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17.avril.201817.4.2018 // Les Crises

À Téhéran, la nomination de Pompeo renforce l’idée que les États-Unis se retireront de l’accord avec l’Iran.

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Le prochain GROS problème…

Source : Al-Monitor, 21-03-2018

À Téhéran, la réaction à la nomination de Pompeo au poste de secrétaire d’État exprime le sentiment croissant que Trump est déterminé à se retirer de l’accord nucléaire.

REUTERS/Jonathan Ernst
Le président américain Donald Trump, entouré du directeur de la CIA Mike Pompeo (à gauche), du vice-président Mike Pence et du secrétaire à l’énergie Rick Perry (à droite), accueille le prince héritier Mohammed ben Salmane d’Arabie saoudite pour un déjeuner de travail à la Maison-Blanche à Washington, le 20 mars 2018.

Un correspondant d’Al-Monitor

« Vous allez voir ce que je vais faire », a déclaré le président américain Donald Trump le 20 mars, lorsqu’on lui a demandé quelle était la ligne de conduite qu’il avait choisie pour les levées de sanctions prévues pour le 12 mai ; les renonciations doivent être signées pour empêcher une violation par les États-Unis de l’accord nucléaire avec l’Iran. Les commentaires sont arrivés alors qu’il recevait le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane d’Arabie Saoudite à la Maison- Blanche, donnant l’impression que le président américain se dirige vers la rupture de l’accord avec l’Iran. En fait, il y a de nombreuses raisons de croire que l’accord historique se dirige vers une fin malheureuse, du moins lorsqu’il s’agit de l’adhésion des États-Unis à cet accord. Dans cet esprit, la récente nomination de Mike Pompeo au poste de secrétaire d’État a renforcé cette idée dans le monde entier et en Iran en particulier.

Le regard sur Pompeo est très sceptique à Téhéran ; le fait qu’il soit très critique à l’égard de la République islamique est le fondement de cette préoccupation. Mais son expérience en tant que directeur de la CIA ajoute à l’appréhension et crée un climat d’incertitude quant à l’avenir, non seulement en ce qui concerne l’accord nucléaire, mais aussi en ce qui concerne la question d’une stabilité plus large dans la région.

Le premier responsable iranien à commenter indirectement la nomination de Pompeo a été le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, qui a tweeté le 13 mars que Trump a pris pour habitude d’être imprévisible et donc peu fiable pour quiconque voudrait engager le dialogue. Zarif a tweeté, « Personne ne sera intéressé à conclure un accord avec la Maison Blanche si la signature américaine n’est valable que pour 4 à 8 ans ».

Les commentaires de Zarif ont été réitérés par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bahram Qassemi, qui a déclaré au quotidien libanais Al-Akhbar que l’Iran considère cette nomination comme une question interne aux États-Unis « mais si nous voulons étudier la question, le monde connaît les manières bizarres et les décisions surprenantes de Trump ; par conséquent, sa décision de renvoyer son secrétaire d’État n’était pas étonnante ». Qassemi a commenté la décision en disant que le monde s’habitue au fait que Trump « prend ses décisions de politique étrangère de manière unilatérale et égoïste et les annonce par le biais des médias sociaux [comme Twitter]. Licencier le ministre des affaires étrangères d’un État qui se présente comme le leader du monde, sans préavis, et pendant un voyage à l’étranger, ne suggère pas une compréhension ou une sagesse politique ; il est intéressant de noter qu’il s’agit du 42ème licenciement en seulement 14 mois. C’est sans précédent ».

Ainsi, pour l’Iran, rien n’indique que les États-Unis respecteront l’accord nucléaire. La nomination de Pompeo apparaît comme la dernière grande annonce avant que Trump ne fasse ce qu’il veut faire en mai. Le journaliste iranien Abbas Aslani a déclaré à Al-Monitor : « En nommant Pompeo, Trump va essayer de faire en sorte que sa menace lors de son retrait du JCPOA [Joint Comprehensive Plan of action] semble être une menace sérieuse et crédible. En rendant cette menace plus crédible, il veut obtenir plus en imposant des sanctions contre l’Iran et en apportant des changements à l’accord nucléaire. Mais s’il ne peut pas obtenir ce qu’il veut, comme apporter des changements au JCPOA, son retrait de l’accord nucléaire n’est pas improbable. Mais après tout, je ne pense pas que ses menaces puissent amener l’Iran à faire des compromis sur la question des missiles. »

M. Aslani a déclaré qu’il existe un point de vue commun en Iran selon lequel Pompeo rendra la politique étrangère américaine à l’égard de l’Iran plus radicale et hostile. « Il s’est exprimé très ouvertement contre les négociations nucléaires et l’accord. Comparé au mandat de Tillerson, le département d’État de Pompeo exercera plus de pression sur l’Iran. En d’autres termes, la présence de Pompeo au département d’État sera moins diplomatique que par le passé », a dit M. Aslani.

