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7.mai.20207.5.2020 // Les Crises

Covid-19 : La crise sanitaire au sein du Service Social

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Source : Blog Mediapart

Il suffit d’attendre l’heure d’ouverture de l’accueil du service pour observer une file d’attente se créer à l’entrée. Toute la journée elle sera ininterrompue, il y a presque plus de monde qu’en temps normal. Nous n’avons pas assez d’agents d’accueil et de secrétaires présents, alors les travailleurs sociaux sont sollicités encore plus que d’habitude pour aider à répondre à la demande du public qui se présente avec toutes ses questions.

« J’ai une dette d’électricité et je peux pas payer, est-ce que je pourrais avoir une aide ? » ; « j’ai pas d’imprimante pour imprimer l’attestation de déplacement, vous en avez ? » ; « est-ce que mon assistante sociale est là ? Je sais plus son nom… vous pouvez lui dire que je suis venu ? » ; « j’ai plus de carte de transport, comment je renouvelle ? » ; « je suis auto-entrepreneur et je n’ai plus d’activité, vous savez ce que le gouvernement va me proposer ? Comment je vais faire ? » ; « je voudrai un logement, vous pouvez m’aider ? » ; « est-ce que c’est obligatoire de payer son loyer ? » ; « je peux avoir une aide pour manger ? »

Un flot continu de questionnements qui s’arrête quand je passe le relai à une collègue venue me remplacer. Bon nombre d’assistant(e)s de service social continuent de travailler et de recevoir des publics en cette période difficile, dans des conditions de travail laborieuses et singulières… Nous sommes réquisitionnées pour des missions que l’on peut qualifier de très polyvalentes (je suis assistante sociale-agent d’accueil-standardiste-secrétaire, Allô Service Social bonjour !). Nous nous relayons dans l’accueil téléphonique ou physique du public en bouleversant totalement notre organisation initiale étant donné nos effectifs réduits. En résumé, nous avons plusieurs files actives et nous recevons les personnes selon l’ordre d’arrivée. Nos réponses sont simples à l’accueil, trois solutions : soit il n’y a pas de nécessité de réponse immédiate, on conseille aux personnes de rentrer chez elles ; soit une évaluation sociale peut être nécessaire, nous prenons les coordonnées téléphoniques en les informant qu’une assistante sociale les contactera ; soit la situation de la personne ne peut pas attendre le lendemain et nous la recevons en entretien.

Beaucoup de personnes isolées sont en grand besoin d’écoute, il est nécessaire de passer des minutes, des heures au téléphone. Des familles se retrouvent enfermées dans des chambres spartiates et demandent notre soutien. Les personnes sans abri se présentent à nos portes car elles n’ont pas d’attestation de déplacement dérogatoire sur l’honneur, ne peuvent matériellement pas les imprimer et ne savent pas comment les remplir. Difficile de se confiner quand on n’a pas de toit. Certaines d’entre elles fragiles psychologiquement aux suivis morcelés voire aux traitements médicamenteux interrompus avec la crise sanitaire et la fermeture de certaines structures, peuvent appeler à l’aide dans notre service. L’atmosphère est tendue mais le public cherche à se raccrocher à un lien humain toujours existant. Face aux inédites précautions mises en place par le gouvernement, le service social reste plus que jamais actif. C’est d’ailleurs assez ironique de voir des personnes que l’on connaît qui ne se lavent pas tous les jours porter soudainement des masques médicaux. Au moins elles, pensent à nous protéger…

Service Social 2.0

Dans le cadre du télétravail, nous entretenons en partie le contact avec le public par l’intermédiaire du téléphone. Il faut tenter d’établir du lien et d’accompagner dans les démarches malgré les nombreuses barrières qu’implique le combiné dans la communication. L’obstacle des différences de la langue et du langage est parfois partiellement franchi grâce à la communication non-verbale (gestes, mimiques, dessins, images, tons de la voix) qui soutient l’explication. Or, par téléphone tous ces canaux d’expression s’effacent.

