Comme quoi, ça ne date pas d’hier…

Le Cable Wikileaks en question est ici en français et ici en anglais. Lire aussi ici.

Source : Time, le 19/12/2006

Par Adam Zagorin/Washington, mardi 19 décembre 2006

L’administration Bush a discrètement encouragé des individus et des partis opposés au gouvernement syrien dans un effort visant à déstabiliser le régime du Président Bachar el-Assad. Des éléments du projet sont décrits dans un document classifié de deux pages qui indique que les USA sont déjà en train de “soutenir des rencontres régulières d’activistes syriens, tant résidents que membres de la diaspora” en Europe. Le document exprime nettement l’espoir que “ces réunions faciliteront l’adoption d’une stratégie cohérente et d’un plan d’action pour tous les activistes anti-Assad.”

Le document mentionne que les élections législatives en Syrie, prévues pour mars 2007, “présentent un enjeu potentiellement mobilisateur pour… les détracteurs du régime Assad.” Pour profiter de cette opportunité, le document propose un plan secret de “supervision des élections”, dans le cadre duquel “des contenus seront accessibles sur internet et disponibles pour être imprimés ou disséminés par des activistes dans le pays (la Syrie) et les pays voisins.” La proposition appelle également à procéder au financement clandestin d’au moins un politicien syrien qui, selon le document, prévoit de se présenter aux élections. Cet effort comprendrait également des “campagnes d’éducation des électeurs” et des sondages d’opinion, dont le premier “serait prévu si possible début 2007.”

Selon certains fonctionnaires américains, le gouvernement des États-Unis a établi des contacts approfondis avec plusieurs groupes anti-Assad à Washington, en Europe et en Syrie même. Pour donner un élan à cette opposition, les USA considèrent sérieusement le plan de supervision des élections proposé dans le document, selon plusieurs fonctionnaires. La proposition n’a pas encore été approuvée, en raison notamment de questions au sujet d’un éventuel report des élections syriennes, voire leur annulation. Mais selon la déclaration d’un fonctionnaire US proche de la proposition : “On est forcé de se demander si nous essayons en ce moment de déstabiliser le gouvernement syrien.”

Certains détracteurs au Congrès et au gouvernement considèrent qu’un tel plan, visant à influencer secrètement un gouvernement étranger, devrait être considéré comme une “opération clandestine”, qui selon la loi exigerait de la part de la Maison-Blanche qu’elle informe la Commission sur le renseignement au Capitole. Certains membres du Congrès ne manqueraient pas de marquer leur désapprobation vis-à-vis de l’usage clandestin de fonds publics originellement destinés à la promotion de la démocratie.

La proposition mentionne qu’une partie de cette initiative serait menée à travers une fondation dirigée par Amar Abdulhamid, un membre d’une organisation de coordination de l’opposition syrienne basée à Washington et connue sous le nom de Front du Salut National (FSN). Le Front comprend les Frères Musulmans, une organisation qui a soutenu pendant des décennies le renversement par les armes du gouvernement syrien, mais prétend désormais qu’elle promeut des réformes démocratiques et pacifiques (toutefois, l’appartenance aux Frères Musulmans en Syrie est passible de la peine de mort). Un autre membre du FSN est Abdul Halim Khaddam, un ancien haut-fonctionnaire syrien autrefois fidèle à la famille Assad qui a récemment quitté le pays après un différend avec le régime. Les représentants du Front du Salut National, dont Abdulhamid, ont eu au moins deux réunions à la Maison-Blanche, qui a décrit ces sessions comme “préliminaires”. Depuis lors, le Front du Salut National a déclaré qu’il envisage d’ouvrir prochainement un bureau à Washington.

La “promotion de la démocratie” a été une préoccupation des gouvernements tant Démocrates que Républicains, mais la présidence de George W. Bush l’a particulièrement mise en avant depuis les attentats du 11-Septembre. Elliott Abrams, un personnage marquant de l’affaire Iran/Contra, en a reçu la charge auprès du Conseil de Sécurité Nationale. Jusqu’à une date récente, Elizabeth Cheney, fille du Vice-Président, supervisait ce travail auprès du Département d’État. Par le passé, les USA ont utilisé le soutien à “l’établissement de la démocratie” pour renverser des dictateurs inamicaux, dont Slobodan Milosevic en Serbie et Vladimir Kuchma en Ukraine.

