Suite de notre série sur le Venezuela, avec différents articles visant à compléter la vision diffusée par les médias.

Rappelons que nous ne soutenons aucun camp là-bas, militons pour que le peuple vénézuelien choisisse librement et démocratiquement son avenir, et condamnons toutes les atteintes aux droits de l’Homme des deux camps…

Giorgio Boccardo enseigne à l’Université du Chili dans le master «Les études latino-américaines». Sebastian Caviedes est chercheur à la Fondation Nodo XXI, enseignant à l’Univerité du Chili

Source : A l’encontre, Giorgio Boccardo, Sebastian Caviedes, 07-07-2017

Maduro promet une augmentation du salaire minimum pour le 1er juillet 2017

Par Giorgio Boccardo et Sebastian Caviedes

Il est douloureux d’écrire sur le Venezuela. En partie parce que cela implique rendre compte du drame d’un peuple qui, pour la première fois, commençait à participer à la redistribution de ses ressources. Mais également parce que cela implique d’aborder le déclin d’un processus politique qui a été une référence pour la gauche latino-américaine pendant les dernières décennies.

C’est la raison pour laquelle il est fondamental d’encourager un débat critique et réfléchi sur la crise vénézuélienne. Cela n’implique pas qu’il faille se soumettre à l’opportunisme de la droite, qui, sous une façade démocratique, réduit tout débat à la question de savoir si oui ou non le régime vénézuélien est une dictature, alors que ses intentions vont dans le sens de réinstaller un modèle aussi socialement et politiquement excluant que celui de type néolibéral. Mais il ne serait pas non plus responsable d’éviter le débat comme le fait la majorité des penseurs critiques, qui prônent une sorte de solidarité inconditionnelle avec le processus, au point de se montrer apathiques face à la tragédie que vit le peuple vénézuélien.

Notre intérêt pour un débat sur la grave crise que traverse la société vénézuélienne, sur les réussites et les erreurs du chavisme tient à l’importance de ce qui est en jeu au Venezuela, non seulement pour l’avenir de ce pays et de toute l’Amérique latine, mais également pour la construction de projets radicalement démocratiques, alternatifs à ceux de la société capitaliste.

1. La crise du puntofijismo

Entre 1958 et 1993, l’ordre politique vénézuélien a reposé sur le Pacte de Punto Fijo (1). Fondamentalement cela signifiait que les deux principaux partis politiques, Accion Democratica (AD) et Comité de Organizacion Politica Electoral Independiente (COPEI), d’orientation respectivement social-démocrate et chrétienne-sociale, se sont mis d’accord sur le fait que, indépendamment de qui gagnerait les élections, ils mettraient en place des gouvernements d’unité nationale sur la base d’un programme minimum et sur la répartition entre eux des institutions étatiques. Cet accord a entraîné une société «méritocrate» formée de groupes d’entreprises, de bureaucraties étatiques et des ouvriers du pétrole, tout cela autour de la distribution de la rente générée par l’«Etat dans l’Etat» que constituait Petroleos de Venezuela SA (PDVSA). Mais cette «méritocratie puntofijista» excluait une proportion considérable de travailleurs ainsi que les paysans et des groupes marginaux.

A la fin des années 1970, il y a eu une longue crise économique et politique. Le déclin de la rente pétrolière a réduit la capacité de l’Etat à répondre aux demandes des forces faisant partie du Pacte. De leur côté, AD et COPEI sont de plus en plus devenus des machines électorales clientélistes et corrompues et se sont éloignés des bases qui les avaient soutenus sur le plan politique (2). Au cours du deuxième gouvernement de Carlos Andrés Pérez, partisan de l’AD (1989-1993), des politiques radicales d’ajustement structurel ont commencé à être appliquées, ce qui a entraîné, en février et en mars 1989, des protestations populaires massives connues sous le nom de «Caracazo». La violente répression de ces protestations a provoqué des centaines de morts et des milliers de disparus.

La bureaucratie puntofijista s’opposait à des réformes, car leur application aurait entraîné leur mutation et la réduction des prébendes versées aux clientèles, ce qui aurait déstabilisé le délicat équilibre au sein de l’alliance bourgeoise dominante. Des changements furent effectués, mais ils ne purent stopper la crise économique et politique. En 1993, le puntofijismo a destitué Carlos Andrés Pérez [qui occupa le poste de vice-président de l’Internationale social-démocrate et était très lié à Felipe Gonzalez], accusé de corruption, et c’est ainsi que, pour la première fois depuis 1958, un candidat non issu du Pacte a pu s’imposer lors de l’élection présidentielle.

L’ex-partisan de COPEI, Rafael Caldera [il avait été président entre 1969 et 1974; après un échec il est réélu en 1998], a créé un nouveau parti chrétien-social et, en s’alliant avec des organisations de gauche, il a gagné les élections sur un programme anti-néolibéral. Cependant, après avoir évité la pire crise financière de l’histoire du pays [en 1994], Caldera a négocié avec le FMI et a impulsé l’Agenda Venezuela. Celui-ci prévoyait l’application de mesures monétaristes orthodoxes, une réduction drastique des prestations sociales aux travailleurs et le lancement de politiques d’ouverture et d’internationalisation de l’industrie pétrolière. Cet ensemble de mesures a suscité de nouvelles protestations.

Hugo Chavez a été libéré après avoir passé deux ans en prison pour son rôle dans le coup d’Etat manqué de 1992. Une tentative de coup d’Etat qui a fait de lui une référence politique à échelle nationale. Avec le soutien de militaires, d’intellectuels et de militants de gauche, il se lance dans une forte activité politique. C’est dans ce contexte d’une société profondément divisée, dont le système politique était totalement délégitimé et les conditions de vie de la population se dégradaient de plus en plus, que Chavez a fondé en 1997 le Movimiento Quinta Republica (MVR). L’année suivante il s’est imposé aux élections présidentielles en mettant en avant un projet qui exprimait cet énorme malaise social en lui donnant une orientation et un espoir.

En résumé, la transformation néolibérale avait entraîné l’effondrement d’un système politique corrompu qui était en place depuis l’accord de Punto Fijo. C’est ce contexte de vide politique qui explique en partie la vertigineuse ascension de Chavez. Après quinze ans de ce gouvernement, le chavisme va inverser plusieurs des réformes néolibérales en appliquant une redistribution radicale de la rente pétrolière. Cela permettra le développement de nouvelles clientèles à un Etat qui soutient un projet national et populaire mais qui ne cesse pas pour autant d’être capitaliste (3).

2. L’ascension et le développement du chavisme (1999-2013)

Le projet initial de Chavez n’est pas très éloigné des orientations du populisme latino-américain: un discours anti-impérialiste, la récupération de la souveraineté nationale, la centralité de l’Etat, un chef de file militaire, des styles de pouvoir politique autoritaires et d’importants programmes de redistribution de la richesse (4). Lors de son premier mandat, le gouvernement de Chavez a mis la priorité sur la convocation d’une Assemblée constituante pour la création de la Cinquième République. Avec une large majorité chaviste, la nouvelle Constitution réaffirme le caractère capitaliste de l’économie vénézuélienne avec un Etat fort, qui se réserve l’activité pétrolière et les autres industries d’intérêt publique ou stratégique. Sur le plan politique, il incorpore divers mécanismes participatifs en vue d’approfondir la démocratie [avant tout à l’échelle locale]; ainsi les droits populaires sont significativement élargis sur les plans économique, social et culturel.