Ainsi, il y a tant de choses à voir et comprendre à travers les non-dits, les réactions du visage, les silences, le regard, les émotions, la façon de se positionner. Ce sont des indices dans l’interaction qui m’aident à établir la confiance, afin de progressivement laisser s’exprimer ce qu’on appelle la demande réelle, qui est parfois différente de la demande d’aide initiale de mon interlocuteur pour différentes raisons (méfiance, peur, honte, méconnaissance, rejet, inconscient etc.).

Nous n’avons pas la même grille d’analyse et les mêmes objectifs que les psychologues, mais l’observation et l’écoute sont des outils essentiels dans l’accompagnement social. Par conséquent, la communication non-verbale est riche d’enseignement pour relever de nombreux éléments dans la compréhension d’une situation. Ainsi, il faut s’adapter temporairement à cette transformation de nos modes d’intervention recentrés sur le mail et le téléphone.

Nous sommes 96% de femmes

J’ai pu expliquer dans un billet précédent que notre service est en crise de ressources humaines en raison de nombreux départs de professionnels. Cependant, dans le contexte actuel, au nombre insuffisant de remplacements des postes, s’ajoute les absences forcées. Plus de la moitié du personnel du service est absent. Non pas parce qu’il est en quarantaine ou en arrêt maladie (enfin si malheureusement pour quelques unes). Il y a néanmoins un autre facteur sociétal à prendre en considération. La profession d’assistante de service social est très féminine : environ 96% de femmes. En raison du confinement, une partie des femmes assistantes de service social qui sont aussi des mères de familles, n’ont actuellement plus de mode de garde pendant leur journée de travail. Or, les questions des inégalités au travail entre hommes et femmes et la répartition inégale des tâches au domicile familial sont des sujets traités et relatés, et dans le concret la plupart des assistantes de service social mères de familles vivant en couple, divorcées ou séparées, doivent assurer à la fois les cours à domicile auprès de leurs enfants ainsi que leur emploi. D’où l’importance d’adapter l’emploi du temps voire d’apporter des solutions de garde pour les professionnel(le)s qui sont dans l’obligation de se rendre sur le lieu de travail.

La population masculine n’est pas exempt de cette participation quotidienne mais leur métier est souvent considéré comme plus important, plus essentiel pour le budget de la famille que celui de leur (ex)épouse qui est assistante de service social. Par conséquent, quand on s’intéresse à la réduction drastique de nos effectifs dans les services, il est impossible de ne pas évoquer le lien entre les relations hommes/femmes dans la sphère familiale et la valeur d’une profession sur le marché du travail. Une partie des assistantes sociales tente d’assumer l’exercice de leur profession en réduisant les déplacements au service ou en télétravail, tout en s’occupant de l’éducation de leurs enfants sept jours sur sept. Néanmoins, l’épuisement peut les guetter quand la fenêtre de temps libre apparaît tard dans la soirée. Ce que nous vivons aujourd’hui est un révélateur sous forme de loupe grossissante des fortes disparités entre les sexes.

Travailleurs et travailleuses des secteurs médical, social et médico-social

Cette crise sanitaire révèle les manquements et les fautes impardonnables de nos responsables politiques dans la gestion de l’Hôpital public. Elle souligne également le peu d’importance ou de visibilité accordée à toutes les travailleuses et travailleurs des secteurs médical, social et médico-social qui œuvrent dans l’ombre sans faire d’histoire mais font en sorte que la société tienne, que le monde continue de tourner : auxiliaires de vie, auxiliaires de petite-enfance, aides médico-psychologiques, éducateurs de jeunes enfants, aides à domicile, aides-ménagères, éducateurs spécialisés, gardes d’enfants, moniteurs éducateurs, techniciens de l’intervention sociale et familiale, assistantes maternelles, conseillères en économie sociale et familiale, assistantes de service social et autres professionnel(le)s de l’action sociale. Ce sont des professions du domaine de l’action sociale dont le personnel est en constante augmentation pour faire face à la problématique de la dépendance de nos personnes âgées, répondre à la demande d’assistance auprès des enfants, de manière plus globale pour apporter le soin, l’éducation, la protection, la parole et l’écoute à toute une partie de la population fragile et en droit d’exister.

