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1.novembre.20151.11.2015 // Les Crises

[Reprise] Qu’est ce qu’un pays?

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Je ne partage pas tout, mais cet article d’un libertarien donne à réfléchir…

Source : Le Minarchiste, 26/09/2014

Qu’est-ce qu’un pays?

Qu’est-ce qu’un pays? Question simple, mais pas évidente à répondre! Surtout dans la foulée de l’annexion de la Crimée à la Russie, du référendum survenu en Écosse concernant une séparation du Royaume-Uni, de celui qui demeurera toujours dans l’actualité au Québec concernant la séparation du Canada, ainsi qu’à la séparation éventuelle de la Catalogne en Espagne.

Un pays est en quelque sorte une entité géopolitique, c’est-à-dire que ses frontières définissent un territoire assujettis à un gouvernement. D’autre part, une nation est définie par une origine ethnique, un langage et une culture. Lorsque les deux concepts coïncident, on parle alors d’État-nation. Si tous les pays étaient des État-nations, il serait facile de définir ce qu’est un pays et dans quelles conditions on peut le reconnaître comme légitime. Ceci dit, l’histoire de la civilisation est complexe et chaotique, ce qui a fait en sorte que très peu de pays sont actuellement des État-nations.

La conséquence de cet état de faits est que de nombreux conflits surgissent dans le monde depuis des centaines d’années. La plupart des conflits opposent des gouvernement qui tentent d’agrandir le territoire sur lequel ils peuvent gouverner et taxer à des nations qui entretiennent le désir de demeurer indépendantes. Évidemment, plus l’état est accaparant, c’est-à-dire que plus le gouvernement intervient dans la vie des gens, moins il est facile de maintenir la coexistence pacifique de différentes nations au sein d’un même pays.

Le phénomène qui influence le plus la géopolitique est l’ethnocentrisme. Certains groupes d’humains partagent des similitudes physiques, une même langue et parfois aussi des valeurs, habitudes culinaires et un tempérament similaires. Les membres de ces groupes développent une appartenance les uns envers les autres ainsi qu’un certain antagonisme envers les autres groupes. L’ethnocentrisme engendre le patriotisme, le nationalisme et même le fanatisme. C’est l’ethnocentrisme qui fait ou défait les pays. Il agit comme une force centrifuge qui unit les habitants formant une nation et les tourne vers eux-mêmes. (Voir mon article sur la politique ici)

Dans cet article, nous allons analyser l’histoire de quelques pays qui nous en apprendront sur ce qu’est vraiment un pays, dans quelles conditions un pays se crée ou disparaît et dans quelles conditions un pays peut perdurer pacifiquement.

L’Ukraine et la Crimée
L’histoire de l’Ukraine est très complexe. Ce pays a été au centre de querelles territoriales entre la Russie, la Pologne, l’Autriche-Hongrie et l’empire Ottoman. Malgré l’émergence d’une population culturellement distincte, un État-nation n’a pas été possible jusqu’à l’atteinte de l’indépendance après la première guerre mondiale. Cette indépendance fut de courte durée puisqu’elle fut annexée à l’URSS dès 1922, ne devenant qu’une province communiste sans pouvoir. La Crimée y fut attachée en 1954, par simple formalité administrative. Puis, suite au démantèlement de l’URSS, l’Ukraine est, par défaut, devenu un pays indépendant. Mais ce pays est présentement déchiré dû au fait qu’il est habité par deux nations aux intérêts opposés.

pays1

De nos jours, le pays est divisé entre l’Ouest, voulant faire partie de l’Europe, l’Est davantage tourné vers la Russie, et la Crimée, dont la population est à majorité Russe. Cette division culturelle date de la fin du 18e siècle, lorsque l’Ouest appartenait à l’Autriche et l’Est à la Russie, dont le régime tentait de faire régresser la culture et le langage ukrainiens de manière à assimiler cette population.

Proportion de la population parlant le langage russe.

Présentement, la Crimée a voté pour son annexion à la Russie lors d’un référendum populaire. Le gouvernement de Poutine soutient une rébellion dans l’Est de manière à rapprocher cette région de la sphère d’influence russe. Vladimir ira-t-il jusqu’à reconquérir le Rus’ de Kiev, reconstruisant l’héritage de Vladimir 1er, fondateur de la Russie?

La Russie
Le berceau de la Russie est (curieusement) à Kiev, en Ukraine, au 9e siècle (Rus’ de Kiev). Sous le règne de Vladimir, le territoire s’étend et en 988, l’État se convertit au christianisme orthodoxe, qui devient religion d’État et l’un des facteurs de l’unité nationale russe. Lors du schisme de 1054, la Rus’ reste fidèle à l’orthodoxie, alors que les Slaves de l’Ouest (Polonais, Tchèques, Slovaques) ainsi que les peuples baltes, passent dans l’obédience de Rome ; les Finnois se divisent : ceux de l’ouest (les futurs Finlandais et les futurs Estoniens) passent dans l’obédience de Rome, tandis que ceux de l’est restent orthodoxes. Plus tard encore, les Finlandais, les Estoniens et une partie des Lettons deviendront protestants. La religion est donc un facteur déterminant dans la partition des cultures slaves en différentes nations.

En 1226, le Rus’ de Kiev est envahi par les Tataro-Mongols (dont fait partie le petit-fils de Gengis Khan, Batou). Cette invasion laissera une marque indélébile sur la culture russe. Plus tard au 13e siècle, la principauté de Moscou se met à annexer progressivement les autres principauté et se met à combattre les Mongols. Dans la seconde moitié du 15e siècle, Ivan III monte sur le trône et achève la libération de la Russie de l’emprise des Mongols. Le premier prince à recevoir la désignation de Tsar est Ivan IV, dit « le Terrible » qui poursuit l’expansion du territoire (de manière à reconstituer l’héritage de Vladimir), mais ne possède toujours pas Kiev, qui est aux mains des Jagellon de Lituanie, qui régnaient aussi sur la Pologne à l’époque et avaient repoussé les Tataro-Mongols de la région Ukrainienne (1362). Les Jagellon sont protestants, une différence culturelle notable avec les russes orthodoxes (qui perdure encore aujourd’hui). Les Tatars sont alors repoussés en Crimée. À noter, que l’un des souverains Jagellon de l’époque, Ferdinand 1er, est un Habsbourg fils de Jeanne la Folle, elle-même fille de Ferdinand II d’Aragon et Isabelle 1ère de Castille, couple fondateur de l’Espagne, dont nous parlerons plus loin. Le monde est p’tit!

Ainsi, on peut comprendre pourquoi l’Ukraine, et surtout la Crimée, ont des cultures différentes de la Russie, ayant tardé à joindre cette fédération et ayant été sous le contrôle d’abord des Tatars, puis du royaume Jagellon pratiquant une religion différente. Concernant le langage russe, les politiques centralisatrices de Pierre le Grand et de Catherine II l’ont standardisé et imposé à l’ensemble du territoire Russe au 18e siècle (époque où l’Ukraine fut en partie absorbée par la Russie). Les politiques de l’URSS l’ont ensuite encore davantage imposé, parfois même de manière brutale, ce qui explique pourquoi plus de la moitié des Ukrainiens actuels utilisent le russe comme langage quotidien.

usage Russe

Le Canada et le Québec
Les colonies françaises du Québec furent vaincues par les Anglais en 1759-60 et passèrent officiellement sous contrôle britannique en 1763, alors qu’en vertu du Traité de Paris, la France décida plutôt de conserver ses colonies antillaises. Je pense qu’à long terme, ce choix a été plutôt bénéfique pour la nation franco-américaine. À l’époque, plusieurs britanniques immigraient d’Angleterre pour fuir des persécutions religieuses, mais la plupart choisissent les colonies plus au sud plutôt que le Québec (ethnocentrisme et climat). On se retrouve donc avec 2,000 Anglophones noyés dans 90,000 Francophones.

En 1760, la Nouvelle-France était peuplée d’environ 60,000 habitant comparativement à 2 millions pour les colonies britanniques. Suite à l’indépendance américaine, environ 50,000 loyalistes ont fuit au nord pour y former le Canada-Anglais. En 1791, le Canada est divisé en deux entités : le Haut et le Bas (par rapport au flux du Fleuve St-Laurent).

En 1840, suite à la Rébellion des Patriotes, le rapport Durham concluait que les « troubles » du Bas-Canada étaient attribuables à la présence de deux groupes culturels dans une même région. L’Acte d’Union fusionne alors les deux Canada, ce qui rend les francophones minoritaires en chambre d’assemblée. Le gouvernement britannique cherche définitivement à assimiler la nation Canadienne-Française. Néanmoins, en 1841, l’union entre le leader francophone Louis-Hippolyte La Fontaine et le leader d’un groupe réformiste anglophone nommé Robert Baldwin forment une coalition qui remporte les élections et obtient davantage d’indépendance de Londres en 1848.

En 1867, les britannique réalisent que l’assimilation des francophones ne sera pas possible. Ils adoptent l’Acte de l’Amérique du Nord Britannique, qui scinde le Canada en deux provinces (Québec et Ontario), et les fusionne avec deux autres colonies britanniques, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Nait alors le Dominion du Canada et son gouvernement fédéral. Le premier accroc important entre francos et anglos a concerné la conscription militaire, imposée par le Royaume-Uni en 1914. Ce fut certainement l’un des premiers catalyseurs de nationalisme Canadien-français au sein du Canada naissant, qui n’atteint sa pleine souveraineté qu’en 1931. Le gouvernement fédéral est initialement très centralisateur et laisse peu d’autonomie aux provinces. En 1945, le gouvernement fédéral prélève 83% des taxes, contre 7% pour le provincial et 10% pour les municipaux. Il pouvait annuler les lois provinciales et augmenter unilatéralement ses compétences au détriment des provinces.

Canada&Newfoundland

En 1967, le général de Gaulle, lors d’un voyage au Canada, donne une légitimité internationale à l’idée d’indépendance du Québec en prononçant le célèbre « Vive le Québec libre » devant une foule en délire à Montréal. Le mouvement indépendantistes commencera par la suite à prendre de l’ampleur, jusqu’au référendum sur la souveraineté du Québec de 1980, où la population vote non à 59.5%.