Hugo Chavez en compagnie de Diosdado Cabello, le militaire de la continuité

Etant donné l’extrême dépendance de toute l’économie – et de l’Etat vénézuélien – par rapport à la rente pétrolière, le chavisme commence par inverser certaines des mesures politiques néolibérales des années 1990 (5). Cela le conduit à s’affronter directement avec la PDVSA [Petróleos de Venezuela SA, compagnie pétrolière dont le capital appartient pour l’essentiel à l’Etat], qui, depuis des années, donnait priorité à la rentabilité au détriment de l’intérêt national [tout en distribuant de manière socialement sélective une grande partie de la rente pétrolière]. Chavez a restructuré la politique fiscale de la PDVSA, augmenté sa contribution directe à l’Etat et a mis un terme au processus d’ouverture à des capitaux multinationaux initié au cours de la décennie précédente. Le gouvernement chaviste a également récupéré l’initiative au sein de l’OPEP, afin de contrôler les niveaux de production à l’échelle internationale et ainsi stabiliser ou augmenter les prix du baril. En particulier, la politique de «contrôle des prix» convenue avec des pays comme l’Irak [de Saddam Hussein] et la Libye [de Mouammar Khadafi] provoque des confrontations entre Chavez et les Etats-Unis.

Deux lois passées à cette époque par le gouvernement chaviste ont particulièrement suscité l’opposition du patronat: d’abord, celle relative à la terre et au développement agraire et, ensuite, celle concernant les hydrocarbures. La première de ces lois a été une tentative tardive de réforme agraire pour limiter le pouvoir des latifundistes et donner une certaine sécurité agroalimentaire aux paysans [mais sans appui technique, entre autres]. La deuxième permettait de récupérer le contrôle politique et économique sur la PDVSA. Les deux lois ont été cataloguées par le patronat et par l’opposition politique comme étant un attentat contre la propriété privée.

Pendant son deuxième mandat (2001-2007), Chavez a entamé l’affrontement avec une opposition qui était prête à utiliser tous les moyens pour renverser le gouvernement. Cette opposition regroupait des secteurs militaires, des patrons, des partis puntofijistes, la «méritocratie» de la PDVSA et presque tous les médias, sans compter le soutien du gouvernement états-unien. En avril 2002, elle a déclenché un coup d’Etat, mais une mobilisation populaire combative, appuyée par un secteur clé des militaires, oblige finalement les putschistes à restituer la présidence à Chavez. C’est à la fin de cette même année qu’une grève pétrolière patronale a été lancée (6).

Une fois de plus, la résistance populaire était en faveur du chavisme, ce qui a permis de faire reculer le sabotage de l’opposition. Après avoir surmonté ces deux assauts et malgré les dommages qu’ils ont entraînés sur le plan économique et la drastique réduction des revenus fiscaux, Chavez en est sorti renforcé. Il s’est produit un changement dans le rapport des forces qui a permis de désarticuler l’opposition d’un secteur militaire et les bureaucraties pétrolières, mais en échange d’un nouveau pacte avec les groupes populaires dont dépendait la survie du régime. Même s’ils avaient déjà voté pour Chavez, c’est la chaleur du conflit qui les fait sentir que ce gouvernement était «le leur» (7).

Au cours des premières années du chavisme, la crise budgétaire, la priorité constitutionnelle et la déstabilisation provoquée par l’opposition ont empêché une amélioration des conditions de vie des secteurs populaires. Mais étant donné, d’une part, la centralité des secteurs populaires pour la continuité du processus et, d’autre part, l’imminence d’un référendum révocatoire convoqué par l’opposition, l’administration chaviste a mis toute son énergie à développer une nouvelle politique sociale. Au moyen de ce qu’on a appelé les «Missions» [initiatives concernant la santé et l’éducation dans les quartiers paupérisés, s’appuyant fortement sur une aide de Cuba compensée par des livraisons pétrolières et des crédits], elle a appliqué un programme de démocratisation de la rente pétrolière qui a permis d’améliorer de manière significative les revenus, la santé, l’éducation, les communications et l’accès à la culture du peuple vénézuélien (8). En contraste avec les politiques qui ont prévalu dans une bonne partie de l’Amérique latine, les dépenses sociales ont été concentrées de manière à diminuer les inégalités, devenant une composante fondamentale des dépenses publiques. En résumé, pendant cette période le chavisme a construit un relatif tissu productif et social ainsi qu’une nouvelle institutionnalité.

La légitimité de la nouvelle politique sociale s’est exprimée clairement lors du référendum révocatoire de 2004, où Chavez s’est imposé avec 59% des votes. De même, lors des élections des gouverneurs des départements [structure fédérale] la même année, il n’en a perdu que 2 sur les 23 Etats. L’année suivante, devant la possibilité d’être balayée de l’Assemblée nationale, l’opposition s’est retirée des élections, ce qui a laissé un Parlement constitué exclusivement de partisans du chavisme. Lors des élections présidentielles de 2006, Chavez a triomphé avec presque 63% des suffrages face à Manuel Rosales, candidat de l’AD.

Dès lors, Chavez s’est consolidé en tant que figure internationale, non seulement parce qu’il était un acteur important de la nouvelle stratégie de contrôle des prix de l’OPEP, mais aussi parce qu’il a réussi à freiner la politique états-unienne de subordination latino-américaine au travers de l’ALCA [zone de libre-échange des Amériques]. Il a pu accomplir cela grâce à une alliance avec les gouvernements du Brésil de Lula et de l’Argentine de Nestor Kirchner, en créant l’ALBA en 2004 [un projet que ne se concrétisera qu’à la marge] et au moyen d’autres initiatives d’intégration économique et sociale, sans compter le soutien croissant à des gouvernements tels que ceux de la Bolivie [Evo Morales] et de l’Equateur [Rafael Correa]. C’est ainsi qu’a pu s’établir une résistance politique et culturelle aux prétentions hégémoniques des Etats-Unis sur l’Amérique latine menées par George W. Bush.

Au début 2007, Chavez a annoncé que la «phase de transition» au Venezuela était achevée et que c’était le moment d’avancer dans la construction du «Socialisme du XXIe siècle». Pour cela il lui fallait des lois de type constitututionnel pour lui accorder des pouvoirs extraordinaires, et donc une réforme constitutionnelle pour déclarer socialiste la République bolivarienne de Venezuela. A cela, il a ajouté la construction du Parti socialiste uni vénézuélien-PSUV [qui était étroitement contrôlé par les sommets du chavisme]. Parmi d’autres propositions spécifiques, Chavez réaffirmait la propriété et le contrôle de l’Etat sur les hydrocarbures, l’élimination des restrictions pour la réélection présidentielle pour plus de deux mandats [afin d’assurer une permanence de son pouvoir] et la réorganisation territoriale politique du pays [réorganisation du dit fédéralisme et de l’indépendance des unités fédérales par rapport au pouvoir central].

C’est précisément pendant cette période qu’il y a eu un infléchissement dans le processus économique et politique, qui allait avoir des conséquences très importantes pour le Venezuela. D’abord, au lieu de s’orienter vers une diversification productive afin de rendre le pays moins dépendant de la rente pétrolière et des cycles économiques internationaux, il s’est employé à renforcer la distribution de la rente [avec des dimensions clientélaires renforcées] et la formation d’un patronat chaviste de caractère commercial et financier [la dite bolibourgeoisie]. C’est ainsi que la «malédiction des ressources naturelles» a fini par enterrer sur le long terme les efforts de démocratisation sociale qui avaient été atteints. Ensuite, Chavez a fini par réduire son projet de socialisme à un étatisme et à un verticalisme [pouvoir concentré autour de Chavez et d’un secteur militaire]. En effet, au lieu de radicaliser la démocratie politique, il est resté prisonnier de l’autoritarisme militaire et – malgré sa rhétorique – de l’héritage du populisme et des dits socialismes réels. Enfin, au lieu d’accorder davantage de pouvoir politique aux classes populaires, il finit par le diminuer en faveur d’un clientélisme étatique plus important et d’un contrôle bureaucratique du processus.

