C’est quand même fascinant, et ça signe tellement notre époque : le Pouvoir qui vous demande de ne plus réfléchir ni d’essayer de comprendre…

Au passage, je me suis aussi dit après coup que c’était intéressant, car le Pouvoir tourne du coup aussi totalement le dos à la culture chrétienne du pardon…

On se croirait chez les députés UMP du Sud-Est les plus durs…

Source : Liberation, Sonya Faure , Cécile Daumas, Anastasia Vécrin, 12-01-2016


«Expliquer le jihadisme, c’est déjà vouloir un peu excuser.» Samedi, le Premier ministre a exprimé, une nouvelle fois, sa défiance envers l’analyse sociale et culturelle de la violence terroriste. Une accusation qui passe mal auprès des intellectuels.
En matière de terrorisme, Manuel Valls ferait-il un déni de savoir  ? Voilà trois fois qu’il s’en prend à tous ceux, sociologues et chercheurs, qui tentent de comprendre les violences contemporaines. Samedi, lors de la commémoration de ­l’attaque contre l’Hyper Cacher, le Premier ministre a de nouveau rejeté toute tentative d’explication à la fabrique de jihadistes. «Pour ces ennemis qui s’en prennent à leurs compatriotes, qui déchirent ce contrat qui nous unit, il ne peut y avoir aucune explication qui vaille  ; car expliquer, c’est déjà vouloir un peu excuser.» Au Sénat, le 26 novembre, il avait déjà porté la charge : «J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses et des explications culturelles ou sociologiques à ce qu’il s’est passé.» Et la veille, le 25 novembre, devant les députés  : «Aucune excuse ne doit être cherchée, aucune excuse sociale, sociologique et culturelle.»

Pourquoi ce rejet  ? Ces déclarations s’inscrivent dans une remise en cause bien plus large de la sociologie qui, à force de chercher des explications, donnerait des excuses aux contrevenants à l’ordre social. Aujourd’hui, il s’agit de jihadisme, hier, de délinquance. Cette dénonciation du «sociologisme» était un discours plutôt porté par la droite jusqu’ici. Manuel Valls innove sur ce terrain –  soutenu par des journalistes comme Philippe Val (dans Malaise dans l’inculture,Grasset, 2015)  – quitte à se couper encore un peu plus avec les intellectuels de gauche. En 2015, il les sommait de donner de la voix contre le Front ­national ; aujourd’hui, il répète leur inutilité. Face à un Valls multirécidiviste, la colère monte. «Il n’y a que la sociologie qui peut ­expliquer pourquoi la France est gouvernée par un PM [Premier ministre, ndlr] si médiocre. Mais ce n’est pas une excuse», tweetait dimanche l’historien des images André Gunthert. Même le pondéré Marcel Gauchet, historien et philosophe, juge «particulièrement regrettable» la phrase de Valls«Pour bien combattre un adversaire,a-t-il rappelé lundi à la matinale de France Inter, il faut le connaître. C’est le moyen de mobiliser les esprits et de donner une efficacité à l’action publique.»

Mais sur le fond, la sociologie se confond-elle vraiment avec la culture de l’excuse  ? Comprendre n’est ni excuser ni déresponsabiliser, rappelle le sociologue Bernard Lahire dans un essai qui vient de paraître (lire ci-dessous). Le propre de la recherche est de mettre à jour les déterminismes sociaux et replacer l’individu dans des interactions aussi fortes que souterraines. La sociologie n’a donc pas pour but de juger ou de rendre irresponsable, c’est à la justice d’effectuer ce travail. Pourquoi alors une telle hargne contre l’analyse sociologique  ? «En fait, écrit Lahire, la sociologie vient ­contrarier toutes les visions enchantées de l’Homme libre, autodéterminé et respon­sable.» Or, Valls, dans sa rénovation du socialisme, souhaite promouvoir un être respon­sable. En dénonçant la culture de l’excuse, il souscrit à cette vision libérale de l’individu.

Au sein d’une autre gauche pourtant, certains revendiquent le mot. «Excuser, c’est un beau programme, estime le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie (dans Juger : l’Etat pénal face à la sociologie, Fayard, 2016). Il prend en compte avec générosité et rationalité la manière dont les vies sont formées, les violences que les gens ont subies.» Un mot qu’il veut revaloriser dans les pratiques juridiques. «Aujourd’hui, la justice utilise déjà un savoir (psychiatrique) pour lever, parfois, la responsabilité (dans les cas de troubles mentaux). Pourquoi ne pourrait-on pas utiliser de la même manière le savoir sociologique  ? Ne serait-ce pas une conquête de la raison sur les pulsions répressives et de jugement ?» (lire ci-dessous).

Plus largement, l’attitude de Valls serait symptomatique d’un déni de tout savoir sur la compréhension de la violence. «Ce qui s’est passé ressemble à une opération de non-penser de grande envergure,explique le philosophe Alain Badiou à Libération. De toute évidence, les pouvoirs ont intérêt à bloquer la chose dans son caractère incompréhensible.»

A l’inverse de Valls, on pourrait reprocher aux ­sociologues de ne pas assez expliquer. Les accusations répétées contre cette discipline ­sont peut-être aussi le reflet d’une déception. Celle d’une sociologie privilégiant les études qualitatives et l’enquête de terrain au détriment du chiffre et d’une vision globale de la société –  voire du travail avec les politiques. Quatre sociologues réagissent aux propos du Premier ministre.

 

Bernard Lahire :
«Il rompt avec l’esprit des Lumières»

«Déclaration après déclaration, Manuel Valls manifeste un rejet public très net de toute explication des attentats de 2015. Il ramène toute explication à une forme de justification ou d’excuse. Pire, il laisse penser qu’existerait une complicité entre ceux qui s’efforcent d’expliquer et ceux qui commettent des actes terroristes. Il fait odieusement porter un lourd soupçon sur tous ceux qui ont pour métier d’étudier le monde social. Ce discours est problématique à trois égards.

«Tout d’abord, le Premier ministre, comme tous ceux qui manient l’expression “culture de l’excuse”, confond explication et justification. Il accuse les sciences sociales d’excuser, montrant par là son ignorance. Tout le monde trouverait ridicule de dire qu’en étudiant les phénomènes climatiques, les chercheurs se rendent complices des tempêtes meurtrières. C’est pourtant bien le type de propos que tient Manuel Valls au sujet des explications scientifiques sur le monde social. Non, comprendre ou expliquer n’est pas excuser. Nous ne sommes ni des procureurs, ni des avocats de la défense, ni des juges, mais des chercheurs, et notre métier consiste à rendre raison, de la façon la plus rigoureuse et la plus empiriquement fondée, de ce qui se passe dans le monde social.

«Ensuite, le Premier ministre préfère marteler un discours “guerrier”, qui met en scène une fermeté un peu puérile censée rassurer tout le monde (mais qui ne fait qu’entretenir les peurs), plutôt que de prendre le recul nécessaire à la bonne gestion des affaires humaines. En faisant de la surenchère verbale pour clamer l’intransigeance du gouvernement, il prouve la montée dans l’espace public des discours d’autorité et des thématiques sécuritaires. Il devient ainsi une sorte de superministre de l’Intérieur. Il se cantonne dans un registre affectif au lieu de tenir un discours de raison, fondée sur une connaissance des réalités en jeu.

«Enfin, il rompt avec l’esprit des ­Lumières, qui est pourtant au fondement de notre système scolaire, de l’école primaire à l’université  : doit-on demander aux professeurs d’histoire et de géographie, de sciences économiques et sociales ou de philosophie de cesser de mettre en question les évidences, de cesser d’argumenter, d’expliquer et de transmettre les connaissances accumulées sur la société  ? A écouter certains de nos responsables politiques, on pourrait en déduire qu’une démocratie a besoin de policiers, de militaires, d’entrepreneurs et de professeurs de morale mais en aucun cas de savants. Ceux qui sont censés nous gouverner ont bien du mal à se gouverner eux-mêmes. Du calme et de la raison  : voilà ce dont nous aurions besoin.»

Pour la sociologie. Et pour en finir avec une prétendue «culture de l’excuse», La Découverte, janvier 2016.

Farhad Khosrokhavar :
«Il flatte une opinion publique blessée»

«La position de Manuel Valls sur les excuses sociologiques du terrorisme est indigne. Le Premier ministre semble oublier que la sociologie, en regardant à la loupe les trajec­toires de jihadistes, peut donner des clés de compréhension et donc des pistes pour en sortir. J’ai travaillé pendant plus de vingt ans sur les phénomènes de radicalisation, ce sont des sujets complexes qui ne peuvent être balayés d’un revers de main. Expliquer ne veut pas dire justifier. Mais dire l’état d’esprit de ces acteurs, c’est donner un sens et rendre intelligible le phénomène.

«Contextualiser permet de combattre les différentes formes de radicalisation et d’examiner de quelle façon la société peut y parer. Plus que jamais, on devrait donc analyser plutôt que d’abandonner ces phénomènes à des impensés. Comprendre, c’est précisément restituer, pénétrer l’intentionnalité des acteurs. Empathie ne veut pas dire sympathie. Dire qu’expliquer, c’est en partie excuser équivaut à dire qu’il ne faut surtout pas chercher à comprendre. C’est faire des jihadistes des bêtes féroces, ou alors des fous. Cette ­seconde hypothèse existe en partie. J’ai d’ailleurs souligné les fragilités mentales de certains. Pour les autres, il ne reste que la première, celle des bêtes féroces, qui consiste à souligner leur inhumanité et dire «on les tue». D’ailleurs, à la suite à la récente attaque dans un commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris, personne ne s’est interrogé sur la mort de l’assaillant.

«Finalement, il n’est pas vraiment question de sociologie. Le Premier ministre cherche à prendre des positions électoralement rentables comme il le fait avec la déchéance de la nationalité. Il tente de flatter une opinion publique blessée, en plein désarroi. La réalité demeure qu’il existe en Europe une armée de réserve jihadiste dont les acteurs sont des jeunes Européens souffrant d’exclusion sociale ou ayant grandi en banlieues. Pour la neutraliser sur le long terme, la mort ou la prison ne suffiront pas. Il faudra la neutraliser par des mesures socio-économiques, faire sortir du ghetto ces jeunes et inventer un nouveau mode d’urbanisme et de socialisation. Et pour cela, mobiliser l’ensemble des sciences sociales.»

Avec David Bénichou et Philippe Migaux, Le jihadisme. Le comprendre pour mieux le combattre, Plon, 2015.

Nilüfer Göle :
«Il franchit une nouvelle étape dans le débat sur l’islam»

«En accusant la sociologie de propager une culture de l’excuse, Manuel Valls franchit une nouvelle étape dans le débat autour de l’islam. Cette dynamique est une régression intellectuelle qui va de pair avec une politique basée sur la construction d’ennemis. En 2002 déjà, Oriana Fallaci, journaliste italienne de renom, appelait à ignorer “le chant” des intellectuels et leur prétendue tolérance pour pouvoir ­librement et courageusement exprimer la rage contre l’islam. Depuis, la rhétorique anti–intellectuelle ne cesse de se propager, trouvant d’autres porte-parole aussi bien à droite et à gauche, et ce dans toute l’Europe.

«En érigeant la liberté d’expression comme une arme dans la bataille contre l’islam, un appel à l’intransigeance gagne du terrain. A chaque étape, les tabous tombent les uns après les autres, on cherche à se libérer de la culpabilité du passé colonial, on annonce la fin du multiculturalisme, on refuse l’appellation raciste, et on ridi­culise la pensée bienveillante, «politiquement correcte». C’est la sociologie, accusée d’être porteuse de cette culture de l’excuse, qui entraverait la fermeté des politiques publiques.

