Petit rappel – j’allais sur mes 15 ans, mais je me rappelle très bien de cette histoire qui m’avait marqué…

En 1990, une vaste campagne de communication est lancée aux Etats-Unis pour inciter le pays à s’engager dans la guerre. L’un de ses points forts, qui marquera profondément l’opinion publique, est l’affaire des incubateurs. Selon des sources koweïtiennes, les soldats irakiens se sont livrés à des atrocités dans les hôpitaux de Koweït City. Ils auraient débranché les alimentations en oxygène des incubateurs et tué les bébés qui s’y trouvaient. Tout cela pour récupérer l’appareillage médical et l’envoyer à Bagdad.

La rumeur de ces atrocités se propage. Elle devient une quasi-certitude avec les auditions de la commission pour le respect des droits de la personne. Pour la première fois, un témoin direct parle de ces actes de sauvagerie. Il s’agit de Nayirah, une jeune fille de quinze ans.

Le 14 octobre 1990, une jeune femme koweïtienne, appelée par les médias « l’infirmière Nayirah », témoigne, les larmes aux yeux, devant une commission du Congrès des États-Unis. L’événement est retransmis rapidement par les télévisions du monde entier :

« Monsieur le président, messieurs les membres de ce comité, je m’appelle Nayirah et je reviens du Koweït. Ma mère et moi étions au Koweït le 2 août pour passer de paisibles vacances. Ma sœur aînée avait accouché le 29 juillet et nous voulions passer quelque temps au Koweït auprès d’elle. […] Pendant que j’étais là, j’ai vu les soldats irakiens entrer dans l’hôpital avec leurs armes. Ils ont tiré sur les bébés des couveuses, ils ont pris les couveuses et ont laissé mourir les bébés sur le sol froid. J’étais horrifiée. Je ne pouvais rien faire et je pensais à mon neveu qui était né prématuré et aurait pu mourir ce jour-là lui aussi. […]

Les Irakiens ont tout détruit au Koweït. Ils ont vidé les supermarchés de nourriture, les pharmacies de médicaments, les usines de matériel médical, ils ont cambriolé les maisons et torturé des voisins et des amis. J’ai vu un de mes amis après qu’il a été torturé par les Irakiens. Il a 22 ans mais on aurait dit un vieillard. Les Irakiens lui avaient plongé la tête dans un bassin, jusqu’à ce qu’il soit presque noyé. Ils lui ont arraché les ongles. Ils lui ont fait subir des chocs électriques sur les parties sensibles de son corps. Il a beaucoup de chance d’avoir survécu. »

Ce témoignage, avec d’autres comme ceux conçus par l’agence de communication Rendon Group (en) chargée de superviser la communication du CIA et du Pentagone, a beaucoup ému l’opinion publique internationale et a contribué à ce qu’elle soutienne l’action des puissances occidentales contre les armées de Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe.

En fait, ce témoignage était entièrement faux. (Source)

La jeune fille, coachée selon certaines sources par Michael Deaver, ancien conseiller en communication de Ronald Reagan, s’appelait al-Ṣabaḥ, et était la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington Saud bin Nasir Al-Sabah. L’association Citizens for a Free Kuwait, organisée par le gouvernement du Koweït exilé, avait commandé cette campagne à la compagnie de relations publiques Hill & Knowlton (pour la somme de 10 millions de dollars).

Il est surprenant que le congrès américain n’ait pas fait une enquête préalable sur l’identité de la jeune fille avant de la laisser « témoigner » devant leur assemblée. La machination a fonctionné grâce à l’intervention de Lauri Fitz-Pegado, qui a convaincu les députés que l’identité n’était pas révélée pour protéger la famille de la jeune femme. Lauri Fitz-Pegado avait travaillé pour le gouvernement auparavant, dans l’Agence de l’Information.

Par ailleurs, le gouvernement américain aurait payé 14 millions de dollars à cette compagnie pour l’avoir aidé à médiatiser la guerre du Golfe sous un jour favorable à l’intervention occidentale .

