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12.février.202012.2.2020 // Les Crises

Retraites : violences médiatiques en continu contre les grévistes – Par Pauline Perrenot

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Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 30-12-2019

« Cette fois, ça y est Nicolas [Beytout], nous y sommes : le mur du 5 décembre est là, devant nous. » Au matin du premier jour de mobilisation, d’une main tremblante, Matthieu Belliard pointait un iceberg du haut de la vigie d’Europe 1. Depuis, et face à l’ampleur de la grève et des manifestations, intervieweurs et éditorialistes réservent un accueil pour le moins chaleureux aux dissidents qui s’opposent à la « réforme » des retraites. « Haro sur les grévistes », tel est leur mot d’ordre.

Sur Europe 1, les journalistes avaient pourtant tout fait pour se rassurer au soir du 5 décembre : « On est très loin du raz-de-marée […] ! Le mur infranchissable qu’on avait annoncé, il est fissuré […]. Les syndicats pourront se targuer d’une grève suivie, de cortège bien remplis, mais, c’est insuffisant pour que le gouvernement plie » déclarait Charles Villeneuve dans « Le grand journal du soir ».

Une sérénité de façade toutefois, qui ne saurait dissimuler l’agacement voire la panique des éditorialistes, toujours plus mobilisés pour défendre la réforme, et toujours plus virulents à l’égard de ses opposants. Ainsi dans Le Point (13/12), Franz-Olivier Giesbert a bien saisi le problème : le projet de réforme des retraites est trop juste et trop égalitaire.

La tragédie s’est nouée quand le gouvernement a eu la fâcheuse idée d’introduire de l’équité et de la justice sociale dans sa réforme en intégrant les petits, les oubliés, comme les femmes ou les ouvriers agricoles, métier pénible s’il en est, qui n’ont droit qu’à une pension de quelques centaines d’euros. Non mais de quoi se mêle-t-il ? Il n’est de damné de la terre que cégétiste ou, ajouterait M. Plenel, islamiste.

Tout en subtilité… À « C dans l’air » (France 5, 14/12) également, une légère crispation s’installe en plateau :

Animateur : Tous les salariés viennent travailler et pardon, mais on est parqué comme du bétail ! Et ce sont des scènes quotidiennes ! C’est le matin et le soir ! […]

Dominique Seux : Les sondages qui évoquent un soutien sont-ils vraiment sérieux et pertinents ? […] C’est indigne ! Aucune des réformes des retraites dans les pays comparables ne se passe de cette manière !

Des indignations [1] qui n’ont d’égal que l’enthousiasme avec lequel ces mêmes éditorialistes accueillaient le discours d’Édouard Philippe le 11 décembre. « Discours très accessible » selon Alain Duhamel (BFM-TV), qui s’empresse de vanter le « gaullisme social » du Premier ministre, de même que son « projet extraordinairement audacieux ». Un « projet social, un changement de société » ose-t-il petit à petit, avant d’affirmer qu’Édouard Philippe a « cherché à apaiser avec méthode », selon « un mélange d’audace et de précaution ». Le lendemain, son confrère expert ès économie Nicolas Doze surjoue l’enthousiasme, quitte à passer pour un mauvais acteur :

Il y a plein de choses à garder ! Alors faut partir du principe que ce que dit le Premier ministre est fiable et que ce qu’on met dans une loi, on le respecte. Si on dit [Nicolas Doze hurle en grimaçant] : « Il ment ! », voilà… Mais si on regarde avec un peu de sérénité, les avancées sont légion.

C’est fantastique pour les jobs précaires !

Pour un agriculteur, c’est une révolution ! C’est quand même une vraie avancée !

– C’est quand même assez raisonnable comme rythme [d’application], c’est pas un truc fait à l’arrache.

C’est pas peanuts ce genre de trucs. Mais les syndicats l’ont pas vu ça, si ?

Les autres « experts » et éditorialistes ne sont évidemment pas en reste. Sur Twitter le 11 décembre, le commentateur multicarte Nicolas Bouzou [2] se prend pour un député LREM en charge de la réforme : « Force est de constater [que la réforme] est redistributive : les perdants sont les hauts revenus, les gagnants sont les précaires. C’est une réforme de gauche ! Mais pour dire cela, il faut savoir lire et être honnête. »

Le même jour, Jean-Michel Aphatie félicite à son tour le Premier ministre, qui a selon lui « expliqué sa position avec une certaine hauteur. Son ton est conciliant. » D’où le ralliement à la mobilisation du 17 décembre de la CFDT, le plus conciliant des syndicats ! Sur RTL, le visionnaire François Lenglet a lui aussi aperçu de vastes ouvertures : « La vague de contestations après les annonces d’Édouard Philippe sont d’autant plus étonnantes qu’il y a eu des concessions significatives de la part du gouvernement. » (12/12)

Un peu plus tôt sur la même chaîne, Alain Minc et Yves Calvi, deux vieux routiers du néolibéralisme, communiaient dans la défense de la réforme, malgré de vives inquiétudes (stratégiques) exprimées concernant les annonces d’un âge pivot : « Personne ne souhaite davantage que moi le succès d’Emmanuel Macron, et c’est pour ça que ce matin, je suis tout tourneboulé » affirme Alain Minc, agacé de voir la CFDT se rallier à la mobilisation.

Et sur le fond du discours d’Édouard Philippe, rien à redire : un « discours absolument remarquable pour expliquer pourquoi le système universel est à long terme un bon système » avance-t-il, avant d’en rajouter trois couches : « C’est adapté à la modernité, dans un monde où chacun peut changer dans sa vie plusieurs fois de job, devenir autoentrepreneur ; dans un monde virevoltant, c’est une très bonne réforme. »

Plus tard dans la journée… toujours sur la même chaîne, Olivier Mazerolle recopie Alain Minc : « Le Premier ministre a prononcé un bon discours, il a donné une interview impeccable sur TF1, susceptible de lui attirer les bonnes grâces d’une bonne partie des Français. » Comme la plupart de ses confrères, l’éditorialiste déplore seulement un manque de tact et une stratégie trop frontale : « Mais il a raté son effet en plantant cette banderille inutile dans le dos de syndicats réformistes. […] Il lui suffisait d’ajouter deux choses pour briser le front syndical. » Car tel est l’horizon souhaité par la quasi-totalité des éditorialistes.

« Est-ce que ça va calmer les Français ? » se demande à son tour Christophe Barbier (11/12) avant de s’auto-répondre : « Oui, ça va rassurer automatiquement tous ceux qui sont nés avant 1975, c’est-à-dire à la louche, environ 30 millions de gens, 12 millions de retraités, 18 millions d’actifs, ceux-là ils vont se dire “Ouf, ce n’est pas pour moi” et ils n’auront plus de raison d’être en colère. » En ce mois de décembre, celui qui assurait mordicus que Jean-Paul Delevoye allait rester au gouvernement – quelques heures avant la démission de ce dernier – est décidément en pleine crise de voyance.

