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19.août.202219.8.2022 // Les Crises

Une unité SAS a éliminé des détenus afghans à plusieurs reprises, selon la BBC

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Les escadrons SAS ont mené des raids de nuit en Afghanistan, dans le but de tuer ou de capturer des cibles talibanes.

Source : BBC, Hannah O’Grady, Joel Gunter
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Les escadrons SAS ont mené des raids nocturnes en Afghanistan, visant à tuer ou à capturer des cibles talibanes

Des rapports militaires récemment obtenus suggèrent qu’une unité pourrait avoir tué illégalement 54 personnes au cours d’une mission de six mois.

La BBC a trouvé des preuves suggérant que l’ancien chef des forces spéciales n’a pas transmis de preuves lors d’une enquête sur un meurtre.

Le ministère de la Défense a déclaré que les troupes britanniques « ont servi avec courage et professionnalisme en Afghanistan. »

La BBC croit savoir que le général Sir Mark Carleton-Smith, ancien chef des forces spéciales britanniques, a été informé des meurtres présumés illégaux, mais n’a pas transmis les preuves à la police militaire royale, même après que celle-ci a ouvert une enquête sur le meurtre par l’unité du SAS.

Le général Carleton-Smith, qui est devenu chef de l’armée avant de quitter ses fonctions le mois dernier, a refusé de faire des commentaires sur cette histoire.

BBC Panorama a analysé des centaines de pages de comptes rendus opérationnels des SAS, y compris des rapports couvrant plus d’une douzaine de raids « Tuer ou capturer » menés par une unité du SAS dans le Helmand en 2010/2011.

Des personnes ayant servi dans l’unité des SAS lors de ce déploiement ont déclaré à la BBC avoir vu les agents SAS tuer des personnes non armées lors de raids nocturnes.

Ils ont également déclaré avoir vu les agents utiliser des armes dites « déposées », c’est-à-dire des AK-47 placés sur les lieux pour justifier le meurtre d’une personne non armée.

Plusieurs personnes ayant servi dans les forces spéciales ont déclaré que les unités du SAS étaient en compétition les unes avec les autres pour obtenir le plus grand nombre de morts, et que l’unité examinée par la BBC essayait d’atteindre un nombre de morts plus élevé que celle qu’elle avait remplacé.

Des courriels internes montrent que des officiers au plus haut niveau des forces spéciales étaient conscients de l’inquiétude suscitée par d’éventuelles exécutions illégales, mais n’ont pas signalé ces soupçons à la police militaire, malgré l’obligation légale de le faire.

Le ministère de la Défense a déclaré qu’il ne pouvait pas commenter des allégations spécifiques, mais que le fait de refuser de commenter ne devait pas être considéré comme une acceptation de l’exactitude factuelle des allégations.

Un porte-parole du ministère de la Défense a déclaré que les forces britanniques « ont servi avec courage et professionnalisme » en Afghanistan et qu’elles étaient tenues de respecter les « normes les plus élevées. »

Les meurtres de SAS en Afghanistan : L’histoire d’une exécution suspecte

Un modèle d’exécutions suspectes

En 2019, la BBC et le Sunday Times ont enquêté sur un raid des SAS qui a conduit à un procès au Royaume-Uni et à l’ordre donné au ministre de la Défense britannique de divulguer des documents décrivant la gestion de l’affaire par le gouvernement.

Pour cette dernière enquête, la BBC a analysé des rapports opérationnels nouvellement obtenus détaillant les comptes rendus des SAS sur les raids de nuit. Nous avons trouvé un modèle de rapports étonnamment similaires d’hommes afghans abattus parce qu’ils avaient sorti des fusils AK-47 ou des grenades à main de derrière des rideaux ou d’autres meubles après avoir été arrêtés.