Néanmoins, pour rendre efficace le plan de “supervision des élections” en Syrie, la proposition mentionne clairement que les efforts américains doivent rester dans l’ombre : “Toute information relative au financement de politiciens locaux [syriens] pour la supervision des élections devront être protégés de toute révélation publique,” selon le document. Mais les experts américains en “promotion de la démocratie” consultés par le Time affirment qu’il serait malvenu d’accorder un soutien financier à un candidat à l’élection identifié, en raison de ce qui serait perçu comme un conflit d’intérêt. De manière plus inquiétante, un fonctionnaire connaissant le document explique que le secret est nécessaire, notamment parce que le gouvernement syrien pourrait réprimer quiconque serait vu dans le pays comme un soutien à l’initiative américaine pour ces élections. Le fonctionnaire ajoute qu’en raison du large réseau d’espions dont dispose le gouvernement syrien dans son propre pays, les efforts américains seraient presque certainement découverts, si ce n’est déjà fait. Cela pourrait mener en prison d’avantage de personnalités de l’opposition.

Une tentative orchestrée par les USA de mener une telle initiative de supervision des élections pourrait rendre difficile ou impossible le dialogue entre Washington et Damas — tel que proposé par le Groupe d’Etudes sur l’Irak et plusieurs alliés des USA. La proposition dans son ensemble pourrait être une dépense inutile d’énergie : Edward P. Djerejian, un ancien ambassadeur américain en Syrie qui a travaillé sur le rapport du Groupe d’Etudes sur l’Irak, prétend que l’opposition syrienne est si faible et divisée qu’il y a peu à gagner dans une telle aventure. “Financer des petits partis d’opposition est tout au plus une diversion,” confia-t-il au Time. “Cela va surtout entraver l’option préférable qui consiste à impliquer la Syrie sur des problèmes autrement plus importants, comme l’Irak, la paix avec Israël, et la situation délicate au Liban.”

D’autres personnes identifient un autre objectif à l’initiative proposée. “Depuis l’invasion de l’Irak, à laquelle la Syrie était opposée, l’administration Bush a cherché à faire pression sur le gouvernement de Damas,” retient Joshua Landis, un expert sur la Syrie et co-directeur du Centre d’Etudes sur la Paix de l’université d’Oklahoma. “La Syrie semble être la prochaine étape sur le plan de l’administration Bush pour réformer le Moyen-Orient.” Landis ajoute : “Il s’agit apparemment de doper l’opposition syrienne sous prétexte de “promotion de la démocratie” et de “supervision des élections”, mais il s’agit surtout d’une tentative de faire pression sur le gouvernement syrien” et de lui faire faire ce que veulent les USA. Cela comprend bloquer la frontière avec l’Irak, afin que les insurgés ne puissent pas la traverser pour tuer les militaires US en Irak ; mettre un terme au financement du Hezbollah et à l’ingérence dans la politique libanaise ; et coopérer avec les Nations Unies dans l’enquête sur l’assassinat du Premier ministre libanais Rafik Hariri. Des haut-fonctionnaires syriens sont présumés être les commanditaires dans l’affaire Hariri.

Les fonds dévolus au projet de supervision des élections seraient débloqués dans le cadre d’un programme du Département d’État connu sous le nom d’Initiative pour le Partenariat au Moyen-Orient (IPMO) (Middle East Partnership Initiative, or MEPI). Selon le site internet de l’IPMO, le programme fournit des financements allant de 100 000 à 1 million de dollars pour la promotion de l’éducation, l’émancipation des femmes, ainsi que pour promouvoir des réformes économiques et politiques, dans le cadre d’une enveloppe totale de 5 millions de dollars pour la Syrie que le Congrès a approuvée cette année.