Et l’on peut dire que l’éditocratie est réglée comme un coucou suisse. Le 19 décembre, au sortir du second discours d’Édouard Philippe, les mêmes étaient dans les starting-blocks pour de nouveau saluer une prise de parole « très habile » (Alain Duhamel, BFM-TV) : « Comment Philippe fait bouger les lignes » titre Le Parisien en Une le lendemain. En écho aux échanges entre Alexandra Bensaïd et Julian Bugier, qui accompagnaient, dans le 20h de France 2, le discours du Premier ministre :

Julian Bugier : On l’a vu, le gouvernement consent à des gestes : est-ce que les lignes sont en train de bouger ? « Enfin ! », j’allais dire.

Alexandra Bensaïd : Oui, elles sont en train de bouger. On n’a peut-être pas eu des gestes forts mais en tout cas, on a eu des gestes suffisants pour que l’Unsa appelle à une pause pendant cette période de Noël.

Au même moment, sur TF1, c’est la même :

Gilles Bouleau : Bonsoir mon cher François, nous avons besoin de vos lumières ce soir. […] Le gouvernement et Édouard Philippe ont-ils ou pas lâché du lest de manière significative ?

François Lenglet : Oui, c’est incontestable. […] Ça ouvre la porte à un compromis au début de l’année. On aura eu la grève, la présentation du projet, et puis les discussions. C’est un ordre un peu baroque, c’est le dialogue social à la française. Mais on entre maintenant dans la phase la plus intéressante, celle des discussions.

Sur BFM-TV, Emmanuel Lechypre salue à son tour des « avancées majeures », adoubé par tous les journalistes en plateau, ce qui laisse le champ libre à Éric Brunet pour tancer une députée LREM :

Est-ce que vous n’avez déjà pas fait trop de concessions ? [On va avoir] une petite réformette qui ne va finalement pas changer grand-chose au système de retraite ?

Misère du pluralisme… Tant et si bien que la posture de la quasi-totalité des éditorialistes du PAF peut être résumée par la déclaration de Jean-Claude Dassier : « Moi, je suis défenseur de la réforme » (CNews 16/12) ou par celle de Sonia Mabrouk : « Il est urgent de faire appel au bon sens des Français, pour qu’ils réalisent notamment que des réformes de fond, comme celle des retraites, sont nécessaires et même indispensables. » (FigaroVox, 12/12)

Haro sur les grévistes et les manifestants

Après le service après-vente de la « réforme » vient la seconde salve : la dénonciation des grèves et des syndicats qui ne veulent pas céder. Le 21 décembre, Jean-Michel Aphatie prend à partie la CGT-Cheminots qui annonçait une « guerre totale » avec le gouvernement : « Comme discours coupé des réalités, difficile de faire mieux » ose l’éditocrate. Sur BFM-TV, alors qu’Éric Brunet cogne sans discontinuer sur le « fameux soft-power de la CGT », Emmanuel Lechypre siffle quant à lui la fin de la récré :

La CGT est à l’écart de [toutes ces avancées] parce que la CGT, elle est hors système en fait. Dire « on va abandonner cette réforme », ça sert à rien puisqu’en fait, ce n’est pas ce que veut Édouard Philippe. Là où la CGT est très mal en point, c’est que c’est quand même un nouveau combat perdu pour Philippe Martinez.

« L’économiste » l’a dit : c’est fini. Pourquoi ? Au tour du « philosophe » de l’expliquer :

Grâce à la grève, on assiste à la dégradation définitive dans l’opinion publique d’un syndicat totalitaire, la CGT, qui suspend la liberté d’un pays entier (comme la liberté de la presse) à la seule acceptation de ses demandes. Et qui appelle ça « dialogue ». (Raphaël Enthoven, Twitter, 17 décembre)

Et ce n’est là qu’un extrait du long poème écrit par le petit Raphaël, dont nous citons encore quelques vers :

Cette grève absurde contre une réforme imparfaite mais indispensable, n’a pourtant pas que des mauvais côtés. Grâce à la grève, on peut faire ses courses sur Amazon et jouir de la fiabilité de son service de livraison. […] Grâce à la grève, les vendeurs sont sympas [et] vous accueillent désormais en ami véritable dans le magasin dont ils sont fiers de vous montrer les trésors. Grâce à la grève, les gilets jaunes ont emboîté le pas des syndicats. Ce qui est mieux que l’inverse. Car les gilets jaunes sont un arbre sans tronc. […] Grâce à la grève, le langage évolue. Et, de « briseur de grèves » on est passé à « suceur de bites ». On n’arrête pas le progrès.

À se demander si le philosophe médiatique n’a pas fait ses classes chez un autre maître de la pensée antisyndicale (spécialité CGT) sévissant dans les colonnes du Point. Dès fin novembre, Franz-Olivier Gisbert tapait ainsi sur Philippe Martinez, incarnation de « cette France […] crypto-frontiste, ultra-individualiste, nourrie à la pensée magique, qui nous raconte tout à l’envers, les travailleurs les plus protégés étant toujours présentés comme les grandes victimes du système » (29/11).

Deux semaines plus tard, après avoir tablé sur un classique en fustigeant des « syndicats à la ramasse », FOG se chauffait de nouveau : « Tous les gogos du pays, ce qui fait beaucoup de monde, se sont mis en rang derrière la CGT ». Avant monter en pression : « Le pays est retombé au stade anal de la régression idéologique, au point qu’on peut se demander si nous ne sommes pas revenus aujourd’hui au temps du communisme. »

Et de fustiger, dans sa bouffée délirante, les « braillards, conchieurs, coquefredouilles, marchands de balivernes » gavés au « misérabilisme victimaire » et au « socialisme des imbéciles ». Avant de conclure, navré : « Le président avait parié sur la maturité, le bon sens et l’esprit de justice des Français. Quelle erreur ! […] L’immobilisme est le premier parti de France. » (13/12) Le même jour, FOG était présent sur le plateau de LCI pour livrer en direct, au bord de la crise d’apoplexie, son pénible plaidoyer :

[La France] est champion[ne] du monde de la grève ! […] Pourquoi on a 118 jours de grève alors qu’on a un système social beaucoup plus avancé que dans la plupart des autres pays ? […] Comment c’est possible ? Pourquoi ? Pourquoi on fait grève tout le temps ? Pourquoi ? […] La Grande-Bretagne c’est 21, et nous 118. Record du monde !