  • Le 29 novembre 2010, l’unité a tué un homme qui avait été arrêté et ramené à l’intérieur d’un bâtiment, où il « a tenté d’user de la force avec une grenade. »
  • Le 15 janvier 2011, l’unité a tué un homme qui avait été arrêté et ramené à l’intérieur d’un bâtiment, où il a « passé la main sous un matelas, sorti une grenade à main et tenté de la lancer. »
  • Le 7 février, l’unité a tué un détenu qui, selon lui, avait « tenté d’engager la patrouille avec un fusil ». La même justification a été donnée pour les tirs mortels sur des détenus le 9 février et le 13 février.
  • Le 16 février, l’unité a tué deux détenus après que l’un ait sorti une grenade « de derrière les rideaux » et que l’autre ait « ramassé un AK-47 derrière une table. »
  • Le 1er avril, l’unité a tué deux détenus qui avaient été renvoyés à l’intérieur d’un bâtiment après que l’un ait « brandi un AK-47 » et que l’autre ait « essayé de lancer une grenade. »

Le nombre total de morts au cours de la tournée de six mois de l’escadron est à trois chiffres. Aucun blessé n’a été signalé parmi les soldats des SAS lors des raids examinés par la BBC.

Rapport de première impression des forces spéciales sur l’incident, 16 février 2011.

Un officier supérieur travaillant au quartier général des forces spéciales britanniques a déclaré à la BBC que les rapports de l’unité suscitaient une « réelle inquiétude. »

« Trop de personnes ont été tuées lors de raids nocturnes et les explications n’avaient pas de sens, a-t-il déclaré. Une fois que quelqu’un est détenu, il ne devrait pas finir mort. Le fait que cela se produise encore et encore a alarmé le QG. Il était clair à l’époque que quelque chose n’allait pas. »

Des courriels internes de l’époque montrent que les officiers ont réagi avec incrédulité aux rapports, les décrivant comme « assez incroyables » et évoquant le « dernier massacre » de l’unité. Un officier des opérations a envoyé un courriel à un collègue pour lui dire que « pour ce qui doit être la 10e fois au cours des deux dernières semaines », l’escadron avait envoyé un détenu dans un bâtiment « et il était réapparu avec un AK. »

« Ensuite, lorsqu’ils sont retournés dans un autre A [bâtiment] avec un autre B [homme en âge de se battre] pour ouvrir les rideaux, il a attrapé une grenade derrière un rideau et l’a jetée sur le c/s [équipe d’assaut SAS]. Heureusement, elle n’a pas explosé… c’est la huitième fois que cela se produit… Cela ne s’invente pas ! »

L’inquiétude grandissant, l’un des plus hauts gradés des forces spéciales du pays a averti dans un mémo secret qu’il pourrait y avoir une « politique délibérée » d’homicides illégaux en opération. Les hauts responsables se sont tellement inquiétés que les tactiques de l’unité ont fait l’objet d’un rare examen officiel. Mais lorsqu’un officier des forces spéciales a été déployé en Afghanistan pour interroger le personnel de l’unité, il a semblé prendre la version des SAS pour argent comptant.

La BBC croit savoir que l’officier ne s’est rendu sur aucune des scènes des raids et n’a interrogé aucun témoin extérieur à l’armée. Les documents judiciaires montrent que le rapport final a été signé par le commandant de l’unité SAS responsable des meurtres suspects.

Note secrète adressée au directeur des forces spéciales, 7 avril 2011.

Aucune de ces preuves n’a été transmise à la police militaire. La BBC a découvert que les déclarations contenant les préoccupations ont plutôt été placées dans un dossier classifié à accès restreint pour les « informations anecdotiques sur les exécutions extrajudiciaires », accessible uniquement à une poignée d’officiers supérieurs des forces spéciales.

En 2012, le général Carleton-Smith a été nommé à la tête des forces spéciales britanniques. La BBC croit savoir qu’il a été informé des meurtres suspects, mais il a autorisé l’unité à retourner en Afghanistan pour une autre mission de six mois.

