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26.avril.201826.4.2018 // Les Crises

Des allégations sans preuves contre Trump et Poutine pourraient entraîner une guerre nucléaire

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Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 28-03-2018

Le « Russiegate » et l’affaire Skirpal ont aggravé les dangers inhérents à la nouvelle guerre froide bien au-delà de la précédente.

Par Stephen F. Cohen – 28 mars 2018

Stephen F. Cohen, professeur émérite d’études et de politique russes à l’Université de New York et à Princeton, poursuit sa réflexion hebdomadaire sur la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Russie. (Les sections précédentes, qui en sont maintenant à leur quatrième année, sont disponibles sur TheNation.com.)

Cohen commence par adresser au peuple et au gouvernement russes une profonde sympathie et une profonde tristesse pour la mort de dizaines de Russes, la plupart de jeunes enfants, qui ont péri dans l’incendie d’un complexe commercial et de loisirs de Kemerovo. Il le fait en son propre nom, mais aussi, espère-t-il, au nom de la plupart des Américains.

Cohen discute ensuite de plusieurs sujets liés à sa vieille conviction, souvent affirmée, que la nouvelle guerre froide entre les États-Unis et la Russie est plus dangereuse que ne l’était la précédente, qui remonte à 40 ans, y compris avec la possibilité d’une guerre nucléaire. Ayant déjà traité d’autres facteurs (voir ses articles sur TheNation.com), il se tourne vers les développements actuels :

1. Le « Russiegate » et la tentative d’assassinat de Sergei et Yulia Skripal au Royaume-Uni ont deux aspects en commun. Accuser Poutine personnellement. Et aucun fait concret n’a encore été rendu public.

  • Après avoir souvent et longuement discuté des conceptions erronées du « Russiegate », Cohen se concentre sur l’affaire Skripal. Poutine n’avait aucun motif imaginable, surtout si l’on considère la prochaine Coupe du monde en Russie, que le gouvernement et le peuple considèrent comme très prestigieux et donc important pour la nation. Aucune preuve scientifique ou autre n’a encore été présentée quant à la nature de l’agent neurotoxique supposé ou si la Russie le possède encore ; ou, même si tel est le cas, si la Russie est vraiment le seul État dans lequel les agents ont fait cela ; ou quand, où et comment cela a été commis sur Skripal et sa fille ; ou pourquoi eu-mêmes et de nombreuses autres personnes qui auraient été affectés par cet agent « létal » sont encore en vie. Néanmoins, avant même que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques n’ait publié ses tests obligatoires, et tout en refusant de fournir au gouvernement russe un échantillon à analyser, les dirigeants britanniques ont déclaré qu’il était « hautement probable » que le Kremlin de Poutine avait ordonné l’attaque.
  • Néanmoins, sur cette base fragile, les gouvernements occidentaux, menés par le Royaume-Uni et à contrecœur par l’administration Trump, se sont précipités pour expulser une centaine ou plus de diplomates russes – le plus grand nombre jamais vu dans cette longue histoire de ce type de crises.
  • Il convient toutefois de noter que tous les gouvernements européens ne l’ont pas fait, et quelques autres l’ont fait de manière symbolique, révélant ainsi une fois de plus les divisions européennes sur la politique russe.

