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16.juillet.202016.7.2020 // Les Crises

Bon pour l’Europe, donc bon pour l’Allemagne – par Guillaume Berlat

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat

« Ne plus dépendre des autres, ne plus se laisser intimider, et ré-entraîner l’Europe à partir sur une nouvelle base moins chimérique, plus volontaire »1. Tel est l’objectif que l’ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine propose aux autorités françaises pour préparer le monde d’après. Objectif réaliste et pragmatique à cent lieues des envolées lyriques du président de la République sur la construction européenne comme celle du discours refondateur de la Sorbonne du 27 septembre 2017 qui a fait pschitt2. Depuis cette date, les choses sont allées de mal en pis pour une Union européenne qui apparaît de plus en plus divisée, épuisée, impuissante à relever les immenses défis du monde du XXIe siècle. Que peut-on faire pour la remettre sur les rails ?

Une fois de plus, Hubert Védrine trace un chemin réaliste lorsqu’il écrit : « Je ne peux que redire ma conviction : l’Europe doit sortir de l’impuissance et de la dépendance face aux puissances ; il faut qu’elle accepte de se métamorphoser en puissance. Ce n’est pas une question de traité, ni de procédure, ni d’intégration, mais de mental et de courage »3. Alors que l’Allemagne a pris la présidence semestrielle tournante de l’Union européenne, la chancelière allemande accorde un entretien spécial aux journaux du réseau Europa4. Cette prise de position, assez rare sous cette forme, donne l’occasion à Angela Merkel de préciser sa position alors que l’Europe traverse une crise existentielle sans précédent. Elle est marquée au sceau du pragmatisme – c’est une marque de fabrique pérenne – et de la solidarité – c’est une nouveauté dans la sphère financière – de la part d’une chancelière que la crise de la Covid-19 a plus renforcé sur la scène allemande que son homologue français dans l’hexagone. Il y a quelques mois encore, elle était donnée partante car peu crédible par nos Pic de la Mirandole des questions allemandes.

LE CONTEXTE EUROPÉEN : CRISE EXISTENTIELLE ET PRÉSIDENCE ALLEMANDE

La crise mondiale de la Covid-19 a laissé des traces dans les esprits tant par sa gravité que par les lacunes de l’Union européenne et le manque de solidarité de ses États membres. Pour répondre aux nombreux défis que soulève cet évènement, la présidence allemande de l’Union se veut solidaire entre Nord et Sud, Ouest et Est.

Une crise sanitaire qui a laissé des traces

Contrairement aux affirmations sur l’unité des pays européens la crise sanitaire que nous vivons a montré en vraie grandeur, pour ceux qui l’ignoraient, que tous les Etats pratiquent le chacun pour soi y compris dans l’achat des matériels et des produits5. Nous n’avons pas d’amis, nous n’avons que des alliés ou des ennemis disait Churchill. C’est le plus fort, le plus riche ou le plus agressif qui emporte la mise. Ceux qui ont anticipé ont un avantage réel car ils ont pu se préparer et agir tandis que les autres essaient de réagir au jour le jour et la sanction économique et sociale est brutale. Comme le savent bien les militaires, la solidarité n’existe que dans les troupes entrainées qui partagent des valeurs et des objectifs. L’Europe s’est révélée incapable de répondre à la crise par des actions communes.

L’OTAN non plus d’ailleurs. La fourmi nordique a géré au mieux quand la cigale méditerranéenne a sombré dans le chaos. En réalité chacun s’est débrouillé comme il a pu, en fonction de ses moyens, entre ceux qui ont considéré qu’il fallait laisser faire la nature quoi qu’il en coûte et ceux qui ont cherché à éviter la contamination par des mesures allant de l’identification des malades au confinement général.

Au plan des entreprises la crise a fait découvrir pour beaucoup et confirmer pour certains les limites de la mondialisation, l’importance du patriotisme économique, et les conséquences du principe de précaution. L’économie libérale basée sur les échanges à l’échelle planétaire et la création de valeur pour l’actionnaire a montré ses limites. Les ruptures d’approvisionnement en amont ou en aval ont montré que la délocalisation pour raisons financières étaient dramatiques en cas de crise et qu’il fallait disposer de sources proches pour répondre aux imprévus.