Les audiences sont télévisées par CNN. John Porter, vice-président de la commission, rencontre le jour même le président Bush à qui l’on a montré les images et s’en dit bouleversé. Il utilisera l’affaire des incubateurs dans tous ses discours. Des organisations non gouvernementales, dont Amnesty International, reprennent l’information et donnent le chiffre de 372 bébés tués. L’affaire ne sera pas évoquée moins de sept fois dans le débat au Sénat qui, finalement, vote de justesse (cinq voix) l’intervention militaire. Le Conseil de sécurité de l’ONU consacre une réunion spéciale aux droits de l’homme au Koweït. Là encore, l’affaire des incubateurs est largement citée. Deux jours après, à l’unanimité moins l’abstention de la Chine, le Conseil de sécurité autorise le recours à la force.

J’ai retrouvé par chance cet excellent reportage de Neil Cherofky “To Sell A War” (Vendre une Guerre) qui démontait tout ceci en 1992 :

(en anglais, mais Youtube peut créer et traduire les sous-titres à la volée (option Sous titres)

Au début du reportage, John MacArthur, du «Harpers», explique qu’«il fallait vendre la guerre aux Américains pour les convaincre d’y participer». Ce qui fut fait.

Dès que les Irakiens ont été chassés du Koweït, les organisations non gouvernementales et des organismes comme l’OMS (Organisation mondiale de la santé) envoient sur place des experts pour évaluer les dégâts commis dans les hôpitaux et interroger les personnels médicaux. Tous sont formels: l’affaires des incubateurs n’a jamais existé. Le reportage du Canadien interroge longuement les spécialistes. Ils ne laissent plus aucun doute sur le mensonge. Un responsable d’Amnesty International explique même que son organisation a publié un rectificatif après la guerre pour dire qu’il n’y avait pas eu de bébés tués dans leurs incubateurs.

Mais il ne s’agit pas que d’une rumeur colportée et reprise. Le reportage démontre la manipulation.

Au bout des vingt-trois minutes de reportage, le journaliste pose de graves questions, celles des dangers pour la démocratie d’une agence de communication qui fixe les termes d’un débat en les ayant auparavant faussés et qui tente de manipuler par la désinformation toute une opinion publique, avec en ligne de mire la volonté de faire entrer le pays dans la guerre.

En mars 1991, l’Humanité enquêtait et montrait comment un fait réel avait servi à manipuler l’opinion :

Fin août un chef de la résistance koweitienne, que l’on dit être un membre de la famille régnante, convoque la presse internationale à Kafhji pour raconter avec force détails les exactions auxquelles se livrent les troupes irakiennes d’occupation. Il évoque le cas de l’hôpital Moubarak qui, comme les quatre autres centres hospitaliers publics de la capitale de l’émirat, aurait été dévasté. Des bébés prématurés sont morts après avoir été arrachés de leur couveuse, précise-t-il.

L’information est reprise dans le rapport publié en décembre par Amnesty International sur la «situation humanitaire au Koweit sous occupation irakienne». Il y est question de la mort de «300 enfants prématurés».

Vendredi 1er mars, après enquête auprès des responsables de l’hôpital Moubarak, le médecin-chef militaire français Guy Angel affirme aux journalistes : «l’hôpital n’a pas été dévasté. Il a toujours fonctionné normalement sauf pendant les quatre jours de l’offensive terrestre. Aucun cas d’exaction ne m’a été signalé». Il n’a pas entendu parler de l’affaire des bébés prématurés.

A l’hôpital nous n’avons rencontré personne qui fût au courant. Directeur adjoint des services de santé de l’Émirat, M. Jehad Al Gharabally, raconte dans «le Monde» des 3 et 4 mars: «Je connais le médecin qui a lancé cette rumeur. Mais aucun hôpital ne m’a signalé de tels actes. En revanche, les Irakiens peu avant leur fuite ont emporté un lot de couveuses à Bagdad. Mais ils ne savaient pas que nous en possédons des stocks importants. Cela ne nous a pas manqué.».