En 1982, le gouvernement de Pierre-Elliott Trudeau accomplit le rapatriement de la constitution Canadienne, qui était sous contrôle britannique à l’époque. Cette nouvelle constitution introduit une panoplie de désavantages pour le Québec qui y perd beaucoup d’autonomie. Les concepts de multiculturalisme et de droits de la personne sont introduits dans la constitution, dont l’interprétation est mise entre les mains de la Cour Suprême, qui obtient alors un pouvoir politique immense et inégalé dans le monde. Ce mécontentement mène au second référendum de 1995, où le « non » l’emporte à 50.4%. Suite à ce vote, le gouvernement fédéral de Jean Chrétien a adopté une résolution reconnaissant le Québec comme société distincte. Plus récemment, le gouvernement de Stephen Harper a décerné officiellement au Québec le statut de nation.

Les États-Unis et le Texas

En 1776, les colonies britanniques d’Amérique ont déclaré leur indépendance de l’Angleterre pour former un pays. Leur différent n’était pas culturel, puisque la grande majorité des habitants étaient des Anglais (Anglo-Américains). Ce fut plutôt une chicane politique. Suite à la Guerre de Sept Ans, qui fut fort coûteuse pour les nations y ayant participé, le gouvernement britannique était fort endetté et leva de nouvelles taxes auprès de ses colonies. Les américains s’insurgèrent contre ces taxes, non pas parce qu’ils étaient contre la taxation en général, mais bien parce qu’ils ne toléraient plus d’être taxé sans avoir de représentation au Parlement Britannique. Lorsque les colonies demandèrent un peu plus d’autonomie et de pouvoir décisionnel auprès de leur mère-patrie, ils obtinrent des mesures coercitives qui déclenchèrent une révolution. Ce fut une grave erreur du côté Britannique, qui allait par la suite faire d’importante concessions à ses autres colonies (incluant le Canada) pour éviter le même sort.

À noter que la France avait aidé les Américains durant cette guerre. Les dettes accumulées par la France suite à la Guerre de Sept Ans et la Guerre d’Indépendance Américaine ont contribué au ressentiment ayant mené à la Révolution Française de 1789.

Plus tard, au 19e siècle, les États-Unis ont failli se scinder en deux pays. Ce fut la Guerre Civile Américaine qui a opposé sept états du Sud (la Confédération) aux états du Nord (l’Union). L’un des différents était relié à l’esclavage. Le Nord voulait l’abolir, alors que le Sud en avait besoin pour ses plantations de coton. Pour pallier à son désavantage compétitif, le Nord imposait des tarifs protectionnistes qui nuisaient à l’économie du Sud, qui n’appréciait pas de son côté l’ingérence grandissante du gouvernement fédéral dans ses affaires.

Le Texas est l’un des États où un pourcentage relativement élevé de la population souhaiterait la séparation des États-Unis. Le Texas Nationalist Movement a vu son membership augmenter significativement au fil du temps. La possibilité d’une sécession a été invoquée par Rick Perry lors d’un discours en 2009:

If Washington continues to thumb their nose at the American people, you know, who knows what might come out of that.

En vertu de la constitution américaine, aucun état n’a le droit de se séparer des États-Unis. Entre 60% et 75% des Texans s’opposent à la sécession. Il n’en demeure pas moins que le Texas est une puissance économique aux États-Unis et pas seulement à cause de son industrie énergétique. C’est l’un des États qui paie davantage en impôts au fédéral qu’il ne reçoit de transferts et services. C’est aussi un état qui est différent culturellement des autres états, tout en étant en même temps une version amplifiée de l’Amérique typique; les États-Unis poussés à extrême!

Le Texas est le seul État ayant mené à bien une révolution contre un autre pays (le Mexique). C’est aussi le seul État, avec Hawaï, qui a existé en tant que république indépendante ayant elle-même consenti à son annexion aux États-Unis. Les États-Unis (sous Jefferson) et la France (sous Napoléon) ont décidé de ne pas mettre la main sur le Texas au début du 19e siècle, pour ne pas déclencher d’hostilités avec l’Espagne. En 1819, le président Adams a acheté la Floride de l’Espagne, mais pas le Texas.

En 1836, les anglo-américains et les Tejanos (des Mexicains vivant au Texas) ont mené une révolution contre la République du Mexique, qui venait tout juste d’obtenir son indépendance de l’Espagne en 1821. Le Texas est alors devenu un pays indépendant.

Texas 1836

En 1841, John Tyler a été le premier vice-président à devenir président des États-Unis suite à la mort du président (dans ce cas il s’agissait de Harrison, qui est décédé d’une pneumonie un mois après le début de son terme). Tyler avait été exclus de son propre parti politique (Whigs), ce qui le laissait libre de poursuivre ses intérêts personnels, incluant l’expansion territoriale. Il lui fallu plusieurs années et une longue bataille politique pour finalement y arriver en 1845, alors que le Texas devint le 28e état américain.

Le Texas avait accumulé d’énormes dettes suite à sa guerre de sécession contre le Mexique. En échange de l’annexion, les États-Unis allaient assumer cette dette, mais le Texas conserverait le contrôle de ses terres publiques. Le Texas obtint aussi 9 milles nautiques de juridiction, comparativement à seulement 3 milles pour les autres états américains. Cela mettait environ 4 millions d’acres de terrain submergé et regorgeant de pétrole entre les mains de l’état plutôt que du gouvernement fédéral.

Le Texas a joint les États-Unis en 1845, mais les a formellement quitté le 2 mars 1861, pour joindre la Confédération lors de la Guerre Civile Américaine. À l’époque, les Texans n’utilisaient pas beaucoup les esclaves, ce qui n’était pas un enjeu majeur pour eux. Les Texans en avaient plutôt contre l’ingérence du fédéral dans leurs affaires et son incapacité à bien protéger la frontière avec le Mexique.

(Voir mon article sur le Texas)

France : l’État-nation typique?

La France fait partie des pays qui s’approchent le plus de ce que l’on considère un État-nation. La langue française est de très loin la plus parlée entre les frontières de l’Hexagone, mais pourtant, lors de la révolution de 1789, moins de la moitié des habitants du territoire parlaient le français.

La France moderne s’est constituée à partir de l’agrégation au domaine royal de divers territoires, certains issus du partage de l’empire carolingien. Il en est résulté un assemblage de régions parlant diverses langues romanes (langue d’oïl, langue d’oc, corse), germaniques (alsacien, flamand occidental, francique) ou d’autres origines (breton, basque). Issue du latin dit « vulgaire », le français a subi quantité de changements surtout pendant l’époque pré-littéraire (3e siècle au 8e siècle environ). Ces changements ont distingué la langue latine de la langue parlée du peuple à tel point qu’au 8e siècle, on prend conscience du fait qu’il s’est développé une nouvelle langue. Ce n’est qu’avec le début de la littérature en langue populaire que le besoin d’une normalisation de cette nouvelle langue s’impose.

À partir du moment où le roi choisit Paris pour résidence permanente, la ville devient définitivement le centre de la puissance et aussi du commerce et le dialecte francilien s’impose de plus en plus comme langue de communication, de commerce, de politique et de religion. C’est finalement François Ier qui imposa définitivement le français pour tous les actes juridiques à travers l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539.

Suite à la révolution de 1789, plusieurs politiques sont mises en place par l’état pour faire reculer les dialectes régionaux et assurer l’hégémonie du français comme langue nationale. Ces politiques ont engendré une certaine convergence culturelle qui donne aujourd’hui aux Français l’impression de ne former qu’une seule nation relativement homogène. De nos jours, il serait peu probable qu’une telle consolidation territoriale et culturelle puisse s’opérer. L’identité culturelle française est présentement en dilution, en raison de l’immigration. Néanmoins, l’unité culturelle française n’est certainement pas en cause présentement.

Le Royaume désuni : l’Irlande et l’Écosse

Aux 13e et 14e siècles, l’Angleterre a plusieurs fois tenté d’annexer l’Écosse par la force militaire, sans succès. En 1603, le roi Jacques VI d’Écosse héritait de la couronne d’Angleterre, faisant en sorte que la maison des Stuart allait régner sur les deux royaumes jusqu’à l’Acte d’Union de 1707, en vertu duquel les deux nations allaient fusionner pour devenir le Royaume de Grande Bretagne.

L’union était fort contestée par la population écossaise, mais plaisait à l’élite, qui avait investi dans le désastreux projet Darien, une colonie commerciale établie par les Écossais au Panama. Ce projet avait englouti environ 20% du PIB écossais et en échange de l’union, l’Angleterre indemniserait les investisseurs. L’union plaisait aussi à l’Angleterre et son monarque, qui allait s’assurer que son voisin du nord ne tombe jamais sous l’influence d’une nation hostile.

Vous en conviendrez qu’un pays fondé sur des prétextes si faibles ne peut être solide. D’ailleurs, les écossais ont tenu en septembre 2014 un référendum concernant leur indépendance du Royaume-Uni. Le clan du « non » l’a emporté par une maigre avance. En 1979, un référendum avait eu lieu au cours duquel 52% avaient voté « oui », mais le taux de participation fut seulement de 64%, ce qui signifie que seulement 33% de l’électorat avait voté « oui », alors qu’il fallait 40%. Un autre référendum eu lieu en 1997, cette fois pour la création d’un parlement Écossais, ce qui fut un succès.

En plus de vouloir prendre le contrôle de la politique étrangère, les indépendantistes de l’Écosse souhaitent accaparer une plus grande part des revenus pétroliers ainsi qu’investir davantage dans l’énergie renouvelable (visant une ré-industrialisation dans ce domaine). Ils colportent aussi l’aspiration à être en contrôle de leur propre sort d’un point de vue démocratique, ainsi que de préserver et promouvoir la culture écossaise.

En Irlande, l’autre portion du Royaume-Uni annexée par l’Angleterre, la situation a dégénéré en un conflit brutal. L’île était occupée par le peuple gaélique jusqu’en 1177, moment auquel le roi d’Angleterre Henri II l’a transformé en une seigneurie anglaise par la force. L’influence britannique demeura toutefois limitée et déclina, jusqu’au 16e siècle, lorsque le roi Henri VIII entreprend de reconquérir l’île, qu’il transformera en royaume assujetti à l’Angleterre (en 1542). Cette brutale annexion fut suivie d’une vague d’immigration de Britanniques établissant des colonies dans le nord. En 1801, l’appartenance à la couronne britannique est renforcie par l’Acte d’Union, qui engendre un Royaume-Uni d’Angleterre et d’Irlande.

