Source : La Tribune, Romaric Godin, 07-03-2016

Le premier ministre slovaque, Robert Fico, a subi une lourde défaite samedi. (Crédits : Reuters)

Le premier ministre slovaque, Robert Fico, a subi une lourde défaite samedi. (Crédits : Reuters)

Les élections slovaques de samedi 5 mars ont clairement favorisé les partis de droite eurosceptique. Un résultat auquel les politiques européennes ne sont pas étrangères. Et pas seulement sur la question migratoire.

Les élections parlementaires slovaques qui se sont tenues samedi 5 mars sont une nouvelle gifle pour l’Europe telle qu’elle fonctionne actuellement. En Slovaquie, comme en Irlande une semaine plus tôt, le système politique traditionnel a éclaté. Mais alors qu’en Irlande, on a connu un basculement vers la gauche, la Slovaquie a connu un fort basculement vers la droite eurosceptique.

La défaite du « centre-gauche »

Ainsi, le parti du Premier ministre sortant Robert Fico, le Smer, considéré comme « social-démocrate » (mais à la rhétorique très nationaliste) est passé de 44 % des voix en 2012 à 28 % des voix. Le grand vainqueur du scrutin est le parti Liberté et Solidarité (SaS) qui arrive deuxième en doublant son score avec 12,3 % des voix. SaS est un parti marqué par le libertarisme étatsunien, qui, en 2012, avait fait chuter le gouvernement en votant contre toute « aide » à la Grèce. Il est talonné par un parti assez proche, quoique plus conservateur, Oľano (« gens ordinaires ») qui obtient 11%.

La victoire des partis xénophobes

Viennent ensuite des partis ouvertement xénophobes. D’abord, le Parti national slovaque (SNS), à 8,5 % (+4,1 points), allié du Smer dans la coalition sortante et de l’UKIP britannique au parlement européen, ouvertement nationaliste. Ensuite, Kotleba-ĽSNS, un parti ouvertement fascisant, allié des néo-nazis allemands du NPD et grecs d’Aube Dorée, qui obtiennent – à la surprise générale – 8 % des voix, plus de 6 points de plus qu’en 2012. Enfin, le parti Sme Rodina, de l’homme d’affaires Boris Kollár, qui entre au parlement avec 6,6 % des voix et qui, lui aussi, a une rhétorique nationaliste.

La disparition de la droite pro-européenne

Cinq des huit partis du parlement – représentant 80 des 150 sièges du parlement – sont désormais clairement eurosceptiques, à des degrés différents et pour des raisons différentes. Mais la droite pro-européenne membre du Parti populaire européen de Jean-Claude Juncker ou à l’alliance des Libéraux (ALDE) subissent une cuisante défaite. Si le parti de la minorité hongroise, Most-HID, membre du PPE, maintient ses positions en tant que représentants des Magyars de Slovaquie, avec 6,4 % des voix, les Chrétiens-démocrates du KDH, membre du PPE et deuxième parti du pays en 2012, ont obtenu moins des 5 % des voix nécessaires à l’entrée au parlement. Celui qui devait prendre le relais de l’opposition de centre-droit, le parti Sieť (Réseau), membre de l’ALDE, n’a obtenu que 6 % des voix, moins de la moitié que ce que les sondages lui prédisaient.

La campagne anti-migrants de Robert Fico, raison première du désastre

Comment comprendre ces résultats ? D’abord, c’est le fruit de la campagne de Robert Fico, centrée sur la question des réfugiés et sur son refus de participer aux quotas de redéploiement des migrants en Slovaquie. En focalisant sa campagne sur ce terrain, le Smer a alimenté le nationalisme. Sauf qu’à ce petit jeu, Robert Fico s’est rapidement fait débordé sur sa droite et a clairement ouvert la voie à une extrême-droite qui a pu dénoncer la participation du gouvernement à la gestion de la crise des réfugiés en Europe. Mais la faute de Robert Fico est aussi la faute de l’Europe.