L’IPMO contribue à faire transiter des millions de dollars chaque année à destination du Moyen-Orient dans l’intention de promouvoir des réformes. Dans la vaste majorité des cas, les bénéficiaires sont ouvertement identifiés, et les financements sont effectués via des organismes comme l’Institut National Démocratique, une organisation à but non-lucratif affiliée au parti Démocrate, et l’Institut International Républicain (IRI), affilié pour sa part au parti Républicain. Dans le cas de la Syrie, la proposition de supervision des élections nomme l’IRI comme “partenaire”, bien que sur le site internet de ce dernier, pourtant très détaillé quant à la promotion de la démocratie ailleurs dans le monde, il n’est fait aucune mention de la Syrie. Un porte-parole de l’Institut International Républicain n’a pas souhaité commenter les actions que cette organisation pourrait entreprendre ou avoir planifiées en Syrie, décrivant le sujet comme étant “délicat”.

Les experts américains en politique étrangère, familiers de la proposition, affirment qu’elle a été élaborée par un groupe de travail “démocratie et diplomatie publique” qui tient des réunions hebdomadaires au Département d’État pour discuter de l’Iran et de la Syrie. Ainsi que d’autres groupes de travail, il prépare des propositions pour l’échelon supérieur, le “Groupe des Opérations Iran-Syrie”, un organisme inter-agences qui implique, selon les dires de plusieurs fonctionnaires, le sous-secrétaire d’État Nicholas Burns, le conseiller adjoint du Conseil de Sécurité Nationale Elliott Abrams, ainsi que des représentants du Pentagone, des Finances (US Treasury) et du renseignement. Le porte-parole adjoint du Département d’État Thomas Casey a déclaré que le projet de supervision des élections a déjà connu plusieurs ébauches classées secret-défense, mais que “le concept de base reste tout à fait pertinent.”

Source : Time, le 19/12/2006

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Lire aussi une intéressante analyse en anglais ici

sarg-2

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie nullement que nous "soutenons" Bachar al-Assad. Par principe, nous ne "soutenons" aucun gouvernement nulle part sur la planète. Nous sommes au contraire vigilants, tout gouvernement devant, pour nous, justifier en permanence qu'il ne franchit aucune ligne jaune. Mais nous sommes évidemment également attachés à lutter contre le deux poids 2 mesures, et à présenter tous les faits. Au final, notre vision est que le peuple syrien puisse choisir librement et démocratiquement son avenir, sans ingérences extérieures, et nous condamnons toutes les atteintes aux Droits de l'Homme des deux camps...

28 réponses à [2006] La Syrie dans le collimateur de Bush, par Adam Zagorin

Commentaires recommandés

Doctorix Le 25 août 2017 à 08h28

Il y a quand même un certain culot à se plaindre de l’ingérence russe (supposée autant qu’improbable) dans les élections américaines tout en finançant un traficotage des élections syriennes.
Les USA, on le sait, ont pratiqué ces méthodes des dizaines de fois dans de nombreux pays dont la direction n’était pas aux ordres, et la liste est longue. Ils ne font pas autre chose au Venezuela en ce moment-même, par exemple.
Il y a des lois et des principes pour le reste du monde mais qui ne s’appliquent pas aux USA, cette Nation exceptionnelle…
Exceptionnellement quoi, au fait? Malhonnête? Hypocrite? Vénale? Ivre de guerre? Cinglée?

  1. Canal de Provence Le 25 août 2017 à 07h04
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    Vidéo de la TV suisse mentionnant cet article de Time :
    https://youtu.be/PACdD_Jyd_w

    Et puis cette autre vidéo de mars 2016 d’une intervention d’Alain Juillet au sénat à propos, entre autres, du mobile économique :
    https://youtu.be/5siyELxCMNU


  2. Doctorix Le 25 août 2017 à 08h28
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    Il y a quand même un certain culot à se plaindre de l’ingérence russe (supposée autant qu’improbable) dans les élections américaines tout en finançant un traficotage des élections syriennes.
    Les USA, on le sait, ont pratiqué ces méthodes des dizaines de fois dans de nombreux pays dont la direction n’était pas aux ordres, et la liste est longue. Ils ne font pas autre chose au Venezuela en ce moment-même, par exemple.
    Il y a des lois et des principes pour le reste du monde mais qui ne s’appliquent pas aux USA, cette Nation exceptionnelle…
    Exceptionnellement quoi, au fait? Malhonnête? Hypocrite? Vénale? Ivre de guerre? Cinglée?


