Les Crises Les Crises
13.avril.201713.4.2017
Article LesCrises

Eliot Higgins : Un exemple de méthode critiquable

Dossier Eliot Higgins / Bellingcat Eliot Higgins : Un adepte de Noam Chomsky ? Eliot Higgins : La Fable du Cheval blanc Qui est Eliot Higgins, fondateur de Bellingcat ? Eliot Higgins : Un exemple de méthode critiquable Eliot Higgins : Le Chevalier blanc … de Google Postol : « Bellingcat a refusé de publier toute […]
Merci 28
J'envoie

Dossier Eliot Higgins / Bellingcat

  1. Eliot Higgins : Un adepte de Noam Chomsky ?
  2. Eliot Higgins : La Fable du Cheval blanc
  3. Qui est Eliot Higgins, fondateur de Bellingcat ?
  4. Eliot Higgins : Un exemple de méthode critiquable
  5. Eliot Higgins : Le Chevalier blanc … de Google
  6. Postol : « Bellingcat a refusé de publier toute information en contradiction avec sa version des faits. »

[Avant d’entrer dans les détails, nous voulons être très clairs sur un point : ce billet n’a nullement vocation à conclure sur l’affaire du MH17 ou à défendre la Russie. Les conclusions de M. Higgins sont peut-être justes, mais il s’avère que la méthode pour y arriver semble néanmoins critiquable. Or, l’enquête d’Eliot Higgins a été reprise par les grands médias, sans guère de vérifications ou de critiques…]

Dans une enquête publiée le 8 novembre 2014, Eliot Higgins affirma avoir retrouvé la trace du lanceur Buk supposément responsable du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines. Grâce aux photos et vidéos partagées sur VKontakte (le Facebook russe), YouTube et Twitter, et aux images disponibles sur Google Maps et Street View, Bellingcat serait parvenu à retracer l’aller-retour du lance-missiles entre la Russie et la zone contrôlée par les séparatistes pro-russes, dans les jours qui précédèrent et suivirent le crash de l’avion.

Voici comment Slate.fr nous résume l’enquête de Bellingcat [Source : Slate.fr] :

« [L’enquête] prouve la présence d’un lanceur Buk dans la zone du crash grâce à certaines photos prises le 17 juillet et publiées sur les réseaux sociaux. En utilisant les métadonnées des photos, l’équipe de Bellingcat a pu établir le trajet du convoi qui transportait la machine. C’est une photo prise par un reporter de Paris-Match aux alentours de Donetsk qui donne le point de départ. Les autres images permettent d’affirmer que le convoi est passé par Shakhtarsk, Torez puis Snizhne. C’est de là que le lance-missile aurait abattu l’avion selon les témoignages de certains habitants ayant entendu une explosion et une photo montrant le lance-missile sans son convoi. Le 18 juillet, une vidéo du même Buk est prise à Louhansk avec un missile en moins.

L’équipe de Bellingcat montre qu’il s’agit d’un Buk appartenant à la 53e brigade russe arrivé fin juin en Ukraine. Un convoi de cette brigade, composé de plusieurs appareils, a quitté Koursk en Russie le 23 juin, officiellement pour un entraînement jusqu’à fin juillet. Grâce à des vidéos publiées sur VKontakte (le Facebook russe), YouTube, Instagram et Odnoklassniki, les enquêteurs ont remarqué que l’un des Buk appartenant à ce convoi était le même que celui aperçu le 17 juillet vers le lieu du crash. Les numéros d’unité des deux véhicules, partiellement effacés, semblaient correspondre. L’équipe s’est assurée qu’il s’agissait du même véhicule en comparant les traces d’usure visibles sur les photos. »

Ainsi, Slate.fr nous présente ici une enquête sérieuse qui parvient à démontrer qu’un seul et même Buk russe apparaît sur plusieurs photos et vidéos, et à retracer ainsi précisément son aller-retour entre la Russie et une zone « pro-russe » à proximité du crash.

Eliot Higgins le dit lui-même : « Comme ce sont des données publiques, le lecteur peut vérifier comment nous arrivons à nos conclusions ». Soit, regardons de plus près la méthode suivie pour les obtenir…

La preuve par les ondulations du garde-boue

La première pièce du puzzle d’Eliot Higgins est la photographie publiée par Paris Match, dans le numéro du 24 juillet 2014.

Malgré la qualité médiocre de ce cliché, Eliot Higgins choisit d’en faire le point de départ de son enquête. Sans procéder à de plus amples vérifications, le collectif Bellingcat décide ensuite de comparer le flanc de ce Buk avec celui de nombreux autres filmés ou photographiés en Ukraine et en Russie, et ce afin de prouver l’identification d’un seul et même lance-missiles sur plusieurs clichés. Pour réaliser sa démonstration, Higgins a donc imaginé une méthode non-scientifique, qui consiste à associer à chaque garde-boue d’un lanceur Buk une sorte d’empreinte digitale, permettant ainsi d’identifier chaque Buk de manière soi-disant unique. Ces lignes constituent les principales ‘‘preuves’’ pour relier le Buk photographié à Donetsk et le Buk 3X2 photographié en Russie.

