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21.mai.201821.5.2018 // Les Crises

Canyon Chaco, terre Chaco, par Chris Hedges

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Source : Truthdig, Chris Hedges, 22-04-2018

Mr. Fish / Truthdig

CHACO CULTURE NATIONAL HISTORICAL PARK, Nouveau Mexique (USA). Les 10 miles (16km) du Chaco Canyon étaient balayés par un vent glacial, projetant des tourbillons de poussière parmi les buissons. Je me baissais derrière l’un des imposants murs de calcaires de cette ruine de trois acres (1,2ha), ou Grande Maison, connue sous le nom de Pueblo Bonito, pour échapper aux bourrasques. J’étais dans la section du complexe de 800 chambres où les funérailles avaient lieux. Les chasseurs de trésors et les archéologues ont découvert dans ces ruines et tombes de délicates céramiques peintes en blanc et noir, des flûtes, des bâtons de cérémonie, de petites clochettes en cuivre, des os gravés, des squelettes de macaques et de perroquets, des jarres cylindriques avec des résidus de chocolat qui avaient été importées du Mexique, des bijoux et des sculptures de coquillages et de turquoises entremêlés. De ce vaste complexe bureaucratique et cérémonial, les Anasazi – un mot Navajo signifiant les anciens, ou, peut-être, anciens ennemis – ont dominé le sud ouest depuis les années 850 jusqu’à l’effondrement de leur société vers 1150.

Les ruines de Chaco, à1900m (6200 pieds) d’altitude, sont l’un des plus grands et des plus spectaculaires sites archéologiques d’Amérique du nord. C’est un impressionnant réseau de 15 complexes interconnectés, dont chacun comprenait autrefois des bâtiments de pierres de plusieurs centaines de chambres réparties sur quatre à cinq étages. Des poutres en bois de 300 kg (700 pounds) jusqu’à 5 m de long (16 feet), étaient utilisées pour la charpente. Immenses et circulaires, des kivas de cérémonie – centres religieux creusés dans la terre, avec des bancs de maçonnerie autour de la base de la pièce pour accueillir des centaines d’adorateurs – parsèment les ruines. Rivalisant avec les temples et les places construits par les Aztèques et les Mayas.

Un imposant réseau de routes de 650 km (400 miles) s’étant à partir de Chaco, certaines larges de 10 m (30 feet) et encore visible dans le paysage tourmenté et désertique, avec ses barrages, ses canaux et ses réservoirs pour collecter et conserver l’eau de pluie. L’étude de l’astronomie, comme pour les Aztèques et les Mayas, était avancée. Les pétroglyphes et les pictogrammes sur les murs du canyon rappellent souvent des événements astrologiques et solaires. Un pictogramme montre une main, un croissant de lune et une étoile à 10 branches dont on pense qu’il s’agit de la supernova de 1054, et l’un des pétroglyphes semble représenter une éclipse solaire qui eut lieu en 1097.

Quelques milliers de prêtres et de membre de l’élite dirigeante, ainsi que leurs serviteurs et administrateurs, vivaient dans les Grandes Maisons ou palais. Ils supervisaient les routes de commerce qui s’étendaient jusqu’à la cote de Californie et vers l’Amérique Centrale. Ils maintinrent un réseau élaboré de phares dont les signaux de feux permettaient des communications rapides. Ils construisirent les routes, les longues volées d’escaliers sculptés dans les formations rocheuses, les ponts, les échelles de bois pour grimper les immenses falaises, et les observatoires astronomiques qui enregistraient méticuleusement les observations du soleil déterminant les équinoxes et solstices pour les plantations et les récoltes, ainsi que pour les festivals religieux annuels où des milliers, peut être des dizaines de milliers se rassemblaient. Les bâtiments dans les complexes étaient orientés en fonction des points cardinaux ou de solstices, une différence dont l’anthropologue Stephen H. Lekson pense qu’elle dénote non seulement des cosmologies concurrentes, mais aussi des idéologies politiques concurrentes.

« Chaco était la capitale politique d’une région bien définie qui couvrait la plupart des pays des Quatre Coins [the Four Corners countries : Arizona, Utah, Colorado, Nouveau Mexique, NdT)] avec plus de 150 Grandes Maisons périphériques dispersées sur une zone de la taille de l’Irlande », écrit Lekson.