S’enclenche alors un mouvement politique nationaliste qui progressa tout au long du 19e siècle et résulta en la partition de l’Irlande en 1921, suite à une guerre avec l’Angleterre. Le pays est alors séparé en l’Irlande du Sud, qui devint indépendante, et l’Irlande du Nord, qui demeura au sein du Royaume-Uni. La frontière a été dessinée de manière à délimiter les territoires sur lesquels les Anglo-Irlandais sont en majorité. Les sudistes gaéliques sont Catholiques, alors que les nordistes sont à majorité anglophones et de religion protestante. À l’époque, suite à de violentes politiques d’assimilation menées sur plusieurs siècles, la langue gaélique n’est plus parlée que par environ 15% de la population.

Ceci dit, la région du nord n’est pas exclusivement anglo/protestante. Environ 40% des habitants sont Irlandais/catholiques, ce qui engendre de graves tensions entre les deux nations confinées à l’intérieur de l’Irlande du Nord. Ce conflit entre les républicains Irlandais, qui veulent combiner les deux Irlande en un seul pays, et les loyalistes, qui désirent conserver l’union avec le Royaume-Uni, dégénéra en d’immenses manifestations et émeutes, auxquelles le gouvernement a répondu de manière brutale et répressive. Le bras armé des républicains, l’Irish Republican Army (ou IRA), mène des activités terroristes contre le gouvernement, auxquelles répliquent la Ulster Volunteer Force, une sorte de milice loyaliste. Les deux événements les plus dramatiques de ce conflit, surnommé « Les Troubles », furent probablement le Bloody Sunday de 1972 et la grève de la faim de 1981.

Le conflit fut apaisé en 1998, suite à la signature de l’Accord du Vendredi Saint, conférant davantage d’autonomie à l’Irlande du Nord et la reconnaissance de la minorité Irlandaise/Gaélique au sein de l’Irlande du Nord. Depuis, les principales organisations terroristes dérivées de l’IRA ont rendu les armes. Environ 3,500 personnes ont perdu la vie en raison des Troubles, qui ont failli dégénérer en une véritable guerre civile.

Irlande

langues Irlande du Nord

L’Espagne, la Catalogne et le Portugal

Sur la péninsule ibérique, deux nations ont connu des dénouements différents face à l’Espagne. D’un côté, la Catalogne, bien qu’autonome, fait toujours partie du Royaume d’Espagne, alors que le Portugal de son côté a conservé son statut de pays indépendant depuis plusieurs siècles. Qu’est-ce qui explique cette différence de statut, alors que les deux nations parlent une langue foncièrement différente de l’espagnol? En fait, quand on consulte l’histoire de la région, on constate que cette différence n’est attribuable qu’à quelques batailles et caprices de princes…

La Principauté de Catalogne a été créée en 1162 par l’union de tous les comtés catalans, qui étaient auparavant sous tutelle franque, mais faisaient toujours partie du royaume d’Aragon (depuis 1134). En 1472, en vertu du mariage de Ferdinand II d’Aragon avec Isabelle Ière de Castille, le royaume d’Aragon est uni avec la Castille pour former l’Espagne. Ces deux souverains chrétiens allaient compléter la Reconquista contre les Maures en 1492. Leur fille Jeanne (la Folle) allait marier un Habsbourg d’Autriche, ce qui amena cette dynastie à la tête du royaume.

Puis, suite à la guerre de succession engendrée par la mort du dernier Habsbourg, Charles II, ce furent les Bourbons (de France) qui assujettirent la région catalane en 1714, lors de la capitulation de Barcelone (le 11 septembre allait devenir la fête nationale catalane). La Catalogne fut même annexée à la France par Napoléon I entre 1812 et 1814. Aujourd’hui, c’est toujours la dynastie bourbonnaise qui règne sur l’Espagne sous le roi Philippe VI, qui vient tout juste d’accéder à la couronne suite à l’abdication de son père Juan Carlos.

Résistant aux politiques centralisatrices de l’Espagne, la Catalogne obtint un statut d’autonomie en 1932, lequel lui sera retiré par le régime de Franco en 1939. La langue catalane allait aussi être interdite par cette dictature autoritaire, mais ces restrictions allaient graduellement être affaiblies après 1945. En 1978, la Catalogne récupère son statut de communauté autonome en vertu de la nouvelle constitution démocratique espagnole, mais ce ne sera pas assez pour atténuer le sentiment nationaliste des habitants. Présentement, le parlement catalan est dominé à 55% par des partis séparatistes. En 2012, d’immenses manifestations pro-sécession ont eu lieu dans les rues de Barcelone. Environ 55% de la population souhaiterait la sécession de l’Espagne, chose qui pourrait fort probablement se produire au cours des prochaines années, mais le gouvernement espagnol ne reconnaît aucunement le pouvoir d’auto-détermination du peuple catalan.

De l’autre côté de la péninsule, l’identité nationale du Portugal a vu le jour suite à la Reconquista de la région aux mains des Maures qui commença en 790. L’événement fondateur du royaume fut la bataille de Sao Mamede en 1128, qui sépara le Portugal des royaumes de Galice et de Leon (et donc de l’Espagne). Puis, suite à la mort du roi Sébastien, le Portugal a été sous domination espagnole de 1580 à 1640. La région garda une certaine autonomie, jusqu’à ce que Philippe IV tente de la transformer en une véritable province espagnole. Cette politique mena à une guerre d’indépendance contre l’Espagne, qui fut menée à terme en 1668. Le Royaume du Portugal fut alors sous la règne de la dynastie de Bragance, jusqu’à ce que la monarchie y soit renversée en 1910, en faveur de l’établissement d’une république démocratique. La frontière entre les deux pays demeure toutefois contestée, puisqu’elle n’est séparée d’aucune barrière naturelle.

Pour certains historiens, il n’aurait fallu qu’à ce qu’un noble Portugais fasse l’affaire d’une princesse de Castille pour que le Portugal soit réintégré au royaume espagnol, comme ce fut le cas pour Ferdinand II d’Aragon en Catalogne! Donc en Ibérie, la différence entre la création d’un pays ou non ne fut qu’une question d’alliances monarchiques. Ce genre de lien faible entre deux nations d’un même pays (espagnole et catalane) ne peut pas tenir à long terme, surtout lorsque des différences économiques émergent entre les deux territoires. Il est cependant intéressant de noter que le gouvernement espagnol a déjà promis d’ignorer le résultat d’un référendum quant à l’indépendance de la Catalogne…

La Belgique : sécession imminente?

Avant 1814, la Belgique appartenu à la France durant environ 20 ans, pendant lesquelles le langage hollandais fut graduellement évincé par des mesures répressives au profit du français. Les Flamands ont alors développé un fort antagonisme envers leurs assimilateurs, dont la domination dura jusqu’à la défaite de Napoléon à Waterloo. La Belgique indépendante a été créée en 1830 suite à une révolution qui a divisé le Royaume-Uni-des-Pays-Bas en trois pays distincts (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). Le français est alors devenu le langage officiel du gouvernement, ce qui ne manqua pas de créer des frictions avec les Flamands. L’égalité des langues ne fut accomplie que dans les années 1930s. Une frontière linguistique a même été adoptée dans les années 1960s. On estimait récemment que 60% de la population est flamande et 40% wallonne.

L’antagonisme entre les deux nations n’est pas que culturel, il est aussi économique. Le PIB par habitant est 40% plus élevé en Flandres qu’en Wallonie, ce qui nécessite des transferts importants entre les deux régions. La partition du pays ne semble pas imminente présentement, mais la crise politique de 2010-11 a failli mener le pays dans cette direction. Le gouvernement mit 353 jours à se former suite à l’élection. Devant l’impasse des négociation, le premier ministre Elio Di Rupo avait invoqué la partition du pays comme une solution au conflit. Ce n’est qu’en octobre 2011 que les partis flamands et wallons finirent par s’entendre.

L’unité du pays a été sauvée pour cette fois, mais il y a lieu de se demander qu’est-ce qui peut bien contenir ces deux nations si différentes au sein d’une même pays?

La Tchécoslovaquie : un pays artificiel
La Tchécoslovaquie a été créée de toute pièce suite au retraçage de la carte de l’Europe engendré par la première guerre mondiale. Érigée sur les décombres de l’Empire Austro-Hongrois, la Tchécoslovaquie regroupa en un même État les Tchèques et les Slovaques, deux peuples de langue proche, ainsi qu’une importante population de langue allemande dans les Sudètes.

En 1938, Hitler, poursuivant ses objectifs pangermanistes, déclare vouloir libérer les Sudètes de l’« oppression » tchécoslovaque. Pour Prague, il n’est pas question d’abandonner le seul secteur défendable d’une zone frontalière stratégique et qui constitue la principale région industrielle du pays, avec notamment les usines d’armement Škoda ; celles-ci sont à l’époque parmi les plus grandes et les plus modernes. En outre, les tchécoslovaques viennent tout juste d’achever un système de fortifications qui a demandé trois ans de travaux. Hitler exige alors que les Tchèques habitant la Région des Sudètes évacuent celle-ci en y laissant leurs biens. Pour préserver la paix, la France et le Royaume-Uni acceptent que l’Allemagne annexe la Région des Sudètes. En échange, Hitler, manipulateur, assure que les revendications territoriales du Troisième Reich vont cesser. Le lendemain, la Tchécoslovaquie, qui avait commencé à mobiliser ses troupes, est contrainte de s’incliner et de laisser pénétrer la Wehrmacht sur son territoire. Quelques mois plus tard, Hitler rompt sa promesse. En mars 1939, l’armée allemande entre dans Prague; la Bohême et la Moravie deviennent un protectorat du Reich. La Slovaquie collabore avec les Nazis, lui assurant une certaine indépendance.

Après la seconde guerre mondiale, la région des Sudètes est réintégrées à la Tchécoslovaquie et les Sudètes Allemands sont expulsés vers l’Allemagne et l’Autriche. Suite au Coup de Prague de 1948, les communistes prennent le pouvoir et la Tchécoslovaquie est le dernier pays d’Europe à passer du côté soviétique du « Rideau de fer ».

Profitant de la politique de tolérance de l’URSS mise en place par Gorbatchev, le pays retrouve sa liberté en 1989 grâce à la Révolution de Velours et porte à sa tête le dramaturge et dissident Václav Havel. Celui-ci ne pourra empêcher les susceptibilités nationales encouragées par des dirigeants politiques populistes de causer la séparation à l’amiable du pays en 1992 pour la République Tchèque et la Slovaquie, surnommée la « Partition de Velours » (puisqu’il n’y eu pas ou peu de violence).

