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4.janvier.20204.1.2020 // Les Crises

Y aura-t-il un printemps arabe 2.0 ? Par Paul R. Pillar

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Source : The National Interest, Paul R. Pillar, 21-11-2019

Les habitants du Moyen-Orient ne se considèrent pas comme des cases sur l’échiquier de quelqu’un d’autre, et les perturbations actuelles montrent que ce n’en sont pas.

Les troubles récents dans les pays arabes ne sont pas encore aussi graves que ceux qui ont suivi l’immolation d’un vendeur de fruits tunisien en signe de protestation il y a neuf ans, mais les observateurs parlent déjà d’un printemps arabe 2.0. Des troubles importants se sont manifestés dans les rues d’Irak et du Liban, ainsi que des manifestations moins retentissantes en Algérie, au Soudan, et ailleurs. Deux aspects frappants des protestations actuelles se distinguent et sont pertinents pour les politiques occidentales à l’égard de la région.

Le premier est que les sources de mécontentement sont essentiellement anciennes et familières, les mêmes qui ont sous-tendu le premier printemps arabe. Elles impliquent le désir humain fondamental d’une vie meilleure. En termes simples, la cible du mécontentement est l’incapacité des systèmes politiques existants à fournir des services et des débouchés économiques d’une manière équitable, non corrompue et efficace.

Cette source de mécontentement est partagée par de nombreuses personnes de différentes communautés et ayant des affinités politiques différentes. Les tensions ne se définissent pas particulièrement en termes d’idéologies spécifiques ou même d’identités religieuses et ethniques. La journaliste arabe Mina Al-Oraibi a observé que certains des troubles en Irak « mettent en évidence comment les provinces à majorité chiite n’ont pas tiré profit de partis politiques utilisant l’identité chiite pour gagner et conserver le pouvoir ». La compréhension des racines de l’agitation ne se trouve pas dans le manifeste de l’un ou l’autre parti, mais plutôt dans les lacunes sociales et économiques analysées dans la série d’études parrainées par les Nations Unies, dont la première a été publiée en 2002 et publiée sous le nom du Rapport arabe sur le développement humain.

L’autre attribut majeur du Printemps arabe 2.0 est qu’il diffère des perceptions américaines courantes des troubles au Moyen-Orient. Un thème dominant dans ces perceptions, promu par les néoconservateurs dont le contrôle de la politique dans l’administration de George W. Bush a culminé dans la guerre en Irak, a été la démocratie et le concept des Moyen-Orientaux réclamant de se libérer de souverains autoritaires. De nombreux Irakiens étaient certainement heureux d’être libérés d’une telle situation, mais à court terme, toute gratitude pour l’aide qu’ils ont reçue pour se libérer d’un tel joug a été contrebalancée par le ressentiment suscité par l’occupation étrangère, sentiment qui a influencé les politiques irakiennes depuis. Les occupants américains ont été moins souvent accueillis avec des fleurs et des bonbons qu’avec des révoltes.

À plus long terme, l’incapacité du gouvernement irakien formé par les États-Unis à offrir des services et des opportunités sans faire appel à la corruption a dominé le sentiment populaire et est à la base des troubles actuels. Il existe des parallèles avec la Russie post-soviétique, où toute réaction première de joie de se débarrasser du système soviétique a été éclipsé par le mécontentement face à la corruption et à l’insuffisance des services publics, ce qui a conduit certains à déplorer l’abandon dudit système.

Plus récemment, la tendance dominante aux États-Unis a été de considérer les pays du Moyen-Orient comme des cases sur un échiquier où les États-Unis se disputent l’influence avec des puissances rivales extérieures à la région, en particulier la Russie, ou intérieures, notamment l’Iran. Ce dernier rival, ainsi que l’idée d’un « croissant chiite » contrôlé par l’Iran, sert surtout d’explication universelle de l’administration américaine actuelle pour tout problème au Moyen-Orient. Mais les habitants du Moyen-Orient ne se considèrent pas comme des carrés sur l’échiquier de quelqu’un d’autre, et les désordres actuels montrent qu’ils ne le sont pas.

L’agitation au Liban est moins une confrontation d’une communauté confessionnelle contre une autre ou d’un groupe sectaire contre un autre qu’un rejet généralisé de l’ensemble du système politique confessionnel. Ce système repose sur le favoritisme confessionnel qui a rendu la politique rigide et insensible et l’incapacité de répondre aux nombreux besoins des Libanais et du Liban dans son ensemble.