Les Européens ont permis la campagne de Fico

D’abord parce que les Européens ont laissé la rhétorique anti-migrants de Robert Fico se développer. Le Premier ministre slovaque a pu appuyer son discours sur des réalités : le refus partagé par les autres pays d’Europe centrale (Pologne, République tchèque, Hongrie) de respecter les quotas, mais aussi la décision de l’Autriche de limiter les entrées le 19 février dernier qui a singulièrement rapproché Bratislava et Vienne. Robert Fico a alors pu défendre l’idée d’une Angela Merkel isolée et d’un front « du refus » des quotas dominants en Europe. D’autant que certains pays d’Europe occidentale, à commencer par la France, se sont montrés fort peu pressés d’accepter des réfugiés. Pourquoi Robert Fico aurait-il alors accepté ces quotas et pourquoi n’aurait-il pas fait de ce refus son principal élément de bilan ? Mais, on l’a vu, cette stratégie s’est révélée très périlleuse.

L’absence de réaction des Sociaux-démocrates européens

En passant, on soulignera la responsabilité de la social-démocratie européenne. Malgré des appels répétés, malgré une alliance du Smer avec le SNS, malgré une rhétorique de plus en plus nationaliste, le parti socialiste européen (PSE) n’a jamais voulu sanctionner le parti de Robert Fico. En octobre dernier, le Smer s’était contenté d’assurer son « engagement avec les valeurs du PSE. » Mais ce manque de vigilance des socialistes européens a été un des éléments qui n’ont pas freiné le premier ministre slovaque. Et qui, partant, ont alimenté son discours anti-migrants. Moyennant quoi, le PSE a subi ce samedi une nouvelle défaite électorale cuisante, une semaine après l’effondrement du Labour irlandais.

Quelles « valeurs communes » ?

Evidemment, ce désastre électoral slovaque traduit également l’absence de vraie gestion de la crise migratoire. Lorsqu’Angela Merkel a accepté d’ouvrir les frontières en espérant une solidarité européenne, elle a clairement surestimé l’engagement européen des pays d’Europe centrale et sous-estimé leur nationalisme latent. Du coup, l’ouverture des frontières allemandes a conduit à une clôture des frontières de ses pays dont les populations se sont clairement renfermées sur eux-mêmes. Peu importe que ces pays, à la démographie déclinante, figurent parmi ceux qui ont le plus a gagné de l’immigration, peu importe aussi qu’ils sont ceux qui ont le moins d’immigrés sur leur sol : le fait est qu’ils ne semblent pas prêts à accepter des immigrés du Moyen-Orient. Pour les Slovaques, comme pour les Polonais ou les Hongrois, l’accueil des migrants ne fait pas partie des valeurs européennes. Ceci soulève donc une question assez brûlante : celle des « valeurs communes » à l’Europe. Angela Merkel a cru que l’accueil des migrants faisait partie de ces valeurs. Les électeurs slovaques se sont empressés de lui démontrer le contraire.

Le refus de la solidarité européenne

Avec le recul, il est donc sans doute temps de réfléchir au bilan de cette intégration. Au-delà des chiffres idylliques de croissance, ces élections slovaques, comme les élections polonaises l’automne dernier, viennent prouver que le bilan de l’élargissement de 2004 est en demi-teinte. Les transferts financiers et les délocalisations industrielles vers ces pays n’ont mis fin au nationalisme latent dans ces pays. La crise économique et celle des migrants l’a rapidement réveillé. Certes, l’Europe centrale n’est pas un cas unique : la xénophobie connaît une expansion à l’ouest et au nord du continent. Mais il y a dans cette région un vrai paradoxe : elle a considérablement profité de l’intégration européenne, mais elle recule devant tout acte de solidarité européenne. On peut se contenter de se lamenter sur cette version unilatérale de l’engagement européen de ces pays, qui seraient prêts à recevoir mais pas à donner. Mais il convient aussi de se souvenir de quelques réalités.

La croissance ne pourvoit pas à tout

D’abord, l’erreur de l’Europe qui a cru que la croissance pourvoirait à tout et assurerait le succès de l’esprit européen. Mais c’est oublier quelques éléments. Cette croissance de 4 % entre 2001 et 2011 a un revers : elle s’est faite aux prix de « réformes » qui ont détruit un peu partout l’Etat social. Ceux qui défendent ces politiques en faisaient d’ailleurs des modèles « d’adaptation » et « d’efforts » qui ont payé. Mais parmi les raisons du rejet du Smer ce 5 mars, les électeurs citaient, outre la question des migrants, le mauvais état des systèmes scolaires et médicaux et des infrastructures. La Slovaquie fière qui donnait des leçons budgétaires à la Grèce en 2015 souffre également d’un sous-investissement public constant. La défaite du Smer est aussi la défaite de la social-démocratie convertie à l’austérité.