D’après une étude de Pôle Emploi datant de décembre 2018 et basée sur des statistiques de l’INSEE, « Le nombre d’emplois dans le secteur de l’action sociale a fortement progressé sur la période 2005-2017 [cf. Graphique 1], avec une hausse de plus de 40%2 (contre 6,5% pour l’emploi total sur la même période). »1

Malgré l’exigence de leurs tâches et la responsabilité qui est la leur au quotidien, ces métiers sont peu valorisés et peu reconnus que ce soit par la formation, les moyens matériels et humains, la précarité des contrats de travail (temps partiel, plannings horaires découpés, intérim, contrats temporaires) et le salaire souvent proche du SMIC, même après de nombreuses années d’expériences professionnelles, parfois un BAC+3 en poche avec un diplôme d’état validé. À titre d’exemple, les assistant(e)s de service social débutent leur carrière avec un salaire net compris entre 1300-1500 euros par mois quand c’est un temps plein et l’évolution professionnelle est lente. Une auxiliaire de vie est rémunérée 1186 euros quand elle est à 35 heures… alors que les offres d’emploi sont en explosion. Pour motiver des personnes à exercer tous ces métiers de l’action sociale qui peuvent être certes passionnants mais difficiles psychiquement, parfois physiquement, l’attractivité financière du secteur se fait attendre. Les remerciements ne suffisent plus, il faut agir. Nous espérons avec un peu d’optimisme que la crise sanitaire permettra d’éveiller la responsabilité politique à ce sujet.

Selon Ouest-France et Nantes Révoltée2, l’État aurait tout de même les moyens de faire appel à des hélicoptères de l’armée avec vision infrarouge détecteurs de mouvements à Nantes pour aller distribuer des amendes à trois individus alcoolisés qui se seraient attardés un peu après le travail, sachant qu’une heure de vol coûterait entre 3000 et 6000 euros. En revanche, les masques médicaux à 30 centimes l’unité c’est un peu trop cher. Où est le problème ? La mode semble être à la répression pas à la prévention, pourtant je ne crois pas que cela soit plus onéreux, c’est un choix politique, c’est un choix de société.

On est dans l’escalade de celui qui aura la meilleure idée pour surveiller, réprimer et punir – non ce n’est pas protéger – qu’importe si elle est farfelue et inefficiente. A cela, on pourrait ajouter que certains salariés se côtoient toute la journée sur le lieu de travail avec peu de protection…

La crise sanitaire allie indubitablement une crise sociale.

Outre les différenciations sociales entre les femmes et les hommes, le confinement met en lumière la discrimination de classe. Des emplois sont menacés, les heures de travail s’enchaînent et le code de travail continue d’être démantelé pendant que le virus se propage. J’apprends que les actionnaires auraient l’autorisation de toucher des dividendes dans certaines entreprises, alors que les salariés sont mis au chômage partiel avec les aides de l’État.

J’ai parfois l’impression que la politique s’est fait une raison : il y aura une partie de la population au chômage vivant en dessous du seuil de pauvreté (14%), mais il existe le RSA donc ce n’est pas grave (ça coûte un pognon de dingue en plus !). 550,93 euros par mois pour une personne seule avec toute la logique de contrôle que la perception de cette prestation peut impliquer, la culpabilisation et la honte parfois ressenties par des bénéficiaires.