N.B. en Démocratie, ce reportage serait traduit en français et montré dans les écoles – je dis ça, je dis rien…

32 réponses à [Souvenons-nous] 1990 : L’affaire des couveuses koweitiennes

  1. Janek Le 14 mars 2014 à 00h53
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    J’ai relevé une faute d’orthographe:
    “En mars 1991, l’Humanité enquaitait et montrait…” – enquêtait

    Sinon je voulais aussi dire que j’ai trouvé un site japonais relayant l’information sur la montée en puissance de Svoboda dans le gouvernement ukrainien. Ce n’est pas encore le journal officiel, mais ça fait plaisir de voir que l’information est relayée. Bien sûr, le texte est en japonais, mais les images seules parlent d’elle même. ^^
    http://saigaijyouhou.com/blog-entry-2018.html


    • casper Le 14 mars 2014 à 02h29
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      Oui, pour ceux d’entre nous qui ont acces a la presse non-occidentale, ca ouvre les yeux…


  2. Noname Le 14 mars 2014 à 01h44
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    “Sinon je voulais aussi dire que j’ai trouvé un site japonais relayant l’information sur la montée en puissance de Svoboda dans le gouvernement ukrainien”

    Il y en a beaucoup, .. 😉

    L’un des plus connu :

    http://www.globalresearch.ca/whos-who-in-ukraines-new-semi-fascist-government-meet-the-people-the-u-s-and-eu-are-supporting/5372422

    Cdt 😉


    • Janek Le 14 mars 2014 à 03h52
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      J’ai dis “japonais”! Pas “canadien”! 😀

      Enfin heureusement que l’information tourne. ^^


  3. casper Le 14 mars 2014 à 02h23
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    Michael Parenti, un politologue americain de gauche, rappelait cette histoire dans ses conférences.

    Il ajoutait: “300 bébés prématurés extraits de leur couveuse? Le Koweït fait 3.000.000 d’habitants, c’est a peu prés autant que la ville de Los Angeles, ou il n’y a jamais plus de 50 couveuses en service au même moment. Les hôpitaux Koweitiens se spécialisent dans les naissance prématurées ou quoi?”. Comme quoi on avait même pas pris la peine de monter une histoire crédible…

    Je reste toujours ébaubi du fait qu’une telle intox ne relève pas des tribunaux. Diffuser sciemment une fausse nouvelle pour provoquer une guerre, ça mérite au moins autant que le vol d’un portable a 15 euros non?


  4. Patrick Luder Le 14 mars 2014 à 02h41
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    L’opinion publique se manipule aisément avec de l’émotion. Si l’on rapporte des faits techniques cela ne touche personne, mais si l’on fait appel à l’émotionnel, on gagne n’importe quel suffrage. Il n’empêche que de tels mensonges ne peuvent que se retourner contre les gouvernements, déjà de plus en plus décriés …

    OUI, nous vivons une crise démocratique très profonde, l’opinion publique est abreuvée de faux débats pour être tenue écartée de toute question fondamentale, de toute prise de position, de toute forme de gestion …


  5. jave Le 14 mars 2014 à 03h44
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    Dans le même genre, mais moins documenté, Il me semble que les dernières conclusions de l’ONU ont montré que le génocide rwandais est aussi parti d’un False Flag.


    • Morne Butor Le 14 mars 2014 à 07h50
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      Vos réf. SVP ?
      Le génocide rwandais fut soigneusement organisé et préparé à l’avance (sans être aussi “industrialisé” que les Allemands le firent). La destruction de l’avion du président ne fut que le signal déclencheur du génocide. A quel “False Flag” prétendez-vous faire référence SVP ?


  6. fabien775 Le 14 mars 2014 à 08h24
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    En tant que Français aimant sa langue, False Flag c’est quoi? Une fausse rumeur c’est plus facile à écrire….


