Reprise d’un intéressant article remue-méninges, les commentaires sont du traducteur.

One Road, One Belt

Texte attribué à Qiao Liang, Général Major de l’Armée Populaire de Chine et probablement présenté l’Université de Défense de Pékin durant le premier trimestre 2015 (selon éléments contextuels du texte), mais publiée en anglais en juillet 2015 par une revue de géopolitique sino-italienne Heartland.

Source: Heartland (http://temi.repubblica.it/limes-heartland/). Heartland est “une revue de géopolitique crée à l’origine en Chine et en Italie, qui a pour but de construire un forum de discussion basé sur trois pilliers: l’Asie, l’Europe et l’Amérique”.

URL: http://temi.repubblica.it/limes-heartland/one-belt-one-road/2070

Date de publication: 17 juillet 2015.

Commentaire du traducteur Anglais-Français

Ceci est une invitation à découvrir le point de vue de l’Armée de Libération Chinoise sur l’une des principales initiative de dévelopement promue par la République Populaire de Chine ces dernières année: l’initiative “One Road, One Belt” ou OBOR.

Pour en savoir plus, nous renvoyons le lecteur à Wikipedia (https://en.wikipedia.org/wiki/One_Belt,_One_Road). Pour résumer, cette initiative se concentre sur la connectivité et la coopération entre des pays principalement en Eurasie et se compose de deux éléments principaux, un terrestre, la “Ceinture Economique de la Route de la Soie” (SREB) et l’autre maritime, la “Route Maritime de la Soie” (MSR). La stratégie souligne les efforts fournis par la Chine afin de jouer un rôle plus important dans les affaires mondiales, et la nécessité de trouver des débouchés nouveaux pour les industries chinoise actuellement en état de de surcapacité, notamment l’industrie sidérurgique (> 50% de la production mondiale). Parmi les propositions phares de cette initiative on retrouve des projects d’infrastructures (dont une ligne de trains à grande vitesse reliant directement Pékin à Moscou, voire à Berlin) ainsi que la fameuse banque AIIB (Asian Infrastructure Investment Bank), qui se profile comme un concurrent direct de la Banque Mondiale sous leadership US et Japonais.

Le document en question se présente sous la forme d’une retranscription d’un cours présenté par un certain Qiao Liang et publié par la revue géopolitique Heartland (http://temi.repubblica.it/limes-heartland/) après que cellui-ci fut passé à travers trois épreuves: la prise de notes, une première traduction littérale du chinois vers l’anglais et finalement une adaptation de l’anglais vers le français réalisée par mes soins (une traduction trop littérale aurait achevé de rendre le texte incompréhensible). Il est important de se rappeller que l’authenticité du document et sa provenance ne sont pas garantis, sans parler des distorsions plus ou moins volontaires engendrées par le processus de diffusion décrit ci-dessus. Nous invitons le lecteur à rester critique sur le texte, tout en restant bienveillant à l’égard de son auteur.

 Le texte s’apparente à la transcription d’un cours magistral présenté en amphithéâtre et probablement reconstruite à partir des notes de cours d’un étudiant-officier chinois l’ayant suivi (avec les risques que cela comporte: contre-sens, erreur de compréhension de concept forcément nouveaux, etc.). L’auteur n’a vraisemblablement pas contribué à la correction de ces notes de cours et des erreurs qui se pourraient s’y être glissées. Une traduction trop littérale aurait achevé de rendre le texte incompréhensible. J’ai donc essayé avant tout de restituer l’esprit du texte, quitte à prendre un peu de liberté avec la lettre du discours. Que l’on veuille bien me pardonner. Le lecteur peut se référer directement à la transcription en anglais (http://temi.repubblica.it/limes-heartland/one-belt-one-road/2070).  Pour convaincre le lecteur francophone de l’importance de ce texte, commençons par présenter son auteur présumé: Qiao Liang est d’abord connu pour un ouvrage publié initialement en chinois (janvier 1999), avant d’être traduit en anglais (2002) et en français (2003) sous le titre de “la Guerre Hors Limite” (http://www.payot-rivages.net/livre_La-Guerre-hors-limites–Wang-Xiangsui_ean13_9782743611491.html). Il s’agit d’un document prophétique, illustrant la vision stratégique de militaires chinois, notamment leur perception  quant aux grandes menaces à venir pour XXI° siècle. La “Guerre Hors Limite” est avant tout un exercise d’anticipation exceptionellement réussi. De la même manière que la première édition de la version anglaise de l’ouvrage diffusé en 2002 aux Etats-Unis avait été sous-titré par l’éditeur “Le plan chinois pour détruire l’Amérique” (“China’s Master Plan to Destroy America”), des journaux à sensation pourraient qualifier ce dernier exposé de Qiao Liang de “Mein Kampf” chinois. Il ne manquerait plus que Qiao Liang soit désigné prochain Secrétaire Général du Parti Communiste Chinois!

Dans l’ouvrage “La Guerre Hors Limite”, Qiao Liang et son co-auteur réfléchissent à l’évolution probable de l’art de la guerre à la lumière de la Première Guerre du Golfe et de la (Première?) Crise Financière Asiatique de 1997. Ils mettent en lumière l’émergence de nouvelles formes de guerres non-conventionelles ayant l’avantage d’être moins coûteuses financièrement que les méthodes high-tech déployée en 1991 par les USA durant l’Opération Tempête du Désert (moins de 200 morts américains pour un coût de 61 milliards de dollars US!). Notons cependant que les auteurs ne revendiquent pas la paternité de ces nouvelles méthodes mais au contraire ils les attribuent aux USA eux-mêmes; et nos deux auteurs chinois d’afficher une admiration très profonde à l’égard de ce pays dans le domaine guerrier.

Parmis ces nouvelles méthodes (liste non-exhaustive – la thèse majeure de l’ouvrage est que toute activité économique, financière voire culturelle peut être mise à profit pour atteindre des buts militaires et qu’une liste exhaustive est vaine) sont décrits les deux concepts suivants:

• Nouvelles formes de terrorismes aveugle: Terrorisme s’appuyant sur des cibles symboliques et la caisse de raisonance des médias pour agir sur l’opinion. Figure en première place le terrorisme dit ‘islamique’ et en particulier la mouvance d’un certain Oussame Ben Laden qui avait commencé à se faire connaître à l’époque (attentats sur plusieurs ambassades américaines en Afrique) après avoir fait muter son organisation d’un mouvement de guerilla en Afghanistan vers une forme globale tournée vers de formes de terrorisme aveugle et à but médiatique avant tout;

• Guerre financière: Les auteurs retiennent en premier lieu la crise asiatique de 1997 et mettent sur un pied d’égalité George Soros et Oussama Ben Laden, les qualifiants tous deux de terroristes. L’ouvrage dénonce également le rôle des fameuses agences de notations financières dont nous entrendons parler plus tard dans nos médias après la crise de 2008 et surtout à partir de 2010 et la crise des dettes souveraines en Europe occidentales (l’ouvrage mentionne l’agence Moody’s).

En matière de guerre financière et d’agence de notation financière, il faut remarquer l’agence de notation chinoise, Dagong Global Credit Rating, qui apparut dans nos médias en 2011 après avoir dégradé à deux reprises la dette souverraine américaine en 2010 et 2011, fut créée dès 1994. Ceci indique que la Chine communiste réfléchit à ce concept de guerre financière, depuis un certain temps: avant même la Crises Financière Asiatique de 1997; vraissemblablement après 1989 et la “Bulle Spéculative Japonaise” (https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_crises_mon%C3%A9taires_et_financi%C3%A8res). A quoi bon se doter d’un tel organe dans une économie planifiée de type communiste si ce n’est une tentative de ne pas laisser un monopole à l’adversaire?

L’allocution ‘One Road, One Belt’ est très récente (2015) et approfondit le concept de guerre financière esquissé par l’auteur dès 1999. La thèse de Qiao Liang est que “l’Amérique” est sur le point d’appliquer ce système d’arme à la Chine [alors que tous les médias occidentaux nous répètent que la Chine est en train de nous exporter “SA” crise… En occident, tout est la faute de la Chine… Evidement.]. Dans ce texte Qiao Liang approfondit sa réflexion de 1999 dans le contexte de la Chine contemporaine (2015). Il remonte également à sa génèse de ce phénomène, des exemples d’applications antérieurs et les signes indiquant le ciblage actuel de la Chine, ainsi que des considérations d’ordre stratégique sur la réponse de la Chine à ces ‘attaques’. Le contrepied de cette thèse serait de dire que certains dirigeant chinois veulent imputer leur propre échec économique à un ennemi extérieur. Dans tous les cas on est face à une prophétie potentiellement auto-réalisatrice. Il est intéressant d’observer comment des proches du pouvoirs chinois s’approprient certains thèmes controversés en Occident.

Ce texte est attribué à Qiao Liang et aurait été présenté à l’Université de Défense de Pékin dans le cadre des enseignement fournit par cette école à ses élèves officiers. L’authenticité du texte n’est pas garantie et l’on doit croire sur parole la revue de géopolitique sino-italienne qui a pris l’initiative de le publier en anglais. Un lecteur averti et ayant pris connaissance de l’ouvrage Qiao Liang traduit en français (ou en anglais) se bornera à reconnaître une proximité des thèmes traités et un goût partager pour l’ironie. Il est plausible mais pas sûr que le texte soit de Qiao Liang et qu’il ait été présenté dans le contexte attribué par le diffuseur du texte. Des éléments de contexte suggère que le texte a été rédigé durant le premier trimestre 2015.

Il est important d’insiter sur la nécessité de garder une certaine distance critique avec ce texte: l’auteur est un militaire et probablement un membre du Parti Communiste Chinois. Il ne s’exprime sans doute jamais uniquement à titre personnel et de manière désinteressée.

La diffusion du document et sa date de publication ne sont pas anodines: elles se situent à cheval entre le début de la crise boursière de Shanghai & Shenzen en juin 2015 [elles-mêmes, il est vrai, anticipées par un fort tassement des marchés boursiers indonésiens et malaysiens au printemps 2015], suivie en août 2015 par son aggravation soudaine se propageant rapidement aux marchés boursiers asiatiques, puis occidentaux. C’est durant le mois de juillet que le FMI se réunis pour discuter l’intégration du Yuan dans le panier de devise DTS, mais reportant la décision à plus tard – une forme de refus exprimé de manière prudente et diplomatique (http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-08-04/imf-says-more-work-needed-before-yuan-reserve-currency-decision), mais qui a fort probablement agacé la Chine. L’article fut relayé par un blog économique néerlandais (et en néerlandais) en date du 16 août 2015 (http://www.ftm.nl/exclusive/follow-the-money-selecteert-22/). C’est via ce medium que je découvrit l’article.

La coïncidence est remarquable et suggère l’interprétation suivante (en forçant le trait et en caricaturant): Ne sommes-nous pas en train d’assister à la première guerre financière où les opposants se rendent pour coup? (jusqu’à présent ce concept avait été appliqué sous la forme d’un blitzkrieg sans que la cible ne soit mise en position de répliquer, voire de réaliser la situation).

Adoptons un instant le point de vue de Qiao Liang et repassons ces deux derniers épisodes boursiers au ralenti. Voici quelle serait l’interprétation de Qiao Liang:

• Possible action US contre les marchés chinois en juin 2015 (les marchées boursiers de Shanghai & Shenzen dévissent de 30%, les autorités chinoises interdisent les ventes à découvert et bloquent un nombre restreint de comptes ayant procédés à ce type de transations, plus tard il sera même interdit à certains gros actionnaires de vendre leur actions!!!);

• Possible réaction chinoise durant les 10 derniers jours du mois d’août 2015. En attisant le ‘feu’ financier allumé en juin (sorte de “judo” financier, Qiao Liang préfèrerait le terme chinois de “taijiquan” et l’utilise dans son allocution de 2015: c-à-d ne pas résister au coup, au contraire, entraîner avec soin l’adversaire dans sa chute), la Chine arriverait fin août à entrainer dernière elle tous les autres marchés financiers de la planète et en particulier New York, au point que la Fed doivent revoir sa position de relever les taux d’intérêt américains en septembre comme claironnés par tous les médias économiques de la planète.

Mentionnons encore deux éléments intéressants, qui prendront plus de sens après la lecture de l’exposé de Qiao Liang:

• Le 29 juin 2015, le Shanghai International Energy Exchange se lançait dans la dernière étape (demande de feed-back aux opérateurs de marché éligible sur les règles applicable sur l’échange, http://www.ine.cn/English/announcements_detail_11.html), avant de lancer officiellement le premier marché à terme ou ‘Futures’ de pétrole brute côté en RMB. Le mythique petro-dollar de 1973 serait-il sur le point d’être contesté?

• Au mois d’août, PBOC, la banque centrale chinoise, publiait pour la première fois en 6 ans ses réserves d’or, en hausse de 600t depuis 2009. D’après les estimations de la banque Macquarie, PBOC aurait encore acheté 16t supplémentaires durant le mois d’août (Ces derniètres années touts les BRICS plus le Kazakhstan ont augmenté leur réserves, mais à ce jeux, les plus actifs ont été la Chine, la Russie et le Kazakhstan, tous trois ayant doublé ou plus leurs stocks et montrant une croissance quasiment exponentielle de leur réserves. Une manière d’exprimer sa défiance face au système monétaire international sous banière US).

Ceci étant dit, les fondamentaux chinois avaient commencé à se détériorer progressivement à partir de l’été 2011 (ralentissement de l’industrie sidérurgique et accumulation de stocks de charbon indiquant un découplage grandissant entre production et consommation étonnant dans le contexte chinois post-1990), mais la situation à l’intérieur de la Chine avait été relativement bien gérée. Dans le contexte d’une érosion des fondamentaux, quoi de plus naturel pour un spéculateurs que de vendre massivement à découvert un marché grimpant de plus de 140% en un an alors que le taux d’inflation du pays ralentit massivement et que la monnaie continue de s’apprécier face au dollar… Evidement, le Parti Communiste Chinois a effectivement des visées différentes comme indiqué par Qiao Liang: la Chine n’a pas renoncé à être communiste, malgré les apparences, elle se contente d’utiliser les méthodes du capitalisme, lorsqu’il lui permet d’arriver plus rapidement au but recherché. Malheur à ceux qui ne pousse pas dans le sens voulu le gouvernement chinois.

Le timing de la réplique du mois d’août est la semaine précédent la rencontre de Jackson Hole où nos Banquiers Centraux (concentration maximum de pouvoir) se rencontrent avant la rentrée, suivi au début septembre d’une rencontre des ministres de l’économie du G20 & du G7, ainsi que du meeting de la Fed où celle-ci devait annoncer la sortie de crise économique pour les USA et effectuer son premier relèvement de taux et dans un contexte où le FMI renvoya en juillet une décision sur l’intégration du Yuan dans le panier de devise DTS à son meeting de novembre 2015.

L’internationalisation de la monnaie chinoise (RMB ou Yuan) est un point clé et fait partie intégrante de la stratégie défendue par Qiao Liang dans le document ci-dessous. Simultanément, Qiao Liang soutient que les USA feront tout ce qui est nécessaire pour empêcher l’émergence d’un second Euro venant concurrencer leur quasi-monopole monétaire en matière de règlement des transactions commerciales internationales. L’intégration du Yuan au panier de devise DTS est sans aucun doute un point de friction majeur entre la Chine et Occident. Actuellement, le panier DTS (monnaies reconnue par le FMI pour le remboursement des fameux prêt de l’institution et qui détermine une sorte d’étalon-or moderne) a la composition suivante: 41% Dollar, 38% Euro, 11.5% Livre Sterling, 9.5% Yen. Il est évident que la Chine – 2ème économie mondiale, 1ère réserve de change mondiale, pays le plus peuplé de la planète, 5ème monnaie la plus utilisée dans le commerce international – ne se satisfera pas d’une contribution inférieur au Yen, et vise plus probablement une contribution de 15-20% du total… Tant qu’une décision acceptable pour la Chine ne sera pas trouvée à ce domaine, il est probable que la Chine fera peu d’effort pour minimiser les nuisances de sa crise boursière intérieure et cherchera à entrainer derrière elle d’autres économies (rappellons-nous la blague sur quel organe devrait être le chef dans le corps humain… Certains se sentent déjà fièvreux après deux semaines de montagne russe boursière: Et nos médias économiques de relayer les protestations des différents organes du corps de cette blague. Donc, c’est que ça doit marcher!).

Le comportement des marchés financiers sur des 10 derniers jours d’août 2015 se sont révélées extrêmes et de nombreux records de baisse ou de volatilité ont été battus. Plus d’un observateurs des marchés financiers s’interrogent sur les causes derrières ces évènements (http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/philippe-bacchade-vs-bernard-aybran-12-comment-expliquer-la-nervositac-des-marchacs-2608-615081.html), tellement les fluctuations obersées ont été fortes (notamment des fluctuations du prix du pétrole de 10% dans un sens puis dans l’autre en moins de 48h!!!).