Lorsque la police militaire royale (RMP) a ouvert une enquête pour meurtre en 2013 sur l’un des raids menés lors de cette tournée, le général Carleton-Smith n’a pas révélé à la RMP les préoccupations antérieures concernant les meurtres illégaux, ni l’existence de la révision tactique.

Le colonel Oliver Lee, qui était commandant des Royal Marines en Afghanistan en 2011, a déclaré à la BBC que les allégations de mauvaise conduite soulevées par notre enquête étaient « incroyablement choquantes » et méritaient une enquête publique. Le fait que les dirigeants des forces spéciales n’aient apparemment pas divulgué les preuves est « totalement inacceptable », a-t-il ajouté.

Le général Sir Mark Carleton-Smith était à la tête des forces spéciales britanniques lorsque la police militaire a enquêté sur les SAS en 2013.

Tuer ou capturer

L’enquête de la BBC s’est principalement concentrée sur un déploiement de six mois d’une unité SAS arrivée en Afghanistan en novembre 2010.

L’unité opérait principalement dans la province de Helmand, l’un des endroits les plus dangereux d’Afghanistan, où les embuscades tendues par les talibans et les bombes en bord de route étaient courantes et où les pertes de l’armée étaient élevées.

Le rôle principal de l’unité était de mener des opérations de détention délibérée (DDO) – également connues sous le nom de raids « Tuer ou capturer » – destinées à détenir des commandants talibans et à perturber les réseaux de fabrication de bombes.

Plusieurs sources ayant participé à la sélection des cibles pour les opérations des forces spéciales ont déclaré à la BBC qu’il y avait de graves problèmes avec les renseignements qui sous-tendent le processus de sélection, ce qui signifie que des civils pouvaient facilement se retrouver sur une liste de cibles.

Selon un représentant britannique qui était présent lors de la sélection des cibles dans le Helmand en 2011, « les gars du renseignement établissaient des listes de personnes qu’ils supposaient être des talibans. Elles étaient soumises à un court processus de discussion. Cela était ensuite transmis aux forces spéciales qui recevaient un ordre de tuer ou de capturer. »

Selon la source, le ciblage s’est fait sous pression et dans la précipitation. « Cela ne se traduisait pas nécessairement par la volonté de tous les tuer, mais il y avait certainement une pression pour améliorer le niveau de jeu, ce qui signifiait essentiellement porter des jugements sur ces personnes rapidement », a-t-il déclaré.

Des sources ont déclaré à la BBC que le processus de ciblage lors des raids de nuit était souvent précipité et pouvait comprendre par erreur des civils innocents.

Au cours de ces raids, l’unité SAS a utilisé une tactique bien connue consistant à faire sortir toutes les personnes se trouvant à l’intérieur d’un bâtiment, à les fouiller et à les attacher avec des menottes à lanières, puis à ramener un homme à l’intérieur pour qu’il aide les agents des forces spéciales à effectuer une fouille.

Mais les officiers supérieurs se sont inquiétés de la fréquence à laquelle les comptes rendus de l’unité décrivaient des détenus ramenés à l’intérieur des bâtiments pour y chercher des armes cachées – une tactique ennemie qui n’a pas été signalée par les autres forces militaires britanniques opérant en Afghanistan.

Les officiers se sont inquiétés également du fait que, lors d’un nombre important de raids, le nombre de personnes tuées était supérieur au nombre d’armes récupérées sur les lieux, ce qui laissait penser que les SAS tiraient sur des personnes non armées.

Après que des préoccupations similaires ont été soulevées en Australie, une enquête dirigée par un juge a été commandée et a trouvé des « preuves crédibles » que des membres des forces spéciales australiennes étaient responsables de l’homicide illégal de 39 personnes, et qu’ils utilisaient des « armes déposées » pour tenter de justifier les tirs.