2. Cet incident accroît le risque de guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie.

  • Depuis le début de l’ère atomique, la doctrine de la destruction mutuelle assurée a maintenu la paix nucléaire. Cela a peut-être changé en 2002, lorsque l’administration Bush s’est retirée unilatéralement, l’abrogeant par là-même, du Traité sur les missiles anti-balistiques de 1972. Depuis lors, les États-Unis et l’OTAN ont mis au point une trentaine de dispositifs de défense antimissile sur terre et en mer, dont plusieurs sont très proches de la Russie. Pour Moscou, il s’agissait d’une tentative américaine d’obtenir une capacité de première frappe sans destruction mutuelle. Le Kremlin a fait part de cette préoccupation à Moscou à de nombreuses reprises depuis 2002, proposant à la place un système antimissile développé par les États-Unis et la Russie, mais qui a été rejeté à plusieurs reprises.
  • Le 1er mars, Poutine a annoncé que la Russie avait mis au point des armes nucléaires capables d’échapper à tout système antimissile, l’a décrit comme un rétablissement de la parité stratégique et a appelé à de nouvelles négociations sur les armes nucléaires.
  • Les élites politiques et médiatiques américaines mainstream ont tourné en dérision l’annonce de Poutine. À la suite de l’évaluation de plusieurs experts nucléaires américains, quatre sénateurs démocrates ont fait appel à (l’ancien secrétaire d’État) Rex Tillerson pour qu’il réponde (effectivement) positivement à l’appel de Poutine. Rien n’en est sorti. Peu après l’élection présidentielle russe du 18 mars, le président Trump lui-même, dans un appel de félicitations à Poutine, a proposé qu’ils se rencontrent bientôt pour discuter de la « nouvelle course aux armements nucléaires ». Trump a été largement décrit comme ayant montré qu’il était « de connivence » avec Poutine, peut-être même contrôlé d’une manière ou d’une autre par le Kremlin.
  • Le résultat a été, comme en témoignent les expulsions massives de diplomates russes, des relations américano-russes encore plus tendues et, bien sûr, le risque accru de guerre nucléaire.

3. De nombreux Américains, y compris les élites politiques et médiatiques qui façonnent l’opinion publique, ont été poussés à penser, surtout depuis la pseudo-« amitié américano-russe » des années 1990 de Clinton, que la guerre nucléaire est maintenant vraiment « impensable ». Que l’expulsion massive des diplomates était purement « symbolique » et sans conséquence réelle et durable. En réalité, elle est devenue plus concevable.

  • La diplomatie a maintenu la paix nucléaire pendant la précédente Guerre froide, mais les expulsions massives – même dans l’attente de la réponse du Kremlin – sapent sérieusement le processus diplomatique. Ils le criminalisent même, comme l’illustrent les dénonciations de la conversation téléphonique de Trump avec Poutine et les exigences des médias politiques après qu’il a expulsé un grand nombre de diplomates russes pour qu’il fasse « plus » – de telles demandes allant de plus de sanctions sur la Russie à plus de ripostes militaires en Syrie, en Ukraine et ailleurs – pour prouver qu’il n’est pas sous le contrôle de Poutine. (L’identification de tous les diplomates expulsés en tant « qu’agents de renseignement » est également trompeuse. L’affectation d’agents de renseignement en tant que diplomates est depuis longtemps une disposition mutuelle de facto, tacitement, sinon explicitement, convenue et connue des deux parties. De plus, cette désignation peut s’appliquer aux fonctionnaires des ambassades qui étudient la vie économique, sociale, culturelle ou politique de l’autre pays. Ils recueillent et rapportent des « informations »).
  • A cet égard, les historiens nous rappellent comment les grandes puissances ont progressivement « glissé » dans la Première Guerre mondiale. La leçon concerne le rôle crucial de la diplomatie, à présent sapée. Prenons, par exemple, la Syrie. Récemment, des mandataires soutenus par les États-Unis ont apparemment tué un certain nombre de citoyens russes qui y opéraient également. Le Kremlin, par l’intermédiaire de son ministère de la Défense, a émis un avertissement menaçant : si cela se reproduit, Moscou frappera militairement non seulement les mandataires mais aussi les forces américaines dans la région qui ont fourni les armes et lancé les missiles. Le même fil du rasoir pourrait facilement se produire là où les États-Unis et la Russie sont également en face à face, comme en Ukraine ou dans la région de la Baltique. (Encore une fois, comme Trump est paralysé au point qu’il ne pourrait probablement pas négocier une crise comme le président Kennedy l’a fait lors de la crise des missiles de Cuba en 1962.)