Donc, au-delà des difficultés liées à l’affrontement face aux Etats-Unis et face aux forces réactionnaires de l’opposition ainsi que des limitations du sous-développement latino-américain, c’est justement au moment de l’apogée du chavisme que celui-ci perd une possibilité historique de radicaliser le processus social et politique en cours. Nicolas Maduro [fonction présidentielle prise le 8 mars 2013, puis élection gagnée le 14 avril 2013; Chavez décède le 5 mars 2013] a hérité de conditions sociales et politiques qui vont éclater suite à la baisse des prix du pétrole, mais ces conditions ont été créées bien avant son ascension à la présidence.

3. Le Venezuela après Chavez

Avec la mort de Chavez en 2013, et en l’absence d’autre leader de la même carrure dans le PSUV, le «choix» porta sur Maduro, d’une part, étant donné sa position de position de vice-président depuis octobre 2012 et, d’autre part, à cause de ses liens politiques à l’échelle nationale et internationale. Cela pour prendre la tête d’un amalgame complexe de tendances et de mouvements qui convergent dans l’alliance chaviste. Mais son ascension au pouvoir a coïncidé avec la diminution de la rente pétrolière. Celle-ci représentait près de 95% des revenus d’exportations, 60% de ses rentrées budgétaires et 12% de son PIB. En suivant cette pente, en 2015, les revenus issus de l’exportation de pétrole brut étaient tombés de 40%, et en 2016 la dette extérieure augmentait de plus de 350% par rapport à 1998 (9).

L’effet dévastateur de cette contraction économique fait que le gouvernement peut très difficilement maintenir les programmes de redistribution sociale et par conséquent aussi le consensus au sein de l’alliance dominante. A cela s’ajoute le renforcement des traits autoritaires du régime politique, aussi bien ceux hérités du processus bolivarien dans son ensemble que ceux liés à l’incapacité politique du nouveau président. Il faut surtout souligner la destruction du tissu social que l’hégémonie chaviste avait stabilisé. En effet, la crise économique et politique a aggravé la faille d’origine du chavisme, qui consistait en une mauvaise compréhension de l’organisation sociale de base sur laquelle s’est fondé ce mouvement considéré comme étant autogéré et autonome, alors qu’en réalité ce mouvement était plutôt le produit de politiques publiques menées par l’Etat vénézuélien (10).

Au sein du PSUV et du mouvement chaviste, cette faille s’est exprimée dans une culture politique qui, depuis l’époque de Chavez, a peu à peu supprimé le débat critique au sein des rangs du parti, ce qui avait été en partie un trait lors de sa fondation (11). Par ailleurs, une des tendances de ces dernières années est l’augmentation de la militarisation de l’Etat et du gouvernement. Il est possible que cela soit dû au fait que Maduro, n’ayant pas de lien organique avec les Forces armées, a incorporé davantage de ses membres à des postes de pouvoir pour s’assurer leur loyauté. C’est ainsi qu’aujourd’hui un tiers des ministres (12 sur 31) et des gouverneurs (13 sur 20) sont des militaires, et beaucoup d’autres se trouvent dans des positions clés de l’économie, où, le manque de contrôles démocratiques crée des conditions favorisant la prolifération de la corruption, surtout dans les domaines comme la répartition des devises, le contrôle des ports [importations de biens de consommation, pour l’essentiel devant être achetés sur les marchés internationaux] ou la distribution d’aliments (12).

Outre la corruption, vieux problème vénézuélien qui est antérieur à l’expérience chaviste, la crise met en évidence les effets négatifs liés au régime rentier pétrolier (extractiviste) qui régit l’économie. Par exemple, dans le secteur énergétique, le manque d’investissements a provoqué des coupes et des restrictions dans la fourniture d’électricité et a fait sombrer le pays dans une pénurie de gaz naturel et de ses dérivés, alors même que celui-ci possède une des plus importantes réserves reconnues de gaz conventionnel à l’échelle mondiale. Pire, le gouvernement s’est déclaré intéressé à utiliser les techniques de perforation horizontale et de fracking, qui se sont avérées dommageables pour l’environnement et pour la santé, cela dans le but de commercer l’exploitation de gaz dans le bassin du lac Maracaibo (13). Ce sont ces techniques qui, paradoxalement, ont permis aux Etats-Unis d’obtenir une relative autonomie énergétique, entraînant un déséquilibre dans le marché mondial du pétrole, ce qui a contribué à faire chuter les prix globaux et a nui au Venezuela (14).

En outre, la crise approfondit la pénétration du capital transnational, comme le montre la création de la Nouvelle zone de développement stratégique nationale «Arco minero del Orinoco», qui ouvrira presque 112’000 kilomètres carrés à la grande industrie minière locale et étrangère sous la supervision des Forces armées (15).

Manifestation contre Nicolas Maduro à San Cristobal, dans l’Etat de Tachira, le 20 mai 2017

Consciente de la faiblesse de Maduro, la même opposition qui avait affronté Chavez s’est renforcée et a repris vigueur suite à la légitimité perdue sous l’effet du coup d’Etat de 2002. Rassemblée au sein de la Mesa de Unidad Democratica (MUD), elle réunit des groupes qui vont de la gauche modérée à l’extrême droite putschiste, chacun ayant son programme propre. A cause de leur poids majoritaire dans l’Assemblée nationale [élue en décembre 2015], les organisations qui dirigent la MUD sont Primero Justicia (PJ) et Voluntad Popular (VP) (16) aux côtés de l’ancien parti AD (Alliance démocratique). Parmi les membres de PJ se trouvent l’ex-candidat présidentiel Henrique Capriles et Julio Borges, l’actuel président du Parlement, archétypes de la génération politique qui, avec la montée du chavisme, n’ont pas pu effectuer leur passage logique à la politique puntofijista après avoir été éduqués à l’étranger et avoir appartenu au COPEI. VP, dirigée par Leopoldo Lopez, appelle à la mobilisation de rue, avec un degré élevé de violence, en refusant d’accepter la légitimité du gouvernement et faisant campagne pour une intervention étrangère contre le Venezuela de Maduro (17).

Bien qu’elle ait existé, l’orientation de l’opposition prônant le dialogue n’a duré que jusqu’à la publication des résultats de l’élection présidentielle de 2013. En effet, depuis l’intenable accusation de fraude électorale de la part de Capriles (18), appel qui a entraîné 11 morts, la radicalisation de l’opposition a donné lieu à des faits brutaux comme ceux qui se sont passés lors des manifestations d’étudiants de février 2014, lorsque Lopez et son parti, aux côtés de la parlementaire Maria Corina Machado et du maire de Caracas, Antonio Ledezma, ont soutenu une mobilisaton qui a fait 47 morts et durant laquelle on a vu l’installation de fils de fer tendus dans les rues pour décapiter les motocyclistes pro-gouvernementaux. L’appel à faire tomber le gouvernement a fait que Lopez et Ledezma ont été condamnés à des peines de prison. Cependant, une offensive internationale dirigée par l’ex président espagnol José Maria Aznar et d’autres ex-mandataires ibéro-américains, avec le soutien du secrétaire général de l’OEA, Luis Almagro [d’origine uruguayenne], les a transformés – malgré leurs antécédents putschistes – en «martyrs» de la défense de la démocratie et des droits humains.