«Certes, on ne peut pas expliquer des actes de violence par les seuls facteurs d’inéga­lités et d’exclusion. Ce serait bien trop superficiel. Mais il est tout aussi paradoxal d’ignorer que c’est par les enquêtes sociologiques que nous comprenons comment l’islam, les musulmans “ordinaires” comme les “jihadistes”, font partie des sociétés européennes. Le confort des frontières qui séparent les citoyens de “souche” de ceux issus de l’immigration a disparu. Les attaques terroristes en témoignent d’une manière violente et tragique. Les débats sur la présence des musulmans, la visibilité des signes religieux dans la vie de la cité en sont aussi la preuve. Le souhait de ne pas faire l’amalgame entre les différents musulmans n’a plus vraiment cours depuis le 13 Novembre. Vouloir ­juxtaposer une communauté ­monolithique de la nation avec la société, qui est de plus en plus constituée de ­citoyens aux multiples appartenances, est pourtant une nostalgie du passé républicain. Le désir d’adhérer à l’identité nationale et d’expulser ceux qui ne font pas corps avec la nation et ses valeurs conduit à une impasse politique. Plus que jamais, la sociologie peut nous aider à comprendre la possibilité de faire lien et de faire cité.»

Musulmans au quotidien. Une enquête européenne sur les controverses autour de l’islam, La Découverte, 2015.

Geoffroy de Lagasnerie :
«Excuser, c’est un beau programme de gauche»

«Je revendique totalement le mot “excuse”. C’est un beau mot. Dans le débat rituel sur “explication”, “compréhension” et “excuse”, les deux attitudes qui s’affrontent me paraissent problématiques et me gênent beaucoup. Celle qui nie, comme Manuel Valls, la pertinence même de la sociologie : le déterminisme n’existerait pas, les individus seraient responsables de leurs actes. Cette position a au moins le mérite de la cohérence. Elle sent bien que le savoir sociologique met en crise les fondements du système de la responsabilité individuelle, du jugement et de la répression ; mais comme elle veut donc laisser intact ce système, elle doit nier la pertinence de la vision sociologique du monde.

«La deuxième position me paraît la plus étrange et incohérente. C’est celle de nombreux sociologues ou chercheurs en sciences sociales qui font un usage dépolitisant de leur pratique et leur savoir, et qui affirment ainsi que la tâche de connaître les phénomènes – qui relèverait de la “connaissance” – ne doit pas être confondue une prise de position critique sur les institutions – qui relève de l’engagement –, ou que comprendre un système relèverait de la science quand la responsabilité relèverait du droit, en sorte que nous aurions affaire ici à deux mondes différents. Expliquer ne serait pas excuser. Comment peut-on à ce point désamorcer la portée critique de la sociologie ?

«Je pense qu’il faut récupérer le mot d’excuse. On cède trop facilement aux offensives de la pensée réactionnaire ou conservatrice. Excuser, c’est un beau programme de gauche. Oui, c’est un beau mot “excuser”, qui prend en compte avec générosité et rationalité la manière dont les vies sont formées, les violences que les gens ont subies, les cadres dans lesquels ils vivent, etc. Il faut revaloriser ce mot dans la culture juridique et politique. C’est d’autant plus légitime que le droit prévoit déjà des excuses – ce qui montre à quel point des deux côtés, le débat se fonde sur une ignorance du fonctionnement du droit contemporain.

«On peut penser à “l’excuse de minorité” pour les enfants, mais aussi à l’irresponsabilité pénale pour les malades mentaux. Aujourd’hui, la justice utilise déjà un savoir (psychiatrique) pour lever, parfois, la responsabilité (dans les cas de troubles mentaux). Pourquoi ne pourrait-on pas utiliser de la même manière le savoir sociologique ? J’ai assisté à de nombreux procès d’assises pour mon dernier livre. A plusieurs d’entre eux, les accusés étaient des SDF : ils boivent, ils se battent, l’un d’entre eux tombe et meurt. Je pourrais très bien comprendre qu’on déclare ce SDF irresponsable de ces coups mortels, ou qu’on atténue sa responsabilité, en raison de la façon dont son geste fut prescrit et engendré par la situation dans laquelle il s’est trouvé pris. Ne serait-ce pas une conquête de la raison sociologique et politique sur les pulsions répressives et de jugement ?»

Juger, l’Etat pénal face à la sociologie, Fayard, janvier 2016

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Bernard Lahire, sociologue : “Nos responsables politiques ont tendance à refuser toute explication”

Source : Telerama, Marion Rousset, 06-12-2015

Le 15 novembre 2015, le premier ministre et les ministre de la Défense et de l’Interieur rencontrent les forces de l’ordre à la Gare du Nord, Paris.
Photo : Eric Feferberg/REA

Face aux attentats, aux émeutes ou aux crimes, le sociologue s’inquiète de la réponse politique, qui balaye d’un revers de manche toute tentative d’éclairage apportée par les sciences humaines. “Les savants sont soupçonnés immédiatement d’identification avec les criminels”, estime-t-il.

Depuis les attentats du 13 novembre, le flot des commentaires ne s’est pas tari. Certains d’entre eux – dans la classe politique notamment, et récemment encore dans la bouche de Manuel Valls – remettent en cause de façon plus ou moins directe les travaux de sociologie soupçonnés d’« excuser » les horreurs perpétrées par les auteurs des attentats. La réponse du sociologue Bernard Lahire, qui publie justement, en janvier, un essai intitulé Pour la sociologie. Et pour en finir avec une prétendue « culture de l’excuse » (éd. La Découverte, 2016).

Que vous inspirent les récents propos du Premier ministre Manuel Valls qui ne veut plus que l’on cherche d’« excuse sociale, sociologique et culturelle » au terrorisme ?

Un premier ministre qui lance au Sénat le 26 novembre 2015 qu’il en a « assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé », non seulement confond « justifier » et « comprendre », mais dénie toute légitimité à la connaissance. C’est donc à la fois l’expression d’une profonde ignorance quant à ce que font réellement les chercheurs en sciences sociales, et la victoire du registre émotionnel et guerrier. Savoir comment nous en sommes arrivés là n’aurait aucune espèce d’utilité, il s’agirait juste de désigner le mal et de le combattre. Si Manuel Valls veut par là prouver aux électeurs de droite et d’extrême droite qu’il est intransigeant, c’est un populisme très dangereux. Mais c’est surtout le signe d’une grande confusion intellectuelle et d’un abandon de l’idéal de connaissance des Lumières.

Les attentats comme ceux qui viennent d’avoir lieu sont-ils des événements propices aux procès faits à la sociologie ?

Oui. Cela fait au moins quinze ans que ça dure en France. Attentats, émeutes ou crimes sont immédiatement suivis de déclarations politiques très musclées qui accusent ceux qui ne font qu’apporter des éléments de compréhension des faits. Les savants sont soupçonnés immédiatement d’identification avec les criminels et on leur prête, à tort, l’intention de les excuser.

Après les attaques perpétrées notamment contre Charlie Hebdo en janvier 2015, son ancien directeur Philippe Val s’en était déjà pris au « sociologisme »…

Philippe Val a consacré un livre entier à ce « mal » qu’il désigne sous le qualificatif de « sociologisme ». Mais derrière la critique du « sociologisme » se cache en vérité une haine de la sociologie. Avec un livre pareil, on assiste à une désignation très claire de l’ennemi à combattre dans l’esprit de certains : la sociologie et plus généralement les sciences sociales. Hélas, Philippe Val montre surtout dans ce livre qu’il ne connaît à peu près rien de ce que font les sciences sociales. Il s’invente un adversaire inexistant, censé dominer progressivement les esprits des acteurs politiques, des journalistes, des cinéastes, des écrivains, etc., puis se bat contre cette fiction. C’est pathétique et pourrait même prêter à rire si cela n’avait aucun écho.

 

Le terme d’« excuse sociologique » apparaît dans la bouche d’un homme politique, Lionel Jospin, en 1999. Cette critique a donc une déjà longue histoire ?

L’idée du « No excuse » était présente depuis longtemps aux Etats-Unis. Ce thème de l’« excuse sociologique » est dans tous les cas à mettre en lien avec le développement des sciences sociales qui ont accompli, au cours du XXe siècle, un formidable effort de connaissance. Et l’on sait – pensez à Giordano Bruno ou à Galilée – que tout effort de connaissance déclenche des résistances.

Comprenez-vous, malgré tout, le besoin d’invoquer la responsabilité individuelle des auteurs de graves violences, ne serait-ce que pour pouvoir juger leurs actes devant un tribunal ?

La Justice préfère le plus souvent juger des individus que des institutions ou des groupes, en ramenant les actes criminels à la « responsabilité » de ceux qui les ont commis. Mais rechercher les « causes », les « conditions de possibilité » et surtout les « processus » qui ont conduit à une situation d’attentat ou de crime n’a effectivement rien à voir avec une recherche des « responsables » ou des « coupables ». Le problème est que l’on rabat aujourd’hui la science sur le droit. En accusant les sociologues, dont le travail consiste à comprendre ce qui se passe lorsqu’il y a délits ou crimes, d’« excuser » ces mêmes délits ou crimes, on fait comme s’ils étaient dans le tribunal et qu’ils demandaient l’acquittement des criminels. Mais nous ne travaillons pas dans un tribunal. On peut, d’une part, chercher à comprendre et, d’autre part, penser qu’il faut juger et punir. L’un n’empêche pas l’autre. Mais juger et punir ne devrait pas interdire de porter un regard scientifique un peu serein sur les faits. Ce sont deux ordres de réalité totalement différents. On nous reproche de « déresponsabiliser » les individus qui commettent des crimes, alors que nous ne faisons que replacer leurs actions dans une histoire personnelle et collective, parfois de très longue durée. Les chercheurs sérieux reconstruisent les conditions de possibilité des actes, contextualisent et relient les faits commis par des individus singuliers à toute une série d’autres faits. Cela n’a aucun sens de nous accuser de « déresponsabiliser » les criminels : la science n’a ni à désigner des responsables ni à dédouaner les individus de leur responsabilité.

Et êtes-vous d’accord avec l’idée qu’il puisse y avoir une chronologie à respecter : un temps pour l’émotion et un autre pour l’explication ?

Le premier temps de réaction à des événements horribles est nécessairement émotionnel. Mais les représentants politiques devraient justement avoir pour rôle de s’efforcer de faire passer du registre de l’émotion à celui de la raison. Si l’on reste dans l’émotion, l’affect, la tristesse et surtout la colère, on ne peut qu’entrer dans des logiques immédiates de guerre – « œil pour œil, dent pour dent » – sans se demander si ce n’est pas le but recherché par les commanditaires des attentats. Nos responsables politiques ont tendance à refuser toute explication. Pourtant, le temps des explications doit nécessairement reprendre le dessus pour pouvoir imaginer politiquement les choses à faire, afin d’éviter que ça ne recommence.

La sociologie peut-elle avoir tendance à sous-estimer d’autres causes – psychologiques, religieuses, etc. – en focalisant sur les déterminismes sociaux ?

La sociologie fait son travail et n’interdit pas à d’autres sciences d’étudier les mêmes réalités qu’elle. Chaque domaine de savoir peut contribuer à une meilleure compréhension des faits. Ceci dit, la représentation que l’on se fait de l’explication sociologique est souvent très datée et parfois totalement erronée. Par exemple, quand on oppose les explications « culturelles » ou « religieuses » aux explications « sociologiques », on fait comme si les sociologues expliquaient tout par le « milieu social » ou la « classe sociale », alors que les réalités culturelles ou religieuses sont des faits sociaux et étudiés comme tels. Par ailleurs, cela fait aussi très longtemps que les sociologues intègrent dans leurs champs d’intérêt des questions encore souvent associées dans l’esprit des gens à la psychologie : les structures mentales, les structures de la personnalité, les motivations ou les désirs, etc. Il suffit de lire Durkheim, Weber, Elias ou Bourdieu pour s’en convaincre.

Ceux qui critiquent la sociologie le font souvent au nom de l’efficacité de l’action. Est-ce le signe d’un anti-intellectualisme ambiant ?