4. Les causes des nouveaux risques de guerre nucléaire ne sont pas « symboliques » mais réelles et surtout politiques.

  • Au fur et à mesure que la diplomatie se réduit, la militarisation des relations américano-russes augmente.
  • Toutes les armes mises au point de façon aussi poussée que les armes nucléaires ont finalement été utilisées. Washington a lâché deux bombes atomiques, prédécesseurs génétiques de leur descendance nucléaire, sur le Japon en 1945. (Avant 1914, certains pensaient que le gaz, la nouvelle arme de destruction massive, ne serait jamais largement utilisé en temps de guerre.)
  • De part et d’autre aujourd’hui, mais surtout à Washington, on parle de développer des « ogives nucléaires plus précises » qui pourraient être utilisables. L’utilisation d’une « petite arme nucléaire précise » traverserait le Rubicon de l’apocalypse.
  • Pendant ce temps, la diabolisation extrême de Poutine et la russophobie croissante aux États-Unis font de la petite et moins redoutable Russie d’aujourd’hui une menace encore plus grave que ne l’était l’Union soviétique, contre laquelle les armes nucléaires américaines ont été développées et prévues. Et ceci, encore une fois, dans le contexte d’une diplomatie en déclin et de la capacité de négociation réduite de Trump.

5. Ainsi, la conclusion de Cohen selon laquelle les individus et les forces plus importantes qui font la promotion des allégations non prouvées émanant du « Russiagate » et de l’affaire Skripal sont, en fait, les instigateurs de la guerre nucléaire.

  • Les personnes qui découvrent le point de vue de Cohen dans le John Batchelor Show ou ailleurs lui demandent souvent : « Que pouvons-nous faire ? »
  • Il n’y a pas de réponses précises, seulement des suggestions, comme le fait que les gens peuvent exiger que leurs représentants au Congrès protestent contre ces développements. (En très grande majorité, les membres du Congrès en font la promotion ou gardent le silence.) Dans le passé, les mouvements populaires anti-Guerre froide et antinucléaire devaient être efficaces, et ils avaient des figures de proue à Washington, en particulier au Congrès. Ceux qui sont aujourd’hui silencieux au Congrès et ailleurs devraient faire écho au philosophe Hillel l’Ancien, comme l’a fait Mikhaïl Gorbatchev lorsqu’il était presque isolé dans les cercles soviétiques : « Si ce n’est pas maintenant, quand ? Si ce n’est pas nous, qui ? »
  • Les gens pourraient aussi exiger que la presse écrite, la radiodiffusion et les chaînes câblées, qui sont accréditées pour servir l’intérêt public, cessent de boycotter des dizaines d’experts faisant autorité (et non des partisans politiques) qui peuvent contrer les arguments du quasi-monopole pro-guerre froide et des voix politiques anti-Trump et Russie. Les médias pourraient commencer par remplacer à l’antenne les anciens chefs des services de renseignement américains, comme l’ancien directeur de la CIA John Brennan, qui ont leur propre programme et une certaine complicité dans la création des relations désastreuses d’aujourd’hui avec la Russie, par des opinions alternatives, voire opposées.

Et les croyants peuvent prier.

Stephen F. Cohen est professeur émérite d’études et de politique russes à l’Université de New York et à l’Université de Princeton et rédacteur en chef de The Nation.

Source : The Nation, Stephen F. Cohen, 28-03-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr.

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Commentaire recommandé

Politicoboy // 26.04.2018 à 06h12

Excellent article. Je conseil également de se pencher sur la question de l’hiver nucléaire. De nombreuses études relayées par le bulletin of atomic scientist démontre que la détonation d’une centaine d’ogives nucléaires ciblant des centres urbains suffirait à plonger le monde dans une ère glacière en quelques semaines, du fait des fumées qui obscurciraient la stratosphère.

Le livre “the doomsday machine – confession of a nuclear war planner” de Daniel Elsberg (Le lanceur d’alerte des Pentagone papers dont est l’objet le film de Spielberg “the post”) est une lecture indispensable qui démontre à quel point notre survie est fragile. Un aperçu est dispo ici : https://www.democracynow.org/2017/12/6/doomsday_machine_daniel_ellsberg_reveals_he

35 réactions et commentaires

  • Politicoboy // 26.04.2018 à 06h12

    Excellent article. Je conseil également de se pencher sur la question de l’hiver nucléaire. De nombreuses études relayées par le bulletin of atomic scientist démontre que la détonation d’une centaine d’ogives nucléaires ciblant des centres urbains suffirait à plonger le monde dans une ère glacière en quelques semaines, du fait des fumées qui obscurciraient la stratosphère.