En avril 2011, les inquiétudes étaient telles au Royaume-Uni qu’un officier supérieur des forces spéciales a écrit au directeur des forces spéciales pour l’avertir qu’il existait des preuves de « meurtres délibérés d’individus après qu’ils ont été maîtrisés » et de « fabrication de preuves pour suggérer un meurtre légal en état de légitime défense. »

Deux jours plus tard, le chef d’état-major adjoint des forces spéciales britanniques a averti le directeur que les SAS pourraient appliquer une politique consistant à « tuer des hommes en âge de se battre, même s’ils ne représentaient pas une menace. »

Si les soupçons étaient fondés, écrivait-il, l’unité SAS s’était « égarée dans un comportement éthique et juridique indéfendable. »

L’unité SAS opérait dans certaines des zones les plus dangereuses du sud de l’Afghanistan, effectuant souvent des raids dans l’enceinte des villages.

La BBC a visité plusieurs des maisons attaquées par l’unité SAS en 2010/2011. Dans l’une d’entre elles, située dans un petit village de Nad Ali, dans le Helmand, se trouvait une maison d’hôtes murée où neuf Afghans, dont un adolescent, ont été tués aux premières heures du 7 février 2011.

Les soldats des SAS sont arrivés en hélicoptère à la faveur de l’obscurité et se sont approchés de la maison depuis un champ voisin. Selon leur récit, les insurgés ont ouvert le feu sur eux, ce qui les a incités à riposter et à tuer toutes les personnes présentes dans la maison d’hôtes.

Seuls trois AK-47 ont été récupérés, selon le compte rendu des SAS – l’un des six raids au moins de l’escadron au cours desquels le nombre d’armes ennemies rapporté était inférieur au nombre de personnes tuées.

À l’intérieur de la maison, ce qui semblait être des impacts de balles provenant du raid était regroupé sur les murs au ras du sol. La BBC a montré des photographies de la scène à des experts en balistique, qui ont déclaré que les impacts suggéraient que plusieurs balles avaient été tirées du haut vers le bas, et ne semblaient pas indiquer une fusillade.

Leigh Neville, expert en armes utilisées par les forces spéciales britanniques, a déclaré que les impacts de balles suggéraient que « les cibles étaient au ras du sol, soit en position couchée, soit en position assise ou accroupie près du mur – une position inhabituelle si elles participaient activement à une fusillade. »

Graphique montrant comment les impacts de balles ont été trouvés groupés près du niveau du sol – suggérant que les personnes étaient agenouillées ou couchées lorsqu’elles ont été abattues.

Le même schéma était visible à deux autres endroits examinés par la BBC. Les experts en balistique qui ont examiné les images ont déclaré que les impacts de balle suggéraient des meurtres de type exécution plutôt que des échanges de tirs.

S’exprimant sous couvert d’anonymat, un enquêteur de la RMP a confirmé à la BBC qu’ils avaient vu les photographies des scènes et que les motifs des marques de balles avaient suscité l’alarme.

« Vous pouvez comprendre pourquoi nous étions inquiets, a déclaré l’enquêteur. Les traces de balles sur les murs si bas par rapport au sol semblaient miner la version des événements des forces spéciales. »

En 2014, la RMP a lancé l’opération Northmoor, une vaste enquête sur plus de 600 infractions présumées commises par les forces britanniques en Afghanistan, dont un certain nombre de meurtres commis par l’unité SAS. Mais les enquêteurs de la RMP ont déclaré à la BBC qu’ils avaient été entravés par les militaires britanniques dans leurs efforts pour rassembler des preuves.

L’opération Northmoor a été réduite en 2017 et finalement clôturée en 2019. Le ministère de la Défense a déclaré qu’aucune preuve de criminalité n’avait été trouvée. Des membres de l’équipe d’enquêteurs ont déclaré à la BBC qu’ils contestaient cette conclusion.

