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6.avril.20236.4.2023 // Les Crises

Sommes-nous proches d’une guerre dans le Pacifique entre les États-Unis et la Chine ?

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Alors que tant Pékin que Washington en sont à envisager la possibilité d’un conflit au sujet de Taïwan, il est important de mesurer les conséquences probables d’un tel affrontement.

Source : Responsible Statecraft, Alfred McCoy
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Image : Tomasz Makowski via shutterstock.com

Si le monde a été distrait, voire amusé, par le bras de fer diplomatique autour des récents vols à haute altitude de ballons chinois au dessus de l’Amérique du Nord, certains signes indiquent que Pékin et Washington se préparent à quelque chose de bien plus grave : un conflit armé au sujet de Taïwan. Au vu des événements récents dans la région Asie-Pacifique, il convient de rappeler une leçon de l’histoire qui a déjà fait ses preuves et qui mérite qu’on s’y attarde à ce moment dangereux de l’histoire : lorsque les nations se préparent à la guerre, elles sont beaucoup plus susceptibles d’entrer en guerre.

Dans The Guns of August, son magistral récit d’un autre conflit dont personne ne voulait, Barbara Tuchman impute le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 à des plans français et allemands déjà élaborés. « Atterrés par l’imminence du conflit, écrit-elle, les chefs d’État qui allaient être en fin de compte responsables du destin de leur pays ont bien tenté de reculer, mais ils ont été entraînés plus avant par la pression des objectifs militaires. » De façon tout à fait comparable, Pékin et Washington sont en train de procéder à des manœuvres militaires, diplomatiques et semi-secrètes qui pourraient nous entraîner dans un conflit calamiteux dont, une fois de plus, personne ne veut.

Au plus haut niveau de pouvoir, les dirigeants de Pékin et de Washington ont adopté des positions diamétralement opposées concernant l’avenir de Taïwan. Depuis près d’un an, le président Joe Biden tente de lever l’ambiguïté qui sous-tendait la politique américaine à l’égard de l’île en déclarant à plusieurs reprises qu’il la défendrait contre toute attaque de la Chine continentale. En mai dernier, en réponse à la question d’un journaliste quant à une éventuelle invasion de Taïwan par la Chine, il a déclaré que les États-Unis interviendraient militairement. Il a ensuite ajouté : « Nous sommes parfaitement d’accord avec la politique d’une seule Chine. Nous l’avons signée, ainsi que tous les accords qui en découlent, mais l’idée que l’on puisse s’emparer de Taïwan par la force, rien que par la force, n’est [tout simplement] pas acceptable. »

Comme l’a admis Biden, Washington, en reconnaissant diplomatiquement Pékin en 1979, a en effet accepté la future souveraineté de la Chine sur Taïwan. Au cours des 40 années qui ont suivi, les présidents de tous bords ont fait des déclarations publiques pour s’opposer à l’indépendance de Taïwan. En fait, ils ont concédé que l’île était une province chinoise et que son sort relevait des affaires intérieures (même s’ils étaient opposés à ce que la République populaire fasse quoi que ce soit à ce sujet dans l’avenir immédiat).

Pour autant, Biden a persévéré dans sa rhétorique agressive. Ainsi, en septembre dernier, il a déclaré à CBS News que oui, il était prêt à envoyer des troupes américaines pour défendre Taïwan « si, dans les faits, il y avait une attaque en règle ». Puis, en rupture totale avec une politique américaine bien établie, il a ajouté : « C’est à Taïwan d’être seule juge de son indépendance… La décision lui appartient. »

Dans les semaines qui ont suivi, lors d’un congrès du parti communiste, le président chinois Xi Jinping a répliqué par un engagement personnel très résolu en faveur de la réunification avec Taïwan, par la force si nécessaire. « Nous nous efforçons de parvenir à une réunification pacifique, a-t-il déclaré, mais nous ne renoncerons jamais à recourir à la force et nous nous réservons le droit de prendre toutes les mesures nécessaires. »

Après une longue salve d’applaudissements des quelques 2 000 fonctionnaires du parti rassemblés dans le Grand Hall du Peuple à Pékin, il a invoqué le caractère inéluctable de la victoire promise des forces de la dialectique marxienne. « La roue de l’histoire qui mène à la réunification et au renouveau de la nation a commencé à tourner, a-t-il déclaré, et la réunification de la mère patrie doit être réalisée. »

Comme l’a rappelé la philosophe politique Hannah Arendt, le sentiment d’inéluctabilité historique est un dangereux déclencheur idéologique qui peut plonger des États autoritaires comme la Chine dans des guerres ou des massacres inimaginables.