Jean-Michel Aphatie se fâche lui aussi tout rouge face aux coupures d’électricité de la CGT : « Donc l’électricité appartient à la CGT de RTE qui la coupe quand ça lui chante, parce que c’est la Révolution et parce que c’est son bon plaisir. Le service public est entre de bonnes mains. » (17/12) Avant d’enfoncer le clou le lendemain : « Le droit de grève est constitutionnel. Les coupures d’électricité, pas encore. » Et le surlendemain : « Quand un conducteur de train fait grève, il ne ferme pas la locomotive à clé, il ne l’empêche pas de rouler. En coupant l’électricité, les grévistes de la CGT kidnappent l’électricité qui ne leur appartient pas. Indéfendable. » La fameuse prise en otages des volts.

Mais l’éditocrate n’est pas en reste, il poursuit le 21 décembre : « Coupures d’électricité à Agen et Castres aujourd’hui, revendiquée par la CGT Énergie au nom de lutte des prolétaires pour le maintien des régimes spéciaux dans les entreprises publiques. Étonnant, non ? » On peut dire que la pilule ne passe pas : sur LCI le 19 décembre, Jean-Michel Aphatie crachait encore sur cette « fuite en avant » de la CGT et sur son « gauchisme », sur ses raisonnements « absolument pas acceptables », et sur un acte que l’éditocrate dénonce comme étant « illégal, irresponsable ». De nouveau le 21 décembre, dans « C l’hebdo » (France 5, 21/12), il se félicite que « la direction de la SNCF [soit] décidée à poursuivre les responsables en justice » avant de répéter au moins cinq fois combien les coupures d’électricité sont « illégitimes » parce que la morale capitaliste est claire : il n’est « pas légitime qu’un salarié dégrade l’outil de travail. » Merci Jean-Michel.

Rappels à l’ordre, distribution des bons et mauvais points, surexposition d’actions prêtant – du point de vue des éditorialistes – à polémique, sommations à condamner ces actes jugés « jusqu’au-boutistes » et « illégitimes », culpabilisation pour Noël, etc. Les mêmes mécanismes sont à l’œuvre sur les plateaux. Et le cadrage est simple : haro sur les syndicats défendant le retrait ! Haro sur les coupables d’un « cirque à durée indéterminée » (Nicolas Beytout, 5/12) ! Haro sur les « surenchères de Sud Rail » et « l’ultimatum de la CGT […] insupportable, odieux même » (Dominique de Montvallon, 16/12) ! Haro sur les récalcitrants : « Mais rien a priori, Philippe Martinez ne veut rien entendre. Rien ne peut lui faire entendre raison […], rien ne trouve raison à ses oreilles. [ …] Il y a des choses qui ont été proposées par le gouvernement […], des garanties qui ont été apportées par le gouvernement, mais rien, nada, il ne veut rien entendre. » (Nathalie Lévy, Europe 1, 9/12)

Et quand ils ne le disent pas, ils le dessinent :

Et chez les éditocrates les plus radicaux, même les syndicats réformistes en prennent pour leur grade : « Laurent Berger, le leader du syndicat réformiste, qualifie l’équilibre financier d’intrus, oubliant que la première injustice d’une réforme des retraites, c’est quand elle n’est pas financée. […] On doit à la CFDT, la réforme des 35 heures, qui a tout de même fichu en l’air notre industrie ! » (Catherine Nay, Europe 1, 7/12) À l’inverse, Édouard Philippe, « lui, il est ouvert à la discussion. Universalité oui, brutalité non, dit-il. Comprenez, le gouvernement va prendre son temps, le dialogue se poursuit. Il a énuméré les pistes de compromis. »

Même son de cloche à « C à vous » (France 5). Les journalistes diffusent des vidéos où des grévistes prennent à partie des non-grévistes, et Patrick Cohen monte en généralités : ces vidéos « posent la question de savoir si la grève est librement consentie à la SNCF, à la RATP et dans d’autres entreprises publiques. » Et d’enchaîner, face à Laurent Brun (CGT-Cheminots) :

Anne-Élisabeth Lemoine : Ça s’appelle « discuter » poser des revendications ?

Patrick Cohen : Vous pensez que votre légitimité est plus forte que celle d’Emmanuel Macron qui avait inscrit cette réforme-là dans son programme ?

Tous le craignent et le répètent : le pays serait « ir-ré-for-ma-ble ». Égoïste, la population serait ainsi, et par principe, opposée aux « réformes ». C’est le triste constat que partagent tous les journalistes sur le plateau des « Informés » (France Info, 9/12). À commencer par Roselyne Febvre, cheffe du service politique de France 24 :

Le corps social se radicalise. Dans le fond, chacun se demande « et moi combien je vais avoir », et il n’y a plus de solidarité. Alors que ce qu’avait expliqué Emmanuel Macron dans son livre, c’était remettre de la solidarité, remettre de la justice, et remettre de la crédibilité vis-à-vis des jeunes qui pensaient qu’ils n’auraient pas de retraite. […] Pour les Français réforme = recul = régression = entourloupe = arnaque.

Suivie de près par Henri Vernet, rédacteur en chef adjoint du Parisien :

Aujourd’hui on a le sentiment que toute réforme, c’est un retour en arrière, c’est avoir moins que plus : c’est quand même absolument fantastique ! […] En France on a désormais ancré cette peur de la réforme quelle qu’elle soit !

Mais également par Sophie de Menthon :

Aujourd’hui, c’est moi d’abord. On veut réformer tout, sauf pour soi-même. […] Ce qu’ils veulent en fait, c’est de l’autorité.

Pluralisme, quand tu nous tiens ! Difficile de ne pas sourire quand, la veille sur LCI (8/12), François Lenglet affirmait : « Dans ce bazar qu’est la France ces jours-ci, on n’entend pas beaucoup l’opposition de droite. »

Malléables à merci, les manifestants sont ainsi tour à tour des récalcitrants et des idiots qu’il s’agirait de raisonner. Au 20h de France 2, Alexandra Bensaïd est formelle (5/12) :

Le gouvernement doit rassurer ceux qui se croient perdants, à tort dit-il. Ça c’est l’exemple des enseignants, on vient de le voir, ils ne croient pas, ils doutent des promesses sur leurs rémunérations. […] Au fond, le souci, c’est que chaque Français s’imagine perdant et cette angoisse, elle vient d’un flou.

