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1.mars.20191.3.2019 // Les Crises

Alors que les élites démocrates se rapprochent des néoconservateurs, les électeurs du parti deviennent beaucoup plus militaristes et pro-guerre que les républicains. Par Glenn Greenwald

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Source : The Intercept, Glenn Greenwald, 11-01-2019

Glenn Greenwald

11 janvier 2019

L’annonce faite le 18 décembre par le Président Donald Trump de son intention de retirer toutes les troupes américaines de Syrie a produit un certain soutien isolé dans les ailes anti-guerre des deux parties, mais a largement provoqué l’indignation bipartite au sein de l’establishment réflexif pro-guerre à Washington.

La sénatrice GOP [Great Old Parti : républicain, NdT] Lindsey Graham, l’une des partisanes de guerre les plus fiables du pays, et Hillary Clinton, qui a critiqué à plusieurs reprises l’ancien président Barack Obama pour son manque de bellicisme, ont condamné la décision de Trump dans des termes très similaires, invoquant le jargon classique de la guerre contre le terrorisme.

Mais alors que les hautes sphères de Washington se sont rassemblées dans l’opposition, les nouvelles données du Morning Consult/Politico montrent qu’une large majorité d’Américains soutiennent l’annonce du retrait de Trump de la Syrie : 49% sont en faveur contre une opposition de 33%.

Ce n’est pas surprenant étant donné que les Américains, par une majorité tout aussi importante, sont d’accord avec la proposition selon laquelle « les États-Unis sont engagés depuis trop longtemps dans trop de conflits militaires dans des endroits comme la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan et devraient donner la priorité à mettre les Américains hors de danger » beaucoup plus qu’ils ne sont d’accord avec l’opinion pro-guerre que « les États-Unis doivent maintenir des troupes dans des pays comme la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan pour aider nos alliés dans leur lutte contre le terrorisme et préserver les intérêts de leur politique étrangère dans cette région. »

Mais ce qui est remarquable dans les nouvelles données des sondages sur la Syrie, c’est que l’essentiel de l’appui au maintien des troupes dans ce pays provient des électeurs du Parti démocrate, alors que les républicains et les indépendants sont en très grande majorité favorables à leur retrait. Les chiffres sont frappants : parmi ceux qui ont voté pour Clinton en 2016, seuls 26 % sont favorables au retrait des troupes syriennes, tandis que 59 % s’y opposent. Les électeurs de Trump soutiennent massivement le retrait à 76% contre 14%.

Un écart similaire est observé chez ceux qui ont voté démocrate lors des élections de mi-mandat de 2018 (28% sont favorables au retrait et 54% s’y opposent), par opposition au soutien général en faveur du retrait parmi les électeurs du GOP de 2018 : 74% contre 18%.

Des tendances identiques peuvent être observées sur la question de l’intention annoncée par Trump de retirer la moitié des troupes américaines actuellement en Afghanistan, où les démocrates sont beaucoup plus favorables au maintien des troupes que les républicains et les indépendants.

Ce constat est d’autant plus frappant qu’en 2008, M. Obama s’était engagé à mettre fin à la guerre en Afghanistan et à ramener toutes les troupes au pays. Tout au long des années Obama, les données des sondages ont constamment montré que la grande majorité des démocrates étaient en faveur d’un retrait de toutes les troupes d’Afghanistan :

Avec Trump plutôt qu’Obama qui préconise maintenant le retrait des troupes d’Afghanistan, tout a changé. Les nouvelles données des sondages montrent que les républicains et les indépendants sont beaucoup plus favorables au retrait des troupes, tandis que les démocrates sont maintenant divisés, voire opposés. Parmi les électeurs de Trump en 2016, il y a un soutien massif en faveur du retrait : Cependant, les électeurs de Clinton s’opposent au retrait des troupes d’Afghanistan dans une proportion de 37% en faveur contre 47% d’opposition.

Ce dernier sondage est loin d’être aberrant. Comme Ariel Edwards-Levy du Huffington Post l’a démontré au début de cette semaine, des sondages séparés montrent un revirement similaire de la part des démocrates sur les questions de guerre et de militarisme à l’époque Trump.