Moins de diplomatie de la part des États-Unis semble destinée à pousser les Iraniens vers des positions plus dures en réaction. Ici, la question est de savoir si cela conduirait en fin de compte les États-Unis à se retirer de l’accord alors que d’autres signataires continuent d’y adhérer.

En effet, il y a toujours un manque de clarté quant à la forme que prendra l’accord si les États-Unis se retirent. Pour l’Iran, la véritable garantie de la poursuite de l’accord est l’engagement des parties restantes, mais à Téhéran, on craint que l’approche agressive de Pompeo à l’égard de l’Iran ne contribue à créer une plus grande pression sur le rôle régional de l’Iran et à faire participer les autres parties du JCPOA à de telles pressions – ce qui pourrait conduire à des dissensions avec Téhéran. Néanmoins, il convient de noter que Pompeo, en tant que chef de la CIA, a décidé d’envoyer une lettre directe à un important général iranien. L’année dernière, il a été révélé que Pompeo avait envoyé un message direct au commandant des Forces Al-Qods, Qasem Soleimani. « Ce que nous lui communiquions dans cette lettre, c’est que nous les tiendrons, lui et l’Iran, pour responsables de toute attaque contre les intérêts américains en Irak par des forces qui sont sous leur contrôle », a déclaré Pompeo lors du Forum annuel Reagan sur la défense nationale en Californie du Sud, le 3 décembre. Selon Pompeo, « Nous voulions nous assurer que lui et les dirigeants iraniens comprenaient cela d’une façon on ne peut plus claire ».

Mais Soleimani a refusé d’accepter la lettre, a déclaré Mohammad Golpayegani – un proche collaborateur de l’Ayatollah Ali Khamenei – à la presse iranienne, ajoutant qu’un contact anonyme de la CIA avait essayé de donner une lettre à Soleimani alors qu’il se trouvait dans la ville syrienne d’Albu Kamal en novembre pendant les combats contre l’État islamique. Selon Golpayegani, Soleimani a répondu en disant : « Je ne prendrai pas votre lettre et je ne la lirai pas, et je n’ai rien à dire à ces gens ». La question est de savoir si la même dynamique avec les Iraniens se répétera quand et si Pompeo devient le nouveau chef de la diplomatie américaine.

Source : Al-Monitor, 21-03-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

caliban // 17.04.2018 à 07h28

Au point où on en est, je me demande s’il ne serait pas souhaitable que la faille de San Andreas fasse parler d’elle. Histoire d’occuper les Yankees un bon moment et retourner à des relations internationales basées sur le Droit plutôt que sur la force.

Parce qu’avec l’alliance de l’extrême-droite israélienne, des wahhabites d’Arabie Saoudite et les errements de l’Etat profond étatsunien on a tous les ingrédients d’un cocktail létal à grande échelle.

34 réactions et commentaires

  • caliban // 17.04.2018 à 07h28

    Au point où on en est, je me demande s’il ne serait pas souhaitable que la faille de San Andreas fasse parler d’elle. Histoire d’occuper les Yankees un bon moment et retourner à des relations internationales basées sur le Droit plutôt que sur la force.

    Parce qu’avec l’alliance de l’extrême-droite israélienne, des wahhabites d’Arabie Saoudite et les errements de l’Etat profond étatsunien on a tous les ingrédients d’un cocktail létal à grande échelle.

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    • patrickv // 17.04.2018 à 08h11

      le problème, c’est que les USA mettraient sur le dos de la Russie, de l’Iran, ou de la Syrie, une activité de la faille de San Andreas !
      ils arriveraient à “prouver” une intervention étrangère, à un tremblement de terre de l’ouest Américain !