Cependant, ces supposées ‘‘empreintes digitales’’ des Buk n’ont en aucun cas été réalisées par un logiciel disposant d’un algorithme fixe. La qualité de certaines photographies étant trop faible pour essayer d’appliquer quelconque formule logicielle sur elles, ces lignes de garde-boue ont été tracées à la main par les membres de Bellingcat, rendant les tracés aléatoires et la démonstration non fiable scientifiquement ; d’autant plus que rien ne prouve que chaque Buk possède une ligne de garde-boue unique et immuable malgré le temps et l’usure. En effet, les garde-boues des Buk sont en caoutchouc et donc plutôt malléables

En effet, il s’avère que les lignes peuvent être dessinées de manière à arriver à la conclusion voulue, comme le démontre la comparaison suivante qui établirait – selon les « méthodes d’enquête » d’Eliot Higgins – que le Buk de Paris Match est en réalité un Buk gouvernemental ukrainien :

Il nous a été impossible de refaire le travail de M. Higgins à partir des photos disponibles sur le web (mais il y a peut-être d’autres moyens, restons prudents)

Il n’est pas nécessaire de faire un inventaire complet des failles de Bellingcat pour se rendre compte que nous avons là une enquête aux méthodes fort douteuses d’un point de vue scientifique, et qui aurait dû amener les médias à faire preuve de beaucoup plus de prudence dans leurs divers papiers. Or, l’enquête d’Higgins fut reprise par la presse sans guère de vérifications.

Comme dit précédemment, ce billet n’a nullement vocation à conclure sur l’affaire du MH17 ou à défendre la Russie. Bien que la méthode de Bellingcat soit critiquable d’un point de vue scientifique, les conclusions de M. Higgins pourraient se révéler justes, à savoir que le missile responsable du crash du MH17 aurait été tiré par les rebelles.

Dans sa conférence de presse du 13 octobre 2015, le bureau d’enquête néerlandais pour la sécurité (OVV) a confirmé que l’appareil avait été abattu par un missile sol-air de type Buk de fabrication russe, et a délimité une zone de 320 kilomètres carrés d’où il a pu être tiré – zone à la fois occupée par les troupes ukrainiennes et les séparatistes de Donetsk. Il ne désigne aucun responsable du tir et ne privilégie aucun camp concernant la zone d’où le missile aurait été tiré, laissant à l’enquête pénale internationale du parquet néerlandais (JIT), la responsabilité de mener cette seconde enquête.

Le 28 septembre 2016 le JIT (Joint Investigation Team) a également fait part de ses premières conclusions. Les premiers résultats de l’enquête internationale ont établi que le lance-missiles BUK avait été apporté du territoire de la Fédération de Russie puis réacheminé en Russie après le lancer. L’enquête a également montré que le tir avait eu lieu depuis un terrain agricole situé à proximité de Pervomaïskyï au sud de Snijne, qui était à ce moment contrôlé par les rebelles de l’est de l’Ukraine. Les enquêteurs ont identifié une centaine de personnes ayant joué un rôle actif dans le drame mais n’ont pas encore de suspects officiels.

[Source : Romandie]

Au début du mois de juin 2015, Russia Today avait décidé d’inviter Eliot Higgins à discuter autour de son enquête sur le MH17. Au lieu de saisir cette occasion pour présenter ses éléments et en débattre, Higgins refusa l’invitation et publia plusieurs tweets pour justifier son refus : [Source : Sputniknews]

« Je ne fais pas d’apparition sur les chaînes de propagande détenues par le gouvernement russe. »

« Je ne fais pas d’interviews sur les chaînes de propagande du gouvernement russe, comme celle pour laquelle vous travaillez. »

« Merci j’ai bien assez de temps pour exprimer mes vues sur d’autres médias pour ne pas avoir à apparaître sur Russia Today. »

« J’ai beaucoup de réelles chaînes d’information qui me demandent d’apparaître, j’ai à peine le temps pour celles-là, et encore moins pour Russia Today. »

Pour finir ce quatrième billet, voici une vidéo qui tourne en dérision les méthodes d’Higgins, réalisée par Allgemeine Morgenpost Rundschau (l’équivalent allemand du Gorafi français) : (sous-titres en anglais)

Notes :

17°)https://www.bellingcat.com/news/uk-and-europe/2014/11/08/origin-of-the-separatists-buk-a-bellingcat-investigation

18°)http://www.bfmtv.com/international/bellingcat-comment-localiser-l-etat-islamique-avec-google-maps-831083.html

19°)http://www.parismatch.com/Actu/International/Exclusif-Ukraine-Notre-enquete-sur-les-lieux-du-crash-comment-le-MH17-a-ete-abattu-576889

20°)https://www.bellingcat.com/news/uk-and-europe/2014/11/08/origin-of-the-separatists-buk-a-bellingcat-investigation/ (consulté le 17 mars 2016)

21°)www.onderzoeksraad.nl/nl/onderzoek/2048/onderzoek-mh17-crash-17-juli-2014


Nous en profitons pour mettre pour information la traduction exclusive des conclusions de la Commission d’enquête sur le MH17.

