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19.novembre.201319.11.2013 // Les Crises

[Reprise] Scandale EADS / AMF : selon que vous serez etc.

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Je reprends aujourd’hui deux excellents articles de MediaPart, sur le traitement par l’AMF du scandale EADS en 2008/2009

EADS: le rapport qui accuse dirigeants et actionnaires

08 avril 2008 | Par Martine Orange

Mediapart s’est procuré le rapport d’enquête de l’Autorité des marchés financiers sur EADS, dont la synthèse est téléchargeable sur notre site. Les enquêteurs y relèvent les ventes massives d’actions réalisées par la plupart des dirigeants d’EADS et ses actionnaires de contrôle, Lagardère et DaimlerChrysler. Des cessions qu’ils auraient dû s’abstenir de faire, alors qu’ils étaient détenteurs d’au moins trois informations privilégiées : un budget-plan qui montrait une nette dégradation de la rentabilité future d’Airbus dès juin 2005, des problèmes d’industrialisation de l’A 380, une révision complète du programme de l’A 350.

C’est le rapport que tout le monde attend. Un long rapport de quatre-vingt-quatorze pages, dont Mediapart a pu prendre connaissance. Dans un style précis, les enquêteurs de l’autorité des marchés financiers (AMF) y retracent toutes les informations qui ont circulé chez EADS au cours de cette période décisive, entre le 1er mai 2005 et le 13 juin 2006 (lire en pièce jointe, la synthèse du rapport de l’AMF).

Ils s’efforcent de démêler les écheveaux du connu et du plausible pour retrouver les faits. Avec une préoccupation constante : « Les actionnaires de contrôle et les principaux dirigeants du groupe EADS disposaient-ils, lorsqu’ils ont cédé leurs titres, d’informations que le marché n’avait pas et qui auraient dû les conduire à s’en abstenir ? Le cas échéant, le marché aurait-il dû, ou non, avoir ces informations ? »

Car il faut bien tenter d’élucider les ventes d’actions par les dirigeants et les actionnaires d’EADS entre novembre 2005 et avril 2006, deux mois avant que le groupe ne fasse état des ses problèmes sur l’A380 et l’A350. Des cessions massives, comme le constate le rapport. «Entre le 19 juillet 2005 et le 13 juin 2006, sur les 21 membres des comités exécutifs d’EADS et d’Airbus, 17 ont cédé un montant total de 1.708.600 actions issues de l’exercice de leurs stock-options pour une plus-value brute de près de 20 millions d’euros. Parmi eux, 11 des dirigeants du groupe ont exercé l’intégralité de leurs options exerçables au 13 juin 2006, c’est-à-dire celles issues des plans d’attribution des exercices 2000 à 2003.»

Avant de relever une étrangeté: « Pourtant, pour les dirigeants imposables en France, les options issues des plans de 2002 et 2003 étaient fiscalement indisponibles, puisqu’elles avaient été attribuées moins de quatre ans auparavant, si bien que la plus-value résultant de leur vente fut imposée en tant que salaire. » Une incongruité en regard des trésors d’imagination auxquels peuvent avoir recours les dirigeants pour ne pas payer un centime de trop au fisc.

Autre observation surprenante : « 95% des titres cédés l’ont été soit entre le 9 et le 29 novembre, soit entre le 8 et le 24 mars […] Aucune transaction n’est intervenue, en revanche, lors de la fenêtre suivante, ouverte du 16 mai au 5 juin 2006, et la fenêtre d’exercice précédente, ouverte du 27 juillet au 16 août 2005, n’a été que marginalement utilisée. » Interrogés lors de leur audition, plusieurs dirigeants ont avancé que lever leurs options à ces dates n’aurait pas été intéressant, le cours de l’action étant inférieur à celui de l’option.

Ce que contestent partiellement les enquêteurs de l’AMF, au moins pour les options attribuées en 2000 et 2002. Ils remarquent aussi que si le cours du titre rendait la vente plus attractive à partir de novembre 2005, « le caractère massif des cessions observées pourrait aussi a contrario témoigner d’une absence de confiance dans la poursuite de la progression du cours».

2 milliards pour chacun des deux actionnaires de contrôle

Le comportement des deux actionnaires principaux, les groupes Lagardère et DaimlerChrysler, suscite encore plus d’interrogations chez les enquêteurs de l’AMF. En avril 2006, chacun d’entre eux a réalisé une vente à terme « de plus de 61 millions d’actions EADS pour un montant proche de 2 milliards d’euros », écrit le rapport.

Ces opérations, envisagées dès la fin du printemps 2005, ont été retardées en raison des discussions « avec le gouvernement français et la présidence de la République mais aussi avec le gouvernement allemand ». Finalement, ce n’est que fin mars 2006 que les deux groupes ont obtenu le feu vert.

Le 4 avril, ils annonçaient leur désengagement partiel. Lagardère faisait sa cession à cinq institutionnels par le biais d’une opération montée par la banque Ixis. DaimlerChrysler vendait dans le cadre d’un placement privé, organisé par JP Morgan et Morgan Stanley. Les ventes se sont pour chacun réalisées au prix de 32,60 euros par titre.

« Dans un cas comme dans l’autre, l’enquête a permis d’établir que l’engagement d’opérations à terme a été motivé par la volonté de bénéficier d’une fiscalité plus favorable à compter de 2007. Dans ces conditions et alors qu’aucun des deux groupes n’avait à faire face à un besoin de trésorerie pressant en 2006, la décision de DaimlerChrysler et de Lagardère de procéder à des opérations à terme assises sur le prix du marché d’EADS de 2006, plutôt que d’attendre 2007 pour réaliser une cession au comptant, pourrait témoigner d’une anticipation par les deux actionnaires de contrôle privés d’EADS d’une baisse future du cours du titre, interprétation que ni l’analyse détaillée de la chronologie et des modalités des opérations ni les explications recueillies auprès des deux groupes n’ont permis d’écarter. »

Ces ventes massives, ces actions qui semblent brusquement brûler les doigts amènent à une question. Qui savait quoi et à quelle date ? Les conclusions du rapport à ce sujet sont sans réserve. « Les investigations ont permis d’identifier trois informations privilégiées, détenues, en totalité ou en partie par les dirigeants d’EADS et ses actionnaires de contrôle, antérieurement à leurs interventions directes ou indirectes sur le marché du titre EADS ».

Une dégradation à venir d’Airbus notée dès juin 2005

La première est relative au budget-plan établi par EADS afin d’avoir une vision prévisionnelle sur trois ans. « L’enquête a mis en évidence le fait dès le mois de juin 2005, alors même que l’annonce par Airbus au cours du salon du Bourget d’un nombre de commandes exceptionnel marquait le début d’une phase de hausse significative du titre EADS, les principaux dirigeants et les actionnaires de contrôle du groupe ont pris conscience, à l’inverse, de la probable dégradation à moyen et long terme de la rentabilité prévisionnelle d’Airbus et du groupe », souligne le rapport d’enquête.

A la fin du premier semestre 2005, Airbus se rend compte en effet que l’augmentation des frais de recherche et développement induits par l’A350, les pénalités de retard liées à la première révision en mai 2005 du calendrier de livraison de l’A380, l’augmentation des coûts de production, la dégradation constatée des prix de vente de l’ensemble de la gamme vont avoir des effets négatifs sur son résultat d’exploitation (EBIT).

Lors du conseil d’administration d’EADS, le 7 juin 2005, Airbus présente des prévisions sensiblement en baisse pour 2007 : son résultat d’exploitation prévisionnel ne serait plus que 1,7 milliard d’euros contre 2,6 milliards prévus dans le plan élaboré six mois auparavant et sa marge opérationnelle ne s’établirait plus qu’à 6,5% au lieu de 9,9%.