Les préparatifs de guerre gagnent les échelons inférieurs de la chaîne de commandement

Il n’est pas surprenant que les déclarations fermes de Biden et de Xi aient fait leur chemin dans la hiérarchie des deux pays. En janvier, un général quatre étoiles de l’armée de l’air américaine, Mike Minihan, a envoyé une note officielle à son imposant département de la mobilité aérienne, composé de 500 avions et de 50 000 soldats, leur intimant l’ordre d’intensifier leur entraînement en vue d’une guerre avec la Chine. « Mon instinct me dit, concluait-il, que nous nous battrons en 2025. » Au lieu de désavouer la déclaration du général, un porte-parole du Pentagone a simplement ajouté : « La stratégie de défense nationale précise clairement que la Chine est le défi majeur auquel est confronté le département de la défense. » [La stratégie de défense nationale est produite par le bureau du secrétaire à la Défense des États-Unis et est signée par le secrétaire à la Défense en tant qu’orientation stratégique de base du département de la Défense des États-Unis, NdT].

Le général Minihan n’est d’ailleurs pas le premier officier supérieur à tenir des propos aussi inquiétants. Dès mars 2021, le chef du commandement indo-pacifique, l’amiral Philip Davidson, a prévenu le Congrès de l’intention de la Chine d’envahir l’île avant 2027 : « Taïwan est manifestement une de leurs priorités… Et je pense que la menace se concrétisera au cours de cette décennie, en fait, dans les six prochaines années. »

À la différence de leurs homologues américains, les chefs d’état-major chinois sont restés silencieux sur le sujet en public, mais leurs avions ont été très éloquents. Après la signature par le président Biden, en décembre dernier, d’une loi de finances sur la défense prévoyant une aide militaire de 10 milliards de dollars pour Taïwan, une armada sans précédent composée de 71 avions chinois et de bien plus de drones militaires ont survolé les défenses aériennes de l’île en l’espace d’une période de seulement 24 heures.

Alors que cette escalade réciproque ne fait que croître, Washington a opposé à l’agression de la Chine des initiatives diplomatiques et militaires majeures. En effet, le secrétaire adjoint à la défense pour l’Indo-Pacifique, Ely Ratner, a promis, de manière assez menaçante, que « 2023 se révélera probablement être l’année qui aura depuis une génération le plus transformé le dispositif des forces américaines dans la région. »

Lors d’une récente tournée qu’il a effectué pour rendre visite à ses alliés asiatiques, le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a fait état de quelques avancées stratégiques significatives. Lors d’une escale à Séoul, lui et son homologue sud-coréen ont annoncé que les États-Unis allaient déployer des porte-avions et des avions de chasse supplémentaires dans le cadre d’exercices de tir réel accrus – une démarche qui s’apparente résolument à une escalade après la réduction de ce type d’opérations conjointes pendant les années Trump.

Se rendant ensuite à Manille, Austin a révélé que les Philippines venaient d’accorder aux troupes américaines l’accès à quatre bases militaires supplémentaires, dont plusieurs font face à Taïwan de l’autre côté d’un étroit détroit. Ces bases étaient nécessaires, a-t-il expliqué, car « la République populaire de Chine continue de faire valoir ses revendications illégitimes » en mer de Chine méridionale.

À cette nouvelle, le ministère chinois des affaires étrangères a semblé piqué au vif. Après une cour diplomatique réussie auprès du précédent président philippin, Rodrigo Duterte, qui avait limité l’influence des États-Unis tout en acceptant l’occupation par la Chine d’îles dans les eaux philippines, Pékin ne pouvait plus que condamner un tel accès de Washington à ces bases pour « menace contre la paix et mise en danger de la stabilité régionales ». Bien que certains nationalistes philippins aient fait valoir qu’une présence américaine risquait d’entraîner une attaque nucléaire, selon des sondages fiables, 84 % des Philippins estiment que leur pays devrait coopérer avec les États-Unis pour défendre leurs eaux territoriales contre la Chine.

Ces deux annonces ont été le résultat de mois de diplomatie et sont des accomptes sur les déploiements militaires majeurs à venir. La loi cadre annuelle sur la « défense » des États-Unis pour 2023 prévoit le financement de la construction d’installations militaires aux quatre coins du Pacifique. Alors même que le Japon est en train de multiplier par deux son budget de la défense, en partie pour protéger ses îles méridionales contre la Chine, les marines américains d’Okinawa prévoient de troquer leurs chars et leur artillerie lourde contre des drones et des missiles portables beaucoup plus maniables, en constituant des « régiments côtiers » à même de se déployer rapidement sur les plus petites îles de la région.

Stratégies secrètes

À l’opposé de ces déclarations publiques, les stratégies semi-secrètes menées de part et d’autre du Pacifique ont le plus souvent échappé à l’attention. Si l’engagement militaire des États-Unis à l’égard de Taïwan reste pour le moins ambigu, la dépendance économique de notre pays quant à la production de puces informatiques de l’île est quasi absolue. Épicentre d’une chaîne d’approvisionnement mondiale, Taïwan fabrique 90 % des puces de pointe et 65 % de tous les semi-conducteurs. (En comparaison, la part de la Chine dans les puces est de 5 % et celle des États-Unis n’est que de 10 %). En tant que premier producteur mondial du composant le plus important que l’on trouve partout, depuis les téléphones portables grand public jusqu’aux missiles militaires, la Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) est le leader de l’innovation, approvisionnant Apple et d’autres entreprises technologiques américaines.