De même que Catherine Nay, deux jours plus tard sur Europe 1 (7/12) :

Là, les gens ont peur. Car dans le fond, on leur dit que c’est le grand régime de la justice sociale, et ils ne savent pas, ils ont peur d’être impactés, que ça soit moins bien pour eux avant qu’après. Donc, ça a été plutôt mal expliqué. […] Jean-Paul Delevoye a fait beaucoup de réunions, mais il est plutôt sur un ton philosophique.

La même « philosophie », sans doute, qui l’a conduit à dissimuler ses conflits d’intérêts avec le secteur de l’assurance ? Et les éditorialistes de salon de poursuivre sur le « jaunissement des commentaires » des opposants, selon Alain Duhamel, précédé par Catherine Nay : « Il y a un “gilet-jaunisme” de l’opinion. C’est-à-dire qu’on est prêt à râler, à avoir peur, parce que c’est la peur qui dictent leurs réactions. » Pascal Perrineau : « Absolument ».

Ne manquait plus que la psychologisation des manifestants. François-Guillaume Lorrain (Le Point, 12/12) compare les contestataires – qualifiés tour à tour de « citoyens enfants » et de « patients français » – à des dépressifs. « La contestation de la réforme des retraites confirme notre propension au psychodrame » affirme-t-il avant de poser la question : « La France dépressive ? Maniaco-dépressive, plutôt. » Et le médecin de diagnostiquer le pays :

Perte de légitimité de l’autorité, cette instance fixe et stable, effacement du refoulement, carence du désir, incapacité à supporter l’insatisfaction, font le lit d’une société infantilisée où l’envie a pris le pas sur le désir, où la religion égalitariste a triomphé et où le citoyen est devenu un « pervers généralisé », ne vivant plus les relations que sur le mode de l’usage.

N’en jetez plus…

 

Tenir le cap : au chevet de Macron

Au chevet d’Emmanuel Macron, les éditorialistes n’en finissent pas de discuter de la méthode pour faire passer la pilule. Car une fois de plus, il n’y a pas l’ombre d’une divergence sur le fond : « le retrait du projet est inenvisageable » (Nicolas Beytout, Europe 1, 11/12). Tous ou presque s’accordent à dire que « l’âge pivot » aurait pu attendre, et cherchent des sorties de secours.

Pour Alain Minc (RTL, 12/12), c’est clair : « On sait que pour sortir de cette grève, il faut casser le front syndical. Pour casser le front syndical, il faut bien trouver des syndicats dont on se rapproche. » Sur BFM-TV, Alain Duhamel fait chauffer ses méninges : « Comment décrisper le mécanisme de la réforme qui se prépare ? Réforme vis-à-vis de laquelle la majorité des Français est au moins soupçonneuse et dont une nette majorité pense qu’elle se fera. » (17/12)

Florilège de la grande diversité des opinions parmi les éditorialistes :

Olivier Mazerolle : Si Emmanuel Macron subit une déroute, imaginons hein, personnellement je n’y crois pas. Mais on ne sait jamais, ça peut arriver, s’il est amené à retirer le projet de réforme, c’est fini. Les deux ans qu’il lui restera à faire à la présidence, il expédiera les affaires courantes. Et à ce moment-là, la France entière n’aura plus qu’une idée en tête : qui va lui succéder en 2022 à L’Elysée ? Bon, est-ce que c’est ça vraiment que les Français veulent ? (LCI, 1/12)

Nicolas Beytout : C’est ça qui se joue pour Emmanuel Macron : tenir ou ne pas tenir. Tenir pour sortir de ce cercle vicieux, qui fait que chaque défaite du pouvoir en matière de réforme, rend la France un peu plus irréformable. Irréformable par celui qui cède, pour ses successeurs aussi. Tenir, il faut tenir. (« C dans l’air », 6/12)

Charles Villeneuve : Si le gouvernement lâche trop, je pense qu’il se fragilise, il va se fragiliser. Gérard Carreyrou répond : Si on renonce à cette réforme, on part à vau-l’eau. (Europe 1, 9/12).

Gilles Bornstein : Tout est mieux pour le gouvernement, n’importe quel recul, n’importe quel aménagement, n’importe quelle avancée, n’importe quelle concession est mieux que retirer la réforme. Parce que retirer la réforme purement et simplement, le gouvernement ne peut pas y survivre et Emmanuel Macron ne peut pas se présenter en 2022 et je ne suis pas sûr qu’il a été élu pour subir le même sort que François Hollande. (France Info, 9/12)

Christophe Barbier : Sur la notion d’équilibre financier, le gouvernement ne reculera pas. Notamment parce que l’électorat de droite, c’est l’électorat clé pour EM et très sensible aux arguments financiers. D’ailleurs Macron et Philippe sont les héros du Figaro depuis 48h. Donc il ne faut pas céder sur l’équilibre. (BFM-TV, 12/12)

Nathalie Saint-Cricq : Il y avait une terreur pour Emmanuel Macron, c’était de passer pour quelqu’un qui est plus capable de réformer parce qu’on aurait dit « la fin du quinquennat, c’est une grande sieste en attendant 2022 ». […] Globalement il marque des points. (France 5)

Bref, le cap reste le même qu’au premier jour de décembre : messieurs Macron et Philippe, tenez bon !

Pauline Perrenot, grâce au travail d’observation collective des adhérentes et adhérents d’Acrimed.

Source : ACRIMED, Pauline Perrenot, 30-12-2019

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Commentaire recommandé

obermeyer // 12.02.2020 à 09h14

Pas un mot de ces éditocrates sur le système à points qui a ruiné les retraités suédois , pas un mot sur l’absurdité de cette soit disant réforme qui créerait plus de chômeurs , de vieux pauvres et de gens qui meurent au travail . Pas un mot sur la volonté cachée de mettre la main sur les 300 milliards et l’offrir aux fonds de pension , pas un reportage sur la tragédie vécue par des millions d’américains en 2008 quand certains de ces fonds ont coulé ….. Mais je suppose que ces guides de la pensée ne seront pas cassés par le travail en fin de carrière , et auront largement de quoi cotiser chez blackrock .
Ces zélites qui font sécession , se gavent de privilèges et veulent nous donner des leçons ….. A vomir !

49 réactions et commentaires

  • Fritz // 12.02.2020 à 07h49

    Ce concert est abject. Si une révolution devait triompher, quel sort réserver à ces perroquets de la bourgeoisie ?

    • Fredo // 12.02.2020 à 07h53

      La corde…
      J’ai commencé à en tresser une, d’ailleurs… Pour BHL…

      • Fritz // 12.02.2020 à 10h36

        Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris c’est Lallement.

        • Narm // 12.02.2020 à 21h15

          Ben non, aujourd’hui c’est Lenglet …..
          lengleco même
          tous ces interfaces du gouverne ment.

