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5.novembre.20185.11.2018 // Les Crises

« Daech propose une vision théologico-politique du monde » Par Edouard Vuiart

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Source : Chronik, Edouard Vuiart, 14-09-2018

Dans son essai, « Après DAECH, la guerre idéologique continue » (préface de François-Bernard Huyghe, VA Press éditions, 2018, 165 p.), Edouard VUIART contribue à éclairer l’entreprise idéologique qui anime le discours et l’action djihadiste. Le jeune analyste a répondu aux questions de Chronik.fr

  • Pensez-vous que le terrorisme s’inscrit d’abord dans le cadre d’une bataille culturelle et idéologique ? Dans ce cas, comment les Etats peuvent-ils faire face ?

Daech propose à ses disciples une vision théologico-politique du monde. Sa doctrine réfute la pensée des Lumières qu’elle définit comme un crime contre « la loi d’Allah » ; elle désavoue les communautés musulmanes ayant choisi « l’apostasie » ou la sécularisation, et prétend rétablir le temps de Médine où primaient « céleste », « religion » et « communauté fraternelle ». Le problème n’est donc pas que les djihadistes perdent leur sens moral dans la poursuite de leur utopie, mais c’est justement qu’ils y trouvent du sens. Ils considèrent que chacun de leurs actes a vocation à démontrer la vérité de leurs idées et à offrir à d’autres la révélation de cette vérité. Donc bien évidemment, le terrorisme s’inscrit dans le cadre d’une bataille à la fois idéologique et culturelle. Lorsque la propagande djihadiste qualifie les Occidentaux de « Croisés », elle inscrit sa guerre dans un processus historique de temps long et elle nous y inscrit directement. Peu importe nos croyances (ou notre absence de croyances), nous n’en sommes pas moins « mécréant », et surtout quand le « Croisé » lui-même crédibilise ce millénarisme en multipliant ses interventions militaires et en usant des expressions « croisade contre le terrorisme » ou « choc des civilisations ». C’est en refusant de se faire imposer par la peur des options politiques nationales et internationales que nos sociétés pourront protéger leurs principes et ainsi relever le défi terroriste de notre temps.

Il nous faut donc parvenir à comprendre la part de rationalité qui pousse ces individus à avoir foi dans l’idéologie djihadiste, mais également affirmer collectivement que le fait d’expliquer n’amène pas à excuser, mais à maîtriser la situation. Une autre piste pourrait également venir des institutions islamiques classiques, mais elles peinent à dépasser la double-impasse représentée par ceux qui d’un côté, proposent un islam « modéré » sans comprendre que cela conforte les salafistes dans leur prétention à représenter le « vrai » islam ; et par ceux qui d’autre part, réclament que l’islam procède à son aggiornamento sans voir que sur le plan historique, celui-ci a déjà eu lieu avec le mouvement Salafiyya. Reste la question du financement, mais si l’instrumentalisation des mouvements djihadistes par le wahhabisme pragmatique est avérée depuis plus de deux siècles, il semble pour le moment plus confortable de regarder ailleurs pour des raisons d’opportunités économiques ou diplomatiques.

 

  • Quels sont les ressorts et la structure du discours idéologique de Daech ? Son efficacité ne réside-t-elle pas d’abord dans les moyens utilisés ?