    • Guillaume Le 14 mars 2014 à 09h32
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      En fait c’est false flag attack: attaque sous fausse bannière (souvent étoilée). On peut faire couler un bateau de sa propre marine et accuser ceux qu’on veut attaquer par exemple. Ça marche plutôt bien.


    • Guillaume Le 14 mars 2014 à 10h27
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      En fait il s’agit de “false flag attack”: attaque sous fausse bannière (souvent étoilée). On simule une attaque, on en impute l’origine à ceux qu’on veut attaquer, et le tour est joué!


  7. Melkiovsky Le 14 mars 2014 à 09h09
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    Concernant cette affaire des couveuses koweïtiennes, il y a aussi un épisode relativement récent de l’émission “rendez-vous avec x” qui en parle:

    http://www.franceinter.fr/emission-rendez-vous-avec-x-le-mensonge-des-couveuses-koweitiennes


  8. bourdeaux Le 14 mars 2014 à 09h47
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    Je m’en veux de perturber la belle unanimité des commentaires, mais si le billet vise à démontrer l’organisation d’une campagne de propagande aux USA pour « vendre » l’intervention armée au Koweit, …pourquoi pas ? Mais beaucoup de commentateurs semblent croire que cette histoire de couveuse démontre à elle seule que la guerre n’était justifiée que par un mensonge. Or, je rappelle que, accessoirement, les frontières du Koweit avaient été violées par l’Irak et son territoire occupé. Il m’avait semblé à l’époque que c’était cela, plus que tout autre histoire de couveuses, qui justifiait l’intervention armée.
    Comme ce n’est pas le premier billet où Olivier condamne l’intervention US au Koweit, je serais curieux de savoir ce qu’il eut fallu faire, selon lui, face à un dictateur comme Sadam . Si vous considérez que le respect du droit des nations a autant de chance de prendre racine au moyen orient qu’un pommier de produire une pomme au milieu du désert, dites-le. Si par suite, vous estimez qu’il faut laisser les tyrans faire leur cuisine dans cette région, et ne surtout jamais intervenir, vous négligez une leçon qu’il me semble pourtant impératif de tirer des 2 grandes guerres du XXième siècle.


    • Julian Le 14 mars 2014 à 09h59
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      L’émotion créée par l’affaire des couveuses a nécessairement favorisé l’écoute des discours les plus belliqueux…Élémentaire.


      • bourdeaux Le 14 mars 2014 à 10h45
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        Ce sont les discours qui étaient belliqueux ? L’unanimité s’accorde pourtant à reconnaître généralement comme “élémentaire” qu’un char d’assaut qui franchit une frontière peut paraître plus belliqueux qu’un discours, fut-il prononcé par un infâme américain.


        • bourdeaux Le 14 mars 2014 à 12h40
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          Ni l’un ni l’autre. Je fais allusion à ceux qui te sont visiblement sortis de la mémoire: les chars irakiens qui entrèrent au Koweit.


    • yt75 Le 14 mars 2014 à 12h57
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      Mais n’oubliez pas qu’il y a beaucoup de choses derrière tout cela, le fait que Saddam était ruiné à l’époque (suite à la guerre Iran Irak), guerre où il avait LE SOUTIEN DES US.
      Qu’il avait plus ou moins demandé du fric aux autres pays Arabes, et que c’est justement là que le Koweit augmente sa prod (ou continue je sais plus exactement).
      Et surtout que les US lui avait plus ou moins filé un go ahead !
      (affaire April Glaspie)
      Voir aussi ci dessous à partir de 42:00 :
      https://www.youtube.com/watch?v=fQJ-0jAr3LQ
      (et sans oublier que le contre choc était aussi en grande partie une intitiative US, pour faire tomber l’URSS …)