Je précise que parmi les personnes que j’accompagne dans le cadre du RSA, certaines sont d’anciens ouvriers/ouvrières, employé(e)s dont le corps ou l’esprit a craqué suite à un accident de travail qui a bouleversé leur vie entière. Elles sont femmes de ménage, auxiliaires de vie, électriciens, ouvriers du bâtiment. Elles ont souvent une reconnaissance en qualité de travailleur handicapé mais pas d’allocation. Trouver et reprendre un emploi ou une formation à 58 ans quand la machine ne suit plus est très difficile, encore plus quand la confiance en soi est atteinte ou que la dépression est installée, alors elles bénéficient du revenu de solidarité active. Il y a tout un travail à réaliser de notre côté pour créer un lien de confiance et amener les personnes à se mobiliser dans certaines démarches pour faire reconnaître leurs droits, apprendre à vivre avec le changement de leur état de santé, et réfléchir à un autre projet de vie.

Ainsi, au vu des choix politiques qui sont décidés ces derniers jours, la « demande » pour le Service Social n’est pas prête de diminuer. L’application de la gestion néolibérale dans les services publics crée l’assistanat, c’est dans son essence, elle n’existe pas pour libérer les individus. Quand on s’attaque à la richesse collective, la solidarité, des personnes se retrouvent sur le bord de la route sans pouvoir se raccrocher à des structures, des liens, des services.

Des mesures d’aides seraient proposées aux entreprises, mais qu’en est-il des personnes en fin de droit aux allocations chômage, en contrat intérimaire, à temps partiel, en qualité d’auto-entrepreneur ? Celles-ci peuvent se retrouver sans ressources de par la fragilité originelle de leur statut socio-professionnel. Comment une femme seule avec des enfants peut-elle reprendre le travail quand elle n’a pas de solution de garde et que l’agence d’intérim met fin au contrat ?

Pour une partie considérable de la population, le confinement n’est pas qu’un temps récréatif pour permettre de se retrouver, de réfléchir, de se reposer en profitant de l’opportunité de réaliser du télétravail avec un emploi du temps « assoupli ». C’est en parallèle un temps de contraintes exacerbées avec peu de précédents dans l’histoire moderne : limitations des droits, des libertés, des services, des déplacements, des liens sociaux. Les personnes vulnérables vont payer doublement les pots cassés de cette impréparation sanitaire. Dans quelques semaines où en serons-nous pour toute cette frange imposante mais invisible de la population ?

Il est nécessaire bien sûr d’élaborer dans ce climat angoissant du positif pour tout le monde, d’imaginer d’autres vecteurs d’échange et de création. Ainsi, toutes les auto-organisation sous forme d’élans de solidarité qui se développent au niveau local pour soutenir les plus fragiles sont remarquables et primordiales. Dans mon service, dans un premier temps, nous avons pressenti la catastrophe arriver avec la fermeture de tous les dispositifs d’aide alimentaire, mais dans un second temps, les initiatives pour contrecarrer la vacuité ont fleuri. Cela démontre la capacité à réinventer et se réorganiser rapidement quand tous les repères sont bouleversés et qu’on a un petit peu de marge de manœuvre à cause/grâce au flou politique.

1Cf. Éclairages et Synthèses, « Les métiers de l’Action Sociale », Statistiques, Études et Évaluations, Pôle Emploi, n°48 décembre 2018, p. 2. Disponible sur : http://www.pole-emploi.org/files/live/sites/peorg/files/documents/Statistiques-et-analyses/E%26S/ES_48_metiers_de_l_action_sociale.pdf

2Cf. https://www.nantes-revoltee.com/confinement-delire-totalitaire-un-helicoptere-nocturne-avec-vision-infrarouge-a-nantes-%f0%9f%9a%81/ ou https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/coronavirus-un-helicoptere-de-nuit-pour-faire-respecter-le-confinement-en-loire-atlantique-6794720

3Cf. https://reporterre.net/Au-nom-du-coronavirus-l-Etat-met-en-place-la-societe-de-controle