Il y a de ça, oui. On enferme les intellectuels dans une sorte d’« irresponsabilité » de « gens inactifs » qui contrasterait avec la « responsabilité » des « gens d’action ». Mais il faut se poser la question de savoir à quoi mène une action irréfléchie conduite par les seuls affects. Si on refuse de chercher à comprendre ce qui se passe, on ne peut que penser en termes de destruction du mal. Un mal décrit alors comme forcément inhumain, extérieur à nous et ne pouvant être combattu que par la force. La connaissance scientifique, elle, permet d’ouvrir le champ d’actions possibles.

Source : Telerama, Marion Rousset, 06-12-2015

91 réponses à «Culture de l’excuse»  : les sociologues répondent à Valls

Commentaires recommandés

Perret Le 19 janvier 2016 à 08h11

Cette position de Valls est tout simplement orwellienne et conforme à la posture politique française, Hollande nous a expliqué que “LA GUERRE, C’EST LA PAIX”,
Cazeneuve que “LA LIBERTÉ, C’EST L’ESCLAVAGE”, Valls nous martelle que “L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE”. Nous sommes au pied du mur devant le Ministère de la Vérité. 1984 est leur programme. Vive la Novlangue !

  1. Stella Le 19 janvier 2016 à 06h05
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    Il est certain que si l’on cherche des explications à ces gestes insensés, on risque d’y trouver des raisons qui dérangeraient ces politiques si arrogants et tellement sûrs d”eux-mêmes. Remise en question ? certainement pas!


    • Deres Le 19 janvier 2016 à 10h23
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      En cherchant à comprendre, on risque surtout de réaliser que ce sont nos élites et nos politiques qui sont à l’origine de tous nos problèmes, et ce autant par leurs actions dangereuses que leur inaction face aux dangers …

      Dans les faits, le djihadisme des français résulte de la politique cache misère du vivrensemble français, qui consiste à arroser des clientèles sans chercher à résoudre les problèmes, du soutien à des pays dangereux, de la propagation des guerres civiles dans le Maghreb et de l’inaction complète face aux prémisses. Merah, c’était en 2012 je rappelle, mais pendant 3 ans, on nous a parlé sur tous les tons de “déséquilibrés” solitaires contre lesquels on, ne pouvait pas faire grand chose.


      • fouineur Le 20 janvier 2016 à 00h26
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        Des “déséquilibrés solitaires” qui ont des officiers traitants (cas de M. Merah). Drôle d’accompagnement. …


    • Charles Le 19 janvier 2016 à 15h31
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      Les propos inouïs de Valls ne sont pas ceux d’un super crétin. Au contraire, il répondent à une stratégie politique fort travaillée, dont l’objectif est une dictature et la guerre dont celle-ci à besoin, au seul bénéfice du capital.
      Clairement exposé dans cette video de 9 mn: link to wp.me


    • Fred Le 19 janvier 2016 à 21h29
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      Que les propos de Valls ne soient en rien crédibles ni, au fond, admissibles, c’est un fait. Que, pour autant, la réponse de quelques sociologues soit convaincante. Il s’en faut et de loin. La sociologie française de ces quarante dernières années s’est montrée bien peu empressée envers la critique de l’idéologie dominante néolibérale libertaire, y compris dans ses aspects sociétaux les plus régressifs et les plus réactionnaires. Ca a été le temps de la sociologie d’accompagnement et de lubrification du système.
      Dans ce même ordre d’idées, prétendre que la “culture de l’excuse”, dans le droit fil du très libéral (et pervers) “il est interdit d’interdire”, relève du fantasme me semble bel et bien relever quant à lui du déni. Déni dont nous avons tous les jours de multiples exemples dans le moindre fait divers de société que les médias divulguent quand, et seulement quand, ils ne peut être passé sous silence.


      • groucho Le 20 janvier 2016 à 15h17
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        Chez les sociologues, les historiens, etc., il y a bien évidemment l’équivalent des “nouveaux philosophes”, c’est-à-dire les “philosophes” dont le seule caution est médiatique, ce qui les oblige à beaucoup (trop) de compromis, voire de collaboration pure et simple, avec les pouvoirs… Pour en trouver de vrais, qui existent encore, il faut aller les chercher complètement ailleurs… Ici par exemple, mais il y en a d’autres : link to bouamamas.wordpress.com


  2. DUGUESCLIN Le 19 janvier 2016 à 06h11
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    Expliquer est important pour mieux appréhender la situation et mettre en place les bonnes solutions.
    L’explication devrait permettre de dévoiler la responsabilité de ceux qui mènent une politique de destruction, de déstructuration partout dans le monde pour asseoir leur pouvoir.

    L’explication n’est pas l’excuse, et ne peut servir de justification à un échec et à son résultat désastreux.
    L’excuse si elle sert à justifier une mauvaise politique ne fait que pousser à persister dans l’erreur et à aggraver le désastre.
    Ce qui n’empêche que le djihadisme n’est pas excusable, ni justifiable, mais on peut en expliquer les sources. Le condamner, mais parallèlement mettre fin à la politique de ceux qui le nourrissent dans le but dramatique de vouloir dominer le monde par le chaos.
    Combattre le djihadisme, c’est aussi combattre tous ceux qui l’utilisent, sinon les explications ne servent à rien si elles permettent l’excuse qui justifie l’erreur.
    C’est la solution indispensable pour mettre fin au djihadisme en lui supprimant toute justification.
    Nos atlantistes ne sont pas exemplaires et activent les extrêmes.


    • V_Parlier Le 23 janvier 2016 à 20h05
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      C’est en effet ainsi que je le vois, plus clairement qu’un sociologue dont on ne sait où il veut exactement en venir. Quant à Valls, je pense qu’il essaye de se placer en futur candidat d’une gauche “sévère” en essayant de se débarrasser de l’étiquette de la culture de l’excuse qui fut le résultat d’une telle pratique, bel et bien réelle, mise en place face à la délinquance violente depuis des décennies. (Ce n’est pas pour cela que je le soutiens car pour moi c’est non seulement du bidon mais aussi une petite partie du problème). N’en déplaise aux anti-conservateurs…


  3. Christophe Le 19 janvier 2016 à 06h24
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    Y a pas moyen de lui envoyer cet article à Monsieur Valls ? Ce n’est pas pour l’excuser, c’est pour l’aider.


    • Michelle Le 19 janvier 2016 à 09h36
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      On peut toujours le lui envoyer pour voir!
      En fait je pense qu’il est enfermé dans son inconscient “aveugle. il ne veut absolument rien voir et rien entendre sur ce qui se passe actuellement en France. Il est sûr de son bon droit puisqu’il est même à la première place de “premier” ministre cf notre dame des landes!
      Il se veut entièrement LIBRE, tout seul sans les sociologues sans les psychologues, sans les hommes et femmes représentant la Culture sans aucune racine…on pourrait aller jusqu’à dire sans père et mère.
      Il confond donc la liberté anarchique avec la vraie liberté celle qui s’obtient par le respect des autres et de tous les autres qui cherchent et qui pensent et qui eux sont de VRAIS Responsables.

      Comme je ne souhaite pas faire un second commentaire j’ajoute que ce billet pour moi est vraiment formidable.
      Je ne lisais pas les sociologues, seulement les psychologues mais je m’aperçois que je pense “seule” comme eux!
      mais alors il y a de l’espoir puisque je ne suis plus seule et que d’autres que moi cherchent à comprendre des faits scandaleux.
      C’ est pourquoi, pour ne pas être mouton au moment de “je suis Charly” j’étais aussitôt allée me renseigner sur la vie d’enfance des “tueurs”.
      En fait toute la base du capitalisme le vrai le dur repose sur cette fameuse “Liberté” totale qui mène finalement à l’anarchie et au chaos.
      Plus nous serons nombreux à comprendre, à chercher, à “excuser” plus nous pourrons vivre autrement.


    • lvzor Le 19 janvier 2016 à 20h40
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      “Y a pas moyen de lui envoyer cet article à Monsieur Valls ? Ce n’est pas pour l’excuser, c’est pour l’aider.”

      Votre candeur vous honore, mais Valls, pour qui penser est déjà un délit, sait parfaitement ce qu’il combat.

      Je note aussi qu’il a réitéré son mantra : “l’antisionisme c’est de l’antisémitisme”. Dans le même temps il nous dit qu’il faut absolument distinguer les islamistes des musulmans ordinaires. On comprend que sa politique nécessite la neutrallisation de toute forme de réflexion.


  4. Patrick Luder Le 19 janvier 2016 à 07h51
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    Faire le buzz permet de fermer la discussion et non de l’ouvrir.
    Donner une information est du monologue, pas du dialogue.
    Mais quelles raisons sont derrière le blocage de la recherche de compréhension ?
    Finalement ne pas reconnaître une part de tort c’est persister dans l’erreur.
    Persister dans l’erreur ne peut se faire que par la recherche d’un avantage perdu.
    Quels sont les avantages à vouloir maintenir le moyen-orient dans la mélasse ?


  5. De passage Le 19 janvier 2016 à 07h53
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    Euh … mettre la culture chrétienne du pardon sur le même plan que la culture de l’excuse si chère aux “sociologues”, par ailleurs tous de gauche (pléonasme) et dont l’analyse est guidée exclusivement par une idéologie mortifère dont se revendique le gouvernement et dont on voit aujourd’hui les dégâts énormes, ne me parait pas raisonnable ! 😉


    • christian gedeon Le 19 janvier 2016 à 15h41
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      Bien d’accord avec vous. Mais que diable vient faire “la culture chrétienne ” du pardon dans cette affaire? Par ailleurs,et sans me faire l’avocat du diable,la frontière est souvent mince entre “expliquer “, “comprendre ” et justifier…nous avons quand même bien souvent lu sous la plume de quelques ahuris que “la société française ” avait généré les jihadistes§ Ceci étant dit;au lieu d’utiliser les termes expliquer et comprendre qui peuvent prêter à confusion,je préfère absolument qu’on parle de la recherche et de l’analyse des causes géopolitqiues et ultralibérales qui ont mené à la situation que nous connaissons. Et là bien évidemment,les “responsabilités ” sont si clairement établies qu’elles crèvent les yeux. Personne n’a je crois le moindre doute sur les auteurs des manoeuvres et des actes criminels qui ont conduit à la déstabilisation du MO,ouvrant la voie au merdier actuels. Franchement,je pense que les “sociologues ” ne sont pas les mieux placés pour analyser les choses,empreints qu’ils sont de l’a priori de la “culpabilité de la société”. Quelqu’un ici songerait i à “expliquer “les crimes nazis? ou le génocide commis par les Khmers rouges? Je ne le pense pas? par contre on peut rechercher les causes historiques et géopolitiques qui y ont mené.


      • Homère d'Allore Le 19 janvier 2016 à 19h57
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        Bonsoir christian gedeon,

        Je sais bien que le marxisme n’est pas votre tasse de thé.

        Toutefois, je ne peux que vous exhorter à lire cette “explication” marxiste des crimes nazis.

        link to marxists.org

        Que cette problématique vous sied ou non est d’ailleurs secondaire dans le débat de ce fil de discussion. C’est pour vous montrer que l’on peut chercher à expliquer sans excuser, cela pour extirper les racines du mal.

        J’ai eu l’extrême privilège d’avoir eu l’auteur de ce texte comme ami, jusqu’à sa mort en 2010. Je n’ai appris qu’incidemment qu’il avait perdu ses parents dans les camps nazis, justement.
        Or, au lieu, comme tant d’autres, de cultiver du ressentiment ou de considèrer “indicible” et “inexplicable” la Shoah, il a voulu, entre autres choses, comprendre et expliquer.

        Il n’a jamais employé le terme “excuser”.