«Consécutivement, indique le rapport, l’Ebit prévisionnel d’EADS pour 2007 est estimé, en juillet 2005, à 2,6 milliards d’euros contre 3,5 milliards» six mois plus tôt. « Selon les déclarations concordantes d’Arnaud Lagardère et de Manfred Bischoff [représentant du groupe DaimlerChrysler], c’est précisément à la fin du printemps ou au début de l’été 2005 qu’a été entamée la concertation entre les deux actionnaires de contrôle privés d’EADS, en vue de la réalisation d’une opération de désengagement partiel simultanée du capital du groupe », relève incidemment le rapporteur de l’enquête.

Cette dégradation des perspectives futures ne pourra pas être corrigée au fil des mois. Dans le même temps, le marché continue lui à parier sur une amélioration des résultats à venir. Les directions financières d’EADS et d’Airbus insisteront plusieurs fois sur les divergences d’appréciation entre les prévisions du groupe et les estimations du marché. « Sans qu’il y soit remédié », insistent les enquêteurs.

Le devoir d’abstention

La deuxième information porte sur l’A380. « Au plus tard le 1er mars, les membres du comité exécutif d’Airbus et de son comité d’actionnaires avaient été informés […] que la livraison des sections de l’appareil à la chaîne d’assemblage finale de Toulouse avait été interrompue et qu’une replanification du programme de production avait été engagée. »

La troisième information privilégiée, selon le rapport, est relative à l’A350. D’après l’enquête, les actionnaires et les dirigeants ont su «au plus tard le 7 mars» que les coûts de développement de programme avaient augmenté de près de 30%, et que sa part de marché attendue s’était dégradée face à l’avion concurrent de Boeing, le B 787 Dreamliner, «conduisant à la constatation de ce que la valeur actuelle nette du programme était devenue négative ».

Toutes ces informations auraient-elles dues être rendues publiques ? Le rapport de l’AMF à ce sujet est nuancé. Pour certaines, comme l’A 380, oui, assurément. Pour d’autres, comme le budget prévisionnel, il est moins définitif. Il constate, en tout cas, que jamais le groupe EADS n’aurait dû laisser s’installer une telle différence d’appréciation de la situation avec le marché.

Les dirigeants et les actionnaires qui ont vendu pendant cette période cruciale, eux, auraient dû y renoncer, car ils étaient détenteurs d’informations privilégiées. Il note, à ce titre, que Hans-Peter Ring, directeur financier, et qui devait donner son accord pour toute levée d’options, « ne leur a pas interdit de céder leurs titres, comme il en avait pourtant le pouvoir ».

Dix-sept personnes se retrouvent soupçonnées d’avoir manqué à l’obligation d’abstention définie par le règlement de l’AMF. Parmi les membres du comité exécutif d’Airbus sont ainsi mis en cause Olivier Andriès, Charles Champion, Henri Coupron, Alain Flourens, Gustav Humbert, John Leahy, Erik Pillet, Andreas Spert, Thomas Williams. Comme membres du comité exécutif d’EADS et du comité des actionnaires d’Airbus, on retrouve Thomas Enders, Noël Forgeard, Jean-Paul Gut. En tant que membres du seul comité exécutif sont soupçonnés François Auque, Fabrice Brégier, Ralph Crosby, Jussi Itavuori et Stefan Zoller. Et, enfin, les deux actionnaires de contrôle, DaimlerChrysler et Lagardère.

Délit d’initiés à EADS: le gendarme boursier lave plus blanc

18 décembre 2009 | Par Martine Orange

L’annonce de la décision de la commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers a été accueillie avec incrédulité : tous les dirigeants et actionnaires d’EADS, sur qui pesaient des soupçons de délit d’initiés, sont mis hors de cause. Cette décision pourrait se révéler être une bombe à fragmentation, déstabilisant l’AMF et EADS.

Cela se murmurait depuis quelque temps: tous les protagonistes de l’affaire du délit d’initiés d’EADS allaient être blanchis. Trop d’enjeux étaient en cause, trop d’influence politique était à la manœuvre. Par-dessus tout, il y avait le fameux intérêt supérieur de l’Etat: la moindre sanction pouvait bousculer l’équilibre précaire trouvé au sein d’EADS en juillet 2007 et relancer la querelle franco-allemande. Pourtant, malgré tous ces arguments avancés, c’est l’incrédulité qui a saisi les observateurs quand ils ont découvert la décision de la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Elle avait osé. Les dix-sept dirigeants d’EADS et les deux actionnaires soupçonnés de délit d’initiés sont mis hors de cause.

«Scandaleux, n’a pu s’empêcher de relever Colette Neuville, présidente de l’association des actionnaires minoritaires. Si dans cette affaire on ne peut caractériser un délit d’initiés, cela signifie qu’il faut revoir les critères de ce délit. Quand il y a un écart aussi grand entre la perception des faits par l’opinion publique et la décision finale, il est inévitable qu’il y ait un grand sentiment de malaise et d’injustice.»

Mais dans cette affaire, les faits ont été passés au second plan. Pendant trois ans, une multitude d’avocats ont travaillé pour vider de son contenu toute l’enquête conduite par l’AMF. Les recherches de l’autorité ont aussi été soigneusement cantonnées. Ainsi, elle ne s’est jamais intéressée à ce qui s’est passé sur les marchés des dérivés sur l’action EADS entre mars et juillet 2006. Pendant cette période, ceux-ci vont pourtant connaître une étrange suractivité. Si le gendarme boursier l’avait voulu, il aurait pu savoir quels noms se cachaient derrière les opérations. Il ne l’a pas fait. Craignait-il des mauvaises surprises ou des résultats dérangeants?

La priorité était d’abord de sortir les deux principaux actionnaires, les deux principaux bénéficiaires dans cette affaire: la vente de 7,5% du capital d’EADS a rapporté à chacun une plus-value de 2 milliards d’euros.

Dans le pré-rapport d’enquête publié par Le Figaro en 2007, ceux-ci sont directement mis en cause: mauvaise information financière, révision du programme A 350 et surtout le point le plus délicat, celui par qui le scandale arrive: parfaite connaissance des retards du A380. Leur responsabilité est pointée à chaque étape.

Lagardère et Daimler effacés dès le rapport d’enquête

Mais dès le rapport d’enquête achevé en mars 2008, les noms de Lagardère et Daimler ne sont plus cités sur ce dernier grief. Le rapporteur pointe bien de curieuses coïncidences. Ainsi il remarque l’absence de la moindre allusion à l’A 380 et même à la situation d’Airbus, «principale division du groupe», dans le procès-verbal du conseil d’administration du 7 mars 2006, alors que le sujet revenait constamment dans les conseils précédents et suivants. Il s’étonne aussi du délai que met Noël Forgeard à transmettre aux actionnaires une information sur les problèmes de câblage de l’A 380 – information qu’il reçoit le 28 mars mais qui ne sera consignée dans une note adressée à Arnaud Lagardère et Manfred Bischof que le 14 avril, entre-temps les deux groupes avaient l’un et l’autre vendu 7,5% de leurs participations (le 4 avril). Mais il conclut: «Quand bien même les deux co-présidents du conseil d’administration d’EADS pourraient donc, à l’époque, avoir été informés de la situation industrielle d’Airbus et plus particulièrement de celle du programme A 380 en dehors du canal d’information apporté par les réunions statutaires du groupe, l’enquête n’a pas permis d’établir avec un degré d’assurance suffisant que tel avait été le cas.»