À l’époque, le PIB par habitant des Tchèques est 20% plus élevé que celui des Slovaques; des paiements de transfert avaient lieu de l’un vers l’autre. Les Slovaques ne toléraient pas que le contrôle décisionnel demeure centralisé à Prague. Pourtant, seulement 37% des Slovaques et 36% des Tchèques étaient en faveur de la dissolution du pays, mais un parti indépendantiste était au pouvoir en Slovaquie. Il n’en demeure pas moins que la force sociale qu’est l’ethnocentrisme a tout ramené dans l’ordre, chaque nation dans son pays, même s’il aura fallu 75 ans pour tout remettre en place.

Czech

La réunification de l’Allemagne
Si en Tchécoslovaquie le retour à la normale post-1989 consistait à diviser le pays, c’est l’inverse qui devait se produire en Allemagne. Cette séparation politique n’était rien d’autre qu’une prolongation des idioties guerrières qui l’avaient précédée. Il n’y avait aucune raison pour que cette nation soit ainsi divisée; la réunification était inévitable, ce qui permit à l’Est de rattraper le niveau de vie de l’Ouest. Une situation similaire est survenue au Vietnam en 1976, alors que l’unification des deux Corée n’a toujours pas eu lieu.

Allemagnes

La Pologne : une nation sans pays…
En 1795, le pays a été divisé et absorbé par la Prusse, l’Autriche et la Russie. Le pays a été littéralement rayé de la carte de 1795 à 1914. Ironiquement, durant la première guerre mondiale, les Polonais étaient conscrits dans les armées de trois différents pays, dont certains antagonistes, et devaient donc s’entre-tuer. Le pays a ré-émergé en 1918, pour ensuite être conquis de nouveau par l’Allemagne Nazie et l’Union Soviétique en 1939. La Pologne allait demeurer sous influence communiste jusqu’à la chute du mur en 1989.

Malgré l’absence du statut de pays distinct pendant la majeure partie des 220 dernières années, la Pologne forme encore aujourd’hui une nation très homogène culturellement, avec 97.5% de la population parlant la langue polonaise, le plus haut taux en Europe pour une langue maternelle. L’ethnocentrisme a fait en sorte que la nation a survécu aux multiples déformations de son État et de ses frontières géopolitiques. (Voir mon article sur la Pologne)

L’unification de l’Italie
L’Italie était jadis un ensemble fragmenté de cité-États, sous contrôle Austro-Hongrois et Français. Puis, le roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel II, décida d’agrandir son royaume en unifiant toutes les nations de la péninsule sous un même pays. Les troupes de Sardaigne ont vaincu les Autrichiens dans le Nord grâce au support des troupes françaises. Puis, le roi envoya Giuseppe Garibaldi et ses hommes conquérir les « Deux Sicile », ce qu’il fit avec succès en 1860. Finalement, la Vénétie fut conquise, expulsant les Autrichiens de l’Italie pour de bon en 1866.

À cette époque, chaque région avait son propre dialecte, seulement 2.5% de la population parlait l’Italien « standard ». C’est le dialecte de la Toscane qui allait s’imposer comme langue commune en raison de l’avancement économique de la région. Suite à l’unification, cette langue allait se répandre à travers la péninsule propulsée par l’école publique obligatoire. Les nouvelles générations allaient par la suite graduellement délaisser leurs dialectes locaux.

La monarchie italienne finit par tomber en 1946, figeant les frontières du pays pour de bon. De nos jours, l’Italie donne l’impression d’être une nation plutôt homogène, mais cette homogénéité a été imposée par l’État et la force depuis 150 ans.

La Norvège, la Suède et la Finlande
Avant 1814, la Norvège était sous le contrôle du Danemark. En 1814, la Suède utilisa la force militaire pour forcer le Danemark à lui céder la Norvège, puis mena ensuite une campagne militaire en Norvège pour contraindre le pays à s’annexer à la Suède pour former le Royaume-Uni-de-Suède-et-Norvège. En fait, la Norvège était plutôt indépendante à l’époque, les seules institutions partagées par les deux nations étaient la royauté et le ministère des affaires étrangères, qui étaient basés à Stockholm. L’union se passa bien, les deux pays formant une zone de libre-échange prospère. Puis, vers la fin du 19e siècle, les Norvégiens voulurent rapatrier la fonction des affaires étrangères, chose à laquelle la Suède s’opposa. S’ensuivi une dissolution pacifique de l’union et la Norvège devint un pays indépendant. Le pays avait alors plus que rattrapé son retard de développement sur son voisin et était en voie de devenir le pays le plus prospère de la terre au cours du 20e siècle.

La Finlande de son côté faisait partie du royaume de Suède jusqu’en 1809, après quoi elle fut cédée à la Russie. La Finlande ne devint indépendante qu’en 1917. Alors qu’elle faisait partie de la Suède, environ 15% des habitants parlaient suédois, surtout chez les élites, et cette langue était la langue officielle de l’administration publique. C’est la Russie qui a favorisé l’émergence du nationalisme finlandais et de la langue finlandaise, de manière à mieux séparer la Finlande de son ancien royaume. Puis, les Tsars mirent en place des politiques de russifications vers la fin du 19e siècle, qui ne firent qu’accentuer le nationalisme finlandais. L’indépendance fut déclarée démocratiquement en 1917, suite à quoi une courte, mais sévère guerre civile éclata.

Pourquoi ces trois pays n’en forment-ils pas un seul vu leur proximité géographique et culturelle? Encore une fois, ce sont des accidents de l’histoire et des caprices de monarques qui en ont voulu ainsi, et ils ont aussi des langages différents. Néanmoins, nous nous retrouvons dans une situation où chaque nation a son pays, incluant l’Islande, qui faisait jadis partie de la Norvège. Cet arrangement a semblé favorable au maintien d’un climat pacifique et à l’émergence d’économies prospères.

Le génocide du Rwanda
Le Rwanda a obtenu son indépendance coloniale de la Belgique en 1962. Les Hutus prirent le contrôle du pays et imposèrent un régime autocratique centralisé. Le gouvernement a pris le contrôle de toutes les terres et des mesures discriminatoires furent imposées au détriment des Tutsis. Une chose qui subsista à la fin de l’ère coloniale fut le contrôle gouvernemental des exportations de café. Les lois obligeaient les fermiers à cultiver le café et à le vendre au gouvernement à un prix bien inférieur au prix du marché international. Le gouvernement pouvait alors empocher le profit et le redistribuer aux fonctionnaires, politiciens et leurs « amis ». Ce système était inévitablement un foyer de corruption et d’appauvrissement pour les Rwandais. En fait, les revenus du café pillés par le gouvernement étaient utilisé pour acheter le maintien de la dictature.

Vers la fin des années 1980s, le prix mondial du café s’écroula sur les marchés internationaux. L’Accord International sur le Café fut aboli, ce qui eu comme effet de réduire drastiquement les revenus du gouvernement Rwandais. Cet accord n’était rien d’autre qu’un cartel entre les pays producteur visant à coordonner un système de quotas, restreignant les exportations de manière à maintenir le prix plus élevé (même principe que l’OPEP). N’ayant plus accès à autant de revenus pour maintenir son hégémonie, le gouvernement diminua le prix payé aux fermiers de manière à maintenir ses profits, ce qui engendra beaucoup de ressentiment au sein de la population. Le gouvernement Hutu jeta alors le blâme sur les Tutsis comme cause des problèmes économiques du pays, faisant appel à une forme de nationalisme ethnique (un peu comme Hitler l’a fait avec les Juifs pour mobiliser le peuple derrière lui).

En 1990, les rebelles Tutsis ont tenté de profiter des problèmes économiques pour prendre le contrôle du pays, mais sans succès. Cependant, le Président de la dictature Hutu accepta de conclure un accord avec les Tutsis, mais suite à l’assassinat du Président, les Hutus ne souhaitaient pas que cet accord soit ratifié. Ainsi, la guerre civile éclata en 1993, menant au génocide de 1994. Environ un million de gens furent tués et 2 millions quittèrent le pays. La démocratie revint au pays en 2003, lors de l’élection de Paul Kagame, représentant du RPF (Tutsi).

Le Rwanda est un exemple du pire scénario qui puisse survenir lorsque deux nations occupent un même pays. L’une des causes fondamentales d’un tel cataclysme est attribuable aux différences de pouvoir politiques et économiques des deux tribus concernées. (Voir mon article sur le Rwanda ici)

Israël et la Palestine

Le peuple Juif a certainement constitué un cas d’exception dans l’histoire du monde. Il y a une certaine hétérogénéité au sein de cette population, mais ils forment certainement une nation, qui était jadis éparpillée un peu partout dans le monde. Cette nation sans pays était de plus en plus persécutée au 19e siècle et au début du 20e, surtout en Europe de l’Est, où avaient lieu des pogroms, des massacres collectifs durant lesquels des milliers de juifs étaient massacrés. Leurs biens étaient pillés, surtout par le gouvernement qui en profitait pour renflouer ses coffres. Puis survint l’Holocauste Nazi et sa « solution finale ». Ainsi, vers le milieu du 20e siècle, les Juifs étaient coincés entre des pays où ils ne pouvaient pas vivre et des pays où ils ne pouvaient pas entrer.

Au début du 20e siècle, les Juifs avaient commencé à s’établir en Palestine. Ces premières communautés étaient très dépendantes de dons octroyés par les Juifs établis ailleurs, surtout aux États-Unis. En 1909, la première ville de culture hébraïque fut fondée, Ahuzat Bayit, qui allait éventuellement être renommée Tel Aviv. En 1917, en vertu de la Déclaration de Balfour, le gouvernement britannique pris la région en charge et se déclara en faveur de l’établissement des Juifs en Palestine. Dès 1929, les tensions s’intensifièrent avec les Arabes, notamment en ce qui concerne le mur des lamentations. À l’époque, les décisions étaient prises par l’administration britannique, plutôt que par un principe démocratique qui aurait été en faveur de la majorité arabe.

Durant les années 1930s, l’immigration juive en Palestine accéléra, ce qui augmenta le ressentiment de la population arabe et mena aux émeutes de 1933 et à la révolte de 1936-39. Lors de la Commission Peel, les Britanniques proposèrent une partition de la région en deux états, mais les Arabes rejetèrent ce plan sans équivoque. Par la suite, l’immigration juive en Palestine fut très rationnée par l’Angleterre, au point où la plupart des arrivants y entraient clandestinement. À l’époque, le gouvernement britannique était moins sous l’influence des Rothschild (juifs) et se souciait davantage de ne pas trop froisser les Arabes.