Mais cette société complexe, comme toutes les sociétés complexes, s’avéra fragile et éphémère. Elle déclina rapidement après presque trois siècles. Les forêts denses de chênes, de pins et de genévriers qui entourent le canyon furent rasées pour la construction et le combustible. Les sols s’érodèrent. Le gibier fut chassé presque jusqu’à l’extinction. Le régime alimentaire passa dans les dernières années du daim et de la dinde aux lapins et finalement aux souris. Dans la période tardive, des souris sans tête ont été retrouvées par les archéologues dans les coprolithes humaines – matière fécale séchée et préservée. La société ouverte des Anasazi, où la violence était apparemment rare, où le peuple se déplaçait librement sur un réseau de routes bien maintenues, où la guerre était apparemment absente, où les maisons des riches et des puissants n’étaient pas murées, où la population partageait les richesses de l’empire, fut remplacée par l’équivalent de camps fortifiés et retranchés pour l’élite et par la misère, la faim, l’insécurité et la tyrannie pour les pauvres. Des habitations commencèrent à être construites sur les falaises, avec des forteresses au sommet des montagnes, bien que ces résidences ne fussent pas proches des champs et des réserves d’eau. Des murs défensifs furent construits avec leurs fossés et leurs tours. Les grandes cérémonies religieuses publiques qui autrefois unifiaient la culture et lui donnait sa cohésion se fracturèrent, et de petits cultes querelleurs prirent la place, comme le note l’archéologue Lynne Sebastian.

Lekson, un professeur d’anthropologie à l’université du Colorado à Boulder, croit que les dirigeants Anasazi, durant le déclin, s’appuyèrent de plus en plus sur la violence sauvage et la terreur, incluant des exécutions publiques de dissidents et de rebelles. Il a trouvé des preuves, la plupart documentées dans le livre de Steven A. Leblanc Guerre préhistorique dans le sud ouest américain, que des « escadrons de la mort Chaco » étaient envoyés dans tout l’empire. LeBlanc écrit que dans la Maison Yucca, une Grande maison Chaco proche de Mesa Verde, jusqu’à 90 personnes furent tuées et jetées dans un kiva, et au moins 25 présentaient des signes de mutilation.

« La violence chaco, concentrée et brutale, représente la terreur gouvernementale : l’exécution de la loi de Chaco par la force institutionnalisée », écrit Lekson dans l’article « Les escadrons de la mort Chaco » dans le magazine Archeology. « La violence était publique, destinée à choquer et soumettre la population. Les escadrons de la mort Chaco (mes termes, pas ceux de Leblanc) exécutaient et mutilaient ceux jugés être des menaces pour le pouvoir Chaco, ceux qui ne respectaient pas les lois ».

L’anthropologue Christy G.Turner, spécialisé en ostéologie, l’étude des os humains, dans son livre Man Corn, citait « le cannibalisme et le sacrifice humain comme des éléments visibles de terrorisme ». En bref, comme l’écrit Lekson, « l’escadron de la mort vous tue, vous découpe, et puis vous mange devant votre famille et vos voisins ». Le terme « man corn » (« l’homme maïs ») vient du mot Nahuatl « tlacatlaolli » que Turner définit comme « un plat sacré de viande humaine sacrifiée, cuite avec du maïs ». Debra Martin va jusqu’à soutenir dans un article intitulé Violence contre les femmes dans la vallée de la rivière La Plata, 1000-1300 Après J.C. (située à la périphérie de l’empire Chaco) qu’il y a des preuves de femmes battues qui étaient peut être des esclaves.

Les élites Anasazi, sans la capacité ou la volonté de fournir des services sociaux ou une gouvernance compétente et tourmentés par des pénuries de ressources naturelles, continuèrent de lever des tributs intenables. Ils s’appuyèrent sur des formes de répression de plus en plus dures. A la fin, ils étaient détestés. La civilisation souffrit d’une sécheresse sévère pendant l’année 1130. Ce fut le coup final. Les structures impressionnantes furent abandonnées jusqu’à ce qu’elles soient redécouvertes par les nomades Navajos quelques 600 ans plus tard. Les Navajos ne réoccupèrent pas les bâtiments, la plupart contenant encore des squelettes humains, parce qu’ils les croyaient remplis de mauvais esprits.

« Des pans de la société Chaco étaient déjà en grande difficulté après 1050 alors que les conditions de vie et de santé s’érodaient progressivement dans les communautés agricoles ouvertes des provinces du sud », écrit David E.Stuart dans son livre Anasazi America. « Les petits paysans du sud avaient des excédents fiables gardés dans les Grandes Maisons. A la fin, ce furent les conditions de vie de plus en plus terrible de ces paysans, ceux qui faisaient pousser le maïs, qui ont rendu la société Chaco de plus en plus vulnérable. Les paysans ne retiraient simplement pas assez de leurs efforts pour continuer. Ainsi, la société des Grandes Maisons mit l’accent sur d’autres partenaires commerciaux et soutinrent de nouveaux fournisseurs moins chers au nord. Le réseau de commerce final était concentré sur la préservation du bien être des élites plutôt que du bien être général de la société régionale ».