De nos jours, les autorités américaines mettent tout en oeuvre pour changer la donne. Après avoir présidé à la pose de la première pierre d’une usine de production de puces TSMC de 12 milliards de dollars à Phoenix en 2020, le gouverneur de l’Arizona a annoncé, deux ans plus tard, que « TSMC a achevé la construction de son installation principale ». En août dernier, juste avant que le président Biden ne signe la loi CHIPS and Science Act, d’un montant de 52 milliards de dollars, la secrétaire d’État au commerce, Gina Raimondo, a insisté sur le fait que « notre dépendance à l’égard de Taïwan en matière de puces est indéfendable et dangereuse ».

À peine trois mois plus tard, TSMC récupérait une grande partie de ces fonds fédéraux en investissant 28 milliards de dollars dans une deuxième usine à Phoenix, laquelle, lorsqu’elle ouvrira en 2026, produira ce que le New York Times a appelé « une technologie de fabrication de puces plus sophistiquée – mais pas la plus sophistiquée ». Lors d’une cérémonie à laquelle participait le président Biden en décembre dernier, le PDG d’Apple, Tim Cook, a déclaré : « Il s’agit d’un moment incroyablement important. »

Certes, mais la priorité donnée à Phoenix a occulté des projets d’usines de fabrication de puces tout aussi importants actuellement lancés par Samsung au Texas, Intel dans l’Ohio et Micron Technology dans l’État de New York. Si l’on additionne tous ces projets, les États-Unis ont déjà parcouru la moitié du chemin qui les sépare du « délai minimum de trois ans et de l’investissement de 350 milliards de dollars… nécessaires pour remplacer les sites de fabrication [de puces] taïwanaises, » selon l’Association de l’industrie des semi-conducteurs.

En d’autres termes, si Pékin décidait d’envahir Taïwan après 2026, le capital intellectuel de TSMC, constitué de ses meilleurs informaticiens, serait sans aucun doute immédiatement sur des vols en partance pour Phoenix, laissant derrière soi guère plus que quelques coquilles de béton et quelques équipements rendus inutilisables. La chaîne d’approvisionnement mondiale en puces de silicium, qui fait appel à des machines néerlandaises (pour la lithographie extrême ultraviolet), à des modèles américains et à une production taïwanaise, se poursuivrait probablement sans trop de problèmes aux États-Unis, au Japon et en Europe, ne laissant à la République populaire de Chine que ses petits 5 % de l’industrie mondiale des semi-conducteurs qui pèse 570 milliards de dollars.

Le calcul secret de la Chine concernant une invasion de Taïwan est sans aucun doute plus complexe. Mi-février, à Munich, le secrétaire d’État Antony Blinken a affirmé que Pékin envisageait d’apporter à Moscou un « soutien létal » pour sa guerre en Ukraine [c’est à dire principalement des armes, NdT] ajoutant « nous leur avons dit très clairement que cela poserait un grave problème quant à… nos relations ».

Mais la Chine est confrontée à un choix bien plus difficile que ne le laisse entendre la rhétorique de Blinken. Grâce à son arsenal impressionnant, Pékin pourrait facilement fournir à Moscou suffisamment de missiles de croisière Hong Niao pour détruire la plupart des véhicules blindés ukrainiens (et il en resterait suffisamment pour démolir l’infrastructure électrique vacillante de Kiev).

Toutefois, une telle hémorragie infligée à l’OTAN n’aurait que des effets limités concernant d’éventuels projets chinois à l’encontre de Taiwan. En revanche, les types d’armements de guerre terrestre que Washington et ses alliés continuent de déverser à flots en Ukraine ne pèseraient guère sur la capacité navale américaine dans le Pacifique occidental.

De plus, le prix diplomatique et économique que paierait Pékin pour une implication significative dans la guerre en Ukraine pourrait bien s’avérer prohibitif. En tant que premier consommateur mondial de pétrole et de blé importés à bas prix, produits que la Russie exporte en abondance, la Chine a besoin d’un Poutine humilié, désespérément à la recherche de marchés et qui se plie à ses desseins de domination accrue sur l’Eurasie. Un Poutine triomphant, qui ferait plier les États timorés d’Europe de l’Est et d’Asie centrale tout en négociant des accords de plus en plus contraignants en matière d’ exportations, n’est guère dans l’intérêt de Pékin.