Le ministère de la Défense a déclaré que les troupes britanniques étaient tenues de respecter les normes les plus élevées. « Aucune nouvelle preuve n’a été présentée, mais la police des services examinera toute allégation si de nouvelles preuves sont mises en lumière, a déclaré un porte-parole.

Dans une autre déclaration, le ministère de la Défense a estimé Panorama avait tiré des « conclusions injustifiées d’allégations qui ont déjà fait l’objet d’une enquête approfondie. »

Il a ajouté : « Nous avons fourni une déclaration détaillée et complète à Panorama, soulignant sans équivoque la manière dont deux opérations de police ont mené une enquête approfondie et indépendante sur les allégations concernant la conduite des forces britanniques en Afghanistan. »

« Aucune de ces enquêtes n’a trouvé de preuves suffisantes pour engager des poursuites. Insinuer le contraire est irresponsable, incorrect et met en danger nos courageux membres des forces armées, tant sur le terrain qu’en termes de réputation. »

« Le ministère de la Défense est bien sûr ouvert à l’examen de toute nouvelle preuve, il n’y aura aucune obstruction. Mais en l’absence de celle-ci, nous nous opposons fermement à ce reportage subjectif. »

Source : BBC, Hannah O’Grady, Joel Gunter, 12-07-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

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Commentaire recommandé

Foxy // 19.08.2022 à 08h44

Américains (cf. vidéo Collateral Murder https://www.dailymotion.com/video/x590ird), Canadiens, Australiens, Anglais… Tous ces pays « démocratiques » sont coupables d’exactions en Afghanistan qu’il n’est pas possible d’accepter pour parler ensuite de « nos valeurs ». On comprend pourquoi Assange est en prison en Grande-Bretagne. Il faut à tout prix empêcher la presse de diffuser de telles informations. Plus de 12 ans pour « sortir » cette affaire, aussitôt diluée dans la sur-information.

16 réactions et commentaires

  • antoniob // 19.08.2022 à 08h26

    Oui bon tous les états démocratiques font cela, rien de neuf. Mais sinon les rosbifs sont le prototype du meurtre ultramarin et de la prétention impériale hautaine et assumée la plus aboutie. Des ordures pseudo-policés dans la haute société et des tas de types violents parmi le bon peuple.
    On en apercoit de partout des James Bond qui se croient encore à l’époque de l’Empire.
    Ceci dit c’est bien en Afghanistan qu’une armée britannique fut exterminée sans survivants. Ils n’ont jamais avalé cela les rosbifs mais n’ont jamais pu rien y faire.
    UK United Kunts

      +13

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  • Foxy // 19.08.2022 à 08h44

    Américains (cf. vidéo Collateral Murder https://www.dailymotion.com/video/x590ird), Canadiens, Australiens, Anglais… Tous ces pays « démocratiques » sont coupables d’exactions en Afghanistan qu’il n’est pas possible d’accepter pour parler ensuite de « nos valeurs ». On comprend pourquoi Assange est en prison en Grande-Bretagne. Il faut à tout prix empêcher la presse de diffuser de telles informations. Plus de 12 ans pour « sortir » cette affaire, aussitôt diluée dans la sur-information.

      +25

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  • RGT // 19.08.2022 à 09h23

    Mettons nous un instant dans la tête d’un défenseur de la libération des peuples opprimés par l’axe du mal et citons ses pensées pour avoir une vision objective des actes décrits :

    « Ceux qui critiquent les SAS et les autres troupes déployées en Afghanistan sont des traîtres à la communauté internationale éprise de liberté et de démocratie et déforment les actes humanitaires courageux de ces soldats irréprochables.

    En effet, c’est par humanisme que ces soldats ont abattu ces rebelles sanguinaires afin de leur éviter de se retrouver envoyés dans des centres de détention officieux de la CIA ou du MI6 ce qui aurait été largement pire que la mort avec des tortures insupportables pendant des années sans possibilité d’échappatoire.