    Le livre “the doomsday machine – confession of a nuclear war planner” de Daniel Elsberg (Le lanceur d’alerte des Pentagone papers dont est l’objet le film de Spielberg “the post”) est une lecture indispensable qui démontre à quel point notre survie est fragile. Un aperçu est dispo ici : https://www.democracynow.org/2017/12/6/doomsday_machine_daniel_ellsberg_reveals_he

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    • Dizalch // 26.04.2018 à 07h28

      A ce propos, D. Elsberg était invité chez The Intercept le 24 avril, pour discuter avec N. Chomsky svp, de la guerre nucléaire justement… un “must see”

      https://theintercept.com/chomsky-ellsberg/

      (sinon, article très intéressant Olivier, merci)

        +10

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    • hervé cruchant // 26.04.2018 à 10h53

      “…qui démontre à quel point notre survie est fragile…”(sic)

      Dans l’hypothèse qui consiste à croire dans l’inertie des Peuples.

        +4

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      • lutzray // 26.04.2018 à 12h43

        non, devant le constant que le cosmos possèdent des conditions géophysiques dont les valeurs rendent l’émergence (et le maintient) de structures complexes très difficile.

          +1

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    • Lec // 26.04.2018 à 13h16

      à voir sur a chaine TV “Science & Vie” un documentaire :
      DOOMSDAY : 10 SCÉNARIOS POUR LA FIN DU MONDE – SAISON 1
      Ep 5 : Guerre nucléaire
      Doc. Sciences et Techniques, Etats-Unis, 2016,

      La troisième guerre mondiale éclate et le cauchemar nucléaire devient réalité : des milliers de bombes à hydrogène détruisent les plus grandes villes du monde. Une retombée mortelle de cendres et de débris radioactifs crée un hiver nucléaire, plongeant la planète tout entière dans une période de glaciation soudaine. Les cultures vivrières disparaissent dans le monde entier et la famine massive conduit l’humanité au bord de l’extinction.

      ÉDIFIANT !!!!!!!

        +5

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  • Bellettre // 26.04.2018 à 06h43

    Bonjour,
    Merci infiniment pour le lien.

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  • Le Wallon // 26.04.2018 à 08h22

    En cas de conflit nucléaire, les vivants envieront les morts. Les Etats-Unis deviennent de plus en plus dangereux.

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    • Germs // 26.04.2018 à 11h09

      Un bon documentaire sur les effets d’une attaque nucléaire,
      The war game, 1965, La bombe en français. Documentaire interdit en son temps
      https://vimeo.com/90896890

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  • Nerouiev // 26.04.2018 à 08h31

    Par deux fois en juillet 2016, Theresa May à menacé d’utiliser l’arme nucléaire contre la Russie. Ça tombait un peu comme un cheveu dans la soupe, soi-disant pour protéger son pays d’une invasion Russe. Il n’y avait pas la moindre menace, mais deux ans après force est de constater qu’une affaire est montée pour immédiatement expulser 23 diplomates Russes avec extension dans l’UE et aux USA. Si ce n’est pas un désir profond venant de l’Alliance Atlantique, quoi d’autre que des armes encore plus puissantes, issues d’un pays raisonnable et non agressif, pour calmer ces ardeurs insensées !

      +11

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  • RGT // 26.04.2018 à 08h35

    Quand tous les rouages d’un état sont tenus par des proches de lobbies puissants, que les partis politiques sont noyautés et que l’ensemble de la presse et des médias importants sont détenus par ces mêmes lobbies il ne faut pas s’attendre à des actions bénéfiques pour la population.

    Et ce phénomène est malheureusement la norme dans tous les pays de cette planète.

    Ce qui avait jusqu’à présent empêché la possibilité d’une guerre totale a désormais disparu : La crainte des dirigeants des lobbies de risquer leur propre vie dans des actions pouvant entraîner des millions (voire des milliards) de morts.

    Les membres influents des lobbies de tous bords sont désormais convaincus qu’ils réussiront à passer entre les gouttes et la motivation de profits toujours plus importants est largement plus attractive que l’évocation du désastre humanitaire de leurs actions qui, de toutes façons, ne concernera que les “gueux”.