Le grand problème de l’opposition est le manque d’un projet commun et alternatif au chavisme. Cela est apparu clairement suite à la «super majorité» parlementaire qu’elle a obtenue en décembre 2015 (20). Sa politique ne s’est centrée que sur le démantèlement de tout ce qui avait été fait précédemment et sur la stratégie la plus adéquate pour renverser Maduro, en négligeant la recherche de mesures concrètes pour affronter la criminalité et l’insécurité [ces phénomènes sont très marqués, depuis longtemps, entre autres dans la périphérie de la capitale Caracas; le «Gran Caracas» compte quelque 4,5 millions d’habitants] ou pour soulager la crise économique. Les rares propositions programmatiques à son actif vont dans le sens d’une croissance de la rente pétrolière, la libéralisation économique et «l’aide» que pourrait offrir le FMI [face à la dette publique], ce qui est peu attractif pour la société vénézuélienne, car beaucoup de fractions populaires pensent que si l’opposition arrivait au pouvoir, ces mesures leur feraient perdre encore davantage que ce qu’elles ont déjà perdu (21). Ces propositions vont enfin dans le sens d’une réarticulation du pacte élitaire qui a dominé toute l’histoire vénézuélienne. En s’insurgeant contre le régime qui les exclut de la politique distributive étatique ou qui limite sa participation à la distribution de la rente pétrolière, cette opposition cherche à déstabiliser cet Etat par la force.

Mais dernièrement, la crise humanitaire provoquée par la détérioration socio-économique grave du pays a permis à l’opposition d’instrumentaliser en sa faveur la mobilisation populaire de l’ouest de Caracas, bastion du chavisme, ouvrant ainsi une brèche dans l’indiscutable enracinement populaire bolivarien. L’opposition appelle à créer un couloir humanitaire [terme utilisé par analogie avec les couloirs humanitaires demandés par des ONG pour des villes assiégées] afin de résoudre le manque de produits et de médicaments. Mais elle se mobilise surtout sur des revendications politiques telles que la libération des prisonniers politiques ou le référendum révocatoire contre Maduro. En même temps le peuple, qui se réfère en majorité au chavisme d’origine, se mobilise contre les autorités poussé par la faim, par la pénurie de médicaments et de produits de base ainsi que suite à l’explosion de la violence et de l’insécurité généralisées [liée à la paupérisation et à la crise des institutions et du régime] (22).

La crise de la distribution sous «contrôle» militaire

Le système de contrôle des devises et des prix imposé en 2002-2003 pour faire face au sabotage économique de l’opposition est devenu dysfonctionnel lorsqu’il a permis la spéculation par les secteurs qui contrôlent les devises. Le manque chronique de dollars a sapé toute capacité économique, surtout dans le secteur de l’importation. Par conséquent ce sont les groupes populaires qui dépendent des produits importés par le gouvernement et qu’il vend à des prix contrôlés qui sont les plus touchés [car ces produits sont rares]. Cette situation a entraîné une croissance du marché noir. Le manque d’une stratégie d’approvisionnement et de distribution – une autre tare du développement bolivarien – y a également contribué (23). Outre ces graves problèmes de pénurie, les dernières données économiques diffusées par l’Institut national de statistique (INE) vénézuélien et par la Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL) indiquent pour décembre 2015 une inflation générale de 180,9% et une inflation du prix des aliments de 218% (24). Dans ce contexte, la dénutrition augmente, pour la première fois à cause de la faim et non pas des maladies, la population a perdu en moyenne 8 kg par personne, alors qu’augmentent ceux qui indiquent qu’ils ne mangent que deux fois par jour, ou moins (25).

Après avoir scellé définitivement son accord avec les secteurs populaires au début des années 2000, les politiques sociales chavistes ont entraîné une diminution pratiquement ininterrompue de la pauvreté et de l’indigence. Celles-ci atteignaient leur niveau le plus bas en 2012, lorsque la pauvreté était estimée à 25,4% de la population et l’indigence à 7,1% (26). Mais, entre 2014 et 2016, le pourcentage de foyers pauvres monte en flèche, passant de 48,4% à 81,8%; 51,5% des foyers se trouvant dans une situation de pauvreté extrême (27). Cela démontre l’importance qu’a eue la redistribution sociale de la rente pétrolière, tout en étant en même temps le talon d’Achille du système.

La crise politique s’est accentuée depuis avril 2017, alors que les traits autoritaires se sont exacerbés avec Maduro, au point de contourner la Constitution de 1999, cela avec l’assentiment du Conseil national électoral (CNE) et, initialement, du Tribunal suprême de justice (TSJ) (28).

Diosdado Cabello épaule Nicolas Maduro

Il faut ajouter à cela l’augmentation de la radicalité des affrontements entre les forces de choc de l’opposition et celles du gouvernement. Ce qui est le plus marquant du point de vue politique est à quel point cette situation approfondit la division au sein du chavisme. Au début du mandat de Maduro la tension se manifestait entre, d’une part, une faction civile chargée d’importants ministères tels que celui de l’Agriculture et des Terres et celui de l’Energie et du Pétrole et, d’autre part, une faction militaire, composée d’éléments actifs et retraités, dont plusieurs compagnons de Chavez depuis l’émeute de 1992, et qui dirigeaient des secteurs nationaux stratégiques. Ces derniers contrôlaient l’Assemblée nationale et le PSUV en la personne de Diosdado Cabello (29). Mais aujourd’hui cette division, faussant la polarité initiale, s’élargit vers de nouvelles franges civiles et militaires.

En ce qui concerne les militaires, le «commando F4» gagne en importance. Ce groupe, dirigé par d’ex-compagnons d’armes de Chavez, reproche à Maduro son éloignement de tout projet révolutionnaire, socialiste ou bolivarien, tout en soulignant la précarité économique qui affecte la troupe professionnelle et les familles des militaires (30). De son côté, la dissidence de gauche du chavisme – dont le noyau est Marea Socialista, un collectif de politiciens et d’intellectuels chavistes critiques dont l’existence précède la crise actuelle – gagne de nouveaux appuis, y compris des ex-ministres de Chavez et de Maduro, des dirigeants politiques, sociaux et universitaires qui critiquent la «rupture des lignes de force constitutionnelles» et l’état de polarisation et de violence qui affectent le pays (31).

Les deux groupes misent sur l’ouverture d’un dialogue politique et social pour permettre un consensus national. Mais pour l’opposition de gauche, il s’agit d’alerter sur le fait que le tournant anti-démocratique pris par Maduro, qui vient s’ajouter à celui de l’opposition et qui a mis à mal le fragile régime institutionnel vénézuélien, pourrait ouvrir la porte à l’intervention étrangère. Mais cette alternative de gauche est quoi qu’il en soit peu développée et, en réalité, elle n’a pas la capacité suffisante pour diriger le processus de transition. L’orientation qu’adopte ce processus continue plutôt à être entre les mains des militaires, dont le soutien à Maduro explique en bonne partie son maintien au pouvoir.

Ce qui est en jeu après la mort de Chavez est plus que le processus de démocratisation du Venezuela, une question qui pourrait concerner la majorité des pays latino-américains. En jeu est la possibilité que se développe en Amérique latine un capitalisme national et populaire dans le cadre d’une économie internationale de tendance néolibérale. Cependant, aujourd’hui la position immédiate que devraient défendre les forces de gauche dans la région est de veiller à l’autonomie populaire dans la résolution de cette crise, en évitant toute dérive vers un nouveau pacte élitaire, qui pourrait y compris être décidé depuis l’extérieur des frontières vénézuéliennes.

4. Critique et internationalisme face à la crise vénézuélienne

Le processus vénézuélien reste très ouvert. En grande partie parce qu’il n’y a pas eu [pour l’instant] de brèche importante au sein des Forces armées. Néanmoins les conditions de vie dramatiques que connaît quotidiennement le peuple pourraient accélérer le cours des évènements. Suivant quelles fractions du chavisme et/ou de l’opposition finiront pas s’imposer (ou par conclure un accord), le cours historique de Venezuela pourrait prendre une orientation imprévisible. Mais plutôt que de chercher à prédire ce que l’avenir réserve au Venezuela, nous tenons à réaffirmer quelques réflexions sur la crise du chavisme et – qu’on le veuille ou non – ce qu’héritent de cette expérience les efforts de ceux qui visent à une transformation anti-néolibérale et cherchent la faire émerger sous différentes latitudes de la planète.