Dès lors, les plus gros risques sont écartés. Mis hors de cause sur le point le plus sensible de l’enquête, il n’est pas difficile de les exonérer sur les autres. Le non-respect des prévisions des résultats opérationnels ou la remise à plat du programme A 350 ne sont que peccadilles par rapport à l’A 380. C’est l’annonce des retards du gros porteur qui déclencha le 13 juin 2006 la chute de 26% du cours en une journée. Dès juillet 2009, le rapporteur de la Commission des sanctions, l’équivalent du procureur, déclarait donc qu’il fallait mettre totalement hors de cause les deux principaux actionnaires.

Mais il restait les dix-sept autres dirigeants. Difficile de les poursuivre pour manquement au délit d’initiés pour avoir vendu des stock-options en mars, alors que les deux principaux actionnaires vendant un mois plus tard ne l’étaient pas. De plus, les responsables d’EADS mis en cause ont jusqu’au bout fait preuve d’une totale solidarité avec le groupe, avec ses actionnaires. A aucun moment, l’un d’entre eux n’a évoqué des faits ou des signaux d’alarme. Ils ne savaient rien, n’avaient rien vu, bien qu’à Toulouse et à Hambourg, les salariés, eux, savaient dès novembre 2005 que le programme A 380 rencontrait de plus en plus de problèmes.

La Commission des sanctions a retenu totalement les arguments des dirigeants. Enterrant rapidement les autres griefs, elle a concentré tout son argumentaire sur les retards de l’A 380. Selon elle, «il ne résulte pas de l’instruction que, dans le contexte existant à la date des faits reprochés, l’information invoquée par les notifications de griefs ait (…) été susceptible d’avoir une influence sensible sur le cours du titre EADS». Bref, les dirigeants ne savaient rien, et il n’y a pas de délit d’initiés.

Bombe à fragmentation

Aujourd’hui, les dirigeants d’EADS comme les pouvoirs publics peuvent se féliciter de cette affaire habilement menée. Même s’il y a quelques protestations, même si l’opinion publique est choquée, tout, selon eux, se termine au mieux.

Cette décision de la commission des sanctions, pourtant, risque d’être une bombe à fragmentation, plus destructrice qu’il n’y paraît. La première victime en est l’AMF elle-même. Accusée d’être «dure avec les faibles, complaisante avec les puissants», d’avoir déjà enterré magistralement des scandales comme Vivendi et Rhodia, l’autorité boursière était fort attendue sur ce dossier. Son président, Jean-Pierre Jouyet, qui a succédé à Michel Prada il y a un an, avait promis de restaurer la crédibilité du gendarme boursier.

Après la décision de la commission des sanctions, cet objectif est désormais presque inatteignable. Dans un communiqué, l’AMF s’est empressée de prendre ses distances avec la décision, rappelant que la Commission des sanctions ne dépendait pas d’elle, et qu’elle demandait à l’avenir d’avoir un droit d’appel, ce dont elle ne dispose pas aujourd’hui. Les explications et les nuances juridiques ne suffiront pas à convaincre l’opinion. Le mal est fait: le gendarme boursier a annulé d’un coup ses prétentions de justice et d’indépendance. Tout semble n’être que fiction. Et le projet, caressé par le gouvernement en 2007, de lui retirer tout pouvoir de sanction pour en confier la responsabilité à la justice risque de rapidement refaire surface.

Avant même les attaques externes, il lui faudra répondre au malaise interne. La commission des sanctions désavoue totalement les méthodes et les conclusions de l’enquête AMF. Le gendarme boursier, qui avait déjà beaucoup de mal depuis quelques années à attirer des compétences – magistrats, fiscalistes, experts refusant de venir dans une institution où leur travail a toutes les chances d’être enterré en grande pompe –, risque de voir s’accélérer cette fuite des cerveaux. D’autant que le monde des affaires va saisir l’occasion de cette décision pour demander une remise en cause des enquêtes de l’AMF jugées trop contraignantes encore à son goût.

Sans gendarme crédible, la place de Paris, si chère au monde des affaires parisien, ne le sera pas non plus. Que vaut une place qui ménage les petits intérêts particuliers par peur de déranger les convenances. D’autant que, dans le même temps, d’autres affaires comme celle qui oppose Vivendi à l’ADAM, tendent à démontrer que les actionnaires français sont des actionnaires de seconde zone. Dès lors, il pourrait être plus tentant pour beaucoup d’aller investir ailleurs, là où les réglementations et les protections sont plus sûres, tous les obstacles matériels ayant disparu avec la fusion des places boursières.

Des responsables ignorants, des actionnaires aux abonnés absents

Même si l’entreprise se félicite aujourd’hui du dénouement de l’affaire, EADS risque aussi de le payer au prix fort. D’abord ses dirigeants. Les salariés du groupe aéronautique ne font pas mystère de leur profonde réprobation face au comportement de leurs dirigeants actuels et passés, qui se sont fourvoyés dans cette affaire. Ceux-ci sont, dans l’esprit de nombre d’entre eux, les grands responsables des malheurs d’Airbus, mais aussi de la corruption de l’état d’esprit du groupe, où l’argent a pris le pas sur la fierté industrielle, la prouesse technique de construire des avions. Les voir aujourd’hui mis hors de cause, sous le prétexte qu’ils ne savaient pas et ne pouvaient pas savoir ce qui se passait dans l’entreprise, laisse rêveur. A quoi servent des dirigeants, chèrement payés, s’ils ne connaissent pas leur métier, s’ils supervisent de loin les choses ? Avoir plaidé l’ignorance peut très vite se transformer en procès en incompétence.

Mais les déflagrations les plus fortes vont se porter sur les deux actionnaires. Depuis 2004, le comportement d’Arnaud Lagardère et Daimler, captant les richesses qu’ils n’ont pas créées tout en montrant le plus grand désintérêt pour EADS au point de ne pas cacher leur volonté de se désengager dès qu’il leur sera possible de faire à nouveau de l’argent, révulse au plus haut point les salariés du groupe. Les milliards de plus-values réalisées en 2004 leur paraissent à tous points de vue usurpés. Les dividendes qu’ils réclament chaque année quand, dans le même temps, le groupe fait plan d’économie sur plan d’économie indignent.

Mais le point de non-retour semble avoir été franchi il y a quinze jours. En raison des difficultés rencontrées pour mener à bien le programme du nouvel avion militaire A 400M, EADS doit faire face à un surcoût de plus de 5 milliards d’euros, lié aux retards et au dépassement des frais de développement. Le groupe espère que les gouvernements accepteront d’en prendre une partie à leur charge. Mais rien n’est assuré. Evoquant ces négociations avec les Etats, le président d’EADS, Louis Gallois a tenté de rassurer en affirmant que le groupe avait la trésorerie pour payer l’addition et qu’en aucun cas il n’envisageait de faire appel à ses actionnaires.

Dans le groupe, tous ont compris : alors qu’Airbus traverse une passe financière très tendue, à cause de la crise mais aussi des difficultés accumulées dans tous ses programmes, ses deux actionnaires ne veulent pas l’aider. Prêts à prendre l’argent aux beaux jours, ils s’esquivent dans les mauvais. En quoi réside alors leur rôle d’actionnaires ? Déjà largement déconsidérés, ils perdent la dernière justification de leur présence en refusant par avance toute aide capitalistique. Dès lors, la question de leur présence au sein du capital d’EADS risque à nouveau de se poser, et cette fois sans ménagement, si les problèmes du groupe aéronautique s’amplifient.