Tout en développant son niveau d’exportation, le président Trump, adepte de la doctrine de Monroe, y trouvera une raison de plus pour l’appliquer et privilégier son marché intérieur. Le président Xi Jinping fera de même pour continuer le recentrage économique de la Chine sur son propre territoire. Espérons que la France et ses industriels sauront en tirer les enseignements6. Les citoyens européens se sont tournés vers l’Etat et non vers l’Union européenne pour répondre à leurs demandes pressantes de sécurité sanitaire.

Une présidence allemande qui se veut solidaire

Ce n’est qu’un hasard – un hasard heureux, peut-être. Aujourd’hui, l’avenir de l’Union européenne est entre les mains de deux Allemandes. Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a présenté, le 27 mai 2020, sa proposition pour le prochain « cadre financier pluriannuel » (CFP) du budget de l’UE (2021-2027)7. Cette proposition sera bien différente de celle qu’elle avait avancée avant la crise du coronavirus et qui n’avait pas réussi à convaincre les chefs d’Etat et de gouvernement, qui doivent en décider.

Angela Merkel, qui va assumer, à partir du 1er juillet, la présidence tournante des conseils des ministres, aura la charge d’orchestrer la prise de décision définitive avant la fin de l’année. Avec Charles Michel, le président du Conseil européen, elle tente de convaincre chacun de ses homologues d’ouvrir la voie pour sortir l’ensemble de l‘Union européenne de la crise et d’organiser une relance économique durable qui prenne en compte les défis écologiques, technologiques et sociaux devant lesquels se trouvent tous les Etats membres de l’Union.

Emmanuel Marcon a-t-il trouvé, enfin, des réponses à ses initiatives européennes depuis presque trois ans ? « L’initiative franco-allemande pour la relance européenne face à la crise du coronavirus », rendue publique le 18 mai 2020, est bien plus ambitieuse que ce que semble indiquer le titre. Elle est le contraire de la proposition pour une « aide d’urgence », présentée le 23 mai par « les Quatre Économes », comme s’appelle un groupe d‘Etats membres composé de l‘Autriche, le Danemark, la Suède et les Pays Bas (appelés « les Quatre Radins » ou « Quatre Frugaux » par d’autres). L’initiative franco-allemande vise un effort commun bien au-delà de la crise actuelle, causée par la pandémie, qui a freiné, voire interrompu beaucoup d’activités économiques8.

Elle cherche à préparer une relance qui assure une modernisation profonde de nos économies et non pas seulement une compensation des pertes subies et un retour à l’état des affaires d’avant la crise. Ainsi, l’initiative franco-allemande ne vise pas seulement à venir à l’aide des pays membres qui ont le plus souffert de la crise. Elle a l’ambition d’améliorer le mode de fonctionnement de l’Union pour qu’elle puisse mieux faire face aux défis futurs ainsi qu‘aux exigences d’un système international en plein changement.

La crise actuelle du coronavirus ne met pas seulement en exergue les faiblesses de la construction européenne d’aujourd’hui ; elle amplifie la concurrence entre les grandes puissances, les États-Unis et la Chine, pour la place de première puissance mondiale et, par conséquent, elle renforce le besoin pour l’Europe de choisir la place qu’elle compte occuper au niveau global. La proposition franco-allemande se situe explicitement dans le cadre de la « conférence sur l’avenir de l’Europe » lancée pour mener un grand débat démocratique sur le projet européen, ses réformes et ses priorités. Le « fonds de relance » proposé n’en est qu’une partie, bien que fondamental.

En tête de la liste des propositions se trouve l’ambition pour l’Union européenne d’établir une « souveraineté sanitaire stratégique », la santé étant une matière qui ne fait pas partie des compétences de l‘Union.

Français et Allemands proposent donc d’établir une coordination des politiques européennes en la matière, ainsi que des capacités en commun, des règles et des normes pour faire face, ensemble, aux futures épidémies – et de réduire la dépendance de l’UE par rapport aux industries sanitaires extérieures9.

Après le tableau clinique et la réponse franco-allemande, comment transformer l’essai au plan des Vingt-Sept ? Tournons-nous vers les réponses qu’apporte la chancelière allemande à la veille de la présidence allemande !