Source : Blog Mediapart

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Commentaire recommandé

Brigitte // 07.05.2020 à 09h12

L’exemple de l’attestation de sortie papier est emblématique. Ce gvt de dingues n’a t-il pas pensé que beaucoup de monde, les jeunes, les pauvres et les gens âgés, n’étaient pas équipés d’ordinateur et d’imprimante? Ils utilisent internet sur leur téléphone ou tablette, c’est tout.
Les opérateur qui rivalisent d’ingéniosité pour fourguer des applis de divertissement, ne se sont pas bousculés pour fournir une appli mobile…je ne parle pas de géolocalisation, mais juste d’un formulaire en ligne avec 4 cases à cocher!
Par ailleurs, ils nous font croire qu’ils déconfinent l’école à cause de la fracture sociale numérique….Et la télé? ils y ont pensé à cet outil de communication de masse, qu’ils utilisent uniquement pour le divertissement et la propagande?
Il parait qu’il y a des programmes scolaires à la télé. Je n’ai pas été vérifier mais là encore, c’est compliqué de faire un programme télé pour l’école primaire? Tout le secteur de la production qui se tourne les pouces en ce moment….qu’est-ce qu’ils foutent?
Ce qui désorganise tout c’est la technocratie alliée à la logique de l’argent. Il n’y a plus de cohésion opérationnelle, de sens du bien public. On le voit aussi dans la logique marchande des masques.
C’est pourri mais ça ne tombera pas de sitôt….

13 réactions et commentaires

  • Jeanne L // 07.05.2020 à 07h53

    La « crise » sanitaire, la « crise sociale », deux fois le mot « crise », mais la pandémie est certes une crise au sens d’un événement ponctuel, avec une apparition et une durée (que nous ne connaissons pas encore),alors que la crise sociale n’est pas un événement, mais une latence, une structure fondamentale de notre société.
    Quand on dit « crise sanitaire » on dit deux choses : »l’épidémie virale », mais aussi « l’état préalable et présent » de la société, pas seulement l’impréparation, mais la structure inégalitaire, sur tous les points de notre société fondée sur le profit.
    Les « assistantes sociales » cumulent et montrent par un effet « loupe » très bien décrit ,les contradictions insolubles de la crise du système et les effets sur la vie des hommes et des femmes..
    Replâtrage, demandes d’aides « toutes choses égales par ailleurs », désespoir,incompréhension, incapacité, impréparation, tout est révélé rien ne peut être résolu « toutes choses égales par ailleurs ».
    Pour moi, une seule solution; « une Révolution ».
    Il est temps de changer,mais là encore …rien n’est prêt: ni perspectives, ni forces politiques, ni théories, ni volonté de changer, seul le replâtrage et le dévouement …
    J’inverse les termes du titre:
    Il y a une « crise sociale » au sein même de la « crise sanitaire » et celle là n’est pas en voie d’apaisement.

      +7

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    • Patrick // 07.05.2020 à 10h56

      La vraie crise sociale viendra après la crise économique qui se prépare ( en fait qui a déjà commencé ) au niveau mondial.
      Tout était prêt depuis plusieurs années , la crise de 2009 n’a jamais été résolue , toutes ses causes ont juste été amplifiées pour gagner du temps en attendant le déclencheur.
      Et la crise sanitaire pourrait bien être le détonateur de la vraie grosse crise qui nous pendait au nez depuis des années … et là , il y aura une vraie crise sociale , avec du sang sur les murs.

        +3

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  • Olivier // 07.05.2020 à 07h53

    Constat accablant. Qui nous montre les conséquences d’une politique tatchérienne sur la France et l’Europe avec perte de souveraineté de la France. Tous les profits pour le capital, pour les travailleurs il reste l’ « action sociale ».

      +10

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  • pas touche au grisbi // 07.05.2020 à 09h08

    Les difficultés des personnels du secteur social ne datent pas d’hier, du point de vue des budgets ou des aides vs la montée des difficultés sociales..

    Il est vrai qu’ici le secteur considéré au sens large va du social, au médico social, enfance en passant par les services à la personne etc… dont les conditions de travail et les confrontations aux problèmes quotidiens sont souvent différents.