D’autant que la croissance slovaque est très inégalitaire. Un seul chiffre permettra de le prouver. Au classement régional des PIB par habitant d’Eurostat, la région de Bratislava arrive en sixième position avec un PIB par habitant supérieur à 86 % de la moyenne de l’UE, soit plus que la Bavière et l’Île de France. Mais les trois autres régions slovaques se situent à un niveau inférieur de 28 % à 49 % à cette moyenne. Par ailleurs, malgré la croissance, le chômage reste élevé : 10,8 % de la population active, traduisant le fait qu’une part des actifs, souvent issus des industries traditionnelles « liquidées » par la modernisation, mais aussi des minorités, comme les Roms, ne profitent guère de la croissance.

Les dividendes de la crise grecque

Le modèle de croissance promu par l’Europe a donc son revers qui de plus en plus insupportable pour les citoyens slovaques qui, rejet logique du communisme oblige, se tourne vers l’extrême-droite pour tenter de trouver des solutions. Et là encore, la responsabilité de l’Europe n’est pas nulle. Lors de la crise de la zone euro, et particulièrement lors de la crise grecque de l’an passé, l’Allemagne, la France et les institutions européennes ont utilisé la Slovaquie comme contre-exemple de la lutte contre Alexis Tsipras. Il s’agissait de mettre en avant le modèle slovaque de réformes et de modernité contre l’archaïsme et la mauvaise volonté grecque, en oubliant l’apport de l’UE dans la croissance slovaque. Le gouvernement slovaque a pris ce rôle – qui le flattait fort – très au sérieux. Son ministre des Finances, Petr Kažimír, a été un des plus violents contre la Grèce. Mais c’était un jeu dangereux : on flattait ainsi le nationalisme slovaque et on encourageait son refus de solidarité.

Le jeu dangereux de Berlin en 2015

Berlin, qui avait allumé la mèche, vient, ce samedi, de constater les conséquences de ce jeu dangereux. Le deuxième parti du pays, le SaS est un parti qui s’oppose à toute forme de solidarité interne à la zone euro comme il l’a prouvé en 2012 en rejetant l’aide à la Grèce. C’est le parti qui assume pleinement le discours de Petr Kažimír. Les électeurs slovaques se sont montrés logiques : flattés l’an dernier dans leur « supériorité » supposée vis-à-vis du sud de l’Europe, ils ont choisi un parti qui assurera une politique de non solidarité avec cette région. Cet « égoïsme » ne tombe pas du ciel : en 2012, SaS, après son rejet de l’aide à la Grèce, avait perdu 7 points de pourcentage. Il en regagne 6 aujourd’hui.

Logiquement : le gouvernement de Robert Fico, avec l’appui de Wolfgang Schäuble, lui a donné raison l’an passé… Lorsque, lors de la crise grecque, on a encouragé le gouvernement slovaque à tenir un discours méprisant pour un autre peuple, égoïste et « supérieur », on ne doit pas s’étonner de voir ce même gouvernement refuser la solidarité sur les migrants (du reste, le gouvernement a continué à accuser la Grèce sur les migrants) et, in fine, l’extrême-droite investir le parlement de Bratislava.

Au final, le bilan de ces élections slovaques sont désastreuses. Elles rendent le pays ingouvernable et en font un partenaire très difficile pour les Européens de l’ouest. Mais il convient de ne pas oublier que plusieurs erreurs de l’Europe ont conduit à ce désastre. Angela Merkel va sans doute apprendre à ses dépens que s’appuyer en 2015 sur la Slovaquie contre la Grèce pourrait se révéler avoir été une erreur tactique lourde de conséquences.

Source : La Tribune, Romaric Godin, 07-03-2016

18 réponses à Elections en Slovaquie : comment Bruxelles a favorisé l’euro-scepticisme, par Romaric Godin

Commentaires recommandés

bobob Le 09 mars 2016 à 02h26

“Tout à sa passion du suicide électoral, le P“S” campe sur cette ligne insensée et ne veut pas voir que l’espace qu’il convoite à droite est déjà plus que saturé.”