Le mandat britannique s’acheva en 1948 et les Anglais se retirèrent du pays. C’est à ce moment que le Conseil des Juifs proclama l’État d’Israël. Cela déclencha un conflit avec les Arabes, que les forces Israéliennes arrivèrent à repousser in extremis. En mai 1949, l’Israël fut admise comme membre des Nations Unies. Entre 1948 et 1958, la population augmenta de 800,000 à 2 millions. Le conflit entre Juifs et Arabes perdura pendant plusieurs décennies, ponctuées notamment de la Guerre de 6 Jours (contre l’Égypte, la Jordanie et la Syrie), le Massacre de Munich (1972), la Guerre de Yom Kippur contre l’Égypte et la Syrie en 1973, les guerres contre le Liban (1982 et 2006), les deux Intifadas (1987 et 2001) et la Guerre de Gaza de 2008 (et de 2014…).

En 1988, les membres de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), en exil à Algers, déclarèrent l’indépendance de cet État-nation. Entre 1993 et 1996, des accords furent conclus (dont les Accords d’Oslo, Gaza-Jericho, la Déclaration de Washington et le Traité de Paix Israël-Jordanie). Yasser Arafat devait prendre la tête d’un nouvel État Palestinien indépendant, mais tous ces accords étaient rejetés par le Hamas et le Hezbollah, qui continuèrent à perpétrer des actes terroristes contre Israël, auxquels les Juifs répliquent avec panache. Ces organisations terroristes/extrémistes ne considèrent même pas qu’Israël ait le droit d’exister, ce qui rend toute négociation impossible. Le côté Juif est aussi divisé et comporte des factions moins flexibles qui ne désirent pas négocier.

Aujourd’hui, Israël a un peu plus de 8 millions d’habitant, dont 75% sont Juifs. Des murs ont été construits autour de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, au-dessus desquels les Palestiniens lancent des roquettes. Gaza est présentement sous le contrôle du Hamas, alors que la Cisjordanie demeure sous contrôle Fatah, ce qui fait en sorte que la gouvernance de cet État est maintenant disloquée et incohérente.

Combien de temps cette situation absurde durera-t-elle encore?

Israel-Palestine

L’Iraq et les pays Arabes
La plupart des conflits entre Arabes sont reliés au clivage entre Sunites et Shiite, deux variantes de l’Islam qui datent du schisme de 632. Ces deux tangentes religieuses ont développé un antagonisme l’une envers l’autre; une sorte d’ethnocentrisme religieux, qui fait en sorte qu’elles ne peuvent cohabiter au sein d’un même pays, surtout lorsque le gouvernement du pays est une théocratie.

Le territoire iraquien a été sous la domination de l’Empire Ottoman jusqu’à la première guerre mondiale, mais tomba sous contrôle britannique en 1917. Les Anglais définirent alors les frontières du pays de manière arbitraire, sans tenir compte des divisions ethniques et religieuses des habitants! Le pays est à 65% shiite, mais c’est la minorité sunnite qui contrôlait le gouvernement jusqu’à l’invasion américaine de 2003. Saddam Hussein, le dictateur Sunnite, a d’ailleurs commis plusieurs crimes de type génocidaire, qui servirent de prétexte pour le pendre. Ainsi, occupée par deux nations très antagonistes, l’Iraq est un véritable baril de poudre.

Les Sunnites sont majoritaires au Moyen-Orient, notamment en Égypte, en Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unis et en Jordanie. Le Pakistan est à 80% Sunnite, ce qui engendre une certaine instabilité. La Syrie est à 75% Sunnite, alors que l’élite gouvernementale est Alawite (un sous-groupe Shiite), ce qui explique en partie les conflits qui y sévissent. C’est l’inverse qui prévaut au Bahreïn, où la majorité de la population est Shiite, mais où l’élite est Sunnite. Le plus important pays Shiite est bien entendu l’Iran. Au Liban, le Hezbollah est d’allégeance Shiite. Les Talibans d’Afghanistan sont Sunnites, tout comme Al-Qaeda et les Frères Musulmans.

L’autre nation importante du Moyen-Orient est la nation Kurde, qui est présente dans le nord de l’Iraq, l’Iran, la Syrie et la Turquie. Le Kurdistan, dont le territoire empiète sur les 4 pays mentionnés, est une région géo-ethnique habitée par 25 millions de Kurdes, sans toutefois former un pays officiel.

Évidemment, les choses seraient bien plus simples si on pouvait bouger les jetons « shiites » vers l’Iran et l’Iraq, et répartir les jetons sunnite dans les autres pays, comme sur un plateau du jeu Risk. On pourrait aussi dessiner la frontière du Kurdistan au crayon autour des jetons kurdes. Le Moyen-Orient deviendrait alors du jour au lendemain une région beaucoup plus stable et pacifique, mais les choses ne sont pas aussi simples. Il faudra peut-être encore des centaines d’années de conflits et des centaines de milliers de morts avant d’en arriver à une situation de stabilité, si une telle chose est possible.

Iraq

Conclusion
Dans un monde libertarien/minarchiste dans lequel les gouvernements n’interviendrait à peu près pas dans la vie des gens et dans l’économie, la notion de pays serait inutile. La société mondiale serait constitué d’une multitudes de gouvernements locaux assurant la protection des droits de propriété sur un territoire relativement restreint, probablement comparable à celui d’une ville.

Cependant, le monde n’est pas ainsi. Les gouvernements interviennent dans la vie des gens à différents niveaux en fonction des valeurs, croyances et des intérêts personnels de la population et des politiciens qui les dirigent. À partir du moment où les libertés individuelles sont enfreintes, il sera inévitable qu’un ou des groupes de personnes au sein d’un pays seront en désaccord avec les politiques gouvernementales et se sentiront bafoués par ces politiques, celles-ci ne correspondant pas à leurs valeurs, croyances et/ou intérêts.

Étant donné le caractère ethnocentrique de la nature humaine, les valeurs, croyances et intérêts ont tendance à converger au sein de mêmes groupes ethniques. Autrement dit, les membres d’une même nation ont tendance à être davantage en accord avec les autres membres de leur nation en ce qui concerne l’organisation de la société qu’avec les membres des autres nations.

Lorsque plus d’une nation sont confinées au sein d’un même pays et que les politiques gouvernementales adoptées ne correspondent pas aux valeurs, croyances et intérêts de l’une de ces nations, des frictions émergent inévitablement ainsi qu’une forme d’antagonisme envers l’autre nation et une attitude de confrontation. Les pays qui sont dans cette situation seront inévitablement instables et pourraient même dégénérer jusqu’à une guerre civile, un coup d’État et/ou une partition. Cette instabilité peut aussi survenir au sein d’une même nation lorsqu’il n’existe pas de consensus au sein de celle-ci concernant les valeurs, croyances et intérêts, mais cela est beaucoup plus rare (pensez au Venezuela par exemple).

L’une des constatations que l’on peut faire suite à l’étude de l’histoire des pays susmentionnés est qu’une nation peut survivre à bien des bouleversements géopolitiques. La nation polonaise existe toujours même si le pays a été rayé de la carte pendant plus de deux siècles. La nation Ukrainienne a aussi survécu à l’invasion mongole, puis au règne des Jagellon Lituaniens, puis aux annexions russe et soviétiques. La Catalogne a préservé sa langue distincte de l’espagnol malgré les pressions centralisatrices du royaume et la dictature franquiste. La Norvège a conservé son identité nationale malgré l’annexion au Danemark puis à la Suède, alors que la Finlande a été tantôt partie de la Suède, tantôt de la Russie. La nation juive perdure depuis des siècles malgré la persécution et l’absence de pays pendant si longtemps. Le concept de nation montre donc une persistance forte grâce à l’ethnocentrisme.

Plusieurs États ont pratiqué une politique d’homogénéisation linguistique de manière à assurer l’unité d’un pays constitué de plusieurs nations, parfois avec succès comme en Ukraine (où le Russe est parlé), en France, au Royaume-Uni et en Italie, parfois sans succès comme au Canada, en Catalogne et en Belgique. Ce genre de politique est une manière pour une nation d’en assimiler une autre et ainsi assurer la pérennité d’un pays formé de plusieurs nations qui aurait autrement été instable.

Certains pays se sont formé par des accidents de l’histoire (alliances monarchiques, conquêtes coloniales, guerres mondiales). Les frontières de ces pays sont généralement arbitraires, ce qui mène à de l’instabilité, voire à la partition subséquente du pays. On pourrait ainsi parler de la Tchécoslovaquie, de l’Iraq, du Canada, de la Catalogne, de la Belgique et de la Norvège. On se souviendra notamment que le droit d’autodétermination n’a pas été accordé aux peuples Allemands Sudètes, Polonais et Autrichiens, qui voulaient alors rejoindre l’Allemagne suite à la première guerre mondiale, alors que les alliés ont utilisé le Traité de Versailles pour affaiblir et amenuiser l’Allemagne. Ces Allemands se sont donc retrouvés encloisonnés au sein de pays dans lesquels ils représentaient une minorité. L’instabilité ainsi engendrée allait évidemment contribuer à la seconde guerre mondiale (voir http://minarchiste.wordpress.com/2013/04/26/les-grandes-guerres-collectivistes-du-20e-siecle/ceci).

Pour d’autres pays, la stabilité ne nécessite pas de nouvelles frontières, mais plutôt la disparition d’une frontière artificielle existante, comme en Allemagne, au Texas, en Crimée et en Italie. Quant aux pays assemblés pour des raisons économiques, certains peuvent durer lorsqu’existe une certaine unité nationale (Texas), alors que d’autres sont plus fragiles (Écosse).

Donc, pour résumer, un pays en bonne et due forme est un territoire défini peuplé par des habitants appartenant à une même nation, c’est-à-dire un groupe d’individus démontrant une certaine cohérence ethnique. Évidemment, avec les importantes vagues d’immigrations observées ces dernières décennies, le concept de nation commence à devenir flou. Cependant, la langue demeure un facteur unificateur et les secondes et troisièmes générations d’immigrants finissent par s’intégrer à la nation-mère, comme ce fut le cas aux États-Unis (les Italiens de New York parlent anglais et se considèrent comme étant Américains).