    Sur l’étude présentée en point 1, les évolutions sont présentées en nombre d’emploi, je suppose, il aurait été plus pertinent de montrer l’évolution de ces années en ETP (équivalent temps plein) car le secteur pratique assez fréquemment les temps partiels..

    Sous les effets conjugués, de la technique systématique de « tuerie sur les lignes budgétaires » (cost killing) ..de la dématérialisation tous azimut, du démantèlement des services publics, il faut bien qu’il y ait une voiture balai pour recueillir la misère matérielle ou/et psychologique non ?

    Après les infirmiers on découvre d’autres obscurs qui ne sont ni des footballeurs de 1ere division, ni des traders, ni des vedettes médiatiques..

    Sacré corona, il met le monde à poil..

      +3

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  • Brigitte // 07.05.2020 à 09h12

    L’exemple de l’attestation de sortie papier est emblématique. Ce gvt de dingues n’a t-il pas pensé que beaucoup de monde, les jeunes, les pauvres et les gens âgés, n’étaient pas équipés d’ordinateur et d’imprimante? Ils utilisent internet sur leur téléphone ou tablette, c’est tout.
    Les opérateur qui rivalisent d’ingéniosité pour fourguer des applis de divertissement, ne se sont pas bousculés pour fournir une appli mobile…je ne parle pas de géolocalisation, mais juste d’un formulaire en ligne avec 4 cases à cocher!
    Par ailleurs, ils nous font croire qu’ils déconfinent l’école à cause de la fracture sociale numérique….Et la télé? ils y ont pensé à cet outil de communication de masse, qu’ils utilisent uniquement pour le divertissement et la propagande?
    Il parait qu’il y a des programmes scolaires à la télé. Je n’ai pas été vérifier mais là encore, c’est compliqué de faire un programme télé pour l’école primaire? Tout le secteur de la production qui se tourne les pouces en ce moment….qu’est-ce qu’ils foutent?
    Ce qui désorganise tout c’est la technocratie alliée à la logique de l’argent. Il n’y a plus de cohésion opérationnelle, de sens du bien public. On le voit aussi dans la logique marchande des masques.
    C’est pourri mais ça ne tombera pas de sitôt….

      +13

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    • Patrick // 07.05.2020 à 10h52

      l’attestation de sortie papier est emblématique. !!
      oui, emblématique d’un état bureaucratique qui pense d’abord à créer de la paperasse et à surveiller les citoyens mais est parfaitement incapable de gérer quoi que se soit !!
      état incapable d’acheter des masques ou du gel hydro-alcoolique tout en interdisant la vente de ces produits par les commerçants habituels.

      Ce n’est même pas la logique de l’argent , il en ont de plus en plus , ils en gaspillent de plus en plus tout en étant incapable d’agir à part pour créer des documents ( 52 pages de directives pour les maires !! ), des normes et des procédures …. et du flicage.

        +7

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      • L’illustre inconnu // 07.05.2020 à 11h08

        C’est volontaire, en plus il faut rendre les services publiques de moins en moins « rentables » et de plus en plus innéficasse. Et pour celles qui sont les plus rentables, on les vend histoire de rendre l’état encore plus endettés afin de tout mettre dans les bras du privé.

        Tiens le secteur privé et la grande distribution vient de livrer des masques, merci le privé vous nous sauvez… on nous prend vraiment pour des idiots. Toutes ces mises en scènes pour glorifier le privé confine à la caricature. Comment peut-on imaginer après 40 ans de sape des états, qu’il s’agisse bêtement d’incompétence, allo la terre?

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        • Patrick // 07.05.2020 à 11h43

          L’hypothèse la plus simple donc la plus crédible reste l’incompétence « collective » de tout un système hypertrophié.
          Exemple : les masques.
          – il y avait des masques dans les autres pays , les autres états en distribuent , ou alors les gens en achètent même dans les épiceries .. Donc il y a certainement eu des difficultés passagères mais qui ont été réglées.
          – des entreprises privées françaises se sont fait livrer des masques sans trop de problèmes pour leurs besoins internes.
          – quand on demande à la grande distribution de faire son job , et surtout quand on lui en donne l’autorisation , pas de problème , elle va chercher des masques .. merci les gars !!