Ignorer la menace existentielle que la guerre de Poutine fait peser sur l’Union européenne reviendrait également à compromettre des décennies de diplomatie et des milliards de fonds d’infrastructure déjà investis par Pékin pour faire de toute l’Eurasie, de la mer du Nord à la mer de Chine méridionale, une économie véritablement intégrée. En outre, se ranger du côté d’une puissance nettement secondaire qui a violé de manière flagrante le principe fondamental de l’ordre international – qui interdit toute conquête armée de territoires – serait peu susceptible de faire prospérer les efforts continus déployés par Pékin pour s’imposer sur la scène mondiale.

Certes, Vladimir Poutine pourrait tenter de faire un parallèle entre la revendication par la Chine de la province sécessionniste de Taïwan et sa propre tentative de conquête de l’ancien territoire soviétique en Ukraine, mais cette analogie serait un véritable anathème pour Pékin. « Taïwan n’est pas l’Ukraine » a déclaré le ministère chinois des affaires étrangères l’année dernière, à la veille de l’invasion de l’Ukraine par Poutine. « Taïwan a toujours été une partie inaliénable de la Chine. Il s’agit d’un fait juridique et historique indiscutable. »

Les coûts de la guerre

Alors que tant Pékin que Washington envisagent une possible guerre autour de Taïwan, il est important (surtout à la lumière de l’Ukraine) de se pencher sur les coûts probables d’un tel conflit. En novembre 2021, la légendaire agence de presse Reuters a élaboré une série de scénarios crédibles concernant une telle guerre. Selon Reuters, si les États-Unis décidaient de se battre pour l’île, « il n’y a aucune garantie qu’ils puissent vaincre l’ APL [Armée populaire de libération] qui est de plus en plus puissante ».

Dans son scénario le moins violent, Reuters estime que Pékin pourrait utiliser sa marine pour imposer une « quarantaine douanière » autour de Taïwan, tout en annonçant la création d’une zone d’identification de défense aérienne au-dessus de l’île et en mettant en garde le monde contre toute violation de sa souveraineté. Ensuite, pour resserrer l’étau, elle pourrait procéder à un blocus complet, en posant des mines dans les principaux ports et en coupant les câbles sous-marins. Si Washington décidait d’intervenir, ses sous-marins couleraient sans aucun doute de nombreux navires de guerre de l’APL, tandis que ses navires de surface pourraient également lancer des avions et des missiles. Mais le puissant système de défense aérienne de la Chine tirerait sans aucun doute des milliers de missiles, infligeant ainsi de « lourdes pertes » à la marine américaine. Plutôt que de tenter une invasion amphibie difficile, Pékin pourrait parachever cette escalade par des attaques de missiles massives contre les villes de Taïwan jusqu’à complète capitulation des dirigeants de l’île.

Dans le scénario de Reuters relatif à une guerre totale, la décision de Pékin serait « d’organiser le débarquement amphibie et aéroporté le plus important et le plus complexe jamais tenté », cherchant à « submerger l’île avant que les États-Unis et leurs alliés ne puissent réagir ». Pour empêcher une contre-attaque américaine, l’APL pourrait tirer des missiles sur les bases américaines du Japon et de Guam. Tandis que Taïwan lancerait des avions à réaction et des missiles pour dissuader la flotte d’invasion, les groupes de combat des porte-avions américains se dirigeraient vers l’île et, « en seulement quelques heures, une guerre majeure [ferait] rage en Asie de l’Est ».

En août 2022, la Brookings Institution a publié des estimations plus précises quant aux pertes probables résultant de chaque scénario si une telle guerre devait se produire. Bien que les « spectaculaires modernisations récentes militaires de la Chine aient fortement amoindri la capacité de l’Amérique à défendre l’île », les complexités d’un tel affrontement, écrit l’analyste de la Brookings Institution, rendent « l’issue… intrinsèquement impossible à anticiper ». Une seule chose serait certaine : les pertes des deux côtés (y compris à Taïwan même) seraient dévastatrices.

Dans le premier scénario de Brookings, qui prévoit « un combat maritime livré principalement par les sous-marins », Pékin imposerait un blocus et Washington répondrait par des convois navals pour soutenir l’île. Si les États-Unis parvenaient à couper les communications de Pékin, la marine américaine ne perdrait que 12 navires de guerre et coulerait les 60 sous-marins chinois. En revanche, si la Chine maintenait ses communications, elle pourrait couler 100 navires, principalement des navires de guerre américains, mais ne perdrait que 29 sous-marins.

Dans le deuxième scénario de Brookings intitulé « Guerre sub-régionale de plus grande ampleur », les deux parties utiliseraient des avions à réaction et des missiles dans une lutte qui engloberait le sud-est de la Chine, Taïwan et les bases américaines au Japon, à Okinawa et à Guam. Si les attaques de la Chine étaient couronnées de succès, cette dernière pourrait détruire 40 à 80 navires de guerre américains et taïwanais, au prix de quelque 400 avions chinois. Si les États-Unis prenaient le dessus, ils pourraient détruire « une grande partie de l’armée chinoise dans le sud-est de la Chine », tout en abattant plus de 400 avions de l’APL, alors même qu’ils subiraient de lourdes pertes au niveau de leurs propres avions de chasse.