Alors que les démocrates étaient plus ou moins équitablement divisés au début de l’année dernière sur la question de savoir si les États-Unis devaient continuer à intervenir en Syrie, tout a changé lorsque Trump a annoncé son intention de se retirer, ce qui a provoqué une énorme augmentation du soutien des démocrates pour rester. « Ceux qui ont voté pour la démocrate Clinton ont maintenant déclaré dans une proportion de 42% que les États-Unis avaient la responsabilité de faire quelque chose au sujet des combats en Syrie impliquant l’état islamique, a écrit Edwards-Levy, tandis que les électeurs de Trump ont dit avec une marge de 16 points que la nation n’avait pas cette responsabilité ». (Des tendances similaires peuvent être observées chez les électeurs républicains, dont le soutien à l’intervention en Syrie n’a cessé de diminuer à mesure que Trump s’éloignait de sa position des deux dernières années – l’escalade des bombardements en Syrie et en Irak et le meurtre de beaucoup plus de civils, comme il s’y est engagé à plusieurs reprises durant la campagne – pour revenir à son autre promesse électorale de retirer ses troupes de la région).

Ce n’est évidemment pas la première fois que les électeurs démocrates modifient radicalement leurs « croyances » en fonction de l’appartenance politique de la personne qui occupe le bureau ovale. La base du parti a passé les années Bush-Cheney à dénoncer la guerre contre les politiques terroristes, telles que les assassinats, les drones et Guantánamo, comme des atrocités morales et des crimes de guerre, pour ensuite soutenir soudainement ces politiques lorsqu’elles sont devenues la marque de la présidence Obama.

Mais ce qui se passe ici est beaucoup plus insidieux. L’une des valeurs fondamentales de l’anti-Trump #Resistance est devenue le militarisme, le chauvinisme et le néoconservatisme. Trump est fréquemment attaqué par les démocrates qui utilisent des scénarios de guerre froide de longue date, utilisés pendant des décennies contre eux par l’extrême droite : Trump n’est pas suffisamment belliqueux avec les ennemis américains ; il est prêt à permettre aux mauvais pays de prendre le pouvoir en rapatriant des soldats américains ; ses efforts pour établir des relations moins hostiles avec les pays adversaires sont un signe de faiblesse, voire de trahison.

En même temps, les élites politiques démocrates de Washington se rangent à nouveau formellement avec les néoconservateurs, au point même de créer des groupes conjoints de défense de la politique étrangère (une réunion qui a précédé la conférence de Trump). Le principal groupe de réflexion du Parti démocrate, le Center for American Progress, a fait don de 200 000 $ au néo-conservateur American Enterprise Institute et a conclu des alliances à plusieurs niveaux avec des institutions bellicistes. MSNBC, de loin le média libéral le plus influent, est rempli d’anciens représentants de Bush-Cheney, de fonctionnaires de sécurité de l’État et d’agents, alors que même les vedettes libérales sont particulièrement bellicistes (il y a dix ans, bien avant qu’elle ne s’enfonce aussi loin dans le terrier belliciste et pro guerre froide, Rachel Maddow se proclamait « libéral en sécurité nationale » qui était « tous contre l’anti-terrorisme »).

Tout cela a eu pour résultat qu’une nouvelle génération de démocrates, engagés politiquement pour la première fois par crainte de Trump, ont été imprégnés de valeurs militaristes et impérialistes, formés pour considérer des néoconservateurs autrefois discrédités comme Bill Kristol, Max Boot et David Frum, et les anciens dirigeants de la CIA et du FBI, comme d’excellents spécialistes, des personnalités de confiance qui font écho à leurs idées. Il est inévitable que toutes ces tendances produisent un parti de plus en plus militariste pro-guerre froide, et les données des sondages laissent maintenant peu de doute sur le fait que cette transformation – qui perdurera longtemps après la disparition de Trump – est en bonne voie.