Sur le plan économique, à partir du moment où il a fait le choix de l’euro, le P”S” n’a pas d’autre possibilité que d’appliquer une politique économique qui vise à baisser les salaires.
Et donc, quitte à être au centre-droit, autant y être sur tous les sujets…

La ligne insensée est celle de ceux qui veulent et l’euro et une politique favorable à la demande.

Fin du dernier billet de Jacques Sapir (http://russeurope.hypotheses.org/4780) :

“Il est enfin une autre mascarade, celle qui consiste à se dire opposé à la loi El Khomri, comme le font des membres du Parti « socialiste », de Gérard Filoche à certain « frondeurs », en passant par la direction du PCF, et de jeter toute l’opprobre sur François Hollande, Manuel Valls et Myriam El Khomri. Bien sur, en bons exécutants des consignes de l’Eurogroupe et de l’Union européenne, ils portent une part de responsabilité dans la situation actuelle et dans l’économie de la loi. Ceci est irréfutable. Mais, il est tout aussi irréfutable que c’est la logique de l’Euro, et aussi en partie celle d’une Union européenne qui permet tous les dumpings sociaux et fiscaux, qui ne laisse que cette solution. De ce point de vue, on peut considérer que nos dirigeants ne sont plus que des automates exécutant des politiques qu’ils n’ont plus décidées. Le pouvoir de décision, c’est à dire la souveraineté, est à Berlin et à Bruxelles, mais plus à Paris.

De ce point de vue, la cohérence veut que l’on ne se mobilise pas contre cette loi sans s’attaquer, aussi, à ses causes. La mobilisation contre la loi El Khomri qui est en train de monter sera, de fait, une mobilisation contre l’Euro et tout discours prétendant le contraire ne sera, lui aussi, qu’une mascarade, du même type que celle que nous propose ce gouvernement.”

  1. AUSSEUR Robert Le 09 mars 2016 à 01h34
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    Les syndicalistes majoritaires aux élections professionnelles , n’auraient pas le droit de décider ce qui est bon ou mauvais , pour les salariés qu’ils et ou elles représentent au prétexte qu’ils n’ont pas beaucoups de syndiqués (8%) = (même si je trouve effectivement que nous vivons là une anomalie) Les centrales syndicales récoltent là ce qu’elles ont semé = Des decennies de majorations de salaires toujours calculées et réparties en % = Nous comptons 55 % de la France , en bas de l’échelle sociale/économique = Nous le devons , à ces minorités !
    Pourquoi garder ces gens aux pouvoirs! ……Sûrtout qu’ils ne rassemblent pas 50 % des votes des inscrits(es) , loint s’en faut et un nombre d’adhérent à leurs formations politiques bien plus faibles
    Alors il pourrait être appliquée la déchéance de la Nationalité = Celles et les ceux-ces qui vendent la France par petits bouts à l’étranger ! Qui délocalisent ! Nous subissons , sans pouvoir refuser ? = Pour moi , cela devient de +en + certain !Pour moi , ayant été ouvrier c’est = Y en a marre !


  2. Spectre Le 09 mars 2016 à 02h13
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    Nouvelle preuve que les partis de la “gauche” gouvernementale font preuve d’une bêtise sans bornes lorsqu’ils se convertissent aux pratiques et thèmes de droite. Les apparatchiks déconnectés qui font carrière dans ces partis n’arrivent même pas à comprendre que les électeurs préfèrent l’original à la copie, et donc qu’une campagne à droite… favorise la droite, qui a le double avantage (1) d’être sur son terrain, avec le privilège de l’ancienneté et (2) d’avoir été constante dans ses positions, contrairement aux trahisons et autres retournements de veste qui n’attirent pas les “opposants” mais ulcèrent les militants.

    Tout à sa passion du suicide électoral, le P“S” campe sur cette ligne insensée et ne veut pas voir que l’espace qu’il convoite à droite est déjà plus que saturé. Le gouvernement peut bien multiplier les âneries type déchéance de nationalité ou loi Licenciement, il ne gagnera pas une seule voix à droite tandis que les défections seront massives sur sa gauche. L’atterrissage promet d’être savoureux lorsque le candidat P“S” arrivera en quatrième position en 2017.