Rappelons que l’équipe d’investigation conjointe (JIT) rassemble des représentants issus des Pays-Bas, d’Australie, d’Ukraine, de Malaisie et de Belgique. L’objectif de l’enquête pénale est de « retrouver les personnes qui sont responsables du crash du MH17 et de les amener devant la justice » :

JIT : Le vol MH17 a été abattu par un missile BUK provenant de terres agricoles situées près de Pervomaiskyi

[Source : OM.nl] – 28 septembre 2016 – Parquet de Landelijk

L’Equipe d’investigation conjointe (JIT) a la certitude d’avoir mis au jour la preuve irréfutable que le 17 juillet 2014, le vol MH-17 a été abattu par un missile BUK-9M38. Selon l’équipe d’enquête, des preuves permettent également de désigner comme point de lancement un champ près de Pervomaiskyi, alors situé sur le territoire contrôlé par les combattants pro-russes. C’est ce qu’a annoncé aujourd’hui la JIT au cours d’une présentation destinée aux proches des victimes. La JIT regroupe des enquêteurs australiens, belges, malais, hollandais et ukrainiens qui collaborent dans l’enquête criminelle sur le crash du vol MH17.

Aujourd’hui, les premiers résultats de l’enquête criminelle incluant les éléments découverts sur l’arme utilisée et son point de lancement ont été présentés. L’enquête pour établir les responsabilités du crash prendra plus de temps.

Les scénarios

Les expertises scientifiques, les témoignages, les données de télécommunication, les images satellite, les données radar, les analyses des experts, d’autres éléments de preuve indiquent que l’attaque est partie d’un système de défense aérienne basé au sol. La JIT a de plus exploré les autres scénarios possibles.

L’hypothèse d’un accident ou d’une attaque terroriste perpétrée à l’intérieur de l’avion a pu être ainsi écartée. Les résultats des expertises scientifiques confirment le scénario d’une attaque extérieure à l’appareil. Le scénario où le vol MH17 aurait été abattu par un avion militaire a été exploré et abandonné sur la base des données radar, des témoignages et des examens scientifiques. La JIT a reçu suffisamment de données radar de la Russie et de l’Ukraine pour pouvoir – en les rapprochant –dessiner la carte complète de l’espace aérien au-dessus de l’est de l’Ukraine. Les données montrent qu’à l’instant du crash, aucun autre avion susceptible d’abattre le vol MH17 n’était aux alentours.

La Fédération de Russie a indiqué la semaine dernière posséder de ‘nouvelles’ images de radar primaire. A partir de ces images, la Fédération de Russie est parvenue à la même conclusion qu’il n’y avait pas de second avion qui aurait pu abattre le vol MH17.

L’arme

L’enquête a établi que le vol MH17 avait été abattu par un missile BUK de série 9M38. Les enquêteurs ont comparé des morceaux des armes supposées trouvés à l’endroit du crash avec du matériel référencé. Des modèles variés de missiles BUK de série 9M38 ont ainsi été démontés et comparés aux parties en métal retrouvées sur les lieux de la catastrophe.

L’enquête scientifique

L’équipe d’enquête devait établir un lien entre les morceaux trouvés et l’accident du vol MH17. La preuve devait être faite que ces morceaux n’étaient pas déjà sur le terrain au moment du crash, et qu’ils n’avaient pas non plus été déposés plus tard par une tierce partie. Le site n’avait pas été clôturé en prévision d’un examen scientifique et des personnes extérieures à l’enquête y avaient à toute évidence accès.

Deux exemples du lien établi par les enquêteurs ont été donnés :

  • L’autopsie des membres de l’équipe aux postes de pilotage a révélé la présence de plusieurs fragments d’ogive de missile BUK de série 9M38 dans les corps. L’un des fragments présentait des traces du verre du cockpit à sa surface, qui correspondait au modèle de verre spécifique utilisé pour le Boeing 777. Il a été établi que le fragment a percé l’avion de l’extérieur en traversant la fenêtre du cockpit.
  • Une pièce en métal trouvée dans l’encadrement de l’une des fenêtres du cockpit a pu être identifiée comme appartenant à un missile BUK de série 9M38. Cette pièce logée dans le cadre présentait une déformation qui montrait à l’évidence qu’elle avait été tirée avec une grande force.

Le transport du véhicule de lancement

La JIT a été capable de retracer en grande partie l’itinéraire à l’aller et au retour de la plate-forme de tir BUK. Ceci grâce à l’interception de conversations téléphoniques, aux témoignages, documents photographiques et vidéos postés sur les réseaux sociaux, et grâce à une vidéo non diffusée obtenue auprès d’un témoin. Le système a été acheminé du territoire russe dans l’est de l’Ukraine, puis transporté dans un camion Volvo blanc avec une semi-remorque à plateau. Le camion était escorté par plusieurs autres véhicules et par des hommes armés en uniforme.

Le site de lancement

La destination finale de la plate-forme BUK était un champ près de Pervomaiskyi. De nombreux témoins qui ont vu et photographié la traînée de condensation émise par le missile BUK et les mouvements dans l’air du projectile, en ont apporté la preuve. D’autres témoins ont été pour leur part capables de faire le lien entre la traînée et le véhicule de lancement qu’ils avaient vu plus tôt ce 17 juillet 2014.