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      • Zevengeur // 18.04.2018 à 10h34

        Lors de la seconde guerre mondiale il y avait le camp du mal avec les nazis et en face le camp du “assez bien” pour parler un langage simplifié compréhensible pour un américain.
        Aujourd’hui la France se trouve dans le camp du mal, qu’à fait le peuple pour en arriver là ?

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  • Eugene // 17.04.2018 à 07h38

    “Le prochain GROS problème…”

    …Mais si je ne fais pas d’erreur, Notre Bon Président a dit Dimanche soir qu’il se chargerait personnellement de faire en sorte que les USA respectent l’accord.

    Rendez-vous le 12 Mai pour un nouvel épisode de “Macron le chef de guerre”.

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    • Morne Butor // 17.04.2018 à 09h11

      Macron, le chef de guère ?

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    • fanfan // 17.04.2018 à 09h26

      Déclaration conjointe du prince saoudien Mohamed Ben Salmane et du président Emmanuel Macron : https://www.youtube.com/watch?v=CFq0bWrj1Zw
      (6:49) C’est cette même vision qui nous a conduit à vouloir acter d’une volonté commune de stabiliser la région et, la stabilité de la région passe par la stabilisation de plusieurs Etats clés, et je veux à cet égard vous remercier de l’engagement très clair et très fort que vous avez pris en fin de semaine dernière lors de la conférence Cèdre (Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises ) en vous engageant à verser 1 milliard d’euros dans le cadre de cette conférence pour le LIBAN et pour accompagner ses réformes économiques. A votre demande nous aurons tout à l’heure pour le dîner offert en votre honneur, la présence du 1er ministre Saad Hariri marquant ainsi notre volonté conjointe de continuer à accompagner le Liban sur cette voie.

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    • fanfan // 17.04.2018 à 09h27

      (7:37) Il nous faudra aussi dans les prochains mois poursuivre cet objectif de stabilité, oeuvrer ensemble sur le sujet de l’IRAN. Sur le sujet de l’IRAN, nous avons une vue tactique différente sur l’accord dit JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action*) mais nous avons je crois pouvoir le dire une vision stratégique cohérente.
      Cette vision stratégique c’est de réduire tous les projets d’islam politique expansionniste qui peuvent nourrir d’autres formes de terrorisme qui déstabilisent la région. Et donc, à ce titre, la France continue de penser qu’il est important de préserver le cadre
      JCPOA car il est le seul qui nous permet d’avoir une forme de contrôle et de visibilté sur l’activité nucléaire iranienne mais, comme je le promeus depuis septembre dernier, qu’il doit être complété par un travail accru en matière de limitation d’activités balistiques de l’Iran et d’expansionnisme régional de l’Iran…

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      • fanfan // 17.04.2018 à 09h33

        Nabil Ennasri : MBS en France : les dessous d’une collaboration douteuse
        … Pour faire avaler son coup de force, Mohammed ben Salmane s’est appuyé sur plusieurs acteurs au premier rang desquels la présidence Trump.
        Cette connivence stratégique … a été rendue possible par l’entremise du véritable mentor de MBS et homme fort des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed… C’est ce duo, se pensant comme les nouveaux architectes de la géopolitique régionale, qui est en grande partie à l’origine du pourrissement de crises majeures au Moyen-Orient, du blocus du Qatar à la poursuite de la guerre meurtrière au Yémen sans même parler de la déstabilisation du Liban ou du raidissement de l’affrontement diplomatique avec Téhéran…
        http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/ben-salmane-en-france-les-dessous-d-une-collaboration-douteuse-406643062

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    • fanfan // 17.04.2018 à 09h30

      (9:06) Ces actions commences d’ailleurs en SYRIE comme en IRAK pour tout faire, enfin que le processus électoral irakien se passe dans de bonne conditions et sans influence de puissances étrangère, en particulier de l’Iran, et pour qu’en Syrie nous ayons une solution inclusive qui ne passe ni par la partition de la Syrie, ni par l’exclusion, la domination d’une partie du peuple syrien.
      (11:49) Nous avons aussi acté d’une volonté commune de construire un cadre partenarial en matière de sécurité sur la Mer Rouge, d’aider dans toute la région ,au côté de nos alliés, à avoir une activité soutenue, un partenariat stratégique sur lequel nous allons continuer à travailler ensemble mais qui est pour moi un des axes fort de la relation bilatérale.