NB. : ils ne sont pas fous chez Lagardère et Daimler, ils ne font pas de blogs, eux ! Donc pas de souci avec l’Autorité des Magouilles Financières…

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

31 réactions et commentaires

  • atanguy // 19.11.2013 à 05h22

    Belle demonstration de ce qu’on nomme: JUSTICE DE CLASSE

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  • FLURY // 19.11.2013 à 07h32

    Ah les actionnaires, les gros actionnaires qui sont au capital et au management, que de leçons ils nous dispensent. Ils se plaignent si souvent de l’insécurité juridique mais leur a t-on déjà dit une seule fois qu’ils sont les premiers responsables de la crédibilité d’une place financière. Je ne suis pas convaincu que la qualité d’une place financière se mesure au degré de permissivité des autorités, à l’impunité des acteurs, à la faiblesse de la régulation. Comme chacun sait, l’insécurité, c’est l’Etat qui la crée par des lois qui veulent éradiquer certaines pratiques douteuses, notamment fiscales. Mais, c’est, bon sang bien sûr, comment n’y avons nous pas pensé nous mêmes.
    Faut-il aussi rappeler que Airbus, c’est d’abord un projet public construit sur une vision à long terme, je sais ce sont des gros mots! Qu’ont-ils fait de tous ces talents en dehors de mettre la main dans la confiture.

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  • Perceval78 // 19.11.2013 à 08h03

    Le pire la dedans , c’est que , sans doute , ces braves gens n’ont même pas le sentiment d’être coupable .

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    • Alain34 // 19.11.2013 à 13h29

      Coupable ? pourquoi se sentiraient ils coupable ? pour cela il faudrait qu’ils aient été condamné ou qu’ils aient une conscience…
      Ils jouent, ils gagnent, ils récupèrent du pognon, ne sont pas inquiétés. C’est leur but dans la vie.

      Se sentir coupable ? et pourquoi pas ressentir de la honte ?

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  • sapirperade // 19.11.2013 à 09h11

    Ouais ben mon cousin, longtemps employé dans l’aéronautique à Toulouse et petit actionnaire Eads, qui me causait des problèmes de câblage de l’A380 avant qu’ils soient rendus publics, il les a pas vendues ses Eads. Et c’est pas à 32 mais 52 euros qu’il peut les fourguer aujourd’hui…
    Pauvre Naunaud Lagardère, si ton père te voyait et voyait l’état de son groupe…

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    • Tatare // 19.11.2013 à 10h30

      La valeur en euros constants des 32 de l’époque ne doit pas être très loin des 52 d’aujourd’hui, non ?

      Je me souviens d’avoir commis un billet (confidentiel, j’étais bloggeur amateur) sur ce scandale.
      BA en reparlait également hier ou avant-hier ici.

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      • Resistance // 19.11.2013 à 13h24

        La forte remontée de l’action à plus de 52 euros aujourd’hui par rapport au 32 euros au moment de l’affaire illustre la prépondérance du court-termisme dans notre société actuelle.

        Une société comme Airbus doit forcément représenter le long terme. Que peuvent bien représenter les surcoûts liés à des mois de retard sur le lancement d’un avion qui aura une carrière commerciale de plusieurs décennies. Le Boeing 747 fut lancé en 1970. Il est toujours commercialisé et utilisé 43 ans plus tard.

        Qu’attendons-nous pour supprimer les stocks-options, le trading haute fréquence, les positions sur dérivés sans contrepartie réelle … Ce serait si simple et cela réduirait tellement les risques. En plus, ce serait plus libéral parce que l’information serait moins biaisée (petits actionnaires, épargnants, versus les insiders, dirigeants ou gros actionnaires).

        Une autre suggestion, le régime d’imposition des plus-values … à simplifier et clarifier d’urgence là aussi.
        Taux d’imposition des plus-values en capital en fonction de la durée de détention des titres ou des biens (valable aussi pour l’immobilier) :
        moins de 2 ans : 80% ;
        de 2 à 5 ans : 60% ;
        de 5 à 10 ans : 30% ;
        au delà de 10 ans : 10%
        Bien sûr ne complexifions pas cela avec des règles d’abattement ou de dégrèvement en fonction de l’âge du capitaine ou du taux d’invalidité d’un parent au troisième degré qui vivrait à l’étranger avec un enfant à charge.

        Cordialement,
        Laurent

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    • DrStef // 19.11.2013 à 18h10

      “Et c’est pas à 32 mais 52 euros qu’il peut les fourguer aujourd’hui…” Pendant 6 ans il a été obligé d’immobiliser une partie de son capital pour pas grand chose. Compte tenu de la progression des marchés depuis 2009, il y avait bien d’autres secteurs ou faire fructifier ses économies

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  • Dany // 19.11.2013 à 09h27

    Est-ce qu’il ne serait pas temps de décider de se passer des actionnaires pour financer l’économie et se réapproprier le fruit de notre travail collectif de telle sorte que les travailleurs décident eux-mêmes de l’investissement nécessaire au bon fonctionnement de leur entreprise. Voir l’idée révolutionnaire de Bernard Friot qui préconise d’étendre la cotisation sociale afin de payer directement l’investissement sur le travail produit sans passer par le capital et les intérêts qui y sont liés. Voici unlien vers une de ses conférences :
    http://www.youtube.com/watch?v=8MWQBbLLwg4&feature=youtube_gdata_player

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    • Fund_touch // 19.11.2013 à 15h45

      Je n’ai pas le temps de regarder, mais cela n’approche-t-il pas la notion d’actionnariat salarié ?
      http://www.senat.fr/rap/r98-500/r98-5001.html

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      • G L // 19.11.2013 à 18h46

        Non, pas du tout.

        L’idée de B. Friot, très déstabilisante, est d’étendre des choses qui existent déjà comme l’enseignement gratuit, la santé gratuite ou la retraite à l’ensemble des activités économiques. Le marché du travail et le marché des capitaux disparaîtraient. Pour cela il faudrait abolir la propriété capitaliste (qu’il appelle propriété lucrative et qu’il distingue de la propriété d’usage) et instaurer un “salaire à vie”. À ses yeux par exemple, moi qui suis retraité donc représente un coût de moins en moins acceptable dans le système actuel (à cause de la concurrence du Bangladesh, etc, etc) je devrais n’avoir aucun remord de toucher ma (modeste) retraite tous les mois en tant que “salaire à vie” (mérité selon lui par la qualification que j’ai acquise en étudiant puis en travaillant.)

        C’est vraiment très surprenant mais ça rejoint le fait qu’à l’heure actuelle le niveau de vie de la plus part d’entre nous dépasse de loin le total de notre revenu. Parce que le ramassage des ordures ou le réseau des eaux usées ne sont pas payants, nous ne leurs attribuons plus beaucoup de valeur. Nous pouvons pourtant constater que là où ils ne sont plus assurés, comme cela se produit de plus en plus souvent en Italie, on en mesure très vite l’importance (avant même que les épidémies qu’ils nous évitent ne se déclarent.)

        Ce qu’il propose est exactement le contraire de ce qu’on constate avec la privatisation des services publics, l’enseignement et la santé assurés uniquement pour ceux qui en ont les moyens, les retraites par capitalisations, etc, etc. Développer ces aspects de la vie en commun plutôt que de les laisser disparaître “parce qu’ils coutent trop cher” est une hypothèse qui mériterait d’être débattue. Si la solution est de devenir compétitif par rapport aux pays les plus pauvres de la planète c’est évidemment hors de propos.