Des personnes ont témoigné avoir vu une colonne de fumée, le véhicule sur le site de lancement de Pervomaiskyi et le missile juste après qu’il a été tiré.

Des journalistes ont parlé aux témoins qui ont vu le lancement du missile à une distance très courte du site de lancement. Ces témoins ont assuré avoir entendu un très grand bruit et un son de sifflement très aigu.

Après le tir du missile BUK, le véhicule de lancement s’est déplacé de lui-même puis, très vite, il a été rechargé dans le camion Volvo et transporté à la frontière russe. Pendant la nuit, le convoi a franchi la frontière pour entrer en territoire russe.

Les auteurs

Maintenant que nous avons établi ce qu’il s’est passé, nous allons concentrer nos recherches sur l’identification des responsables. Il s’agit d’un travail de longue haleine. A ce jour, la JIT a identifié une centaine de personnes qui peuvent être reliées à l’écrasement du vol MH17 ou au transport de la plate-forme de tir. La JIT enquête sur ces personnes à partir de sources diverses, telles que des conversations téléphoniques interceptées et des témoignages.

Une enquête supplémentaire s’intéresse à la chaîne de commandement. Qui a donné l’ordre d’acheminer la plate-forme de tir de missiles en Ukraine et qui a donné l’ordre de tirer sur le vol MH17 ? L’équipe a-t-elle pris elle-même la décision ou a-t-elle exécuté un ordre de ses supérieurs? C’est important pour déterminer la nature des actes commis par les auteurs présumés.

La JIT souhaite signaler que les recherches d’information et de preuves complémentaires continuent, y compris auprès des témoins présents sur les lieux. La loi ukrainienne prévoit des peines allégées, et dans certains cas un dégagement de la responsabilité pénale aux personnes coopérant à l’enquête.

En outre, le site web www.jitmh17.com contient à présent un certain nombre de conversations téléphoniques interceptées. La JIT lance un appel à informations concernant certaines personnes que l’on peut entendre sur ces conversations enregistrées. Les personnes en mesure d’identifier les voix sont priées de se faire connaître à la JIT.

La JIT poursuivra activement son enquête dans la période à venir et c’est pourquoi son mandat a été prolongé hier jusqu’au 1er janvier 2018.

N.B. Les animations présentes sur cette page ont été montrées à titre purement illustratif. Elles ne prétendent pas reproduire exactement les résultats de l’enquête. Une des raisons en est le souci de confidentialité envers les témoins et une autre a à voir avec les méthodes de l’enquête.

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Commentaire recommandé

Papagateau // 13.04.2017 à 06h29

Une seule parti du texte concerne réellement des preuves difficiles à falsifier (volontairement ou non) : la nature du missile, un 9M38 dont la production a commencé en 1978, soit bien avant l’effondrement de l’union soviétique (source wiki en anglais).

Pour le reste :
Une conclusion est une accusation, et une accusation n’est pas une preuve.
L’invocation d’une preuve n’est qu’une invocation quand l’enquêteur est juge et parti. Cela ne dit rien du caractère probant des pièces présentées.
Pour les photos : une photo en gros plan n’a pas de contexte (donc pas de lieu), et n’importe quel état peut modifier les métadonnées (par exemple rajeunir une photo de 10 ans).

En fait les 2 preuves dont on est en droit d’attendre le plus ne sont pas au dossier (3 ans après !) :
– Les enregistrements techniques de l’avion dans la boite noire (3 ans après !) .
– L’enregistrement de la tour de contrôle ukrainienne (3 ans après !) .

29 réactions et commentaires

  • Papagateau // 13.04.2017 à 06h29

    Une seule parti du texte concerne réellement des preuves difficiles à falsifier (volontairement ou non) : la nature du missile, un 9M38 dont la production a commencé en 1978, soit bien avant l’effondrement de l’union soviétique (source wiki en anglais).

    Pour le reste :
    Une conclusion est une accusation, et une accusation n’est pas une preuve.
    L’invocation d’une preuve n’est qu’une invocation quand l’enquêteur est juge et parti. Cela ne dit rien du caractère probant des pièces présentées.
    Pour les photos : une photo en gros plan n’a pas de contexte (donc pas de lieu), et n’importe quel état peut modifier les métadonnées (par exemple rajeunir une photo de 10 ans).

    En fait les 2 preuves dont on est en droit d’attendre le plus ne sont pas au dossier (3 ans après !) :
    – Les enregistrements techniques de l’avion dans la boite noire (3 ans après !) .
    – L’enregistrement de la tour de contrôle ukrainienne (3 ans après !) .

      +36

    Alerter
    • Pegaz // 13.04.2017 à 11h22

      Effectivement, ces deux enregistrements pourraient apporter au moins une réponse à l’écart de trajectoire de vol constater, si toujours d’actualité. Il me semble que peu ou rien n’a été dit en ce qui concerne les enregistrement audio !