En se concentrant essentiellement sur les pertes militaires, qui sont déjà suffisamment terrifiantes, les deux études sous-estiment considérablement les coûts réels et la destruction potentielle de Taïwan et d’une grande partie de l’Asie de l’Est. Ma propre intuition me dit que, si la Chine imposait un blocus douanier à l’île, Washington grimacerait à l’idée de perdre des centaines d’avions et des dizaines de navires de guerre, y compris un ou deux porte-avions, et se replierait sur sa politique de toujours consistant à considérer Taïwan comme un territoire appartenant à la Chine. Toutefois, si les États-Unis contestaient cette zone d’interdiction douanière, ils devraient s’attaquer au blocus chinois et pourraient, aux yeux d’une grande partie du monde, devenir l’agresseur, ce qui du point de vue de Washington, constituerait un réel facteur de dissuasion.

Dans le cas où la Chine entreprendrait une invasion totale, Taïwan succomberait probablement en quelques jours, une fois que sa force aérienne, qui ne compte que 470 avions de combat, serait submergée par les 2 900 chasseurs à réaction de l’APL, ses 2 100 missiles supersoniques et sa marine de guerre, qui est aujourd’hui la plus importante du monde. La Chine tirant un avantage stratégique évident de la simple proximité de Taïwan, l’occupation de l’île pourrait bien être un fait accompli avant que les navires de la marine américaine n’arrivent du Japon et d’Hawaï en nombre suffisant pour défier l’énorme armada chinoise.

Toutefois, si la politique et les projets de Pékin et de Washington les entraînent dans une guerre qui ne cesserait de s’étendre, les dégâts pourraient s’avérer incalculables : des villes dévastées, des milliers de morts et l’économie mondiale, dont l’épicentre se trouve en Asie, en ruines. Espérons seulement que les dirigeants actuels de Washington et de Pékin feront preuve de plus de retenue que leurs homologues de Berlin et de Paris en août 1914, lorsque les ambitions de victoire ont déclenché une guerre qui devait laisser 20 millions de morts dans son sillage.

Cet article a été republié avec l’autorisation de TomDispatch.

Source : Responsible Statecraft, Alfred McCoy, 04-03-2023

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

medmed // 06.04.2023 à 14h38

 » pourraient nous entraîner dans un conflit calamiteux dont, une fois de plus, personne ne veut. »

Je ne suis absolument pas d’accord avec cette formulation. Qui a, pendant des années, par ses provocation idéologiques poussé à la guerre la Russie ?
Il en va de même pour la Chine . Le USA par ses provocations pousse la Chine a la guerre. C’est un fait , pas une vue de l’esprit..

21 réactions et commentaires

  • Le Belge // 06.04.2023 à 08h20

    Plus de retenue que leurs homologues de Berlin ou de Paris ? Il oublie Londres qui n’était pas derrière la porte non plus et qui a fait de l’invasion de la Belgique un prétexte pour déclarer la guerre à l’Empire allemand. Pour revenir à notre époque (1914, ça date un peu, comme qui dirait, mais pas autant que ça, finalement) il convient de constater qu’ils la veulent tous cette guerre. Que ce soit à Pékin ou à Washington. Je serais Xi Jinping je penserais à dédoubler la capitale chinoise quelque part ailleurs que dans le Nord-Est de la Chine au cas où. Par contre, une armée américaine vaincue durant un conflit avec la Chine signifierait l’éclatement de l’ancien Empire américain en plusieurs états qui se feront irrémédiablement la guerre tellement certains s’inter-détestent.
    Quant aux Européens, quant à nous, nous n’avons aucune raison de nous mêler à cette boucherie programmée. Lorsque le « protecteur » américain sera mis hors de combat, les [modéré] devront négocier avec les Russes pour mettre fin à l » « opération militaire spéciale ». Les gens de Kiev ne seront pas les seuls à avoir des sueurs froides qui leur glaceront le dos.

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  • Babar // 06.04.2023 à 08h29

    Si cette guerre se produisait dans 10 à 15 ans comme le prédisent les experts, il est probable que le champ de bataille serait avant tout le cyber espace et les forces de défense comme d’attaque seraient très majoritairement constituées de drones… Le ressenti de morts de jeunes hommes notamment aux USA serait très mal vécu par la population et serait un frein à une confrontation de combattants humains… On peut penser qu’une solution diplomatique interviendrait avant cette issue. A moins que la cause réelle du conflit soit autre, par exemple le refus assumé des USA de perdre le leadership économique mondial, auquel cas la guerre serait totale. Cependant s’il se confirme qu’un renversement démographique est en cours en Chine, il se pourrait qu’elle ne soit plus en mesure de détrôner les USA….