    • Suzanne // 12.02.2020 à 11h14

      Un procès. Long, détaillé.
      (gnnnnn cette obligation de bavarder quand on n’en a pas envie; parce que le commentaire est trop court, ça m’éneeeerve)

      • Dominique65 // 12.02.2020 à 18h06

        « Un procès. Long, détaillé. »
        Une phrase complète avec sujet-verbe-complément aurait permis de mieux te faire comprendre et évité de t’énerver. Ce procès, c’est ce que tu constates, que tu souhaites, que tu déplores ? Et pour qui est-il (ou était-il, sera-t-il) ?
        Cordialement.

  • Patrique // 12.02.2020 à 08h01

    A noter que ces gens gagnent de 5 000 à 50 000 euros par mois ; voire plus.

    • jacqurocant // 12.02.2020 à 09h37

      Bien plus. C’est bien la preuve que leur emploi a un impact sur l’opinion proportionnel à leur salaire et autres primes. Sinon ils seraient payés comme des pigistes.

      • jmdest62 // 12.02.2020 à 10h23

        “C’est bien la preuve que leur emploi a un impact sur l’opinion”

        D’une part, Les chiffres d’audience montrent que finalement les chaines sur lesquelles interviennent ces “donneurs d’avis” n’ont que très peu d’audience …je reste donc très perplexe sur l’influence que ces avis peuvent avoir dans l’opinion.
        source : Les échos
        “Si BFM/Tv reste très largement leader avec une part d’audience moyenne de 2,6 % sur l’année 2018, l’écart se resserre avec ses concurrentes LCI, CNews (toutes deux à 0,7 %) et franceinfo (0,4 %).”

        D’autre part des “Duhamel” , “Praud” , St Cricq” , “Calvi”, “Apathie” etc etc….. sont si prévisibles et caricaturaux dans leur “BlaBla” que cela en est risible et donc finalement contre-productif.

        Je pense que ce sont les réseaux sociaux qui donnent le “LA” …les autres suivent .
        @+

        • jmdest62 // 12.02.2020 à 11h35

          Pour compléter mon message….

          Comment suis-je informé des “élucubrations” des “Donneurs d’avis” ?
          Réponse :
          1) en lisant cet article sur “Les Crises” qui relaye une étude faite par Acrimed ……pas parce que j’aurais regardé une des chaines que cite “Les échos” .
          2) en regardant éventuellement sur “youtube” telle ou telle vidéo qui met en exergue une “énormité” prononcée par un des pros du “commentaire politique” , dans le but de faire le “Buzz” et d’engranger des revenus publicitaires.

          Tous les débats de la commission spéciale sont archivés sur le site de l’assemblée …..pour se faire une opinion autant aller à la source Non ?
          http://videos.assemblee-nationale.fr/commissions
          @+

      • Timber // 12.02.2020 à 15h42

        J’ai lu quelque part que les journalistes seraient “épargnés” par cette réforme. Vrai ou faux? Quelqu’un le sait il? Si c’est vrai le minimum qu’on puisse leur offrir est un tour de la place de l’Etoile en plumes et en goudron.

        • Paul // 16.02.2020 à 01h34

          Concernant les journalistes, aucun élément ne permet d’affirmer qu’ils seront écartés du régime universel. Ce sont des salariés du secteur privé – ou, pour certains, d’entreprises publiques comme Radio France ou France Télévisions – qui basculeront dans le futur système universel à points. Le projet de loi prévoit néanmoins que les réductions de cotisations dont bénéficient les journalistes, et qui donneront droit à des points supplémentaires, soient prises en charge par l’Etat. Les modalités restent encore à déterminer.

          https://www.liberation.fr/checknews/2020/02/05/est-il-vrai-que-la-reforme-des-retraites-maintient-des-avantages-pour-les-journalistes_1775985

          Rencontres au ministère du travail
          En novembre et décembre, les syndicats de journalistes ont été reçus au ministère du Travail à propos de la réforme des retraites, le taux réduit a fait l’objet de discussions, selon le SNJ.

          La mention du taux réduit des journalistes figurait d’ailleurs dans le rapport Delevoye, qui préconisait de ne pas remettre cette aide en cause, évoquant la mise en place d’un dispositif de compensation via la prise en charge par l’Etat de points retraite au bénéfice des salariés des professions concernées (les journalistes, donc, mais aussi les artistes ou les marins).

  • Denis // 12.02.2020 à 08h16

    Ils font leur boulot!

    Demain, ils serviront un autre maître, peu importe
    ce qu’il fait au nom du peuple.

    D’ailleurs, c’est qui le patron?

  • sergeat // 12.02.2020 à 08h30

    Nos” zélites “médiatiques et politiques avec zèle me font penser au film “vol au dessus d’un nid de coucou” ,le prochain film pourrait être “les voleurs accusent les détroussés d’égoïsme”.Bien sur tout cela n’est que fiction,car nous vivons dans un pays où les” zélites” comprennent la populace.

  • obermeyer // 12.02.2020 à 09h14

    Pas un mot de ces éditocrates sur le système à points qui a ruiné les retraités suédois , pas un mot sur l’absurdité de cette soit disant réforme qui créerait plus de chômeurs , de vieux pauvres et de gens qui meurent au travail . Pas un mot sur la volonté cachée de mettre la main sur les 300 milliards et l’offrir aux fonds de pension , pas un reportage sur la tragédie vécue par des millions d’américains en 2008 quand certains de ces fonds ont coulé ….. Mais je suppose que ces guides de la pensée ne seront pas cassés par le travail en fin de carrière , et auront largement de quoi cotiser chez blackrock .
    Ces zélites qui font sécession , se gavent de privilèges et veulent nous donner des leçons ….. A vomir !

    • Blabla // 12.02.2020 à 12h55

      Les éditocrates sont tous pour, car ce projet de loi leur fait un joli cadeau (et au monde du spectacle, par ailleurs) : ils bénéficient d’un répit pour l’alignement de leurs propres cotisations, eux qui n’ont pas de soucis de revenus.

      Mais, ô ironie, les patrons commencent à craindre pour leurs cadres dirigeants, dont les revenus sont au dessus du plafond de cotisation et sont donc les plus incités à prendre ces fameuses assurances retraite privées : après avoir fait leurs comptes, ils constatent que l’ancien système était plus avantageux et craignent de voir leurs sbires s’expatrier!