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        • arkao // 19.11.2013 à 21h39

          @ GL
          “le ramassage des ordures ou le réseau d’eau usées ne sont pas payant”. Je crois comprendre ce que vous voulez dire par là, cependant vous savez sans doute que des dispositifs se mettent en place afin de payer au kilo d’ordure (non recyclable) et au mètre cube d’eau usée.

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          • G L // 19.11.2013 à 22h00

            Les réseaux (évacuations, eau potable, routes et autoroutes, chemins de fer, aéroports) sont des investissements publics pour l’essentiel (peut-être pas vraiment pour le chemin de fer?) que les entreprises privées adorent faire “fructifier”!

            Le moins qu’on puisse dire est que le résultat n’est pas toujours très brillant (un maire de ma commune a passé quelques années en prison pour avoir participé de trop près à ce genre d’opération.)

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  • Ankou // 19.11.2013 à 10h57

    “Est-ce qu’il ne serait pas temps de décider de se passer des actionnaires pour financer l’économie”
    S’il faut rêver, ceci ne peut être envisagé qu’après la mise en place d’une gouvernance mondiale.

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    • toutouadi // 19.11.2013 à 11h15

      “S’il faut rêver, ceci ne peut être envisagé qu’après la mise en place d’une gouvernance mondiale.” (Je me posais justement la question )

      Pourquoi ? Quelle est la mécanique qui fait que le financement public d’un état suffisamment riche et développé pour lever du crédit social à satiété ne puisse résister face à un financement privé ? Quels sont les enjeux internationaux ? (OMC, FMI etc …?)

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  • Patrick Luder // 19.11.2013 à 12h44

    ” … disposaient-ils, lorsqu’ils ont cédé leurs titres, d’informations que le marché n’avait pas et qui auraient dû les conduire à s’en abstenir ?”

    Comment faire du bénéfice en s’abstenant à en faire ?
    Comment faire des affaires en s’empêchant de faire d’affaires ?
    Autant demander à un cycliste de ne pas trop appuyer sur la pédale !
    Il est certes plus facile à un sourd de ne pas entendre !

    Un délit d’initié n’est pas acceptable, certes,
    >>> celui qui fait le jeux ne joue pas <<< c'est là tout le problème <<<

    Le Jockey ne parie pas sur la course.
    Une banque ne joue pas à la banque.
    La bourse ne joue pas à la bourse.

    Et que dire des robots-traders qui créent des bulles pour les exploiter ?

    Dans un monde marin, il ne faut pas s'étonner de voir de l'eau.
    Dans un monde sauvage, tuer pour manger ne relève pas de l'exceptionnel.
    Dans une monde pourris, il ne faut pas s'étonner de voire de la pourriture.

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  • Incognitototo // 19.11.2013 à 13h31

    Une belle démonstration des effets et conséquences des conflits d’intérêts… Je pense d’ailleurs que les dirigeants d’entreprises cotées ne devraient pas pouvoir posséder de titres de l’entreprise qu’il dirige, pas plus d’ailleurs que de titres d’entreprises concurrentes (comme j’en ai connu).

    Quant à l’AMF… on a déjà presque tout dit hier…

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  • BOURDEAUX // 19.11.2013 à 14h28

    Je n’entends jamais remettre en cause l’opportunité des sociétés anonymes par actions. Pourtant, détenant des parts sociales dans la sarl où je travaille, je ne comprends plus depuis longtemps cette folle bravade où vont se jeter les épargnants qui achètent des actions à des anonymes. Je m’explique. Détenir des parts dans une société dont vous faites partie, c’est compréhensible et même souhaitable pour ladite société comme pour le détenteur ; mais se porter actionnaire d’une boîte dont vous ignorez tout, où vous n’avez jamais mis les pieds, à mes yeux c’est un saut dans le vide : car, qui vous refile ses actions au moment où vous les achetez ? anonyme. Pourquoi vous les vend-il ? anonyme Sait-il quelque chose que vous ignorez ? anonyme.
    Il semble que les sociétés de capitaux aient été inventées au moyen âge pour contourner l’interdiction des prêts à intérêt. Or, prêter son argent à une personne morale animée par des personnes privées dont on ignore tout, c’est financer une expédition navale sur un rafiot dont l’équipage vous est inconnu, et dont le capitaine ne vous mettra au courant de ses avaries qu’une fois le naufrage devenu inévitable.
    .Les sociétés par actions qui s’échangent en bourse sont une connerie ; c’est ce mécanisme qui fait naître le gigantisme de certaines boites, c’est un refuge pour l’épargne des vieilles dames pingres que n’a jamais quitté ce bon vieux réflexe de « placer ses sous », mais que la monotonie des assurances-vie fatigue. Bourse aux actions, piège à cons.

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  • jducac // 19.11.2013 à 17h39

    @ Dany Le 19 novembre 2013 à 09h27
    Il n’est pas besoin de visionner tout le document que vous nous proposez. Dix minutes suffisent pour constater que ce brave M. Friot vient de faire une découverte récemment. Pour produire, il faut investir. Il faut des capitaux. Il faut donc des personnes qui se soucient de ne pas consommer tout ce que l’on produit, de sorte à pouvoir renouveler le capital en fonction de l’inévitable évolution du monde.

    Ces personnes qui pensent à l’avenir et capitalisent, sont des individus souvent modestes au départ, qu’on finit par appeler des capitalistes quand leurs efforts d’économie de leurs revenus les amènent à devoir gérer leur épargne (ce qui est un travail) de sorte à ne pas la voir réduite à néant du fait d’une mauvaise affectation.

    Ces personnes, animées d’un esprit capitaliste, esprit qui est à l’opposé de l’anticapitalisme socialiste né au milieu du 19ème siècle (https://fr.wikipedia.org/wiki/Anticapitalisme), ont fourni un effort supplémentaire par rapport à ceux qui se sont laissé vivre en laissant aux autres, le soin de se soucier du futur. Pour moi, ces esprits visant à ne pas trop consommer, ont eu une attitude plutôt vertueuse tant du point de vue de l’investissement que de l’écologie.

    M. Friot critique ceux qui exploitent leur capital, c’est-à-dire leur travail accumulé et non dépensé, n’a pas, selon moi, poussé sa réflexion suffisamment loin.
    Il ne voit pas que lui aussi exploite un capital. Un capital de connaissances acquises en grande partie grâce à ceux qui payaient des impôts quand il était étudiant et grâce à ceux qui, depuis qu’il gagne sa vie, financent grâce leurs impôts les divers organismes qui le rémunèrent, sans compter ce qu’il retire des livres qu’il publie.

    Il oublie que le socialisme et le communisme en France, et encore plus le NPA, n’ont eu de cesse, en s’appuyant sur les théories marxistes, d’engager leurs partisans dans la voie de la revendication pour toujours plus de revenus afin de consommer plus, au lieu d’œuvrer à faire prendre conscience de la nécessité de limiter la consommation de sorte à pouvoir investir pour pouvoir encore produire et vivre dans l’avenir.

    Non, ils les ont surtout incités à revendiquer pour consommer le plus possible au présent, sans se soucier des conséquences pour le futur notamment pour celui de leurs propres descendants, ce qu’au contraire n’a pas fait, dans une attitude bien plus responsable, le chancelier Schröder il y a déjà une dizaine d’années.

    Il faut se féliciter que ceux qui ont combattu le capitalisme et la retraite par capitalisation, prônent aujourd’hui la moindre consommation pour pouvoir investir et mieux assurer l’avenir Il vaut mieux tard que jamais, même si le reste de la vidéo témoigne, à mon avis, de beaucoup d’utopie.