Quelque chose de semblable est en train de se produire en Irak. Des slogans anti-iraniens ont été entonnés dans les protestations, mais cela ne reflète aucun désir d’une nouvelle confrontation entre l’Irak et l’Iran. Cela reflète plutôt comment l’Iran est l’entité étrangère qui est devenue le plus visiblement associée à un statu quo national méprisé. Comme le décrit Alissa Rubin dans le New York Times, « C’est avant tout une lutte entre ceux qui ont profité de l’invasion américaine pour renverser Saddam Hussein et ceux qui luttent pour s’en sortir et regardent avec rage les partis politiques, certains liés à l’Iran, distribuer des pots-de-vin aux personnes bien informées ». L’Iran ne reçoit pas beaucoup de fleurs et de bonbons ces jours-ci, malgré la gratitude des Irakiens pour ce qu’ils ont fait pour aider à vaincre l’État islamique en Irak.

Voici quelques implications politiques pour les États-Unis. Premièrement, si l’objectif est de rendre les pays du Moyen-Orient plus pacifiques et plus stables, il faut prêter attention aux besoins de développement humain de leur population. Oublions le jeu d’échecs.

Deuxièmement, si vous voulez avoir plus de présence dans ces pays que des rivaux comme la Russie ou l’Iran, alors faites attention à ce que vous souhaitez. Le sentiment anti-occupation sera fort, au point de l’emporter sur l’insatisfaction face à l’incapacité des autorités locales à répondre aux besoins humains. C’est pourquoi le nouveau printemps arabe ne s’est pas étendu à la Palestine, malgré l’inefficacité de l’Autorité palestinienne. Les Palestiniens réalisent que le fait le plus important et le plus oppressant de leur vie est l’occupation israélienne, et la plupart des Palestiniens réservent la plus grande partie de leur colère pour cet objectif.

Au-delà du ressentiment à l’égard de tout ce qui est perçu comme une occupation étrangère, une organisation du pouvoir économique et politique national inefficace et méprisant provoque du ressentiment contre toute puissance étrangère qui, pour une raison quelconque, en vient à être associée à cette administration. La position de l’Iran en Irak illustre ce point de façon frappante, et pas seulement à cause des faux pas de Téhéran. Malgré toute l’inquiétude exprimée dans la rhétorique américaine au sujet de l’influence iranienne dans des endroits comme l’Irak, cette influence – au-delà de l’objectif fondamental de sécurité de Téhéran d’empêcher un autre dictateur irakien de lancer une invasion de l’Iran, comme Saddam Hussein l’a fait en 1980 – n’a valu à l’Iran que beaucoup de slogans hostiles scandés par des Irakiens insatisfaits.

Paul R. Pillar est l’auteur de Why America Misunderstands the World et l’un des rédacteurs de la revue The National Interest.

Source : The National Interest, Paul R. Pillar, 21-11-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

LibEgaFra // 04.01.2020 à 06h50

« Premièrement, si l’objectif est de rendre les pays du Moyen-Orient plus pacifiques et plus stables, »

Je rêve doublement.

– Si, si, si… cela n’a JAMAIS été l’objectif. L’objectif a été comme révélé par Wesley Clark de semer le chaos afin de détruire tous les Etats hostiles à Israël, et de les diviser pour mieux régner.

– Pourquoi avoir traduit et publié un tel texte de propagande éhontée?

24 réactions et commentaires

  • LibEgaFra // 04.01.2020 à 06h27

    « où toute réaction première de joie de se débarrasser du système soviétique »

    Ou comment prendre son désir pour la réalité. Ce fut un coup d’Etat d’agents corrompus et la seule réaction de joie fut celle des futurs oligarques qui rapidement s’en sont mis plein les poches en mettant le pays en coupe réglée. Même Eltsine en démissionnant a présenté des excuses.

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    • LibEgaFra // 04.01.2020 à 06h40

      « cette influence (…) n’a valu à l’Iran que beaucoup de slogans hostiles scandés par des Irakiens insatisfaits. »

      Et pas un soutien massif comme lors du siège de la « zone verte »? Tellement hostiles que ce ne sont pas les Iraniens qui sont en train de quitter le pays la queue entre les jambes…

        +15

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      • LibEgaFra // 04.01.2020 à 06h50

        « Premièrement, si l’objectif est de rendre les pays du Moyen-Orient plus pacifiques et plus stables, »

        Je rêve doublement.

        – Si, si, si… cela n’a JAMAIS été l’objectif. L’objectif a été comme révélé par Wesley Clark de semer le chaos afin de détruire tous les Etats hostiles à Israël, et de les diviser pour mieux régner.