Alors que la situation économique et sociale se détériorait, les élites accélérèrent la construction de routes et de Grandes Maisons. Ils tinrent des rituels plus élaborés et construisirent plus de kivas. Cela est typique des sociétés décadentes. La grande cité Maya de Tikal fut construite sur une période de 1500 ans, mais ses temples les plus impressionnants et ses tours furent érigés durant les derniers siècles. Ces projets grandioses et ces spectacles servaient à projeter pouvoir et immortalité. Ils exacerbèrent, toutefois, la souffrance des paysans appauvris et des travailleurs, ainsi que le déclin des ressources naturelles.

« A la toute fin de l’ère Chaco, la plupart des élites restèrent dans leurs grandes maisons, probablement tentant de s’accrocher au passé, un peu comme Scarlett O’Hara essayant de s’accrocher à Tara dans Autant en emporte le vent », écrit Stuart. « Mais les paysans qui apportaient les récoltes de maïs étaient partis depuis longtemps, comme les esclaves qui soutenaient Tara avant la guerre civile. La société Chaco s’effondra, la poutre maîtresse de sa productivité autrefois grande étant brisée. Les paysans Chaco, pressés de toutes parts, enterrèrent leurs bébés une dernière fois. Puis ils abandonnèrent le Canyon Chaco et toutes ses grandes maisons périphériques ».

« La prospérité, l’intégration sociale, l’altruisme et la générosité vont main dans la main », ajoute Stuart. « La pauvreté, le conflit social, le cynisme et la sauvagerie aussi ».

L’effondrement, comme le souligne Joseph A. Tainter, est « une particularité récurrente des sociétés humaines ». Des sociétés complexes qui créent des structures bureaucratiques centralisées qui exploitent les ressources jusqu’à l’épuisement et se retrouvent incapables de s’adapter à la pénurie. Elles créent des mécanismes de plus en plus sophistiqués pour extraire des ressources épuisées, ce qui est démontré à notre propre époque par la décision de l’administration Trump d’ouvrir les terres autour du Chaco Culture National HIstorical Park à la fracturation hydraulique. Finalement, les technologies et l’organisation qui permettent l’émergence de sociétés complexes deviennent les mécanismes qui les détruisent.

Le destin des Anasazi reproduit le destin de toutes les sociétés complexes. L’effondrement arrive une ou deux décennies après le pic. Comme Jared Diamond l’écrit dans Collapse : How Societies Choose to Fail or Succeed, [Effondrement, comment les sociétés choisissent d’échouer ou de réussir, NdT], les trajectoires des sociétés complexes « sont différentes de l’évolution classique des vies humaines individuelles, qui déclinent dans une sénescence prolongée. La raison est simple : population maximum, richesse, consommation des ressources, et gaspillage de la production signifient un impact environnemental maximal, approchant la limite où l’impact dépasse les ressources. »

« La civilisation est une expérience, une manière de vivre très récente dans la carrière humaine, et elle a l’habitude de marcher dans ce que j’appelle les pièges du progrès », écrit Ronald Wright dans A short History of Progress. « Un petit village sur de bonnes terres à coté d’une rivière est une bonne idée ; mais quand le village grandit en ville et s’étend sur les bonnes terres, ça devient une mauvaise idée. Alors que prévenir aurait pu être une bonne idée, guérir est probablement impossible : on ne bouge pas une ville aussi facilement. Cette incapacité humaine à prévoir – ou faire attention – les conséquences à long terme peut être inhérente aux humains, formés par des millions d’années à vivre de chasse et de cueillette. Ce pourrait être aussi un mélange d’inertie, de cupidité et de folie encouragé par la forme de la pyramide sociale. La concentration de pouvoir au sommet de sociétés étendues donne aux élites un intérêt personnel au statu quo ; elles continuent de prospérer dans les périodes sombres bien après que l’environnement et la population générale commence à souffrir. »