    • bobob Le 09 mars 2016 à 02h26
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      “Tout à sa passion du suicide électoral, le P“S” campe sur cette ligne insensée et ne veut pas voir que l’espace qu’il convoite à droite est déjà plus que saturé.”

      Sur le plan économique, à partir du moment où il a fait le choix de l’euro, le P”S” n’a pas d’autre possibilité que d’appliquer une politique économique qui vise à baisser les salaires.
      Et donc, quitte à être au centre-droit, autant y être sur tous les sujets…

      La ligne insensée est celle de ceux qui veulent et l’euro et une politique favorable à la demande.

      Fin du dernier billet de Jacques Sapir (http://russeurope.hypotheses.org/4780) :

      “Il est enfin une autre mascarade, celle qui consiste à se dire opposé à la loi El Khomri, comme le font des membres du Parti « socialiste », de Gérard Filoche à certain « frondeurs », en passant par la direction du PCF, et de jeter toute l’opprobre sur François Hollande, Manuel Valls et Myriam El Khomri. Bien sur, en bons exécutants des consignes de l’Eurogroupe et de l’Union européenne, ils portent une part de responsabilité dans la situation actuelle et dans l’économie de la loi. Ceci est irréfutable. Mais, il est tout aussi irréfutable que c’est la logique de l’Euro, et aussi en partie celle d’une Union européenne qui permet tous les dumpings sociaux et fiscaux, qui ne laisse que cette solution. De ce point de vue, on peut considérer que nos dirigeants ne sont plus que des automates exécutant des politiques qu’ils n’ont plus décidées. Le pouvoir de décision, c’est à dire la souveraineté, est à Berlin et à Bruxelles, mais plus à Paris.

      De ce point de vue, la cohérence veut que l’on ne se mobilise pas contre cette loi sans s’attaquer, aussi, à ses causes. La mobilisation contre la loi El Khomri qui est en train de monter sera, de fait, une mobilisation contre l’Euro et tout discours prétendant le contraire ne sera, lui aussi, qu’une mascarade, du même type que celle que nous propose ce gouvernement.”


      • ummite Le 09 mars 2016 à 06h15
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        le parti socialiste est mort depuis belle lurette : il est mort et enterré depuis les deux derniers dinosaures : je cite JULES GUESDE et LEON BLUM , mitterrand s’est attaché à raser ce qui restait de la maison socialiste la SFIO .


      • LBSSO Le 09 mars 2016 à 07h10
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        Merci Bobob pour votre commentaire que je partage.Je voudrais le prolonger, au delà de l’opinion ,par les textes européens eux-mêmes :

        -Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne
        Article 121 (ex-article 99 TCE)
        (4) “Le Conseil, sur recommandation de la Commission, peut adresser les recommandations nécessaires à l’État membre concerné. Le Conseil, sur proposition de la Commission, peut décider de rendre publiques ses recommandations.”
        https://fr.wikisource.org/wiki/Trait%C3%A9_sur_le_fonctionnement_de_l%E2%80%99Union_europ%C3%A9enne#Article_121

        -d’où la ” Recommandation du Conseil concernant le programme national de réforme de la France pour 2015 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour 2015 “:
        “(15)La dégradation persistante de la situation sur le marché du travail a affecté le système
        d’assurance chômage, au point de remettre en cause la viabilité du modèle.(…) Les conditions d’éligibilité, la dégressivité des allocations et les taux de remplacement pour les salaires les plus élevés devraient être réexaminés”
        (14) “Réviser le cadre juridique régissant les contrats de travail pourrait aider à réduire la segmentation. Les réformes menées récemment n’ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche”.
        http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2015/csr2015_france_fr.pdf


      • philbrasov Le 09 mars 2016 à 11h43
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        votre commentaire est vrai.. jusqu’a ce que vous disiez “La mobilisation contre la loi El Khomri qui est en train de monter sera, de fait, une mobilisation contre l’Euro ”

        La plupart des gens que vous citez, les frondeurs, le PCF l’ultra gauche etc etc.. NE VEULENT PAS SORTIR de la zone euro… Ils sont comme tsipras en grece ou podemos en espagne.
        Demandez a ces jeunes qui descendent dans la rue contre ce projet… demandez leur si ils veulent sortir de la zone euro. IL VOUS REPONDRONT TOUS NON NON NON