        – Pourquoi avoir traduit et publié un tel texte de propagande éhontée?

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    • RGT // 04.01.2020 à 10h53

      « éclipsé par le mécontentement face à la corruption et à l’insuffisance des services publics »…

      Je l’ai fortement ressenti en Hongrie et en République Tchèque (moine en Pologne mais j’y suis peu allé).
      Pourtant les hongrois et les tchèques avaient « mangé bon » sous l’époque soviétique.

      Désormais ils ressassent les « promesses de liberté » dont on les a abreuvés pendant toute la guerre froide et il ne faut surtout pas s’étonner si des dirigeants « populistes » sont élus dans ces pays.

      Lesdits dirigeants se confrontant à la « Divine UE » sous la pression des populations qui pourraient tout à fait faire une « chute du rideau de fer 2.0 » quand ils constatent que leurs pays se délitent sous les coups de butoir du « Saint Libéralisme » en laissant crever dans les rues des SDF, en supprimant les systèmes éducatifs (qui étaient excellents – sinon la population n’aurait pas autant intéressé l’Allemagne), en explosant le système de santé (qui avait le mérite d’exister) et en rognant les retraites et tout le reste pour que les profits « ruissellent » vers le haut en direction des actionnaires occidentaux qui ont mis la main sur ces pays sans bourse délier.

      Je n’aime PAS DU TOUT les systèmes marxistes mais il faut quand-même reconnaître que les populations ne crevaient pas de faim dans les rues, ce qui est quand-même l’OBLIGATION MINIMALE que tout état digne de ce nom devrait offrir à la population.

      De même, les « dictatures arabes » étaient loin d’être folichonnes mais au moins l’état offrait à la population le minimum vital.

      Plus je vieillis plus je suis convaincu que la « démocratie » est un terme de novlangue.

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  • Balthus // 04.01.2020 à 08h10

    Cette colère sociale est générale, et n’affecte pas seulement le Moyen-Orient. Lier les luttes populaires entre elles permettrait de sortir de particularismes socio-culturels n’expliquant que de façon superficielle ce droit à une vie digne. Le problème est bien celui d’un ordre économique qui ne bénéficie qu’à une minorité et dont le seul projet politique relève de l’obsession: l’accumulation de l’argent en dépit de toute rationalité et de toute compassion. La cause réelle des peuples souffrants doit être nommée, celle du capitalisme et de ses avatars (capitalisme diffus ou bureaucratique, libéralisme économique, concurrence non faussée, néo-libéralisme, traités européens et commerciaux, etc.). Ce que les peuples non occidentaux vivent, c’est l’impérialisme classique: la conquête de nouveaux marchés en dehors des frontières occidentales. Ce que le peuple européen et américain vit, c’est l’impérialisme intérieur: la conquête de nouveaux marchés qui consiste à privatiser et à détruire tout ce qui relève du bien commun. Dès lors les enjeux des « damnés de la terre » sont les mêmes, faire tomber cet ordre économique individualiste et nihiliste. En espérant que la troisième guerre mondiale soit sociale…

      +10

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  • Santerre // 04.01.2020 à 08h41

    Observatoire de l’anglo-centrisme du blog:
    Aujourd’hui 2/3. 66%
    Cumul an. 6/9. 66%
    Merci de respecter ce travail et de ne pas modérer ce post.

      +8

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    • Catalina // 04.01.2020 à 09h50

      Apparemment, il ne se passe absolument rien chez nous.
      🙁

        +6

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    • Barbe // 04.01.2020 à 10h13

      Macron étant l ami américain
      C’est 100%
      Aujourd’hui.

        +4

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  • Fritz // 04.01.2020 à 08h49

    A quoi bon traduire un texte périmé, rédigé dans le pays qui a pulvérisé l’Irak depuis 1990 ?
    Un pays qui a récidivé après l’assassinat du général Soleimani :
    https://www.francetvinfo.fr/monde/iran/mort-de-qassem-soleimani/irak-un-nouveau-raid-americain-cible-des-pro-iran-avant-les-funerailles-du-general-soleimani_3770811.html
    Et quelle est cette manie prétentieuse de dire « 2.0 » ?
    Pourquoi pas « la République 2.0 a été proclamée en 1848 », « le Reich 3.0 commence en 1933 », etc.

      +16

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    • Santerre // 04.01.2020 à 10h19

      Et l’auteur est un ex de la CIA. Délirant.