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      • Christian Gedeon // 17.04.2018 à 10h41

        Bravo Fanfan pour vos contributions sans parti pris…ou presque(mdr) . Le Liban est en effet une clef des arrangements moyen orientaux,et un thermomètre fiable de la situation. In fine les pays arabes,y’ compris le gouvernément syrien actuel, n’accepteront pas une main-mise de l’Iran sur la région. Chacun le sait ,et la relative modération de Hassan Nasrallah dans son dernier discours acte cet état de fait. Les chiites irakiens sont peyt etre influencés par l’Iran mis on déjà montré à moultes reprises leur attachement à l’Irak arabe. Et le deal qui va être proposé à M. Assad est simple. Tu restes mais sans les iraniens. J’ai déjà ete modere trois fois en émettant cette hypothèse. Et pourtant,messieurs et dames,vous verrez que c’est ce qui va arriver. Ses adversaires est un vrai renard des surfaces et un goleador remarquable. Il préférera durer,amoindri,sans les iraniens,que périr avec. À dans quelques mois.

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    • lephil // 17.04.2018 à 16h01

      LA GÉNISSE, LA CHÈVRE ET LA BREBIS,
      EN SOCIÉTÉ AVEC LE LION
      La Génisse, la Chèvre et leur sœur la Brebis,
      Avec un fier Lion, Seigneur du voisinage,
      Firent société, dit-on, au temps jadis,
      Et mirent en commun le gain et le dommage.
      Dans les lacs (1) de la Chèvre un Cerf se trouva pris ;
      Vers ses associés aussitôt elle envoie :
      Eux venus, le Lion par ses ongles (2) compta,
      Et dit : Nous sommes quatre à partager la proie ;
      Puis en autant de parts le Cerf il dépeça ;
      Prit pour lui la première en qualité de Sire :
      Elle doit être à moi, dit-il, et la raison,
      C’est que je m’appelle Lion :
      À cela l’on n’a rien à dire.
      La seconde par droit me doit échoir encor :
      Ce droit, vous le savez, c’est le droit du plus fort.
      Comme le plus vaillant je prétends la troisième.
      Si quelqu’une de vous touche à la quatrième,
      Je l’étranglerai tout d’abord.
      http://galacteros.over-blog.com/2018/04/chronique-geopoly-n-4-sur-le-courrier-de-russie-syrie-la-loi-de-la-jungle-15/04/2018.html

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  • Kiwixar // 17.04.2018 à 07h48

    “Soleimani a répondu en disant : « Je ne prendrai pas votre lettre… »”

    … couverte de produit neurotoxique “fabriqué en Russie”…
    Le visage pâle a la langue fourchue, la main toxique et l’âme perfide.

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  • Lec // 17.04.2018 à 08h08

    Bonjour…
    plus rien ne m’étonne des USA…!!!

    Les Etats-Unis ont été en guerre 222 des 239 années de leur existence :
    https://reseauinternational.net/les-etats-unis-ont-ete-en-guerre-222-des-239-annees-de-son-existence/

    Les Etats Unis est bien un pays conquérant leur politique repose là dessus c’est indéniable que se soit par la force pure ou par l’utilisation d’arme silencieuse, (coup d’état, stratégie du choc, guerre économique) . Ils ont été en guerre durant plus de 219 ans sur les 239 années de leur existence …
    https://lesmoutonsenrages.fr/2016/07/09/reve-americain-ca-depend-pour-qui/

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  • Kiwixar // 17.04.2018 à 08h09

    Si j’ai bien compris la logique des Zuniens :
    – Ne peuvent pas attaquer l’Iran car les Iraniens ont abandonné leur programme nucléaire militaire
    – Vont se retirer de l’accord avec l’Iran et les menacer
    – Vont les accuser d’avoir repris leur programme nucléaire militaire (pas besoin de preuve, désormais, car en Otanie c’est à l’accusé de démontrer son innocence)(bon courage)
    – Vont finir par trouver une ADM de Saddam Hussein dans une cave en Irak
    – Vont attaquer l’Iran, euh l’Irak, euh l’Iran.

    … Une bonne excuse pour un reset financier, la saisie des économies des péquins, l’embargo contre la Chine, l’Etat d’Urgence permanent, etc.