La littérature djihadiste fournit à ses partisans une dogmatique à base de sourates, de hadiths et de commentaires théologiques, pour les convaincre que toute déviance par rapport à la doctrine du djihad est synonyme de traîtrise à « l’islam véritable » et que le sang versé est dès lors « licite ». Il s’agit d’un véritable édifice idéologique dont les argumentations théologiques constituent le soubassement justificatif de son recours à la violence. Et les processus de « radicalisation éclair » ne peuvent avoir lieu que parce que cette doctrine s’avère complexe, structurée et surtout disponible. Certes, on trouve des djihadistes qui n’ont presque jamais lu le Coran et qui ne parlent que très peu – voire pas du tout – l’arabe. Mais il serait erroné de tous les considérer comme incultes, car certains ont forgé leur engagement autour de ce corpus. Il ne s’agit donc pas d’un simple « lavage de cerveau » qui engendrerait des êtres barbares, mais bien d’une vision de l’Histoire, d’une « mission » à l’échelle mondiale et d’une interprétation des textes sacrés, conçues par une « avant-garde » autoproclamée dont l’objectif est, dans l’intérêt de leur vision du « Bien commun », d’imposer la « véritable » orthodoxie sunnite et de purger l’humanité de ses éléments « impurs » afin d’affronter la Fin des Temps dans les meilleures conditions. Cette imposition du « Bien » se fait avant tout au nom de ce que le linguiste allemand Victor Klemperer nomme la « théorie du Un », soit la conviction profonde que l’on détient la seule et unique vérité et que toute altérité constitue un dangereux mensonge. Daech ordonne ainsi à ces disciples de dédier leur vie au djihad du sabre en propageant la charia et en combattant les « mécréants » dont la mort est « purificatrice » et même « morale » au sens où elle est – selon eux – réclamée par Dieu lui-même. Il est donc essentiel de comprendre que l’intolérance et la violence proviennent non pas d’une barbarie sans nom, mais d’une idéologie à prétention universelle dont l’objectif est de s’imposer de force au reste du monde et de ne laisser aucune place à la diversité.

 

  • Peut-on imaginer et concevoir une « fin » à la « guerre contre le terrorisme » ?

Historiquement, on dénombre quatre issues possibles à tout phénomène terroriste : les terroristes sortent vainqueurs ; leur organisation se mue en une formation politique capable de négocier ; la répression les élimine ; le mouvement dépérit par découragement ou par manque de visée historique. Il est très difficile d’imaginer Daech désireux de négocier avec ses adversaires, puisque la base de son idéologie est d’anéantir tous les « mécréants » et les « apostats ». On imagine encore moins la victoire des djihadistes, puisque cela signifierait l’extension de leur doctrine à la planète entière et la conversion de tous ses habitants. La répression, si elle est nécessaire, n’apparaît quant à elle pas suffisante contre des individus parfois imprévisibles, et dont les attaques dépendent bien moins d’une coordination centralisée que d’une idéologie à toute épreuve. Reste donc la piste du renoncement. S’il est désormais évident que nous n’y parviendrons pas via les centres de déradicalisation — qui ont largement prouvé leur totale inefficacité — nos tentatives de contre-discours n’ont pour le moment révélé que leur incompatibilité avec l’idéologie djihadiste dont la doctrine et les valeurs restent parfaitement imperméables à notre rhétorique.

À ce sujet, il faut bien comprendre que notre vision d’une défaite militaire de l’EI sur le théâtre syro-irakien est loin d’être partagée par les djihadistes. À leurs yeux, la chute du Califat s’inscrit dans l’histoire d’un crime occidental séculaire qu’ils finiront tôt ou tard par venger. Non seulement leur idéologie leur permet de gagner les esprits au fur et à mesure qu’ils subissent des revers, mais l’ancien porte-parole de Daech, Abu Muhammad al-Adnani affirmait lui-même que le fait d’être tué constituait en soi une victoire. La plus grande erreur serait donc de croire qu’une défaite militaire de Daech pourrait permettre de régler la question de la « guerre contre le terrorisme ». Les enseignements de la défaite de son prédécesseur (l’État Islamique d’Irak) nous montre bien qu’un éventuel retour de Daech – sur le théâtre syro-irakien ou même en Afghanistan – n’est pas à exclure. Sans compter les nombreuses métastases djihadistes que le groupe a produit au-delà cette zone. Dès lors, Daech suivrait à la lettre le paradoxe des violences politiques de notre temps, à savoir « proliférer partout, triompher nulle part et partout renaître ».