        +2

      Alerter
    • Prométhée Enchaîné // 13.04.2017 à 11h54

      Visiblement c’est la tête (‘warhead’ si c’est bien la traduction exacte) du missile qui est particulière et n’appartient sûrement pas à l’armée ukrainienne.
      https://www.theguardian.com/world/2015/oct/13/mh17-crash-report-plane-partially-reconstruced-blames-buk-missile-strike

      Pour avoir lu la partie du rapport sur le MH17 où la Russie apportait ses contradictions, il était clair que le JIT répondait à cet argument que la tête ne pouvait pas être de confection ukrainienne.

      Plus généralement sur Bellingcat, on peut critiquer bien sûr, et nul doute qu’on trouvera des erreurs. Mais non seulement dans ce cas précis, le démontage n’a rien de convaincant, vraiment… mais en plus c’est passer à côté des nombreux cas spectaculaires où Bellingcat s’est illustré.

      Pour finir, Eliot Higgins était seul au début. Maintenant, ils sont près d’une vingtaine je crois, et ils mènent des enquêtes participatives (c’est-à-dire que vous et moi pouvons participer !), donc ils sont loin de faire le boulot seuls.

        +2

      Alerter
      • Les-crises // 13.04.2017 à 12h11

        Écoutez, vous êtes gentil, mais le trollage commence à devenir vraiment fatiguant. Essayez de reproduire vous même les travaux de Bellingcat comme indiqué, et on en reparle.

        Maintenant, si vous pensez que 10 ou 20 gus amateurs dans un coin sont bien plus efficaces que tous les services secrets occidentaux, très bien.

        Et si vous pensez qu’ils sont indépendants et honnêtes, alors qu’ils se font dérouler le tapis rouge au Foreign Office et retweeter par le commandant de l’OTAN, très bien pour vous.

        On a compris votre point de vue depuis plusieurs jours, merci, vos commentaires sont en ligne, les gens peuvent les consulter.

          +20

        Alerter
        • Prométhée Enchaîné // 13.04.2017 à 12h27

          Bonjour,

          Si pour vous trollage signifie venir argumenter avec insistance et dans les standards de la courtoisie, ok, bannissez-moi pour trollage.

          Je vous dis que je ne suis pas convaincu. Je m’attendais très sincèrement à un travail minutieux sur plusieurs erreurs de Bellingcat, et là, je vois quelques photos avec des traits et je ne comprends pas tellement ce que vous reprochez à la méthode. Disons que ça ne saute pas aux yeux si je devais être plus modéré.

          Quant à leur agenda, je suis sur la position de Manach, ça n’invalide pas leur travail.

          Les services secrets ? D’une ils ont beaucoup de choses à faire et je doute fortement de leur ubiquité. De deux, qu’est-ce que ça veut dire ? Ils ne révèlent pas leurs données « classifiées » comme ça, et lorsqu’ils le font, elles sont de toute façon mises en doute. Je ne vois pas tellement ce que ça a à voir avec le travail de Bellingcat. Les gars font un travail d’investigation sur de l’Open source mais vont sans doute bien plus loin (passer en revue plein de comptes Facebook par exemple je suis pas sûr que ça fasse partie du boulot des SR, mais bon je me plante peut-être) que les services de renseignement sur des cas précis : ils se focalisent eux (pour le JIT, ils ont envoyé un dossier de plus de 1000 pages de leur enquête).

            +1

          Alerter
          • Les-crises // 13.04.2017 à 15h34

            « je ne comprends pas tellement ce que vous reprochez à la méthode. »

            comme vous êtes à l’évidence loin d’être bête, et que l’article est très clair, on va en rester là, merci.

              +9

            Alerter
          • Vladimir K // 13.04.2017 à 17h22

            @Prométhée Enchaîné

            On peut trouver le travail de BC génial, et quelque part il l’est ; Higgins était juste un chômeur il y a peu, et c’est une rock-star mainenant.

            Sauf que faire des enquêtes à distances, ça ne peut pas marcher ; par exemple se baser sur des photos en disant « telle photo a été prise à tel endroit » est à peu près aussi idiot que de montrer un restaurant Courtepaille de Lyon et de dire que c’est à Roubaix (et oui tous les courtepailles se ressemblent, et en ex-URSS, de nombreuses rue/villes se ressemblent #standardisation-sovétique).

            Maintenant, petite remarque sur les services secrets :
            – il y avait sur place au moins trois AWACS de l’OTAN (avéré)
            – il s’agissait d’une zone sensible, donc très certainement bon nombre de satellites millitaires étaient présents
            – en périodes de crises, il y a des agents de renseignement au sol

            Et vous allez nous faire croire que 20 Geeks avec Google en savent plus que les services secrets ? Vous plaisantez ?

              +5

            Alerter
            • Prométhée Enchaîné // 13.04.2017 à 17h57

              Ce n’est pas comme cela que ça marche. Une vidéo YouTube, particulièrement sur le conflit syrien contient probablement l’indication du lieu où se situe l’action (je ne me souviens plus s’il n’y a pas non plus une géolocalisation, ne serait-ce que du lieu où est postée la vidéo). En repérant des éléments significatifs, ont peut très bien recouper et vérifier si la localisation correspond ou non. C’est pas un gros plan sur un Macdo (en outre, moi vous me montrez une photo du Macdo de Vincennes, je vous assure qu’il ne ressemble ni à celui de Bastille, ni à celui de Nanterre, qui de toute façon disposent d’un contexte environnemental vérifiable, à condition d’avoir des photos indépendantes).