Lorsque j’observe les développements en Ukraine, en Espagne et même au Texas, j’ai un peu de difficulté avec la négation du droit à l’auto-détermination par voie démocratique. Toute constitution valable devrait inclure le droit d’un groupe d’individus à former leur propre pays par voie démocratique.

En tant que libertarien/minarchiste, j’entrevois d’un bon oeil les mouvements de sécession auxquels on assiste présentement (Écosse, Catalogne, Belgique,…) car plus la juridiction d’un gouvernement est petite, mieux c’est.

Source : Le Minarchiste

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Commentaire recommandé

antoniob // 01.11.2015 à 05h02

ce long exposé véhicule quelques clichés absolument faux, historiquement et culturellement parlant:

–> Ukraine: il n’y avait pas de formation lente d’un embryon d’état-nation ukrainien qui aurait été stoppée par la formation de l’URSS.
La nation ukrainienne, avant la 1ère guerre mondiale, càd. le territoire du peuple ukrainien émergeant linguistiquement entre 14ème et 17ème siècles, correspondant aux steppes centrales de ce qui est l’Ukraine soviétique (et actuelle, car même frontières). L’ouest/nord-ouest correspond à un ancien état Ruthène et à la Galicie, l’Est n’est qu’une marche de la Russie, et d’autres territoires périphériques plus petits sont magyars ou roumains.
La république ukrainienne éphémère après la chute de l’Autriche-Hongrie et la formation de l’URSS n’était qu’un projet territorialement inconsistant, en terme de culture des populations, et la RSS d’Ukraine ne faisait que perpétuer ce fait

–> le berceau de la Russie n’est pas Kiev, mais Novgorod!
Combien de fois faut-il rappeller que le premier état Russe naît aux confins des mondes slaves septentrionaux, baltiques, finno-caréliens et scandinaves. Il n’y a jamais eu de « kraï » de Kiev, mais une « Rouss », archéologiquement et philologiquement confirmée, dans les régions entre Baltique, et lac Ilmen. Les sites les plus anciens sont à Vielle-Lagoda, Izborsk et Novgorod.
La lignée dynastique, jusqu’à Ivan IV (Le Terrible) est Riourikide.
Les sagas mentionnent les interactions entre les premiers lignages Riourikides et les scandinaves.
Très tôt, pour se rapprocher de Byzance et se positionner sur les carrefours commerciaux des steppes, les Riourikides déplacèrent leur capitale de Novgorod vers Kiev. Et lorsque les Mongols brisèrent l’unité de cet état orienté Nord-Sud en fonction des fleuves (influence du commerce Varègue), les Riourikides consolidèrent leur états pré-existants du nord, et s’étendirent sur les pourtours de la Mer Blanche et Est/Nord-Est vers la Volga.
L’origine novgorodienne est abondamment documenté par les chercheurs finlandais ou scandinaves.

d’autres points de cet article, conçernant l’Espagne et la Finlande, sont très superficiels, schématiques et ignorent quelques points importants.

21 réactions et commentaires

  • antoniob // 01.11.2015 à 05h02

    ce long exposé véhicule quelques clichés absolument faux, historiquement et culturellement parlant:

    –> Ukraine: il n’y avait pas de formation lente d’un embryon d’état-nation ukrainien qui aurait été stoppée par la formation de l’URSS.
    La nation ukrainienne, avant la 1ère guerre mondiale, càd. le territoire du peuple ukrainien émergeant linguistiquement entre 14ème et 17ème siècles, correspondant aux steppes centrales de ce qui est l’Ukraine soviétique (et actuelle, car même frontières). L’ouest/nord-ouest correspond à un ancien état Ruthène et à la Galicie, l’Est n’est qu’une marche de la Russie, et d’autres territoires périphériques plus petits sont magyars ou roumains.
    La république ukrainienne éphémère après la chute de l’Autriche-Hongrie et la formation de l’URSS n’était qu’un projet territorialement inconsistant, en terme de culture des populations, et la RSS d’Ukraine ne faisait que perpétuer ce fait

    –> le berceau de la Russie n’est pas Kiev, mais Novgorod!
    Combien de fois faut-il rappeller que le premier état Russe naît aux confins des mondes slaves septentrionaux, baltiques, finno-caréliens et scandinaves. Il n’y a jamais eu de « kraï » de Kiev, mais une « Rouss », archéologiquement et philologiquement confirmée, dans les régions entre Baltique, et lac Ilmen. Les sites les plus anciens sont à Vielle-Lagoda, Izborsk et Novgorod.
    La lignée dynastique, jusqu’à Ivan IV (Le Terrible) est Riourikide.
    Les sagas mentionnent les interactions entre les premiers lignages Riourikides et les scandinaves.
    Très tôt, pour se rapprocher de Byzance et se positionner sur les carrefours commerciaux des steppes, les Riourikides déplacèrent leur capitale de Novgorod vers Kiev. Et lorsque les Mongols brisèrent l’unité de cet état orienté Nord-Sud en fonction des fleuves (influence du commerce Varègue), les Riourikides consolidèrent leur états pré-existants du nord, et s’étendirent sur les pourtours de la Mer Blanche et Est/Nord-Est vers la Volga.
    L’origine novgorodienne est abondamment documenté par les chercheurs finlandais ou scandinaves.

    d’autres points de cet article, conçernant l’Espagne et la Finlande, sont très superficiels, schématiques et ignorent quelques points importants.

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    • visionsud // 01.11.2015 à 08h24

      Comme antoniob le dit, article très superficiel en ce qui concerne l’Espagne, ignorant des manipulations historiques par l’enseignement et des dérèglements sociaux avec des coupes drastiques et irrégularités dans la gestion de la Sécurité sociale en pro de la privatisation. Rappelons que ces deux domaines sont compétences autonomiques . Il faut rajouter la main mise sur les moyens de communication martelant un nationalisme excluant,de la très riche « bande criminelle » qui a gouverné la région depuis 30 ans avec un court intervalle de changement politique du PS et d’ ERC qui n’a rien changé au fonctionnement de gestion de la Generalitat: détournements de fonds publics avec bénéfices dus à la famille Pujol (7 enfants impliqués) allant du 3% au ? % , blanchissement d’argent et fraude fiscale, la plus grande à ce jour révélée en UE et en cours de jugement et de démantèlement au Panama, Belise, Mexique, Lichenstein, Angleterre, pays de l’est, et Andorre…. Nationalisme qui a gouverné la région depuis 30 ans avec un court intervalle d’opposition en Catalogne suivant le même critère de clientélisme et pressions de toutes sortes et sous le thème éternel  » Madrid nous vole »!!!
      Quant au Réferendum: La Constitution de 78 ne le conçoit pas si ce n’est pas accepté par le parlement Espagnol. La demande y fut faite et rejeté démocratiquement.
      Sources à consulter pour se mettre au courant de l’ambiance régionale:
      El Pais,
      El mundo
      El Confidencial
      Voz populi
      El triangle.eu
      La web Dolça Catalunya
      Cafe amb Llet
      et beaucoup d’autres……

      Comme pour l’Ukraine, il faudrait que vos articles soient très prudents quant aux sources et aux raisons « nationalistes » qu’il faudrait traiter en profondeur. La patronale catalane qui jusqu’ici n’osait pas trop s’engager est en train de s’exprimer ces jours ci et pas dans le sens entendu par les nationalistes catalans. Maintenant la CUP mouvement anti-système qui vient d’entrer au Parlement catalan, refuse de donner ses voix pour investir un président régional, et sa liste électorale, trempé dans les affaires de corruption du parti politique CDC. et des coupes sociales drastiques au service d’une droite au niveau idéologique de la Liga Norte. Le problème se complique donc.
      L’opinion publique…… il faut y vivre pour comprendre…..et alors faire un état des lieux raisonné et logique, sourcé quant à l’histoire de l’Espagne et ses problèmes territoriaux et politique à partir de la transition démocratique.
      En espérant que la haine promulguée par la déraison de la corruption contre le même peuple espagnol ne brise pas le vécu durement acquis et que le chemin politique s’éclaire de….. raison et que la Justice (pouvoir judiciaire) soit le garant de la démocratie.

        +6

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    • Anouchka // 01.11.2015 à 19h14

      Je ne suis pas d’accord avec votre manière d’établir une équivalence entre nation et origine ethnique de ses premières elites dirigeantes.
      La noblesse guerrière de la Rus’, qu’elle soit appelée Rus’ de Kiev ou de Novgorod ne doit pas être confondue avec les différents peuples qu’elle a fédérés un temps et qui ont ensuite formé d’autres entités politiques.
      Établir une généalogie entre les slavo-scandinaves qui ont fondé la Rus’ et les populations réunies petit a petit sous le sceptre des souverains de la Moscovie, future Russie revient, je suis désolée de vous le dire, à réfléchir de la même maniere que les nazis ukrainiens…
      Que faites vous de tous les peuples qui, depuis la plus haute antiquité, ont constitué des entités politiques sur le territoire des actuelles Russie et Ukraine : finno-ougriens, scythes, bulgares, khazahrs, etc.
      La Rus’ est un épisode glorieux de l’histoire de la Russie et de l’Ukraine car c’est elle qui a apporté la religion orthodoxe. Mais il ne faut pas non plus d’obséder sur cet etat médiéval assez rapidement déliquescent.

        +0

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  • Bert // 01.11.2015 à 08h10

    « Cependant, la langue demeure un facteur unificateur et les secondes et troisièmes générations d’immigrants finissent par s’intégrer à la nation-mère, comme ce fut le cas aux États-Unis (les Italiens de New York parlent anglais et se considèrent comme étant Américains). » Tout ce long document et ce passage ci-devant peuvent nous faire craindre que sous peu un conflit sécessionniste nouveau naîtra en France.