    Ces soldats devraient être décorés pour leurs actes courageux qui ont évité à de nombreux hommes de subir un sort peu enviable.

    Et après tout, ces hommes (même s’ils n’étaient pas des combattants ennemis) n’avaient pas à se trouver sur le théâtre d’opérations et auraient dû accueillir les troupes de libération avec des colliers de fleurs en guise de remerciement.

    Je suis offusqué que de tels héros soient traînés dans la boue et que ceux qui diffusent cette propagande mensongère ne soient pas traduits devant une cour martiale comme se sera bientôt le cas pour le sinistre Julian Assange qui a trahi les siens en divulguant des vidéos truquées pour salir des soldats exemplaires aux yeux de la population pour le compte des russes, des chinois et de tous les pays de l’axe du mal. »

      +20

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    • vert-de-taire // 19.08.2022 à 10h32

      Pour compléter ce trait :

      Le fait de connaitre ces assassinats de « terroristes » maintenant semble plutot servir à alimenter des luttes intestines. Le public offusqué est là comme validateur dans une guerre normalement cachée.

      Ce qui rassure, c’est la constance à proférer des insanités à savoir tenter de maintenir la moindre justification.
      Oser defendre le plus petit assassinat montre bien qu’il existe un Système totalitaire, au sens qui oblige au pire tant à faire qu’à dire, qu’à montrer sa soumission ‘totale’.

      Le secret (de la guerre perpétuelle des mafieux dominant l’Occident) EST indispensable de façon que le dire (la propagande) puisse porter.
      Ce n’est qu’au besoin, faire sauter un concurrent, forcer une autre stratégie, …, que le public est instrumentalisé : mis au courant, par des faits ou des mensonges, c’est sans importance – ON NE SAIT RIEN et le peu qu’on apprend EST AUSSI, ENCORE de la manipulation car
      nous sommes en dictature.
      CQFD

        +8

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  • Didier Lagasse // 19.08.2022 à 10h00

    Meurtres, mensonges et duplicité sont les « valeurs » occidentales pour maintenir leur pouvoir suprémaciste sur le monde.
    Mais le reste du monde, cad plus des trois-quarts de la population mondiale veulent sortir de cette emprise et s’y emploie.
    La dédolarrisation des marchés internationaux et du secteur pétrolier annonce l’effondrement de l’économie américaine… mais avec cependant le risque d’un enchaînement de conflits militaires voulu par les États-Unis pouvant amener à une confrontation directe des grandes puissances et du risque pour l’humanité de l’utilisation d’ogives nucléaires.

      +14

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  • Lev // 19.08.2022 à 10h52

    Pas besoin d’aller chercher outre-Manche des exemples de la barbarie européenne..
    La vie et les méfaits de Jacques Foccard sont bien connus et consubstanciels à notre V République

      +7

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  • ManuUK // 19.08.2022 à 12h25

    Une superbe enquête de la BBC, comme quoi le service public est nécessaire. Cela me fait penser aux crimes que l’Australie a effectué pendant la guerre d’Afghanistan : https://www.leparisien.fr/faits-divers/crimes-de-guerre-l-australie-reconnait-que-ses-forces-speciales-ont-tue-illegalement-39-afghans-19-11-2020-8409186.php grâce à un travail incroyable de journalistes et de dénonciation interne.

    J’ai entendu aussi des témoignages (conversations téléphoniques) des atrocités effectuées des services spéciaux russes et ukrainiens sur Reddit ou Twitter : barre de fer transperce le corps d’un bout à l’autre, arrachage d’organes alors que la personne est vivante ou électrifier une personne le coeur ouvert…

    Autant de raisons suffisantes pour être pacifiste et ne pas vouloir engager de guerres.

    Il y a un bon nombre de tarés dans nos armées, et peu importe le camp.