LE CONTEXTE ALLEMAND : PRAGMATISME ET SOLIDARITÉ

Au cours de cet entretien, Angela Merkel aborde différentes thématiques avec le calme, la pondération et le réalisme qui la caractérisent. Une sorte de vaste panorama sur l’état de l’Europe et du monde. Nous allons les reprendre successivement pour nous permettre de nous faire une idée sur sa stratégie au moment où elle prend la présidence semestrielle de l’Union.

Une succession de crises depuis 2007

La chancelière allemande indique qu’elle aborde cette présidence avec sérénité tant elle a connu de crises depuis 2007, date à laquelle elle a assumé sa première présidence de l’Union : rejet du traité constitutionnel par le peuple français en 2007, crise financière de 2008, turbulences de l’euro, crise des réfugiés en 2015… L’Europe a démontré qu’elle n’était pas encore assez résistante aux crises.

Aujourd’hui, la crise de la Covid-19 nous place devant un défi inédit. C’est pourquoi, Angela Merkel invite les États membres à éviter de se poser trop de questions existentielles. Elle les encourage à travailler pour maintenir le marché unique européen10 et présenter un front uni sur la scène internationale. Elle mise sur le fait que, dans ces circonstances exceptionnelles, les États membres ont un intérêt marqué à se concentrer sur les points communs.

Surtout dans un temps où « l’heure du multilatéralisme a sonné ». Il nous appartient de lutter contre le protectionnisme. Si l’Europe veut être entendue, elle doit donner le bon exemple. Toutefois, la chancelière ne se fait guère d’illusion tant les négociations à venir (en particulier celles sur l’adoption du plan de relance franco-allemand) seront difficiles. Sans parler de la conclusion du Brexit, de la relation avec la Chine ou du lancement de la conférence sur l’avenir de l’Europe qui doit aboutir au premier semestre 2022, sous présidence française.11

Une proposition de fond de relance post-Covid

Nous nous trouvons au cœur de l’action de la présidence allemande du second semestre 202012. Elle en précise d’entrée de jeu l’objectif : apporter de l’aide, nous montrer solidaires dans la mesure où les Vingt-Sept sont touchés de manière différente (adoption d’une clé de répartition différente de celle du budget ordinaire). Mais elle rajoute aussitôt qu’il reste encore beaucoup d’effort à faire par les États eux-mêmes, signifiant ainsi que la générosité allemande ne saurait être sans limites. Elle résume parfaitement sa démarche : « la recette du succès est donc que nous fassions tous du bon travail dans nos pays respectifs, et que nous augmentions en même temps la convergence dans l’UE ».

Angela Merkel explicite les raisons des évolutions de la posture allemande (avoir quitté le groupe des « frugaux », Autriche, Danemark, Pays-Bas, Suède qui rejettent le principe de subventions proposé par la Commission européenne) à l’égard des pays les plus touchés par la pandémie : « la pandémie a entraîné un énorme fardeau pour l’Italie et l’Espagne, par exemple, tant sur le plan économique et médical que, en raison de nombreux décès, sur le plan émotionnel. Dans ces circonstances, l’Allemagne ne peut pas seulement penser à elle-même, mais doit aussi être prête à faire un geste de solidarité extraordinaire. C’est dans ce sens qu’Emmanuel Macron et moi-même avons fait notre proposition »13.

Mais, pour Angela Merkel, il est important de maintenir le programme dans le cadre des traités existants. Le fond de relance ne peut pas résoudre tous les problèmes de l’Europe. Ne pas l’avoir les aggraverait. « Les menaces contre la démocratie seraient alors plus grandes. Pour que l’Europe survive, son économie doit aussi survivre ». Il y a urgence à répondre à une situation exceptionnelle tout en étant prudent sur le plan institutionnel. C’est pourquoi, plus tard, viendra la question du changement ou non des traités actuels.

Une femme à la tête de l’Eurogroupe

Tout en rappelant qu’il ne lui appartenait pas de décider en lieu et place des ministres des Finances de la zone euro, Angela Merkel a souligné que la candidate espagnole, Nadia Calvino bénéficiait du soutien allemand en raison de ses qualités reconnues mais du souci de voir des postes politiques de premier plan au sein de l’Union à des femmes.