Nous sommes en 2018 assaillis de signes d’un effondrement imminent. Les sécheresses, les feux de forêts, les inondations, les températures qui s’envolent, les mauvaises récoltes, l’empoisonnement du sol, de l’air et de l’eau, de la décomposition sociale au réchauffement global laissent d’énormes segment des pauvres du monde sans nourriture appropriée, sans eau et sans sécurité. Des migrants désespérés fuient le sud. Des cultes de crises effectuent des actes nihilistes de terrorisme, souvent au nom de croyances religieuses. Nos élites prédatrices, qui se sont retranchées dans leur propre version des Grandes Maisons Anasazi, avec un accès à la sécurité privée, l’éducation privée, la médecine privée, les transports privés, les sources d’eau et de nourriture privées, ainsi que des objets de luxe inaccessibles à la population, se sont emmurées en dehors de la réalité. Leur hubris et leur myopie, ainsi que leur obéissance aveugle à une idéologie – le capitalisme global – qui leur profite mais accélère la destruction sociale et environnementale, signifie seulement qu’ils ont acheté un petit peu plus de temps avant de succomber comme le reste d’entre nous.

Le poète V. B. Price, survolant les ruines de Chaco dans son poème Time’s Common Sense, comprend le message urgent que ces pierres nous révèlent. Il écrit :

A Chaco je sais que je ne suis pas tout seul

Je sais que j’ai entendu même Homère

Tissant les vagues de ses histoires,

Et Sappho chantant des berceuses seule dans la nuit,

Entendu les tambours à Rinconada

Comme une vague ancienne à travers la pierre.

C’est l’endroit

Où le passé est conservé.

Profondément changé,

Le paysage est le même.

Le futur arrive si vite,

Trop vite pour le craindre.

Et maintenant

Le futur est pratiquement

déjà achevé.

Il y a une différence cruciale entre les Anasazi et notre société complexe. L’effondrement des civilisations du passé comme les Anasazi était localisé. Il y avait toujours de nouvelles terres à conquérir, de nouvelles ressources naturelles à piller et de nouveaux peuples à soumettre. Notre époque est différente. Il ne reste plus de nouveau monde.

Nous ne pouvons plus vivre sur le capital du monde naturel, et à la place nous devrions apprendre à vivre avec les intérêts. Cela signifie la fin de la dépendance des énergies fossiles et de l’agriculture animale industrielle. Cela signifie adopter une simplicité qui rejette l’ethos du capitalisme et l’hédonisme et la gloutonnerie qui définie la société de consommation. Cela signifie une société commune dans laquelle les inégalités et les disparités de revenus ne sont pas extrêmes. Si nous continuons à vivre comme si le futur n’importait pas, notre société, comme celle des Anasazi, se fracturera et mourra. Nous disparaîtrons de la terre dans un suicide global.

L’espèce humaine fait face à sa plus grande crise existentielle. Déjà, nos élites reproduisent les imbécillités, l’arrogance et la cupidité des élites du passé. Ils amassent la richesse. Ils nous coupent des cercles du pouvoir. Ils utilisent des formes brutales de répression pour maintenir le contrôle. Ils épuisent et empoisonnent l’écosystème. Aussi longtemps que nos élites corporatistes seront au pouvoir, tant que nous n’arriverons pas à nous révolter, moins nous aurons de chance de survivre en tant qu’espèce. La vie sédentaire ou civilisée a moins de 10 000 ans. Notre construction sociale humaine particulière n’est qu’une nanoseconde pour l’univers. Ce pourrait être une expérience brève et fatale. Peut être, comme Franz Kafka l’écrivait, « il y a de l’espoir, mais pas pour nous. »

Source : Truthdig, Chris Hedges, 22-04-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d'élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s'arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]Nous ne sommes nullement engagés par les propos que l'auteur aurait pu tenir par ailleurs - et encore moins par ceux qu'il pourrait tenir dans le futur. Merci cependant de nous signaler par le formulaire de contact toute information concernant l'auteur qui pourrait nuire à sa réputation. 

Commentaire recommandé

Toff de Aix // 21.05.2018 à 12h16

Le dogme qui sous-tend la société capitaliste et thermo-industrielle est que la croissance est la seule chose qui compte. Malgré les signaux alarmants, les chiffres qui ne manquent pas (et qui ne mentent pas non plus : à ce rythme, il reste 10 ans de réserves de métaux indispensables ; malgré 15 ans d’investissements massifs de la part des grandes compagnies pétrolières, la production de pétrole stagne alors que la demande explose.. Etc.) nous continuons à essayer de faire comme si de rien n’était.

Nous nous donnons bonne conscience alors que nous savons pertinemment que ça n’est pas en réalisant des changements mineurs dans notre mode de vie (économiser l’eau, recycler…,) que cela changera quoi que ce soit.