      +6

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    • Grd-mère Michelle // 19.08.2022 à 13h52

      Bien sûr que le service public d’information (comme tous les services publics) est nécessaire, et même indispensable, d’autant plus qu’il est subventionné (en grande partie) par le « grand public » des contributeurs-trices au Trésor national qui doivent faire valoir leurs exigences (de véracité, entre autres) à son égard.
      Trop de gens pensent qu’il suffit de voter pour exercer leurs droits à la citoyenneté, mais cette idée est induite par des « dirigeant-e-s » qui oublient qu’ils-elles ne sont que des représentant-e-s des électeurs-trices(sauf au moment des promesses pré-électorales).

        +3

      Alerter
  • Grd-mère Michelle // 19.08.2022 à 13h19

    @662amri, dont le commentaire a été supprimé, qui disait que tous les pays possèdent ce type de « forces spéciales »
    En effet, c’est ce qu’il me semble aussi… et c’est inique, scandaleux!
    Et c’est bien pourquoi il est indispensable que la « société civile » ait mot à dire au sujet de l’armée, tout autant que de la gestion politique du pays, afin de tenter d’établir de vraies démocraties, au moins dans les pays partenaires de l’ONU et de son Droit international(qui, si je ne me trompe pas, n’est pas le même pour les « situations de guerre » que pour les « situations de paix »…).
    Que signifie exactement SAS? Une « force spéciale britannique », certes, mais avec quel statut, quelle « mission »?

      +4

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    • John V. Doe // 19.08.2022 à 21h03

      Les SAS sont des commando d’élite suffisamment déshumanisés pour qu’il leur paraisse « normal » ou en tout cas « valide » de tuer des innocents pour faire un meilleur score que l’équipe précédente. En Afghanistan, ils sont juste un peu plus extrêmes que ce qu’ils ont fait en Irlande du Nord pendant des années le siècle dernier. Par exemple, le Bloody Sunday où ils ont tiré de sang-froid sur une foule désarmée, c’est aussi eux. La plupart des coups ont été portés dans le dos.

      En termes civils, disons que ce sont des criminels multi-récidivistes froids dont la vraie place se trouve dans un QHS ou au bout d’une corde en compagnie de ceux qui les estiment nécessaires ou simplement utiles.

        +3

      Alerter
  • Savonarole // 19.08.2022 à 13h54

    Aller buter des familles Afghannes parce qu’un Saoudien a détourné des avions dans des tourres à 20000Km de là, j’ai beaucoup de mal à voir en quoi ça aide les interets politiques , commerciaux ou stratégiques des pays de la coalition qui ont été ravager ces vallées qui étaient déjà dans un contexte proche de la guerre civile.
    Ca a coûté « un pognon de dingue », ça a rajouté de la misère à la misère et ça a donné l’occasion aux Russes et aux Chinois de s’ajouter un allié de circonstances qui détèstera l’Amerique et ses pions pour les siècles prochains.
    Les seuls qui y ont gagné c’est les contractants des ministères des armées impliqués … et c’est du fric qui a pas été utilisé pour des trucs plus utiles .. genre désenclaver ce pays où investire dans la transition energétique ici bas.
    Bref : c’est de la merde et les gens qui ont poussé à ces actions aurait du se retrouver au bout d’une douzaine fusils et d’un revolver. Et c’est notre incapacité à sanctionner ce genre de comportement qui va nous ammener à une impunité encore plus totale de dirigeants qui une fois à l’abris de tout ne vont pas hésiter , comme d’habitude , à enchainer les trucs pires encore.

      +7

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    • Castor // 22.08.2022 à 20h01

      Il n’y avait pas ‘un’ mais ‘des’ Saoudiens. Effectivement, pourquoi le gouvernement des États-Unis n’a-t-il pas décidé de renverser la famille royale d’Arabie Saoudite et d’y instaurer la démocratie ?

      Rien que l’énoncé signe l’absurdité de l’entreprise. C’est pourtant pour ces motifs « officiels » que l’opération a été lancée en Afghanistan.