                +1

              Alerter
            • Vladimir K // 13.04.2017 à 19h21

              oui, c’est sûr que les données méta, ça ne se manipule pas, n’est ce pas ?

              Ensuite les éléments significatifs : il y a en ex-URSS des villes entières qui ont été clônées (il y a même un film sur le sujet), et même aux États-Unis, où la fantaisie architecturale n’est pas spécialement de mise, il y a des quartiers tout ce qu’il y a plus standards qui pourraient être n’importe où au pays, donc le contexte environnemental ne joue alors aucun rôle quand on retrouve le même contexte à différentes places.

              Il est tout de même très présomptueux de prétendre détenir la vérité depuis un canapé au Royaume-Uni.

              Encore une fois, on parle d’un PC portable au Royaume-Uni vs des milliards de dollars de matériel pilotés sur place par des humains compétents.

                +0

              Alerter
      • Micmac // 13.04.2017 à 12h16

        Rien dans le lien que vous donnez ne dit ce que vous affirmez.

        Que le missile ai été produit en Russie, nul ne le conteste, mais ça ne prouve absolument rien, puisque ces missiles sont produits en Russie et que l’armée Ukrainienne en est équipée depuis la guerre froide. Votre lien n’apporte absolument rien de nouveau.

        Le texte dit même le contraire de ce que vous affirmez : « Joustra said, adding that Moscow believed “it was impossible to determine the type of missile or warhead with any certainty”. »

        Bon, c’est Moscou qui le dit d’après Joustra qui dirige l’enquête, mais rien dans le texte ne vient contredire cette affirmation.

        Si on suit Wikipedia, seuls la Russie et la Chine produisent des BUKs. L’armée Ukrainienne est donc équipée de missiles produit en Russie. Vraiment rien de nouveau…

        La seule question est d’ou à été tiré le missile, d’une zone contrôlée par les rebelles ou l’armée Ukrainienne?

          +5

        Alerter
        • Prométhée Enchaîné // 13.04.2017 à 12h33

          [Modéré : pour tous : on ne repart pas sur le MH17, merci]

            +0

          Alerter
    • René Fabri // 13.04.2017 à 18h31

      Le contexte a déjà été dévoilé. Cette photo provient d’un film tourné depuis une voiture de police. Higgins l’a très probablement reçue directement du ministère de l’intérieur de Kiev puisqu’il est en liaison avec eux comme cela a été démontré pour d’autres documents. Deux photos du film ont été publiées. Higgins a pris un morceau de l’une d’elles, en coupant la partie où l’on voit le parebrise de la voiture et les essuie-glaces au premier plan, ainsi que la route et les autres véhicules autour. Higgins cache ses sources pour faire croire qu’il est indépendant.

        +0

      Alerter
  • Fritz // 13.04.2017 à 08h07

    [Modéré : fin du trolling pour tous merci]

      +2

    Alerter
  • Laurent // 13.04.2017 à 08h37

    Surtout que cela n’a rien avoir avec les régions rebelles de Donetsk et Luhansk , c’est dans la région de Kharkiv en pleine zone gouvernementale.

      +2

    Alerter
  • autrechat // 13.04.2017 à 09h39

    Vu les événements, il est opportun de rappeler que Higgins-Bellingcat a un comparse, nommé Dan Kaszeta.

    Ce Kaszeta s’est fait connaître en 2013, lors de l’attaque chimique de la Ghouta, en proclamant avoir la preuve de l’implication d’Assad (une histoire d’hexamine, c’est de la chimie).

    Après un long échange épistolaire avec lui, le professeur Theodore Postol (celui du rapport du MIT) a publié une « brève évaluation de la véracité des déclarations publiées dans la presse et ailleurs par Dan Kaszeta, expert auto-proclamé de la science et la technologie des armes chimiques ».
    = https://cryptome.org/2014/08/postol-debunks-kaszeta.pdf = (44 pages)

    Dès la première page on apprend que « durant cet échange approfondi, Mr. Kaszeta s’est montré incapable de fournir le moindre document technique pertinent ».

    Et « ce résumé très court vise à démasquer un faux expert et son complice, Eliot Higgins, qui ont reçu leur autorité d’une sérieuse défaillance de la grande presse occidentale »

      +15

    Alerter
    • Prométhée Enchaîné // 13.04.2017 à 12h43

      Bonjour mes copains modérateurs,

      [Modéré : bonjour. Nous n’avons pas les moyens de vérifier les petits bouts d’infos techniques de ci de là, fin du sujet. Merci de votre compréhension, que les gens intéressés aillent aussi lire Bellingcat chez lui]

        +0

      Alerter
  • Pegaz // 13.04.2017 à 10h51

    Une des pièce maitresse de l’enquête se trouve être « le transport du véhicule de lancement ».
    Venant de Russie le coupable est désigné, sa destination en territoire indépendantiste fait d’eux les complices. Il est intéressant de constater, même si il s’agit d’un résumé, les ressemblances entre l’argumentaire Bellingcat et celui du JIT. Ceci induit un doute et une question. La participation ou l’apport de Bellingcat est indéniable (vu précédemment 3/4), la question serait de connaitre le degré d’investigation engagé par cette commission internationale de professionnels (payé en conséquence) pour vérifier l’enquête privée Bellingcat.