Toute économie d’eau ou d’énergie est instantanément engloutie par la machine vorace que nous appelons économie : arrêtez de prendre des douches courtes ou d’éteindre la lumière en sortant, ça ne sert à rien ! La seule et unique solution pour stopper ce qui nous attend à très court terme (maximum 10 ans, sans doute moins) serait de changer de mode de vie, de sortir de la croissance, d’adopter le retour à la frugalité et à une vie plus simple, plus dépouillée, avec moins de produits complètement inutiles, destinés à masquer ce vide existentiel que nous ressentons. Car un projet de société basé sur la seule consommation non seulement tue la planète, mais aussi l’humanité en nous. Arrêter de vivre de cette façon supposerait que nous renoncions à notre petit confort, et ça..

En sommes-nous capables ?

30 réactions et commentaires

  • Rond // 21.05.2018 à 07h59

    C’est si bien conté, paisiblement, simplement, pas à pas.
    Pour compléter avec des données contemporaines :
    – “Comment tout peut s’effondrer” de Pablo Servigne et Raphael Stevens (Seuil)
    – “Les limites à la croissance (dans un monde fini)” de Dennis & Donnella Meadows et Jorgen Randers (Ecopoche)
    A combien sommes-nous du pic ? Avant ou après ?

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  • calal // 21.05.2018 à 08h13

    Les paysans Chaco, pressés de toutes parts, enterrèrent leurs bébés une dernière fois. Puis ils abandonnèrent le Canyon Chaco et toutes ses grandes maisons périphériques ».

    Qui est John Galt?

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    • Alfred // 21.05.2018 à 09h17

      Il me semble: 1- que les “zelites” actuelles qui s’accrochent à leurs privilèges se revendiquent justement d’Ayn Rand pour faire passer idéologiquement leur suprématie (diviser la plèbe pour mieux régner).
      2- qu’aucun John Galt ne peut quitter le navire (encore moins des millions) car on ne peut abandonner la terre comme on abandonna le canyon.
      Donc, si ce n’est pas moi (cela peut être moi), vous faites il le semble un lourd contresens.

       4

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      • calal // 21.05.2018 à 13h36

        Ayn rand defend les producteurs contre les consommateurs. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir effondremment ou surexploitation des ressources tant que les producteurs ont le pouvoir. L’avidite vient des jouisseurs,ceux qui consomment sans avoir a produire auparavant. Un producteur au bout d’un moment choisira de ne plus produire plutot que de continuer a travailler lorsque son grenier est plein. Un jouisseur accumulera jusqu’a l’epuisement des autres…

         3

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        • Alfred // 21.05.2018 à 13h44

          Merci pour votre réponse. Je comprends ce que vous vouliez dire.

           1

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        • Sandrine // 21.05.2018 à 15h39

          Ayn Rand, elle produisait quoi exactement ?
          Ayn Rand défend le droit de jouir de la propriété privée. Sans l’armée et la police, les gens comme Ayn Rand seraient vite « out of order »

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          • calal // 21.05.2018 à 19h11

            Ayn Rand produisait des idees. Si il n’y a pas de proprietee privee, il vous faut une police et une armee pour extraire du travail des gens. Les gens ne bossent que s’ils croient que leurs efforts sont recompenses dans un contexte d’echange juste et consenti.Des moyens de fausser les termes de l’echange y en a plein: le baratin (publicite,lois,politique), la monnaie. Mais au bout d’un temps plus ou moin long, la realite devient claire et les gens ajustent leur productivite aux termes ” reels” de l’echange ( ou n’echange plus…).

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            • Sandrine // 21.05.2018 à 19h39

              Et qui va la garantir votre propriété privée s’il n’y a pas de police et d’armée pour ça? Regardez ce qu’est devenue la propriété privée des palestiniens en 48; pfuit… évaporée, on en parle même plus. Ou plutôt si on en parle encore car il y a toujours des gens armés qui sont prêts à se battre pour elle.
              Quand à la « production » des idées de Ayn Rand, elle ne vaut que parce qu’il y a des gens comme vous qui la trouve utile. Déconnecter la production de la consommation est absurde.

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              Alerter
  • Tikehau // 21.05.2018 à 08h16

    Cet article devrait être lu et étudié dès l’école primaire.

     17

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  • Aronnax // 21.05.2018 à 08h24

    “Dans la période tardive, des souris sans tête ont été retrouvées par les archéologues dans les coprolithes humaines”
    coprolithe = masculin (un coprolithe)
    dans les coprolithes humains
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Coprolithe
    Article très intéressant…

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  • Kiwixar // 21.05.2018 à 09h47

    Il y a une différence entre notre situation actuelle et les effondrements précédents : la pollution des sources d’eau (facturation hydraulique, pays comme la Chine), la disparition des sources de minerais facilement accessibles, des océans de plastiques et de décharges pleines de produits chimiques complexes.