      +3

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  • Judabrutus // 01.11.2015 à 09h04

    Mon cher Olivier, il est tout à votre honneur de vouloir initier un débat sur la question de l’identité nationale et de l’ unité nationale. Mais, personnellement je déclinerai cette invitation, et je ne pense pas être le seul à vouloir ainsi éviter une averse de noms d’oiseaux. En tant que Français, et bon connaisseur de mes compatriotes, s’il y a bien une chose sur laquelle je ne me risquerai pas à discuter avec d’autres Français, c’est bien celle de l’État -nation et du droit légitime des peuples agglomérés à faire sécession. Je vois trop de mes concitoyens lorgner d’un oeil agressif vers l’Ecosse, la Belgique et la Catalogne en pensant Corse, Pays basque, et Bretagne pour ne pas m’imaginer que ce débat est déjà malsain dans ses fondements, plus passionnels que rationnels. Je préfère rester sur mes convictions intimes, certain que l’Histoire fera mieux que tous les beaux discours vibrant de patriotisme, et imposera sa loi d’airain selon laquelle il n’y a rien d’immuable ni d’éternel sous le soleil, pas même le soleil lui-même. Hier Bruxelles menaçait, aujourd’hui c ‘est l »Onu, il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour sentir que la pression de notre chancellerie française et de quelque autres, y est pour quelque chose. Soyons du moins persuadés que si la Catalogne est authentiquement animée par le désir d’en finir avec la monarchie castillane, Rajoy pourra se manger les cinq doigts, rien n’y fera !

      +14

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  • Patrick Luder // 01.11.2015 à 09h47

    Il me semble important de redéfinir le sens du pays, car c’est du manque actuel d’attache des personnes à sa région (a défaut de pouvoir dire à sa terre) que sont issus beaucoup de problèmes de sociétés modernes … des problèmes issus d’un manque d’intégration sociale = des problèmes que l’on pourrait qualifier de personnes « déracinées ».

    Les gens du pays, le fromage du pays etc. … toutes des expressions qui désigne une appartenance proche avec une identité commune. Le mot pays vient du mot latin pagus (gallo-romain) qui désigne une subdivision territoriale restreinte de quelques centaines de km2. Un pays est une petite région avec une identité propre, un pays n’est ni une Nation ni un Etat.

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  • wesson // 01.11.2015 à 09h49

    Ce papier me parait éminemment discutable. Démarrer dès la seconde phrase par « l’annexion de la Crimée par la Russie » est déjà un très mauvais signe.

    La mauvaise impression se trouve hélas confirmée au gré de la lecture par toute une série d’affirmations posées comme argument d’autorité, et qui sont au mieux très discutables, au pire carrément fausse.

    Une prise au hasard, sur l’Allemagne : « la réunification était inévitable, ce qui permit à l’Est de rattraper le niveau de vie de l’Ouest.  »

    En réalité, ce qui s’est passé n’est rien d’autre qu’un véritable pillage. L’Allemagne de l’Ouest s’est vue offrir gratuitement une industrie en ordre de marche et une main d’oeuvre remarquablement qualifiée et très bon marché. Lors de la réunification, ce fut la curée: toute l’économie fut vendue à la découpe, des immenses opérations immobilières ont pu avoir lieu, des millions de gens se sont retrouvés mis à la porte de leur entreprise et ont pu en réalité exercer une pression à la baisse sur l’ensemble des salaires Allemands. La cause réelle de la « bonne santé » économique de l’Allemagne réside en fait dans ce pillage des acquis de l’union soviétique, dont les Allemands ont énormément profité en réalité largement au delà de leur frontière, dans tous les pays de l’ex-URSS. Ceci s’est passé au détriment de la qualité et du niveau de vie des populations concernées, et se paye aujourd’hui par des pays qui n’ont en réalité plus aucune économie en dehors de leurs échanges commerciaux avec la Russie, et qui sont fui par leur propre population.

    Il est donc totalement faux d’écrire que la réunification de l’Allemagne – qui s’inscrivait dans ce processus – a permis un rattrapage.

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  • Krystyna Hawrot // 01.11.2015 à 10h11

    Multiples inexactitudes dans cet article et dans le détails une faute énorme: la dynastie des Jagellon qui est d’origine lithuanienne et a régné sur la Pologne de 1386 à 1572 de n’était pas protestante mais catholique! Wladyslaw Jagiello Grand Duc de Lithuanie est devenu roi de Pologne par mariage avec Jadwiga la dernière descendante de la famille des Piast, première dynastie royale polonaise en 1386. Il a par ailleurs justement été baptisé chrétien (catholique) juste avant cet cérémonie. Il aurait difficilement pu devenir protestant en 1386 vue que le protestantisme d’existait pas encore!

    Ce qui est exact par contre est que ces successeurs ont été tolérant vis à vis du protestantisme et lui ont permis de prospérer pendant le 16 siècle.

    Il est tout aussi inexact de dire que la Pologne par une espèce de magie naturelle serait restée homogène linguistiquement et religieusement tout au long de la période des partages, de 1795 à 1918 et par cette même magie aurait obtenu l’indépendance. Le mouvement indépendandiste en Pologne a été très fort tout au long du 19 siècle, à commencer par Kosciuszko le Jacobin, puis en continuant par le soutien à Napoléon et son « Grand Duché de Varsovie » (3 généraux polonais ont leur nom inscrit sur l’Arc de Triomphe, Dabrowski, Kniaziewicz et Poniatowski), les insurrections de 1830, 1848, 1863, la Grande Emigration des indépendantistes polonais en France après 1830… et pour finir avec le mouvement ouvrier qui a du se coltiner la question nationale dès 1880. Les partis socialistes polonais (PPS et PPSD) ont fini par lier la question socialiste à la question nationale, – et ce n’est pas pour rien que le futur maréchal Pilsudski, créateur de la Légion Polonaise fut d’abord un militant socialiste! Pilsudski a fait de cet Légion, qui au départ devait participer à la guerre du côté des Empires centraux, le fer de lance de la reconquête de l’indépendance du pays. Les nationalistes de leur côté, avec Roman Dmowski, oeuvraient diplomatiquement auprès de la France pour créer la Légion polonaise du général Haller, du côté de la France et pour convaincre la France de soutenir la recréation de la Pologne lors du traité de Versailles.
    Cette histoire n’a rien d’une magie – ce fut une lutte politique âpre sur 4 générations « la plus longue guerre de l’Europe moderne ».
    La noblesse polonaise et l’intelligentsia polonaise possédait une conscience nationale forte, mais ce n’était pas le cas des ouvriers et de paysans qu’il a fallu gagner à la cause nationale en leur promettant une Pologne socialiste!

    Les Polonais même enrôlés dans les armées ennemis pendant la première guerre mondiale n’ont pas eu le temps de s’entretuer parce que les Empires ne faisait pas confiance aux Polonais – tout le monde savait à l’époque que les Polonais ne cherchaient que leur indépendance. La Russie tsariste n’enrôlait pas les Polonais pour cette raison. L’Allemagne ne leur permettaient aucun poste à responsabilité dans l’armée, d’ailleurs elle ne reconnaissait pas l’existence d’une minorité polonaise. Seule l’Autriche Hongrie accordait un espace politique aux territoires polonais et c’est pour cela que Pilsudki a décidé de faire sa Légion chez les Habsburg – en tablant sur leur effondrement prochain. Et il a eu raison!

    Même Marx a écrit sur les luttes politiques pour l’indépendance de la Pologne!

    C’est curieux comme de nos jours ces choses sont oubliées – et on a tendance à croire qu’il y aurait des processus magiques ou naturels, certains pays seraient plus « naturels » que d’autres.Mais non, toutes les nations sont le fruits de luttes politiques.

    En 1918 les Polonais n’étaient pas à 97% catholiques, mais à 70% – le reste était israélite, protestants et orthodoxes avec une conscience nationale très fluctuante. C’est la Shoah et puis les bouleversements de 1945 (nouvelles frontières, expulsion des Allemands…) hélas qui ont rendu la Pologne homogène religieusement et linguistiquement. Et c’est cela qu’exploitent sans vergogne les gouvernements ultralibéraux nationalistes successifs depuis 1990 en faisant croire que la Pologne a été telle qu’elle est de toute éternité.

    Il y a d’autres erreurs dans ce texte, concernant la Russie et l’Ukraine, mais je m’en tiens à la Pologne.

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  • Boubanka46 // 01.11.2015 à 10h16

    Je trouve cet article passionnant rappelant des vérités que l’on attend peu souvent et qui font réagir pas mal de lecteurs peu habitués à les attendre. Mais il est certain qu’en voulant faire un statut sur l’état de l’art dans le monde entier, l’auteur n’est pas assez exhaustif et par conséquent partial. Mais est ce nécessaire de rappeler, par exemple sur la catalogne, les nombreux bons arguments en faveurs de son maintien dans l’espagne alors que la presse se charge de les répéter en boucle sans etre pour autant plus impartiale et exhaustive que cet article?

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  • Esope // 01.11.2015 à 10h29

    Pas très convaincant.
    En gros : Les nations résultent de convergences ethniques sauf si des caprices politiques changent la donne. Moralité, il faut évacuer au maximum les décisions gouvernementales.
    C’est logique comme prise de position pour un minarchiste libertaire. C’est quand même sommaire …

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  • RGT // 01.11.2015 à 10h47

    Cet article comprte pas mal d’erreurs ou d’affirmations peu « orthodoxes ».

    J’ai passé pas mal de temps en Écosse et je peux vous confirmer que les écossais (les vrais, du peuple) ne souhaitent qu’une chose, être débarrassés de la perfide Albion.

    En fait, à l’origine, l’écosse a été trahie par sa noblesse qui a choisi de s’allier avec les anglais pour préserver ses privilèges et son train de vie.

    Ensuite, quand les britaniques ont réalisés que la sécession était inévitable, ils se sont contentés de « marginaliser » la population autochtone des natifs par le biais d’une immigration interne et externe avec une population récemment installée qui était 100% favorable aux intérêts du gouvernement.

    Quand on regarde la répartition de la population en Écosse, on se rend facilement compte que les grandes agglomérations sont partiellement « colonisées » par des sujets britaniques et que les campagnes sont presque exclusivement peuplées d’écossais « ethniques » (compte-tenu du climat ce sont bien les seuls qui arrivent à survivre)…

    Cette inclusion forcée d’immigrés entièrement dévoués à la cause de l’envahisseur (pour des raisons faciles à comprendre) permettent aux autorités de pouvoir maintenir les peuples natifs en état de minorité garantie, même si le nombre d’immigrés n’est pas majoritaire, en se basant sur le simple constat que dans le cas d’une sécession le pourcentage de « natifs » souhaitant se séparer n’est jamais largement supérieur à 50% (il y a tous ceux qu’on influence en leur faisant croire que ce serait le chaos, tous les retraités à qui l’on fait croire qu’ils ne toucheront plus leurs retraites, etc…
    Donc, si on parvient à baisser le nombre de « sécessionnistes » à 55%, il suffit simplement d’ajouter 6% de population immigrée (qui votera à 100% CONTRE l’indépendance) pour faire basculer le scrutin…
    Quand on voit le résultat du référendum sur l’indépendance écossaise, on se rend compte qu’une poignée d’immigrés a suffi à faire pencher la balance.