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  • WashingtonBulletsAgain // 06.04.2023 à 08h36

    « (Poutine)…qui a violé de manière flagrante le principe de l’ordre international.. » c’est curieux mais les américains y croient toujours, du moins ce journaliste et peut-être sincèrement : « l’odre international »que l’Occident et les USA violent allègrement depuis longtemps. Le Donbass n’est il pas la réplique du Kosovo du point de vue de l’ordre international ? quand Poutine l’a affirmé en avril 2022 devant le « patron » de l’ONU ce dernier n’a répondu que : « L’ONU ne reconnait pas le Kosovo » point. Mais les accords, traités, « principes » de papier sont toujours évoqués comme si les américains ne passaient pas leur temps à se torcher avec ces sacralités bidon avant d’attaquer et de piller ce dont ils ont besoin ou par leur récurrente peur de manquer. L’analyse alterne entre arguments pratiques et concrets et croyances ou pudibonderies de Democrat (s) qui refusent de reconnaitre que l’Amérique est un empire insatiable. Analyse passionnante ponctuée de moraline sociale démocrate surarmée…Occidentale quoi.

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  • Spartacus // 06.04.2023 à 09h15

    « 1914, ça date un peu, comme qui dirait, mais pas autant que ça, finalement) il convient de constater qu’ils la veulent tous cette guerre. »
    Bien vu. Enfin la bonne référence. Reste à déterminer qui sont « ils » et « tous ».
    Actualité de 1914 :
    Jaurès : le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage.
    France : on croit mourir pour la Patrie et on meurt pour des industriels.
    Valéry : la guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent très bien et ne se massacrent pas.
    L’OTAN recyclée est devenue la nouvelle Union Sacrée, et leur Ministre des Armées porte à 70 ans l’âge du réserviste, sans l’ombre d’une manifestation ni protestation. (à quand la loi des trois ans ?). Borne enfoncée, Babeth s’en va-t-en guerre sociale. La gauche française en pleine faillite, comme la 2eme Internationale.
    Deux Empires se préparent. La boucherie est programmée, on peut commander la viande hachée.
    Oui, 1914, pas si daté…

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    • vert-de-taire // 08.04.2023 à 18h00

      *** Dans The Guns of August, son magistral récit d’un autre conflit dont personne ne voulait, Barbara Tuchman impute le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 à des plans français et allemands déjà élaborés. « Atterrés par l’imminence du conflit, écrit-elle, les chefs d’État qui allaient être en fin de compte responsables du destin de leur pays ont bien tenté de reculer, mais ils ont été entraînés plus avant par la pression des objectifs militaires. » ***

      Il faut tordre le cou à la fiction des militaires voulant la guerre !!
      Ce sont les FINANCIERS, les ultra-riches les affairistes et bien-sûr les politiques qui ont préparé la 1ère guerre mondiale.
      Et bcp d’autres aussi.
      Merci de relire Annie Lacroix-riz qui a compulsé les archives (et voir aussi pour la suivante, comment le politique a organisé la « débâcle » pour un ordre nouveau !!).

      Le choix de la guerre est souvent d’abord monétaro-financier et a-social ; la guerre permet de casser des gueux nuisibles quand ils ne sont pas dociles.

        +4

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  • Daniel // 06.04.2023 à 10h13

    La guerre c’est quelque fois « gagnant-perdant », mais c’est toujours « perdant-perdant » tant au niveau des vies humaines, que des villes ravagées et là je ne parle même pas des dégâts sur l’environnement .

    Au contraire, pour en sortir, il faut du « gagnant-gagnant » : il faut bâtir la paix par le développement mutuel (dans un dessein partagé pour l’Humanité comme l’a dit Xi Jinping il y a quelque temps).
    Il y a cette conférence qui amènera de l’optimisme en montrant les bons fondements de l’humanité quelque soit l’endroit du monde et surtout les possibilités de sortir par le haut de ce moment dangereux !
    https://www.institutschiller.org/notre-action/conferences/article/sans-developpement-de-toutes-les-nations-pas-de-paix-possible-sur-notre-planete

      +15

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  • F.GERARD // 06.04.2023 à 10h39

    Nous avons affaire à une vision yankee de l’action, la guerre est en route elle commence par une redistribution financière et monétaire une route de la soie dédolarisable. Bien sur le stratège raisonne avec l’idée de l’expansion des USA maitre du monde, ce n’est pas la pièce qui se joue. Le jeu de GO stratégique inclu l’Europe en crise et le pacifique avec ces problèmes. La chine a le temps long avec elle Mr Xi ne sera pas soumis à la folie électorale telle celle du drame TRUMP. Si vous observez les détroits la CHINE n’a pas accès facilement au Pacifique, ce qui la pousse à s’unir avec son voisin du Nord pour se faire une place dans la zone militaire de Vladivostok ce qui est en cour. Plus encore aux cercle polaire les chinois s’entendent avec le voisin afin de dégager les accès bien plus stratégiques.