        +6

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      • Brigitte // 04.01.2020 à 11h34

        Extrait de Wiki, en anglais, ce qui va plaire aux anglomaniaques.
        Paul R. Pillar is an academic and veteran of the Central Intelligence Agency (CIA), serving from 1977 to 2005.[1] He is now a non-resident senior fellow at Georgetown University’s Center for Security Studies,[2] as well as a nonresident senior fellow in the Brookings Institution’s Center for 21st Century Security and Intelligence.[1] He is a contributor to The National Interest.
        The National Interest is an American international affairs magazine published by the Center for the National Interest. It was founded in 1985 by Irving Kristol and until 2001 was edited by Owen Harries.
        Irving Kristol was an American journalist who was dubbed the « godfather of neoconservatism ».[1][2] As a founder, editor, and contributor to various magazines, he played an influential role in the intellectual and political culture of the last half of the twentieth century.
        [modéré]

          +2

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  • Fritz // 04.01.2020 à 09h06

    Parmi les réactions à l’assassinat du général Soleimani, ce chef-d’œuvre d’hypocrisie signé Ulrike Demmer, porte-parole du gouvernement allemand :
    « L’action américaine était une réaction à une série de provocations militaires dont l’Iran est responsable […]. Nous regardons également avec une grande inquiétude les activités de l’Iran dans la région. Nous sommes face à une escalade dangereuse ».

    Par contraste, la réaction du Premier ministre irakien – c’est quand même le pays concerné :
    « L’assassinat d’un commandant militaire irakien qui occupe une position officielle est considérée comme une agression contre l’Irak […] et la liquidation de figures majeures de l’Irak ou d’un pays frère sur le territoire irakien est une atteinte massive à notre souveraineté ».

      +22

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    • Santerre // 04.01.2020 à 10h28

      Vous remarquerez la pudeur et la délicatesse des médias et chancelleries. Même Russe et Chinois. Pas un ne parle d’assassinat. Pas un pour condamner cet acte voyou indigne d’un état. Surtout d’un état de droit. Pas un pour souligner qu’on a là une première historique, une première dans l’histoire de l’humanité. Même chez Gengis Khan, Attila ou Darius, aucun état n’a jamais revendiqué l’assassinat d’un haut dignitaire d’un autre état. D’autant plus qu’ils ne sont pas en guerre. Il faut lire CNN, le Wapo ou le NYT et entendre des politiciens US appeler un chat un chat, pour enfin entendre parler d’inqualifiable assassinat et d’acte insensé. Vous avez bien Les crétins de Foxnews pour oser comparer l’execution d’une arsouille comme Ben Laden avec l’assassinat d’un general en chef d’un etat souverain. Les Yankees sont peut-être des barbares mais notre lâcheté et notre soumission sont abjectes.
      J’ai honte.

        +23

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      • Santerre // 04.01.2020 à 10h34

        Peut on me dire que diraient les mêmes si un avion Vénézuélien tirait un missile en Colombie sur la voiture de l’envoyé spécial de Washington au prétexte que celui ci est responsable de centaines de milliers de morts en Amérique centrale depuis 40 ans. Je n’en peux plus de ces politicards et plumitifs minables.

          +13

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  • tchoo // 04.01.2020 à 10h01

    L’essentiel de l’article vous aurait-il échappé?
    On assiste à des soulèvements d’une nature assez similaire dans ces pays comme chez nous et comme en Amérique du Sud.
    Le peuple se rend compte que les politiques sont devenus incapables d’assurer les services et de mettre en place les conditions pour permettre à tous de vivre décemment. Il s’agit d’un mouvement largement partagé même si il prend differentes formes

      +3

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    • Catalina // 04.01.2020 à 10h30

      tchoo,
      Je ne mettrais pas toutes ces révoltes dans le même panier, combien sont structurées par soros et cie pour destabiliser un gouvernement qui ne plait pas aux terroristes-pilleurs américains ?
      Le maidan est un coup d’état, hong-kong c’est un truc comme nuit debout soutenu par des petits bourgeois et des agents payés de l’extérieur tout comme au Vénézuela, les Gilets jaunes c’est spontané, donc on ne peut pas dire que c’est mondial. Certaines de ces révoltes sont orchestrées par les pouvoirs d’argent et ne sont donc absolument pas des révoltes, c’est du diviser pour mieux régner, et ces révoltes dues au manque de produits orchestré par les usa pour faire crever de faim un pays ou empecher les gens d’avoir des médicaments afin qu’ils s’en prennent à leur gouvernement ? non, décidément, ce ne sont pas du tout les mêmes révoltes !