« Après Daech, la guerre idéologique continue » (VA Press Éditions), disponible en librairie ou via :

– Site éditeur : https://bit.ly/2kzkOPa

Source : Chronik, Edouard Vuiart, 14-09-2018

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Commentaire recommandé

DUGUESCLIN // 05.11.2018 à 07h05

Il suffit de les poursuivre jusque dans les “chiottes”.
Ça a marché en Tchétchénie, et si de temps en temps il y en a quelques uns qui pointent le bout du nez, ils sont immédiatement éliminés.
S’il n’y avait pas “d’ailleurs” qui leur servent de refuge, et des “soutiens” qui les arment et les financent, ils ne pourraient plus se reconstituer.
Sans soutiens, triompher nulle part, et partout se faire éliminer.

27 réactions et commentaires

  • DUGUESCLIN // 05.11.2018 à 07h05

    Il suffit de les poursuivre jusque dans les “chiottes”.
    Ça a marché en Tchétchénie, et si de temps en temps il y en a quelques uns qui pointent le bout du nez, ils sont immédiatement éliminés.
    S’il n’y avait pas “d’ailleurs” qui leur servent de refuge, et des “soutiens” qui les arment et les financent, ils ne pourraient plus se reconstituer.
    Sans soutiens, triompher nulle part, et partout se faire éliminer.

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    • Ledufakademy // 05.11.2018 à 07h16

      … alors c’est qu’ils sont bien utiles à certains.

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  • Alfred // 05.11.2018 à 07h06

    A la manière d’un atali ce monsieur instille dans ses prémices (parfois douteuses) davantage que dans son discours (très correct) un certain venin demobilisateur. Ainsi:
    “mais elles peinent à dépasser la double-impasse représentée par ceux qui d’un côté, proposent un islam « modéré » sans comprendre que cela conforte les salafistes dans leur prétention à représenter le « vrai » islam “.
    La nécessité d’un islam modéré se fait ressentir pour certain dans un cadre “d’intégration” dans des sociétés soit laïques (Europe) soit majoritairement nonislamiques (Asie) voire parfois dans le cadre de sociétés islamiques désireuses de reformes (Tunisie) et CE que daesh existe OU NON. Le réformisme n’est pas.une réponse à daesh mais à des problématiques plus larges. Il est donc non seulement faux mais criminel de prétendre que toute réforme est vaine puisqu’elle est inutile contre daesh.
    Par ailleurs si notre spécialiste est bien obligé de concéder un financement petromonarchique de daesh bien que “il semble pour le moment plus confortable de regarder ailleurs pour des raisons d’opportunités économiques ou diplomatiques.” (Merde on peut vraiment pas lutter contre le terrorisme alors), il passe sous silence la mise sous respiration artificielle du mouvement par les états unis (ou du moins l’accusation qui en est faite par les russes Syrie s et irakiens). Cette question ne mérite certainement pas d’être posee (argent c’est bien mais comment arrivent ces armes). Autrement quid de la logistique d’une guerre si longue?… Les missiles antichar se reproduisent ils tout seuls simplement sous des pluies de dollars sans être.fabriques ni convoyés ?.
    Enfin les kmers rouges ont été très très convaincus et très très méchants aussi avant de rencontrer les Vietnamiens. Et d’autres avant eux ont rencontré ce processus. Rien n’indique que daesh ne finira pas pareil. Ça prendra le temps que ça prendra mais ce n’est pas nécessaire de devenir des états totalitaires.

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  • Ledufakademy // 05.11.2018 à 07h14

    Quel beau texte de propagande pro Bushien : « l’enemi,c’est le terrorisme ».
    Ce n’est pas ici que je lisais « les réseaux Gladio » ?
    Je persiste et signe Daesh c’est « nous », nos gouvernements en somme …

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  • Catalina // 05.11.2018 à 07h21

    Il reste une cinquième piste : la fin du financement de Daesh, sans argent, Daesh ne serait jamais parvenu à prendre une grosse partie du terroritoire syrien et à voler le pétrole, le coton, etc, qui d’ailleurs a été revendu à qui ?qi a acheté le pétrole syrien volé par Daesh ?
    Moi qui pensais que le but de Daesh était en premier lieu de voler le pétrole et de punir la Syrie d’avoir osé choisir ses partenaires pour ce qui est de ses matières premières…
    Alors du coup, les milliers de mercenaires travaillent par idéologie et pas pour le fric ?
    Je pense qu’il y a plusieurs causes à l’existence de ces barbares modérés égorgeurs violeurs soutenus par mon gouvernement, matraquer que ce n’est que religieux et pas pécunier sert bien la peur qu’on nous sert afin que surtout, on ne bouge pas.
    Comment se fait-il que les USA détenteurs de tous les mécanismes bancaires leur permettant de geler les avoir de n’importe qui soient incapables de geler ceux de ces barbares modérés égorgeurs et violeurs ?
    ;o)