D’abord, quelle que soit l’attractivité des bénéfices que procure l’exploitation des ressources naturelles pour étendre la «démocratie sociale», y compris lorsque ces bénéfices sont monopolisés par l’Etat, ce moyen impose des limites aux projets politiques de transformation. En effet, ils génèrent une extrême dépendance par rapport aux cycles économiques internationaux [prix des commodities], ils produisent des crises socio-environementales dans les territoires exploités et entraînent en général une dépression d’autres secteurs productifs (le dit «syndrome hollandais» qui résulte d’une surexploitation des ressources naturelles et conjointement produit le déclin de l’industrie manufacturière). Il est évident que de telles critiques doivent être compatibles avec les revendications légitimes de redistribution des secteurs populaires, qui sont justement ceux qui alimentent ces expériences.

Deuxièmement, il a été démontré une fois de plus qu’il ne suffit pas de «prendre l’Etat» pour avancer dans la transformation de la société capitaliste, même si c’est avec les outils de la démocratie libérale. La tragédie que vit le Venezuela nous renvoie de nouveau aux limites historiques des gauches au pouvoir au cours du XXe siècle qui, de manière répétée, ont réduit le problème du socialisme à l’étatisme, alors qu’il s’agit au contraire de socialiser de manière permanente le pouvoir et de démocratiser de manière croissante la vie sociale.

Troisièmement il faut noter que la crise au Venezuela aura un impact énorme pour la gauche latino-américaine. Une défaite entraînerait la délégitimation de certaines bonnes idées que le chavisme a tenté de développer, et permettrait une prédominance accrue de l’influence états-unienne dans la région, cette fois par le biais de la Colombie, où les Etats-Unis disposent de bases militaires importantes. D’autant que le Brésil est également traversé par une crise politique aiguë.

Nous ne savons pas comment va se terminer cette crise vénézuélienne. Mais quelle qu’en soit l’issue nous devrons porter la lourde charge de son héritage. Nous devrons l’expliquer, apprendre de ses réussites et de ses erreurs. Mais la gauche ne pourra en tout cas pas l’ignorer, même si cela entraîne des coûts politiques (ou électoraux) importants. Au minimum nous devons sortir de ce silence intéressé, défendre le fait que notre critique à l’égard du Venezuela est destinée à radicaliser ses réussites et à ne pas les inverser, apprendre de ses erreurs, mais aussi contrer les termes qu’essaient de nous imposer la réaction et le progressisme néolibéral dont les orientations ont été les principales responsables des conditions de vie très pauvres que connaissent les peuples latino-américains, jour après jour.

Dans l’immédiat, la solidarité de la gauche latino-américaine avec le peuple vénézuélien doit s’appuyer sur son engagement critique en faveur d’une solution anti-néolibérale et démocratique de la crise, poussant pour que les forces qui représentent cette orientation s’imposent. Avec la même détermination il faudra affronter le caractère putschiste, élitaire et néolibéral que représentent les actuels agissements de l’opposition. En fin de compte, la constitution d’une gauche radicale passe aussi par le fait de récupérer l’internationalisme critique et solidaire qui a caractérisé la tradition révolutionnaire de notre Amérique latine. (Article publié le 29 juin 2017, traduction A l’Encontre)

____

Giorgio Boccardo enseigne à l’Université du Chili dans le master «Les études latino-américaines». Sebastian Caviedes est chercheur à la Fondation Nodo XXI, enseignant à l’Univerité du Chili

Notes

1/ Le Pacte de Puntofiho a été conclu en 1958 entre les trois grands partis vénézuéliens. Comme expliqué dans l’article, il va se prolonger jusqu’aux années 1980. Voir Becerra, M. (2001). El colapso del sistema de partidos en Venezuela: explicación de una muerte anunciada. En Maingón, T., Carrasquero, J., y Welsch, F. (Eds.). Venezuela en transición: elecciones y democracia, 1998-2000. Caracas: RedPol, pp. 36-51.

2/ Lander, E. (2007). Venezuela: logros y tensiones en los primeros ocho años del proceso de cambio. Gobiernos de izquierda en América Latina. Un balance político. Bogotá: Aurora, pp. 39-76.

3/ Ruíz, C., y Boccardo, G. (2015). ¿América Latina ante una nueva encrucijada? Anuario del conflicto social.

4/ Chávez, H. (1996). Agenda Alternativa Bolivariana: Una propuesta patriótica para salir del laberinto. Caracas. Recuperado de: http://minci.gob.ve/2014/03/libro-rojo/

5/ Boué, J. C. (2002). Internacionalización de PDVSA: ¿Triunfo estratégico o desastre fiscal? Revista Venezolana de Economía y Ciencias Sociales, 8(2), pp. 237-282.

6/ Maya, M. L. (2003). Venezuela en la encrucijada. Revista OSAL, (9), pp. 55-60.

7/ Lander, E. (2007). Op. cit.

8/ Maya, M. L. (2008). Venezuela: Hugo Chávez y el bolivarianismo. Revista Venezolana de Economía y Ciencias Sociales, 14(3), pp. 55-82.

9/ Cepal. (2016). Anuario Estadístico de América Latina y el Caribe. Santiago: ONU. Mientras en 2013 el precio promedio del crudo era de US$100, en febrero de 2016 cae a su punto más bajo al costar US$24,25.

10/ Lander, E. (2016, 12 de julio). «La implosión de la Venezuela rentista». Aporrea.org.

11/ Buxton, J. (2016, julio-agosto). «Venezuela después de Chávez. Entrevista». New Left Review (99), pp. 7-29.

12/ Lander, E. (2016). Op. cit.

13/ , J. (2014, 19 de junio). «El peligroso fracking en Venezuela». Aporrea.org.

14/ Telesur. (2015, 22 de octubre). «El fracking desequilibró el mercado petrolero mundial». Telesurtv.net

15/ AVN. (2016, 27 de febrero). «Plan del Arco del Orinoco contempla industrializar potencial minero nacional».

16/ Son las que vehiculizan más recursos económicos, especialmente del financiamiento que Estados Unidos le viene otorgando a la oposición desde 2002, a través de agencias como Usaid y la NED. Núñez, E. (2014, 5 de abril). «Usaid: ¿agencia de desarrollo o de operaciones encubiertas?» BBC Mundo.

17/ Lewit, A. y Brito, G. (2016). «Radiografía de la MUD: análisis sobre la oposición venezolana». Celag.org

18/ Se apuntó a la avería de 535 máquinas del sistema electrónico de votación nacional. No obstante, aun cuando sea cierta esta situación, se trata de una cantidad de votos marginal respecto al total de sufragios. Ver Rosnick, D. y Weisbrot, M. (2013, mayo). A statistical note on the April 14 Venezuelan Presidential Election and audit of results. Center for Economic and Policy Research (CEPR).

19/ Ver la “Declaración de Panamá” de 2015. Público. (2015, 9 de abril). Felipe González se alía con Aznar para atacar al gobierno de Venezuela. Público.es.

20/ Su desproporción visibilizó el fracaso del PSUV al abordar los problemas del marco electoral. El frente opositor obtuvo el 56% de los votos, mientras que el PSUV y su Gran Polo Patriótico el 41%. Sin embargo, habiendo 164 escaños en juego, 113 fueron adjudicados de acuerdo con un sistema mayoritario y los restantes 51 en razón de un sistema de lista. La súper mayoría de la MUD dependía del apoyo de tres miembros que procedían de comunidades indígenas. Pero esta se acabó cuando se descubrió que ellos estaban implicados en un fraude electoral, junto a un miembro del PSUV, siendo los cuatro inhabilitados. Ver Buxton, Op. cit.