      • Catalina // 12.02.2020 à 18h09

        ben ceux là comme les militaires, les flics, et tout un tas d’autres garderont leur régime spécial, pas de souci !!!
        cette réforme n’est que pour les ouvriers, ceux qui gagent le moins, ça ne vous saute pas aux yeux ? pour les voler encore et encore et donner tout ça aux amis de macron qui avaient parié et ont gagné le gros lot !!
        il sera très très très très largement “récompensé” vu ce qu’il claque par jour, une retraite de président ne lui suffira jamais, ce mec à les poches trouées surtout quand il utilise l’argent des autres

  • Nicolas // 12.02.2020 à 09h21

    Il faut absolument , et cela pour encore mieux illustrer ces propos , parler de cette nouvelle race de sondage du groupe RMC / BFMTV.
    Acrimed en a parlé donc je mets le lien ici parce que bon c’est juste énorme :
    https://www.acrimed.org/Sondage-made-in-RMC-vive-Macron-ou-gloire-au
    J’espère ne pas être censuré !
    Alors que faut il faire face à cela sinon ?
    Arrêter les abattements fiscaux des journalistes ?
    Ce seront les petits qui sont ultra précaires et corvéables à merci qui en subiront les conséquences.
    Demander des comptes au groupe BFMTV sous peine de couper leur canal ?
    Oui pourquoi pas , encore faut il un gouvernement impartial au pouvoir !
    Couper les aides à la presse qui ne respecte plus le pluralisme des opinions du pays ?
    Oui sans aucun doute !
    Idem pour la redevance télé ?
    Oui aussi !
    Parce que tout de même il faut le dire , on se fait insulter , on se fait faire la morale toute l’année tous les jours , par des gens qui sont payés AVEC NOTRE ARGENT !
    Parce que la presse sans subventions , et même si elle appartient à des milliardaires , demain elle ferme !
    Et la télé , en gros ce serait la même chose , à plus forte raison la télé publique qui est la plus grosse donneuse de leçon en plus.
    Et au passage , on devrait aussi remettre à plat le CNC aussi qui finance moult programmes télé , films en tout genre et media par des biais détournés avec NOTRE ARGENT POUR NOUS FAIRE LA MORALE !
    Parce que les acteurs subventionnés là , hé bien c’est le même topo que ces journalistes , tous roulent pour le pouvoir en place quel qu’il soit tant que l’argent tombe ( LE NOTRE EN FAIT ) pour eux !

    • bizmarco // 12.02.2020 à 09h55

      “Parce que tout de même il faut le dire , on se fait insulter , on se fait faire la morale toute l’année tous les jours , par des gens qui sont payés AVEC NOTRE ARGENT !”

      Et il ne faut pas oublier qu’on se fait taper, éborgner et mutiler par des gens (?) qui sont payés AVEC NOTRE ARGENT également…
      Des flics qui viennent faire les caids face aux gens qui les nourrissent. Comme si un salarié plein de morgue venait devant son patron lui faire la leçon…

      • Catalina // 12.02.2020 à 10h17

        bizmarco

        plein de morgue n’a jamais occasionné des handicaps à vie….ceux-là, une partie de la flicaille HAISSENT, MEPRISENT, MUTILENT, TUENT ceux qui leur permettent de se nourrir, ce n’est pas la même chose

    • vert-de-taire // 12.02.2020 à 15h16

      “avec NOTRE ARGENT”

      Oui et alors ?
      Toute la richesse produite (hors la fausse faite avec du crédit jamais remboursé – les dettes spécuatives)
      l’est par les travailleurs, TOUTE.

      Qu’il soit produit par nous est donc une trivialité.
      Que ce soit notre argent pas du tout. Nous le donnons.
      Le contrat de salarié c’est l’échange de l’exploitation de notre labeur par le grand capital (dans la mesure où il a refait les lois salariales).
      Et l’impôt est consenti.
      Le problème n’est pas NOTRE ARGENT mais qui en décide l’usage.
      En votant Sarkozy-Hollande-Macron, en votant droite ou droite (depuis même avant), nous choisissons le grand capital ET RIEN D’AUTRE.

      En acceptant un système qui favorise outrageusement le capital (simple fait indéniable) nous avons laissé-faire nos dirigeants-grand-capital agir à sa guise.
      De quoi se plaint-on ?

  • obermeyer // 12.02.2020 à 09h24

    Et bien sûr , jamais une question sur le sens de l’histoire , et de la vie , qui voudrait normalement que le temps de travail diminue au fur et à mesure que la productivité et les richesses globales augmentent . Jamais la moindre question philosophique sur le travail en lui même , juste des artifices comptables pour nous faire avaler cette pilule amère , sans penser à ce que nous laisserons à nos enfants .
    Ne mourrons pas comme des esclaves ! Bravo aux grévistes , manifestants , gilets jaunes , bravo aux insoumis qui tiennent la tranchée au parlement , bravo à ceux qui cotisent pour les caisses de gréve , bravo à tous ceux qui se mettent en travers de cette abominable contre réforme .

    • calahan // 12.02.2020 à 12h51

      Le salariat n’est que la forme légale et “moralement acceptable” par le plus grand nombre de l’esclavage, il ne faudrait pas l’oublier non plus.

      • vert-de-taire // 12.02.2020 à 15h21

        Oui si nous ne sommes pas capables de maintenir des contre-pouvoirs.

        Car la seule cause de nos maux est notre incapacité à défendre notre intérêt de classe : celle des travailleurs qui vivent en perdant leur vie à la vendre à autrui en opposition à celle des rentiers (si ça existe) qui louent le temps de vie d’autrui.

  • Catalina // 12.02.2020 à 09h36

    Bonjour,
    Je n’ai pas pu tout lire, je ne voulais pas vomir mon café..
    C’est incroyable ce tas de fanatiques, endoctrinés jusqu’à la moelle, haineux des Français !
    Ces gens appellent à la haine du peuple, cela ne rentre t-il pas dans le cadre de la “nouvelle loi sur la haine” ?
    ah mais non, on me dit dans l’oreille que ces gens-là sont couverts par l’impunité totale ! et que cette loi ne s’applique pour pour les “sans-dents”….
    Sous Vichy, je pense qu’il y avait les mêmes fanatiques, vous savez ceux qui collaboraient….

    • vert-de-taire // 12.02.2020 à 15h33

      Bien d’accord.

      Sous Vichy il y avait nettement (pour l’élite) ce sentiment de reprendre le pouvoir volé par les “sangs impurs”, une revanche sur la Révolution bourgeoise et des gueux (lesquels se sont fait avoir – et massacrés – malgré les efforts de vrais démocrates).

      Je n’ai pas pu tout lire, la haine lasse vite.
      Mais attention cette haine s’est construite lentement. Je suis certain que la plupart de ces chiens de garde travailleraient pour n’importe-quel plus offrant !

      Notre système capitaliste nous porte au plus offrant, c’est sa nature.