      +8

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  • F.GERARD // 06.04.2023 à 10h53

    Ce qui n’est pas facile à intégrer c’est que VLAD est en avant garde pour attirer comme du miel le gourmand démocrate qui a cru à ses théories du grignotage de l’est Europe pas l’OTAN. Il y a là une manière d’attirer beaucoup de $ qui ne seront plus disponibles pour l’autre côté du tissu stratégique. Ainsi parti la fleur au fusil naïf ou très rusé, VLAD voit son jeu devenir bien plus crucial que l’opération spéciale. Avec son compère Xi, un vieil ami, les voilà qui parlent de monnaie, de pétroles, de métaux, de diplomatie, du jeu mondiale et des routes de communication en s’agrègent la participation de ceux qui ont mille rancoeurs contre l’oncle SAM. Tel SUN ZU Mr Xi pense qu’un grand général gagne sa bataille s’il épargne ses soldats! Ce que croit le YANKEE est loin de la question..!

      +12

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  • RGT // 06.04.2023 à 12h52

    « nous entraîner dans un conflit calamiteux dont, une fois de plus, personne ne veut »…

    Sauf le lobby militaro-industriel US qui voit là une fabuleuse opportunité de gonfler ses profits sur le dos de la population…

    Quand une bande organisée de loubards sans foi ni loi vient mettre à sac le quartier, racketter les habitants et semer la terreur et que la police ne fait strictement rien pour les arrêter il ne faut pas s’étonner si certains habitants excédés prennent leurs fusils de chasse pour dézinguer les loubards qui ont, quant à eux, de l’artillerie lourde.

    Il est certain que le cœur des vierges bobos des beaux quartiers (qui sont quand à eux bien protégées des violences des bandes armées) viendra s’insurger contre ces violences « inacceptables » et prônera le désarmement immédiat des populations qui se défendent faute d’être défendues.

    La bande de loubards s’appelle l’occident « civilisé » et même si certains de ses membres ont « rendu leur liberté » aux peuples qu’ils opprimaient auparavant, ils continuent de manière cachée et sournoise d’imposer à ces populations le racket institutionnalisé et se bagarrent violemment (par populations qui n’ont surtout rien demandé qui s’étripent au nom d’idéologies de pacotille) pour se piquer les « marchés » et augmenter leurs zones de racket et de pillage organisé.

    Il ne faut donc pas s’étonner si désormais 80% de la population mondiale ne veut plus se faire racketter et pourrait prendre les armes pour ne plus avoir à subir la violence de certains états qui se prétendent « exceptionnels »..

    Au final, ces pays ne veulent qu’une chose, c’est qu’on leur foute la paix.

    N’oublions jamais que Taïwan est un maillon essentiel des USA pour étouffer la Chine…

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  • nulnestpropheteensonpays // 06.04.2023 à 14h11

    C’est le moment idéal pour les chinois .Les ricains sont occupés avec la Russie .Sont ils prêt , c’est la seule question .Est ce que Poutine et Xi ont échangé avant que la Russie attaque l’ Ukraine , ce serait plausible , la Chine place ses pions , Arabie saoudite , Iran …La Suède la Finlande , qui flippe au point d’abandonner leur neutralité , … Oui ça pue ! Si a ça on ajoute le capitalisme en crise , je dirais dans les deux ans une belle guerre mondiale .On saura a la fin si des états fort sont supérieur a des états gérés par des épiciers . Une chose est sur , je n’irais pas me battre pour Arnault ou Macron …

      +13

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  • medmed // 06.04.2023 à 14h38

     » pourraient nous entraîner dans un conflit calamiteux dont, une fois de plus, personne ne veut. »

    Je ne suis absolument pas d’accord avec cette formulation. Qui a, pendant des années, par ses provocation idéologiques poussé à la guerre la Russie ?
    Il en va de même pour la Chine . Le USA par ses provocations pousse la Chine a la guerre. C’est un fait , pas une vue de l’esprit..

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  • max // 06.04.2023 à 20h51

    Je ne sais pas si cette guerre (a venir) arrivera vraiment, mais les guerres internes des USA sont déjà présentes et s’alourdissent d’année en année, que ce soit la guerre des opiacés qui a fusionné avec la guerre des gangs, c’est au bas mot largement plus 100.000 morts/ans.
    C’est l’effondrement continu des infrastructures civiles.
    C’est le développement des échanges en monnaies locales.
    Le sud des USA est frappé par la sécheresse.
    Les USA ressemblent du plus en plus a un payer du tiers monde et la France suit le même chemin.
    Les USA ont devant eux les plus grands défis mais ils sont internes.

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  • Hiro Masamune // 06.04.2023 à 21h20

    La géopolitique en 2023 c’est encore des singes dans la jungle qui se balancent des étrons à la pogne mais avec des conséquences funestes de long termes pour le reste de l’éspèce.
    Misère, misèreu …

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  • vert-de-taire // 07.04.2023 à 09h18

    Étonnant comme l’analyse passe de la stratégie de pays, la Chine, la Russie, les États-Unis, le Japon, … à Poutine humilié, arrogant …
    Comme si la Russie ne dépendait que des humeurs de Poutine !