21/ Pardo, D. (2017, 5 de mayo). «‘Si esta es una dictadura, es la más feliz del mundo’: ¿qué piensan y cómo ven los chavistas convencidos la crisis de Venezuela?» BBC Mundo.

22/ Pardo, D., Op. cit. La confusión y la propaganda están a la orden del día en este punto. Recordada es la visible naturaleza de clase con que se inician las protestas contra Maduro, a poco de la muerte de Chávez, concentradas en las zonas más acomodadas de Caracas, donde personas exhibían sus camionetas último modelo y sus ropas de US$300. Weisbrot, M. (2014, 20 de marzo). «The truth about Venezuela: a revolt of the well-off, not a ‘terror campaign’». The Guardian.

23/ Buxton, J. Op. cit.

24/ Estos datos, ciertamente, son subestimaciones que hoy, además, se han acrecentado. Ver Cepal. (2016). Panorama social de América Latina y el Caribe, 2015. Santiago: ONU.

25/ Esto, según el acceso a una “canasta normativa de alimentos”. Ver UCV-UCB-USB. (2017, febrero). Encuesta de Condiciones de Vida en Venezuela (Encovi), 2016. Caracas: Fundación Bengoa.

26/ Cepal. (2016). Op. cit.

27/ UCV-UCB-USB. Op. cit.

28/ Este giro se expresa, sucesivamente, en: desconocer a la Asamblea Nacional de mayoría opositora (sobrepasada reiteradamente por las decisiones del TSJ); bloquear y postergar el referéndum revocatorio para el que la oposición había cumplido con todos los requisitos constitucionales; postergar la realización de las elecciones a gobernador de 2016; y convocar a una Asamblea Constituyente, saltándose el requisito previo del plebiscito, pasando a llevar una disposición que el propio Chávez respeto en su momento.

29/ BBC Mundo. (2012, 11 de diciembre). «Un mapa del chavismo: socialistas y militares.» BBC Mundo.

30/ Santacecilia, M. (2016, 30 de mayo). «¿Quiénes son las ovejas negras del chavismo?» Deutsche Welle.

31/ Aporrea. (2017, 25 de mayo). «Sectores fuera de la polarización hacen llamado a detener escalada de violencia». Aporrea.org.

Source : A l’encontre, Giorgio Boccardo, Sebastian Caviedes, 07-07-2017

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici, ; nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

32 réponses à Venezuela. Une crise d’une importance capitale pour la gauche latino-américaine, par Giorgio Boccardo et Sebastian Caviedes

Commentaires recommandés

Fritz Le 06 août 2017 à 06h35

Analyse instructive, étayée, mais qui peut rebuter certains lecteurs par son aspect “campiste” (la gauche est notre camp), comme le montre cette phrase de conclusion : “Dans l’immédiat, la solidarité de la gauche latino-américaine avec le peuple vénézuélien doit s’appuyer sur son engagement critique en faveur d’une solution anti-néolibérale et démocratique de la crise”.

Mais les deux universitaires chiliens ne sont pas seulement des doctrinaires. Ils mettent l’accent sur les faiblesses du chavisme : étatisation plus que socialisation, verticalité plus que démocratie politique, rôle de l’armée accentué par le civil Nicolás Maduro. En soulignant la dépendance au pétrole qui rend le Venezuela si vulnérable, ils incitent à poser la question : la chute des cours organisée en 2014 par les États-Unis et l’Arabie saoudite était-elle destinée à ruiner “seulement” la Russie ?

  1. Fritz Le 06 août 2017 à 06h35
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    Analyse instructive, étayée, mais qui peut rebuter certains lecteurs par son aspect “campiste” (la gauche est notre camp), comme le montre cette phrase de conclusion : “Dans l’immédiat, la solidarité de la gauche latino-américaine avec le peuple vénézuélien doit s’appuyer sur son engagement critique en faveur d’une solution anti-néolibérale et démocratique de la crise”.

    Mais les deux universitaires chiliens ne sont pas seulement des doctrinaires. Ils mettent l’accent sur les faiblesses du chavisme : étatisation plus que socialisation, verticalité plus que démocratie politique, rôle de l’armée accentué par le civil Nicolás Maduro. En soulignant la dépendance au pétrole qui rend le Venezuela si vulnérable, ils incitent à poser la question : la chute des cours organisée en 2014 par les États-Unis et l’Arabie saoudite était-elle destinée à ruiner “seulement” la Russie ?


    • Sandrine Le 06 août 2017 à 13h17
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      “La chute des cours organisée en2014”
      Vous auriez pu rajouter la tentative de sabotage économique organisée par l’opposition que le texte mentionne. Ainsi que que l’égoïsme à cours terme de ceux qui spéculent sur le système d’approvisionnement.
      Est-ce que , dans ces conditions l’équipe Maduro qui n’a pas su trouver à temps la parade contre tous ces bâtons qui sont mis dans les roues du pays peut être jugée incompétente pour autant?


    • Fritz Le 06 août 2017 à 14h33
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      Certes, mais j’ai évoqué cette donnée importante avant-hier (commentaire à “Propagande de guerre au Venezuela”) : « “Comme en Syrie, le pays est livre aux factions pendant que le peuple court après la nourriture et les médicaments” : et qui a organisé cette pénurie ? Oui ou non, les circuits de distribution ont-ils été sabotés ? »


      • Sandrine Le 06 août 2017 à 17h51
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        ?? ? Et donc la réponse c’est quoi???
        Le sabotage explique-t-il la crise ou bien c’est le système gagiste qui est défaillant économiquement ?


        • Fritz Le 06 août 2017 à 18h30
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          Je n’ai pas été assez clair… Vous pouvez relire les commentaires du dossier du 4 août, à 8 h 39 et 9 h 08 :

          Juni Palacio : « Comme en Syrie, le pays est livré aux factions pendant que le peuple court après la nourriture et les médicaments. » (donc le système est défaillant)

          Fritz : « Et qui a organisé cette pénurie ? Oui ou non, les circuits de distribution ont-ils été sabotés ? » (et si le système était victime du sabotage des anti-Maduro ?)


          • Charles Le 06 août 2017 à 21h34
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            Le peuple est victime de deux clans de la bourgeoisie, représentés par la MUD et le MADuro, qui se servent de lui comme chair à canon de fusil et à cocktail molotov dans leur lutte pour la rente pétrolière. Dans ce contexte, seule la gauche indépendante offre une sortie qui ne soit pas la guerre civile se terminant pas les bombardement US comme au Panama et ailleurs dans monde.
            A lire et faire circuler:

            La vraie gauche vénézuélienne
            https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/060817/la-vraie-gauche-venezuelienne

            A ce jour, la gauche critique s’est exprimée par des déclarations et de petits rassemblements. En sortant sur le terrain politique de la lutte dans la rue, les batailles électorales ou syndicales, elle peut offrir une alternative aux soutiens de Chavez qui aujourd’hui dénoncent le régime corrompu. C’est la seule issue pour éviter le pire dont la guerre civile, l’invasion US et/ou le fascisme.


    • Charles Le 06 août 2017 à 17h45
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      Merci Olivier. Il est temps de ne pas se contenter de la propagande des deux secteurs maffieux en lutte, MUD et MADuro. Ecoutons enfinla gauche vénézuélienne qui n’a pas été achetée par le pétrole

      Stalin Pérez: le gros de l’opposition va chercher maintenant un accord avec Maduro https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/040817/stalin-perez-le-gros-de-lopposition-va-chercher-maintenant-un-accord-avec-maduro
      Le dirigeant de LUCHAS (Liga Unitaria Chavista Socialista) et membre du conseil consultatif de la Central Bolivariana Socialista de los Trabajadores dit aussi, que pour survivre, le processus bolivarien doit démocratiser enfin les structures de pouvoir et dépasser les limites éconocomiques imposées, y compris en mettant fin à la corruption de la bolibourgeoisie.