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    • G L // 19.11.2013 à 20h16

      “Ces personnes, animées d’un esprit capitaliste, (…) ont fourni un effort supplémentaire par rapport à ceux qui se sont laissé vivre”

      M. Friot prétend que c’est le travail des salariés qui a permis aux entrepreneurs d’accumuler le capital nécessaire à assurer la suite. Juger que ces salariés se sont laissés vivre (par exemple les pauvres des campagnes anglaises qui ont du s’entasser dans les villes industrielles du 19ème siècle ou leur actuels descendants chômeurs) n’est qu’une opinion que me semble-t-il vous auriez du mal à justifier par des faits indiscutables…

      Ceci dit, si vous prétendiez comme Malthus que seuls ceux qui sont en mesure de subvenir aux besoins d’une famille devraient être autorisés à avoir des enfants, je vous accorderais volontier qu’il s’agirait alors d’une proposition non dépourvue de cohérence. Ce serait d’autant plus justifié que les guerres, moyen habituel avec les épidémies de réinitialiser les compteurs dans les siècles passés, ne nécessitent plus le sacrifice d’un grand nombre de fantassins.

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      • jducac // 20.11.2013 à 08h03

        @ G L Le 19 novembre 2013 à 20h16

        M. Friot prétend que c’est le travail des salariés qui a permis aux entrepreneurs d’accumuler le capital nécessaire à assurer la suite

        Les entrepreneurs sont des apporteurs d’idées à concrétiser, à mettre en œuvre, pour être transformées en produits ou services offerts aux consommateurs. Bien souvent, il leur manque des capitaux pour le faire et ce sont ceux qui ont su ne pas consommer tous leurs revenus, qui disposent ainsi d’économies résultant d’un effort d’épargne (déployer un effort, même seulement mental, c’est un travail) qui peuvent le leur apporter soit par des prêts, soit directement en prenant des parts ou des actions dans l’entreprise qui se crée ou se développe.

        Cela nécessite des esprits forts pour s’astreindre à ne pas consommer la totalité des revenus de son travail. C’est cet état d’esprit que j’appelle capitaliste, qui est depuis toujours à la base du processus capitaliste sur lequel l’humanité, grâce à des individus plus éclairés que d’autres, a bâti son développement.

        B.Friot comme beaucoup d’autres, qui se sont trouvés piégés par les fallacieuses théories marxiennes, vient juste de découvrir qu’il ne faut pas consommer toute la richesse produite, pour pouvoir continuer à produire et ainsi accompagner l’inévitable évolution du monde.
        Mais pourquoi-donc ne l’a-t-il pas dit plus tôt alors que ses amis ne cessaient de revendiquer toujours plus de pouvoir d’achat pour consommer toujours plus ? Pourquoi le CNR largement influencé par les communistes ne l’a-t-il pas mis en route à l’après guerre ? Pourquoi ont-ils toujours été opposés au retraites pas capitalisation, et aux fonds de pensions ?

        Parce que, malgré l’échec communiste en Europe de l’Est, en Ex URSS en Chine et ailleurs, il rêve de d’appliquer le système chez nous. Lui qui a toujours vécu grâce à la collectivité, en ne produisant que de l’anti richesse, en prônant l’anticapitalisme, il cherche maintenant à se présenter comme un nouveau découvreur, alors que le processus du capitalisme existe depuis la nuit des temps.
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=19059#comment-129478

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        • G L // 20.11.2013 à 13h36

          Des esprits forts qui s’astreignent à ne pas consommer la totalité des revenus de leur travail j’en connais (ils ne sont d’ailleurs pas tous chefs d’entreprise mais par exemple artistes ou artisans.) Ils sont en concurrence avec ceux dont les ancêtres ont préféré investir dans les armes et d’autres moyens moins cruels de conquérir un pouvoir économique sur les autres.

          Ceci dit à mon avis vous retardez quelque peu. Regardez autour de vous (au dessus de vous?) et comptez le nombre des puissants qui sont arrivés là où ils sont grâce à ce qu’ils ont économisé en limitant leur consommation…

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    • Dany // 19.11.2013 à 20h44

      Je ne sais pas comment vous avez regardé la vidéo, Bernard Friot ne conteste absolument pas la nécessité d’investir, au contraire, il voudrait justement qu’on investisse d’avantage à travers une cotisation d’investissement. Son idée, en fait, est d’étendre ce qui existe déjà et qui fonctionne très bien, n’en déplaise à ses nombreux détracteurs, c’est à dire les cotisations sociales qui permettent de financer les pensions par répartition, les soins de santé, les allocations familiales, les indemnités chômage. Malheureusement, il y a aujourd’hui un acharnement à vouloir détruire la sécurité sociale via la réduction des “charges salariales”. Cela s’explique certainement par la libéralisation et la mise en concurrence d’économies très différentes à travers la mondialisation.
      Vous vous référez à la politique du chancelier Schröder, je vous invite à lire le livre de Guillaume Duval : “Made in Germany” vous verrez que la profonde remise en cause de l’Etat Social, menée au début des année 2000 par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, a probablement fragilisé le modèle allemand : le développement spectaculaire de la pauvreté et des inégalités menace son avenir.
      La thèse que défend Bernard Friot suppose un changement radical de société, en élargissant la propriété d’usage mais en supprimant la propriété lucrative. Son idée de mutualiser les salaires à partir de caisses de salaires, ce qui permettrait d’attribuer un salaire à vie à chaque personne à partir de sa majorité jusqu’à la mort, peut paraître utopique, mais m’apparaît plutôt révolutionnaire et émancipatrice.
      Je ne pense pas qu’on puisse encore longtemps continuer à accepter un monde où de plus en plus de gens n’arrivent plus à nouer les deux bouts comme on dit alors qu’une petite minorité s’enrichit de manière éhontée! Pour terminer une autre petite vidéo de Bernard Friot où il donne une répartition du PIB :http://youtu.be/RqHxMfQPKy4

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      • jducac // 20.11.2013 à 11h14

        @ Dany Le 19 novembre 2013 à 20h44

        Bernard Friot ne conteste absolument pas la nécessité d’investir, au contraire, il voudrait justement qu’on investisse d’avantage à travers une cotisation d’investissement.

        Ai-je quelque fois dis le contraire ? Ce que je reproche à lui comme à tous ses amis, c’est d’avoir toujours prôné un discours anticapitaliste conduisant à demander toujours plus de pouvoir d’achat pour pouvoir consommer plus sans se soucier du besoin de renouveler le capital productif afin de faire face à son inévitable obsolescence.

        Jamais, me semble-t-il, ces personnes n’ont mis en avant cette obligation fondamentale. Elle prime pourtant sur la consommation car c’est elle qui permet de préparer l’avenir, notamment celui des futures générations qui héritent des générations précédentes autant pour ce qu’elles laissent de positif que de négatif.

        La majorité des gens nés après la dernière guerre a vécu sans prendre conscience de cela, au contraire. Beaucoup se sont employés, en France et dans certains milieux en Europe, surtout au Sud, à dénigrer ceux qui, du fait d’un « esprit capitaliste » qu’ils avaient su préserver, en ne consommant pas tout ce qu’ils auraient pu, compte tenu de leurs revenus, ont continué à investir et à donner ainsi du travail à une population, pour une large part, totalement inconsciente du rôle très utile des investisseurs. Cette population exécrait les investisseurs, encouragés en cela par un grand nombre bien plus discoureurs que producteurs de richesse.