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  • Homère d’Allore // 17.04.2018 à 08h50

    “Personne ne sera intéressé à conclure un accord avec la Maison Blanche si la signature américaine n’est valable que de 4 à 8 ans”

    Ce fut pourtant le principe de tous les traités signés avec les Amérindiens durant le 19ème siècle…

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  • Michel Ickx // 17.04.2018 à 10h02

    Décidément la formule de «Washington DC la folle» de Philippe Grasset (dedefensa.org) est de plus en plus pertinente. C’est la seule hypothèse cohérente qui répond aux faits ahurissants d’un empire en déliquescence.

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  • Michel B. // 17.04.2018 à 10h16

    Merci pour cet article qui pose bien la problématique de la séquence à venir : alors que la dead line du 12 Mai approche pour le JCPOA, l’Iran est sous pression sur le théâtre des opérations dans la région, et aussi intérieurement.

    Les évènements depuis l’accord sont assez parlants : le conflit syrien s’est enlisé jusqu’à ce qu’une ligne claire puisse s’exprimer face à ISIS, la zone d’insécurité de la région s’est élargie au Yemen. Sans préjuger de qui est responsable de quoi, on voit bien que l’Iran est impliqué à défendre son croissant, y compris au delà de ses frontières. Peut-être que Trump reproche à l’administration Obama d’avoir signé un deal qui cautionne un régime dont l’ambition est la défense hors frontière d’un islam politique ? Sans compter ce que l’on ne sait pas (Uranium One ?), mais on découvre petit à petit des pratiques particulièrement sournoises sous Obama.

    En politique intérieure, le JCPOA a été accueilli par des sondages favorables à Téhéran, les gens ont cru à une détente économique grâce à l’assouplissement des sanctions. Au lieu de ça, ils ont vu les ressources nationales consacrées à participer à des conflits à l’étranger qu’ils jugent inutiles. Sur une population qui a faim, ça ne passe pas et la pression monte. Pour mieux comprendre, voir cet excellent article : https://moderndiplomacy.eu/2018/04/10/the-rebellion-in-iran-a-comprehensive-assessment/.

    Enfin gardons en tête les signataires du JCPOA : il ne s’agit pas d’un deal USA-Iran, mais d’un accord à trois entre l’Iran, le groupe des “5+1” (Conseil de Sécurité de l’ONU + Allemagne), et l’Europe. La position de cette dernière est trouble : pendant que Macron aligne son discours sur celui de Trump, l’EU hier repoussait l’idée de nouvelles sanctions, s’abritant derrière des motivations de timing (https://www.reuters.com/article/us-eu-iran-sanctions/eu-fails-to-agree-new-iran-sanctions-as-trump-deadline-nears-idUSKBN1HN26O).

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    • fanfan // 17.04.2018 à 11h33

      Western firms primed to cash in on Syria’s oil and gas ‘frontier’ by Nafeez Ahmed
      https://medium.com/insurge-intelligence/western-firms-plan-to-cash-in-on-syria-s-oil-and-gas-frontier-6c5fa4a72a92

      Total a signé un accord avec l’Iran en vue de développer la phase 11 de South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde, dans le cadre d’un projet estimé dans sa première étape à quelque deux milliards de dollars… Le PDG de Total a ajouté que l’Union européenne, la Chine et la Russie pourraient considérer que l’accord sur le nucléaire iranien peut toujours s’appliquer, auquel cas les Etats-Unis devrait prendre une décision unilatérale. Dans cette hypothèse, Total chercherait à s’assurer qu’il peut mener à bien le projet South Pars.
      https://www.usinenouvelle.com/editorial/total-etudiera-ses-options-en-iran-si-les-etats-unis-retablissent-les-sanctions-selon-patrick-pouyanne.N601958

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    • Mr K. // 17.04.2018 à 14h02

      @Michel B.

      Dès le début de votre commentaire vous utilisez une expression très floue “…l’Iran est sous pression sur le théâtre des opérations dans la région […]”.

      Désolé, mais si vous ne donnez pas plus de précisons, cela ne veut pas dire grand chose. N’importe quel pays participant à une guerre (Syrie) ou tout simplement dans cette région déstabilisée par l’occident, subit une pression, non?

      Donc l’effet de pressions cumulatives avec à ce que vous écrivez dans la foulée, “… et aussi intérieurement”, est en trompe l’œil.

      D’ailleurs concernant les troubles intérieurs en Iran de janvier 2018 ils sont très certainement en partie orchestrés par des puissances étrangères. Euh, peut-être les mêmes qu’en Syrie??

