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4.juillet.20204.7.2020 // Les Crises

Suppressions de postes chez Sanofi, une « catastrophe pour la santé publique »

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Source : Marianne

Le groupe pharmaceutique Sanofi a annoncé la suppression de 1.700 postes en Europe sur trois ans, dont un millier en France. Cette réduction d’effectifs reflète l’abandon de pans d’activité jugés peu rentables malgré leur intérêt sanitaire selon Jean-Louis Peyren, coordinateur adjoint de la CGT au sein de l’entreprise.

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Selon Jean-Louis Peyren, coordinateur adjoint de la CGT chez Sanofi France, ces annonces reflètent le désengagement de l’entreprise de secteurs jugés peu rentables, au détriment d’impératifs de santé publique.

Marianne : Dans quelle stratégie s’intègrent ces suppressions de postes ?

Jean-Louis Peyren : Sanofi et les autres laboratoires ont le profit comme seule obsession, ce qui les pousse à abandonner des pans entiers de la recherche. Les vaccins rapportent par exemple davantage que la synthèse chimique de médicaments. Après avoir délaissé les antibiotiques, le groupe va faire de même avec le cardiovasculaire et le diabète. Cette évolution des priorités est déjà perceptible à l’intérieur de l’entreprise. Chez Sanofi, cela fait 15 ans que l’on a un plan social ou de départs volontaires par an.

Quelles conséquences peut-on craindre de ce désengagement ?

C’est une catastrophe pour la santé publique. On va peut-être laisser mourir des gens parce que les labos privés ne veulent pas s’intéresser aux antibiotiques, alors que les bactéries y sont de plus en plus résistantes. Dans ce domaine, Sanofi a cédé ses activités de recherche à Novotec, une petite entreprise qui n’a pas les mêmes moyens en termes de R&D [Recherche et Développement]. D’une manière générale, les gros laboratoires font de moins en moins de recherche en interne, et s’appuient sur des start-ups en leur faisant assumer le risque. Ils se servent aussi de partenariats avec la recherche publique pour trouver des molécules.

Cette évolution menace-t-elle la politique de santé française ?

Des laboratoires étrangers reprennent les pans de recherche délaissés par les laboratoires français, par exemple en Chine ou aux Etats-Unis. Soit autant de perte de contrôle pour la France. Cela s’inscrit dans un contexte de forte concurrence du marché des médicaments à l’international, avec une lutte impossible contre les produits asiatiques.

Source : Marianne


Après avoir annoncé 4 milliards de dividendes, Sanofi veut supprimer 1.700 emplois en Europe

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Sanofi a annoncé ce vendredi 26 juin qu’il allait mettre en place un plan de départs volontaires. Au total, 1.700 emplois seront concernés en Europe, dont un millier en France.

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Le groupe pharmaceutique, actuelle troisième plus grosse capitalisation du CAC 40, est en pleine réflexion stratégique sur la réduction de sa présence en France. Déjà en avril 2019, des suppressions de postes avaient été réalisées, portant sur 700 personnes dans les fonctions supports.

Puis, en juin 2019, le groupe supprimait 300 postes en Recherche et Développement en France et en transférait 200 autres. Sanofi emploie à ce jour 25.000 salariés en France, et 100.000 dans le monde.

Les suppressions de postes envisagées intriguent quand on sait qu’en 2020, Sanofi s’est félicité d’offrir « une vingt-sixième année consécutive de croissance du dividende » à ses actionnaires. Par ailleurs, en 2019, le groupe présentait un résultat net de 2,8 milliards d’euros.

Le laboratoire affichait un chiffre d’affaires au premier trimestre de près de 9 milliards d’euros, soit une hausse de 6,9% due pour moitié à la pandémie de Covid-19, pendant laquelle ses ventes de médicaments anti-douleur ont été dopées à l’instar du Doliprane. Le groupe a prévu de verser un dividende supérieur à celui de l’année précédente à ses actionnaires, pour un montant total de près de 4 milliards.