        Et tant que tous ces mouvements de gauche resteront aveugles de bonne foi ou de mauvaise foi , on avancera pas…
        Nous savons tous ici que la sortie de l’euro peut etre une solution de “gauche” ( cf sapir) , mais tant que seul le FN ( upr et qq souverainistes) porteront ce projet.. la gauche ne s’y ralliera pas…. JAMAIS.. trop figée dans leur dogme.
        Et l’espoir viendra peut être des pays de l’est…. ce que j’espère de tout cœur


        • bobob Le 10 mars 2016 à 02h15
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          C’est Jacques Sapir qui le dit. Et je pense que ça ne contredit pas votre analyse.

          En tout cas je suis d’accord vous !

          Car avec “de fait”, je comprends ce passage comme l’idée que peu importe ce que disent ou pensent les manifestants, si on prend du recul, la réalité impose au final ce sens à la mobilisation.

          Être contre cette loi = être contre l’euro.

          Et s’il est normal que tout le monde ne fasse pas ce lien, il est désespérant de voir qu’aucun mouvement important de gauche ne propose cette analyse.

          Car le jour où tout le monde verra l’impasse qu’il y a à défendre et l’euro et une politique de la demande, il est peu probable que ceux qui se taisent sur l’euro en profitent le plus…


      • placide Le 09 mars 2016 à 18h00
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    • ummite Le 09 mars 2016 à 06h11
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      il y a plus de factions politique différentes : sauf de nom !
      ce système nouveau vient des USA , normal car ceux qui nous gouvernent depuis le départ du général DE GAULLE , tous sont young leaders . tous sont aucune exception , sont financés par l’oligarchie financière américaine : il est d’ailleurs assez facile de s’en convaincre par tous les candidats passant aux infos sans discontinuer pour persuader la population de choisir celui-ci plutôt qu’un autre sans aucun doute plus pro souverainiste comme l’était DE GAULLE . les gens ne votent que pour le prêt à voter , ne cherchent pas ailleurs chez les petits candidats qui pour eux serait un vote inutile .


  3. triari Le 09 mars 2016 à 05h50
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    Et un front anti-euro-libéraliste de plus, un !

    C’est une vraie “guerre civile” (rendue muette par le silence de nos journaleux) qui s’engage au cœur de l’UE !


  4. Alain Le 09 mars 2016 à 05h55
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    L’élargissement de 2004 n’est qu’une gigantesque tromperie, sous le prétexte fallacieux du partage de valeurs communes et tout le tutti quanti, l’union et les nouveaux adhérents avaient des objectifs totalement étrangers les uns aux autres:
    – l’union avait un projet impérial de s’étendre et de disposer de nouvelles ressources humaines bon marché en sous-traitance
    – les nouveaux adhérents voulaient se protéger de la Russie et recevoir des subventions

    Projet commun et valeurs communes totalement absents, comment s’étonner que lorsque les deux objectifs ne sont plus compatibles, tout éclate ?


    • ummite Le 09 mars 2016 à 06h23
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      ce ne sont pas les élargissements qui en sont la principale cause de la supposé chute des européistes mais le fameux traité de maastricht et son élargissement en pouvoir du traité de lisbonne .
      faut quand même se souvenir que la destruction de chaque nation , vient de ce premier traité : le maastricht qui interdit d’interdire les fuites des capitaux de chaque état membre , de ses industries , les privatisations en cascade des forces vives financières de ces états membre , et tout cela contre ” aide de bruxelles ” les mises en jachère des terres agricoles qui ont toutes ruiné les agriculteurs , les ventes aux détails des fleurons industriels , les fonds de pensions étrangers etc..etc..


  5. Vltava Le 09 mars 2016 à 13h40
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    Un petit rappel sur la Slovaquie.Aux dernières élections européennes la Slovaquie a été le premier pays a obtenir un faible taux de participation(6% sauf erreur de ma part),suivie par les tchèques et les polonais.Se poser aussi des questions à ce sujet et sur ses conséquences.