    • Philvar Le 25 août 2017 à 08h53
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      “” Malhonnête? Hypocrite? Vénale? Ivre de guerre? Cinglée? “”” Mais non ! Seulement dominatrice comme toute superpuissance; dont la France a été un bon exemple jusqu’en 1914 et bien avant !


      • Madudu Le 25 août 2017 à 10h39
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        Nos anciennes colonies nous reprochent moins la colonisation en elle-même, qui n’a pas été toute noire, que les abus qui ont été commis par quelques cols blancs qui se sont enrichis par le biais des institutions et des réseaux du grand capital.

        L’appauvrissement ou la désorganisation de nos anciennes colonies n’a pas été une volonté française, ni de son État ni de son peuple, ça a été le résultat d’un détournement des institutions par l’oligarchie habituelle.

        On ne le répétera jamais assez :

        “Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes que ceux qui exploitent l’Europe. Nous avons un ennemis commun.”

        Thomas Sankara

        Dans l’ensemble les anciennes colonies françaises sont encore attachées affectivement et culturellement à la France, malgré les reproches légitimes. Je ne crois pas que cette relation existe entre les états-unis et ses proies actuelles ou passées.


        • Doctorix Le 25 août 2017 à 13h45
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          Les anglo-saxons ont toujours été des colons haïs (et haïssables, en fait). Bien plus que les Français, qui n’étaient pourtant pas sans défaut.
          Une expérience intéressante est d’aller de Dakar jusqu’en en Casamance en traversant la Gambie.
          Les deux frontières sont aussi celles du sourire et de la joie de vivre.
          De la saleté aussi, accessoirement.


  3. douarn Le 25 août 2017 à 09h18
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    Bonjour
    Le livre “Pétrole, la grande histoire de l’or noir” d’Auzanneau relie beaucoup de faits historiques modernes aux hydrocarbures. Dans l’article 2006-la-syrie-dans-le-collimateur-de-bush-par-adam-zagorin, on lit :

    Le pétrole représente 70% des d’exportations et 30% des revenus gouvernementaux, mais la production est dans une phase de baisse régulière

    La Syrie passe son pic pétrolier en 2005 et gazier en 2010. http://mazamascience.com/OilExport/

    Quelle “merveilleuse” opportunité pour les USA de mettre la main sur ce qui reste au travers d’un “shiite switch” maintenant que M. Assad ne peut plus acheter la paix sociale à laquelle contribuait une énergie presque gratuite pour les acteurs économiques.

    Un cours de moins de 50$/bl est problématique pour les producteurs. L’Algérie qui arrive sur un plateau gazier, a passé son peak oil en 2009, sa jeunesse souvent désabusée et son gouvernement à bout de souffle, pourrait elle être la prochaine sur la liste?


    • Doctorix Le 25 août 2017 à 14h12
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      Le pic pétrolier est très probablement un mythe.
      Le pétrole n’est sans doute pas d’origine fossile mais abiotique, il se formerait en permanence à 100 km de profondeur par 25 kbar de pression et 2000°C à partir du carbonate de calcium, de l’eau pour l’hydrogène et de l’oxyde de fer pour l’oxygène. Les puits qu’on vide se rempliraient lentement mais en continu. Et il y aurait des réserves pour 10.000 ans pour le moins.
      On aurait fabriqué ce mythe pour faire croire à la rareté et forcer les cours d’un produit quasi inépuisable.
      Voilà tout ce qu’il faut savoir sur cette hypothèse passionnante:
      https://resistance71.wordpress.com/2011/06/12/tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-le-petrole-abiotique/
      Du coup, on ne sait plus trop pourquoi on fait des guerres. Si ce ‘est pas pour le pétrole, alors c’est pour satisfaire les lobbies de l’armement. Ce qui n’est pas mieux.