      • yt75 Le 14 mars 2014 à 15h04
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        @bourdeaux
        Et n’oubliez pas aussi que ces “nations” (Irak, Koweit) comme vous dîtes, on été définies par l’occident.(avec le Koweit mis en place pas mal pour limiter l’Irak)
        Par ailleurs analyser les évènements actuels sans une connaissance minimale des intérêts en jeu et histoire associée (pétrole très majoritairement dans ce cas), ne rime pas à grand chose.
        Les choses sont pourtant assez claires, comme l’indique par exemple l’emblème du United States Central Command (CENTCOM) :
        http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/35/Seal_of_United_States_Central_Command.png/768px-Seal_of_United_States_Central_Command.png
        CENTCOM initié par Carter suite aux deux premiers chocs avec la doctrine du même nom “Carter doctrine”(Les US sont officiellement le flic du Moyen Orient et garant de la sécurité des réserves et routes), officialisé par Reagan avec le corollaire Reagan (Les US assurent la sécurité de l’Arabie Saoudite) :
        http://en.wikipedia.org/wiki/Carter_doctrine
        Note : le documentaire “la face cachée du pétrole” en lien ci dessus est vraiment une excellente synthèse (et avec une liste d’interview de personnalités clés vraiment impressionnante), basé sur le livre d’E Laurent du même titre.
        A remarquer que ce documentaire n’existe pas en anglais, et même le cas pour le livre ! (à ma connaissance).


    • bourdeaux Le 14 mars 2014 à 13h10
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      Tu connais beaucoup de cas d’opérations militaires préalablement soumises à référendum ?
      Crois-tu sérieusement que les USA auraient promu le gazage des kurdes ? Et qu’entends-tu par « soutenu » ? Tant que les USA n’envoient pas de bombes, ils soutiennent, c’est binaire à ce point-là ? Et en admettant qu’ils aient soutenu sadam, cela les obligeait-il à tout lui permettre ? A ce moment-là, nous devrions regarder le retournement de l’URSS contre le reich après l’opération barbarossa comme indigne, au motif du pacte hitler-staline de 1939 ?
      La politique étrangère étant une discipline de truands, je ne vois pas pourquoi les USA seraient le seul pays qui devrait la pratiquer en ballerines et tutu. Pourquoi diable abandonnes-tu toujours la rigueur froide de tes analyses dès qu’il s’agit des USA, alors que tu l’appliques très correctement au sujet de la Chine ou de la Russie ?


      • bourdeaux Le 14 mars 2014 à 14h53
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        La rigueur froide, c’était plutôt un compliment ; je voulais dire sans passion partisane.
        Et enfin, je ne nie pas du tout que l’intervention US ait été motivée par des intérêts financiers, et même stratégiques, mais je conteste ce raisonnement qui consiste à occulter tous les autres motifs bien réels qui justifiaient à l’époque l’intervention. Sinon, à l’aune de ce précédent irakien, si demain la Suisse était envahie par l’Autriche, personne n’oserait lui porter secours de peur de s’entendre reprocher de n’être intervenu que pour sauver ses avoirs financiers…
        Quant à la seconde intervention en Irak, c’est beaucoup plus discutable, j’en conviens…Cela mériterait des développements…


        • step Le 20 mars 2014 à 17h18
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          c’est un risque que prend la suisse assurément….je serai suisse je méditerais !


      • Wilmotte Karim Le 14 mars 2014 à 19h38
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        Quand un diplomate (Allbright) dit à un dirigeant (Saddam) : ce pays (le Koweit) n’a pas d’accord de défense avec nous… cela signifie que le pays potentiellement protecteur s’en lave les mains.

        Et si on avait négocié jusqu’au bout, on sait que Saddam serait rentrée en Irak (d’où la nécessité d’un ultimatum assez court)


        • Prague Le 14 mars 2014 à 21h09
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          Ce n etait pas Allbright, mais une autre americaine…

          Allbright etait sous Clinton plus tard…


          • Wilmotte Karim Le 15 mars 2014 à 09h16
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            Merci de la correction.