    Le principal problème des peuples n’est pas “l’ennemi qui est con parce qu’il croit que l’ennemi c’est nous”, mais simplement les ploutocrates psychopathes concentrés sur leurs profits personnels qui manipulent l’opinion des plus crédules et qui ordonnent aux gouvernement de suivre leurs instructions.

    Et comme toute “institution” n’a pour seul objectif que sa propre survie, nous ne sommes pas prêts d’en voir la fin.

      +12

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  • Brian64 // 26.04.2018 à 09h17

    Ça fait vraiment peur, à cause de la faiblesse des mouvements civiques pacifiques. Comme on l’a vu en 2011 pour la Libye, pratiquement personne pour s’opposer à cette guerre. Et celle qui se prépare est ô combien plus dangereuse..

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  • marc // 26.04.2018 à 09h20

    désolé mais moi je ne “crois” pas du tout à une attaque nucléaire dans l’avenir proche, je trouve au contraire, avec mon respect, que dire que c’est une menace réelle est juste du niveau de la presse populaire bon marché…

    je ne comprends pas que des gens instruit tel que ce cohen y pensent sérieusement… et dans cet article, je n’y trouve aucune justification digne de ce nom

      +4

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    • Fritz // 26.04.2018 à 10h40

      “ce cohen”… En 2014, le professeur Cohen établissait un diagnostic de la crise qui venait d’éclater en Ukraine. Au journaliste qui lui demandait ce que les historiens du futur pourraient bien dire de cette crise, il répondit calmement, avec un léger sourire : « S’il reste des historiens… Car cette crise pourrait fort bien mener à une guerre nucléaire ».

      Stephen Frand Cohen s’est “engagé” en faveur de la Détente :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Stephen_F._Cohen

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      • marc // 26.04.2018 à 11h19

        j’ai mis “je ne crois pas” avec des guillemets, car faire des prédictions sur le futur, ça reste toujours un peu léger, surtout en matière d’apocalypse… et je constate plutôt beaucoup de communication des occidentaux mais peu d’action jusqu’à présent

        je crois… que lors des récentes frappes us fr uk en syrie, les russes avaient dit qu’ils contre-attaqueraient sans attendre si une certaine ligne rouge était franchie, il me semble que c’était au cas où des russes seraient tués… les russes n’ont pas contre attaqué, je pense que les occidentaux n’ont pas osé franchir cette ligne rouge… et je ne pense pas non plus qu’ils vont la franchir demain…

        ce que je pense, c’est que l’occident cherche à pousser les russes à la colère jusqu’à ce qu’elle tape du poing sur la table… je me demande d’ailleurs comment les occidentaux vont essayer et peut etre bien réussir à pourrir la coupe du monde de football en russie en juin juillet… et comment les russes vont réagir… mais je ne pense pas que les russes vont attaquer militairement les occidentaux en premier, et je ne pense pas le contraire non plus

        il y aura juste encore des sanctions économiques, des guerres par proxy, des révolutions colorées (voir ce qui se passe en arménie et comment ça tourne, encore un truc bien complexe avec la turquie au centre du mic mac…) et des pays qui laissent tomber le dollar…

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    • Kiwixar // 26.04.2018 à 11h44

      Une guerre nucléaire ne commence pas d’un coup. Mais la guerre classique oui, par une propagande de guerre (on y est) puis une escarmouche involontaire (ou pas), où des mercenaires sont tués (on y est), puis des soldats (on y est presque), avec éventuellement un false flag au milieu par un pays secondaire ayant intérêt à envenimer pour se débarrasser de l’armée syrienne (très aguerrie).

      En moins de 15j des navires sont au fond de l’eau et les peuples appellent aux représailles. Ensuite, rien n’arrête un engrenage qui ne peut que finir (entre la Russie et les US) par des échanges nucléaires. Rien n’arrête cet engrenage, particulièrement avec les US au bout du rouleau.