    Avec une possibilité qu’avec notre effondrement, de nombreux réacteurs nucléaires partent en vrille (techniciens partis protéger leur famille du chaos), et laissent des pays entiers invivables pendant des millénaires.
    Sans parler des risques militaires de destruction mutuelle massive à coups de nukes.

    Devant ces risques réels d’auto-génocide, les psychopathes qui nous dirigent restent de marbre. Nombre d’entre eux n’ont pas d’enfants.

     15

    Alerter
  • Isidor Ducasse // 21.05.2018 à 09h48

    Très beau récit empreint de mysticisme écologique ou comment construire une vérité sur des croyances politiques. Il suffit de lire sur Wikipédia l’article consacré aux Anasazis qui révèle par exemple que:
    ” L’histoire de ce peuple reste énigmatique, faute de témoignages écrits ”
    C’est le coté écolo-bobo de ce site qui, forcément, pour se donner raison est obligé d’inventer l’histoire ou de travestir la réalité lorsque celle-ci ne confirme pas leurs hypothèses politiques.
    Ceci étant, je viens régulièrement sur ce site ou parfois et sur certain sujet il y a un véritable soucis de connaître la vérité en s’appuyant sur des faits intangibles.

     3

    Alerter
  • Araok // 21.05.2018 à 09h52

    . Comme Jared Diamond l’écrit dans Collapse : How Societies Choose to Fail or Succeed, [Effondrement, comment les sociétés choisissent d’échouer ou de réussir, NdT],

    Le livre de Diamond titre Effondrement est paru en français dans folio essais 513. Très analytique mais intéressant.
    Car il est peu probable que les sociétés complexes puissent s’effondrer en raison de l’échec de leur gestion des ressources environnementales. Or c’est pourtant ce qui se produit de façon répétée.
    Comment autant de sociétés ont elles pu commettre d’aussi funestes erreurs? ( Île de Pâques, vikings du Groenland, Haïti, inca…)
    Diamond essaie de répondre à cette question.

     3

    Alerter
    • Isidor Ducasse // 21.05.2018 à 10h18

      @Araok
      Comment peut-on ne pas avoir un soucis de connaître la vérité.
      Beaucoup de légendes circulent autour de l’île de Pâques et pourtant il est facile de se renseigner.
      Pour le Groenland ce n’est pas la complexité de leur société, ni l’exploitation des ressources jusqu’à épuisement qui ont fait partir les Vikings.
      Les incas…….il faut vraiment que vous vous cultiviez.

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      Alerter
      • araok // 21.05.2018 à 11h37

        Bonjour Isidor
        Je ne comprends pas vos réflexions.
        Je donnais juste un aperçu du livre de Diamond.
        Au moins, l’avez-vous lu? Je ne le pense pas.
        Ben oui, il faut se cultiver, toujours, d’ailleurs j’y retourne.

        Bien à vous.

         8

        Alerter
  • Toff de Aix // 21.05.2018 à 12h16

    Le dogme qui sous-tend la société capitaliste et thermo-industrielle est que la croissance est la seule chose qui compte. Malgré les signaux alarmants, les chiffres qui ne manquent pas (et qui ne mentent pas non plus : à ce rythme, il reste 10 ans de réserves de métaux indispensables ; malgré 15 ans d’investissements massifs de la part des grandes compagnies pétrolières, la production de pétrole stagne alors que la demande explose.. Etc.) nous continuons à essayer de faire comme si de rien n’était.

    Nous nous donnons bonne conscience alors que nous savons pertinemment que ça n’est pas en réalisant des changements mineurs dans notre mode de vie (économiser l’eau, recycler…,) que cela changera quoi que ce soit.

    Toute économie d’eau ou d’énergie est instantanément engloutie par la machine vorace que nous appelons économie : arrêtez de prendre des douches courtes ou d’éteindre la lumière en sortant, ça ne sert à rien ! La seule et unique solution pour stopper ce qui nous attend à très court terme (maximum 10 ans, sans doute moins) serait de changer de mode de vie, de sortir de la croissance, d’adopter le retour à la frugalité et à une vie plus simple, plus dépouillée, avec moins de produits complètement inutiles, destinés à masquer ce vide existentiel que nous ressentons. Car un projet de société basé sur la seule consommation non seulement tue la planète, mais aussi l’humanité en nous. Arrêter de vivre de cette façon supposerait que nous renoncions à notre petit confort, et ça..

    En sommes-nous capables ?