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  • zozefine // 05.11.2018 à 07h36

    quand on parle de “fin de la guerre contre le terrorisme”, on parle bien de NOTRE guerre contre ce qu’on appelle leur “terrorisme”, qui, pour eux, est une guerre religieuse, idéologique. alors parmi les solutions envisagées qui en sont sans en être, il y a aussi le fait pour nous de renoncer à notre guerre et nous habituer, en quelque sorte. solution repoussée d’un revers de la main, mais cette hypothèse devrait faire partie de la liste. autre solution, qui ne me semble pas abordée : fermer le robinet à pognon, car l’argent est le nerf de la guerre, comme on dit. car il vient bien de quelque part, ce fric pour acheter des armes, et fermer le robinet à armes, aussi. quelle que soit la solution envisagée, là où “ils” gagnent incontestablement, c’est qu’ils nous obligent à vivre dans des sociétés policées, contrôlées, surveillées, paranos, xenophobes (peur de l’étranger, de l’autre), avec tous les moyens que cela implique en matière de violation de la vie privée et d’état d’urgence permanent. rendant du coup impossible l’instauration d’un monde (d’une société, d’une france) plus juste et équitable, où ces fous d’allah-dieu ou autre, avant de le devenir, pour ne pas le devenir, auraient devant eux une vie digne d’être vécue (travail, environnement, paix, bienveillance, etc.)
    et n’oublions pas de balayer devant notre porte : la chrétienté triomphante et impérialiste a elle aussi été une longue guerre théologico-politique.

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  • villegagnons // 05.11.2018 à 09h02

    Il est impossible d’isoler Daech du mouvement jihadiste dont Al Qaida. Al Qaida est en train de prendre le commandement militaire sur le terrain (en Syrie) alors que Daech va produire une véritable idéologie islamique.
    D’un côté Al Qaida qui reprend le flambeau du commandement puisque Daech a montré son incompétence, de l’autre ISIS qui reprend le flambeau de l’idéologie. Daech devra penser l’idéologie pour mettre en place non pas une rupture avec le monde réel, mais au contraire, des phases adaptatives, des phases initiatiques qui feront remonter le croyant de sa vie réelle déchue au monde supérieur promis par la révélation. La conceptualisation idéologique de Daech va remplacer l’impossible hiérarchie de l’islam, il n’y a pas de hiérarchie, de clergé, que le clergé existant déjà dans le sujet. C’est donc l’action qui va révéler le “bon’ croyant du “mauvais” croyant sans attendre un jugement dernier.
    En cela, la propagation de l’islamisme sera assez rapide car elle sera toujours couplée à l’action; elle sera toujours plus rapide que celle du Chrétien qui attend le jugement dernier et qui travaille sagement dans cette attente.
    Dés lors l’idéologie de Daech va rentrer dans la vie du croyant pour en faire une “norme” idéologique acceptable, reconnue et défendable politiquement. Il n’y a pas de lieu de l’islam que le lieu de sa révélation c’est-à-dire toujours le corps comme porteur du message. Le don du corps est une question encore délicate.