La question reste entière: Est-ce que via la publication de ce texte, la Chine ne cherche-t-elle pas à communiquer un message à l’Occident? En tout cas, Qiao Liang l’articule clairement:

1 La Chine rendra coup pour coup et n’acceptera qu’une seule forme d’impérialisme – le sien ou éventuellement une forme d’impérialisme partagé où elle retirerait un avantage proportionnel à son importance (sa vision du monde “multi-polaire”) et une zone d’influence exclusive;

2 L’internationalisation du Yuan est une étape clé pour la Chine. Si cela ne venait pas à se produire dans des conditions acceptables pour Pékin, à commencer par l’intégration du Yuan aux DTS, la Chine s’est préparé une stratégie alternative (stratégie “One Road, One Belt”) destiné à créer sa zone d’influence économique et ayant vocation à se détacher de la globalisation financières américaines et de ses institutions financières internationales (FMI, OMC, Banque Mondiale, etc.);

3 Les puissances occidentales en mal de croissance et face au risque de déflation n’accèderont pas au réservoir de croissance potentiel chinois sans donner des contre-parties conséquentes aux ambitions stratégiques chinoises;

4 En attendant, la Chine déploie une politique de retrait stratégique (dite One Road, One Belt) et alterne le déploiement de nouveaux système d’armement statégique (nouveau missile tueur de porte-avions) et le déploiement de politique monétaire visant à dé-dollariser leurs échanges économiques (p.ex. FTA, swaps monnaie, réserve d’or, dévelopement de marchés financiers et matières premières quotés en RMB, etc.)

Concernant le point 1), il y a un parallèle évident avec la Russie. La Russie de Vladimir Poutine n’a rien contre la mondialisation et ses institutions (dont le FMI), elle exige sa part, une part de gâteau ‘équitable’ pour la Russie. Contrairement à la Chine – puissance économique, financière et démographique – la Russie est une puissance essentiellement militaire et donc l’expresion de son mécontentement se fait également par des moyens militaires (p. ex. déploiement de 40 missiles inercontinentaux d’un type nouveau en juillet 2015) mais également monétaire (dé-dollarisation de la zone économique Russe et associée via alternative à Visa/Mastercard et swaps monnaie avec ses alliés de Biélorussie et Kazakhstan).

Comme avec la Chine, la base du conflit opposant russes et occidentaux est essentiellement économique, pas idéologique et résulte de l’accaparement progressif par les USA de l’ancienne zone économique exclusive de l’Union soviétique. Jusqu’au traité TAFTA/TTIP (https://en.wikipedia.org/wiki/Transatlantic_Free_Trade_Area) on pouvait prétendre que c’était l’UE qui agissait, pas les USA. La crise Ukrainienne est uniquement le point de rupture, le moment où la Russie eut été forcée de capituler économiquement soit de reprendre l’initiative sur un terrain lui étant plus favorable… La réponse russe est également similaire à celle de la Chine: une stratégie de type “One Road, One Belt” avec les pays membre de sa zone de libre échange (Biélorussie, Kazaksthan, etc.) et un projet de jonction avec la Chine et sa ‘zone économique exclusive’ en Asie Orientale. Du côté de la Chine, Qiao Liang consacre une section entière au pendant oriental de la stratégie américaine: ‘Asia-Pacific strategic rebalancing’ et plus particulièrement (l’acronyme n’est pas prononcé par Qiao Liang) au projets d’accord TPSEP/TPP (https://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_de_partenariat_transpacifique) perçu avant tout par la Chine comme une tentative de circonvenir les accords de libre-échange conclus (ou en passe d’être conclus) avec de nombreux autres pays asiatiques. Toutefois, la participation de Qiao Liang à des rencontres avec des Think Tank comme ‘The Carter Center’ en 2014, laisse la porte ouverte (il est plus facile de s‘allier avec un étranger qu’avec ses voisins haïts par définition).

Nous voilà face à la perspective d’une guerre froide 2.0 avec son nouveau rideau de fer économique. Un cauchemar pour le multinationales occidentales voyant de juteux profits s’éloigner, sans parler de la nécessité de retrouver un bassin de croissance alternatif à l’eldorado chinois, et des coûts additionels nécessaires pour fidéliser un prolétariat occidental qui pourrait être tenté une fois de plus (et avec raison: Staline et Mao sont les vrais protecteurs – involontaires – de la classe moyenne, par la terreur qu’il inspièrent à la haute-bourgeoisie européenne aujourd’hui mutée jet-set globalisée) par le modèle rouge 2.0 de l’autre côté de la clôture… En décembre 2014, l’élection de Bodo Ramelow à la présidence du lander de Thuringe en Allemagne a été présentée dans les médias comme le début de la reconquista de l’ex-Allemagne de l’Est par des anciens agents de la Stasi! Nostalgie sentimentale ou choix économiquement rationnel?

Comme l’illustre le propos de Qiao Liang dans la section “Asia-Pacific strategic rebalancing’ de son allocution, il est important de réaliser que la vision impérialiste chinoise n’est pas différente de celle des faucons américains ou de celle des fonctionnaires prussiens installés à Bruxelles et Francfort. Le point majeur de désaccord entre dirigeants sino-russes et dirigeants occidentaux se situe avant tout sur la clé de répartition du gâteau (on est plus proche d’un “Touchez pas au Grisbi!” que d’un conflit de civilisation). Toutefois il y a une différence de méthode: La Chine s’estimant surclassée militairement par les américains, elle fera tout pour éviter un conflit armé frontal ou même indirect et s’acharnera à esquiver toute provocation (autre point important du texte).

Indirectement, l’allocution de Qiao Liang de 2015 semble faire écho à un autre livre chinois ayant connu un énorme succès en Chine et destiné à alerter l’opinion publique chinoise sur les risques pour la Chine d’être la cible d’une tentative de déstabilisation financière issue des milieux occidentaux de la banque internationale. Le livre intitulé la “Guerre des Monnaies” (http://www.amazon.fr/La-guerre-monnaies-nouvel-mondial/dp/2355120544) a été publié en 2007 par HongBing Song, un consultant ayant travaillé aux USA pour diverses sociétés dont Fannie Mae et Freddy Mac. Le livre s’est écoulé à plusieurs millions de copies (légales) sur le marché chinois et a été traduit en plusieurs langues. En Occident, l’adjectif ‘controversé’ semble plus aproprié pour décrire ce livre: sa traduction anglaise a été très mal reçue par l’establishment anglo-saxon et qualifiée d’“over-arching conspiracy theory” (http://www.ft.com/cms/s/0/70f2a23c-6b83-11dc-863b-0000779fd2ac.html). Si la tentative de HongBing Song de retracer la génèse des institutions monétaires et financières modernes en Occident est criticable, l’article du FT sur cet ouvrage occulte son message principal: la mise en garde adressée à l’opinion publique chinoise pour se focaliser sur la partie du livre retraçant la génèse de cette menace ainsi que sur la personnalité de l’auteur. La controverse provient des références appuyées faites aux Rotschild dans le livre (le FT frôle le point Godwin et les accusations d’antisémitisme en direction de l’auteur).

Message reçu 5 sur 5 par Qiao Liang: son texte de 2015 reprend en boucle les accords de Bretton Woods, le découplage Dollar-Or de 1971 et l’institution du pétro-dollar en 1973 également présent chez HongBing Song, mais il ne prend pas la peine de définir précisément l’adversaire. Pour Qiao Liang, les tentatives de déstabilisations financières sont le fait de l’ “Amérique” sans plus de détails (éventuellement accolé au nom de Geoges Soros, qui est nommé dans “La Guerre Hors-Limite” et assimilé à un terroriste de stature comparable à Oussama Ben Laden. Qiao Liang n’échappera donc pas lui aussi à une controverse de type ‘antisémite’ le moment venu: George Soros, est né sous le nom de György Schwartz à Budapest en 1930…). De son côté, HongBing Song parle de Banquiers Internationaux ayant prix le contrôle de l’Angleterre, de l’Europe et finalement de l’Amérique (thèse proche du concept de ‘capitaux apatrides’ et donc sentant le soufre car thème proche de certains milieux qualifiés d’antisémite et d’extrême-droite). Il faut cependant insister sur l’antériorité de Qiao Liang sur HongBing Song quant au concept de guerre fiancière et son application à la Chine (thème abordé dans l’ouvrage “La Guerre Hors-Limites” de 1999).

Terminons cette introduction par un dernier point pour aider le lecteur à bien contextualiser ce texte: s’il y a un tabou en Chine, ce sont bien les évènements de Tiananmen de 1991. Aucun des deux textes de Qiao Liang ne mentionne ces évènements, alors qu’on pourrait y reconnaître une de ces formes nouvelles de guerres non-conventionelles (théorisée par Gene Sharp dans son ouvrage “From Dictatorship to Democracy”) et qu’il aurait été pertinent pour son propos d’aborder le sujet. Avec le recul, des militaires chinois auraient peut-être pu dénoncer cette tentative de révolution colorée pro-occidentale, dont la répression sanglante aboutit à retarder l’envol économique de la Chine de presqu’une décennie… Toutefois, le spectre de Tiananmen apparaît en flilgrane lorsque Qiao Liang clame avec une certaine fierté que la Chine n’est pas tombée (cette fois-ci?) dans le piège des crises régionales tendus par “l’Amérique” dans le cas du mouvement “Occupy Central” de l’automne 2014. Parfois les silences sont plus révélateurs que les paroles: Tiananmen est sûrement percue comme une défaite au goût amer par l’Armée Populaire Chinoise face à cette “Amérique” omni-présente dans l’allocution de Qiao Liang.

Voilà planté le décor! L’entrée en matière de Qiao Liang (le découplage Dollar-Or en 1971) est un peu longue, mais il vaut la peine de s’accocher et de dépasser cette partie.

 

L’allocution de Qiao Liang est précédée par une note du diffuseur de la version anglaise du texte (Francesco Sisci):

Une ceinture, une route

– Une nouvelle route de la soie.

par Gén. Qiao Liang [University professor et PLA Air Force major-general Qiao Liang, ndlt]

L’allocution du général Qiao Liang, que nous [Heartland, ndlt] avons été autorisé à publier, a été présentée à l’Université de la Défense, une école militaire chinoise d’élite. Elle éclaire la nouvelle pensée stratégique chinoise.

Ce document, que le général Qiao Liang nous a autorisé à publier, fut présenté à l’Université de Défense, école militaire chinoise d’élite, où le général est en charge du programme d’éducation pour les officiers. Par conséquent, le discours doit avoir reçu l’approbation de la direction de l’école et en fin de compte également par le Président de la Commission Militaire, Mr. Xi Jinping [plus connu en Occident en tant que Secrétaire Général du Parti Communiste Chinois et Président de la République Populaire de Chine, ndlt].

Le document éclaire la nouvelle pensée stratégique chinoise. Le plus grand défi pour Pékin n’est pas géopolitique mais économique. Ce constat découle de l’analyse froide et cruelle du comportement américain depuis 1944, l’époque de l’accord de Bretton Woods, et de manière plus importante depuis 1971, avec le découplage du Dollar de l’Or, et encore plus, depuis 1973 avec l’imposition par les USA de l’usage du pétro-Dollar. Qiao Liang soutient que le but des USA durant toutes ces années n’était pas uniquement géopolitique; il était d’accumuler des profits, et les USA ont trouvé une manière, après les guerres désastreuses et coûteuses contre la Corée du Nord et plus particulièrement encore contre le Viet Nam, de tirer un profit de crises régionales, avec ou sans guerre. Le général identifie que le Dollar présente un cycle sur 16 ans: durant 10 ans le devise US est faible, durant 6 ans elle est forte. Le commencement [de la partie du cycle où le] du Dollar [est] fort correspond à une crise régionale bloquant une économie régionale. Qiao Liang soutient que les USA ont échoué dans leur dernière tentative de 2012 à créer une crise régionale autour de la Chine, car Pékin, selon lui, ne tomba pas dans le piège américain et ne se laissa pas entrainer dans un conflit contre le Japon et les philippines au sujet des [îles] Senkaku et des récifs de Scarborough. Qiao Liang est confiant que la Chine ne tombera pas dans une crise régionale et croit que des nouveaux chagements dramatiques vont arrivés. La “monnaie électronique nouvelle” [‘new bit money’, pas très clair, ndlt], qui pourrait bien croître pour dominer le monde de la finance, est en train de remettre en cause des processsus de transactions plus anciens; par ailleurs le procédé d’impression 3D pourrait également changer de manière dramatique les méthodes de production actuelles. Ces changements créent une situation totalement nouvelle pour tout le monde, et ici, indique Qiao Liang, les USA seront forcés de collaborer avec les autres pays.

Par conséquent, et selon cette analyse dépassionnée, la Chine ne doit pas seulement réaliser la nécessité de refuser une guerre frontale mais se convaincre qu’une nouvelle guerre directement contre l’Amérique serait contraire aux intérêts nationaux Chinois. Il pense que Washington ne combattra pas Pékin au cours des 10 prochaines années à venir, mais il est de son devoir de s’assurer que durant ces 10 ans les USA ne changent pas d’avis. La Chine doit donc mettre ses affaires en ordre et internationaliser sa monnaie, le RMB. Cette vaste vision stratégique procure également une justification profonde pour la campagne anti-corruption en cours. La Chine doit se dépêcher de réviser son économie face aux risques de la prochaine décennie. Si elle ne le fait pas, elle pourrait bien être condamnée à l’échéance de ces dix ans.

(par Francesco Sisci)

Premièrement, la situation entourant la Chine et le cycle du taux de change du Dollar US.

1 Pour la première fois dans l’Histoire, l’émergence de l’empire financier.

A ce sujet, je crois qu’il y a beaucoup de camarades, experts financiers, qui sont mieux placés que moi pour parler d’économie. Ce qui est différent [dans le discours de Qiao Liang, ndlt] est que j’en parle en termes stratégiques. Depuis le 15 août 1971, après le découplage du Dollar US d’avec l’Or, le navire Dollar a levé l’ancre qu’était l’Or [un frein à son endettement et à son déficit commercial, ndlt]. Commençons par le commencement. En juillet 1944, afin de prendre le relais des Britanniques et de leur monnaie, les USA ont promu l’installation de trois systèmes au niveau mondial: un système politique, les Nations Unies; un système de commerce, le GATT (qui s’est appellé par la suite l’OMC); et un système monétaire et financier, le système Bretton Woods.

Le système Bretton Woods, en accord avec les désirs américains, était d’établir le leadership du Dollar US. Cependant, après 27 ans, de 1944 à 1971, le leadership monétaire des Américains était en train de glisser à cause du poids de l’Or. Au début du système Bretton Woods, pour affirmer le leadership du Dollar, les Américains donnèrent un gage au monde: la monnaie des différents pays seraient fixées par rapport au Dollar, alors que le Dollar serait arrimé à l’Or. Comment l’arrimer? Avec un prix fixe pour la convertibilité de $35 par once d’Or. Avec cet engagement vis-à-vis du monde, les Américains ne pouvaient pas faire n’importe quoi avec le Dollar. Pour faire simple, la convertibilité à $35-par-once-d’Or signifiait que les américains ne pouvaient pas imprimer des quantités excessives de Dollars; si plus de $35 étaient imprimés, le Trésor devait avoir une once d’Or de réserves en plus.

A cette époque, l’Amérique pouvait prendre un tel engagement vis-à-vis du monde, car elle possédait environs 80% des réserves d’Or mondiales. Mais plus tard, la situation devint plus compliquée que souhaitée par les américains. Après la 2ème Guerre Mondiale, les Etats-Unis se sont impliqués de manière irréfléchie dans les guerres de Corée et du Viet Nam. Ce furent deux guerres coûteuses pour les USA, en particulier pour la guerre du Viet Nam. Cette dernière détruisit presque $800 milliard au travers de dépenses militaires. Avec l’augmentation des coûts de la guerre, les Etats-Unis prenaient sur eux plus qu’ils ne pouvaient se permettre. Selon le gage donné par les USA, la perte de $35 signifiait la perte d’une once d’Or.

En août 1971, les américains avaient encore plus de 8,800 tonnes d’Or. A ce moment, les américains savaient qu’ils avaient un problème, et d’autres gens étaient sur le point de leur créer de nouveaux ennuis. Par exemple, le Président français Charles de Gaulle n’avait pas confiance dans le Dollar, et donc il manda le Ministre des Finances français et le Gouverneur de la Banque Centrale française pour recenser les réserves françaises de Dollar. la France avait alors environs $2.2-2.3 milliard, et de Gaulle ordonna alors de retourner tous les Dollars aux USA et d’obtenir en retour la valeur correspondante en Or. Le coup français produisit une réponse similaire de la part d’autres pays. Ils dirent également aux américains: “nous ne voulons pas de Dollars; nous voulons de l’Or”. Les américains se retrouvèrent dans une situation périlleuse.

Par conséquent, le 15 août 1971, le président US d’alors, Richard Nixon annonça la fermeture de la fenêtre Or – le Dollar était délié de l’Or. Ce fut le commencement de l’effondrement du système Bretton Woods, mais ce fut également le moment où les américains revinrent sur leur promesse. En ce qui concernait le reste du monde, les choses n’étaient pas entièrement claires à cette époque. Les gens croyaient dans le Dollar car il y avait l’Or derrière ce dernier. Le Dollar avait été utilisé comme un monnaie internationale, de règlement et de réserve durant presque 30 ans, et les gens avaient commencé à s’habituer au Dollar. Si le Dollar s’arrêtait soudainement et qu’il n’y avait plus d’Or pour le soutenir, il devenait un simple bout de papier vert – alors comment pourrions-nous encore l’utiliser? On aurait pu arrêter de l’utiliser, mais il y restait à résoudre le problème de l’unité de compte à utiliser pour la fixation de la valeur des marchandises au niveau international. En effet, la monnaie est la mesure de la valeur, si on n’utilise plus le Dollar, peut-on vraiment faire confiance aux autres devises étrangères? Par exemple, le Yuan et le Rouble, la Russie (alors l’Union Soviétique) dit “si vous ne reconnaissez pas le Rouble, nous ne reconnaissons pas le Yuan”, il en découla que il fut uniquement possible de continuer à prendre le Dollar comme moyen d’échange entre nous.