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    Alerter
    • vert-de-taire // 21.05.2018 à 14h53

      La réponse est clairement NON
      voir cette consultation en cours :
      https://www.consultation-plan-biodiversite.gouv.fr/

      les questions divisent le problème en petits segments sur les effets afin ne pas parler des causes .
      C’est emblématique.
      Pire de nombreuses réponses avis-montre à l’évidence combien les gens sont dupes.

      Avec délice je constate que plusieurs de mes remarques ont été “modérées” (la censure est partout)
      ce qui me rassure pleinement.
      cette consultation EST normale, dans la lignée.
      Macron ne changera rien.
      Peut-être des évènements …. sous peu …

       6

      Alerter
      • Pierre // 23.05.2018 à 15h51

        Cette consultation est très probablement inutile. Mais dans le cas (peu probable) où elle puisse faire changer les choses ? Pourquoi refuser d’y participer ?

        Les gens ne sont peut-être pas dupes, peut-être espèrent-ils simplement que leur voix sera entendue. Dans cette foultitude d’idées, il y en aura certainement des intéressantes, à retenir… pour les mettre en place si/quand le modèle sera dépassé, effondré.

        Savoir que notre modèle est pourri, que chacune de nos actions (lire les crises ou répondre à votre commentaire) est source d’externalités négatives, ça plombe le moral c’est vrai. C’est mon sentiment en lisant votre point de vue, un certain fatalisme.

        Mais comme dirait Kennedy, “faut pas se laisser abattre !” 😀 après nous, il y en aura d’autres, et s’il n’y en a plus, il y aura toujours de la vie, qui pourra se développer, même si ça prend des milliers d’années ! Nous sommes en vie, c’est déjà tellement merveilleux, profitons-en pour faire le bien au lieu de déprimer !

         0

        Alerter
    • Bouddha Vert // 21.05.2018 à 21h47

      Que t’ai envie ou pas de toute manière cela va arriver!

      La question est toujours la même, désirons nous subir ou prévenir?

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      Alerter
    • jp // 22.05.2018 à 02h28

      “arrêtez de prendre des douches courtes ou d’éteindre la lumière en sortant, ça ne sert à rien” pour moi qui suis très pauvre, je le fais par souci d’économie.
      sinon, pour aller dans votre sens
      http://partage-le.com/2015/03/oubliez-les-douches-courtes-derrick-jensen/

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      • Vjan // 22.05.2018 à 07h07

        Merci pour votre lien, jp.
        J’ignorais ce qu’était le sabotage environnemental et je ne connaissais pas Derrick Jensen . Je vais lire ce qu’il écrit, cela semble très intéressant.

        Sur son “Oubliez les douches courtes”, c’est provocateur sans doute parce que l’on peut adopter un mode de vie sobre et économe, éduquer nos jeunes ET dénoncer la responsabilité des puissants et des entreprises et lutter contre leur gabegie.

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    • lois-economiques // 22.05.2018 à 11h20

      > “En sommes-nous capables ?”
      Non, la propagande pro croissance qui dure depuis des décennies a altéré le jugement des hommes.
      Aucun argument aussi détaillé et précis ne serait lutter contre.
      Ainsi des article comme ce dernier ne rencontre aucun échos :
      https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/comment-le-dogme-de-la-croissance-143150/

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  • Nico // 21.05.2018 à 13h39

    Passionnant, mais il y a qq extrapolations. Par ex. écrire que l’on tuait une personne pour la consommait devant sa famille afin de répandre la terreur : s’il l’on peut déterminer le meurtre et le cannibalisme, il est plus difficile d’en affirmer les motivations (rituelles, religieuses, guerrières, deuil etc.), et plus encore sous les yeux de qui cela se produisait.
    En archéologie comme en anthropologie, nos interprétations sont empreintes des courants de pensée du temps dans lequel nous vivons. Ainsi nous considérons volontiers Neandertal comme un pacifique écolo, quand il fut tour à tour décrit en sous-humain, brute épaisse. Qui sait comment nous le verrons demain ?
    La démonstration métaphorique n’est pas cachée dans cet article, elle est affirmée et passionnante. Mais elle a toutefois ses limites, car elle outrepasse l’état de nos connaissances actuelles sur les Anasazi. Elle n’en est toutefois pas moins interessante, si l’on se place dans le champs philosophique plus qu’anthropologique.