        Par ailleurs, penseur de la complexité, il fut un immense sculpteur qui voulut donner forme à celle-ci grâce à des mobiles dont la beauté égalent l’intelligence de conception.

        link to m.youtube.com


  6. Crapaud Rouge Le 19 janvier 2016 à 07h58
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    Les savants sont soupçonnés immédiatement d’identification avec les criminels et on leur prête, à tort, l’intention de les excuser.” : et cette accusation s’étend à celles et ceux qui prêtent l’oreille aux explications des savants…


  7. Perret Le 19 janvier 2016 à 08h11
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    Cette position de Valls est tout simplement orwellienne et conforme à la posture politique française, Hollande nous a expliqué que “LA GUERRE, C’EST LA PAIX”,
    Cazeneuve que “LA LIBERTÉ, C’EST L’ESCLAVAGE”, Valls nous martelle que “L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE”. Nous sommes au pied du mur devant le Ministère de la Vérité. 1984 est leur programme. Vive la Novlangue !


    • Eric83 Le 19 janvier 2016 à 09h11
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      Quand on a lu 1984, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec la “politique” gouvernementale, qui se résume au fil du temps à la manipulation, à la désinformation, à la surveillance généralisée, au contrôle du respect de la pensée unique et à la privation de plus en plus large des libertés des citoyens.

      Il me semble que la volonté de la mère, d’un homme assassiné au Bataclan lors des attentats du 13/11, de porter plainte contre la Belgique et non contre la France, démontre que la “politique” orwellienne est malheureusement efficace.

      link to lefigaro.fr


      • Ashwolf Le 19 janvier 2016 à 12h23
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        Et cependant la comparaison avec 1984 a ses limites. Si on va vers une tendance davantage sécuritaire et vers une société un peu plus débile, qui réfléchit moins, rien n’indique que le Patriot Act ait transformé les USA en un pays totalitaire.

        La société est complexe, et s’il y a une tendance de fond de transformation de la société vers moins de libertés et moins d’égalité, il ne faut pas pour autant oublier qu’une autre tendance pousse en sens inverse, et qu’à long terme elle pourrait se révéler bien plus forte que les autres : l’aspiration à l’émancipation et à la liberté. L’aspiration à la démocratie, la vraie, pas le régime représentatif.

        De plus en plus, les citoyens de ce pays se mettent à douter de tout, à tout remettre en cause, jusqu’aux institutions. Nous en sommes un échantillon sur ce blog, mais nous sommes très loin d’être les seuls.

        Quand bien même nous serions à la veille d’une révolution (sous quelque forme qu’elle soit, pas nécessairement insurrectionnelle), nous n’aurions aucun moyen de le savoir. Une révolution prédictible est une révolution avortée.

        Votre proposition a un caractère désespéré. Or s’il y a bien un système qui est entrain de s’effondrer par pure faillite intellectuelle, c’est le régime néolibéral. Ce système est craqué de partout et sur le point de céder. Si sa dernière dérive avant sa chute est une dérive autoritaire et nihiliste, alors il y a toutes les raisons d’espérer. Soyons patients, soyons actifs, et la chute arrivera.


        • 3DredD Le 19 janvier 2016 à 14h50
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          En effet: notre monde est un mix de 1984 et du Meilleur des mondes. 1984 pour les postures viriles et martiales des dirigeants aux idées à géométrie variable, Le Meilleur des mondes pour la culture intensive de l’émotion, de l’égoïsme et de l’hédonisme chez l’utilisateur final.
          Quant à la révolution … je doute déjà suffisamment des valeurs de celle dont on nous rebat les oreilles: la continuité du système de Louis XIV, anobli par Napoléon et sublimé 150 ans plus tard par De Gaulle … et qui trouve ses meilleures éléments chez ses ennemis, c’est à dire les cathos “tradis” … c’est pas pour en avoir une autre qui serait immanquablement récupérée.


          • Ashwolf Le 19 janvier 2016 à 22h35
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            C’est de la nature même des révolutions de manquer leur cible. Ce n’est pas pour autant que les révolutions n’ont aucun effet sur la société. Elles créent une nouvelle situation, et de nouveaux problèmes se posent.

            Vous devriez écouter Deleuze sur la révolution : il dit tout en très peu de mots.

            link to youtu.be
            de 4min45 à 10min10

            “L’avenir de l’Histoire et le Devenir révolutionnaire c’est pas la même chose.”


        • vinel Le 19 janvier 2016 à 15h02
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          Je ne pense pas que le système néoliberal soit sur le point de céder.
          Au contraire,TAFTA avance dans l’ombre et va nous enserrer,nous Européens dans ses griffes sou peu.
          Les “opposants” à ce vampire ne sont que la chine,laRussie ,l’Inde et qqs autres.
          Les plus imposants sont dans une situation économiques fragile.
          Les organes internationaux des neocon Banque mondiale,FMI…ne manqueront pas d’intensifier leur guerre économique permanente.
          Les mois qui vont suivre vont permettre de découvrir tant pour l’Europe que pour le reste du monde les derniers actes du néoconservatime.


          • Ashwolf Le 19 janvier 2016 à 22h06
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            C’est parce que vous avez un raisonnement simplement géopolitique. La géopolitique n’explique pas tout. Ni la loi.

            Songez que les révolutions en europe ont eu lieu quand le régime monarchique était le plus répressif et le plus injuste, je dirais même le plus ingrat.

            Durant le moyen age, il y avait un certain équilibre entre nobles et peuple. Les nobles assumaient la fonction de protection de la population et faisaient la guerre. C’était leur rôle dans la société. Puis la noblesse a peu a peu abandonné ses devoirs pour se consacrer à la pure jouissance au détriment du peuple. Et le régime absolutiste n’a jamais été aussi fort qu’au moment ou il a éclaté partout en Europe… Songez à la Russie avec le régime des Tsars…

            Là, on est face à un capitalisme sauvage qui prend sans rien donner. La croissance est morte, les inégalités explosent partout dans le monde, et les riches n’ont plus strictement aucun rôle au sein de la société. Songez que ce sont les riches qui ont porté la révolution industrielle pendant des décennies. Aujourd’hui, ils ne portent plus rien, à part leurs portefeuilles d’actifs. Ces cons là sont entrain de crâmer la planète, de crâmer le contrat social qui les a maintenu au pouvoir pendant des décennies. Sans contrat social, plus de paix sociale.

            La situation ne va pas durer éternellement… Je ne connais pas ni la date ni le lieu du point de rupture, mais je suis sûr d’une chose. La solution ne viendra d’aucun Big Brother, d’aucune Oceania, d’aucun autre pays. La solution viendra de l’effondrement d’un système sur lui même, système qui est incapable de supporter sa structure.


    • Sébastien Le 19 janvier 2016 à 15h23
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      Pas besoin de faire appel à Orwell. C’est la trahison et le mensonge politique habituel.
      Il dit clairement: nous devons trahir nos convictions, nos électeurs, pour plaire au pouvoir au-dessus de nous et rester les administrateurs et organisateurs du chaos que nous avons créé en nous servant des populations que nous avons soutenues manipulées depuis trente ans comme bouc-émissaire pour détourner l’attention des gens.


    • Episnon Le 19 janvier 2016 à 16h40
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      La Guerre au Moyen-Orient c’est la Paix.
      La Loi de Renseignement, c’est la Liberté.
      L’Ignorance des causes du Terrorisme c’est la Force.
      Voici une image pour l’illustrer :
      link to img11.hostingpics.net

      Cette tendance à refuser toute argumentation lorsqu’il s’agit d’un sujet délicat, parce qu’on ne le maîtrise pas ou/et sur lequel on n’est pas sans reproche est clairement une dérive totalitaire. Une interdiction de fait de penser ou d’exprimer sa pensée lorsqu’elle ne se contente pas d’opiner (mais une pensée qui se contente d’opiner est-elle encore une pensée ?).

      La Novlangue empêche la pensée en apportant une confusion dans les mots et les concepts. Pour penser à nouveau il faut se défaire de cette Novlangue, montrer son incohérence, si on l’accepte c’est foutu.
      L’autre manière d’interdire la pensée est de rejeter son interlocuteur dans une zone de non-droit, en l’accusant des pires mots/maux du moment : terroriste, complotiste, antisémite, etc.
      Dans le premier cas on s’attaque au vocabulaire de la pensée, dans l’autre au penseur lui-même, en lui déniant le droit à la parole sous prétexte de folie ou/et d’immoralité.
      C’est une inversion complète, car ce double refus du débat provient des zones vers lesquels on tente de rejeter celui qui nous dérange.

      L’homme est un “animal raisonnable” son premier droit est donc de penser et son premier devoir de garantir les conditions pour le faire correctement, et notamment par une éducation et une formation adéquate (spécialement pour ceux qui sont censé nous gouverner ou nous informer).
      Des cours de logique devraient être obligatoire (pour tous mais surtout) pour les politiques et les journalistes.


  8. bajard Le 19 janvier 2016 à 08h22
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    Les grandes messes de Charlie n’avaient pas d’autre but que de nous faire basculer dans l’émotion – coupant les pieds à toute réflexion. Tout le monde a marché.
    Les commémorations et attentats ont ce rôle-là : entretenir la peur. Avec la complicité des médias qui rabâchent jusqu’à la nausée. Réfugiez-vous dans le giron de ceux qui peuvent vous protéger, même s’ils ont allumé les mèches.
    Comprendre, réfléchir, c’est gérer, et voir des choses qu’on veut occulter.
    Pas plus compliqué que ça. Mais ça entre dans le vaste mouvement d’abrutissement des médias.
    Ce que j’aimerais savoir, c’est quel pourcentage de citoyens a (ont?) ouverts les yeux… Et… bon, on fait quoi ?


    • Sébastien Le 19 janvier 2016 à 15h25
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      Tout le monde? Heureusement pas. Quand les majorités se fourvoient systématiquement, il reste toujours une minorité à qui le temps fini toujours par donner raison.


  9. bolivarien Le 19 janvier 2016 à 08h25
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    Il faut sans relâche poser les questions simples qui “terrorisent” les vrais coupables .

    – Les attentats sont une réponse à l’ingérence de la France en Syrie .
    Qui a décidé d’aller en Syrie et pourquoi ?


    • Spiridon Le 20 janvier 2016 à 02h49
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      Exactement! Et Valls, habilement, noie le poisson de la vérité dans une diatribe anti-sociologie. Et tout le monde tombe dans le panneau: pour défendre, à juste titre, une culture agressée, un savoir méprisé, les “sociologues” sont obligés de monter au créneau et de laisser de côté ce qui ne les concerne pas directement, à savoir la politique étrangère de la France.
      Valls reprend intégralement la rhétorique de G. Bush junior “ils en veulent à notre mode de vie”; à laquelle Ben Laden en personne avait répondu ” non, si c’était le cas pourquoi ne nous en prenons-nous pas à la Suède ou au Canada dont les modes de vie sont semblables?” (ca se trouve cité par Robert Parry sur consortiumnews). Alors on sociologies d’un côté, on anti-sociologies de l’autre, restant sur le petit carré français, sans jamais interroger: et pourquoi ca n’a lieu ni en Autriche ni en Finlande.
      Il faut lire et relire John Pilger: link to partage-le.com
      Pour sa clarté, son intelligence, son savoir au-delà du strict ‘sociologique’.


  10. Joséphine Le 19 janvier 2016 à 08h25
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    “le Pouvoir tourne du coup aussi totalement le dos à la culture chrétienne du pardon”: et avec le fondement de la justice, à savoir que toute personne est présumée innocente avant d’être jugée, et la recherche de circonstances atténuantes.


  11. francois marquet Le 19 janvier 2016 à 08h30
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    La sociologie, c’est de la culture, cela a tout à voir avec le combat contre la radicalisation.
    Avoir un premier ministre ignorant et prosélyte de l’ignorance est plus qu’inquiétant.
    Son programme: “Eteignez les Lumières” va aggraver le phénomène dont il ne veut rien connaître…Circulez, il n’y a rien à savoir.