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  • John V. Doe // 26.04.2018 à 09h22

    Au point 2 : “Le Kremlin a fait part de cette préoccupation à Moscou à de nombreuses reprises depuis 2002”, il faut probablement lire “Washington” au lieu de “Moscou”

    Ce commentaire a vocation à être détruit après correction

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  • christian gedeon // 26.04.2018 à 09h42

    quoi qu’il en soit,la lobotomisation des esprits a atteint un tel niveau qu’à part défiler pour on ne sait quelle lutte “sociétale “,les peuples sont aujourd’hui sourds et aveugles à la menace d’une guerre…Les affaires yougoslaves et lybiennes en sont la preuve par neuf. Ni vu,ni connu,je t’embrouille…et que dire des guerres irakiennes,de la guerre syrienne et l’infortuné Yémen.Nous,nous Zadons,nous réclamons des droits supplémentaires, et on va jusqu’à se mobiliser,grand effort,pour la défense du “service public”,avec une remarquable détermination molle,et déjà essoufflée.L’ogive de Damoclès qui est au dessus de nos têtes,on ne veut pas la voir.les millions de morts du Proche et Moyen Orient,non plus.Mais qu’on se rassure,l’avenir est radieux,nous allons avoir la PMA et la GPA pour tous.On pense vraiment que le sang de tous ces massacrés ne retombera pas sur nous. On a tort.

      +11

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    • faxmax // 26.04.2018 à 21h22

      il serait intéressant d’étudier quel est la proportion de “lobotomisé” d’aujourd’hui avec celle de ceux qui s’en foutaient de la politique et du reste avant internet, et de comparé cette proportion avec celle de ceux qui s’intéressent a la politique plus ou moins sérieusement après la révolution sociétale et culturel de l’internet… il se pourrait que vous ne soyez pas si déçu ! Noir c’est noir il n’y a plus d’espoir, on connais la chanson, elle est toute pourris.

        +1

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      • faxmax // 26.04.2018 à 22h00

        Je crois que les gens sont de moins en moins lobotomisé, qu’ils sont de moins en moins sensible au technique marketing, seulement c’est une évolution générationnel trop lente et pas assez directe ou voyante pour vous, car évidement vous voudriez que tout le monde soit en pointe tout de suite sur la politique internationale parce que que vous croyez l’être, parce que c’est votre lubie. C’est tout simplement du narcissisme a 2 balle, une profondeur de vue médiocre.

          +2

        Alerter
  • Melson Moinfort // 26.04.2018 à 11h37

    Les Russes se trouvent dans une situation difficile devant ce flot d’accusations et ce torrent de mauvaise foi : ils doivent montrer qu’ils ne se laissent pas intimider par les menaces permanentes qu’ils subissent et, en même temps, convaincre l’opinion mondiale qu’ils ne sont pas agressif et que le bon droit est de leur côté.
    Notons que l’indifférence de la presse occidentale (en tous cas la presse française) devant la montée de cette nouvelle guerre froide est stupéfiante. Les éditorialistes français sont probablement accaparés par leur engagements féministes, beaucoup plus urgents, sans doute.

      +13

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  • moshedayan // 26.04.2018 à 13h21

    Stephen F Cohen montre ici toutes ses qualités d’analyse. Il en avait fait de même en tant qu’universitaire, quand il avait déroulé tous les fils qui ont conduit le Congrès américain et les milieux émigrés ukrainiens, à produire le rapport sur le “génocide contre les Ukrainiens” pendant les années de famine 1932-1933 Golodomor. Il y montrait les méthodes de recherches partiales et surtout les intentions plus politiques qu’historiques. En faisant allusion à la veille de la Première Guerre mondiale, il est dans le vrai sur le rôle de la propagande, la faillite de l’esprit de dialogues. Les médias et les dirigeants occidentaux sont maintenant dans une dérive qu’ils ne maîtrisent plus toujours. La course à celui qui sera le plus russophobe est lancée depuis 2008 et depuis 2014 avec l’Ukraine (qui est pourtant la sphère du monde russe) elle s’accélère. On est donc bien aux portes de la 3e Guerre mondiale.

      +7

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  • Tripack // 26.04.2018 à 17h30

    Ce blogue commence à me débecter , que des récits de mort de guerre et autres, à force d’en parler , cela va naître..C’est du morbide d’article en article avec des professeurs émérites de mes couilles et des vidéos de mes burnes.
    Ouiais je suis de mauvaise humeur !