    Il en va de même au Québec, avec les autorités canadiennes qui mènent une politique d’immigration massive de personnes anglophones uniquement destinée à mettre les québecois en minorité sur leur territoire traditionnel.

    Personnellement, je pense que les gouvernements centraux « à l’occidentale » sont les pires dictatures que l’on puisse trouver dans les sociétés humaines.

    Le seul moyen pour permettre à des être humains de vivre en harmonie consiste simplement à leur permettre de décider à l’échelon local et de manière totalement concertée de décider ensemble de la façon qu’ils souhaitent de vivre ensemble.

    Certains me rétorqueront qu’avec de telles idées ce serait « l’anarchie », le bordel, avec des « lois locales » toutes divergentes… Je réponds seulement que ce serait la véritable Anarchie (absence de pouvoir kleptocratique) et que la paix sociale serait bien réelle.
    quand aux « lois locales », je ne pense pas qu’elles soient si différentes d’une commune à l’autre : Les « sans dents » souhaitent finalement tous la même chose, à savoir avoir des revenus décents, avoir un toit et être soignéx correctement.
    Seuls les oligarques manipulent le pouvoir législatif pour en tirer des avantages toujours plus criminels.

    Il serait temps que l’oligarchie « réduise la voilure » et que nous puissions TOUS décider de notre mode de vie, au niveau purement local car c’est bien le seul endroit qui nous concerne vraiment.

    Ce qu’ils font dans le village d’à côté ou de l’autre côté de la planète ne nous concerne absolument pas.

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  • Perekop // 01.11.2015 à 11h44

    Quelle déception de trouver sur les Crises autant d’insanités… je suis dégoûtée. Je ne peux pas vraiment juger pour ce qui concerne les autres pays, mais je peux vous garantir que, sur l’histoire russe, tous siècles confondus, l’accumulation d’erreurs, de préjugés voire de mensonges éhontés est consternante, au point de décourager toute correction. C »est écrit à Washington ou quoi ?
    En résumé : la partie russe est bonne pour la poubelle. Du coup, cela jette un doute sur l’ensemble du texte. Vous nous avez habitués à mieux, cher OB.

    Un simple exemple tout de même : l’auteur de cette nullité ose parler de « russification forcée » à l’époque de l’URSS alors qu’ici même, nous avons pu découvrir une interview de Xavier MOreau comportant des images d’archives sur l’ukrainisation forcée, bien réelle celle-là, qui a été mise en oeuvre, avec leur douceur bien connue, par les bolcheviks en 1923, en l’espèce par le commissaire Lazare Moïsseievitch Kaganovitch. Je ne sais pas mettre un lien, mais c’est sur Youtube et ça s’appelle « L’héritage bolchévique en Russie et en Ukraine ».

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  • Fabrice // 01.11.2015 à 12h56

    Je crois que l’auteur se fait des illusions sur le fait que la France serait à l’abri de ce qui arrive à l’Espagne, ou au Royaume-Uni, Les régions françaises ont jusqu’à présent trouvé un intérêt à faire parti de l’ensemble mais si avec les bêtises des politiciens, un point est dépassé, à mon avis le réveil sera brutal.

    Nous connaissons les pays Basques, Bretons, et Corse, mais pour ce que je connais de la Bourgogne/Franche-comté, elle connaît une identité forte qui saura se rappeler au bon souvenir du gouvernement central et je n’ai pas une connaissance absolue des autres régions, donc trop de cocorico pourrait un jour s’étouffer dans la gorge de ceux qui en font un usage un peu trop irréfléchi.

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  • Free // 01.11.2015 à 13h01

    Un texte dans lequel à partir du 4ème mot en lit « en quelque sorte » n’est pas un texte abouti : comment explique-t-il qu’on parle du pays de Rennes, du pays de Saint-Malo, du pays de Redon (je suis breton en effet) avec sa définition ?

    Un texte dans lequel la première phrase porte à confusion et à erreur n’est vraiment pas un texte abouti et peu importe la quantité qui en est mis après (car il parle de beaucoup de situations différentes).

    Dommage qu’il soit présenté comme un article intéressant dans le fond.

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  • georges glise // 01.11.2015 à 13h03

    il y a une région essentielle que n’aborde pas cet article, celle du kurdistan, et la situation de l’arménie n’est guère abordée non plus.la langue parlée par la majorité de la population est un élément déterminant pour définir un pays, mais ce ne peut être le seul critère. la religion non plus, puisque les uniates et les orthodoxes coexistent en uktaine.

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  • Homère d’Allore // 01.11.2015 à 13h39

    Même imprécision concernant l’Islande présentée comme « faisant anciennement partie de la Norvège ».

    C’est même pas faux, dirait Popper.

    L’Islande, après le traité de Kiel de 1814 séparant la Norvège du Danemark , est restée possession danoise jusqu’en 1918 où elle obtint l’autonomie.
    Elle dût attendre 1944 pour que cette autonomie se transforme en indépendance vis à vis de Copenhague.

    L’influence norvégienne citée par l’auteur est donc bien lointaine si l’on compare avec celle du Danemark.
    D’ailleurs, le détroit séparant l’Islande du Groënland (toujours danois mais avec une large autonomie) s’appelle le détroit du Danemark !

    Bref, ce minarchiste enfile les erreurs et les imprécisions comme des perles.

      +4

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  • patu // 01.11.2015 à 14h20

    Bonjour,
    Fidèle lecteur de ce blog, je me dois de réagir à cette contribution qui me semble dangereuse:
    l’article contient beaucoup trop d’approximations, pour ne pas dire de bêtises, pour pouvoir être toutes corrigées. Il vaudrait mieux ne jamais publier une telle horreur. Je ne cache pas mon désarroi de lire cela ici.
    Un exemple au hasard : »La plupart des conflits entre Arabes sont reliés au clivage entre Sunites et Shiite »
    un autre qui me semble inacceptable: Yasser Arafat devait prendre la tête d’un nouvel État Palestinien indépendant, mais tous ces accords étaient rejetés par le Hamas et le Hezbollah, qui continuèrent à perpétrer des actes terroristes contre Israël, auxquels les Juifs répliquent avec panache. »
    Scandaleux de désinformation! Je n’irai pas plus loin. Article indigne d’être cité ou publié dans un espace respectable.
    Sur le Rwanda et d’autres situations, quelle légèreté!

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  • Gibbs // 01.11.2015 à 15h19

    Très Instructif, merci.
    Cependant la prise de pincettes :
    « Hamas et le Hezbollah, qui continuèrent à perpétrer des actes terroristes contre Israël, auxquels les Juifs répliquent avec panache »
    Après l’été 2014 on peut maintenant utiliser le mot « massacres ».

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  • Alain // 01.11.2015 à 18h44

    Comme d’habitude on fait naître la Belgique en 1830 (quoi qu’ici on parle quand même de l’annexion française de la révolution) alors qu’il faut aller chercher beaucoup plus loin.

    Ce sont les ducs de Bourgogne qui ont rassemblé les contrées formant l’actuel Benelux plus le nord actuel de la France au XIVème siècle, Charles Quint est avant tout le descendant des ducs de Bourgogne par sa grand-mère paternelle dont il a hérité des Pays-Bas, c’est plus tard qu’il devint roi d’Espagne par sa mère.

    Ce sont les guerres de religion qui ont séparés les actuels Pays-Bas (alors appelés Provinces unies) de l’actuelle Belgique (alors appelée Pays-Bas, belgique était à l’époque un adjectif: la Gaule belgique par opposition à la Gaule celtique et à la gaule transalpine, termes géographiques et non étatiques). Le traité de vienne a « réunifié » les deux pays sous le nom de Pays-Bas mais les différents religieux les ont a nouveau séparés

    L’auteur se demande ce qui garde le pays ensemble: les Flamands ne veulent pas devenir Hollandais, les Francophones ne veulent pas devenir Français et les Germanophones ne veulent pas redevenir Allemands, donc on préfère rester ensemble

    Plus sérieusement il faut quand même faire remarquer que le parti nationaliste flamand fait partie du gouvernement fédéral avec l’engagement de ne faire aucune revendication pour plus d’autonomie pendant toute la législature, et ils tiennent parole! Connait-on d’autres pays où les séparatistes sont au pouvoir moyennant renonciation provisoire à leurs revendications de base?

      +2

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  • visiteur // 01.11.2015 à 19h57

    La carte des langues de France est erronée : le catalan est bien sûr une langue romane (et même occitano-romane) !

    Comment peut-on publier une bourde pareille ?

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  • apero // 01.11.2015 à 20h28

    Sur le Rwanda : je ne doute pas que des problèmes économiques ont pu jouer sur le déclenchement des atrocités de 1994, mais il y avait des problèmes politico-ethniques bien plus graves. Notamment le fait que les tutsis (15% de la population, contre 85% de hutus), traditionnellement détenteurs du pouvoir dans l’Etat rwandais d’avant la colonisation, et confirmés par les colonisateurs belges dans leur fonction, ont été marginalisés du jeu politique lors de la décolonisation. Le jeu « démocratique » rend en effet impossible à une ethnie totalement minoritaire d’avoir le pouvoir par les urnes. (On l’a aussi vu en irak après saddam, quand les chiites ont pris le pouvoir : les sunnites ostracités n’ont eu d’autre choix que de se rebeller contre le sectarisme de maliki)

    Comment s’étonner alors de la révolte des tutsi (kagamé, l’actuel président tutsi, a mené une guerre civile qui a précédé et précipité le génocide)? Dans ces conditions, la guerre civile était inévitable entre deux ethnies rivales.
    Le rwanda est revenu à sa situation traditionnelle : une ethnie minoritaire qui verrouille le pouvoir par la force. Bonjour la démocratie…

    Rappelons que des enquêtes sont en cours pour déterminer les responsables des attentats ayant déclenché le génocide de 1994 (notamment la destruction de l’avion présidentiel, dans lequel des français sont morts https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentat_du_6_avril_1994_au_Rwanda#Enqu.C3.AAte_des_juges_Marc_Tr.C3.A9vidic_et_Nathalie_Poux_.28depuis_2007.29 ). 21 ans après toujours rien de définitif, ça relativise la longueur de l’enquête sur le MH17 en ukraine. Apparemment tout le monde n’a pas intérêt à ce que des coupables soient désignés.

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