Source : The Intercept, Glenn Greenwald, 11-01-2019

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Commentaire recommandé

Fritz // 01.03.2019 à 08h14

« L’une des valeurs fondamentales de l’anti-Trump #Resistance est devenue le militarisme, le chauvinisme et le néoconservatisme ». Ils caricaturaient Trump en marionnette de Poutine parce qu’il ne voyait pas la Russie comme un ennemi à rayer de la carte, et ils ont suivi leur pente.

Là-bas, on appelle ça des « faucons de gauche », liberal hawks. Et si c’était eux, l’extrême droite ? Des deux côtés de l’Atlantique. Sauf qu’ici, leur chauvinisme se drape derrière la bannière étoilée, avec 12 ou 50 étoiles peu importe.

17 réactions et commentaires

  • Jean-Do // 01.03.2019 à 07h49

    Il me semble que l’auteur de cet excellent article néglige le discours et les actes guerriers de Mme Clinton en tant que candidate mais aussi Secrétaire d’État (ministre des affaires étrangères) sous Obama. Il n’est pas impossible que son électorat l’ait suivie et que ce soit une cause supplémentaire du bellicisme des démocrates.

    Au demeurant, ceux-ci ont souvent été à l’origine de guerre impériales, l’attitude actuelle de leurs partisans n’est qu’à moitié surprenante dans un pays dont la majorité des médias sont de leur côté et ont des accents très guerriers.

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  • Chamfort // 01.03.2019 à 08h04

    Franchement, est-ce que cela change quoique ce soit au problème ?
    Parait-il, le peuple US ne voulait pas la guerre et chaque fois il y est allé. La seule chose qui change depuis le Vietnam est qu’il n’est plus qu’aboyeur, c’est à dire qu’il aime la guerre mais ne veut pas la faire lui-même. La guerre pour lui, c’est Hollywwod, la politique et le temple.
    Logique, à Rome la plèbe était pareille, elle ne se battait plus mais allait au cirque voir s’entre-tuer des gladiateurs en ovationnant l’empereur.
    Similitude d’autant plus pertinente que la plèbe était déjà une classe moyenne de petits cultivateurs paupérisés.
    En revanche, le risque de guerre civile est bien réelle dans ce pays : plus de beurre, plus d’argent du beurre, que des dettes, des schtroumfs et des guerres. Comme dit Poutine, ils “grouinent”.

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  • Fritz // 01.03.2019 à 08h14

    « L’une des valeurs fondamentales de l’anti-Trump #Resistance est devenue le militarisme, le chauvinisme et le néoconservatisme ». Ils caricaturaient Trump en marionnette de Poutine parce qu’il ne voyait pas la Russie comme un ennemi à rayer de la carte, et ils ont suivi leur pente.

    Là-bas, on appelle ça des « faucons de gauche », liberal hawks. Et si c’était eux, l’extrême droite ? Des deux côtés de l’Atlantique. Sauf qu’ici, leur chauvinisme se drape derrière la bannière étoilée, avec 12 ou 50 étoiles peu importe.

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    • Owen // 01.03.2019 à 09h40

      Pierre Conesa a expliqué dans un Thinkerview qu’au moins la moitié des américains n’ont pas de passeport: ils n’ont jamais voyagé. Ils peuvent rouler pendant 4000 km aux USA et rester dans le pays. Depuis la France, en 2500 km, depuis Paris, on peut traverser 5 pays, ou plus, et on est déjà à Moscou.
      la perception du monde n’est donc pas la même. En ajoutant le sentiment d’exceptionnalisme américain, tout ce qui est hors de ce pays est perçu comme une arrière cour. Hormis l’idée fixe de l’anticommunisme, la perception des relations internationale est donc fonction de celle affichée par le président, que l’on soutient ou rejette.

      Ici, une fausse pétition appelant à une guerre nucléaire préventive contre la Russie. Cela ne vaut pas sondage, mais il existe des américains qui ne sont pas dérangés par cette idée.
      https://www.youtube.com/watch?v=CNr5czZKEdk

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      • Tepavac // 01.03.2019 à 13h11

        Ce n’est pas un faux sondage Owen, c’est une parodie qui pointe du doigt la confusion des esprits, Il y en a plusieurs sur le même principe et d’autres sujets.