      De même ces chiens de garde vomissent très bien pour maintenir leurs hauts salaires de même les capitalistes dévastent la planète pour se maintenir rentables…

      Notre système capitaliste détruit TOUT ce qui peut l’être du moment que c’est le plus rentable, c’est sa nature.

  • Gleux // 12.02.2020 à 09h42

    Et il y a les sondages BFM :
    Selon vous la France va-t-elle mieux depuis l’élection d’Emmanuel Macron?
    Réponse A : Oui
    Réponse B : Oui mais les français ne s’en rendent pas compte.

    https://rmc.bfmtv.com/emission/selon-vous-la-france-va-t-elle-mieux-depuis-l-election-d-emmanuel-macron-648997.html

  • Danjou // 12.02.2020 à 09h47

    Ah ! le collabo, la dynastie que la Galaxie nous envie depuis 1939… Une petite pastille Vichy Monsieur Apathie ?

  • Nicolas // 12.02.2020 à 09h57

    Je voulais ajouter un truc.
    Et là bien sûr ça n’engage que moi , ce n’est que mon humble avis.
    L’union européenne a institutionnalisé l’évasion fiscale , qu’ils appellent pudiquement ” optimisation fiscale “.
    Voilà largement à quoi sert l’union européenne , et non pas à ne plus changer sa monnaie quand on part en vacances …
    Ce qui voyage tous les jours toutes les heures tout le temps , c’est le fric hein , et surtout celui des grands groupes.
    On peut aller taper sur le petit qui planque deux trois fifrelins en Suisse oui certes.
    Mais les gros milliards c’est les grands groupes.
    Et donc depuis 1999 , l’entrée de l’euro , jusqu’à 2019 ( comme 2020 commence à peine ) ça fait donc 20 ans.
    Par ailleurs on entend un chiffre situé entre 60 et 150 milliards par an d’optimisation fiscale qui part de France sans impôts.
    Prenons une moyenne de 100 par an donc.
    Et comptez avec moi ça fait donc une moyenne 20 x 100 soit 2 trillions d’euros depuis 20 ans qui sont volés à la France depuis donc 20 années !
    Et cela grâce à l’union européenne qui a légalisé cela on est d’accord.
    Ça en fait des routes , des pompiers , des pensions de retraite , des couvertures sociales , des policiers , des équipements publics en tout genre , des hôpitaux , des tribunaux , des administrations etc etc .. Hein !
    2 TRILLIONS D’EURO OUI !
    Et que nous devons en plus nous les français désormais payer bien sûr parce que vous comprenez hein les temps sont dûrs messieurs dames !
    Ils en parlent de ça , les journalistes de mon c… ?
    NON !

    • Blabla // 12.02.2020 à 12h59

      Je ne fais qu’une petite remarque : 2 000 000 000 000 se lit “deux billions”, dans le système français (et européen) : le préfixe multiplicatif change à chaque multiplication par un million, à la différence du système anglosaxon et italien qui le change à chaque millier.
      Je conseille aux lecteurs de vérifier en général les chiffres quand on arrive à ces montants.

      • TEPAVAC // 12.02.2020 à 14h02

        c’est plus aisé de comprendre que cela représente la dette totale de la France.

    • vert-de-taire // 12.02.2020 à 15h47

      Oui 2000 milliards.

      Pour se faire une idée du comment du pourquoi de cette formidable prédation en réalité autrement plus importante, un conseil de lecture :

      https://lilianeheldkhawam.com/2020/02/01/lesclavage-par-la-creation-privee-de-monnaie-contre-dette-publique-hommage-a-m-abraham-lincoln-liliane-held-khawam

      Cette prédation quasi planétaire ne date pas de l’UE qui n’est qu’une étape de plus, disons un cliquet de plus dans la légalité de ce vol …

      Ceci fera mieux comprendre pourquoi le vote pour cet apprenti-banquier me fait irrésistiblement penser au lapin hypnotisé qui se jette vers le serpent.

      Pas gentil pour le lapin car il se sait perdu alors il abrège sa souffrance.
      “Nous” on est des crons.

  • christian gedeon // 12.02.2020 à 10h05

    Comme d’habitude,c’est tout blanc ou tout noir! Un peu agaçant quoi. Je suis de ceux qui considèrent que cette réforme du régime des retraites est un coup d’epée dans l’eau.Et qu’à la fin,les classes moyennes du “privé ” paieront ce qui n’étonnera personne. Mais aussi et surtout, que ce soit d’un côté ou de l’autre,on est dans le mensonge le plus total. dans vingt ans ou trente ans,nous ne vivrons plus dans le même monde. Pour une fois,je vais utiliser cette formule fourre-tout di changement de paradigme.Parceque c’est bien de cela qu’il s’agit. Loger tout le monde à la même enseigne est la seule et unique solution. Et çà ne plus passer par un régime de répartition ou un régime de capitalisation. Envisager la fin des cotisations dites sociales telles que les connaissons aujourd’hui me paraît sage. Et les remplacer par un “impôts retraites ” adaptables en fonction des besoins encore plus sage. Impôts au premier “franc ” espérons le,et impôt qui taxe tous les revenus,sans exception aucune (suivez mon regard),avec le rétablissement de tranches d’imposition supérieures allant jusqu’à 75%. Et non,ce n’est pas confiscatoire. La masse imposable est là. Mais elle n’est pas taxée. Ce sera plus juste,plus simple et beaucoup plus réaliste.Avec comme seule variable d’ajustement la pénibilité. Je suis fou? On verra bien.

    • vert-de-taire // 12.02.2020 à 15h52

      Pas d’accord une seconde.

      On serait dans un régime démocratique, avec des contre-pouvoirs, cette théorie serait acceptable, car les gens sauraient se défendre des abus.
      Mais ce n’est pas le cas.
      Dans un système où le moteur est de tondre la planète et les populations au profit des ultra-riches (si j’ai faux merci de me corriger) cette position ne tient pas une seconde.

      • Christian Gedeon // 12.02.2020 à 18h00

        Donc je vous corrige. J’ai dit exactement le contraire de ce que vous avez compris. Une retraite financée par l’impôt progressif faible au premier euro et de plus en plus fort ensuite sur TOUS les revenus est la seule façon de résoudre l’équation retraite.

        • vert-de-taire // 12.02.2020 à 20h18

          J’ai mal compris en effet (excuses plates) l’impot progressif de TOUS les revenus.
          Mais je n’ai pas vu que ce serait le seul impôt (ni l’impossibilité d’accumulation) pour éliminer les TVA et autres CSG pour tous. Cela va peut-être sans-dire.
          J’abonde, mieux j’audelalise :
          75% n’est pas confiscatoire c’est insuffisant. Au delà d’un max c’est 100% (un peu comme cela arriva aux Etats-Unis 97% je crois – c’était avant la diktature des banquiers).
          Et j’en viens à la mesure complémentaire : salaire à vie pour tous avec (on est d’accord) prime aux travaux pénibles.
          Donc fin du pb des retraites.