        Il me semble que B.Friot et ses amis, font partie de ces gens là. Il me semble que lorsqu’il dit « c’est nous qui produisons de la richesse », il s’est plutôt employé à produire le contraire en prônant la déconsidération des capitalistes qui, tout comme l’homme primitif, sont des investisseurs nés, alors que beaucoup d’autres ne pensaient qu’à consommer.

        Pour terminer une autre petite vidéo de Bernard Friot où il donne une répartition du PIB

        C’est pour moi, un discours démagogique pour deux raisons.
        D’une part c’est proposer le retour au communisme qui a échoué partout ou il a été appliqué à grande échelle et sur une longue durée, parce qu’il entraînait un retard de développement qui est apparu évident en Europe de l’Est et en ExURSS, tandis que les Chinois, pragmatiques, tout en se disant communistes, ont adopté le capitalisme pour rattraper leur retard.

        D’autre part, parce que son raisonnement ne tient pas compte du fait qu’aucun pays ne peut vivre coupé du reste du monde et que forcément tout le PIB se retrouve dans le coût de ce que le pays produit d’échangeable avec les autres à condition d’être compétitif. Je ne pense pas que ce qu’a produit B.Friot en tant que sociologue ait pu donner lieu au moindre échange marchand avec un autre pays hormis peut-être la vente de quelques uns de ses livres à l’étranger, ce qui est très peu au regard de ce qu’il a eu besoin pour vivre.

        Cela dit la réflexion qu’il mène est utile, parce qu’elle amène à prendre conscience de la nécessité d’investir et que pour cela il faut limiter la consommation. C’est le propre du capitaliste qui en s’enrichissant permet l’investissement si non il aurait contribué bien plus à épuiser la planète, s’il avait consommé la totalité de ses revenus (Voyages lointains, dépenses somptuaires etc….) C’est la consommation et les investissements inutiles qui détruisent la planète.

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    • casper // 20.11.2013 à 06h14

      “Ces personnes qui pensent à l’avenir et capitalisent, sont des individus souvent modestes au départ”

      C’est une blague? C’est vrai les heritiers ca n’existe pas. (spéciale dédicace a Olivier Dassault, mon préféré ^^)

      Comme a votre habitude vous jouez sur les mots, le “capital” de connaissances de B. Friot (ou de n’importe qui) ne lui permet pas d’extraire la valeur ajoutée du travail de ses employés pour l’ajouter a sa propre fortune sans avoir lui même a travailler, ce qui est le principe du capitalisme.

      En restreignant le concept de “capitalisme” a l’existence et a la saine gestion du capital, vous occultez, par ignorance ou a dessein je ne sais, les effets politiques néfastes du capitalisme, sa concentration toujours plus aiguë, l’élévation du droit de propriété au dessus de tous les autres droits, et de la liberté de commerce au dessus de toutes les autres libertés, l’oppression que subit de facto celui qui est ne pauvre par rapport a celui qui hérite du capital de ses parents.

      Evidemment une fois mis de cote tout le négatif, ne reste que le positif et vous avez beau jeu de nous faire votre petite leçon de morale sur la nécessité d’économiser (ce qui est d’autant plus facile quand on a beaucoup d’argent) et d’essayer de nous faire gober qu’appauvrir les pauvres est en fait une mesure écologique (la consommation des riches, c’est bien connu, ne pollue pas).

      Ce faisant vous enfoncez d’ailleurs, avec une fierté manifeste, une porte grande ouverte: oui, il faut un capital pour entreprendre tout type de projet. Ceci n’implique en rien qu’il faille le gérer de manière capitaliste, ou qu’il faille une entreprise pour entreprendre. La cerise sur le gâteau vient par dessus ça quand vous accusez les autres de ne pas pousser leur réflexion assez loin…

      C’est un peu comme si je restreignait le concept d’alcoolisme a la simple consommation d’alcool, en omettant les addictions, les souffrances qui en sont la cause et celles qui en sont l’effet, a la fois sur l’individu et sur son entourage, les conséquences sociales, etc… J’aurai alors beau jeu de prétendre que l’alcoolisme peut être festif et que donc c’est une bonne chose, et qu’il faut vite arrêter toute politique de prévention.

      Je ne sais pas si vous le faites exprès dans un but purement rhétorique ou si vous le faites de bonne foi. Dans tous les cas c’est assez inquiétant.

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      • jducac // 20.11.2013 à 13h35

        @ casper Le 20 novembre 2013 à 06h14

        Je ne sais pas si vous le faites exprès dans un but purement rhétorique ou si vous le faites de bonne foi.

        Je dis simplement ce que je pense et j’espère que vous faites de même.

        En m’exprimant comme je le fais, je m’efforce de faire comprendre ce que j’ai compris de la vie et de l’évolution humaine, qui ne serait jamais arrivée là où elle est, s’il n’y avait pas eu depuis toujours des investisseurs. Qu’ils soient petits ( simples ouvriers économisant pour investir dans un logement, ou dans un placement permettant de couvrir une partie des charges liées à leurs vieux jours) ou de plus grands investisseurs, tous sont toujours des gens qui ont dépensé (consommé) moins que ce qu’ils auraient pu compte tenu de leur revenu, afin de préparer le futur donc aussi, celui des jeunes générations.

        Libre à vous de penser qu’une telle attitude n’est pas bonne. Personnellement je me sens en devoir de dire ce que je crois bon de dire tant j’entends de gens riches mais aussi un grand nombre de moins riches, ne penser qu’à leur propre jouissance en lançant des slogans du type « après moi le déluge » « carpe diem » « jouissons sans entrave » tout en couvrant cet état d’esprit, à mon avis déplorable, dérivant en partie de l’idéologie punk (https://fr.wikipedia.org/wiki/Id%C3%A9ologie_punk)
        et mai68arde, en accusant et se défaussant sur les riches, c’est-à-dire, ceux qui, lassés d’être aussi mal considérés, sont tentés d’aller investir ailleurs.
        Cet état d’esprit s’est développé à un moment qui coïncide avec la fin des 30 glorieuses, et le début du déséquilibre de notre budget national, amenant le pays à perdre peu à peu sa liberté, pour la mettre sous la dépendance de créanciers qui eux, se préoccupent de la préparation du futur.

        Dans tous les cas c’est assez inquiétant.

        Ne vous inquiétez pas. Le blog d’Olivier permet d’échanger et d’argumenter pour « l’enrichissement » de tous ceux qui sont ouverts au dialogue avec quiconque.

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  • totor // 19.11.2013 à 21h02

    Un débat intéressant sur la séparation des banques. OB y retrouvera ses petits je pense!
    http://www.rtbf.be/info/eurodebat/credit/debat

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  • G L // 19.11.2013 à 21h39

    ” un changement radical de société”

    Je dirais plutôt un changement radical dans les idées.

    En effet s’il est vrai que de plus en plus de chômeurs et de retraités se sentent “à la charge des autres” il est tout aussi vrai qu’une très forte proportion de notre niveau de vie est le résultat d’activités qui ne dépendent pas d’investissements de capitaux privés mais de capitaux publics (sinon on construirait les écoles à la périphérie des villes – là où sont les hypermarchés – les m² en centre-ville représentant des investissements trop élevés pour être rentables .o)

    Il est assez frappant de constater que les “socialistes” au pouvoir se gardent bien de mettre en avant les services rendus à tous par la collectivité grâce à la part de l’économie qui fonctionne en dehors du système capitaliste, système capitaliste auquel ils semblent s’être pour la plupart définitivement convertis.