        C’est ce que fait ce billet de façon plus “sérieuse”, il dénonce la facilité avec laquelle nous sommes manipulables. Notez qu’ils arrivent à faire dire à des convaincus de “gauche”, qu’ils sont de gauche avec les idées d’opposants radicaux.

        Je suis pour la paix les armes à la main….

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    • Lo // 02.03.2019 à 13h17

      Ce point de rencontre entre une certaine “gauche” bobo et le néoconservatisme s’observe également en France et pourrait expliquer l’atonie des réactions face à la répression des gilets jaunes. Cette catégorie va plus s’émouvoir du mur à la frontière États-Unis-Mexique que d’une éventuelle guerre au Venezuela fomentée par les EU. Néoréacs ou néonéoconservateurs ?

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  • calal // 01.03.2019 à 09h02

    Cela illustre bien le fait que “l’identification” est la composante la plus importante dans la politique politicienne,la persuasion et la propagande: le “nous” contre “eux”.

    Je m’identifie a un camp ,le “nous” : homme blanc ou femme, hetero ou homo,gauche ou droite,nationaliste ou progressiste.Et je memorise des mots cles dans les discours “de mon camp” qui permet de distinguer “les miens” des “autres”. Apres, je vais modifier mes perceptions et mes raisonnements pour etre en accord avec “mon camp”.Pour continuer de ressentir l’apaisement lie a la pseudo-securite d’appartenir a un groupe ( facon zebre perdu dans le troupeau ou banc de poisson ce qui perturbe le predateur isole).

    Il faut etre conscient de ces mecanismes issus d’un autre age pour les apprivoiser.

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  • UnKnown // 01.03.2019 à 09h41

    -Plus de 300 000 vétérans de guerre Américains vivent dans la rue
    -1,4 millions de vétérans de guerre Américains vivent dans une extrême pauvreté et sont susceptibles de finir eux aussi dans la rue
    -Chaque année environ 5000 de ces vétérans se suicident
    -460 000 de ces vétérans souffrent de Troubles Post Traumatiques

    Ces hommes et femmes, ces “Grunts”/grognards/bidasses de base, une fois leur service terminé, sont presque tous totalement délaissés par l’état américain.
    L’Etat US est une machine criminelle et une parjure honteuse et puante des idéaux sur lesquels se sont fondés ce pays.

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    • James Whitney // 01.03.2019 à 10h59

      Presque tout écrit ici est exact, mais :

      ” …idéaux sur lesquels se sont fondés ce pays.”
      Petit garçon, c’est ce j’ai appris à l’école, par exemple “All men are created equal” citation Thomas Jefferson, qui possédait de nombreux esclaves. Mais la Constitution étasunienne a été écrit soigneusement pour garantir la dominance de ceux qui possédait des richesses, voir The Federalist Papers qui représentent le débat de ceux qui écrivait la Constitution. C’est l’une des raisons que nous avons le collège de grands électeurs pour élire le président, et plein d’autres dispositions anti-démocratiques, un peu comme ici avec notre cinquième république.

      PS : Lindsey Graham n’est pas une femme, c’est un homme.

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      • Jean-Do // 01.03.2019 à 13h07

        Je pense que la lecture de l’Histoire Populaire des États-Unis de Howard Zinn est particulièrement détaillé et argumenté sur cette idéologie mensongère sur laquelle est bâti ce grand empire. En plus, ça se lit presque comme un roman. En tout cas, c’est passionnant.

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      • Calal // 01.03.2019 à 15h31

        En tant que conservateur cynique,je me méfie de tous les progressistes autoproclamés qui veulent changer une constitution.Enchaînez déjà deux mandats de suite avant de vouloir toucher a une constitution…
        Une des interprétation de ce collège de grand électeur serait de se prémunir d’un trop gros poids électoral des centres urbains ou une masse d’esclave endormie par du pain et des jeux (ou de la télé et des opiacées) pourrait imposer ses vues a des producteurs ruraux.ce qui se retrouve dans les découpages des circonscriptions électorales en France et dans la France périphérique de guilly

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    • Sandrine // 01.03.2019 à 12h25