Donc les américains profitèrent l’inertie du monde et en octobre 1973 poussèrent les Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) à accepter leurs conditions: le commerce du pétrole au niveau international devait dorénavant être effectué en Dollars US. Précédemment à cette décision, le commerce international de pétrole pouvaient utiliser une variété de devises internationales pour effectuer les règlements, mais après octobre 1973, tout changea, et l’OPEP annonça que le Dollar devait être utilisé pour le règlement du commerce international de pétrole. Suite au découplage Or-Dollar, les américains arrimèrent le Dollar à la matière première de base: le pétrole. Pourquoi? Car les américains virent clairement que si l’on peut ne pas aimer le Dollar, on ne peut pas se passer d’énergie: on peut se passer de Dollar, mais comment se passer de pétrole? Tout pays consomment de l’énergie, et tout les pays ont besoin de pétrole; dans ce cas, un besoin en pétrole devient équivalent à un besoin en Dollars, ce qui était mouvement très asticieux de la part des américains. En fait, après le découplage du Dollar et de l’Or de 1971, avec l’arrimage du Dollar au pétrole de 1973, les USA fixèrent un nouveau cap, que bien peu de monde ne réalisèrent à cette époque.

Beaucoup d’économistes – experts financiers – ne virent pas clairement que l’évènement le plus important du XXème siècle n’était ni la 1ère Guerre Mondiale, ni la 2ème Guerre Mondiale, ni même l’effondrement de l’Union Soviétique. L’évènement le plus important du XXème siècle fut le découplage du Dollar et de l’Or du 15 août 1971. Depuis, l’humanité à vu l’émergence d’un empire financier, et cet empire pris [prendre comme dans un filet ou une nasse, ndlt] toute la race humaine dans son système financier. En fait le soi-disant leadership du Dollar commença à ce moment. Aujourd’hui, il est âgé d’environs 40 ans. Après ce jour, nous entrons dans l’ère de la vraie monnaie-papier, car derrière le Dollar il n’y a plus un métal précieux, mais à la place il ne reste que la crédibilité d’un gouvernement et le soutien de ceux qui sont poussés par l’envie de faire des profits. En termes simples, les américains peuvent utiliser un bout de papier vert pour obtenir des richesses physique en provenance de n’importe où sur la planète. Jamais auparavant ce ne fut le cas dans toute l’histoire de l’humanité. Il y avait toujours eu beaucoup de façon de faire des profits, parfois au moyen d’échange de monnaie, parfois en utilisant de l’Or ou de l’Argent; à d’autres moments des pays utilisèrent la guerre à des fins de pillage, mais le coût de la guerre restait énorme. En dépit que le Dollar ait l’apparence d’un simple bout de papier vert, le rapport coût-bénéfice pour les Etats-Unis reste extrêmement faible.

En raison du découplage Dollar-Or, l’Or ne retient plus le Dollar, et les Etats-Unis sont libres d’imprimer des Dollars. Si beaucoup de Dollars restent aux Etats-Unis, ils causeront de l’inflation aux USA. Si le Dollar part à l’étranger, alors le reste du monde aura à digérer l’inflation US, ce qui est une des raisons pour laquelle le taux d’inflation du Dollar n’est pas élevé. En d’autres mots, le flux de Dollar en provenance des USA vers l’étranger dilue son inflation intérieure. Cependant après ce déferlement de Dollars, les américains ne disposent plus de cet argent, et ils ne peuvent pas en imprimer trop de monnaie, au risque de déprécier leur Dollar, ce qui ne serait pas bon pour les Etats-Unis. C’est la raison pour laquelle, la Fed n’imprime pas sans s’arrêter, en continu et de manière folle, comme certaines personnes l’imaginent, de la monnaie. En fait, la Fed comprend totalement les limites. En 100 ans d’existence, depuis 1913 jusqu’à 2013, la Fed n’a émis qu’un total de 10 trillion de Dollars.

En comparaison, certaines personnes commencèrent à blamer la Banque Centrale de Chine. Pourquoi? Depuis qu’elle a commencé à émettre la nouvelle monnaie – le renminbi – de 1954 jusqu’à aujourd’hui, notre banque centrale a émis plus de 120 trillions de yuan. Converti à un taux de change de 6.2 pour 1 Dollar, nous avons émis l’équivalent de $20 trillions. Mais cela ne signifie pas avoir imprimé ‘follement’ de la monnaie en Chine car après les réformes et l’ouverture, la Chine a gagné beaucoup de Dollars, et actuellement, il y a beaucoup de Dollars sous la forme d’investissements étrangers en Chine. En raison du contrôle des changes, le Dollar ne circule pas directement en Chine, en conséquence, la banque centrale doit libérer des montants en RMB correspondant à ceux investis depuis l’étranger en Dollar US ou en autre devises. Cependant les investissement étrangers en Chine, après avoir générer de l’argent, peuvent être retirés dans le futur; au même moment, il y aura beaucoup d’échanges avec l’étranger afin d’acheter des matières premières, de l’énergie, des produits, de la technologie. De cette façon, beaucoup de Dollar seront éventuellement sortis, alors que le RMB reste en Chine. On ne peut donc pas détruire le montant correspondant de RMB, mais on peut uniquement le laisser circuler en Chine, et le stocks de RMB devient une force plus grande que celle du Dollar [bizarre, strictement parlant, les RMB créé lors de l’arrivé de Dollar, devraient être détruit par la banque centrale quand ces mêmes RMB retournent à la banque centrale pour y être convertis avant de quitter les territoires chinois sous forme de monnaie étrangère. Certe il y a la question du taux de change qui est flottant… Sous-entend-il que la PBOC peut imprimer autant de RMB que nécessaires sans avoir à recourir à l’émission d’obligations ou de prêt à intérêt comme c’est le cas pour les banques centrales occidentales? C’est un militaire pas un comptable!, ndlt]. Ceci est démontré par les 30 années incroyables de dévelopement économique en Chine [certains on leur 30 glorieuses, d’autres leurs 30 incroyables… LOL!, ndlt]. La banque centrale chinoise a reconnu que ces dernières années elle avait probablement émis pour plus de 20 trillions de yuan. La plupart de ce montant énorme est resté en Chine, ce qui conduit à parler du sujet suivant: pourquoi le RMB doit être internationalisé? [réponse courte: pour décourager l’Amérique d’attaquer la Chine, car ils y auraient investi trop d’argent, ndlt].

1 La relation du cycle du Dollar et de l’économie globale.

La raison pour laquelle les Etats-Unis n’ont pas tant d’inflation que ça est largement due à la circulation globale du Dollar [comprendre plutôt qu’il est utilisé à l’étranger comme monnaie de réserve et qu’en conséquence la vitesse moyenne de circulation de ces Dollars est ralentie, ce qui conduit à un ralentissement équivalent de l’inflation. Inflation = volume monétaire x vitesse de circulation; on peut émettre de grande quantité d’argent sans générer d’inflation si la vitesse de circulation de cet argent est lente… C’est l’idée d’un QE: générer des bulles d’actifs là où l’argent est placé alors que les prix dans la vie de tous les jours semblent ne pas être affectés par l’augmentation phénoménale de la masse monétaire; en effet les banques privées redirigent cet argent principalement dans des investissements à l’étranger et des placemements sur les marchés financiers. De nouveau, Qiao est général, pas prix nobel d’économie, ndlt]. Mais les USA ne peuvent pas émettre un montant illimité de Dollars, ce qui conduirait à la dévaluation du Dollar – un minimum de contrôle est requis [Attention: ne pas confondre taux d’inflation et la force d’une devise en terme de taux de change. L’inflation dépend du volume et de la vitesse de circulation d’une devise sur son périmètre national, alors que la force du taux de change de cette même devise dépendra de son abondance relative par rapport aux autres devises sur les marchés des devises ou marché des changes. Si les capitaux sont libres de rentrer et de sortir du territoire national pour aller se placer sur les marchés internationaux des capitaux, alors il y aura une équivalence entre un fort taux d’inflation et une faiblesse relative de cette devise sur les marchés des changes. Par contre cette équivalence stricte ne serait plus garantie si des barrières empêchaient ces deux espaces différents de communiquer, par exemple un contrôle de changes. En général, plus une économie est exportatrice, plus la vitesse de circulation de sa monnaie ralentit, car les acteurs économiques auront tendance à accumuler cette devise sur des comptes à vue en prévision de leur achats à venir, autrement ces mêmes acteurs auront tendance à se débarasser de cette devise inutile à la première occasion et la vitesse de circulation de cette monnaie serait plus élevée. Par dessus se rajoute une évaluation sentimentale bassée sur la confiance inspirée par un territoire donné – valeur refuge comme le Franc Suisse et finalement le cas particulier du Dollar dénoncé ici par Qiao Liang et avant lui par le Général Charles de Gaulle. Inutile de préciser qu’avec son contrôle des changes très strict et sa balance de paiement excédentaire, la Chine est bien placée pour découpler le taux d’inflation et la force de sa monnaie sur les marchés des changes, et ce a fortiori dans l’éventualité d’une internationalisation du RMB, ndlt]. Si l’exercise de ce contrôle implique de ne plus avoir de Dollar, que faire? les américains ont un autre panel de solutions à ce problème: ils émettent des obligations en Dollar, et à travers l’émission d’obligations, ils sortent les Dollars du pays pour les faire refluer plus tard. Mais lorsque ce reflux atteint les Etats-Unis via du capital dette, les américains commencent à jouer un autre jeu, imprimer de la monnaie d’une main et l’emprunter de l’autre [création monétaire par le crédit, processsus par lequel de l’argent est créé ab-initio par le prêteur via un jeu d’écriture comptable en échange du paiement régulier d’un intérêt. Cependant le processus crée uniquement un montant d’argent équivalent à la somme prêtée par la banque, pas le montant des intérêtt nécessaire au service de la dette. Du coup l’emprunteur se retrouve à la merci de son prêteur au premier resserrement de crédit. Lors d’un tel épisode où les banques privées arrêtent de prêter, le montant des liquidité disponible baisse rapidement jusqu’à provoquer des défauts de paiement en série. Une hausse brutale de ses taux directeur par la banque centrale peut avoir le même effet d’assèchement des liquidités. Le prêteur peut récupérer les biens mis en gages contre le prêt – le fameux ‘colateral’. Dans les faits, on refinance l’emprunteur à des taux usuraires. La création monétaire par le crédit privé (95% de la création monétaires aujourd’hui) est dangereuse: si les banques ralentissent le rythme de création de prêt, p. ex. ‘si la confiance n’est plus là’ , alors on génère immédiatement de l’instabilité économique et des faillites. Pour être équitable, un tel système devrait impliquer qu’à l’autre extrémité du système monétaire, la banque centrale crée ab-initio et mette en circulation l’argent frais nécessaire au service de la dette. P. ex. en distribuant la somme à l’état pour paiement de ses frais de fonctionement ou directement à la population via un mécanisme type ‘revenu de base’ ou ‘basic income’. Trop de gens ont une conception périmée de la monnaie, mais cela change: voir l’initiative Monnaie Pleine ou Vollgeld en Suisse, ndlt]. Imprimer de l’argent permet de créer de la monnaie, emprunter de l’argent permet également de créer de la monnaie, de produire de l’argent avec de l’argent [création monétaire par le crédit privé, voir ci-dessus, ndlt]. S’il est plus facile de créer de l’argent à travers la finance qu’à travers l’économie réelle, alors qui voudra s’échiner à effectuer un dur labeur dans des industries de construction et de transformation à faible valeur ajoutée de l’économie réelle? Après le 15 août 1971, les américains ont progressivement abandonné l’économie réelle en faveur de l’économie virtuelle, se transformant en une pays vide. Aujourd’hui le PNB US atteint $18 trillions, mais la contribution de l’économie réelle au PNB n’excède pas $5 trillions – la plupart du reste est créé par l’économie virtuelle [banque, assurance, services financiers et autres formes de courtages, boursicotage, hypothèque, crédits à la consommation, trading, hedge fund, fond de pension, assurance sociales privatisées, judiciarisation de la société, droits de propriétés intellectuels, économétrie, gestion des risques financiers, compliance & legal pour les opérations de commerces internationaux, optimisation fiscale, etc. Voir David Graeber et le concept de “Jobs à la con” ou “bullshit job”, ndlt]. A travers l’émission d’obligations, les USA mettent en circulation de grandes quantités de Dollars à l’étranger qui leur revient ensuite pour s’investir dans trois marchés [financier, ndlt]: marché des futures, marché des obligations, et marché des actions. L’argent américain engendre ainsi plus de monnaies sur son chemin [effet de levier résultant du méchanisme de création monétaire par le crédit, ndlt], ensuite la monnaie crée part à l’étranger, de sorte que les cycle de déferlement à l’étranger et de reflux aux USA permettent de faire un profit et ont ainsi permis aux USA de devenir un empire financier [l’obligation d’utiliser des Dollars impliques de commissions à des intermédiaires financiers basés aux USA et des revenus à proportionnel à la masse monétaire en circulation, cette dernière croit à mesure que les échanges financiers et l’économie mondiale croissent, ndlt]. Les Etats-Unis phagocytent le monde financier [et aussi chez eux: la création de l’impôt sur le revenu coincide avec la création de la Fed et du moment où le gouvernement commença à se financer via l’émission d’obligaiton acheté par la Fed. D’où le commentaire de Qiao Liang sur le fait que les USA sont leur propre ennemi et creusent leur propre tombe, ndlt]. Beaucoup de gens croient qu’après le déclin de l’Empire Britannique, l’histoire coloniale s’était achevée. Il n’en est rien, car par la suite les Etats-Unis sont devenus un empire financier, en utilisant le Dollar comme une extension “coloniale” cachée: Les USA contrôlent les économies nationales au travers du Dollar et en transformant différents pays à travers le monde en “colonies” financières [Se référer à l’ouvrage de Perkins intitulé ‘confessions d’un agent d’influence économiques’ sur les 1001 façons de surendetter les états faibles en Dollar pour les mettre ensuite en coupe réglée via le FMI. La Grèce n’est qu’un exemple parmi d’autres, ndlt]. Aujourd’hui, nous voyons beaucoup d’état souverrains et indépendants, incluant la Chine, qui bien que souverrains, avec leur constitutions et gouvernements, ne peuvent pas se débarasser du Dollar. Au final, la santé économique des pays sera exprimée en Dollars et leur richesse matérielle est captée en partie aux USA à travers des échanges économiques formant un flux constant de Dollars.

Nous pouvons voir cela très clairement au cours d’une période de plus de 40 ans au moyen d’un graphique détaillant le taux de change du Dollar. Le 15 août 1971, le découplage du Dollar et de l’Or permis aux américains de se débarasser des entraves de l’Or, et ils purent imprimer librement du Dollar. Le Dollar en circulation augmenta, et le taux de change devint naturellement bas. A partir de 1971, en particulier suite à la crise du pétrole de 1973, le taux de change du Dollar a été négocié à des nivaux bas, ce qui indique que les USA imprimaient beaucoup de Dollars. La situation dura presque 10 ans. Un taux de change du Dollar US bas n’est pas entièrement un mauvaise chose pour l’économie car cela signifie que l’offre en Dollar augmente, ce qui signifique un augmentation du flux de capitaux. La plupart de ces capitaux ne restèrent pas aux Etats-Unis mais partirent à l’étranger. [Dans les années 70’s, ndlt] Au début de cette période où le taux de change du Dollar était bas, de grandes quantités de Dollars allèrent en Amérique Latine, ce qui stimula l’investissement et amena également la prospérité. Ce fut le boom économique des années 1970s en Amérique Latine.

La période de l’inondation en Dollar dura environs 10 ans. Puis en 1979, les américains décidèrent de fermer l’écluse. Un taux de change du Dollar US bas est équivalent à ce que les américains ouvrent les vannes monétaires, et la fermeture de ces vannes est, en fait, une réduction de la liquidité du Dollar [et donc un raréfaction des quantités en dollar sur les marchés des changes entrainant une appréciation du dollar face au autres monnaie. Ce n’est pas le volume émis LOCALEMENT de monnaie qui détermine le taux de change d’une monnaie, mais sa disponibilité sur les marchés INTERNATIONAUX des changes par rapport aux volumes requis de cette monnaie pour procéder aux échanges commerciaux, ndlt]. En 1979, le Dollar, le taux de change du Dollar se raffermit et le flux de Dollar partant à l’étranger fut réduit. L’Amérique Latine pensait qu’elle recevait beaucoup de Dollars afin de favoriser le dévelopement [économique de la région, ndlt], Soudain l’investissement fut réduit, la liquidité s’assecha, la chaine des investissements de capitaux cassa, et naturellement l’économie eut des ennuis.