      • Zylo Le 25 août 2017 à 15h59
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        Je veux bien qu’il y ait du pétrole abiotique.
        Mais si vous regardez le nombre de découvertes de nouveaux champs de pétrole, abiotiques ou pas, et le profil de production des champs de pétrole existants, même s’il y a une régénération du pétrole en profondeur, on en brûle de toutes façons beaucoup plus vite qu’il s’en produit… Sans parler des problèmes de CO2.
        Avec le problème déplaisant que pour aller chercher du pétrole plus profond, il faut de plus en plus de métaux, et que pour aller chercher des métaux, il faut de plus en plus de pétrole !
        Bref rendez vous dans moins de 2 ans maintenant (sauf contraction économique majeure, qui reporterait la fin du plateau tous pétrole – hypothèse tout à fait possible).


      • Madudu Le 25 août 2017 à 18h51
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        La composition du pétrole témoigne directement de son origine organique, il y a dedans beaucoup de Soufre et d’Azote, qui sont rares dans les roches.

        Surtout l’Azote, qu’on ne trouve presque que dans l’atmosphère et dans le vivant. Ces deux éléments sont très abondants dans les protéines.

        Par ailleurs le pétrole n’est pas le seul dans son cas, il existe bien d’autres formations fossiles concentrées en énergie, comme les charbons.

        En fonction de l’âge de ces formations et des conditions dans lesquelles elles évoluent leur contenu se transforme progressivement, avec tous les intermédiaires possibles observés dans les différents gisements connus.

        Je suis toujours étonné de constater que ces théories fumeuses touchent des gens sensés et a priori de bon sens. C’est du même niveau que de nier qu’il existe un très fort impact des activités humaines sur l’effet de serre, et par suite sur le système climatique global.


      • Papagateau Le 25 août 2017 à 20h41
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        Pourquoi pas du pétrole abiotique, mais , à la vitesse des découvertes nouvelles par rapport aux découvertes anciennes, nous sommes en train de bruler en 200 ans, du pétrole “abiotique” qui a mis 200’000 ans à se former.
        En gros, il y aura toujours du pétrole, sauf qu’il sortira du puits 1000 fois moins vite.
        Est-ce que ça change grand chose ?


      • Yann Le 27 août 2017 à 00h54
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        @Doctorix,
        “…Du coup, on ne sait plus trop pourquoi on fait des guerres. Si ce ‘est pas pour le pétrole….”
        Le pétrole, tout comme les énergies fossiles sont avant tout convoitées pour des raisons colonialistes, une nappe de pétrole devient immédiatement un enjeu stratégique. Si il y avait du pétrole en Europe ( et d’ailleurs les US en ont beaucoup ) il faudrait trouver un autre moyen de maintenir les pays “en voie de développement” sous la tutelle des occidentaux.
        Sur ce sujet passionnant, je conseil à tous de revoir les 04 épisodes du “Secret des 7 sœurs” diffusés sur ARTE en 2012.


    • Dahool Le 25 août 2017 à 19h14
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      Bonjour

      Permettez moi,

      Parler de peak oil sans préciser de quel “oil” on parle est hasardeux.
      D’après ce que je comprend, en effet, le pic pétrolier du pétrole conventionnel bon marché est passé.
      Un pic général n’existe pas, on parle surtout du prix que nous sommes capables de payer pour l’extraire.
      L’huile de shiste est connue, au minimum, depuis début 1900. Demain, ça sera quoi ?

      Du pétrole, il y en a mais à quel prix ?