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  • christian gedeon // 05.11.2018 à 10h36

    Ce monsieur Vuiart est un petit malin ou du moins pense-t-il l’être.Il redécouvre l’eau chaude avec son “politico religieux “,qui est le fondement de l’Islam,en fait. Al Islam din wa dawlat wa 3aalam…ce qui signifie l’Islam est religion,état et monde,que Daech applique à la lettre. Il affirme que l’Islam a fait son aggiornamento avec la salafiyya… en nous prenant vraiment pour des ignares,par dessus le marché. L’Islam salafiste quiétiste auquel il fait allusion,c’est comme le dahu. Tout le monde en parle,mais personne ne l’a jamais vu. De surcroît,il n’a pas été imaginé pour pacifier les relations de l’Islam avec le reste du monde,mais entre les musulmans eux même. Avec le remarquable résultat qu’on connaît. mais là où cet intreview atteint des sommets,c’est dans le raisonnement de “désarmement ” du monde musulman et du reste du monde face à Daech,ou Al Nosra ou les Talibans ou leurs émules…parce que le message à peine subliminal,c’est “il n’y a rien à faire “… je ne vois vraiment pas ce que cet article fait sur les Crises,parce que les prémisses sont faux,et le reste suit forcément…style tout ce qui est rare est cher,un cheval bon marché est rare,donc un cheval non marché est cher…à la limite de la fourberie.

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    • Alfred // 05.11.2018 à 12h53

      C’est exactement cela. Des prémisses mensongères pour la promotion du “baisser les bras”. C’est pour cela que j’ai fait la comparaison plus haut avec Atali: le genre de médecins qui mènent le patient droit dans la tombe. “Puisque tout est fini (vous en particulier) laissez vous donc mourir.”
      Mais à la différence d’atali qui est un madré trompeur il ne s’agit ici peut être que d’une histoire de marteau et de clous.. (si j’ai un marteau (un travail sur daesh) tout est clou pour moi (les élucubrations sur islam et la stratégie).

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  • Locksman // 05.11.2018 à 10h56

    De nombreux jihadistes croupissent dans les geôles syrienne, irakienne ou kurde, la question de le retour en Europe se fait pressante.
    Certain n’hésite pas faire appel au consulat de leurs pays d’origine, et se présente comme des jihadistes repenti pour échapper à la peine de mort.
    Puisqu’on ne sait pas les “déradicaliser” que va-t-on faire de ces jeunes barbus vétéran de guerre et de leurs famille?
    Je crois que ce débat à lieu en ce moment, mais bizarrement le peuple n’est pas consulter…

    Depuis le départ daesh ne pouvait pas gagner, les armes qu’ils utilisent sont fabriqué par leurs ennemis, daesh est un épouvantail. C’est très utile pour déstabiliser une région entière et y implanter des troupes.

    A quoi on servit les attentats commis en Europe par daesh?
    Prendre le pouvoir, déstabiliser les États, basse vengeance sur des civils innocent, ou plutôt rappeler la nécessité de continuer la guerre sans fin contre le “terrorisme”?

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    • Alfred // 05.11.2018 à 11h35

      Un début de réponse ici:
      https://www.zerohedge.com/news/2018-11-03/beware-turkeys-dangerous-new-refugee-role
      l’ONU se décharge sur la Turquie du tri des réfugiés sur le sol turc. C’est à dire que c’est le gouvernement turc qui fait décider si Intel ou untel est un réfugié persécuté ou s’il doit revenir chez lui. Et c’est la Turquie qui validera le pays d’accueil.
      Ça vaut le coup de s’intéresser à la question (comment ça se passe maintenant en théorie et en pratique (rôle des traducteurs notement) et et dans le futur avec cette évolution du traitement unique du réfugié.

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    • Pinouille // 05.11.2018 à 11h57

      “A quoi on servit les attentats commis en Europe par daesh?”
      Si vous sous-entendez que ces attentats ont d’une manière ou d’une autre été voulus par certains dirigeants occidentaux pour servir quelque cause, je pense que l’on peut aisément qualifier cette thèse de complotiste.