    • vinel Le 19 janvier 2016 à 15h23
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      Eteindre les lumières ne suffit pas,il faut l’angoisse chronique parce que non expliqués les faits.
      Dans cette situation intellectuelle et mentale le pire peut arriver avec la bénédiction de la pluspart.
      Je pense que l’on s’achemine dans les pratiques de la théorie du choc.
      Ce choc a été- les attentats et le type d’info qui s’en est suivie.
      Dans cette position mentale dans laquelle est la population,elle est prête à accepter beaucoup d’actes,à perdre la liberté et à ignorer d’autres agressions par le pouvoir,accepter sans réaction massive à TAFTA…


  12. Kiwixar Le 19 janvier 2016 à 08h31
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    « L’Europe peut saisir à nouveau le gouvernail de la civilisation mondiale si elle arrive à réaliser un tant soit peu d’unité politique. » (Benito Mussolini)


  13. LBSSO Le 19 janvier 2016 à 08h35
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    Dans les articles que nous propose Olivier, deux citations de M.Valls :

    -“Expliquer c’est vouloir déjà un peu s’excuser ”
    Elle est à juste titre très commentée.

    -la seconde l’est moins .Devant les députés le 25 Novembre :”Aucune excuse ne doit être cherchée,aucune excuse sociale ,sociologique et culturelle”
    Je ne reviens pas sur l’amalgame volontaire que fait le Premier Ministre entre “excuse” et “explication”.
    Je relève les adjectifs qui qualifient “l’excuse”,l’explication.Elle est sociale,sociologique,culturelle.What else ? 😉

    Je trouve une omission très révélatrice.Il ne parle pas “d’excuse” ,d’explication Politique alors qu’il s’exprime devant les députés et s’adresse ainsi à un peuple pour le moins politique.Est censurée,dans nos esprits,par l’absence du mot,toute simple évocation des choix en matière de politique étrangère.

    Travaux de l’Assemblée : réunion de la mission d’information sur les moyens de Daech et audition de François Burgat, directeur de recherche au CNRS (De 28 mn à 38 mn)
    link to lcp.fr

    M.Burgat argumente que lorsque l’on parle de “déradicalisation” en insistant trop sur les aspects sociologiques on dépolitise le débat.
    M.Valls ,pour dépolitiser radicalement le débat ,a supprimer le mot politique.


  14. emmanueL Le 19 janvier 2016 à 08h44
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    “Comprendre, c’est déjà excuser”. A peu de chose près citation de Sarkozy au moment de l’affaire Merah et de la détection des délinquants en maternelle il me semble… Ou se trouve la distinction entre lui et Valls ?? Et comme en économie c’est pareil… Il est donc temps de distinguer PS de gouvernement et gauche.


    • Alain Le 19 janvier 2016 à 11h00
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      “Lorsque l’on cherche à expliquer l’inexplicable, on est prêt à excuser l’inexcusable.”
      Nicolas Sarkosy, au lendemain d’émeutes en banlieue.


  15. Alberto Le 19 janvier 2016 à 08h47
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    La “justice” condamne ceux qui sont en aval, qui ne sont que des conséquences, des exécuteurs. Dernier exemple : Kerviel qui est UN DES coupables. Les chroniqueurs sont unanimes : il est seul coupable et c’est normal de donner 30 € par Français à la Société Générale odieusement trompée par son employé. On ne va pas remettre en question le rôle des banques. Quant au terrorisme, on ne va pas remettre en question le chef des armées, les fabricants d’armes, les députés. On n’a d’ailleurs pas envie de de les comprendre, ils n’ont aucune excuse.


  16. RonRon Le 19 janvier 2016 à 08h56
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    J’ai un dilemme :

    – Soit je condamne la phrase de Manuel Valls,
    – Soit je cherche à la comprendre mais, ce faisant, j’ai peur d’un peu l’excuser.

    Mais si je condamne, je dois chercher à comprendre … et, oohh, entre la faillite du PS, les guerres occidentales au moyen orient et le positionnement proche de l’extrême droite israélienne de Manuel Valls, j’ai peur de comprendre …

    Et loin de l’excuser, je suis obligé de le condamner avec encore plus de forces.

    Comprendre, c’est aussi trouver des circonstances aggravantes !

    Finalement, Onfray avait peut-être tort, MV est pire qu’un crétin.


  17. Homère d'Allore Le 19 janvier 2016 à 08h57
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    Michel Surya, dans un récent petit essai, fait une analyse intéressante. Il considère l’opposition entre Capitalisme et Djihadisme comme une guerre de religion où s’affrontent deux mêmes mondes inconscients, à fronts renversés.

    Extrait:

    “C’est encore un point en commun qu’ont ces deux puritanismes, qu’il ne s’agit pas de renvoyer dos à dos mais de mettre face à face.
    L’un s’entend à priver de toute jouissance (les femmes, les homosexuels); l’autre à rassasier de toutes (les femmes, les homosexuels, bientôt les transsexuels).
    Tout les deux, chacun à sa façon, pour démontrer l’essentielle inanité qu’il y a à jouir. Chacun a raison; le premier suivant le modèle de la passion ascétique, le second suivant le modèle de la passion narcissique.

    Ce n’en sont pas moins deux religions.

    Qui ont comme telles partie liée à la mort. Qui sont comme telles deux nihilismes.”


    • LBSSO Le 19 janvier 2016 à 19h13
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      « Quand on disait doucement la vérité à Pierre, il se méfiait, il fallait la lui asséner avec violence, pour étourdir et paralyser les soupçons ». Sartre, Le Mur.

      Bonsoir Homère d’Allore,
      Quel ton, quelle agressivité, et ce visage, ces gestes lors du discours de M.Valls! L’autorité qui se dégage de sa prestation apparaît facilement aux yeux de chacun. Elle peut en rassurer certains. Surtout paradoxalement, ses propos véhiculent des valeurs induites, des présupposés, des sous-jacents, que des commentaires soulignent:
      -en amalgamant, « explication » et « excuse »,M.Valls évacue toute critique de la politique menée (nous l’avons tous vu sur le blog).
      Plus finement :
      -il place en premier lieu la responsabilité individuelle au détriment du déterminisme social comme l’a bien commenté Spectre plus bas. Ce qui n’est pas la tradition de la gauche.
      -en évacuant l’idée du pardon comme l’a remarqué Olivier, il place la société dans une ambiance guerrière.
      -celle-ci favorise, entretient l’affrontement de deux « religions » (Capitalisme et Djihadisme), comme vous l’expliquez , bien utile à certains pour se maintenir au pouvoir.
      Avec force et brutalité mais aussi parfois avec séduction ,il existe bien une volonté délibérée,chez M.Valls, de casser des codes tout en diffusant des messages subliminaux.

      Le Premier Ministre n’explique pas, il assène des idées pour étourdir et paralyser les soupçons afin de diffuser ,subrepticement des valeurs contraire à son camp.


      • Homère d'Allore Le 19 janvier 2016 à 21h18
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        Bonsoir LBSSO,

        Concernant Valls, il se trouve que, dans une autre vie, il y a trente ans, j’ai un peu fréquenté le bonhomme. Avant de me convertir au matérialisme dialectique, j’étais alors idéologiquement , à vingt ans, un pur produit de mon déterminisme social.
        Donc, j’étais rocardien et au PS. Je vous rassure toutefois, plutôt du côté des rocardiens de gauche, à l’époque tendance Marie-Noëlle Lienemann.
        Enfin, j’ai eu à rencontrer plusieurs fois les (jeunes) dirigeants des rocardiens parisiens qu’étaient à l’époque Valls, Alain Bauer et Stéphane Fouks. Il faut dire qu’avant l’EHESS, j’ai étudié à Tolbiac, chasse gardée du trio.

        link to mobile.lemonde.fr

        Or, il s’est raconté l’anecdote suivante.

        Rocard, après un congrès du PS, avait obtenu 4 sièges pour les rocardiens au Bureau National. L’un pour lui, le deuxième pour Lienemann, le troisième pour Huchon et il voulait donner le dernier à un “jeune”.

        Les trois compères se virent donc sommés de désigner l’un d’eux pour occuper le poste et se réunirent pour décider lequel d’entre eux l’obtiendrait. C’était un soir, dans l’urgence de donner un nom le lendemain matin.

        Les trois de considèrer alors que chacun était le meilleur pour occuper le poste.
        À la fin de la nuit, aucun n’ayant lâché le morceau, Valls aurait proposé aux deux autres la modalité suivante:
        Dans une urne improvisée, chacun inscrirait un nom sur un papier en s’interdisant de voter pour lui. Si une majorité se dégageait, les trois votants accepteraient son verdict. Le principe fut accepté.

        Au dépouillement, il y avait… trois voix pour Valls.

        Devant l’étonnement des deux autres protagonistes de ce vote improvisé, Valls aurait dit que cela prouvait bien qu’il était le plus fort des trois car il avait imposé un mode de scrutin où il était quasi sûr de gagner et qu’il méritait bien le poste.

        N’ayant pas été présent lors de cette hypothétique soirée, je ne peux certifier que l’histoire soit véridique. Mais elle était suffisamment vraisemblable pour circuler dans les milieux rocardiens à la fin des années 80.


  18. Le Yéti Le 19 janvier 2016 à 09h13
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    Les sociologues devraient s’attacher à étudier les étranges phénomènes sociaux qui ont fait qu’un pays comme la France finisse par être gouverné par des imbéciles et des malfaisants comme ce Valls et ce Hollande. Ces derniers constateraient vite qu’il ne leur serait donné nulles excuses.


  19. Vénus Le 19 janvier 2016 à 09h14
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    Comme disait F. Asselineau, aujourd’hui nous vivons bien sous la dictature qui ne porte pas son nom. Elle est beaucoup plus vicieuse, perverse. Du moins sous Staline, tu savais à peu près clairement que tu devais te taire, pour tel ou tel acte tu allais au goulag, la propagande potrait son nom, tout le monde savait à quoi cela servait . Aujourd’hui on nous dit que nous sommes libres de parler, libre de croire, libres de manifester mais au final le resultat va bientôt être le même que sous Staline. Olivier doit d’abord bien mâcher les informations pour nous les donner comme aux bébés dans un biberon, en tout cas je ne compte pas être sevrée rapidement. Un grand merci pour “la culture chrétienne de pardon”, je suis chrétienne et le mot chrétien n’est pas un synonyme de chrétin. Nous voulons que la justice soit faite. Elle est où la justice? la liberté de conscience? On nous parle des burkas et des kipas, est-ce que quelqu’un va défendre les chrétiens alors que les églises sont profanées en France et c’est très peu médiatisé. Regardez ce qui se passe dans les camps de réfigiés:
    link to leboncombat.fr
    Nous sommes sensibles à l’accueil des étrangers mais personnellement je ne veux de voyous et ceux qui prônent la division et aident ceux qui veulent nous exterminer.


  20. John V. Doe Le 19 janvier 2016 à 09h16
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    Expliquer le terrorisme actuel présente plusieurs dangers à ses yeux:
    – mettre en exergue à quel point il est le fruit voulu de leur politique.
    – créer des politiques efficaces pour le combattre
    – montrer à quel point le théâtre sécuritaire mis en place ne sert à rien
    Et subsidiairement à montrer les finalités des atteintes à l’état de droit : la mise en place de l’outil répressif nécessaire à la primauté du capitalisme financier dont les Solfériniens sont les serviteurs fidèles, notamment via le futur TTIP mais déjà via la très peu démocratique Commission Européenne & C°.


  21. luci2 Le 19 janvier 2016 à 09h17
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    @christophe

    Oui,il semble qu’il s’agisse là d’une extrême urgence …s’agissant d’un si haut gestionnaire de La Société française..!


  22. valles Le 19 janvier 2016 à 09h21
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    “Expliquer, c’est déjà vouloir un peut excuser mais le vrai juste agit pour nettoyer le monde”
    Bienvenue dans l’ancien Testament


    • tig Le 19 janvier 2016 à 09h41
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      Ni pardon, ni oubli. – Manuel Valls, 2016

      (idée pour une caricature dans Saint-charliébdo)


  23. Non Croyant Le 19 janvier 2016 à 09h48
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    “Pour ces ennemis qui s’en prennent à leurs compatriotes, qui déchirent ce contrat qui nous unit, il ne peut y avoir aucune explication qui vaille ” ça pourrait s’appliquer au MEDEF…


    • Joséphine Le 19 janvier 2016 à 13h39
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      Ca pourrait s’appliquer aux politiques eux-mêmes, du moins ceux qui tiennent de tels propos. On ne parle pas pour rien de la fracture de plus en plus béante entre “l’élite” et le peuple.