      Ps: j’ai bien compris que ça n’était pas le plus important de votre commentaire, c’est pour faire mon malin, si je dis pas de conneries. Lol


      • Kiwixar Le 26 août 2017 à 02h03
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        « Un pic général n’existe pas »

        Production de pétrole général = production de conventionnel + production de non-conventionnel (schiste, eaux profondes, bitumeux, etc). Le pic de production conventionnel est passé en 2005, le pic général est sans doute passé en 2015. Et la décrue sera beaucoup plus rapide que la crue (falaise de Seneque).

        Ce qui ne fait pas exploser les prix (« les prix se font à la marge », comme dit Sapir), c’est l’atonie de la demande liée à la baisse du pib mondial.

        Je pense que la stratégie de l’Otanie pour conserver le prix du baril sous les 100$ pendant encore longtemps, ça va être d’amener le chaos dans de plus en plus de pays consommateurs hors Otanie. D’où le pivot militaire vers l’Asie entamé par Obama. Une guerre en Corée avec des millions de morts réduirait significativement la demande. Sinon, il y a Inde/Pakistan. Tuer la demande de pétrole chez les autres (plus rapidement que la baisse de production ) va, à mon avis, être la stratégie des décennies à venir.


      • Gordon Le 26 août 2017 à 22h29
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        Peak général (e pétrole) peut être pas.
        Cependant il y a le concept de Peak All. Le “peak de tout”.

        Partant du postulat qu’a partir du moment ou le pétrole demandera plus d’énergie pour être extrait que ce qu’il n’en apportera (On parle de EROEI* a 1:1 , *Energy Return On Energy Invest) alors toutes les filières d’extraction de En.fossiles mais aussi de minerais, de transport, de transformation, d’usinage, tomberont en panne tant elles sont dépendantes du pétrole.(C’est aussi le cas des engrais, des produits pharma etc…)

        Sans cette énergie reine ‘du déplacement’, il n’y a plus de mondialisation.

        Le béton et les acier techniques des éoliennes (et encore je parle pas du terrassement, et des minerais/métaux pour les rotors et pales, des travaux d’acheminement, et des central éléc) ne sont rien sans fossiles.

        De toutes façons, seule une poignée de multinationales gèrent la filière de bout en bout, une éolienne ainsi que du PV sont des pures produits de la mondialisation qui du coup, sera tombé en panne.

        Pire, on parle de EROEI de 1:1 mais en fait, nos sociétés qui vivent complètement au dessus de leurs moyens ont besoin en moyenne d’un EROIE de 1:12 pour fonctionner. (Lire “Comment tout peut s’effondrer” P.Servigne.)


  4. John B Le 25 août 2017 à 09h43
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    J’vais paraître un peu pessimiste mais … et alors ? Est-ce nouveau ?

    Ca fait belle lurette que les gens informés savent que c’est le mode opératoire des états-unis, qu’ils n’en sont pas à leur coup d’essai et que la liste des précédents pays ayant subit ce genre de déstabilisation est connue depuis bientôt une dizaine d’année, voir plus.

    Avant que tout ce bordel n’éclate en Syrie on savait que ce pays était le suivant sur la liste, plusieurs années à l’avance …

    Et alors ? Qu’est-ce que ca a changé ? Rien, ca fait un peu de bruit, quelques personnes prennent conscience de la supercherie mais au final l’énorme majorité des peuples sont ou tombent sous l’influence médiatique et croient en la propagande d’état.

    Alors on peut se dire “tout va bien, je suis au courant de ce qu’il se passe”, mais au final on est totalement impuissant, et c’est pas ce genre de “leaks” qui va y changer grand chose.

    A quand un groupement de citoyen assez puissant pour faire pression sur nos dirigeants pour que cela cesse, les partis politiques en étant incapable ?

    Perso je perd de plus en plus espoir chaque jour …


    • Louis Robert Le 25 août 2017 à 11h41
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      Le sage a en effet écrit:

      1. “Vous qui pourtant connaissez si bien les réponses,
      vous n’avez de cesse de vous poser les mêmes questions.”

      2. “Ce que je possédais déjà, je le réclamais d’un étranger.”