      +5

    Alerter
  • Pegaz // 13.04.2017 à 12h17

    Trois jours après le drame, le scénario est déjà écrit
     » … un système qui a été transféré de Russie et remis aux mains des séparatistes » prorusses en Ukraine, …
    John Kerry and co plus rapide que Bellingcat. Trop forte c’t’équipe !
    https://www.challenges.fr/entreprise/buk-le-redoutable-missile-accuse-du-crash-boeing-777-du-vol-mh17-de-malaysia-airlines_35479

      +6

    Alerter
  • Papagateau // 13.04.2017 à 12h25

    La page wiki était horrible de parti-pris la première année, mais maintenant elle présente le point de vue de tout le monde avec honnêteté, soit 4 théories. Elle constitue donc un bon résumé des contre-arguments à toute théorie (y compris le JIT).
    Donc à voir (dans son état de 2017) avant de penser trop vite.

      +4

    Alerter
  • Fritz // 13.04.2017 à 12h57

    J’avoue être indécis quant au drame épouvantable du vol MH 17.
    D’un côté, les médias occidentaux sont biaisés, partisans, menteurs même au sujet de l’Ukraine, depuis la révolution orange en 2004, et bien sûr depuis les troubles du Maïdan en 2013.

    De l’autre, les rebelles du Donbass n’ayant pas d’aviation, la logique voulait qu’une arme antiaérienne soit utilisée par ces rebelles et non par les forces de Kiev… Si tant est que l’avion malaisien ait été abattu par un missile Buk, ce qui se discute.

    Rappelons que le drame d’un avion de ligne abattu par une armée a des précédents :

    1968, le vol Aer Lingus 712, sans doute abattu par les Britanniques
    1968, la caravelle d’Ajaccio, sans doute abattue par un tir français
    1980, le vol Itavia 870, probablement abattu par des Français ou des Américains qui voulaient abattre l’avion du colonel Kadhafi
    1983, le Boeing sud-coréen (269 morts), peut-être abattu par les Soviétiques
    1988, l’Airbus Iran Air 655 (290 morts), abattu par le destroyer américain Vincennes
    2001, un avion russe abattu par les Ukrainiens

    Sans oublier l’affaire étrange du Boeing de la TWA, en 1996.

      +3

    Alerter
  • françois brigouleix // 13.04.2017 à 13h02

    Tous les commentaires précédant le mien sont intéressants et judicieux, et cet article aussi, bien évidement. Deux petites choses toutefois :
    – les méthodes d’investigation photo d’Higgins sont grotesques et sans conclusions possibles. Il serait de toute manières assez difficile d’obtenir un résultat certain, mais au mieux un faisceaux de présomptions. Il faudrait alors faire une projection des images sur un model 3d (images de synthèses) puis réinterpréter le résultat. Bref un travail complexe, nécessitant des techniciens adéquats et le logiciels pro qui vont avec.
    – Par ailleurs, j’ai toujours été surpris que l’on puisse entendre les conversation tel. des différents protagoniste militaires : les systèmes de cryptage de com. de tout poil de la gente soldatesque sont en règle générale particulièrement délicats a intercepter.

      +4

    Alerter
  • Caliban // 13.04.2017 à 13h55

    Merci pour ce nouveau billet.

    L’exemple de cette démonstration « pseudo-scientifique » autour des chenilles en caoutchouc du BUK est assez instructif.

    Nos médias, pas plus que le public, ne savent ce qui s’est réellement passé. Mais comme le public ils sont vivement intéressés. Si les motivations sont concordantes, c’est vrai jusqu’à un certain point seulement :
    • le public cherche à savoir qui a tiré sur le Boeing pour savoir finalement s’ils sont l’objet d’une manipulation. L’unanimisme des médias privilégiant la piste russe et leur incapacité à dire « on ne sait pas ce qui s’est passé » renforcent la défiance du public.
    • les médias cherchent à montrer que la Russie est impliquée et ils s’accrochent pour cela à n’importe quelle démonstration, même les plus fumeuses voire boueuses. Dans cette approche biaisée il y a sans doute deux composantes : une prise de position politique / idéologique (les Russes sont des barbares) et une déformation professionnelle (la recherche du scoop)

    Deux grands oubliés dans cette affaire :
    • la déontologie journalistique, voire même la mission d’informer tout court
    • les proches des victimes, qui aimeraient vraiment savoir et auxquelles tout le monde – les journalistes comme le public, devraient penser plus souvent avant de l’ouvrir

      +7

    Alerter
  • Pegaz // 13.04.2017 à 14h59

    Je note que le scénario décrit par le JIT est:
     » Après le tir du missile BUK, le véhicule de lancement s’est déplacé de lui-même puis, très vite, il a été rechargé dans le camion Volvo et transporté à la frontière russe. »