Lorsque les troubles [économiques, ndlt] commencèrent, chaque pays d’Amérique Latine commença à réfléchir aux moyens de se sauver. Prenons l’exemple de l’Argentine. Son PNB par habitant avait atteint le niveau des pays développés. Mais lorsque la crise économique en Amérique latine apparu, l’Argentine fut la première à rentrer en récession. Il y a plusieurs façons de résoudre une récession, mais malheureusement, lorsque le gouvernement argentin arriva au pouvoir par un coup d’état militaire, la présidence échoua à Galtieri, qui n’avait aucune notion d’économie. En tant que soldat, la seule idée de Galitieri était la guerre, et il espéra rétablir la situation au moyen d’une guerre. Il choisit pour cibles les îles Malvinas, à 600km de la partie continentale de l’Argentine appellée îles Falklands par les britanniques. Les îles avaient été sous domination britannique pendant plus de 100 ans, et Galtieri décida de les réclamer. Mais l’Argentine se trouve en Amérique du Sud. Lorsque l’on veut mener une guerre dans l’arrière cour des Etats-Unis, on ne peut pas éviter de demander la permission. Galtieri demanda donc un entretien avec le président US Ronald Reagan, afin voir l’attitude des USA à ce sujet. Reagan devait savoir que si Galtieri voulait mener ce combat, cela pouvait conduire à une guerre à grande-échelle avec les britanniques, mais il déclara simplement que c’était un poblème entre l’Argentine et le Royaume Uni, qui ne concernait pas les Etats-Unis: “nous n’avons pas de position; nous restons neutres”. Galtieri pensa qu’il s’agissait d’un acquiesement de la part du Président des Etats-Unis et ainsi il démarra la guerre des Falklands et récupéra facilement les îles. Tous en Argentine applaudirent, comme dans un carnaval sur-enthousiaste. Cependant le Premier Ministre britannique Margareth Thatcher déclara qu’elle n’accepterait jamais ce résultat, et força le président des Etats-Unis à prendre position. Reagan baissa immédiatement le masque de la neutralité et publia une déclaration ferme avec les britanniques. Par la suite, Les britanniques envoyèrent des forces aéronautiques navales pour une expédition lointaine et exténuante à plus de 8,000 miles nautiques, et regagnèrent les Malvinas.

Entretemps, le Dollar commença à se raffermir, et les capitaux internationaux retournèrent rapidement aux Etats-Unis selon les désirs US. Lorsque les guerre des Falklands éclata, les investisseurs internationaux conclurent immédiatement: L’Amérique Latine était dans une crise régionale et le climat d’investissement s’y détériorait. Les uns après les autres, les investisseurs se retirèrent de la région [les liquidités disparaissent soudainement mais les dettes en Dollar US restent… et les défauts de paiements se profilent à l’horizon, ndlt]. La Réserve Fédérale Américaine vit le moment et immédiatement annonça une hausse des taux d’intérêt. A mesure que les taux augmentaient, le mouvement de désinvestissement en Amérique Latine s’accéléra. L’économie de cette région était en ruine. Suite à leur retrait d’Amérique Latine, ces capitaux allèrent se placer majoritairement aux Etats-Unis dans trois marchés (obligation, futures, et action) et produisit un premier ‘bull market’ [marché en tendance haussière sur une longue période. Ce type de conditions de marché attire inmanquablement des investisseurs institutionnels occidentaux et autres opportunistes, ndlt] depuis le découplage du Dollar et de l’Or. Le taux de change du Dollar contre les autres monnaies avait augmenté de 60 points, suivi d’un autre saut de plus de 120 points, soit une augmentation de près de 100%. Les trois marchés américains ne conservèrent pas l’argent et saisirent l’opportunité de gagner encore plus d’argent en retournant en Amérique Latine, cette fois pour acheter des biens de haute qualité dont le prix était tombé à un niveau planché, soit encore un autre pillage sauvage des économies de l’Amérique Latine. Voilà la situation après le premier mouvement haussier du Dollar US suite au découplage Dollar-Or.

Si des évènements similaires n’arrivaient qu’une seule fois, alors il s’agirait d’un fait rarissime; s’ils se répètent régulièrement, alors ils doivent être la règle. A l’époque du premier cycle – “10 ans de Dollar faible, 6 ans de Dollar fort” – les gens n’étaient pas sûr de savoir si c’était la règle. Après le pic de la crise financière en Amérique Latine, le taux de change du Dollar commença à retomber à partir de 1986. Il s’en suivit de la crise financière au Japon et de la crise des monnaies européennes, mais le taux de change du Dollar restait encore bas. Quelques 10 ans plus tard, en 1997, le Dollar s’affermit de nouveau. Cette fois, le Dollar resta de nouveau fort durant 6 ans. Ceci est très intéressant, nous pouvons voir que le taux de change du Dollar montra plus ou moins le même motif: 10 années faibles, 6 années fortes, puis de nouveaux 10 années faibles, 6 années fortes.

Après 1986, le taux de change du Dollar commença à s’affaiblir pour la seconde fois, ensuite 10 ans plus tard, le Dollar revint comme une inondation, se répandant partout dans le monde. La principale zone d’inondation cette fois fut l’Asie. Dans les années 1980’s, quelle était l’idée la plus en vogue? Les “quatre Tigres Asiatiques”, les “Oies Asiatiques”, et ainsi de suite. Beaucoup de gens crurent que la prospérité en Asie provenait du dur labeur, de l’intelligence et du sens des affaires des asiatiques. En fait, pour une grande partie, elle provenait de ce que l’Asie recevait assez de Dollars pour effectuer de gros investissements. Lorsque les économies asiatiques devinrent prospères, les américains pensèrent que le temps était venu de récolter la moisson. Dès lors, après 1997, lorsque le taux de change du Dollar atteignit son niveau le plus bas en 10 ans, les américains renversèrent la vapeur en direction d’un Dollar fort, en réduisant progressivement l’offre de monnaie en direction de l’Asie. La plupart des pays asiatiques, entreprises et industries souffrirent de pénuries de liquidités, et certaine cassèrent simplement la chaine de financement capitaliste [défaut de paiement, ndlt], et ainsi apparurent les signes de la crise économique et financière en Asie.

Cette fois l’eau dans la bouilloire était déjà à 99°C, seulement à 1°C de bouillir, et ce dernier 1°C déclencherait la crise régionale. Il ne s’agissait pas nécessairement d’une guerre comme précédement en Argentine. Pour créer une crise régionale, la guerre n’est qu’une option parmis d’autres. Comme le but est d’extraire les capitaux de la région, il est possible de créer une crise régionale sans déclencher de guerre. Alors apparurent des spéculateurs financiers comme George Soros et son fond spéculatif Quantum, et des centaines de hedge funds du monde entier, qui comme une meute de loups commencèrent à attaquer la plus faible des économies asiatiques, comme la Thailande, en s’en prenant à sa monnaie, le baht thailandais. A peu près une semaine après que la crise du baht thaillandais eut commencé, il y eut une réaction en chaine, en direction du sud, se déplaçant progressivement vers la Malaisie, Singapour, l’Indonésie et les Philippines, et ensuite vers le nord en direction de la Chine, Taiwan, Hong Kong, le Japon, la Corée du Sud et jusqu’en Russie. La crise financière en Asie Orientale se déclara. L’eau bouillait à présent. Les investisseurs du monde entier conclurent que les conditions d’investissements en Asie s’étaient déteriorées et retirèrent leur capitaux d’Asie. La Fed, une fois de plus, saisi l’opportunité pour sonner la trompette de l’augmentation des taux d’intérêt. Suivant les ordres de retrait d’Asie en directions des USA, les capitaux songèrent une nouvelle fois aux trois marchés US principaux et achetèrent le second plus gros ‘bull market’ [voir note précédente: marché en tendance haussière, ndlt] de l’histoire des Etats-Unis. Lorsque les américains eurent économisé suffisamment d’argent, comme ce fut le cas précédemment pour l’Amérique Latine, ils retournèrent en Asie pour y acheter des biens de qualité à des prix planché. Les économies asiatiques avaient été totalement brisées, et laissées sans force pour se battre. Cette fois la Chine fut la seule chanceuse.

1 A présent, c’est le tour de la Chine.

Par la suite, aussi ponctuel et précis que la marée, après avoir été fort six années durant, le taux de change du Dollar commença à baisser de nouveau à partir de 2002, et puis durant les dix années qui suivirent, jusqu’en 2012, les américain commencèrent les préparatifs pour faire baisser le Dollar à nouveau. La méthode était toujours la même qu’auparavant: créer des crises régionales chez les autres. Nous avons vu l’incident de Cheonan [note du traducteur chinois/anglais: un navire de la marine militaire sud-coréenne coula en 2010, peut-être par la suite d’une torpille nord-coréenne]; au voisinnage de la Chine, le différent au sujet des îles Diaoyu / Senkaku [note du traducteur chinois/anglais: entre la Chine et le Japon], ainsi que le différent au sujet des îles Huangyan/Récif de Scarborough [note du traducteur chinois/anglais: entre la Chine et les Philippines]. Presque toutes ces crises régionales se dévelopèrent dans une période de temps très courte. Très malheureusement, les Etats-Unis en 2008, en jouant avec le feu dans leur propre maison, furent touchés les premiers par une crise financière. Ceci résultat en un délais supplémentaire avant que le taux de change du Dollar ne puisse repartir à la hausse. Il semble que le différent sino-philippin au sujet des îles Huangyan et le différent sino-japonais au sujet des îles Diaoyu n’eurent que peu d’effet sur le taux de change du Dollar, mais est-ce là vraiment important? Pourquoi est-ce que ces incidents se déroulèrent-ils juste au commencement de la période de dix ans durant laquelle le taux de change du Dollar est faible? Peu de gens ont exploré ce sujet, mais il vaut vraiment la peine d’être considéré.

Si nous admettons qu’à partir de 1971 et du découplage Or-Dollar, il s’est créé un cycle dans le taux de change du Dollar, et que selon ce cycle, les américains saisissent l’opportunité de serrer les économies des autres pays, alors nous concluons que maintenant le tour de la chine est venu. Pourquoi est-ce que nous disons cela? Parce que maintenant la Chine est devenue une attraction mondiale pour les investissements directs en provenance de l’étranger et qu’une grande quantité de capitaux internationaux sont investis en Chine par ceux qui sont optimistes quant à son développement économique. Du point de vue des lois économiques, il ne s’agit pas seulement de la Chine comme pays. Une économie de la taille de la Chine est équivalente à celle de toute l’Amérique Latine, même plus grande en terme de production industrielle; et si nous la comparons avec les économies de l’Asie Orientale, alors nous pouvons dire que l’économie Chinoise est équivalente à celle de toute le reste de l’Asie Orientale. De plus, durant la dernière décennie, beaucoup de capitaux en venant s’investir en Chine, permirent à son économie de croître à une vitesse alléchante et de devenir la deuxième plus grande économie mondiale. Si cela est vrai, il serait étrange que les Etats-Unis n’essayent pas de cibler la Chine pour le troisième resserement.

Si cette évaluation est juste, alors, à partir de 2012, depuis le différent sino-japonais es îles Diaoyu et le différent sino-philippin des îles Huangyan, les différents au voisinage de la Chine s’accumulent les uns après les autres, jusqu’à l’année dernière [2014, ndlt] avec l’affrontement sino-vietnamiens au sujet du puit ‘981’ et plus récemment le mouvement ‘Occupy Central’ à Hong Kong. Est-il possible que l’apparition sucessive de tous ces évènements soit encore perçue comme fortuite? Au mois de mai de l’année dernière [2014, ndlt], lorsque j’accompagnai le Général Liu Yazhou, commissaire politique pour l’Université de la Défense Nationale, à Hong Kong pour un voyage d’étude, le mouvement ‘Occupy Central’ était déjà en train d’infuser et aurait déjà pu démarrer à la fin du mois de mai. Néanmois, il ne démarra pas fin mai, ni fin juin ou juillet, ni même août. Quelle était la raison? Qu’attendait donc ce mouvement en train d’infuser? Comparons avec le déroulement d’un autre évènement: le calendrier de sortie du QE [Quantitative Easing, ndlt] de la Fed. Plus tôt l’année passée [2014, ndlt], les Etats-Unis anoncèrent qu’ils allèrent arrêter leur QE. A ce moment, ils étaient encore en train d’émettre beaucoup de Dollars et ainsi le Dollar ne pouvait pas s’affermir, et donc le mouvement ‘Occupy Central’ à Hong Kong ne démarra pas. Les calendriers des deux évènements se superposent totalement. Fin Septembre de l’année dernière [2014, ndlt], la Fed annonça finalement le retrait du QE US, et le taux de change du Dollar commença à se raffermir à partir du mois d’octobre – et alors le mouvement ‘Occupy Central’ débuta. En fait, les îles Diaoyu, l’île philippine de Huangyan [philippine? vraiment, pas chinoise? Intéressant…, ndlt], le forage du puit 981, et le mouvement ‘Occupy Central’ à Hong Kong constituent quatre situations explosives. Si n’importe laquelle de ces quatre explosait, cela conduirait à une crise financière régionale, ce qui signifirait que les régions autour de la Chine ne sont plus bonnes pour investir. Ceci satisferait entièrement la condition de base du modèle de revenu du Dollar: “lorsque le taux de change du Dollar devient plus fort, de nouvelles zones de crises régionales doivent apparaître; cette détérioration des conditions propices aux investissements dans la région force un grand nombre d’investisseurs à retirer leur capitaux”. Mais malheureusement pour les américains, cette fois-ci, ils eurent affaire aux chinois comme adversaires. Le peuple chinois utilisa la méthode du taijiquan [un art martial chinois pratiquée à la fois pour sa formation de la défense et de ses avantages pour la santé, ndlt] pour résoudre l’une après l’autre les crises dans son voisinage. Jusqu’à présent, le résultat espéré par les américains – que l’eau chaude à 99°C augmente sa température d’un degré fatidique – n’a pas réussi à aboutir; l’eau ne bouille pas encore.

Si l’eau ne bouille pas, la Fed devra tenir sa promesse d’augmenter les taux d’intérêt. Il semble que les Etats-Unis commence à réaliser qu’il nest pas si facile de tondre la laine chinoise, néanmoins ils n’ont pas l’intention d’attendre aux alentours. En même temps qu’ils faisaient la promotion du mouvement ‘Occupy Central’ à Hong Kong, l’approche à plusieurs volets des Etats-Unis commença à se déployer dans d’autres régions. Lesquelles? L’Ukraine, où l’Union Européenne rencontra la Russie. L’Ukraine sous la direction de Viktor Yanukovych, n’était bien sûr pas l’oeuf parfait, et les mouches purent le remplir d’asticots. Les Etats-Unis ne convoitaient pas uniquement l’Ukraine car il s’agissait d’un oeuf pourri, mais également car il était bon de combattre Yanukovych, un politicien désobéissant, et de bloquer un rapprochement entre l’UE et la Russie. S’en prendre à l’Ukraine pouvait également contribuer à empirer le climat des investissements en Europe – l’objectif idéal étant de tuer trois oiseaux avec une seule pierre. Donc une ‘révolution colorée’ ukrainienne apparemment spontanée éclata, et le but des américains fut obtenu au-delà toutes leurs attentes ou de quiconque sur terre: L’homme fort de la Russie, Vladimir Poutine, saisi l’opportunité pour récupérer la Crimée. Bien que cette décision ne faisait pas partie des plans américains, elle leur donna une raison de mettre sous pression l’Union Européenne et le Japon, en les forçant à prendre des sanctions contre la Russie, ce qui mis sous grande pression à la fois les économies Russes mais également européennes.

Pouquoi les américains devaient-ils agir ainsi? Souvent l’on observe une situation sous l’angle géopolitique, plutôt que sous l’angle des capitaux. Après la crise en Ukraine, les relations de la Russie avec l’Europe et l’Amérique se détèriorèrent rapidement, cependant les sanctions occidentales contre la Russie créèrent un climat d’investissement défavorable en Europe, conduisant à des retraits de capitaux. Selon les statistiques, plus d’un trillion de Dollar de capitaux ont quitté l’Europe [quelle source?, ndlt]. Le dessein américains à deux volets avait fonctionné. Il s’agissait, s’ils étaient dans l’impossibilité de faire refluer les capitaux de la Chine vers les Etats-Unis, d’au moins obtenir un retrait (partiel) des capitaux d’Europe vers les USA. C’était le but de la première étape, d’obtenir un changement dramatique de la situation en Ukraine. Cependant la deuxième étape ne fonctionna pas comme attendu par les USA. Les capitaux retirés d’Europe n’allèrent pas s’investir aux USA, selon les statistiques, mais ils dirigèrent vers Hong Kong. Ce qui signifiait que les investisseurs internationaux ne sont toujours pas optimistes au sujet du rétablissement économique américain. Bien que sa croissance ne ralentisse, ils recherchent toujours à être exposé au pays dont le taux de croissance est le plus rapide: la Chine.

C’est le premier point. Le second est que le gouvernement chinois a anoncé l’année passée son intention d’ouvrir un peu plus la Chine aux investisseurs étrangers via l’initiative “Shanghai-Hong Kong Stock Connect“ [La version anglaise indique “Shanghai and Hong Kong communication “, mais ce terme n’existe pas. Nous lui substituons “Shanghai-Hong Kong Stock Connect “, le nom d’une plateforme boursière permettant aux investisseurs étrangers de jouer sur les bourses chinoises tout bénéficiant d’un régime de contrôle des changes allégés, cf. http://www.bloomberg.com/company/announcements/new-investment-opportunities-shanghai-hong-kong-stock-connect/. Vraissemblablement cette plateforme aurait été utilisé en juin par des investisseurs occidentaux pour ventre massivement à découvert les marchés actions de Shanghai et Shenzen et provoquer la colère des autorités chinoises, ndlt]. Les investisseurs internationaux espèrent donc avidement s’enrichir via ce moyen. L’intérêt de cette initiative est le contrôle très strict du taux de change de la monnaie chinoise – l’argent est libre de rentrer, mais il ne peut ressortir facilement – en conséquence, les investisseurs sont généralement effrayés d’investir dans le marché action chinois. L’initiative “Shanghai-Hong Kong Stock Connect” offre une plateforme aux investisseurs pour investir dans le marché chinois des actions via Hong Kong [bien que récemment rattaché à la Chine, les règles applicables en Chine continentale ne s’appliquent pas à Hong Kong pour les matières financières, ndlt], et le retirer quand bon leur semble, une fois leur profit atteint [Il est drôle le Général! Comme si la bourse était un casino où l’on gagne à chaque fois… Un peu comme la bourse de Shanghai jusqu’en mai/juin 2015!, ndlt]. Plus d’un trillion de Dollars se sont accumulés à Hong Kong depuis septembre dernier [2014, ndlt], lorsque le mouvement “Occupy Central” débuta. C’est pourquoi les forces derrière le mouvement “Occupy Central” ont toujours refusé d’abandonner et sont toujours revenues: Les américains doivent créer une crise régionale visant la Chine, afin que les capitaux déployés à Hong Kong soient retirés hors de Chine et redirigés vers l’économie américaine.