    • Kiwixar Le 25 août 2017 à 11h55
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      Plutôt qu’un groupement de citoyens, pourquoi pas un groupement de nations contre l’ingérence otanienne? Si on retire l’Otanie des 210 pays du monde, il en reste bien 180…. ils pourraient pas s’associer et dire basta??


    • scc Le 25 août 2017 à 13h25
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      En effet.
      La différence entre 2006 et aujourd’hui, c’est qu’à l’époque les USA opéraient en secret (il faut un Wikileak pour faire sortir cela au grand jour) et qu’aujourd’hui ils ne s’en cachent même plus. Et ça ne fait toujours pas réagir le reste du monde.
      Il y a donc peu d’espoir.


    • Yann Le 27 août 2017 à 01h01
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      Exact Jhon B,
      “…Syrie on savait que ce pays était le suivant sur la liste, plusieurs années à l’avance …”
      …j’ajouterai juste que le prochain est le Venezuela… La différence avec Obama, c’est que Trump n’hésite pas a annoncer qu’il va y envoyer des troupes, la révolution “colorée” Vénézuélienne n’ayant manifestement pas fonctionné…


  5. Opps' Le 25 août 2017 à 13h19
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    En effet comme dit John B : Est-ce nouveau ?
    Toutefois on peut le rappeler certes.

    Le problème étant qu’à partir du moment où l’on admet l’idée de soutenir les mouvements relevant d’une orientation , au moins dans leurs intentions, démocratiques , et même un certains droits d’ingérence humanitaire , alors il ne faut pas s’étonner que certains pays n’ayant pas tout à fait la même analyse des concepts de ‘démocratie’ et d”humanitaire’ , interviennent à la mesure de leur moyen.


  6. Gabriel GALICE Le 25 août 2017 à 13h23
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    J’avais cité Time du 19 décembre 2006 confirmant l’affaire dans l’émission de la RTS sur Alep.

    http://content.time.com/time/world/article/0,8599,1571751,00.html


  7. Alfred Le 26 août 2017 à 00h00
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  8. Caliban Le 26 août 2017 à 02h38
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    C’est quand même hallucinant cet entêtement des gouvernements US successifs.

    D’abord, la subversion n’aboutit qu’à des catastrophes :
    • immédiates avec les morts et les guerres
    • avec le temps, l’image planétaire des États-Unis est catastrophique, même Hollywood n’arrive plus à écoper

    Ils ne leur viendrait pas à l’idée :
    • de tenir compte de l’expérience
    • de laisser les populations s’occuper de leur propre destinée

    C’est ça qui est hallucinant, ces ingérences sont suicidaires … pour tout le monde. Vivement la prochaine guerre de sécession qu’ils occupent leur industrie militaire à s’exterminer et qu’ils foutent la paix au reste de la planète.


    • SCC Le 26 août 2017 à 16h24
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      Suicidaire pour qui?

      Après tout, la situation en Syrie est une catastrophe pour bien du monde, sauf les USA (en termes de conséquences).


    • Yann Le 27 août 2017 à 01h05
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      @Caliban,
      “C’est quand même hallucinant cet entêtement des gouvernements US successifs.”

      Je vous invite à lire “Les chroniques du grand jeu” :
      http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/06/le-grand-jeu-cadre-theorique.html

      …et comprendre d’ou vient cet entêtement…


  9. Yann Le 27 août 2017 à 01h08
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    Pour confirmer, je vous propose les différentes interview de Roland Dumas ( Ministre des affaires étrangères ), concernant les préparations de déstabilisation de la Syrie :

    https://www.youtube.com/watch?v=BH9SHxetO1I

    https://www.youtube.com/watch?v=4syeTJIhD2k


  10. Julie Le 27 août 2017 à 19h16
    Afficher/Masquer

    Casques blancs et terrorisme, des dizaines de photos et de captures de comptes twitter etc, il serait peut-être temps de faire une lettre au comité qui gère les Oscars?
    https://clarityofsignal.com/2017/05/01/now-you-see-me-over-100-white-helmet-self-posted-facebook-images-expose-fake-humanitarian-group-as-fsa-terrorists-in-bed-with-al-qaeda/


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