51
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