      Il en est question notamment dans cet article du groupe d’anciens haut gradés du renseignement américain (Veteran Intelligence Professionals for Sanity) : “Des vétérans du renseignement rappellent à Trump que l’Iran n’est pas le « principal parrain du terrorisme » ”

      https://arretsurinfo.ch/des-veterans-du-renseignement-rappellent-a-trump-que-liran-nest-pas-le-principal-parrain-du-terrorisme/

      En prime un peu de chronologie allant à l’encontre de vos peut-être “inductions par flous successifs ” :

      Début guerre au Yémen : mars 2015
      accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) 18 octobre 2015, c’est à dire après…

      De plus je ne crois pas que votre “géopolitique boulangère” soit très crédible : “…,on voit bien que l’Iran est impliqué à défendre son croissant,…”

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      • Michel B. // 17.04.2018 à 15h15

        Merci pour vos précisions et vos corrections, je ne fais que restituer mes réflexions sur le sujet, par l’échange on progresse, je situais l’ouverture du conflit au Yemen plus récente.

        L’Iran est (était) militairement présent dans quatre pays de la région, dont deux en conflit, d’où ma considération “boulangère”.

        Des forces étrangères en Iran pour déstabiliser le régime ? Certains observateurs soutiennent cela sur Twitter, mais en les imaginant plus saoudiennes qu’occidentales.

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        • Mr K. // 17.04.2018 à 15h57

          Dans les forces déstabilisatrices occidentales de l’Iran on peut sans aucun doute citer comme participant l’auteur américain de l’article de “moderndiplomacy.eu” que vous citez, le professeur Ivan Sascha Sheehan de l’université de Baltimore. Merci de nous le faire connaître.

          Si le site “moderndiplomacy.eu” collationne des articles venant d’horizons très différents, le site personnel de Ivan Sascha Sheehan est éloquent, avec en page d’accueil des éditoriaux de sa part de 2017 et début 2018.

          Les titres de ces éditoriaux :

          “Trump et Macron devraient décourager les entreprises d’investir en Iran” dans “La Tribune” 13 07 2017

          “Trump sanctions set stage for necessary regime change in Iran” dans “The hill”, 04 08 2017
          (traduction : “Les sanctions Trump préparent le terrain pour le changement de régime nécessaire en Iran”)

          “Iran protests: How Trump can strike a fatal blow against a dangerous, tyrannical regime” chez “Foxnews” 30 12 2017. (Traduction : “Protestations en Iran : comment Trump peut porter un coup fatal à un régime tyrannique et dangereux.”) Etc…

          Pour finir on voit aussi la participation du Professeur Ivan Sascha Sheehan comme membre de la délégation américaine de la “Conférence 2017 pour la démocratie en Iran” à Paris.
          Il a activement participé à la conférence intitulée “Regime change in Iran”, Paris juillet 2017. Pas besoin de traduction, on connaît : Irak, Libye, Syrie,…

          https://professorsheehan.com/

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          • Michel B. // 17.04.2018 à 16h15

            Ce n’est une surprise pour personne que Trump soit favorable à un changement de régime en Iran, il a publiquement prévenu (via son medium préféré) les iraniens qu’il serait présent si besoin le moment venu.

            En évoquant les saoudiens, je pensais plutôt à un support opérationnel sur le terrain.

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            • RGT // 17.04.2018 à 20h09

              Depuis l’opération Ajax de 1953 (coup d’état contre Mossadegh et retour du “Chah Bienveillant”) les iraniens sont légèrement “remontés” contre les occidentaux.

              Certes, les mollahs ne sont pas au summum de la popularité dans ce pays, mais ils symbolisent quand-même la libération de la domination US.

              Il y a des mécontentements mais c’est surtout contre les problèmes liés aux sanctions US contre ce pays.

              De là a espérer un “regime change”, il faut un sacrée dose d’optimisme.
              Le iraniens vivent quand-même largement mieux actuellement qu’au temps du Chah et de sa SAVAK entraînée par la CIA.

              Attaquer les iraniens signifierait de gros problèmes en perspective car ce peuple, contrairement aux occidentaux, est prêt à se battre pour défendre son indépendance et son mode de vie.

              Et si l’attaque est soutenue par les sunnites, ça risque de mettre le feu aux poudres dans tous les pays chiites a l’entour.
              Ce serait un nouvel Afghanistan mais largement plus dévastateur car les russes et les chinois le laisseraient plus faire.