      ATTENTION PROPAGANDE :
      Les Talibans, en accordant l’asile politique à Oussama Ben Laden, ont montré le prix qu’ils accordaient aux libertés individuelles. Ils ont manifesté ainsi leur opposition à l’impérialisme américain et les Etats-Unis le leur ont fait payé.
      FIN.
      Alors que faire ?

      On ne peut pas laisser des hommes libres de vous tuer, quoiqu’ils aient à vous reprocher.

      L’islam est une religion qui se donne une vocation universelle et estime tout ce qui est non musulman comme voué à disparaître. C’est là le danger et l’on voit bien qu’il ne suffit pas de tuer quelques « commandants » pour rétablir la sécurité. Cette « guerre contre le terrorisme » n’a pas été pensée et le résultat est celui que l’on connaît. De la guerre contre la terreur les gouvernements alliés sont passés à la terreur tout court. Par impuissance dans le cas des meurtres perpétrés par les SAS.

        +1

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  • Lt Briggs // 19.08.2022 à 13h55

    « Un porte-parole du ministère de la Défense a déclaré que les forces britanniques « ont servi avec courage et professionnalisme » en Afghanistan et qu’elles étaient tenues de respecter les « normes les plus élevées. » »

    La fin ressemble un peu à un communiqué de l’armée israélienne après une « incursion » dans les territoires palestiniens. Sinon c’est toujours bon à prendre que des faits de cette nature sortent, encore que je ne me fasse pas beaucoup d’illusions sur les suites judiciaires qui en seront données. Il est précisé dans l’article que les faits ont été couverts à un échelon militaire élevé, ce qui disqualifie d’office toute histoire de soldats égarés, de simple problème de remontée d’information…

      +13

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    • Actustragicus // 19.08.2022 à 18h11

      On dirait aussi le communiqué de presse d’un constructeur automobile réputé, peu avant qu’on ne découvre une immense fraude aux tests anti-pollution…
      Au fond, tout ça n’est peut-être qu’un problème de sous-traitance ? Sur le papier, tout est clean, les procédures sont définies et les powerpoints impeccables ; mais comme c’est accompagné d’instructions du type « débrouillez-vous au moindre coût » (un prisonnier, ça coûte plus cher qu’un mort)… telle économie, telle politique.

        +6

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  • Grd-mère Michelle // 20.08.2022 à 13h12

    Appris hier(infos RTBF-images à l’appui) qu’un groupe de plusieurs centaines d’ukrainiens sont formés/entrainés par l’armée britannique au maniement des armes et autres tactiques guerrières en Grande-Bretagne… pendant un mois,groupe immédiatement renouvelé après son retour au pays…
    Et que, pendant ce temps-là, des centaines de milliers de travailleurs-euses font grève et protestent dans la rue contre la vie chère.
    Où l’on comprend mieux les « raisons » du Brexit…

      +1

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  • Wonamax // 25.08.2022 à 09h54

    En France, 2 soldats de la DGSE ont été interpellés alors qu’ils s’apprêtaient à exécuter une cheffe d’entreprise à son domicile. Les soldats pensaient être en mission. Un de leurs chefs, franc-maçon, a avoué la manipulation. L’opération a échoué grâce à la réactivité du voisin de la victime qui a appelé la police lorsqu’il a aperçu le comportement étrange des agents dans leur véhicule garé dans la rue devant la maison de sa voisine.
    La France n’est pas moins concernée que l’Angleterre, les USA ou l’Australie. La différence c’est qu’en France personne n’enquête.
    Par ailleurs, l’ Afghanistan est le premier producteur d’opium. L’héroïne qui tourne aux USA ne peut se passer de la production afghane. L’armée est utilisée pour régler les problèmes mafieux. Le lien est incontestable. Aucune enquête ne le démontrera mais ça reste une évidence que personne ne peut nier.
    Les Etats sont des voyous comme les autres, et la France n’est pas en reste.

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