Pourquoi l’économie américaine a-t-elle donc besoin et dépend-t-elle si fortement des flux de capitaux? La raison est la suivante: après le découplage Or-Dollar du 15 août 1971, l’économie US abandonna progressivement la production manufacturière et quitta l’économie des bien réels [pour se financiariser à outrance, ndlt]. Les américains considèrent l’économie réelle – fabrication bas-de gamme, industries à faible valeur-ajoutée – comme des indutries poubelles et les appellent “industries du soleil couchant”. Graduellement, ces activités ont été transférées de chez eux vers les pays en voie de développement, spécialement la Chine. Qui plus est, à côté des industries dites de hautes-technologies comme IBM, Microsoft, et autre compagnies, l’Amérique a orienté progressivement environs 70% des emplois dans la finance et les services financiers. Maintenant que les Etats-Unis sont devenus un désert industriel et il ne leur reste plus beaucoup d’industries pouvant fournir de larges profits aux investisseurs internationaux. En conséquence, les américains ont ouvert une autre porte, celle de l’économie virtuelle. L’économie virtuelle est composée de ces trois marchés mentionnés précédement. Aussi longtemps que les capitaux internationaux affluent dans la mare constituée par ces trois marchés, cela génère de la monnaie pour les besoins monétaire propre de de l’Amérique. Autrement dit, ils escroquent le monde en mettant à leur profit l’argent gagné par l’activités productives des autres pays. Actuellement, c’est le seul moyen qu’on les américains pour vivre. Nous appellons cela l’ “American Way of Life” [comprendre “l’impérialisme anglo-américain”, une économie néo-coloniale de pillage, ndlt]. L’approche choisie par les USA nécéssite le retour de beaucoup de capitaux vers les USA afin de supporter les besoins quotidiens des américains et de l’économie US. Ceux qui bloquent le retour des capitaux vers les USA sont appellés par ces derniers les ennemis de l’Amérique. Nous devons comprendre cela et avoir l’esprit clair à ce sujet.

Deuxièmement, de qui le fromage a été déplacé par la montée rapide de la Chine?

1 Pourquoi la naissance de l’euro a-t-elle provoquée une guerre?

Le 1er janvier 1999 naquit l’Euro. Trois mois plus tard, la guerre du Kosovo se déclenchait. Beaucoup de gens pensèrent que la guerre au Kosovo survint parce que les Etats-Unis et leurs forces jointes de l’OTAN combattirent le régime de Milosevic, qui avait massacré les albanais ethniques vivant au Kosovo, créant ainsi un désastre humanitaire effroyable [Sur ce sujet, lire absolument l’ouvrage de Bernard Wicht intitulé “L’OTAN attaque”, ndlt]. Après la guerre, le mensonge éclata rapidement, et les américains admirent qu’il s’agissait d’une action menée par la CIA et les médias occidentaux dans le but de frapper le gouvernement yougoslave. Cependant, est-ce que la guerre du Kosovo était vraiment dirigée contre la Yougoslavie? Les européens pensent majoritairement que c’était le but, mais après 72 jours de guerre, les européens se rendirent compte qu’ils avaient été roulé dans la farine. Pourquoi?

Lors du lancement de l’Euro, les européens étaient très confiants. Ils fixèrent le taux de change de l’euro-dollar à 1.07. Lorsque la guerre au Kosovo éclata, les européens furent pleinement impliqués dans l’action de l’OTAN, supportant l’attaque américaine au Kosovo. Après 72 jours de bombardement, le régime de Milosevic s’écroula et ce fut la fin de la Yougoslavie. Une fois que tout fut terminé, les européens se rendirent compte que quelque chose clochait. Durant les 70 jours de guerre, l’Euro s’était paralysé. Une fois la guerre terminée, il avait perdu 30% à $0.82 pour un Euro. Soudainement les européens réalisèrent qu’ils avaient été vendus, et qu’une fois de plus ils avaient été dupés [litt. “ils avaient compté les billets pour quelqu’un d’autre”, ndlt] et ils commencèrent à se réveiller. C’est pourquoi lorsque les Etats-Unis décidèrent d’aller combattre en Afghanistan, la France et l’Allemagne – les deux puissances de l’UE – s’opposèrent fermement à la guerre.

Certains disent que les démocraties occidentales ne se combattent pas entre elles. Jusqu’à présent, depuis la fin de la deuxième Guerre Mondiale, il n’y a pas eu de conflit armés directs entre pays occidentaux [Merci à l’Union Soviétique & Joseph Staline pour tout le bien qu’ils nous ont involontairement prodigués!, ndlt], mais cela ne veut pas dire qu’il n’y eut pas de guerres économiques ou financières entre eux. La guerre du Kosovo fut une guerre financière indirecte lancée par les américains contre l’Euro, le combat fut mené contre la Yougoslavie mais la douleur fut ressentie par l’Euro. La raison est que la naissance de l’Euro enlevait le pain de la bouche au Dollar [p.ex. l’érosion de la place du dollar dans le panier de devises DTS du FMI depuis 2000, ndlt]. Avant la naissance de l’Euro, la devise monétaire mondiale de réserve était le Dollar US, et il était utilisé pour environs 80% des règlements internationaux – encore de nos jours, le Dollar US est utilisé pour 60% de ces règlements. L’émergence de l’Euro réduit soudain la part du gateau pour le Dollar US [La version anglaise fait référence au fromage, pas au gâteau, ndlt]. L’économie européenne compte pour $27 trillions, et son apparence jeta soudainement une ombre sur la plus grande économie mondiale, celle de la zone de libre échange Nord Américaine ($24-25 trillions). En tant que grande économie, l’Union Européenne ne pouvait certainement pas se satisfaire que le Dollar soit utilisé pour le règlement de ses transactions commerciales internes, à cette fin les européens décidèrent de lancer leur monnaie propre, l’Euro. L’apparition de l’Euro, diminua d’environs un tier les opérations commerciales règlées en Dollar [Digression: serait-ce un facteur explicatif pour la bulle financière sur les valeurs internet et bio-technologiques qui apparut au même moment? – les eurodollars ne trouvant plus de place en Europe revinrent s’investir aux USA qui n’avaient pas assez d’opportunités d’investissements solvables, d’oú bulle financière en 2000?, ndlt], et plus tard jusqu’à 23% des transactions commerciales internationales se sont règlées en Euro à la place du Dollar [voir positionnement de l’Euro dans le panier DTS, ndlt]. Les américains n’avaient pas été assez vigilants lorsque les européens commencèrent à discuter du lancement de l’Euro, mais plus tard ils réalisèrent que sous l’apparence de l’Euro se cachait un challenge pour la suprématie du Dollar et qu’il était un petit peu trop tard pour empècher son avènement [pas tout en fait: ils firent pression pour que la zone Euro accepte un passager clandestin – un cheval de Troie grec, en fait une bombe à retardement – aidé par Goldman Sachs pour falsifier leur ticket d’entrée pour le malheur de tous. La suite est connue, ndlt]. les Etats-Unis retenirent la leçon, et si d’une main ils contiennent l’UE et l’Euro, de l’autre ils cherchent à contenir d’autres challengers [la Chine, bien sûr!, ndlt].

1 Que cherche à rééquilibrer l’Amérique avec son “Asia-Pacific strategic rebalancing”?

La montée de la Chine fait de nous le nouveau challenger. Les différents de 2012 sur les îles Diaoyu et les îles Huangyan sont les derniers essais effectués par les Américains pour empêcher le succès de leur challenger. Les deux crises se déroulèrent dans les régions géopolitiques avoisinant la Chine, et bien qu’elles échouèrent, elles causèrent la sortie de Chine de beaucoup de capitaux, et donc elles permirent aux Américains d’atteindre partiellement leur buts et de créer deux problèmes. Au début 2012, Les négotiations Chine-Japon-Corée sur le traité de libre échange trilatérale de l’Asie du Nord-East [‘trilateral Northeast FTA’. Par la suite nous utilisons l’abréviation anglaise ‘FTA’ ou ‘Free-Trade Agreement pour se référer au traité de libre-échange, ndlt] s’achevèrent par un succès; en avril suivant la Chine et le Japon aboutirent à un accord préliminaire sur la devise japonaise et les échanges d’obligations [obligations de dettes souverraines, ndlt]. Mais dès ce moment, les différents sur les îles Diaoyu et Huangyan apparurent les uns après les autres, et tout à coup les négotiations sur le FTA trilatérale pour l’Asie du Nord-Est et l’accord sur les échanges de devises japonaises [‘Japanese currency swaps’, la Chine tente d’internationaliser le Yuan en signant des accords d’échanges de devises avec ses partenaires de façon à éviter l’utilisations du Dollar US comme monnaie de règlement, ndlt] avaient été emporté avec le vent. Après plusieurs années de discussions, les négotiations bilatérales Chine-Corée du Sud ont à peine été complétées [et officiellement annoncées en juin 2015, http://thediplomat.com/2015/06/its-official-china-south-korea-sign-free-trade-agreement/, ndlt]. Néanmoins le contenu de ce traité diffère significativement du projet initial de FTA pour l’Asie du Nord-Est et a une importance moindre. Pourquoi cela? Parce que une fois les négotiations du FTA Chine-Japon-Corée couronnée de succès, l’accord aurait inclus la Chine, le Japon, la Corée, Hong Kong, Macao, et Taiwan dans une même zone de libre échange [et donc les Dollar US aurait été exclu pour les règlements des opérations commerciales entre états membres via des accords bilatéraux d’échanges de devises négociés en marge des FTA, ndlt]. Un FTA Nord-Est Asiatique aurait signifié la création d’une zone rassemblant la troisième économie mondiale, un géant de taille mondiale d’environs 20 trillions de dollars [en attendant de se libérer définitivement de l’impérialisme américain, Qiao Liang compte encore en dollar US… L’impérialisme ça commence d’abord par nos propres représentations mentales…, ndlt] [La partie qui suis est assez déroutante: Mégalomanie ou intox? D’un côté, les éléments démontrant que ces propos aient été effectivement tenu par leur auteur présumé manquent… et puis cette manie de compter en dollar, ça ne colle pas avec un personnage obsédé par l’internationalisation de sa monnaie nationale, le RMB. De l’autre côté, un tel discours fait froid dans le dos. Admettons qu’il soit authentique: voilà qui illustre les limites morales de Qiao Liang qui a pourtant démontrer sa claivoyance extraordinaire dans son ouvrage précédent. Pourquoi ne pas demander directement à devenir le 51ème états de Etats-Unis tant qu’il y est? Ce serait le plus grand Empire que la terre ait connu et cela nous épargnerait ses gueguerres non-conventionelles… Ceci illustre que la Chine ne conteste absolument pas le Nouvel Ordre Mondial mis en place par les USA… à la condition qu’il lui profite. Eventuellement elle pourrait considérer partager les lieux qu’elle ne considère pas comme sa zone économique exclusive. Ca n’a pas l’air d’effleurer l’esprit de Qiao Liang qu’une telle mégalomanie puisse terroriser les voisins de la Chine. En même temps, le monde a laissé les USA atteindre cette situation, en rendre 50% à la Chine, ne serait-ce pas une forme de justice sociale? La perspective du pouvoir rend fou! Finalement: si ce discours effraie dans la bouche d’une général communiste rouge, il devrait également nous effrayer dans la bouche d’un général capitaliste bleu… TAFTA/TIPP pour l’Europe c’est en 2015! Cette mentalité impérialiste tant à l’Ouest qu’à l’Est n’augure rien de bon, ndlt]. Une fois le FTA Nord-Est Asiatique mis en place, il aurait été rapidement étendu vers le sud pour intégrer la zone de libre échange de l’Asie du Sud-Est et constituer une zone de libre échange East-Asiatique abritant une économie de plus de 30 trillions de Dollar US. Cet espace aurait constitué la première économie mondiale, plus grande que l’UE et l’Amérique du Nord. Nous pourrions continuer et spéculer que cette zone de libre-échange Est-Asiatique aurait continué de s’étendre à l’Inde au sud-ouest et également le nord pour intégrer les cinq républiques d’Asie Centrale, puis de continuer à étendre la zone vers l’Ouest pour intégrer le Moyen Orient, de sorte à obtenir une zone de libre échange Asiatique soit qui attendrait une taille de plus de 50 trillions de Dollar US, plus que l’UE et l’Amérique du Nord réunies. Si une telle zone de libre échange devait apparaître, voudrions-nous toujours utiliser l’Euro et le Dollar US comme moyen de règlement pour les transactions commerciales internes à a la zone de libre échange? Bien sûr que non. Cela signifie qu’une Dollar Asiatique pourrait naître [Hypothèse: se pourrait-il qu’une erreur de compréhension du preneur de note ait altéré dramatiquement le sens de l’exposé? Le cours avance, l’étudiant se fatigue… Y aurait-il eu un problème de traduction où une omission de quelques phrases dans la traduction anglaise. Difficile de dire, si ce n’est qu’un tel discours est maladroit et dessert les objectifs stratégiques de la Chine: De victime, la voilà qui se revendique en bourreau de ses voisins… Etrange. Néanmoins, il faut reconnaître la nécessité pour la Chine de réagir aux projets de zone de libre-échange tout aussi mégalo en provenance des USA avec leur projet TAFTA/TIPP et TSEPP/TPP, ndlt].

Si une FTA Asiatique doit émerger, nous pouvons uniquement promouvoir l’internationalisation du RMB et permettre au Yuan [RMB ou Yuan, même monnaie, ndlt] de devenir la monnaie asiatique dominante, comme le dollar devint la devise lourde de l’Amérique du Nord, et plus tard la monnaie de référence pour les flux de marchandises échangées dans le monde. La signification de l’internationalisation du RMB va au-delà de ce que nous disons à propos du RMB: sortir [de Chine, ndlt] et jouer un rôle dans la politique “One Road, One Belt”, etc. Cela diviserait le monde avec le Dollar US et l’Euro. Le peuple chinois peut le voir, est-ce que les américains le verront-ils? Lorsque les américains anoncèrent un rééquilibrage à l’Est, ils poussèrent le Japon sur [le différents des…, ndlt] les îles Diaoyu et ils se disputèrent avec la Chine pour encourager les Philippines dans la confrontation au sujet des îles Huangyan. Si nous avons une vision courte, la dispute au sujet des îles Diaoyu commença après que l’Extrême-Droite japonaise “acheta les îles” et le différent avec les Philippines débuta lorsque le Président philippin Corazon Aquino se laissa aller à générer des problèmes avec la Chine. Mais ce que nous omettons c’est le dessein américain d’empêcher le RMB de devenir un challenger pour le dollar. Les américains savaient très bien ce qu’ils faisaient car ils savaient qu’ils ne pouvaient pas permettre cette chose de se reproduire [comme avec l’Euro]. Si la FTA Nord-Est Asiatique avait été formée, elle aurait eu comme effet domino de diviser le monde en trois. S’il ne reste qu’un tier des monnaies globale aux mains des USA, comment la devise américaine pourrait-elle maintenir sa dominance? Serait-il possible à des Etats-Unis vidés de leur puissance monétaire de rester un leader mondial? Si nous voulons comprendre ce point, nous devons voir pourquoi derrière tous les troubles arrivés récemment à la Chine il y a l’ombre des Etats-Unis. C’est pour cela que les USA doivent penser à plus long-terme que nous, qu’ils doivent percevoir les choses plus profondément pour empêcher en premier lieu l’avènement du “péril” Chinois, et donc toujours nous apporter des troubles. C’est la raison fondamentale pour laquelle les USA mettent en place sa stratégie de rééquilibrage Asie-Pacifique. Que cherchez-vous à rééquilibrer exactement? Est-ce réellement pour essayer de rééquilibrer la Chine et le Japon, la Chine et les Philippines, ou encore la Chine et d’autres pays? Bien sûr que non, le but est de déséquilibrer la dynamique de la puissance émergente d’aujourd’hui, la Chine.

Troisièmement, le secret est que les soldats américains se battent pour le Dollar US.

1. La Guerre en Irak et la monnaie utilisée pour rapporter les transaction en pétrole

[Une autre collision avec l’actualité: la Chine est sur le point de démarrer un marché à terme ou “Futures” pour le pétrole brut. Le contract sera régler en RMB/brl sur une nouvelle plateforme financière appellée Shanghai International Energy Exchange (INE). Les opérateurs de marché sont tenus d’envoyer leur commentaires publics à INE avant le 22 septembre 2015, ce qui sous-entend un démarrage des quotations avant la fin 2015 (http://www.ine.cn/English/announcements_detail_12.html). Assistons à la fin du mythique pétro-dollar?, ndlt]

Tout le monde reconnait que le pouvoir de l’Amérique repose sur trois pilliers: la monnaie, la technologie et le militaire. En fait, nous observons aujourd’hui que les pilliers réels des USA sont monétaires et militaires, et la fonction de l’Armée Américaine est de soutenir leur monnaie. Conduire des guerres sur toute la planète consomme de l’argent, mais les militaires US continuent de combattre malgré cela. Si ces activités guerrières coûtent de l’argent d’un côté, de l’autre, elles rapportent également de l’argent, ce que les autres pays ne peuvent achever. Seuls les Etats-Unis peuvent gagner beaucoup à travers la guerre, bien que les Etats-Unis s’y soient parfois brûler les doigts.