      En revanche, il me semble plus rationnel de considérer que ces attentats sont la conséquence non souhaitée des actions de ces mêmes dirigeants occidentaux au moyen orient.
      Alors de 2 choses l’une:
      – soit ces dirigeants ne s’attendaient pas à cette réaction. On peut dans ce cas blâmer leur incompétence crasse, et se demander comment ces personnes sont arrivées à de tels niveaux de responsabilité avec des conséquences qui ont coûté la vie à trop de gens ici et là bas.
      – soit ces dirigeants s’attendaient à cette réaction. On peut dans ce cas considérer qu’ils ont agît au moyen orient en toute connaissance de cause.
      Personnellement, j’ai plutôt tendance à privilégier la seconde option, ou un mix des 2.
      Sur la base d’une volonté de changement au moyen orient (ou ailleurs), l’expérience montre qu’il est plus profitable en terme de vies occidentales d’armer des fanatiques locaux qui se battront, dans un premier temps en tout cas, pour les mêmes objectifs, plutôt que d’envoyer nos propres soldats faire le boulot, quitte à se désoler dans un second temps, avec un certain cynisme car justement prévisible, des pertes lors des attentats sur notre sol.
      Si cette méthode n’avait pas donné les preuves de sa rentabilité, nous ne continuerions pas à l’employer. Après tout, cela fait 17 ans (WTC) que l’occident subit des attentats islamistes, et nous n’avons pas changé d’un iota nos méthodes d’intervention à l’autre bout du monde.

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      Alerter
      • jdautz // 05.11.2018 à 14h49

        « Si vous sous-entendez que ces attentats ont d’une manière ou d’une autre été voulus par certains dirigeants occidentaux pour servir quelque cause, je pense que l’on peut aisément qualifier cette thèse de complotiste. »

        Depuis que je sais que les services secrets anglais ont évacué le terroriste qui a commit un attentat a Londres, je manipulerais cette affirmation “aisée” avec des pincettes et une tenue NBC. Je ne ferais pas comme le policier de l’affaire Skripal ou ceux qui manipulaient “les preuves de l’attaque chimique” en Syrie… Le “complotisme” a bon dos, comme le “populisme”, en tout cas dans la bouche de certains.

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      • Locksman // 05.11.2018 à 16h51

        “l’expérience montre qu’il est plus profitable en terme de vies occidentales d’armer des fanatiques locaux qui se battront, dans un premier temps en tout cas, pour les mêmes objectifs, plutôt que d’envoyer nos propres soldats faire le boulot, quitte à se désoler dans un second temps, avec un certain cynisme car justement prévisible, des pertes lors des attentats sur notre sol.”

        Et c’est moi le complotiste?…

        Au risque de me prendre un point godwin pour mauvaises pensée par Monsieur Pinouille, je persiste à dire que daesh existe parce qu’on le laisse exister, car il rend bien des services.
        Par exemple grâce à daesh les États-Unis ont pu construire une trentaine de base militaire en Syrie, dont des aéroports. Ils peuvent dès lors menacer plus directement l’Iran et surveiller ses frontières pour prévenir Israël de l’arriver de convoi iranien en Syrie, enfin si les russes n’étaient pas intervenus ils auraient perdu leurs seule port en méditerrané à Tartous et l’histoire en aurait été bouleverser.

        Sur le long terme, comme le disait si bien Fabius, ils font du bon boulot. Mais il faut dire qu’ils ont été bien aider puisque en face il y avait la coalition armée la plus nul de l’histoire militaire. En effet, malgré les bombardements intensif, qui ne manquent jamais d’ajouter quelques pertes civiles quand ils ne visaient pas directement des camps militaire syrien, le territoire de daech à continuer à s’agrandir quasiment jusqu’a l’entré en scène des russes…

        Enfin, les attentats permettent de frapper les esprits… des futurs recrues, qui pensent réellement ébranlé l’occident avec leurs attentats.
        Je ne crois pas aux discours de daesh, leurs actions les démentent en permanence, créer un califat wahhabite par la force sur le territoire des syriens et irakiens majoritairement chiite, quel bonne blague.

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        • Pinouille // 05.11.2018 à 18h42

          “Au risque de me prendre un point godwin pour mauvaises pensée par Monsieur Pinouille, je persiste à dire que daesh existe parce qu’on le laisse exister, car il rend bien des services.”
          Relisez moi: je dis la même chose.