      +2

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    • Marc // 26.04.2018 à 21h30

      Je pense aussi qu’il y a une exagération à parler de bombes atomiques qui pleuvent sur la Russie et les usa… alors qu’il n’y a même pas encore de confrontation directe… ça fait juste peur c’est tout

        +1

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      • lvzor // 27.04.2018 à 09h24

        Dans un premier temps on veut que vous pensiez ça. Dans un second temps, après le false flag, on voudra que vous pensiez : “sus à l’ennemi!”. Et vous le penserez.

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    • TuYolPol // 27.04.2018 à 11h21

      Je vous comprend. J’aimerais qu’en ce lieu de convergence et de talent on se donne plus souvent le temps d’autre chose. Mais ce n’est pas de le dénoncer que naîtra le crime, car il existe bien déjà.
      Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. L’optimisme n’est pas nécessaire, seulement la conviction.

        +0

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  • Lambda // 26.04.2018 à 18h38

    Suffit de balancer le sujet à table ou au boulot, bref autour de soi
    et l’on constate le haut degré de préoccupation de nos congénères
    qui, aprés quelques sentencieuses perles et lieux communs, balaient le dit sujet d’un revers de grimace compatissante ou d’un “houlala-qu’est-ce-tu-viens-me-pourrir-ma-partie-de-Candy-Crush”.

      +4

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    • faxmax // 26.04.2018 à 20h54

      Bah, candy crush c’est un bon biais pour commencer ! La politique international n’est guère plus qu’un jeu entre gens très sérieux (c’est horrible de constater a quel point cela peu parfois devenir ludique)…c’est a vous d’améliorer votre approche pédagogique ! 😉

        +2

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  • faxmax // 26.04.2018 à 20h19

    Les guerres physique de grande envergure sont a mon avis largement dépassées, elles ont le plus souvent prouvées (ces ~100 dernières années) leurs rapport coup/efficacité absolument déplorable. Les usa on démontré et on surement appris d’eux même que le meilleurs moyen de détruire une grande puissance pour longtemps (sans trop risquer sa propre peau) c’est de détruire son économie et son image a petit feu. Aussi, il ne faut pas oublier que si la guerre froide fut aussi tendue c’est parce qu’elle opposée deux “idéologies/optimismes” irréconciliable. Hors aujourd’hui je ne vois que des histoires de nationalisme un peu idiote voire profondément hypocrite (car les esprits, les peuples, se sont mondialisé eux aussi, je ne pense pas que la plupart de ceux nés après 1990 puissent voire le monde et ses habitants comme une chose morcelé, comme une multitude d’inconnues dangereuse)… il n’y a qu’une guerre qui vaille ou qui soit acceptable par tous (car plus doucement mortifère) c’est la guerre économique, car “l’économie” est de très loin devenue l’idéologie dominante partout dans le monde.

    surement beaucoup de faute de conjugaison, entre autre…navré, je refuse dorénavant d’utiliser un correcteur automatique. soyez indulgent sur la forme, c’est par l’erreur qu’on apprend.

      +1

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    • Marc // 26.04.2018 à 21h24

      Je ne suis pas trop d’accord sur le rapport cout efficacité d’une grande guerre : la première guerre mondiale a lancé la fédéral réserve (fondée en 1913)… qui a financé les deux camps, la guerre en théorie n’aurait jamais pu durer aussi longtemps… ce fut rentable je crois, mais ce sont des calculs tordus faits par des voleurs, c’est sur…

      Non, je pense que ce qui freine aujourd’hui, c’est justement la dissuasion nucléaire et autres armes de dest. mass… hyper intelligentes…

      Sinon je pense que les gens se mobiliseront contre une grande guerre, car comme dit, la mode nationaliste aggressive est minoritaire… enfin c’est vrai que j’ai halluciné devant les effets des discours anti russes sur mon entourage… mais je ne peux pas croire qu’on arrive à mobiliser en masse les hommes… avant il y avait la menace d’être fusillé en cas de desertion… ce qui n’est plus concevable non plus…

      La guerre économique là oui, et elle est lancée depuis longtemps, mais en même temps elle semble arriver à son terme car les jours du dollar sont comptés, la Russie s’en est assez bien tiré…

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  • Michel B. // 26.04.2018 à 21h52

    Bonsoir, et merci pour cet article.