En parallèle, entre la fin 2015 et la fin 2018, les effectifs mondiaux de Sanofi ont perdu près de 20.000 employés… Une situation française dégradée qui s’est amplifiée depuis la course aux vaccins contre le Covid-19.

Source : Marianne

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Commentaire recommandé

bdb30 // 04.07.2020 à 09h43

C’est le Président de la République Française qui reçoit les directeur de Sanofi France et le PDG américain de cette entreprise Française. Le Président de la République Française remercie le PDG de l’entreprise Française Sanofi d’investir en France, le PDG lui répond qu’il fera encore mieux. La scène était aux actus, depuis elle a disparu. Une infirmière a fait deux doigts d’honneur à la flicaille et elle a été rouée de coups, le PDG de Sanofi, entreprise Française a fait un beau doigt d’honneur, et plus, au Président de la République Française en licenciant. Que fait le Président de la République Française?

14 réactions et commentaires

  • jules Vallés // 04.07.2020 à 08h53

    Ben quoi, le capitalisme serait immoral ? Foutaises, il est juste « axiologiquement neutre » comme nous l’a brillamment expliqué JC Michéa
    L’entreprise, qu’importe son activité, n’a QU’UN SEUL et unique but, optimiser ses gains, cad en clair, se « gaver de thunes »
    C’est pourquoi que le domaine de la santé, à l’instar de certains autres DOIT devenir une fonction régalienne de l’état….
    En ces temps de Covid-19, ça ne devrait pas être trop difficile à concevoir !!

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    • guiz // 04.07.2020 à 09h24

      Nationaliser un labo’, ce n’est hélas pas dans l’intérêt de la minorité au pouvoir. On en revient souvent à ce point. On sait qu’il faut changer de « logiciel », la question c’est : « Comment ? ».

        +5

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    • Gilles // 04.07.2020 à 09h27

      Bonjour, vous ne confondez pas Michea et D.Seux des fois ? Je suis bien d’accord sur le constat que vous faites mais je ne crois pas que cette « neutralité » soit la thèse de JCMichea.
      Bien à vous

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    • Touriste // 04.07.2020 à 10h29

      Bonjour,

      « C’est pourquoi que le domaine de la santé, à l’instar de certains autres DOIT devenir une fonction régalienne de l’état….
      En ces temps de Covid-19, ça ne devrait pas être trop difficile à concevoir !! »

      Ben si, c’est difficile. J’argumente :
      a) Vous êtes un mécène de Manu 1er et consorts : « Comment ? Soigner les gueux (ou pire les guérir !) sans profiter encore plus d’eux ? Mais c’est inconcevable !!! »
      b) Vous êtes un gueux (ou bien « rien » tout au plus) : c’est bien simple vous n’avez pas le temps de concevoir. La raison est liée aux lois physiques : la vitesse de la conduction nerveuse est de 60 m/s, la vitesse d’éjection d’une balle de LBD est de 93 m/s.

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    • beni31 // 04.07.2020 à 14h07

      Le problème vient peut être plus du système de remboursement des médicaments qui ne valorise pas la R&D mais uniquement le prix de la molécule

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      • RGT // 05.07.2020 à 21h06

        Surtout si le prix de vente n’est plus lié, comme par le passé, au coût de fabrication + la R&D, mais seulement sur des considérations marketing : Combien le couillon malade est-il disposé à payer pour ce médicament ?
        Si de plus le médicament ne guérit pas mais soigne en entraînant une addiction (ou simplement la nécessité de le prendre à vie) ce n’est que du bonheur.
        Et cerise sur le gâteau, si ledit médicament nécessite de prendre une autre molécule « inutile » pour la pathologie mais nécessaire pour contrebalancer les effets secondaires, c’est le jackpot.

        Et désormais, petit bonus lié à la « libéralisation », la majorité des nouvelles molécules sont découvertes dans les services de recherche publics (payés par nos impôts), et comme ces services sont « incapables de gérer la propriété intellectuelle et de la faire fructifier » elles sont dans l’obligation de donner céder à titre gracieux les brevets aux labos privés (en fonction de leur générosité envers les politiques), ce qui fait que le pékin de base paye deux fois pour le même produit : Pour son développement par le biais de l’impôt, puis pour se soigner en engraissant les dirigeants et les actionnaires des labos privés.