  24. Alain Le 19 janvier 2016 à 09h57
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    Quelle attitude stupide: refuser d’analyser les ressorts des comportements, c’est se condamner à ne traiter que les symptômes et on les causes: c’est le jardinier qui se condamne à faucher éternellement les mauvaises herbes en refusant de les arracher avec leurs racines !

    Mais peut-être est ce le but, car cette situation qui perdure à l’infini permet de justifier états d’urgence et autres règles liberticides utilisées pour tout autre chose


  25. social21eme Le 19 janvier 2016 à 09h59
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    Forcement la recherche d’une explication demontrerait que la lutte de classe est toujours prégnante dans nos sociétés !


  26. GUS Le 19 janvier 2016 à 10h06
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    Quand on veut combattre un ennemi, il est préférable de le comprendre, ça aide. ça n’a rien à voir avec de l’excuse.
    Bien sûr, on peut aussi choisir de taper aveuglément sans discernement. ça s’appelle la culture de la haine; ça soulage sur le coup, mais ça ne permet pas de résoudre le problème. Mais au fond, inconsciemment, veulent-ils résoudre le problème ou au contraire s’appuyer sur lui pour installer leur pouvoir. Tous les régimes dictatoriaux ont besoin de se créer un ennemi pour exister. Ils vivent de la guerre, la pire chose qui pourrait leur arriver, c’est de la gagner.


  27. Ladioss Le 19 janvier 2016 à 10h14
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    La sortie de M. Valls est aussi et avant tout un fantastique moyen d’exonérer le pouvoir de toute responsabilité dans la situation actuelle. Notre classe politique, en détruisant l’école et les mécanismes d’intégration classiques (pas parfaits, mais toujours mieux que le vide actuel), en laissant filer un chômage qui gangrène la société, en se mettant servilement (depuis Sarkozy) à la remorque des politiques menées par les néocons américains qui détruisent méthodiquement le moyen-orient depuis maintenant une quinzaine d’années, autant d’éléments parmi d’autres qui créent une situation délétère dans notre pays, auraient des comptes terribles à rendre à la nation française…


  28. noel Le 19 janvier 2016 à 10h26
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    En clair, arrêtez de penser. Nous avons tout prévu : consommez, amusez-vous, drogue, alcool, tabac, anti-dépresseurs, restez cloîtrés devant vos TV, radio, internet, jeux vidéo. Et pour les “chanceux” ayant encore une activité professionnelle bien remplie, “épanouissante”, encore et toujours métro, boulot, dodo !

    La dictature avance à coups de slogans, de diktats, de petites phrases. Dicter à quelqu’un la conduite qu’il doit tenir, l’attitude qu’il doit observer, les réponses conformes qu’il doit donner, c’est lui suggérer, lui indiquer secrètement par avance le comportement à adopter selon les instructions gouvernementales.

    En creux, ne nous est-il pas suggéré, citoyens lambda d’adopter le profil du fonctionnaire d’État à commencer par son trop fameux “devoir de réserve”. Voici la version “soft”.

    La version dure viendra probablement lorsque chaque “lambda” sera officiellement un “réserviste” potentiel au service de l’Etat profond, à savoir du clan qui nous dirige.

    Ce dernier s’est arrogé tous les Pouvoirs régaliens émanant traditionnellement du Peuple. Usurpation par la force tranquille autant dire la ruse déployée depuis des décennies. (1973 et suivantes années).

    Ne préparent-ils pas la création d’un “Homme nouveau” en deux catégories “d’ersatz de citoyens” ? L’un, le collaborateur d’un régime ultra-autoritaire. Il se fera une joie des pires dénonciations familiales ou de voisinage.

    Et puis, l’autre, le non-conformiste, à l’image du “penseur de Rodin”.

    La police administrative de le pensée avec ses outils juridiques et technologiques de pointe se chargera de placer le curseur selon l’arbitraire du moment dicté par “non–france”.

    Culture de l’excuse ? Non, inculture de la ruse.


  29. Charlie Bermude Le 19 janvier 2016 à 10h36
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    Ce qui m’étonne , le plus , là , c’est que personne ne reléve que ce premier ministre , sort de son domaine de compétence . En plus il récidive , car il a déjà eu des interventions de ce genre , en philosophie et en histoire .
    On pourrait comprendre qu’il se soucie de l’opinion publique sur sa politique , à défaut de parlement . Qui peut croire que l’opinion lit ces sociologues ?
    En clair Valls se comporte en chef religieux , implicitement il confond l’état , organisme de pouvoir laique , en principe , surtout en France , et le pouvoir religieux .
    Dans notre civilisation occidentale , c’est une caractéristique , bien avant l’idée de laicité que les deux sont séparés , de fait . C’est au contraire une caractéristique orientale de les confondre .
    D’où ma perplexité , Valls est il occidental ?


    • Astatruc Le 19 janvier 2016 à 13h53
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      Valls a juste une licence d’histoire, il ne devrait même pas être premier ministre alors quand vous parlez de compétences, je me marre!
      Quand vous voyez que la ministre de l’enseignement supérieur et de l’éducatuion nationale, NVB n’a elle aussi, qu’une petite licence en histoire, 3 année d’études après le bac, vous commencez à comprendre……
      Ils ne sont pas choisis pour “leurs compétences”.
      pourquoi alors?
      Valls a fait à peine 6% ……..


      • Agent Smith Le 19 janvier 2016 à 15h20
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        Bonjour,
        Je n’ai aucune sympathie pour Vals ou Valaut-Belkacem, cependant je trouve sidérant (euphémisme) de juger un politique sur ses diplômes tout en s’offusquant d’être dirigé par une “élite” ou autre “oligarchie” comme on le lit ou entend souvent.
        Quel mépris de caste ! Personnellement je ne demande pas à un élu d’avoir un doctorat en physique nucléaire mais plutôt de concrétiser son programme, bref d’agir pour ce qu’il a été élu.
        Ainsi à vous lire, seuls les énarques et polytechniciens possèdent la légitimité académique de régir le pays ? La vision, l’éthique, les idées, le charisme sont donc superflus ? Donnons donc les rennes du pays directement à la prochaine promotion de Polytechnique sans passer par la case vote… (manière Xcrise il y a quelques décennies – histoire très intéressante d’ailleurs), cela s’appelle la bureaucratie, ça fonctionne pas mal…

        Les gueux ne devraient pas avoir le droit d’exercer aucune responsabilité politique donc, je vous cite “x a juste une licence d’histoire, il ne devrait même pas être premier ministre”.

        Perso, j’ai beaucoup plus de respect pour un Beregovoy, titulaire d’un cap d’ajusteur que pour un Cahuzac très diplômé (doctorat) ou un Fabius (SPo / ENA). Et je suis moi même bac +8 (doctorat shs).

        Pour parachever votre pensée vous avez oublié de mentionner que les 2 seuls ministres que vous citez sont de surcroit nés hors de France. Des migrants sous diplômés et quand même ministre !

        Bref si le niveau d’étude faisait la compétence politique nous ne vivrions pas ce merdier à la vue des cv de ceux qui nous gouvernent depuis 50 ans, ou alors tout est de la faute de Beregovoy qui a plombé le pays de son incompétence avec son méprisable cap…


        • Astatruc Le 19 janvier 2016 à 19h05
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          Bonjour Agent Smith,
          Vous avez raison, je me suis mal exprimé.
          Je suis d’accord avec vous:”La vision, l’éthique, les idées, le charisme sont importants ” mais Valls n’a aucune de ces qualités.
          Si il avait au moins une qualité reconnaissable, cela ne me dérangeait pas qu’il soit si peu diplômé.
          Par ailleurs, il est premier ministre, Valls n’a a proprement jamais travaillé, il est dans les couloirs du pouvoir depuis ses dix-sept ans, que connat-il à la vie des travailleurs?
          Par ailleurs, en tant que premier ministre, je pense qu’une formation en géopolitique n’aurait pas été de trop., non?
          J’ai rencontré des gens très intelligents sans dipôme et des gens très diplômés pas intelligents pour un sou, juste des gens capables d’emmagasiner de la connaissance et infoutus de l’utiliser.


        • Furax Le 19 janvier 2016 à 19h27
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          NVB est diplômée de Sciences Po Paris. Elle est tout sauf une sous-diplômée. Elle est d’ailleurs la preuve que décidément, il y a un problème avec nos “grandes écoles” puisqu’elle est l’archétype poussé à l’extrême du dévoiement de l’action politique en spin, autrement dit en propagande, en mensonge, en vide sidéral masuillé par des manipulations médiatiques et en sectarisme au service d’une bouillie idéologique nuisible.

          Sur le fond, donc, je suis bien d’accord avec vous. Le diplôme ne garantit pas du tout des gouvernants de qualité. Mais ceux qui n’ont guère de diplômes et qui en outre sont depuis la fin de leurs études des apparatchiks de la politique, bref des parasites ambitieux, incompétents et souvent nuisibles, sont les pires de tous.


    • Spiridon Le 20 janvier 2016 à 04h16
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      Euh, oui, très occidental même. Autant que Mussolini et Franco!


  30. Outis Le 19 janvier 2016 à 10h38
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    Bonjour,

    Expliquer la politique c’est déjà un peu l’excuser.


  31. adrien Le 19 janvier 2016 à 11h21
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    Peut on demander à une personnalité telle que Valls de réfléchir ? Manifestement non .
    link to blog.mondediplo.net
    C’est pourquoi il n’a aucune excuse, compte tenu de ses responsabilités dans ce gouvernement où il devrait assurer la cohésion nationale . Ni lui, ni surtout celui qui l’a nommé à ce poste pour affirmer l’autorité d’un état qui se révèle déficient, bien loin de l’esprit des lumières !


  32. LeBonJean Le 19 janvier 2016 à 11h31
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    Juste comme ca, est-ce que Valls a été élu une fois ?

    Ou est-ce que c’est toujours via des politiques qu’il a eu ses postes ?

    Comment est-ce qu’un mec aussi détesté en France peut arriver à un tel poste de pouvoir ? C’est pas un peu du foutage de gueule ?


  33. thmos Le 19 janvier 2016 à 11h32
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    Expliquer, même sans s’excuser serait un progrès… Un élu c’est déjà déconnecté mais un non élu aux manettes est condamné à la surenchère, jusqu’à la sortie. De Vilepin lui expliquera.


  34. step Le 19 janvier 2016 à 11h43
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    Non justement, on patauge en plein dans la culture de l’excuse dans ce débat.

    Il est absolument prioritaire pour les dirigeants -au vu de leurs lachetées nombreuses et répétées en politique étrangère, en politique sociale, en politique économique – que le lien ne soit pas fait, ne serait-ce qu’un peu entre le terrorisme et leur action. C’est ce que ne permet pas la sociologie, qui indique que le substrat d’individualisme narcissique, jouisseur promu par la société qu’ils prétendent diriger (et dont ils sont des exemples accomplis dans leur immense majorité) , est aussi – quand il se heurte à l’impossibilité de s’accomplir – celui des escrocs, bandits et autres djihadistes. On notera d’ailleurs la porosité entre les deux ensembles, qui ne font que modifier la religion au nom de laquelle ils commettent leur forfaits (mammon/islam)… Comme quoi, même les individus qui ont ce profil psychologique ont des aspirations à l’élévation vers des préceptes moins prosaïques.

    Les politiques veulent au dessus de tout ne pas avoir à reconnaitre une erreur, c’est incompatible avec leur narcissisme, comme évoqué précédemment. C’est donc au choix un malentendu, l’imbécilité ambiante qui ne perçoit pas leur génie ou au pire leur incompétence voir un complot.(cf DSK,cahuzac,sarkozy,copé, Le pen…) Il est donc indispensable de trouver un plus coupable qu’eux, idéalement mort, à charger de tous les tords, et surtout éviter une analyse critique de leurs déclarations outrées. Bref, le portrait idéal du terroriste aux épaules bien larges une fois transformé en passoire.