Une Europe confrontée à l’autoritarisme

Nous n’avons pas suffisamment compris le traumatisme que représentait encore la dictature pour les pays appartenant au Pacte de Varsovie qui avaient rejoint l’Union. Leur attachement à une certaine forme d’identité nationale en est le reflet. « Nombre de pays qui ont adhéré récemment à l’Union européenne partagent à la fois l’enthousiasme suscité par l’œuvre de paix de l’Union européenne et un certain scepticisme vis-à-vis de l’Europe. Il nous faut faire preuve de compréhension face à cela. Je vois ma mission dans le fait d’œuvrer en faveur d’une Europe indépendante, libérale et caractérisée par les droits individuels fondamentaux ». La chancelière est d’autant plus sensible à ce sujet qu’elle a vécu en ex-RDA14.

Une séparation avec le Royaume Uni

Angela Merkel manifeste le désir de voir conclu un accord de séparation entre Londres et Bruxelles. Mais cela suppose que les deux parties le veuillent. Avec son pragmatisme habituel, la chancelière souligne que « Ce ne sont pas nos souhaits qui comptent mais exclusivement la réalité, c’est-à-dire, tout d’abord, ce que veut le Royaume-Uni ».

Un « no deal » ne serait dans l’intérêt de personne. Elle poursuit en rappelant qu’il revient à Boris Johnson de définir la posture britannique et d’en assurer les conséquences, en particulier si les normes n’évoluent pas de façon parallèle.

Angela Merkel invite les partenaires à se défaire de l’idée que ce sont les Vingt-Sept qui définissent ce que le Royaume-Uni devrait vouloir.

Une relation à refonder avec la Chine

Dans la perspective du sommet Union européenne/Chine initialement prévu en septembre 2020 mais reporté en raison de la pandémie, il appartient aux Vingt-Sept de définir une position commune vis-à-vis de la Chine (« Ce n’est pas si facile », précise Angela Merkel).

Outre les sujets possibles de coopération sur lesquels existent des intérêts communs (protection du climat, politique de développement en Chine, accord sur la protection des investissements toujours bloqué), il existe de nombreux points de désaccords (intérêts et valeurs, état de droit, avenir de Hongkong). Face aux menées chinoises, les Vingt-Sept doivent tout faire pour mettre en œuvre leur « capacité de résistance » en étant solidaires. Faute de quoi, l’Union s’affaiblit.

La Chine est à la fois un partenaire de coopération économique et de lutte contre le changement climatique mais aussi un concurrent au système politique différent. « En tout cas, ne pas parler ensemble, ne saurait être une bonne idée » souligne la chancelière.

Une Amérique en retrait des affaires européennes

En réponse à une question sur l’annonce d’un retrait des troupes américaines du sol allemand, Angela Merkel rappelle la doctrine classique de son pays. « Nous croyons que l’OTAN a une grande valeur pour chacun de ses États membres. En Allemagne, nous savons que nous devons davantage pour la défense et nous avons atteint d’ailleurs des augmentations considérables, ce que nous allons poursuivre pour nos capacités militaires. Les troupes américaines servent aussi bien à la protection de l’Allemagne et de la partie européenne de l’OTAN que les intérêts des États-Unis d’Amérique ».

Manière indirecte de répondre aux critiques de Donald Trump. Elle poursuit ainsi « Regardez le monde, regardez la Chine ou l’Inde : il existe d’excellentes raisons de continuer à miser sur une communauté de défense transatlantique et sur le bouclier nucléaire commun. Mais il faut bien sûr que l’Europe apporte une contribution plus importante que pendant la guerre froide. Nous avons grandi avec la certitude que les États-Unis voulaient être la première puissance mondiale. Si les États-Unis, de leur propre chef, abandonnaient désormais ce rôle, il nous faudrait mener une réflexion de fond ».

On comprend que, sur la question de la défense européenne autonome, l’Allemagne ne partage pas la vision d’Emmanuel Macron.