          • nono Le 15 mars 2014 à 16h40
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            James Baker sous Bush père.
            “Vas-y mon gars, on bougera pas!…”


          • Prague Le 15 mars 2014 à 23h52
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            April Glaspie est son nom…

            Le 25 juillet 1990, Saddam Hussein convoque l’ambassadrice américaine à Bagdad, April Glaspie et lui fait part de son intention d’envahir le Koweït. Comme l’ambassadrice ne réagit pas, Saddam Hussein pense qu’elle approuve sa décision d’autant que le Département d’État américain des affaires étrangères déclare qu’aucun accord de défense ne lie les États-Unis au Koweït.


  9. Nanker Le 14 mars 2014 à 11h51
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    Les couveuses koweïtiennes connaissent depuis peu une nouvelle incarnation : celle de la fable du méchant dictateur musulman qui drogue ses troupes d’élite au Viagra avant de les envoyer violer des civiles innocentes…
    On nous a fait le coup avec Kadhafi en 2011 et surprise surprise le bobard est réchauffé et resservi avec Bachar dans le rôle du pervers sadique!

    Et quel média se prête complaisamment à cette mascarade? « Le Monde » bien sûr, sous la plume de l’inénarrable Annick Cojean!

    « Le Monde » qui en 1999 nous avait servi sur un plateau le plan « Fer à cheval » soi-disant conçu par Milosevic pour envahir le Kossovo, y provoquer un génocide et tuer 150 000 innocents.

    On a su un peu plus tard que « Fer à cheval » n’avait jamais existé que dans l’esprit des experts en désinformation de l’OTAN… Mais bon 1999 c’était il y a longtemps.


  10. JT Le 14 mars 2014 à 12h26
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    “N.B. en Démocratie, ce reportage serait traduit en français et montré dans les écoles – je dis ça, je dis rien…”

    Effectivement, nous ne sommes pas en démocratie. Si je montre un reportage de la sorte pour illustrer une séquence sur l’impérialisme américain (je suis professeur d’anglais), je risque la radiation. En effet, on pourrait m’accuser d’anti-américanisme et donc de prosélytisme…

    Merci encore pour votre série d’articles.


  11. samuel Le 14 mars 2014 à 20h07
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    J’étais minot, y avait un débat à la télé (ennuyeux), mais tout le monde était d’accord pour dire que c’était normal, sauf un, il avait l’air inoffensif et pourtant il envoya une réplique qui ma profondément marquer: “la guerre c’est bat” et la suite ressemblait à “cela fait des héros et des généraux”.
    C’est pas la même chose de légitimer une guerre et de la normaliser, sauf que cela n’arrive jamais, c’est partir de “la guerre de Troie n’aura pas lieu” pour arriver aux épopées lyriques.
    C’est la première fois que je me suis dit “les rebelles, les héros, c’est pas ceux qu’on croit” (il faut dire que j’adorai la mythologie, les dessins animés japonais et les séries américaines…je partais de loin).
    “La guerre, c’est bat”


  12. Bouddha Vert Le 14 mars 2014 à 22h22
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    Le plus important dans cette affaire, c’est de mettre en lumière que dans cette humanité, certains n’ont absolument peur de rien.
    Ce sont eux qui finissent à la tête des systèmes, notre manque de démocratie provient certainement du peu de contraintes que subissent les élus de nos “démocraties” soutenus par leur jumeaux des industries et de la finance.

    Avec une constitution contraignante pour nos élus, ces profils de carnassiers iront oeuvrer ailleurs que dans la sphère publique, il nous faut écrire d’autres règles sinon nous irons jusqu’au bout de cette logique de compétition.

    Bon vent


  13. Ivan Le 15 mars 2014 à 21h01
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    Le même coup a été fait avec les pseudo “camps de concentration” en Bosnie, rappelez-vous ces “unes” de libération ou Time… Alors qu’il s’agissait d’un camp de réfugié serbes.
    http://www.youtube.com/watch?v=4xss0Ep1MJM


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