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  • Nico // 21.05.2018 à 14h07

    « Cette incapacité humaine à prévoir – ou faire attention [aux ressources]– les conséquences à long terme peut être inhérente aux humains, formés par des millions d’années à vivre de chasse et de cueillette. »
    Ce n’est pas une incapacité humaine, mais propre à « des » humains ! A l’inverse de ce qui est dit, les cueilleurs-chasseurs prévoyaient – et portaient une grande attention aux ressources. Ils avaient une grande connaissance du milieu dans lequel ils vivaient, et loin d’être soumis aux éléments, ils en maîtrisaient parfaitement les lois. Leur survie, et donc leur vie, reposait entièrement sur leur constante adaptation. Ce qui implique la connaissance et la capacité à prévoir.
    Ainsi vivent encore les Bushmen du sud de l’Afrique, et quelques peuples dit « premiers ».
    N’oublions pas que les humains ont créé d’autres modèles que celui qui domine le monde aujourd’hui. Des Kanaks de Nouvelle Calédonie aux Indiens d’Amazonie ou des Plaines, des éleveurs de rennes du nord aux Inuits, tant de peuples ont su inventer des civilisations durables et pérennes. Jusqu’au début du 20e siècle, ces modèles existaient toujours, il en reste quelques-uns encore. La propriété, l’exploitation, la civilisation pyramidale et la violence n’ont jamais été l’unique modèle de société humaine. De nombreuses alternatives ont existé et prospéré. C’est aussi en elles que nous devons puiser des enseignements qui nous sauveront de ce qui appararaît aujourd’hui être une terrible impasse.

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  • Duracuir // 21.05.2018 à 15h57

    Je viens de lire un passionnant bouquin d’archéologie-anthropologie sur le néolithique.
    Issu des plus récentes découvertes et conclusions, il en sort, comme le dit l”auteur de l’article qui parle “d’aller ailleurs” vers d’autres terres fertiles, que la “civilisation” s’est fait par capilarité d’une part. A ce niveau, on peut dire que de nos jours, on a fait le tour des terres disponibles.
    Mis surtout, il apparait qu’il y avait déjà une civilisation avec réalisation architecturale colossale des 12000 avJC. Et il apparait que vers 8000, cette civilisation a été totalement éradiquée et les villes(énormes) furent vidées. Il s’est repassé à peu près la même chose vers 3000avJC où là encore, il semble que les grande villes aient été totalement désertées(de l’Oural à l’Atlantique…) et la population sérieusement diminuée jusqu’à l’apparation des civilisation Égyptiennes, Sumériennes, Minoenne ect… . Comme vous pouvez remarquer, on est au terme du cycle de 5000 ans…

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    • Bouddha Vert // 21.05.2018 à 21h52

      Pas de référence, pas d’auteur mais la certitude que des villes énormes furent vidées!

      Vous parlez de quelle planète, parce qu’il y a 12000 ans à part le site de “Göbekli Tepe” qui n’était pas une ville mais un lieu de culte je ne vois pas, éclairez nous!!

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  • larousse // 21.05.2018 à 20h55

    Merci pour ce texte, à l’heure où les médias nous “bassinent” sur les “nouvelles technologies” , les “datas”… j’éteins mon pc pour la planète pendant un moment

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  • un citoyen // 23.05.2018 à 14h55

    Un article très intéressant. J’ignorais que les Anasazis (*) avaient développé leur société à ce point.
    Je m’étais toujours demandé pourquoi – avant la colonisation par les européens – il y avait une différence entre les tribus amérindiennes dans l’Amérique du nord, au stade naturel de chasseur-cueilleur et/ou vivant de l’agriculture à certains endroits, et les sociétés développées au sud (mayas, aztèques, …) qui avaient dépassé le stade néolithique.
    Lorsque l’on compare le mode de vie des Anasazis et celui des Navajos 600 ans après sur les mêmes lieux, il y a de quoi méditer.
    Faut-il en conclure que le néolithisme (1er choc dans l’histoire de l’humanité -sédentarisation, agriculture, artisanat, …-) est déjà trop complexe pour les êtres humains, sans compter que nous avons même passé dans nos sociétés modernes l’ère industrielle (2nd choc) ?
    Aussi, je pense que les américains (et nous-mêmes) devraient bien prendre cette histoire comme un avertissement et le style de vie des amérindiens a peut-être beaucoup à nous apprendre sur le comment vivre en respectant la nature (i.e. il ne faut pas en vouloir plus que ce que cette dernière nous apporte).

    (*) je découvre aussi (wiki) qu’il y avait d’autres peuples avancés comme les Mogollons et les Hohokams, voisins des Anasazis et qui ont également disparu.

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  • JBB // 23.05.2018 à 14h58

    En attendant le seul pays qui s’effondre sans l’aide de personne actuellement , c’est le Venezuela et ceci sans avoir épuisé toutes ses ressources.

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