          “Enfin, les attentats permettent de frapper les esprits… des futurs recrues, qui pensent réellement ébranlé l’occident avec leurs attentats.”
          Relisez vous: vous avancez aussi que ces attentats servent “plutôt” (c’est votre terme) certaines volontés occidentales…

          “Et c’est moi le complotiste?…”
          Ben du coup, oui.

          PS: le point godwin, c’est pour une référence frelatée au nazisme.

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          • Locksman // 05.11.2018 à 19h24

            Pinouille je ne vais pas discutailler sur des points de détails, vous dites une chose et son contraire.
            Vous avez raison je suis un immonde complotiste voila, content?

            Ce ne sont pas les idéaux wahhabite qui vont faire lâcher sa manette playstation à un jeune européen qui part faire le jihad en Syrie. Il faut au moins qu’il pense qu’il à une chance de… détruire l’occident.
            Les attentats en Europe ou aux États-Unis ont donné l’illusion d’un équilibre des forces entre les belligérants jihadiste et leurs ennemis désigné et légèrement fantasmer “l’occident croisé” parce qu’a chaque fois les médias couvraient massivement les attentats. Alors qu’en réalité, une fois la stupeur et la colère passé la vie reprend plus ou moins comme si de rien n’était, avec de nouvelle lois sécuritaire.
            Les attentats sont utilisé par la propagande otanienne pour justifier ses guerres et par la propagande djihadiste pour recruter ses troupes.

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    • christian gedeon // 05.11.2018 à 18h12

      Ils croupissent donc…eh bien qu’ils continuent à croupir,ces salauds! Qu’on en finisse avec les larmes de crocodile des droitdel’hommistes qui se soucient tellement des assassins et si peu des victimes. vae victis!

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  • Jac // 05.11.2018 à 12h21

    Il serait tout d’abord intéressant, avant d’émettre un avis quelconque – pro ou anti – sur Daesh et l’Islam tel qu’il est enseigné aux musulmans, de consulter diverses sources sur la création de l’Islam, autres que religieuses. Plusieurs historiens l’ont étudié et je vous invite à lire cette publication (cf lien ci-dessous) qui, bien que pouvant être considérée comme irrecevable -non neutre- parce qu’émise par des dominicains (donc religieux catholiques) me semble très intéressante et amène un autre regard que celui simpliste que diffuse Daesh.

    http://www.dominicainsavrille.fr/le-mystere-des-origines-de-lislam-enfin-eclairci/

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    • Jac // 05.11.2018 à 13h41

      Comme il ne faut pas oublier non plus qu’à l’époque de Mahomet, Grégoire 1er développait considérablement l’état du Saint Siège (le Patrimoine de Saint Pierre). Les Papes n’ont pas cessé ensuite de chercher à le développer pendant des siècles ( on connaît JulesII dit le Pape guerrier ou Pape soldat) jusqu’aux accords de Latran en 1929 où le Vatican obtient définitivement le mini état du Vatican.
      Intéressant donc aussi ce lien ci-dessous sur l’histoire des Etats de l’Eglise.

      http://www.cosmovisions.com/ChronoEtatsEglise.htm

      Ma conclusion perso, cf mes 2 commentaires, est que tout cela – pour faire court- est bien plus politique qu’idéologique (bien que l’on ait fait dire à Jules II qu’il ne fallait pas “laisser l’Eglise entre les mains des Rois”). Daesh itou. Tant qu’il – ou on – laissera croire que le djihad est “idéologique”, il est sûr de durer longtemps en Syrie ou ailleurs. Cf l’Eglise catholique et ses “états”. Il est bien plus difficile de combattre une religion qu’une politique.