Pourquoi combattirent les Américains en Irak? Un mot vient à l’esprit de la plupart des gens: le pétrole. Est-ce que réellement les américains partent en guerre pour le pétrole? Certainement pas. Si les américains partaient en guerre pour le pétrole, alors n’ont-ils pas pris un seul barril de pétrole d’Irak depuis leur victoire? De plus les prix du pétrole sont passés de $38 par barril avant la guerre à $149 par barril après la guerre Le peuple américain n’obtint pas des prix bas pour le pétrole suite à l’occupation de l’Irak par son armée. Par conséquent, l’enjeu de la guerre US en Irak n’était pas le pétrole, mais le Dollar.

Pourquoi me demanderez-vous? La raison est très simple. Pour contrôler le monde, les Etats-Unis ont besoin que le monde utilise des Dollars. A cet effet, les américains ont effectué une manoeuvre très habile en 1973: ils lièrent le dollar et le pétrole en forçant le pays leader de l’OPEP, l’Arabie Saoudite, à mener ses transactions de ventes internationales de pétrole en Dollars. Si vous comprennez que les transactions de pétrole au niveau international se font en Dollars, vous pouvez comprendre pourquoi les américains se battent pour le pétrole. Une conséquence directe de la guerre dans les pays producteurs de pétrole fut l’explosion des prix du pétrole et une explosion des prix du pétrole signifie une augmenttion explosive de la demande en Dollars [pour effectuer les transactions, ndlt]. Avant [la deuxième Guerre d’Irak, ndlt], avec $38 il était possible en théorie d’acheter un barril de pétrole à une compagnie pétrolière. Avec la guerre, les prix du pétrole brut ont plus que quadruplé, pour atteindre $149. $38 ne permettaient plus que d’acheter un quart de barril de pétrole. Pour les trois-quart restant, il manque encore 100 dollars. Que faire alors? La seule solution consiste à aller voir les américains pour leur vendre vos propres produits et resources naturelles, de les leur livrer afin de recevoir en retour des Dollars Américains. A partir de ce moment, le gouvernement US peut faire imprimer en toute confiance, ouvertement et de façon justifiée plus de Dollars. C’est à travers la guerre – la guerre contre [pour et contre en même temps!, ndlt] les pays producteurs de pétrole générant à son tour des prix du pétrole brut élevés – que les USA créèrent une demande supplémentaire de Dollars.

La guerre américaine en Irak avait plus d’un seul objectif unique. Il s’agissait d’abord de maintenir la domination du Dollar. Pourquoi est-ce que le [Président Américain, ndlt] George W. Bush insista pour une guerre en Irak? Maintenant nous pouvons voir clairement que [le Président, ndlt] Saddam [Hussein, ndlt] ne soutenait ni le terrorisme, ni al-Qaeda, de même il ne cherchait pas non plus à déveloper des armes de destructions massives. Pourquoi est-ce que [le Président, ndlt] Saddam [Hussein, ndlt] fut finalement envoyé à la potence? [le Président, ndlt] Saddam [Hussein, ndlt] se croyait malin et joua avec le feu avec les super-puissances. Lors du lancement officel de l’Euro en 1999, Saddam Hussein saisit l’opportunité pour faire jaillir des étincelles avec le Dollar et l’Euro – les Etats-Unis et l’Union Européenne – et il se précipita pour annoncer que les transactions de pétrole irakien pourrait être règlée en Euro. C’est ce qui mis en colère les américains, et déclencha une réaction en chaine. Le Président de la Russie, Vladimir Poutine, le Président de l’Iran, Mahmoud Ahmadinejad , ainsi que le Président du Vénézuela, Hugo Chavez, anoncèrent également à leur tour que les exportations de pétrole de leur pays pourraient être dorénavant réglées en Euro. N’était-ce pas un coup de poignard dans le dos des américains? Certaines personnes pensent que cela va chercher trop loin et que cela ne rendait pas obligatoire une guerre en Irak. Alors, prêtez attention à l’argument suivant: Qu’ont fait les américains après avoir remporté l’Irak? Avant même de se saisir de Saddam Hussein, les américains mirent sur place un gouvernement provisoire dont le premier décret fut de déclarer que dorénavant les exports de pétrole irakien seraient règlés uniquement en Dollar US et plus en Euro. C’est la raison pour laquelle les américains se battent pour le Dollar US [Avec HongBing Song et maintenant, Qiao Liang, la Chine est en bonne position pour remporter haut la main le titre de champion du monde de complotisme et de faire tousser les journalistes du FT!, ndlt].

1 La Guerre Afghane et le surplus du compte de capital US

[Pour en savoir plus sur le vocabulaire inhérent à la balance des paiements d’un pays: https://fr.wikipedia.org/wiki/Balance_des_paiements, ndlt]

Certains diront que la guerre en Irak afin de défendre [‘se battre pour’, ndlt] le dollar US est compréhensible, mais qu’en Afghanistan il n’y a pas de pétrole, suggérant que la guerre en Afghanistan aurait pu être combattue pour d’autres raisons que pour le Dollar US. De plus la guerre en Afghanistan fut la conséquence directe du ’11 Septembre’, lorsque les Etats-Unis voulurent exercer des représailles sur al-Qaeda et les Talibans qui soutenaient ce mouvement terroriste. Mais est-ce vraiment le cas? La guerre en Afghanistan débuta un mois après ‘9/11’ – Il y avait beaucoup de précipitation dans la planification de cette opération. Après un certain temps, les USA tombèrent à court de missiles de croisière, mais la guerre ne s’arrêta pas. Le Pentagone ne put qu’ordonner d’ouvrir les abris contenant leur armes nucléaires, de retirer les 1,000 ogives nucléaires des missiles de croisière et de les faire remplacer par des ogives conventionelles… Alors seulement ils purent lancer 900 missiles supplémentaires et battre l’Afghanistan. C’est la preuve ultime que leur préparatifs étaient très inadéquats, et dans ce cas, pourquoi diable les américains se sont-ils précipités dans la bataille?

Les américains ne pouvaient pas attendre plus longtemps. Au début du XXI° siècle, les Etats-Unis étaient un pays vidé de sa substance industrielle et avait besoin de $700 milliards par an de flux entrant net pour survivre. Mais un mois après ‘9/11’, le climat d’investissement aux USA s’était très nettement déterioré atteignant un niveau d’angoisse et d’anxiété jamais ressentit précedemment. Peut importe leurs forces, si les USA n’étaient pas capables de garantir leur sécurité, comment garantir aux investisseurs que leurs ‘produits financiers’ étaient également sûrs? Résultat, plus de $300 milliards d’argent chaud quitta les Etats-Unis. Cela força les USA à débuter une guerre aussi vite que possible. La guerre devait servir non seulement à punir les talibans et al-Qaeda, mais également à regagner la confiance des investisseurs internationaux. Lorsque le premier missile de croisière explosa à Kaboul, le Dow Jones rebondit de 600 points en un jour, les capitaux sortis précédement commencèrent à refluer aux USA. Ceci ne prouve-t-il pas que la guerre en Afghanistan était avant tout pour le Dollar et les capitaux?

3. Pourquoi les porte-avions ont-ils cédé la place à des systèmes de frappe globale rapide?

[Timing is everything: Suite à la publication de cette allocution en juillet, et de ce paragraphe sur l’obsolescence du porte-avions en tant que système d’arme, la Chine dévoilera au public un nouveau type de missiles ‘tueurs de port-avions’ comme rapporté par l’AFP le 3 septembre 2015. La mode revient au missile ballistique… modernisé pour être capable de passer à travers des systèmes anti-missiles en se déplaçant à des vitesses supérieures à 3500km/h. Notez les similitudes entre Chine et Russie: déploiement de nouveaux types d’armements stratégiques ‘vraiment’ dissuasif’ car sensés être immunisés contre les systèmes anti-missiles modernes – comprenez ‘US’ – et quasi simultanément des mesures financières visant à la dédollarisation de leur zones économiques ‘exclusives’. Ces deux pays avancent leur agenda stratégique en s’appuyant tantôt sur la jambe militaire, tantôt sur la jambe monétaire. L’une servant de bouclier à l’autre. Peu après l’annonce sur le déploiement d’un nouveau type de missile ballistique en juin 2015, le Président Vladimir annonça l’intention de la Russie de diminuer la part du Dollar et de l’Euro dans la zone de libre-échange Russie-Biélorussie-Kazakhstan. Qiao Liang a sûrement applaudit, ndlt]

Beaucoup de gens ayant étudié l’histoire et le rôles des porte-avions anticipent avec impatience que la Chine développe ses propres capacités aéro-navales. Avec le Liaoning [nom du premier porte-avion chinois entré en fonction; à l’origine un porte-avion soviétique modernisé dans la province chinoise de Lianoing d’où il tire son nom, ndlt], la Chine s’est précipitée dans le dernier train pour acquérir un porte-avions. Bien que le porte-avions reste aujourd’hui un symbole de puissance pour les pays qui en ont les moyens, il ne reste qu’un symbole et rien de plus. Alors que l’économie globalisée se focalise de plus en plus sur les technologies financières, le rôle des porte-avions diminue progressivement. Le porte-avions était un produit de son temps. L’Empire Britannique lorsqu’il atteint le sommet de sa puissance, promut la globalisation du commerce pour vendre ses biens manufacturés au monde et obtenir des ressources naturelles en retour. Il avait besoin d’une marine solide pour assurer la fluidité des voies maritimes. C’était l’époque où la “logistique était reine”: s’assurer le contrôle des flux de resources et des produits sur la mer signifiait s’assurer le contrôle des flux de richesses mondiales. Mais le monde a changé et ce monde d’aujourd’hui est rentré dans l’ère où les “capitaux sont rois“. Des milliards, des centaines de milliards, voire des milliers de milliards de capitaux s’écoulent d’un endroit à un autre chaque seconde juste en pressant quelques touches sur le clavier d’un ordinateur. Bien sûr un porte-avions naviguant sur les océans à la ‘vitesse de la logistique’ sera incapable d’égaler la vitesse à laquelle s’écoulent les capitaux et de les contrôler.

Aujourd’hui, quelles sont les alternatives? Est-il possible d’égaler l’agilité, le volume et la vitesse avec lesquels s’écoulent les flux de capitaux sur internet? Les américains ont développé un énorme système global de combat rapide: en utilisant des missiles ballistiques et des avions se déplaçant cinq fois voire dix fois plus rapidement qu’un missile de croisière supersonique, ils sont en mesure de frapper rapidement tout emplacement à forte concentration en capitaux. Actuellement, les USA revendiquent être en mesure de frapper n’importe quelle partie du monde en moins de 28 minutes. Aussi, peut importe où se concentrent les capitaux, ils peuvent les frapper. Si les Etats-Unis ne souhaitent pas laisser des capitaux se concentrer dans un endroit particulier, il leur suffit de tirer un missile et le problème est réglé en moins de 28 minutes chrono. Et une fois que le missile s’est abattu sur sa cible, les capitaux peuvent encore être tranquillement retirés. C’est la raison pour laquelle un système global de combat rapide va remplacer les porte-avions. Bien sûr, le porte-avions du futur aura toujours des rôles irremplaçables, comme la protection des voies maritimes et le sécurité de la navigation, des missions humanitaires, etc., car le porte-avions constitue une bonne plate-forme offshore. Mais comme arme pour contrôler les flux de capitaux dans le futur, il sera beaucoup moins performant que des systèmes de frappe globlal.

Quatrièmement, le “Air and Sea Battle”: Un nœud gordien pour les Etats-Unis

Lorsque les américains contemplèrent l’utilisation de moyens militaires pour traiter le risque de l’émergence de la Chine, ils proposèrent un concept nommé “bataille aéro-navale” [“Air and Sea Battle”, ndlt]. Je pense que cette doctrine reste un dilemme intraitable pour les Etats-Unis. La question de l’utilisation de la doctrine de “bataille aéro-navale” contre la Chine a été soulevé durant un sommet conjoint des forces aériennes et navales américaine en 2010. La stratégie reflète principalement le fait que l’armée américaine est affaiblie aujourd’hui. Les forces américaines ont toujours pensé qu’il serait possible de recourir à des frappes aériennes ou navales contre la Chine. Dorénavant ce n’est plus possible [voir les nouveaux missiles ballistiques tueurs de porte-avions chinois présentés au public en date du 3 septembre 2015, ndlt], pour les États-Unis d’employer leurs forces aériennes ou navales à leur avantage contre la Chine; une telle attaque conjointe par l’air et par la mer pourrait au mieux leur fournir un certain avantage sur la Chine. Plus récemment, cette doctrine discutée par les forces armées US en 2010 a changé tout à coup de nom, et rebaptisée en “concept de la participation globale commune et la mobilité conjointe/articulée” [impossible à traduire de façon intelligible dans l’état de mes connaissances actuelles; on espère qu’ils se comprennent, ndlt].

Dans ce concept articulé d’opérations aériennes et navales, les américains pensent qu’il n’y aura pas de guerre entre les deux pays durant les dix prochaines années. Selon une étude américaine sur les dévelopements militaires chinois, les américains pensent que les capacités US existantes ne sont pas suffisantes pour compenser certains des avantages militaires chinois. Cela siginifie que les américains pourraient planifier une guerre contre la Chine dans dix ans. Bien que cette guerre pourrait ne pas avoir lieu, nous devons nous y préparer. Si la Chine ne veut pas une guerre dans les dix prochaines années, nous devons tenir nos affaires en ordre, ce qui inclut la préparation militaire et la guerre.

Cinquièmement, la signification stratégique de “One Belt, One Road” 

Considérons la passion des américains pour les sports: il y a d’abord le basketball et en second la boxe. La boxe reflète typiquement le style défendu par les américains: avancer en ligne droite, la victoire par KO (knockout), et tout est clair. La Chine, par contraste, préfère ce qui est flou et mou, et nous ne cherchons pas à vous sonner, à la place nous voulons résoudre et comprendre toutes vos actions. [En comparaison avec les américains, ndlt] Le peuple chinois préfère pratiquer le taiji, qui est en fait un art supérieur à la boxe [sans doute… à condition de savoir encaisser les coups que l’on a pas réussi à esquiver!, ndlt].

“One Belt, One Road” reflète cette idée. L’histoire de l’ascension des grandes puissances a un lien direct avec le mouvement de globalisation en cours. Cela ne signifie pas que la globalisation soit un processus continu de l’Antiquité à nos jours, néanmoins tous les exemples historiques de grandes puissances – que ce soit l’Empire Romain, l’Empire Qin, etc. – ont dévelopé un processus de globalisation propre qui atteint son pic lorsque cet Etat atteint l’apogée de sa puissance. Bien sûr ce processus de globalisation aura aussi été limité par la force de ces états, définie par le rayon d’action maximum autorisé par les moyens de déplacement disponibles à l’époque – de fait c’est ce rayon d’action qui mis un point final à chacune des phases successives de globalisation. Par conséquent, chacun des processus de globalisation mis en oeuvre par les Empires Romain et Qin, nous apparaisse aujourd’hui uniquement comme une forme d’expansion impériale régionale. La première étape de globalisation de l’histoire moderne réellement mondiale, fut atteinte au commencement du grand Empire Britannique par la globalisation du commerce. Après que les Etats-Unis reprirent l’habit de l’Empire Britannique, ils prolongèrent la globalisation du commerce commencée par les Britanniques pour atteindre une forme nouvelle, de conception vraiment américaine, la globalisation du Dollar [i.e. du symbole monétaire pur. Les Britanniques avaient encore recours à un sous-jacent: l’or contenu dans leur monnaie. Le dollar n’a pas de valeur intrinsèque ce n’est qu’une entrée comptable immatérielle, ndlt]. C’est la forme de globalisation que nous sommes en train d’expérimenter aujourd’hui. Cependant, à mon sens, il n’est pas correct de dire que “One Road, One Belt” est une tentative d’intégration au système économique global. De la même manière, dire que le Dollar US continuera sa globalisation et son intégration est une méprise. En tant que grande puissance montante, l’initiative chinoise “One Road, One Belt” est l’étape initiale de la globalisation chinoise. En tant que grand pays émergent, le processus par lequel la Chine est en train d’émerger doit se focaliser sur un plan favorisant l’avancement de la globalisation [chinoise, ndlt].