  2. Araok Le 06 août 2017 à 08h55
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    Bonnes remarques de l’ami Fritz
    J’ajouterai qu’il n’est pas nécessaire d’invoquer le complot là où l’incompétence suffit largement à expliquer les difficultés.
    Mais la naïveté n’est pas de mise non plus.


  3. Juni palacio Le 06 août 2017 à 09h12
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    Merci Olivier d’avoir publie cet article qui explique clairement que les chavistes sont les premiers responsables de leur faillite et de celle du pays.
    On doit également s’interroger sur l’incapacité chronique d’une certaine gauche en France à considérer le réel comme une exigence


    • Fritz Le 06 août 2017 à 10h31
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      Juni Palacio doit s’interroger sur la capacité d’une certaine gauche sud-américaine à considérer le réel comme une exigence, comme le montre cet article qu’il apprécie.


    • charles-de Le 06 août 2017 à 17h15
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      Par parenthèses, je me suis toujours demandé ce que les militaires viennent faire à la tête de ministères ou de provinces. Serait-ce une manière de dire : “C’est moi le chef !”
      Je lis dans cet article qu’un TIERS DES MINISTRES sont des militaires, des généraux, je suppose. DANGEREUX ! Cela avait déjà coûté CHER à Allende, Maduro pourrait s’attendre aux mêmes résultats.
      Déjà en 1971, je citais Clémenceau : “On peut tout faire avec des baïonnetes, SAUF S’ASSEOIR DESSUS !” Mais Allende ne le savait pas. Et qui avait nommé Pinochet chef d’Etat-Major ?


      • Charles Le 06 août 2017 à 17h54
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        Allende, à la différence de la clique maffieuse de Maduro, était honnête et a combattu jusqu’à la mort. Alors que Maduro a des milliards à l’étranger, entre autres au nom de sa fille, qu’il s’apprête à bientôt rejoindre, si il n’arrive pas à négocier un nouveau partage du butin avec ses adversaires…Les négos secrètes sont en cours…
        Mais Allende n’avait pas pris conscience, comme tout bon réformiste, et la France n’est pas épargnée…que jamais, nulle part, la bourgeoisie n’a cédé le pouvoir devant les urnes.

        Continuons à donner la parole à la gauche, seul secteur non pourri au Venezuela:

        La sortie et l’alternative se trouvent «en bas»
        https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/050817/venezuela-la-sortie-et-l-alternative-se-trouvent-en-bas
        Le message commun, dès le printemps dernier, des organisations et mouvements de la gauche: pour mettre fin à l’embrigadement du peuple dans la guerre entre les deux secteurs de la bourgeoisie, MUD et MADuro, il faut consolider un mouvement éthico-social ample qui exprime les véritables aspirations et les besoins des vénézuéliens, sans dirigeants ni corrompus.


        • Owen Le 06 août 2017 à 19h21
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          “Alors que Maduro a des milliards à l’étranger,” :
          chouette ! Qui vous l’a dit ?

          “entre autres au nom de sa fille,”:
          il n’a pas de fille, on fait comment ?

          ” qu’il s’apprête à bientôt rejoindre”: bon, j’arrête…

          Il y a peut-être de la corruption, mais précisez, sourcez… N’étalez pas n’importe quoi, n’importe comment, on n’a pas besoin de cela ici.

          Et ne confondez pas opinion et hystérie, ça fatigue.


          • Charles Le 06 août 2017 à 22h03
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            Je pensais que les personnes intéressées par le Vénézuela étaient au courant. Sur les deux premiers points

            Vous avez raison. Lapsus chaviste…. Il s’agit bien sûr de la fille de Chavez, l’ainée, Maria Gabriela Chavez, la femme la plus riche du Venezuela, d’après le classement Forbes. L’essentiel de sa fortune, dit-on à Caracas, se trouverait aux Etats-Unis et à Andorre. Précisons que Maduro a des hommes de paille plus discrets et qu’il y a aussi des hommes plus riches qu’elle, notamment Carlos Andrès Perez, dit CAP, nourri lui aussi au pétrole comme président et patron de Action Démocratisa, formation clé de l’IS pendant longtemps…que l’on retrouve dans la MUD.

            Par ailleurs, le Parlement vénézuélien enquête sur 89 cas présumés de corruption de membres ou d’ex-membres du gouvernement portant sur un total de 69 milliards de dollars, a annoncé jeudi un député de l’opposition. Les investigations concernent entre autres l’entreprise pétrolière nationale PDVSA qui, selon les chiffres cités par le député Freddy Guevara, a subi des détournements dont le total s’élève à au moins 7 milliards de dollars.


          • Charles Le 06 août 2017 à 22h04
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            Quant au dernier point: je confirme. Maduro et la MUD, à moins d’un soulèvement populaire contre ces deux maffias, ne finira pas les armes à la main. Personne à Caracas ne ferait la comparaison avec Allende. Il négocie en coulisse avec la MUD, et si ces derniers sont trop gourmands, il ira profiter ailleurs de ses dollars. voir ici; https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/040817/stalin-perez-le-gros-de-lopposition-va-chercher-maintenant-un-accord-avec-maduro

            Conséquence directe de la guerre entre les deux maffias: le Vénézuela connait la pire érosion de PIB qu’un pays en paix ait sans doute subi depuis 1945 : -30 % de PIB en 4 ans.

            Pas beaucoup de temps ce soir. Mais j’y reviendrai. Les langues se délient enfin parmi les anciens chavistes.


          • Charles Le 06 août 2017 à 22h27
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            Un complément d’information. Le nababs chavistes du Ministère des Finances, de la Banque Centrale et quelques autres institutions se sont enrichis à coup de milliard pendant 10 ans avec le fameux “négoce des obligations”, en usant du marché noir des changes. Voir détails ici:http://alencontre.org/ameriques/amelat/venezuela/venezuela-le-chavisme-et-les-negoces-financiers-la-bolibourgeoisie-a-loeuvre.html


          • Charles Le 06 août 2017 à 22h31
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            Complément encore pour ceux qui n’ont pas eu le loisir de connaitre la “bolibourgeoisie”…
            Le cas Rafael Isea. Fondateur du Movement pour une Ve République créé avec Chavez fin des années 1990, vice-ministre des Finances, président de la Banque de Développement économique et social, et en 2008, ministre des Finances. En 2013, nommé président de la Banque de l’Alliance bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA). Deux mois plus tard, il démissionne et disparait. En septembre 2013, il réapparait à Washington comme témoin protégé de la DEA (Drug Enforcement Administration) de l’accusation contre des fonctionnaires chavistes. En 2015, on lui confisquait 3 maisons secondaires, 2 appartements, un local commercial, des véhicules, deux haciendas avec plus de mille têtes de bétail… entre autres. Il profite de ses dollars aux Etats-Unis…


          • Charles Le 06 août 2017 à 22h36
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            Au cas où il resterait le moindre doute…

            Alejandro Andrade, militaire lui-aussi, secrétaire particulier de Hugo Chávez, président du Bureau du trésor entre 2007 et 2010, président de la BANDES (Banco de Desarrollo Economico y Social de Venezuela), et vice-ministre de la gestion financière. En 2015, il apparut, aux côtés du ministre de l’économie et des finances, Rodolfo Marcos Torres, tous deux compromis dans le scandale Swissleaks (le fichier de comptes d’évasion fiscale et de blanchiment d’argent par la banque HSBC). Les deux y apparaissaient titulaires d’un compte de 12 milliards de dollars au nom de la Banque du Trésor et de la Trésorerie nationale du Venezuela. Andrade ne fut pas spécialement inquiété et il vit aujourd’hui en Floride, aux Etats-Unis. Prête nom parfais.