  6. Ailleret Le 09 mars 2016 à 16h45
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    J’ai du mal à suivre Romaric Godin quand il présente le nationalisme comme une maladie honteuse qui incube en Europe de l’Est. Il pourrait dire “chauvinisme”, le mot serait mieux choisi. Flétrir le “nationalisme”, c’est répéter le discours dominant depuis Mitterrand et Maastricht. Les Slovaques ont parfaitement le droit de voter contre cette Europe incapable et tyrannique, c’est une réaction de survie.
    Débattre pour ou contre l’Union européenne, voilà ce qui devrait figurer au centre de la vie politique dans tous nos pays : si vous déplorez le succès de partis “marginaux”, “extrémistes”, eh bien cessez de faire un tabou indiscutable de cette Europe lamentable.


  7. Andrae Le 09 mars 2016 à 17h53
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    Godin est tjs bon, merci pour cet article.

    On percoit en gros que le modèle neo-libéral proné par l’UE est obligé de manger ses propres enfants et les lancer les uns contre les autres – ceux qui pratiquent une adhésion servile à tout cran, et une soumission à Bruxelles, sont favorisés. (L’Irlande est un bon exemple.)

    Les récalcitrants, périphériques, ou surtout faibles, qui n’arrivent pas à controller ou se soumettre comme il faut, deviennent une cible (e.g. Grèce) en complète contradiction avec une ‘Europe des peuples’, une ‘UE unie’ etc. Certains (voir article de W. Streeck) essayent de camoufler tout ca avec des discours sur l’Etat Providence que personne ne réclame directement pour autant que je sache, et l’importance des Nations , le populisme, etc.….pour expliquer (disons) une opposition à l’UE.

    Notons en passant qu’à l’extérieur de l’UE, elle n’a aucun problème à soutenir les pires dominateurs – mafieux, fascistes, neo-nazis, djihadistes, ceux qui triomphalement participent à des révolutions colorées ou une répression féroce, familles de dictateurs, etc. – p. ex. en Ukraine, Turquie, Lybie, Syrie, Arabie Saoudite, Qatar, etc.

    Or la politique extérieure n’est pas, à long terme, séparée de la politique intérieure, quoiqu’il est possible de dissimuler ce fait pour un certain temps.


  8. Krystyna Hawrot Le 09 mars 2016 à 22h46
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    L’article est un mensonger sur un point important: la Slovaquie, comme la Pologne, malgré la soi disante croissance basée surtout sur le transfert des usines de l’Europe de l’Ouest à l’Est – pour des salaires 3 à 4 fois moindre.- omet de dire que entre 500 000 et 1 millions de Slovaques se sont exilés en Angleterre et en Allemagne. Comme 2 à 5 millions de Polonais (difficiles estimations car il n’y a pas d’études fiables et aucune obligation de s’enregistrer). Cette élection traduit aussi le ras le bol de ces populations d’être des va nus pieds éternels, des migrants perpétuels. Le ressentiment anti occidental de ces “citoyens européens” est énorme, il suffit d’écouter ce qui se dit dans n’importe quel village slovaque et regarder le ballet de bus Eurolines déverser sa cargaison de migrants est européens tous les jours, dans les villes et villages d”‘Allemagnes, Pays Bas, Angleterre, Belgique et France.


  9. John V. Doe Le 10 mars 2016 à 17h18
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    Comment est-ce que des pays comme la Slovaquie pour qui l’émigration est l’unique façon de nourrir ses enfants peut-il accepter qu’arrivent dans son pays des populations encore plus pauvres ?

    L’Allemagne a besoin de main d’œuvre pour assurer le remplacement de sa population vieillissante. Si celle-ci est européenne, elle aura des droits: au moins le droit de vote. Si elle est extra-européenne, cette main d’œuvre sera nettement plus malléable, encore plus soumise au racisme et à la xénophobie ambiante et donc meilleur marché.

    Je doute qu’il faille chercher plus loin la décision de Merkel d’ouvrir ses frontières. Demander à l’Europe d’ouvrir les siennes n’est qu’une façade pour son opinion publique interne. Quand au virage à droite que cela va impliquer, depuis quand est-ce que cela pose soucis à nos eurocrates et à la droite en général. Ils appuient les pires dictatures hors Europe comme le souligne
    Andrae, je doute qu’ils soient différents en Europe. Plus discrets seulement.


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