“One Road, One Belt” est de loin la meilleure stratégie que la Chine peut mettre en avant. C’est une stratégie de couverture contre le déplacemement à L’Est [comprendre en direction de la Chine. Strictement parlant les USA sont situé à l’Est de la Chine… Lapsus révélateur ou indice que le locuteur n’est pas chinois?, ndlt]. Certaines personnes vont mettre ceci en doute, croyant que la couverture devrait ce faire en direction de l’adversaire [la stratégie OBOR se dirige selon un vecteur Est-Ouest, de la Chine vers l’Asie-Centrale, voire l’Europe. Le déplacement US vers l’Est de déplace en fait également selon un vecteur Est-Ouest – USA-Japon-Chine. D’où la question: pour repousser les USA ne devrions nous pas avoir une stratégie s’opposant à leur vecteur d’approche au lieu d’une stratégie se déplaçant la même direction, ce qui revient à reculer, voire à fuir, ndlt] – Comment pouvez-vous protéger en vous déplaçant dans la direction opposée? Très juste, “One Road, One Belt” est la stratégie de la Chine consistant à tourner son dos à la stratégie de déplacement à l’Est des Etats-Unis: vous pouvez pousser dans une direction, j’irai dans la direction opposée. Ne m’avez-vous par forcé à le faire? Je pars à l’Ouest, pas uniquement pour vous éviter car j’ai peur, mais afin de diffuser de façon très intelligente la pression que vous m’appliquez à l’Est [se battre sans combattre, voilà la traduction militaire de la stratégie économique chinoise. Le but est de manoeuvrer de telle façon que les occidentaux ne les supplient à genou de collaborer. C’est en suivant cette stratégie que la Chine est en train de manoeuvrer à travers cette 2ème crise financière asiatique afin d’intégrer le panier de devises DTS. Tel est le privilège de l’éléphant dans un magasin de porcelaine, ndlt].

“One Belt, One Road”, n’est pas une stratégie composée de deux lignes parallèles [volet terrestre & volet maritime; voir Note du traducteur, ndlt], mais une stratégie dans laquelle il devrait y avoir des objectifs principaux et secondaires. Sachant que la puissance maritime de la Chine est encore faible, la première priorité de “One Belt, One Road” est d’achever la partie terrestre [grossièrement: un réseau ferré fret & TGV ainsi que routier mais ausi pipelines, reliant Pékin à Moscou, voire Berlin et permettant de réorienter les flux logistiques chinois de la mer vers la terre. Garder en tête le parallèle historique: avant la Première Guerre Mondiale, l’Allemagne envisageait la construction d’une voie ferrée Berlin-Bassorah afin de sécuriser ses approvisionnements pétroliers futurs de l’influence de la puissance maritime dominante et adversaire stratégique de l’époque, la Grande-Bretagne. Bis repetita?, ndlt], ce qui signifie que la composante “One Road” devrait rester un angle d’attaque secondaire, que la composante “One Belt” devrait être l’angle d’attaque principal. Si la composante terrestre est retenue comme direction principale, ce signifie que nous devons ré-évaluer le rôle de l’armée. Certaines personnes claironnent que l’armée de terre chinoise est invincible. S’ils considèrent le cadre du territoire chinois, oui, l’armée chinoise est invincible. Qui pourrait vouloir prendre pied en Chine pour y mener des batailles à grande échelle? Mais la question est plutôt: Est-ce que la L’armée chinoise dispose-t-elle de capacités expéditionaires?.

L’année passée, je discutai ce sujet lors du forum “Global Times” [voir: http://www.uscnpm.org/papers/, 6-7 Sep 2014, Université de Xi’an Jiaotong, avec comme thème Research on the U.S.-China “Silk Road” Strategy et comme ‘keynote speakers’ Jimmy Carter, ancien président des USA, Mary Ann Peters, Ambassadeur, 30 ans de carrière comme diplomate au Département d’Etat, présidente et CEO de la fondation ‘The Carter Center’, membre du Council on Foreign Relations. Vu les niveau des keynote speakers chinois, ce forum doit être vu comme un salon américain cherchant à influencer des élites chinoises de deuxième catégorie ou à fort potentiel potentiel politique dans le futur. Votre serviteur Qiao Liang figure effectivement sur la liste des invités. Avec ‘The Carter Center’, une fondation pour les jeunes universitaire Chinois et Américains, les USA déploient en Chine des stratégie analogues à celles déployées en Europe dans le but de séduire les élites locales (French-American Foundation en France, etc.). A noter que cette fondation était le principal soutien financier du forum. Comme disait Napoléon, la main qui reçoit est toujours en dessous de celle qui donne. Volà une organisation à suivre, son éviction de Chine constituerait un signal très fort de dégradation des relations sino-américaines. Le site du forum contient la biographie des participants, dont celle de Qiao Liang. Voici comment il est présenté: Général Qiao est un major-général dans les forces aériennes de l’Armée Populaire de Libération et un professeur de stratégie militaire auprès de l’Institut Commandement de la Force aérienne en Chine. Il est également le secrétaire adjoint du Comité national de la politique de sécurité. Général Qiao est le co-auteur du livre de stratégie militaire La Guerre Hors-Limite, une analyse en profondeur de la façon dont les nations technologiquement inférieures peuvent éviter la confrontation directe et utiliser des tactiques asymétriques pour vaincre leurs adversaires technologiquement supérieurs. Il exerce également en tant que président chinois du Comité consultatif pour le Centre d’études globales dans la région Asie-Pacifique de la Chine et de la Russie pour l’Université du Yunnan en Finance et Economie. Bref… Touchez pas au Grisbi!, ndlt] [Le Global Times est un tabloïde chinois disposant d’une version anglaise. Au vu de certains articles, il ne doit pas s’agir d’un média officiel chinois. Bien que proposant des articles très patriotiques en premier abords, les articles mis en avant et repris systématiquement sur chaque page contiennent des thèmes chers aux médias occidentaux, notamment des liens vers “Occupy Central” ou des articles pro-LGBT “Lesbian college student sues Ministry of Education for biased information on LGBT groups in textbooks”. J’ai du mal à imaginer que le PC chinois dispose d’une section LGBT. La propagande occidentale en Chine réduite à faire passer des messages subliminaux. LOL! A noter que l’accès au site de la version anglaise du journal est instable et le site est fréquemment hors-ligne, ndlt]. Je déclarai qu’en choisissant la Chine comme rival, l’Amérique a choisi le mauvais adversaire et la mauvaise direction. En effet, dans le futur, le vrai challenge des Etats-Unis n’est pas la Chine, mais ce sont les Etats-Unis eux-mêmes, et les Etats-Unis creuseront eux-mêmes leur tombe. De plus, ils n’ont pas réalisé qu’une grande ère est en train de se refermer, les Etats-Unis finiront par chuter avec le temps car le capitalisme financier a été amené à son niveau le plus élevé [p. ex. quel secteur de notre existence n’a pas encore été privatisé (privatiser = financiariser, car cela permet une entrée en bourse, marché action et à partir de la création d’une multitude de produits dérivés annexes comme des options, des futures ou des CDS), en voie de l’être? Education, police, prison, assurance sociale, GPA, impôt avec la taxe carbone, politique avec les lobbys agissant en sous-marin dans les institutions de l’UE… Aucun. Un empire qui atteint son expansion maximale est voué à se contracter, ndlt]. D’un côté, avec l’économie virtuelle, les Etats-Unis ont déjà avalé tous les profits rendus possible par le capitalisme. De l’autre, l’innovation scientifique et technologique – dont ils sont les fiers leaders mondiaux, a été poussée à l’extrême et finira par enterrer les Etats-Unis [Au propre comme au figuré: couper la climatisation et la voiture à un américain moyen, faites-lui courir 5km à pied… Il crève d’un arrêt cardiaque, ndlt]. De plus, l’lnternet, le big data et le cloud computing sont en passe de devenir les représentants du mouvement d’opposition le plus important au capitalisme financier [pour Qiao Liang, capitalisme financier = ‘Amérique’; et donc converge avec HongBing Song et ses ‘capitaux apatrides’, ndlt]. Je veux dire par là qu’Internet et le Cloud finiront par gagner une existence propre [s’autonomiser de leur créateur américain, ndlt] et s’opposeront au gouvernement US.

Au cours de la Saint-Valentin chinoise [‘Double 11’, ndlt] de l’année passée [2014, ndlt] [en Chine l’equivalent de la Saint-Valentin, jour des amoureux, se fête le 11 Novembre, d’où l’appellation ‘double 11’, ndlt], le commerce chinois en-ligne atteignit le chiffre record de 50.7 milliards de Yuan en un jour pour le seul site internet d’ Alibaba de Taobao [approximativement $7.92 milliards, ndlt]. Durant les trois jours des vacances de Thanksgiving américaine [période de solde de fin d’année aux USA se déroulant durant les derniers jours du mois de novembre, ndlt], le commerce en-ligne américain et les ventes sur-le-terrain des magasins US atteint un total équivalent de 40.7 milliards de Yuan [Une erreur de chiffres s’est glissé quelque part. Les ventes des Magasins US durant Thanksgiving 2014 étant largement supérieure aux $6.36 milliards avancé par Qiao Liang. Une recherche rapide sur google montre des estimations entre 20 et 90 milliards pour les 4 jours entre Thanksgiving et Cyber Monday. Accordons nous pour dire que oui, le marché chinois est important, et de taille comparable au marché US à la même période, ndlt], moins que les ventes de Alibaba en un seul jour. Nous aurions également pu inclure d’autres sites de ventes en lignes comme Netease, Tencent, Jingdong, ou encore les revenus des grands centre commerciaux. Une nouvelle ère a déjà débuté, alors que la réaction américaine est encore lente. Les ventes sur Alibaba ont toutes été réalisées via la plateforme de paiement direct Alipay. Que signifie donc un paiement direct? Cela signifie que la la question de la monnaie est déjà sortie de la phase de transaction, alors que le leadership américain s’était justement construit autour de la question de la monnaie [comprendre plutôt qu’une plateforme de paiement comme Alipay, qui opèrent déjà avec 65 institutions financière dont Visa et Mastercard, fournit un moyen pour contourner le monopole détenu par le Dollar US pour le règlement des transations financières. A moins de tomber dans un ésotérisme style Bitcoin, il semble difficile de remettre en question le droit souverrain à battre monnaie et son pouvoir libératoire pour les paiements]. A l’avenir, lorsque nous n’utiliserons plus de monnaie, le règlement en monnaie traditionnelle deviendra inutile. Quand l’argent sera devenu inutile, est-ce qu’un empire construit sur la question de la monnaie pourra encore exister? Telle est la question qui doit être examinée par les Américains.

Les imprimantes 3D représentent également une direction future et amèneront à un changement fondamental du mode de production dans la société d’aujourd’hui. Comme les modes de production et de commerce sont en train d’évoluer, le monde sera également forcé de changer radicalement. Cependant, l’histoire démontre qu’un vrai changement peut mener à des changements de nature sociale, et qui dans notre cas seront conduits par ces deux types de changement (changement des modes de production et de commerce) et pas par d’autres facteurs. En Chine, durant la période autour de la fin de l’Empire Qin, les gens commencèrent à se rebeller: Chen Sheng Wu Guang démarra une révolution et des insurrections survinrent régulièrement durant les 2000 ans qui suivirent. Est-ce que les rébellions, guerres et autres révolutions participent-elles à la résolution du problème? Elles ne résolvent rien, elles apportent uniquement un changement de dirigeants, une circulation de l’eau à la surface. Ces mouvements ne changent ni la nature de la communauté agraire, ni les modes de production ou les façons de commercer. Ils peuvent uniquement provoquer un changement de régime. En Occident également, Napoléon porta la gloire de la révolution française et conduisit ses armées baptisées dans la révolution à travers l’Europe faisant tomber une tête couronnée après l’autre. Mais il échoua à Waterlo et fut démis. Tous les rois européens furent restaurés et immédiatement ils cherchèrent à faire revivre l’Ancien Régime [Qiao Liang parle de ‘retour à la société féodoale’, mais je trouve abusif de parler de société féodale dans l’Europe du XVIII° siècle où il n’y avait plus ni serfs, ni vassal, ni suzerain. Trop Moyen-Ageux. Je lui préfère la dénomination d‘ “Ancien Régime”, ndlt]. La révolution industrielle qui survint avec l’invention de la machine à vapeur par les Britanniques permit [força?, ndlt] à l’Humanité d’améliorer grandement l’efficacité de ses modes de production et permis l’apparition de surplus de produits manufacturés jusque là impensables. On passa d’un mode de production plutôt autarcique à un mode de production tourné vers le commerce. Et donc l’apparition de la plus-value, du capital et des capitalistes. La société capitaliste était avenues.

Rien n’empêche aujourd’hui la disparition de la société capitaliste. Lorsque le capital disparaîtra, nous verront la disparition de l’argent. Lorsque les modes de production changeront – p. ex. avec l’apparition de l’imprimante 3D, l’humanité sera sur le point d’entrer dans une nouvelle étape de son organisation sociale. Cette fois la Chine et les Etats-Unis se trouve sur la même ligne de départ, la ligne de départ constituée par l’internet, le big data et le cloud computing. Nous devons comparer qui est le mieux placé pour rentrer dans cette nouvelle ère plutôt que de chercher à savoir qui supprimera qui [Séquence émotion pour terminer. A méditer: “Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots.” Martin Luther-King, ndlt]. C’est dans ce sens que je dis que les Etats-Unis ont choisi le mauvais adversaire. Le vrai adversaire des Etats-Unis, ce sont les Etats-Unis eux-mêmes – ou alors cette ère nouvelle. Précisément, sur ce point, les américains sont incroyablement lent à comprendre. En effet, ils sont trop désireux de conserver leur leadership et n’ont jamais pensé partager le pouvoir avec d’autres pays. L’approche de cette nouvelle étape sociale est pleine d’inconnue et d’obstacles incertains [Pour le lecteur curieux, se reporter sur l’oeuvre de bernard Wicht, notamment son ouvrage “Une nouvelle Guerre de Trente Ans?”. Je vois une parentée intellectuelle dans le regard porté par ces deux auteurs sur le monde, quoique dans un contexte différent – contexte baissier à l’Ouest et haussier à l’Est. Cela mériterait de considérer une année sabbatique à Pékin ou à Lausanne…, ndlt].

[Conclusion: OK, Qiao Liang a parfois un côté maître de Kung-Fu ésotérique où tout se fait facilement à la five fingers death punch, n’empêche que la profondeur de certains passages devrait encourager le lecteur à se creuser les méninges sur les autres passages plus énigmatiques voire loufoques pour en extraire la petite perle qui jusque là lui échappait. A titre personnel, c’est la principale conclusion que je tire de cette allocution: l’incompréhension de certains passages a d’abord éclairé mon ignorance. Ce type a les pieds dans le présent mais la tête dans le futur, ndlt]

22 réponses à Une ceinture, une route, par Qiao Liang Général Major de l’Armée Populaire de Chine

Commentaires recommandés

Alfred Le 04 octobre 2015 à 09h00

Pour commencer, bravo encore. C’est pour ce genre de papiers qu’on aime tant les crises.
Ensuite ce texte renforce l’idée qu’il ne peut suffire à la France de changer de champion (passer des us à la Russie par ex). Le monde “multipolaire” des uns et des autres consiste bien quand même à se partager le gâteau en marchant sur les pieds du Malawi (et accessoirement de la France parmis d’autres tant qu’elle se dote de stratèges type hollande, Sarko, Fabius, juppé, valls et autres larbins compradores).
La seule stratégie d’indépendance valable est celle appliquée par les russes et chinois: avoir un plan B qui consiste à accepter de couper les ponts, l’isolement relatif, la baisse du niveau de vie, le protectionnisme, etc pour le cas où les partenaires divers et variés ne sont pas assez “réceptifs”.
Fuis moi je te suis, suis moi je te fuis. C’est aussi vrai dans les relations internationales.
Il faut accepter d’êtres “seuls” pour avoir des alliés. En faisant les toutous des uns et des autres on finit par contre authentiquement seuls.
L’UE et plus particulièrement la France dans l’UE sont décidément mal barrées. Cela ne s’améliorera pas tant que nous aurons des employés de marchands de tapis au pouvoir ET que nous ne seront pas capables de payer le prix au quotidien de l’independance.

  1. Laurent Le 04 octobre 2015 à 03h57
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    “• Possible action US contre les marchés chinois en juin 2015
    • Possible réaction chinoise durant les 10 derniers jours du mois d’août 2015.”

    Et le fait que les marchés chinois aient été surévalués de 50% n’a pas joué un rôle ? Les américains n’avaient rien à faire pour que tout s’écroule, çà s’est écrasé tout seul. Le principe est le suivant : quand les gens achètent n’importe quoi à n’importe quel prix et que les prix ont plus que doublé sur un an, il y a de très forts risques pour que cela s’écroule (c’est même quasiment une certitude…). C’est la nature et les lois du marché en action. C’est sûr, çà ne plait pas à ces messieurs du parti, mais c’est ainsi.


    • Lenetre Le 04 octobre 2015 à 11h17
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      Oui et non.

      Marché surévalué dans le contexte actuel d’une Chine où la part de la consommation des ménages compte pour peau de chagrin dans le PIB et où le marché intérieur est essentiellement imperméable aux capitaux étrangers.

      Marché “correctement évalué” dans un contexte où la Chine fut en voie de développer efficacement ce fameux marché de consmmation intérieur, tout en se lançant dans la privatisation (où plus modestement l’ouverture du capital à des actionnaires privés) de certains groupes industriels cotés sur ces marchés actions et en ouvrant plus ces marchés aux capitaux étrangers.

      Clairement, la transition n’a pas fonctionné et les anticipations des marchés déçues, d’où l’effondrement et la fuite des capitaux étrangers hors d’Asie et des pays émergents. La question est pourquoi est-ce que cette transition ne s’est pas effectuée comme prévu, alors que jusqu’à présent tout l’évolution de l’économie Chinoise avait été contrôlée de main de maître (et, p. ex. était passé indemne à travers la crise finacière de 2008)?

      L’article de Qiao Liang est une tentative de réponse (parmis d’autres). Visiblement, il ne croit pas au hasard. C’est son droit.