  35. Astrolabe Le 19 janvier 2016 à 12h15
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    En clair “Chercher à comprendre, c’est déjà désobéir” donc d’abord “silence dans les rangs !!!. Plusieurs personnages dans ce gouvernement illustrent bien le principe de Peter, c’est à dire le seuil d’incompétence. Nombreux sont ceux qui sont bombardés au sommet de hiérarchie sans connaître les domaines qu’ils auront à gérer. Faute de connaissances ou d’arguments, ils s’appuient alors sur les bonnes vieilles méthodes jacobines, autoritaires, bolchévisantes, et j’en passe et des meilleures, etc. Les “poses”, l’arrogance, les injures, remplacent toute forme de débat, le tout sous les hourras des médias aux ordres.


    • vinel Le 19 janvier 2016 à 15h46
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      Je partage votre point de vue.
      Je crois en plus qu’il y a de l’opportunisme de la part du Premier ministre.
      La Theorie du choc est ou devient applicable.
      Dans une situation d’angoisse ,d’inquiétude la population est dans son ensemble prête à accepter b toute régression et atteintes à ses libertés des lors qu’apparemment sa sécurité physique est revenue ou renforcée. Pourquoi cette attitude gouvernementale?
      Une agression terrible envers notre mode de vie qui va sans doute être démantelé par le traité euro-atlantique TAFTA.
      Notre protection sociale et nos règles de société vont être définies par les multinationales,que ce soit le droit du travail,le droit de l’environnement….
      Actuellement toutes les modifications de nos droits sont à la baisse.
      Une seule règle”le marché libre et non contraint”Aucune loi ne peut s’y opposer des lors qu’elles limitent les bénéfices des entreprises et des multinationales.
      Cela sous entend la perte de pouvoir des institutions,états ,communes…et la disparition des services publics!
      TAFTA en discussion dans le secret sera La cinquième r signé dans l’année 2016 par l’UE.
      Réagissez,le servage est proche!


    • chb Le 06 février 2016 à 16h34
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      Etrange que les sociologues cités n’aient pas tracé le parallèle entre Valls et son prédécesseur (modèle?) en énergique vitupération, Sarkozy. La proximité d’attitude saute aux yeux des internautes, pourtant. Voire le voisinage dans les thématiques de prédilection.
      En ce qui concerne précisément le terrorisme jihadiste, ils partagent une inclination à « comprendre » et même « excuser » les frasques dictatoriales et sectaires des monarchies du Golfe. Tout en sachant pertinemment que Riyadh et Doha sponsorisent et équipent les bandes armées, l’un et l’autre sont d’une discrétion de violette quant à la destination des armes françaises. A peine limitent-ils parfois le flot d’imams trop sectaires, pourtant pointés régulièrement comme cause de la radicalisation des racailles de banlieue…
      Autre point commun, leur vision de la nation : qu’en dit le sociologue ?


  36. Astrolabe Le 19 janvier 2016 à 12h29
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    D’ailleurs, je vois encore dans la newsletter du Spiegel de ce matin que la CDU insistait pour que les ministres et assimilés du gouvernement Merkel respectent le mot d’ordre “Klappe halten !”, c’est à dire “fermer sa gueule” (surtout à propos de l’affaire de Cologne !). On voit bien que l’axe Bruxelles – Berlin – Paris fonctionne parfaitement, pas de fausses notes dans le choeur des nouveaux politiques. Ils oublient que les spécimens du Jurassic Park ont déjà ou vécu eux-mêmes ou cotoyé des gens qui ont vécu des phénomènes semblables dans le passé. D’abord on élève le ton, ensuite on montre dents, ensuite on dit “quand j’entend le mot “sociologie” je sors…. !!!!


  37. Crapaud Rouge Le 19 janvier 2016 à 13h07
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    Or, Valls, dans sa rénovation du socialisme, souhaite promouvoir un être respon­sable. En dénonçant la culture de l’excuse, il souscrit à cette vision libérale de l’individu.” : pas seulement avec la vision libérale, mais aussi avec… la charia ! Vous avez volé ? Allez, hop, pas d’excuses, vous êtes seul responsable, on vous coupe la main !


  38. LBSSO Le 19 janvier 2016 à 13h19
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    Olivier écrit :
    “le Pouvoir tourne du coup aussi totalement le dos à la culture chrétienne du pardon…”

    Je n’avais pas vu cet épisode sous cet angle que je trouve juste.
    Alors ,si Olivier a raison de quoi est-ce révélateur ?
    On ne peut pas ,par définition, revenir sur un acte passé,il est figé ,inscrit à tout jamais.Partant , dans le cas d’un acte odieux on prend le risque en le figeant ,de s’enfermer dans les remords ,la rancœur , le ressentiment ou encore dans la vengeance éternelle.La paix devient alors impossible.La promesse d’un monde meilleur,pacifié, devient irréalisable.
    Le pardon est donc indissociable de la promesse.Sans pardon pas de progrès possible.Sans pardon pour les actes passés pas de futur radieux.
    Or nous vivons dans une époque de l’instantané,du temps présent qui fait peu cas d’un passé encombrant (pardon) et délaisse un futur (promesse) devenu imprévisible.

    L’abandon du couple pardon/promesse est révélateur d’une ambiance de guerre.

    (un modeste merci à H.Arendt)


    • Michelle Le 19 janvier 2016 à 14h37
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      Actuellement j’étais justement en train de réfléchir au pardon chrétien qui dit si je ne me trompe. “Si tu es fâché avec un des tiens vas le trouver, explique-toi avec lui et en pardonnant vous pourrez ensuite avoir à nouveaux une saine relation.”
      Jamais les deux antagonistes ne peuvent évoluer ensemble vers un pardon réciproque, à moins d’un miracle!
      Or il est vrai que lorsqu’on est fâché avec quelqu’un parce qu’on a des griefs que cette “colère” cette rancoeur rongent finalement votre esprit. Il est simplement utile de la retirer de son coeur sans pour autant demander que l’autre en fasse autant.
      Vu sous cet angle, cette culture du pardon est absolument nécessaire pour aller de l’avant vers la promesse comme le dit si bien LBSSO.
      Et c’est exactement ce que les politiques norvégiens ont fait lors de la fameuse tuerie incompréhensible. L’assassin a pu s’expliquer lors de son procès, il est en prison et les victimes ont été honorées normalement.
      Malheureusement il en est autrement en France!


  39. social21eme Le 19 janvier 2016 à 13h33
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    Valls éfface la culture du pardon d’influence chretienne il faut le reconnaitre, pour passer a la culture du Talion d’influence….


  40. Alae Le 19 janvier 2016 à 13h35
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    Apparemment, il y a panique à bord. La situation échappe à leur contrôle, leurs “narratives” prennent l’eau de toutes parts, les invectives stéréotypées (“Jurassic park”) n’effarouchent plus personne, les gens commencent à poser des questions gênantes, à dénoncer les pays sponsors du terrorisme – malheureusement des alliés de l’Occident – et les personnages comme Valls ont de moins en moins de réponses vraisemblables à apporter aux interrogations justifiées des uns et des autres. Alors, sa solution, c’est celle du désespoir : que chacun cesse de poser des questions embarrassantes et s’indigne uniquement sur ordre gouvernemental contre ceux qu’on lui désigne, c’est un ordre. Terminé, rompez.
    Quand la propagande ne marche plus et qu’on n’a plus du tout d’arguments, on devient tyrannique. Forcément.


  41. noel Le 19 janvier 2016 à 14h20
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    Il nous est implicitement demandé de “ne pas chercher à comprendre” ! Je dirai même plus de vouloir trop comprendre ! Bientôt l’injonction ?

    Trop comprendre, c’est vouloir démasquer la ruse, la supercherie à savoir le passage d’une démocratie peau-de-chagrin de façade à une dictature non avouable laquelle s’est doté en catimini d’ores et déjà des moyens autoritaires de son exercice.

    Autant dire de nous mettre au “garde à vous” à savoir participer à des messes charlatanesques !

    Ces dits “responsables” ne laissent désormais plus la place, ni au dialogue, à la critique, à la concertation, ni à la contestation.

    Sinon gare à vous avant garde-à-vue !

    Ne traverserions-nous pas la période des avertissements ?.


  42. Spectre Le 19 janvier 2016 à 14h25
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    Le plus cocasse, dans la crasse inculture de M. Valls, c’est qu’il ignore apparemment que les préoccupations des premiers sociologues étaient in fine de changer la société (ce qui, d’ailleurs, est toujours le cas). Il ne s’agit donc pas de décrire le réel pour s’en contenter, mais de le comprendre pour le modifier. Cela dit, on conçoit volontiers que cet état d’esprit soit parfaitement incompréhensible pour un politicard indifférencié dont l’activité principale consiste à gesticuler pour que rien ne change, et ce afin que sa petite caste de privilégiés continue à squatter les places au soleil.

    Attendu qu’avoir un cerveau fonctionnel (ou simplement ouvrir le dictionnaire) permet de dissiper tout éventuel malentendu…

    EXPLIQUER. — Faire comprendre quelque chose par un développement, une démonstration écrite, orale ou gestuelle.

    EXCUSER. — Exprimer des paroles ou faire des gestes visant à abolir les effets d’une faute ou d’un manquement vis-à-vis de quelqu’un.

    Attendu qu’un enfant de 9 ans comprendrait la différence entre les deux concepts, on peut se demander d’où vient cette vieille antienne (expliquer = excuser, comprendre = justifier). Philosophiquement, cela vient d’une tradition qui rejette l’idée de “déterminismes” sociaux, économiques, culturels, etc., lui préférant une invocation de la “liberté individuelle” qui permet de pleinement responsabiliser l’acteur et ainsi d’absoudre la société. Mécaniquement, cela revient à axer la réponse sur le plan répressif : il n’y a rien à faire en amont puisque l’individu libre a choisi de lui-même son acte. Au final, on retombe tout simplement sur l’idée du Bien contre le Mal, une lecture bêtement morale. C’est d’autant plus rassurant pour une société en plein déni qui refuse catégoriquement d’accepter l’idée que c’est bel et bien une partie de ses propres enfants qui tourne ainsi. Mais chut ! Dormez, braves gens. Il n’y a rien à expliquer : c’est le Mal. (Ou, version biologisante-raciste : c’est dans les gènes…)

    Les interventions déplacées dans la vie intellectuelle, les anathèmes lancés contre les penseurs non-alignés (Onfray, Todd, etc.), la valorisation paternaliste de l’“autorité,” la propagande de l’Embrigadement National sur des valeurs toujours invoquées, mais jamais définies et encore moins mises en oeuvre, l’appel assumé à la stupidité et l’obscurantisme : voilà un climat qui n’est pas sans évoquer de riants précédents.


  43. noel Le 19 janvier 2016 à 15h29
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    Du balladurien 23 avril 1995 “Je vous demande de vous arrêter”, nous sommes passés 11 ans plus tard au “je vous demande d’arrêter ….. de penser, de réfléchir et d’essayer de comprendre”.

    Lorsqu’un débat tourne court parce que votre interlocuteur ne dispose plus des arguments raisonnables et raisonnants, faits et documents à l’appui afin de démontrer à l’ensemble d’une assemblée objectivement que vous êtes dans l’erreur, il ne lui reste plus que sa volonté impériale de vous faire taire avant d’employer la force si nécessaire.

    Comportement élémentaire dans une cour de récréation !


  44. BA Le 19 janvier 2016 à 16h18
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    On a un petit problème.

    Mardi 19 janvier 2016 :

    Le temps presse pour maîtriser la crise migratoire, selon M. Tusk.

    « L’Union européenne (UE) n’a pas plus de deux mois pour maîtriser la crise migratoire. Passé ce délai, elle devra tirer un trait sur l’espace Schengen de libre-circulation », a déclaré mardi le président du Conseil européen, Donald Tusk, devant le Parlement européen.