    Petit retour en arrière, avec l’affaire Uranium One pendant l’administration Obama : la vente par les USA de 20% des réserves nationales d’uranium à la Russie. Ce deal a été conclu en évitant de porter publiquement l’affaire devant le Congrès US. Ce n’est pas une théorie du complot de plus, elle est documentée (https://github.com/cynecin/PDFs/tree/master/Uranium%20One).

    Pourquoi cette vente ? Sur la route de cette affaire, on croise entre autres la Corée du Nord et l’Iran ; la Russie, point de passage pour des transits vers d’autres destinations parmi des partenaires de longue date de Poutine ?

    En parallèle, alors en campagne, la candidate Clinton a pris une posture extrêmement menaçante à l’égard de la Russie. Pourquoi menacer de guerre un pays avec qui l’on fait des deals secrets sur une matière très sensible ? Couverture médiatique belliqueuse d’une complicité objective et réelle, aux motivations peu avouables ? C’est ce que je pense.

    Sauf qu’il y a eu un gros bug, pas du tout anticipé par les globalistes démocrates : l’élection de Trump.

    Avec une grosse année de recul sur la mise en œuvre de la stratégie de Trump, ses intentions ne font désormais plus aucun doute : son combat est de restaurer la souveraineté des USA, et de remettre de l’ordre dans la corruption (interne et internationale) et les connivences orchestrées par les USA avec les Etats voyous. La Russie a été complice de cela, et probablement tous les signataires du deal sur le nucléaire iranien, tellement politiquement et médiatiquement correct.

    L’administration Trump est en train de casser tout ça, avec méthode, à l’intérieur de ses frontières comme à l’international. La bonne nouvelle : malgré les vociférations médiatiques (Skripal, Syrie), tout ceci est mené en visant à revenir sur un terrain apaisé : ISIS, Corée du Nord, et sans doute bientôt l’Iran si un changement de régime se concrétise.

    Je crois avoir lu qu’une rencontre Trump / Poutine est en préparation : elle actera sans doute la visée d’un “nouvel ordre mondial”, non plus global et guerrier, mais multi-polaire et plus apaisé. C’est mon pronostic, et mon souhait.

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  • khedron // 27.04.2018 à 13h01

    clairement, nous n’avons pas affaire à un conflit entre USA et Russie mais a des agitations de politique intérieure américaine. Trump est arrivé a la maison blanche contre toute attente et au grand dépit des politiciens traditionnels.
    Il tente de faire le ménage a Washington et les réactions à son encontre sont puissantes et nombreuses. La “russie” n’est qu’un des leviers destinés à éjecter l’intrus. Poutine le sait. il reste calme en attendant de savoir qui l’emportera.
    Heureusement pour nous ces deux là , trump et poutine, ne sont pas les plus bêtes et garderont leur doigt éloigné du bouton rouge.

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  • blockchain // 27.04.2018 à 15h39

    Tout le monde parle et sinquiète pour rien. Une guerre nucléaire n’est pas décidée en cinq minutes par un bonhomme dans un bureau. Face à la Russie, avec son armement et ses capacités de guerre électroniques, tous les occidentaux ont compris que la riposte serait très, très violente.
    Les gens qui nous dirigent n’iront frapper qu’avec la garantie d’une victoire, qu’ils n’ont pas: se faire nucléariser, c’est autre chose que des photos de paparazi. Vous voyez Trump, Macron ou May assumer une guerre nucléaire ? non.
    Quant à Poutine, aussi puissant soit-il, il faudrait qu’il détruise l’ensemble des installations nucléaire occidentale sinon la russie y passe : le morceau est encore un peu gros…

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  • Louis Robert // 28.04.2018 à 12h00

    Theresa May, dans l’exercice de ses fonctions, accusant sans preuves le président Poutine d’avoir attaqué le Royaume à l’arme chimique, cela s’appelle une déclaration de guerre. Vivant à l’ère de nos nains narcissiques en manque d’attention sur Twitter et qui marchent main dans la main, nous aurions tout intérêt à ne pas l’oublier.

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