Une Russie avec laquelle il faut dialoguer

En dépit du constat de l’utilisation des moyens de guerre hybride par Moscou (campagnes de désinformation, de déstabilisation, meurtre du Tiergarten à Berlin…), Angela Merkel estime qu’il y a « de bonnes raisons de toujours poursuivre un dialogue constructif avec la Russie. En Syrie ou en Libye, deux pays directement voisins de l’Europe, la Russie a une influence stratégique. C’est pourquoi, je reste attachée à la coopération ». On ne saurait être plus clair.

Il n’est pire ignorant que celui qui ne veut pas savoir. Rien n’est vraiment acquis avant que tout ne soit acquis, disent les diplomates dans la dernière ligne droite d’une négociation. En un mot « tout » signifie un accord à Vingt-Sept, s’agissant du plan de relance post Covid-19. Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a encore beaucoup de travail diplomatique de persuasion des sceptiques à faire pour parvenir à cet objectif. Mais, Angela Merkel n’est jamais aussi brillante que lorsqu’elle est dans la tourmente15.

Telle Lazare, elle renaît toujours de ses cendres plus déterminée et plus sereine que jamais. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle tire sa force et sa crédibilité sur la scène internationale du fait que sa politique, sa diplomatie sont imaginées et exécutées dans la durée et non dans le temps court médiatique et émotionnel. Elle sait garder, en toutes circonstances, ses qualités de lucidité, de pondération, d’équilibre et de bon sens, excluant le lyrisme arrogant à la française. Une belle leçon de Realpolitik pour Emmanuel Macron et sa joyeuse troupe de Pieds Nickelés.

Souvenons-nous de ce qu’écrit André Comte-Sponville : « Les Français adorent donner des leçons au monde entier sans en recevoir de personne ». Aujourd’hui, l’heure est au règlement des urgences et non aux propositions de mécanos institutionnels dont les Français sont si friands tant ils aiment galoper dans les nuages au lieu de revenir sur la terre ferme. L’important est de coopérer de manière pragmatique pour éviter les controverses stupides qui mènent toujours droit dans le mur.

La Chancelière l’a bien compris, elle qui sait parfaitement défendre l’intérêt de l’Allemagne et celui de l’Union européenne. Angela Merkel résume parfaitement sa pensée à propos du plan de relance franco-allemand : « Ce faisant bien sûr, nous agissons aussi dans notre propre intérêt. Il est dans l’intérêt de l’Allemagne que nous ayons un marché unique fort, que l’Union européenne devienne de plus en plus unie et qu’elle ne s’effondre pas. Ce qui était bon pour l’Europe était et demeure bon pour nous ».

Guillaume Berlat
6 juillet 2020

1 Hubert Védrine, Et après ?, Fayard, 2020, p. 133.
2 Guillaume Berlat, Jupiter se mue en Atlas, www.prochetmoyen-orient.ch , 2 octobre 2017.
3 Hubert Védrine, précité, p. 129.
4 Thomas Wieder (propos recueillis par), Le plaidoyer proeuropéen d’Angela Merkel. Angela Merkel : « Il est dans l’intérêt de l’Allemagne que l’UE ne s’effondre pas », Le Monde, 28-29 juin 2020, pp. 1-2-3.
5 Scott Greer/Holly Jarman/Sarah Rosenblum, « L’Europe de la santé » que le président de la République appelle de ses vœux, Le Monde, 2 juillet 2020, p. 28.
6 Ancien Directeur du renseignement à la DGSE de 2002 à 2003, Alain Juillet a ensuite occupé jusqu’en 2009 les fonctions de Haut responsable à l’intelligence économique, rattaché au Premier Ministre. Conseiller au Cabinet Orrick Rambaud Martel, il est également Président de l’Académie d’Intelligence Economique, mai 2020.
7 Pierre Avril/Anne Rovan, Von der Leyen l’ex-dauphine de la chancelière en voie d’émancipation, Le Figaro, 1er avril 2020, pp. 2-3.
8 Isabelle Lasserre, Le moteur franco-allemand a retrouvé sa puissance, Le Figaro, 1er juin 2020, p. 3
9 Detlef Puhl, Le plan « Merkron » peut-il sauver l’Union européenne ?, AFP/The Economist, 29 mai 2020.
10 Philippe Gélie, Charité bien ordonnée, Le Figaro, 1er juillet 2020, p. 1.
11 Anne Rovan, Relance, Brexit : les dossiers empoisonnés de la présidence allemande, Le Figaro,1et juillet 2020, p. 3.
12 Daniela Schwarzer, Les défis de la présidence allemande de l’Union européenne, Le Monde, 2 juillet 2020, p. 28.
13 Thomas Wieder, Au château de Meseberg, le duo Merkel-Macron affiche sa proximité, Le Monde, 1er juillet 2020, p. 6.
14 Sylvie Kauffmann, L’Europe face au doute démocratique, Le Monde, 2 juillet 2020, p. 30.
15 Pierre Avril, Dernier rendez-vous avec son destin européen pour Angela Merkel, Le Figaro, 1er juillet 2020, pp. 2-3.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat

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Commentaire recommandé

Ribellu // 16.07.2020 à 13h12

Plus d’Europe du tout ce serait mieux pour chaque pays qu’une Europe de voleurs, de menteurs, de magouilleurs, avec leurs 60.000 fonctionnaires qui gagne beaucoup trop, quand on pense qu’un salaire moyen d’un travailleur en Belgique est de 1500 euros net et qu’un eurodéputé gagne 12.500 euros net par mois, et qu’ils ont voté une loi eux-mêmes pour pouvoir prendre leur retrait à partir de 50 ans avec une retraite de 9.000 euros net par mois c’est simplement SCANDALEUX, et là l’Europe naturellement ne bouge pas et quand on entend les ministres européens dire qu’il faut rester unis est tout simplement dans leur intérêt, mais quand il y a un gros problème tel que le COVID-19 là ils ne savent plus quoi faire et chaque pays à fait à sa façon, DONC à quoi sert cette Europe de MERDE…

15 réactions et commentaires

  • Fritz // 16.07.2020 à 08h58

    L’Europe est à la mesure de l’Allemagne, alors qu’elle est à la fois trop grande et trop petite pour la France (qui se fixait pour horizon le monde). J’ai souvent dénoncé l’UE alias le Quatrième Reich, mais il faut reconnaître que face à l’utopie dévastatrice européenne, la réalité allemande est peut-être un moindre mal. Sans être naïf : dans cette Europe, c’est l’intérêt allemand qui prime, de même que c’est la loi allemande qui prime sur les directives européennes.

    M. Berlat écrit : « En dépit du constat de l’utilisation des moyens de guerre hybride par Moscou (campagnes de désinformation, de déstabilisation, meurtre du Tiergarten à Berlin…) ». Le KGB aurait-il encore frappé ? J’ai mal suivi l’actualité ces derniers mois, quelqu’un peut-il m’éclairer ?

    Ah, je vois qu’on évoque une « nouvelle affaire Skripal ». C’est prometteur…

      +11

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  • Fabrice // 16.07.2020 à 08h59

    Ce que je note sur ce texte c’est il faut, il faudrait, mais au niveau réalisation rien du tout, on s’achemine vers une Europe divisée pour s’être embourbé dans des dogmes économiques et règlements technocratiques, et laissés de côté tout ce qui aurait pu faire une Europe des citoyens alors désolé mais cette Union Européenne n’est pas celle qui nous a été promis, alors au lieu de s’obstiner on laisser tomber et on renvoi toute ces technocraties à l’usine de recyclage et on reparle autour d’une table de nos intérêts communs et pour le reste cela reste aux pays de les régler.

    L’Allemagne a déjà tenté de prendre le contrôle de l’Europe plusieurs fois et cela a ruiné notre continent alors je lui conseillerais aussi de retenir les leçons avant que l’on se retrouve encore une fois devant un drame.

      +10

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  • Jérôme // 16.07.2020 à 09h03

    Le Portugal et la Grèce seraient devenus des pays nordiques scandinaves ?

    Pourtant, ils sont parmi ceux qui o t gère le plus efficacement la crise sanitaire et ont eu le plus faible taux de décès rapporté à leur population.

    La Suède aurait elle subi un brutal mouvement tectonique pour se retrouver sur la Méditerranée ? Pourtant, sa gestion de la crise sanitaire est une des pires d’Europe.

    A part ces raccourcis erronés, l’article est surtout intéressant quand il se fait l’écho de Védrine.