              Tout ce que souhaitent les perses et les chiites, c’est simplement qu’on leur foute la paix.
              Ils se contentent simplement de se défendre.

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  • fanfan // 17.04.2018 à 10h43

    Mohammed Ben Salmane s’allie avec Donald Trump contre l’Iran
    La Maison Blanche affirme que le président américain et le vice-prince héritier d’Arabie saoudite ont mis l’accent sur l’importance de contrer « les activités déstabilisatrices de l’Iran dans la région » et l’application rigoureuse du plan d’action conjoint.
    http://www.presstv.com/DetailFr/2017/03/15/514480/Riyad-sallie-avec-Washington-contre-lIran

    Un document secret a été publié sur l’accord signé entre le vice-prince héritier d’Arabie saoudite et le président américain en vertu duquel le prince Mohammed ben Salmane Al Saoud s’engageait à appliquer les programmes électoraux de Trump qui lui-même se donnait à soutenir le prince Mohammed ben Salmane pour devenir le prochain roi et à transformer la loi JASTA en une loi contre le Qatar.
    http://www.presstv.com/DetailFr/2017/06/19/525835/Arabie-saoudite-Etats-Unis-ben-Salmane-Donald-Trump-Qatar

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  • fanfan // 17.04.2018 à 13h02

    – Caroline Galactéros – Cours de géopolitique : Moyen-Orient, le tragique laboratoire des nouveaux équilibres du monde https://www.youtube.com/watch?v=ykr6blvHMOc

    – One America’s Pearson Sharp visited the war-torn town of Douma outside the capital of Damascus, looking for evidence of a chemical attack. However, residents there deny the claims of an attack, and say it was staged to help the rebels escape : https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=lSXwG-901yU

    – Après les frappes occidentales sur la Syrie, l’Europe change de ton : https://francais.rt.com/international/49927-syrie–europeens-veulent-revenir-dialogue-pollitique-parler-avec-russie
    Intérêts pétroliers ?

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    • RGT // 17.04.2018 à 20h19

      “Le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian s’est félicité de ces conclusions en quittant la réunion : «L’UE et les Etats membres nous ont soutenu dans cette volonté de prévenir et de dissuader toute utilisation de l’arme chimique. L’UE est donc unie.» “.

      Quand on voit la tête de 15 pieds de long qu’il fait sur la photo, on a la certitude qu’il s’est fait remonter les bretelles par Angela en personne et qu’il boude dans son coin.

      Finalement, il n’est que le bouffon des USA et des pétromonarchies.
      Expert en génuflexion et pour lancer des tomates pourries à la tête de ceux qui déplaisent à ses maîtres.

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  • Les Mouches // 17.04.2018 à 19h02

    Cette nomination est aussi la preuve de la puissance de l’Etat profond américain…ils ont clairement réussi à dompter Trump sur la géopolitique qui est leur principal objectif.

    Le fait est qu’être président des US ne permet même pas d’affaiblir le monstre Deep State…nous ne pouvons que reconnaître sa puissance, nous allons encore en bouffer pendant quelques années!

    Bien sûr que l’Iran doit se préparer…car tant que l’UE existera, nous nous alignerons sur la position américaine et l’économie iranienne sera sanctionnée, ils doivent se diriger vers les pays non-alignés…
    Dire qu’il suffirait d’un Frexit pour renverser la table de l’échiquier mondial…
    L’Europe en tant que civilisation est en léthargie depuis la seconde GM et possède pourtant toujours la capacité (si elle le voulait) de renverser des empires.

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    • RGT // 17.04.2018 à 20h29

      Être président de la France revient au même.
      N’oublions pas que le “deep state” existe aussi chez nous, incarné par les énarques et les entreprises du caca-rente.
      Avec le même noyautage des médias, etc., etc..

      La seule différence entre Trump et Zupiter, c’est que le dernier est un pur produit du sérail et qu’il ne tentera jamais de se battre contre “l’état profond” dont il est un membre bien servile.

      En occident, un dirigeant ne se tire pas une balle dans le pied.
      Il se contente de nager furtivement entre les eaux en attendant patiemment la fin de son mandat.
      Comme ça il a la garantie de pouvoir finir son existence à l’abri du besoin et sans avoir à rendre de comptes à quiconque.

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