            Tóbias Nóbrega, autre chaviste accusé de corruption, déchu administrativement en 201, vit très confortablement au Portugal…

            On comprend que la responsable de la justice, Luisa Ortega, ait fini par rompre avec cette maffia. Un peu tard, il est vrai.


            • Owen Le 07 août 2017 à 00h38
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              Merci de vos informations. Avec mes premières vérifications, ça tient.

              A moi de faire la part des choses, mais je comprends mieux le relatif insuccès des chavistes aux élections législatives de 2015 et l’amertume de Luisa Ortega.

              J’espère pour le pays qu’il trouvera sa solution, car personne de l’extérieur ne viendra pour les aider, au contraire.
              Pour l’instant, c’est la Constituante qui adopte la ligne dure en espérant sortir par le haut. On verra.


  4. Homère d'Allore Le 06 août 2017 à 09h32
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    L’article, au deuxième alinéa du 1/, signale “une longue crise économique et politique à la fin des années 70 due au déclin de la rente pétrolière”

    Or, la seconde partie des années 70 fut justement une période où le prix du pétrole s’est renchéri.

    Quelqu’ un pourrait il expliquer le paradoxe ou s’agit il d’un lapsus calimi ?


    • Manuel Le 06 août 2017 à 12h54
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      Merci pour cette précision. Je dois avouer que critiquer ce genre d’article me semble très difficile, car très étayé et très sourcé. Cela demande un gros effort de recherche et de recoupage. Malheureusement des articles de “droite” ou du Monde n’ont pas cette exigence de l’argumentation. Par contre j’aime la transparence de leurs intentions qui permettent de comprendre avec quelles grilles ils ont effectuées leur analyses.

      J’ose espèrer la même transparence en France.


    • charles-de Le 06 août 2017 à 16h03
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      Je me souviens des accords de Téhéran (shah à l’époque) et de Tripoli (déjà Kadhafi depuis fin 69) qui avaient augmenté en 1971 les prix du pétrole de 50%. La crise et l’embargo après la guerre du Kippour d’octobre 1973 ont abouti à un doublement du prix. Ce qui m’avait permis de dire : “La crise qui va s’ensuivre VA ETRE LONGUE.” On n’en est d’ailleurs toujours pas sortis et les péripéties s’aggravent même.
      Pour revenir à l’article, la citation parle de “la fin des années 70” et du “déclin …”. Il n’est donc pas exclu que les bonds du début de la décennie aient été suivis d’une baisse, au moins relative de la rente.


  5. Louis Robert Le 06 août 2017 à 10h29
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    L’Empire terroriste et prédateur continue d’entraîner dans sa chute tout ce qui en ce monde est le plus vulnérable. Sordide solidarité qui consiste à partager l’extrême souffrance de son effondrement avec tous les damnés de la terre.

    C’est ainsi que notre monde inhumain enfante nécessairement, dans l’insupportable douleur universelle, ce nouvel ordre mondial pour tous. Une fois les tours écroulées, l’enjeu demeure: survivre à l’interminable agonie du monstre. Déjà certains lendemains souriants fredonnent, qui chanteront.


  6. reneegate Le 06 août 2017 à 10h53
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    Incroyable! est ce bien le moment? La critique quand ça va mal? Ces gens là seront ils présents dans les moments historiques (Avril 2002 par exemple)?


  7. Sébastien Le 06 août 2017 à 11h28
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    L’auteur de cet article semble posséder une vision très occidentalo-centrée de la situation vénézuélienne. Ça commence mal.
    Pour ce monsieur, seul le système “démocratique” tel que nous le connaissons conviendrait au Vénézuela. On voit les merveilleux résultats au Moyen-Orient, en Afrique, et aussi en Amérique du Sud…Cette volonté d’uniformisation et de domination n’est pas très originale venant d’un universitaire. On a les mêmes en France…
    S’il regrette les erreurs et les dérives des gouvernements Chavez-maduro, c’est comme pour les autres, il fallait mettre les mains dans le cambouis. Mais bon, Université et cambouis ne vont vraiment pas ensemble. Face aux menaces Américaines de déstabilisation, il est évident qu’un système démocratique est complètement inadapté. Il faudrait que chacun joue le jeu selon les mêmes règles, ce qui n’est jamais arrivé de la part des Etats-Unis.
    Pour pouvoir se défendre efficacement, oui, il faut un pouvoir SUFFISAMENT autoritaire. C’est une évidence.


  8. wesson Le 06 août 2017 à 11h42
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    Je suis assez réservé sur cet article qui d’un coté est intéressant sur la perspective historique, mais d’un autre me parait léger quand à discerner ce qui se passe réellement dans le pays.

    J’ai l’impression que l’article focalise sur les problèmes internes au Venezuela tout en sous-estimant largement les effets des influences externes (USA) sur le processus.

    Je pourrais par exemple m’étendre longuement et dans le détail pour expliquer pourquoi par exemple on ne trouve plus de PQ au Venezuela alors que l’on trouve sans problème tout autre type de serviettes en papier, et ce que cela implique, mais je dépasserai la place.

    Il résulte de cela une impression globale de “défaitisme” de cet article, disant que oui finalement ça fonctionne pas, et que l’évolution en cours fait que ça marchera encore moins, avec en plus la perte du soutient populaire.

    Et je n’y crois pas, tout simplement déjà parce que la participation à ce vote a été une réelle surprise, qui a bel et bien laissé le MUD KO debout.

    Mais voilà déjà l’avertissement “trop long” qui arrive, donc j’arrête là.


  9. Bernard GRAPPERON Le 06 août 2017 à 13h08
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    @ Homère d’Allore
    En 1971 les USA ont atteint leur pic de production nationale de pétrole alors que leur consommation augmentait. Pour parer à une pénurie ils ont dù en importer d’énormes quantités, ce qui a mis fin à leur “rente” (avant de faire ultérieurement de nouvelles découvertes : Alaska, golfe du Mexique). De plus l’augmentation décidée du prix du baril a provoqué une crise économique (et l’augmentation du chômage) dans beaucoup de pays.
    Pour le Vénézuela, s’il a pu bénéficier du renchérissement du prix du baril, ce bénéfice a été amplement anihilé par le renchérissement des denrées de base (nourriture) importées et les différents trafics liés à la corruption endémique.

    C’est comme cela que je comprend la phrase. Ai-je été correct ? Veuilllez me rectifier si je me suis trompé.


  10. Renaud Le 06 août 2017 à 18h15
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    Il y a aussi le fait que, désormais, le pétrole et le gaz commencent à voir leur temps compté. C’est sans doute une question de décennies. C’est à dire que toutes les entités économiques et sociales doivent, en principe, ‘penser’ aux développements des énergies de substitution sur le long terme, quel qu’en soit le rythme..
    Des énergies de substitution qui vont, logiquement, rogner dans le monde le marché de l’énergie d’origine fossile.
    Quid des changements de la géostratégie induits par la baisse progressive, mais logiquement inéluctable, sur le long terme? L’énergie solaire est partout, l’hydrogène est partout (et toute la liste des énergies renouvelables) les technologies n’ont pas dit leur dernier mot, loin s’en faut.
    Pour quantités de régions, dont le Venezuela est un exemple marquant, c’est le moment ou jamais de faire baisser la proportion d’interdépendance économique, déblayant ainsi le chemin vers une libération aujourd’hui encore impensable!


    • eve apioc Le 07 août 2017 à 09h01
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      je suis d’accord avec Renaud; malheureusement le gouvernement choisi d’autre voies comme celui de l'”arc minier de l’Orénoque” où sur une surface de 112000kl2 l(état vient d’autoriser diverses multinationale à extraire l’or les diamants, le fer le coltan…elles ont obtenues des exonérations fiscales et des dérogations au code du travail….il semble qu’on choisit encore la politique de la rente en exploitant les ressource du sou-sol en sacrifiant certains acquis du chavisme


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