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    • le modéré // 05.11.2018 à 20h12

      Ils n’apportent aucune idéologie et n’ont aucune aura auprés des musulmans. On voit mal des mercenaires venus d’ailleurs, avec à la main une table des lois…musulmanes. C’est une organisation qui jouit de l’appui des occidentaux et de certains pays arabes afin de détruire toute velléité de puissance qui va contre leurs intérets et contre la sécuriité d’Israel

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  • Arius // 05.11.2018 à 15h44

    Daech tout comme Al Qaïda,Les Talibans(issus des fameux “combattants de la liberté “contre les soviétiques dans les années 80 ) ,Al Nosra,Boko Haram et compagnie,est résultat de l’alliance géo-stratégique américaino-israëlo-saoudienne, pendant et après la guerre froide et les preuves sont là.Donc inutile d’essayer de dédouaner l’Occident et ses subordonnés moyen-orientaux dans la création du terrorisme dit islamique depuis la fin des années 70 en remontant à 14 siècles en arrière..,.. (comme si les conquêtes islamiques vieilles de plus de 14 siècles de cela,ne datent que d’hier lol ) ou par certains versets violents du Coran [modéré] pour expliquer une situation géopolitique explosive et des plus complexes .

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  • le modéré // 05.11.2018 à 20h03

    Je ne sais pas que la majorité des intellectuels continuent d’écrire sur Daesh en tant qu’organisation terroriste. La naissance d’un tel terrorisme ne pouvait avoir lieu sur un territoire -l’Irak- totalement dominé par les forces américaines. Un tel fait aurait pu se matérialiser par la constitution de cellules de résistance contre l’occupant d’abord, ensuite contre ses acolytes, mais pas au point d’ atteindre un effectif et une ossature d’une vraie armée.
    On doit se demander pourquoi l’armée américaine est -elle capable de détruire un chef terroriste sur sa moto à plusieurs milliers de métres d’altitude, mais demeure inactive face au déploiement des milliers des “daeshistes” sur le terrain avec vehicules et armements alors qu’elle défait les troupes réguliéres irakiennes en quelques heures?
    Pourquoi aussi ces “daeshistes” ont-ils privilégié deux cibles bien précises: l’Irak et la Syrie, alors qu’il existait dans la région des pays plus alléchants en tribut et moins consistants en armements? ( voir lamrani.over-blog.com : la lutte contre le terrorisme: Une mascarade)
    Enfin, comment cette organisation avait-elle pu s’approvisionner en matériel de guerre et conduit des combats avec succés sans complicité aucune?
    Alors, j’exhorte tous ceux qui écrivent sur Daesh en tant qu’organisation terroriste de réfléchir avec logique sur le secret de sa survie contre la persécution menée par toutes les armées du monde pour sa destruction

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  • Sybillin // 06.11.2018 à 08h37

    Souvenez vous que lors de la prise de Mossoul au printemps 2014 par Daech, le monde a été stupéfait! Les américains ont les services de renseignement les plus sophistiqués et l’ armée la plus puissante…mais devant cette barbarie Obama est resté impavide…il n’a pas osé paraître surpris et chez nous bien sur on a joué la stupeur et l’effroi mais en laissant progresser le califat. Ce n’est qu’à l’arrivée de russes en septembre 2015 que quelques velléités de combattre Daesh sont apparus dans le bloc BAO. On ne pouvait faire moins. La complicité du monde occidental droit de l’hommes est incontestable et tous ces jeunes djihadistes n’ont pas compris qu’ils sont manipulés au profit de grandes puissances qu’ils haïssent. Ils jouent les idiots utiles …peut être faudrait il leur expliquer…

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  • Ginou // 06.11.2018 à 11h55

    Et pourquoi Daesh est né à un certain moment de l histoire, et pourquoi l état islamique a disparu depuis Trump Daesh est comme l ont déjà vu beaucoup Le bras armé du mondialisme après beaucoup de souhaktes avaient tout ce qu il fallait pour théoriser

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  • Ledufakademy // 07.11.2018 à 07h06

    Tiens à propos de « Daesh », il arrange bien toujours le même pays

    http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i72569-daech_la_cia_pourra_refaire_le_coup

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  • Alfred // 07.11.2018 à 23h16

    Alors là je le met là. c’est un developpement extraordinaire et digne de la région.; La source a toujours été fiable jusqu’à présent:
    https://twitter.com/EHSANI22/status/1060193577861595136
    (L’arabie saoudite et les émirats s’allieraient contre le quatar et la turquie… Et la france dans tout ça? A l’ouest?)

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