          Donc on a juste assisté à la faillite d’une administration boursouflée et obèse , bloquée dans les procédures et les réglementations qu’elle a elle-même pondu.
          Tout ce qu »elle a su faire c’est réquisitionner et interdire , entraînant forcément la pénurie de tout.
          Cette administration nous coûte de plus en plus cher , avec de plus en plus de personnel , tout ça pour des résultats de plus en plus mauvais.

            +3

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        • Patrick // 07.05.2020 à 12h46

          Pour les masques , il ne s’agit pas de glorifier le privé , juste de laisser faire ceux qui savent faire.
          J’imagine la tête des chinois qui ont vu arriver un fonctionnaire français avec son code des marchés publics sous le bras , les masques sont partis pour les USA, on a pleuré dans les chaumières françaises et les chinois en rigolent encore.
          Ben oui ,les gars , sur le marché international en situation de tension, on paie le prix demandé et on paie cash.

            +4

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      • Emile // 07.05.2020 à 14h13

        Le principe même d’une auto-attestation était absurde. L’exemple d’une bureaucratie devenue folle. Et ça n’est pas fini. Je viens de voir le plan déconfinement de la région Ile de France: C’est magique.
        https://twitter.com/iledefrance/status/1258100586395971584

        L’état met fin à l’attestation de déplacement, la région en recrée une (attestation employeur). Ils demandent également aux entreprises d’organiser les horaires de leurs employés par tranches avec arrivées étalées de 5h30 à 10h30. Oui, bien sûr. Celui qui travaille dans un commerce ouvrant à 9h va aller travailler à 5h30. Il fera quoi ?
        Sans oublier que les salariés sont des électrons libres. Il n’ont pas besoin de se parler et peuvent tous travailler dans leur coin, à des heures différentes, sans se croiser. On aurait pu aller plus loin: Pourquoi ne pas imposer que les conducteurs RATP et les passagers soient aussi en horaires décalés ? Les conducteurs travailleraient à certaines heures sans passagers et les passagers viendraient à d’autres horaires sans conducteurs. Pas bête.

          +7

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        • Joséphine // 08.05.2020 à 00h47

          Tout le monde ne travaille pas dans le commerce. Les heures décalées sont du bon sens pour éviter les heures de pointes. Figurez vous que c’est une réflexion qui ne date pas d’aujourd’hui. Cf bureau de temps Paris ou Lyon par exemple. Il devrait y avoir les mêmes questionnements concernant les écoles collèges et lycées. Par ailleurs vous ne pensez pas que les commerces aussi gagneraient à réfléchir aux heures d’ouverture les plus pertinentes. Ne parlons pas de l’administration. Mais sur ce point les collègues travailleurs sociaux en télé travail m’informaient aujourd’hui que la caf fonctionnait mieux en ce moment. Comme quoi…

            +1

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    • pseudo // 07.05.2020 à 11h06

      alors ça l’histoire de la dérogation de sortie c’est une saloperie sortit de la tête d’un enarque pour infliger des amendes et a termes pousser au cul les projets de flicage numérique. gouvernement de collabo.

        +6

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  • clauzip12 // 16.05.2020 à 16h56

    Tous ces actes excessifs veulent faire peur ,que dis je terroriser.
    Je pense que les forces de l’ordre sont en expérimentation.
    A partir de divers recoupements sur la situation actuelle,les problèmes sociétaux et les résistances traitées comme en temps de guerre laissent à penser une situation de dictature.
    Nous devons savoir que cette épidémie et toutes ses incidences sont un exercice en vrai grandeur pour la défense nationale .
    Les enseignements récoltés seront utilisés ,si d’aventure un régime encore plus dur advenait

      +0

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