    Donald Tusk a également mis en garde contre le risque d’échec du “projet politique” européen si l’ensemble communautaire ne parvient pas à exercer un contrôle efficace à ses frontières extérieures.

    L’Europe est confrontée, depuis l’année dernière, à la plus grave crise migratoire qu’elle ait connue depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

    link to romandie.com


  45. Milsabor Le 19 janvier 2016 à 16h27
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    L’économie d’explications sur les causes (le terrorisme) entraîne l’économie d’explications sur les effets (l’état d’urgence).


  46. Andrae Le 19 janvier 2016 à 18h00
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    Juste de distinguer la sociologie qui cherche à décrire, à constater, interpréter, et fournir des explications, de l’appareil policier et judiciaire. Ce sont deux niveaux, univers, différents.

    Noter que le mélange provient en grande partie des USA, ou le passé des individus est utilisé un max pour ‘excuser ou expliquer’ des crimes. Dans certains cas seulement bien sur, dans leur système pourri. (Style: il a été abusé enfant, il a un stress post-traumatique, il doit prendre des médicaments, il n’était pas lui-même, etc.) Bon cela ouvre bcp de portes de discussion…la folie et le crime, etc.

    OB écrit: Au passage, je me suis aussi dit après coup que c’était intéressant, car le Pouvoir tourne du coup aussi totalement le dos à la culture chrétienne du pardon… Oui.

    Mais c’est quelquepart plus sérieux ou compliqué: ceux ayant commis des actes de violence meutrière certes extrèment graves sont privés d’arrestation et de procès (car ils sont tués.. quand le dernier procès pour meutre terroriste en France?) qui selon les coutumes, sont effectués pour investiguer, comprendre, se munir des faits pour pouvoir appliquer une peine juste. Ce qui comprend un espoir de réhabilitation, et de pardon par le ‘lavemement, l’effacement possible’ de la faute (comme la peine de mort n’existe pas officiellement.)

    Je ne dis pas qu’il faut pardonner des fous, des ‘terroristes’ ayant tué plein de passants ou autre, mais que le système francais nage dans des contradictions hallucinantes.

    En plus, le fait de ne pas investiguer fait perdre confiance dans le système – comment croire la presse mainstream quand il n’y jamais d’élucidation sérieuse? C’est très suspect! Vraiment! Que c’est il passé à Charlie Hebdo ??

    Quand des personnes ordinaires subissent un répression (ou bien très réele ou pour la forme des statistiques, etc.)? Le contre-coup risque d’être dur…

    En même temps, la traque des ‘terroristes’ potentiels (liens avec d’autres, fréquentation d’une mosquée, etc. etc.) commence à ressembler à un check-list banal de ‘criminels / terroristes potentiels’ – un dépistage de ‘crimes de pensée’ — en substitution de la stigmatisation, la tare, de l’origine, comme pour les Juifs..

    En tuant les terroristes, on rentre dans une logique de *dent pour dent*. Ce qui ne fera bien sur qu’augmenter cette logique et tous genres d’attaques…


    • Subotai Le 20 janvier 2016 à 07h27
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      On est toujours le fruit de la société dans laquelle on vit.
      Le comportement d’un individu quel qu’il soit est la résultante de la génétique, de son intelligence, de son milieu social et de la société dans laquelle il vit. La part de la société étant d’autant plus importante que l’intelligence s’éloigne de la médiane et suivant la qualité de la structuration de son milieu social. C’est bien pour ça que certaines sociétés considèrent comme collective la responsabilité du groupe social le plus influent de l’individu délinquant.

      La méchanceté existe, l’avidité et la paresse aussi, mais la plus commune des émotions et celle qui entraine le plus de comportements asociaux est la peur.

      La société dans laquelle nous vivons en est arrivé à ignorer l’existence la peur et à mettre le respect de la vie humaine au dessus de tout.
      La peur est pourtant partout, entretenue à tous les niveaux.
      Comment peut on maintenir la cohésion sociale quand on ne prend pas en compte une des motivations fondamentales du comportement humain et qu’on refuse de mettre en œuvre les moyens nécessité par la sacralisation de la vie de l’idéologie dominante.
      Que fait on de l’humain déboussolé par les circonstances et qui sort du cadre?
      La prise en charge sociale est minimale par manque de volonté de mettre les moyens nécessaires. Résultat, on parque des asociaux qu’on ne peut corriger dans des conditions qui mettent en question l’idéologie fondamentale de la société des Droits de l’Homme.

      Je vois très bien revenir la peine de mort dans le Droit français. D’autant plus qu’elle est déjà appliquée sans état d’âme depuis quelques temps puisqu’on ne traine plus en justice les criminels violent; on les élimine sous l’œil des caméras.

      Notez que je suis contre la peine de mort. Pas pour des raisons d’éthique mais parce que la Justice dans les conditions actuelles ne prévoie aucune conséquence pour les responsables de la sentence, en cas d’erreur judiciaire.


  47. Benjamin Le 19 janvier 2016 à 19h09
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    Je partage une information concernant un projet de Valls qui n’est pas directement en lien avec l’article. Valls demande avis au Conseil d’État quant à la légalité de camps pour “fichés S” : link to twitter.com


  48. Bruno Le 19 janvier 2016 à 19h40
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    On peut critiquer Valls. Mais parlons un peu de la presse. Qui distille la peur et qui en profite pour vendre du papier en surfant dessus. Le chômage va tuer 14’000 personnes cette année. Le terrorisme a tué 147 innocents, assassinés par une quinzaine de débiles mentaux. Ce n’est pas eux qu’il faut étudier et essayer de comprendre: Ils n’en valent pas la peine. C’est comment notre société peut se laisser aveugler et mener en bateau par des politiciens comme Valls. Qui instaurent un état d’urgence permanent en surfant sur l’émotion. Et petit à petit détruisent tout ce qui nous permettrait de lutter contre leurs politiques. Je joins le lien sur un commentaire d’un article américain qui remet en perspective les décès dus au terrorisme et les autres causes de mortalité. Après l’avoir lu, on ne peut que penser: Nous sommes des veaux et nous avons les politiciens que nous méritons. link to wordpress.com


    • Spectre Le 19 janvier 2016 à 19h53
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      “Le terrorisme a tué 147 innocents, assassinés par une quinzaine de débiles mentaux. Ce n’est pas eux qu’il faut étudier et essayer de comprendre: Ils n’en valent pas la peine.”

      La folie ou la maladie mentale, c’est un peu court comme explication. Il y a sûrement un certain pourcentage de zozos chez eux, mais un jour il va bien falloir se demander sérieusement pourquoi même des gens lambda (non-religieux, même pas délinquants, etc.) finissent ainsi fanatisés… ne serait-ce que pour éviter leur multiplication.

      D’accord pour le reste de votre message.


  49. Macarel Le 19 janvier 2016 à 20h08
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    Puisque ces gens ne pensent plus, mais se contentent de réagir aux événements, pourquoi ne pas les remplacer par des robots ?

    La mort de l’intelligence, c’est le début du fascisme.

    « À mort l’intelligence ! » paroles attribuées au Général franquiste José Millan-Astray

    link to fr.wikipedia.org

    Réponse de Unamuno (poète, romancier, dramaturge, critique littéraire et philosophe espagnol ) :

    “Éste es el templo de la inteligencia, y yo soy su sumo sacerdote. Estáis profanando su sagrado recinto. Venceréis, porque tenéis sobrada fuerza bruta. Pero no convenceréis. Para convencer hay que persuadir, y para persuadir necesitaréis algo que os falta: razón y derecho en la lucha…”

    “Ceci est le temple de l’intelligence, et je suis son prêtre suprême. Vous êtes en train de profaner son enceinte sacrée. Vous vaincrez, parce que vous avez de la force brutale à revendre. Mais vous ne convaincrez pas. Pour convaincre il faut persuader, et pour persuader vous aurez besoin de quelque chose qui vous manque : la raison et votre bon droit dans la lutte … ”

    link to fr.wikipedia.org


  50. Louis Robert Le 19 janvier 2016 à 21h01
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    Voilà qui est remarquablement instructif.

    Dès lors que le peuple est considéré tel l’ennemi intérieur par un pouvoir qui se veut discrétionnaire, autoritaire, global, voire absolu, ce pouvoir a tout intérêt à ne pas ménager les efforts visant à empêcher que ce peuple pense et parvienne ainsi à comprendre la société dont il est. D’où l’apparition de tous ces slogans issus de la novlangue (George Orwell) et les glissements à peine perceptibles qui les accompagnent:

    1. Expliquer des actes criminels, c’est déjà vouloir un peu excuser, donc un peu justifier ceux qui les commettent, complice, le cas échéant, de criminels auxquels il a bien fallu s’identifier afin de mieux expliquer leurs actes, non? …

    2. Or non seulement de tels actes sont-ils dépourvus de sens, ils ne sauraient même pas en avoir un. C’est dire que n’étant même pas susceptibles d’intelligibilité, ces actes demeurent, à proprement parler, inintelligibles. C’est pourquoi “il ne peut y avoir aucune explication qui vaille”. Non, il n’y a rien là à comprendre: ni raisons, ni causes, ni processus, ni enchaînement, ni même un simple déroulement vers un but rationnel. Nous en sommes tout bonnement là, sans que nous puissions expliquer ni comprendre comment il se fait que nous y soyons.

    3. Tel est le fondement abyssal présumé du terrorisme, qui fait qu’il n’y a pas davantage d’excuses à trouver par là. Ceux qui commettent de tels actes sont nécessairement ou bien radicalisés, ou bien des bêtes, des monstres, des fous, ou encore des diables incarnant le mal absolu. “Assez… (chercher) en permanence des excuses et des explications culturelles ou sociologiques à ce qu’il s’est passé!” Ces moins qu’humains, il n’y a plus qu’à les tuer sans même les entendre, étant donné qu’ils n’ont du reste rien à nous apprendre, rien même à nous dire.

    Cette obstination du pouvoir à ne rien entendre, cette fin de non recevoir consacrent le refus de toute remise en question des institutions, des organisations, des décisions politiques, des stratégies et tactiques militaires, des interventions secrètes ou non autorisées en pays étrangers, des modes opérationnels, des massacres, des tortures, des destructions, des migrations forcées, etc., toutes et tous susceptibles de rendre compte du fait que nous en soyons là.

    Je laisse aux lecteurs le soin d’apprécier la terreur que peuvent ressentir les citoyens devant cette tabula rasa et le degré d’autocensure qui s’instaure parmi le peuple, alors même que se trouve combattu avec la dernière énergie ce qu’il est convenu d’appeler “l’apologie du terrorisme”…

    Ce sont précisément l’insensibilité et la déshumanisation, à l’origine même de cet aveuglement et de ce refus de tenter d’expliquer et de comprendre, qui ouvrent la porte au conflit permanent et à la guerre perpétuelle, folies à la fois individuelles et collectives, folies politiques et sociales, folies institutionnalisées, généralisées et globalisées, marquant la fin de toute civilisation, quelle qu’elle soit.

    Et puisque l’on nous a déjà assez dit que la France était “en guerre”, soulignons que nous sommes ainsi ramenés aux cinq principes de la propagande de guerre selon Michel Collon, à savoir: cacher les intérêts, cacher l’Histoire, diaboliser l’adversaire, se présenter comme défendant les victimes, et monopoliser le débat tout en empêchant les opinions adverses de s’élever:

    contre les tabous,
    contre la pensée magique,
    contre le fait de dire n’importe quoi (“Peu m’importent les faits!” — G.H. Bush),
    contre le crime du silence (Bertrand Russell).

    Telles sont les raisons qui font qu’espérant régner en maître incontesté, un certain pouvoir:

    répudie à l’avance les discours qui peuvent lui donner tort,
    répudie à l’avance les discours qu’il ne partage pas,
    répudie même à l’avance les discours qu’il n’apprécie pas.

    link to youtube.com



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