        Elle n’est pas belle la vie ?

        Et ne vous en faites pas, en dehors des dictatures infâmes (Cuba, Chine, Inde, Russie…) c’est la même chose, la R&D est socialisée et les profits sont privés.

        Je tiens à rappeler que l’industrie pharmaceutique caracole en tête des industries les plus profitables, loin devant l’industrie de l’armement.

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  • bdb30 // 04.07.2020 à 09h43

    C’est le Président de la République Française qui reçoit les directeur de Sanofi France et le PDG américain de cette entreprise Française. Le Président de la République Française remercie le PDG de l’entreprise Française Sanofi d’investir en France, le PDG lui répond qu’il fera encore mieux. La scène était aux actus, depuis elle a disparu. Une infirmière a fait deux doigts d’honneur à la flicaille et elle a été rouée de coups, le PDG de Sanofi, entreprise Française a fait un beau doigt d’honneur, et plus, au Président de la République Française en licenciant. Que fait le Président de la République Française?

      +40

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    • Blabla // 06.07.2020 à 14h40

      Pour rester dans les clous des bonnes manières, je dirais qu’il s’assied sur ce genre de choses

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  • Crapaud Rouge // 04.07.2020 à 10h17

    Pfff… Comme vient de le dire OFDLM pas plus tard que ce matin dans son dernier billet : « Les capitalistes déclinent toutes responsabilités dans la marche du monde. » Sanofi n’est « coupable » de rien, et n’est du reste pas « responsable » de la sécurité sanitaire du pays : c’est au capitalisme qu’il faut demander des comptes ! http://onfoncedanslemur.blog/2020/07/04/ripopee-le-capitalisme

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  • Jean // 04.07.2020 à 10h24

    SANOFI : LE SCANDALE INDUSTRIEL QUE LES MÉDIAS NOUS CACHENT

    https://www.youtube.com/watch?v=byC4hiJ-fkI

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  • Dr Jean loup Rey, épidémiologiste tropicaliste. // 04.07.2020 à 15h27

    nationaliser est totalement impossible et cela ne changerait pas grand’chose
    par contre on peut sans doute limiter les dividendes ou sortir partiellement de la bourse les laboratoires pharmaceutiques
    n’oublions pas non plus que les délocalisations sont souvent dues aux contraintes environnementales

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    • chimiste // 04.07.2020 à 19h28

      Pourquoi donc serait-ce impossible? Si vous parlez dans les termes du cadre actuel qui imposerait à un état de dégager les milliards correspondant à la valeur de l’entreprise pour la racheter je comprends. Mais je crois que l’idée –idéaliste et peu probable peut-être– est purement et simplement de déclarer la santé, et par voie de conséquence la pharma, comme un commun sorti des logiques rentières. Où est l’impossibilité d’imposer fermement que la maladie des uns ne rapporte pas d’argent à d’autres?
      De même pour « ne changerait pas grand chose » pouvez vous développer?

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  • Arcousan09 // 04.07.2020 à 18h24

    Il n’y a qu’une seule chose à comprendre et intégrer:
    Les laboratoires sont devenus des places financières ….. qui très accessoirement font encore des médicaments
    Les dividendes sont privilégiés de toute évidence.
    En 35 ans de carrière médicale je n’ai jamais connu de rupture de stock de médicaments maintenant c’est tous les jours et parfois sur des spécialités indispensables comme les corticoïdes en 2019 ou des anticancéreux
    Combien Sanofi recevra-t-il de CICE afin de licencier ses salariés et favoriser l’évasion fiscale ?

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  • cedivan // 04.07.2020 à 20h07

    les médicaments sont fabriqués hors de France et vendus (plus cher) ailleurs qu’en France. comme le souligne Arcousan09, à ce train, on va devenir le tiers monde en terme de dispo des médicaments. et le gvt nous dira qu’il a le controle de la situation……

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