      Deuxième point: la notion d’évaluation des prix d’un marché dépend avant tout de la perception des acteurs… (et de leur état mental – fear or greed; voire de leur pharmacopée).
      Par exemple, le pétrole: les mêmes qui parlaient de barils à 200$ et de la fin des resources naturels de la planète, reviennent aujourd’hui nous parler de barils à 20$ pour les 20 prochaines années. Dans ce sens, il est dans la nature d’un marché d’être en permanence sur- ou sous-évalué. L’équilibre est l’exception, n’en déplaise aux écono-théologiens peuplant nos universités et plateaux télés.


      • Charlie Bermude Le 04 octobre 2015 à 20h57
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        Le yung dans le yang là où l’ inverse , c’est que la Chine ne peut devenir locomotive mondiale , en substituant son marché intérieur à ses débouchés exterieurs , ne serait ce que partiellement , parce qu’alors elle les perd ses marchés extérieurs . Jamais aucun pays n’a fait çà ; c’est le pb économique fondamental , mais personne n’a trouvé la pierre philosophale pour résoudre cette contradiction , méme pas Malthus ou Keynes qui n’ont fait que déplacer la question . La réponse , la vraie , a été formulée par K Marx , à mon avis , il faut que les oligarques renoncent à consommer une partie de la plus value . Comme c’est évidemment trop douloureux , ce qui se passe en fait , c’est que certains en contraignent d’autres à y renoncer , sur le plan intérieur c’est une révolution , à l’extérieur c’est la guerre .
        Je réve malgré tout d’une issue plus pacifique , je crains que ce ne soit en vain .


        • Charlie Bermude Le 05 octobre 2015 à 14h51
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          Faut que je nuance là , sur le ‘aucun pays…’ . Si certains l’on fait . Ce fut le cas de Rome , des Habsbourgs d’Espagne , et d’autres . Le dernier en date ce sont les Etats Unis , ce qui est sacrifié dans l’affaire ce sont les peuples , pas leurs oligarchies . Ils en restent des mythes de l’Atlantides , des nostalgies inconsolables , pour l’Eglise , pour Don Quichote , pour les néocons , quoique beaucoup moins romantiques , malgré leurs plats à barbe sur la téte , eux marchent à la comission , pas à la dulcinée . çà fera pas un roman .
          Pour la Chine je ne sens pas cette vocation chez les communistes au pouvoir .


  2. Charlie Bermude Le 04 octobre 2015 à 08h04
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    L’article est bon , informatif . Ce qui me géne c’est le label obligé : Route de la Soie . Celà se présente , comme un remake , un retour à la grande époque , le firmament de la civilisation Chinoise , celle juste avant l’invasion Mongole qui a créé sa dynastie : Yuans , curieusement le nom de la devise actuelle .
    Or justement c’est l’époque Yuan qui pose pb et crée la confusion , parce que la Route de la Soie fut alors un gigantesque siphon de la richesse Chinoise en faveur de l’ Occident . Venise , place financiére mondiale , controlant effectivement douane , flotte et budget Byzantin donc cette route aspirait à l’autre bout du tuyau .
    L’ambiguité avec aujourd’hui ressort particuliérement si l’on compare ce qui circulait sur cette route à ce qui y circulerait maintenant . La soie , prise comme symbole de matiére précieuse , fort lucrative , en balance avec le bas de gamme de maintenant …
    Les éventuelles matiéres précieuses ne pourraient alors qu’étre la techno Européenne , sauf à considérer une inversion entre les deux bouts : la Chine ( peut étre plutot Corée , Japon , prenant le relais ) .
    Le grand hic , là dedans , c’est la Russie . La matiére précieuse actuelle qui y circule c’est gaz et pétrole Russe ou proto-Russe , çà ne prend pas la route mais l’oléoduc et çà croise tout autant le route que çà ne la suit . En outre , qui est apte à protéger militairement cette route , sinon la Russie . La Chine se serait alors qu’un estimable relais , intermédiaire . ( Et les USA pourrait étre à l’autre bout à siphonner via le Pacifique ) . Qui peut croire que la Chine resterait à se cantonner à ce modeste role de médiateur ?


  3. Charlie Bermude Le 04 octobre 2015 à 08h36
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    A prendre en compte , en dernier mais en primordial , que la Russie , des Slaves christianisés par les Grecs , sont généalogiquement concus pour la controle cette route au profit de l’ex Constantinople et que dans l’alliance Pape-Venise-Mongol , les Mongols sont le domino qui les prend à revers . ‘ Royaume du Prétre Jean, tombé fort à propos aussi sur les Turcs , puis l’Islam , ne laissant aux Turcs , ex auxilliaires sur cette route que le choix de s’Islamiser .


  4. Alfred Le 04 octobre 2015 à 09h00
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    Pour commencer, bravo encore. C’est pour ce genre de papiers qu’on aime tant les crises.
    Ensuite ce texte renforce l’idée qu’il ne peut suffire à la France de changer de champion (passer des us à la Russie par ex). Le monde “multipolaire” des uns et des autres consiste bien quand même à se partager le gâteau en marchant sur les pieds du Malawi (et accessoirement de la France parmis d’autres tant qu’elle se dote de stratèges type hollande, Sarko, Fabius, juppé, valls et autres larbins compradores).
    La seule stratégie d’indépendance valable est celle appliquée par les russes et chinois: avoir un plan B qui consiste à accepter de couper les ponts, l’isolement relatif, la baisse du niveau de vie, le protectionnisme, etc pour le cas où les partenaires divers et variés ne sont pas assez “réceptifs”.
    Fuis moi je te suis, suis moi je te fuis. C’est aussi vrai dans les relations internationales.
    Il faut accepter d’êtres “seuls” pour avoir des alliés. En faisant les toutous des uns et des autres on finit par contre authentiquement seuls.
    L’UE et plus particulièrement la France dans l’UE sont décidément mal barrées. Cela ne s’améliorera pas tant que nous aurons des employés de marchands de tapis au pouvoir ET que nous ne seront pas capables de payer le prix au quotidien de l’independance.


  5. luc Le 04 octobre 2015 à 11h19
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    merci beaucoup pour le partage, très bonne idée de le publier, très intéressant!


  6. Wilmotte Karim Le 04 octobre 2015 à 12h01
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    “Bagdadbahn”

    “Du point de vue allemand, la Bagdadbahn doit offrir de nouveaux débouchés à l’économie allemande. Par son prolongement au golfe Persique, il offre un point d’appui aux flottes allemandes de guerre et de commerce. La politique allemande vient ici contrecarrer les intérêts français et surtout britanniques. Le chemin de fer Berlin-Bagdad et les missions militaires allemandes sont deux aspects de la liaison de plus en plus étroite entre l’Empire Ottoman et les Empires centraux, qui devait les conduire ensemble vers la Première Guerre mondiale.”

    Source wiki

    Les USA, l’UE et les pays d’Asie de l’Est et du Sud-Est (hors Chine) se préparent à former un vaste bloc permettant aux capitaux de croitre. Ce qui avait permis la victoire des USA, c’est bien la constitution d’un vaste bloc économique intégré à la suite de la victoire des Yankees de 1865.

    Nous marchons à la guerre. Et il n’y a pas de gentils.


    • Alfred Le 04 octobre 2015 à 13h04
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      La guerre de sécession justement (une autre issue et le monde aurait été trés différend: pensez le continent nord américain sépare en 3 ou 4 pays…): quelqu’un aurait il une référence de cette guerre analysée par un émule de guillemin (fut il américain)?


  7. Spiridon Le 04 octobre 2015 à 13h46
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    “Le document éclaire la nouvelle pensée stratégique chinoise”….Rien que ça! Comme ça, en catimini, sous le couvert d’une “conférence” anonyme tout en ne l’étant pas. Quelle mascarade! Il faut bien méconnaitre la réalité chinoise d’une part et bien en maitriser la mythologie vue d’Occident d’autre part pour croire à ce faux grossier qui n’est pas sans en rappeler d’autres.
    D’abord des assertions totalement gratuites et surtout contredites par les faits:
    – Les Américains n’auraient pas obtenu de pétrole d’Irak: en fait, pendant les 5 premières années suivant la guerre les américains ont obtenu livraison de plus de la moitié de la production irakienne, à un prix alors inconnu, et jusqu’à 700000b/j en 2012 (ceux-là peut-être au prix du marché).
    – Les US auraient eu ‘peur’ de la montée de l’Euro comme monnaie de concurrence: la bonne blague! La création de l’Euro a permis au contraire, selon toutes les études, la croissance accélérée des réserves de dollars dans le monde (comme l’énergie intermittente -éolien, solaire- au lieu d’être une concurrence, est une alternative défendue par les pétroliers car elle permet de garantir les achats de pétrole/gaz qui comblent les déficits de production, soit 75% du temps)
    – La CIA aurait ‘lancé’ la guerre du Kosovo pour…affaiblir l’Euro… de 1.07 à…0.82! ET toutes le années où il est resté à 1.40?? çaa les aurait pas turlupiné?
    – ‘Occupy Central’ à Hong Kong aurait été une menace, planifiée avec le QE de la Fed, pour déstabiliser la Chine entière!! Pour ceux qui y étaient, Occupy Central n’a même pas déstabilisé… Hong Kong!
    – One road One belt serait une “globalisation à la Chinoise”, alors que les “milliards de milliards voyagent autour de la terre en un clic”.
    – Le lourd, trop lourd rappel aux techniques chinoise (le taiji quan et autres arts martiaux), que seuls les occidentaux se plaisent à utiliser comme image!
    Etc.. etc..toute une série de fantasmes paranoïaques, ou plutôt de fantasmes prêtés aux Chinois, jusqu’aux clichés les plus éculés sur l’imprimante 3D ou Alibaba, et le big data ou le cloud computing, qui vont “changer le monde”: on dirait du Attali dans le texte!
    Le but de cette manip grossière avec son langage inepte délibérément montré du doigt comme pour confirmer une origine ‘chinoise’? Diaboliser par contrepoint un pays et un peuple (comme un un certain Protocole édité en Russie fin XIXème), le présenter comme menaçant, suivant les critères et les neurones occidentaux, voire les neurones des parlementaires et sénateurs américains seulement, pour justifier l’obtention de budgets renforcés dédiés Chine et Asie du Sud. Par ex. obtenir un autre porte-avion, soit disant obsolète…


  8. Tatsuya Le 04 octobre 2015 à 14h33
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    C’est sympa l’imprimante 3D, le big data et le cloud computing… mais quand on manque de ressources et que les cours d’eau et les terres sont polluées ça peut paraitre accessoire.


  9. Jean-Charles Le 04 octobre 2015 à 14h43
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    Une analyse historique au plan monétaire, technologique et militaire en Amérique du sud puis vers les “Tigres asiatiques” et enfin la Chine dans le mire.

    Offrir de l’USD facile puis après des évènements survenus à point, augmentant le reflux des capitaux et des intérêts, propices à la création d’une crise économique profonde pour enfin acheter des biens bradés, semble une bien une stratégie réglée.

    Vers un monde multipolaire pour le bien d’ensemble?

    Qui vivra verra!


  10. Charlie Bermude Le 04 octobre 2015 à 20h24
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    Après ce jour, nous entrons dans l’ère de la vraie monnaie-papier, car derrière le Dollar il n’y a plus un métal précieux, mais à la place il ne reste que la crédibilité d’un gouvernement et le soutien de ceux qui sont poussés par l’envie de faire des profits. En termes simples, les américains peuvent utiliser un bout de papier vert pour obtenir des richesses physique en provenance de n’importe où sur la planète. Jamais auparavant ce ne fut le cas dans toute l’histoire de l’humanité.

    Détail cocasse , ‘jamais auparavant ….’ , ce n’est pas tout à faut vrai . C’est justement en Chine sous la domination Yuan ( Mongols) que fut instaurée pour la premiére fois la monnaie papier , or et surtout argent , ainsi que pierres précieuses furent confisqués et interdits de circulation .

    Qiao Lang en a t il méconnaissance et juge t il le fait comme insignifiant , dans le contexte du premier Empire vraiment mondial , et du premier vrai terrorisme sur les peuples ?
    Les Mongols ont créé la poste aussi , j’y verrais bien une analogie avec internet .

    Autre remarque , l’introduction de l’imprimerie en Europe , suite à la découverte du papier (Chinois) , son formidable succés , n’est pas tant du à son role culturel démocratique qu’à l’impression des lettres de change , son principal emploi . ( C’est moins romantique je le concéde ) .


  11. Patrick Luder Le 04 octobre 2015 à 21h09
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    Pour faire simple. La Chine s’accommodait tant bien que mal de l’hégémonie militaire et financière des USA, tant qu’elle pouvait distiller, elle, sa propre hégémonie commerciale au monde entier. Mais la nouvelle industrie automatisée-robotisée (et donc sans main-d’oeuvre) fout en l’air tout leur business (et celle du monde entier). La Chine, avec sa monnaie virtuelle ainsi que ses énormes réserves de change de billets vert, se retrouve en panne au mauvais moment (surendettée) => toute cette masse de pognon ne vaut finalement pas plus que du PQ (et encore c’est pas pratique, essayez donc ;o) Si l’Eldorado commercial vire au cauchemar, la pression militaire se trouve accentuée par la vision d’une économie qui s’annonce durablement embourbée, avec des gouvernements incapables de faire front aux défis qui s’annoncent … Allez, balayez-moi toute cette gabegie avec une bonne guerre, que le monde se retrouve un moyen de se relancer …


  12. DLG Le 05 octobre 2015 à 08h24
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    Texte tres interessant, tres proche dans ses analyses du livre de Todd, “Apres l’empire”, surtout sur l’idee de l’Amerique parasite financier deconnecte de l’economie reelle.
    Certes, le gars se melange un peu les pinceaux en economie (a moins que ce soit du aux diverses traductions), mais ca permet de voir comment ils pensent, ceux a la tete de l’empire du millieu.


  13. Varenyky Le 05 octobre 2015 à 14h08
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    Il est surtout intéressant de voir sur la carte de la nouvelle route de la soie que le cœur de l’Europe est bien déplacé en Allemagne et son débouché maritime sur la Mer du Nord.
    La France devenant une zone de proche banlieue.
    L’Europe du Sud n’est pas du tout concernée sauf si elle fait allégeance à Berlin et l’on comprend alors les paroles de l’actuel Ministre des Finances allemand

    On est même là très loin du plan d’Albert Speer, qui au moins se construisait sur l’Histoire pluri-millénaire européenne et non sur des axes et transports économiques.
    Celui ci prévoyait pour l’axe triomphal Germania-Rome, un axe urbain de près de 1 000 km et pour lequel certaines opérations avaient commencé comme le déplacement de la Colonne de la Victoire si chère à Wim Wenders.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Welthauptstadt_Germania
    Pour les pays du Club Med comme l’exprime par cette haute considération nos partenaires allemands il y avait un autre projet.
    Le projet Atlantropa devait construire un barrage au niveau de Gibraltar pour assécher la Méditerranée, et pouvoir entre autre, cultiver de nouvelles terres par des millions d’esclaves que ces pays pouvaient fournir.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Atlantropa.


  14. olivier69 Le 06 octobre 2015 à 00h38
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    On peut s’imaginer que les anglo-saxons (US compris) n’accepteront jamais cette route réalisée par d’autres qu’eux, si toutefois, elle devait exister. Elle signifierait inévitablement une perte de puissance et la vision d’un isolement…..

    Toute la stratégie US (et anglo-saxonne) s’est fondée sur le contrôle des voies d’échange et du commerce (les multinationales font parties des instruments politiques dont ils disposent; les centres financiers, des instruments monétaires).

    Cela va s’en dire que les routes doivent être prioritairement maritimes, avec l’existence de pays-comptoir (pays vassaux ou partenaires), une question de survie pour une culture qui a eu l’habitude d’imposer aux autres sa toute puissance, depuis plusieurs siècles (notamment idéologiques). Un combat historique qui ne date pas d’hier : le monde de la terre contre le monde de la mer….

    C’est pourquoi, lorsque l’on entend, en ce moment, Cameron dire qu’il est prêt à appuyer sur le bouton rouge, nous devrions prendre garde à son avertissement qui sonne comme un coup de tonnerre. Oui, ils iront jusqu’au bout, si ils estiment que leur survie géopolitique en dépend. Même, si pour cela, ils doivent créer un conflit mondial pour tenter de renverser la table….Un coupable n’a jamais été très difficile à trouver pour les intégristes politiques….Franchement opposer terre et mer ? Ou sud et nord ?


  15. georges glise Le 08 octobre 2015 à 14h11
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    ces textes n’abordent pas, à moins que j’aie mal lu, un autre phénomène qui me semble particulièrement inquiétant, notamment pour l’alimentation. il s’agit de la nouvelle colonisation de l’afrique par la chine.


    • lenetre Le 10 octobre 2015 à 19h36
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      Si seulement il ne s’agissait que de la Chine!

      En ce qui concerne les terres arables africaines, et sans être exhaustif, on peut mentionner les sud-coréens à Madagascar, les Indiens en Ethiopie, voire les israéliens au Kenya…

      Tout le monde a pris sa part du gâteau. Et les USA les premiers: Côte d’Ivoire (l’installation de Ouattara), RDC & Rwanda (coltan).

      Habitant en Europe, le processus de colonisation qui m’inquiète le plus, c’est la colonisation de l’Europe de l’ouest par l’UE sous leadership franco-germanique tirant de plus en plus vers un leadership néo-prussien.

      Seuls les peuples colonisables seront colonisés.


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