    Et l’Europe continuera de se déliter tant qu’elle sera libre-échangiste et qu’elle fera de la concurrence de tous contre tous son alpha son oméga.

      +11

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    • jmathon // 16.07.2020 à 10h56

      Concernant la Grèce, près de 25 fois moins de décès (par rapport à la population, 156 fois moins en données brutes) qu’en France.

        +7

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    • LowCost // 17.07.2020 à 12h44

      La Suède, la pire gestion d’Europe ? Si on sort de la propagande des médias français qui veulent à tout pris justifier les décisions de l’exécutif sur le confinement, ça reste à prouver. Et ça risque de ne pas être facile.
      Trente secondes sur sur google suffisent pour savoir que le ratio nombre de morts sur nombre de cas est trois fois plus élevé en France qu’en Suède.
      Belle réussite.

        +2

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  • Ribellu // 16.07.2020 à 13h12

    Plus d’Europe du tout ce serait mieux pour chaque pays qu’une Europe de voleurs, de menteurs, de magouilleurs, avec leurs 60.000 fonctionnaires qui gagne beaucoup trop, quand on pense qu’un salaire moyen d’un travailleur en Belgique est de 1500 euros net et qu’un eurodéputé gagne 12.500 euros net par mois, et qu’ils ont voté une loi eux-mêmes pour pouvoir prendre leur retrait à partir de 50 ans avec une retraite de 9.000 euros net par mois c’est simplement SCANDALEUX, et là l’Europe naturellement ne bouge pas et quand on entend les ministres européens dire qu’il faut rester unis est tout simplement dans leur intérêt, mais quand il y a un gros problème tel que le COVID-19 là ils ne savent plus quoi faire et chaque pays à fait à sa façon, DONC à quoi sert cette Europe de MERDE…

      +20

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  • Moussars // 16.07.2020 à 14h38

    A enrichir les affairistes, les politiciens professionnels et les fonctionnaires privilégiés et, par dessus tout, Les amerlocques.

      +7

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  • tchoo // 16.07.2020 à 19h56

    Il faut surtout noter de la part de cette chère Angela que L’UE profite à l’Allemagne et qu’il faut surtout la conserver quitte à consentir quelques réformettes.
    Qu’en est il des autres pays et du notre entre autre.
    Voyons comment la faible aidé financière débloqué par ce machin va servir à certains plus qu’à d’autres pour faire des emplettes partout sauf dans les pays de L’UE et qui va rembourser cette dette .

      +3

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  • Cornelius // 16.07.2020 à 20h19

    Frexit. Le reste c’est du baratin sans intérêt. Ce machin appelé Union européenne n’est pas reformable. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs, pour rester poli.

      +15

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  • Ernesto // 20.07.2020 à 17h25

    « La Chine, un prédateur pas moins dangereux que les USA ». Comparaison totalement dénuée de fondement. Il n’est qu’à voir le nombre de bases militaires US installées partout dans le monde et de préférence ceinturant « l’empire du mal » (la Russie du « méchant Poutine »), pour réduire à néant ces élucubrations. A fortiori si on prend en considération l’arsenal militaire (porte-avions, sous-marins, missiles balistiques, têtes nucléaires, etc… Ne parlons même pas des budgets respectifs de la défense. La Chine va supplanter les USA comme première puissance économique industrielle et commerciale du monde à brève échéance, c’est écrit. Elle contrôle strictement sa zone d’influence, quel autre pays pourrait lui reprocher? Incarne-t-elle pour autant une menace directe pour la souveraineté des Etats qui composent la communauté internationale? Aucun fait, pour l’instant, ne plaide en faveur de cette crainte. Au contraire des USA qui interviennent militairement ou en sous-main partout dans le monde pour conjurer la « menace communiste » et imposer leurs valeurs conservatrices et réactionnaires à l’ensemble de la planète. Ce n’est pas la Chine qui effectue ses manoeuvres militaires près des côtes américaines, mais c’est bien Trump qui envoie son armada ( dont deux porte-avions nucléaires) en mer de Chine, par pure provocation, au moment même et à l’endroit où les militaires chinois réalisent leurs exercices…

      +0

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