      Il faut ajouter que la situation en Europe n’est beaucoup plus glorieuse. La France ne trait pas forcément beaucoup mieux ceux qui signent un contrat CDD avec l’armée, par exemple. Malgré toutes les promesses que l’on voit sur les pubs à la télé, à l’issue de contrats de 5 ans, l’armée vous renvoie bien gentiment dans vos foyers sans aucune solution de reclassement. Retour à la case départ, avec parfois beaucoup de traumatismes dans votre bagage…

      Quand je pense que l’état féderal Allemand paie encore aujourd’hui des pensions de guerre à d’anciens SS belges allant jusqu’à 1200 euros (non taxés qui plus est)!
      https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/d-anciens-ss-belges-recoivent-une-pension-de-l-allemagne_2063276.html

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    • Sophia // 01.03.2019 à 15h02

      Quand on pense que la plupart des gens qui s’engagent dans l’armée penchent plutôt côté républicain, ça risque de devenir intéressant, si seuls les démocrates se mettent à être pro-guerre. Ou alors, c’est le profil psycho-social de l’engagé de base qui va sacrément changer…

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  • Tepavac // 01.03.2019 à 12h55

    Excellente idée d’avoir mis en ligne cette observation du comportement bien singulier d’une grande partie des participants à l’élection.

    Par instinct de clanisme les personnes en arrive même à soutenir les opinions contraires aux leur propre idéaux.
    Extrait;

    “La base du parti a passé les années Bush-Cheney à dénoncer la guerre contre les politiques terroristes, telles que les assassinats, les drones et Guantánamo, comme des atrocités morales et des crimes de guerre, pour ensuite soutenir soudainement ces politiques lorsqu’elles sont devenues la marque de la présidence Obama.”

    Et c’est pareil ici, combien réélisent un repris de justesse, simplement par esprit de clan, nous pouvons en faire une liste interminable.

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  • Valmeysien de Bouvines // 01.03.2019 à 13h29

    A l’attention du traducteur : Lindsey Graham est un homme, et non une femme comme vous semblez le croire dans le deuxième paragraphe de cet article.

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  • Albert-Nord // 01.03.2019 à 18h22

    Tiens ! Mon commentaire qui faisait réf. à Diana Johnstone et à son livre “Hillary Clinton : La reine du chaos” a disparu, tout comme mes réf. sur les gauches françaises qui soutenaient les guerres en Libye, Syrie et révolution de couleur en Ukraine.
    Pourquoi?
    https://www.les-crises.fr/hillary-clinton-la-reine-du-chaos-par-diana-johnstone/
    https://www.les-crises.fr/ukraine/
    http://www.librairie-tropiques.fr/2017/10/gauche-revolutionnaire-la-grande-manipulation.html

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  • drweski // 01.03.2019 à 21h40

    Dans les années 1920-30 en Allemagne, les classes moyennes menacées de déclassement sont passées du centre aux nazis, ce qui s’est vu avec l’effondrement électoral des partis libéraux de droite et de gauche (DDP et DVP) au profit des nazis, alors que le parti de la droite nationaliste conservatrice DNVP tenait le choc électoralement parlant, même si sa direction allait elle capituler devant les nazis en finale. Aujourd’hui, peut-être avons nous affaire au même phénomène, les mêmes couches sociales dites « moyennes » liées au système et menacées par sa désagrégation, passent avec la crise d’une position « libérale de gauche » à l’extrême droite, mais cette fois ci l’extrême droite se proclame « extrême centre » tout en devenant de plus en plus militariste …donc objectivement d’extrême droite. Face à cet extrême centre d’extrême droite, le parti dominant, les démocrates aux USA par exemple, agite l’épouvantail d’une extrême droite fantasmée et souvent insipide qui est sans doute moins militariste, moins extrémiste, moins agressive, moins violente, moins disciplinée, moins haineuse, moins impérialiste ou tout au moins moins conséquente et moins efficace dans son ethnocentrisme et son agressivité impérialiste que l’extrême centre d’extrême …droite ! Finalement tout a changé pour que rien ne change mais l’apparence a changé pas la structure de classe et le processus de déclassement.

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