    • Kasper // 12.02.2020 à 22h41

      Globalement d’accord avec vous. Sauf que collecter de l’argent pour payer les pensions, ca s’appelle un système par répartition. Votre assiette de collecte est juste plus large.

      • christian gedeon // 13.02.2020 à 17h03

        Non,il ne s’agit plus de répartition pour ce qui concerne les retraites.Et il ne peut surtout plus s’agir de répartition. Le nombre de cotisants va aller diminuant,c’est inévitable. Et encore plus le nombre de cotisants pleins.Il faut changer complètement de ssystème et oublier le principe des actifs qui cotisent pour les retraités.C’est obsolète démographiquement et économiquement. La retraite doit passer par l’impôt de tous et sur absolument otus les revenus,quelle que soit leur nature.Pour être plus clair,je suis pour l’éclatement du système actuel de sécurité sociale. La maladie, le “chômage” et la retraite deviendraient trois entités nettement séparées. Et pas le monstre ingérable actuel.les temps changent tellement vite que seul des mécanismes souples et s’adaptant tout le temps peuvent résoudre l’équation. L’absurdité des discussions actuellement en cours est qu’elles portent sur un horizon de trente ans,quarante ans! Qui est assez stupide pour prétendre savoir ce qui va se passer alors.Des systèmes de retraite figés dans le temps,quasi gravés dans le marbre sont une porte grande ouverte aux retarites privées,qui envahissent déjà largement le système.Transfere à l’état le budget retraite,c’est permettre son vote annuel,et donc permettre de l’adapter en fonction des corconstances pour protéger les moins bien lotis.

  • jbal // 12.02.2020 à 11h09

    Ha! la corde devra être solide car elle devra servir plusieurs fois….

  • Catalina // 12.02.2020 à 12h10

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=xji-m3VWSSg&feature=emb_logo
    L’épisode du bout de ma vie ! [J’SUIS PAS CONTENT ! – Hors-Série]
    bon décryptage de l’enfumage de l’état !

    • tepavac // 12.02.2020 à 17h44

      Merci, surtout pour les infos du chemineau à la 23 eme mn.

  • Louis Sto // 12.02.2020 à 12h16

    Mille excuses, mais je n’ai pas pu lire en entier, j’ai du aller vomir mon déjeuner.
    Mais c’est partout pareil, on va dire que c’est hors sujet mais je pense que ce sont toujours les mêmes qui donnent le ton.
    Regarder au US, les élections, sur les deux états il y en a deux en tête, Buttigieg et Sanders et que voit on?
    Iowa – – – – Buttigieg – – 43 195 V – – 26,2 % – – 13 Sièges
    – – – – – Sanders – – – 45 826 V – – 26,1 % – – 12 Sièges
    ?? Plus de voix, moins de %, 0,1% de difference et pourtant 1 voix de moins
    New Hampshire – – Buttigieg — 68991 V — 24,4% – – 9 Sièges
    – – – – – – – – – Sanders — 71171 V – – 25,9% – -9 Sièges
    ?? Là, Sanders encore plus de voix, à 1,5% de plus mais ils ont le même nombre de sièges
    Jamais ils feront gagner un Homme comme Sanders. Quand est-ce que l’on va envoyer une commission de contrôle des élections aux USA pour dire qu’elles sont truquées ( ils le font bien dans les États qui ne sont pas de leur coté.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Primaires_pr%C3%A9sidentielles_du_Parti_d%C3%A9mocrate_am%C3%A9ricain_de_2020
    Voir vers la fin du DOC
    Louis

    • Fritz // 12.02.2020 à 12h43

      Buttiquoi ?
      La dernière trouvaille du Système… C’est risible.

  • Christian Gedeon // 12.02.2020 à 13h01

    Buttigieg c’est un M.Macron sauce us. Goldman Sachs etc…sourire colgate, ligne irréprochable. Pas de Brigitte toutefois. Un handicap? Dans l’US profond oui,sur les côtes,non. L’affrontement des 2 Amériques en marche,si j’ose ce raccourci.

    • Casimir Ioulianov // 12.02.2020 à 14h31

      Il a un Chasten. Il est marié. Oui un.
      Faire voter pour des minorités est un peu un leitmotiv au parti démocrate, mais c’est des USA dont on parle là : https://www.youtube.com/watch?v=pTQlwARreXc
      Oopsy !
      Sinon je plussoie le parallèle. Sauf que ça va faire elire Trump au final. D’ailleur si Macron se représente on va finir avec marrons … euh Marine pardon.

  • Furax // 12.02.2020 à 20h11

    Ni éditocrates, ni “élites”, ce ne sont même pas des journalistes français mais des employés du REGIME Macron

  • Narm // 12.02.2020 à 21h23

    pas régime macron, mais pour le “système” capitaliste

    quelle lecture…. tout ça mis bout à bout,
    A froid et avec le recule, à gerber.

    mais comment peuvent-ils s’app(l)atir tous comme ça.
    pour la gamelle. Mais raconter des aneries pareil, il faut être diabolique

  • Brigitte // 13.02.2020 à 08h59

    Le régime des retraites complémentaires, tout comme celui de la sécu, a besoin d’être simplifié c’est un fait mais cela ne doit pas remettre en cause le principe de répartition.
    Pourquoi les caisses sont vides? A cause du chômage, du travail précaire et du nivellement des salaires vers le bas.
    Vouloir augmenter l’âge de départ à la retraite est une supercherie sans nom. Qui peut être dupe alors qu’après 65 ans, le taux d’emploi réel est très faible !
    Si on ajoute le problème du chômage des jeunes de moins de 25 ans qui est élevé, on comprend que le système est à la dérive.
    Or, augmentation de l’âge de la retraite = augmentation du chômage des seniors = baisse du pouvoir d’achat = baisse des impôts. L’état se scie la branche. La finalité de tout ça est toujours moins d’état, toujours moins de redistributions sociales.
    Je ne suis pas experte mais il me semble que la TVA est quand même le meilleur impôt qui permet de compenser l’allongement de l’espérance de vie en bonne santé.
    Ou alors instaurer un système de service civique pour les seniors, sur la base du volontariat, similaire à ce qui existe déjà chez les jeunes. Beaucoup de seniors ont une activité associative ou caritative. Ne pourrait-on pas considérer cela comme une activité donnant droit à un bonus retraite?

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