    Une telle conception émotive des relations me paraît imbécile, en fait irrationnelle.
    Mais typique des gens imprégnés de propagande hypnotique.
    La méthode du ‘chapeau noir’, la désignation des bons et des méchants aussi vieille que le christianisme (le Bien et le Mal bornant toute la pensée ainsi réduite) dont sont pourris nos dominants et leurs dominés, reste la technique de base des influenceurs : désigner les prédateurs et les proies (les amis et les ennemis …) et par là, génialement activer nos cerveaux animaux, lesquels dominent notre raison par logique de survie de tout être vivant.
    Et personne ne peut résister à cette manipulation mentale puisqu’elle renforce un comportement vital utilisé avec succès depuis 500 millions d’années.

    La propagande de nos dominants est scientifiquement conçue, ce sont des salopards.

      +16

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  • Koui // 07.04.2023 à 15h53

    Les USA, la France, l’ONU, et la Chine reconnaissent la souveraineté de la Chine sur Taiwan depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Les USA reconnaissent la légitimité de la Republique Populaire de Chine depuis 1971. Il n’y a donc pas d’espace aérien taiwanais ou d’eau territoriale taiwanaise.

    La République de Chine à Taiwan n’est donc qu’une province rebelle de la Chine, au même titre que l’Abkhasie est une province rebelle de la Géorgie. Mais si les Abkhases n’ont jamais accepté la souveraineté géorgienne, les Taiwanais ont toujours reconnu la souveraineté chinoise. Ce qu’ils ne reconnaissent pas c’est la légitimité de la République Populaire de Chine.

    La république populaire tolère la rébellion de Taiwan mais n’accepte pas sa sécession. Il suffit de continuer à maintenir la fiction d’une seule Chine et il ne se passera rien. Par contre, il est très facile provoquer l’invasion de Taiwan par la Chine en proclamant l’indépendance de l’ile ou en y stationnant des troupes étrangères.

    En décidant de reconnaitre l’unicité de la Chine en 1945 puis la république populaire en 1971, les occidentaux ont renoncé à tout droit de contester la souveraineté de la république populaire sur Taiwan. Mais tout le monde sait que les hommes blancs ont la langue fourchue. Les voila qui agitent le chiffon rouge devant le dragon.

    Voila pourquoi les occidentaux, même les gens censés comme Statecraft, tiennent des propos ineptes comme « Dans le cas où la Chine entreprendrait une invasion totale, Taïwan succomberait… ». Taiwan c’est déjà la Chine. C’est même la Chine 2 fois.

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  • tchoo // 10.04.2023 à 11h44

    Les USA multiplient les provocations contre la Chine, pour après démontrer à tous la volonté hégémonique de la Chine (tout comme pour la Russie, en Ukraine, où les provocations remontent à beaucoup plus longtemps).
    Les Chinois sont patient, ils bénéficient maintenant de l’expérience russe en Ukraine.
    Iront-ils jusqu’a la confrontation?
    Avec les USA qui rien n’arrête, surtout avec la vie des autres ont peut s’attendre à une escalade de leur part.
    Ils ne changeront pas, à moins que le pays s’effondre et je pense pas que ce soit pour demain. Il y a plus de 15 ans, certains sur Agoravox prédisaient une guerre civile étasunienne sous 5 ans, on s’en rapproche, peut-être mais elle est encore loin

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  • JPP // 10.04.2023 à 11h50

    Cette analyse à tonalité atlantiste ne mentionne pas que la Chine est une puissance ATOMIQUE avec les vecteurs qui vont avec les bombes et qu’elle est aussi une puissance spatiale complètement autonôme. Elle ne parle pas non plus de ce que peut penser vraiment la population taïwanaise qui a tout à perdre et absolument rien à gagner dans ce conflit où elle n’est qu’un pion des USA, exactement comme l’Ukraine.
    Encore plus étrange est l’analyse des rapports entre la Chine et la Russie vue d’une curieuse façon, alors que depuis que l’homme existe quand deux individus sont menacés tous les deux par un troisième ils unissent leurs forces pour le vaincre. Et l’analyse n’envisage pas aussi une évolution plus réaliste de la politique des USA, peut être à la prochaine élection présidentielle.

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  • Myrkur34 // 10.04.2023 à 20h36

    Extrait:
    « Grâce à son arsenal impressionnant, Pékin pourrait facilement fournir à Moscou suffisamment de missiles de croisière Hong Niao pour détruire la plupart des véhicules blindés ukrainiens ».

    Bigre, des missiles de croisière pour détruire des blindés ! . Sérieux, cet article comme toutes les prévisions avant le 24 février 2022.

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