        +9

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      • LibEgaFra // 04.01.2020 à 11h46

        Ca, c’est sûr que si les GJ étaient sponsorisés par les Russes ou les Chinois, cela aurait une autre allure. Pour comparaison: ce qui se passe à Hong Kong ou au Xinjiang…

          +1

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  • Fritz // 04.01.2020 à 10h16

    Certes. N’empêche que ce matin, une foule irakienne a célébré les obsèques des cinq Irakiens et des cinq Iraniens assassinés par une frappe terroriste américaine :
    https://www.20minutes.fr/monde/2687051-20200104-tensions-iran-usa-funerailles-soleimani-milliers-irakiens-crient-mort-amerique
    Parmi les cinq Irakiens, le commandant Abou Mahdi al-Muhandis.

      +8

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    • christian gedeon // 04.01.2020 à 10h41

      Cher Fritz,une foule représentant une partie des irakiens et une partie seulement. L’erreur monumentale en l’occurence a été de pénétrer à l’intérieur de l’amabassade américaine,qui est comme vous le savez,est territoire américain. Les US n’ont pas réagi pour les tankers,n’ont pas réagi pour le drône,n’ont pas réagi pour les installations pétrolières saoudiennes. Deux scénarios : Soit le commandemant iranien et du hachd el chaabi s’est dit il ne réagiront pas non plus cette fois ci ( ce qui serait une erreur surprenante de la part de feu Soleimani). Cette hypothèse pourrait se comprendre comme une tentative d’en finir avec l’agitation anti iranienne en Irak.Soit ils ont été « dépassés  » par la »base » et Soleimani serait venu en Irak pour essayer de calmer la situation( version optimiste ). Dans tous les cas de figure,Trump a nettement marqué la limite. Notez bien la mollesse des réactions de la Chine et les mots très choisis de la réaction russe, à bien comprendre pour ce qu’elles sont. Quoi qu’il en soit,toute attaque attribuée à l’Iran ou à ses alliés contre des citoyens us feront l’objet d’une réplique « au sommet ». çà promet des jours difficiles.

        +5

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      • Fritz // 04.01.2020 à 14h50

        Soleimani était un héros de la guerre contre Daech, et les Américains l’ont éliminé. Il y avait en Iran des gens honnêtes et naïfs qui croyaient en des négociations avec les Yankees, voire en un rapprochement. Maintenant, ils ont compris : on ne discute pas avec des terroristes.

        Le plus grave est le suivisme européen, alors que c’est le terroriste Trump qui a déclenché la crise en dénonçant l’accord sur le nucléaire iranien. Normal de la part d’un pays qui a été le seul à utiliser l’arme nucléaire, contre deux villes japonaises.

          +16

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        • christian gedeon // 08.01.2020 à 11h58

          Soleimani luttait contre Daech dans l’intêret bien compris de l’Iran et de ses alliés irakien,syrien et hezbollahi du Liban. On ne va quand même pas en faire un saint auréolé. C’était un soldat,il est mort en soldat. Et c’était en effet un héros pour nombre d’iraniens et de libanais du hezbollah. Un courage physique certain et un esprit affuté.A ce sujet,je me demande encore s’il est à l’origine de l’attaque contre l’ambassade américaine à Bagdad,ou s’il a payé de sa vie une action dont il n’était pas à l’origine,et dont il ne pouvait igorer le caractère catastrophique. Je penche pour la deuxième hypothèse,sans certitude. Quoi qu’il en soit,ce qui se passe tombe à pic pour « ressouder  » la nation iranienne dans un contexte intérieur agité. On peut aussi penser que çà arrange bien M. Netanyahou,qui a là élection pratiquemlent gagnée. Comme toujours,il faut se demander à qui profite le crime,in fine.Où est ce simplement un enchaînement de faits en Irak avec des milices incontrôlables? Est ce un Sarajevo déclecheur,ou une poussée de fièvre passagère? Qu’en pensez vous,cher Fritz?

            +0

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  • Patrick // 04.01.2020 à 13h58

    Et Erdogan qui envoie des troupes en Libye !
    ça va pas simplifier le b..l ambiant , les pays limitrophes commencent à s’inquiéter. Ils ont déjà connu la domination turque , ça ne les amuse pas.

      +6

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  • MATN // 05.01.2020 à 07h51

    Cet article ne vaut rien et sa « tendance » est particulierement suspecte.
    Que l’Occident et ses Commentateurs gardent leurs « printemps » pour eux, ne se mêlent pas des affaires des pays qui ne leur ont rien demandé, et se préoccupent surtout de résoudre leurs propres problèmes, qui ne manquent pas …
    Merci.

      +2

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