    Voici la carte des observations sur base de photos ou vidéos, sachant que le matériel a été fournis par les russes et récupérer aussi sec. En ayant à l’esprit que la ligne droite est le plus court etc… et d’avoir votre boussole en main pour situer la frontière russe….
    https://www.bellingcat.com/wp-content/uploads/2014/11/81.jpg

    Pour vous faire une idée du travail de Bellingcat, rapporté et traduit par le CRCUF.
    http://crcuf.fr/post/origine-du-missile-antiaerien-buk-des-separatistes

      +0

    Alerter
    • Pegaz // 13.04.2017 à 16h10

      Encore plus fort, c’est autre carte sensée prouver l’origine russe du lanceur ! https://www.bellingcat.com/wp-content/uploads/2014/11/23.jpg

      Sa position au 25 juin rend possible son entrée en Ukraine via Luhansk. Le transporteur sur sol russe est vraisemblablement militaire et non civil. Ils n’ont prêté que le lanceur pas le transporteur. Pour ce faire les indépendantistes vont en voler un, oui Monsieur  » Paris-Match a contacté le propriétaire de la société qui lui a affirmé que le camion, unique dans la région, lui a été volé par les séparatistes. » Source CRCUF. Ce lanceur n’est pas entré et sorti d’Ukraine en 1 jours. Sa destination, Pervomais’kyi (en dessous de Torez) rend incompatible son observation à 11h du matin le 17 juillet près de Donetsk. Tout comme sa fuite par Luhansk. @google Torez et situer ces 3 villes et la frontière russe. Pour être observé à Donetsk ce BUK était déjà en Ukraine avant le 17 mais sa fuite par Luhansk reste un mystère géométrique et logique.

        +0

      Alerter
  • Commentaire // 13.04.2017 à 17h26

    A mon avis on a là l’illustration de nombreux biais de raisonnement (biais de confirmation d’hypothèse, réduction des dissonances cognitives, perception sélective…).
    Je me dis que, comme on l’entend souvent, « la nature a horreur du vide ». Ainsi les citoyens, comme les journalistes, sont prêts à tout pour savoir, y compris à contribuer à fabriquer une vérité de bric et de broc, plutôt que de se contenter d’un sceptiscime (qu’on accuse d’ailleurs vite de nihilisme de nos jours …).
    Bellingcat me fait un peu penser aux décodeurs, car au moins je suis prêt à admettre la sincérité individuelle de leur démarche. Mais le cadre fermé de leurs raisonnements, leur prétention à « l’objectivité », leurs réseaux d’influences et leur façon d’être pris pour modèle par les « puissants » en dépit de leurs résultats et démarches plus que discutables me les rendent insupportables.

    Bref, cette série d’articles sur Bellingcat, qui en ce qui me concerne ne discrédite pas leur démarche, permet quand même d’ouvrir (une énième fois, ça en devient triste) les yeux sur les doubles standards : pourquoi les-crises sont-elles décriées et bellingcat serait-il fiable, si ce n’est en jugeant sur les conclusions plus que les méthodes ?

      +4

    Alerter
  • Garibaldi2 // 14.04.2017 à 03h00

    Pour info, le Déconex(!) n’a pas encore eu le temps de passer Bellingcat.com sous sa loupe magique :

     »Notre avis :

    Nous n’avons pas encore étudié ce site. Pour en savoir plus, cherchez d’autres sources et remontez à l’origine de l’information.

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/verification/#tejmHVf5soKx1Frl.99 »

      +1

    Alerter
  • PierreH // 14.04.2017 à 11h40

    Ca commence à être étrange cette série de billets… Là en l’occurence on s’attarde sur un des éléments utilisés par Higgins et ses amis qui vraisemblablement ne suffirait pas à un juge pour condamner qui que ce soit, ok… On ne sait toujours pas clairement l’eventail des éléments qu’il a d’ailleurs utilisés (postes FB et Twitter, vidéos, témoignages, photos militaires ?) pour arriver à ses conclusions. Du coup je sens que je vais devoir aller me taper les enquêtes Bellingcat alors que les billets ici sous-entendent FORTEMENT que c’est un clown (c’était le mot d’Olivier à Arrêt sur Images) et que je n’ai déjà pas assez de temps pour répondre aux appels à participation des Crises…
    De plus, même si le point de mire de l’article est la méthode de Higgins, il s’agit quand même sur le fond de l’enquête MH17, or on modère les postes de ceux qui parlent du… MH17 !! Sachant que les conclusions de l’enquête semblent aller dans le sens de Higgins, on voit bien qu’on marche ici sur des oeufs.

      +0

    Alerter
  • Dominique // 14.04.2017 à 12h51

    Bonjour à tous.
    N’importe qui ayant déjà utilisé au moins un peu un logiciel de retouche voit immédiatement que la photo en début d’article est un très mauvais montage numérique, obtenu à partir d’une successions de copier-coller (outil « Tampon » de Photoshop ou « clone » de Photopaint) et l’ajout d’un autre véhicule à l’arrière du camion d’origine. De plus, ce travail très grossier ne cherche même pas à être crédible. Je n’arrive pas à comprendre comment on peut voir un buk dans cette… chose.

      +1

    Alerter
  • Afficher tous les commentaires

Les commentaires sont fermés.

Et recevez nos publications