    A mon avis, dans le système que décrit B. Friot les évolutions techniques seraient beaucoup plus lentes (les ordinateurs une affaire de spécialistes, Internet un truc pour universitaires, l’automobile et l’avion réservés à un petit nombre d’utilisations, etc.) Vu la tournure des événements un système capable d’assurer l’essentiel risque de devenir de plus en plus séduisant.

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  • Opps’ // 20.11.2013 à 14h23

    Sympathique à écouter (le début) , Friot , même si ses thèses me paraissent un poil divagantes.

    C’est bien, de reconnaître la nécessité qu’une partie de la valeur produite soit ‘immobilisée’ dans la reproduction de l’outil de travail. C’est effectivement un rôle fondamental des “riches” : comme ils ne consomment qu’un bifteck par jour , le reste de ce qu’ils nous “piquent” est forcément ré-investi.

    Cette vision est amusante dans le sens où elle réhabilite le capitalisme à la “papa” d’essence plus ou moins fordienne où la plus-value ‘piquée’ servait au moins à financer l’ économie “réelle”.

    Pourquoi ce système fonctionne-t-il mal aujourd’hui ? Friot n’en donne pas l’explication véritable , même s’il serait d’accord , car cela gêne son argumentation présente : le plus-value extorquée , en effet, préfère s’investir en grande partie dans les circuits spéculatifs .

    D’où vient la spéculation financière ? de la création monétaire , donc du crédit généralisé fonctionnant comme une panacée universelle gommant (ou plutôt déplaçant) les contradictions du système.

    Nous voilà donc ainsi renvoyé à la création monétaire néo ou plutôt pseudo keynésienne : déversons de la liquidité même si chacun sait qu’elle alimente d’abord le système hyper-financier et donc les banques et la concentration des signes de richesses.

    Mais Friot occulte là ce fait , tant est tentant de surfer sur l’idée à la mode chez les “dissidents” : la mutualisation d’essence étatique.

    Ce que propose donc Friot est que cette plus-value soit préemptée par des caisses d’essences étatiques.

    Au passage je note que Friot parle de manne financière qui devrait alimenter l’investissement comme si c’était une donnée rare, contingentée, bref comme si seulement les riches pouvaient “investir” . Mais il me semble qu’il oublie qu’il existe un secteur bancaire qui peut financer l’investissement par pure création monétaire directe .
    La manne des riches n’est pas fondamentalement nécessaire à la constitution de l’investissement. La vision de Friot est donc un peu datée.

    Mais allons plus loin : ce serait quoi ces “caisses” ? Qui les gèrerait , qui déciderait d’allouer ces fonds à tel ou tel secteur de l’économie ? L’Etat directement ? , des commissions … nommées par l’Etat ? des assemblées de “cytoyens” préemptés par l’Etat ?

    Je ne nie pas le fait que certains pans de l’activité économique et sociale aient à être gérés par la puissance publique , ou bien plus subtilement, aient à être transformés en Mission de Service Public , pouvant d’ailleurs être confiées à des acteurs privés.
    Mais enfin si pour seul exemple on prend la SNCF qui bous coûte très très cher ou le secteur hospitalier public , bien fragile et par ailleurs en concurrence avec le secteur privé , ça n’est pas très convainquant.

    Mais admettons que ces secteur d’intérêt général soient de nature , comme l’armée, la justice , l’éducation etc à être dominés par une logique correspondant à notre conception de l’intérêt gégénal , je ne vois pas en quoi la fabrication de pains ou de ciment-prompt serait de nature à relever de choix mis entre les mains de commissions d’obédience “étatique” .

    Bien sûr on peut encore rêver d’une société où tous les choix seraient pilotés par les comités citoyens de façon directe , c’est une version soft du communiste centralisé. J’ai personnellement quelques doutes , et sur l’efficacité (même si tout de doit pas être efficace et “rentable”) , et sur l’indépendance de ces choix face à la pression de l’Etat lui-même, et au delà par celle de l’opinion via les élections (à condition que nous soyons toujours en système démocratique).

    Pour aller vite car j’ai bien d’autres choses à faire ! 😉 , moi aussi.

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  • john // 21.11.2013 à 19h56

    Lagardères père et fils auront bien profité du système.
    A la création du groupe EADS, la partie aéropostiale (celle appartenant à l’état) a été sous évalué donnant de fait un % plus d’important à Lagardère dans le groupe. Puis vient la vente des actions cité ci-dessus. Quand les dernières actions de Lagardère ont été vendu récemment le groupe EADS a acheté beaucoup d’actions pour maintenir le cour haut (de la trésorerie qui aurait pu être utilisé dans de ces projets qui ont été refusés : Nouvel avion pour ATR – Successeur du Beluga – Nouvel version du A380).

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  • BA // 02.12.2013 à 16h24

    Lundi 2 décembre 2013 :

    Selon l’Autorité des Marchés Financiers, tout était normal et légal dans l’ “affaire EADS”.

    Selon l’Autorité des Marchés Financiers, les dirigeants d’EADS étaient blancs comme l’agneau qui vient de naître.

    Des membres de la nouvelle aristocratie avaient blanchi d’autres membres de la nouvelle aristocratie : l’affaire EADS était une affaire classée.

    Mais aujourd’hui, patatra ! La justice française renvoie les dirigeants d’EADS devant le tribunal correctionnel !

    Lisez cet article :

    France : Lagardère et Daimler seront jugés pour délits d’initiés sur EADS.

    Les groupes français Lagardère SCA et allemand Daimler AG seront jugés devant un tribunal correctionnel pour délit d’initiés dans la vente de titres EADS début 2006, a appris lundi l’AFP de source judiciaire.

    Sept anciens cadres dirigeants d’EADS comparaîtront également, dont l’ancien coprésident du groupe aéronautique européen, Noël Forgeard, a-t-on ajouté.

    Daimler et Lagardère avaient été mis en examen (inculpés en droit français) début 2011 par un juge financier pour délits d’initiés.

    Ils avaient annoncé le 4 avril 2006 la vente de 7,5% chacun du capital d’EADS à des actionnaires institutionnels.

    Les deux groupes sont soupçonnés d’avoir bénéficié d’informations privilégiées sur les programmes du très gros porteur A380 et de l’A350, et d’avoir vendu leurs titres deux mois avant l’annonce d’un retard de six à sept mois du calendrier de livraison de l’A380, qui avait entraîné la chute du titre EADS.

    Les ventes contestées de titres EADS ont eu lieu essentiellement entre janvier et mars 2006, alors qu’étaient connues des dirigeants les difficultés des programmes de l’A350 et l’A380.

    L’Autorité des marchés financiers (AMF), le gendarme français de la Bourse, avait un temps soupçonné de délits d’initiés 17 dirigeants, passés ou actuels, du groupe aéronautique, ainsi que ses actionnaires français Lagardère et allemand Daimler.

    Mais tous avaient été finalement blanchis en décembre 2009, le gendarme boursier estimant qu’ils n’avaient pas utilisé d’information privilégiée pour s’enrichir indûment en vendant des actions.

    Le volet judiciaire de l’affaire avait continué et plusieurs inculpations avaient été prononcées dans ce dossier, dont celle de l’ancien coprésident d’EADS, le Français Noël Forgeard. Le directeur commercial d’Airbus, l’Américain John Leahy, l’a été à son tour en novembre 2010.

    Des responsables inculpés avaient manifesté leur agacement de devoir faire face à deux procédures, d’abord de l’AMF et maintenant de la justice française.

    http://www.romandie.com/news/n/_France_Lagardere_et_Daimler_seront_juges_pour_delits_d_inities_sur_EADS70021220131534.asp

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